Gesell (IV)

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Je continue à réfléchir sur cette question de la concentration des richesses et je suis d’accord avec les partisans de la monnaie fondante qu’elle constitue une manière légitime de s’y attaquer mais je continue de penser qu’elle constitue sans doute un moyen trop détourné de résoudre le problème qui se pose. Je prends acte de la réponse qu’Helmut Creutz apporte à l’une de mes objections. Je la reproduis ici :

Paul Jorion partage l’opinion souvent entendue que l’on doit dépenser la monnaie fondante plus vite. Ce n’est ni souhaitable ni nécessaire. Il s’agit plutôt de déposer plus régulièrement l’argent excédentaire à la banque pour qu’il soit disponible comme crédit utilisable par des tiers. Cette offre croissante et régulière d’argent sur les marchés du crédit permet aux intérêts de tendre vers zéro sur des marchés désormais saturés. Et du fait que ces intérêts baissent, la capacité explosive de la constitution excessive d’actifs financiers est contenue, tout comme la redistribution des revenus les accompagnant, qui nous entraînent aujourd’hui dans un processus de croissance permanente.

C’est vrai que la monnaie fondante ne doit pas nécessairement être dépensée puisqu’elle peut être déposée sur un compte où l’on peut toujours la retrouver telle quelle. Encore qu’il me semble avoir lu quelque part que l’argent déposé sur un compte courant devrait fondre lui aussi.

La manière dont la monnaie fondante tente d’éliminer le poids excessif et injuste des intérêts, c’est en s’en prenant au goulot d’étranglement de la thésaurisation, qui perturbe la circulation harmonieuse de l’argent dans l’échange. La fonction de réserve de valeur de l’argent prend alors le dessus sur celle de moyen d’échange, disent les partisans de la monnaie fondante.

Réfléchissons alors à ces deux fonctions et à ce qui peut faire que la fonction de réserve de valeur prenne le dessus. Aristote distingue le monde en acte et le monde en puissance. Le monde en acte est le monde sensible de notre expérience quotidienne, tandis que le monde en puissance fait office chez lui d’une « Réalité-objective », qui se cache derrière ce monde sensible comme l’univers de toutes ses possibles, ses formes sont aussi nombreuses que celles pouvant se concrétiser en un exemplaire singulier et dont une seule à la fois se réalise dans le monde un acte. Le chat a de multiples pelages dans le monde de l’en-puissance, aussi nombreux que ceux susceptibles de se rencontrer un jour dans le monde en acte de notre vie quotidienne.

Cette distinction entre l’en acte et l’en puissance s’applique en fait très bien aux deux fonctions de l’argent, d’être un moyen d’échange et une réserve de valeur. Dans l’échange économique, l’argent est en acte : il y est utilisé dans la fonction pour laquelle il a été inventé, il y joue un rôle dynamique et est en mouvement constant, s’échangeant à chaque fois qu’il circule, soit comme rémunération de l’achat ou de l’emprunt d’un bien, soit comme rémunération d’un service. Au contraire lorsqu’il est thésaurisé, l’argent n’est qu’en puissance : il est alors statique, au repos, en attente d’être échangé un jour contre un bien ou un service qui sera sans aucun doute précis à ce moment-là mais qui, n’ayant pas encore été précisé, s’identifie toujours, en attendant, à l’ensemble de tous les choix possibles.

La forme la plus directe de la relation de l’homme à l’argent est comme moyen lui permettant d’assurer sa subsistance et il existe de ce point de vue une différence essentielle entre celui qui peut s’offrir le luxe de laisser l’argent dormir au fond de sa poche ou dans son portefeuille et celui qui en a toujours un usage immédiat. S’il a du mal à assurer sa subsistance, s’il n’a pas assez d’argent, autrement dit s’il est pauvre, cette relation prime et élimine toutes les autres : tous les autres rapports à l’argent constituent pour lui un horizon inaccessible. Pour l’homme ou la femme pauvre, l’argent n’intervient donc que dans sa fonction originelle de moyen de l’échange économique et celui que l’on reçoit n’est jamais conservé longtemps ; il n’a certainement pas l’occasion d’être thésaurisé, c’est-à-dire être envisagé dans sa fonction de réserve de valeur. C’est par conséquent sa distribution inégale entre ceux qui en ont trop et ceux qui n’en ont pas assez qui fait qu’apparaît à l’argent sa fonction seconde : celle d’être une réserve de valeur. S’il était distribué également et n’existait que dans la quantité exactement nécessaire, seule sa fonction de moyen d’échange aurait l’occasion de se manifester. C’est là que prend sa source pour moi le sentiment que la monnaie fondante est un moyen trop détourné de résoudre le problème qui se pose.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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72 réflexions sur « Gesell (IV) »

  1. @a113

    Je me permet de continuer, pour essayer de continuer le fil de l’echange. Je suis désolé si cela vous donne l’impression de vous mettre dans le rôle du maitre, ce n’était pas (totalement) mon intention – personnellement, je ne me sens pas dans la position de l’élève (enfin je suis prêt a m’y placer (ou m’en extraire) si cela permet d’aller plus loin, cela m’est egal).

    Ce sujet m’intéresse, car comme beaucoup, je me considère dans une recherche personnelle d’équilibre entre mes actes, ma façon d’appréhender le monde et les personnes – cela reste bien vague, je vous l’accorde. Pour etre plus clair dans mon intention, autant je partage votre avis sur l’opportunité de cette période en tant que « breche historique ». Autant je suis tres sceptique sur la capacite de rebond – et de modifications profondes de nos comportements humains. C’est a cause de ce scepticisme, que je pose ces questions (et du coup, vous place dans la position du maitre).

    Je ne suis pas du tout un spécialiste en psychanalyse, ni en quoi que ce soit. Mais bien que tres limitatif, il me semble que l’on sait jouer un peu de nos ressorts humains (surtout comment s’en servir). Le documentaire the century of the self (en streaming en anglais sur google video) offre un bon resume je trouve pour decrire la periode qui est en train de s’essouffler. En complément, je trouve que B. Stiegler offre des vues pertinentes sur les conséquences de ce sur-investissement de la libido pour la consommation (il y a en ligne des interview de lui parlant de « la misere symbolique »).

    Enfin peu importe mes sources, ma remarque est la suivante. En la transposant a moi, je pense entrevoir votre idee de « sur-codage » et je conçois tout a fait que moi, vous, ou d’autres souhaitent le mettre en oeuvre dans leur quotidien. Mon problème est comment faire pour que ce sur-codage devienne tout aussi evident a une societe….sans l’imposer. C’est la ou je ne suis plus d’accord avec votre intuition.
    Je ne sous-entend pas que je pense qu’il faut l’imposer (peu importe le mechanisme, cela reste de la coercition), mais cela sous-entends que je ne le vois tout simplement pas de changement profond arriver – en tout cas a mon echelle de temps humaine…

  2. @ h.

    regardez autour de vous…un certain nombres de choses s’imposent à nous sans que nous ne nous les imposions.
    peut-ètre Mr Jorion pourrait nous dire son point de vue d’anthropologue sur la façon dont la prohibition de l’inceste s’est imposée à l’homme sans qu’il n’est besoin qu’elle ne figure automatiquement dans des lois humaines contrairement au meurtre , au vol..

  3. @ a113
    il me semblait que la prohibition de l’inceste était très répandu chez les mammifères, y compris bien sûr les grands singes.

    l’espèce humaine a bcp évolué ces 40 dernières années dites vous… c’est peut-être le cas, je ne saurais le dire… j’ai souvent le sentiment que les résistances à Copenic, Darwin et Freud sont assez répandues (et je ne saurai affirmer que ces révolutions me laissent toujours apaisé…)

  4. @ a113
    en fait il me semble même me rappeler que l’être humain était un des rares mammifères à ne pas toujours bien respecter cette prohibition… et que certain datent le début de ce non respect aux débuts de l’agriculture

  5. Bon , un peu de nuance , svp !

    citation de C.Levy-Strauss , pour éclairer mon point de vue :

    « La prohibition de l’inceste * n’est, ni purement d’origine culturelle, ni purement d’origine naturelle ; et elle n’est pas, non plus, un dosage d’éléments composites empruntés partiellement à la nature et partiellement à la culture. Elle constitue la démarche fondamentale grâce à laquelle, par laquelle, mais surtout en laquelle, s’accomplit le passage de la nature à la culture. En un sens, elle appartient à la nature, car elle est une condition générale de la culture, et par conséquent il ne faut pas s’étonner de la voir tenir de la nature son caractère formel, c’est-à-dire l’universalité. Mais en un sens aussi, elle est déjà la culture, agissant et imposant sa règle * au sein de phénomènes qui ne dépendent point, d’abord d’elle. Nous avons été amené à poser le problème de l’inceste à propos de la relation entre l’existence biologique et l’existence sociale de l’homme, et nous avons constaté aussitôt que la prohibition ne relève exactement, ni de l’une, ni de l’autre. Nous nous proposons, dans ce travail, de fournir la solution de cette anomalie, en montrant que la prohibition de l’inceste constitue précisément le lien qui les unit l’une à l’autre.
    Mais cette union n’est ni statique ni arbitraire et, au moment où elle s’établit, la situation totale s’en trouve complètement modifiée. En effet, c’est moins une union qu’une transformation ou un passage : avant elle, la culture n’est pas encore donnée ; avec elle, la nature cesse d’exister, chez l’homme, comme un règne souverain. La prohibition de l’inceste est le processus par lequel la nature se dépasse elle-même ; elle allume l’étincelle sous l’action de laquelle une structure d’un nouveau type, et plus complexe, se forme, et se superpose, en les intégrant, aux structures plus simples de la vie psychique, comme ces dernières se superposent, en les intégrant, aux structures, plus simples qu’elles-mêmes, de la vie animale. Elle opère, et par elle-même constitue, l’avènement d’un ordre nouveau.  »

    Claude LEVI-STRAUSS
    Les Structures élémentaires de la Parenté, éd. Mouton, pp. 28-29

  6. @ a113
    ok désolé de n’avoir pas été dans la nuance. j’espère ne pas vous avoir heurté…
    je me suis basé sur le souvenir de : Aux origines de l’humanité / sous la dir. de Yves Coppens, Pascal Picq, Fayard 2002 un ouvrage collectif en deux volumes
    merci pour la citation de Levi-Strauss
    le lien que vous proposez a l’air aussi intéressant, mais un peu « musical » pour moi, je vais faire un copier-coller et lire attentivement. question bateau donc ai-je tout de même eu le temps de lire… merci pour vos précisions.
    juste: je pense que c’est bien avec des choses techniques (et transitoires) qu’on favorise les comportements « positifs » et civilisés et que c’est bien avec une certaine dérégulation qu’on favorise les comportements destructeurs. ce qui n’empêche pas que j’ai bcp apprécié votre intervention.
    pour reprendre une expression lue sur ce blog: je retourne au piquet… 🙂

  7. « …la nature se dépasse elle-même ; elle allume l’étincelle sous l’action de laquelle une structure d’un nouveau type,
    et plus complexe, se forme, et se superpose, en les intégrant, aux structures plus simples de la vie psychique,
    comme ces dernières se superposent, en les intégrant, aux structures, plus simples qu’elles-mêmes, de la vie animale. Elle opère, et par elle-même constitue, l’avènement d’un ordre nouveau. ”

    youpii !… plus besoin de se casser la tête, la nature va allumer une étincelle
    sous l’action de laquelle l’homme deviendra modéré et altruiste !

    :))

  8. @ a113

    Je ne crois pas que plaquer les analyses lacaniennes du discours sur l’économie politique « aide » qui que ce soit à mieux comprendre et agir pour que les choses changent : les groupes ont à trouver par eux-mêmes les formes de la démocratie qui correspond à leur réalité et à leurs ambitions. Pas de leçons à donner, mais certainement à s’interroger sur ce que les autres font : il y a toujours des leçons à prendre de l’histoire.

    Il n’y a aucune raison inscrite dans les étoiles ou dans les gènes pour que la classe dominée aujourd’hui reproduise mécaniquement les comportements de la classe dominante, si les conditions matérielles de production, les rapports sociaux et les objectifs explicites de ceux-ci sont différents… Si tel était le cas nous en serions toujours à la chasse-cueillette, évidemment.

  9. Depuis quelque temps je me demande aussi s’il ne faudrait pas finalement distinguer radicalement deux types de monnaies, qui restent toujours mélangées, à savoir la monnaie de circulation (en acte) et la monnaie de thésaurisation (en puissance). Ne pourrait-on pas les distinguer formellement (en droit), mais aussi matériellement ou physiquement (en fait)? Concrètement cela impliquerait des monnaies différentes pour le compte courant et pour le compte d’épargne. En épargne, on ne pourrait plus avoir du numéraire ou des espèces, mais on aurait d’office plutôt des titres par exemple. Et l’échangeabilité de titres en espèces serait limitée pour des besoins courants normaux. Et donc si on achète une maison en empruntant, on donnerait au vendeur de la maison des titres provenant d’un dépôt d’épargne (toujours en titres), titres qu’il faudrait à son tour rembourser. Le banquier serait plutôt rémunéré en commissions, en actes d’intermédiation.

  10. La monnaie fondante une variante incrémentale des chaînes d’argent (pyramidales), rien de bien neuf sous le soleil. Les bénéficiaires ceux qui lancent le dispositif, comme toujours.

    Les circonstances financières au moment où les matheux les plus créatifs viennent de se heurter aux dures réalités du monde réel, la tentation est grande de lorgner vers les expériences les plus anciennes ou les plus exotiques en espérant trouver le moyen de transformer le plomb en or sous l’œil bienveillant de monsieur simplet !

    Redécouvrons la thésaurisation en pièces d’or d’Harpagon et son trou au fond du jardin comme la cabane de l’humoriste Laurent Gerra !

    Récemment vu un reportage sur le troc qui retrouverait une nouvelle jeunesse, la communauté qui en use tente d’en étendre l’usage au moyen de bons de services et de produits, monnaie d’échange ou l’on vient benoîtement nous expliquer qu’ainsi on économise les profits et taxes ! Ben voyons ! Allez c’est le printemps on peut rêver ! La tentation de Venise !
    Alain

  11. si je ne pense rien de la monnaie fondante avec un taux de fonte calculé du temps de travail ou de survie des hommes, distribué à ceux dont l’argent est en quelque sorte déjà fondant (désolée si je n’ai rien compris)
    je me demande pourquoi,
    si lorsqu’il y a emprunt, la banque anticiperait d’une valeur future, (la création, construction, production)
    alors que l’économie n’anticipe jamais la dégradation, destruction, d’aucune valeur que ce soit (la disparition, construction, consommation)
    C’est dans cette espace-là, que l’idée d’une monnaie fondante m’interpelle
    (si j’étais dictateur, j’imposerais les banques, à un taux de fonte, carrément, mais -plus ou moins-, dissuasif, en proportion de la construction des armes de guerres, de fait à l’anticipation de leur potentiel à destruction,
    le taux de fonte ne serait qu’ un taux de découragement d’investissement à la capacité de nuisible …
    mais… )

    sur la redistribution actuelle, la nouvelle donne mise en oeuvre de l’ordre global mondial, vers la fin de la vidéo, la fiscalité « des non-résidents » à Londres, du surmesure à la demesure, implosive,.. -féodale, réactionnaire,…-
    (on ne dis plus « paradis fiscaux », mais « centres de services financiers »)
    http://www.lacausedupeuple.com/documentaires/2009/02/24/paradis-fiscaux-outils-crise-financiere

  12. Qui aujourd’hui thésaurise et garde l’argent en coffre ?

    La monnaie fondante ne réponds pas au problème de concentration des fortunes mais tente de faire circuler une monnaie qui circule déjà, mais pas au bon endroit.

    Pour limiter la concentration des richesses il suffit de plafonner les fortunes individuelles.

    Dans ce cadre tout peut rester en place, capitalisme, spéculation, les nuisances liées à la concentration seront de fait supprimées.

  13. à Shiva
    où places-tu les caisses d’assurance vie, fonds de pension, chambres de compensation, centres de service financiers, autres réserves, trésors, … nationnaux (pétro-monarchie) , … anonymes ( S.A. ), …. monétaires (FMI)
    dans l’arborescence des banques, banques centrales, banque mondiale ?

  14. À Cécile

    Dans les flux d’échanges monétaires interbancaires centraux.
    3000 milliards d’€ chaque jour pour la zone euro par ex.

  15. @ Paul

    Paul dit :

    Cette distinction entre l’en acte et l’en puissance s’applique en fait très bien aux deux fonctions de l’argent, d’être un moyen d’échange et une réserve de valeur.

    Excusez-moi pour prendre refuge à l’anglais…

    I think that’s a good point. It’s a complementary pair of opposites which belong to the whole – the two sides of a coin, so to speak – but the two sides are to be clearly distinguished. These two functions can also be assigned to 1) money as the medium of exchange and 2) credit as a store of value. In the view of mainstream economics and central banks this distinction between money and credit is missing. As a matter of fact they are mixed up as if money and credit were the same. This implies an indissoluble conflict between the active agent ‘money’ on the one side and the static stock ‘credit’ on the other side. In order to understand Gesell’s theory, this distinction has to be made absolutely clear.

    I would like to make a few comments about the term « monnaie fondante » – melting money, which is a precise translation of the German word « Schwundgeld ». As far as I know, Gesell himself was rarely using this term. Instead he was talking of « rusting money » and Rudolf Steiner was using the expression « ageing money ». These expressions are only slightly better as far as possible misunderstandings are concerned. As money is to be considered a sort of wildcard for goods and services, it should also reflect the natural decay of the goods offered in the market. Hence, it’s not money that is melting away but these are the goods which lose value in time. Money should only reflect this decay. « Schwundgeld » is a very unfortunate and quite misleading term. In German it has become an expression of disdain for ‘Gesell money’. As a matter of fact, it’s the existing money that is a « monnaie fondante », steadily devalued by inflation. Gesell money, in contrast, tries to sustain the nominal value of money by taking in account the natural loss of goods as long as they remain in the market place. Gesell money aims for a stable currency without inflation. How does this work? Helmut Creutz gives a clue on p. 14 of his book « Le syndrome de la monnaie » :

    Prenons une comparaison plus claire encore et imaginons que les portes d’un coffre-fort renfermant 10 000 dollars soient fermées pour quinze jours, que les portes d’un marché couvert renfermant des marchandises de même valeur soient également fermées et qu’enfin les portes d’une pièce renfermant cinq personnes qui gagnent normalement 10 000 dollars en quinze jours, restent fermées pour la même durée.
    Au bout du quinze jours, les cinq personnes enfermées seront probablement mortes de soif, les marchandises du marché couvert seront pour la plupart gâtées, les billets de banque auront, eux, gardé toute leur fraîcheur.

    At the moment when the doors are closed the quantity of money reflects the value of goods in the market hall or the potential working capacity of the five people. At the re-opening of the doors this relation dramatically changes. The five people in the room were deprived of the use of money in order to satisfy their needs for living. Therefore, money must not be hoarded so that the necessary exchange of goods and services goes on. In German the Gesell fee for money is also called « Umlaufsicherung » or fee for circulation safeguarding. This is an important point. The burden for money users would be almost negligeable, it would amount to less than one per cent of the total income, quite contrary to today’s interest shares in prices amounting to more than 40 per cent.

    There is yet another aspect to this Gesell fee which concerns the effect on the prices for goods. The merchant of the market hall, who deplores a loss of a part of his goods would have to increase the prices of the remaining goods in compensation for the loss. These higher prices require an expansion of the money supply – that means inflation, i.e. a higher general price level. The suppliers of the merchant will soon adjust their prices to the new level and again the merchant would have to complain a loss which forces him to increase the prices of his goods anew… and so on. Thus we can say, our money system has a built-in inflationary tendency, which we can observe every day. But inflation is a belatet reaction after the loss has occurred already and it has a number of undesirable consequences.

    In contradistinction, the Gesell fee anticipates the natural loss in the marketplace and counteracts at the same moment as it occurs. For this purpose Gesell proposed the use of special bank notes also known as « stamp scrip ». In predetermined time intervals a stamp has to be put on the note which validates the nominal value of the bank note. The holder of money has to earn the stamps by bringing work into the market thus compensating for the loss in the market while holding the money. Money supply and the quantity of goods would remain unchanged and the actualized stamp on the bank note would verify the validity of the face value of the note. By anticipating the natural decay in the market and by simultaneously compensating for it at the time it occurs, inflation and its undesirable side effects can be avoided. In this way a stable price level can be sustained while individual prices can fluctuate against each other.

    Unfortunately there is yet another source of inflation induced by proprietary prices for natural resources, like for instance raw oil. These prices do not depend on human work but on speculation (commodity futures) or upon agreement of proprietors in a cartel. The increase of these prices also requires an inflationary expansion of the money supply. But they cannot be anticipated and the problem cannot be tackled in the same way as described. This problem would be solved with the land reform according to Gesell, i.e. a thorough revision of our conception of property.

    Cordialement
    Robert

  16. @Tous

    Juste pour info (car je n’ai pas l’intention de me relancer dans un N ième débat sur la création monétaire), quelques jours de tranquillité m’ont permis de vérifier les chiffres suivants :
    Lorsque le système bancaire européen prête 100 sous forme de crédit (aux entreprises, aux ménages et aux Etats), il s’agit (chiffres 2006..) de 42 sous forme de prêt d’une épargne préalable, et de 58 sous forme de pure création monétaire bancaire (monétisation en monnaie de banque d’un actif existant ou espéré).
    Mais de toute façon cette épargne préalable est elle même issue d’une création monétaire…
    Ces pourcentages peuvent être déduits de la répartition des contreparties de la masse monétaire M3

    D’autre part, les intérêts + l’inflation ne sont – ils pas déjà « de la fonte » ?

    D’accord avec Shiva qui écrit  » Pour limiter la concentration des richesses il suffit de plafonner les fortunes individuelles. « 

  17. à Robert Mittelstaed
    j’ai voulu copier/coller et non seulement bug (de mon ordi) mais votre commentaire a disparu de ma page (celle des autres je ne sais pas)

    je n’ai pas lu l’anglais mais je comprendrais comme ça entre l’en acte et l’en puissance de l’argent ( même si du seul exemple…)

    Je concevrais donc plus facilement la monnaie fondante du côté de l’argent -en puissance- (surtout lorsqu’il s’incarne, qu’il s’anticipe délibérément pour des paris sur la comête en contre-sens d’un minimum d’entendement humain , mais bon, après tout, qu’est-ce que j’en sais …)

  18. @Cecile
    La réponse à votre question est ici: http://fr.wikipedia.org/wiki/Masse_mon%C3%A9taire (sauf une petite réserve de ma part: M4 – M3 n’est pas considéré usuellement comme de la « monnaie » )
    … et, pour répondre par avance à quelque question ou objection 😉 : non, rien n’est compté 2 fois dans les différents agrégats: les agrégats sont l’image, à un instant T des différents « placements » de la monnaie du plus liquide (de M1 composé de la monnaie fiduciaire et des dépôts à vue au moins liquide qui sont plus des actifs financiers que de la monnaie scrito sensu, mais qui restent néanmoins facilement convertibles en moyens de paiement).

  19. @ A-J Holbecq

    Je te comprends bien : ton chiffre n’est pas communiqué par les banques mais un chiffre recalculé par « reverse-engineering » à partir des masses monétaires. Serais-tu prêt à partager ton calcul pour que l’on puisse se convaincre que ces chiffres ne peuvent pas être interprétés autrement ?

  20. D’accord avec Shiva qui écrit ” Pour limiter la concentration des richesses il suffit de plafonner les fortunes individuelles.  »

    Entièrement d’accord aussi. La concentration des richesses est chose facile à empêcher en théorie. Par contre, pour faire passer politiquement ce genre de mesures…

  21. Bonjour Paul
    Voici le calcul que j’ai refait pour 2007

    Les données sont issues du Bulletin mensuel de la Banque de France – Mars 2009 –
    http://www.banque-france.fr/fr/eurosys/telnomot/bce/bm032009.pdf
    – pages S12 et S13

    Référence : année 2007 (la crise qui fait suite me fait douter de la pertinence des conclusions qu’on pourrait en tirer si on prenait 2008, mais rien n’empêche de refaire le même calcul, pour voir)

    M3 = 8650

    Les sources (les contreparties) de la création monétaire indiquent à quelle occasion la monnaie a été créée. Elles représentent l’ensemble du financement sur des ressources à caractère monétaire.

    (1) Créances sur les administrations publiques : 2417
    (2) Créances sur les autres résidents (secteur privé) = 12027
    (3) Créances (nettes) sur les non résidents = 627
    (4) Total des créances = 15071

    (5)Engagements financiers à long terme (ressources non monétaires) :
    Dépôts à terme > 2 ans = 1813
    Dépôt avec préavis > 3 mois = 120
    Titres de créances émis > 2 ans = 2561
    Capital et réserves = 1484
    Divers = 443
    Total des ressources non monétaires = 6421

    Vérification : Solde = 15071 – 6421 = 8650 = M3

    La monnaie existante prêtée par le système bancaire est donc 6421 / 15071 = 42,6%
    La monnaie créée directement par le système bancaire est donc de 57,4% du total des crédits accordés

    (1) Il s’agit du total des crédits au secteur public, ainsi que de la création monétaire effectué lors de l’achat de titres aux administrations publiques
    (2) Il s’agit du total des crédits au secteur privé, ainsi que de la création monétaire effectué lors de l’achat de titres aux entreprises
    (3) Solde des transactions
    (4) Il s’agit du total des crédits accordés dont il convient de déduire les « ressources stables »
    (5) Les Institutions Financières et Monétaires peuvent collecter des ressources d’épargne de longue durée et possèdent des fonds propres : ce sont les « ressources stables ». Par ce prélèvement sur une épargne existante (ou les marchés financiers) les IFM opèrent une réduction des avoirs monétaires, ce qui explique que le total de 6421 soit déduit du montant total des prêts pour retrouver M3

    J’espère avoir été assez compréhensible…

  22. @Shiva :
    « Pour limiter la concentration des richesses il suffit de plafonner les fortunes individuelles.”

    – Donc comment redistribuer une richesse que le système banquaire distribue mal à la base ?

    Un exemple : Dans la banque où je travaille, il existe un réseau privé entre la France et le Luxembourg (ça n’a rien d’exceptionnel). Si les clients fortunés de la banque peuvent être conseillés pour des produits financiers légaux en dehors de France, comment redistribuer une partie de cette richesse ? Vous me direz que le Luxembourg devrait déclaré tout cela à la France, mais dans ce cas, pourquoi la direction de la banque dont le directoire est très proche du milieu politique a-t-elle institué ce canal de sortie ? (Un réseau privé entre deux nations signifie accord des états en question)

    A part la nationalisation pure et simple des banques, le licenciement de toutes les équipes dirigeantes sans parachute, la mise en examen des managers dont le boulot a été un jour ou l’autre de falsifier les comptes (c’est à dire tous), il n’y a aucune issue.

    Moi j’attend un Nuremberg de la Finance ni plus ni moins, avec des peines de prison effectives, le tout retransmis à la télévision à grande heure d’écoute pour la postérité.

    Je rappelle qu’à Nuremberg, les théoriciens du droit ont du plancher sur le « crime contre l’humanité » qui n’avait jamais été plaidé comme tel. Pour cette crise, sans un procès exceptionnel du monde financier aucun juriste ne disposera d’une jurisprudence applicable aux détournements et aux tricheries comptables que ces gens là ont pratiqué, on a atteint une échelle qui justifie l’appellation : Crime financier contre l’Humanité.

    Pour ma part, un procès historique est le pré-requis indispensable à la Constitution soutenue par Paul et à la réflexion sur le partage des richesses. Et j’estime qu’il ne s’agit là nullement d’une utopie, c’est le dernier espoir que je mets dans la « démocratie » d’habitude si prompte à trouver des « coupables » quand il s’agit du peuple.

  23. @Bertrand

    Ce ne sera pas Nuremberg, mais déjà un premier pas … (il y avait eu, parait-il 17000 personnes au festival Carmino l’an dernier)
    http://www.acse.info/db/acse.nsf/Festival-Camino?open

    Réservez votre place pour le tribunal!!
    Un tribunal unique au monde :

    « Le toujours plus en procès, l’argent Roi au bûcher »
    Un groupe de citoyens décide de porter plainte contre le système financier et les injustices qu’il engendre. L’avocat de l’accusation appelle à la barre des témoins de la société civile, prestigieux ou anonymes.

    Au Foyer Panouse de Tournefeuille le vendredi 12 et 13 juin 2009

    … j’y serai, en tant que « témoin à charge » 🙂

  24. @Bertrand: « Moi j’attend un Nuremberg de la Finance ni plus ni moins, avec des peines de prison effectives, le tout retransmis à la télévision à grande heure d’écoute pour la postérité.  »

    Et on tondra celles qui ont couché avec un banquier. (je plaisante).

  25. A tous

    Avez-vous tenté de faire connaître le concept de monnaie fondante « au sein du peuple » comme disent les maoïstes :o)?

    Si vous le faites, vous pourrez avoir à faire face à une objection simple et massive:  » mais alors, mon épargne fondra! »
    Ce à quoi vous pourrez répondre: »oui, mais il te sera possible de l’investir dans une activité productive et ainsi la conserver ». Peut-être vous sera-t-il alors objecté: « et si je ne veux pas? »

    L’idée de monnaie fondante est bonne mais elle suscite la méfiance. Il faudrait élaborer une pédagogie simple et complète.

    Amitiés

  26. @ a113, Shiva &

    je voulais dire que le « ‘s’autoriser soi-même » relève de l’ ‘inconscient’, et dont les formes extrêmes s’appellent par défaut d’autorisation: névroses; et par excès: psychopathies, type addiction à n’importe quoi, dont l’argent.

    Le processus, d’un côté échappe au contrôle conscient; de l’autre les civilisations et les sociétés cherchent à donner des contenus, des limites (le plafonnement des fortunes personnelles possible – idée de Shiva – n’en serait qu’un exemple) permettant le vivre ensemble, bref à faire un balisage aproximatif de ‘ce qui’ et de ‘qui’ peut s’autoriser à. (pour le « qui », nos démocraties ont qd même leurs prisons et d’autres formes d’exclusion malheureusement)

    Au point où nous en sommes rendus du libéralisme, la seule façon jouable de créer de l’autolimitation acceptable consiste à laisser effectivement chacun libre – même au sens de faire n’importe quoi – mais de créer des Codes** suffisamment subtils pour permettre de détecter ces formes de dérèglement d’autocontrôle; ensuite ne confier de pouvoir (financier pas seulement) qu’à ceux qui ne sont pas génés par ces codes; provocant ainsi une reclassification sociale disons avec d’un côté les civilisés, de l’autre les renards libres ds les poulaillers libres, si tant est que des volailles acceptent longtemps d’y vivre pour s’y faire plumer.

    Du coup, ce sont toutes les structures de l’économie sociale qui se trouveraient boostées et remises sur les rails sans même que les politiques n’interfèrent. On verrait bien alors qui est d’un côté ou de l’autre du grillage du poulailler, des grilles du zoo, ou des barreaux de prison de leurs envies sans limites.

    ** Rien nulle part ne s’oppose à ce que des individus s’autolimitent plus que ce que les actuels Codes quadrillent. Le processus peut donc tout à fait se passer:
    1- de l’intervention des politiques, et que je sache, c’est déjà ce qui le cas avec les investissements éthiques, responsables et/ou solidaires – accepter le principe et le risque de moins gagner aux jeux des rendements financiers pour des projets humanistes, écologiques etc – mais dont les bases théoriques restent encore trop floues.
    2- de l’intervention des théologiens et des religieux qui pratiquent depuis toujours ce type d’autolimitation plus autocontraignante sans en souffrir.
    (1/2 et 2/1 – ce qui prouve que la limite du politique et du théologique n’est pas figée ds le marbre!!!!)

  27. dominique martin écrit  » L’idée de monnaie fondante est bonne  »
    Comme je m’en suis déjà expliqué, ce n’est pas mon point de vue, je ne pense pas que dans l’état actuel de notre économie mondiale qui doit devenir « écologique », il n’y ait le moindre intérêt …mais je reconnais à chacun le droit de défendre ses propres points de vue.
    Attention néanmoins de ne pas défendre un point de vue où les effets pervers seraient encore pire que la maladie qu’on espère soigner.

    Je ne puis qu’approuver la conclusion de Paul Jorion dans son billet

    Pour l’homme ou la femme pauvre, l’argent n’intervient donc que dans sa fonction originelle de moyen de l’échange économique et celui que l’on reçoit n’est jamais conservé longtemps ; il n’a certainement pas l’occasion d’être thésaurisé, c’est-à-dire être envisagé dans sa fonction de réserve de valeur. C’est par conséquent sa distribution inégale entre ceux qui en ont trop et ceux qui n’en ont pas assez qui fait qu’apparaît à l’argent sa fonction seconde : celle d’être une réserve de valeur. S’il était distribué également et n’existait que dans la quantité exactement nécessaire, seule sa fonction de moyen d’échange aurait l’occasion de se manifester. C’est là que prend sa source pour moi le sentiment que la monnaie fondante est un moyen trop détourné de résoudre le problème qui se pose.

    Le « problème qui se pose » est simplement celui d’une mauvaise répartition. En 20 ans la part des revenus du capital dans le PIB a augmenté de 10% npar rapport à la part des revenus du travail: c’est 180 milliards d’euros subtilisés aux gens qui produisent réellement la richesse réelle .

    Ensuite, s’il y a trop de gains d’épargne, il suffit de taxer l’épargne au même taux que le travail et ici aussi de procéder

    De plus, et bien que certains pourrons ne pas être d’accord, ce n’est pas d’un manque de monnaie dont nous souffrons, puisque la monnaie ne « coûte » rien à fabriquer: encore faut-il ne pas faire comme actuellement, c’est à dire que la monnaie soit émise sans aucune contrepartie solide de richesse réelle et de capacité à rembourser pour les emprunteurs.

    Enfin, les intérêts de la création monétaire doivent revenir à la collectivité; on peut admettre dans un premier temps que les intérêts de l’épargne revienne aux épargnants, qui, de toute façon pour pouvoir épargner ont du, d’une certaine manière, quelque part dans le monde, s’approprier une part qui n’était pas la leur: mais le darwinisme capitaliste autorise cela… le tout c’est que cette appropriation reste « raisonnable » (je propose donc la limitation des héritages sur une seule « succession » , c-à-d qu’on ne puisse transmettre à des héritiers plus que ce que l’on a soi même épargné au cours de sa vie).

  28. Difficile de juger des personnes agissant dans un cadre légal.

    On « épingle » bien les Madoff…

    Il est évident qu’une décision de plafonnement des fortunes devrait-être suffisamment collégiale pour être applicable utilement. Idem pour une constitution de la monnaie. Il faudrait, en autre, pouvoir fixer et modifier le plafond de façon collégiale.

    La question de base est la suivante :

    L’accroissement de richesses très au-delà de ce qu’un être humain peut dépenser en toute une vie est-elle encore tolérable dans un monde limité cependant que d’autres, qui participent à la création de ces même richesses, en auraient besoin pour vivre leur vie ?

    Voici une ébauche de réflexion et d’étude sur les répercutions d’un plafonnement des richesses que je n’ai pas encore eu le temps de terminer. Les perspectives sembles très riches et, le niveau de plafonnement engendre des formes d’économie très différentes. Le système pourrait offrir une souplesse de contrôle de l’économie mondiale pour nos ministres des finances…

    En vrac :

    « Un plafonnement des richesses des personnes aurait pour conséquence une augmentation du nombre d’investisseurs pour les projets onéreux. Plus le plafond décidé serait bas, plus le nombre d’investisseurs serait élevé.

    Il pourrait être intéressant d’étudier pour une masse M globale de monnaie, les répercussions de différents niveau de plafonnement de la richesse.

    Actuellement le plafond est infini, le système tend vers la concentration maximale possible de M vers un seul individu qui, s’il possède la totalité de l’économie et est le seul préteur/investisseur, devra tout de même distribuer la part de monnaie correspondant aux salaires et impôts. Les niveaux respectifs salaires/impôts déterminant la redistribution, la consommation, l’épargne, le crédit, la solvabilité. Des salaires en baisse entrainent à la fois un recourt plus important au crédit, pour maintenir la consommation, mais aussi une baisse de la solvabilité, donc un risque de crédit plus important.

    A l’opposé on pourrait imaginer un plafond à zéro, personne ne posséderait de monnaie ni de bien. Il n’y aurait alors aucun échange, et pas de concentration, situation absurde…

    En abaissant le plafond de richesse on augmenterait le nombre de personnes à un même niveau de fortune.
    Avec un plafond très bas, la majorité serait au même niveau.
    Les excédents se concentreraient alors au niveau des États qui profiteraient majoritairement par l’impôt des produits de l’économie.
    l’État deviendrait le principal investisseur, il pourrait encourager la création, redistribuer et faire crédit.
    Situation quasi « Marxiste » ou l’État fixe in fine les salaires, maitrise la consommation, mais ou les moyens de production restent eux privés. Les entreprises pourraient thésauriser pour financer leurs projets puisque les bénéfices ne seraient pas aspirés par les grands actionnaires (plafond de fortune très bas) et élever le niveau de salaire jusqu’au plafond. l’État pourrait également ponctionner sur les entreprises par l’impôt et redistribuer pour amener tout le monde au même niveau. Le plafond pourrait alors fluctuer en fonction de la richesse réelle produite. Quid de le la réaction des personnes si tous sont à un même niveau de salaire, motivation ? envie d’entreprendre ? l’effort ?
    Le travail même prendrait peut-être un autre sens ?

    En augmentant le plafond au-delà de sa capacité à taxer l’entreprise et à redistribuer l’État créerait des inégalités de fortunes.

    L’inégalité de richesses est-elle une base de motivation ?

    Une question concomitante à la concentration des richesses est celle du niveau d’anticipation sur les surplus de l’économie.

    Toujours sur une masse M de monnaie, avec un plafond correspondant à une richesse… »

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