Le contrat de travail mixte productif/social comme fondement d’un état providence participatif, par Michel Martin

Billet invité. Première publication : solidariteliberale.hautetfort.com

LE CONTRAT DE TRAVAIL MIXTE PRODUCTIF/SOCIAL COMME FONDEMENT D’UN ETAT PROVIDENCE PARTICIPATIF

Voilà concrètement ce que je souhaite :

Je souhaite pouvoir travailler ½ à 1 journée par semaine (durée à ajuster à l’issue d’un débat) dans le domaine de la dépendance (personnes âgées, handicapés, enfants) ou dans le domaine socioculturel (associations diverses, accompagnement des toxicomanes, parrainage de délinquants, aide à la réinsertion de prisonniers…) alors que mon contrat de travail de référence est passé avec une entreprise productive (y compris administration, ou que je sois au chômage). Je souhaite que ce temps soit pris sur mon temps de travail productif et qu’il soit reconnu par une rémunération (monnaie fondante ?, Chèque Universel Emploi Service [1] ?) ou une indemnité. Je souhaite enfin pouvoir bénéficier de temps de formation pris en charge par l’entreprise ou la collectivité (l’état providence investisseur dans le domaine social) pour assurer correctement ce second travail. C’est le souhait que chacun puisse pratiquer un travail productif (privé ou public) et un travail social (privé ou public) comme norme.

Dans l’état providence participatif, l’individu ordinaire distribue son temps entre 3 domaines principaux : un domaine affectif, un domaine productif et un domaine social. J’ai tenté de définir les dominantes de ces trois domaines en termes d’entités et de caractéristiques.

Aujourd’hui, les domaines affectifs (stabilisé par les fonctions de reproduction et d’élevage des enfants) et productifs (stabilisé par son efficacité à produire biens et services standardisables) sont bien développés, mais le domaine social n’a pas encore trouvé sa place ni les outils adéquats dans une société de l’individu (c’est le cœur de l’état providence participatif). Dans chaque domaine, les principes de division de l’activité peuvent s’appliquer (appelée division du travail pour le domaine productif), mais le domaine social n’est plus compris ni comme un sous-domaine de l’activité productive (c’est la tendance en cours), ni comme un sous-domaine de l’activité affective [2] (c’était la réalité d’hier).

Il est aussi possible de décliner l’organisation de ce travail social autrement qu’hebdomadairement. Une gestion quotidienne peut être mieux adaptée. On peut aussi imaginer grouper ces 10 à 20% de temps actif social mensuellement, annuellement, voire une année sur dix.

Le choix serait donné à chacun soit de participer directement au travail social, soit de cotiser comme nous le faisons aujourd’hui (combinaison participation directe-cotisation ajustable pour ne pas s’enfermer dans une logique binaire). L’idée est qu’il devienne plus intéressant de prendre part au travail social. Les moins favorisés du domaine productif seraient relativement avantagés à une participation au domaine social, à la fois sur le plan des ressources et sur le plan du statut. C’est tant mieux si on se place du côté du besoin de main d’œuvre social et si on se place du côté de l’équité. Un décalage massif de mentalité est recherché et attendu, pour un peu moins de tyrannie des biens et un peu plus d’humanité.

En y regardant d’un peu plus près, une telle proposition serait à même de réduire sensiblement le chômage. Les « actifs » dépenseraient un peu de leur temps dans le domaine social, ce qui créerait une aspiration des chômeurs dans le domaine productif, sans créer de catégorisation du type « les bons dans le domaine productif / les moins bons dans le domaine social ». Un autre but recherché est de découpler l’activité sociale des turbulences de la globalisation, afin que la façon dont on s’occupe de grand-mère soit le moins possible connectée au CAC 40.

Les trois pôles de la production de richesses que je propose sont liés mais ils ont aussi leur propre autonomie. Dans un premier temps, j’ai pris acte de la forte domination productive sur l’activité, mais le pôle social serait amené à exprimer de plus en plus sa propre dynamique en tant qu’outil de distribution d’accès à l’activité, en tant que support de l’existence sociale. Au fond ce qui m’importe, c’est que les règles sociales en cours permettent au plus grand nombre, et pourquoi pas à tous, de trouver une place. Si le progrès me semble encore avoir du jus, le productivisme me semble devoir réduire les gaz, sa légitimité perd du terrain tous les jours au gré de la consommation de la planète et des personnes.

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(1) Le chèque emploi service universel (CESU) devrait fortement aider au développement de l’activité « de service à la personne ». Il ne s’inscrit pourtant pas dans une démarche d’état providence participatif mais oriente cette activité de façon productiviste fortement subventionnée. En définitive il « nous » maintient dans notre culture de client vis à vis du domaine social et reste donc dans le cadre d’un état providence du client-roi. Ensuite, le succès du CESU serait aussi sa perte par manque de solvabilité s’il venait à se généraliser. D’autre part il n’évitera pas la confusion des genres activité productive/activité sociale, ni une catégorisation des actifs (tout à fait comme elle existe entre actifs du privé et actifs fonctionnaires à cause des fortes différences de statuts). Enfin, le nouvel Eldorado de l’emploi que devait être celui du service à la personne se révèle être un générateur de travailleurs pauvres très inégalitaire (voir « La France des travailleurs pauvres » de Denis Clerc-2008). L’observatoire des inégalités montre que ce système profite aux plus aisés.

(2) Ces trois domaines font partie d’un seul dans le schéma de trifonctionnalité du monde Indo-Européen proposé par Georges Dumézil, le domaine de la fécondité et des nourritures. Les 3 domaines de Dumézil sont: 1) un ordre -appuyé ou non sur une mystique; 2) La force guerrière capable de défendre le 1) et 3) la fécondité et les nourritures, les biens. Toutefois, ce domaine de production des richesses présuppose un équilibre entre affectivité, productivité et socialité et non pas une hégémonie du seul pôle productif. Il suppose un équilibre entre le je et le nous, une équité au-dessus des autres valeurs.

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58 réflexions sur « Le contrat de travail mixte productif/social comme fondement d’un état providence participatif, par Michel Martin »

  1. @Michel Martin 28 juillet 2009 à 14:53

    « En tous cas, elle pointe aussi la difficulté que nous avons à prendre humainement la dépendance en charge dans notre société moderne. »
    Nous sommes tous dépendants, et dans un sens extrêmement fort: essayez de survivre sur votre lopin de terre sans rien acheter à l’extérieur (surtout l’eau, l’élec, la nourriture): ça ne va pas durer très longtemps! La gestion de la dépendance dans notre société fonctionne très bien pour certaines choses (nourriture, électricité, mais aussi certains services purs comme la coiffure, la médecine générale) mais moins pour d’autres (peut-être comme vous le mentionnez prise en charge des personnes agées, handicapées). Pour moi le problème vient bien plus de la répartition des richesses (ces classes de personnes ne reçoivent probablement pas assez) que d’un problème de la « dépendance ».

    Ce qui me gêne dans votre proposition, c’est le gonflement de ce que j’appelle la sphère publique, et surtout dans son droit à décider de ce qui relève du travail social ou pas, et qui sera donc monnayable contre ces chèques universel emploi service. Je crains toujours la concentration des pouvoirs et des moyens, que ce soit au niveau privé (multinationales) ou public (état). Les deux ont leurs avantages et sont souvent la meilleure manière d’organiser les choses. Mais ces deux champs sont loin de recouvrir l’ensemble des activités humaines, et elles ont pris à mon sens beaucoup trop de place.
    J’ai beaucoup plus confiance en l’individu et les communautés à taille plus humaine pour organiser toute une série de choses.

    1. @Mathieu,
      ;;;

      Ce qui me gêne dans votre proposition, c’est le gonflement de ce que j’appelle la sphère publique


      J’ai beaucoup plus confiance en l’individu et les communautés à taille plus humaine pour organiser toute une série de choses.

      On est en phase, je ne propose pas de gonfler la sphère publique, c’est le contraire. Ce que je demande c’est un état arbitre, pas un état qui fasse aussi le jeu, parce qu’il n’en a ni la puissance, ni la capacité qualitative, ainsi que vous le soulignez. Je crois aux vertus de la subsidiarité, c’est à dire des prises de décision au plus bas niveau possible.

  2. Cas particulier

    Il y a un an et demi, j’ai découvert fortuitement que mon frère handicapé à 80% et qui vivait seul dans son logement était en train de mourir de faim alors que son frigo et ses placards étaient garnis de nourriture. Je pense qu’il n’avait pas mangé depuis une quinzaine de jours.

    En fait, il a peu à peu perdu le pouvoir de prendre des décisions y compris celle de se nourrir.
    Tout cela s’est passé devant le personnel d’une association d’aide-ménagères qui intervenait pour effectuer des tâches ménagères tous les deux jours.
    Habitant à plus de 100 km, j’ai été choquée de découvrir, au cours d’un visite, mon frère terriblement amaigri.
    Je l’ai accueilli chez mon conjoint et moi, pensant l’accueil provisoire en attendant son retour chez lui avec le soutien du reste de la famille et notamment de ses enfants.
    Aujourd’hui, il est toujours chez nous, ses enfants ont coupé tous liens par peur des responsabilités sans doute, et j’hésite à renvoyer mon frère dans une ville où il devenu solitaire.
    Personnellement, la présence de mon frère que pourtant j’adore a beaucoup perturbé ma vie car je suis seule (heureusement soutenue par mon conjoint) à m’occuper de lui.

    Si je vous raconte cette histoire c’est pour montrer s’il en était besoin comme rien n’est simple dans le domaine de l’aide aux démunis quels qu’ils soient. Il ne suffit pas d’intervenir une heure par jour pour effectuer telle ou telle tache (dans l’exemple de mon frère le ménage) et ne pas s’occuper de l’essentiel (manger).

    Seuls de véritables professionnels peuvent être à même de noter l’évolution des besoins et j’ai l’impression en lisant l’article sur ce contrat mixte que le travail social serait considéré presque comme un loisir, une B.A., une occupation rémunérée qu’on ferait en sortant de son travail comme on pourrait faire du sport ou du canevas, de plus ce travail serait rémunéré par des chèques emploi service par exemple et je me demande qui contrôlerait le travail effectué.

    Tigues propose de s’occuper tout simplement de ses parents, l’a-t-il fait pour penser que c’est simple? Je souhaite qu’aucune loi ne transpose sur les épaules des individus des charges trop lourdes pour eux. Personnellement j’ai choisi de le faire mais en obligeant certains à s’occuper des plus faibles, je crains des dérives et plus d’abandon encore. Et comment vérifier si tout se passe bien à l’intérieur des logements des personnes aidées?

    « les bons dans le domaine productif / les moins bons dans le domaine social ».
    Travailler dans le social n’est pas un refuge pour les moins bons: écoute, attention, technicité, force physique et mentale, les qualités doivent être nombreuses pour exercer ces métiers dont il faut reconnaître toute la noblesse et l’utilité essentielle pour l’avenir.

    Je suis une utopiste et je vous confie mon rêve: tous les intervenants pour les démunis seraient des employés d’Etat: un service public à la personne, avec des spécialités différentes pour le personnel: aide pour les besoins essentiels de tous les jours (nourriture, hygiène…), entretien de la maison, instruction, loisirs… Les logements seraient tous prévus pour être fonctionnels (passage de fauteuils), les trottoirs seraient au niveau des rues pour améliorer le quotidien des personnes handicapées ou âgées et des parents avec les poussettes…Des lieux de vie seraient aménagés dans les villes où les gens se retrouveraient pour discuter librement ou pour jouer aux cartes ou autre chose (ça existait, c’était les cafés mais il n’y en a plus beaucoup des comme ça).
    Il y aurait des réunions des équipes intervenantes qui auraient pour but le bien-être et les désirs du citoyen démuni.
    Je rêve, je sais.

  3. Aujourd’hui il existe un droit à la formation, qui est pris sur le temps de travail et que les employeurs ne peuvent pas refuser à leur salarié.
    On pourrait imaginer un équivalent droit au travail social (qui serait donc bénévole, mais le salarié conserverait son salaire).

    @Tique

    > Pourquoi alors ce grand détour (developpement de l individualisme), pour finalement revenir a une organisation sociale que les sociétés moins avancées technologiquement n ont jamais quitté (Afrique…).

    Vous voulez dire que l’homme africain n’est jamais réellement entré dans l’histoire ?
    Plus sérieusement je trouve la comparaison un peu facile. Les civilisations, structurées socialement et avec une organisation sociale « venant du haut », ont plusieurs millénaires d’histoires (y compris en Afrique), et à mon avis, « revenir en arrière » vers un mythique passé idéal (le village ? la tribu ?), ça ne veut pas dire grand chose aujourd’hui.

  4. A Anastasia

    D’où l’importance d’une implication et d’un minimum de formation des personnes bénévoles ou salariées s’occupant des personnes dépendantes.
    Dans le cas de votre frère :
    soit les personnes s’occupant de lui exécutaient leur tâche précise (faire le ménage ou les courses par ex.) sans véritablement « s’occuper de lui » càd sans chercher à connaitre le résultat de leur action sur sa personne : j’ai fait ce qu’on m’a demandé le reste ne me concerne pas.
    soit ces personnes non formées ne savaient pas reconnaître le véritable état de dépendance de votre frère
    soit il a eu un manque de transmission de ces données auprès de l’équipe responsable de la mise en place des aides à la personne.

  5. @Anastasia,
    Merci beaucoup pour votre témoignage qui rejoint une expérience familiale et bien d’autres cas que j’ai pu observer. C’est tout à fait ce genre de situations qui m’ont amené à tenter de construire une alternative à l’état providence actuel qui s’essouffle, aussi bien sur le plan des moyens que sur le plan de sa capacité à faire société. L’alternative actuelle consiste à développer l’aide à la personne dans un cadre marchand qui me semble aussi être un cul de sac pour deux raisons: l’insolvabilité et l’application des critères usuels du domaine productif qui me semblent inadaptés, à savoir chercher à gagner en productivité et donc en temps dans ce cas.
    Beaucoup d’interventions me renvoient une image qui me semble très déformée et caricaturale de ma proposition et la plupart du temps la réponse que je pourrais faire est déjà dans le texte initial. Néanmoins je vais préparer une réponse individualisée à chacun de vous, sauf pour les interventions sans contenu.

  6. A Louise,
    Dans le cas de mon frère, vos trois hypothèses s’enchevêtraient car on a omis d’ouvrir le frigo pour constater qu’il ne se vidait pas, le personnel a changé suite à un arrêt maladie, les intervenants se sont donc succédés. Tous n’étaient pas qualifiés. Pourtant une personne qui le connaissait peu a remarqué « qu’il y avait un problème » mais sans savoir de quoi il s’agissait; elle a donc averti la présidente de l’association qui a sous-estimé l’information. Le fait que nous nous trouvions entre Noël et le nouvel an a peut-être contribué à la lenteur des réactions.

    La présidente a très mal réagi quand je lui ai demandé pourquoi je n’avais pas été informée de son mauvais état de santé, Elle m’a dit: « je ne peux tout de même pas appeler les familles pour un oui ou pour un non, nous nous occupons de tout ».

    J’ai signalé tous ces faits aux services sociaux qui s’occupent de mon frère mais l’association est réputée sérieuse donc « intouchable ». Doutant désormais du système, je n’ai pas réussi à me décider à chercher une autre association qui me sera toujours présentée comme sérieuse.
    Quand il y a intervention chez une personne fragilisée, il devrait y avoir des contrôles autres que ceux effectués par les supérieurs des employés. Certaines personnes n’ont aucune famille. Qui donc veille sur elles?

    A tous,
    Actuellement, le travail à domicile qui concerne l’aide à la personne se développe de manière extrêmement rapide car c’est la manne qui tombe du ciel, on embauche à tout-va. Le tourbillon de la crise économique accentue le phénomène car la grande partie de la facture de ces actes auprès de personnes dépendantes est payée par des aides d’Etat.

    Les salariés découvrent des CDI de parfois quatre heures par semaine, les exemples sont nombreux dans les annonces du Pôle Emploi, trop peu pour vivre mais assez pour bloquer les autres recherches. Par contre, Michel Martin, si vous désiriez consacrer ½ journée par semaine à un travail social rémunéré, vous constaterez que c’est déjà possible.
    Bref, l’organisation de l’aide à domicile est à revoir, c’est un fait,
    Votre intervention que certains trouvent hors de contexte est à mon sens à sa place ici où on traite l’économie avec humanité car il faut trouver des solutions avant que n’arrivent dans la grande vieillesse les papy-boomers.

  7. @Anastasia

    je ne prétends pas qu’ il soit simple, aujourd’ hui, de s’ occuper de personnes dependantes.
    Je prétends que cela a été simple et naturel dans notre passé récent et que cela est simple et naturel dans bien des sociétés contemporaines, en Afrique notamment et aussi en Asie.
    Qu est ce que « être simple » ? : ce qu on connait, ce qu on a expérimenté .
    Qu’ est ce qui parraît compliqué, insurmontable ? : l’ inconnu, surtout si il est enrobé des atours de la fausse complexité, technicité.
    Ainsi, si nous ne sommes plus capables ou n avons plus de temps disponible pour emmener nos enfants a l ecole, ni pour donner a manger a nos proches dépendants, qui peut nous remplacer dans cette relation ?
    Il ne s agit pas de se faire remplacer pour un travail, mais de se faire remplacer en tant que fils, père ou mère.
    On demandera a ces gens qu on emploie, d avoir des diplômes, d’ être compétents, pour trouver une justification morale a notre abandon du lien qui s exprime lors de l acte du don de soi.
    Les choses nous paraissent insurmontables, parce que notre vie est organisée autour du seul travail, il n y a presque plus de place pour autre chose. Beaucoup n ont plus le temps de parler avec leurs enfants, ils grandissent et deviennent des inconnus, ils font appel a des psychologues et autres spécialistes très compétents pour les aider. Dans bien des cas le psychologue ne peut se substituer a la relation déficiente.
    Il n est pas question de juger les individus, ni même l organisation de notre société (les inconvénients sont probablement les contreparties de certains progrès obtenus dans d’autres domaines), mais de pointer du doigt les fausses bonnes idées :
    ce qu il faut compenser c est « le don de soi ».
    Peut on donner de soi a « un machin », quand on ne le fait pas assez pour ses propres parents ou enfants ? Les cas ou l on voudrait (ou pourrait) le faire pour les autres et pas pour les siens, sont ils fréquents ? Sont ils mutualisables (moyennant une formation individuelle aux actes techniques : faire un change, donner a manger…)?
    Il m apparaît plus logique de pratiquer la formation a la vie de famille, au sein de la famille, au jour le jour et au contact : maintenir et développer les relations avec les anciens, apprendre à respecter les anciens et les plus petits que soi, les responsabiliser et leur apprendre les taches ménagères, faire le change d’ un bébé ou d’ un Papy, cela s apprend et cela ne fait plus peur quand on a appris.
    Il m apparaît que la mutualisation (votre proposition) aura plus de chances de se produire dans ce contexte de société « reeduquée et apaisée » a l échelle de la famille. Le résultat de votre proposition serait une sorte d’ idéal qui émergerait
    de l individualisme ambiant par simple décret (miracle), plutôt que par l effort individuel, organisationnel, et quotidien de toute une société pour recréer a tous les niveau le lien perdu.

    Ps: avant de faire mon métier actuel, j ai été aide soignant, infirmier, barman, cuiStot, plongeur…puis Papa.

  8. Par ailleurs, il existe heureusement d’ excellents professionnels de santé, ayant la vocation pour ce travail, mais il existe malheureusement de plus en plus de personnes mal orientées dans le secteur de la santé ou du social, ne faisant rien de plus qu’un travail…La différence se voit !
    Pour avoir envie de faire un bisou à Papy, il faut qu il ne sente pas mauvais, il faut qu il ne pique pas. En un mot, il faut que sa dignité d’ être humain particulier ait été pleinement respectée.
    Ainsi, si vous ouvrez un secteur porteur en pleine crise a des gens pas motivés par autre chose qu un travail rémunéré, vous aurez du bon, mais aussi du très mauvais.

  9. @Michel Martin .
    Je n’avais pas vu ce fil ..
    Il semble que vous cherchiez a modéliser , pour le restituer , un modèle complexe originel , archaique …apres centralisation et prise des gains de productivité de la spécialisation …Ca me fait penser a une discussion ou, pour contrer l’ argument des 2à3 h necessaires a l’ approvisionnement d’un individu dans un groupe archaique , il etait répondu qu’ on devrait compter les temps de cuisine et d’ éducation !
    Nous retombons là ds l’ opposition des deux structures, centralisées et parcellisées ..Votre modèle ne peut fonctionner car la contrainte de certaines taches est tres dure et ne peut etre admise que grace a la force de rites sociaux de proximité , pas par l’argent ou du temps « dédié » , meme si l’ on peut y penser pour des situations intermédiaires .
    Il faut aussi voir que tout le système actuel est en contradiction avec cette recherche (flexibilité , mobilité …)

    POur abonder dans votre sens , comme argumentaire , on peut aussi dire qu ‘ avant les années 60, un seul salaire permettait de faire vivre un couple et deux enfants et libérait un adulte pour des activités actuellements sous-traitées .
    Le fait de dire « servitude des femmes : vaisselle , linge , torcher les vieux et élever les enfants , avec des activités collatérales identiques pour les isolés …ne résoud pas le problème : certaines activités considérées comme dégradantes seraient pourtant valorisantes si elles s’effectuent par devoir pour des proches plutot que par besoin financiers .

    1. @Kercoz,
      je vais te répondre de façon un peu énigmatique. Quand madame X est arrivée à l’âge de la retraite, elle a commencé, malgré ses faibles moyens, à faire des voyages organisés dans plusieurs pays d’Europe. Au bout du cinquième elle a dit: mais qu’est ce que je fais avec ces voyage, ça n’a aucun sens, d’abord y’a que des vieux! Et depuis, elle s’ennuie ferme, se sentant devenue inutile au monde, alors qu’elle a toute sa tête. 20 ans que ça dure, elle attend juste la fin. L’associatif, c’est pas son truc. Combien comme elle qui donneraient encore beaucoup à la société en échange d’un peu d’existence si il y avait un cadre d’échange normal et mieux adapté?

      1. @Michel Martin :
        C’est pour ces raisons que je doute des  » rétro-actions » palliatives et rétribuées qui voudraient compenser des interactions perdues . Ces interactions etaient essentielles en tant que ciment et lien sociaux . Pour moi ces pertes sont uniquement dues a la structure morcelée disparue ou la proximité et le nombre réduit d’individus permettaient et meme obligeaient a ces comportements . Il est évident que c’est une aliénation forte a laquelle nous avons échappé ….. Mais cette aliénation etait la condition siné qua non d’une valorisation autorisant le passage a l’ etat adulte de l’ individu (valorisation et optimisation du modèle qui a été formaté)..La malléabilité de l’individu ne s’obtient qu’en dégradant cette optimisation …la rigidité comportementale transhistorique est énorme , en tout cas plus forte que ne le pensent ceux qui jouent a la bousculer .

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