La Tribune, le mercredi 26 août 2009

« Chaque jour, cet été, nous interrogeons un grand témoin de l’actualité sur sa vision de l’après-crise ».

Le texte est ici : On applique des rustines pour préserver l’ancien monde.

Chaque jour, cet été, nous interrogeons un grand témoin de l’actualité sur sa vision de l’après-crise. Aujourd’hui, pour le sociologue et anthropologue Paul Jorion, la crise est loin d’être terminée et la sortie de crise très incertaine, faute de mesures efficaces et énergiques. Le pouvoir politique a, selon lui, abdiqué face au monde de la finance.

Paul Jorion sociologue et anthropologue

Comment voyez-vous le monde de l’après-crise ?

La crise est loin d’être terminée, elle a à peine commencé en France et je ne vois pas comment aujourd’hui nous en sortir. Malgré le climat d’euphorie qui règne actuellement, la sortie de crise me paraît d’autant plus incertaine que les mesures prises par les États pour réformer la finance et relancer l’économie sont tout à fait inappropriées. Aux États-Unis, l’immense vague d’espérance suscitée par l’élection de Barack Obama s’est vite brisée sur les puissants lobbies de Wall Street. Il manque toujours quelques voix au Congrès pour adopter des textes encadrant mieux l’activité des banques. Ce n’est pas surprenant : le Parti démocrate a toujours eu de nombreux soutiens dans le monde de la finance alors que le Parti républicain a traditionnellement l’appui des grands industriels, notamment du complexe militaro-industriel.

Aucune leçon ne pourra donc être tirée de la crise ?

J’ai plutôt le sentiment que l’on applique des rustines pour tenter de remettre l’ancien système sur les rails. Il existe aux États-Unis un grand écart entre le discours et la réalité. C’est également le cas en Europe. Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont eu le courage de dire que la crise était plus grave que l’on imagine. Mais je doute qu’ils aient les moyens de mener des actions efficaces, surtout dans une Europe aussi désunie. Le politique a totalement abdiqué. C’est le principal enseignement de la crise et la grande différence par rapport à la crise de 1929, où l’État a su imposer des réformes radicales, comme aux États-Unis, avec la stricte séparation des activités de banque d’investissement et de banque commerciale. Rien de tel aujourd’hui : les politiques sont toujours convaincus des vertus autorégulatrices des marchés et ont délégué leur pouvoir aux banques centrales, alors même qu’elles sont sous influence de l’industrie financière. Pire, les politiques ont fait pression pour que les règles comptables soient modifiées, de telle sorte que personne n’est en mesure aujourd’hui de connaître exactement l’étendue réelle des pertes. C’est même renier l’un des principes du capitalisme, la transparence de l’information.

Selon vous, une meilleure régulation de la finance aurait-elle permis d’éviter la crise ?

Sans aucun doute. L’État de Caroline du Nord a, par exemple, très vite réglementé les crédits subprimes et le maintien du Glass-Steagall Act aurait empêché que la crise des subprimes ne tarisse l’ensemble des crédits à l’économie. Aujourd’hui, il faudrait changer de paradigme, comme dans les années 30, et cesser de se focaliser sur la liquidité des marchés. La priorité devrait être désormais donnée à la solvabilité des entreprises et des ménages. Il est tout à fait illusoire de croire que les dettes privées pourront être un jour remboursées. Par conséquent, il ne sert à rien de rééchelonner : il faut remettre les compteurs à zéro. Ce qui suppose bien évidemment la nationalisation du secteur bancaire et la disparition de nombreuses banques. Autre priorité : rééquilibrer la répartition entre profits et salaires de manière à ce que les ménages ne soient plus contraints de vivre perpétuellement à crédit. C’est tout le système d’endettement aux États-Unis, organisé autour de l’immobilier, qu’il faut par conséquent remette en cause. Enfin, il faut prévenir toute nouvelle dynamique de bulle financière. Pour cela, il convient enfin de prendre en compte les méfaits de la spéculation qui prélève sur l’économie une dîme injustifiée. Des décisions simples peuvent être prises, comme interdire l’accès des marchés à terme aux opérateurs n’ayant pas le statut de négociant. Mais les mesures les plus efficaces sont souvent les plus difficiles à prendre du point de vue politique. On se contente alors de « verdir » l’économie pour préserver l’ancien monde. Cela n’est évidemment pas à la hauteur du drame qui se joue actuellement.

Vous avez, dans l’un de vos livres, prédit la fin du capitalisme américain…

Oui, et on peut même mettre une date sur son acte de décès : le 18 mars 2009. La banque centrale américaine avait alors annoncé son intention de racheter des bons du Trésor américains sur des montants considérables. Autrement dit, les États-Unis ont décidé d’avaler leur propre dette, ce qui signe la fin du mythe du dollar sur lequel a prospéré le capitalisme made in Wall Street. Mais tout est fait pour dissimuler la portée de cette décision historique !

La relance de l’économie mondiale passe- t-elle par la Chine ?

Le match va effectivement se jouer entre une Chine qui monte et une Amérique sur le déclin. Mais permettez à l’anthropologue que je suis de rappeler que la croissance chinoise sera stoppée par les limites du monde ! L’homme a jusqu’ici prospéré grâce à une approche colonisatrice de son environnement. Aujourd’hui, nous détruisons massivement nos ressources, nous polluons comme jamais, nous créons des outils, comme l’informatique ou la monnaie, que nous ne maîtrisons plus. Notre ingéniosité et notre agressivité nous ont permis de survivre, elles risquent désormais de nous perdre. Le moment est venu pour la solidarité. Pour nous préserver de l’extinction.

 

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113 réflexions sur « La Tribune, le mercredi 26 août 2009 »

  1. quel déversement de haine, de la part de gens qui se prétendent humanistes !

    Montaigne ne s’y trompait pas :

     » Ce sont choses que j’ai toujours vues d’un singulier accord :

    les opinions super-célestes et les moeurs souterraines. »

    1. Dave
      La haine, c’est bon pour les fachos, la (juste) colère, c’est pour les petits écrasés et moi, j’adore… surtout quand elle s’épanche en paroles (catharsis) et pas en actes. Avez-vous lu Lordon qui ne sait plus écrire un article sans tremper les banquiers et les financiers dans le goudron et les plumes. Mais, rassurez-vous, je suis certains qu’il ne le fera jamais (il trempe juste sa plume dans le fiel…).

       » Avoir envie de jeter son bébé qui braille par le fenêtre est normal, le faire est pathologique », Françoise Dolto.

  2. Vous confondez « haine » et dégoût il me semble Dave.

    Un autre mort illustre à faire parler à votre place peut-être ?

    1. La haine est un dégoût immodéré.

      Ils ont de quoi faire tousser certains, nos classiques :

       » L’ amour de la justice n’est en la plupart des hommes que la crainte de souffrir l’injustice. »

  3. » L’ amour de la justice n’est en la plupart des hommes que la crainte de souffrir l’injustice. »

    Excusez la question (sincère) de béotien mais qu’est-ce qui pourrait faire tousser dans cette phrase? Ce n’est pas bien de craindre de souffrir l’injustice? Pas assez noble?

  4. @Vincent, merci de me faire rire

    @Dave
    Il est vrai en général, que les pauvres ont pour leurs malheurs les mêmes envies que les riches, c’est ce que veut faire entendre Montaigne, ce n’est pas une raison pour laisser les choses en l’état et renvoyer l’humanisme dans des travers vicieux, le procédé n’est pas honnête.

  5. La plupart de ceux qui revendiquent la justice ne le font que lorsqu’ils estiment souffrir d’injustice.

    1. Ah ouais, c’est pour ça que les pauvres revendiquent toujours la justice. Dans le fond, ils sont pas meilleurs, ils souffrent juste un peu plus.

    2. Dave
      Difficile de les retrouver dans le foisonnement des réactions sur ce blog, mais beaucoup parlent du comment et du pourquoi l’on a gravé dans l’esprit de nos contemporains que l’homme est une sale bête (l’homme est un loup pour l’homme du sinistre Hobbes, jusqu’à la fable de l’homo oeconomicus en passant par le bienfaisant car égoïste boulanger du doux Smith). Cela prend des mois et des mois de lectures un peu indigestes mais puisque vous fréquentez Michel Eyquem, vous pourriez peut-être vous farcir ‘L’homme économique – essais sur les racines du néolibéralisme » de Christian Laval, nrf essais Gallimard. Vous verriez dans cet ouvrage anthropo-historique que le très noble scepticisme d’un Montaigne ne veut pas dire qu’il faut douter de l’humanité de l’humain mais qu’il faut aussi et surtout douter de la pensée dominante qui veut nous faire oublier qu’à coté de notre individualisme (bien nécessaire à notre survie lors des millions d’années entre le singe et l’homo sapiens), il y a aussi l’animal social qui a survécu grâce à la solidarité, la reconnaissance mutuelle et le gratuité du don.
      Il y a intérêt à chercher le juste milieu plutôt que l’extrême qui ne donne que le réconfort illusoire de la certitude.

    3. Et aux USA? Les cabinets d’avocats qui font de la retape pour chercher des client avec un potentiel de pognon à retirer, c’est un mythe?

  6. Dave, je m’incline, t’es trop fort pour moi, j’y avais pas pensé.
    De grâce, lache Montaigne avant qu’il ne vienne te faire la peau!

    1. Une traduction rapide…

      25 août (Bloomberg) – La Réserve fédérale doit pour la première fois d’identifier les entreprises dans ses programmes de prêt d’urgence après avoir perdu un procès Freedom of Information Act (Loi sur le Droit à l’Information).

      Le juge en chef du district de Manhattan, Loretta Preska s’est prononcée contre la banque centrale hier, rejetant l’argument selon lequel les dossiers de prêts ne sont pas couverts par la loi parce que leur divulgation nuirait à la position concurrentielle des emprunteurs (càd des banques).

      La Fed a refusé de nommer les sociétés financières auquelles elle a prêté ou d’indiquer les montants ou les actifs mis en garantie en vertu des 11 programmes, dont la plupart ont été mis en place pendant la plus grave crise financière depuis la Grande Dépression, disant que cela risque de déclencher une ruée par les déposants et perturber les actionnaires. Bloomberg LP, basé à New York, société détenue en majorité par le maire Michael Bloomberg, a poursuivi le 7 novembre pour le compte de sa division Bloomberg News.

      «La Réserve fédérale doit rendre des comptes pour les décisions qu’elle prend», a déclaré le représentant américain Alan Grayson, un démocrate de Floride pour le House Financial Services Committee, après la décision Preska’s. «C’est une chose de dire que la Réserve fédérale est une institution indépendante. C’est une autre chose de dire qu’elle peut nous laisser tous dans le noir.»

      «Investigation insuffisante»

      Le juge a dit que la banque centrale a «irrégulièrement retenu des dossiers de l’organisme» par «une investigation insuffisante» après que des reporters de Bloomberg News aient déposés une requête en vertu de la Loi sur l’information. Elle a donné cinq jours à la Fed pour divulger les documents qu’elle a indiqué avoir situé, dont 231 pages de rapports, et a enjoint de poursuivre davantage les recherches à la Réserve fédérale de New York, qui gère la plupart des programmes de prêts.

      La banque centrale «spécule essentiellement sur la façon dont un emprunteur pourrait provoquer une spirale d’instabilité financière si sa participation dans les programmes de prêts de la Réserve fédérale devait être divulgué», Preska a écrit. «Une conjecture, sans preuve de dommage imminent, est tout simplement un manquement aux obligations de la charge du conseil» de la preuve.

      David Skidmore, un porte-parole de la Fed, qui a dit que le personnel du Conseil a examiné les 47-page du jugement, a refusé de commenter si la banque centrale ferait appel devant la Cour d’appel américaine à New York.

      Federal Reserve Chairman Ben S. Bernanke, qui a dirigé la plus importante expansion du pouvoir de la banque centrale durant ses 95 ans d’existance, a été nommé pour un second mandat aujourd’hui par le président Barack Obama.

      Banques Inquiètes

      Obama a promis une nouvelle ère d’ouverture de l’administration quand il a pris ses fonctions en Janvier, en publiant une déclaration demandant aux agences «d’adopter une présomption en faveur de la divulgation» pour répondre aux demandes en vertu du FOIA.

      Les banques craignent que la divulgation de l’identité des emprunteurs par la Fed, le prêteur de dernier recours, pourrait amener les clients à vider leurs comptes bancaires dans une ruée sur la banque, a déclaré Scott Talbott, vice-président des affaires gouvernementales du groupe de lobbying Financial Services Roundtable basé à Washington.

      «Cette question est la suivante: «Cette banque a emprunté X milliards à la Fed, ils doivent donc être en difficulté, je vais donc retirer mon argent», a déclaré Talbott. «C’est le genre de danger qui nous préoccupe. C’est le risque.»

      Bloomberg LP affirme dans la plainte que les contribuables américains doivent connaître les modalités de prêts de la Fed, car le public est devenu un «investisseur involontaire» dans les banques du pays alors que la crise financière s’approfondissait et que le gouvernement a commencé à consolider les entreprises avec des injections de capital et des prêts. Citigroup Inc et American International Group Inc sont parmi ceux qui ont dit avoir reçu des prêts de la Fed.

      «Moyens Sans précédent»

      «Quand un montant sans précédent de dollars des contribuables ont été prêtés à des institutions financières par des moyens sans précédent et la Réserve fédérale a refusé de rendre public aucun des détails sur ces prêts extraordinaires, Bloomberg News a demandé à la Cour pourquoi les citoyens américains n’ont pas le droit de savoir», a déclaré Matthew Winkler, le rédacteur en chef de Bloomberg News. «Nous sommes d’ailleurs heureux de la Cour défend le droit du public de savoir ce qui se fait dans l’intérêt public.»

      Le bilan de la Fed a presque doublé après que les normes de crédit ont été assouplies dans le sillage de l’effondrement de Lehman Brothers Holdings Inc, le 15 septembre 2008. Au 19 août, les actifs de la Fed ont augmenté de 2,3 pour cent, à 2 060 milliards de dollars alors qu’elle a continué d’acheter des titres adossés à des créances hypothécaires en vertu d’un programme autorisant la banque centrale à acheter les titres non gouvernementaux pour la première fois.

      Audits de la Fed (vérivifations comptables)

      La Chambre américaine pourrait voter dès le mois prochain un projet de loi pour soumettre la Fed à des audits par le Government Accountability Office, a dit le Représentant Scott Garrett, un républicain du New Jersey sur le comité des services financiers.

      La décision du juge «est une nouvelle étonnamment bonne», dit Garrett. «C’est ce que le peuple américain demandait.»

      Le Freedom of Information Act oblige les organismes fédéraux de rendre les documents publics disponibles à la presse et du public. La plainte de Bloomberg, déposé à New York, ne réclame pas de dommages-intérêts.

      «Le public mérite de savoir ce qui se fait avec l’argent», a déclaré Lucy Dalglish, directeur exécutif de l’Arlington, basé en Virginie Reporters Committee for Freedom of the Press. «Ce devrait être un signal pour le grand public dont il a besoin d’être beaucoup plus instruit à ce sujet. »»

      L’affaire est Bloomberg LP contre Conseil des gouverneurs du Système fédéral de réserve, 08-CV-9595, US District Court, Southern District de New York (Manhattan).

    2. @ fujisan

      Merci pour votre travail de traduction

      @ à Tous

      Lorsque vous avez des infos importantes en anglais, merci pour vos liens, mais si vous pouviez ne serais-ce qu’ajouter un résumé rapide, cela serai sympa pour tous ceux qui comme moi ne maitrisent pas l’anglais et encore moins l’anglais financier.
      Merci d’avance

    3. merci à CF et monsieur fuji

      que ce soit au sujet de la torture (des organisateurs, pas des petites mains) ou que ce soit au sujet de la déconfiture des banques sauvée par supercontribuable, la règle, c’est bel et bien celle de l’omerta: don’t ask, don’t tell, ne demande rien, ne dit rien
      d’ailleurs la crise n’a pas eu lieu.
      et si l’on parlait people plutôt?

    4. A quand une nouvelle « commition Péccora » ? Une « commition Preska » pardon …
      Too big to know ?

  7. @ Paul Jorion

    Dans votre interview (telle que rapportée dans la Tribune : la transcription est peut-être trop sommaire), vous appelez à un moratoire concernant la dette privée. Je n’y comprends peut-être rien, mais cela n’entraînerait-il pas une déflation massive? Suivie par une vague d’inflation consécutive à la nationalisation des banques, soucieuses alors de rétablir le flux de crédits indispensable à la marche de l’économie. Entre les deux, n’y aurait-il pas une contraction majeure de l’activité du fait de la faillite des institutions financières (privées) et donc une forte augmentation du chômage?

    Il me semble qu’il nous faudrait des hommes politiques de génie pour arriver à maintenir un semblant d’équilibre dans de telles circonstances. Mon instinct m’incite plutôt à anticiper le chaos. Ai-je tort?

    1. Pourquoi une déflation? Remettre les compteurs à zéro coreespond à transférer de l’argent des plus riches vers les moins riches. Cela aurait plutôt tendance à soutenir la consommation (les plus pauvres « consomment » une plus grande proportion de leurs revenus que les plus nantis) et donc à éviter la déflation.

      C’est ce qu’il me semble en tous cas…Pouvez-vous expliciter votre raisonnement qui mène à la conclusion inverse?

  8. J’aurais préféré répondre à Dave dans le style d’Alain.
    Je n’aime pas non plus les extrêmes

    1. Rienderien
      Le style n’est presque rien. Le mien n’est que celui d’un intello un peu trop lucide pour être heureux. Le vôtre sens le vrai à plein nez. D’ailleurs des formules comme « là où au-dessus du gratuit c’est trop cher », « C’est ainsi que les Christians vivent! » « Il faut beaucoup de pauvres pour faire quelques riches » sont déjà dans mon carnet de formules choc.
      Et pour ce qui est du véridique, notre chef d’orchestre ne s’y est pas trompé: avoir l’honneur du billet invité 24 heures après avoir débarqué sur le blog, ça c’est un record qui n’est pas près d’être battu.
      Continuez à regarder et à commenter le monde depuis votre fenêtre RMI avec ce regard et ce coeur de la môme Piaf, cela fait beaucoup de bien à mon âme désabusée.

  9. Monsieur Jorion

    Bonjour

    Je viens de lire votre interview à la tribune, le moins que l’on puisse dire, c’est que ça décoiffe!!
    J’aurai aimé voir la tête de vos interlocuteurs suite à vos réponses.
    Ce qui m’étonne, c’est votre prise de position très tranchée alors que sur ce blog, vous adoptez une position souvent beaucoup plus nuancée. En tous cas, bravo, j’espère que vos déclarations susciterons la polémique qui permettra enfin de sortir du débat stérile sur les bonus des traiders.
    A la lecture de cet article Frédéric Lordon, révisera peut-être sa position face aux médias.
    Car vous venez de lui démontrer brillamment qu’il était possible de faire passer un message hétérodoxe.
    Chapeau !

    Bonne journée

  10. @ Mathieu

    Un moratoire est une forme d’éradication d’argent, pas un transfert: les particuliers endettés n’ont plus rien à payer, mais les prêteurs n’engrangent rien non plus. Combien d’entre eux pourraient se maintenir en activité? Des sommes considérables seraient ainsi retirées du circuit, avec les faillites d’institutions qui me semblent aller avec. Dans une société de « services », je ne vois pas comment on pourrait éviter une contraction très importante de l’activité. Je me trompe peut-être. C’est bien pourquoi mon post précédent est sous formes de questions.

    1. @ Jaycib

      Beaucoup de banques sont aujourd’hui zombies, elles ne se maintiennent que par des artifices comptables et des perfusions de la FED, de la Banque d’Angleterre, de la BCE etc…..
      Laissons les mourir de leurs belles morts et sauvons ce qui peut l’être, les entreprises et les particuliers.
      En clair tuons le virtuel pour nous consacrer au réel.

      @ Monsieur Jorion

      Bonjour

      Je viens de lire votre interview à la tribune, le moins que l’on puisse dire, c’est que ça décoiffe!!
      J’aurai aimé voir la tête de vos interlocuteurs suite à vos réponses.

      Ce qui m’étonne, c’est votre prise de position très tranchée alors que sur ce blog, vous adoptez une position souvent beaucoup plus nuancée. En tous cas, bravo, j’espère que vos déclarations susciterons la polémique qui permettra enfin de sortir du débat stérile sur les bonus des traiders.

      A la lecture de cet article Frédéric Lordon, révisera peut-être sa position face aux médias.

      Car vous venez de lui démontrer brillamment qu’il était possible de faire passer un message hétérodoxe.

      Chapeau !

      Bonne journée

    2. On parle ici d’éradiquer des dettes, donc d’éradiquer un contrat. Je ne pense pas que cela soit équivalent à une éradication d’argent.

      Mais je m’étais mal exprimé de manière similaire dans mon post (utiliser le terme « argent » pour autre chose). Après l’annulation de la dette, l’emprunteur est clairement plus riche qu’avant, et le prêteur plus pauvre. Annuler les dettes, revient quand même à transférer de la richesse des prêteurs vers les emprunteurs, donc globalement des personnes les plus riches vers les personnes moins riches.
      Le problèmes que vous soulevez c’est que les prêteurs pourraient alors eux-mêmes être en faillite personelle. C’est peut-être vrai mais:
      – il y aura moins de gens en faillite personelle après le moratoire parce que les prêteurs ont statistiquement plus de moyens.
      – Si un prêteur est en faillite personelle suite au moratoire sur les dettes, cela veut dire qu’il a lui aussi des dettes, et qu’il pourrait très bien bénéficier du moratoire aussi.

      A l’extrême, si vous annulez toutes les dettes, personne ne sera plus en faillite: chacun se retrouvera bêtement avec ce qu’il a au main au moment du moratoire. (je ne dis pas que c’est ce que Paul Jorion propose, c’est juste pour illustrer qu’un moratoire sur les dettes peut effectivement diminuer drastiquement les situations de faillite)

    3. Ce n’est pas si simple. Du côté dépôts:
      – quid des »petits » épargants, des épargnes-pensions, assurances-vie…?

      Du côté emprunts:
      – est-il moral d’annuler purement et simplement des prêts accordés à des ménages irresponsables, insolvables ? Certains ont même menti sur leurs revenus (liar loans, Ninja). OK les banques n’ont pas vérifié comme elles auraient du le faire, mais c’est tout de même un abus de confiance. Est-ce moral vis-à-vis des ménages raisonables qui, eux, assument leurs charges?
      – Idem pour d’autres qui ont surfé sur la bulle immobilière pour contracter plusieurs prêts, pensant les revendre avec plus value.
      – Quid des entreprises irresponsables? Vis-à-vis des entreprises raisonnables.

      Ceci dit, l’annulation de la dette était déjà pratiquée dans l’antiquité, Babylone…

      Voir par ex cette inteview de Michael Hudson:
      http://www.youtube.com/watch?v=3pwAFohWBL4

      Ou Nassim Taleb qui propose (sarcastiquement?) de convertir prêts hypotécaires en copropriétés:
      http://www.youtube.com/watch?v=E_F4nfBK6a0

    4. @ Jaycib
      Alors vous voudriez que toutes les banques tombent en faillite?
      N’oubliez jamais que tout l’argent déposé, épargné… est en réalité de l’argent que des particuliers, entreprises… prêtent à la banque.

  11. Bravo, belle tribune, magnifique synthèse, tout en mesure et preuves sérieuses que ben oui, on dirait bien des grosses rustines. Je surabonde

    L’explosion de la précarité est une forme de bulle que le politique, dans ses contraintes électorales, a déjà anticipé, en sus d’avoir abdiqué le pouvoir, il n’est plus que l’art de présenter honorablement les réalités assisté par un pouvoir médiatique aux ordres.

    L’exercice devient de plus en plus délicat, la vie « normale » aussi. La constitution promise chemine donc à petit pas dans les esprits, se taille une place dans nos fenêtres médiatiques, comme la misère dans nos rues – et nos coeurs?-

    Donc les morts sont bien vivants, le dollar est morts, vive le dollar.

    La deuxième jambe du W arrive, ça va être un pied terrible! Les boîteux vont être à la mode vous croyez, parce qu’il y en a des paniers, bon, moins que les dettes accumulées de notre beau système mais tout de même.

    La Chine, me revient une explication de monsieur A.peyrrefitte sur le mandarinat de l’empire, ou le degré hiérarchique se symbolisait à la couleur du ponpon de coiffe, le jaune – réservé empereur – était le plus haut. Les fils héritaient du degré moins deux couleurs dans la gamme, un doigt de démocratie-pragmatisme aussi- dans un réalisme structuré en élite féodale…cela ne vous fait penser à rien? Comme un air de « déjà vu », dirait les psy..Les ponpons se perdaient plus vite qu’ils ne se gagnaient, voire la tête avec, l’obéissance était féroce!!

    Heu…vous pensez que le Dalaï Lama a noyauté la Chine, pour quand elle nous sauvera?

  12. Quand nos vies n’auront plus de sens, les dettes et l’argent perdront toute valeur… alors

    Bien et mal sont déjà passés à toutes les sauces économiques, le principe d’effacement des comptes est nécessaire à une constitution fondatrice d’une nouvelle façon d’échanger, sans passer par la case règlement de compte (horrible et coûteux, la grippe c’est même pas un hors d’oeuvre indigeste à côté)!!

    Bon les States ont beaucoup à gagner au pardon des immoralités, cela peut gêner, mais ils ne sont pas seuls -miroirs-, alors on commence à en parler de notre grand-messe?

    Les créanciers structurels eux c’est sûr ils vont ruer dans les brancards non? conflit de civilisation quand même?

    Les matheux modélisent sans doute cela, un court-circuit des variables et des valeurs en attente?

  13. aiglenoir a écrit le 26/08/2009 à 11:37 :

    C’est sans doute un bon début de réflexion (et ce n’est sans doute pas un hasard qu’elle émane d’un anthropologue qui n’est pas seulement économiste à la vue courte) pour une remise en cause saine et d’avenir de nos modes de fonctionnement, à nous autres « Occidentaux » (et je crois qu’il faut inclure dans ce vocable toutes les communautés humaines, y compris donc une bonne part du monde chinois contemporain, dont le seul rêve -mirage- est basé sur le binôme consommation/croissance, veau d’or des temps modernes). Trois éléments supplémentaires de réflexion, seulement, mais de quelle importance! 1) On vient de transférer à nos Etats (finances publiques), à l’occasion de cette crise, les dettes astronomiques des banques, fruit vénéneux de leurs malversations. Ces dettes -voyez l’évolution du déficit de la France, sur ces derniers mois- vont se trouver à la charge des générations à venir. Bel exercice de sauvetage de la part de nos politiques! 2) On ergote sur le mode de rémunération des traders, pour sauver la planète. On « oublie » le rôle du trader, qu’il faudrait peut-être songer à supprimer. Le trader fait gagner de l’argent, essentiellement grace à ce qu’il est convenu d’appeler, pudiquement dans le monde de la finance: marchés dérivés (on pourrait dire marchés déviants) et il s’agit de gagner -ou perdre- beaucoup d’argent en pariant sur la hausse ou baisse de telle action, mais aussi de telle denrée (blé, pétrole, métaux, etc…) et pire encore: le climat (contrats, c’est à dire paris, sur les événements climatiques, tels que tempêtes, sècheresses, etc…), et encore les conséquences néfastes de nos activités humaines (contrats sur droits d’émissions polluantes, tel le fameux CO2, que les industriels peuvent maintenant acheter ou vendre, sous la forme ignomineuse de « droits de pollution »). Et pourquoi pas demain sur tel risque d’épidémie (grippe H1N1? SIDA?) ou de famine, de guerre… Ne faut-il pas porter le fer dans cette plaie gagnée par la gangrène? 3) Sur les plus de 6 000 000 000 d’humains sur terre, combien connaissent et ont compris ces mécanismes ignobles et leur fonctionnement? Probablement une poignée de quelques centaines de milliers. Car c’est assez compliqué (c’est étudié pour!), et le quotidien du citoyen-consommateur est occupé par d’autre tâches, plus urgentes. Sinon la révolution aurait déjà eu lieu.

  14. aiglenoir a écrit le 26/08/2009 à 16:42 :

    Qu’était l’étalon-or, sinon la mesure de la vraie richesse, des états comme des particuliers? Ce sont bien les états qui se sont mis à vendre leurs réserves d’or, massivement ces dernières années. Et ceci après avoir autorisé, depuis plusieurs siècles, les banques à émettre de la dette, donc de la fausse monnaie, non garantie à due équivalence par de la richesse réelle (autrefois l’or justement). Pourrons-nous faire l’économie du grand nettoyage des écuries d’Augias (i.e. la finance mondiale, la banque, et leurs complices: les états) ?

  15. Cette histoire de cigales et de fourmis, ça commence à bien faire.
    A croire que sur ce blog tout le monde, à part rienderien et moi, a la possibilité d’acheter sa voiture ou sa maison en payant cash !

    La majorité des emprunteurs qui se retrouvent en difficulté à l’heure actuelle sont des gens qui ont eu un « accident de la vie » : chômage, maladie, divorce ou accident.

    Bien sûr, quelques uns se sont laissés embobiner par des vendeurs de crédit dont c’est le métier de persuader les gens qu’ils peuvent consommer plus sans gagner plus. Et ceux là se retrouvent dans la m……, le commercial de la banque lui, il s’en fout, ce n’est pas lui qui sera expulsé, il a pourtant manqué gravement à son devoir de conseil envers son client !

    Bien sûr, quelques autres ont voulu jouer avec les crédits et l’immobilier et se sont fait avoir.

    Cela ne veut pas dire pour autant qu’il faille jeter la pierre à tous ceux qui se retrouvent surendettés.

    Quant aux fourmis il y en a certains qui laissent dormir leur argent sur un compte sans que cela serve à quoi que se soit sinon au plaisir qu’ils ont de voir les zéros s’ajouter en bas de la feuille !

    Remettre les compteurs à zéro ne ferait que faire repartir tout le monde au même niveau .

  16. « Aujourd’hui Natixis s’envole de 33,26% à 3,07 euros alors que la banque pourrait renouer avec les bénéfices au troisième trimestre après cinq trimestres dans le rouge.Ce retour à une meilleure fortune est rendue possible par la garantie accordée par sa maison-mère, Banque populaire caisses d’épargne, sur son portefeuille d’actifs toxiques de 35 milliards d’euros. »(boursorama)
    François Pérol, président de la banque, vous savez, celui qui a dérégulé le système avec son patron DSK en 1999, formé chez Rothchild, conseillé du « ministre des finances bac B » Sarkosy, puis du prince, est en train de me faire les poches chez l’écureuil, et de sonder les chaussettes populaires…. Il en veut à mes noisettes le bougre! Une sorte d’emprunt national à l’insu de mon plein grès dans nos économies prolétaires.
    Maintenant pour s’enfiler, c’est sans filets. SGDG
    Mieux que tous les casses-noisettes du siècle !!!
    Et si on les récupérait nos noisettes dans nos filets à provisions?
    Ils seraient marron monsieur Vincent et ses amis.
    Mettre fin à la fiction serait pourtant si simple. Dans un monde « libre » toutes fois…
    Chacun sa prime à la casse. C’est ça l’égalité mon frère.
    Merci à vous, de ne pas oublier cette facette du dernier oublie présidentiel face à nos banquier. C’est le RMI de rien-de-rien qui garanti les fonds toxiques de Pérol !!! Si j’ai bien compris?

  17. Le 26, à 19h et 20 h , votre intervention est l’article le plus lu;
    les commentaires sont tous approbateurs:
    Le courant passe.
    Question : […] régulation? – Réponse : […] oui, réglementation.

    La Finance est une activité importante; elle a montré son
    inaptitude à exercer une forme d’auto-régulation, chose qu’elle
    réclame avec insistance. L’action de l’ Etat devient légitime.
    IL est le garant de l’ équité et de l’efficacité.

  18. @ Louise26 août 2009 à 17:27
    C’est illusoire de croire qu’une remise à zéro règlerait les choses, bien au contraire. La société d’aujourd’hui est droguée au crédit et ne peut en l’état actuel des mentalités se passer du crédit. Ca n’est pas qu’une question de moyens, c’est avant tout une question existentielle qui touche tous les niveaux sociaux. Il y a beaucoup trop de gens qui n’ont pas été entraînés à refreiner leurs désirs et leurs envies par suite d’une dérive dans l’éducation. Ils se sentent inférieurs parce qu’ils n’ont pas ce qu’il faut pour paraître et seront toujours accros aux dettes pour tendre vers un toujours plus d’extériorisation. La voie pour se libérer doit amener les êtres, mêmes les plus modestes, à rechercher la satisfaction de soi en ayant le sentiment de s’être grandit en sachant dominer ses pulsions de jalousie et d’envie, par une volonté personnelle d’intériorisation de son existence.
    Nous sommes très loin de retrouver ce par quoi les gens modestes pouvaient être fiers d’eux du seul fait des valeurs morales qu’ils portaient. Dans mon enfance, le crédit était montré aux enfants comme un pêché. Il n’était vu comme une nécessité que pour des très gros achats, essentiellement immobiliers. Dans les années 60, acheter une voiture à crédit était un signe de prétention dès lors que l’on pouvait se déplacer en vélo ou vélomoteur.
    Tant que la croissance permettait de faire un pari gagnant sur le futur, le crédit offrait la possibilité de jouir d’un bien avant de l’avoir gagné. Ce « miracle » était possible parce qu’en gros nous consommions notre capital de ressources naturelles non renouvelables. La courbe de consommation de crédit depuis 1945 est probablement assez parallèle à la courbe de consommation de pétrole. (Si quelqu’un dispose de données sur le sujet, merci de les communiquer). Or, il faudra bien inverser la tendance car la croissance n’est pas possible à long terme. La décroissance n’est pas du tout favorable lorsqu’on a des dettes à rembourser. Alors il vaut mieux, par l’éducation, former des fourmis plutôt que des cigales, ce qui est loin d’être le cas

    1.  » Il y a beaucoup trop de gens qui n’ont pas été entraînés à refreiner leurs désirs et leurs envies par suite d’une dérive dans l’éducation.  »

      Pas seulement l’éducation, il y a le lavage de cerveau quotidien de la publicité. Pour changer les mentalités, il faudrait sévèrement tailler là-dedans. C’est pas gagné.

    2. il y a trop de gens (en fait une génération et demie) qui ont été entrainés (à grands renforts de pub, marketing, packaging, temps de cerveau disponible) à croire qu’ils avaient droit à « une nouvelle salle de bain » (pub leclerc) parce que « vous le méritez bien » tout en n’apprenant pas suffisamment à lire (12% d’illettrés ou presque à 18 ans en France) pour apprendre à réfléchir par eux mêmes

      il y a trop de gens qui n’ont jamais entendu parler de l »économie » si une telle science existe, y compris après des années d’études supérieures, et qui donc ne comprennent rien (ou ne comprenaient rien avant ce blog, j’en fait partie) à ces histoires de traders, bonus, subprime, ARM (http://www.nytimes.com/2009/08/27/us/27arms.html?_r=1&hp) et surtout ne voyaient pas en quoi ils étaient concernés

      du temps où on n’achetait pas tous tout à crédit (« vous vous rendez compte, ils ont fait un crédit ») la vie quotidienne était aussi plus prenante : moins de temps disponible si on y va en vélo, si on fait la lessive à la main, sans congélateur…

      je n’ai pas envie de me passer ce mes esclaves énergétiques (cf Jancovici) pour ça

      même si je me passe très bien de TV, Play Station et autres Wii depuis plus de 10 ans (même avec des enfants….si, si ils peuvent survivre à ces conditions extrêmes sans devenir asocial ou psychotique) ,,, mais pas d’ordinateur et d’internet

  19. Paul Jorion a dit:

    « Le match va effectivement se jouer entre une Chine qui monte et une Amérique sur le déclin. Mais permettez à l’anthropologue que je suis de rappeler que la croissance chinoise sera stoppée par les limites du monde ! L’homme a jusqu’ici prospéré grâce à une approche colonisatrice de son environnement. Aujourd’hui, nous détruisons massivement nos ressources, nous polluons comme jamais, nous créons des outils, comme l’informatique ou la monnaie, que nous ne maîtrisons plus. Notre ingéniosité et notre agressivité nous ont permis de survivre, elles risquent désormais de nous perdre. Le moment est venu pour la solidarité. Pour nous préserver de l’extinction. »

    Tout simplement génial

    Merci

    Conclusion: vivre mieux avec moins, voilà où doit se situer le rôle de notre ingéniosité et de notre … anxiété (toutes sorte de peurs).

    C’est notre seul salut.

  20. Je ne suis pas d’accord avec l’effacement des comptes, mais plutôt avec celui de la suppression de l’intérêt financier;
    C’est un système qu’il faut changer, je dirais même plusieurs imbriqués l’un dans les autres, création monétaire, système financier, système de création des richesses (aujourd’hui industiel, demain je sais pas,), système de solidarité etc…
    C’est clair que pour moi il n’y aura pas de reprise et je m’en réjouis, sinon s’il y en a, adieu à la planète.

    Comme le dit jducac :
    « Il y a beaucoup trop de gens qui n’ont pas été entraînés à refreiner leurs désirs et leurs envies par suite d’une dérive dans l’éducation. Ils se sentent inférieurs parce qu’ils n’ont pas ce qu’il faut pour paraître et seront toujours accros aux dettes pour tendre vers un toujours plus d’extériorisation. »
    Que peut-on y faire, ils ont été biberonnés à la société de consommation.
    Annuller la dette ne ferait que d’aiguiser leurs appétit.
    Annuler l’intérêt pour tout ce qui touche les investissements (sans restrictions) économe en matière premières et énergie serait dôlement plus efficace.
    Enfin, ce n’est qu’un avis de modeste citoyen

  21. Ce soir C dans l’air était consacré au bonus de traders.
    Surprise Jacques Sapir était invité!!
    Ainsi que françois Langlet de la tribune.
    Bon, Elie Cohen à son habitude à tenu le crachoir une bonne moitié de l’émission.
    La vidéo de Sarkozy annonçant ses mesurettes sous l’oeil de Madame Lagarde, à ne pas rater.
    Brèves interventions de Sapir assez percutantes.
    Positions de françois Langlet hyper prudentes, surtout au moment des questions des spectateurs.
    Il y a des mous et des silences qui valent de longs discours….

    http://www.france5.fr/c-dans-l-air/index-fr.php?page=resume&id_rubrique=1236

  22. les ressources de le Terre s’épuisent…

    j’aime bien la solution de jducac (40?) :

    il faut que les pauvres éduquent leurs gosses à rester dans leur case

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