L’actualité de la crise : Problèmes de riches, par François Leclerc

Billet invité.

PROBLEMES DE RICHES

Il est parfaitement connu qu’à l’origine de toutes les bulles financières qui sont apparues depuis plusieurs décennies, il y a un même phénomène : l’excès de liquidité. En l’occurrence, l’existence d’une gigantesque manne de capitaux qui cherchent les meilleures opportunités d’investissement et se déplacent au gré de l’apparition de celles-ci. Parfois brutalement, créant ainsi des catastrophes. On dit que ces mouvements sont erratiques, voulant signifier qu’ils errent et sont instables, laissant parfois aussi entendre qu’ils n’ont pas de cohérence, ce qui est faux à un double titre. Du point de vue de la langue française, comme de la réalité du phénomène.

Leur cohérence est en effet simple à trouver, c’est celle de la conjugaison optimale entre meilleur rendement et moindre risque. Mais cette belle formule réclame un éclaircissement immédiat: les rendements, il suffit de les étudier, les risques, il faut à tout prix les minorer. Ce qui justifie l’emploi de toutes sortes d’artifices, avouables ou non, dont la maîtrise est le véritable savoir-faire de la finance. La finance, c’est bien connu, a horreur du risque. Et lorsque l’on entend parler du retour de « l’aversion au risque », on est sur de se retrouver une fois de plus dans le grand bain idéologique dans lequel de nombreux experts en économie adorent nous faire barboter, car en fait de retour, on ne se sépare jamais de cette profonde aversion lorsque l’on est un financier avisé.

Parmi les nombreux problèmes que le système financier traverse aujourd’hui, il en est un peu détecté, bien qu’il annonce des périls encore plus importants que ceux auxquels on cherche à s’échapper. Non, il ne s’agit pas de la concentration bancaire, qui a été engagée à chaud au cours de la crise actuelle, et qui va se poursuivre tout au long de la période à venir, au fur et à mesure que les banques vont tenter de colmater leurs brèches. Bien que ce soit un problème majeur, devant lequel la « régulation systémique » qui nous est promise apparaît déjà, avant même d’avoir été mise en place, comme n’ayant comme vocation que d’être inévitablement dépassée par les événements. Expliquant d’ailleurs que, aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, lieu d’accueil actuel des principales places financières, on souhaite en confier la responsabilité aux banques centrales, car en réalité elles l’exercent déjà (ou tentent de le faire). Non, le problème encore plus important et néanmoins oublié est celui de la croissance des liquidités en cours.

Quel est le principal effet des plans de lutte contre la crise financière et économique ? Accroître encore davantage la masse de ces excès de liquidité qui ont été à l’origine des bulles précédentes. Quelle conclusion peut-on en tirer ? Que la taille de la prochaine bulle sera encore plus imposante. Quelles en seront les implications ? Nul ne le sait, mais elles seront encore plus dévastatrices !

La logique du système financier n’est pas seulement de se reproduire, envers et contre tous, elle est aussi de grossir et devenir obèse, cette pandémie du siècle. Les liquidités sont un terme trompeur, comme souvent le sont les termes financiers. Ils évoquent la souplesse des fluides, l’huile qui permet aux rouages de bien fonctionner en mécanique. Les financiers revendiquent comme une victoire de la développer et s’opposent à tout ce qui pourrait la restreindre. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il leur est nécessaire de pouvoir à tout moment sauter sur les occasions, partir à la recherche d’un meilleur rendement. C’est à dire le placement qui offre le meilleur taux et qui est le plus…liquide. Et tout le vocabulaire est à l’avenant : on ouvre les vannes du crédit, mais c’est pour endiguer la crise. On injecte des liquidités, alors que la crise résulte de l’insolvabilité… Allez comprendre !

De fait, les liquidités sont un véritable poison dont on ne sait plus se débarrasser. Adopter le point de vue d’un investisseur, c’est se mettre sur le dos un sacré problème de riche : où placer, pour ensuite les déplacer, ses liquidités ? Ce n’est pas un problème de pauvre, car ceux-ci sont sommés de se désendetter. Les économistes préfèrent dire qu’ils doivent désormais épargner, ce qui est tout de même un comble. Cela ne va pas poser un problème aux riches, car ils vont désormais prêter aux Etats, et puis faire leurs affaires entre eux, mais cela va contribuer à encore augmenter les liquidités…

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104 réponses à “L’actualité de la crise : Problèmes de riches, par François Leclerc”

  1. Avatar de Bob
    Bob

    @ Jeremy

    Vous dites:  » Pourquoi, vouloir continuellement appauvrir matériellement les gens riches et enrichir matériellement les gens pauvres  »

    Je vous retourne la question. Pourquoi, vouloir continuellement appauvrir matériellement les gens pauvres et enrichir matériellement les gens riches; Votre interrogation fonctionne encore mieux dans ce sens là.

    Sauf à vouloir supprimer une grande partie de la population mondiale, combien de riches peuvent vivre sur notre petite planète. C’est peut- être juste une question de justice et in fine leur intérêt dans « lâcher un peu » s’ils veulent pouvoir vivre en paix. Au Monopoly quand le dernier joueur a raflé le dernier billet….le jeu s’arrête.

    @ Pornish Dit : » On cause, on cause mais concrètement on fait quoi  »

    Comme lors d’un incendie qu’on ne peut plus arrêter, on regarde fasciné le spectacle…. en réfléchissant à l’avenir.

    Beaucoup de monde voyait arriver le mur, certain dont moi, pensaient naïvement que le fait de le voir permettrai de l’éviter. Il semble en fait qu’il faille le heurter violemment afin qu’une masse critique se dégage et décide de prendre son avenir en main.
    Je crois que nous sommes dans la phase de la constitution de cette masse critique de citoyens exigeant un nouveau paradigme économique. Chacun sur ce blog et ailleurs y contribue modestement en partageant son savoir et ses connaissances. Comme le dit si bien Jeremy, réfléchir avant d’agir c’est déjà agir.

    Un travail bien pensé, est un travail à moitié fait.

  2. Avatar de Dominique B
    Dominique B

    On voit bien dans cette écoeurante pub les sinistres travers de ceux qui prennent leurs clics pour des réalités.

    Un des problèmes des riches serait d’en avoir à revendre et de vouloir continuer comme ça, à l’infini, sur le dos des autres.

    Un des problèmes des pauvres serait de continuer de croire qu’ils pourront toujours se donner l’illusion d’imiter les riches.

    N’oublions pas que les occidentaux, si modestes soient leurs revenus pour la plupart, restent les millionnaires de la planète…

  3. Avatar de ex-clive
    ex-clive

    Ce blog avait annoncé la fin du capitalisme
    On y parle maintenant d’une « nouvelle phase du capitalisme »
    Une remarque en passant…

  4. Avatar de Paul Jorion

    Press Release For immediate release: July 23, 2009

    CONTACT: Tanya Smith, (510) 325-6381, tanyagays@yahoo.com
    Jelger Kalmijn, (619) 370-3753, president@upte-cwa.org

    UC regents award huge pay increases
    to execs while furloughing staff

    As the Board of Regents voted last week to furlough UC faculty and staff amid the
    biggest protests they’ve seen in years, they also quietly approved dozens of
    compensation increases and perks to top executives and administrators.
    Several executives were appointed at salaries from 11% to 59% higher than their
    predecessors. The regents also voted to give “administrative stipends” ranging
    from $24,000 to $58,625 to several employees, without any extra duties, and
    added several new highly paid executive positions.

    “These are outrageous actions, taken at the same time as UC has been pleading
    poverty, forcing staff and faculty to take furloughs, and hinting at more student fee
    increases,” said Jelger Kalmijn, a staff research associate and president of
    University Professional and Technical Employees (CWA-9119), which represents
    12,000 researchers, tech staff and health care professionals at UC systemwide.
    “UC President Mark Yudof keeps saying we all have to ‘share the pain,’ but it is
    obvious that many administrators will not be feeling the pinch,” he added.
    Minutes from the July 16 regents’ meeting bring the total number of compensation
    increases, new hiring and perks to top administrators to over 40 in 2009 (see
    below).

    “Despite the regents’ claim in January of a ‘freeze’ on executive pay increases,
    they’ve doled out bonuses and perks at each of their meetings in February, March,
    May and July,” added Kalmijn. “And despite layoffs and hiring freezes at many
    campuses, they continue to hire and create positions for highly-paid
    administrators.”

    “If there really is a ‘financial crisis’ at UC, why do they have all this money for top
    administrators?” asked Tanya Smith, a Berkeley editor and UPTE’s local president
    there. “UC is sitting on billions in reserve funds and is expecting hundreds of
    millions more from fundraising, the profit-making UC medical centers and the
    federal stimulus bill, but claims that it needs to cut employee pay and raise student
    fees to cover a small state budget shortfall of less than 3%.”

    “Sometimes the regents do things we applaud heartily such as last week’s
    decision to fund Cal Grants,” continued Smith. “But how were they able to come
    up with the $120 million to do that? It’s time for the regents to open the books. We
    need to know if there really is a budget crisis at UC or just a crisis of leadership.”

  5. Avatar de Paul Jorion

    @ ex-clive

    L’identité des auteurs de différents billets est clairement annoncée. Les billets qui ne mentionnent pas

    Billet invité.

    sont rédigés par moi-même.

  6. Avatar de Bernard
    Bernard

    Supression des paradis fiscaux?
    Une vaste entreprise de banquiers à se foutre du monde!..

  7. Avatar de BA
    BA

    Etats-Unis : les prêts diminuent, banquiers et emprunteurs évitent les risques.

    Les prêts des grandes banques américaines continuent de diminuer alors que banquiers et emprunteurs évitent les risques dans un contexte économique incertain, rapporte le Wall Street Journal (WSJ) lundi 27 juillet dans une analyse.

    Le montant total des prêts accordés par 15 grandes banques américaines a baissé de 2,8 % au deuxième trimestre, selon l’étude du WSJ, alors que plus de la moitié du volume des prêts des mois d’avril et de mai ont plutôt servi au refinancement des hypothèques et au renouvellement des crédits pour les affaires, qu’à financer de nouveaux prêts.

    L’analyse du WSJ a notamment porté sur J.P. Morgan Chase, Bank of America et Citigroup, ainsi que des banques régionales telles que Fifth Third Bancorp et Regions Financial Corp.

    Les 15 banques détiennent 47 % des dépôts garantis au niveau fédéral et ont bénéficié de 182,5 milliards de dollars (128,3 milliards d’euros au cours de lundi) d’injection de fonds publics à travers le plan relance, selon le quotidien.

    http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-39955400@7-46,0.html

  8. Avatar de François Leclerc
    François Leclerc

    @ Serge Dumoulin

    Il faut s’entendre sur les mots. Les liquidités injectées par les banques centrales, en effet, redescendent peu dans l’économie « réelle » (un concept qui me laisse circonspect). Effacer les dettes, cela signifie qu’on les annule (on remet les compteurs à zéro). Mais la tentative en cours, c’est d’espérer que certaines vont redevenir solvables (remboursables) et que les autres seront finalement passées en pertes, « digérées » après une lente recapitalisation des institutions financières.

  9. Avatar de johannes finckh

    Je propose quand même du concret!
    Il suffirait que les banques centrales proposent des frais de garde pour les liquidités, une monnaie anticrise (fondante), pour changer de système et pour changer de la logique capitaliste qui enrichit toujours et encoer les trop riches!
    Pourquoi une telle idée simple n’est-elle pas reprise par tous ceux qui ont compris que le système actuel n’est pas viable?
    merci de vos commentaires!
    jf

  10. Avatar de Mathieu
    Mathieu

    @Johannes Finckh

    je salue votre persévérance. Deux questions:
    1) pouvez-vous fournir un lien vers un document qui détaille précisément votre proposition (sans les détails, il n’y a pas moyen de discuter)
    2) Quels que soient ces détails je ne pense pas que cette monnaie fondante puisse résoudre le problème principal actuel qui est le rapport de force déséquilibré entre une minorité et la majorité.
    En effet, si vous êtes très gros actionnaire d’une ou plusieurs très grosses entreprises, dans notre société actuelle (code pénal et civil, règles du commerces, lobby, règles politiques, paradis fiscaux, fiscalité, brevets, bref l’ensemble du « corpus social » liée au commerce), vous pouvez facilement faire en sorte que les employés de votre(s) société(s) soient peu payés/licenciés et empocher de plantureux dividendes/plus values. Or ce rapport de force est d’abord concrétisé dans la propriété, la justice, etc…Je ne vois pas bien comment une monnaie fondante pourrait modifier ce rapport de force.

  11. Avatar de Ton vieux copain Michel
    Ton vieux copain Michel

    Si l’on en croit John Mauldin, le « stimulus plan » chinois destiné à relancer la consommation intérieure par l’octroi massif de crédits est en train de créer une énorme bulle spéculative là-bas. La bourse chinoise a bondi de près de 100% et l’immobilier flambe. Le tout est de savoir si cette croissance assez artificielle est de nature à sortir les autres économies du marasme.

    http://www.safehaven.com/article-14011.htm

  12. Avatar de Ton vieux copain Michel
    Ton vieux copain Michel

    Et le pronostic de John Mauldin sur la santé des banques européennes fiche vraiment la trouille.

    http://www.safehaven.com/article-13946.htm

  13. Avatar de Ménes

    En parlant de la crise voici une chanson bien à propos.
    Titre : Les poches vides. Auteur : Nuckson
    Avant la crise…c’était déjà la crise ! Résumé d’une journée type. Travailleurs, travailleuses, classe moyenne ou bas salaires, c’est pour vous !!! Enregistré à la maison, petit diapo en visuel.

    Liens :

    http://www.dailymotion.com/relevance/search/poches+vides/video/x9z0rs_la-crise-les-poches-vides_music

    http://www.youtube.com/watch?v=BtWjqsU2j8s

  14. Avatar de johannes finckh

    @ Mathieu:
    1)En ce qui concerne les « détails »: consultez mon blog http://monnaiefondante.canalblog, vous y trouverez des éléments!
    D’autre part, je vous enverrai gratis, à mes frais, en cadeau l’ouvrage de Silvio Gesell « l’ordre économique naturel » en traduction française! A vous de de lire ensuite et de le commenter! Envoyez-moi un mail à johannes.finckh@wanadoo.fr avec votre adresse postale.
    Je vous indique aussi le livre d’Helmut Creutz, « le syndrome de la monnaie » paru en français aux éditions économica en décembre 2008.
    2) Quant à votre deuxième point « quels que soeient ces détails, je ne pense pas… »
    Eh bien, abstenez vous de « penser » sans penser!
    Ce que je peux vous dire c’est que le « rapport de force » existant est entièrement basé sur l’extraordinaire privilège de la monnaie d’être valeur refuge ultime!
    A ce moment-là, tous ceux qui ont accès à des liquidités importantes peuvent toujours exercer un chantage, et ce chantage est la racine même du capitalisme!
    Quant aux divendes et autres profits liés à la propriété, tous ces revenus sont tributaires de la question, fondamentale, de l’ordre monétaire dans lequel nous vivons.
    Tant que les intelectuels, de gauche soi-disant, ne se saisissent pas de ce problème, nous tournerons en rond, et les capitalistes n’ont strictement rien à cirer des indignations morales!
    Il convient de frapper là où ça peut faire mal, à savoir au niveau du fonctionnement même de la monnaie!
    Bien à vous, jf

  15. Avatar de fujisan

    @jf
    « Il suffirait que les banques centrales proposent des frais de garde pour les liquidités, une monnaie anticrise (fondante), pour changer de système et pour changer de la logique capitaliste qui enrichit toujours et encoer les trop riches! »

    Vous croyez vraiment que les BC indépendantes, dirigées par des transfuges de la finance privée défendent l’intérêt de tous, et vont se sucider de la sorte?

  16. Avatar de Jérémie
    Jérémie

    @ Bob
    « Je vous retourne la question. Votre interrogation fonctionne encore mieux dans ce sens là.

    C’est juste, cela entretient davantage les idées reçues dans l’esprit des êtres et cela tout au long de l’histoire,
    je ne vous en adresse pas la liste elle serait trop longue à énumérer. Si je devais soumettre une seule proposition, elle serait la suivante, mais avant de la suivre je chercherais encore à écouter quelqu’un d’autre…

    Le concrèt serait de plafonner sévèrement les salaires de nos hauts dirigeants jusqu’à un meilleur retour à l’équilibre, les payer et les considérer comme ils préfèrent payer et traiter durement les gens en société n’est ce donc pas cela ce qu’ils préfèrent plus voir en société et oui je sais c’est toujours et encore la même idéologie de revanche qui animera l’esprit des gens chacun son tour, à tour de rôle, bien sur plus nous permettrons à des gens de vivre davantage dans le laisser faire et plus alors ils se mettront davantage de gens à dos ce qui vous avouerez ne serait pas mieux pour leur sécurité, malheureusement plus nous luttons contre une chose dans l’histoire et plus cela finit paradoxalement par se retourner contre les gens qui voulaient absolument ne plus revoir cela, c’est hélas le grand drame de l’humanité c’est que nous n’avons toujours rien compris…

  17. Avatar de antoine
    antoine

    « qui d’un point de vue purement comptable « :

    1/Il n y a pas de point de vue « purement » comptable. Ou plutôt l’expression est redondante « la comptabilité n’est rien d’autre que l’expression d’un point de vue », et en tant que tel, bien que produisant des effets de réalité, n’est à « rien » proprement parler. La comptabilité est toujours déjà un mélange de métaphysique et de philosophie politique.

    2/Il n’y a de faillite que déclarée par les autorités juridico-administratives. La faillite n’est pas un concept issu de la « science » économique mais un concept issu de la sphère juridique.

    J’ai l’impression que vous sous-entendez qu’il puisse y avoir quelque chose de tel qu’une conception réaliste, économique, de la « faillite » par opposition à une conception juridico-légalo-comptable qui serait, elle, fictive. Mais ce n’est pas le cas. De tout ceci, peut-être faut-il seulement conclure que les conditions juridico-légales de la « faillite » pour un grand établissement bancaire ne sont plus les mêmes que celles valables pour les autres types d’activités (c’est à dire les autres entreprises de coopération sociale, qui sont autant d’associations entre les citoyens, dotées de leurs modalités d’organisation propres et de leurs fins déterminées). Dans le cas de certains établissements bancaires la seule « insolvabilité », peut-être, ne suffit plus.

    Est-ce que je défend alors une position nominaliste? Je ne suis pas très sûr de ce que j’avance ici… et si c’était le cas ça m’embêterait.

    Bien évidemment, de ce que je dis plus haut il ne découle pas que cette différence de traitement de faveur soit « juste », c’est à dire qu’il ne découle pas que la différence de traitement soit cohérente du point de vue démocratique, (point de vue ultime à partir duquel sont normalement implicitement « fixées » les obligations de chaque citoyen dans chaque contexte d’interactions possible… bien évidemment il existe différentes variantes de ce qui est possible, ce qui justifie l’existence de différentes formations politiques à l’intérieur du contexte démocratique).
    C’est bien là d’ailleurs que réside le malaise: il semble impossible de justifier cette différence de traitement à partir de l’idéal démocratique, politique et moral, de respect mutuel entre ÉGAUX: il n’y a plus un peuple, mais deux peuples, car au fond il n’y a plus UN système public de règle (on appelle ça la « Loi » dans une démocratie, qui est donc tout autre chose qu’un phénomène juridique), mais deux, juxtaposés, qui distinguent le Peuple des banquiers et le Peuple des autres. La communauté quoique socio-économiquement intégrée u co-dépendante est politiquement dissoute.

    Je me rend d ailleurs compte en écrivant ces lignes que CHAQUE FOIS qu’on éclipse cette dimension fondamentale du lien civique, on fait courir à la communauté politique les plus grand dangers en sapant toujours davantage ses fondements. Nul besoin d’être libertarien, il suffit en fait d’aborder les questions gouvernementale comme autant de problèmes techniques qui se succèdent les uns les autres pour saper les bases d’une démocratie. A terme, la communauté politique finit par se perdre dans les sables, alors même que les institutions, par effet d’inertie, continuent encore à de façonner des citoyens de plus en plus rares. L’identité publique commune ne vient plus de l’intérieur, mais du « dehors », dehors des procédures juridico-légales quant à la prise de décision, dehors de la nomination par l’autre ‘être citoyen ne signifie plus alors qu’être le ressortissant d’un Etat reconnu comme tel par la « communauté internationale ».

    Bref: c’est toute la question de la responsabilité et de l’autonomie politique qui sont à repenser en repartant de zéro.
    Bon je me suis déprimé tout seul… ca partait presque bien pourtant…

  18. Avatar de Louise
    Louise

    A François Leclerc et Serge Demoulin

    Depuis le début de cette crise (ou du moins depuis que l’on en parle) l’option « remettre les compteurs à zéro » est celle qui m’a toujours paru la plus évidente.
    Dire à tous ces financiers « vous avez assez joué, vous nous avez mis dans une impasse, on recommence tout à zéro, mais avec de nouvelles règles et ces règles c’est nous qui allons les définir et surtout sans l’aide de tous ces économistes qui ont écrit des tonnes de bouquins sur la question. »
    C’est très naïf et je le sais bien, mais c’est aussi la seule manière de faire comprendre à tous que l’on ne peut accepter ces comportements de prédateurs vis à vis de l’argent.
    Je l’ai déjà dit ailleurs, la croissance infinie de l’économie est une absurdité sans nom, parce que la surface de la planète n’a pas de croissance du tout, elle !!! Donc RIEN ne peut croître indéfiniment sur terre.
    La masse d’argent doit correspondre à des richesses réelles et cette masse est donc « finie », la captation de trop d’argent ou de richesses par un petit nombre prive un plus grand nombre du minimum vital et peut s’apparenter à un crime.
    La notion de pauvre est aussi difficile à évaluer que celle de riche.
    Car telle personne que vous jugerez pauvre estime vivre confortablement à son goût et même pensera que le pauvre c’est vous qui ne pouvez, malgré toutes vos richesses, apprécier sa qualité de vie!
    Il faut donc réfléchir oui, mais il faudrait peut-être se dépécher un tantinet sinon certains pourraient en profiter pour établir un nouvel ordre mondial qui ne serait pas du goût de tout le monde.

  19. Avatar de fujisan

    @jf
    Concernant la monnaie fondante universelle, je constate que les expériences passées sont des initiatives privées ou locales. Quand ces monnaies ont pris un essort trop important aux yeux des autorités, celles ci les ont combattues, rendues illégales, voire pousuivit leurs promoteurs. On a quelques exemples modernes de monnaies locales complémentaires en fonctionnement comme SOL ou Chiemgauer mais elles sont le plus souvent à vocation sociale et locales et non pas universelles. Simple constat.

    Voir aussi:
    http://userpage.fu-berlin.de/~roehrigw/
    http://www.lietaer.com/
    http://www.complementarycurrency.org/
    http://www.uea.ac.uk/env/ijccr/
    http://www.transaction.net/money/

  20. Avatar de Papillon
    Papillon

    @ Jérémie

    Je suis pour une bonne répartition des richesses. Un enfant de dix ans le comprend. La force du nombre pour moi signifie la grève générale jusqu’à auto-organisation des travailleurs. La force des armes vient des riches qui ne lâchent rien. Jérémie, quel est le point de rupture d’un travailleur avant qu’il ne manifeste son profond désaccord et ne renverse le système moribond qui l’écrase ? Cela dépend de quoi ?

    N’oublions pas qu’il y a une prise de conscience et une prise de responsabilités urgentes à faire, du local à l’international, puisque notre planète se meurt.

    Pas de travailleurs = plus rien pour les riches
    Pas de démocratie, pas de transparence, pas de contrôle de la part du peuple = pas d’économie et de finance fiables
    Pas de planète = plus rien pour tous

    Socialisme du XXIe siècle ou barbarie

    bien à vous,

    Papillon

  21. Avatar de Mathieu
    Mathieu

    @johannes finckh

    Le livre de gesell est disponible sur le net, merci. Et je suis plutôt pour une monnaie fondante, pour plusieurs raisons, mais je ne pense pas avoir consacré assez de temps à la question moi-même pour avoir un avis que je suis prêt à défendre (même si j’y ai déjà passé de longues journées).

    Par contre, je ne peux pas raisonnablement croire que c’est le ‘silver bullet’ qui va tout résoudre. La raison est que je peux facilement imaginer une société avec une monnaie fondante où l’exploitation des plus démunis par les plus nantis est la règle. Il suffit pour cela que l’argent circule suffisamment vite pour que l’aspect ‘fondant’ n’ai pas un grand impact. Tant que les autres catégories de propriété privée ne sont pas « fondants » eux aussi (comme la propriété foncière, la propriété d’actions, etc…), vous ne pouvez pas garantir l’absence d’exploitation outrancière. Même si la monnaie fondante peut participer à une solution, ce n’est pas suffisant, loin s’en faut.

    Comme le dit Peter Koenig, je pense que le système monétaire est plus une expression de « l’esprit de la société contemporaine ». Le système monétaire actuel est, en quelque sorte, le meilleur système monétaire pour notre société capitaliste à l’anglo-saxone. Avant de changer de système monétaire, il convient de changer « l’esprit de la société capitaliste » (aussi non on ne changera rien). Parler uniquement de changer le système monétaire, comme vous le faites, revient pour moi à mettre l’accent sur l’épiphénomène, plutôt que sur la question politique fondamentale.

    Cordialement,

  22. Avatar de TARTAR
    TARTAR

    @ Johannes Finckh

    Une chose me chiffonne dans la monnaie fondante.
    Elle est censée « imposer » la consommation.
    Càd restaurer l’insupportable et agaçante sacro-sainte « croissance ».
    Alors que le bien serait de « refroidir » le système par une saine décroissance.

    De fait les libéraux extrêmes pourraient avoir raison.
    La « crise », provoquée ou pas, sera un facteur efficace de décroissance automatique ( et violente).
    Une main invisible dans un gant de fer….

  23. Avatar de johannes finckh

    @ fujisan:
    Il ne s’agirait pas d’un suicide, mais, bien au contraire, d’un moyen pour elles, de mener véritablemen une politique monétaire digne de c nom!
    Actuellement, elles sont (privées ou publiques, peu importe) totalement dépassées dans leur tache, et elles courent après l’évenement!
    Comment comprendre que les liquidités qu’elles injectent n’ont pour ainsi dire aucune efficacité actuellement, avant de déclencher peut-être un jour une hyperinflation!
    Il ne faut sûrement pas confondre la misson des banques centrales avec celle des autres banques qui, elles, doivent mettre en relation les déposants et les investisseurs (le système de crédit).
    Les banques centrales ont pour mission de veiller à ce que la monnaie (sous forme de revenus) circule efficacement!
    jf

  24. Avatar de moderato-cantabile
    moderato-cantabile

    Pourquoi et en quoi les riches sont-ils riches ? Ce n’est pas la détention de leurs « liquidités » qui les motivent, c’est tout ce qu’ils pourraient s’acheter ou collectionner, leur motivation ultime. Le pouvoir, ça s’achète aussi.
    Je crois que sur ce blog Paul Jorion en a déjà parlé de la propriété, du droit à la propriété et de la nécessité de l’encadrer par les droits à la succession, afin de remettre à égalité les générations successives. Une sorte de traitement anti-sclérose de la société.
    La fin de ce système c’est la possession excessive des choses qui ne peuvent plus être ni entretenues ni valorisées. Trop de richesse tuera la richesse.
    Le commentaire de Lisztfr me touche parce que je pense le comprendre. Mais je pense en même temps qu’on n’est plus du tout dans cette époque où la musique et ses effets menaient à la recherche de l’harmonie. Les mathématiques cherchaient la même chose à pareille époque, aujourd’hui elles cherchent imposer les « jeux » qui pourraient tromper la perception du commun des mortels, du genre 1+1=3. Du temps de la musique dont parle Lisztfr, tous les acquis de la science, de la connaissance et de la conscience humaine étaient logiquement liés la musique, comme l’art en général, en faisait la synthèse. Aujourd’hui c’est tout le contraire, tant la musique contemporaine que l’art en général ne font que nous éloigner de la logique du développement humain, de la beauté et de l’harmonie. Leur mission « industrielle » c’est de déstructurer tout cela, de nous faire accepter le laid comme étant la beauté à la mode.
    Et à tout cela se rajoute la fragmentation des savoirs et des connaissances. Nous avons peut-être tous raison, mais c’est souvent une raison partielle. Au moins ici sur cet endroit de parole que Paul Jorion à mis à notre disposition et où chacun parle de son domaine de connaissance, offert à lui par son propre parcours d’éducation scolaire et de vie, nous pouvons faire l’effort de reconstituer le puzzle, en bénéficiant chacun de la générosité et de la libre parole de l’autre.
    Il reste peut être à faire tomber le reste des barrières, c’est à dire oser se départir de l’image qu’on voudrait donner de soi même et de sa « réussite », tel que notre hôte le fait. En étant sincère avec soi-même ils nous offre l’occasion d’en faire autant.

  25. Avatar de moderato-cantabile
    moderato-cantabile

    Erata : je voulais dire « trop de richesse tuera les riches »

  26. Avatar de johannes finckh

    @mathieu:
    Merci pour votre réponse!
    Il est vrai qu’il convient de « réguler » quelque chose aussi quant ax autres richesses, notamment en ce qui concerne les richesses foncières et minières, car se sont des richesses que l’industrie humaine ne produit pas, mais prélève dans la nature!
    ceci dit, je vous remercie de reconnaître que la monnaie dite « fondante » participe d’une façon essentielle à la solution du problème!
    En effet, aucun « bien » n’exerce des contraintes aussi fortes que la monnaie valer refuge! Il s’ensuit, pour moi, que les autres biens spéculatifs, les ressources naturelles notamment, pourront âtre régulés bien plus efficacement quand on aura réformé la monnaie. Ettant que l’on ne s’y attaque pas (à la monnaie), toutes les réformes, foncières par exempe, échoueront, car la spéculation commetelle utilise toujours la case « liquidité » pour se réaliser!
    En empêchant que la case « liquidité monétaire » puisse servir à cela, même les gains spéculatifs les plus « choquants » ne pourront plus bloquer la circulation des richesses et l’investissement. Imaginez des gains spéculatifsimportants liés à des opérations foncières, il rest toujours que le « gagnant » d’une telle opération sera bien obligé de réinvestir l’argent gagné, moyennant quoi, il ne pourra se retirer du circuit économique et provoquer des crises comme maintenant!
    je maintiens donc mon invitation à tous les intellectuels choqués et indignés par le capitalisme de se concentrer sur la question de la monnaie! Il n’y aura pas d’autre voie réaliste pour entamer l’obscénité actuelle!
    jf

  27. Avatar de Pierre
    Pierre

    Confirmation de ma précédente intervention, le mot inflation n’a toujours pas était employé dans le fil de la discussion…
    Pourtant le sujet s’y prête, non ?

    Dans sa dernière production, « La crise et après » J. Attali ose une page ( et une seule la 134) sur le sujet. Ses propos sont clairs:

     » A terme, les énormes masses financières et monétaires injectées dans l’économie, transférant la dette des ménages sur des prêts émis par des États impécunieux, ne peuvent que conduire à une augmentation massive de la masse monétaire mondiale très supérieure aux contreparties possible dans la production. On peut donc s’attendre à terme, malgré tous les efforts des banques centrales, à une inflation galopante. Celle-ci se déclenchera brutalement, au moment où on s’y attendra le moins, entraînant les monnaies dans une spirale à la baisse.

    Cette inflation pourrait être souhaitée pour éliminer les dettes excessives accumulées par les ménages et les états, que nul ne saurait apurer autrement, à moins d’un moratoire signifiant le renoncement de l’Etat au respect de sa parole. »

    Questions : Les morts ont-ils une parole?
    Les générations à naitre peuvent-elles signer un engagement sur un contrat de prêt?

    Remarque : Ne pas oublier que cette « crise » et actuellement gérée entre-autre par d’ex-Keupons britanniques formés au ‘No futur » et à l’ « Anarchie in UK ». Punck is not dead ?

  28. Avatar de fujisan

    @jf
    Vous êtes bien naïf de croire encore que les BC auraient une mission de service du public. Elles sont avant tout au service de la haute finance, des assoc de malfaiteurs, maffieux, racketeurs et Cie. Tout le reste c’est propagande et belles paroles.

  29. Avatar de Jérémie
    Jérémie

    @ Papillon

    « La force du nombre pour moi signifie la grève générale jusqu’à auto-organisation des travailleurs. »

    Pour moi la force du nombre n’est pas toujours synonyme d’une meilleure conduite de l’homme.

    Contrairement aux idées reçues venant de la part des vainqueurs après la chute du Mur de Berlin, je constate que
    ce n’est pas encore tout-à-fait la fin des idéologies, je peux bien sur me tromper. Certes une grève générale de quelques jours pourrait peut-être apporter le changement d’une nation mais pour le reste je m’interroge, en avons nous seulement ce réel courage spirituel au cœur et à l’esprit, lorsque nous préférons surtout manifester viscéralement pour notre seul pouvoir d’achat en société, c’est-à-dire en fait vouloir vivre surtout d’abord pour ces seules choses.

    Malheureusement le plus grand nombre, la force du plus grand nombre provoquant souvent par réaction le débordement supplémentaire de quelques-uns histoire d’aller plus loin encore et c’est alors que la barbarie s’installe de nouveau.

    Que voulez vous dire exactement par socialisme du XXIe siècle ou barbarie ?

    Serait-ce également une autre forme de chantage à l’idéologie, c’est nous ou la barbarie c’est hélas ce que disent la plupart des libéraux les plus atteints. Vous savez les gens n’ont jamais été aussi conditionnés à penser de nos jours
    que seul le libéralisme ou le capitalisme étaient responsables de tout, c’est vrai mais ils ne sont pas non plus les seuls à blâmer.

    Un enfant de dix ans plus spirituel qu’un adulte moderne pourrait également comprendre que la seule redistribution ou répartition des richesses matérielles sur terre ne pourrait suffire indéfiniment à combler les seuls besoins matériels des hommes cela peut bien sur apporter la grande revanche idéologique de certaines contre les autres, mais pas toujours, une autre idéologie de remplacement sous la main, moins remise en cause à vouloir ne parler d’abord que des seuls méfaits économiques ou sociaux du libéralisme.

    Mais quel grand piège tendu à l’humanité, pourvu que le plus grand nombre ne tombe pas aussi en plein dedans.

    Faites alors bien attention à vous, vous aussi les gens pauvres comme les gens riches.

    Jérémie

  30. Avatar de julien
    julien

    Il n’y a plus de solution parce l’idéologie est au bout du rouleau. A quelle nouvelle bulle va t’on faire croire les gens? Comment « ré-enchanter » les sociétés de consommation? Que va t’on trouver à raconter aux bons braves citoyens US et européens? Qu’ils doivent maintenant consentir à la semaine travaillée de 7 jours, à la retraite à 70 ans et à l’euthanasie à 75 ans? La production de richesses réelles s’est tellement affaissé durant les 30 dernières années au profit de la création « comptable ». L’atterrissage s’annonce acrobatique. L’argent comme moteur principal de l’économie est cassé. On ne peut plus motiver les uns en leur accordant toujours plus, payer les autres de discours et s’arranger en créant des dettes. La souplesse du système a disparu, les intérêts ne sont plus conciliables. C’est la fin de la bulle occidentale. On entre maintenant dans le temps de la vrai politique. Le test de viabilité de nos modèles « démocratiques » c’est donc à partir de maintenant. A des degré divers bien-sûr, car par exemple la différence de situation entre la France et l’Allemagne est énorme.
    Certains mettent sur le compte de la mondialisation l’effondrement de nos industries en France par exemple. Je ne suis pas d’accord. Nous payons le prix d’un renoncement au développement technique et industriel. C’est un choix de modèle de société. Un choix de culture. Malheureusement les mœurs du clergé et de l’aristocratie ne sont pas généralisables. Il est trivial de dire que ça ne nourrit pas mais c’est vrai. Le monde est mal fait sans-doute et Venise si belle… (je déteste).
    C’est la Chine qui me nourrit. J’aime construire de belles usines, totalement automatisées et ultra productives. Je le fais avec d’autant plus d’enthousiasme que ces super machines à cash font exploser le capitalisme financier « occidental », l’idéologie et les mythes. L’investissement industriel à totalement repris depuis le début de l’année. Le marché intérieur semble avoir complètement pris le relais. Je trouve qu’on a toujours dix ans de retard en France sur notre perception du monde. Alors quoi proposer? devenir membre du PC chinois!

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