Krill et baleines : éloge du protectionnisme, par Marc Peltier

Billet invité.

KRILL ET BALEINES : ELOGE DU PROTECTIONNISME

Quiconque a nagé au dessus d’un récif corallien tropical demeure ébloui par la prodigieuse diversité de formes et de relations à l’environnement que la nature y déploie. Un nombre incalculable d’espèces différentes, toutes hautement spécialisées et étroitement interdépendantes, s’y côtoient dans un écosystème d’une complexité stupéfiante.

L’énergie disponible pour l’ensemble du récif est celle du seul soleil, en moyenne 12 heures par jour, et les intrants sont parcimonieusement distribués par l’océan environnant. Pourtant, quelle richesse!

Les niveaux trophiques (qui mange qui ?) sont subdivisés à l’extrême, la plupart des prédateurs sont extrêmement spécialisés, et presque tous sont aussi des proies intermédiaires dans les chaines alimentaires. Si un potentiel énergétique, aussi minime soit-il, est disponible quelque part, il sera utilisé par l’écosystème. On trouve ainsi des espèces spécialisées dans la consommation des mues ou des fèces d’autres espèces. Il existe même des parasites de parasites…

Ce système vivant infiniment diversifié est aussi hautement cloisonné par une multitude de barrières invisibles, dans l’espace et dans le temps. Un réseau d’armes et de défenses précisément ajustés maintient un équilibre dans la diversité des formes vivantes. Au total, la productivité, exprimée en biomasse par unité de surface, n’est pas extraordinaire, mais on peut parler d’une vraie richesse.

A contrario, notre planète porte aussi un autre écosystème dont les caractéristiques sont radicalement opposées, l’océan circumpolaire antarctique.

Le milieu est ici très homogène, l’océan se répartissant, aux mêmes latitudes, tout autour de la terre. Des remontées d’eau profonde, les « upwellings », introduisent dans l’écosystème des intrants abondants. L’énergie solaire se déverse généreusement, à ces hautes latitudes, pendant l’été austral. La productivité en biomasse est alors spectaculaire. En revanche, la biodiversité est remarquablement faible. Les niveaux trophiques sont réduits au plus direct : des diatomées transforment l’énergie solaire en matière vivante. Elles sont mangées par un petit peuple d’innombrables crevettes, le krill, qui concentrent cette énergie pour les seigneurs de l’écosystème : les grands cétacés, et quelques manchots. Des prédateurs opportunistes complètent le tableau, mais de façon très anecdotique, et sans changer la chaîne trophique caractéristique : Diatomées -> krill -> baleines.

Ecologie et Economie, au delà de la simple étymologie, présentent des analogies qu’il peut être utile de souligner.

Nous vivions autrefois, en Europe notamment, dans un récif corallien. L’histoire nous avait légué un patchwork de cultures, de territoires, de pratiques, de façons d’être, d’habiter, de manger, d’aimer, de comprendre. Nous entretenions, entre Européens, des relations compliquées, parfois tragiquement conflictuelles. Nous nous épuisions dans des rivalités fratricides. Cependant, nous étions riches.

Les politiques néolibérales se sont employées, depuis 25 ans, à « passer au mixer » les innombrables cloisonnements culturels, politiques et réglementaires qui définissaient notre milieu. Il est en voie d’homogénéisation définitive.

Nous avons ainsi augmenté massivement les flux économiques dans notre espace désormais homogène. Nous avons « rationalisé » l’économie, notamment par une réduction obstinée du nombre d’intervenants entre producteurs et consommateurs. Les poissons de toute taille, imbéciles ou habilement manipulés, ont crié tous en chœur : « A bas les intermédiaires ! Directement du krill à la baleine ! »

Nous avons, plus que tous les autres, parait-il, « profité de la mondialisation ». Des indices objectifs le prouvent : l’espérance de vie, le PIB, la balance des échanges, que sais-je ?… Nous avons aussi exorcisé de vieilles malédictions, comme les guerres récurrentes en Europe. Tout cela est très bien.

Mais, en nous y prenant de cette façon, nous ne devons pas nous étonner de l’anéantissement de nos diversités, du laminage de la classe moyenne, et de l’avenir qui nous est promis dans cette direction : Du krill, et des baleines… N’est-ce pas ce que nous commençons à constater ?

Que voulons-nous ? Une économie « efficace« , maximisant les flux, dans un milieu homogène, avec peu d’intervenants économiques, ou bien une économie « riche« , maximisant les diversités et les intervenants, dans un milieu complexifié par des membranes perméables, à l’image de la vie ?

Une membrane n’est pas une cloison. Elle est au contraire le lieu du contact, de la mise en relation, de la reconnaissance, elle permet l’apparition entre ses deux faces d’une différence de potentiel ou de concentration, d’une pression, d’une force motrice, d’un flux contrôlé.

La membrane est dans la définition même de la vie. Imagineriez-vous que la suppression des membranes dans votre corps puisse constituer, en quelque façon, une « optimisation économique » ?

L’activité économique est décrite aujourd’hui principalement en termes de flux. Nos méthodes comptables ne savent enregistrer, avec rigueur, que cela. Nos outils sont aveugles, ou très inadaptés, lorsqu’il s’agit d’évaluer un potentiel, c’est à dire à ce qui apparait quand on limite un flux.

La physique nous fournit une analogie : une même puissance électrique peut résulter d’une forte différence de potentiel provoquant une faible intensité dans une forte résistance, ou au contraire d’une forte intensité résultant d’une tension faible dans une résistance faible.

Pour donner un exemple d’économie basée sur le potentiel plutôt que sur les flux, la route de la soie et celle des épices, au moyen-âge, étaient très difficiles pour toutes sortes de raisons, et les flux marchands y étaient très faibles. Le potentiel, en revanche, était très élevé, et il a fait l’incroyable richesse de Venise, et la fortune d’innombrables intermédiaires, en amont et en aval, pendant des siècles… Tout ce circuit économique a été ruiné lorsque le développement du transport maritime, en supprimant l’obstacle, a supprimé le potentiel.

Nous étions engagés, avec le néolibéralisme, vers une optimisation des flux économiques, dans un milieu homogène et ouvert. Ce modèle, l’expérience l’a montré, favorise la concentration de la richesse et l’aggravation des inégalités sociales. Krill et baleines…

Le modèle écologique du récif corallien nous suggère une alternative mieux adaptée à la diversité humaine, et aux limites que l’environnement nous imposera très bientôt : une économie basée aussi sur les potentiels, et limitant les flux, dans un milieu dont les hétérogénéités sont contrôlées par des membranes semi-perméables. Un tel modèle favorise la diversité des agents économiques.

La question du protectionnisme va prochainement devenir très à la mode. Pas une réunion politique internationale ne se conclura sans un vibrant appel à rejeter toute forme de protectionnisme, facteur aggravant de la crise et germe de toutes les guerres et de tous les désastres. Pas d’allocution nationale, le lendemain, où ne s’exprimera, en filigrane, et surtout sans prononcer le mot maudit de protectionnisme, la légitimité absolue de la solidarité envers les siens, d’abord et avant tout.

Le rééquilibrage de l’économie entre flux et potentiel, grâce à des membranes économiques judicieuses, pourrait aider à dépasser cette schizophrénie prévisible.

Il ne s’agit pas de reconstruire des frontières et des douanes, ni de justifier des « immigrations choisies » et autres idées de même connotation, il s’agit d’imaginer en économie des membranes fécondes, des filtres, des écluses, qui puissent permettre, par exemple, à un agriculteur canadien et à un paysan malien de cohabiter sur cette planète, sans que l’existence de l’un ne signifie la mort de l’autre.

En somme, l’exact contraire de ce qui a été fait depuis 25 ans…

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62 réflexions sur « Krill et baleines : éloge du protectionnisme, par Marc Peltier »

  1. Superbe analyse.
    Effectivement, choisira-t-on la diversité ou l’inégalité? Il existe une quantité physique qui mesure cette notion de diversité. Il s’agit de l’entropie. A condition d’en avoir une compréhension correcte (comme mesure de la diversité, et non du désordre). De http://www.entropysite.com/students_approach.html , ‘Entropy measures the spontaneous dispersal of energy: how much energy is spread out in a process, or how widely spread out it becomes — at a specific temperature.’. La température correspond à l’agitation. La célèbre équation dS=dQ/T énonce que la diversité augmente plus dans un milieu calme (à basse température).
    Mais peut-être est-ce le calme qui manque le plus de nos jours…

  2. Bonjour, « sans que l’existence de l’un ne signifie la mort de l’autre » votre article fait immediatement raisonner en moi le fait que vivre est la confrontation directe a tous moment avec la mort, la vie n’est pas equilibre elle est perpetuelle desequilibre. Nier les processus de vie qui incluent l’entropie (c’est a dire la deterioration des systemes), nier l’ombre, n’est pas la vie. Cette mondialisation est un processus naturel et naturellement le systeme se deteriore nous sommes maintenant a l’automne de cette mondialisation. Wallerstein decrit par exemple l’economie comme un fluide.

    Allegra l’entropie n’est absolument pas une mesure de la diversite mais la loi du desordre croissant et qui prevaut pour tous systemes,
    Amities a tous

  3. @ Marc Peltier

    Votre titre est provocateur, votre analyse ne l’est pas. Après tout, on parle bien de la « protection de la nature », pour signifier que des actes volontaires doivent s’opposer à des destructions désinvoltes. L’analogie de la membrane, ce filtre semi-perméable qui sépare deux états, deux mondes, renvoie en réalité à l’éloge de la diversité et à la manière de la faire coexister.

    Cependant, dans la situation actuelle marquée par des rappels incessants à propos des dangers du retour du protectionnisme, il vaut mieux laisser l’exclusivité du terme à ceux qui les effectuent, exprimant l’urgence d’un retour à la situation précédente, à une forme de mondialisation qui, elle aussi, est en crise, et donc ne se poursuivra probablement pas telle quelle. C’est une illusion, sa découverte va frapper de plein fouet, tôt ou tard, ceux qui l’ont propagée et imposée.

    C’est ce que vient de formuler le ministre brésilien des Affaires stratégiques (un intitulé significatif des préoccupations qu’il exprime), Roberto Mangabeira Unger, en expliquant le programme qu’il propose à la communauté internationale : remédier au déséquilibre entre économies excédentaires et déficitaires, réorganiser le système financier et relancer des économies par le biais d’une meilleure distribution des richesses. (cela veut dire, dans le contexte brésilien, développement du marché intérieur et réaffectation des ressources à l’amélioration de la situation des déshérités).

    La discussion sur le mondialisme de demain commence, ou plutôt se poursuit, mais avec désormais des implications pratiques. Elle va se traduire dans les faits, avec la réorientation progressive, lente et laborieuse, de l’économie des pays émergents vers le développement de leur marché intérieur, qui s’est engagée. Cela ne va pas être, pour autant, un chemin bordé de roses.

    Il y a des flux sur lesquels il ne faut plus compter. Celui des dollars, entrant, dont on ne sait plus quoi faire, comme celui, sortant, d’une production intensive et débridée de biens destinés à des marchés occidentaux à bout de souffle, pour avoir été trop exploités, qui ruine les ressources. Il apparaît, telles des alternatives, des gammes de produits adaptés aux marchés émergeants, des voitures à bas prix, des ordinateurs qui le sont également, qui sont l’avenir parce que, tout étant fonctionnels, ils sont bien moins chers et vont nécessiter la mobilisation de moins de ressources pour leur production. C’est à mon sens cela l’enjeu. Ce qui devrait d’ailleurs nous mettre la puce à l’oreille, c’est le succès de certains de ces biens, conçus pour les pays émergents, et qui rencontrent un réel succès dans les pays développés, en dépit des barrières qui sont dressées.

  4. Merci pour cette analyse qui confirme, et de quelle maniere, ce que je disais pour un autre billet, qu’ il fallait multiplier le nombre d’ ‘echanges pour apporter de la richesse a tous, et non pas le reduire. Le Probleme est que l’humain dans son travail vise au loisir, donc a reduire le travail pour une meme production. D’ou l’ avenement des machines outils, des industries et des robots et de l’internet. Il faudra donc lever la contracdiction entre moins de travail et plus d’echanges. L’ industrie du loisir vient de la.

  5. @ Marc Peltier
    Entre les lignes il y a une sorte d’idée qui ne serait pas fausse
    Mais sur les lignes je ne vois pas ce qui pourrait être partagé
    … diversion ? … incompréhension ? …

    @ Tel Quel
    Ai-je l’air d’un fluide ?
    L’économie a fort peu en commun avec un fluide !

    @ Marc Tirel
    La métaphore a ses limites elle aussi;
    elle fait ce qu’elle peut pour décoincer les neurones, pas davantage.

    @ Paulo G
    Oui c’est très beau … mais faux
    Comme quoi le métier d’artiste réclame vraiment beaucoup

    @ François Leclerc

    La discussion sur le mondialisme commence, ou plutôt se poursuit … (…) C’est à mon sens cela l’enjeu (…)

    Il se poursuivra avec des concepts et des mots nouveaux qui ne sont pas actuellement ni dans les manuels d’économie ni dans les livres d’Histoire.
    Les enjeux sont autrement plus dérangeants et complexes que vous l’évoquez (voitures à bas prix, ordinateurs plus légers et encore moins chers,…).   Comment faites-
    … pour que chacun(e) ( 2 milliards ?) ait un boulot ?
    … pour maintenir une saine émulation entre les inventeurs-innovateurs ?
    … une saine émulation-coop entre les groupements de peuples à surface au sol et/ou population comparable ?

  6. @Allegra :
    Et si on considère que l’information est néguentropie, on penserait qu’avec une optimisation des flux d’information, on diminue la diversité (augmente la Température)

    Est-ce qu’Internet, n’est pas en train de bousculer tout cela et de remettre au gout du jour la longue traine…

  7. Merci d’exprimer tout cela aussi bien.

    Une question en découle, pour moi :

    Des règles artificielles ou humaines, vont-elles pouvoir remplacer celles , fécondes, qui nous étaient imposées par un environnement non maitrisé ?

  8. Il me semble que les notions de protectionnisme ou de mondialisation portent en eux leur date de péremption. Outre l’orientation idéologique qu’on pourrait lui attribuer, Jancovici met en évidence dans ses conférences un fait incontournable: Nous entrons dans la période de l’énergie chère. C’est sous ce prisme qu’on peut estimer le délitement des conceptions protectionnistes ou mondialistes.

    Quelle sera par exemple (totalement arbitraire) la pertinence pour un Andalou de commercer avec la Pologne, pourtant dans le même espace économique, plutôt qu’avec le Maghreb, dans un monde ou le coût de l’énergie surpassera de loin celui de la main d’œuvre (indépendamment du droit du travail différent d’un pays à l’autre)? Plus généralement, quelle sera la pertinence pour un Européen de commercer avec la Chine? Ou plus subtil et très en lien avec l’actualité récente, quel sera la pertinence pour un Guadeloupéen de « consommer français » au lieu de se ravitailler dans le Golfe du Mexique?

    Plutôt que de parler de mondialisme ou de protectionnisme, qui sont des concepts terriblement figés, il serait préférable de songer à un système d’échanges de proche en proche, sans considération pour le concept de Nation.

  9. @TELQUEL: A propos de l’entropie. voici une analogie classique vue sur le net: chaque personne d’une population a le choix entre porter une chemise jaune ou une chemise bleue; s’il y a à peu près autant de personnes qui choisissent le jaune que de personnes qui choisissent le bleu, l’entropie est maximale; si tous choisissent disons le bleu, l’entropie est minimale. Dans ce second cas, on peut voir de l’ordre, mais également une absence totale de diversité, de choix personnel; chacun est obligé de choisir le bleu. Dans le 1er cas, on peut voir du désordre, mais aussi la manifestation de la liberté de choix de chacun quant à sa couleur de chemise. Alors l’entropie: liberté ou désordre? Attention, car la confusion entre ces deux concepts peut être lourde de conséquences…Remarquez que dans le 1er cas, la population ‘vue de loin’ apparaît verte (jaune+bleu): l’uniformité macroscopique est alors le reflet de la diversité des individus.

    C’est la concentration de l’argent en quelques mains qui fait diminuer l’entropie, la diversité, la liberté individuelle.
    J’avoue ne pas comprendre le manque d’enthousiasme pour l’argent fondant (Gesell) sur ce blog. Si avoir de l’argent procure de l’argent (à cause des intérêts), comment éviter la concentration des richesses?

  10. Fabuleux !

    Une membrane : le respect. De l’autre et de sa culture, de sa vie. Je ne mangerai du riz que si celui qui l’a produit en a suffisamment pour nourrir sa famille. Je le respecte et je respecte son pays en ne lui imposant pas ma demande, mes désirs. J’ai eu le désir de remplir mon ventre le plus possible et ai tout mis en oeuvre pour y parvenir. Je me rends compte que je n’ai pas agi avec respect. J’ai violé la membrane du respect et je m’en veux.

    Merci.

  11. Bravo Marc Peltier!!

    Vraiment cela fait plaisir de constater, je l’espère, un courant de force, qui va se dessiner et s’imposer « naturellement ». Ici très explicite et paraitement exprimé par Marc Peltier. En effet, le modèle du vivant – est – notre modèle, c’est nous-mêmes.

    Les courants « culturels » libéralo-marxistes issus du siècle des « Lumières », et toutes les « nuances », qui comprennent le racisme meurtrier, se trouvant dans cette « polarité », ou « dialectique », libéralo-marxiste n’ont fait que semer la confusion qui produisit cette rupture historique: nature-culture, et nous égarer dans des culs-de-sacs politiques et économiques sur lesquels nous buttons, cette fois, sans porte de sortie, comme des papillons de nuit aveuglés en train de se brûler les ailes une fois prisonniers d’un globe lumineux.

    Nous avions oublié que nous sommes mariés avec l’environnement et l’écosystème. Nous sommes obligés de respecter ce « contrat » de mariage.

    Voici ce que disait votre serviteur dans Contreinfo en février:

    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2556

  12. @ LeClownBlanc

    Oh là là, ne me bousculez pas comme cela ! Du boulot pour tout le monde, vous posez la question à l’envers, il faut simplement le partager différemment (nouvelle approche de la division du travail).

    Chaque chose en son temps pour les autres questions

  13. Merci pour ce texte fort instructif et merci à Dissonance de rappeler les fondamentaux énergétiques décrits par Jancovici. Comme je l’avais exprimé dans mon billet invité (Candide au pays de l’or noir), la mondialisation et son corolaire la délocalisation comme ligne bleue des Vosges, ne peuvent exister QUE par la grâce d’une énergie gratuite et abondante dont les transports ont bénéficié comme on le sait. Autre corolaire à ces transports quasi gratuits, la spécialisation des pays suivant le principe des avantages comparatifs.
    Quid du « commerce international » quand le coût du transport deviendra prohibitif ?

    Comme le propose encore Dissonance c’est un système d’échange de proche en proche qui se mettra en place. Le renchérissement du coût des énergies fossiles qui malgré les apparences nous pend au nez (aujourd’hui le cour du Brent est redescendu à 48$, mais à la lumière des schémas de l’AIE on peut douter du maintient de la « production » actuelle et par voie de conséquence de son coût avec le risque de voir la consommation baisser à cause de la recession, mais le prix du baril monter, monter…), mettra tout le monde d’accord…

  14. Il y a beaucoup de raréfaction dans l’air: du travail, de l’énergie, et j’en passe. Et aussi un trop plein d’argent très mal distribué. On secoue et on voit ce que cela donne ? Attention, tout de même, à des propos qui pourraient paraître « passéistes ». Difficile de faire tenir le monde dans une bouteille que l’on jetterait à la mer.

  15. Je comprend pas trop cette histoire d’argent fondant.
    Aujourd’hui nous avons ce que l’on appelle l’inflation. Notre monaie fond donc constament non?
    Mais pour empécher cette fonte, on monte les loyers, on fait varier les intérets.
    Je vois donc pas comment faire une monaie fondante (dans le sens ou plus on stocke d’argent et moin celle ci à de valeure) sans règlementer le loyer de l’argent.

  16. @ Marc Peltier

    Si je comprends bien et pour faire simple, vous préconisez de remettre des intermédiaires dans la chaîne afin que plus de gens aient du boulot. OK, très bien pour le principe, mais quid du coût ? Chaque intermédiaire va augmenter le coût pour l’acheteur final, sans apporter nécessairement de valeur ajoutée au produit… Dans le contexte d’énergie de plus en plus chère qui sera le nôtre à court terme, ne serait-il pas préférable, plutôt que de rajouter des intermédiaires, de diversifier le travail en créant d’autres emplois présentant une utilité pour la société ?…

  17. L’entropie est un principe de physique, donc quantitatif plutôt, les transpositions analogiques à d’autres domaines me paraissent exagérées. Comme de confondre le langage avec son organe, le cerveau.

    Le potentiel peut être comparé au désir et le flux à son assouvissement. Mais comme on ne vit pas sans désir, l’intérêt du flux est de recomposer les potentiels de désir. D’en produire d’autres. Eviter les hémorragies aussi.

    Deleuze avait beaucoup écrit sur les flux, les territoires et les déterritorialisations.
    L’économie nous y ramène. Protectionisme, localisation des échanges ?

    A l’époque des nanotechnologies qui soulignent des machines très locales pour des effets très locaux, on a peut être une piste à suivre. Celle d’un sur mesure.

  18. François Leclerc dit :

    31 mars 2009 à 10:36
    @ Rumbo

    «  » C’est quoi le “libéro-marxisme” ? «  »

    C’est une expression à moi pour désigner l’origine et la formation des courants historique dont témoignent les suffixes en: « ismes » (idée de). C’est ce qui « signe » assez bien le divorce nature-culture ayant germé à partir de la Renaisance. C’est ce qui introduisit une dialectique qui aura fourbi toutes sortes de philosophies, en particulier les philosophie où l’homme se prend pour le centre et la référence de l’univers lui faisant croire qu’il peut commander à 100% la nature, alors qu’il en fait partie. Il était donc fatal que l’ « Homme », même et surtout « très civilisé », se retournât contre lui-même (l’histoire occidentale le montre et le démontre depuis environ 2 siècles et demi au moins, avec le paroxisme du récent XXème siècle). Ce sont ces philosophies, culminant avec celles du siècle des Lumières, puis du XIXème siècle, qui nous firent déboucher sur les courants politiques et économiques où nous nous débattons encore aujourd’hui. Et, on peut l’espérer, pas pour toujours.

  19. bravo, bel article pour les plongeurs (dont je fais partie)

    finalement reprendre les devants et prévoir une énergie chère qui empêchera de toute façon à la Pologne de commercer avec les Philippines .

    j’ai l’impression qu’on essaye de nous vendre une mondialisation bis, tant que le pétrole est abordable, afin de faire des profits vite vite.

    c’est incontournable le pétrole cher. ANTICIPONS. la balle est dans notre camp, ne nous laissons pas avoir par un discours ( c’est même plus démago mais menteur) donc menteur.

    on attend quoi pour se prendre en charge, déjà au niveau individuel. Faites comme Juppé, arrêtez les fraises en décembre, le boeuf 4 fois par semaine et des ordinateurs … (ah merde on a pas le choix, déjà)

    ben voilà on a pas le choix déjà. revenons terre à terre (ce qui n’est pas toujours le cas ici).
    1) l’eau, 2 l’alimentation et survivre.

    je sais pas si on est sur la même longueur d’onde, mais revenons à (sic) « la légitimité absolue de la solidarité envers les siens“

  20. @ Candide & Marc Peltier

    Lorsque je lis intermédiaires dans vos commentairs, je ne suis pas sur de bien vous comprendre. Je comprend que l’intermédiaire, pour vous, est juste un prétexte à un partage des richesses sans rapport à son apport à la comunautée.
    C’est pour moi tout aussi absurde que débrancher une machine pour faire travailler un étre humain à la place pour justifier un salaire qu’on lui donne.

  21. @phyreso: Je reprends la métaphore des chemises jaunes et bleues. Si tout le monde a une chemise bleue (entropie minimale), un observateur extérieur possède beaucoup d’information sur cette population: il connaît la couleur de chemise de chacun. En ce sens, vous avez raison: l’entropie est néginformation. Si chacun est libre de choisir sa couleur de chemise (entropie maximale), l’observateur extérieur ignore la couleur de chemise d’un individu donné. Cependant, chaque individu possède cette information (il connait sa couleur de chemise), et la somme de ces informations détenues individuellement est l’entropie de la population. Toute la question est donc de savoir si on parle de l’information détenue par un observateur extérieur (Brillouin) ou de l’information détenue par les éléments du système.
    Dans le cas d’Internet, c’est l’information individuelle qui augmente, et donc l’entropie. Et Internet contribue effectivement à plus d’information et de liberté de pensée à l’échelle individuelle, même si (ou plutôt parce que) il est ingérable par une entité extérieure.
    Qu’il s’agisse de questions informatiques, monétaires ou écologiques, je suis convaincue que la diversité est toujours la meilleure solution.

  22. De P (la puissance) =UI et U (la tension, différence de potentiel) =RI, on déduit P=RI² (la résistance par l’intensité au carré),
    si l’on peut des analogies de vocabulaire, dire que la tension monte, que la résistance commence à s’échauffer, et d’en appliquer la loi d’Ohm U= RI, l’intensité aura beau faire, la puissance ne sera pas à la fête, et va devoir s’en prendre un bon coup derrière la casquette, (de prime abord, à priori, elle s’engagera probablement à bien refroidir la résistance )
    mais bon, comme W (le travail) = PT, et que si j’ai bien compris le temps presse …

  23. Merci pour ce billet ( encore …bis, bis…) Mr ALLEGRA !

    « De la diversité naît la richesse « ! La richesse ??? Quelles richesses ????

    Effectivement, nous ne devons pas …nous oublier …
    Oublier notre devoir d’observation des sous-systèmes :l’ecosystème , en tant qu’unité « fondamentale  » ( AH bon ???!!) d’étude de l’écologie ; cette -dernière , sous -système de facteurs biotiques et abiotiques …. dépendant du système ecosphérique, à notre echelle …et notre vision humaine, bien entendu…
    Oui, vous sous-entendez ( du moins , c’est comme cela , que je le comprends … à tort ???!!!) que nous ne devons pas oublier nos ignorances, nos carences, nos visions et modélisations basiques et simplistes…donc partielles et erronées…
    Quant à la méthodologie…..Passons….

    Dès lors, l’économie n’est qu’un sous- système, et sa dernière mutation, son dernier rejeton, « le néo-liberalisme », un environnement de laboratoire, avec tous ces petits rats…. Forcément, on est dans un environnement « homogène » et « ouvert » , dans les limites « 3D » de ce même laboratoire ….Dès lors, congratulations ….quand ça va…. et sueurs ….quand ça va moins bien …..
    Extrait : « ….. Bon sang ! Mais ça marchait bien jusqu’à maintenant !!! Ou me suis – je trompé ???? Quelles erreurs ai- je commise ???? », s’interroge Sir GEITHNER, chercheur au sein de son laboratoire …. ( ps : je n’ai aucune amitié et inimitié contre ce personnage fictif… Tout ressemblance serait …. etc…etc… Il fallait bien prendre un exemple …)

    Eh oui !!! l’erreur grossière et première (?) est peut être de s’être enfermé dans son laboratoire, et avoir oublié d’observer, qu’il est ignorant ( comme moi et nous tous), que ses modélisations, sont bâties sur la prise en compte volontaire d’un certain nombre de paramètres, et en ignorant tout aussi volontairement les autres (mais aussi en n’ayant pas conscience qu’ils existent…), variables et les rapports entre eux …. Même l’approche ( mathématique) devrait être remise en cause… car elle est quantitative par essence…. donc partielle!!!

    Or, à l’échelle d’un ecosystème, ( le corail , par exemple) , une vision alternative « qualitative » m’apparait mieux appropriée, et plus riche en enseignements et compréhension…. pour celui qui observe….
    l’écosphère est holistique et téléologique…. Ce que n’est pas (encore) l’économie, avec son dernier rejeton ….

    Maintenant, et pour être  » terre à terre », la diminution drastique des flux de marchandises ( matières premières, psf et pf) est inévitable à terme …. avec raison et ingéniosité …ou dans la douleur, et +…. Une partie des flux financiers suivra ….

    Merci encore pour votre article .

    PS :

    -300 millions d’arbres plantés en 2008 , en turquie, via le PNUE. Bien ! Mais selon quelle méthodologie …???en mono essence ????
    -Au niveau trophique, qui mange l’homme ???
    -Que se passe t’il, invariablement, quant une espèce de la biocénose, est surabondante, au sein d’un ecosystème identifié et/ou défini, en prenant un paramètre complémentaire : le temps , et ces enfants ( temps durées, opportunités, sequences) ? Que doit -on apprendre de ses observations? que doit on penser de la « croissance démographique »? que doit -on apprendre de la politique francaise actuelle, familiale de natalité???? Que doit- on mettre en place comme proposition « prototype » alternative ????

    Bonne journée !

  24. @ MarcusH

    L’indépendance des banques centrales est une histoire à raconter aux enfants. Ils n’y croieront d’ailleurs même pas. Les mécanismes de prise de décision ? Le téléphone, le mail, le fax, les réunions. (le tout discrètement et crypté). Une conférence de presse de Jean-Claude Trichet ? Une pantalonade pendant laquelle les journalistes interprètent des froncements de sourcils, sans s’apercevoir qu’une mouche s’est posée sur le nez du monsieur…

  25. @François Leclerc:

    Je ne suis pas sur de comprendre (je suis notoirement réfractaire aux allusions et autres sous-entendus, comme je l’ai déjà fait remarquer à nos deux Clowns):

    Qu’estimez-vous sembler passéiste?

  26. @François Leclerc 8:45

    La révolution épistémologique que nous vivons n’est pas un truc dont on parle quand on n’a plus rien à dire.
    Cette révolution, centenaire fringante, est enfin à l’œuvre: elle bascule et bouscule tout sur son passage.
    Elle a permis le pire en fournissant les outils qui ont permis de construire une mondialisation dévastatrice.
    Elle autorisera le meilleur en nous donnant accès à un capital immense de connaissances qu’aucun groupe humain ne pourra récupérer à son seul profit.
    Elle nous condamnera à nous faire réciproquement confiance.
    Les nouveaux flux dont parle François Leclerc:
    … il apparaît, telles des alternatives, des gammes de produits adaptés aux marchés émergeants, des voitures à bas prix, des ordinateurs …
    représentent, à mon avis, une parfaite illustration, très loin d’être exhaustive, des effets produits par cette révolution en marche.

  27. En thermodynamique, la confrontation de deux systèmes d’état différent (deux informations différentes) aboutit à un système d’un état intermédiaire. On aboutit à un système moins complexe avec perte d’information. C’est l’entropie. Notons que le principe de marche de l’Univers est inverse. Depuis le Big Bang, globalement la dépense d’énergie s’accompagne de formes toujours plus croissantes d’organisation de la matière ; l’objet le plus complexe à notre connaissance étant le cerveau humain.

    Question : les civilisations humaines génèrent elles plutôt de l’entropie ou de la néguentropie?

    La question ne se tranche pas si facilement. L’humanité a certes contribué à la disparition d’écosystèmes (mégafaune) mais en par ailleurs créé d’autres avec ses pratiques agricoles, le défrichage et même créé de nouvelles espèces avec l’élevage. En outre, l’humanité a su dans le passé vivre en équilibre avec son environnement.

    Depuis la révolution industrielle, l’utilisation massive des énergies fossiles, la compétition pour l’accès aux matières premières, des écosystèmes ont été ravagés, des cultures humaines perdues à jamais, des équilibres rompus. A l’actif de ce mouvement, reste la somme phénoménale de connaissances accumulées, une proportion de chercheurs jamais atteinte. Découvrir, savoir, comprendre sont des verbes qui donnent un sens à l’activité humaine.

    Sommes-nous capable de conserver cet actif, de le faire prospérer, tout en améliorant les écosystèmes (environnementaux, sociaux)? De vivre à l’image d’un récif corallien (non blanchi et mangé par les algues) ? Bref en générant de la néguentropie, en prolongement de l’action de l’univers depuis l’origine?

    En regardant plus attentivement nos sociétés, le mouvement est déjà enclenché. L’essor des associations, les liens familiaux resserrés, l’affirmation des identités régionales. C’est une tendance de fond, brocardé par les tenants de la « mondialisation heureuse », certes susceptible d’aboutir au replis identitaire, mais surtout génératrice de nouveaux écosystèmes économiques. Ainsi en est-il des clusters (pôle de compétitivité en français) basées sur des territoires. Ceux-ci sont en sont en plein essor et tirent leurs forces du tissu social d’une région. Des réseaux peuvent ensuite être noués mondialement pour utiliser des compétences manquantes. Ici, l’identité culturelle n’est pas niée mais au contraire employée pour créer de la richesse.

    En approfondissant la réflexion, la véritable richesse ne provient elle d’ailleurs pas uniquement de la rencontre de diversités?

  28. @Romain D: Comment le « principe de marche de l’univers » peut-il aller contre l’entropie, avant même l’apparition de la vie, avec comme seule loi d’évolution le second principe (l’entropie augmente)? Il y a eu formation de systèmes solaires, vie et mort de galaxies. Certes, il y a de l’anthropomorphisme à parler de vie et de mort pour des structures inanimées, mais quand même, si l’information diminue avec le temps, comment expliquer que la vie soit apparue si tard, alors que l’univers physique était de plus en plus « désinformé »?
    Les activités humaines génèrent de l’entropie, comme tout le reste. Quand je range ma chambre, je génère toujours de l’entropie physique.
    Si on parle économie et répartition des richesses, il faut alors définir, pour ce système, ce qu’on appelle entropie, chaleur et température. Comme guide: l’entropie mesure la diversité, la chaleur l’énergie due au changement de point de vue (changement des probabilités des différents niveaux d’énergie, à énergie totale égale), et c’est la température qui mesure l’agitation. En effet, la température mesure tout le chemin inutile parcouru par une particule pour aller d’un point à un autre. Le monde économique aujourd’hui pèche par manque d’entropie (de diversité) et excès d’agitation (guerre économique, compétition, transports).
    Certains n’approuvent pas le comparaisons physiques pour des systèmes humains. Je veux bien, mais à chaque fois qu’on oppose vivant (source d’ordre) et inerte (source de désordre), c’est ce qu’on fait pourtant, en y ajoutant une mauvaise compréhension de la physique utilisée. Et là, c’est autant la catastrophe que de soutenir le système actuel au nom de l’éternelle « lutte pour la vie ».

  29. @François Leclerc:

    C’est bien dans ce sens que je l’entendais, mais ma question n’était pas celle-là. Je me demandais à quelles valeurs du passé vous faisiez référence, en fait.

  30. @ Allegra

    Et pourtant même avant l’apparition du vivant, il semble que l’univers soit allé vers des formes toujours plus complexes d’organisation. A mesure que l’énergie s’est dissipée, la matière s’est organisée de particules élémentaires, en atomes, puis en molécules. Au niveau macro, des étoiles avec systèmes planétaires se sont mis en place, organisés au sein de galaxies, elles même organisées au sein d’amas et de super amas. L’information et l’ordre vont sans cesse grandissante. La marche de l’univers dans son ensemble va contre les forces d’entropie, non?

    Au tout début, il n’y avait que de l’énergie, des particules indifférenciées…

    Je n’irais cependant pas plus loin n’étant pas spécialiste.

    Pour info, je ne défends pas du tout le système économique d’aujourd’hui, foncièrement déséquilibré, source de désordre et d’injustice. Je pense cependant percevoir en germe dans nos sociétés des comportements, des nouveaux modes d’organisation qui pourraient permettre un développement beaucoup plus en équilibre.

  31. @Romain
    L’entropie à l’échelle de l’univers… C’est amusant.

    L’information et l’ordre y sont plus grands. Oui, à l’échelle locale. A l’échelle de l’Univers lui-même, les galaxies s’éloignent les unes des autres, ce qu’on appelle l’expansion. D’où l’augmentation de l’entropie.

  32. @ Dissonance

    Il y a l’embarras du choix. Tout ce qui est de l’ordre du retour, dans une société marquée par beaucoup de faits acomplis. Pas spécialement la fabrication de fromages de brebis dans le massif central (bien que cela ne puisse être une activité que pour peu d’entre nous.)

  33. @ Dissonance

    Comment expliquer l’accroissement de la complexité de l’univers (notamment jusqu’a l’apparition des galaxies) en appliquant le deuxième principe de la thermodynamique dans un système fermé ?

  34. @François Leclerc
    Aucun retour possible? Quelle drôle d’idée.
    Une idée aussi surprenante mériterait d’être un peu plus étayée qu’une simple affirmation, non?
    Y a-t-il des théoriciens ayant justifié cela comme il convient?
    Auriez-vous des lectures à me conseiller en la matière?

  35. @Romain D

    Il y a une erreur dans votre énoncé: « Système fermé ». A ce jour, il est admis par les physiciens que l’univers n’a pas de contenant, et que son expansion est par conséquent potentiellement infinie. Cela dit, certains d’entre eux envisagent tout de même un fonctionnement de type périodique dans lequel l’univers alternerait selon des cycles de dilatation/contraction. Je vous confesse ici les limites de mes connaissances en la matière.

  36. Romain D dit :

    31 mars 2009 à 14:15

    et

    Allegra dit :

    31 mars 2009 à 15:54

    et

    Dissonance dit :

    31 mars 2009 à 16:43

    Lecture (très) conseillée: Stéphane Lupasco

    À moins que vous le connaissiez déjà, il vous faut aborder d’urgence Stéphane Lupasco. Si vous ne l’avez pas encore fait, il vous attend. (tapez sur un moteur son nom et vous aurez des indormations)

    Il y aurait, peut-être, dans l’univers, des zones « anti-Clausius » (ou néguentropie), mais cela n’a pas été prouvé que je sache.

  37. « l’écosphère est holistique et téléologique… »
    Comme Rumbo le ferait remarquer, personne après la Renaissance ne veut accepter ça (et surtout pas un marxiste), car vous réintroduisez l’idée du Dessein intelligent… et donc la théologie dans les affaires humaines. Dire que l »Univers est orienté vers un but, non mais quelle idée 😉

  38. @ Dissonance

    Je n’ai pas écrit qu’aucun retour n’était possible, mais qu’il y avait beaucoup de faits accomplis sur lesquels il est très difficile de revenir. Par exemple, comment envisager une agriculture qui ne dépendrait pas autant des engrais et des pesticides ? Comment revenir sur le bétonnage des côtes ? Sur la priorité accordée au transport routier pendant des décennies ? Ce ne sont pas des questions théoriques. Les écologistes ont montré avec bonheur, sur toutes ces questions et sur bien d’autres, qu’une profonde remise en question était nécessaire. Mais il faut toujours partir de l’acquis et réfléchir à comment le transformer, pas uniquement préconiser de cesser de le reproduire.

  39. Très joli.

    Bien sûr il faut se méfier du caractère magique de ces comparaisons, et du glissement d’une logique spécifique à un domaine, à un autre … Parfois la menbrane peut être ce qui étouffe.

  40. @François Leclerc

    Merci d’être enfin explicite et factuel. J’aime 🙂

    « […]beaucoup de faits accomplis sur lesquels il est très difficile de revenir ». C’est tout à fait exact. Ce qui ne veut pas dire que ce soit impossible, encore moins qu’on puisse douter de la nécessité de le faire. C’est le fond de mon propos.

    On peut, on doit même, questionner les formes, les méthodes qu’on va mettre en œuvre dans ce « changement de monde ». Il serait en revanche irresponsable de mettre en doute sa nécessité.

    Le problème sous-jacent, que vos questions mettent en évidence, est celui du temps. Aussi bien pour le bétonnage des côtes que pour la politique des transports, qui me semblent relever d’une seule et même thématique, celle de l’urbanisme, la problématique se résume au temps nécessaire à remettre les choses en ordre. Paris ne s’étant pas faite en un jour, il semble évident qu’elle ne se défasse pas plus vite.

  41. @ceux que l’entropie intéresse: L’univers est de plus en plus complexe et diversifié, car l’entropie augmente. Il est de plus en plus ordonné (de moins en moins agité) parce que la température diminue (de quelques ?millions de degrés au big-bang à 3°Kelvin aujourd’hui (un froid glacial).

  42. Bonsoir !

    @ antoine :

    Tout à fait exact antoine … » personne , depuis la renaissance ne veut accepter cela « ….
    Enfin, pas tout à fait personne ….. certains l’ont envisagé, ont observé , observe en cet instant , et étudie sur ce sujet, et l’applique quotidiennement.

    J’apprècie, également le « moment » que vous venez de citer : La renaissance . Pas anodin ….
    Cela donne un point d’appui ( est ce le bon …???)et un point de départ, pour visualiser jusqu’à nous, la démarche des sciences, leurs orientations, leurs objectifs, leurs lâchetés aussi …
    Sciences orthodoxes comme vous venez de le reconnaitre … sans le nommer , en somme !
    Maintenant, SVP …. laissez la théologie ou elle est, et à son office . Ce n’est qu’un sous – système …homonoïde, qui plus est …. Donc, inutile de la réhausser au niveau du système écosphérique …. Il n’y a pas sa place !
    L’homme n’est pas au dessus de tout ! Il est une des composantes de la biocenose . Il peut donc inventer , imaginer ce qu’il veut, concevoir tout type de sous- systèmes …il restera assujetti à l’ecosphère, et plus encore à l’univers…. Qu’il modifie ou détruise cette – dernière, il en assuma les conséquences …

    Laissons la RES EXTENSA et RES COGITANS de DESCARTES de côté …. Nous serons plus ouverts …. Moins de voiles…. Moins de membranes articielles, pour un regard nouveau. Pour exemple, nos sciences, toutes disciplines confondues, seraient bien avisés d’adopter cette règle . Heureusement, certains de leurs représentants l’ont adopté. Souhaitons leur courage, au milieu de leur communauté respective … encore trop souvent aveugle, intéressée, et orgueilleuse.
    En clair, un paradigme scientifique, est encore de nos jours, et bien trop souvent , un système homeostatique, capable de se perpétuer, quelquesoit le fossé qui le sépare du monde réel.Mais la situation évolue ….

    Il y a une hierarchie spatio- temporelle, me semble t’il exister, et aucun, à ce jour, n’a apporté des éléments permettant d’envisager , avec raison- doute- ingéniosité, le contraire…. Beaucoup de scénarios actuels ne sont que partiels… et proprement homonoïde dans leur contenu et leur contexte . Et c’est là ou le bas blesse!!!

    Toutefois, je dois confesser que certaines sociétés humaines ont « approché » mont point de vue . Je veux parler des sociétés vernaculaires… En les cotoyant et/ou en emmagasinant observations, réflexions, ecrits, etc…, je dois reconnaître avoir été frappé par les caractère essentiels des premières sociétés vernaculaires…Mieux encore, ces caractères essentiels sont, bien souvent, les mêmes, d’une société à une autre société vernaculaire.Et selon 2 principes qui m’apparaissent comme fondamentaux :

    1/ L’écosphère ( ou le monde vivant, si vous préférez l’image), est la source originelle de tout bienfait et de toute richesse, mais qu’elle ne nous dispensera ses bienfaits , qu’à condition que nous préservions son ORDRE SPECIFIQUE.
    2/ De de 1 er principe, découle le second: A savoir, que le but du comportement dans une société écosphérique doit être de préserver l’ordre du monde naturel .

    Les sociétés chthoniennes, en tant que sociétés vernaculaires, en sont un exemple intéressant. Maintenant , si pour la compréhension, il faut y ajouter une pincée de théologie et autres croyances…eh bien allons y : R’ta de l’inde, L’Asha de l’inde, le Maat de l’égypte antique, le Dharma, etc…. Voir le Tao des chinois .
    Pour ma part, je considère que la compréhension sans théologie, en 2009, doit ,nous permettre de cerner la structure d’un comportement, tel que pratiqué par ces sociétés….
    Et certaines de nos associations actuelles ( dans le domaine culturel, sportif, ONG….) adoptent ce type de comportement , sans en être, assurément conscientes. C’est un constat. Voilà pourquoi , je pense , qu’en cette période de CRISES, nos politiques devraient prendre comme appui le « gisement associatif » , comme contrepoids de l’economie actuelle, signant de fait, la naissance d’une option alternative majeure, et rapidement dominante dans la société , car essentielle.

    Pour conclure, je souhaite, sans illusion, que l’économie actuelle ( et la science qui la compose et définit) atteigne un stade de maturité… lorqu’elle aura compris, admis et imposé que notre bien être et notre richesse ne sont pas anthropogéniques. En Promouvant cela ( j’ose, en promulgant cela!), elle enterrera une croyance fondamentale de la croyance moderniste… née à la renaissance ????
    Dans un 2ème temps, mettre à mort la 2ème croyance fondamentale sera plus aisée, que lors que la 1ère citée précédemment, sera admise et acceptée. A savoir : La maximisation du développement économique , pour soit disant maximiser notre bien être et nos richesses !!!

    Ce n’est que mon point de vue .

    Bonne soirée !

  43. Métaphore écologique, ok…Cela fait plusieurs années que les Etats Unis,avec Al Gore, contre Bush semblait-il, poussent à l’écologie mondiale etc. Que voyons-nous arriver au beau milieu de cette crise ? D’où le renouveau va-t-venir ? Je vous le donne en mille ! De l’écologie ! évidemment… Bientôt, il sera extrêmement ringard de ne pas avoir sa voiture écolo, produite par les chinois ? Les indiens ? Pas chère mais tout de même…Vendue à crédit ? Aujourd’hui sur un panneau publicitaire de la ville de Paris je vois une annonce : crédits accordés pour l’aménagement écologique de votre immeuble ! Tiens, des crédits ? On n’en voyait plus beaucoup…Je crois que le bulle qui est en train de se former est la bulle écologique. une question donc à m. Jorion : que pensez-vous de la bulle écologique ? Sera-t-elle durable ? (joke) Et surtout : vous satisferiez-vous de cette bulle pourvu qu’elle soit écologique ? (je veux dire par là que les thèmes de l’hypercroissance et de l’écologie sont opposés dans vos discours et là nous avons la parade d’Obama : qu’en pensez-vous ? Le business model de l’écologie est-il viable ?) Merci.

  44. Ce que j’ appelle « la fin du monde pour tout a l heure », est un gros flan indigeste dont la recette et la mecanique est a rapprocher intuitivement des effets desastreux des liquidités a court terme utilisées pour des paris a long terme (pour avoir de meilleurs rendements).
    Ce qui urge aujourd hui, c est le partage des richesses, cela nous menace a bien plus court terme que tout le reste.
    Un poète pourrait peut être développer cette intuition, goûter ce gros flan, et nous parler de sa composition.

  45. A propos de métaphore et de réversibilité

    La métaphore dépérit dès lors qu’elle est transplantée d’un terroir vers un autre.
    La métaphore est poésie. Les paysages qu’elle fait entrevoir ne doivent pas être arpentés.
    Plus prosaïquement: comparaison n’est pas raison.

    Concernant la réversibilité d’un état, nous devrions admettre que ce concept est certainement difficile à incarner.
    Ce problème est au centre des problématiques auxquelles s’attaque la physique théorique.
    La réversibilité doit être postulée comme en pratique absolument infaisable et à jamais infaisable.

    Revenons à nos moutons: il est impensable de rebrousser chemin, le retour est impossible. Nous participons à l’invention du monde, non à sa découverte, avec dans nos bagages les immenses leviers que nous donnent conscience et connaissance.

  46. Splendide !!

    Et l’analogie va loin, quand on y réfléchit … depuis quelque temps, les baleines sont protégées … 😉

  47. @ALLEGRA Oui c’etait le propre de ma reaction a ce billet sympathique par ailleurs ,la liberte est a ce prix l’entropie est une loie fondamental de la vie.
    @leclownblanc Excusez moi mais si vous avez vraiment l’air d’un fluide!

  48. Merci à Paul Jorion d’avoir publié ce billet.
    Merci à vous tous pour ces commentaires.

    @François Leclerc et Dissonance, sur l’emploi du mot protectionnisme
    Je suis d’accord avec vous, le mot est chargé de trop de connotations. A vrai dire, mon titre était « Du krill, des baleines, et des membranes ». Paul Jorion, en bon éditeur de son blog, a préféré un titre plus provocateur, qui mette plus franchement les pieds dans le plat. Il a sans doute raison, et j’assume : Je parle bien d’une forme de protectionnisme. Mais s’il faut faire un éloge, je préférerais faire celui de la diversité…

    @candide et David, sur les intermédiaires coûteux
    Je porte un intérêt à l’économie parce qu’il s’agit des êtres humains. Je pense qu’il est objectivement très douloureusement coûteux de mettre des humains hors du concert économique avec leurs semblables, au prétexte d’une considération de leur « coût », notion qui devrait ici être précisée. Tout dépend du système que l’on considère : La société des hommes dans son ensemble, ou bien un circuit économique donné, sans prise en compte des « externalités »… En bref, j’appelle justement à une autre façon de penser ce coût là.

    @fnur qui dit « Le potentiel peut être comparé au désir et le flux à son assouvissement. »
    Vous m’avez bien compris, et c’est bien dit!

    @cecile
    C’est vrai, à la relecture, ma présentation électrique bafouille un peu… Il s’agissait d’une analogie, et j’espère avoir été néanmoins compris…

    @ tous ceux qui me disent, en substance, « Comparaison n’est pas raison ».
    Certes. J’ai cherché un moyen de présenter un point de vue par nature holistique, et qui pourrait très facilement être compris de travers, avec des connotations idéologiques que je récuse. Pour se faire comprendre en deux pages, l’analogie est légitime…

  49. @ TelQuel [ 1 avril 04:20 ]
    Vos Faits et Arguments pour m’en convaincre m’intéresseront vivement
    Des rochers de Kakémonos japonais ne pourraient-ils vous aider ?

    poete-minamoto-toru-katsushika-hokusai

    Sous la cascade, en souplesse

    Sous la vague au large de Kanagawa

    jouant avec les rochers bien trop stables et
    le Bleu de Prusse de l’océan

    Hokusai, l’affolé de son art

    Que serait la liberté sans contraintes difficiles ?
    … vous aviez surement d’autres idées en tête … n’est-ce pas ?

  50. @ Marc Peltier

    La pensée foisonne sur le blog, j’avoue avoir remis la lecture de votre billet à plus tard, supputant un propos d’ingénieur écologue. Et j’ai l’agréable surprise de découvrir aujourdhui un billet très inspiré, bourgeonnant comme un printemps, loin des considérations habituelles sur la nécessité d’une économie verte, laquelle n’est le plus souvent que ravalement de façade pour système obsolète.

    Ne regrettez rien de votre texte. C’est son incomplétude même qui en fait la force. Il n’y a qu’à voir les commentaires très intéressants qui ont suivi, sur la diversité, l’entropie-néguentropie, les notions relatives d’univers fermé et ouvert.

    De près ou de loin, tous les thèmes abordés sur ce blog semblent y converger, car au fond ce dont vous parlez, c’est de l’homme de la biosphère et de l’univers et des rapports qui unissent ces trois dimensions de ce que nommons, faute de mieux, réalité, ou plutôt par paresse et intellectuelle.
    Bref, le débat est situé à sa plus juste dimension. Incomplétude ne veut pas dire absence de pertinence. Toute analogie peut sembler fausse par définition, si l’on considère qu’il s’agit d’annexer la « logique » d’un thème sur celle d’un autre pour appréhender notre monde empirique, lequel est forcément composite, un mixe de logiques différenciées. Ici en l’occurrence, l’économie est regardée sous le prisme de l’écologie d’un massif corallien, ce qui ne cadre plus avec nos repères quotidiens de salaires brut et net, de cours de bourse, et de gains de croissance annuelle et autres mises en conformité de nos écosystèmes aux normes de la réglementation européenne en matière de production(s).

    Votre analogie est très puissante car elle nous déconditionne de l’approche autiste de l’économie érigée en science autonome et à laquelle toutes les réalités humaines devraient être rapportées. Le grand mérite de l’analogie est qu’elle permet de faire communiquer des logiques spécifiques qui en tant « normal » ne communiquent jamais, pour, le cas échéant, de leur rencontre, en faire émerger de nouvelles. Or qu’est-ce que la crise de l’économie actuelle, si ce n’est une voie sans issue qui consiste à raisonner dans les termes exclusifs d’un système fermé, celui d’une économie balisée par un certain nombre de notions que l’on prend pour des lois physiques alors qu’elles ne font que désigner un certain rapport — parmi d’autres possibles — de l’humain avec son milieu ?

    Mais allons plus loin, l’analogie n’est plus fausse dés lors que l’on considère que la logique que désigne l’analogie n’est pas tant celle d’une logique A qui serait reportée sur une logique B, mais bien une logique C, donc un nouveau référentiel, encore à l’état d’ébauche mais porteur d’un grand potentiel, en tous cas infiniment plus que ceux des potentiels inscrits dans le système économique actuel, unidimensionnel et uniformisant. Bref, l’analogie peut ouvrir sur un autre monde possible. Ce que nous avons en vue n’est plus le monde empirique qui serait donné dans sa complétude mais ce monde comme devenir, dont les linéaments ne sont pas encore tous perçus. La tâche est grande, mais, enfin, de l’air ! Nous respirons. L’horizon mental se dégage. Nous nageons dans le vaste océan portés que nous sommes par des éléments avec lesquels nous n’avons pas fini d’inventer de nouvelles relations.

  51. @ Pierre-Yves D.
    Pour l’essentiel j’acquiese assez largement à vos quatre premiers paragraphes.

    Pour le dernier, faisons comme si je n »avais pas lu ses premières lignes.
    L’analogie n’a pas vocation à faire oeuvre scientifique, à modéliser,
    pas vocation à être cerveau gauche (syntaxique, logique, démonstrative) … elle dévase,…

    @ Marc Peltier
    1/ Très beau
    2/ Entre les lignes il y a une sorte d’idée qui ne serait pas fausse

    J’aurais du ajouter
    3/ Plus intéressant et porteur qu’un bon nombre de propos d’économistes que l’on entend sur France Culture

    D’une part, il y a la nécessité vitale d’analogies peu ordinaires pour tenter de faire passer certaines dynamiques inusitées,
    D’autre part, il y a le risque que ce soient les « mécanismes naturalistes » évoqués par l’analogie qui prennent le dessus dans l’interprétation du lecteur.
    Pierre-Yves D. , cependant littéraire, philosophe, achève son propos avec des logiques … A, B, C.

    Hors la créativité du cortex est nullement conditionnée par un déterminisme
    Faut-il courir le risque d’apparaitre encore moins rationnel ? … surement !
    Etre incompris est inconfortable.
    Le poète l’assume. C’est ce que vous avez fait. Bravo.

  52. J’avais du le zapper ou le lire vite fait. Bon billet.
    C’est vrai que lorsqu’on aborde l’écologie, on donne d’abord une approche sur la complexité les 7 interactions, les stratégies de développement, etc… et on arrive à la biomasse, dont on sait pas trop quoi en faire, un truc qui rassure car on ne sait appréhender cette complexité autrement pour un écosystème.
    En économie c’est un peu pareil on présente d’abord la microéconomie pour expliquer la valeur ajouté, le commerce, etc.., puis on arrive au PIB (dont on sait toujours pas quoi en faire 🙂 ) et à la macroéconomie.
    Le PIB c’est la biomasse économique, cela ne donne rien sur la richesse des interactions et la répartition de cette économie ou de sa stratégie évolutive (démographie, éducation, potentiel de petite entreprise)
    J’aime bien aborder les domaines par le langage (par exemple: en programmation l’assembleur est brut, mais tellement mathématique que difficile a appréhender, le c++ un peu plus phrasé, mais moins efficace, le java très phrasé, mais très lent) et j’ai souvent pensé que le langage lié à la thermodynamique (inertie, énergie, entropie) était justement la clef pour aborder la complexité économique ou écologique (voir sociologique la noblesse a injecté de l’énergie dans le renversement de la monarchie et l’entropie a fait que cela c’est retourné contre elle), c’est un langage bien adapté pour faire le lien entre macro et micro.

    1. Y à un truc que j’ai remarqué sur le langage, plus par fatigue (et non par capacité intellectuel, j’ai un QI et un potentiel d’abstraction moyen et un bon surmoi), c’est les silences après Mozart.
      C’est quand à la relecture, le lendemain, tu ajoutes intérieurement les phrases qui manquent et qui précisent la réflexion, juste par ce qu’il y a assez de pivot de langage pour que cela ce fasse naturellement. C’est assez puissant, car ton interlocuteur va retenir plus fortement les phrases qu’il a lui-même ajouté (mais qui sont déduites de ton texte).
      Bon forcement pour un génie malfaisant (un publicitaire 🙂 ), qui aura apporté le miel nécessaire à l’égo de son interlocuteur , ça doit être une des bases de l’endoctrinement.
      (je suis un peu loin des coraux, là…)

  53. Allez, je vous dirais bien que la transindividuation chère à Simondon et à Stiegler est un régime où l’on se singularise, tout en étant devenu semi-perméable à ce qui se présente autour.

    L’on va de plus « infinitiser » une partie de ce qui nous est offert, accorder à tel institution/personnes/pan de la société une vertu supérieure, suffisante pour s’empêcher d’agir contre cette entité si cela était dans notre intérêt. ON peut rattacher de là à divers mots, comme la philia, etc.

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