72 réflexions sur « Les Islandais rejettent l’accord Icesave »

  1. Cela fait trois semaines que des négociations ont lieu, sans succès à ce jour, entre les Islandais, les Britanniques et les Hollandais.

    D’après le gouvernement islandais, elles devraient reprendre la semaine prochaine, en dépit du résultat du référendum.

    L’objectif du gouvernement islandais est de rembourser la somme avancée par les gouvernements britannique et hollandais aux investisseurs entraînés dans la faillite d’Icesave, en dépit du caractère juridiquement discutable appliqué à ce cas des accords de l’EEE (Espace économique européen).

    Mais il cherche à diminuer au maximum les intérêts exigés par ses interlocuteurs, tout en se donnant le temps de vendre des actifs bancaires.

    L’intransigeance des Britanniques et Hollandais semble clairement motivée plus par des considérations politiques que financières, l’objectif étant non seulement d’obtenir le règlement de leur facture mais aussi de faire plier les Islandais.

    1.  » L’intransigeance des Britanniques et Hollandais semble clairement motivée plus par des considérations politiques que financières (…)  »

      Vous avez peut-être raison. Pour ma part je ne peux pas ne pas être conscient du fait que le gouvernement britannique est en train de tenter de démontrer aux Ecossais, qui sont
      actuellement gouvernés par un parti indépendantiste ( http://www.snp.org ) qui prône un réferendum sur l’indépendance de l’Ecosse ( http://news.bbc.co.uk/1/hi/scotland/8535946.stm ), qu’il ne convient pas d’être un petit pays indépendant (comme l’Islande) dans l’état actuel du monde.

      NB: élections législatives du parlement de Westminster au mois de mai probablement.

  2. S’il reste des actifs bancaires ?

    L’Etat s’était porté garant de cette banque, à quelle occasion ? En avait-il le droit… dans les règles du marché libre…

    Personne ne remboursera les dettes. Une dette est une dette, comme le désir resté désir de la littérature, de l’art, on ne rembourse pas. Le remboursement est devenu une « utopie ».

  3. Comme en 17, sur le front. Fusillés, ‘pour l’exemple’.
    A bon entendeur, salut (les grecs, les espagnols, les portugais, les …).

  4. Voici la présentation de France-Info.

    « Le résultat est sans équivoque, même s’il ne porte que sur un tiers des bulletins : par plus de 93% des voix, les Islandais rejettent massivement l’accord financier visant à rembourser l’argent prêté par le Royaume-Uni et les Pays-Bas pour sortir les Islandais de la déroute financière… »

    http://www.france-info.com/monde-europe-2010-03-07-referendum-les-islandais-refusent-de-payer-la-dette-de-leur-pays-414210-14-15.html

    1. La présentation du Monde est très (mal) orientée: les Pays-Bas et le R.U. ont remboursé par avance leurs citoyens qui avaient été attirés par les taux élevés des banques privées islandaises, comme s’il était évident que l’Etat islandais devait rembourser tous les engagements de banques privées. Cela n’a pas permis de sauver l’Islande de la catastrophe. En effet, c’est la légitimité de cette dette qui est justement en question. Le RU et les PB n’ont pas « sorti de la déroute financière » l’Islande, ils la maintiennent avec une attitude intransigeante et des méthodes scandaleuses (appel à la loi anti-terroriste au RU).
      Et si l’ensemble des hollandais et des britanniques avaient suivi le comportement spéculateur d’une partie de leurs concitoyens (dont des associations caritatives, de pompiers, etc), on demanderait aux Islandais de tout rembourser?

    2. Donc la phrase de France-Info est est fautive. Ce n’est pas  » Royaume-Uni et Pays-Bas ont avancé l’argent à l’Islande, pour qu’elle rembourse ses citoyens lésés par la faillite  » qu’il fallait dire mais « Royaume-Uni et Pays-Base ont avancé l’argent (à l’Islande) pour rembourseR LEURS citoyens lésés par la faillite »

  5. Recette de la démocratie avancée à la sauce islandaise :

    1) agiter le référendum comme un épouvantail pour en faire rabattre aux créanciers Britanniques et Néerlandais

    2) expliquer aux électeurs qu’ils se sont déplacés pour rien, puisque le texte soumis au vote est obsolète
    http://www.lemonde.fr/europe/article/2010/03/06/l-islande-se-prononce-sur-l-accord-financier-icesave_1315289_3214.html

    3) fourguer aux mêmes l’idée que les conditions financières obtenues à l’issue de ce cocufiage électoral sont excellentes, et qu’ils n’ont plus qu’à se serrer la ceinture

    4) Ne pas oublier de leur rappeler d’aller voter aux prochaines élections

    Et surtout dormez bien, on s’occupe de tout

    1. @Fred, @tous,

      Le mot qui me frappe, dans le billet du monde, est pour moi, le mot « paradoxal », je retrouve le même mot repris probablement de la même agence d’info dans Sud-Ouest Dimanche (SOD) qui en rajoute une louche avec un titre un peu racoleur: « Les Islandais ne veulent pas payer la facture ».

      2 réflexions, qui ne sont aucunement des révélations (surtout sur ce blog) me viennent:

      1) Le mot « paradoxal » (qui s’applique à l’idée: ils vont quand même (« paradoxalement ») voter (sous-entendu, « ces cons d’Islandais ») alors que les gentils anglais et les gentils hollandais avaient fait des meilleures offres que le texte soumis au vote (ref SOD)), est un mot assez « amusant » dans le contexte.

      Si les gentils anglais et les gentils hollandais, qui ont gentiment indemnisés les gentils petits investisseurs de leurs pays qui voulaient gagner un joli bénéfice en dormant (à ce compte là, les millions de gentils français qui ont acheté du « NATIXIS » devraient pouvoir se faire rembourser par l’état Français; « Petits Investisseurs de tout pays unissez vous??? ») améliorent sans cesse leur « offre » de remboursement, la logique, pour les Islandais, commande de les faire mariner le plus longtemps possible, il n’y a rien là de très « paradoxal ».

      2)La presse française est bien tenue.

      A+

  6. @Lizst « Le remboursement est devenu une « utopie ». »

    Il me semble que cette histoire islandaise illustre à merveille un paradoxe fondamental. C’est la question du risque de non-remboursement inhérent à tout prêt.
    En effet si le tx d’intérêt intègre de façon légitime une part de rémunération de l’argent avancé, il intègre aussi le risque que le débiteur fasse défaut.
    Or tout se passe comme s’il était interdit au débiteur de faire défaut, dût-il se couper une jambe ou deux et en crever ! C’est contradictoire.

    J’avais cru jusqu’ici que le métier de prêteur consistait normalement à veiller en premier lieu à ce que l’emprunteur soit bien au moment de la signature du contrat en capacité de rembourser à priori. Sinon tant pis pour le banquier usurier ou mauvais professionnel. De même je dis, tant pis pour le Royaume-Uni et la Hollande !

    1. Ken Avo,

      Vous mettez le doigts sur quelque chose d’intéressant.

      J’imagine le gars qui a emprunté de l’argent à la mafia à un taux usuraire leur expliquer qu’il ne remboursera pas sa dette et que le taux d’intérêt inclus ce risque… (quitte a exhiber le dernier livre de PJ sur l’argent) quel sera la réaction du « partenaire » ?

      Je vous suis tout à fait sur l’interdiction de faire défaut et je fais l’hypothèse que, plus que la situation particulière, c’est le risque que cela fasse contagion qui motive le préteur à tout mettre en œuvre pour récupérer sa créance, quitte à récupérer une jambe à la place.

  7. Les pauvres islandais risquent de le payer au centuple
    Ils peuvent s’estimer heureux si les tuniques rouges ne débarquent pas pour régler le contentieux
    Par chance on n’est plus au bon vieux temps de l’empire britannique et on règle les litiges d’une manière plus policée, enfin espérons le

  8. Cet accord est presque révoltant d’une certaine manière et je comprends tout à fait le vote des islandais. Pouvez vous imaginer la chose suivante :

    A défaut d’avoir des CDS pour des opérations financières à haut risque, on se sert de la population comme « assureur du défaut de paiement « .

    C’est moralement inacceptable !

  9. Ah les petits poissons,

    Si les Britanniques rendaient aux Islandais tous les poissons qu’ils ont péchés en toute illégalité et impunité dans leurs eaux, avant que l’ accord de pêche 30 ans plus tard ne fut signé (une fois la ressource épuisée), cela couvrirait 20 fois le montant de leurs dettes, car en fait c’est bien la grande Bretagne qui est en réalité débitrice (en richesses réelles, les dits stocks de poissons) de l’Islande et non le contraire !

    Seulement il n’y a pas de preuve officielle de cette dette concernant le vol de ces poissons. Peut-être que c’étaient des poissons volants ?

    1. La race des poissons volés est l’espèce la plus importante autrefois présente dans les océans, si on se réfère à l’histoire de la pêche.

      C’est grâce aux chalutiers-usine pêchant en « boeuf » (deux gros barlus trainant un énorme chalut) que l’on doit une partie des boat-people de l’Afrique de l’Ouest. Les embarcations de pêche traditionnelles servent maintenant à gagner les Canaries.

      Le poisson volé est entre autres à l’origine de la piraterie sur les côtes Somaliennes et participe à la facilité pour les chefs de guerre à recruter des apprentis Barbe-Noire.

  10. NON à 93 % !! Ils refusent de payer la dette de leur pays à 93%!!

    Voilà des gens lucides ET courageux.

    Ca fait du bien.

    1. On pose aux Islandais une question stupide à laquelle ils répondent trés naturellement.
      Vos vivez à crédit bien au-dessus de vos moyens jusqu’à ce que vous ne puissiez plus payer vos dettes. Problème ? On vous demande alors si vous voulez assumer dans la douleur le remboursement ou alors ne rien rembourser et envoyer paître les prèteurs sans autre conséquence (apparente). Vous dites quoi ?

    2. C’est marrant, c’est toujours aux pauvres – et aux lampistes en général – qu’on dit qu’ils vivent au-dessus de leurs moyens, pas aux riches Anglais et Hollandais qui mettaient leurs sous en Islande et qui trouvaient normal de toucher 10 % sur leurs placements. Vous vous souvenez de ces malheureux clients de Madoff qui ne reçurent pas les sommes que l’escroc leur avait promises ? J’en pleure toujours.

    3. Comme le dit PJ dans un biller précédent (interview), nous sommes tous responsables.
      Les responsables sociaux, les corporations, qui réclament toujours plus et des politiques qui cèdent pour plaire à tous et se faire élire. On reporte sur les successeurs l’inconsistence d’aujourd’hui et on arrive au dépôt de bilan. Un budget annuel d’état ne devrait qu’exceptionnellement être déficitaire. 3% de déficiti est une « bonne » règle pour aller à la déconfiture un jour ou l’autre, une acceptation de la compromission.

  11. Un bon mouvement social en Grèce + le rejet massif des islandais= début de panique des gouvernements face à leurs opinions publiques

    Qu’ils y viennent avec leurs plans d’austérité généralisées!

    Et oui, mes beaux Messieurs des gouvernements! La foule est irrationnelle, vous en avez bien profité. Mais elle est aussi versatile. Il faut que vous gardiez constamment cette donnée à la tête. Arx tarpeia Capitoli proxima, la Roche Tarpéienne est proche du Capitole

  12. Ils n’ont pas un bout d’île tout pourri à leur refiler – rien que de la glace – pour qu’ils puissent y passer des vacances. 🙁

    1. bonne idée ça : refiler aux créanciers un morceau de banquise…un mode de paiement bien dans l’air du temps. Surtout avec le réchauffement climatique 😉

    2. @ Claude

      😉

      …en le perfectionnant : ici, ce serait plutôt la monnaie de singe fondante!

      Mais cessons de dire du mal des animaux, ils ne le méritent pas (emprunté à une blogueuse)

      Amicalement

      Frédéric

  13. C’est d’autant plus immoral que les dettes ont été contracté « de manière privée », non sous la responsabilité de l’Etat Islandais. Comment réagirions nous si en France, en cas de faillite de la BNP ou de la SG, nous, simple particulier, devions rembourser à d’autres états leurs dettes ?

    Impensable.

    1. Evidemment la France l’a fait : les impôts ont payés l’ écroulement du crédit lyonnais. Coût global : environ 100 milliards de francs et une perte estimée à 1% du PNB ou 100000 chômeurs de plus.

      Coût morale: énorme; Il semble qu’ administrateur du consortium de réalisation ( CDR : l’organisme liquidateur) reste un poste tout plein d’ intérêts… ( les chiffres sont approximatifs, à l’époque je lisais le Canard Enchainé et Alter. Eco. mais la mémoire peut être infidèle]

    2. Exact… mais :

      1/ Le Crédit Lyonnais était une banque nationalisée…

      2/ Les banques islandaises étaient privées…

      Donc, oui nous, contribuables français nous avons assumé la malgestion de ceux qui ont transformé, avec l’accord de l’Etat qui aurait dû en notre nom s’y opposer, une banque de service public en banque d’affaires foireuses euh de casino, mais nous ne devrions (appréciez le conditionnel) pas avoir à assumer les déboires de Dexia ou Natixis qui sont des banques privées tout aussi foireuses que les islandaises.

  14. Bonjour.

    Depuis le debut de cette affaire, personne n’as clairement explique en quoi les gouvernements anglais et hollandais sont fondes a reclamer des sommes investis par des particuliers dans une banque islandaise?

    On en parle comme si cela allais de soi.

    Quelqu’un a la reponse?

    1. @astrorock
      Le problème de l’Islande est un problème conflit entre la justice et la loi.
      La position actuelle consiste à faire payer par le peuple islandais une dette qu’ils n’ont de facto ni voulu contracter ni dont ils n’ont profité ( à la différence des Grecs dont la dette était consacrée à payer les frais de fonctionnement de l’Etat : i.e essentiellement les salaires )
      Par contre la loi – et les accords internationaux – sont contre le point de vue Islandais et cela on ne le dit pas assez (car ce serait reconnaître que le système financier privé ne spécule que parce qu’il est adossé à l’Etat via les banques centrales) . En nationalisant la banque , l’Etat Islandais a de facto endossé les dettes de ladite banque et donc .. endossé les créances anglaises et hollandaises . Manifestement c’était une erreur que de nationaliser une telle banque , mais cela a été fait. C’est pourquoi les hommes politiques Islandais sont et seront probablement dans la position de vouloir rembourser
      Reste la position anglaise et hollandaise , laquelle me semble en faute sur un point – et je crois que Bruxelles ne les suit pas : ils n’avaient pas à se substituer aux Islandais pour rembourser leurs resortissants . Il fallait qu’ils les indemnisent « à blanc » .. mais c’était ouvrir la boîte de Pandore
      Maintenant on peut dire à la décharge des Anglais qu’ils ont raison sur un point. Les gouvernements Islandais ont laissé fleurir les banques spéculatives chez eux et ils en retiraient toujours dese avantages. Et en démocratie un peuple est toujours responsable de ses élus
      amicalement

    2. C’est tres clair, j’avais oublie le principe de reprise du passe!

      Il n’en demeure pas moins qu’on assiste bien a une remise en cause de la democratie representative, car meme si le gouvernement islandais organise le referendum sur le remboursement des placements realise par des etrangers, s’il avalise le resultat, il ne lui reste plus qu’a, en toute logique, demissioner; mais la responsabliite politique est un comportement bien peu porte de nos jours, cf des ministres battus aux elections restant ministre en france….

      Plus largement, on observe, et je le vis tous les jours, un refus grandissant d’assumer le contrat. La, dans l’exemple qui nous occupe, des particuler en quete de toujours plus de rendement pour leur epargne refusent d’encaisser leurs pertes.

      C’est une derive inquietante car meme si le devoir de conseil est une obligation, on se retrouve avec des contractants qui, en toute mauvaise foi, denoncent des contrat dont ils n’ignoraient pas les risques et/ou les clauses.

    3. @ Claude Roche :
      Ce n’était pas une ‘erreur’. C’était intentionnel. C’est pourquoi les islandais ont viré leurs ‘représentants’ à grands coups de pompe dans le cul. Si responsabilité il y a, c’est bien en cette occasion qu’ils l’ont exprimé.
      Les ‘élites’ politico-juridico- financières étaient tellement liées aux banques d’investissement qu’il a fallu au nouveau gouvernement missionner un ex-commissaire parti dans le nord de l’île pour effectuer les enquêtes et ensuite faire appel à Eva Joly pour leur donner un coup de main !
      Sans compter que les anglais ont aussi fait appel à une loi anti-terroriste pour faire valoir ‘leurs droits’ …

      Solution ? Mettre la banque nationalisée en faillite, payer les salariés. Et rembourser les créditeurs avec le reste. Point final à l’histoire. Et c’est que voulait faire le gouvernement islandais, en vendant les actifs de la dite banque nationalisée (par le précédent gouvernement).
      Mais les anglais et les hollandais leur ont mis le couteau sous la gorge, notamment en faisant pression sur le FMI pour suspendre les prêts à l’Islande. Pas joli joli, hein ?
      On verra d’ailleurs ce que fera ‘notre’ DSK national en la matière : ce sera ‘instructif’ pour la suite …
      Cordialement.

    4. @ Claude Roche -« Si les gens s’expriment avec les mots de la droite extrême c’est qu’ils ont quelque chose à dire que les autres sont incapables d’exprimer. Et il faut d’abord les écouter». il m’arrive d’en croiser, ce n’est pas que leurs idées, mais qui les prononce, le fiel le ressentiment la froide jouissance leur permettent-ils d’exprimer des choses que la morale nous interdirait ? Sommes nous vissés aveugles à ce point dans nos repères qu’il nous faille en apprendre aussi de qui s’affranchit des règles minimales de l’échange? à les écouter d’apprendre quelle crapule en soi en nous risque d’être tapi derrière notre morale autosuffisante ? peut-être, tout dépend du lieu et quand… Eichmann responsable très appliqué, sociopathe de la solution finale, à son procès niait avoir lu Mein Kampf, mais en revanche, grâce à son père disait-il il avait lu la Critique de la raison pratique de Kant et cela l’avait beaucoup marqué… Etait-ce de ce passage: « Agis uniquement d’après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu’elle devienne une loi universelle » ? Était-ce de son papa, de Kant, ou à leur encontre, qu’il a pu satisfaire à son rêve d’un monde éternel ?

  15. La seule posture populaire qui garantit ne défaut de paiement est la révolution.
    Répudiation de la dette et nationalisations..
    Les Islandais extrêmistes à ce point existent-ils.
    Au Danemark, voire en Suède ils existent à l’extrême droite.
    C’est d’ailleurs de ce côté inattendu de la boussole politique que viendront peut-être les surprises populistes explicables dans les pays en difficulté.

    1. Inattendu ?
      Permettez à l’ex -marxiste qui sommeille en chacun de nous de s’étonner de vos étonnements ..
      Si l’on essaie de classer les réactions que l’on entend le plus souvent sur cette crise, le fait est qu’elles penchent le plus souvent à la droite de l’échiquier politique qu’à sa gauche.. C’est notamment le cas de la thématique : le peuple contre les politiciens . Et ce n’est pas un hasard si le seul mouvement massif qui ait émergé de la crise est celui des tea party ( quoi qu’en dit JY Leclerc, les mouvements d’opposition en Grèce ont été faibles justement parce que marqués à l’extrême gauche)
      Maintenant, je vous dirai que cela ne me choque pas. C’est comme cela , point : il n’y a rien de plus énervant que cette forme d’inquisition permanente qui interdit de parler dès qu’on sort des canons du politiquement correct . Si les gens s’expriment avec les mots de la droite extrême c’est qu’ils ont quelque chose à dire que les autres sont incapables d’exprimer
      Et il faut d’abord les écouter

    2. « le peuple contre les politiciens » vous dites, Claude, mais quel peuple? avec la droite extrème, c’est le sang qui l’emporte. Et les étrangers qui sont montrés du doigt. Je vois comme ça prend si facilement ne serait ce que dans mon entourage. L’extrême gauche rejoint l’extrême droite, pour une partie, y compris sur des terrains où on ne s’y attend pas.

    3. @ Claude Roche

      J’aime beaucoup cette manière de classer les mouvements de mécontentement entre mvts d’extrême gauche et d’extrême droite. Les mouvements de mécontentements n’ont aucun bord politique, ils naissent de la frustration des populations de s’être elles-mêmes trompées autant qu’elle l’ont été. De plus on ne peut juger du mécontentement à travers les mouvements de rue. Cette manière de voir les choses est éminemment nationale. La population peut être exaspérée au dernier degré et rester chez elle jusqu’à ce que…

      Mais le mécontentement demande un bouc émissaire pour se cristalliser. On en trouve toujours un, traditionnellement « les patrons » ou « les politiques ». Surtout lorsqu’un larron se trouve là pour désigner la cible, en se présentant « providentiellement » avec une soi-disant couleur politique donnée, qui n’est en fait qu’un positionnement marketing opportuniste. Lénine se réclamait du peuple, ce qui semble le classer à gauche, mais il semble que Hitler aussi s’en réclamait. Celui qui veut profiter des mécontentements s’en réclame toujours, on imagine mal un tribun populiste mobiliser sur un autre thème.

      Comme vous l’avancez, écoutons les gens. Les écouter, c’est bien, mais leur proposer un modèle viable pour leur procurer une vie relativement sereine, nonobstant les aléas naturels, c’est mieux.

      Et on ne comprend pas (enfin moi, mais je ne suis pas le seul) pourquoi le politique ne sert pas à cela. Alors, à quoi sert-il ? Dans l’état actuel des choses on pourrait se contenter de la bureaucratie et les choses n’iraient pas plus mal. La Belgique, par exemple, est restée de long mois sans gouvernement et elle ne s’en est pas plus mal portée.

    4. @claude roche: « Si les gens s’expriment avec les mots de la droite extrême c’est qu’ils ont quelque chose à dire que les autres sont incapables d’exprimer
      Et il faut d’abord les écouter »
      : mais pourquoi l’extrême droite, tout comme la droite du reste, ne sait-elle rien dire sans se faire belliqueuse, sans désigner des ennemis intérieurs et extérieurs ? Si ‘ »les autres sont incapables d’exprimer » ce que la droite et l’extrême droite expriment, ne serait-ce pas tout simplement qu’ils se refusent à désigner des ennemis factices ?

    5. @ claude roche

      La droite extrême n’est propriétaire de rien, et certainement pas d’une sous-partie du dictionnaire. Les mots, les expressions appartiennent à tout le monde. Pointer du doigt « les uns » parce qu’ils emploieraient un vocabulaire emprunté aux « autres » me semble être une manière subtile de jeter le discrédit sur toute une partie de la population (Une autre manière consistant à taxer ses contradicteurs de « démagogues » à tout bout de champ : ça a beaucoup servi, mais ça commence à s’user…).

      Vous évoquez la thématique « le peuple contre les politiciens » : elle me permet d’apporter ici une précision qui me tient à coeur. Je suis personnellement convaincu de l’utilité et du professionnalisme d’une bonne partie de la classe politique. Sans vouloir parler à la place d’autrui, je pense que la critique porte sur la manière dont les hommes/femmes politiques font de la politique. Leur existence ne me semble pas contestable (ni contestée) en tant que telle. C’est du moins comme ça que je ressens les choses.

      Amicalement,

      Frédéric

    6. @ de St naz, frédéric
      Merci de ce commentaire, mais vous me faites dire ce que je n’ai pas dit. Je ne me situe que dans le domaine des idées et j’ai simplement effectué un constat que n’importe quel historien des idées politiques reprendrait. Et comme je crois aux idées c’est un point important à noter
      Je crois même avoir rajouté que cela ne me gênait en aucune manière : j’ai toujours été hostile à l’ostracisme en matière de débat politique.
      Si ce genre de thématique monte dans la société c’est certainement pour de vraies raisons ; et ce n’est pas en les cachant que cela va faire avancer les choses.
      Pour Frédéric : ceci dit je vous suis sur une bonne partie de votre réponse , mais si rien ne bouge cela n’aura qu’un temps

  16. Merci aux Islandais de nous montrer la voie et soutenons les. Leur petit nombre fait leur force, ils trouveront bien des appuis et des aides matérielles par des pays moins libéro-capitaliste que les notres.
    Les colonisateurs capitalistes étant avides, leurs représentants ne seront pas longtemps absent de votre territoire.
    A nous les Européens (le peuple) d’empécher l’entité Européenne de vous nuire, soutenons les Islandais, buzzons amplifions, contestons le fait du prince. N’abdiquons pas tous unis!!!!!!!!!!!!!!!

  17. « Nous sommes tous des islandais ! » comme l’a titré Le Monde à propos des américains en septembre 2001.

  18. PECHEURS D’ISLANDE

    Ils l’ont fait… Par 3 fois ils l’ont répudiée. Ils l’ont niée. Autant dire qu’ils on nié Dieu… Hérétiques et relaps, tels sont les pécheurs d’Islande….

    Quelles conséquences aura cette transgression? Quels sont les points d’incertitude?

    1) Le « begnin neglect » des politiques islandais

    Avant même le vote, Mme Sigurdar (1er ministre) avait déclaré qu’elle ne démissionnerait pas. Steingrimur Sigfusson, ministre des finances, avait appelé à ne pas « sur-interpréter » le message donné par les électeurs.

    Le scénario qu’ils se plaisent à proposer (appuyés en cela par nombre « d’observateurs ») est celle d’une connivence de facto entre gouvernenement et population, celle-ci appuyant ceux-là pour négocier à la marge les intérêts de la dette. Vote-t-on à 90% pour une simple réduction d’intérêt? l’interprétation est audacieuse. (note : je ne connais pas encore le taux de participation, qui a son importance).

    On peut se demander si le gouvernement n’a pas « sur-interprété » sa propre élection, survenue à la suite du « mouvement des casseroles ». S’il persiste dans sa négation totale du référendum, y aura-t-il un autre mouvement, et de quel métal sera-t-il fait?

    2) Les contraintes extérieures

    Les 2 gouvernements « créanciers » (Angleterre, Pays-Bas) ont pour point commun d’être en sursis, pour des raisons diverses. La 1ère question qui se pose est l’importance qu’on voudra donner à la petite Islande dans cette période. Il semble que les uns et les autres, pour le moment, se focalisent sur des questions internes, parfois peu glorieuses. Il reste bien sûr que pour la City, le précédent islandais est insupportable. Ses relais sauront-ils convaincre que les Islandais ont plus d’importance que les barons de Belize ou les notes de frais des parlementaires?

    La menace du refus d’adhésion par l’UE : les Islandais ont déjà fait savoir par sondage (ce n’est qu’un sondage…) qu’ils ne la souhaitait plus. L’exemple grec ne devrait pas inverser la tendance. cette menace a donc peu d’effet pour le moment.

    Le gel des prêts du FMI : Le FMI a bien entendu rappelé sa doctrine de non ingérence. De facto, cependant, une tranche du prêt est gelée, sous l’influence des créanciers, ce qui semble-t-il, n’a pas de fondement légal. Prendront-ils le risque de paraître affamer l’Islande?

    3) Perspectives

    Nous sommes donc à un « noeud » historique (au moins pour l’Islande), et la combinaison des possibilités reste très large.

    En mettant les choses au pire, le risque est que l’Islande devienne une économie basée sur le tourisme, la pêche et quelques industries de transformation. Un flux d’émigration semble naître, et constituera peut-être une des principales sources de devises.

    Toutefois, elle occupe une position géostratégique intéressante, à l’aube des grandes manoeuvres sur le futur passage du Nord-Ouest, l’exploitation des ressources du sous-sol de l’Arctique. Des pays très éloignés de cette zone, affamés d’énergie, et aux réserves en devises considérables, ne seraient-ils pas en mesure de se substituer à des créanciers trop gourmands?

  19. Le cas de l’Islande est à rapprocher de celui de Haïti au lendemain de son indépendance. D’un côté des spéculateurs réclament ce qu’ils appellent leur dû, de l’autre des colons esclavagistes réclamaient un « dédommagement ». A l’époque, l’esclavage était une activité économique internationalement reconnue comme légale, ce qui expliquait sans doute l’empressement de l’élite haïtienne à payer le montant faramineux exigé par la France. Mais l’on peut parier que les esclaves fraîchement libérés n’étaient pas du même avis, tout comme les Islandais aujourd’hui. Aussi leur vote doit-il être interprété comme une déclaration d’illégalité de la spéculation. Malheureusement, le droit international est toujours en retard de plusieurs génération sur le sentiment populaire, de sorte que les Islandais vont probablement en souffrir, comme les Haïtiens.

  20. l’Islande reste un outil majeur de l’OTAN, au plan stratégique….vu sa situation géographique..les USA ne devraient pas tarder à intervenir en sa faveur…

    1. La dernière base et la seule de l’OTAN (USA) a fermé en 2006.

      Cout du remboursement de la « Dette » IceSave : 100€ par mois et ce pendant 8 ans par foyer fiscale. Sans parler de la dette envers le FMI et autres. C’est intenable.

      Départ d’Islande depuis la crise + de 8000 sur un pays de 300.000 âmes.

  21. Il y a pas si longtemps, ils étaient peu ceux qui envisageaient la notion de « répudiation  » de la dette .
    .
    La chose deviendra de plus en plus évidente tout simplement parce qu’à l’impossible, nul n’est tenu .

    PS : Il y a comme une forme d »‘impossible » qui pousse à violence , de la même manière que l’on taperait du pied pour remonter à la surface

     » Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage ».
    Jaurès.

    1. J’ignore si le capitalisme porte en lui la guerre mais ce que je sais c’est que c’est la seconde fois dans l’histoire récente qu’il nous place au bord du gouffre. La crise de 29 et la crise actuelle.
      En 39-45 on pouvait se  »permettre » une sortie de crise via un conflit armé.
      La guerre générant des travaux de reconstruction, la croissance économique repartirait.
      Aujourd’hui la donne est différente, l’arme atomique ne permet plus une sortie de crise classique via un conflit plus ou moins large.
      Il va falloir trouver une sortie de crise par le haut, c’est à dire sans conflit entre nations ni guerre civile.
      Nous sommes condamnés à la paix à moins de renouveler les erreurs du passé.
      A Jean Jaurés, je répondrais :  »Une société humaine pacifiée est-elle possible dans une économie dominée par l’idéologie capitaliste ? »
      Ce qui revient à poser le problème de manière différente à mon humble avis.

    2. à jeanpaulmichel

      Non ! C’est de la même manière : on ne peut éviter la guerre et avoir une société pacifiée qu’en sortant du capitalisme.

      Tout autre position est de l’utopie angélique, irénique, dit un commentateur de ce blog !

  22. A quand un référendum pour le retour du « Jubilé », histoire de remettre les compteurs à zéro : « Le mot jubilé vient du latin jubilæus (de jubilare, « se réjouir »), traduction par saint Jérôme de l’hébreu yôbel qui désigne un cor en corne de chèvre. Dans la Bible, ce cor est utilisé pour annoncer le début d’une année spéciale qui a lieu tous les cinquante ans. Cette année-là, les terres devaient être redistribuées de façon équitable et les esclaves libérés ». (source wikipédia)

  23. Quoi !? Les Islandais ont voté non?? Quelle surprise !!!

    Ce résultat (prévisible sinon acquis) a eu largement le temps d’être « anticipé » par les artistes de la finance de la City ou d’ailleurs.
    Je plains les Islandais (autant que nous même) car ils seront tout de même broyés dans les rouages de la machine infernale.
    Demain est dejà là et la suite de ce passionant feuilleton s’inscrira, sinon au fronton du Temple de Delphes ou sur les murs du Colisée, dans la décrépitude de nos sociétés malades qui ne sont que les métastases du cancer mondialisé.

    Prions, pour ceux qui croient, gémissons pour les autres…

  24. Si on allait tous passer ses vacances en Islande cet été, cela les aiderait surement…
    Glaciers éternels (jusqu’au réchauffement, évidemment), volcans, geysers, paysages à couper le souffle, 23heures de lumière en juin…, habitants super sympas, moins de monde sur les plages qu’en Méditerranée… N’est-ce pas attirant?

    1. Si, c’est très attirant, bien plus que les plages de sable blanc et leurs palmiers. Pour quiconque n’a pas la flemme d’organiser ses vacances ni celle de voyager, ce devrait être une destination privilégiée.

    2. « Si, c’est très attirant, bien plus que les plages de sable blanc et leurs palmiers. »

      Question de goût. Que je ne partage pas. 🙂

  25. Que peut-il résulter de l’écrasant rejet Islandais du plan initial de remboursement des gouvernements britannique et hollandais  ?

    La balle est dans le camp de ces derniers, dont les intentions n’ont pas été de la plus grande clarté ces dernières semaines, les concessions qu’ils avaient entre temps accepté de faire apparaissant clairement insuffisantes pour être défendues dans le pays par le gouvernement islandais.

    Est-ce à dire que les Britanniques et les Hollandais jouent une stratégie du pourrissement, sachant que le gouvernement islandais va devoir se retourner vers les marchés financiers dans des conditions difficiles, après avoir de facto bloqué le versement du prêt du FMI et de ceux des pays nordiques qui devaient l’accompagner  ?

    Les négociations devraient recommencer dans les jours qui viennent, et l’on en saura peut-être plus.

    La commission de Bruxelles peut quant à elle se permettre de jouer les vertueuses, démentant tout lien entre une éventuelle adhésion de l’Islande à l’Union européenne et la crise actuelle. Alistair Darling, ministre des finances britannique, venant de son côté de déclarer qu’il allait être fait preuve de « flexibilité », ce dont on peut douter puisqu’il a fait précéder cette déclaration de bonnes intentions d’un commentaire sur l’attitude « raisonnable » dont a fait preuve dans la dernière période le Royaume-Uni.

    Olafur Ragnar Grimsson, le président Islandais à l’origine du référendum, à déclaré que « Gordon Brown doit maintenant prendre l’initiative et assurer les prochaines étapes pour garantir une solution que tout le monde doit accepter », après avoir félicité le peuple islandais, car « Le référendum s’est très bien passé et le résultat a été clair ».

    La question est toutefois posée de savoir si les négociations pourront aboutir en cette période électorale au Royaume-Uni, dont l’issue reste incertaine après avoir été considérée comme acquise pour les conservateurs, les élections étant officieusement prévues pour le 6 mai prochain. Elles se tiendront en juin en Hollande.

    Un porte-parole du Trésor britannique ayant déclaré que le Royaume-Uni « restait engagé à trouver un accord définitif avec l’Islande en temps voulu », on peut se demander si les Britanniques ne vont pas être tentés de jouer la montre, considérant que le temps travaille pour eux, afin de faire plier les Islandais.

    1. L’ambiguïté peut demeurer sur la signification du « non » à l’accord, entre ceux qui souhaitent une négociation plus avantageuse avec les créanciers, et ceux qui contestent la dette en tant que telle.

      Quelle est la probabilité que cette contestation puisse être portée sur le plan légal, comme certains membres « vert-gauche » de la coalition actuelle le disent? est-ce une pure chimère?

  26. Les Islandais ne veulent pas rembourser et ils ont raison de ne pas vouloir payer pour des risques privés. N’empêche, ils vivent bien au-dessus de leurs moyens. D’où vient cet argent avec lequel ils se sont acheté des 4×4 et autres conneries? Pas de la pêche au poisson ou quoique ce soit qu’ils produisent sur l’île, c’est sûr. Donc c’est bien beau d’accuser la finance maintenant que les choses ont mal tourné après en avoir profité pendant des années, mais ils vont devoir aussi faire face à la réalité et à leurs responsabilités. Même sans remboursement d’une dette injuste, leur niveau de vie va devoir revenir à celui d’habitants d’un pays aux ressources faibles.

    1. Crapaud, en général le fric va vers les pays à plages et cocotiers (caîmans, barbades, etc), il n’en vient pas. 🙂

  27. J’espère que les islandais vont tenir bon. Rester sur leur position et montrer qu’on peut vivre autrement.

    Et que tous ces beaux messieurs qui salivent de convoitise et écument de rage soient tout simplement niés./

    J’en rêve….

    1. « montrer qu’on peut vivre autrement. »

      J’ai bien peur que les Islandais ne veuillent pas vivre autrement. C’est bien pour cela qu’ils refusent de payer. Ils ne comprennent pas que d’une manière ou d’une autre, les années folles sont finies.

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