« Amoralité » ou immoralité ?

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

J’ai expliqué dans La banque, le consultant naïf et le régulateur que je rédige en ce moment un article à paraître dans la revue anthropologique Terrain où je relate mon expérience de dix-huit ans dans le monde de la finance. Voici, en avant-première, un autre extrait de ce texte.

Je posais donc ma candidature à des postes dans des domaines financiers jouant un rôle-clé dans la concentration des richesses mais sur lesquels il n’existe que très peu de documentation écrite en raison du flou que leurs participants préfèrent maintenir sur la nature exacte de leurs activités. J’ai ainsi travaillé en 2004 dans le secteur « subprime » du prêt automobile où le prêteur tire parti du fait que l’emprunteur a un besoin impératif d’un véhicule mais a un lourd passif quant à sa capacité à rembourser les crédits qu’il réclame. Les sommes exigées n’ont alors qu’un rapport lointain avec la valeur objective du véhicule et résultent plutôt d’une optimisation : étant donnée la situation financière de l’emprunteur, quelle est la somme maximale que l’on peut exiger de lui au fil des mois sans l’acculer à faire défaut ? Lorsque la manœuvre échoue, le véhicule est saisi et vendu par l’intermédiaire d’une salle des ventes dont la firme est également le propriétaire. Un collègue – extrêmement sympathique au demeurant – m’avait pris en amitié et nous déjeunions tous les jours ensemble. Il m’informait du progrès d’un de ses projets chouchou : compléter nos activités par un réseau de boutiques « Payday », en français : « jour de paie ». S’adressant principalement aux immigrés, mais aussi à la portion la plus démunie de la population blanche américaine – les assistés et les militaires en particulier – les boutiques « Payday » vous prêtent des petites sommes en échange d’un débit automatique sur votre compte qui aura lieu le jour où votre paie vous sera versée. La commission perçue est faible en termes absolus, étant à la même échelle que le prêt consenti, mais elle est gigantesque en termes relatifs, représentant un taux annualisé allant de 400 % à 2.000 % dans certains cas. On comptait en 2007 que dans 75 % des cas l’emprunteur était obligé de renouveler son emprunt.

Après que j’ai quitté la firme, j’ouvris un fichier que mon compagnon de déjeuner m’avait transmis dans les toutes premières semaines de mon emploi et que, faute de temps, je n’avais eu l’occasion de consulter précédemment. Ma première surprise fut de constater qu’il s’agissait d’une décision de justice. Ma seconde surprise fut de découvrir dans les attendus, les noms familiers d’employés de la firme. Le jugement portait sur un trafic d’armes et faisait état de menaces dont diverses personnes avaient fait l’objet. Je découvrais ainsi que celui qui m’avait traité en ami en avait été véritablement un, ayant immédiatement cherché à m’avertir d’un risque que je courais et dont je n’avais pas soupçonné l’existence.

À l’autre pôle du mécanisme de concentration des richesses : du côté cette fois des exploiteurs et non des exploités, j’ai travaillé de 1998 à 1999 dans une firme spécialisée dans les pensions « non-conventionnelles » pour dirigeants d’entreprise. Les plans qui sont appliqués tirent parti de différentes failles dans le système fiscal américain, par exemple la non-taxation du capital des polices d’assurance. Dans une formule très populaire aux États-Unis, la COLI, pour Corporate-Owned Life Insurance, assurance-vie dont la compagnie est propriétaire, une firme assure sur la vie ses employés à leur insu et sans que leur famille n’en soit informée ; quand les bénéfices tombent à l’occasion du décès, ils sont utilisés comme compléments dans les pensions des dirigeants de l’entreprise. La COLI est plus connue sous son sobriquet de « janitor insurance » : l’assurance-vie du concierge. En réponse à l’indignation du public devant de telles pratiques, une loi fut votée aux États-Unis en 2006 qui oblige désormais les compagnies à informer et à obtenir le consentement des employés pour lesquels elles contractent une assurance-vie dont leurs proches ne bénéficieront pas.

Bien sûr, dans des cas comme ces deux derniers, et malgré ma neutralité affichée, ma formation d’anthropologue et mon zèle peut-être un peu trop voyant à tenter de comprendre le fonctionnement précis de la firme générèrent la suspicion et mon emploi fut de courte durée.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

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67 réflexions sur « « Amoralité » ou immoralité ? »

  1. Pour ma part j’ai toujours pensé que ce qui s’applique aux riches ne s’applique pas aux pauvres et pour la raison suivante. Les pauvres croient et votent pour que l’on taxe plus les riches mais les riches ont les moyens de trouver les failles des systèmes. De plus les systèmes « progressifs » s’avèrent en fait souvent des usines à gaz par le simple fait que les calculs à appliquer sont souvent complexes : effets de seuil, réduction d’impôt etc… Evidemment tout cela profite au riches avec finalement approbation de la foule croyant au préambule inscrit sur le papier mais ne lisant pas toutes les lignes suivantes. Une taxation simple suivant un pourcentage seraient évidemment plus efficace dans tous les sens. Calculs compréhensibles et finalement comme je l’ai déjà dit si un riche ou un pauvre donne la moitié de son manteau pour l’autre n’est ce pas la part juste dans la société : Un pour moi un pour les autres que l’on soit riche ou pauvre. Tout les prétextes seront bon pour ne pas le faire, faire croire que les taxes sont plus fortes pour les riches « sur le papier » pour faire plaisir au pauvres, transformer les comptables en personne comptant comme un apothycaire et toujours arrosé des riches cabinets spécialisés dans la fiscalité. De surcroit c’est sans compter la quantité de « travail » perdu à la gestion des ses impôts et taxes pour la société pour faire autre chose.

  2. Suite a ce billet et le precedant sur la VAR: si l’erreur de *precision* de la VAR etait de 1% (dans un billet anterieur), celle-ci n’est qu’un residu en comparaison avec l’erreur d’*estimation*, un jour avant n’importe qu’elle chute boursiere, bien que compatible avec les regles en vigueur (Basles I).

    Les neo-conservateurs Americains abusent a des fins qui sont les leurs d’un argument qui au depart merite que lui soit donne une juste attention : les reglementations ont des effets a posteriori pervers. Dans le cas de la VAR, ou des notations d’obligations, les faits parlent d’eux meme.

    Le « Homeland Security » se doit de proteger tous les citoyens, contre toute eventualite terroriste. Le terroriste, lui, n’a besoin que de trouver une seule breche pour atteindre son objectif. Cela n’est t-il pas transposable a la reglementation lorsque l’on parle de « loopholes ». Une fois les consequences de ces loopholes mis a jour, ces neo-conservateurs qui occupent la place des fatalistes disent aux bien pensants: « On vous l’avez dit! ».

    La valeur d’une theorie mathematique ou physique se mesure a son degre explicatif du tout. Cela ne vaut t’il pas pour la reglementation?

    – La question de la VAR et des agences de notations n’auraient-elles pas ete secondaires dans une reglementation de type Glass-Steagall? Les consequences de la desinvolture de certains directeurs d’agences Federales n’aurait-elles pas elle aussi ete mitigees?

    – Il y a autant d’avis sur le trading continu que de participants au debat. Pourquoi croire Remi plus que Jacques? Une taxe Tobin degressive ne rendrait-elle pas ces question obsoletes? On pourrait ainsi rever de traders qui au lieu de grapiller ennuyeusement quelques points de base, se retrouvent une fois tous les 6mois a la facon des gerants de la fondation de l’Oxford University, autour d’un scotch, pour discuter des grandes bouleversements planetaires. Les assauts previsibles des lacquais corporatistes pourraient etre pre-emptes par une reduction equivalente sur le benefice des societes, ou les dividendes?

    1. Cette pratique me semble s’apparenter à une Tontine qui était jadis dans la bourgeoisie, une forme d’assurance vie sur les filles qui s’organisait autour du risque de décès pendant la grossesse ou l’accouchement… Enfin c’est ce dont je crois me souvenir.

  3. La compréhension de la crise m’a rendu anti-capitaliste.
    Les plans de relance m’ont rendu anarchiste
    Ce blog me rend nihiliste.

  4. @ PJorion

    je ne sais d’où vous vient ce coté « sacrificiel »………
    dans mon travail quotidien , je considère les personnes ayant cette tendance comme des analyseurs institutionnels…
    ils sont très utiles pour comprendre les dysfonctionnement du système dans lequel ils se trouvent….
    mais , restent souvent très vulnérables……
    en tout cas, j’essaie toujours de les prévenir de leurs capacités à être « manipulable » , du fait de leur « générosité »
    c’est peut-être ce qu’a essayé de faire votre collègue de travail…
    j’espère que dans votre bouquin , vous allez au delà des aspects anecdotiques (très important , bien sûr)

    je sais que vous n’avez pas besoin de mes conseils…
    cordialement

  5. On pourrait aussi poursuivre sous cet angle : pourquoi les taux d’échecs et de rechutes récurrentes dans les « psychothérapies » visant à « ré-insérer » A TOUS PRIX dans les confusions mentales au pouvoir, des personnes que leur lucidité et leur intégrité naturelle rend effroyablement « malades » dans l’environnement A-MORAL dominant hors duquel, pour survivre, il leur est devenu économiquement impossible de s’écarter, sont si élévés ?

    Jusqu’à présent en effet, malheur à ceux qui refusent DE S’Y SOUMETTRE !

    Mais l’absence de « conscience morale » au nom de la recherche de profitabilité sans limite et au nom de l’accaparement des ressources par une infime minorité de dominants, fusse-ce sous le prétexte fallacieux de nourrir la planète, peut-elle encore longtemps servir de béquille idéologique à des modes de gouvernance et de régulation qui semblent avoir complètement perdu le nord ?

  6. L’amoralité en économie est le cache-sexe, la version présentable, policée, hypocrite, de l’immoralité déclinée dans la réthorique des cyniques, développement logique d’une époque où le nihilisme triomphe. Ce qui compte, c’est que les apparences soient sauves !

  7. @ Paul Jorion

    J’ai parfois du mal à vous suivre. Dans un autre fil de discussion, j’avais assimilé le mécanisme des subprimes à une escroquerie et vous m’aviez repris en me disant que je n’avais rien compris, que les pauvres pouvaient payer.

    Aujourd’hui vous nous décrivez, exactement le mécanisme que je dénonçais, si ce n’est pas de l’escroquerie, alors comment qualifier vous cela ?? L’intention de nuire étant clairement présente dès le départ du montage financier dans l’exemple que vous nous donnez.

    A une époque pas si lointaine, le vendeur vous accordait un escompte pour paiement comptant, aujourd’hui on vous accorde plutôt une remise si vous achetez à crédit. Le vendeur n’aurait-il pas plus intérêt à vendre du crédit que le bien ou le service ??

    Paul Grisham dans un de ses ouvrages décrivait le mécanisme d’une complémentaire santé qui décide de refuser systématiquement toutes les demandes de remboursements, pariant sur le fait que moins de 10% des assurés réclameront leurs droits et que sur ces 10%, à peine 10% entameront une procédure en justice. Dans ce dernier cas une transaction à l’amiable permettra de régler le problème. Pour tous les autres on se contente d’encaisser les cotisations sans rien assurer. Fiction ou réalité du système ??

    Vouloir moraliser le capitalisme revient à essayer de rendre un tigre végétarien, c’est tout bonnement impossible.

  8. Il y a une tendance déplorable chez certains prêteurs d’argent, à profiter de la misère ou de la situation précaire des personnes. Ces comportements sont contre nature pour d’autres.
    La pratique que vous évoquez est choquante, mais plus rien ne m’étonne des Etats-Unis depuis la révélation sur la crise et le mécanisme de dilution des subprimes.
    Maintenant, toutes les banques ainsi que tous les professionnels de la finance, ne sont pas condamnables.
    La règlementation et/ou la régulation doivent évoluer pour moraliser la profession bancaire, et surtout lui conférer un véritable rôle de relance et de soutien de l’économie (ce qu’elle a fait dans le passé, et qu’elle aurait toujours dû faire)
    Pour moi (et j’en suis de plus en plus convaincu à la lecture de votre blog), cela ne pourra se faire qu’en :
    1. nationalisant les établissement de crédit. Mais se posera dans ce cas le problème des augmentations de capital nécessaires pour poursuivre leur développement
    2. renforçant les compétences et le profesionnalisme du Personnel (y compris en éthique-déontologie)
    3. mutualisant les risques de contrepartie selon des critères acceptés et reconnus par toutes les parties
    4. obligeant les banques à se recentrer sur les activités les plus profitables à l’économie « réelle »
    A défaut, les banques vont cristalliser la haine et le ressentiment général si de nouvelles difficultés surviennent avec des conflits sociaux durs.
    Cela dit, je m’interroge également sur le principe même du crédit.
    Faut-il continuer à demander aux banques de faire du crédit quand on observe que les économies occidentales sont victimes d’un excès d’endettement ?
    Si oui, ne doit-on pas revenir à « l’encadrement du crédit » ?
    La création monétaire est une chose trop sérieuse pour la confier à nos politiques m’a t’on enseigné il y a quelques années… Il y a du vrai mais elle ne doit pas non plus échapper à tout contrôle. Le « marché » ne s’auto-régule pas !

  9. A ceux qui ne l’auraient pas encore vu, je conseillerais la vidéo de Paul Grignon : » L’argent dette  » cette vision des mécanismes financiers n’est jamais enseignée.

    @ Laurent :  » La pratique que vous évoquez est choquante, mais plus rien ne m’étonne venant des Etats-Unis  »

    Croyez-vous que ces pratiques soient différente ailleurs ?

    Lire l’article du Monde du 04.08 d’Helène Bekmezian :  » L’Islande face à un scandale bancaire de plusieurs milliards d’euros  »

    Croyez-vous que seul le monde de la finance soit en cause ?

    Quand il y a une pomme pourrie dans un panier très rapidement c’est toutes les pommes du panier qui pourrissent. Regardez la structure des conseils d’administrations des entreprises du CAC 40 la « consanguinité » déjà dénoncée à l’époque du scandale de vivendi y est toujours de mise. Il n’y a pas que les traders qui se gavent de stocks options !!!
    Voir l’affaire EADS actuellement !!!

    Enfin,  » Si la création monétaire est une chose trop sérieuse pour la confier à nos politiques et qu’elle ne doit pas échapper à tout contrôle, à qui voulez-vous la confier ??

  10. A Laurent [10:01]

    [1]
    Différencier les métiers hétérogènes pour les séparer physiquement
    notamment les métiers aux risques à moins d’un an et les autres (long terme et moyen terme)
    (au passage les entités auront une taille plus humaine et seront plus aisément contrôlables)
    [2]
    Innover dans les structures de contrôle (localisation, sélection, composition, etc.)
    (hors Etat, hors Collectivités locales, hors Bankers Associations, hors prestataires payés par Bankassur)
    [3]
    – Bâtir une « Première Tranche de Neuf » à côté de l’existant
    [4]
    – Préanticiper – PréLégiférer – PréProgrammer D et E
    [5]
    – Médiatiser – Officialiser – Valider
    [6]
    – Faire monter en charge une « Seconde Tranche de Neuf » à côté de l’existant
    [7]
    – Faire entrer-en-vigueur le Programme « E »
    [8]
    – Recomposer l’existant sans heurt
    [9]
    Avant l’étape 5, rien à attendre des parlementaires-godillots et des Exécutifs (LaBrochette étendue au G20+p)
    Voulez-vous que X ou Y (François Leclerc ?) fasse
              — de façon aussi neutre qu’il est possible (Islande et BNP compris )
    (a) la liste, depuis le début de la crise, des comportements dommageables et décisions négatives des Parlements et Exécutifs ?
    (b) la liste, depuis le début de la crise, des comportements honnêtes & responsables et décisions positives de ces mêmes « pouvoirs » dont l’autorité (intellectuelle, morale, etc.) est epsilonesque
    (pour ne pas dire nulle)

    Q1 : L’idée de nationaliser serait-elle pour vous un réflexe automatique comme vous laver les dents le matin ?

    Q2 : Que pensez-vous de Allfeel sur le billet du 7 aout intitulé L’instabilité des marchés est-elle une fatalité ? par Jean-Paul Vignal – Allfeel le 8 aout à 20:21 ?

  11. Il est assez courrant de voir de ouvriers se faire saisir leurs biens pour rembourser leurs crédits, c’est déja plus rare de voir des patrons de banques ou des tradeurs obligés de rembourser les primes et les salaires percus voir tousleurs biens pour renflouer leur banque en difficulté a cause d’une mauvaise gestion de risque ou de rémunérations démeusurées.En fait ces salaires qui étonnent tout le monde sont pris dans les provisions qui devraient assurer les imprévus mais il semble évident que si on provisionne tous les risques l’activité banquaire devient beaucoup moins intéressante.
    Une question : Pourquoi les banques ne sont elles pas légalement responsables des prets qu’elles accordent?
    Les contrats signés par les clients ne devraient pas pouvoir etre revendus via les produits dérivés, pas revendu du tout
    un contrat de pret immobilier devrait lier le banquier a l’emprunteur jusqu’au remboursement intégral , la banque étant coresponsable des difficultés de remboursement on ne peut pas exiger des intérrets sur 30 ans sans prendre le moindre risque parce que les risques c’est AIG et les emprunteurs puis les états et les contribuables qui les prennent d leur coté les banques profitent des interrets.(privatisation des profits , externalisation des dettes, et finalement en bout de chaine monétarisation)
    Mais évidemment il y aurait moins eu de prets, beaucoup moins et surement une crise d’une autre nature du genre fin de l’hyperconsommation ,et de l’hyperpuissance a crédit américaine.
    On peut donc affirmer que les banques en accordant des crédits suprime et autres crédits a la consommation ont accordé un surcis aux états Unis et au reste du monde pour leur éviter de se poser la question de la viabilité de notre société de consommation actuelle.
    Et maintenant? Maintenant on parle de reprise, je pense qu’il y a méprise
    Les grande entreprises apres avoir fait de la sous traitance et de la délocalisation vont survivre mais surement pas en faisant travailler en europe ou aux états unis nous sommes en voie de nous aligner sur les pays en voie de développement
    nous en en voie de régression économique , en espérant que nous nous ne rejoindrons pas ces pays trop bas.

  12. Citation
    Bob :
    « Enfin, ” Si la création monétaire est une chose trop sérieuse pour la confier à nos politiques et qu’elle ne doit pas échapper à tout contrôle, à qui voulez-vous la confier ?? »

    Au peuple.

    Vivement que le secteur bancaire et le secteur financier soient unifiés et nationalisés sous contrôle populaire.

    Vivement que la banque centrale européenne devienne publique.

    De la transparence, du contrôle et pas de magouilles.

  13. J’ai beaucoup de mal à comprendre en quoi l’anthropologie proposerait un angle de vue privilégié pour la compréhension des problèmes sociaux, alors que le seul « bon bout de la lorgnette » est, de toute évidence, une petite partie de l’éthologie, qu’on nomme « dominance ».

    Tout est sans doute bien trop simple à comprendre (ou trop « populiste »), puisque, quand on a compris ce qu’est la dominance animale, et, particulièrement, en quoi il est démentiel de répliquer la dominance animale avec la dominance sociale, tout devient d’une limpidité déconcertante.

    Il suffit, par exemple, de comparer la courbe des compétences (logarithme tendant vers un maximum) à la courbe exponentielle des salaires et fortunes personnelles, pour tout comprendre du système et des solutions, plus qu’évidentes, à la résolution des ses dysfonctionnements.

    Egalement plus qu’évident: Le fait que, depuis le néolithique jusqu’à aujourd’hui, personne n’ai jamais proposé de museler la dominance sociale (comme nous l’avons relativement fait pour les violences physiques inter-individuelles), alors qu’une simple loi pouvait changer la face du monde à tout moment. Ce qui montre que l’ensemble de l’humanité VEUT de cette dominance sociale qui est pourtant la seule cause de touts ces maux. [Voir, par exemple, ce que dit « Rage », au sujet du « sport de haut niveau » dans l’un de ces derniers papiers, et qui démontre parfaitement que, même pour les sujets les plus clairvoyants, toucher aux absurdités les plus manifestes de la dominance sociale, est totalement… hors sujet].

  14. @ Bob

    L’adjectif « subprime » renvoie seulement à une classe de la population : en gros, les pauvres. Ceci dit, le mécanisme du prêt à la consommation subprime dans l’immobilier et dans l’automobile, sont entièrement différents. Ce que je décris ici pour l’automobile, correspondrait pour l’immobilier à ce que l’on appelle « predatory lending », le prêt-rapace, pas à ce que l’on appelle « subprime ».

    Je recopie ici ce que j’en dis dans « Vers la crise du capitalisme américain ? » (2007 : 148-151). Le livre est épuisé mais sera republié en novembre aux Editions du croquant.

    Le « prêt rapace »

    L’État fédéral, comme on l’a vu, se contente dans les cas d’abus probable (couverts par la Section 32 du Règlement Z), d’interdire un très petit nombre de cas de figure parmi les plus choquants, et oblige simplement le bailleur de fonds à informer l’emprunteur de ses droits et de ses recours possibles, en particulier qu’il lui est loisible de se raviser dans les trois jours ouvrables qui suivent la conclusion du contrat, et des dangers qui le guettent, en particulier de voir son logement saisi en cas de non-paiement. La principale contribution du gouvernement fédéral au débat avait consisté à éliminer la notion de « taux d’intérêt usuraire » du domaine des prêts hypothécaires en promulguant en 1980, sous la présidence de Jimmy Carter, l’Institutions Deregulatory and Monetary Control Act, l’« Acte de déréglementation et de contrôle monétaire des institutions ».

    Devant cette carence gouvernementale, les divers États de l’union sont intervenus l’un après l’autre, s’efforçant d’interdire au niveau local les pratiques les plus détestables. L’expression utilisée à leur propos dans les textes légaux est celle de predatory lending, autrement dit de « prêt rapace ».

    Je mentionnerai, sans entrer dans les détails, les rubriques les plus souvent rencontrées dans les législations des États sur ces questions.

    a. Les prêts accordés en vue de bénéficier de la saisie

    La pratique la plus scandaleuse est celle qui consiste pour un bailleur de fonds à accorder un prêt dont les conditions financière sont telles qu’il sait pertinemment que l’emprunteur n’arrivera pas à y faire face sur le long terme, dans le but simplement de tirer profit de la saisie, qu’il sait inéluctable. La décision du prêteur de financer le consommateur est alors fondée non pas sur la capacité de l’emprunteur à verser des intérêts sur une somme prêtée mais uniquement sur l’equity, le capital propre captif dans la maison et dont il entend s’accaparer en ordonnant la saisie de l’immeuble.

    Ce type d’escroquerie est appelé flipping : « chiquenaude ». Je mentionnerai un peu plus bas une autre pratique frauduleuse appelée, elle aussi, flipping.

    b. La mortgage assurance à prime unique
    On a vu que dans les cas où l’emprunteur n’est pas à même de faire un apport personnel de 20% au moins, le prêt doit être assorti d’une assurance couvrant la partie manquante. Une manière aisée pour le bailleur de fonds de garantir que les primes seront payées consiste à inclure la totalité des primes dans le montant du prêt initial. La prime unique, calculée de cette manière couvre la durée entière du prêt, soit souvent les quinze ou trente ans du prêt hypothécaire. Cette manière de calculer le montant de la prime ignore le fait que, par exemple, dans le cas d’un prêt de trente ans avec amortissement, aux alentours de la sixième année, 20% de la somme empruntée auront nécessairement été remboursées et que l’assurance aura cessé du coup d’être requise. Une appréciation du prix des habitations dans la région contribuera à écourter encore davantage cette période.

    En 2000, un rapport du ministère du logement américain consacré aux « prêts rapaces » recommandait que les assurances sur mortgage à prime unique soient interdites pour tous les types de prêts au logement. Fannie Mae et Freddie Mac réagirent immédiatement en annonçant qu’elles n’achèteraient plus désormais de prêts hypothécaires assortis d’une assurance à prime unique. Les États prenaient eux leurs propres dispositions.

    c. Les prêts à « 125% LTV »

    On a vu que lorsque l’apport personnel est faible et que le prêt est récent, il est très probable que le prix qui s’obtiendrait si la maison était revendue serait insuffisant à couvrir le montant restant à rembourser. On parle alors de negative equity, de « capital propre captif négatif ». Il existerait évidemment a fortiori une negative equity si le montant du prêt dépassait la valeur de l’immeuble au moment même où il est consenti.

    Le marché sous-prime s’est spécialisé dans le prêt dit à « 125% LTV » où le consommateur emprunte une somme d’un montant équivalent à 125% de la valeur estimée du logement. Les candidats à l’accession à la propriété qui connaissent par ailleurs des difficultés financières sont friands de ce genre de formule du fait qu’elle dégage de l’argent liquide qui pourra servir à éponger d’autres dettes. Lorsqu’il existe du « capital propre captif positif » dans la maison, parce qu’une partie du prêt a déjà été remboursé, ou parce que le marché local de l’immobilier a connu une hausse du prix des habitations, autrement dit, lorsque l’occupant est réellement propriétaire d’une partie au moins des murs, il lui est loisible de mettre ce capital captif en gage d’un nouvel emprunt. C’est là, nous l’avons vu, la formule du Home Equity Loan, et l’argent liquide ainsi dégagé est généralement utilisé pour rembourser des dettes encourues ailleurs, par exemple sur un prêt étudiant ou sur des cartes de crédit et, comme nous l’avons vu aussi, du fait que le gage est la maison d’habitation, le numéraire ainsi obtenu n’est pas sujet à taxation. Aucun de ces avantages n’est bien entendu d’application pour les 25% obtenus dans un prêt à « 125% LTV » en sus des 100% garantis par la valeur de l’immeuble. Rien n’a été mis en gage pour ceux-ci, et les consommateurs qui imaginent avoir trouvé ici un moyen pratique pour éponger d’autres dettes doivent déchanter.

    d. Les refinancements à répétition

    On a vu que la législation oblige les bailleurs de fonds à communiquer au consommateur le taux « tout compris », dit APR, où les frais divers liés au prêt sont assimilés à une surcharge de son taux d’intérêt. Pour qui comprend exactement la manière dont l’APR est calculé, il s’agit effectivement du moyen qui lui permet de comparer objectivement l’ensemble des offres qui lui sont proposées. Le consommateur moins averti se laissera lui aisément convaincre par le courtier qui lui affirmera qu’il est de son intérêt de refinancer un prêt à 15% par un nouveau à 13%. Comment pourrait-il en être autrement ? Il ne se rendra pas compte que l’avantage apparent du taux moins élevé a en réalité été complètement absorbé par les nouveaux frais et commissions générés à l’occasion du refinancement.

    Le courtier qui a convaincu au départ un consommateur d’acquitter un taux exorbitant sur son prêt peut ainsi tout à loisir le recontacter régulièrement pour lui offrir un refinancement à un taux plus favorable, chacune de ces opérations étant pour lui l’occasion de toucher de nouvelles commissions. Cette pratique du refinancement à répétition, encouragée par un courtier est qualifiée, comme celle mentionnée précédemment où le bailleur de fonds cherche à saisir l’immeuble, de flipping, de « chiquenaude ». Il s’agit là aussi d’une des pratiques dans le collimateur du législateur au niveau des États sous le nom de « prêt rapace ».

    1. pour votre information le livre est disponible sur commande (fait a l’espace culture de monsieur E.L le week-end dernier (délai 3 jours)) pour le recevoir dans leur boutique? (un « vieux » stock ??))

  15. @ Bob

    Le mécanisme décrit par Grignon dans sa vidéo est inexact. Nous en avons démonté les erreurs au fil des mois. Faites une recherche « Grignon » dans la colonne de droite.

  16. @ Paul jorion

    Merci pour votre réponse, mais je dois avouer que j’ai du mal à faire le même distinguo que vous entre « predatory lending » ou prêt-rapace et subprime. Il y a une subtilité qui m’échappe quelque part tant la description des deux mécanismes me semble procéder de la même intention initiale et aboutir au même résultat final : la ruine de l’emprunteur.

    Le plus surprenant actuellement étant que ni l’emprunteur qui perd sa maison ou sa voiture ni le préteur qui les fait saisir ne tirent avantage de cette situation. l’un est à la rue ou à pied et l’autre se retrouve avec des maisons ou des véhicules souvent invendables dont il ne tirera quasiment aucun bénéfices. Dès lors pourquoi dès le début de la crise en 2007 ne pas avoir procédé au réechelonnement ou refinancement ( durée de remboursement certes plus longues, mais taux fixes et mensualités compatible avec les capacités de remboursement des emprunteurs ) Tout le monde y aurait « gagné » et pourquoi le gouvernement US n’a pas poussé cette solution plutôt que de choisir de renflouer les banques à fonds quasiment perdu. Est-ce une stratégie délibérée pour paupériser la population, dans ce cas quel intérêt ???

  17. @bob
    Les preteurs on trouvé mieux que se faire rembourser ils ont revendu en partie leurs créances douteuses via les produits dérivés,
    ils se sont payés des primes et des salaires pour plusieurs milliards sans provisionner les risques, certains ont meme revendu les actions de leurs propre banque au plus haut avant qu’elle ne se déclare en difficulté, ensuite ils ont fait appel aux états pour emprunter quelques milliards, ont investis des milliards sur les matières premières a la baisse avant le crack et a la hausse apres le crack avec l’emprunt d’état de quoi rembourser les prets a l’état et se payer encore quelques milliards de primes
    avec ca ils saisissent encore les maisons de personnes en défaut de payement et inscrivent dans leurs comptes des valeurs a ces biens qui leur permettent de ne pas avoir a provisionner et donc de se repayer encore une tranche de primes.Avec ca elles se sont positionnées massivement sur les énergies renouvelables et sont pretes a dégainer pour faire flamber le pétrole comme jamais pour rabattre les capitaux dans la bulle verte, ca me fait penser aux techniques de chasse des orques.
    Maintenant il ne s’agit la que d’un appercu des pratiques des grandes banques américaines, dire qu’elles ont souffert de la crise des subprime c’est un peu exagéré il me semble.

  18. @bob
    Le probleme c’est que beaucoup d’emprunteurs ont une capacité de remboursement nulle voir négative
    qand ont emprunte pour se nourrir ca devient difficile de faire un echéancier surtout quand le chomage explose.

  19. Je ne suis preque pas disponible et vais vite. Mais attention aux « certitudes », car les faits, et rien qu`eux, quelque soit la perception qu`on en a, nous rattrappent, obligatoirement. Ce qu`il y a dans ce LIEN est incontournable; comme du reste, TOUT CE SITE en son entier:

    [http://www.yhad.fr/yhad_eco/comprendre/precurseurs/3-socrate.htm]

  20. @ Rumbo

    Paul Grignon parlant par la bouche de Socrate ! Il ne manquait plus que cela !
    Par respect pour la mémoire de mon maître antique, j’ai ajouté des crochets (la méthode démocratique que j’ai choisie pour signaler mon désaccord total).

  21. @francois jeru
    Je ne pense pas que Jean Paul Vignal ai suffisemment approfondit le sujet de la volatilité, instabilté des marchés,
    dire que la volatilité est due a l’accélération des transactions n’est pas suffisant l’article sur golman Sach publié dans Rolling Stone dont on peut retrouver une traduction en francais si on cherche bien est éclairant
    les prédateurs financiers ne font pas que profiter de la tendance et de la volatilité le probleme c’est qu’ils ont les moyens de les créer de toute pièce d’en décider le début et la fin, créer une bulle dans un secteur apres avoir acheté ce secteur d’activité, et vendre quand tout le monde a acheté avec effet de levier bien sur et profiter des déséquilibres directs et indirects.
    Evidemment c’est du travail et je veux bien croire que chez GS ils ne choment pas mais c’est un travail de destruction des équilibres économiques a grande échelle.Vous pensez que ca ne concerne que ceux qui jouent en bourse , bien sur que non : le baril a 150 euros était déja une manipulation vous serez bientot contraint de choisir entre payer votre carburant a 2 euros le litres et acheter une voiture électrique a crédit a 20 000 euros, nous payons donc un tribut aux spéculateurs et ca s’étend a la nourriture (cours du blé) et a l’eau (c pour bientot) , et le droit de vivre avec les vaccin H1N1

  22. Jean Paul Vignal est bien sympatique avec son mouvement Brownien mais il a autant proposer aux tradeurs et aux dirlos de banques une reconversion a l’ANPE en pêche a la ligne traditionnelle.

  23. bonjour à tous
    le capitalisme s’est construit comme tout systeme,en évolution et contraint par des gens jouant personnels, à court terme et ayant un rapport de force puissant(l’accumulation,voir donc le probleme de succession)
    le premier probleme est son objectif meme,le profit par un acte passif (c’est-à-dire les interets)
    les interets,finalement,ne devraient pas exister
    le profit actif n’est pas à rejeter mais à le canaliser par des sa à but non lucratif,et des scoop
    et un banque nationale prettant à tous sans interet sur projet viable et solvable crée (bien sur,cette banque frappant monnaie) et en supprimant la speculation,la solution est assez simple,il faut simplement travailler le systeme en changeant de cadre,penser collectif et etre courageux
    finalement,le cnr avec de gaulle l’avait fait alors pourquoi pas nous(j’admets bien volontier, quand j’étais jeune,que je n’avais pas vu l’ampleur du personnage meme par rapport à mitterand,les autres etant finalement des joueurs de second rang et meme de troisieme rang pour certain!)

  24. @ Alfeel

    Entièrement d’accord avec vous, pour résumer toute la finance repose sur un immense schéma de Ponzi, in fine est-ce que les financiers eux même en sortiront gagnant ?? pas sûr.
    Il y a tout de même quelque chose de totalement incompréhensible dans la situation actuelle, à moins que tous ces types soient adeptes de thèses millénaristes et que pensant la fin du monde proche ils aient décidé de s’envoyer en l’air une dernière fois avant le Big Bang leurs conduite est totalement suicidaire.
    Voir Wells Fargo se faire un procès à elle-même on atteint tout de même les limites du surréalisme non??

  25. Comment rénumérer les traders?
    Avec des dérivés de dérivés(« maison »!..car il n’y qu’eux qui en connaissent la valeur réelle…

  26. @ Alfeel
    Je suis d’accord avec vous (malheureusement) dans tous vos développements. Votre réalisme et votre vision aiguisée du système actuel sont éloquents. Mais alors, que reste-t-il au commun des mortels et aux « dirlos de banques » : se préparer à aller pointer à l’ANPE pour une « reconversion en pêche a la ligne traditionnelle » ?
    Doit-on être à ce point résignés face aux tout puissants financiers, nocifs et cupides ?…
    Jusqu’à une solution en ION : Révolution, spoliation, hyper-inflation, etc…

  27. @Bernard
    On a laissé s’éteindre tout un pan de l’artisanat en france des métiers avec un véritable savoir faire artistique
    je ne vois pas pourquoi on sauverait les banques et les activités de trading qui en fait ne produisent rien a part de la volatilité et des pertes pour les petits actionnaires alors qu’on a laissé mourrir le savoir faire comme les manufactures de textile haut de game en france . POurquoi voulez vous rémunérer les tradeurs ,qu’on décide que ce soit une activité réservée aux indépendants et interdite aux banques et qu’ils payent leurs impots et leurs charges sociales eux memes comme les autres et quand ils se plantent qu’ils aillent faire leurs stages de reconversions bidons a l’anpe non rémunérés et le probleme sera règlé.
    Et ne me parlez pas de l’apport de liquidités dont les marchés auraient besoin leur apport correspond exactement a la définition d’une planche pourrie.
    @bob
    Je n’ai pas entendu parler de ce procès mais:
    Se faire un procès a sois meme est un bon moyen de choisir ses boucs émissaires ou de gagner du temps sur les procédures a charges et a décharge.Ca peut leur donner la possibilité de créer des vices de procédures qu’ils pourront dénoncer ensuite
    de toute manière les condamnations des banques sont toujours ridicules par rapport aux gains et aux préjudices subits par les tiers, ils gagnent sur tous les tableaux, temps , argent et image de probité…sans oublier qu’ils ne pourront pas etre rejugés ensuite pour les meme faits, ca peut etre utile.

  28. Paul, Grignon ou pas Grignon, si Socrate « coince » un banquier (et Socrate n`est pas le seul a le faire, et de loin) je
    n`y suis pour rien.

  29. Paul vous dites : « …..la méthode démocratique que j’ai choisie pour signaler mon désaccord total »………….
    depuis quand choisi-t-on individuellement un « méthode démocratique »?

  30. recette pour une imposture réussie :

    prétendre qu’on a Socrate pour maître, alors qu’on a servi les banquiers pendant vingt ans

    Diogène Laërce dit de Socrate :

    Quelquefois il jetait les yeux sur la multitude des choses qui se vendaient à l’enchère,
    en pensant en lui-même : Que de choses dont je n’ai pas besoin !

    Il récitait souvent ces vers :

    « L’argent et la pourpre sont plutôt des ornements pour le théâtre que des choses nécessaires
    à la vie. »

    Il méprisa généreusement Archélaüs de Macédoine, Scopas de Cranon, et Euryloque de Larisse, refusa leur argent, et ne daigna pas même profiter des invitations qu’ils lui firent de les aller voir.

    Lors même que Socrate souffrait la faim, il ne put se résoudre à devenir flatteur.

  31. Pas de chance que Natixis http://monnaie.wikispaces.com/file/view/Natixis022009.pdf dise la même chose que Socrate 🙂
    Je cite
     » Une autre façon de se persuader de cette discontinuité est de regarder le
    multiplicateur monétaire. Il mesure la quantité de monnaie (M1) dans l’économie en
    rapport à la monnaie banque centrale (la base monétaire).
    Alors que les banques européennes génèrent habituellement 4800 euros à partir
    de 1000 euros de monnaie banque centrale (multiplicateur moyen de 4,8), la
    capacité de création monétaire des banques est tombée à 3500 euros depuis
    Lehman (graphique 10), ce qui traduit non seulement la hausse des réserves
    volontaires auprès de la banque centrale, mais aussi une plus forte propension des
    agents privés à détenir de la monnaie fiduciaire (graphique 11), signe de défiance.
    Pour que la masse monétaire augmente avec l’assouplissement quantitatif, le
    multiplicateur doit retrouver une valeur normale. « 

  32. @ candide

    Vous avez raison, j’aurais dû écrire : « la méthode démocratique que j’ai choisie unanimement pour signaler mon désaccord total ».

  33. Comment réellement moraliser ce qu’il y a de plus bas ou pulsionnel en l’homme ? En voulant continuellement rejeter en l’autre ou en nous tout ce qui pourrait mieux réfréner cela ? Et à chaque fois on ne comprend toujours rien à rien et on recommence à fonctionner très machinalement comme auparavant d’où ce léger petit rebond passager en bourse.

    Le meilleur exemple de leur comportement est celui d’un organisme mort, sans âme, sans vie, dont les grosses cellules cancéreuses contaminent de plus en plus le monde pour le seul bénéfice supplémentaire de quelqu’uns.

    Comment décrire et dessiner à l’avance un tel monde, un tel état intérieur ou extérieur plus ou moins faussement rassurant à voir pour tous, plus moral, plus responsable, l’histoire celle que nous préférons d’abord faire voir et entendre à une société.

  34. @Bob
    on ne parle pas à proprement parlé d’escroquerie quand les personnes dupées le sont volontairement et en toute connaissance de cause ou en ayant au moins tous les moyens pour savoir « à quel sauce ils sont mangés ». Il n’y a là que bêtise.

  35. @ Paul , difficile de faire coïncider l’adverbe « unanimement » avec un singulier…..du moins à ma connaissance….
    pour revenir au débat sur la morale,l’a-moralité,l’immoralité ……il s’agit de nous faire accoucher de quoi (maieus)?

  36. Pour ce qui est du crédit je pense que personne n’a vraiment compris ! Tant que l’on considère et que l’on fait en sorte que ce soit le seul moyen pour pouvoir travailler on maintiendra la rente pour les plus riches et on leur fera des courbettes. On continue et on oblige même les banques à prêter aux plus pauvres mais cela finit par les asservir à vie. Le bénéfice de leur travail ne leur reviendra jamais et ira au « remboursement » de l’investissement qui n’est en fait qu’une image puisque l’investissement réel est par exemple les outils de travail et non l’argent.

  37. @Bob: « Il y a tout de même quelque chose de totalement incompréhensible dans la situation actuelle, à moins que tous ces types soient adeptes de thèses millénaristes et que pensant la fin du monde proche ils aient décidé de s’envoyer en l’air une dernière fois avant le Big Bang leurs conduite est totalement suicidaire. »

    La fin du système (de n’importe quel système) ne provient pas de ces comportements. Ces derniers n’apparaissent d’ailleurs comme idiots que parce que le système s’écroule (ces comportements existent depuis toujours, souvent au grand bénéfice de ceux qui les appliquent). C’est comme dire que la chute de l’Empire romain est dûe à la corruption des moeurs (moeurs qui auraient été purs dans un passé mythique, à l’époque de la république romaine par exemple) ou que l’Empire aztèque s’est effondré à cause de l’ineptie religieuse de ses dirigeants. Les causes de la mort des systèmes est beaucoup plus pragmatique, ils atteignent des obstacles tangibles insurmontables. Aujourd’hui, c’est peut-être l’informatique qui a causé la perte du capitalisme en rendant possible une bulle financière indigérable par les Etats (contrairement aux précédentes).

    PS: sur les supposés moeurs purs de la République : http://www.empereurs-romains.net/empret21a.htm#9
    sur le causes de la chute de Rome, une hypothèse que j’aime bien, l’usage intensif du plomb : http://www.empereurs-romains.net/empret27b.htm#15 (d’autres hypothèses: la sécheresse et aussi déjà un effondrement de l’économie et de la finance)

  38. @ Jean-Baptiste

    On peut voir les choses ainsi en effet;
    En fait les vrais responsables de la crise ce sont les pauvres!!
    S’ils avaient été moins bêtes tout marcherai encore comme sur des roulettes, c’est vrai il n’avaient qu’a pas prendre de crédits vu qu’ils y comprennent rien.
    Admettons, mais dans ce cas la consommation se serait écroulée depuis longtemps et le résultat serait à peu près identique. Sans consommation pas de capitalisme.

    Je crois également qu’on oblige pas les banques à prêter aux pauvres, elles recherchent cette clientèle très lucrative, elles ont mêmes des organismes ad hoc pour eux : Cete…. Fina… et compagnie avec de jolis crédits spécialement étudiés pour eux et des taux défiant toute concurrence à 20% et plus.

  39. Bonsoir à Tous,
    Puisque l’on mentionne de Paul Grignon… : La vidéo Money as Debt existe maintenant dans une nouvelle version complètement nouvelle intitulée : Money as Debt II Promises Unleashed. Apriori, cette version corrige l’erreur des travaux précédents sur la création monétaire, (avec la fameuse polémique!) et élargie l’analyse du problème intrinsèque de notre système monétaire.

    Le document est sur Youtube:
    (http://www.youtube.com/watch?v=_doYllBk5No&feature=PlayList&p=879A14495D29C64F&index=0&playnext=1)

  40. à Betov.
    Votre angle de vue éthologiste me paraît très éclairant. Faut prendre du recul, ce que vous faites. A quand un éthologe dans ce blog ?
    (dans quel billet « Rage » que vous citez a-t-il parlé du sport de haut niveau ? Ca m’intéresse. Merci.)

  41. à Serge [23:55]
    Aurait-il l’idée de séduire une héritière ? … Tant d’idées étranges !
    Qu’en pense le fan d’éthologie [23:09] ?

  42. « Ce qu’il y a d’emmerdant dans la morale, c’est que c’est toujours celle des autres » disait mon pote Léo en 68.
    Son « ni dieu, ni maitre  » libertaire ne pouvait créer que ce vertige entre le singulier fondateur de LA morale et le pluriel despotique de la complexification, l’anti-chambre anthropique de l’ultime Kao.

    « Anarchie in UK » »No future » qu’ils disaient en 77 mes actuels banquiers quinquas de la City… De bons prévisionnistes! Non?

    De la moralité et de son corollaire, l’immoralité, toutes deux du domaine de « Dieu »et du « jugement », dernier ou non, nous sommes passé à l’ammoralité « luciférienne » et « mathématique » du dieu Fric celui qui absout sans « confessions » et « sans jugement » toutes les fautes terrestres.

    Merci pour votre confession unanime monsieur Jorion.
    Dieu vous le pardonne!!!???…..

  43. Geithner Asks Congress to Increase Federal Debt Limit

    By COREY BOLES and MICHAEL R. CRITTENDEN

    Washington — U.S. Treasury Secretary Timothy Geithner asked Congress to increase the $12.1 trillion debt limit on Friday, saying it is « critically important » that they act in the next two months.

    Mr. Geithner, in a letter to U.S. lawmakers, said that the Treasury projects that the current debt limit could be reached as early mid-October. Increasing the limit is important to instilling confidence in global investors, Mr. Geithner said.

    The Treasury didn’t request a specific increase in the letter.

    « It is critically important that Congress act before the limit is reached so that citizens and investors here and around the world can remain confident that the United States will always meet its obligations, » Mr. Geithner said in a letter to lawmakers.

    Mr. Geithner said the that it is « clearly a moment in our history » that requires support from both Democrats and Republicans for the increase.

    « Congress has never failed to raise the debt limit when necessary, » Mr. Geithner said.

    The non-partisan Congressional Budget Office said Thursday the federal government’s budget deficit reached $1.3 trillion through the first ten months of fiscal 2009, on track to reach a record high of $1.8 trillion for the 12-month period.

  44. @Belgo-belge:

    « Rage » parle de sport de haut niveau dans son avant-dernier billet sur AgoraVox:

    « Il peut aussi passer par la force de la productivité (temps de travail ou organisation), la solidité des règles équilibrées encadrant le travail, la qualité de vie dans les entreprises, la qualité de l’encadrement et de la préparation des sportifs de haut niveau, et même encore par bon nombres d’autres voies donnant à la France un « attrait » par sa qualité globale de vie. »

    J’aime beaucoup les interventions de Rage, mais je dois avouer que mon estomac a fait un tour, lorsque j’ai lu cela, puisque, justement, il n’y aura aucun espoir pour une « humanité raisonnable », tant que la compétition sportive sera mise en avant (comme une caricature gratuite de la dominance sociale, le salaire du footballeur impliquant celui du directeur de banque, par l’absurde justification du « tout le monde ne peut pas le faire »).

    Ce que Rage dit réellement dans cette phrase, c’est que, sans les absurdité criminelles de la dominance sociale, le monde serait bien triste. Un peu comme un flic qui dirait « sans la grande délinquance, on s’ennuierait ferme »… Lamentable.

  45. @ Pierre : Anarchiste par l’inné et l’acquis , je récuse Léo Ferré , ce merveilleux poète et fabuleux salaud amoral et immoral , qui a planqué ses revenus à Monaco !

  46. @ Paul Jorion,

    donc,…
    suite à la modération de ma précédente « réponse » à cet article, je reviens sur mes propos :
    Les exemples que vous donnez dans cet article font état du cynisme amoral ou immoral entretenu par les acteurs financiers et économiques aux Etats-Unis. Ils témoignent de la très mauvaise qualité du dialogue « moral » qui existe entre les habitants de cette même nation.
    Je disais, dans le commentaire que vous avez modéré, que je comprends les actes désespérés des mêmes « pauvres » qui en France sont représentés par la classe ouvrière de plus en plus déclassée et qui sont victimes de la même absence de valeurs morales communes.
    J’ai peut-être dit que je cautionnais ou soutenais ces actions qui consistent à mettre le feu à des entreprises, ou bien « kidnapper » des cadres.
    Bon, si c’est le cas, je veux bien m’excuser d’avoir tenu ces propos sous couvert d’anonymat facile, mais je m’excuse du bout des lèvres seulement parce que ça coince quelque part, proximité de MOLEX oblige.
    Je ne veux pas justifier l’injustifiable, et d’ailleurs, en tant qu’enseignant en lutte contre les « réformes » de notre ministre précédent, je n’ai jamais défendu les désobéisseurs, car la démocratie représentative s’était prononcée.
    Je ne veux pas justifier l’injustifiable mais je note, en vous lisant, que certains acteurs économiques et financiers n’ont pas les mêmes égards que moi, je n’apprends rien à personne, et que les abus amoraux ou immoraux dont ils font preuve sont de nature à créer des situations explosives dont nous avons quelques avant-goûts.
    Rendez-vous à la rentrée sociale.

    Je n’aime pas faire des commentaires longs car ils alourdissent les blogs, mais ici c’est exceptionnel.

  47. Etrange comme ce concept de moralité revient dans les périodes de crise comme la nôtre. Un peu comme si on se demandait si il était moral qu’un Staline trucide des millions d’innocents. La réponse est évidente et ne mérite pas plus de 2 secondes de réflexion: non, point barre!

    Ce qui est intéressant, c’est le pourquoi de cette question: pourquoi diable continuons nous à nous insurger, à pousser des cris d’orfraie en observant les agissement des grands argentiers, petits financiers magouilleurs ou vulgaires filous en col blanc qui semblent avoir perfectionné leur art à des sommets inégalés ? Nous savons que ces agissements ne sont pas guidés par la morale, or nous sommes choqués dès qu’une différence trop grande intervient entre ce que la morale voudrait et les faits.

    Je me demande s’il ne faut pas aller chercher la réponse dans Montesquieu. Il nous explique très clairement que dans nos régimes démocratiques, c’est la vertu qui est le principe cardinal nécessaire à son maintien et à l’exercice correct du pouvoir. L’absence de cette vertu est (devrait être?) donc le principal objet de la surveillance populaire, garant en dernier ressort du système.

    Mais naturellement, le monde de la finance est tout sauf démocratique. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un système politique, mais s’il fallait l’y comparer je serai assez enclin à le comparer à un despotisme SDF (sans despote fixe 🙂 ) , les grands seigneurs se battant encore pour s’asseoir sur le trône. Or Montesquieu, encore lui, nous explique que c’est la crainte qui est le principe fondamental de ce système. Pourquoi, dès lors, demander à ce despote d’être moral? C’est la meilleure façon de se retrouver dos au mur avec un bandeau sur les yeux, ou sa version moderne: au chômage sans indemnités!

    Je ne crois pas à l’a-moralité, car la morale est universelle et peut s’appliquer à tout. En revanche, elle ne prime pas partout et peut être quantité négligeable dans bien des domaines. Si vous voulez changer cela dans tel ou tel domaine, il faut avant tout mettre en place un système où l’intérêt du système même serait d’être moral, car sinon aucune loi, aucune bonne résolution ne saurait brider l’énergie débordante de nos facétieux argentiers… Où l’on redécouvre l’intérêt de la séparation des pouvoirs et de leur contrôle réciproque….

    Sacré Montesquieu, il avait tout compris celui là…

  48. @Tchita:

    Ce que tu dis est parfaitement illustré par la célèbre expérience éthologique sur les rats, à l’univ. de Nancy. (je ne sais pas comment définir un lien. Google: « Nancy éthologie rats »…).

    Les rats aussi, avaient tout compris depuis la nuit des temps.

  49. @Betov:

    Rigolote, cette histoire de rats…
    Par contre je ne suis pas certain qu’on puisse faire un parallèle très pertinent avec la société humaine dès lors que nous nous plaçons dans un cadre où nous tentons – même imparfaitement – d’établir des règles de fonctionnement qui s’éloignent de ce qu’on pourrait résumer par la loi du plus fort, ou la loi du « par ici les bonnes croquettes maintenant que t’es bien crevé par tes 2 fois 1.5m en apnée et pas moi… ».
    Si les rats qui plongent s’étaient mis d’accord pour flanquer une pâtée à plusieurs aux non transporteurs avant de plonger, ça changerait sans doute la donne…

  50. @ Tchita : Pour avoir souvent cité Montesquieu pratiquement dans les mêmes termes et la même finalité que vous , sur tous ( 3 , n’exagérons rien ) les blogs que je fréquente depuis deux ans , je signe avec vous .

    Tarzan ajouterait que Montesquieu citait aussi comme mode d’exercice du pouvoir l’aristocratie dont la condition première serait l’honneur . Je redoute que tous les « experts » de ce siècle ne se comportent en fait comme des aristocrates sans honneur . Je n’ai jamais apprécié que deux aristocrates : De Gaulle , qui s’en est allé dans l’honneur et sans decorum quand il s’est senti désavoué; et Oscar Wilde qui écrivait que  » dans une démocratie réussie , tous les citoyens étaient des aristocrates « .

    Quoi qu’il en soit , Montesquieu et quelques anglais de l’époque avaient donné les clés : démocratie ,constitution , un homme -une voix , séparation DES pouvoirs ,force soumise au droit ( arma cedant togae) mandats limités dans le temps … Je suis sur qu’aujourd’hui ils ajouteraient RIC ( Referendum d’Initiative Citoyenne) pour rendre les clés de la cité aux citoyens trahis par la majorité des pouvoirs en place , et qu’ils s’offusqueraient des armées de métier .

    La moralité , ça s’inculque , ça se construit , ça se protège . Au niveau individuel ça se cultive comme une plante quand on a la chance d’en avoir été dépositaire ou héritier . Au niveau collectif c’est la même chose et je ne connais pas encore de meilleur outil que la démocratie et la garantie de l’expression des libertés telles qu’évoquées par les lumières du XVIII ème siècle …et celles d’avant j’en suis bien d’accord !

    Mais pour qu’elle vive ou survive , il faut se réapproprier les trois pouvoirs fondamentaux que le pouvoir financier et économique ont phagocités . Par les actions locales , les liens internationaux , le vote …ou par la violence si l’abjection continue . Dans ce mouvement je verrais bien avec Michel SERRES que la nature et le vivant deviennent un sujet de DROIT .

    L’amoralité , comme l’immoralité , c’est la mort de l’autre mais c’est aussi la mort de tous sur un navire sans canots de sauvetage .

    1. @ Juan Nessy
      Mon premier mouvement en parlant du mode de fonctionnement du monde financier a été de parler de l’aristocratie au sens de Montesquieu mais je me suis ravisé car l’honneur n’y est certainement pas la valeur fondamentale! D’où ce « despotisme sans despote » qui me convient à peine mieux.

      A dire vrai je me demande si ce que nous vivons ne sort pas quelque peu du modèle classique établi à cette époque. Si on identifie un système politique aux valeurs qui en font le socle, c’est sans doute la crainte et l’avarice qui forment la base du nôtre, d’où le despotisme que j’invoque. Toutefois, le pouvoir n’est pas détenu par un individu particulier mais par une classe supérieure dont certains intérêts (le maintien du système) convergent et sur d’autres points s’affrontent (qui aura la plus grosse part?).

      Ce qui est fascinant c’est la cohérence avec laquelle cette classe agit. Je ne crois nullement à une fumeuse théorie du complot qui voudrait qu’une société secrète tire les rênes en coulisse. Toutefois, je crois qu’un des axiomes de base de la théorie humaniste n’est que partiellement vrai et que c’est de là que proviennent beaucoup de nos actuels déboires. Il est sous-entendu que tous les hommes naissent égaux et avec des modes de pensée équivalent, au moins au départ. De ce fait, chaque homme possède une étincelle de raison qui le fait rentrer dans un cadre que l’on peut définir et structurer en système politique. Ne vous êtes vous jamais demandé comment diable tel ou tel dictateur/PDG/chef religieux pouvait conduire son peuple/entreprise/congrégation dans l’abîme sans remord ni hésitation? Ne vous êtes vous jamais projeté à sa place en en arrivant à cette ahurissante constatation que jamais vous n’auriez pu prendre ces décisions?

      Et si cet axiome de la raison universelle admettait des exceptions? Si parmi nous vivaient des humains dont la perception de l’autre était à ce point atrophiée que la raison qui se fonde sur la reconnaissance des intérêts des uns et des autres en serait absente? Ces êtres seraient supérieurement adaptés à un environnement concurrentiel comme le nôtre, car ils n’hésiteraient pas à mentir, tricher, voire plus (meurtre, guerre…). Ils en prendraient petit à petit les postes clés, par un processus que Darwin ne renierait sans doute pas (nul besoin de concertation ou de complot, je le répète). A ce stade, ils seraient les idoles qu’on présenterait à la masse populaire, l’influençant selon un modèle qui conduirait à toujours plus d’individualisme (car c’est la seule philosophie à leur portée, les autres n’existant que vaguement dans leur système de pensée).

      Ne serait-ce pas là le grain de sable qui grippe la machine humaniste et que nous devrions d’abord corriger? Car comment établir un système stable dans lequel certains individus s’affranchiraient des règles communément admises? Comment y parvenir quand le gendarme qui devrait veiller au grain est lui même une des premières cibles, un peu comme le sida infectant le système immunitaire?

      La folie et le mal s’adaptent eux aussi…

      Note: entre 1 et 3% de la population (le chiffre est faux dans l’absolu(0.5%? 5%?), l’ordre de grandeur lui est correct) répond aux critères médicaux qui définissent la psychopathie. La frange de cette population qui devient tueur en série (et donc se fait attraper) est tout à fait marginale. Que deviennent les autres?

  51. @ Tchita:

    Je n’ai pas trouvé de grande différence(s) entre la dominance naturelle animale et la dominance sociale. La seule que j’ai pu observer est le fait que les dominants humains ont inventé un système de caste (habillement, langage, origine sociale – qui, elle, existe aussi embrionnairement chez les primates… -), qui forme, en quelque sorte, un moyen assez habile qu’ont trouvé ces dominants pour ne pas s’entretuer.

    Une autre différence vient de l’aspect quantitatif du groupe soumis à la dominance. La dominance naturelle tend vers la scission au delà de 20 individus (pour la simple raison que, par exemple, deux reproducteurs ne peuvent pas passer leur vies à combattre pour une suprématie inutile), alors que la dominance sociale n’a pour limite quantitative que le monde globalisé.

    J’ai beaucoup ris, récemment, en entendant un directeur de SCOP dire qu’au delà de 20 salariés, il faudrait mettre au point un autre type de structure d’entreprise, parce que, au delà de 20, se forment des « sous-groupes ». Comme quoi, on peut très bien être un dominant naturel n’importe où…

    PS. Tu as peut-être lu rapidement cette histoire « des trois groupes » (dominants / dominés / indifférents). C’est ce troisième groupe qui montre la porte de sortie à l’humanité, en ne travaillant pas pour les dominants… des anarchistes, quoi. 🙂

  52. @Betov : L’anarchisme n’est certainement pas indifférent ! Il dit simplement  » fais toi toi même  » . Quand il s’allie au  » connais toi toi même » de la pensée socratique , il donne alors ( avec Montesquieu mais ne personnalisons pas trop ) la voie pour un homme plus libre dans une société plus juste .

    Sur la relation dominants /dominés , je préfère la vision « receveur / donneur » exprimée dans les concepts P2L ( Lien et Loi ) de Meyer YFRAH , car elle exprime mieux les qualités intrinsèques de chacun et leurs risques de dérives potentiels respectifs ( sur-protecteur ,pousseur ,gourou , dictateur pour le donneur // petit protégé ,traîneur,disciple asservi,hors la loi pour le receveur ).

    Si j’en crois d’ailleurs ce type d’approche, la meilleure façon de ramener à la raison des  » dictateurs  » serait ( pour autant qu’ils aient les qualité pour être des « puissants ») de leur refaire appréhender correctement le futur qui est leur relation au temps préférentielle . Reste à savoir qui sont et où se nichent vraiment les  » dictateurs » .

    A faire des rapprochements entre économie et relations humaines , on pourrait aussi rappeler ( pour tenter de l’enterrer j’espère ) Eric BERNE et son analyse transactionnelle (  » je me suis enrichi à son contact  » « j’ai passé un marché avec elle «  » j’accorde du prix à votre avis « ….).

    Pour revenir à la morale , je reste fidèle à la définition de Kant : « Agis de telle sorte que tu traites l’humanité ,aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre, toujours en même temps comme une FIN ,et jamais simplement comme un MOYEN  » .

    C’est aussi ce qui fait la différence entre Démocratie et Tyrannie ou Aristocratie .

  53. Bonjour!
    Pouvez-vous illustrer d’exemples l' »ab-usure » -400 à 2000% dites-vous- du système Payday
    que vous évoquez? J’ai du mal à comprendre!

  54. Bien sûr, Juan Nessy, que l’Anarchisme n’est pas « indifférent ». Ce n’est pas dans cette acception que j’utilisais le mot. Il s’agit simplement d’une expérience scientifique qui montre que les rats se divisent en trois groupes: Les dominants, les dominés, et ceux qui ne sont… ni l’un ni l’autre. Dans la pratique, il vont chercher leurs croquettes et les mangent sans se faire voler par les dominants.

    [Note: Pourquoi je m’intéresse plus à l’éthologie qu’à l’anthropologie. C’est parce que c’est bien plus simple et bien plus limpide. Même pas besoin d’interpréter ce que l’on observe, tant les évidences sautent aux yeux. Il suffit, par exemple, d’observer un troupeau de chèvres sous diverses conditions pour tout comprendre de l’histoire humaine]

  55. Amoralité ou immoralité ?

    Aux Etats-Unis, la réponse est : immoralité.

    Etats-Unis : 38,5 milliards d’agios prévus cette année.

    Les agios collectés par les banques américaines devraient cette année atteindre le montant record de 38,5 milliards de dollars, selon une étude du cabinet Services Moebs citée ce lundi 10 août par le Financial Times.

    Cette augmentation des frais sur les découverts bancaires repose principalement sur les clients les plus touchés financièrement par la crise économique, qui sont ceux ayant le plus fréquemment recours à un découvert, souligne le cabinet de recherche Moebs Service, dans l’étude rapportée par le quotidien britannique.
    Selon ce cabinet, 90 % des frais sur des découverts aux Etats-Unis concernent seulement 10 % des 130 millions de détenteurs d’un compte bancaire dans le pays.
    La conjoncture a incité les établissements financiers à relever les tarifs appliqués sur les découverts ou cartes de crédit afin de stimuler leurs bénéfices, explique l’étude.
    « Les banques retournent à un modèle économique basés sur les frais appliqués à leurs clients, et les frais sur les découverts sont le principal filon », observe Mike Moebs, fondateur du cabinet, cité par le FT.
    Les frais liés aux découverts constituent plus des deux tiers des frais demandés aux déposants, souligne-t-il, notant que les plus onéreux sont ceux pratiqués par les plus grandes banques du pays, parmi lesquelles Citigroup, Bank of America, Wells Fargo et JPMorgan Chase.
    Le coût moyen d’un découvert chez ces établissements est cette année de 33 dollars, contre 26 dollars pour l’ensemble des banques américaines (ce chiffre étant lui-même de 1 dollar supérieur à ce qu’il était en 2008), selon Moebs Service.
    Ainsi, chez Bank of America, relate le Financial Times, un client mettant son compte à découvert de seulement 5 dollars peut se voir contraint d’acquitter des frais de 35 dollars, et s’il effectue des dépenses supplémentaires sur son compte, cette charge peut être réitérée jusqu’à dix fois en une seule journée.
    « Ces frais sur les découverts existent parce que nous prenons des risques importants », s’est de son côté justifié un cadre d’un établissement bancaire interrogé par le journal économique.

    http://www.e24.fr/finance/banque/article121132.ece/Etats-Unis-38-5-milliards-d-agios-prevus-cette-annee.html

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