L’actualité de la crise : Crédit pas tout à fait mort, par François Leclerc

Billet invité.

CREDIT PAS TOUT A FAIT MORT

Plusieurs récentes enquêtes réalisées en France et en Europe auprès des directeurs financiers et des chefs d’entreprises viennent d’être rendues publiques. Elles apportent un éclairage instructif sur la crise du crédit. Sa recherche devient en effet, non sans surprise, la première préoccupation de ceux-ci. Ils s’appliquent beaucoup, également, à en limiter le besoin, vu sa rareté et son coût. Avec deux méthodes principales, la renégociation du crédit fournisseur et la réduction du crédit client. Avec les conséquences en chaîne que l’on devine.

A l’autre extrémité de la chaîne, dans le monde des consommateurs, le crédit revolving, si dénoncé et pourtant toujours aussi florissant, continue de faire ses ravages. Il continue d’être massivement promotionné, se révélant un important argument de vente de biens de consommation comme l’électroménager. Concourant toujours autant au surendettement des ménages à faible revenu. Une histoire de la même famille que celle des subprimes américaines.

D’un côté on coupe les crédits, de l’autre on cherche à les maintenir, il ne s’agit pas des mêmes, mais dans les deux cas cela va amplifier la crise.

Toujours dans le crédit, on se rappelle que de plus en plus de plus en plus de grandes entreprises ont créé des filiales spécialisés dans le financement des acquisitions de leur production par leurs clients, et on remarque qu’elles les renflouent ces temps-ci autant qu’elles le peuvent, car elles sont vitales pour elles. On se souvient également que l’activité de crédit, consenti ou imposé suivant les cas, est souvent à l’origine de l’essentiel des marges financières réalisées dans de nombreuses activités de production ou de distribution, non financières, considérées à faible rendement.

Profondément atteint, le système du crédit expose actuellement ses faiblesses et met ainsi en évidence le rôle de plus en plus élargi qui lui a été attribué pour contribuer au bon fonctionnement de l’économie. La fausse justification finale de l’activisme financier qui vient de s’écrouler à bout de souffle.

Les sénateurs français envisagent de déposer un projet de loi en faveur du « crédit social », afin d’offrir une alternative au credit revolving. Un crédit qui n’en connaîtrait pas les tares en terme de coût final et qui serait plafonné à 3.000 euros, réservé aux ménages « les moins fortunés », selon l’absurde expression qui évite de dire « pauvres ». Restera encore à trouver, si cette loi qui serait un progrès indéniable devait être adoptée, les moyens qu’auront les mêmes ménages de rembourser leur « crédit social ».

Partager :

6 réflexions sur « L’actualité de la crise : Crédit pas tout à fait mort, par François Leclerc »

  1. Paul Craig ne se fait pas beaucoup d’illusions sur la nouvelle administration US… :

    {{http://questionscritiques.free.fr/edito/CP/Paul_Craig_Roberts/deuxieme_crise_immobiliere_etats-unis_220109.htm}}

  2. Jusqu’à preuve du contraire le taux de chute des crédits « chers » est trés faible, en France du moins. Et les français surendettés, peu nombreux, en terme de % sur l’encours total des français endettés. Il n’y a aucune raison pour les banques et autres établissements de crédits d’arrêter de distiller leur poison, d’autant que ces crédits à la consommation sont encore une source de profit trés apprécier en ces temps de crise.
    Certaines de nos banques nationale ne vont elles pas jusqu’a exporter leur expertise en la matière dans des pays jusque là non contaminés sous prétexte d’apporter, excusez du peu, la civilisation…
    C’est pas d’hier que les constructeurs, les fabricants de produits de consommation se sont apperçus que leur clients potentiels n’avaient pas les moyens d’acheter!
    Citroën, Renault, mais c’est vrai aussi chez des constructeurs automobiles comme BMW, Wolkswagen, Ford, etc…

    La « règle » édictée par les tenants du libéralisme, était qu’il fallait que les salariés soient toujours rémunérés le moins possible parce que le consommateur, (lui même salarié), voulait toujours des prix bas. C’est ainsi que les entreprises, (celles qui en avaient les moyens), se sont précipitées dans la mondialisation, à la recherche de salariés prêts à travailler à moindre coût.

    Aujourd’hui on fabrique là où ça coûte peu et on vend là où se vend cher, et on fait disparaitre les profits là où on les voit plus…c’est parait-il une loi économique, car l’Economie ne connait pas la morale….

  3. Et le prêt à intérêt est immoral du moins pour les religions du livre.
    Si la notion de crédit semble indispensable à la sainte croissance, il faut se demander si ce n’est pas la « croissance » qui est perverse…

    Ces archétypes de la civilisation occidentale ne peuvent être remis en question sans un tsunami mental.

  4. « On se souvient également que l’activité de crédit, consenti ou imposé suivant les cas, est souvent à l’origine de l’essentiel des marges financières réalisées dans de nombreuses activités de production ou de distribution, non financières, considérées à faible rendement. »

    D’où les difficultés soudaines des constructeurs automobiles.

  5. Grand merci François Leclerc pour cette intéressante recension de l’état du crédit en France actuellement. Tes répercussions d’informations font gagner un temps précieux.

    Ceci dit, attention avec ce mot: « crédit social » (qui dans son histoire, au Canada, a déjà été utilisé par un parti politique qui s’est emparé de ce nom et l’a prostitué).

    Voici juste après la réponse de Janpier Durieux qui connaît bien le – vrai – Crédit Social qu’on pourrait d’ailleurs très bien nommer: Argent-Social. En effet le mot: crédit, sous-entend qu’il faille rembourser, on ne sort pas du crédit « classique » où les dettes règnent en maîtresses absolues sur le destin de tous.

    Réponse de Janpier Dutrieux:
    Non, ce n’est pas un « crédit social » au sens de Douglas. Ce que proposent ces députés, n’importe qui peut le proposer (d’autant qu’ils savent très bien que les propositions (émises par l’Assemblée) ne passent jamais.
    Ils proposent simplement un « encadrement du crédit », i.e. que les banques accordent par création monétaire ex nihilo des prêts aux plus démunis à des taux avantageux (la différence entre taux accordé et taux du marché étant payé par le contribuable).
    Le crédit social est une émission de monnaie temporaire (comme chez Gesell car dédié à la consommation et l’ investissement réel) de la Banque centrale sans médiation de banques secondaires. Crédit alloué à tous.
    La différence économique est là : c’est une monnaie d’Etat ou monnaie nationalisée comme disait Fisher.
    La différence philosophique est là : ni riches ni pauvres on fait confiance.
    Bien à vous et bon courrage pour votre travail.
    Toute réponse est à envoyer exclusivement sur janpier.dutrieux@worldonline.fr
    Fin de sa réponse.

    L’on peut connaître, par ces liens ci-dessous, ce qu’est l’authentique: Crédit-Social, ou Argent-Social.
    Il s’agit à l’origine d’une association catholique québéquoise-canadienne qui n’hésite pas à s’afficher comme telle, et je sais que cela ennuie certains. Mais ceci n’a pas la moindre importance compte tenu de l’enjeu crucial que cela représente. Des libre penseurs, agnostiques, athées, etc, ne s’y sont pas trompés. Non seulement au Canada, mais par exemple en Pologne on s’y intérese de près. En Italie, le regretté le professeur Auriti et son mouvement est exactement sur la même longueur d’onde. Des associations et des organisations sociales de pays pauvres se sont mis à l’école du Crédit-Social (Philippines, Madagascar, dans plusieurs pays d’Amérique Latine, au Mexique, en Colombie, en Équateur, de même, le Brésil et le Venezuela connaissent des expériences similaires d’inspiration gouvernementale. En Afrique Noire l’intérêt et les actes vont grandissants. C’est là vraiment, le sillon fécond de la reprise en main par les vraies forces sociales et populaires, de leur propre efforts de production avec leurs héritages de savoir faire, au lieu que cette richesse, vraiment authentique, soit ipso-facto, comme toujours! confisquée par des intérêts qui n’ont rien à voir avec un quelconque bien-être durable des populations complètement exangues de redevances indues et tueuses à des maîtres financiers.

    Voir ces deux liens qui sont sur le même site:

    http://michaeljournal.org/vraics1.htm

    ou encore:

    http://michaeljournal.org/finsain1.htm

  6. la plupart des gens concernés par le « crédit social » sont déjà pendus avec des revolvings nommés crédits permanents en France ; on peut également inclure les découverts autorisés dans cette catégorie, compte tenu de leur coût et de leur utilisation.
    Paul a souvent fait référence aux crédits des cartes, ils seraient le prochain choc du type « subprime » car titrisés eux aussi.
    oui, c’est pas demain la veille …

Les commentaires sont fermés.