BUSH III

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Avec George W. Bush, le second du nom, on pouvait s’attendre à ce à quoi on a eu droit. Henry Paulson, issu de Goldman Sachs, faisait un candidat tout à fait plausible pour une remise sur pied aux frais des contribuables des banques en faillite économique et morale. Alberto Gonzales, fantoche qui ne parvint pas à dire deux fois la même chose sur le même sujet, faisait un ministre de la justice tout à fait dans la ligne, politisant l’administration en y installant systématiquement des candidats d’extrême-droite et faisant de la torture une politique d’État. Le Vice-Président Dick Cheney était lui le Rastapopoulos caricatural qui convenait au régime.

Obama avait quand même suscité d’autres espoirs. Bon d’accord, peut-être pas chez moi (je suis méfiant de nature), mais regardez à nouveau Pete Seeger et Bruce Springsteen chantant This Land is Your Land de Woody Guthrie, le 20 janvier, jour de l’entrée en fonction du nouveau président.

Ils n’auraient pas chanté de si bon cœur, ils ne se seraient pas caillé les miches de cette manière s’ils n’avaient pas cru qu’on aurait avec Obama autre chose que la répétition du même.

Qu’est-ce qu’ils pensent aujourd’hui, Pete Seeger et Bruce Springsteen ? Je préfère ne pas le savoir, ça me ferait trop mal. Ils voient en Larry Summers une nouvelle version de Cheney, autre âme damnée sardonique sortie tout droit d’une bande dessinée, en Timothy Geithner, un double de Paulson, mais en pire puisque l’ancien Secrétaire au Trésor tenait au moins tête aux patrons de Wall Street, ils voient la torture passée aux pertes et profits de la Realpolitik, et Guantanamo remis sur les rails grâce à des tribunaux d’exception ripolinés de neuf.

On avait eu Néron. Beaucoup ont voté en croyant qu’ils auraient Marc-Aurèle (ah ! les livres d’Obama : tant de bons sentiments !). À la place, on a Vespasien : « L’argent n’a pas d’odeur ! ».

Obama = Bush III.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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58 réflexions sur « BUSH III »

  1. Solidarité et Progrès ne s’y est jamais trompé… (et pourtant, Dieu sait que je ne les aime pas beaucoup, à part les analyses de Cheminade sur le système monétaire)

  2. @ Anne.J

    Je suis bien d’accord avec vous, surtout pour la partie entre parenthèses. J’ajouterais que leur mauvaise foi écologiste est souvent outrancière comme leur soutien inconditionnel au nucléaire. Je ne serais pas étonné d’apprendre un jour qu’AREVA est leur bienfaiteur.

  3. Bonne remarque, Paul, malheureusement… Comme vous le faisiez remarquer dans un billet précédent, l’élection de son « adversaire » McCain, n’aurait pas été une si mauvaise chose vis à vis du monde de la finance…
    Cela me rappelle une certaine situation française… inverse. Dans ce domaine, les socialistes au pouvoir feraient-ils mieux ? Vaste débat.

  4. Notre erreur aura été de croire que le rapport des forces pouvait se résoudre dans le bulletin de vote.

    B.Obama a bien évidemment été élu par l’argent de ceux qui dirigeaient les affaires, en sous-main, déjà à l’époque Bush.
    Qui a cru qu’il a été élu par le peuple… »démocratiquement », comme on dit….? Nous tous, peut-être, éternels cocus de la démocratie ?

    Il devient de plus en plus évident, hélas, que ce que nous appelons « démocratie » n’est plus qu’un moulin à vent…un trompe-l’oeil…
    De concessions en renoncements, nos vieilles démocraties sont arrivées au bout de ce qu’elles pouvaient donner…
    Les mains vides, c’est à elles-mêmes qu’aujourd’hui elle finissent par renoncer.

    Notre réveil de cette illusion ne se fera d’aiileurs pas en douceur, car « ces gens-là » (ceux qui tiennent l’argent, donc les vrais leviers) ne lâchent jamais (jamais!) le morceau, avant que d’y être forcés.(… »Trop dur à gagner, l’argent, Monsieur! »)

    Ceux qui ont pu croire qu’un B.Obama pourrait à lui seul y changer quoi que ce soit ne sont pas à blâmer , il ont juste un peu espéré…

    Au moins, chez nous, et jusqu’à nouvel ordre, la classe dirigeante affiche la couleur sans complexes…Et c’est bien la couleur de l’argent !

    Qui a défini l’Argent comme étant l’expression finale d’un rapport des forces ?

    Ma conclusion: Notre erreur serait de continuer à croire que le rapport des forces pourra se résoudre dans le bulletin de vote.
    …( quoi d’autre, pourtant?)

  5. Il va y avoir beaucoups de décus, de par le monde et particulièrement aux USA, d’ici quelques mois..
    Mais Obama a t’il seulement le choix? sera t’il le Gorbatchev US?
    La dernière intervention de William Engdahl est très interessante (sur son blog)
    http://www.engdahl.oilgeopolitics.net/
    (cliquer sur:
    ‘Not even Jesus could reverse the decline in the US’)
    Ne pas rater également :
    http://www.dedefensa.org/
    également une excellente analyse de Thierry Meyssan:
    http://www.voltairenet.org/article159805.html
    A ce propos , ne pas louper l’analyse de la Pilgrims Society, et donc la liste impressionnante des structures financières, de pensée, politiques dont ils sont au départ: le vrai Pouvoir de ces derniers temps?
    http://www.isgp.eu/organisations/Pilgrims_Society02.htm

    Bonne lecture!

  6. Le péplum est de retour . Influence du festival de Cannes ? .Remake de la chute de l’empire romain et autre Spartacus : la chute de l’empire américain II avec dans les roles des bad boys , Geithner et Bernanke. Et en vedettes américaines dans le role des barbares qui vont bruler Rome (euh, pardon! WS ), les banquiers aux noms barbares , Goldman le saxon, Morgan le sage, BoA le vandale, City le scythe, Hre le goth, Ubs l’helvete…..Pour la figuration, dans le role des esclaves de la dette, regardez-vous dans la glace en vous rasant et n’esperez pas devenir président de la Gaule .

  7. Malgré le rapport de force ecrasant, des fissures :

    Pour ceux qui auraient encore un doute ,vu la desinformation sur le sujet:

    LEE TIMES DE LONDRES INDIQUE L’ADRESSE DE L’HOTEL pres d’ATHENES ou se tient la reunion Bilderberg :

    From The Times

    May 14, 2009

    Shadowy Bilderberg group meet in Greece — and here’s their address

    Roger Boyes and John Carr in Athens

    Don’t tell anyone, don’t breathe a word, but the world’s most powerful men are meeting secretly again to save the planet from economic catastrophe. Oh, and their address, should you want to send them your opinions, is: c/o Nafsika Astir Palace Hotel, Apollonos Avenue 40, 16671 Vouliagmeni, Greece………

    http://www.timesonline.co.uk/tol/news/world/europe/article6283373.ece

    A Washington, un sénateur “socialiste” à l’assaut de la Fed

    15/05/2009 – Bloc-Notes

    Pendant 16 ans, le démocrate Bernie Sanders a été, à la Chambre des représentants, Représentant du Vermont; le Vermont, ce minuscule Etat de l’extrême Nord-Est de l’Union qui fut un temps (1777-1791) la “République Libre du Vermont“ avant de succomber, au terme de manœuvres tordues, au charme incertain de l’Union, qui n’a pas oublié ses origines, qui manifeste régulièrement des tendances sécessionnistes et socialistes, c’est selon.

    Aujourd’hui, Sanders est dans le cours de son premier mandat de sénateur de l’Etat du Vermont. Il se proclame, plus que jamais et hautement, “socialiste”, ou “democrat socialist”. Il a commencé une offensive “socialiste” en exigeant que la Federal Reserve fasse connaître les noms de ses actionnaires (la Fed est, d’une façon qui ne cessera jamais de nous étonner, une institution formellement privée), – ces noms étant tenus secrets depuis l’origine (1913, création de la Fed), et encore comme le serait un des secrets les plus exigeants du Pentagone. Un autre axe de l’attaque de Sanders concerne des restrictions protectionnistes, pour empêcher que l’argent du “plan de stimulation” aille à des contractants étrangers.

    Bloomberg.News, qui demanda elle-même, sans succès, en novembre 2008, en tant qu’organisation de presse s’appuyant sur la loi Freedom Information Act, une des précisions qu’exige Sanders (l’identité des actionnaires de la Federal Reserve), présente cet épisode étonnant qui est tout à fait sérieux. (Bloomber.News, le 15 mai 2009.)…….

    http://www.dedefensa.org/article-a_washington_un_senateur_socialiste_a_l_assaut_de_la_fed_15_05_2009.html

  8. Pourquoi une telle formule: Obama = Bush III ?

    C’est une formulation publicitaire. Le signe égal ne convient pas.
    La confusion peut faire joli dans un slogan, qu’apporte-t-elle à la communauté du présent blog?

    L’article d’Howard Zinn, s’il est proche du vôtre apporte une nuance qui, j’espère, peut offrir des bribes d’espoir.

    « We are citizens, and Obama is a politician. You might not like that word. But the fact is he’s a politician. He’s other things, too—he’s a very sensitive and intelligent and thoughtful and promising person. But he’s a politician. »

    http://www.alternet.org/democracy/140035/howard_zinn%3A_changing_obama%27s_military_mindset/

  9. Au revoir le « retour à l’Etat de droit »…
    Tiens, Mr. Gates, vous êtes toujours là?

    Question classique, j’ai tant de lacunes, mais il n’y avait pas un empereur romain qui disait qu’on aurait pu mettre aux commandes de l’empire son cheval que tout irait comme d’habitude, sur les mêmes rails? et après on sacrifiera encore un peu à la religion de l’individu… imaginons l’après-Obama, une amérindienne comme impératrice, si, se puede!, et l’empire continuera, enfin si l’histoire le lui permet, tout finit par finir…

    mais ce serait peut-être trop facile de pointer du doigt… cette histoire me semble révéler quelque chose: on s’imagine, on espère, on rêve qu’on pourrait continuer avec le même système mais avec humanité, le colonialisme paternaliste en quelque sorte… j’entends souvent autour de moi l’attente, le fol espoir, la déraisonnable conviction que l’on a déjà enlevé les 2-3 pommes pourries du panier, et que « tout va bien maintenant, je peux continuer à croire dans mon plan de retraite individuel… non? comment ça non? m’énervez pas, bandes de défaitistes! oiseaux de mauvais augures… » pigeons ou charognards?

    l’empereur est pendant un moment un gros méchant explicite et à découvert, puis un subtil hypocrite, et petit à petit l’eau de la grenouille monte en température… j’ai les cuisses bientôt cuites, pas vous?

    ce qui ramène au « temps qu’il fait » de hier: comme d’hab., « nul besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer ». Que le « conatus » du « séminaire » continue à persévérer dans son être!

  10. @les contraintes s’iposent, la REALPOLITIK EST LA POITIQUE SOUMISE AUX ORDRES CAPITALISTES!
    Seule une nouvelle monnaie, anticrise, donnerait aux politiques les moyens de se soustraire à cette soumission!
    jf

  11. @ iGor

    « gorbamatchev » : c’est peu-être une valise prophétique. Le grand chambardement US n’est pas exclu

  12. @ Pierrot123

    Dire que Wall Street peut tout expliquer de son action au pouvoir me semble insuffisante.
    Il n’était pas écrit qu’il devait agir comme il le fait. Une fois élu, fort d’un large soutien populaire, il aurait pu prendre le contre-pied de Wall Street.

    Obama a beau être un esprit brillant, en matière de pensée économique il reste
    tout simplement prisonnier des vieux schémas. Comme l’avait souligné Paul dans un billet ancien
    les américains sont dans l’incapacité d’imaginer un autre monde que celui qu’il ont toujours connu, un monde capitaliste toujours triomphant, qui renait toujours de ses cendres.
    En Europe l’exercice nous est très familier. Même un Sarkozy, libéral dans l’âme, sait ce qu’est une anti-thèse. Ses actes n’ont pas été à la hauteur de son discours — loin s’en faut — mais au moins il est capable de se représenter le caractère conflictuel des rapports sociaux dans un cadre capitaliste. Parler de refondation du capitalisme était pour une part une manoeuvre de diversion, mais au moins il avait ces mots dans son vocabulaire. Aux USA Obama quand il n’est pas d’accord avec les agissements de Wall Street dit seulement qu’il est en colère.

    Même si beaucoup d’entre nous ne vont pas jusqu’à souhaiter la substitution pure et simple d’un modèle à un autre, au moins ici, il y a cette référence d’un autre monde possible, monde certes virtuel sinon imaginaire dans beaucoup de cas mais qui permet de ne pas se faire d’illusion sur le monde tel qu’il est aujourd’hui. Penser un autre monde possible c’est sortir du cadre et donc voir ce qui se présente devant nous avec un regard plus distant et donc plus critique.

    Les Etats-Unis vivent dans le monde immanent et immuable de l’économie de marché. L’Etat ne vient pas faire autre chose que le marché, il est là seulement pour pallier à ses défaillances transitoires. Exception faite de quelques penseurs marginaux, la sortie demeure impensable parmi les élites politiques et économiques.
    Obama est habité par l’idée du consensus. Rappelons-nous que Obama a fait toute sa campagne sur l’idée qu’il faut briser la logique bi-partisane. Il avait prévenu qu’il coopérerait étroitement avec les Républicains. Finalement il coopère surtout avec Wall Street !

    Obama a des visées sociales — ce qui le distingue de Bush — mais il s’inscrit dans une logique de redistribution, ce qui ne touche pas au coeur du modèle. Or dans les circonstances actuelles sans anti-modèle à l’esprit, il est impossible d’arrêter la force brutale du taureau de Wall Street et même de penser sérieusement mener à bien une réforme de l’assurance médicale. Et pourtant le taureau n’est qu’une simple sculpture sise devant Wall Street. Peut-être que dans l’inconscient d’Obama aller contre Wall Street c’est ôter la force vive de la Nation.

    Seul espoir auquel nous raccrocher c’est que Obama a seulement fait des erreurs de jugement devant une réalité inédite qui n’entrait pas dans son cadre de pensée, aussi large fût-il. Mais à quand le réveil ?!
    C’est peut-être déjà trop tard.. je n’en sais rien.

  13. @ Paul Jorion

    L’espoir ne vient pas d’Obama qui comme le dit Zinn est un politicien, avant tout.
    L’espoir vient de ceux qu’il a uni dans l’espoir.
    Et ça n’est pas rien qu’il l’ait pu.

    On ne peut se satisfaire de ce qu’il l’ait pu:
    « We shouldn’t be easily satisfied and say, “Oh well, give him a break. Obama deserves respect.” »

    Mais ceux qu’il a réuni dans cet espoir (furent-ils naïfs) constituent la ressource même de cet espoir:

    « Where progress has been made, wherever any kind of injustice has been overturned, it’s been because people acted as citizens, and not as politicians. They didn’t just moan. They worked, they acted, they organized, they rioted if necessary to bring their situation to the attention of people in power. And that’s what we have to do today. »

    On ne peut pas dire que Bush I ni Bush II aient jamais regroupés ceux là, dont nous sommes, qui cherchent comment travailler agir s’organiser et même se rebeller pour ce que disait Obama, qu’il ne fait pas.

    L’espoir n’est pas béat mais les voies restent dans la brume en ce qui concerne comment travailler, agir, s’organiser ou même se rebeller.

    Où ai-je bien pu égarer ma créativité ? C’est sans doute une question que nous sommes nombreux à nous poser.

  14. Sans doute, cette égalité est-elle choquante (et faite pour cela).

    Il ne faudrait toutefois pas que ce signe mathématique masque des évolutions en cours dans la société américaine, dont l’avenir proche dira le sort qui va leur être réservé, en application du programme sur lequel Barack Obama a été élu.

    Ni, bien entendu, que cela occulte une réflexion plus globale sur ce que les Etats-Unis vont devenir, s’il leur déclin s’accentue. Sur les points d’appui de leur future croissance économique, si l’endettement des particuliers, et donc cette même croissance, va devoir être modéré ? Sur les conséquences de la perte du statut actuel du dollar, si elle devait à terme intervenir, ainsi que sur le financement de sa gigantesque dette publique ?

  15. Les citoyens antiques d’ Athènes n’ auraient pu, par leur seul vote, changer les fondements de leur société (statut de la femme, polythéisme …).
    La démocratie fonctionne dans un certain cadre.
    Ce cadre se modifie probablement selon une cinétique différente, et l’ influence du vote démocratique pour cette modification « macro » se fait probablement par accumulation des effets « micro » du vote.
    En résumé, il ne fallait pas attendre des athéniens qu’ ils inventent « les lumières », au milieu des barbares, juste en votant.

  16. Commandez sur internet, surtout pas dans un magasin, le film « La Vie des Autres » et voyez comment la Stasi ouvrait le courrier des citoyens. Les ayants droit vous remercient de votre collaboration….

  17. Les pessimistes (ou réalistes) en tout cas ne se sont pas fait berner par le marketing à la sauce 90’s (cf Bill Clinton), et de même on pourrait comparer le réveil du peuple quand à nos partis dits « progressistes » (socialistes, écolos, humanistes, centristes, etc.) ici en Europe.

    Aveu de faillite ou d’impuissance de tout ce qui est politique, surement qu’ils (les politiques) ont toujours été impuissants à réellement imprimer un changement sur le monde (économique) mais là le verni s’écaille, on verra ce que donnera la suite, on voit déjà l' »évolution » que cela a mené en France (Sarkozy) et en Italie (Berlusconi).

    @++

  18. Wladimir a cité (16 mai 9:15)

    Il a commencé une offensive “socialiste” en exigeant que la Federal Reserve fasse connaître les noms de ses actionnaires (la Fed est, d’une façon qui ne cessera jamais de nous étonner, une institution formellement privée), – ces noms étant tenus secrets depuis l’origine (1913, création de la Fed), et encore comme le serait un des secrets les plus exigeants du Pentagone.

    Que la FED soit une institution privée, j’ai eu du mal à le croire, c’était déjà choquant ; elle s’avère, de plus, secrète?!! C’est inconcevable!
    Ainsi donc, la principale monnaie de réserve du monde est entre les mains d’une poignée d’actionnaires, et nous ne savons même pas qui c’est!

    Que ceux qui savaient me pardonnent mon ignorance, mais si j’expose ainsi devant vous ma naïveté, c’est que je la pense, en l’espèce, la chose du monde la mieux partagée. Nous sommes 99,99%, dirait Le ClownBlanc…

    Etre ainsi déniaisé conduit à des remises en cause majeures
    – sur le système médiatique, en faillite fonctionnelle et morale, sur cette question, depuis un siècle
    – sur la démocratie elle-même, largement illusoire dans ces conditions
    – sur le fait que la révolte contre les privilèges inouïs qui découlent de cette situation est encore plus légitime qu’à la fin de l’ancien régime
    – Obama, en effet, si c’est comme ça, le pauvre…

  19. le systeme communiste se developpe pourtant mais il est privatisé c’est à dire que ce sont des groupes privés qui gerent de façon verticale la vie de millions de personnes !! l’exemple le plus frappant en france c’est carrefour ,qui vend sous ses marques des produits manufacturés ,qui fait du credit revolving (donc de la carte bleue),des assurances,des forfaits telephones ,regroupent dans ses filiales des services à la personne (auto,restauration,coiffure etc) … enfait apres la guerre de l’avoir (la guerre 14-18 et sa lutte pour la ruhr charbonneuse et industrielle) ;apres la guerre de l’être -la guerre 39-40 et son génocide- ,il y a une guerre economique ,où l’exil economique vaut comme dans l’antique gréce un mortel bannissement ,où le salariat semble être la forme la plus courant de l’esclavage !! cette guerre economique apres les guerres mondiales de l’avoir et de l’être est la guerre des relations interpersonnelles ,et donc de la cohesion même de la société : il faut refuser le vain sacrifice des délocalisations,du démenbrement des services publiques qui affaibissent autant qu’une leucemie !! la loi hadopi,les politiques d’immigration,les tortures,les guerres préemptives et préventives sont les marques d’une derniere ligne maginot face à un monde liquide multipolaire !!! la clé de ce monde de l’information réside dans la libre circulation des flux : un pays ,une entreprise qui choisit le brevet,le protectionisme,le racisme se condamne : plus un modele/standard est ouvert et diffusé plus il a de parts de marché ,plus ce modele est verrouillé moins il fonctionne : regardez microsoft,tf1,general motors !!!

  20. Syons sérieux. Même si on fait abstraction du système dans lequel il est immergé et qui dicte ses décisions, l’économie de marché, Obama avait-il une alternative sous la main? On raisonne ici comme s’il aurait pu en avoir une. J’aimerais bien savoir laquelle?

  21. Au moins peut-on voir dans cette élection la marque de l’égalité, l’homme de couleur vaut l’homme blanc, et le blanc est une couleur comme une autre, pas forcément celle de la pureté. C’est un grand symbole cette équivalence, même si le résultat, pour l’instant, se limite au nivellement. S’il y a fraternité, nous pourrons relever le niveau et le défi.

  22. @Marc

    Je ne saurais authentifier le document, néanmoins il ressemble à ce qui peut se dire ailleurs :

    Grandes banques commerciales qui tiennent les banques régionales, la Fed de New York étant ultra dominante, et là, vous accrochez en particulier quelques-uns des anciens employeurs de l’Auguste, ou d’autres petits personnels administratifs lisant parfois ce blog pour se souvenir avec nostalgie des énormités qu’on leur a demandé de faire en leur temps …

  23. Comme le fait remarquer notre vieux copain Michel , Obama avait-il une alternative ?
    On ne change pas de système comme on change de slip , malgré les idées gazéifiées qui trainent dans l’air …

    Cependant mon mauvais esprit me laisse penser qu’il avait des variantes.

    Mais peu importe car au fond, car , et je synthétise ce que dit Pierre-Yves D. , Obama est citoyen des USA.

    Et d’un certain point de vue, même si rien n’a été calculé au sens de comploté, l’élection de cette homme là pour ce travail là , à ce moment là, c’est du grand art.
    De même pour Bush junior, et sa profonde et sincère crétinerie

    De sorte que Bush II et Obama , même combat.

    Ceci étant le ‘système’ de ‘domination’ américain aurait pu être pire, malgré les gros dégats auxquels le reste du monde était implicitement associé.

  24. L’explosion du chômage aux Etats-Unis entraîne une conséquence dévastatrice pour les banques. De nombreux Américains sont licenciés. Comme ils se retrouvent au chômage, ils n’ont plus les moyens de rembourser leurs emprunts.

    Conséquence : ils arrêtent de rembourser leurs emprunts immobiliers, et ils arrêtent de rembourser leurs crédits à la consommation. Les défauts sur les cartes de crédit atteignent un niveau record en avril 2009.

    Les banques regardent avec terreur la mer se retirer. La deuxième vague de la crise financière va arriver. La deuxième vague sera très violente.

    Pourcentage des défauts sur les cartes de crédit en avril 2009, et en mars 2009 :

    Citigroup : 10.21 %, 9.66 %

    Wells Fargo : 10.03 %, 9.68 %

    JPMorgan Chase : 8.07 %, 7.13 %

    Discover Financial Services : 8.26 %, 7.39 %

    U.S. credit card defaults rose in April to record highs, with Citigroup and Wells Fargo posting double digit loss rates.

    http://www.calculatedriskblog.com/2009/05/cnbc-record-credit-card-defaults-in.html

  25. @François Leclerc
    Merci de recadrer rapidement les choses, et de m’éviter des emballements mal venus.
    Ceci dit, à bien y regarder, c’est à peine plus rassurant…

  26. A 3m29 Obama se rend compte que derrière la fraternité réelle sincère, belle, émouvante, à laquelle on peut adhérer sans se salir, il y a tout un peuple qui lui demandera aussi de maintenir son niveau de vie.

    C’est pas gagné , mais avec de petits arrangements sur certains principes qui seront demandés à tous, il pourra peut-être arriver à un bricolage qui sauverait vaguement quelques bribes de l’idéal un peu flou scandé sur cette chanson.

  27. Ok, à 3 mn 29 de la chanson.
    Sincèrement je ne tirerai aucune conclusion de deux lèvres écartées en sourire aux anges, et d’un chantonnement en mesure.
    Merci de déchiffrer pour nous, (pour moi en tous cas) ces deux secondes.

  28. @François

    Cependant, je me souviens qu’en étant parti sur wikipedia au moment où je cherchais à savoir comment fonctionnait la structure, l’article précisant que la Fed avait ce caractère privé, avait disparu, pour faire croire que ce n’était que la Fed suivant les termes auxquels tout le monde l’entend …

    Cela dit, actuellement l’info  » qui a piqué le flouze » est devenue encore plus trouble, et c’est encore autre chose. La réponse est d’ailleurs : les mêmes. Pardon de tuer le suspens.

  29. Et peut-être devrais-je rajouter [ pour que les choses soient (moins) claires ] tout le monde sait comment fonctionne la BCE. C’est la raison pour laquelle elle marche si bien.

  30. A 3:29 Il regarde à l’ horizon, à 3:30 il abaisse pudiquement son regard, et il se dit « Oh my God, they do believe in me, I {shall not-should not- will not-could} deceive them »
    Rayer les mentions inutiles.

  31. Bonjour,

    OBAMA est doué de bonnes intentions, me semble t’il. Mais aux U.S. ce sont les Lobbies qui gouvernent et apparemment le président n’y peut rien. Malheureusement.

    Peut être cela changera t’il.

  32. la seule question de l’élection américaine était en fait sont-ils plus racistes que sexistes ? puisqu’il n’y avait aucun doute que n’importe quel politicien blanc démocrate aurait été élu contre Mc Cain après les années Bush
    la réponse est là, et était évidente dans l’histoire : les noirs ont eu le droit de vote avant les femmes aux USA….
    les médias et le monde financier ont clairement choisi Obama contre Hillary, je rappelle que l’élection a basculé après les primaires du premier état qui était je crois l’Ohio, avec un pourcentage flatteur pour Obama sur….624 électeurs !!! de là agitation médiatique, débinage des Clintons et O Bambi au pouvoir… sur des discours enthousiasmants mais totalement creux avec un risque social majeur potentiel né de la déception des électeurs d’Obama (et les américains ont quand même une tradition d’émeutes sociales violentes et armées…)

    bref au final j’ai été plutot agréablement surprise de ces premiers mois de présidence espérant même mettre trompée

    apparemment, pas tant que ça …

  33. Dans mon commentaire précédent je n’ai pas évoqué la politique des droits de l’homme à nouveau foulée aux pieds, avec le rétablissement des commissions militaires pour juger certains — une vingtaine dit-on — de prisonniers de Guantanamo, lequel pénitencier serait transféré sur le sol américain avec la perspective que certains prisonniers finissent leurs jours entre quatre murs sans jugement (selon le Wall Street Journal) !!
    Pour tout dire je ne m’explique pas ce revirement d’Obama. C’est un politicien, d’accord, mais qu’est-ce que cela lui aurait coûté politiquement de rompre avec la politique de Bush pourtant honnie ? A-t-il une si mauvaise image de ses concitoyens qu’il ne les pense pas capables de le suivre sur ce terrain des droits de l’homme ?

    Si Obama continue dans cette veine, la déception va être terrible. Et ses discours pavés de bonnes intentions produiront les effets les plus délétères en faisant voler en éclats l’unité du parti démocrate.

    A moins que. A moins qu’il ne pense déjà aux prochaines élections, ce qui supposerait alors qu’il fasse le calcul que dans quatre ans la récession économique serait jugulée et qu’il pourra donc axer sa prochaine campagne au centre droit !! Bref, son mépris actuel des droits de l’homme, serait opportuniste, un opportunisme adossé à sa réelle – et folle – conviction que le système va redémarrer d’un coup de manivelle ?!

  34. @Paul

    Oui mais pas évident de trouver le même document, en ne tombant pas de chez les dingos.

    Comment est ce lien ? Il montre surtout des noms qui n’ont rien de secret, mais indiquant bien que l’ensemble tourne tout-à fait en circuit fermé.

    !976, information correct ?

    L’organigramme est le même. Peut-être l’origine. Et le reste des questions posées ici ne sont pas un argument nouveau au sujet de la création monétaire.

  35. Le Surfer d’Argent contre Galactus: Une parabole

    Résumé des épisodes précédents : L’infâme Galactus, l’ennemi juré du Surfer d’Argent, avait promis après sa dernière défaite de ne plus jamais chercher à soumettre la Terre. Contournant sa promesse, il est pourtant revenu. C’est que, cette fois, il cherche à se faire adorer comme un Dieu par les Hommes. Ce sont eux qui se livrent de leur propre volonté à lui ! Bravant tous les dangers, et d’abord l’incrédulité des Hommes qui le rejettent, lui le Surfer, comme incrédule, il vient une nouvelle fois de livrer un terrible combat contre Galactus : il a exposé sa supercherie et en a montré les terribles conséquences.

    Galactus est parti. A travers le monde, tout semble s’arrêter comme si la planète poussait un immense soupir de soulagement collectif. Le Surfer d’Argent est convoqué à une réunion plénipotentiaire des Nations Unies, la foule est massée sur le parvis et écoute d’abord le secrétaire général.

    Je parle au nom des Etats souverains de ce monde quand je dis que nous sommes ici réunis pour réparer une monumentale erreur… Nous avons reçu la visite de deux êtres venus de l’espace. L’un que nous avons considéré par erreur comme un Dieu, l’autre qu’à notre impardonnable honte, nous avons injurié et rejeté. Mais nous avons enfin vu la lumière. C’est le Surfer d’Argent qui est le véritable sauveur venu du Cosmos.

    Le Surfer d’Argent:

    Non! Vous avez encore tort ! Vous ne devez élever aucun homme au-dessus de ses semblables. La flamme divine brille en nous tous… ou alors, elle n’est en personne.

    Les représentants dans les tribunes:

    – Il s’exprime avec une telle humilité. Il est l’essence même de la sainteté !
    – S’il n’est pas un Dieu, il est au moins un Saint !
    – Vous devez nous guider ! Nous conduire ! Nous serons vos disciples !

    Le Surfer d’Argent par devers lui:

    La folie recommence. Ils ont soif de domination, comme un enfant a soif du lait de sa mère. C’est pourquoi ils deviennent si souvent la proie des tyrans et des despotes… Pourquoi ne réalisent-ils pas que la seule foi qui compte est la foi en soi-même? Qu’est-ce qui les rend si désespérés qu’ils ont toujours besoin d’un autre pour leur montrer le chemin? Il n’y a qu’une seule façon de les éduquer, mais cela me condamne à redevenir un paria… Et pourtant c’est un bien petit prix à payer.

    Le Surfer d’Argent du haut de la tribune s’adresse à la foule:

    Très bien! J’accepte le don que vous me faites. Je vous conseillerai et vous guiderai… Et même, oui, je vous conduirai sur les sentiers de la gloire. Mais d’abord écoutez mes conditions ! Tous mes ordres devront être obéis sans discussion. Le moindre de mes souhaits ou de mes désirs devra être exaucé… Un tiers du trésor de chaque pays devra être prélevé pour mon usage personnel… Je ne serai soumis à aucune espèce de loi. Tous devront se prosterner quand je daignerai apparaître. Nul ne devra parler en ma présence.

    Les représentants indignés:

    – Il est fou ! Qu’est-ce que c’est que ces élucubrations ?
    – Il est assoifé de pouvoir comme les autres !
    – A côté de lui, Galactus a l’air d’un Saint !

    La foule outrée:

    – C’est un dingue! Foutez-le dehors !
    – Renvoyez ce salaud chez lui !
    – Non ! Lynchez cette espèce d’enfariné de merde !
    – La corde est trop bonne pour lui !
    – C’est ça, laissez-le nous ! On va s’occuper de lui !

    Sur la tribune, on s’inquiète autour du Surfer d’Argent:

    – Vous en avez assez dit. Je crois qu’il vaudrait mieux que vous partiez.
    – Sortez-le avant qu’il n’y ait une émeute.

    Dans la foule, une voix solitaire essaie de se faire entendre:

    Non, ne l’écoutez pas ! Il ne pense pas ce qu’il dit ! Vous ne comprenez pas? Il fait tout cela pour nous ! Pour notre propre bien ! Pour nous montrer !

    Le Surfer d’Argent, par devers lui:

    Ce cri se perdra dans la masse. Une foule n’entend jamais la voix solitaire de la raison. Mais il vaut mieux partir avant que la violence n’éclate! A MOI, MON SURF ! »

    Le Surfer d’Argent, Une parabole, Scénario : Stan Lee, Dessin : Moebius, Casterman, 1990.

  36. @ Anne J.

    La citation de Wilson est un faux. Paul Grignon, qui la cite dans son documentaire Money as Debt, le reconnaît lui-même (ici, citant un certain Andrew Leonard : « the quote is an after-the-fact fabrication made by splicing together passages of different Wilson statements that have nothing at all to do with the Federal Reserve. »

    Bien que Grignon pense qu’en définitive on peut bien faire dire à Wilson ce que l’on veut (c’est-à-dire ce qu’il veut lui), on doit admettre, si on est de bonne foi, que ce n’est pas le rôle d’une citation que d’être utilisée pour impressionner et faire autorité, encore moins si elle est fausse.

    Je me permets de vous suggérer de ne plus la colporter et de vérifier vos sources. Par exemple, en lisant Wilson dans le texte : http://www.gutenberg.org/etext/14811. Ce livre, publié de son vivant, duquel ont été coupées-collées dans un ordre ad hoc toutes les pseudo-citations qui lui sont attribuées sur la question de la Federal Reserve est un recueil de déclarations pendant la campagne électorale à la présidence de 1911, c’est-à-dire avant même l’institution de la Réserve Fédérale! Vous verrez qu’il y déclare notamment ceci :

    “So what we have to discuss is, not wrongs which individuals intentionally do,—I do not believe there are a great many of those,—but the wrongs of a system. I want to record my protest against any discussion of this matter which would seem to indicate that there are bodies of our fellow-citizens who are trying to grind us down and do us injustice. There are some men of that sort. I don’t know how they sleep o’ nights, but there are men of that kind. Thank God, they are not numerous. The truth is, we are all caught in a great economic system which is heartless.”

    Ma traduction: « Donc, ce que nous devons discuter est, non pas des méfaits que des individus accompliraient intentionnellement, — je ne crois pas qu’ils soient si nombreux, – mais les méfaits d’un système. Je veux vous prendre pour témoin de ma protestation à l’encontre de toute discussion sur cette question qui tendrait à impliquer que des groupes de nos concitoyens essaieraient de nous détruire et de nous nuire. Il existe des gens de cette sorte. Je ne sais pas comment ils dorment la nuit, mais il existe des gens de cette sorte. Dieu merci, ils ne sont pas nombreux. La vérité est que nous sommes tous pris dans un gigantesque système économique qui est sans cœur. »)

    En fait, comme on s’en avise, à le lire directement, Wilson n’entend pas dénoncer une organisation toute puissante, cachée et secrète, mais de très classique et bien connues organisations qui ne sont que des corporations, les monopoles qui se créent par accumulation dans chaque branche de l’industrie, et auxquels se heurtent les nouveaux et petits entrepreneurs. Il défend, non sans une certaine démagogie politique, elle aussi très classique, le petit capitalisme contre le grand, ce qui est un problème systémique bien connu et récurrent depuis longtemps, et pas un complot…

    Cordialement,

  37. Nikademus se réfère à une fausse citation de Woodrow Wilson qui a disparu : n’ayant pas noté qu’il en parlait, je l’avais éliminée aussitôt que je l’avais aperçue. Nous avions en effet établi la liste de ces faux il y a quelques temps, tous créés dans un but de désinformation.

  38. Cette citation à propos de laquelle Nikademus étale sa science et que Paul Jorion avait de toute façon supprimée, n’est pas extraite d’un quelconque film mais d’un document intitulé « Toutes les options pour gérer une crise bancaire systémique » de Bernard Lietaer , Dr. Robert Ulanowicz , Dr. Sally Goerner téléchargeable sur http://www.lietaer.com/images/Livre_Blanc_Sur_la_crise_bancaire_syst_mique.pdf (page 14, note 19)

    Je suis heureuse de voir avec quelle fougue on défends la FED sur ce blog, mais je suis quand même obligée de me poser la question: qu’est ce qui prouve que Wilson n’a pas fait cette déclaration après 1913 ? En qui faut-il avoir confiance dans cette pétaudière?

  39. @ Anne.J

    Je suis heureuse de voir avec quelle fougue on défend la FED sur ce blog.

    Quand je dis que la Fed est un État dans l’État, ce n’est pas dans ma bouche un compliment.

  40. @ Pierre-Yves D.

    Pierre-Yves D. dit : L’Etat ne vient pas faire autre chose que le marché, il est là seulement pour pallier à ses défaillances transitoires.

    Je ne pense pas.
    Qui a mis les structures qui rendent possible une telle concentration des richesses ? Réponse : les États.
    Il me semble que c’est important de reconnaitre le rôle de l’état comme instigateur du marché.

  41. @ Anne J.

    Vous savez ce qu’on dit, comme je n’en ai pas beaucoup, je l’étale…

    Pourtant, je ne peux pas me laisser attribuer une science qui n’est pas la mienne. Comme je l’ai déjà mentionné, la preuve scientifique de la fabrication de cette citation à partir d’extraits du livre de Wilson a été faite par Andrew Leonard : toujours ici.

    Mais en fait, vous avez raison de le pointer, bien autre chose et à bien plus longue portée, est en question.

    L’intérêt justement scientifique de faire des citations exactes, ce qui suppose qu’on les vérifie quand on tombe dessus chez d’autres, qui que ce soient, au-delà de la révérence que l’on peut avoir pour la vérité, et surtout quelle que soit la cause que l’on défend, réside en ceci : on assure ses arrières.

    Le jour où la FED, ou d’autres qui s’identifient à elle ou à ses intérêt, en un mot plus précis : l’oligarchie dont nous a récemment instruit Simon Ford sur ce blog-même, le jour donc où ceux-là trouveront qu’on les attaque décidément trop, il leur suffira de démonter quelques unes des contre-vérités qui auront été diffusées soi-disant pour leur nuire, et sans y réfléchir trop. Par là, ils pourront discréditer à peu de frais l’ensemble de la critique portée contre eux, y compris la plus sérieuse et la plus scientifique.

    Vous voyez, diront-ils, par exemple par le biais d’un journaliste de quelque feuille de chou à leur service, et à grand tirage : ils disent n’importe quoi, fabriquent des citations abusives, sont prêt à tout pour en venir à leur fin, ne respectent même pas la probité la plus élémentaire, ce ne sont que des complotistes paranoïaques. Il sera facile, ensuite, par quelque amalgame et autre raccourci de discréditer toute critique, censée dès lors être de la même eau. Enfin, il n’y aura qu’à conclure : si vous avez été d’accord en quelque point avec ces gens-là, ou si vous imaginez maintenant les défendre en quoi que ce soit, alors vous en êtes nécessairement aussi. Il ne restera qu’un choix bien évident et si commode pour leurs affaires : faire confiance aux autorités auto-instituées, les laisser gérer les affaires du monde, car souvenez-vous : toute critique ne mène qu’à de déplorables excès.

    Cette « technique » ne vous semble-t-elle pas étrangement familière pour avoir été si souvent employée ? Et les gens que vous citez, ne voyez-vous pas le soupçon généralisé auquel ils exposent tout ce qu’ils peuvent dire du moment qu’il leur semble penser utile et nécessaire à leur cause de l’accréditer par des citations truquées non vérifiées ?

    La logique à l’œuvre, dont on pourrait citer plusieurs exemples fameux dans le siècle dernier quand l’heure était chaude pour les possesseurs du monde, est la même que celle que l’on voit réapparaître plus concrètement ces temps derniers quand des policiers provocateurs infiltrés dans une manifestation cassent des vitrines et incendient à tout va.
    Si on n’identifie pas toujours l’ensemble du mouvement aux prétendus casseurs, au moins les médias complaisants ne parlent que des incidents, et surtout pas des intentions réelles de l’ensemble des vrais manifestants. C’est toujours ça de pris.

    Scientifiquement vôtre et toujours cordialement,

  42. @Nikademus: « le jour donc où ceux-là trouveront qu’on les attaque décidément trop, il leur suffira de démonter quelques unes des contre-vérités qui auront été diffusées soi-disant pour leur nuire, et sans y réfléchir trop. Par là, ils pourront discréditer à peu de frais l’ensemble de la critique portée contre eux, y compris la plus sérieuse et la plus scientifique. »

    Oui, certes, mais tout cela n’intéressera que les intellectuels et l’élite. Le commun des mortels croira la rumeur et le mensonge (j’ai des exemples historiques à la pelle, dont certains pieux mensonges qui se maintiennent depuis 2000 ans malgré la critique éclairée).

    Je ne dis pas qu’il faut utiliser ce genre de méthodes contre les capitalistes mais qu’il faut bien constater que question efficacité la vérité n’est pas toujours le nec plus ultra pour arriver au pouvoir. D’ailleurs, les capitalistes eux-mêmes utilisent sans vergogne la propagande (ou même cette forme de propagande tout à fait admise qu’est la publicité).

  43. @ Nikademus
    Je ne doute pas que vous avez vérifié jusqu’à la source que les citations de Jésus dans les évangiles sont bien de lui…

  44. @ Toi ( J’aurais trop peur du monologue autrement 😉 )

    Je dois vous prévenir, c’est un peu long, mais c’est que vos questions et remarques portent loin…

    • « Les intellectuels et les élites » : je crois comprendre que vous voulez dire que ceux-ci, même en prenant ces termes dans un sens « positif » – ce qui revient à en désigner bien peu vu où la majorité d’entre eux s’est abaissée -, ne peuvent jamais avoir qu’une très faible influence, même ou a fortiori s’ils portent « une critique sérieuse et scientifique ».
    Je suis on ne peut plus d’accord. Ayant pourtant moi-même un goût très immodéré pour la science sous toutes ses formes : philosophique ou mathématique, même si c’est parfois un amour sans retour (voir plus haut ;)), je suis très loin de croire qu’elle porterait en elle un pouvoir miraculeux de transmutation des esprits ou de dessillement de tous les regards.

    On s’exagère aussi très souvent, par une tendance inverse à la vôtre, les degrés de conscience politique des gens qui ont été plongés dans les époques de grands changements. Sans remonter jusqu’à la Révolution Française, on peut affirmer sans se tromper que la plupart des gens en Mai 68 se revendiquaient d’une obédience, en général marxiste, sans pourtant avoir lu un traître mot de Marx, ni même assez souvent la prose des bureaucrates qui prétendaient les enrôler un moment.

    Ceux qui devaient faire illusion parce qu’ils avaient des ambitions qu’ils ont exploitées par la suite n’en savaient guère plus, d’où la litanie des reniements. Les autres, les gens normaux, la plupart en bref, ont continué leur vie en laissant tomber l’accessoire, l’appellation, en tentant de conserver l’essentiel, les valeurs : qui n’étaient pas toutes individualistes-hédonistes quoi qu’on en dise, à travers leurs expériences de vie personnelles. Voir à ce sujet : Christian Laval, Insistance de 68.

    En réalité, il me semble que c’est toujours une époque entière qui vient à maturité. Le problème n’est pas tant de savoir comment des pensées vont infuser le monde que de réaliser qu’une nouvelle configuration du monde, des rapports humains, une nouvelle manière de vivre, une nouvelle pratique, choisie ou contrainte, a tout d’abord inspiré ces pensées qui pour une part n’en sont que la traduction, une sorte de part passive, ou de reflet comme on disait en ces mêmes temps.

    Pour l’autre part, la part active, il suffit qu’elles existent pour se propager ou pour soutenir bien des combats, sans même qu’on ait besoin de s’y référer continuellement explicitement. Je sais bien que, tradition française oblige et par méfiance légitime envers les manipulations, on aime et préfère la déduction, mais on peut sentir le vrai et le juste aussi. Disons que je les conçois comme deux pièces complémentaires et non pas superposées hiérarchiquement où, unilatéralement, la pensée devrait guider l’action, ce qui est trop restrictif puisque tant de pensées naissent au contraire de la pratique.

    Je ne sais comment le prouver plus sinon que selon moi on peut déjà commencer à l’observer et qu’on en verra très vite, avec l’accélération qui est propre aux temps historiques, de très grandioses manifestations. En attendant, je conçois fort bien qu’on puisse rester sceptique là-dessus.

    • « certains pieux mensonges qui se maintiennent depuis 2000 ans malgré la critique éclairée » : Je suis pour ma part d’une école où ce qui se maintient pendant 2000 ans a une présomption favorable en sa faveur, celle de devoir contenir tout de même quelque chose de véridique. Selon celle-ci, une critique, comme celle des Lumières, qui se bornerait à dénoncer les caractères négatifs, par exemple de la religion, comme superstition insufflée par des menteurs ou des escrocs serait insuffisante.

    Tout en rendant les hommages qui lui sont dus à cette critique pour son apport historique (et combien étaient les encyclopédistes pour un si grand résultat comme la Révolution Française ?), l’école idéaliste allemande a fait valoir qu’il y avait quelque chose de paradoxal à proclamer les droits à la liberté d’un peuple que l’on dit en même temps si passif, puisque son être est censé consister tout entier en une influence extérieure (insufflée par les curés) et fausse (superstitieuse), que l’on ne voit pas comment il pourrait et pourquoi il mériterait de s’affranchir.

    A moins de concevoir en fait, un noyau actif : les peuples croient en certaines valeurs pour certaines bonnes raisons, mais une lutte se fait sur le sens à lui donner et sur les formes institutionnelles qui vont l’encadrer. Transposé en langage et en problématique d’aujourd’hui, on dirait que la publicité ne fabrique pas de faux besoins, imposés de l’extérieur à une âme « innocente », mais qu’elle exploite le très véridique besoin humain de communauté et de reconnaissance en les promettant sous une forme matérielle, fallacieusement comme on sait puisqu’il y sera complètement dégradé. En somme, la religion, ou la publicité comme sa forme moderne, est bien l’opium du peuple : encore faut-il savoir quel besoin réel s’y exprime et s’y trouve détourné. Faute de s’en aviser, on restera très étonné devant les transes des cultes de la personnalité dans les régimes totalitaires – puisque les peuples n’y sont pas seulement opprimés, ils y trouvent aussi quelque chose en compensation – , et pareillement pour les hystéries contemporaines des fans de football.

    • « les capitalistes eux-mêmes utilisent sans vergogne la propagande (ou même cette forme de propagande tout à fait admise qu’est la publicité). »

    Sans aucun doute, on ne parle pas assez de l’influence néfaste de la publicité, qu’on semble très généralement supposer quasi nulle malgré l’évidence du contraire, tout simplement prouvée par les budgets colossaux qui lui sont alloués. Après bien d’autres, et avec vous apparemment, je considère qu’elle ne sert pas seulement à vendre quelque chose, mais à promouvoir et entretenir par un feu nourri et constant un rapport au monde qui serait uniquement possible sous la forme de la consommation. A ce titre, elle est un pilier central et décisif de l’imaginaire moderne. D’autres formes de propagandes aussi, plus directement inspirées par ce qu’on imagine sous ce terme (les propagandes de guerre), sont employées quotidiennement dans les médias, en politique. Là aussi, il y a un immense travail critique à faire (sur ce sujet, cf. les ouvrages de Philippe Breton, notamment La Parole Manipulée).

    • Pourtant, de là je ne sais où vous voulez en venir, d’où une certaine perplexité, puisque vous avez prévenu par avance : « Je ne dis pas qu’il faut utiliser ce genre de méthodes contre les capitalistes… » Mais alors, on dirait que vous hésitez vous-même puisque vous précisez ensuite que « les capitalistes » n’hésitent pas à employer des armes massives, comme la propagande, et qu’en somme, peut-être ?…

    D’abord, comme je crois bien que vous l’admettez aussi, à ce compte : utiliser les mêmes armes que son adversaire, on pourrait aussi bien préconiser la torture où n’importe quelle autre inhumanité que l’on aura d’abord laissé à l’autre le soin de définir pour soi, pour ensuite s’y adapter… Comme suiviste on ferait alors un bien piètre adversaire ! Quel que soit le contexte, si on se met à employer les techniques de son adversaire en quoi finalement s’en distingue-t-on et pourquoi préfèrerait-on la victoire de l’un plutôt que celle de l’autre ?

    Par le but peut-être ? Mais son but, on le définit, si on est sérieux, non pas par des paroles en l’air qui ne soutiendront pas l’épreuve de la réalité mais par ce que l’on est déjà et ce que l’on refuse dès maintenant qui est une amorce directement sensible de ce que l’on souhaite.

    Plus concrètement, et je crois que c’est sur cela que porte votre remarque et peut-être le possible désaccord, c’est le but que vous énoncez qui doit finalement poser problème : « arriver au pouvoir. » Si l’on va par là, en effet, tous les grands partis qui se sont donnés ce but, qu’ils aient été efficaces ou malchanceux, et quelles qu’aient été leurs grandioses ambitions, ont suffisamment démontré, il me semble, que ce n’était pas un but souhaitable : il vous transforme exactement en ce que vous ne vouliez d’abord pas être.

    Je vous conseille chaleureusement à ce propos l’Hommage à la Catalogne d’Orwell : engagé du côté républicain, il avait pu constater que le principal adversaire dans la guerre en cours n’était pas les franquistes mais bien les staliniens qui avaient choisi délibérément de perdre plutôt que de laisser advenir une révolution qu’ils ne contrôleraient pas. Tout le reste du siècle a suivi sa sinistre prédiction. Il témoigne : « Le gros agent russe retenait dans les encoignures, l’un après l’autre, tous les réfugiés étrangers pour leur expliquer de façon plausible que tout cela était un complot anarchiste. Je l’observais, non sans intérêt, car c’était la première fois qu’il m’était donné de voir quelqu’un dont le métier était de répandre des mensonges – si l’on fait exception des journalistes, bien entendu. »

    Pendant des années, des millions de militants ont avalé des couleuvres, et d’autres ont menti comme des arracheurs de dents sur la « grande patrie socialiste », tout cela pour « le grand but ». Le résultat, on l’a vu. Comme une espèce de caricature des mêmes pratiques, mais dans un autre sens historique, le parti socialiste a fait son essai du pouvoir en France et en Europe. Le résultat, on l’a vu aussi. On ne peut plus vouloir du mensonge.

    De là, je considère que les partis, comme moyens pour la saisie du pouvoir et donc comme formes institutionnalisées du mensonge, ont fait leur temps. C’est la nature même du pouvoir qu’il faut changer et par des moyens tout autres que ceux contre lequel il est d’ailleurs si bien préparé. La lente discussion autour du tirage au sort, par exemple, voilà qui est bien moins grandiose qu’une révolution, et qui réclame beaucoup de patience (10-20 ans ?!!) mais c’est comme cela qu’on évite la trop grande disproportion des forces que vous avez eu raison de souligner et qu’on s’assure de rester fidèle aux buts qu’on s’est fixé : Justicia ! Libertad ! Democracia !

    Camarade ! Nous n’avons qu’une seule arme, et c’est la vérité ! 😉

  45. @ Crystal dit :

    « Pierre-Yves D. dit : L’Etat ne vient pas faire autre chose que le marché, il est là seulement pour pallier à ses défaillances transitoires.

    Je ne pense pas.
    Qui a mis les structures qui rendent possible une telle concentration des richesses ? Réponse : les États.
    Il me semble que c’est important de reconnaitre le rôle de l’état comme instigateur du marché. »

    Entièrement d’accord avec vous.

    Je faisais allusion au rôle de l’Etat américain, aujourd’hui, en temps de crise.
    Oui, en temps « normal » le marché sans l’Etat n’est rien. Et ce pratiquement depuis que le capitalisme existe.
    Quand le marché a des défaillances hors normes le rôle de l’Etat s’intensifie, c’est tout ce que je voulais dire.

  46. @ Anne J.

    Comme vous le notez si justement, ma très imparfaite science s’essaie en fait à un tout autre domaine que celui de la collation érudite de citations.

    Je m’y suis pourtant attelé une fois, pour décharger Paul qui avait bien d’autres priorités à ce moment-là, et dans un but bien précis, celui que j’ai dit plus haut.

    On n’est pas toujours assuré de la portée de ses actions. C’est pourtant d’ores et déjà porteur d’un enseignement très utile et éminemment instructif.

    Allez, comme on dit, à la revoyure ! 😉

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