L’actualité de la crise : L’histoire frappe encore à la porte d’Ekaterinbourg, par François Leclerc

Billet invité.

L’HISTOIRE FRAPPE ENCORE A LA PORTE D’EKATERINBOURG

Perdue dans l’Oural, Ekaterinbourg a longtemps été connue sous le nom de Sverdlovsk, avant de retrouver son nom d’origine. Mais elle a été interdite aux étrangers jusqu’en 1990, en raison de la présence d’un important complexe militaro-industiel. Son nom soviétique lui avait été donné en 1924 en l’honneur de Iakov Sverdlov, chef local de la Tchéka, qui a commandé l’exécution en 17 juillet 1918 de l’empereur Nicolas II et de sa famille, dans la cave d’une villa de la ville. Mais ce n’est pas pour honorer leur mémoire, ni pour fêter cet anniversaire, 91 ans après et à un jour près, que les présidents russe Dmitri Medvedev, chinois Hu Jintao, brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, ainsi que le Premier ministre indien Manmohan Singh s’y sont rencontrés le 16 juin 2009, une date qui sera également retenue dans l’histoire. C’est à l’occasion du premier sommet des chefs d’Etat du Bric, qui fera date.

Cette brève conférence n’a pourtant pas été l’occasion de déclarations fracassantes, ni de mesures spectaculaires. C’est sans doute une raison de plus pour lui accorder toute son importance symbolique, même si Sergueï Riabkov, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, s’est contenté de déclarer avant son ouverture : « Un bébé vient de naître, et pour l’instant il est encore dans son berceau ». Tant de modestie visait à illustrer la prudence avec laquelle la question de l’évolution du système monétaire international, maintenant que les pieds dans le plat ont été allégrement mis à ce sujet par les Chinois, les Russes et les Brésiliens (les Indiens restant plus discrets), allait désormais être traitée par les participants au sommet.

Ils l’ont tous clairement souligné, l’affaire ne va pas se jouer du jour au lendemain, mais, comme l’a déclaré Dmitri Medvedev, « une coordination de ce type va nous permettre de mieux comprendre les positions de chacun, et de créer de nouveaux moyens, non conventionnels, pour résoudre les problèmes existants et réformer les relations financières internationales ». Lula, le président Brésilien, avait comme à son habitude été plus flamboyant, déclarant la veille au journal espagnol El Pais que l’objectif du Bric est d’exercer « un leadership responsable dans le but d’aider à reconstruire un gouvernement mondial et un développement durable pour tous ». Un leadership, rien de moins. Profitant également de la tribune qui lui était offerte pour exiger des Etats développés un engagement à réformer le système financier international afin que puisse se faire entendre « la voix des pays en voie de développement ». Une formule cette fois-ci nettement plus diplomatique et pondérée.

La déclaration finale de la conférence a adopté ce même ton, appelant à « diversifier davantage » le système monétaire international, pour affirmer presque sagement: « Nous pensons qu’il est vraiment nécessaire d’avoir un système de devises stable, prévisible et plus diversifié ». Allions-nous en rester là, sur notre faim ?

Plusieurs suggestions moins anodines ont heureusement été évoquées, qui ont témoigné de la portée potentielle de cette première rencontre. « Le rouble et le yuan méritent d’être inclus » dans le panier de devises de référence du FMI, a estimé Arkadi Dvorkovich, principal conseiller économique du Kremlin. Il ne comprend actuellement, en effet, que le dollar, l’euro, la livre sterling et le yen, au sein des DTS, la monnaie propre du FMI. On ne parle donc plus uniquement de la répartition des droits de vote, pour demander à entrer au coeur même du dispositif. Toujours aussi en verve et en veine de confidence aux journalistes, dans les couloirs de la conférence, le conseiller russe avait d’autres projets hétérodoxes à formuler : « Nous pourrions placer une partie de nos réserves non seulement dans des bons du Trésor américains et européens, mais aussi (…) dans des instruments financiers émis par nos partenaires du Bric ». Une manière de plus, nécessairement modeste à ce stade, de favoriser la « dédollarisation » du système monétaire et d’appuyer sa demande d’élargissement du panier de devises de référence du FMI. « Personne ne veut démolir le dollar », concluait-il pour ramener ses audaces à de plus justes proportions, en phase avec la conférence: « il y a un consensus sur le fait que la dernière chose dont on a besoin c’est l’instabilité sur les marchés financiers ». Juste préparer lentement sa succession, aurait-il pu être ajouté.

Les Brésiliens, qui n’en reviennent toujours pas de désormais prêter de l’argent au FMI (dix milliards de dollars), si longtemps leur bête noire, ont donc fait de la politique à Ekaterinbourg, par la voix de leur président. Les Russes y ont entrouvert leurs dossiers financiers, mais ce sont les Chinois qui ont ouvert évidemment leur portefeuille, car ils en ont plus que leurs partenaires, largement les moyens.

La Chine a ainsi annoncé un crédit de 10 milliards de dollars pour les pays de l’OCS (l’Organisation de coopération de Shanghai, regroupant la Chine, la Russie, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Kirghizstan et le Tadjikistan), afin de renforcer sa présence et de garantir son approvisionnement en hydrocarbures dans cette gigantesque région, isolée mais économiquement très prometteuse, à ses portes à l’Ouest. Mahmoud Ahmadinejad, le président iranien, Manmohan Singh, le premier ministre indien, et Asif Ali Zardari, chef de l’Etat pakistanais, étaient d’ailleurs de la partie, avec un statut d’observateur à cette conférence, pour en souligner toute l’importance régionale.

Mais c’est de Pékin, naturellement pourrait-on dire, qu’est venue la nouvelle la plus importante dans l’immédiat. Car, selon les données du Trésor américain publiées lundi dernier les avoirs de Pékin en obligations américaines avaient diminué de mars à avril dernier, passant de 767,9 milliards de dollars à 763,5 milliards. Commentaire laconique et peu explicite du porte-parole du ministère des affaires étrangères, lorsqu’il a été interrogé : « Quand nous gérons nos réserves en devises étrangères, nous le faisons toujours conformément à un principe de sûreté, de liquidité et de maintien de la valeur et conformément à nos besoins. »

La partie continue, même si elle sera longue, les banques centrales détenant du dollar dans leurs réserves à hauteur de 62,88% en juin 2008, d’après le FMI. Les déclarations préconisant de changer le système d’échange global sont juste « une posture politique » déclarait lundi Pablo Cisilino à l’agence Bloomberg, du haut des 10 milliards de dollars de dette qu’il gère à New York chez Stone Harbor Investment Partners, ajoutant pour être définitif : « quoi qu’il arrive, il y a toujours une monnaie de réserve sur la planète ». Rendons grâce à ses certitudes.

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48 réflexions sur « L’actualité de la crise : L’histoire frappe encore à la porte d’Ekaterinbourg, par François Leclerc »

  1. Pékin n’a pas intérêt à une dévaluation brutale du dollar. L’économie mondiale serait projetée en terre inconnue. Cela, la Chine veut très probablement l’éviter. Les Etats-Unis bénéficient d’avantages naturels, un grand territoire, d’importantes ressources qu’il leur permettraient de rebondir relativement mieux que les autres en cas de marasme planétaire. Si après-demain les Etats-Unis peuvent toujours emprunter à 3% (les marchés n’ont pas de mémoire), que leur pouvoir symbolique est toujours aussi grand dans l’esprit du quidam de la planète, alors la Chine aura brulé ses cartouches pour rien. La Chine réserve un autre supplice : cultiver l’incertitude sur la valeur du dollar, provoquer une hausse lente, longue et douloureuse des taux d’intérêts. Et surtout préserver les élites états-uniennes dans leurs illusions, elles qui ont si bien servi les intérêts de la Chine ces 40 dernières années. La destructuration sociale, idéologique et politique d’une nation est un processus qui nécessite du temps et le plein soutien de ses élites. Le renoncement à l’empire et la dévaluation de la monnaie serait évidemment une planche de salut.

  2. @tartar:
    Bien sûr, c’est exactement ce que je revendique tout le temps! Silvio Gesell est mon principal repère dans l’analyse économique et dans la théorie monétaire!
    Quant à votre retraite que vous souhaite agréable, je vous précise que le système gesellien protège l’épargne et évite l’insolvabilité du système, moyennant quoi, il ne me semble pas qu’il puisse avoir un meilleur système d’équilibre et meilleure sécurité pour une retraite méritée!
    Je vous en dirai plus si vous le souhaitez!
    En tout cas, avec la dite « monnaie fondante » que j’appelle plutôt monnaie anticrise ou vivante, il n’y aura plus jamais de credit crunch ou de crise systémique!
    je vous le démontrerai volontiers.
    @waccsa:
    Quant à l’étalon or ou la monnaie or: ce système était responsbale de tous les dysfonctionnements depuis 4000 ans, justement! Et e fait que ntre monnaie actuelle garde sa face (ou sa farce?) de VALEUR REFUGE, elle perpétue la néfaste e funeste perversité de la monnaie or!
    Quant au zimbabwe et approcher le système d’hyperinflation des idées geselliennes est une grave erreur d’analyse!
    Ceci dit, pourriez-vous exposer davantage ce qui se passe au zimbabwe, j’ai du mal à trouver des documents sérieux.
    jf

  3. @tartar et finckh

    Vous en retard sur votre temps.
    Les monnaies fondantes existent déjà!
    Ce sont le dollars, l’euro, la livre, etc

    Depuis belle lurette les pays ont adoptés une politique d’inflation typiquement entre 1 et 4% qui a exactement le même effet que la monnaie fondante puisque chaque année votre argent dans votre matelas vaut entre 1 et 4% de moins.

    Mais c’est plus malin et plus acceptable politiquement qu’une monnaie « fondante » que les électeurs n’apprécieraient guère!

    C’est tellement malin qu’il semble que beaucoup n’ont même pas remarqué que le système de monnaie fondante est déjà en place…

  4. Johannes,

    Je vous décerne le premier prix toutes catégories, de l’endurance, de la force de conviction, et de la monnaie pour fondus.

    Errare humanum est, perseverare diabolicum.

    Je regretterais cependant beaucoup que vous veniez à manquer pour égayer ce blog.

  5. Il y a toujours eu des analogies troublantes entre la conquete de l’espace et la puissance économique.La course s’est limitée autrefois aux USA et à la CCCP.Tous ces BRIC (Brésil,Russie,Inde & Chine) savent fabriquer des lanceurs et des satellites. Et dernièrement, la Chine a envoyé des hommes dans l’espace.Ceux qui sont capables de faire la loi dans l’espace le seront encore plus facilement sur la terre économique.Qu’en pensez-vous ?

  6. @ antoine :

    – Bloc des protectionnistes orthodoxes:
    Parmi les critères les plus « visibles », je citerai : appartenance forte à une même nation en privilégiant celle-ci au détriment d’une communauté ( CEE) ou union-organisation ( USA , UE, ASEAN, OTAN, ONU, OSC, OMC , OMS) , notion du patriarcat dominante, affirmation de la pérennité des us et coutumes identifiées et pratiquées par les descendants desfamilles – vieilles souches, préservation d’une autarcie sur les plans économiques et sociaux.Dans certains cas, notion de races ( lire l’hippopotame et le philosophe – de théodore MONOD) , hélas mal interprétées…. peurs et ignorances concernant « l’étranger »…croyance au concept selon lequel l’homme est au dessus de tout être vivant : il est le maître !
    Croyances religieuses monotheistes , même si non pratiquant… Procréer est un devoir, et constitue l’un des buts essentiels de la vie d’un homme.
    ce Bloc est par principe réticent à contre toute forme de mondialisation car jugée inéquitable et non durable, par essence. Préfère les coopérations ou alliances binationales . Monnaie nationale . Importance forte de la notion de territorialité terrestre et maritime. sensibilité croissante dans le concept très médiatisé « d’écologie superficielle ».

    – Bloc des protectionnistes alternatifs :
    Parmi les critères les plus visibles, je citerai : le terme de NATION n’a aucune valeur intrinsèque. Refus du concept du capitalisme et de ses différentes mues depuis la guerre de 100 ans, Prégnance et évidence du bien fondé du concept  » d’ecologie profonde » , respect de chaque être vivant et de l’interdépendance et des interactions entre eux, remise en cause de la DUDH – Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (refonte pour ce qui concerne les normes de ce que l’homme n’a pas le droit de faire ) en privilégiant la création de la DUDV – Déclaration Universelle des Droits du Vivant.
    Pas de croyances monotheistes. Préconise une régulation immédiate, puis réduction substantielle de la population humaine. Procréer n’est ni un devoir, ni un but , ni une finalité d’un quelconque épanouissement individuel et collectif.
    l’espèce humaine est aussi importante dans l’écosystème dans lequel il vit , que le protozoaire ou l’équidé. Conscient de son importance dans la diversité et la richesse d’un ecosystème, et de son rôle de maintien de cette diversité et richesse de façon excessive, sans pour autant remettre en cause les notions de richesse et diversité, leurs réductions – sauf pour satisfaire des besoins vitaux ( tryptique : se nourrir, se vêtir, se loger) .
    Importance forte d’acquisition du savoir non orthodoxe et de sa transmission, de génération en génération. Conscient des valeurs sociales, sociétales, culturelles et collectives des sociétés vernaculaires… au détriment d’une remise en cause et un nettoyage conséquent des valeurs des sociétés véhiculaires.
    Conscient de la différence entre « qualité de vie » et  » haut niveau de vie « .
    Ne reconnait pas la notion de race parmi l’espèce humaine, hormis ceux définis par le linguiste, l’ethnologue et l’anthropologue.
    Reconnait l’importance de la mondialisation, et y adhère, dans une version révisitée …à un essentiel de « Qualité de Vie ».
    Ils sont conscients de l’importance de ne pas être esclave de la technologisation non essentielle.

    Bonne soirée.

  7. @ Antoine :

    Pour conclure ,
    Après l’hyper inflation, l’hyper conflit , l’hyper dictature prévu par J. ATTALI ( cf. ouvrage « une brève de l’avenir » ) et ses « NOEUDS » ….
    Se rapprocher d’ARNE NAESS – norvégien- et de son concept philosophique et anthroplogique, qui est adopté par des minorités… et constitue une base et une option possible pour certaines minorités … plus conséquentes, dirai-je !!!

    Maintenant, je reste réaliste !!!

  8. @tomate

    Les deux protectionnismes que vous décrivez me donnent tous les deux la nausée!
    Dans les deux cas l’homme est enchainé !

  9. @ Tomate

    Personnellement, adhérez-vous complètement au « bloc protectionniste alternatif » ?

    Le bloc protectionniste alternatif récuse le monothéisme, mais la vision de la place de l’humain dans le monde n’a-t-elle pas une connotation religieuse, qu’on pourrait qualifier de biocentrique ? Dire que l’espèce humaine est aussi importante que l’écosystème dans lequel il vit n’est-ce pas une conception vitaliste de l’humanité qui fait abstraction de sa dimension culturelle, cette dernière n’étant alors plus que dérivée de sa dimension biologique ?

    L’humain n’est rien sans le milieu naturel dans lequel il baigne, mais pourquoi n’y aurait-il pas une réciproque ?
    Pourquoi faire de l’éco-système une réalité autonome, séparée de l’humain dans toutes ses dimensions, culturelles, scientifiques, créatives, évolutives ? L’éco-système est une notion qui n’a de sens qu’en rapport avec la vie des humains. En ce sens l’humain a autant partie liée avec l’éco-système, que ce dernier avec les réalités humaines. Si l’on conçoit que la nature n’a pas été crée une fois pour toute, mais est une création jamais achevée, ne peut-on dire qu’elle trouve alors en l’espèce humaine une façon singulière de se continuer. Cette façon de voir notre rapport à la nature n’implique nullement d’ailleurs, je précise, que nous tenions pour quantités négligeables et insensibles les animaux, et même tous les êtres de la création.

  10. Le BRIC est le cauchemar de l’hyperpuissance américaine bien évidemment. Combien de fois ai je lu des articles sarcastiques au sujet de cette improbable association d’états. En plus en français il faut bien avouer que le nom BRIC prête à sourire 🙂
    Mais trêve de plaisanterie. Si jamais ces larrons en foire réussissaient à fonder des accords solides dont ils tireraient de grands avantages, cela n’arrangerait certes pas les affaires de Washington.
    L’Amérique a souvent réussi à faire comme l’Angleterre dans le passé, c’est à dire diviser pour mieux régner. Et effectivement les USA voudraient bien croire que ces 3 puissances gigantesques (on exclura poliment le Brésil qui est bien trop loin géographiquement sous ce rapport), qui se touchent et ont eu souvent des intérêts divergents, finissent par se taper dessus et se détruire entre eux. Il est vrai qu’entre les Indiens, les Russes et les Chinois, il y énormément de différences culturelles, linguistiques, spirituelles. Par le passé il y a eu des frictions et des conflits armés, des litiges territoriaux même (vous me direz on a fait la guerre en France pendant presque un millénaire avec les Anglais, et on a fait 3 grosses guerres en moins d’un siècle avec les Allemands, et pourtant !!!). En fait il n’y a pas grand chose qui les rapproche, si ce n’est justement leur proximité, de vastes territoires, des terres agricoles, des énergies, des ressources diverses, des talents, des technologies, des matières grises, des mains d’oeuvres qualifiées, etc, bref tout un tas de choses à partager et échanger pour assurer un développement économique plus rapide et efficace.

    Une nouvelle ère géopolitique vient de commencer nulle doute. Quatre pays ont commencé une alliance qui leur permettra de grands avantages mutuels. Ils ont bien l’intention de remettre en cause l’hégémonie américaine, et bien évidemment occidentale dans un sens plus général. Ils ont sans aucun doute décidé la fin du rôle dominant des USA dans ne nombreux domaines, et ils vont profiter de la faiblesse économique générale des USA pour mettre ce géant au pied d’argile à terre. Je pense que la mise à mort du dollar a déjà plus ou moins été décidée et commencée dans les faits, et une fois le rôle essentiel du dollar dans les échanges mondiaux, comme monnaie de réserve remis en cause, je doute que les USA puissent se remettre économiquement d’un tel coup.

    Cela dépasse de très loin le simple domaine économique même dans son sens le plus étendu, là il s’agit bien aussi de politique, de diplomatie, de sphères d’influences, restons vigilant, dans la vrai vie, dans le monde animal, quand le plus fort, quand celui qui a le rôle de chef dans la meute voit son statut remis en cause, quand de jeunes lions deviennent chaque jours un peu plus fort et veulent évincer le patriarche, ca ne se passe pas toujours calmement et de manière ordonnée

  11. à Tomate
    « au moment de la réforme, comme le dit Max Weber, on est passé de l’économie du salut au salut par l’économie …
    ce que nous sommes en train de vivre … fin du grand cycle du salut par l’économie … au moment où la question du salut fait retour, on voit bien que les promesses du salut par l’économie n’ont pas été tenues … »
    dixit Viveret vers 50ème minute conférence AlpesSolidaires
    ( pour johannes finckh : organisée par l’équipe d’animation du SOL , Grenoble, fin 2008, vers 52 ème minute, « monnaie fondante » …)
    http://www.alpesolidaires.org/conference-de-patrick-viveret-une-nouvelle-approche-de-la-richesse-pour-un-developpement-humain-sout

  12. @ leduc dit :
    19 juin 2009 à 00:25

    Il y a aussi la pression de la langue anglaise qu’il est, certes, utile de connaître actuellement (mais cet « actuellement » dure depuis au moins un sièle, et disons plutôt qu’il s’agit du « sabir » à base d’anglais utiisé ici et là dans le monde) mais cela accompagne une déculturation préoccupante. Une langue contient une logique propre, une tournure d’esprit propre, mais hélas le mercantilisme planétaire transpire partout à travers l’anglais affiché partout bien plus que nécéssaire. Il n’est qu’à se promener dans une gallerie marchande d’une grande surface française pour voir le fourmillement vraiment imbécile d’anglomanie. Il m’arrive parfois de faire le naïf et d’entrer dans une boutique pour demander qu’on me traduise la vitrine, ce qui n’est pas toujours possible d’ailleurs… Innombrable sont (au moins en France) les signes d’anglomanie vraiment déplacée, signes complètement imbéciles et affligeants.

    Très souvent, y compris sur ce blog, des intervenants transmettent des textes en anglais, certes, c’est le contenu de ces textes qui l’exige, mais enfin, c’est un manquement tout de même, vu l’usage commun du Français. Sans qu’on s’en aperçoive, le coin s’enfonce imperceptiblement, y compris dans les esprits. C’est là ce qui est grave. Ensuite on s’étonne du « triomphe » du capitalisme, exactement du triomphe de ce capitalisme anglo-saxon qui, juste retour des choses, par enfin en débandade, mais en risquant très gros d’entraîner la planète.

    N’oublions pas que c’est, à la base, le monde anglo-saxon, l’axe Londres-City–Washington et New-York, qui a « battu la mesure » du monde entier durant au moins 90 ans, depuis les années 1920 jusqu’à présent, la première décennie bientôt achevée du XXIème siècle.

    Les promoteurs à tout va de la démocratie (tu parles!) étant ceux qui ont le plus fait la guerre dans le monde auXXème siècle (et ce n’est pas fini!), commercant avec les dictatures et les détruisant pour, au final, le plus grands et seuls bénéfices, c’est une façon de « cultiver » et contrôler ses marchés. Divisons, règnons sans en avoir l’air, et détruisons pour notre plus grand et seul profit profit. « In God we trust »? Ça aura drôlement payé quand même, mais aujourd’hui, Madoff aura tiré le rideau et ça ne paie plus du tout!…

    Entre autres faits, ce n’est pas pour rien que les pays latins supportent très mal cette emprise économique et financière dont les stigmates sont patents et qui ronge tout ce qu’elle touche, tel un acide…

    Par ma part je trouve la Latinité exquise, neutre, agréable et ensoleillée. Une large couche culturelle qui sait vivre, un trésor d’expériences anciennes et variées qui a accouché de belles civilisations (en sachant bien que toutes les civilisations ont, bien entendu, leurs manquements et leurs tares). Regardons simplement toutes ces belles traces visibles partout en Italie, en Espagne, en France et au Portugal . La Latinité a fait, il y a des siècles, et même des millénaires, l’expérience de la conquête du monde, et cela lui valut l’intégration d’une maturité devenue aujourd’hui une belle saveur et sans doute, potentiellement, une sagesse enviable, si la malédiction du mercantilisme traitre et destructeur comme destructurant venu des bords de la Tamise ne ravageait pas tout.

    Lire attentivement ceci qui élucide tant de chose:

    http://prosperite-et-partage.org/spip.php?article18

  13. Je crois me souvenir que c’est à un analyste de Goldman Sachs que l’on doit le concept et l’acronyme du Bric ! Et il a alors pris la chose très au sérieux. Tous ceux qui lui ont emboité le pas depuis également.

    N’y voir aujourd’hui qu’une alliance de circonstance, épingler les dissemblances entre ces quatres pays, ou bien la faiblesse momentanée de l’un d’entre eux, c’est passer à côté de l’essentiel: la puissance montante des pays « émergents ». Celle-ci s’exprime en premier lieu par leur rôle grandissant dans les échanges commerciaux internationaux et l’accroissement de leurs parts de marché, ainsi que par les excédents financiers qui en découlent. Il y aura, dans ce processus des hauts et des bas, et alors ?

    Ainsi décris, il ne représente que la partie la plus immédiate et visible d’un processus global, également politique et social. Les modèles de développement des pays « émergents », dans leur diversité comme dans leurs ressemblances, vont avoir tendance à imprégner leur marque au monde entier. C’est pour cette raison qu’il faut d’urgence étudier ces sociétés pour mieux les connaître, mieux comprendre comment elles pourraient être transformées, car elles représentent d’un certain point de vue notre futur. En combattant notre « eurocentrisme », qui nous fait croire à tort que ce monde va se couler dans nos modèles intangibles.

    Sans trop avoir à se baisser, recherchant les traces de leur influence déjà visibles dans nos propres sociétés, nous observons dans certaines caractéristiques de nos sociétés les prémices de ce qui s’y développe sous leur influence.

    la dé-dollarisation n’est qu’un simple phénomène monétaire. Ce qu’elle exprime et symbolise est un processus bien plus vaste.

  14. Comme en Europe, l’Amérique du sud ou l’Asie, Les Etats Unis produisent du mais (ogm), des réacteurs d’avions, des médicaments, des logiciels.
    A condition qu’ils arrêtent de détruire leurs industries, ils resteront concurrents
    Contrairement aux européens, ils ont reçu un pouvoir exorbitant avec le dollar comme disait le grand Charles. Pouvoir qu’ils ont commencé à utiliser à plein régime pour financer la guerre du Viêt-Nam. Ne prenant pas leurs responsabilités en augmentant les impôts pour payer cette guerre, ils mettent fin unilatéralement à la convertibilité du dollar par l’or en 1971.Leur comportement arrogant et égoïste est exprimé par Paul Volker avec cette célèbre phrase : Le dollar est notre monnaie et votre problème.

    Ils profiteront de cet avantage jusqu’à le casser. Lorsque les pays riches en matières premières feront comme l’Iran et avant Saddam Hussein, c’est à dire vendre avec une autre monnaie que le dollar, on assistera à la fin de l’étalon pétrole.
    Les américains n’auront plus la suprématie mondiale.
    Leur niveau de vie va chuter sévèrement. Le gros souci sera de gérer cette descente car contrairement à l’Argentine, la population est armée.
    La vente de fusil mitrailleur est autorisée. Dans le futur, apprendre que la garde nationale américaine mène des combats contre des miliciens dans son territoire ne m’étonnera pas.

  15. @ tous les passionnés d’écologie

    Comme le libéralisme la nature a sa main invisible.
    L’humanité s’autorégule en fonction des circonstances éconopolitiques et le monde biologique mute puis se stabilise périodiquement sous la » pression du milieu » .

    Savez-vous que l’homme fait partie de la nature?
    Il fait de grosses erreurs, surtout quand il vit en troupeau.
    Mais il va s’autoréguler.
    Quitte à s’autodétruire par inadvertance ou par eugénisme.

    C’est à l’échelle des dizaines de milliers d’années qu’il faudrait évaluer anthroponuisance…

  16. « plus de 750 bases militaires à l’étranger » (article d’Hudson, lien donné par Quidam )
    quel monde imaginer, si fondé sur plus de ces 750 telles bases ?

  17. @cecile

    Vous connaissez le pays où le rsque de coup d’etat est le plus faible ?

    Les USA

    Vous savez pourquoi ?

    Parce qu’il n’y a pas d’ambassade US a washington.

  18. @ Cecile : Merci pour le lien !

    @ Pierre – Yves D :

    Est ce que j’adhère complètement au bloc des proctectionnistes alternatif ?
    Ma réponse : empli de doutes, je m’interroge … comme chacun de mes semblables …. je cherche des réponses , qui appelle d’autres questionnements … Je suis cependant convaincu que je ne tourne pas en rond ( j’ai passé ce stade… comme certains blogueurs qui s’expriment ici même et ailleurs…) Est- ce que je sais ??? Je dirai que plus je sais …. plus je prends conscience que je ne sais rien !!!!
    Aussi ma réponse est dans votre question : le « complètement » et la dernière phrase de mon dernier commentaire « … je reste réaliste « … et je rajouterai  » bon sens d’animal au sein de son environnement »…

    pour la 2 ème question :
    quelques définitions simples .
    RELIGION : ( latin. RELIGIO) ensembles de CROYANCES ( pratiques et rites) et de DOGMES définissant le rapport de l’homme avec le SACRE.
    MONOTHEISME : ( grec . THEOS) religion qui n’admet qu’un seul dieu.
    Ma réponse : il me semble que vous avez ma réponse… Soyons plus ouverts… et balayons en nous …. plus de doutes…. plus de conscience de nos ignorances… plus d’écoute de nous – mêmes —->et alors, nous avancerons…. et nous effectuerons , peut être , un saut vers …l’inconnu …. L’immédiat…
    Comme pour le dogme et la croyance du Capitalisme ( mais aussi du communisme) à travers ses différentes mues, le dogme des 3 religions soeurs, insatisfait nombre de nos semblables …Depuis combien de temps ( je parle du Temps Durée) déjà????QUelques millénaires…. Et combien de soumis, esclaves, « moutons » et « végétatifs » depuis tout ce temps, …et le mouvement continue …. Ne pas penser! Ne pas réfléchir! Ne pas raisonner: voici quelques armes pour comprendre le développement- apogée et maintien en vie de ces dogmes, ces sous-systèmes.
    PS: Par sous – système, j’entends un ensemble d’idées ordonné d’ordre scientifique et/ou philosophique, donc de conception d’origine unique humaine, conduisant à une vision, puis une stratégie comprenant une méthodologie, elle-même composée de paramètres – critères ( en 3 classes volontairement : 1/ Ceux mis en avant et sélectionnés 2/ ceux ignorés et/ou exclus 3/ ceux qui nous sont inconnus et donc non partie prenante ), permettant d’interagir et d’obtenir des variables, conduisant à valider cette méthode, donc stratégie, donc vision, donc dogme / croyance….

    3ème question : pourquoi chercher à dissocier l’humain de son écosystème ( je vous invite à relire votre question…) ?
    Ma réponse :simplement…,
    1/ L’espèce animale HOMME est un des composantes de l’écosphère : c’est factuel !
    PS: la différence entre un écosystème et une écosphère est L’échelle du positionnement de notre regard , en incluant certains paramètres – critères supplémentaires conduisant à des simulations, interactions et variables plus nombreuses….
    2/ L’espèce Homme , comme toutes les autres espèces vivantes ( plantes, lemmings, lapins, fourmis, rats, méduses…) , modèle son environnement immédiat, donc son écosystème, donc son écosphère. A une différence près : Il est la seule espèce à le faire depuis quelques décennies ( 450 ans ) en diminuant la richesse et la diversité de son environnement, ecosystème et… ecosphère …. sans qu’il ait eu une auto régulation de sa part et/ou régulation par d’autres être vivants : C’est factuel !
    l’intensité de cette modélisation de l’environnement serait passé de l’autre côté du point d’équilibre … Se référer aux nombreuses références : scientifiques orthodoxes et non orthodoxes, linguistes, anthropologues, economistes, theologiens…..Combien de temps cela peut ‘il durer ???Que va t’il se passer ???

    Dès lors, l’espèce homme est une des composantes de l’écosphère , dans toute sa diversité ( donc culturelle) !
    la vie en elle-même, en tant que processus , entraîne une croissance de la diversité et de la richesse …Doit – on dénier qu’une diminution de l’une de ses caractéristiques , par l’homme, au sein de l’écosphère, ne puisse avoir d’impact sur sa survie, sur sa vie culturelle ????

    4 ème question :
    A l’instant T, un protozoaire vous regarde … et vous regardez ce protozoaire ! Bien que les caractéristiques de ces 2 individus permettent de déterminer une echelle de l’évolution, et de les classer… qui a le + besoin de qui ? VOUS POUVEZ ESSAYER AVEC UN LICHEN et VOUS , si vous préférez !!!!
    OUI, tout évolue dans l’écosphère, …. mais si l’empreinte d’une des composantes évolue de facon prédominante, l’évolution peut conduire à une diminution de la richesse et de la diversité …. et AUcun sous- système , croyances et dogmes ne peut y résister sur le logn terme …. Nous voilà attablé!!! SPECTATEUR ET ACTEUR !!!! Quel spectacle … ne croyez vous pas ???

    Bon, j’y retourne !!!

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