La bulle du conformisme, par Manuel Maria Carrilho

Ceci n’est pas un billet invité. Manuel Maria Carrilho ne sait pas que je publie ici sa tribune libre parue mercredi dans le quotidien portugais Diario de Noticias. La raison pour laquelle je reproduis cette tribune libre, vous la comprendrez en la lisant. La traduction est de François Leclerc.

La bulle du conformisme, par Manuel Maria Carrilho

Et si, comme beaucoup le prédisent, et comme les signes les plus récents le confirment, nous étions loin, peut-être même très loin, de la sortie de la crise complexe qui a commencé en 2008 ?

Aussi inconfortable que soit cette idée, il serait prudent d’y réfléchir. Car il est de plus en plus clair qu’il n’y aura pas d’issue à la crise tant que les facteurs qui y ont conduit n’auront pas été traités de manière substantielle. En premier lieu les facteurs financiers, mais également ceux qui sont d’ordre économique, social et culturel. Cela aurait du être évident, mais cela ne s’est pas produit.

Nous vivons ainsi dans le plus grand des paradoxes, qui est d’attendre la solution à la crise de la reprise des mécanismes qui l’ont produite. Nous devons regarder bien en face ce paradoxe, afin de comprendre la nature du problème auquel nous sommes confrontés. Celui-ci alimente la plus importante et la plus méconnue des bulles dans laquelle nous vivons, celle du conformisme.

Alimenté par la cupidité des spéculateurs, la désorientation des gens, l’incapacité des dirigeants politiques et l’engourdissement des masses, cette bulle a résisté à toutes les crises, condamnant le monde à ne pas voir d’autres issues que celles qui ont précisément mené à la situation dans laquelle nous nous trouvons.

De ce point de vue, les premiers mois de 2010 ont été très inquiétants : après les banques en 2008 et les entreprises en 2009, la crise atteint désormais les États. Ce qui n’est peut-être pas surprenant, compte tenu du fait que, au niveau mondial, il été dépensé plus de deux mille milliards d’euros pour tenter de relancer l’économie, conduisant les Etats à s’endetter à des niveaux jamais vus, avec des conséquences probablement inédites.

Le problème est que, entre-temps, les bourses ont repris vie, les produits financiers ont été à nouveau utilisés et les bonus ont été multipliés. Cela n’a pas été d’une grande aide pour l’économie réelle et la vie des gens. Les lueurs de la reprise qui ont été aperçues n’ont rien changé à la réalité du chômage, d’autant qu’elles ont elles-mêmes disparu.

Le plan d’Obama patine, les contradictions et les symptômes d’impuissance découlant de l’absence d’un gouvernement économique se multiplient au sein de l’Union européenne. Le G20 s’avère timoré et peu efficace (des mesures sont en préparation… pour 2012), les promesses de refondation du capitalisme sombrent du simple fait de leur vacuité, le socialisme n’a jamais été aussi silencieux qu’aujourd’hui.

Cette accumulation d’impasses montre combien il est urgent de percer la bulle du conformisme et de s’opposer à l’idée, que, en dehors d’elle, il n’y a pas d’alternative. Ce qui est nécessaire, c’est de regarder en direction de ceux – et ils sont nombreux- qui proposent d’autres voies. Parce que, aujourd’hui, ce ne sont pas les idées ni les options alternatives qui manquent. Ce qui fait défaut, c’est la capacité politique de les entendre, d’en discuter et éventuellement de les suivre.

Paul Jorion est un de ceux que l’on devrait écouter. Economiste et anthropologue, il a une vaste expérience du monde financier. Il a publié des travaux importants anticipant la crise et ce qui s’est passé, et a suggéré plusieurs propositions qui méritent l’attention de tous. Au cœur de la crise, il voit l’état de sauvagerie dans laquelle on a laissé la finance évoluer dans les dernières décennies, sous couvert d’une myriade de règlements, qui, contrairement à ce qui était prévu, ont au contraire favorisé toutes les formes d’abus et les dérives les plus hallucinantes.

Comparant la finance à la politique, il soutient qu’il faut faire en manière de finance ce que la démocratie représentative a représenté pour la politique, c’est à dire domestiquer son état naturel, la civiliser par le biais de l’adoption d’une « constitution » qui réglemente son fonctionnement. Une constitution qui doit être simple et efficace : avec des milliers de banques éparpillées dans le monde entier, ainsi qu’avec la prolifération des institutions et des produits financiers, les réglementations détaillées sont inutiles et contre-productives. Ce qui s’impose, c’est d’établir de grands principes dont l’application rigoureuse puisse être facilement contrôlée par tous et dans tous les domaines.

Par exemple, si l’on prétend replacer au cœur de l’économie la banque, et empêcher qu’il soit spéculé avec l’argent des déposants, il faut rétablir une séparation claire entre banque de dépôt et banque d’investissement. Si l’on veut empêcher l’économie de casino, il faut interdire la spéculation sur les fluctuations de prix, etc. Au delà de mesures dont les effets s’épuisent, aussi indispensables soient-elles, c’est de règles comme celles-ci – bien d’autres étant suggérées dans le même esprit – que le monde a besoin. De véritable règles instituant le changement, qui vont nous sortir de l’impasse dans laquelle nous nous trouvons.

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78 réflexions sur « La bulle du conformisme, par Manuel Maria Carrilho »

  1. Le fatalisme des lois économiques masque en réalité une politique, mais tout à fait paradoxale, puisqu’il s’agit d’une politique de dépolitisation; une politique qui vise à conférer une emprise fatale aux forces économiques en les libérant de tout contrôle et de toute contrainte en même temps qu’à obtenir la soumission des gouvernements et des citoyens aux forces économiques et sociales ainsi libérées. Tout ce que l’on décrit sous le nom à la fois descriptif et normatif de «mondialisation» est l’effet non d’une fatalité économique, mais d’une politique, consciente et délibérée, celle qui a conduit les gouvernements libéraux ou même socio-démocrates d’un ensemble de pays économiquement avancés à se déposséder du pouvoir de contrôler les forces économiques, et celle surtout qui est délibérément organisée dans les «green rooms» des grands organismes internationaux, comme l’OMC, ou au sein de tous les «networks» d’entreprises multinationales (tels l’Investment Network formé de 50 multinationales comme Fiat, Daimler Benz, British Petroleum, Rhône Poulenc, ou l’European Service Network) qui sont en mesure d’imposer, par les voies les plus diverses, juridiques notamment, leurs volontés aux États.
    PIERRE BOURDIEU, Les objectifs d’un mouvement social européen

  2. Vous ecrivez  » Ce qui est nécessaire, c’est de regarder en direction de ceux – et ils sont nombreux- qui proposent d’autres voies.  »

    Chavez appelle toutes les forces progressistes à participer à la constitution d’un 5eme internationale dont l’organisation sera, cette fois ci, horizontale. Et cela au mois d’Avril 2010.

    Face à une « crise » mondiale il n’y a pas d’autre solution que de constituer un contre pouvoir international dont l’envergure rendra les projets alternatifs audibles.

  3. Eh ben voilà. Faut pas désespérer, avec cette transmission de tribune très libre, on s’apercevra que l’ intelligence n’a pas été totalement bannie du monde.

  4. Je le précise avant de parler, car je vais un peu rêver tout haut: je ne suis pas économiste.

    La solution, à mon avis, n’est pas économique d’ailleurs, en tout cas pas au départ. Elle ne consiste pas en une manipulation de la monnaie, des taux de crédit, de l’inflation-déflation, d’impôts et de taxations, même si ensuite, cela peut entrer dans le projet. La gestion du fric, la finance, ne peut pas être une solution car le fric est une chose inerte pour moi, et il ne génère lui-même aucune richesse, aucune valeur, il ne produit rien, il est produit. On en a ou on n’en a pas. L’avoir n’est pas dynamique. Ce qui est dynamique, porteur d’énergie, de possible changement, c’est la vision de l’être, c’est que faire de l’avoir pour mieux être, c’est même l’être en tant que tel, en tant qu’intelligence en marche. Ce qui est dynamique au niveau d’une solution possible, c’est « qu’est-ce que je fais de mon argent? ». C’est donc une question très simple, très actuelle et que se pose toute personne, tout ménage.
    Je fais de mon argent ce que mon esprit veut, c’est-à-dire, par exemple, je n’achète pas la presse pipeul, mais j’achète le disque Sacrificium de la Bartoldi. J’achète un livre d’art, et je ne me paye pas une place en avion pour me rendre à Nice. Je m’achète uniquement des produits frais, et aucun produit emballé. Comme au niveau individuel, se pose pour nos pays, nos états et même nos banques, ce qu’ils décident de faire de l’argent. C’est le politique qui doit décider, comme un cerveau humain le fait tout simplement, de ce qui est bon pour tous et de ce qui ne l’est pas. Ainsi, c’est la vision du monde qui est en question.
    Voulons-nous la guerre, la concurrence, la surveillance accrue, l’inégalité (maintenue au prix de la guerre de classes)?
    Ou voulons-nous une planète réconciliée, où le bien-être pour tous soit l’objectif prioritaire, sans forçage de la nature, ni irresponsabilité?
    C’est là que tout commence. Soit l’intelligence est au service du pire, de l’individualisme forcené, de la course pour surpasser l’autre, le liquider, soit elle est au service de l’humanité dans son ensemble (en concevant ce qu’on appelle la solidarité) et de son bien-être.
    Je donne un exemple: la technologie sait fabriquer des matières quasiment inusables ou en tout cas réparables. Pourquoi faut-il donc « consommer » cinq machines à laver dans sa vie quand une seule suffirait?
    Ceci ne veut pas dire que le commerce serait en berne, ne veut meêm pas dire « décroissance », mais qu’il se reconfigurerait sur d’autres nécessités, qu’on fabriquerait d’autres choses nécessaires à l’homme sans pour autant transformer la nature en déchetterie. Pourquoi ne pas généraliser les coopératives qui permettent à chacun de trouver sa place sans pour autant viser la propriété des biens, pourquoi pas une société du « prêt à vie » de la machine nécessaire?
    En effet, nous ne sommes que des passants sur terre et ne disposons de rien en propre, nous n’emporterons rien dans la mort, tout est naturellement à tout le monde, car dès que je mourrai, tout ce que je croyais m’appartenir ne sera déjà plus à moi mais à un autre, qu’il soit mon enfant ou pas.
    Il faudrait construire une société du prêt universel et ne rétribuer que les actions des hommes pour l’entretien, l’éducation, la santé, les services …
    La matière première, l’eau, le minerai devraient être à tout le monde… et en accès libre et gratuit…
    On a bien le droit de rêver…

  5. Bonsoir,
    Le conformisme? Yes.
    C’est le passé qui nous gouverne. Le présent est déjà derrière. Alors, le futur c’est de l’impalpable.
    Alors comme disait le Suarez « On attend qiue le monde change. On attend que la vie nous range »
    http://www.youtube.com/watch?v=VMZ4YuutTNQ
    Obama patine. Évidement, on croit que l’on peut changer toutes les erreurs et les partis pris pendant des années. C’est déjà magnifique qu’il soit arrivé là où il est. Les Républicaisn vont lui rendre la vie impossible.
    Un gouvernement économique et une Constitution de la finance comme en politique?
    Vous voulez sourire ou rire? L’Europe a 60 ans, mais plus toutes ses dents.
    Vous n’avez pas vu Verhfstadt se faire traité de « comique » quand il a osé dire quelque chose sur la France?
    Vous n’avez pas vu la réaction de ce Anglais qui n’en a rien cirer de l’Europe. Van Rompuy n’est pas encore sur son siège depuis un mois. Qui est-il? Personne ne le connait. Celui qui s’adresse à lui encore moins.
    Cela me rappelle Madame Thatcher, « I want my money back ».
    Supprimer les fluctuation de prix au niveau mondial?
    Vous achetez une voiture. A quel prix pensez-vous situer un produit? Au prix français ou au prix belge? Tiens, on n’a pas dit qu’on était en Europe? Les routes traversent tous les pays de notre Europe. Pensez-vous trouver une uniformisations du prix de la vignette ou du mode d’utilisation?
    Ah, oui, il y a c’est nickel en France, mai son paye. C’est gratuit en Belgique et on y transite.
    La Belgique vu sa grandeur a toujours été le plus européen. La France veut une Europe à la « De Gaule ».
    Conformisme quand tu nous tiens. Ce n’est pas un problème de psychologie, voire de psychiatrie qui est en jeu?

  6. Homo homini lupus

    Dieu sait que j’abonde dans votre sens mais je ne peux m’empêcher de penser que « l’homme est un loup pour l’homme » et, depuis que le monde est monde, c’est cet équilibre précaire « loup/homme » qui régit la société.

    Si nous regardons derrière nous, nous trouvons certes des périodes de l’histoire où la société a semble-t-il évolué collectivement, mais même dans ces périodes (Grèce, Empire Romain, sociétés Mayas, etc…) il y avait ceux « qui imposaient leur loi » et ceux qui « la subissaient ». Et, pour me faire l’avocat du Diable jusqu’au bout c’est cet équilibre instable qui a été le lot commun de l’humanité depuis, probablement, ses débuts. Notre capacité d’oubli est salvatrice et dévastatrice……c’est bien connu.

    Mais, comme aurait dit Perrin Dandin « Passons au déluge !!»

    Ici et maintenant, qu’est ce qui différencie cette crise des autres crises du capitalisme ?

    1) Elle implique notamment toute les sociétés dites « évoluées » qui ont érigé l’argent en terme d’échange.
    2) Elle n’a pas d’échappatoire en ce sens que, dans les crises précédentes, on pouvait toujours espérer s’en tirer avec des artifices…..comptables. Cette fois-ci, seule une dose considérable d’inflation pourrait anhihiler ces montagnes de dettes. Même si le scénario économique apparaît peut propice à ce genre de……plaisanterie…….il est loin d’être impossible (CF les 4% de « inflation target » du Fmi de ces jours derniers).
    3) Elle sonne probablement le glas pour l’Amérique et plus généralement pour les pays européens dans la domination du monde, non seulement au plan financier mais surtout au plan influence militaro-industrielle.
    4) Elle est un révélateur de la finitude de notre planète. Je crois d’ailleurs que cet élément est le plus important à moyen terme, les masses (dont nous faisons partie) ayant besoin, pour se sentir exister, d’un exutoire (genre Dieu ou Guerre des étoiles) que la consommation ne leur donne plus….ou beaucoup moins. Dit autrement, la pollution des esprits empêche de « penser juste ».
    5) Au final, cette histoire de CDS (la corde de Lénine) est un peu symbolique du marteau qui permet au petit garçon de casser son jouet (Paulson maniant le marteau…bien sur).

    Dans nos systèmes démocratiques, nous demandons seulement à nos « élites » de prendre en compte l’état du monde et d’arréter de nous rouler dans la farine. Et c’est bien là que le bas blesse : la démocratie n’a, en termes d’élites, fabriqué que des « ersatz » bien incapables, dans le brouhaha médiatique, de résister à l’opinion dominante. Et je ne parle même pas ici des pressions des lobbies dont sont entourés nos dirigeants mais plus simplement de ce qui manque le plus : le bon sens.

    On a tellement inventé « une certaine vérité et une certaine réalité » qu’il y a une incapacité mentale ontologique à imaginer.

    Mais……est-ce si nouveau. De tous temps, l’homme a été un loup pour l’homme. Il y a peu de chances pour que cela change…..ça fait probablement partie de l’évolution.

    Amicalement…en espérant avoir tort.

    Cincinatus

  7. C’est quoi au fond une bulle?
    Du savon, de l’eau , un souffle .
    Sans un de ces éléments , pas de bulle possible.

    Prenez un savon de type « conformisme » à la base du problème , de l’eau de type  » situation exeptionnelle » comme élément déclencheur , et un souffle de type « intérêts communs » comme réaction politico -financio-stratégique.

    L’intérêt d’une situation où l’euro serait à parité égale avec le dollar ( conséquences possibles des manoeuvres spéculatives actuelles)… serait, au choix :

    – l’intérêt d’une monnaie unique mondiale (puisque qu’égale) ?
    – une amélioration de la compétitivité européenne par la baisse de l’euro ?
    – une escuse toute trouvée pour l’inflation qui vient ?

    PS : si pas de réponse, m’en fout, j’retourne au piquet.

    1. Soit une gigantesque quantité de bulles, une mousse,
      uniformément appliquée et d’égale épaisseur sur un plan incliné,
      placez y châteaux en Espagne, intérêt et principal, et tout y glisse.
      … non ?

  8. Seriousement , laisse les agents en dehors. Nous sommes parfaitement dans la loi. C’est pas illégal du tout de specule ! C’est parfaitement légal. Le spéculateur fait le job, le mieux possible : il fait de la money avec la money : le plus possible avec les meilleurs outils. C’est son job. C’est pour ça qu’il est payé, c’est pour ça que son boss le paie et que la société paie son boss ! C’est normal c’est le systeme. Nous on fait le mieux possible pour gagner le plus possible avec le system que l’on nous donne. Si on nous donne un autre system, alors on fera le mieux possible avec le nouveau system. Pas de probleme pour un nouveau system ! Merci de vous lire mr Jorion.

    1. « Si on nous donne un autre system, alors on fera le mieux possible avec le nouveau system. »
      Le problème, c’est qu’on ne nous le donnera pas, il faudra le créer nous même, n’est ce pas le but de ce blog?

    2. Mc Tr …

      Sérieusement. Qui donne le système ? Dieu ? Et je constate que vous avez sorti le transposé de mon expression d’outre-atlantique favorite : « to make money ». Et il y a plein de gens pour penser qu’ils font vraiment de l’argent, qui croient avoir tout compris à propos de ce qu’était l’argent.

      Capturer l’argent sur le marché, ce n’est pas faire de l’argent, c’est prendre de l’argent dans le flux.

      Détourner le flux sans se demander si son action représente une moindre construction, intellectuelle, physique, qui pourrait être représentative de cet argent détourné. Bien sûr qu’il faut réfléchir pour inventer des outils pareils et savoir s’en servir pour soi et son patron. C’est donc la justification : « je suis malin car je peux prendre dans le flux sans rien apporter en échange pour améliorer ce flux  »

      Voulez-vous que je vous prête un marteau et une enclume pour que vous montriez que vous avez compris le sens de « faire ». Enfin, « to make » pour vous, bien sûr.

      En tout cas merci pour ce grand moment de philosophie

    3. Oui c’est bien vu, il faut que l’on donne un autre système aux gens pour qu’ils s’appliquent à faire quelque chose au mieux dans un bon but. Voilà la solution.

  9. Où l’on constate que les idées de Paul commencent à se répandre. Voilà qui fait plaisir, surtout dans un article qui a la bonne idée de mettre au centre la question du conformisme.

    Faut dire aussi que l’immense majorité est faite de braves gens qui répugnent à se rebeller et à utiliser la force, cela fait partie de notre héritage chrétien. Le respect de l’ordre social, des personnes de pouvoir, des hiérarchies, conventions, police, lois et règlements, sans compter les « valeurs » dont la première d’entre elles est sans conteste la propriété privée, bref, tout ce bataclan que Mai 68 n’a pas entamé, seulement adouci un peu, explique cette « bulle du conformisme ».

    Ayant souvenant de ce brave type qui était venu au boulot en bermudas par un jour de canicule, et qui s’était fait virer, je me dis que de cette bulle-là nous ne sommes pas non plus responsables.

  10. Depuis un an je découvre avec horreur ou nous en sommes et je pense que cette bande d’abrutis de la finance nous dirigent lentement mais surement vers le chaos (les freins sont en option).
    Nous n’y pouvons rien car la majorité très silencieuse préfère se gaver devant le juste prix, quant aux professionnels de la politique n’en parlons pas .
    Cependant les financiers sont tellement avides qu’ils vont plonger avec nous , la seule chose qu’il nous restera à faire c’est de ne jamais les laisser se relever.
    Quant a ceux qui préfèrent se mettre la tète sous le sable le réveil va ètre très dur, tant pis .

    Ps : hier dans mon petit village un conseiller municipal s’est donné la mort a cause d’un management nouveau modèle basé sur la pression et le stress , c’était un gars super il avait 42 ans .
    Merci Mr Jorion pour tout .

  11. Curieusement, le conformisme dont on débat ici est toujours le conformisme des autres, jamais le sien propre. Le conformisme général n’est jamais que la somme des conformismes particuliers.

  12. Comme ce soir je suis triste. Mais j’espère, oui j’espère pouvoir garder avec moi les mille images de l’Enfance. Avec chaleur et abnégation. Et dans une pirouette toute langagière pouvoir dire merde au conformisme.

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