L’actualité de la crise : Dynamiques de la crise, par François Leclerc

Billet invité.

DYNAMIQUES DE LA CRISE

La chute libre du système capitaliste financier a été freinée (non sans mal et à quel prix), sa stabilisation reste à démontrer, mais la discussion sur ce qui va lui succéder ne fait que s’engager. Les événements historiques qui se déroulent sous nos yeux ont surpris par leur ampleur, ils vont au moins autant le faire par leur durée. Sans que l’on perçoive clairement, dès aujourd’hui, ce qui pourra en être l’issue. Avec au moins une certitude, sans que nous en rendions nécessairement compte : les faits que nous vivons sont déterminants, pour employer un mot démonétisé à force d’être utilisé, mais nous ne savons hélas pas en quel sens.

En référence à un autre récent événement tout aussi surprenant, symbolisé par une autre chute, celle du Mur de Berlin (et avec lui d’un système « soviétique » qui n’avait pour seul rapport avec ses soviets d’origine que le nom), il sera décidément dit de notre époque qu’elle aura été fertile en surprises. Celle-ci était tout aussi inattendue que la crise actuelle, et il a fallu se rappeler le rêve de Nabuchodonosor et de son « colosse aux pieds d’argile » pour comprendre qu’un système de domination qui apparaissait immuable ait pu s’écrouler aussi simplement, de lui-même.

Ne doit-on pas observer aujourd’hui le même phénomène ? Un système financier tout entier, expression triomphante et se voulant achevée du capitalisme, grièvement atteint par ses propres contradictions et ne devant son salut que grâce à des expédients et des soutiens financiers publics démesurés ? Comme s’il n’avait même pas été nécessaire, à nouveau, de le pousser pour qu’il tombe…

Le parallèle s’arrête là, mais la similitude est frappante.

Le débat est donc permanent à propos de ce qui va suivre, aucune référence historique n’étant là pour nous éclairer. La « science économique » ayant globalement failli pour avoir usurpé un statut qui n’est pas le sien ; ses concepts présentés comme intangibles n’ayant pas résisté à l’épreuve des faits, n’ayant rien su annoncer, ne pouvant donc plus rien prévoir.

Les interrogations les plus entendues ne portent encore que sur l’avenir immédiat. Peu se hasardent à envisager encore des perspectives plus lointaines et globales, le nez toujours sur l’événement, tant les incertitudes à court terme restent grandes et lourdes de conséquence. Mais il ne faudrait pas que cette situation immédiate soit prétexte à « noyer le poisson » du plus long terme.

Le capitalisme financier peut-il sortir vivant de cette aventure, quand et comment ? S’il n’y parvenait pas, quel nouveau système pourrait alors lui succéder ? Ces deux questions ne sont plus académiques. Elles peuvent être étudiées et discutées en s’appuyant sur le déroulement même de la crise, pour la première d’entre elle, et pour la seconde sur les signaux annonciateur d’une alternative, que l’on peut désormais mieux percevoir dans nos sociétés, quand bien même ils sont encore modestes et parcellaires. Non plus au seul niveau du débat des idées, mais également de celui de pratiques sociales souvent hésitantes.

Le système dispose-t-il, en lui-même, des capacités à s’auto-réformer ? Rien n’est joué à la lumière de ce que nous observons actuellement, des mesures effectives de régulation financière qui sont petit à petit mises sur le tapis de négociations que l’on suppose laborieuses, ainsi que de ce que nous percevons des actions intenses de lobbying qu’elles suscitent déjà. Sans que s’exprime la volonté politique qui serait nécessaire. La résultante est loin d’être claire, d’autant que la poursuite de la crise, comme des contradictions, d’un pays à l’autre ou entre secteurs financiers, peut apporter son lot de surprises et de dépassements des intentions initiales des uns et des autres. Ainsi que la mise en cause de la « philosophie » anti-systémique, bien arrangeante, qui a jusque-là prévalu. Combien de mois va-t-il encore falloir attendre avant que se clarifie ce paysage ? Il importe, en attendant de le savoir, de suivre du mieux que possible les tractations plus ou moins souterraines en cours sur ces dossiers à géométrie variable. Afin d’identifier les portes dérobées grâce auxquelles il sera encore et toujours possible de se faufiler, afin d’échapper à des mesures considérées toujours trop contraignantes par ceux qui vont les subir.

Ce même système doit désormais aussi prendre en compte que l’un de ses leviers favoris, l’endettement à outrance, ne pas plus pouvoir fonctionner comme auparavant, lui imposant de réduire sa voilure, alors que son « génie » financier va être par ailleurs plus ou moins bridé. Il va donc se rechercher de nouveaux terreaux. On a précédemment vu comment le futur marché du carbone pouvait être prometteur, et avec lui tout le secteur de ce que l’on appelle le « green business ». On comprend également comment « l’émergence » économique de régions entières du monde, va être l’occasion de fructueux investissements à grande échelle et à fort rendement, en s’appuyant sur les déséquilibres et les inégalités sociales, la présence d’une main d’œuvre bon marché et l’exploitation à outrance des ressources naturelles. Rassurons-nous, les capacités de nuisance du système sont intactes, quitte à ce qu’il s’adapte s’il en dispose de l’opportunité !

C’est ainsi que le système pourra se doter de nouveaux leviers, une fois remis sur pied tant bien que mal s’il y parvient. Parallèlement à la gestion ses anciens terrains d’élection, les Etats-Unis et l’Europe de l’Ouest, dont la fortune est dorénavant déclinante. Mais n’anticipons pas, la crise n’est pas du tout résolue. D’inquiétantes menaces continuent de planer sur le système financier, car ses pansements sont fragiles, tandis que l’on continue de chercher quel pourrait être bien être le moteur de la relance économique.

Ne peut-on aujourd’hui pas dire que si le capitalisme financier est tombé du fait de ses propres contradictions (l’important étant d’en décerner le moment, quitte à ce que du temps soit nécessaire pour que cela se révèle dans toute son ampleur), il manque néanmoins un petit coup de pouce pour le faire basculer ? Les siècles précédents ont été animés par des luttes de classe intenses dans les pays qui avaient connu la révolution industrielle. Les autres n’étaient encore que des colonies ou bien des pays « sous développés » avant qu’ils n’accèdent pour certains d’entre eux au statut de pays «émergents ». De quoi notre nouveau siècle va-t-il être fait ? Sans doute doit-on reconnaître que nous avons été pris par surprise par la crise du capitalisme financier, alors que nous n’avions pas encore digéré d’autres épisodes récents de notre histoire. Celui que l’on a appelé le « stalinisme », ou bien le « maoisme », sans parvenir à nous mettre d’accord sur le fait de savoir s’il s’agissait de la domination d’une nouvelle classe, ou bien de la dégénérescence d’une révolution sociale avortée. Celui de luttes de d’indépendance nationales qui n’ont pas d’avantage été au bout de leur logique libératoire, à moins que l’on pense rétrospectivement que leurs limites étaient inscrites dans les conditions même de leur combat. Quoiqu’il en soi, nous avons assisté à un double échec. A quoi devons-nous nous attendre dorénavant ?

Il y a plus de points d’interrogations à poser que de réponses toutes trouvées à formuler. Avec le risque que nous ne soyons pas prêts à temps. Dans ces conditions, s’il faut faire confiance à quelque chose, c’est faute de mieux à la dynamique de la crise elle-même, ainsi qu’à l’expérience collective accumulée. Car, sinon, ceux qui ne voient comme seul avenir possible que l’instauration d’une barbarie moderne, trouvant à la fois leur inspiration dans les écrits prémonitoires de George Orwell (lui même inspiré des leçons de la révolution Espagnole, de ses avatars et de son échec final), ainsi que dans les caractéristiques d’un contrôle social montant, pourraient avoir raison.

Tel est le paradoxe de ce que nous vivons : l’obstacle à franchir est moins celui d’un système qui a été au bout de ses faiblesses, que l’ampleur de la remise en question qui doit être opéré pour qu’une alternative puisse concrètement se dessiner et par consensus l’emporter.

Partager :

109 réflexions sur « L’actualité de la crise : Dynamiques de la crise, par François Leclerc »

  1. @François Leclerc : je vous sens plus circonspect que Paul Jorion sur la chute imminente du capitalisme. Je me trompe? Si non, faut-il en conclure que les arguments de Paul ne sont pas pleinement convaincants? (pour ma part, je crois en cette chute imminente, mais je ne vois pas encore de démonstration qui me permettrait de la déduire avec quasi-certitude)

    1. Circonspect est le mot. Non pas vis à vis de l’analyse de Paul Jorion, mais de la situation elle-même.

      Il y a une contradiction majeure entre la tentative (volontariste mais aveugle) auquel on assiste de vouloir faire repartir à tout prix la machine comme avant, et la situation de blocage dans laquelle celle-ci demeure, pour lequel aucune solution ne semble possible, vu le chemin qui a été emprunté en pure perte depuis le début de la crise financière et l’ampleur des trous à combler. Elle ne fonctionne désormais qu’à faible régime et en crabe (de travers), dans une situation de grande fragilité et avec des conséquences sociales qui vont fortement s’accentuer.

      D’autre part, je ne vois pas aujourd’hui d’alternative substantiellement émerger, qui impliquerait une remise en cause profonde des modèles et modes de fonctionnement de nos sociétés, et qui pourrait être l’objectif, le moteur d’un changement nécessairement radical, vu l’impasse actuelle.

      En d’autre terme, la question du changement est éminemment politique et doit être prise en compte collectivement pour aboutir. Je crois pouvoir constater que nous n’en sommes pas là.

    2. Bonjour François Leclerc et tous,

      « D’autre part, je ne vois pas aujourd’hui d’alternative substantiellement émerger »

      Mais pourquoi un système devrait-il être « remplacer » par un AUTRE système ?
      c’est là où réside le blocage !
      Le système actuel a fait faillite…
      (TOUS les systèmes)

      C’est un mode de fonctionnement mental qui va changer et TOUT changer.

      Et je pense que l’avenir nous réserve quelques surprises.

      Cordialement,
      Ordjoun

  2. Je pense moi aussi que le système actuel a durablement implosé. J’ai essayé d’en analyser les raisons dans plusieurs billets de mon blog (publiés également sur Rue89)

    Le système néolibéral triomphant n’est plus qu’un moribond assez pathétique en soins palliatifs. Il ne survit plus que par un acharnement thérapeutique à coups d’injection de monnaie de singe public.

    D’accord avec François Leclerc pour dire que cette agonie sera longue, avec quelques brefs sursauts de la bête. Mais l’issue fatale ne me semble plus faire de doute. Non pas parce que je le souhaite personnellement, mais parce que trop d’indices concordent pour conduire à cette conclusion (crise financière, crise économique, crise sociale, mais aussi crise climatique, révolution énergétique en cours, etc.)

    La grande inconnue est évidemment de savoir quel nouveau système verra le jour. Et le grand péril tient à la longueur de cette période de transition et aux rebondissements, aux embûches qui naîtront au hasard de ce chemin incertain. Je ne suis pas persuadé que la collectivité humaine, puissants compris, en maîtrise aujourd’hui les clefs.

    1. (suite) … D’autres indices démontrent malheureusement la gravité des déséquilibres qui menacent le monde et donc le système mondialisé (guerre ?).

      Pour une simple « estimation » par l’Insee d’un petit +0,3% de PIB français trimestriel qui reste largement à confirmer et encore plus à renouveler (rappelons que la dernière « estimation » positive de l’Insee sur la « croissance surprise » du troisième trimestre 2008 s’est révélée totalement fausse et a dû être révisée à la baisse… et en négatif). combien de -10% de PIB russe ? Combien d’effondrements espagnols, anglais ou des anciens satellites de feu l’Union soviétique (et nouveaux adhérents à l’UE) ?

      Je ne suis pas sûr qu’une puissance comme la Russie accepte de voir son économie, et donc tout le pays, mordre la poussière sans ruer dans certains brancards (l’Ossétie du Sud ?)

  3. Non, le capitalisme, financier ou non, pas plus que « le système » n’ont implosé ni explosé. En fait, le capitalisme c’est « rien ». Rien d’autre que faire des profits en produisant des choses qui se vendent, ça ne peut pas cesser d’exister. Ce qui a réellement explosé, ce sont les représentations que l’on pouvait s’en faire, la fameuse « main invisible » et son cortège de concepts creux.

  4. Je crois aux cycles.
    Sommes nous dans la situation de l’empire romain du V eme siecle?

    Apres avoir connu la stabilite pendant 500 ans la chute de cette derniere plonge une grande partie de l’europe dans le moyen age et on peut le dire dans les tenebres;Pourquoi en serait il autrement de nos jours ?

    A Rome comme aujourd’hui le pouvoir est convoite et vole « au peuple » sous forme de fausse democratie. La Pax romana ou americana est remise en cause par des guerres economiques qui prennent des formes aussi diverses que multiples. Et finalement les idees retrogrades trouvent de plus en plus de terrain favorable.
    🙁

    1. Il est impossible de laisser dire que le moyen-âge sont les ténèbres.

      Le moyen-âge a été très fertile.

      Il a accouché de notre civilisation moderne en fusionnant le droit romain et le droit canonique de l’église.

      En faisant du pape chrétien l’héritier de l’empereur romain, celui « qui porte toutes les archives du monde dans son coeur ».

      En intégrant le droit romain au droit canonique elle a changé la nature de l’exégèse.

      Celle-ci n’était plus, de droit, la recherche de la vérité dans le signe immuable du Texte (tradition judaïque),
      mais dans l’intention de celui qui avait produit le Texte.

      La subjectivité était née, et avec elle, l’esthétique, l’esprit critique, non pas la critique du Texte, mais de son auteur.

      La porte ouverte au rationalisme.

      Cinq ou six siècles ont suffi, ensuite, pour constater la mort de Dieu.

    2. @ dalembert

      On ne peut dire que le monde médiéval a fait « du pape chrétien l’héritier de l’empereur romain » que jusqu’à la chute de Constantinople. Le pape n’est qu’un évèque parmis les autres. Ce qu’il reste de l’empire romain jusqu’au 14 ième siècle c’est l’empire romain d’Orient dont les habitants porteront le nom de Romains jusqu’à la conquête de la capitale de la chrétienté par les Turcs. Après cette chute, c’est la Russie qui se voudra l’héritière de cet empire romain chrétien tandis qu’en Europe de l’ouest, avec l’éclosion de la Renaissance, commencera un long processus de répudiation de l’héritage de cette civilisation, processus qui culminera avec l »‘Esprit des lumières ».

    3. @Boukovski:

      Je suis d’accord avec vous à propos de l’empire romain d’orient et du processus qui a mené aux Lumières.

      Cependant le thème est : le moyen-âge et les ténèbres.

    4. Les ténêbres ont commencé avant la chute de l’empire Romain. Elles se sont installées au coeur de la civilisation quelque part entre la victoire du pont Milvius (313) et la mort de Constantin. Une fois la secte chrétienne au pouvoir, en moins d’un siècle, c’en était fini de la liberté de penser que le monde polythéiste permettait…

  5. Un détail:
    Le comparaison entre les causes des chutes du mur de berlin et de Wall-Street peut être
    poussée assez loin; il y a de grandes similitudes entre les 2 : mensonges,
    idéologisations forcenées, discrétion de la classe bénéficiaire, confiscations significatives,
    mépris entre classes etc… mais Wall-Street n’a pas finit de tomber.
    Le désir de planification sociale est commun au système stalinien et à Wall-Street ( « Wall-Street  » prise comme symbole) .

    1): Le futur est énigmatique, aucun précédent à quoi se raccrocher.
    Une lecture rapide de ce blog (des commentaires) montre une confusion presque totale.
    des faits disparates sont mis sur le même plan et pas d’esquisse de méthode.

    2): On ne peut pas exclure que le « système » soit bricolé et devienne ainsi approximativement
    viable pendant 10 à 20 ans. « Gagner » du temps, lacher du lest, est un réflexe politique
    classique.

    3) : Les pays moteurs ont une population qui viellit; le conservatisme – la répétition quasi invariante des idées de jeunesse- y devient prévalent. Des paradigmes nouveaux
    d’une conception délicate, ne seront pas facilement acceptés,tant que des obligations matérielles
    – telle le Pic du pétrole- ne les imposent.
    Entre un effondrement socialement catastrophique et un idéal , d’une réalisation trop
    lointaine, il y a place pour l’élaboration d’une transition raisonnable.

  6. @ Monsieur Leclerc

    Félicitations pour cette brillante analyse, que je partage totalement.

    Si la pandémie de grippe H1N1 à laquelle on nous prépare psychologiquement, doit advenir, alors ce sera le coup de grâce.
    Mais là encore, impossible de se faire une idée de l’avenir tant les rumeurs les plus folles circulent.

    1. Il n’y a guère que les rumeurs qui soient folles. La grippe promet plutôt de se montrer réservée (une gripette). le coup de grâce sera plutôt pour nos éminences qui ne cessent de crier au loup…

    2. @ JJJ

      Difficile de ce faire une idée, la grippe aviaire était autrement plus virulente, et on a pas pris de telle précautions.
      Disons que même une gripette pourrait s’avérer utile pour prévenir tous mouvements sociaux dans les circonstances actuelles. Dans libération de ce jour, il y a l’interview de deux médecins, l’un prévoit l’apocalypse, l’autre est plutôt rassurant, Qui croire ???
      Mais envisager la fermeture des écoles pendant douze semaines !!!
      Je vous laisse imaginer les conséquences économiques si cela se produit.

  7. Bonjour a tous,
    lecteur assidu de ce blog depuis le déclenchement de la
    crise, c’est ma 1ère intervention. Comme beaucoup sur
    ce site j ‘ai l’impression que nous sommes a la croisée
    des chemins et que nos  » élites » n’ ont pas pris ou n’ont pas voulu
    prendre la pleine mesure de cette crise historique. D’ autres voix
    s’élèvent pour dénoncer le mainstream ambiant qui a encore pour
    l’instant et pour combien de temps le haut du pavé.
    By: CNBC.com | 12 Aug 2009 | 09:36 AM ET
    BLACK SWAN, NASSIM TALEB, ECONOMY, RECOVERY, RECESSION, BARACK OBAMA, BEN BERNANKE
    Incompetent policymakers are to blame for a financial crisis that will continue until substantial changes are made, author Nassim Taleb, known as the « Black Swan, » told CNBC.

    Taleb, principal at Universa Investments and coiner of the « Black Swan » term to explain drastic, unpredictable events, said in a live interview that choking debt, continued high unemployment and a system that rewards bad behavior will hamstring an economic recovery.

    « It is a matter of risk and responsibility, and I think the risks that were there before, these problems are still there, » he said. « We still have a very high level of debt, we still have leadership that’s literally incompetent … »

    « They did not see the problem, the don’t look at the core of problem. There’s an elephant in the room and they did not identify it. »

    Pointing his finger directly at Fed Reserve Chairman Ben Bernanke and President Obama, Taleb said policymakers need to begin converting debt into equity but instead are continuing the programs that created the financial crisis.

    « I don’t think that structural changes have been addressed, » he said. « It doesn’t look like they’re fully aware of the problem, or they’re overlooking it because they don’t want to take hard medicine. »

    With Bernanke’s term running out, Taleb said Obama would be making a mistake by reappointing the Fed chairman.

    « Bernanke belongs to a school of economics that is not in synch with the complex system, » he said. « By having Bernanke there you’re rewarding failure. »

    Taleb has earned a reputation as a market bear and sage following the publication of his 2007 book, « The Black Swan, » that in part warned that banks were susceptible to failures beyond what models could predict—hence, a « black swan » type of rarity. The collapse of the financial system happened shortly thereafter.

    He said he doesn’t consider himself a pessimist, but is worried about a system that provides tax breaks to failing businesses and rewards, through the « Cash for Clunkers » program, people who bought gas-guzzling vehicles and don’t want them anymore.

    « It’s not pessimism. I’m warning against a lack of understanding of the disease, » Taleb said. « Now sometimes you see patients doing very well and they have cancer. Long-term, I’m not comfortable treating a patient for his headaches when he has lung cancer. »

  8. Si vraiment le capitalisme est à l’agonie il est parfaitement morbide de se délecter de ses soubresauts et de ses derniers râles.

    Seuls les Castros peuvent s’en délecter,et encore faudrait-il qu’eux mêmes soient en état de le faire. Le match risque bien d’être nul.

    Alors soyons magnamimes et généreux, ayons, la pitié d’achever les traders, ces glorieux guerriers de la bourse, qui pendant tant de temps nous ont soumis puisque nous savons que pour eux aucune Croix ou Croissant rouge ne pourra intervenir, seul le dieu Bonus(x) pouvant leur rendre un vie immaculée..

    Ce n’est pas succomber au syndrome de Stockolm, mais dans un monde qui de partout hurle qu’ils n’ont plus leur place, aidons les a disparaître.

    1. La véritable question est de savoir quand est ce que l’on s’attaquera au coeur du probléme capitaliste, à savoir le sens de la propriété privé.
      On ne doit pas l’abolire comme avec le communisme, mais conscientiser les capitaux pour une symbiose avec cette biosphére, que partagent riches et pauvres.

      Toute avoir privé est une responsabilité envers nos semblables.

      Alors vive les écolo-traders bénévoles !

  9. Vous proposez un état des lieux et une vision globale à mon sens
    parfaitement pragmatiques et opératives.
    je note  » Mais il ne faudrait pas que cette situation immédiate soit prétexte
    à « noyer le poisson » du plus long terme. « .
    C’est essentiel pour la méthode: chercher la perfection et l’exhaustivité,
    ou chercher à obéir aux préceptes d’un Ancêtre, souvent barbu, c’est s’exposer
    à une solution, sans doute parfaite mais trop tardive.

    Rêvons à ce que pourrait être l’esquisse du début de l’amorce de solutions:

    Dans ce but,ne nous encombrons pas d’une technicité hors de propos.
    La technicité et la subtilité sont nécessaires pour l’analyse,
    rien de plus. L’objectif n’est pas de rivaliser avec la créativité des responsables du désastre.
    Dans un premier temps, la substance, avant d’être incitative, pourrait être à base
    d’interdicions , c’est à dire préventive et répressive . Ne l’oublions pas, malgré
    l’ anonymat, nous sommes en présence d’une violence extrême qu’il s’agit de contraindre.
    L’analogie avec le système stalinien est précieuse.
    Votre chronique du 08/08/2009 « Pour un monde meilleur »
    propose, me semble-t-il, une démarche fructueuse et un programme
    réaliste . Visiblement, cela n’a pas été reconnu comme tels. Regrettable.
    Parfois, pas toujours, j’ai une impression que l’urgence, sa necessité, devrait être prise en compte.

    1. je partage votre opinion et celle de F. Leclerc, sur la première des solutions : l’interdiction.
      C’est facile à mettre en place et le message est simple.

      Avec une règlementation bien étudiée, la consommation d’eau, de nourriture et d’énergie peut être controlée.
      Pourtant, chaque individu aspire à un idéal de vie (qui est très différent selon la naissance) et l’interdiction va frustrer certains d’entre eux et provoquer de la désobéissance. C’est pourquoi, un projet mondial de vie devrait voir le jour avec des quotas à respecter pour pratiquement tout. C’est le partage des ressources terrestres.

      Pour ce qui concerne l’argent, il ne doit pas servir à créer de l’argent et il ne doit pas avoir tout les pouvoirs.
      Par exemple, les flux d’argent pourraient être contrôlés par une instance publique mondiale qui prêterait l’argent sans intérêt.
      Par ailleurs, il me semble que la notion d’argent doit changer. Pourquoi ne pas créer deux ou trois monnaies :
      – Une qui permettrait d’acheter des heures de travail,
      – une autre de la nourriture (dont l’eau)
      – et une dernière de l’énergie.
      Par exemple, lorsque l’on se déplace pour faire ses courses, on a besoin d’une voiture, de carburant et d’argent pour la nourriture. La voiture serait payée pour partie par les monnaies « travail », « ressources » (mineraie, etc..) et « énergie ».
      Et de la même manière, on paierait le carburant avec la monnaie « énergie », la nourriture avec « ressources » et « énergie ».
      L’avantage de cette vision est de faire apparaître le côut réel du travail celui de l’énergie ainsi que les ressources utiles à la production. Ces informations permettraient une prise de conscience et un changement de mentalité uniquement possible sur du long terme.

      Un scénario possible pour voir apparaître un changement, est la mise en place d’une économie nouvelle dans un pays ravagé par la crise d’où les plus conservateurs seraient partis. Ce pays mettant en place une nouvelle économie servirait de laboratoire pour les autres peuples et pour que le modèle se répande par la suite.

      Dans notre société de concurrence et de marchés où le nombrilisme est la règle et la solidarité valable uniquement vis à vis de ses proches, l’interdiction est le meilleur des outils pour changer nos habitudes. Cependant, je pense que, malheureusement, seule la génération des enfants qui grandiront dans ce nouveau système sauront s’y adapter et pour ceux qui ont vécu durant les années 1960-2010 ce sera plus compliqué.

    2. @ Cyril

      je suis plutôt en accord avec votre analyse et les solutions préconisées.
      Mais de même que je trouve le concept bonus/malus inadéquat lui préférant un concept de TVA différenciée ( produits médiocre à grosse empreinte écologique TVA à 50% ou plus, produits d’excellentes qualité à faible empreinte écologique, de l’extraction des matières première au recyclage TVA TVA 5% ou moins)

      Je préfère l’incitation à l’interdiction, dans le cas de l’eau par exemple il faut calculer une consommation raisonnable par personne, ces m3 seraient bon marchés, ceux au delà devenant de plus en plus cher, voir prohibitifs. ( l’eau étant un bien inaliénable de l’humanité serait gérée uniquement par des sociétés publique)
      Idem pour l’énergie. Une expérience a été menée dans le cadre des 24 heures du mans dans les années 80 en allouant chaque année moins de carburant à chaque concurrent.
      Non seulement la consommation a baissé de façon spectaculaire, mais la distance parcourue à augmenté. Comme quoi décroissance n’est pas synonyme de retour à l’âge de pierre, mais peut être facteur de progrès.

      Je pense également qu’il faut sortir du paradigme de la concurrence, on pourrait imaginer des centres de recherches universitaires et coopératif à l’échelle mondiale, ( le web vient de là) les entreprises moyennant royalties pourraient utiliser le fruit de ces découvertes. Au lieu d’assister à une déperdition incroyable d’énergie, il en résulterait une formidable émulation.

      Prenons l’exemple de la jeep, à la veille de la seconde guerre mondiale l’état US lance un cahier des charges sur un véhicule 4X4 pour équiper l’armée. Ford GM etc proposent leurs solutions, finalement c’est la Willis qui est retenu, à partir de là tous les constructeurs vont fabriquer le même modèle sous licence. Toutes les pièces étant interchangeables d’un constructeur à l’autre.
      N’est-il pas possible de rationaliser la production mondiale de cette manière ??? A quoi cela sert-il d’avoir cinquante modèles de fer à repasser?? la créativité humaine ne peut-elle pas s’exprimer d’une autre façon qu’en multipliant à l’infini des déclinaisons de produits industriels déjà obsolète dès leur sortie ???

      Une standardisation de la production à l’échelle mondiale, permettrait des économies d’énergie incroyables et une diminution des coûts de production vraiment spectaculaire permettant à chaque être humain de vivre correctement sur cette terre sans l’abîmer plus que nécessaire. Adieu profits faramineux pour une minorité, bonjour redistribution équitable des richesses.

      Quitte à être utopique, soyons ambitieux !!!!

  10. @Crapaud rouge: « En fait, le capitalisme c’est « rien ». Rien d’autre que faire des profits en produisant des choses qui se vendent, ça ne peut pas cesser d’exister. »

    Je ne suis pas d’accord. Vouloir faire des profits existe certes depuis toujours dans les civilisations les plus développées, mais le capitalisme n’existait pour autant pas durant l’Antiquité (ou à l’état embryonnaire) et pas du tout au Moyen-Age. Il n’apparait qu’à la Renaissance, dans des régions bien ciblées (quelques cités italiennes et les villes de la ligue hanséatique). Ce que l’on appelle capitalisme c’est un système où les capitalistes sont au pouvoir. Ce n’est pas rien et c’est exceptionnel. Dans toutes les autres sociétés, les marchands, les bourgeois, étaient tenus en laisse par le pouvoir militaire. C’est en un certain sens un progrès que l’apparition du capitalisme.

  11. je relève sur ce blog que certains s’inquiètent de savoir si la grippe sera un terrible cataclysme ou simplement une grippette. Je pense que l’on est surtout en train de nous travailler l’esprit avec cette idée de nécessité que nous allons développer, bien malgré nous d’accepter de subir les vaccinations de masse. Il est évident que le grand Capital est derrière cette idée, qui comme celle de nous convaincre d’acheter des ampoules basse tension, n’est pas innocente.
    Le Capital n’est pas mort : il y aura toujours des bulles à déclencher.

  12. On assiste à la décomposition de l’Etat-nation grace à la mondialisation et à la dilution des pouvoirs des Etats. On vide les usines.Quelle est la future place du travail dans la hiérarchie des activités humaines ? Aristote voyait l’esclavage comme une nécessité éternelle pour la vie de la cité.Les objets d’aliénation de Marx disparaissent ou changent radicalement . Sommes nous obligés de voir le capitalisme financier comme une nécessité éternelle à la liquidité des échanges ? L’impérialisme financier suit-il la voie décrite par d’Hannah Arendt ? L’avis d’un philosophe,d’un sociologue ou d’un anthropologue, svp ?

  13. Le capitalisme c’est , dans les limites de mon humble entendement, la capitalisation de projets.
    Le controle capitaliste n’est la que pour réguler l’acces au capitale des divers projets.

    Le capitalisme du divertissement masochiste arrive à sa fin, et c’est à nous tous maintenant de capitaliser les projets responssables, de survie et de préservation de la vie.

    Enseignez par l’exemple chacun chez soi d’abord !

  14. Le systeme capitaliste est bourré de défauts,a commis d enormes ravages pour la planete,a provoqué d ‘enormes différences sociales et de multiples injustices.Le problème qui se pose maintenant est que si ce système disparait (comme les evenements de ces dernieres années et la situation actuelle l annoncent) va t il laisser la place à quelque chose de meilleur?Va t il laisser la place a quelque chose?En pleine croissance economique , en pleine modernisation de l’occident au xx eme siecle la violence n a pas disparu,elle s’est meme multiplié pour devenir globale (1er et 2eme guerre mondiale) .Maintenant que le systeme s effondre cette violence va redevenir quotidienne,individuelle .L homme n est pas bon ou mauvais de nature ,il agit en fonction de son environnement .Desormais son environnement se degrade: perte d emploi ,de logement ,manque d argentet de credits ,difficultés pour s alimenter ,ressources energetiques en baisse,rechauffement climatique.C est une sorte de retour a un environnement sauvage ,où l Homme agirait seulement par necessité et besoins primaires du moment.On peut imaginer voir apparaitre le spectre de la dictature pour les etats dit « démocratiques » pour controler cette violence.Si on adopte la position optimiste qu emploi l ensemble des medias et politiques du monde occidental a propos de la crise ,on peut imaginer qu apres un monde meilleur apparaitra avec plein de soldarité ,d entraide .Un monde où la raison , l education serait au centre d un projet globale plus proche de l humain.Où l Homme invistirait dans la recherche et ameliorer la connaissance de son univers ,où les principes de justices et de droits seraient remis au centre de nos sociétés, où le travail et les richesses produites seraient mieux répartis…..etc….etc… Tout ceci était déja un idéal,un reve inacesible pour l humanité dans sa globalité lorsque les individus pouvaient faire autres choses(s intruire ,voyager, se reposer,travailler,echanger,communiquer ) que de survivre tout simplement .

  15. Il n’est pas nécessaire de tuer l’ego humain, à cause de son potentiel à devenir demesurement grand et destructeur, car ce même ego peut se développer horizontalement et grandir avec le sens de la collectivité…

    Si les grands de ce monde cédaient leurs aquis au profit d’un monde à l’économie moins opaque, ils se feraient certainement plus d’amis qu’ils n’en n’ont à présent.

    Mais je sais c’est toujours plus facile de donner quand on ne posséde rien !

  16. François Leclerc:
    « …la question du changement est éminemment politique et doit être prise en compte collectivement pour aboutir. Je crois pouvoir constater que nous n’en sommes pas là. »

    Pour couper la route aux déboires de ce système moribond afin d’appliquer des solutions alternatives existantes mais peu relayer par les médias, il est effectivement déterminant que l’émancipation de la majorité des peuples s’opère. Comme nous le constatons, les manifestations se multiplient et les répressions sont de plus en plus meurtrières. Les armes qui se perfectionnent ont encore de belles années devant elles. Les guerres aussi. Les politiques majoritairement en place perdurent et tentent de prolonger leur vie par la force, le mensonge et les magouilles. Ce qui signifie que ceux qui sont au « pouvoir » ont choisi en toute connaissance de cause d’y rester par tous les moyens. Nous le savons: tant que les profiteurs gagnent, ils jouent.

    Les désastres sanitaires et les changements climatiques vont de plus en plus faucher de personnes. Je pense qu’un nombre d’évènements peut servir ce système capitaliste afin qu’il demeure, même sous une forme ultra-autoritaire. Il suffit de se reporter sur le passé. Ses épisodes plus ou moins catastrophiques lui permettent de se restructurer et de se glorifier.

    Pendant qu’à notre niveau nous bataillons pour une émancipation majoritaire, qui peut prendre des années, cette oligarchie obstinée et armée jusqu’aux dents, usant à volonté de propagande afin d’en tirer profit, va sans nul doute appeler à l’union nationale contre tous les prochains troubles : pandémies, terrorisme, catastrophes naturelles, révoltes, etc. De fait, il se peut à la longue que ces soucis économiques deviennent secondaires et donc plus tolérables.

    Mais je peux me tromper, n’est-ce pas ?

  17. L’éducation avec la dignité humaine en son centre,
    La science avec sa recherche de l’amélioration de la qualité de vie,
    L’économie pour la circulation des vivres et des moyens,
    et la juste place des ainés, le conseille des sages (s’il en reste!)
    Pas une utopie, une symplification vitale .

  18. bonjour,
    je clic dès que je peux sur le site de paul,merci pour vos analyses et votre pertinence contenant tout le recul nécessaire pour poser les termes du débat.L' »histoire »,le déroulement des faits impriment aujourd’hui le cours des événements,imposent son rythme et ses soubresauts.Les « responsables politiques » ou du moins ceux qui sont au pouvoir sont démunis « psychologiquement » pour éclairer par leur statut,leur fonction,leurs décisions ceux qu’ils sont censés représentés.Freud disait: « l’homme vit psychiquement au-dessus de ses moyens »…Le bon sens suffit aujourd’hui pour comprendre que ce « système » ne peut pas se perpétuer dans un monde fini comme la planète terre.Ishi le dernier indien Yahi a dit: »l’homme se fera mal en tombant,il en est ainsi »…voulait-il parlé d’une soirée trop arrosé ou évoquait-il la disparition progressive de certaines tribus et de leurs langues?

  19. J’ai rencontré un voyageur venu d’une terre antique
    Qui disait : « Deux jambes de pierre, vastes et sans tronc,
    Se dressent dans le désert. Près d’elles, sur le sable,
    Mi-enfoui, gît un visage brisé, dont le sourcil qui se fronce

    Et la lèvre plissée, et le ricanement de froide autorité
    Disent que le sculpteur sut bien lire ces passions
    Qui survivent encore, imprimées sur ces choses sans vie,
    A la main qui les imita, au coeur qui les nourrit.

    Et sur le piédestal apparaissent ces mots :
    « Mon nom est Ozymandias, roi des rois ;
    Contemplez mes oeuvres, ô Puissants, et désespérez. »

    Rien de plus ne reste. Autour de la ruine
    De ce colossal débris, sans bornes et nus
    Les sables solitaires et unis s’étendent au loin. »

    Percy Bysshe Shelley « Ozymandias »

    Préface du livre de Jared Diamond « Effondrement »

  20. Il faut espérer que la transition avec le système actuel et le suivant ne soit pas trop longue et trop chaotique. Parce que le capitalisme, plus ou moins directement, nous laisse quelques problèmes en héritage que l’on devra financer :

    – l’entretien technologiquement pointu, économiquement lourd des centrales nucléaire. Ce problème ne supportera pas très longtemps qu’on se désintéresse de lui, il faudra bien payer des gens pour les entretenir ;
    – La mort des terres arables ou l’agriculture moderne à tué 90% de la biodiversité des champs. Nous devrons quand même continuer à nous nourrir ;
    – La pollution des eaux par divers poisons, métaux lourds, pesticides va nécessiter des solutions nouvelles en terme d’approvisionnement en eau potable ;
    – En ce qui concerne le réchauffement climatique, c’est déjà trop tard. Il y a une inertie de l’atmosphère qui a joué un rôle tampon, mais d’après les spécialistes, le système climatique va s’emballer ;
    – Petit espoir, peut-être que monsanto fera faillite avant de finir de disséminer ses OGM mortels…

    Tout ces problèmes vont prochainement exiger des solutions et à ce moment là, j’ai bien peur que les soucis purement financiers ne passent au second plan.

    1. Dans une leçon qu’il donna à Paris en 1970, Roman Jakobson prévenait ses auditeurs qu’il faudrait encore à la linguistique moderne plusieurs siècles avant qu’elle ne renoue avec la lucidité et la sophistication de la linguistique scolastique.

      Note dans mon livre Comment la vérité et la réalité furent inventées, à paraître en novembre.

    2. Chaque période à son lots de ténèbres. Le XXè siècle n’a pas été en reste
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Solution_finale
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Goulag
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Khmers_rouges
      http://www.massviolence.org/

      Laissez-donc le Moyen-Age tranquille. Dalembert a raison. On peut même rajouter que c’est le Moyen-Age qui a « inventé » la Renaissance (du XIIè, du XIVè…). Le mot « moyenageux » pour parler de ce qu’il existe de plus noir dans l’homme est un abus, un tic de langage qui est le fruit d’un vieux mépris de l’âge classique pour ce qui l’a précédé. Querelle vaine et datée.

    3. Le moyen-âge a retrouvé Aristote après qu’il eut été endormi par les pères de l’église et finalement réveillé par les philosophes arabes.

      Comme l’exhume fort justement de Jorion, la scolastique ont en effet dépensé des trésors d’ingéniosité et d’érudition pour intégrer Aristote à la théologie chrétienne et donner naissance à la pensée d’aujourd’hui.

    4. J’ai montré les ténèbres du Moyen Age,

      je n’ai pas dit qu’il n’y a eu que ça

      le monde n’est jamais sorti de l’esclavagisme,
      voilà un débat qui n’est pas daté

  21. Bonsoir M. Leclerc,

    Pour y voir plus clair, et y retrouver ses esprits par la suite,
    l’une des priorités des sociétés humaines, serait d’exiger à en mourir
    et comme condition première d’existence :
    la franche et sincère pratique pacifique d’une fraternité démocratique réelle.

  22. L’obstacle à franchir est (…) l’ampleur de la remise en question qui doit être opérée pour qu’une alternative puisse concrètement se dessiner et par consensus l’emporter.

    Tout à fait d’accord, conclusion similaire dans l’article Nouvelle science sur mon blog.

  23. Merci Francois,
    Quelques articles de dedefensa.org sur la dissolution de l’union des etats des USA sont a mon avis une piste tres serieuse de notre futur , le systeme ne pourra que s’atomiser .
    Amities a tous

  24. François Leclerc: « la question du changement est éminemment politique et doit être prise en compte collectivement pour aboutir. Je crois pouvoir constater que nous n’en sommes pas là. »

    Paul Jorion : « l’obstacle à franchir est […] l’ampleur de la remise en question qui doit être opéré pour qu’une alternative puisse concrètement se dessiner et par consensus l’emporter. »

    Conforté par ses points de vues, mon sentiment est que nous ne savons pas où nous allons et encore moins de quoi demain sera fait. Mais après tout, l’Homme a-t-il jamais su où il allait ? Des aveugles coachés par des borgnes pour une course effrénée vers l’infini et au delà…
    Il se pourrait bien que l’on se prenne le mur et qu’un génial visionnaire trouve l’interrupteur.

    En effet, les interrupteurs sont souvent positionnés sur les murs – la vie est quand même bien faite 🙂

  25. Bon papier, François Leclerc. Oui, la chute du mur de berlin fut bien sûr la point de départ de la chute du capitalisme, puisque le capitalisme ne peut absolument pas survivre sans ennemi. Et les islamistes ne font bien évidemment pas le poids comme solution de rechange.

    Dans la tentative de perception du futur, attention à ne pas se laisser distraire par les détails. De multiples problématiques se posent actuellement (échologie, menaces américaines envers l’ensemble du monde non soumis, problèmes financiers insolubles, « surpopulation », ressources, etc…),

    Mais attention au fait que tous ces « problèmes » ne sont que des « distracteurs », Comme les guerres que ne manqueront pas de déclencher les états unis, ou l’écologie, qui est manifestement utilisée pour détourner l’opinion publique du seul et unique problème qui conditionne tous les autres:

    La dominance sociale.

    Comme vous le dites, la difficulté est que le politique, qui seul pourrait traiter du problème, est totalement inexistant.. Et étant donné le système de propagande et l’absence totale de démocratie, cela ne va pas changer de si tôt: Sans information, pas de démocratie, sans démocratie, pas d’information.

    Même le mouvement anarchiste, qui est le seul à présenter des solutions raisonnables et, que l’on sait fonctionnelles par expérience, est en état de mort clinique. Alors… attendons encore un siècle.

  26. Lu sur le site de « Loîc Abadie » et de « Loîc Abadie » http://tropicalbear.over-blog.com/450-comments-34585133.html :
    « Bon disons que Paul Jorion s’est trouvé un bon fonds de commerce en enfourchant sans cesse sa rengaine populiste sur ses boucs émissaires préférés (les « spéculateurs », les « méchants capitalistes ») et il y a un auditoire réceptif important à son discours d’utopiste 68-ard.
    Auditoire qui grossira sans doute (malheureusement, mais je n’ai pas trop d’illusions sur ce fait) avec la progression de la crise, et nous n’en avons donc pas fini avec les « Jorion » et d’autres représentants de la gauche radicale. »

    Ces propos m’amène à penser que « L’obstacle à franchir » pourrait être, avec la mutation-désagrégation du capitalisme d’inspiration ultra-libérale, la disparition de ce qu’il a créé de pire mais aussi de ce que le capitalisme, sous l’impulsion de rapports de force des tenants de la « gauche radicale », a pu créé de bien : la sécurité sociale(santé, retraite,….),
    et finalement, cela ne serait-il pas pour déplaire a nos tenants de la pensée libérale-libertaire?

    1. Remarque, pour un « gauchiste radical », c’est normal, que son phrasé « so british » attire l’oreille. 😉

      Courage, Sarkosi: Il y a encore plein de choses à détruire ! 🙂

    2. Joli, le blog de loic… belle démonstration d’onanisme financier. Et puis toutes ces courbes; ça monte, ça descend, ça remonte et ça redescend, encore et encore… Ca me donne envie de spéculer.

    3. Ce type ( Abadie) est complètement lobotomisé.

      Il s’étonne que l’auditoire des critiques du système grandisse avec la crise.
      Et aussi que les gens descendent aux abris quand les bombes arrosent ?

      Je prédis quant à moi que le sien, d’auditoire, diminuera en fonction.

    4. Merci à Olivier P à propos de Loïc Abadie.

      Loïc me plaisait bien, car c’est un prof installé à la Réunion, adepte de sports pleine nature. Genre le gars qui sait prendre du recul par rapport à son temps a priori.

      Ses analyses techniques sont tout de même reconnues et son nom circule pas mal dans les blogs « alternatifs ».

      C’est pourquoi j’ai été halluciné par ses deux commentaires sur Paul…

      De la pure diatribe de Matrice bien orthodoxe…

      Il est jaloux de ne pas passer dans les médias, c’est ma seule explication…

    5. C’est vrai que le décalage entre les bonnes analyses techniques de Loïc Abadie et ses prises de position politiques de militant particulièrement borné réagissant au quart de tour dès qu’un de ses lecteurs a le malheur de citer le blog de Jorion m’étonne à chaque fois. Cela dit, son blog, dans les limites qu’il s’est fixé dès le départ c’est à dire une aide pour épargnants-spéculateurs, est intéressant. D’abord pour son insistance à rappeler que la crise actuelle est bien la crise de la sur-consommation occidentale financée par le sur-endettement et l’exploitation des pays émergents, ensuite pour la constance qu’il met à expliquer que le pire de la crise est bien devant nous et que l’on ne doit avoir aucune illusion sur l’avenir du système actuel. Après, qu’il préfère taper sur l’Etat forcement mauvais par essence pour épargner le capitalisme financier, dans la mesure où pour moi l’imbrication entre Wall Street et la Maison-Blanche est totale, c’est bonnet blanc et blanc bonnet.

    6. pour mémoire, loic abadie intervenait parfois sur le forum de ce blog. Les passe-d’armes ont été mémorables avec Paul. Loïc Abadie s’est senti pris à parti et a préféré de ne plus intervenir

  27. Le problème de la résolution de la crise n’est pas simplement une question économique (quel nouveau système substituer à l’ancien ?) et politique (quelle « volonté politique » pour opérer cette substitution ?), mais également une question psychologique voire « anthropologique ».
    Le triomphe du système néolibéral n’a pas été simplement la victoire d’une « technique financière », ç’a été aussi une victoire culturelle, une « révolution des esprits », destinée à changer l’individu moderne en « sujet néolibéral » (ou « néo-sujet »). C’est dire que la société qui doit affronter cette crise n’est pas, par exemple, la société de 1945 (qui a affronté la guerre), ni celle des années 1970 (qui a « fait » Mai 68), c’est un corps social « nouveau » sur lequel a été implémenté un système de pensée qui récuse a priori toute « solidarité collective », qui dénie à l’Etat toute fonction « téléologique » et qui considère l’individu comme un être « libre » ne rendant de comptes finalement qu’à lui-même.
    Comment va réagir ce « corps social-là » dans la crise, c’est un peu la grande inconnue.

  28. Seconde Remarque.
    Un changement de système économique n’implique pas forcément une nouvelle répartition des richesses. Après tout, l’effondrement de l’URSS a vu un changement complet de système politique et économique en Russie, mais il n’y a pas eu de révolution sociale : la nomenklatura s’est muée « tout naturellement » en une classe d’entrepreneurs et d’hommes politiques modernes (type Poutine).
    Ainsi, on peut certes voir dans le voyage de Geithner à Pékin une rencontre symbolique où la « puissance déclinante » (les Etats-Unis) propose à la puissance montante (la Chine) une sorte de partage du leadership mondial. Mais on peut aussi y voir une rencontre d’un membre de la nomenklatura états-unienne avec ses homologues de la nomenklatura chinoise pour une défense de leur intérêt de classe commun (celle l’upper-class mondialisée) contre les intérêts des classes subalternes.
    Autrement dit, ce n’est pas parce que l’« élite » occidentale ne prend aucune mesure véritable pour sortir de la crise qu’elle ne prépare pas l’avenir – ou plutôt « son » avenir. Elle est suffisamment réduite en nombre et puissante financièrement pour s’accommoder d’une décennie de crise et de désordre, et s’adapter à une transformation radicale du système économique. Après tout, la noblesse d’Ancien Régime a plutôt bien survécue (en tant que classe) à la Révolution française.

    1. Je ne comprend toujours pas ce que les participants, ici (Jorion compris) appellent « Un changement de système économique ».

      Si vous parlez du point de vue de l’observateur d’un phénomène naturel, ce système est, par définition, toujours en « changement ». Si vous ne parlez pas d »une nouvelle répartition des richesses », vous ne parlez pas de « politique », et donc, vous ne parlez… de rien.

      @Paul Jorion: Est-ce que, par exemple, l’interdiction de l’effet de levier, en bourse (totalement insignifiant et ridicule, de mon point de vue, puisque sans aucune conséquence réelle sur les cours), constituerait, pour vous, « un changement de système » ? (Votre réponse, sur ce thème, dans un autre fil…)

    2. La dissolution de l’Union soviétique décidée par les élites soviétiques en 1991 a donné naissance à un système économique où la répartition des richesses a radicalement changé. L’écart des revenus était très faible dans l’Union. Il est aujourd’hui explosé avec une ampleur qui dépasse désormais celle que l’on constate aux Etats-Unis. La fin de l’URSS a ainsi entraîné une concentration des richesses encore jamais vue dans l’histoire russe.

    3. Je suis assez d’accord avec votre analyse, à un détail près c’est que ce coup-ci l’effondrement du système ne touchera pas qu’un pays isolé, mais la totalité des pays simultanément .
      La psychologie des foules à l’échelle mondiale et les interactions possibles peuvent s’avérer difficile à gérer même pour une classe dirigeante bien préparé.

    4. @ Betov

      L’effet de levier n’est pas insignifiant du tout.

      Prenons deux personnes A & B qui par leur travail ont créé chacun 10€ de richesse.
      Avec l’effet de levier chacun pourra jouer 10X100=1000
      A joue la baisse, B la hausse, sur le marché dérivé, vous avez 2000€ pour 20€ de richesses réelle.
      In fine l’un perdra une somme bien supérieure à ses richesses.
      Qui paye ???

    5. @ Betov

      La rémunération du broker n’a aucun intérêt ici;

      Tu soutiens que l’effet de levier est insignifiant, la démonstration te prouve que non.
      Pour 20€ de richesses réelles créées, tu as sur les marchés dérivés 2000€ virtuels, générant des gains et des pertes largement supérieurs à ces 20€.
      Il suffit de regarder le montant global des marchés dérivés, par rapport aux marchés des actions, ou aux PIB mondial pour ce rendre compte du problème.

    6. @Bob. Tu es en train de dire que les 2000 euros « virtuels » perdu par l’autre joueur ne sont payés… par personne ?! Chouette, je vais peut-être devenir suicidaire. 🙂

      A la rigueur, je pourrais comprendre qu’on veuille interdire l’effet de levier parce que le principe du jeu à crédit est immoral, mais démontrer que cela puisse résoudre en quoi que ce soit les multiples problèmes de l’économie financière, c’est une autre affaire, et ça n’y changerait de toute évidence absolument rien. Reprend ton exemple, avec des joueurs qui *possèdent* les 1000 euros. quand celui qui gagne à la hausse ramasse, l’argent est tout aussi « virtuel ». Aucune différence pour l’ensemble du système, si ce n’est que celui qui perd, au lieu d’être ruiné à vie, se retrouve juste en slip.

    7. @ Betov

      La perte ou le gain virtuel ne seront pas 2000€ mais peut être 200 ou 500€, là n’est toujours pas le problème.
      Le problème c’est qu’il n’existe que 20€ réel.
      Remplace les € par du blé, du pétrole ce que tu veux, celui qui perd son pari ne peut rembourser ce qui n’existe pas!! il est obligé d’emprunter à quelqu’un d’autre ce qu’il n’a pas pour payer sa dette.
      La réalités des marchés dérivés c’est qu’ils génèrent des milliards virtuels hors de proportion, avec la richesse réelle, à un moment tous les perdants ne trouvent plus de quoi rembourser leurs pertes, sauf à payer en fausse monnaie.

      Que l’interdiction de l’effet de levier, ne constitue pas un changement de système , je suis d’accord mais ce n’est pas pour autant un point totalement insignifiant. Sans ce système poussé à son paroxysme, cette crise ne serait pas systémique. les pertes ne seraient pas abyssales.

    8. pour l’aristocratie de l’ancien régime, pas mal de têtes sont tombées malgré tout, et un renversement de valeurs fut manifeste. La puissance noblière s’est éteinte, le pouvoir foncier a été dominé par le monde marchand, et depuis les marchands mènent la danse.

  29. Réforme des avantages en matière de retraite accordés aux mères de famille ayant élevé plusieurs enfants …
    En voilà une idée qu’elle est bonne ! Encore quelques unes comme çà et le système est sauvé !

    1. Oui j’ai vu ça, mais c’est pour la bonne cause puisque c’est au nom de l’égalité homme/femme !!! si si….
      Et puis c’est pas la faute du gouvernement hein, c’est une directive Européenne à laquelle le France ne peut absolument pas se soustraire.
      On est obligé à l’insu de notre plein gré, on vous dit…
      Ensuite on s’étonne que l’Europe soit détesté par les citoyens !!!

  30. J’aime assez l’approche structuraliste de F. Lordon. Ce ne sont pas tant les banquiers centraux et les banquiers des grandes banques commerciales qui sont en cause que les hommes politiques qui ont consciencieusement et patiemment mis en place le cadre réglementaire (ou plutôt qui ont démembré le cadre réglementaire existant) qui a permis à la finance dérégulée et mondialisée de devenir ce qu’elle est aujourd’hui. Qui remet en question aujourd’hui l’action de ces hommes politiques et des gouvernants qui ont tous oeuvré dans ce sens depuis les années 80 ?

    Autre chose, la moyenne de l’éonia (taux de l’argent entre banques et zinzins au jour le jour) est tombée à 0,35% le mois dernier ! L’Euribor 3 mois est désormais à 0,85%. A ce niveau de taux il s’agit bel et bien d’argent gratuit que la BCE met à disposition des banques commerciales de la zone euro et dans des volumes sans précédent dans l’histoire financière de l’Europe.

    1. Boukovski dit :

      (…) les hommes politiques qui ont consciencieusement et patiemment mis en place le cadre réglementaire (ou plutôt qui ont démembré le cadre réglementaire existant) qui a permis à la finance dérégulée et mondialisée de devenir ce qu’elle est aujourd’hui.

      Oui et je ne comprends d’ailleurs pas pourquoi Paul Jorion n’est pas plus explicite sur cette question essentiellle.
      http://www.dailymotion.com/user/acrimed/video/x8e1mf_frederic-lordon-jeudi-dacrimed-12_news
      http://www.dailymotion.com/related/x8e1mf/video/x8e40j_frederic-lordon-jeudi-dacrimed-22_news

  31. merci a toutes et tous de debattre de l’essentiel,

    l’avenir se joue autant en Chine qu’aux USA,et les laboratoires des alternatives sont en Amerique Latine et en Europe…

    La fin aout 2009, risque d’etre un point d’inflexion ?

    “Même le mouvement anarchiste, qui est le seul à présenter des solutions raisonnables et, que l’on sait fonctionnelles par expérience, est en état de mort clinique…??? “

    Les apparences “mediatisées” sont peut etre trompeuses et le “nous n’avons plus peur” qu’on entend au Honduras, malgré les militaires, ces jours ci, est peut etre un debut…

  32. @ François Leclerc

    Vous parlez de la chute du capitalisme et le comparer à la chute du communisme.

    En premier lieu le communisme est toujours présent dans certains pays (cuba,corée ) ou a laissé beaucoup de trace dans d’autres (albanie…) ou ont adapté le capitalisme (chine,vietnam etc…)

    Le communisme n’est donc pas mort, tout comme le capitalisme ne mourra pas : il perdra de nombreux élements, se recroquevillera sur lui même parfois, ou s’adaptera au nouveau système.

    De plus, il faut savoir ce que l’on entend par capitalisme. Si c’est juste la liberté de commercer et de faire des profits : il a de bons jours devant lui. En effet, l’homme commerce depuis la nuit des temps tous les actifs possibles (même les hommes eux mêmes).
    Changer la nature de l’homme risque d’être trés difficile

    1. François Leclerc fait souvent référence au « capitalisme financier », ce que je comprends comme une distinction du « capitalisme entrepeneural ». La distinction qu’Aristote faisait entre l’économique et la chrématistique ?

      Pour une comparaison entre l’effondrement de l’Empire Soviétique et l’Empire Américain, je vous invite à lire Combler le retard d’effondrement par Dmitry Orlov.

      Et mettre en paralèlle avec l’Empire Européen. Barroso lui-même reconnait que l’UE est un Empire, et il en est fier! Une piste: http://www.youtube.com/watch?v=iqyC3nMpldM

    2. La nature de l’homme ? Je ne la connais pas. Le capitalisme ? Il a déjà connu plusieurs stades successifs de son développement. Le communisme ? Il n’a jamais existé, si l’on s’en tient aux écrits de Marx lui-même. C’est le socialisme qui était prétendument construit, et dont il reste effectivement des traces.

      Les « modes de production » ne sont jamais « purs ». Marx a lui même parlé d’un « mode de production asiatique », qui ne figurait pas, si je puis dire, dans son catalogue de base. L’histoire de nos sociétés est pleine de systèmes « sui generis » déroutants à l’analyse, de régimes que l’on qualifie de « transitoires », mais qui ont la vie dure et longue ! De variantes qui ne collent pas bien avec les grands modèles.

      De nombreuses pages sont encore à écrire et à analyser au regard de ce que le XX éme siècle a produit. Notamment celles de ces étranges mutations qui se sont produites dans l’ex-URSS ou bien en Chine populaire, moins d’un demi siècle après leurs « révolutions ».

      Le débat sur « l’oligarchie » qui est apparu sur ce blog n’est rien d’autre qu’une tentative assez maladroite (je le prends pour moi) de décrire un stade du capitalisme, tel qu’il se découvre à la faveur de la crise actuelle.

      Tout cela témoigne d’un grand besoin d’analyse !

    3. Francois Leclerc pète une durite . » Le communisme? Il n’a jamais existé. » Soit! Mais les communistes ,si.Un peu de respect pour les morts, svp.Pourquoi pas pendant qu’on y est des arguments du type « Hitler, on ne l’a connu qu’en temps de guerre! ».Ca dérape!

    4. Certains, dès que le terme « communisme » n’est pas accompagné de « bouhou méchant », sortent le marteau compassionnel qui récuse la nuance.
      « Le communisme ? Il n’a jamais existé, si l’on s’en tient aux écrits de Marx lui-même. » dit François Leclerc.
      Il a raison. Aucun dérapage à signaler. Polémique dépassée et stérile.

    5. D’après Marx, le communisme correspondait à l’instauration d’une société sans classe. L’URSS s’appelait d’ailleurs : Union des Républiques Socialistes SOVIETIQUES (souligné par moi). Ne pas confondre le communisme et les communistes…(le Parti Communiste). Il n’y a aucun dérapage, mais des faits établis.

    6. AVERY WELL PAS TEX
      j’assume la compassion ringuarde pour les victimes des idéologies totalitaires quelles qu’elles soient .Merci pour votre raisonnement à couper à la faucille.Quand vous croiserez un Nord-Coréen ou un Palestinien, vérifiez si vous courrez aussi vite qu’une balle de fusil.

    7. @ Jacques
      Mais que peut-on répondre à ce que vous dîtes? Et comment peut-on sérieusement ne pas partager votre point de vue?
      Vous enfoncez là une porte ouverte avec le sentiment de prendre d’assaut la Bastille.
      Le sujet était la confusion éculée entre le communisme théorisé par Marx et ce que les Partis Communistes en ont fait.
      C’est tout.

    8. Ce débat m’obligera d’y revenir plus longuement mais, en deux mots, peut-on exonérer Marx de ce qu’ont été les pays « communistes » sous prétexte d’un malentendu fondamental ? Ma réponse est non : l’appel à la dictature – même du prolétariat, même « révolutionnaire » – vient bien de lui, le dogmatisme du marxisme est aussi le dogmatisme de Marx lui-même. Ni Lénine, ni Staline, ni Mao ne furent des imbéciles et Staline et Mao encore bien moins que Lénine, et tous trois furent d’excellents lecteurs de Marx.

    9. @Paul Jorion: rien à voir avec Marx, mais lorsque vous ne l’éxonérez pas de ce qui s’en est suivi (je suis d’ailleurs d’accord avec vous), je me pose des questions sur quelqu’un qui m’a toujours intéressé beaucoup plus et dont la pensée est plus importante pour notre manière d’être. Je veux parler de Jésus. Doit-on de même l’éxonérer ou doit-on considérer les docteurs de l’Eglise comme de mauvais lecteurs des Evangiles?

      Je vous donne un exemple concret dont j’ai pris connaissance il y a peu et qui m’a proprement scandalisé: http://fr.wikipedia.org/wiki/Hypatie_d%27Alexandrie
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Cyrille_d%27Alexandrie

      et pour comble de malhonnêteté, l’Eglise a ensuite inventé une sainte pour retourner l’affaire: http://fr.wikipedia.org/wiki/Catherine_d%27Alexandrie

    10. Mon dernier commentaire est en cours de modération, ce qui prouve que cette machine ne fonctionne pas si mal (bien que les critères m’échappent), je me trouvais moi-même à la limite du trollage. 🙂

    11. Vaste débat : je ne crois pas qu’assimiler l’oeuvre de Marx à ce qu’ont été le léninisme, le stalinisme et le maoisme (dans l’ordre chronologique) soit particulièrement éclairant, ni de la pensée du premier, ni des réalisations des suivants. Et que cela permette de comprendre ce qu’on été ces régimes, et ce qu’ils sont devenus aujourd’hui. Ni d’engager la meilleure lecture critique de Marx, celle qui permettrait de répondre à la question: en quoi ce qu’il a écrit peut encore, ou non, servir à comprendre les sociétés dans lesquelles nous vivons ?

      Pour y revenir, l’histoire tumultueuse des premières années de la Révolution Russe est très instructive pour comprendre comment s’est enclenché le processus qui a donné lieu à ce l’on a ensuite appelé le « stalinisme », et dont la caractérisation a fait ensuite couler beaucoup d’encre. Capitalisme d’Etat pour les uns, dégénérescence bureaucratique pour les autres…

      Le stalinisme et tout ce qu’il a engendré était-il inévitable et pourquoi ? Cela a donné lieu, à l’époque même et depuis, à de nombreuses discussions. Sans doute le meilleur compte-rendu facilement accessible que l’on peut en avoir est dans la biographie de Trotski écrite par Isaac Deutscher, qui a fait un vrai travail incontesté d’historien.

      Ce qu’il en est pour l’essentiel ressorti, ce n’est pas la mise en évidence de la continuité idéologique que l’on voudrait discerner entre le philosophe et les praticiens qui s’en réclamèrent formellement, mais plutôt les conditions historiques dans lesquelles ceux-ci agirent.

      Pour mémoire, les révolutionnaires de l’époque, dans toute leur diversité et leurs oppositions, attendaient l’avènement de la révolution socialiste en Allemagne, dans un des pays les plus industriellement développé. Ce fut dans une Russie relativement arriérée qu’elle l’emporta.

  33. « Les laboratoires des alternatives … en Amérique Latine », je les vois bien, mais « en Europe », je me demande à quoi tu peux bien faire allusion. A l’auto-entreprise ?

    « fin aout 2009 point d’inflexion »: A voir le tassement des cours, cette semaine, sur les actions les plus purement spéculatives, on dirait bien que les robots des grandes banques ont fini de pousser à la hausse. Donc… oui, probablement. mais ce sera plutôt une descente en escalier, reportant le grand plongeon à je ne sais quand… Aura-t-il seulement lieu? Tout les fondamentaux disent oui, mais si tout est devenu « virtuel »… Pourquoi pas l’asile de fous pour tous ?

    Anarchie: Si tu ne comprends pas, tant pis. Tu n’es pas le seul… 😉

  34. Au delà des nuances d’analyse qui apparaissent dans le cours de la conversation qui précède, ce qui se révèle (si j’ose dire) c’est l’actuelle absence d’alternative au système existant. Puisqu’il est évident que seul existe aujourd’hui, avec quelques variantes organisationnelles qui peuvent être de taille (démocratie v dictature), le système capitaliste et que les soubresauts de son agonie annoncée peuvent se prolonger encore pendant plusieurs générations. En attendant, tel un super tanker bourré de pétrole, il poursuit sa route vers les écueils sans capitaine ni équipage à son bord.

  35. Je développe mon point de vue dans le prolongement de mes deux interventions précédentes.
    Selon moi, l’« élite » occidentale est confrontée à un double problème.
    D’une part, il lui faut « changer de système économique », c’est-à-dire reconstruire une économie efficace qui ne soit plus (ou beaucoup moins) dépendante des circuits financiers actuels, qui créent des bulles diverses, des déséquilibres macro-économiques, etc., etc.
    D’autre part, il lui faut préserver à son avantage une répartition inégalitaire des richesses, actuellement fondée sur de forts écarts de salaires, un système redistributif (par l’impôt) moyennement correctif, des lois sur l’héritage favorables, etc., etc.
    Ces deux objectifs ne sont pas contradictoires, si l’on considère que la financiarisation de l’économie – vue souvent à tort comme la marque de fabrique exclusive du néolibéralisme – n’a été finalement qu’un aspect parmi d’autre d’une « révolution culturelle », destinée à construire un « homme nouveau » sur des valeurs libérales « régénérées ». En particulier, s’est imposée l’« idéologie du mérite » et de « la responsabilité individuelle », qui a été comme le soubassement moral et la justification philosophique de l’aggravation des inégalités dans nos pays.
    C’est pour cela que l’on peut très bien imaginer une « liquidation de la finance » dans sa forme actuelle au profit d’un autre système de financement de l’économie, une « autre économie » donc, mais dans laquelle perdureraient des inégalités importantes. (J’ai pris ainsi l’exemple de la nomenklatura soviétique qui, sous une autre forme, a pu garder ses privilèges après l’effondrement de l’URSS – mais je ne suis pas bien sûr un spécialiste de la Russie…).
    Car, pour que de telles inégalités puissent perdurer, il faut qu’il y ait un consensus sur la légitimité des inégalités, non pas sur leur niveau mais dans leur principe. Or ce consensus existe : l’on conteste le montant des salaires et bonus des traders, l’on réfléchit sur le ratio socialement « acceptable » entre le salaire du PDG et celui de sa secrétaire, mais le principe même d’une répartition inégalitaire n’est pas en cause, au nom justement de l’« idéologie du mérite ». D’une certaine manière, le succès du « travailler plus pour gagner plus » sarkozyste n’en est qu’une manifestation dégradée.
    Il y avait certes déjà au XXe siècle une répartition inégalitaire des revenus en Europe, mais c’était dans le contexte de « sociétés englobantes », avec des cadres structurants puissants (familles, syndicats) ou sous le regard de l’Etat-Providence. Or – et c’est là l’une des autres caractéristiques de notre temps –, la révolution néolibérale a aussi eu pour but de détruire la société en tant que « réseau de solidarités » (entre les générations, les individus, les groupes sociaux, etc.) – d’où son programme politique exemplaire au Royaume-Uni ou aux Etats-Unis (remplacement de la retraite par répartition par la retraite par capitalisation, baisse de l’impôt sur le revenu, destruction du pouvoir des syndicats, etc. Voir, pour ceux que ça intéresse, mon court post sur le sujet : http://bloginlondon.wordpress.com/2009/08/12/is-there-still-such-thing-as-british-society/).
    Bref, l’« homme nouveau » néolibéral n’a plus le rapport à lui-même et à la société que l’avait par exemple l’homme nouveau post-1945 ou l’homme nouveau post-1968. C’est pour cela qu’il est difficile d’anticiper les formes de critique et de contestation qui vont pouvoir s’imposer dans les années à venir (si elles peuvent à s’imposer), et que l’on peut craindre au contraire que l’« élite» dirigeante mondialisée, profitant de l’avantage décisif qu’elle a acquis dans la transformation des esprits, ne reconfigure l’ordre du monde à sa façon et à son profit.

    1. Je lis avec intérêt vos développements. Je voudrais en profiter pour manifester ma circonspection (une fois de plus) devant toute construction analytique revenant à estimer que les jeux sont faits ou presque, telle que l’on peut en percevoir souvent la tentation dans des commentaires.

      Je serais prudent à propos de la marque laissée dans les esprits, l’avantage qu’elle procurerait aux « élites », suivant vos propres termes. Les idéologiques gardiennes du maintien de l’ordre du moment ont certes beaucoup évoluées, cet ordre aussi n’est plus le même. Certaines sont apparues, d’autres disparues, peut-on tirer l’idée que leur emprise est plus forte pour autant ? La résultante est plus complexe que ne pourrait le laisser penser le quotidien. Comme vous le dites, « il est difficile de d’anticiper les formes de critique et de contestation qui vont pouvoir s’imposer dans les années à venir … »

      Je pense que c’est à l’étage au-dessus que le problème est préoccupant, celui où s’exprime « la politique » (la vie dans la cité), ayant soit les pieds et la tête englués dans la gestion désolante de l’existant, soit étant condamnés à la protestation et la perspective abstraite d’une société meilleure mais indéfinie et lointaine.

  36. Oui ! le capitalisme va tomber.
    Juste parce qu’il n’y a plus assez d’énergie fossile disponible.
    Or cette énergie, c’est son sang, c’est son or.

  37. @Erwan Quilgars 14 août 2009 à 12:45
    Je reprends vos termes précédents « la révolution néolibérale a aussi eu pour but de détruire la société… »
    Faut-il comprendre que cette révolution avait un plan, un programme, un projet et un ou des architectes comme concepteurs et maîtres d’œuvres ? Etait-ce déjà à l’époque une nouvelle théorie du complot ?
    Ne pensez-vous pas que ce que vous citez comme méfaits n’ont étés que des conséquences, des résultats, des effets indésirables qui n’avaient pas été clairement définis comme objectifs à atteindre ?

    Ce serait bien de connaître les objectifs que se donne la prochaine révolution et quels sont les effets indésirables vis-à-vis desquels il convient de se protéger par des mesures préventives.

  38. @ François Leclerc, @ jdudac

    Evidemment, il n’y a jamais eu de « complot néolibéral », de programme établi dans le secret d’un petit groupe de conjurés bien en place, un plan qui aurait été ensuite mis en œuvre point par point à l’échelle mondiale par une « élite » homogène et soudée, consciente de ses objectifs et de ses intérêts de classe. La « révolution libérale » a été un processus multiforme, largement impersonnel et décalé dans le temps selon les pays. Elle est le résultat à la fois du grand bouillonnement intellectuel des cercles universitaires et des think-tanks de droite (qui n’ont jamais d’ailleurs développé une théorie unique et unifiée de leurs idées), de la diffusion par certains médias auprès du grand public d’une vulgate molle mais facilement verbalisable, de l’action particulière, non coordonnée et parfois même contradictoire des différents acteurs gouvernementaux ou para-gouvernementaux (les Etats, la Commission européenne, les institutions internationaux type FMI, les syndicaux patronaux, etc.) et de la pure logique capitalistique des grandes entreprises, notamment internationales, dans leur lutte pour des parts de marché.
    Cela dit, aujourd’hui, trente ans après l’élection de Thatcher au Royaume-Uni (coup d’envoi en quelque sorte de cette « révolution »), rétrospectivement donc, on peut voir une cohérence globale dans les changements de toute sorte (économique, politique, etc.) qui ont eu lieu, et c’est pour cela que l’on peut essayer d’en restituer « l’idéologie », « l’esprit du temps » en somme, sur le mode du « tout s’est passé comme si ». Mais ce n’est bien sûr qu’une reconstruction a posteriori – et très incomplète sans doute.
    Quand je parle de « transformation des esprits » (et je devais dire aussi : « et des corps »), c’est pour mettre en avant une dimension souvent négligée dans l’appréhension du phénomène néolibéral, qui est sa dimension « culturelle ». Autrement dit, je ne crois pas que pour « sortir » du néolibéralisme, il faille simplement sortir d’un certain type de fonctionnement économique. D’une certaine façon, les dégâts « intellectuels et culturels » sont beaucoup plus importants que l’on ne veut bien le croire, et ils se manifestent dans une multitude de faits sociaux qui en apparence n’ont rien à voir (l’« épidémie » d’obésité, la baisse constante du taux de syndicalisation, le téléchargement illégal, etc.) – une sorte de bric-à-brac bizarre qui constitue l’époque actuelle. Nous sommes tous devenus, plus ou moins, des néolibéraux.
    De même, quand je parle d’« élite dirigeante mondialisée », je désigne non pas un petit groupe homogène et soudé, conscient de ses objectifs et de ses intérêts de classe, mais une « structure de pouvoirs », c’est-à-dire un réseau de fonctions sociales définies (direction de pays, d’administrations, d’entreprises, d’universités, etc.), qui, de fait, « exercent » le pouvoir – et qui, par là même, vont décider des orientations futures de nos sociétés. Ces fonctions sont tenues par des individus qui eux aussi, et sans doute plus que les autres, ont subi la « transformation des esprits » de la révolution néolibérale, et ce sont eux pourtant qui vont devoir faire preuve d’« imagination au pouvoir » pour sortir de la crise – tout en perpétuant, évidemment, leur existence.
    Autrement dit, la « sortie de crise » ne sera pas l’affrontement d’une « élite » attachée à ses privilèges et un « peuple » désireux de changement : elle sera avant tout, au sein de l’« élite », une compétition entre différentes « options » de sortie de crise, incarnées ici et là par tel ou tel leader politique, chacune cherchant pour s’imposer à accroître son audience auprès du « peuple » en utilisant tel ou tel ressort psycho-idéologique. Et c’est précisément ce que nous savons pas: quels sont vraiment aujourd’hui, après trente ans de révolution néolibérale et de « transformation des esprits », nos ressorts pyscho-idéologiques ?

    1. On pourrait en parler sous un autre angle, en reprenant le concept d’aliénation, et en voyant comment celle-ci s’est déplacée, quelles nouvelles formes elle prend dans nos sociétés occidentales. Le monde de la « superstructure » est aussi intéressant à démonter que celui des ‘ »infrastuctures » ! Les « faits de société », comme les appellent les journalistes, sont éloquents de ce que pense et vit une société. Jean-Luc Godard faisait, au temps des « Cahiers du Cinéma », ses choux gras de la lecture des publicités (des réclames)…

      Mais je persiste à penser qu’il y a une forte ambivalence dans la culture d’aujoud’hui…

      Et, puisque vous parlez de l’obésité et du téléchargement de la musique, deux faits sociaux que je suis attentivement: le premier exprime parfaitement une sorte de fuite en avant collective, expression d’une évolution des modes de vie et de la manière de se nourrir, de l’impact de l’industrie agro-alimentaire et de la grande distribution, de sa « récupération » par l’industrie pharmaceutique, avec son corolaire de la lutte contre la « mal bouffe » et sa mode du bio; le second une réaction à la « marchandisation » et le besoin d’une liberté culturelle individuelle et collective toute à la fois. En gros !

      Dans les deux cas, les phénomènes sont contradictoires.

    2. Lao tseu n’a-t-il pas dit : « Le gouvernement du Saint remplit le ventre de son peuple et vide son esprit »
      C’est rigolo que vous preniez l’exmple de la malbouffe et du téléchargement illégal 🙂

    3. Plutôt d’accord avec vous quand vous décrivez le modèle néolibéral comme tentative de construire « l’Homme Nouveau » et que la dimension culturelle ainsi créée est souvent occultée par les critiques du système. Mais n’est-ce pas là justement l’échec de cette tentative qui est sanctionnée par la crise générale ? Comment une société peut-elle fonctionner avec un homme nouveau réduit strictement à un rôle de consommateur (même plus producteur) complètement coupé des ses racines familiales, sociales, religieuses ou même simplement éthiques, c’est à dire dans la négation perpétuelle des bases irréductibles des sociétés humaines qui se sont construites jusqu’à présent ? N’est-ce pas strictement les mêmes raisons qui ont entraîné l’effondrement du système soviétique par abandon devant l’ampleur de la tâche éternellement recommencée à chaque fois qu’un nouvel Soljénitsyne surgissait du néant des goulags ? Ce n’est pas la montée en puissance du peuple autonome dans ses revendications qui a créé l’effondrement, c’est l’effondrement des classes dirigeantes incapables d’aller jusqu’au bout de leur tâche et remettant leur destin entre les mains de bureaucrates incompétents et d’escrocs mafieux qui a amené la catastrophe. Pour que le capitalisme s’en sorte, il lui faudrait recréer de toute pièce une élite digne de ce nom, pas une réunion de managers jet-setteurs incapable de voir plus loin que le bout de leurs parachutes dorés.

  39. @Erwan,

    Tout d’abord merci pour vos contributions qui sont à la fois pertinentes et passionnantes !

    Même si je partage votre constat (très intéressant ça :l’« épidémie » d’obésité, la baisse constante du taux de syndicalisation, le téléchargement illégal, etc.), je reste assez optimiste quant à la capacité de la France à faire preuve d’imagination.

    Sans vouloir me la jouer cocorico ( particulièrement alors que ce pays possède un ministère de l’immigration et de l’identité nationale), je trouve que le pays des fromages qui puent s’en tire pas trop mal après 30 années de lobotomie néolibérale.

    L’exception culturelle par ex qui est avant tout un mode de financement du ciné français mais qui à mon avis est assez représentatif de ce que certains là-bas ne voudront jamais lâcher.

    Les 35 heures que même Sarko, Le Grand Fossoyeur de l’héritage du Conseil de la Résistance renâcle à supprimer.

    La lutte aux côtés des sans-papiers, les gens qui ont dans le sang une certaine culture de la manifs, de la protestation, sans oublier le fameux NON à la constitution qui prouve, malgré l’effort hallucinant de propagande, la capacité de la population à s’informer et à penser par elle-même.

    Alors oui, nous avons abandonné les classes populaires, la démocratisation de l’accès à l’université ayant entraîné par ailleurs un déclassement du travail manuel, un mépris des classes laborieuses.

    Le cinéma d’avant-guerre magnifiait les histoires populaires, aujourd’hui on fait dans le misérabilisme ou le mépris ( savament drapé dans l’humour second degré, ex : les Deschiens).

    Le triomphe de l’individualisme, c’est le triomphe des classes moyennes blanches, mieux éduquées mais parfois totalement déshumanisées (cf : » violences des échanges en milieu tempéré » ou encore « la question humaine »).

    Reste sur le carreau, les pauvres, les sous-éduqués qui bouffent du Mc Do ou de la bouffe industrialisée de supermarché et se retrouvent effectivement obèses avant d’avoir atteint leur majorité.

    C’est peut -être la partie visible de l’américanisation…télé+junk-food + pouvoir publique corrompu (Bachelot dans le genre vendue aux Lobbies…).

    Je ne me risquerai pas à un pronostic sur l’arrivée, mais je crois que la bataille est loin d’être perdue…Pardonnez-moi, camarade, de ne regarder que le verre à moitié-plein, mais votre présence sur ce blog, ainsi que celles des centaines de contributeurs prouvent aussi à sa façon que tout n’est pas perdu…

    Reste à enrôler, ma boulangère, ma coiffeuse, le guichetier de banque, la caillera de banlieue, la ménagère de moins de 50 ans, pfff…would this revolution be televised ?

  40. L’alternative s’avance en Europe plus ou moins masquée,plus ou moins ideologisée,quasi invisible pour le citoyen ordinaire…

    Elle est encore souterraine et telle la vieille taupe,on voit a peine sa tete sortir de temps en temps…

    Quelques signes pourtant de tentatives ponctuelles et sans suite car automatiquement reprimés ;

    Nos camarades anarchistes sont le moteur et le frein de ce phenomene, leur ideologisme qui les activent est aussi le repoussoir qui les maintient dans la marge…

    L’alternative multiple et sans modele ne peut atteindre une masse critique visible a tous que si un espace social ,une conjoncture le permette.

    Quel est cet espace,quelle est cette opportunité,l’histoire nous dit qu’elle est exceptionnelle, accidentelle, guerre, famine,catastrophe climatique etc…independante de chacun de nous.

    La derniere tentative eut lieu suite a la guerre de 14/18,et est parfaitement inconnue a la majorité des contemporains…

    L’Etat est alors momentannement neutralisé, laisse s’epanouir sans repression generalisée,faute de le pouvoir, cet espace alternatif objectivement necessaire, preparé par des millions d’individus survivants de la guerre, qui pendant des années ont lutté,cogité, fignolé,bricolé,echangé, en attendant le moment opportun, et qui en general sont les premiers surpris par l’evenement inattendu .Les medias dominants deviennent sans voix.

    Le signe premier le plus visible du moment alternatif est le refus majoritaire affirmé du systeme existant, nous approchons de ce moment….

    La crise des années 30 fut elle un refus majoritaire,peut etre, mais elle s’exprima comme on sait…

    Sommes nous en capacité d’echapper a la tentation autoritaire, l’Amerique Latine dit c’est possible mais pas certain…

    Disons que nos ressources actuelles de communication, de desirs d’egalité et de relations horizontales nous conferent une potentialité inconnue dans l’histoire a acceder a la communauté humaine.

    Encore faut il se faire confiance et echapper a la parano.

    Une bonne ecole pratique pleine d’enseignements sur l’art de la desobeissance civile est en cours au Honduras mais faute de traducteurs reste inconnue.

    Merci de traduire et de publier :

    Toppling a Coup, Part I: Dilemmas for the Honduras Regime

    Posted by Al Giordano – August 7, 2009 at 9:56 am

    By Al Giordano

    http://narcosphere.narconews.com/thefield/toppling-coup-part-i-dilemmas-honduras-regime

    Toppling a Coup, Part II: The Honduras Regime Is Like an Onion

    Posted by Al Giordano – August 8, 2009 at 11:39 am

    By Al Giordano

    http://narcosphere.narconews.com/thefield/toppling-coup-part-ii-honduras-regime-onion 

    un survol de notre present contradictoire :

    28 thèses sur la société de classes

    Des Nouvelles Du Front – http://dndf.org

    http://dndf.org/?p=4898

    @ ghost dog

    Reste à enrôler, ma boulangère, ma coiffeuse, le guichetier de banque, la caillera de banlieue, la ménagère de moins de 50 ans, pfff

    Ils s’enroleront tous seuls,chez nous ou contre nous…si ce nous prend forme…c’est le contenu de ce nous qui motivera leur choix…

  41. @ Erwan Quilgars 14 août 2009 à 15:39

    Merci d’avoir développé vos pensées dans ce commentaire. J’y relève malgré tout une tendance à désigner la droite plus que d’autres, comme le grand manie tout des pensées d’une époque ayant conduit à la révolution néolibérale lorsque vous écrivez « Elle est le résultat à la fois du grand bouillonnement intellectuel des cercles universitaires et des think-tanks de droite (qui n’ont jamais d’ailleurs développé une théorie unique et unifiée de leurs idées), de la diffusion par certains médias auprès du grand public d’une vulgate molle mais facilement verbalisable, de l’action particulière, non coordonnée et parfois même contradictoire des différents acteurs gouvernementaux ou para-gouvernementaux (les Etats, la Commission européenne, les institutions internationaux type FMI, les syndicaux patronaux, etc.) et de la pure logique capitalistique des grandes entreprises, notamment internationales, dans leur lutte pour des parts de marché. »
    Vous ne dites rien sur ce que d’autres courants, plutôt de gauche, ont pu introduire comme pensées destructrices pour la civilisation en générale. Je pense au courant hippie avec ses slogans ravageurs tels que « il est interdit d’interdire » ou « jouissons sans entrave » qui ont été très facilement intégrés par les jeunes générations. 68 n’était pas ce me semble une « révolution » issue de la droite et ça n’est pas lui faire injure que de lui attribuer une bonne part des pertes de valeurs morales dont on souffre aujourd’hui, dans tous les domaines y compris celui de la haute finance. En fait les vagues de déréglementations qui nous ont amenés où nous sommes, ont exploité à fond ce droit à la liberté sans limite instillé dans le mental des jeunes générations après 68.

    Comprenez bien le sens de mon intervention. Il ne s’agit pas de renverser les responsabilités entre les courants de droite où de gauche. Je veux seulement souligner qu’en désignant la droite, vous omettez de signaler ce en quoi les courants de gauches ont aussi à leur manière contribué à la déliquescence morale qui touche nos sociétés. Ca n’est pas en désignant la droite où la gauche, ni en désignant telle classe sociale ou telle autre, ce qui tend à les opposer, qu’on amènera les uns et les autres à prendre conscience, d’une responsabilité partagée et du devoir qui doit s’imposer à chacun d’apporter ses idées et sa contribution pour que collectivement nous sortions de l’ornière dans laquelle nous sommes tombés.

    1. Le Mouvement du 22 mars (1968), à Nanterre, a été crée sur une histoire de fille dans la chambre d’un garçon, à moins que ce ne soit le contraire. Je ne sais plus, j’étais à la Sorbonne. En tout cas ce n’était ni deux filles, ni deux garçons ensemble (c’est venu un peu plus tard).

      Le reste, c’est à dire la perte des valeurs morales que vous déplorez, en a fâcheusement découlé… Redenons à notre jeunesse qui a prétendu jouir sans entraves le sens de sa vertu.

    2. Je pense au courant hippie avec ses slogans ravageurs tels que « il est interdit d’interdire » ou « jouissons sans entrave » qui ont été très facilement intégrés par les jeunes générations. 68 n’était pas ce me semble une « révolution » issue de la droite et ça n’est pas lui faire injure que de lui attribuer une bonne part des pertes de valeurs morales dont on souffre aujourd’hui, dans tous les domaines y compris celui de la haute finance.

      Votre érudition historique est à ce point phénoménale que nous serions coupables de ne pas vous interroger davantage. Éclairez-nous : quel rapport entre la culture hippie et les slogans situationnistes ? Quel rapport entre mai 68 et la haute finance ?

      Ne nous privez pas plus longtemps de vos lumières !

    3. Pour répondre indirectement à votre commentaire, je vous invite à lire l’ouvrage de Boltanski et Chiapello, « Le Nouvel Esprit du capitalisme ». Dans ce livre (épais) devenu classique, les deux sociologues montrent comment le discours néomanagérial a récupéré et « recyclé » les critiques du capitalisme qui s’étaient exprimées de manière virulente en Mai 68.
      En deux mots, l’idée est la suivante. Mai 68 avait vu la conjonction de deux types de critiques anticapitalistes : 1. Une critique dite « sociale », issue des syndicats, axée sur la dénonciation de la redistribution inégalitaire des revenus, notamment au sein de l’entreprise ; 2. Une critique dite « artiste », issue des milieux intellectuels, axée sur le caractère « inauthentique » du capitalisme (et de la grande entreprise bureaucratique), facteur d’aliénation des individus.
      Or, ce sont les thèmes de la critique dite « artiste » (l’autonomie, la créativité, l’épanouissement personnel, le réseau plutôt que la hiérarchie, etc.) que va reprendre et assimiler le discours managérial et patronal des années 70 et 80 (et définir donc un « nouvel esprit du capitalisme », selon Boltanski et Chiapello) – au moment même où l’entreprise fordiste doit se transformer pour répondre aux nouvelles exigences de la financiarisation et de la globalisation économique – c’est-à-dire où moment où elle commence à sous-traiter et délocaliser, où elle réduit les échelons hiérarchiques et instaure un clivage dans le management (entre les cadres dirigeants et les autres), où elle développe les équipes ad-hoc au détriment les collectifs de travail à l’ancienne, etc., etc.
      Autrement dit, le discours managérial a présenté la transformation de l’entreprise fordiste avec le vocabulaire et la rhétorique de la critique dite « artiste » de Mai 68, neutralisant du même coup cette critique et la coupant de la critique dite « sociale » qui en était en quelque sorte le corrélat redistributif (celle-ci perdant par ailleurs de son efficacité analytique du fait même de la transformation de l’entreprise), et du même coup a réussi à légitimer cette transformation auprès des salariés en la présentant comme étant une réponse à leurs aspirations.

      En conclusion, je dirais deux choses :
      1. A mon sens, les slogans du type « Il est interdit d’interdire » ou « Jouissons sans entrave » (qui d’une part ne sont que des slogans et qu’il faut resituer d’autre part dans le contexte de l’époque, c’est-à-dire dans le contexte de sociétés conservatrices et non permissives) ont fait partie de cette entreprise de recyclage idéologique des thèmes de la critique dite « artiste » dans un objectif de légitimation des nouvelles contraintes de l’entreprise post-fordiste auprès des salariés.
      2. La question du ralliement de la gauche (ou du moins d’une partie de la gauche) à ce discours managérial (et plus largement au « néolibéralisme »), qui dépasse évidemment de loin la « trahison » de quelques personnalités médiatiques opportunistes, mérite évidemment d’être analysée et comprise, mais elle n’invalide pas en tout cas la légitimité de la critique dite « sociale », c’est-à-dire la question des inégalités (notamment au sein de l’entreprise), qui reste toujours d’actualité, même si depuis quarante ans elle a dû être complètement reformulée en raison des évolutions de l’entreprise (et de la société).

  42. @Paul Jorion : « Quel rapport entre mai 68 et la haute finance ? »

    Ce que dit jducac ne me semble pas saugrenu. Un Sarkozy par exemple est profondément soixante-huitard quoiqu’il en dise (je ne vais pas parler des Glucksman, Jospin, et autres ex-maoïstes devenus libéraux). Et ce sont eux qui ont introduit la dérégulation dans la finance. Quand on n’aime pas les règles, qu’on ne les respecte pas, pourquoi les garder en finance?
    Il faut comprendre que pour un soixante-huitard qui est resté fidèle à l’esprit de mai 68 (les sincères), il y en a dix autres pour qui c’était un moment accessoire et qui ont oublié ce qui les gênait mais en ont gardé ce qui leur plaisait: l’individualisme.
    Pour ma part je pense qu’il y a eu une vague d’individualisme dont les bons côtés se sont exprimés en mai 68 et les mauvais par après. Mai 68 n’est donc probablement pas coupable (au contraire), mais beaucoup de cette génération trop gâtée le sont.

  43. Faisant partie des « sincères » (je vous remercie), je ne fait pas de cette événement lointain un tabou incritiquable.

    Retrospectivement, mais à la lumière de ce qu’il a été et non pas de la manière dont on peut maintenant le reconstruire, je ne pense pas que « l’individualisme » puisse être considérée comme la caractéristique première d’un épisode particulièrement collectif ! Les avancées culturelles et sociales qu’il a traduit et permis d’amplifier, dans la décennie qui suiva, nous semblent désormais acquises et allant de soi. Si nous nous retournions en arrière, nous le percevrions mieux.

    Il me semble y avoir, dans la mise en cause actuelle de « mai 68 » tout à la fois un commode artifice intellectuel et une confusion. L’artifice consiste à combattre une hydre qui n’a jamais existé mais que l’on invente pour les besoins de sa cause douteuse. La confusion à attribué à Paul ce qui devrait l’être à Jacques.

    L’évolution de la société Française peut certes être considérée comme peu satisfaisante, si l’on considère que, faute de mieux, un repli profond s’est imposé à la faveur de la recherche de solutions individuelles. C’est peut-être, pour partie, l’expression de cette réalité que Mai 68 n’a pas connu de débouché politique et qu’il a fallu l’élection de François Mitterrand pour que la France bascule. Et que celle-ci n’a pas nécessairement répondu aux attentes qui s’étaient exprimées en elle.

    Autre chose est le destin individuel des femmes et des hommes, parfois il est vrai assez regrettable.

  44. @ François Leclerc 15 août 2009 à 20:30 et Paul Jorion.
    Oui, vous avez parfaitement raison, c’est bien de vertu dont il s’agit. Pas de petite vertu, mais des autres, celles qui font la noblesse (si ce mot ne vous choque pas) des hommes et qui se placent au dessus du niveau sexuel.

    Sur un autre plan, la dérision ou l’humour ont une grande vertu, celle de permettre d’évacuer un sujet qui dérange, de le fuir en somme. Heureusement, le courage est une grande vertu, celle qui permet de ne pas se dérober devant le danger, ni devant ses responsabilités ou les difficultés de la confrontation d’idées.
    La langue française, très bien maniée par certains, ne présente pas que des vertus, notamment du fait de pouvoir évoquer plusieurs nuances ou sens différents avec le même mot. Le problème est bien là avec le mot jouir ou jouissance qui ne prend pas la même résonnance lorsqu’il est associé à sexuel, privilège, situation, fortune, monopole, réputation, audience, titre, statut, vie, capital, emploi et beaucoup d’autres.
    Ceux qui étaient au cœur des mouvements de 68, pensaient peut-être uniquement à la libération sexuelle, mais d’autres autour d’eux et après eux y ont vu un droit à se défaire des entraves morales qui freinent la satisfaction des désirs et nuisent à la jouissance sous toutes ses formes. Ils se sont libérés des freins, des règles, des interdits que ceux qui les ont précédés avaient élaborés pensant bien faire pour qu’eux-mêmes et leurs descendants jouissent d’une vie aussi régulée et harmonieuse que possible. Une bonne part du débridage me semble s’être opéré dans les année 70.
    Il peut y avoir une grande jouissance à se constituer une belle fortune en peu de temps et il est certain que c’est plus facile d’y parvenir si on se libère de toute entrave morale. Qui peut dire par exemple, qu’au moment du grand plongeon des banques, pas un seul trader ne s’est lancé, directement ou indirectement, dans des ventes à découvert sur les titres de ses concurrents, voir même sur les titres de sa propre maison. Si ça été le cas était-ce moral ? Il est possible de faire de forts gains immédiats au détriment du long terme, quand on sacrifie son capital. C’est peut-être ce qu’a fait l’humanité en sacrifiant les fondements moraux de notre société qui constituent une bonne part de son capital. C’est à mon avis ce capital moral qu’il est essentiel de reconstituer. Il me semble, mais je me trompe peut-être, qu’on a plus de chance d’y arriver si l’on admet que les pertes dans ce domaine relèvent d’une responsabilité partagée. Pour cela il me semble préférable de ne stigmatiser aucune classe sociale, aucun courant de pensée, aucune génération ou alors de citer tout le monde pour la part qui lui revient. C’est le sens qu’il faut donner à mes interventions en réponse à Erwan Quilgars
    Quant à mes éruditions historiques et à mes lumières, elles sont plus que modestes. Certains, à leur évocation, pourraient s’en trouver gênés ou blessés, ce qui n’est pas du tout mon cas, au contraire. Le fait que je n’aie joui d’aucun enseignement de haut niveau en philosophie en histoire et autres sciences sociales ne me conduit pas à penser que je doive rester silencieux. Moi aussi je me suis un peu libéré (merci 68) et ne crains pas d’aborder les idées de ceux qui font autorité grâce au capital de connaissances qu’ils se sont constitué.
    Je suis d’autant moins gêné que c’est en partie grâce aux impôts (j’en payais déjà à 18 ans) qu’ ils ont pu bénéficier de tels acquis du fait des enseignements reçus et des recherches financées par l’Etat (donc un peu par moi). Beaucoup n’en avaient pas pris conscience en 68, et c’est encore bien pire aujourd’hui. Les classes d’âges qui, indépendamment de leur appartenance à une quelconque classe sociale, ont contribué à créer la prospérité des 30 glorieuses ont été bien mal récompensées. 68 a contesté leur autorité morale sans réellement promouvoir autre chose que l’individualisme évoqué par « Moi 15 août 2009 à 23:17 »

    Seulement 10 à 15 ans séparent nos générations. C’est très peu. Aussi, je ne m’explique pas autrement que par l’influence des « idées de 68 », le très grand décalage de mentalité qui existe en général entre nos générations respectives. Mon interrogation à ce sujet vient surtout du fait que j’observe un écart similaire chez mes frères âgés de 16 ans de moins que moi. Comment expliquer qu’issus du même milieu familial , soumis aux mêmes prescriptions morales, ils soient si différents de moi si ce n’est à cause des courants de pensée développés par 68 qui ont prévalu sur ce qu’apportait l’autorité parentale( pourtant restée la même) mais soumise à une action de sape efficace.

    Pour rester en connexion avec les slogans à image sexuelle, mais avec une tout autre interprétation, on ne peut manquer de s’interroger sur le « nique ta mère » actuellement tant mis en lumière. Quelle formidable torpille pour abattre l’autorité parentale des 2 sexes. Son slogan dérivé « nique la police » est tout aussi efficace pour rabaisser la police dans son rôle de gardien du respect des lois, autres règles et interdits. Ces slogans sont-ils en relation avec « jouissons sans entrave » ou « il est interdit d’interdire » ou « SOS SS »?
    Avant 68, je ne me souviens pas que la police était traitée de la sorte. Je sais qu’une personne qui a participé à 68 m’a dit qu’il ne fallait pas voir dans « SOS SS » autre chose qu’une invective de défoulement et qu’il ne fallait aller voir plus loin. Le malheur est que tout comme les slogans publicitaires, à force d’être répétés ils finissent par s’imprimer dans les esprits et à devenir efficaces.
    Il y a-t-il eu des études sur le sujet ? Si oui leurs références m’intéressent.
    Encore une fois, je ne cherche, avec mes modestes moyens, qu’à faire prendre conscience d’une responsabilité largement partagée dans ce qui nous arrive.

    1. Jducac

      Bonjour

      vous dites  » Le malheur est que tout comme les slogans publicitaires, à force d’être répétés ils finissent par s’imprimer dans les esprits et à devenir efficaces  »

      Il me semble que le slogan était CRS SS et non SOS SS (SOS racisme n’avait pas encore été inventé par les socialistes)
      Preuve que les slogans ne s’impriment pas forcement correctement, beaucoup d’études publicitaires le démontre par ailleurs.

      En 1968, j’avais quatre ans, moi le slogan que je préfère, c’est sous les pavés la plage. Avec Delanoë, c’est devenu sur les pavés la plage ou comment trahir un idéal en douceur…….

  45. Merci Bob de me corriger. Je ne pensais pas du tout à SOS Racisme. Si je devais retenir un SOS je pense que SOS Planète conviendrait bien.

Les commentaires sont fermés.