Le Monde – Économie, La dette est-elle un boulet ou un prétexte ?, lundi 8 – mardi 9 février 2010

La dette est-elle un boulet ou un prétexte ?

Les déclarations officielles sur la dette publique sont pleines de bon sens : le déficit public est une très mauvaise chose et la dette publique, qui constitue la mémoire accumulée de tous les déficits passés, tolérés au fil des ans, est encore une bien plus mauvaise chose. Réduisons donc le déficit. Mieux : réduisons la dette et tout ira beaucoup mieux.

Que reprocher à ce raisonnement ? la dette est indubitablement un boulet. La charge de la dette, le montant des intérêts à verser annuellement, a atteint un niveau consternant : du même ordre de grandeur que les recettes de l’impôt sur le revenu et constituant désormais le deuxième poste budgétaire : entre le budget de l’éducation nationale et celui de la défense.

S’ajoutent à cela les consignes européennes du pacte de stabilité et de croissance : Bruxelles s’impatiente et n’a donné à la France qu’un sursis : il faudra qu’à l’horizon 2013, elle se conforme à la norme des 3 % maximum de déficit annuel et d’une dette publique ne dépassant pas 60 % de son PIB. L’Allemagne s’est engagée de son côté à réduire son déficit et n’a pas hésité à recourir pour ce faire aux grands moyens : pas moins qu’un amendement constitutionnel qui interdira au déficit de l’État fédéral de dépasser 0,35 % du PIB à l’horizon 2016. Et, le futur standard ayant été fixé par l’Allemagne, l’ensemble des autres pays, et la France en particulier, seront jaugés à cette aune drastique lorsque leurs nouveaux emprunts publics s’offriront sur le marché des capitaux. S’ajoute encore à cela la menace d’une dégradation de la notation de la dette d’État, si jamais les choses ne rentraient pas dans l’ordre.

Il n’empêche : l’empressement actuel à vouloir résoudre à l’instant une situation existant depuis une dizaine années déjà est éminemment suspect. D’autant que la France est encore aujourd’hui en situation d’émettre sans difficulté sa dette à taux modérés. Deux tiers de celle-ci trouvent preneur à l’étranger et l’obligation faite à la suite de la crise à certains acteurs stratégiques, tels que les banques et les compagnies d’assurance, d’investir dans des instruments liquides et de bonne qualité, assure aux emprunts publics français un débouché quasiment garanti.

D’où cette question : assiste-t-on vraiment en ce moment à un retour à la normale de la situation économique et financière à ce point spectaculaire qu’il faille – après tant d’années d’insouciance et de laxisme – résoudre d’urgence le problème de la dette publique française ?

Ou bien y aurait-il là comme une arrière-pensée ? Et si oui, que pourrait-elle bien être ? La réponse est malheureusement évidente. La crise a produit une pléthore de faits invalidant le bien-fondé de la déréglementation et de la privatisation prônées par le libéralisme radical qui prit son essor initial dans l’Allemagne d’après-guerre pour s’épanouir ensuite en Grande-Bretagne, puis aux États-Unis, avant de trouver son expression consommée dans le traité de Lisbonne.

Si le programme a trouvé sa réfutation dans la réalité, la volonté de le mener à son terme n’a pas faibli pour autant parmi ses partisans endurcis : à défaut de pouvoir justifier sa poursuite par une raison, il faut donc lui découvrir au moins un prétexte. On s’en prendra donc, sous couvert de rigueur, aux mesures de protection sociale qui permirent pourtant à la France de s’en tirer jusqu’ici bien mieux dans les soubresauts de la crise que bon nombre d’autres nations. Mais qu’importe : les faits pèsent pour si peu !

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132 réponses à “Le Monde – Économie, La dette est-elle un boulet ou un prétexte ?, lundi 8 – mardi 9 février 2010

  1. Avatar de J.Gorban
    J.Gorban

     » La stratégie du choc  » de Noami Klein éclaire très bien votre questionnement , me semble-t-il ?

    Nous avons affaire à des idéologues , qui comme les staliniens , réfutent les faits qui ne cadrent pas avec leurs dogmes.

    Comme les staliniens, les élites libérales seront rattrapées par la réalité.

    La question est plutôt de savoir dans quel état sera la planète quand ils chuteront ? et si nous en sortirons par le haut ( pour moi le socialisme ) ou par le bas c’est à dire des dictatures et des guerres interminables.

    1. Avatar de Hervey

      @J.Gorban
      Vous avez tout à fait raison de citer « La stratégie du choc » de Noami Klein. Si vous chercher un document de poids qui explique la marche du monde telle qu’elle s’organise depuis 30 ou 50 ans, économie, institutions et politique rassemblées, il faut avoir lu cet ouvrage de plus de 600 pages. C’est le meilleur livre que j’ai pu lire sur la description détaillée et programmée de la pensée des néoconservateurs et de ses ravages de par le monde depuis le Chili sous Pinochet jusqu’à nos jours (et ce n’est pas terminé) en passant par la Colombie l’Argentine, toute l’Amérique du sud, l’Indonésie, la Pologne, la Russie, l’Afrique du Sud, les pays asiatique, la Chine… Cet ouvrage démonte tous les mécanismes et cite les intervenants qui ont participé à tous ces désastres avec son cortége de corruption, de cupidité d’arrogance insoutenable. On dépouille et l’on tue avec un certain sourire et sous couvert de la Science Economique. EDIFIANT!
      Un jour peut-être, un tribunal international devra s’occuper de tous ces « Mengele diplomés ».
      Un jour peut-être aussi, un groupe de défense du service public, racontera sous forme de feuilleton télévisé cette saga mortelle.
      Pour ce qui nous occupe et en relation avec notre actualité, je recommande la lecture des pages 318 à 340 consacrée au pillage de l’Asie (autour des années 1997) et les méthodes employées de concert par le FMI et la spéculation financière pour dépouiller les gens.
      C’est un peu ce qui nous attend avec la complicité il est vrai de nos gouvernants !
      Alors bonne journée.

      1. Avatar de justin
        justin

        J’ai prêté ce livre ( La Stratégie du Choc) à un ami congolais… à la lecture de ce livre sa réaction a été sans appel  » je comprends enfin ce qui est arrivé à mon malheureux pays »…

        La lecture de ce livre devrait être obligatoire dans les écoles tout comme « le capitalisme à l’agonie »

      2. Avatar de Roger Wielgus
        Roger Wielgus

        Entièrement d’accord avec vous pour un tribunal international pour juger tous ces Mengele de la finance et de la performance économique, qui par procuration ont tué autant de personnes que le médecin nazi.
        J’affirme haut et fort depuis des années que l’ultra libéralisme est une sorte de nouveau nazisme, dans une version soft, mais avec des effets aussi hard que le nazisme originel.
        N’est-ce pas le riche Warren Buffet qui a dit que la lutte des classe était toujours une réalité mais que c’était la lutte acharné des milliardaires contre les pauvres. Un jour, il va bien falloir que ce soient les pauvres qui gagnent cette guerre.
        Mais il ne faudra pas oublier de juger tous les valets de ces Mengele de la finance, les politiciens de droite qui sous couvert de discours populistes se sont maintenus en place tout en spoliant les peuples de leurs droits élémentaires acquis dans des luttes antérieures pour des droits sociaux et des droits humains.
        L’ère Sarkozy apparaitra, par exemple, dans les livres d’histoire, comme une des périodes noires de la France, une période de régression des libertés élémentaires et des excès en tout genre de la classe dirigeante. Lui aussi, j’aimerais le voir payer ses méfaits pour satisfaire ma soif de justice.

    2. Avatar de Hervey

      lire Naomi et non Noami. Mes excuses

    3. Avatar de Hervey

      @simplesanstete
      N. Klein a sillonné la planète pour décrypter les coups et méthodes du capitalisme. Si c’est ce que vous appelez la surface des choses, c’est une sacrée surface. Votre court commentaire montre clairement que vous n’avez pas lu cette analyse.
      La citation que vous faites du Colonel House plaide contre vous. Miss Klein est allée enquêter sur place dans différents pays, reprenant l’information à sa source.
      En citant le colonel, vous ne lui rendez pas service. Dans le contexte, cette citation devient un truisme.

    4. Avatar de Jean-Michel
      Jean-Michel

      Un « must read » , d’ailleurs ce livre a fait l’objet de tant de critiques acerbes qu’il en devient une évidence quant à sa pertinence explicative de la réalité.
      Comme a dit Einstein je crois (de tête): « Il suffit d’un expert pour démonter une fausse théorie, il en faut une centaine pour en démonter une vraie… »

  2. Avatar de phev
    phev

    je me réfère à Jean Baptiste SAY et allons-y, ne nous en privons pas il est dans le domaine public :

    Dans quel but les gouvernements font-ils des emprunts ?

    Dans le but de subvenir à des dépenses extraordinaires que les rentrées ordinaires ne suffisent pas pour acquitter

    Avec quoi paient-ils les intérêts des emprunts qu’ils font ?

    Ils les paient, soit en mettant un nouvel impôt, soit en économisant sur les dépenses ordinaires une somme annuelle suffisante pour payer cet intérêt.

    Les emprunts publics sont donc un moyen de consommer des capitaux dont les intérêts sont payés par la nation ?

    Vous les caractérisez bien.

    Quels sont les préteurs ?

    Les particuliers qui ont des capitaux disponibles, lorsqu’ils supposent au gouvernement emprunteur la volonté et le pouvoir d’acquitter exactement les engagements qu’il contracte envers eux.

    Puisque le gouvernement représente la société, et que la société se compose des particuliers, c’est donc, dans les emprunts publics, la société qui se prête à elle-même ?

    Oui : c’est une partie des particuliers qui prête à la totalité des particuliers, c’est-à-dire à la société ou à son gouvernement.

    Quel effet produisent les emprunts publics par rapport à la richesse générale ? l’augmentent-ils ? la diminuent-ils ?

    L’emprunt, en lui-même, ne l’augmente ni ne la diminue, c’est une valeur qui passe de la main des particuliers aux main du gouvernement ; c’est un simple déplacement. Mais comme le principal de l’emprunt, ou, si l’on veut, le capital prêté, est ordinairement consommé à la suite de ce déplacement, les emprunts publics entraînent une consommation improductive, une destruction de capitaux.

    Un capital ainsi prêté n’aurait-il pas été consommé de même, s’il fût resté entre les mains des particuliers ?

    Non : les particuliers qui ont prêté un capital avaient l’intention de le placer, et non de le consommer. S’ils ne l’eussent pas prêté au gouvernement, ils l’auraient prêté à des gens qui l’auraient fait valoir ; ou bien ils l’auraient fait valoir eux-mêmes ; dès lors ce capital aurait été consommé reproductivement au lieu de l’être improductivement. Si cette portion du capital national servait précédemment des usages reproductifs, le capital national est diminué de tout le montant du prêt ; si elle était le fruit d’une nouvelle épargne, le capital national n’a pas été accru par cette épargne.

    Le revenu total de la nation est-il augmenté ou diminué par les emprunts publics ?

    Il est diminué, parce que tout capital qui se consomme entraîne la perte du revenu qu’il aurait procuré.

    Cependant, ici, le particulier qui prête ne perd point de revenu, puisque le gouvernement lui paie l’intérêt de ses fonds : or, si le particulier ne perd aucun revenu, qui peut faire celte perte ?

    Ceux qui font cette perte sont les contribuables qui fournissent l’augmentation d’impôt dont on paie les intérêts ; ce qui occasionne pour eux une diminution de revenu.

    Il me semble que le rentier touchant d’un côté un revenu que le contribuable fournit d’un: autre côté, il n’y a aucune portion de revenu perdue, et que l’État a profilé du principal de l’emprunt qu’il a consommé.

    Vous êtes dans l’erreur : il y a dans la société un revenu perdu, ce lui du capital prêté au gouvernement. Si j’avais fait valoir, ou qu’un entrepreneur d’industrie eût fait valoir pour moi un capital de 10,000 francs, j’en aurais retiré un intérêt de 500 francs qui n’aurait rien coûté à personne, puisqu’il serait provenu d’une production de valeur. On ouvre un emprunt et je prête cette somme au gouvernement. Elle ne sert pas, dès lors, à une production de valeur; elle ne fournit plus de revenu ; et si le gouvernement me paie 500 francs d’intérêt, c’est en forçant des producteurs, agriculteurs, manufacturiers, ou négociants, à sacrifier une partie de leurs revenus pour me satisfaire. Au lieu de deux revenus dont la société aurait profité (celui de 500 francs produit par mon capital placé reproductivement, et celui de 500 francs produit par l’industrie du contribuable), il ne reste plus que celui du contribuable que le gouvernement me transfère après avoir consommé à jamais mon capital .

    Sous quelle forme le gouvernement reçoit-il en général les capitaux qu’on lui paie ?

    Il met en vente 3 fr., ou 4 fr., ou 5 fr., de rente annuelle, et il vend cette rente au cours que les rentes qu’il a précédemment vendues ont actuellement sur le marché. Dans cette vente qu’il fait, il reçoit un capital d’autant plus considérable, que le prix courant des rentes est plus élevé : lorsque le prix d’une rente de 5 francs est à 100 francs, il reçoit 100 francs de principal pour chaque fois 5 francs de rente qu’il promet de payer, lorsque le prix d’une rente de 5 francs est à 80 fr..,. il reçoit seulement 80 francs de principal pour une rente de 5 francs.

    Conséquemment, il emprunte à des conditions d’autant meilleures que le prix de la rente est plus haut ; et le prix de celte rente est d’autant plus haut, que les capitaux disponibles sont plus abondants, et que la confiance dans la solidité des promesses du gouvernement est mieux établie .

    Quelles sont les principales formes sous lesquelles un gouvernement paie l’intérêt de ses emprunts ?

    Tantôt il paie un intérêt perpétuel du capital prêté qu’il ne s’oblige pas à rembourser. Les prêteurs n’ont, dans ce cas, d’autre moyen de recouvrer leur capital que de vendre leurs créances à d’autres particuliers, dont l’intention est de se substituer à eux.

    Tantôt il emprunte à fonds perdu, et paie au prêteur un intérêt viager.

    Tantôt il emprunte à charge de rembourser ; et il stipule, soit un remboursement pur et simple, par parties, en un certain nombre d’années, soit un remboursement par la voie du sort, et auquel sont quelquefois attachés des lots.

    Tantôt il fait des anticipations, c’est-à-dire négocie, vend des délégations qu’il donne sur les receveurs des contributions. La perte qu’il fait de l’escompte représente l’intérêt de la somme avancée.

    Tantôt il vend des offices publics, et paie un intérêt de la finance fournie. Le titulaire ne rentre dans son principal qu’en vendant la charge. Souvent le prix des charges est déguisé sous le nom de cautionnement.

    Toutes ces manières d’emprunter ont pour effet de retirer des emplois productifs des capitaux qui sont immédiatement consommés pour un service public.
    Les gouvernements n’ont-ils pas des moyens de rembourser leurs emprunts, même ceux dont ils ont promis de payer perpétuellement l’intérêt ?

    Oui, par le moyen de caisses d’amortissement.

    Qu’est-ce qu’une caisse d’amortissement ?

    Lorsqu’on met sur les peuples un impôt pour payer les intérêts d’un emprunt, on le met in peu plus fort qu’il n’est nécessaire pour acquitter ces intérêts, cet excédant est confié à une caisse spéciale qu’on nomme caisse d’amortissement, et qui l’emploie à racheter chaque année, au cours de la place, une partie des rentes payées par l’État. Les arrérages des rentes achetées par la caisse d’amortissement sont dès lors versés dans cette caisse, qui les emploie, de même que la portion d’impôt qui lui est attribuée dans ce but, au rachat d’une nouvelle quantité de rentes.

    Cette manière d’éteindre la dette publique, par son action progressivement croissante, parviendrait à éteindre assez rapidement les dettes publiques, si les fonds des caisses d’amortissement n’étaient jamais détournés pour d’autres emplois, et si la dette n’était pas augmentée par des emprunts sans cesse renaissants, qui, dans bien des cas, mettent annuellement sur la place plus de rentes que la caisse d’amortissement n’en rachète.

    Qu’en concluez-vous ?

    Qu’une caisse d’amortissement est plutôt un moyen de soutenir le crédit du gouvernement qu’une voie pour parvenir au remboursement de la dette publique, et que le crédit du gouvernement est pour lui une tentation de consommer des capitaux aux dépens des contribuables qui demeurent chargés d’en payer les intérêts.

    Quelle est la situation la plus favorable où puisse être une nation relativement au crédit public ?

    C’est lorsqu’elle est toujours en état d’emprunter, et qu’elle n’emprunte jamais.

    L’économie des nations est donc la même que celle des particuliers ?

    Sans aucun doute. De même que ce serait folie de croire qu’il peut y avoir deux arithmétiques différentes, une pour les individus, l’autre pour les nations, c’est une déraison que de s’imaginer qu’il peut y avoir deux économies politiques.

    1. Avatar de Dav

      Je me réfère à Karl Marx, allons-y, ne nous en privons pas, il est mort à Londres.

      L’accumulation du capital entraine une baisse à long terme du taux de profit. Cette baisse tendancielle du taux de profit explique la contradiction fondamentale du capitalisme qui conduit à l’apparition récurrente de crises.

      Cependant, Marx dit qu’il existe des contre-tendances à cette baisse. Les capitalistes tentent de la compenser en accroissant leur débouchés (impérialisme), ou en augmentant le taux de plus-value (qui est le taux d’exploitation pl / v , donc en baissant les salaires par exemple), et on pourrait envisager un état stationnaire, mais le problème est que la substitution du travail par le capital génère de plus en plus de chômage, une armée de réserve de travailleurs, ce qui conduit inexorablement la société vers des conflits sociaux.

      À terme donc, le capitalisme croule sous le poids de ses contradictions, c’est l’état de crise permanent, qui ne peut être évité que temporairement par l’expansion économique à des marchés vierges, ou par l’emballement de la croissance technologique.

      Les dettes publiques, par leur financiarisation, sont le dernier refuge de toute cette accumulation du capital. Un ultime subterfuge pour dégager une illusion de profit, sur le dos des travailleurs.

    2. Avatar de JeanNimes
      JeanNimes

      à Dav

      Oui, c’est bien le problème principal du capitalisme !

      Petite question subsidiaire :
      Peut-on considérer que tous les crédits et les titres qui constituent la bulle financière sont issus de l’exploitation de la survaleur ?
      Si oui, alors les sommes détournées par le capital sont faramineuses…
      Si non, « l’industrie financière » a réussi à produire des titres sans valeur en quantité telle qu’elle transforme les sommes extorquées en fausse monnaie…

      La deuxième explication permet de mieux comprendre les rapports entre des phénomènes de long terme (l’exploitation qui dure plus ou moins intensément depuis longtemps) et des phénomènes récents comme ceux de la formation de la dernière bulle financière.

      Cela permet aussi de comprendre qu’il y ait deux ordres de corrections à effectuer : des lois qui empêchent la formation des bulles financières (revenir sur les lois néolibérales qui les favorisent) et le dépassement du capitalisme…

    3. Avatar de jean-philippe lagrange
      jean-philippe lagrange

      Au sujet de JB Say et de ce qu’a posté phev :

      Tout d’abord je serai toujours étonné qu’en matière économique certains (en général les adeptes, au sens religieux voire sectaire, du libéralisme ou les libertariains) se réfèrent à des penseurs de l’ancien régime, que ce soit A Smith ou JB Say, comme si le monde n’avait pas changé. Un peu comme si des physiciens en étaient restés à Descartes ou Newton, en ignorant 2 ou 3 siècles de travaux…, donc, en matière d’économie, en faisant comme si l’économie encore largement rurale du XVIIe ou XVIIIe devait nous éclairer sur celle du XXIe siècle. Passons…

      Lorsque le roi et son gouvernement sous l’ancien régime empruntaient, c’était pour financer (d’abord) des dépenses militaires et (aussi) financer le paiement de toutes sortes de rentes aux obligés du régime (la cohorte de nobles que Louis XIV avait mis sous son contrôle par ce biais). On peut donc dire, au premier degré, schématiquement, que l’emprunt correspondait à une stricte consommation de capital sans guère de revenu. Mais aussi que l’argent emprunté était aussitôt réinjecté dans le circuit économique…

      Surtout, au XXIe siècle, outre la part, toujours prépondérante, de l’argent que l’état réinjecte aussitôt, il y aussi, ce qui n’existait guère au XVIIIe, une part d’investissements qui font que nous disposons de routes et autoroutes, d’aéroports, encore il y a une vingtaine d’années de réseaux de télécommunications (la rentabilité n’était pas encore celle de l’Internet), de recherche, etc. ; toutes dépenses a) dont la plus grande part n’est pas amortissable assez vite pour se faire sur la base d’investissements privés, a fortiori par l’investissement du particulier de JB Say (…) et b) qui sont indispensables à une économie moderne et à sa croissance.

      On a bien sûr le droit d’en rester à la préhistoire et à des raisonnements qui sont raisonnables s’agissant de la préhistoire, mais s’occuper du présent est peut-être plus prioritaire…

    4. Avatar de Bertrand
      Bertrand

      La Main Invisible du Marché est Très Grande est Jean-Baptiste Say est Son prophète !

      Un exemple de sa clairvoyance absolue (également dans le domaine public) ?
      « Les richesses naturelles sont inépuisables, car, sans cela, nous ne les obtiendrions pas gratuitement. Ne pouvant être ni multipliées ni épuisées, elles ne sont pas l’objet des sciences économiques » Traité d’économie politique, 1803

  3. Avatar de liervol
    liervol

    @Paul Jorion, ceci d’autant que vous auriez pu ajouter que la réduction de la dette allemande passe par sa capacité à toujours bien se vendre à l’export et que le pourcentage de réduction me semble bien surprenant à plusieurs égards : le principal étant à mon sens : à qui va vendre l’Allemagne pour réussir cet exploit si le reste du monde joue aussi la rigueur ?
    Car n’oublions pas que les dettes des autres sont aussi les ventes Allemandes. Si moins de dettes, moins de ventes sauf si un magicien nouvellement venu nous sort de son chapeau quelques milliards à dépenser de ci de là…

    1. Avatar de astrorock
      astrorock

      « à qui va vendre l’Allemagne pour réussir cet exploit si le reste du monde joue aussi la rigueur ? »

      C’est effectivement la question que peu de monde se pose, d’autant que les surcapacite des unites de production semble averes.

      Hors c’est la le point fort de l’allemagne, vendre ses machines.

      Du moins si l’on en crois les informations dont on dispose.

  4. Avatar de phev
    phev

    La dette est donc manifestement un gros boulet.

  5. Avatar de liquoreux
    liquoreux

    Ben oui, ces « partisans endurcis » ont toujours de l’espoir, celui d’une sortie de crise avec retour aux pratiques libérales antérieures. Tant que cet avenir est possible, pourquoi se remettre en question?

  6. Avatar de Philippe de Saint Naz
    Philippe de Saint Naz

    Il a fallu attendre pratiquement 20 siècles pour se libérer (en partie) des religions afin qu’elle cesse d’orienter la vie des sociétés (pas toutes). Et voilà que de nouveaux religieux tordent la réalité pour la faire correspondre à leurs croyances. Attention, Monsieur Jorion, leur sainte Inquisition ne doit pas être loin!

  7. Avatar de Jaycib
    Jaycib

    « La crise a produit une pléthore de faits invalidant le bien-fondé de la déréglementation et de la privatisation prônées par le libéralisme radical qui prit son essor initial dans l’Allemagne d’après-guerre pour s’épanouir ensuite en Grande-Bretagne, puis aux États-Unis, avant de trouver son expression consommée dans le traité de Lisbonne. »

    Je ne suis pas sûr de vous suivre au sujet de l’essor initial du libéralisme radical dans l’Allemagne d’après-guerre, Paul. Ne parle-t-on pas de « capitalisme rhénan » pour distinguer le système allemand de son homologue britannique durant la période d’après-guerre? Il y a quand même eu la CECA, puis le marché commun de 1957, dont le Royaume-Uni a voulu se tenir à l’écart jusqu’à la fin des années De Gaulle. L’Allemagne était prête alors à faire quelques concessions d’envergure pour concrétiser l’axe européen franco-allemand, ce qui supposait qu’on se pliât en deux à Bonn pour faire droit aux prétentions françaises (subventionnement de l’agriculture et d’autres secteurs retardataires de l’économie française). Ou alors parlez-vous d’une ECOLE libérale radicale trouvant sa source chez von Hayek et von Mises (des Autrichiens…), puis semant ses graines vénéneuses au R-U et aux USA?

    1. Avatar de Flo
      Flo

      « Ou alors parlez-vous d’une ECOLE libérale radicale trouvant sa source chez von Hayek et von Mises (des Autrichiens…), puis semant ses graines vénéneuses au R-U et aux USA? »

      N’est-ce pas l’ordolibéralisme ?

    2. Avatar de Jaycib
      Jaycib

      Je ne sais pas ce qu’est l’ordolibéralisme, Flo…

  8. Avatar de Jérémie Martin
    Jérémie Martin

    Petite recette:

    1 – Prennez une économie de marché équilibrée, avec un marché libre qui fonctionne et un Etat qui intervient pour maintenir le pacte fordien (l’ouvrier peut se payer ce qu’il produit) et la cohésion sociale par la solidarité.

    2 – Déréguler la finance, de maniére à ce que celle-ci puisse avancer des liquidités en abondance aux entreprises qui se soumettent à leur diktat de rémunération du capital.

    3 – Laisser mijoter le temps que ces facilités de financement créent un déséquilibre tel que les entreprises qui ne jouent pas le jeu se trouvent afaiblies en terme de capacité de rémunération et d’investissement face à celles qui sont passées sous le joug de la finance.

    4 – Utiliser la différence de compétitivité artificiellement créée pour justifier la privatisation des services publiques.

    5 – En même temps, profiter des arguments sur l’incompétence en matière économique de l’Etat pour réformer les statuts des banques centrales et les mettre ainsi à l’abri d’un risque de contrôle démocratique.

    6 – Fermer le convercle et laisser gonffler la bulle.

    7 – Quand la bulle explose, utiliser l’argument du « Too Big To Fail » + « l’Etat est incompétant par nature » pour provoquer un renflouement du système financier sans contrepartie.

    8 – Une fois les Etats définitivement affaiblis et leurs finances au bord du gouffre, leur mettre le couteau des taux d’interet sous la gorge en leur faisant comprendre que:

    La planche à billet n’est pas une solution, l’Etat étant incompétant par Nature
    L’Impots n’est pas une solution, Les riches étants les amis du progrés
    La seule solution est de sabrer dans les dépense publiques, gaspillages honteux par nature

    Vous obtenez au final une victoire totale de la finance sur les Etats, qui n’ont plus d’autre option que de se mettre au pas, car s’ils leur arrivaient de se rebeller, on leur couperait les robinets et on les renverait au moyen age.

    1. Avatar de pineda
      pineda

      Bien expliqué 🙂

    2. Avatar de liervol
      liervol

      Applaudissement sur le schéma stratégique, mais même un grand stratège ne peut heureusement pas tout prévoir, il reste une dose d’espoir qu’à trop en vouloir, à se sentir intouchables, ils finissent par commettre des erreurs.

    3. Avatar de Jérémie
      Jérémie

       » Vous obtenez au final une victoire totale de la finance sur les Etats, qui n’ont plus d’autre option que de se mettre au pas, car s’ils leur arrivaient de se rebeller, on leur couperait les robinets et on les renverait au moyen age. »

      La continuelle victoire sur l’autre n’est pas forcément la meilleure victoire à suivre pour l’homme.

      Ne sommes nous pas déjà revenus au temps du moyen age, au temps des seigneuries, plus nous en possèdons et plus nous contrôlons et nous dictons le monde comme nous l’entendons toujours bien évidemment dans un semblant de démocratie et de liberté apparent. Nous seuls apportons la lumière et le progrès aux hommes.

    4. Avatar de Manuel

      Simple et brillant !

      Nos idées doivent être défendues à la vie, à la mort, faute de quoi le scénario catastrophe décrit par Jérémie Martin s’accomplira tel qu’esquissé dans le « Plutonomy memo » de Citibank.

      http://www.scribd.com/doc/6674229/Citigroup-Mar-5-2006-Plutonomy-Report-Part-2

    5. Avatar de pablo75
      pablo75

      @ Jérémie Martin

      Dans votre petite recette aboutissant à « une victoire totale de la finance sur les Etats », vous oubliez tout simplement l’ingrédient fondamental, capable de faire pas mal de dégâts quand il s’énerve (voyez l’histoire du XXe siècle): « le peuple ». Si vous croyez vraiment qu’il se laissera tondre sans bouger, c’est que vous êtes vraiment naïf ou que vous connaissez mal l’Histoire – surtout la française.

    6. Avatar de Jérémie Martin
      Jérémie Martin

      Mais ne vous faites quand même pas trop d’illusions, le peuple n’est pas si gentil que ça:

      Le peuple est capable de haïr
      Le peuple est capable de mépriser le faible
      Le peuple est capable de collaborer et de dénoncer son voisin
      Le peuple va à la guerre la fleur au fusil
      Le peuple peut haïr à mort les gars du village d’à coté
      Le peuple peut aimer assister aux exécutions publiques
      Le peuple peut tondre celle qui a couché avec l’ennemie
      Le peuple peut exclure celui qui est différent

      Et le peuple peut surtout avoir peur que les choses soient encore pires en cas de révolte et de guerre civile, car le pays serait alors affaibli face à l’ennemies extérieures.

      Compter d’ailleurs la dessus pour que les médiatiques actuels nous le rappelle.

      Malgrés cela vous avez raison: on ne peut compter que sur lui, et il fini généralement par s’en sortir, même si le chemin est parfois long et saignant.

    7. Avatar de pablo75
      pablo75

      Je n’ai pas dit que « le peuple » était gentil, j’ai dit qu’il ne se laissera pas tondre sans réagir et sans réagir violemment, comme il l’a toujours fait tout au long de l’Histoire (je vous rappelle que la cause de 99 % des révolutions a été l »injustice économique).

      Vous avez l’air d’oublier aussi que dans la démocratie on vote, et que de ce côté-là il y a eu de grosses surprises au XXe siècle.

    8. Avatar de Jérémie Martin
      Jérémie Martin

      Je n’oublie rien.

      L’Argent aussi vote.

      La Peur aussi.

    9. Avatar de kerema29
      kerema29

      Je ne crois pas que cette stratégie fonctionnera, un Etat n’est pas une entreprise comme une autre et je pense que nous allons le vérifier peut être plus rapidement que prévu; comment va réagir la population grecque ? et quand ça sera notre tour , comment nous allons accepter la politique d’austérité à sens unique ? Mon avis est qu’il commence à se préparer quelques détonateurs, mais je peux me tromper….

    10. Avatar de JeanNimes
      JeanNimes

      à Jérémie Martin

      Je suis d’accord avec tous vos points… sauf le premier !

      1a/ Le compromis fordien est une douce plaisanterie… c’est l’histoire du capitalisme triomphant racontée aux enfants !
      L’ouvrier n’a jamais pu s’acheter ce qu’il produisait : par définition il ne peut acheter que ce que son salaire lui permet d’acheter et comme son salaire est toujours inférieur à la valeur de sa production…

      1b/ La cohésion sociale par la solidarité (en particulier celle qui a été mise en place à partir de 1945-1947) n’a jamais été octroyée par les capitalistes, elle a toujours été arrachée à leurs doigts crochus : ils n’ont pas pu à l’époque les refermer suffisamment parce qu’ils avaient tellement fricoté avec les nazis qu’on leur a dit d’être discrets pendant un certain temps… mais ils sont patients et au fil des décennies ils sont parvenus à réduire les remboursements de la sécu et ils se sont attaqué aux retraites. Et comme vous le décrivez, ils vont continuer tant qu’on ne les arrêtera pas.

      Pour le reste nous sommes d’accord, sauf quand même que le(s) peuple(s) ne vont peut-être pas se laisser tondre sans protester et résister.

    1. Avatar de cyrille
      cyrille

      l’avantage du crédit hypothécaire : en France, la dette est attaché au bien, pas a la personne. cette « stratégie » est donc inapliquable ici.

  9. Avatar de Peter Hoopman

    La dette est entre autre une chantage bureaucratique, qui a créé une politique, entrepreneurs et citoyens prise dans un prison bureaucratique.

  10. Avatar de Eomenos
    Eomenos

    Plan de relance en 5 points :

    – Chasse aux alochtones. (pour l’instant on reste dans l’amateurisme)

    – Délinquants aux galères (Faire de l’énergie propre avec de sales types)

    – Débiles congénitaux à la poubelle (recyclage en croquettes pour animaux)

    – Femmes : régime KKK (kindern, Keuken, Kirchen)

    – Vieux à mort au délà de 60 ans (économie des pensions, des soins de santé, transmission accélérée du patrimoine, relance des secteurs du bois et du carton ( ce dernier pour ces salauds de pauvres).

    Et merde, va faloir me dépêcher de profiter, reste plus de 3 mois de bons…

    1. Avatar de Piotr
      Piotr

      point 1-)Il y a des martiens sur le blog …
      point 2-)Ça change pas grand chose ,i l y a déjà beaucoup de gens qui rament …
      point 3-)Les farine animales…faut demander à Roselyne…
      point 4-)Je suis assez d’accord mais je sens que je vais me faire des ennemies sur ce blog…
      point 5-)T’as de la veine d’avoir bon à 3 mois…profite bien…

    2. Avatar de Betov

      Point 4. Sans compter que l’un des martiens, sur ce blog, a plus de 60 ans, et ne touchera jamais la moindre pension. Ce qui fait que même en cas de suicide… 😀

    3. Avatar de Flo
      Flo

      « point 4-)Je suis assez d’accord mais je sens que je vais me faire des ennemies sur ce blog… »

      Point 4 alternatif :
      – Hommes : au régime (leur sont interdits : les relations sexuelles, les petits plats et le foot à la télé)

  11. Avatar de laurence
    laurence

     » ‘On’ va s’en prendre aux mesures de protection sociale  »

    1- qui est ‘on’ (pronom impersonnel) ?

    2- comment empêcher ‘on’ de nuire ?

    Merci à tous les spécialistes qui sont dans les parages de répondre aux ‘vraies’ questions Avant le massacre. Ce serait peut-être mieux…

    1. Avatar de domini CB
      domini CB

      Avant le sacrifice.
      Car il est ici question de croyance, il est question d’un culte voué au pouvoir
      et en la croyance à la réalité de sa légitimité et sa force véritables de soumettre à sa volonté
      tous ceux qu’il décrète inférieurs ; ne leur donnant d’autres choix que se vendre et servir, ou bien périr.
      C’est peut-être ce qu’on veut dire et signifie.

  12. Avatar de Bruno LEMAIRE

    La dette publique est à la fois un boulet et un prétexte, bien sûr.

    Peut-on échapper au choix qu’on nous propose. Je n’en sais rien, car de puissants lobbies feront tout ce qu’il faut pour utiliser ces dettes comme un étau pour justifier leurs choix, quels qu’ils soient: j’en ferais peut être autant à leur place (mais heureusement, je n’y suis pas)

    Je vais simplement présenter, en trois propositions, une piste qui a été esquissée au lendemain de la grande dépression de 1930 (alors que je pense, comme certains ces commentateurs de ce blog, que la crise actuelle, est au moins aussi grave), la piste du crédit social. Je ne pense pas que cette piste soit « idéologique » m^me si, quand elle a été esquissée, elle était ouvertement anti-capitaliste et anti-communiste.

    Voilà donc les trois propositions phares du crédit social. Faire en sorte que :

    1 – Les crédits de caisse (c’est‑à‑dire l’argent qui existe dans la poche: sans polémiquer, je pense que c’est ce que Paul appelle « argent ») de la population de n’importe quel pays, soient à tout moment collectivement égaux aux prix collectifs des marchandises consommables offertes à la vente dans le pays, et ces crédits de caisse seront annulés par l’achat des marchandises consommables.

    2 – Les crédits nécessaires pour financer la production proviennent, non de l’épargne, mais de nouveaux crédits se rapportant à une nouvelle production.

    3 – La distribution des crédits de caisse aux individus dépende de moins en moins du fait de leur emploi dans l’industrie.

    Petite remarque:
    Pour Douglas, « inventeur » du crédit social et de ses successeurs, un Dividende Social devrait progressivement remplacer, pour tout ou partie, gage et salaire.

    C’est ce que les défenseur du Revenu d’Existence suggèrent aussi, c’est aussi l’optique du Revenu Minimum de Dignité que je défends depuis des années, (cf. « de Karl Marx à Bill Gates : de nouvelles pistes pour les activités humaines »)

    B.L.

    1. Avatar de topino
      topino

      bonjour,

      si l on a de nveaux crédits
      si l on a une nvelle production
      alors c est le r^ve (c est formidable)

      nb : c est quoi une nouvelle production qui emploierai 2,6 m d ^tres humains
      en France bien sur pas ailleurs et qui stagnerai à attendre l effondrement de la
      piece « euros » pas le « franc »

  13. Avatar de TARTAR
    TARTAR

    Pourquoi Sarko « l’américain » persiste-t-il à brader les bijoux de famille de la France?
    A supposer qu’il ait cru encore à la validité de son programme de privatisation généralisée quasi Eltsinien jusqu’en mi 2009,….. pourquoi persiste-t-il?
    Pour ne pas se déjuger?
    Croit-il désendetter le pays de cette façon en 2 ans?
    Quel intérêt y trouve-t-il?
    Des commissions sur compte off-shore?
    Un unique quinquennat et c’est la fortune.

    PS
    Privatisation Eltsinienne càd en favorisant ses amis oligarques (français ou étrangers).

  14. Avatar de coucou
    coucou

    Dernière minute : les capitaux fuient la Grèce :

    Nouvelle escalade dans la crise grecque
    Guillaume Guichard (lefigaro.fr)
    08/02/2010 | Mise à jour : 18:57 | Ajouter à ma sélection

    Les grosses fortunes grecques fuiraient vers la Suisse et Chypre. Crédits photo : AFP
    Les risques attachés aux dettes grecque, espagnole, portugaise et irlandaise ont battu des records ce lundi. A l’origine de ce nouveau regain de panique, les capitaux privés qui fuient la Grèce.

    La dette grecque n’a jamais été aussi dangereuse, à en croire les marchés. Le risque attaché aux obligations d’Etat a atteint un record, selon l’indice Markit basé sur les CDS (Credit default swaps, instrument permettant de spéculer contre le risque de défaut d’un Etat). Il a atteint les 430 points, contre 387 vendredi. Effet de contagion oblige, l’indice a aussi percé des plafonds pour le Portugal (242 contre 227), l’Irlande (175 contre 165) et l’Espagne (173 contre 166).

    A l’origine du regain de tension, une information parue ce lundi dans le quotidien grec Avriani. Les banques grecques feraient face à une fuite massive de capitaux vers la Suisse et Chypre se montant à 10 milliards d’euros, selon le journal. Les riches particuliers craignent les nouvelles mesures fiscales du gouvernement visant à combler les déficits publics via des hausses d’impôts. En réaction, les banques grecques ont lourdement chuté de 8% ce lundi à la Bourse d’Athènes.

    Le système bancaire grec n’avait pas besoin de cette nouvelle. «Contre l’avis de la Banque centrale européenne, le gouvernement est en train de prendre des mesures afin de protéger les ménages contre les saisies», rappelle Ciaran O’Hagan, stratégiste chez Société Générale. «Du coup, elles arrêtent de prêter. Et comme elles ont moins de dépôt avec la fuite des capitaux, une injection de capital de la part de l’Etat n’est pas à exclure à terme.»

    Alors que l’Etat grec se bat pour résorber ses déficits, cette perspective assombrit encore davantage la situation.

    1. Avatar de Piotr
      Piotr

      Les rats quittent le navire,c’est pas bon signe…

  15. Avatar de laurence
    laurence

    Je crains que ne s’installe une sorte de fascination morbide pour ce système destructeur sans que l’on cherche s é r i e u s e m e n t 1- à l’empêcher de nuire davantage.

    2- à le remplacer par un mécanisme sain et efficace
    pour les g e n s.

    Merci à monsieur Jorion, à tous les intervenants sur ce blog, d ‘essayer d’expliquer ce que nous, ou des spécialistes, pouvons f a i r e et c o m m e n t .

    Soyons constructifs.

    1. Avatar de yvan
      yvan

      Bonjour Laurence.
      Je me permets de vous redonner le lien indiqué par Onubre et vous donne la raison de l’impossibilité de faire quoique ce soit :
      http://criseusa.blog.lemonde.fr/2010/02/08/reflexions-sur-leconomie-us-en-2010-sortie-de-crise-improbable-krash-lent-previsible/
      « On comprend pourquoi la régulation du système financier par l’administration Obama est aussi timide. Comment négocier en position de force en demandant aux institutions de réserve de financer un soutien à l’immobilier que les ressources d’épargne disponible des USA sont incapables de fournir. Les banques n’ont donc pas changé de rôle, elles ont fourni à la FED de l’argent virtuel contre une régulation en trompe-l’œil : ce sont les réserves excédentaires figurant dans les comptes de la FED. L’administration Obama a cédé sans barguigner en obtenant des banques une couverture fictive des débours de la FED à un coût nul puisqu’il s’agit en l’espèce d’une création monétaire pure. »

      Tout à fait entre nous, dans ces cas-là, je négocie à la kalachnikov. Et c’est souvent sanglant.

    2. Avatar de yvan
      yvan

      Vous pourriez aller jeter en complèment un oeil à :
      http://contreinfo.info/

      Car d’après les dernières news, ça s’épaissit encore…

      Soit, en gros, nous commençons à pouvoir distinguer clairement les joints de ciment entre les briques.
      Les solutions sont connues, identifiées, logiques. Mais la machine a pour pilotes des gens qui en profitent.
      Comment, alors, faire admettre des solutions qui les desserviraient…??

      Certes, nous allons tous en subir les conséquences. A nous d’avoir bien compris qui sont les responsables. Nous pouvons au moins faire ça : ne pas se tromper de cible.

  16. Avatar de Le Yéti

    Le problème n’est peut-être pas la dette publique, mais son augmentation assez phénoménale en moins d’une année. Le déficit lui a été multiplié par plus de 3 en 2009.

    Je trouve assez étrange les mérites que certains veulent trouver aujourd’hui à la dette publique. Selon Paul Krugman (NY Times du 5 février), le creusement des déficits serait presque un gage de bonne santé économique. En ceci que ces investissements lourds de l’État sont indispensables à une relance massive de l’emploi qui permettra de garantir le retour à une croissance forte et durable.

    Décidément, les vieux schémas du vieux système ont la vie dure. Impossible, pour nos « spécialistes » un peu figés, d’envisager une réorganisation de l’économie réelle mondiale sans une « croissance forte et durable ».

    On a pourtant vu les dégâts (climatiques, épuisement des ressources naturelles..) qu’a pu occasionner cette « croissance forte et durable » lors des trente dernières années.

    On a aussi sans doute oublié que la crise actuelle ne se limite pas aux seuls débordements financiers de quelques déplaisants voyous. Mais tient aussi à l’épuisement de cette économie réelle capitaliste basée sur une croissance exponentielle assez meurtrière et pour tout dire assez imbécile, inutile.

    Maintenant, en conclure que les rapaces s’en prendront d’abord aux protections sociales relève de l’euphémisme. Ça fait un bail qu’ils ont commencé leur travail de sape sur ce sujet.

  17. Avatar de joelle
    joelle

    Etat surendetté, spéculation sur les grains… etc…ça ne vous rappelle rien ?

    1. Avatar de Philippe de Saint Naz
      Philippe de Saint Naz

      @Joelle

      Une bonne grosse révolution, avec des têtes coupées peut-être (label rouge Tradition Française) ?

    2. Avatar de Piotr
      Piotr

      @ joelle

      J’avais rien compris,spéculation sur les grains ,je croyais que tu parlais de la météo en Bretagne.

    3. Avatar de Philippe de Saint Naz
      Philippe de Saint Naz

      @Piotr

      Seule la Météo en Bretagne est réellement révolutionnaire (rappel pour les incultes: en Bretagne, il ne pleut que sur les [niais])

  18. Avatar de Onubre

    Pour une analyse des dangers que l’endettement public fait peser sur la reprise. L’article présente le calcul de la dette publique américaine (GSE inclus). IL examine la financement conjoint de la reprise par le Trésor et la FED. Il esquisse une lecture des effets des déficits publics sur une économie qui vit depuis longtemps au-dessus de ces moyens faute de créer assez de richesse. La reprise parait dans ces perspectives improbable et un krash lent de l’économie américaine probable.

    http://criseusa.blog.lemonde.fr/2010/02/08/reflexions-sur-leconomie-us-en-2010-sortie-de-crise-improbable-krash-lent-previsible/

    1. Avatar de yvan
      yvan

      Il est vrai que c’est complètement dingue…
      « le financement contraint du Trésor conduit à des besoins de financement accrus qui supposent une stagnation de l’économie permettant le financement de la reprise. »

      Et pourtant, d’une logique implacable.

    2. Avatar de Hubert de La Pâte Feuilletée
      Hubert de La Pâte Feuilletée

      La première puissance économique du monde seraient devenus le «pays des bons alimentaires» («food stamps nation»), estime l’agence de presse Reuters.

      http://www.slate.fr/lien/42753/etats-unis-pays-bons-alimentaires

  19. Avatar de Jérémie
    Jérémie

    Pour le seul succès triomphant de nos nouvelles écritures économiques sur une autre, d’une idéologie sur une autre, que ne recherchez encore certains hommes pour mieux de nouveau l’appliquer et reproduire ce même genre de conduite jusqu’au bout, jusqu’à la solution finale, à ne même plus voir le nombre de gens sacrifiés en plus, c’est la raison.

  20. Avatar de dissy
    dissy

    Qui vous a dit  »qu’on allait accepter »ce massacre sans broncher?Certainement pas moi ….de toute façon les pseudos économies réalisées par réduction de déficits ne vont produire que plus de crise car cela sera encore des commandes et des salaires en moins pour fournisseurs et consommation..le piège se referme,le cercle vicieux..il n’y aucune sortie à cette crise….les banquiers ont ‘gagné’ mais quoi ?Beaucoup de clients potentiels devenus insolvables et pour longtemps…des entreprises avec moins de commandes ..donc moins d’investissement..donc moins de prêts bientôt pour le banksters etc etc ..plus dure sera la chute finale

  21. Avatar de pineda
    pineda

    Le même jour dans le monde, un article savoureux sur les « walk away », ces surendettés américains qui quittent leurs maisons et laissent les banques se débrouiller avec. Un phénomène qui prend de l’ampleur et qui ne fait qu’accélérer la chute des prix. Au point que des politiques, sjuqu’à Obama et des banquiers ont fustigé leur conduite immorale 🙂 De quoi faire rire lorsqu’on apprend que ces mêmes banquiers se sont fait porter pâle sur des acquisitions immobilières de plusieurs milliards de dollars. On ne prête qu’aux riches !

  22. Avatar de Crapaud Rouge
    1. Avatar de Crapaud Rouge

      Il s’agit du résumé de Jérémie Martin à 18:35.

    2. Avatar de Piotr
      Piotr

      « En temps de révolution, prenez garde à la première tête qui tombe. Elle met le peuple en appétit. »

      Victor Hugo
      Le Dernier Jour d’un condamné

  23. Avatar de guillaume
    guillaume

    Bonsoir Paul,

    Je relisais une étude que je vous avais transmis il y a quelques temps sur le sujet, elle mettait en avant le parallèle existant entre l’impossibilité pour le trésor public de présenter ses avances à la banque centrale et l’accroissement vertigineux du déficit puis de l’endettement; alors une question sauriez vous expliquer comment marchait l’ancien système? (je croyais pour ma part que l’État créait -ex nihilo- les sommes; s’agit-il en fait d’un système où l’Etat demandait à sa banque central de lui faire une avance qu’il lui rembourserait in fine par l’argent des impôts (futurs) mais sans intérêts -en retours du fait qu’il laissait à la banque centrale (privé) le monopole de gestion du « franc »)

    L’avis de T. Edison, percutant bien que favorable à un État (trop?) puissant (responsable de l’émission monétaire + son orientation):

    « Il est absurde de dire que notre pays peut émettre des millions en obligations, et pas des millions en monnaie. Les deux sont des promesses de payer, mais l’un engraisse les usuriers, et l’autre aiderait le peuple. Si l’argent émis par le gouvernement n’était pas bon, alors, les obligations ne seraient pas bonnes non plus. C’est une situation terrible lorsque le gouvernement, pour augmenter la richesse nationale, doit s’endetter et se soumettre à payer des intérêts ruineux. » Thomas Edison

  24. Avatar de Pierre-Yves D.
    Pierre-Yves D.

    Excellent billet qui montre toute la contradiction d’un discours officiel qui demande instamment sous peu de réduire la dette publique et de l’autre affirme que la reprise économique est déjà là.

    Car de deux choses l’une. Ou bien il y a reprise et alors la dette pourra être résorbée par la croissance. Ou bien il n’y a pas de reprise et on se demande alors pourquoi il faudrait soudainement arrêter l’effort de soutien à l’économie qui jusqu’ici avait été décrété indispensable.

    Evidement, le hic, nous le connaissons, c’est que si croissance il y a, c’est une croissance sans emplois !
    On comprend l’embarras de ceux qui nous dirigent, qui savent très bien que les conditions de la croissance ne sont pas remplies.

    La dette pourrait être un formidable levier pour faire de l’économie autrement. Pour un autre mode de vie, écologiquement viable. Ils ont préféré conserver l’optique de la posture A, celle qui consiste à réparer le système — comme si il était seulement endommagé — pour le faire repartir à l’identique ou presque.

    Ce faisant, plus le temps passe plus ils acheminent le système vers son implosion : nous aurons donc toujours de la dette et en sus la régression sociale. Tout ceci ressemble à la posture C et peut-être même fleurtons-nous avec la posture D. D’un point de vue idéologique cette inertie peut aussi s’interpréter comme la manifestation d’une lutte des classes. Une lutte qui serait à l’initiative des possédants, et non l’inverse.

    Warren Buffet, qu’on ne peut soupçonner de sympathie communiste n’avait-il pas déclaré peu avant le début de la crise que les capitalistes avaient remporté la lutte des classes ? Pour le moment c’est plus que jamais d’actualité, mais cela durera-t-il ?

  25. Avatar de Vince
    Vince

    Hey, attention monsieur Jorion, le Monde va devenir un journal de gauche 😉

    Bon papier !

  26. Avatar de joelle
    joelle

    Quelqu’un sait-il pourquoi contre info ne dit plus rien depuis deux semaines ?

    1. Avatar de yvan
      yvan

      Parce qu’au lieu de partir une semaine au ski, comme moi, il est parti 15 jours 😉

      Contrinfo rebouge depuis aujourd’hui et confirme par les brèves que la situation s’aggrave.

  27. Avatar de Betov

    De « gauche », Vince ? En promouvant le MODEM ?!

    Soit je n’ai rien compris depuis le temps que je suis ce blog… soit Paul Jorion est de droite, comme c’est particulièrement limpide, avec son slogan phare: « L’interdiction des paris sur l’évolution des prix », qui ne peut avoir d’autre effet que d’accroître la dominance sociale.

    Le seul économiste actif, à gauche, dont j’ai eu connaissance, c’est Jacques Généreux (Front de Gauche), qui propose d’ailleurs des mesures, dont Paul Jorion a clairement dit qu’il était contre.

    Je ne pense pas que Mélenchon soit vraiment de « gauche », mais c’est ce qu’on a de plus approchant, actuellement.

    1. Avatar de liervol
      liervol

      C’est quoi la gauche, la droite ? personnellement je pense comme Coluche.

    2. Avatar de Pierre-Yves D.
      Pierre-Yves D.

      Bétov,

      Il faudrait que vous nous expliquiez en quoi l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix aurait pour effet « d’accroître la dominance sociale ».

      D »‘autre part ce n’est pas parce que Mme Lepage s’exprime ici en billet invité qu’elle fait la promotion du Modem.
      Mme Lepage se met dans une position délicate vis à vis de son parti en se rapprochant des thèses de Paul Jorion car ces thèses ne sont pas celles qui sont défendues officiellement par son parti. Bayrou dénonce la finance mais en des termes tellement vagues que cela ne signifie plus rien.

      Le blog de Paul n’est pas la vitrine d’un parti politique, mais un blog de réflexion qui a des implications politiques. Je préfère nettement la deuxième option.
      Les implications politiques du blog sont tellement grandes que Paul s’est trouvé en position de pouvoir contredire de façon argumentée notre ministre du budget, tout en ne se réclamant que de lui-même et de ceux qui portent du crédit à ses thèses, c’est précieux.
      L’étiquette politique de Paul on s’en fout, ce qui compte c’est son analyse, la cohérence de celle-ci et surtout de se demander si elle est de nature à pouvoir faire bouger les choses dans le bon sens. Y compris en faisant bouger certaines lignes entre et au sein des partis politiques.

      L’interdiction des paris sur la fluctuation des prix n’est pas une fin en soi mais un levier qu’il faut voir dans la perspective d’une théorie sociale de l’économie qui explique les taux d’intérêt, les salaires, les prix des marchandises comme la résultante de rapports de force entre trois acteurs que sont investisseurs, entrepreneurs et salariés. (ces positions n’étant pas d’ailleurs exclusives l’une de l’autre, l’entrepreneur pouvant lui-même être investisseur, et le salarié également.) Si ce n’est pas un moyen de lutte contre la dominance sociale, qu’est-ce que c’est ? L’avantage de ce type d’analyse est qu’elle ne promet pas le grand soir, mais au contraire est très lucide sur ce qu’il en est des rapports sociaux. Parce que la dominance est un phénomène que l’on ne peut éliminer totalement il faut trouver des institutions, des dispositifs qui permettent de l’atténuer dans le secteurs où elle a le plus de poids sur les individus. Cela procède d’une approche dynamique des choses. Son épistémologie des sciences va aussi dans ce sens.

      Paul se situe avant tout dans une perspective pragmatique par rapport à un certain nombre de problèmes qu’il a identifiés comme cruciaux pour faire face à une crise et en sortir par le haut, dans l’intérêt général, pour le bien commun.

    3. Avatar de Betov

      Coluche ne pensait rien de particulier, liervo. Il collectionnait les brèves de comptoire. Point.

      La droite, tout le monde sait, cela consiste à accroître la dominance sociale. La gauche (qui n’est représentée nulle part, actuellement), consiste à la ramener à son niveau naturel.

    4. Avatar de Betov

      « Il faudrait que vous nous expliquiez en quoi l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix aurait pour effet « d’accroître la dominance sociale »

      Pierre-Yves D., cette « interdiction » exclut, dans l’exemple des produits pétroliers, ceux qui ne font pas commerce réel de produits pétroliers.

      1) Il ne s’agit donc,, en rien, d’une interdiction, mais d’une exclusivité. Dans un premier temps, il ne s’agit que d’un rétrécissement du nombre d’acteurs, ce qui est tout-à-fait dans le plan de marche de la dominance sociale.

      2) La mesure serait totalement absurde. Qu’est ce qui empêcherait un spéculateur d’acquérir, par exemple, une part d’un cargo physique, pour pouvoir spéculer sur son contenu ?

      3) Qui a démontré que la spéculation était le problème ? Personnellement, retraité sans retraite (pour des raisons assez « particulières », je n’aurais jamais accès à aucune pension d’aucune sorte), j’ai hérité d’une somme d’argent trop petite pour la placer dans l’immobilier. Je souhaitais investir dans la culture du hachich, mais malheureusement pour moi, c’est interdit par la loi. Je me suis donc replié sur une autre activité criminelle: la spéculation boursière. En quoi ma spéculation, (lorsque je gagne !!!), est-elle un problème de dominance sociale ? Quand je gagne, c’est un autre qui perd (et inversement). Personne n’a obligé quiconque à aller au casino.

      4) le casino n’est pas le problème. Même sa fermeture totale (comme l’évoque Frédéric Lordon), ne résoudrait absolument rien, puisqu’elle ne toucherait pas un cheveux des riches.

    5. Avatar de Philippe de Saint Naz
      Philippe de Saint Naz

      @ betov

      « La droite, tout le monde sait, cela consiste à accroître la dominance sociale. La gauche (qui n’est représentée nulle part, actuellement), consiste à la ramener à son niveau naturel. »

      « Accroître la dominance sociale serait l’apanage de la droitez: NON et NON. Tout groupe qui cherche le pouvoir va tenter d’accroître la dominance sociale de son groupe d’appartenance ou d’influence, afin d’accroître ses privilèges.

      « La gauche (qui n’est représentée nulle part, actuellement), consiste à la ramener à son niveau naturel. »

      Je me méfie du mot naturel, ça sonne comme ordre naturel, et donc comme les thèses fils du pêcheur Breton qui n’est pas particulièrement de gauche.

      Qu’il y ait une équité souhaitable, certainement. Mais cette idée est loin d’être défendue seulement par la gôche, enfin celle qui s’affiche comme telle, au nom de quoi, de qui, à part un collège pataphysique fumeux.

    6. Avatar de Betov

      Exact, philippe. J’ai usé du qualificatif « naturel » pour faire rapide, par rapport à l’expression « dominance sociale », qui ne peut se définir que par opposition à « dominance naturelle ». De fait, ce qui caractérise la dominance sociale, par rapport à la dominance naturelle, c’est son absence de base réelle, telle qu’on peut l’observer dans les faits.

      Le retour à une dominance naturelle, c’est-à-dire *plafonnée*, permet d’ailleurs de rejeter le concept fumeux d’égalitarisme, pour se rapprocher d’une courbe gaussiènne des compétences, qui se refléterait dans une répartition sociale simplement raisonnable.

      Que tout groupe tende à accroître ses privilèges n’est un problème réel qu’à partir du seuil à partir duquel le privilégié se trouve en mesure de nuire à autrui. Et que tu le veuille ou non (je pense que tu le veux bien d’après certains de tes autres messages….), ce rôle de nuisible est bien celui de la droite, qu’on la nomme PS ou UMP.

  28. Avatar de liervol
    liervol

    On peut raisonner aussi comme ça :
    Si l’état est en déficit, s’il y a dettes comme à l’heure actuelle ce n’est pas seulement du fait des dépenses de l’état qu’elles soient ou non justifiées, justifiées c’est quand même mieux.
    S’il y a déficit donc du dit Etat, c’est à dire nous tous, c’est que nous ne sommes pas assez riches pour subvenir aux besoins de l’Etat. C’est donc dans les revenus de ces citoyens qu’il faut chercher la cause de la faillite des Etats aussi.
    Les dirigeants des dit Etats sont donc responsables dans le sens où ils n’ont pas tout fait pour protéger les citoyens des baisses d’emplois comme de salaires, s’occupant uniquement des intérêts des grandes entreprises et du commerce mondial sans les remettre en cause alors qu’à la base, le plus important ce n’est pas la firme mais le citoyen et que le rôle d’un Etat n’est pas de commercer mais de procurer à ses citoyens les moyens de vivre décemment.
    On voit là qu’il y a antithèse total avec ce que sont devenus les Etats, et quand Sarkozy joue le VRP, il confond les rôles, au lieu de brider la présidence de la France, c’est à la tête d’une entreprise privée qu’il aurait du chercher à exercer ses fonctions.

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