Rions un peu – Les assureurs (I)

AIG, l’assureur tiré d’affaire par le contribuable américain pour un montant qui s’élève désormais à 173 milliards $ a donc versé aux dirigeants du département responsable de l’effondrement de la firme des primes de « rétention » d’un montant total de 165 millions $. Selon l’agence Bloomberg, 57 millions $ appartenant à cette somme ont été versés à des employés qui quitteront bientôt la firme, dont celui qui reçut le bonus le plus élevé d’un montant de 4,6 millions $ !

Sacrés lascars, ces assureurs ! Avec des concurrents pareils, les banquiers n’ont qu’à bien se tenir !

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30 réflexions sur « Rions un peu – Les assureurs (I) »

  1. Les deux piliers de l’économie qui font « remonter » l’argent dans le système sont la banque et l’assurance chapeauté par la finance. Si ces piliers s’effondrent l’argent ne remontera plus. Cependant ces deux pompes ne correspondent pas du tout à une création de richesse. Il serait donc souhaitable de repenser le qui a du pouvoir sur quoi. Est ce que ce doit être ceux qui crée la richesse qui doivent avoir un pouvoir dessus ou seule la nécessité d’avoir une banque justifie que celle ci dispose de la majeure partie du pouvoir sur l’argent ? Pourquoi la banque a t-elle le pouvoir de prêter l’argent des déposants et non pas les déposants eux même ? Cet état de droit est une rente pour les banques dont la justification ne correspond finalement qu’à une habitude et non à un réel apport de leur part.

  2. @Jean-Baptiste

    Votre commentaire montre bien qu’il y a plus préocupant que l’exploitation de l’homme par l’homme, il y a le conditionnement de l’homme par l’homme.
    Car aprés tout l’exploité peut ( même si c’est difficile ) se révolter.
    Le conditionné, oubli le champs des possibles.

  3. Vu de loin, et sur la seule base des dépêches d’agence, difficile de se faire une idée claire de ce qui se passe aux USA avec AIG.

    Timothy Geithner, secrétaire américain au Trésor a mardi soir (côte Est des USA) rendu public une lettre adressée à Nancy Pelosi, présidente démocrate de la Chambre des Représentants, annonçant que « nous allons travailler sur des mesures pour liquider AIG de manière ordonnée et pour protéger le contribuable américain ». Cela sonne comme un tournant à 180 degrés par rapport à ce qu’il a fait vis à vis de cette entreprise géante, avant même d’être nommé, en tant que président de la Fed de New York, et depuis, au Trésor.

    L’Etat ; détenteur de 79% d’AIG, se refusait jusqu’à maintenant d’imposer sa volonté sur la question des bonus, se réfugiant derrière des prétextes juridiques, mais cela cachait symboliquement une autre question plus importante : la connaissance précise de ce que les comptes d’AIG peuvent encore révéler de mauvaises surprises. Il n’y avait plus d’autre solution, devant la montée dans l’opinion publique américaine d’un sentiment de révulsion, que d’enfin agir, autrement qu’en ouvrant son portefeuille.

    Que ce tournant intervienne en même temps que la tenue des stress test des 19 plus importantes banques américaines, sous la responsabilité du même Trésor, a aussi la signification d’un avertissement sans frais qui leur est adressé. Cela en dit long sur la nature des rapports de force (ou plutôt de faiblesse) entretenus entre les autorités de l’Etat et les institutions financières, que Timothy Geithner incarne précisément, comme Ben Bernanke, le président de la Fed. Cette continuité est peut-être en train d’être rompue, devant les combats d’arrière-garde des dirigeants de ces dernières. Le dernier en date étant l’affaire des banques voulant reverser au Trésor les sommes reçues afin de ne pas avoir à satisfaire aux conditions qui y sont attachées, pourtant limitées.

  4. @ FL

    Le papier publié ce matin dans leMonde.fr est curieux : « M. Geithner a précisé qu’AIG devra rembourser l’intégralité des primes controversées, d’un montant de 165 millions de dollars. En outre, les fonds supplémentaires que doit lui verser l’Etat – 30 milliards de dollars – seront amputés d’une somme équivalente, a-t-il ajouté ». Soit le journaliste a mal compris, soit M. Geithner se moque du monde, car ce n’est pas AIG qui doit rembourser l’Etat (avec l’argent que ce dernier lui a apporté), mais les bénéficiaires des primes qui doivent rembourser AIG.

  5. LeWashington Post d’aujourd’hui semble confirmer l’idée qu’un bras de fer plus ou moins souterrain est engagé entre l’administration Obama et les milieux d’affaire américains. L’article évoque l’hypothèse que l’affaire AIG est susceptible de faire reculer les investisseurs privées, au moment où le Trésor se prépare à annoncer le détail du nouveau volet du TARP, ce plan de sauvegarde des institutions financières qui prévoit dorénavant la création de structures de défaisance mixte publiques privées. Le journal parle de « conjoncture critique » à ce propos, envisageant donc que l’avenir de ce plan était peut-être en train de se jouer en coulisses.

    Un sénateur démocrate américain, Robert Menendez, a d’ailleurs soulevé un autre lièvre, sur la question éminemment symbolique des bonus, en évoquant le cas de Morgan Stanley. Ce qui risque de mettre de l’huile sur le feu.

    On a appris par ailleurs, dans le Financial Times, que Goldman Sachs était en train de lever des fonds, à grande échelle, afin de monter une structure qui pourrait participer au TARP suivant les nouvelles modalités de celui-ci, considérant qu’une bonne affaire était en vue.

    Mais l’attentisme semblerait dominer dans les milieux d’affaire, ce qui pourrait expliquer l’énorme retard mis par le Trésor à annoncer le plan dans ses détails , les investisseurs craignant de s’engager et de se voir imposer des mesures de limitation des bonus et autres rémunérations.

    Nous entrons au coeur du débat.

    http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2009/03/17/AR2009031703565.html

  6. Un article du correspondant à Washington du Financial Times, Edward Luce, explique ce matin que Timothy Geithner a à la fois perdu la confiance du Congrès et des milieux d’affaires. En dépit de la confiance que Barack Obama a réaffirmé hier à son égard, un signe qui trompe rarement sur les interrogations que l’on se pose sur la personne que l’on déclare soutenir, Timothy Geithner risque de devenir un obstacle plutôt qu’un levier pour sa gestion de la crise financière.

    Il apparaît en effet qu’il n’est pas en mesure de concrétiser son plan de structure de défaisance, écartelé entre des impératifs et des intérêts contradictoires. Cela dépasse donc la question du « cas » Geithner et illustre combien les milieux d’affaires font de la résistance et bloquent la situation, amplifiant la crise.

  7. @François Leclerc:

    Pouvez vous me dire pourquoi il n’y a aucun bras de fer entre le gouvernements Mr Sarkozy et
    les milieux d’affaire EUROPEENS?

    Pourquoi n’y a t’il pas de bras de fer entre Mr BARROSO et les dirigeants des banques européennes?

    Y a t’il un coeur du débat sur notre continent à l’instar des USA?

    C’est sans doute que Mr Barroso est un plus grand stratège que Mr Geithner, (il travaille en sous marin).

    L’oeuvre politique et économique de Mr Barroso ces 10 dernières années restera dans les livres d’histoire.

  8. J’en profite pour demander à Mr Jorion:

    Pourquoi n’y a t’il aucune analyse des politiques économiques et financières de l’Union Européenne alors même que le poids de l’Union est considérable dans le débat international?

    Le PNB de l’UE n’est il pas équivalent à celui des USA?

    Le nombre d’habitants de l’Union Européenne n’est il pas le même que celui des USA?

    S’agit il d’un blog francophone ou anglophone?

    Combien de lecteurs avez vous sur votre site traduit en anglais?

    http://www.pauljorion.com/blog_en/

    N’y a t’il rien à redire sur ce qui se passe ici?

  9. bonjour à tous

    @ François Leclerc et Paul Jorion

    tout ceci ne m’empêche de brûler d’envie de vous demander si vous avez des nouvelles de l’abandon de la règle comptable mark to market.
    ce point me paraît décisif et pourrait altérer le déroulement de cette crise particulièrement difficile à décrypter
    si cela devait se vérifier, le tout de passe-passe serait considérable mais avec quels effets dans le long terme?

    merci déjà

    cordialement

  10. @ Philippe Deltombe

    On en parle beaucoup, mais dans des cercles restreints.

    Pour mémoire :

    Je rappelle l’information donnée dans un commentaire d’hier, et qui faisait état d’une lettre envoyée au Comité des services financiers de la Chambre des représentants, en vue d’une audition qui se tiendra demain mardi. Trente et une institutions financières américaines viennent en effet de demander que soient prises « immédiatement » des dispositions afin que cesse la spirale baissière des pertes financières dans les bilans. Avec rien de moins que l’American Bankers Association, l’Independent Community Bankers of America, la Mortgage Bankers Association et l’U.S. Chamber of Commerce comme signataires de la lettre ouverte. L’idée est d’opérer un véritable tour de passe-passe, en modifiant la règle comptable d’évaluation au prix du marché des actifs. Le tour serait ainsi joué, les actifs pourris reviendraient verts, en attendant qu’ils mûrissent le plus tard possible. « Soyons clairs », disent nos édiles (ce qui généralement signifie que l’on ne va pas l’être), « les pertes économiques réelles doivent être prises en compte dans un marché ordonné. Toutefois, reconnaître des pertes qui ne reposent pas sur l’économie réelle est intenable en toutes circonstances ». Encore une manière de ne pas régler les comptes, de faire appel à un « réel » incertain pour mieux fuir un imaginaire douloureux, à moins que ce ne soit le contraire. (billet du 16 mars)

    La Fédération bancaire Française (FBF), lors d’une conférence de presse hier mardi, sous forme de propositions pour le prochain G20 a évoqué ce même sujet, l’une des 7 mesures qu’elle suggère de prendre. Elle propose de substituer aux nors comptables actuelles, qu’elle accuse de « prolonger la crise » (un magnifique détournement de cause) en obligeant les banques à augmenter leurs fonds propres en situation de crise, un système reposant sur des sortes de provisions amassées en période faste et qui pourraient être consommées en période de maigre. Il est également proposé de placer sous surveillance du Forum de stabilité financière (FSB), qui a fait la preuve jusqu’à ce jour de sa totale inutilité, l’IASB, le régulateur comptable mondial, car ce dernier « ne rend des comptes à personne ».
    Le prochain G20 devrait prendre des décisions à ce propos. Manière, vous avez raison, de balayer les miettes sous le tapis au lieu de passer l’aspirateur.

  11. @ François Leclerc

    Yep. Mais, au-delà du cas Geithner, c’est le Président Obama lui-même qui est de plus en plus coincé.

    Soit, il réagit de manière plus ferme contre la volonté évidente des milieux d’affaires de lui imposer la politique économique qu’ils veulent lui voir suivre (dont les affaires de bonus ne sont qu’un épiphénomène, certes, très symbolique). Mais, alors, il sera engagé dans une spirale de chocs frontaux avec ces milieux. Ce qui peut l’amener beaucoup plus loin qu’il ne le souhaite probablement. Outre le fait de s’exposer à une très probable campagne d’accusations de « socialisme ». Thème très explosif aux USA.

    Soit il cède. Notamment sur la question de la « liquidation » des actifs pourris restants. Et, dans ce cas, il aura mis le doigt dans l’engrenage. Une concession en amenant une autre, il risque de perdre, très rapidement, la conduite de sa propre politique économique. Ce qui aurait, évidemment, un lourd impact sur les autres réformes qu’il compte mener (politique de santé, par exemple).

    Bref, Mr Obama ne va pas rigoler, dans les prochains mois. La question va se poser de qui dirige, réellement, les Etats-Unis. Les milieux financiers? Ou le Président?

    La réponse devrait être évidente. Elle ne l’est pas.

  12. @JJJ

    En l’occurrence, l’article du Monde.fr est une réécriture d’une dépêche de l’AFP, ce qui est très souvent le cas sur les sites électroniques de la presse française. Il y a écrit (« avec l’AFP »).

    Timothy Geithner est enfermé dans sa propre logique. Si les bénéficiaires des bonus bénéficiaient dans leurs contrats de dispositions les justifiant, il estime ne pas pouvoir s’y opposer. Donc, il s’adresse à AIG.

    Des sénateurs démocrates ne prennent pas ces gants, puisqu’ils envisagent de faire voter une loi au terme de laquelle ces bonus seraient taxés à hauteur de 90%, pour que l’Etat récupère d’une main presque tout ce qu’il a donné de l’autre.

  13. @ Bob

    Pas si sûr que cela. Que les choses n’apparaissent pas au grand jour ne signifie pas qu’elle n’existent pas. En France, c’est de ce point de vu le pompon actuellement.

    Par ailleurs, la crise du capitalisme financier est plus violente en son épicentre, les USA, et accessoirement en Grande-Bretagne, là où le modèle américain a été le plus suivi à tous points de vue. Les autres pays européens ne sont évidemment pas exemptés de celle-ci, mais comme elle y est moins virulente, ils parviennent à mieux la contenir. Les hommes (et les femmes) politiques peuvent plus facilement y faire la politique que les milieux financiers souhaitent leur voir mener.

    Enfin, je vois cela comme cela.

  14. @ François Leclerc

    merci beaucoup!

    on entend déjà les effets d’annonce (dès le G20?), le retour du vert, de la bonne humeur, du printemps, …

    on ne peut donc, si je vous suis bien, raisonnablement nier que le temps gagné serait assez précieux et servirait à relancer la machine affaiblie… jusqu’à la prochaine reddition des comptes.
    ne pensez-vous pas que cette dernière pourrait éventuellement être moins pénible si le malade a entretemps récupéré quelques forces?

    à présent que l’on sait qui désire ce changement miraculeux, pouvez-vous nous dire qui s’y oppose et pour quel motif?

    en d’autres termes, qui sont les perdants de ce tour de passe-passe, à court terme et à plus long terme (si ce ne sont pas les mêmes)?

    mille mercis encore

  15. En parfait béotien, je me pose une petite question. Sur les 12 miilliards d’USD qu’AIG a payé à la Société Générale avec l’aimable concours du contribuable américain- quand on pense que l’américain moyen a sauvé une banque froggie de la faillite, ça fait rigoler – , quelle proportion était due à des contrats CDS? Et surtout, ces swaps achetés par la Société Générale, l’étaient-ils pour couvrir des actifs en possession de la banque ou juste comme ça, pour faire un naked bet. Je dis ça, parce qu’on nous a bassiné pendant des mois avec le trader Kerviel qui aurait, paraît-il, joué perso mais on ne nous parle pas des éventuels paris purs tout à fait légitimement effectué par la banque et qui par chance, lui ont été favorables. S’il s’avère que la Société Générale a acheté ces swaps juste pour faire un ou plusieurs coups et non pour se protéger, on peut en déduire qu’elle a joué son existence et ça, c’est encore autre chose que le comportement d’un trader.

  16. Vous refaites le coup du nuage de Tchernobyl

    Les Européens s’aperçoivent plus que jamais que leur capitaux travaillent de façon similaire à ceux des USA.

    Les grandes banques européennes ont fait les mêmes erreurs que les banques américaines, il n’y a que Mme Lagarde pour penser le contraire.

    L’administration US est proactif sur la crise systémique pendant que Mrs Barroso, Juncker et Mme Parisot Lagarde nous explique que la crise c’est ailleurs et que l’économie devra repartir grace à la relance américaine et chinoise.

    Je pense que cette démarche va à l’encontre des intêrets de l’Europe et renforce un peu plus la dépendance de l’Union envers les USA.

    D’ailleurs, vos commentaires en dehors de tout contexte européen sont assez représentatif de cet état d’esprit de dépendance.

    Pour ma part, j’aimerais bien en savoir un peu plus sur l’action des gouvernements européens face à la crise.

    Est il possible qu’il n’y ai rien a en dire car rien ne s’y passe?

  17. @ Philippe Deltombe

    On parle souvent des « artifices comptables », ce ne sont en effet que des normes qui ont l’essentiel intérêt d’être partagées (ou de devoir l’être). Elles ne sont certes pas immuables, mais pour autant peuvent-elles être changées au gré des circonstances, afin d’être plus accommodantes ? Modifier la « fair value market », c’est en réalité mettre en cause les règles de Bâle II de la BRI fixant les niveaux de fonds propres des banques, et donc les fragiliser encore plus. Est-ce vraiement l’objectif qu’il faut poursuivre ?

    Qui le voudrait ? Tous ceux qui ne veulent pas perdre les rênes de leur pouvoir financier et accepter le loup dans la bergerie, des capitaux publics (qui risquent d’être accompagnés de contraintes et donnent un droit de regard dans les conseils d’administration) dans le capital des institutions financières.

  18. Je viens de lire à ce sujet la nouvelle que Timothy Geithner s’était engagé à liquider AIG et à « récupérer » les primes indûment versées. Fallait pas l’énerver !

  19. @ Ton vieux copain Michel

    Le communiqué de presse d’AIG permet de distinguer les positions « couvertes » (assurance) des positions « nues » (pari spéculatif).

    Premier tableau « Attachment B » : positions couvertes. Par exemple, Société Générale : 6,9 milliards $ ; Calyon : 1,2 milliards $.

    Second tableau « Attachment A » : positions nues. Par exemple, Société Générale : 4,1 milliards $ ; Calyon : 1,1 milliards $.


    Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

  20. En parlant des banquiers, je ne résiste pas à la tentation de vous faire partager cette brève du figaro, sur laquelle je suis tombée aujourd’hui, un peu par hasard
    http://marches.lefigaro.fr/news/societes.html?OFFSET=0&ID_NEWS=100365067

    La Soc Gen rappelée à l’ordre en matière de blanchiment

    La Réserve Fédérale américaine a relevé des «déficiences» dans le contrôle au sein de la branche new-yorkaise.

    La Fed a annoncé mardi avoir adressé un rappel à l’ordre à la banque française Société Générale à cause de ses «déficiences» en matière de blanchiment d’argent. Les carences concernent la branche new-yorkaise du groupe. Pour mettre fin à ces manquements, la Fed a signé avec la Société Générale un accord le 4 mars dernier. Aux termes de cet accord, la banque s’engage à revoir dans les 120 jours sa structure et ses pratiques de surveillance dans sa filiale de New York afin que les faits (non précisés) qui lui sont reprochés ne puissent pas se reproduire. Dans un délai de 60 jours, la banque et sa filiale New Yorkaise, doivent présenter un programme «acceptable» destiné à améliorer les contrôles et se conformer aux dispositions légales concernant le secret bancaire et le blanchiment. La banque doit également préciser sous 60 jours, comment elle compte s’y prendre pour «identifier dans les temps et de manière précise» les transactions suspectes afin de les signaler aux autorités.

    Ce n’est pas la première fois que la Fed pointe les carences d’une banque européenne en matière de blanchement. Déjà à l’automne, la filiale new-yorkaise de la banque allemande Dresdner Bank (groupe Allianz) s’était vu reproché «certaines violations de la loi» en matière de blanchiment d’argent.

  21. Merci, Paul. On notera que de toutes les banques, la Soc Gén est celle qui a le plus joué au casino avec les CDS. Ça mériterait bien un article dans les Echos.

  22. Maintenant, si on veut pousser le bouchon un peu plus loin, on pourrait se demander (on ne le saura jamais, bien sûr) sur la santé (chancelante) de quelles institutions la Soc Gén a-t-elle parié? Sur la défaillance de qui a-t-elle misé et à quel moment? Sur Bear Stearns? Sur Lehman Brothers (la semaine avant l’effondrement? Sur des confrères français? Ça ne serait pas très joli joli. Autre chose: a-t-elle précipité la défaillance du ou des tiers sur lesquels elle a misé en achetant d’une part des contrats naked à AIG et en vendant, d’autre part, leurs actions à découvert ? Ou en appliquant d’autres stratégies, encore plus sophistiquées, dont nous ignorons tout.

  23. Seuls les faibles d’esprit peuvent croire que les dirigeants des entreprises « financièrement assistées » ont continué à
    verser des bonus par habitude.

    En fait le vrai problème c’est bien le départ à la concurrence ou les épanchements en public.

    Vous n’imaginez pas le pouvoir de nuisance de ces cadres. Eux savent où et à qui ça peut vraiment faire mal.
    Jusqu’à présent nous en sommes juste à la mise en bouche et pourtant nous en avons déjà pris plein la gueule.

    A défaut (j’aime ce mot de plus en plus tendance) de bonus, il faudra réactiver l’une ou l’autre très discrète agence de salubrité.
    Comme ce sera accidentel, je devine que les primes d’assurance vont recommencer à flamber. Toujours ça de récupéré.

    A bon entendeur,

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