« N’est-il pas temps, alors, de s’engager ? »

Olivier
Envoyé le 12/03/2010 à 21 h 41 min

« Ce blog a moins bougé les choses que nous voulons le penser » « N’est-il pas temps, alors, de s’engager ? » (citations issues des réactions il y a quelques jours).

Il est des questions, des affirmations que vous n’aimez guère et que vous préférez éluder. Du moins que vous avez préféré éluder pendant un temps. Aujourd’hui, aujourd’hui seulement j’ai ma réponse. Il y a un impact, il y aurait un impact. C’est du moins ce que dit l’homme de la rue, un journal Les Échos à la main, l’autre main s’agrippant tant bien que mal à une quelconque rambarde du métro, magnifique héros du quotidien paré de tous les marques du réel, et qui pourtant, Mr. Jorion, ne semble être guère plus qu’un relais de narration dans ce qui n’est qu’une fiction, un apologue. Relais de narration, notons le, qui prend en charge et légitime au mieux votre opinion : « oui, mes idées ont impact, quand bien même je ne ferais pas de politique, regardez l’homme de la rue : il parle comme moi ! » Monsieur Jorion, soyons sérieux. Vous ne pouvez à la fois nous dire une telle chose et nous dire ensuite à propos des CDS, je cite de mémoire : « il y a des rencontres, des conversations très importantes qui ont un rapport avec la une du journal ». Auriez-vous donc l’oreille des dieux (oups ! de nos dirigeants !) ? C’est en tout cas ce que vous suggérez. Et cela pourrait bien aussi expliquer pourquoi vos réponses sur l’engagement ont été si évasives…

Personnellement je prends acte : votre foi dans la démocratie est quelque peu défaillante. Vous semblez prendre parti du fait qu’il vaut mieux parler au Prince qu’au peuple. Comment vous en vouloir (c’est ce que j’avais fait il y a presque deux ans), le reflux de la démocratie dont nous parlions est bel et bien un fait.

Olivier, je ne suis pas chef de parti. Je n’ai jamais été actif à l’intérieur d’un parti et je n’ai pas l’intention d’en créer un. Vous avez dû le remarquer, je ne dis jamais « Faites ceci ». Je sème devant vous : ce sont mes billets et mes vidéos, et quand on me demande de venir ici ou là, je réponds oui ou non. J’ai parfois carrément posé la question ici : « Faut-il aller à tel genre d’émission ? » J’ai posé la question à mon propre sujet parce qu’elle a été soulevée à juste titre par Lordon, après que Bourdieu l’ait initialement posée, et que c’est une bonne question dont la réponse est loin d’être évidente.

Une fois que j’ai accepté en mars 2009 le principe de me rendre à l’invitation des membres socialistes du Parlement Européen pour faire des recommandations, et une deuxième fois en novembre 2009, devant la commission d’enquête sur la crise du même Parlement Européen, il serait absurde que je me désintéresse ensuite du sort de mes propositions. Vous avez l’air de dire que tous les résultats en politique s’obtiennent par des grèves ou des défilés, ce n’est pas mon avis. Je ne suis pas contre les grèves ou les manifestations et on m’y a vu au fil des années plus qu’à mon tour, lorsque j’estime que c’est le meilleur moyen d’arriver à une fin. Mais pour obtenir l’interdiction des positions nues sur les CDS, ce n’est pas le meilleur moyen (ça aurait l’air malin sur un calicot).

J’offre ici un forum, je fais des propositions et je participe à la discussion. À partir de là nous sommes tous égaux et nous faisons chacun comme nous l’entendons. Les uns proposent ici de lancer un mouvement, d’autres des pétitions. Je n’ai jamais découragé personne, comme le prouve le fait que vous puissiez lire ces propositions dans les commentaires mais pas plus que quiconque, je ne suis obligé de m’y rallier. J’ai la chance que ce que je dis et écris commence à retenir l’attention et si quelqu’un ayant un meilleur accès que moi aux leviers de la décision me demande si on peut en parler, je n’aurai pas la stupidité de lui dire : « Non, je préfère signer une pétition à ce sujet ».

Je ne suis pas partisan de la politique du pire : ce que je dis souhaiter, je veux vraiment que cela se réalise et j’utilise au mieux les opportunités qui me sont offertes. La seule directive que je vous donnerai jamais, c’est précisément celle-là : « Faites comme moi : saisissez toutes les occasions qui vous sont offertes ! » Et si vous pensez que mon aide vous serait précieuse, faites-le moi simplement savoir.

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163 réflexions sur « « N’est-il pas temps, alors, de s’engager ? » »

  1. « votre foi dans la démocratie est quelque peu défaillante. Vous semblez prendre parti du fait qu’il vaut mieux parler au Prince qu’au peuple. Comment vous en vouloir (c’est ce que j’avais fait il y a presque deux ans), le reflux de la démocratie dont nous parlions est bel et bien un fait. »

    Peut-être. Mais les « princes » vont et viennent au gré du peuple. Qui reste seul juge…

  2. « l est des questions, des affirmations que vous n’aimez guère et que vous préférez éluder. » Là encore….
    Je pense que votre aide me serait précieuse, elle l’est déjà, et je vous le fait simplement savoir.
    Comme Olivier que je remercie.

  3. Déni de démocratie? Certainement pas! Plutôt principe de réalité : il est certes louable d’essayer d’expliquer au plus grand nombre pourquoi il faut interdire les vente à découvert de CDS, dans l’espoir que naisse une pression populaire telle qu’elle aboutisse à une capitulation en rase campagne du « pouvoir » ; il est nettement plus efficace de concentrer ses efforts à convaincre ceux (ce même « pouvoir ») qui peuvent l’imposer d’un trait de plume.

    Ceci dit, les 2 positions ne sont pas antinomiques mais bien complémentaires. Simplement, la 2ème permet d’avancer plus rapidement, là où la 1ère ne peut se départir d’un certain degré d’incertitude quant à la tournure des événements qui peuvent découler de sa mise en oeuvre.

    Quand il est nécessaire de solutionner un problème, la raison est plus efficace que la colère. Bien sûr, si la raison ne peut l’emporter, la colère doit légitimement prendre le relais, et ceux qui ont usé de la raison et n’ont pas abouti comme ils le souhaitaient peuvent logiquement laisser libre cours à leurs penchants… humains!

    Mais lorsque l’héritage du siècle des Lumières s’éreinte et s’éteint, ne vaut-il pas mieux appeler un électricien avant d’allumer le feu révolutionnaire ?!?

    1. « ne vaut-il pas mieux appeler un électricien avant d’allumer le feu révolutionnaire ?!? » : rien de tout ça ! C’est juste les plombs qui ont fondu. 🙂

    2. La raison qui a du plomb (fondu) dans l’aile, c’est comme un vin qui a de la cuisse : plus dur sera la chute 🙂

    3. « il est nettement plus efficace de concentrer ses efforts à convaincre ceux (ce même « pouvoir ») qui peuvent l’imposer d’un trait de plume. »

      Par quels arguments? Je doute que « le bien commun » soit d’un quelconque pouvoir persuasif. Et il me paraît bien naîf de penser que le pouvoir réel se résume à ceux qui signent. Il ne s’agit pas de convaincre Louis XIV mais une caste entière, ce qui est bien plus difficile. Cela vaut d’ailleurs aussi pour une éventuelle action révolutionnaire, il n’est plus question de couper la tête à Louis XVI ou d’éliminer un tsar et sa famille.
      Le désespoir est inutile mais je suis pessimiste quant à l’avenir proche, qui va sans doute ressembler au XIXè s.

    4. Qui aurait-pu dire il y a encore quelques semaines que Sarkozy, Merkel, Juncker, Barroso, Papandreou, d’éminents socialistes européens, etc. évoqueraient la possibilité d’une interdiction des vente à nu de CDS ???

      Sauf à imaginer que ce soient JP Morgan, Deutsche Bank et BNP Paribas qui les en ai convaincus par la force d’un lobbying acharné, force est de constater que « certains » arguments ont du faire mouche pour les pousser à prendre le coche.

      Que le « bien commun » ne soit plus la valeur la plus répandue parmi le personnel politique en place, je veux bien en convenir. De là à affirmer qu’il n’habite plus aucun des représentants de la nation, il est un pas que je me refuse en conscience et en connaissance de cause à franchir. On peut être pessimiste sans pour autant jeter mémé avec l’eau du bain dans les orties (ou sa variante avec un bébé). Mon pessimisme prend sa source dans l’horlogerie : tic tac tic tac… le temps passe.

    5. Bonsoir Julien.

      Le siècle des Lumières a été clairement idéalisé. C’est de bonne guerre.

      Une composante fondamentale ne fait plus partie du paysage : la religion. Il s’agissait de remonter dans le temps, à la racine des Ecritures, pour y trouver la pourriture. Et l’extirper.
      Le monde bipolaire du XVIIIème, entre capitalisme et religion, n’existe plus depuis longtemps.

      La « critique » au sens de Voltaire, chasseur d' »Infâme », c’était trouver la raison par le combat : judiciaire, politique. Littéraire, ENTRE AUTRES. Mais le combat AVANT TOUT.

      La parole pouvait être mortifère, car prise très au sérieux à l’époque. MAIS A LA NOTRE, d’époque, quels propos les puissants peuvent-ils prendre au sérieux, au milieu de cette cacophonie mêlant slogans, poncifs, fumisteries, obscurantismes…charriés par les médias, la blogosphère, les alliances politiques ou apolitiques hétéroclites ?

      Avec toute ma bonne volonté, je ne vois pas d’autre solution que le clash.

    6. @ Coucou

      Votre propos sur le religieux évanoui fait écho à celui de Marcel Gauchet, autant dans le désormais célèbre « Désenchantement du monde » que dans son ouvrage plus récent « Avènement de la démocratie », ainsi qu’à celui de Jacques Généreux dans « La dissociété », bien que tous deux n’en tirent pas nécessairement les mêmes conclusions. Je souscris volontiers au constat, sans toutefois porter de jugement sur l’idonéité de ce bouleversement.

    7. Je pense qu’il n’y a pas de hasard, si l’on parle aujourd’hui au plus haut niveau de l’interdiction des paris sur la fluctuation des prix. Cette idée répond très exactement à une situation donnée. On est pas dans l’à peu près.
      Cette fois ce n’est pas une simple idée que les politiques peuvent récupérer comme tant d’autres idées qui ont subit le triste sort de l’abandon.
      Cette fois il en va de la vie et la mort des économies des Etats et des peuples. La spéculation c’est le nerf d’une guerre qui ne dit pas son nom. Selon que l’on traite ou maltraite le problème les conséquences sur le terrain ne sont pas du tout les mêmes.

      Paul a fait de son blog singulier une réelle force de proposition. Il est logique qu’il en récolte les fruits. Ceux-ci ne sont peut-être pas encore assez mûrs. Mais cela viendra, surtout s’il se confirme que les analyses correspondent bien à une réalité décrite jour après jour, avec conviction, et toute l’énergie et la synergie que déploient un blog en perpétuelle ébullition intellectuelle et affective.

      S’il devait arriver qu’un premier domino tombe, en haut lieu, toutes les réticences tomberont, car les politiques ne sont rien sans les Etats. La finance mortifère peut mourir un peu, pas les Etats auxquels sont liés leurs destins. Du moins, je le souhaite, et cela me paraît raisonnable de le penser, quand bien même rien n’est joué tant que la partie de go qui se joue entre monde de la finance et le monde de la politique (nous incluant) n’est pas terminée. Car des seuils seront franchis au delà desquels faute de pièces à jouer il faudra bien relancer une nouvelle partie, mais cette fois sur un nouvel échiquier, d’autres joueurs peut-être. Mais toujours avec les mêmes peuples.

    8. Bonjour Julien,

      Vous évoquez la complémentarité des deux démarches. Tout en posant l’idée que le principe de réalité/efficacité commande de plutôt s’adresser aux « princes », qui sont à même d’imposer une décision d’un trait de plume.

      C’est étrange, je me méfie comme de la peste de ce possible « trait de plume ». Parce que, si cela devait arriver, et surtout si cela doit arriver précisément d’un trait de plume, une fois de plus le peuple souverain aura été souverainement et dédaigneusement ignoré. Que ce soit au nom du « bien » supposé m’importe peu. En tant que citoyen, je revendique le droit de comprendre les tenants et aboutissants d’un choix politique/économique important.

      Selon moi, l’une des plaies de notre démocratie est l’absence totale de Pédagogie dans le débat public. Les 10 mêmes éditocrates et les 5 mêmes experts nous servent en boucle les mêmes poncifs affligeants, cette bouillie tenant lieu de nourriture pédagogique au « plus grand nombre »…

      Je conviens avec vous qu’essayer d’expliquer au plus grand nombre pourquoi il faut interdire les ventes à découvert des CDS n’est pas facile. Mais c’est absolument nécessaire. La république, sur ce terrain, a un réel problème à résoudre.
      Comprenez moi bien : il n’est pas question de remettre en question le principe de délégation de pouvoir donné par les citoyens à leurs représentants. Ni de croire qu’une société où chaque citoyen serait à même de comprendre le sens de chaque option politique est possible. J’affirme cependant que c’est vers cet horizon que nous devons nous diriger.

      Donner de vraies clés de compréhension aux citoyens : c’est un combat crucial. L’école républicaine est d’ailleurs au coeur de cette problématique : développer la raison et l’esprit critique des futurs citoyens. Vu son état, j’ai bien peur que les traits de plume aient encore de beaux jours devant eux…

      Amicalement,

      Frédéric

    9. @ Frédéric

      A la lecture de votre message, je crois que le problème sous-jacent est avant tout celui de l’éducation, pas de la démocratie. Je ne suis pas certain que ce soit la vocation première d’un blog que de se substituer au système éducatif, quand bien même ce dernier soit défaillant, ce dont je veux bien convenir avec vous. Donner des clés pour comprendre est une chose, former des esprits libres et curieux pour s’y intéresser en est une autre.

    10. Bonjour Julien

      J’apprécie très souvent vos interventions mais ici un petit bémol: plutôt que d’une succession de méthode; raison et puis colère si cela ne marche pas, je vous proposerais colère comme moteur de l’action et raison comme volant qui dirige le véhicule (petit ou grand) vers le but désiré…
      Et puis, « un trait de plume »: quand même, en démocratie, les décisions importantes ne peuvent plus être prises par 1 trait de plume: il faut quand même entre 100 et 600 (selon la taille de l’assemblée) poussées de doigts sur un bouton rouge ou vert.
      Enfin, merci, je viens d’apprendre un nouveau mot : idonéité… Merci, je trouve cela plus joli qu’adéquation que j’utilisais jusqu’ici. (Et en plus je viens d’apprendre qu’on dit « au temps pour moi » et pas « autant pour moi »). Ce blog fait quand même mon éducation 😉 .

      litrisais après au termpps pour moi vnat ;

    11. @cher Julien-alexandre
      Qui aurait dit que les Merkel les Sarkozy allaient se rallier à une telle proposition , dites vous .
      Ce n’est vraiment pas très sympathique de votre part. Car je crois avoir mené depuis longtemps le débat en ce sens : en notant qu’il y a vait une réalité institutionnelle en europe surlaquelle s’appuyer .
      Ceci dit pour ne pas croire que tout vient d’arriver : les contrefeux sont allumés et l’alliance est fragile ( à la connaissance DSK est contre ).
      amicalement

    12. @ Claude Roche

      Pour être précis, j’ai dit « évoqueraient » plutôt que « rallier ». Ceci dit, mon propos n’était pas de stigmatiser les commentateurs du blog qui sont souvent bien plus éclairés et au rang duquel je vous classe bien évidemment, eu égard notamment à vos plus récents billets.

  4. Je lis ce blog depuis un moment maintenant.

    J’ai compris beaucoup de chose à sa lecture.

    J’en ai paradoxalement tiré deux convictions à mon usage :

    – nous ne vivons pas en démocratie, mais sous un régime qui s’en donne les codes

    – en soi une démocratie n’est ni applicable, ni souhaitable. La vraie question est celle du renouvellement des élites, que le système soit « monarchique », « démocratique », « oligarchique », « tyrannique » (clin d’oeil à Xénophon 🙂 )

    Par conséquent , je ne crois pas à un dénouement paisible et raisonné des secousses actuelles.
    Les propositions de Paul et les nombreuses idées glanées dans ces pages ne m’aident qu’à entrevoir ce qui pourrait ressembler à un système « d’après ».
    Certainement pas une conversion politico-économique miraculeuse et spontanée de la part de nos zélées élItes.

    Enfin, une dernière chose qui m’empêche de croire à une prise de conscience sans cataclysme : toujours ce problème de Peak Oil et de retour inexorable à la réalité : les limites physiques du globe.

    1. Dans la succession historique, Platon considère dans l’ordre d’abord ce qu’il appelle la timocratie.La timocratie est un régime politique « qui aime la victoire et l’honneur, formé sur le modèle de gouvernement de Lacédémone». Le mobile central de l’homme timocratique est la recherche de la gloire au sens où il attache une valeur au fait d’être jugé digne, récompensé, honoré ou admiré dans la Cité.

      Le régime timocratique va donc se naturellement se dégrader dans le régime appelé oligarchie. L’avènement de l’oligarchie se produit quand quelques uns s’emparent du pouvoir par la richesse. Un changement de valeur s’est produit, l’homme oligarchique vénère en tout premier lieu l’argent et sa conception du pouvoir le porte à organiser le bien public sur son accroissement au profit de quelques uns. « Les citoyens finissent par devenir avares et cupides ; ils louent le riche, l’admirent et le portent au pouvoir, et ils méprisent le pauvre ».

      (article tiré) http://sergecar.perso.neuf.fr/cours/pouvoir4.htm

  5. Je vous trouve très bien dans votre rôle, …
    et d’autres aussi, qui ne sont pas vous, parce qu’ils n’ont ni les mêmes connaissances, ni la même expérience, qui optent d’une autre stratégie …
    mais un même quelque chose à l’intérieur, (une humanité avec un coeur qui marche en phase avec l’esprit plutôt qu’avec le profit ..?? ) … et donc que je trouve très bien aussi dans le leur …

    Mon regret, c’est l’éparpillement de là où socialement nous en sommes, pour qu’il soit motivé d’un engagement ensemble efficace, …
    parce que tel que je le ressens, c’est de nous, de bas en haut -et non pas des pouvoirs de haut en bas-…
    qu’emmergeront non pas la solutions des problèmes, -mais la recherche, la matière, la créativité d’une autre manière de voir, de concevoir, de regarder, d’espérer de les digérer, les réfléchir, les dépasser, … (découvrir un nouvel espace, ouvrir d’autres perspactives ….)

    Mais je ne suis pas très inquièté, car il faut bien dire pour la plupart de nous, nous sommes tous, sinon beaucoup, en première ligne d’une involution, d’une régression qui nous rebute, qui nous exaspère, qui nous retourne, qui nous dégoutte, qui nous révulse …. en bref qui nous insupporte parce qu’elle n’a pas de sens…
    (il n’y a pas de sens unique, de sens interdit … de vérité monologique qui traverserait l’espace dans une orientation unique ….
    mais il y a un sens pour qu’il reste toujours quelque chose à chercher, à aimer , à imaginer, à inventer, à enfanter -dans l’anticipation de Rrose Sélavie »…- … c’est le sens de la vie, …
    de quoiqu’il en soit, (c’est le temps qui définit la vie, la naissance et la mort la limitent) la flèche du temps reste un impératif chronologique …

    Bref, merci à toi Paul et aussi à François, et aussi à plein d’autres noms propres dans les articles, et les commentaires que je vois sur ce blog…..
    D’accord il y a encore beaucoup de « travail » (moi, lorsque je ne suis pas rémunérée de ce que je fais, pour me venger je dis que je joue, donc chez nous on joue beaucoup, on joue à faire le ménage, la vaisselle, la lessive, les courses, payer le loyer … enfants ou adultes jouent aussi beaucoup pour les études , les masters, les mémoires , les CV, les entretiens, les concours … je ne vous dis pas qu’est-ce qu’on joue … dans tous nos jeux, il y a un petite part de notre temps, individuellement c’est bien moins que celui de Paul ou François ou … dédié à essayer de faire avancer le cmil-blick, mais ce n’est pas tout de même rien non plus …. comme j’imagine que dans d’autres maisons … )
    je suis et je resterai (car sinon … ce serais d’entrée trop triste et alors à quoi bon …), résolument optimiste

  6. paul jorion membre de la future commission attali pour la limitation (raisonnée bien sûr) de la finance et pour une gouvernance mondiale durable (évidemment) ? avec à l’horizon un soutien à dsk en 2012 et la mise en place d’un « gouvernement des meilleurs » (a ne pas surtout pas confondre avec ce terme désuet d’aristocratie), l’instauration d’une Constitution pour l’Économie et le partage des ressources mondiales (a ne pas surtout pas confondre avec le non moins caduc néo-colonialisme)…

    d’avance, j’en éprouve une hyper-douleur (pour rester dans la nomenclature attalienne) au fondement …

    1. Il me semble que vous intentez à Paul un procès d’intention.

      Que je sache, il n’a jamais défendu ce rêve illuminé (ce qui n’est pas un synonyme d’éclairé, mais plutôt son antonyme) de gouvernement mondial que Jacques Attali appelle de toutes ses forces, malgré le piteux résultat de son prototype expérimental européen.

      Je serais tout aussi déçu que vous, et encore plus dégoûté du genre humain que je ne le suis déjà, si Paul vendait son âme de cette façon, mais je ne l’en crois pas capable. Il est bien trop humain, bien trop honnête.

    2. @ Candy says (what ?) :
      Arf, les illuminati, sont toujours là quand on les y attend le moins … 🙂

  7. Oui s’engager!

    Je viens de visionner sur france 3 un documentaire consacré
    à Nathalie Dessay dont je ne connaissais rien ou si peu. Quelle vitalité, quelle drôlerie,
    quelle émotion, quelle voix, quel talent et quelle simplicité, quel recul et
    quelle inventivité aussi, quel allant, quelle contagion, quelle passeuse, quel bonheur!
    Le journaliste lui demande ce qu’elle déteste le plus au monde.
    Le cynisme répond-elle. Devant son interlocuteur qui semble
    y voir une allusion à son vécu de soprano, elle précise aussitôt
    qu’elle parle du cynisme qui nous entoure, celui dans lequel nous baignons…
    Et nous livre « sa » devise: « un pour tous et tous pour un! »
    A l’instar de Nathalie Dessay, nous sommes plein de ressources.
    A nous, citoyens, de nous en saisir et de les articuler au mieux!!

  8. Il n’y a jamais eu de vrai changement sans que ses partisans ne se soient trouver le dos au mur.
    Il semble qu’il reste encore malheureusement de la marge concernant nos politiques, qui mettent seulement des rustines.
    Quand au peuple aussi individualiste qu’il l’est aujourd’hui dans le mauvais sens du terme, il me semble bien difficile de lui expliquer ce que nous évoquons sur ce blog qui parait pour lui bien lointain de sa vie de tous les jours. Nous sommes tout de même un siècle fainéant qui plus est, par fainéant j’entends avant tout le manque de curiosité de connaissances pour la plupart d’entre nous.
    Nous sommes une société décadente, il suffit de parcourir les médias pour s’en rendre compte.
    Mais aussi nous sommes une société artificielle où les gens se réfugient dans le virtuel un peu comme le territoire d’une drogue nouvelle. Quand aux jeunes à qui il appartiendrait de refuser ce monde en premier, ils n’ont ni la culture d’autre chose ni la volonté de propositions nouvelles par justement ce manque de culture. J’avais dit à deux étudiants que je connais de venir participer à ce blog pour justement qu’ils entendent les voix ici et je n’ai pas l’impression d’une participation de leur part, donc je suis pessimiste sur la jeunesse capable de défiler mais sans aucune idée concrète en face à imposer pour changer les choses.
    Les actifs eux se débattent avec leurs crédits, qui se révèlent les meilleurs verrous à toute tentative de révolte, les non actifs se voient misérablement pris en charge mais s’en contentent. Les retraités se rendent bien compte que ce monde n’est plus celui qu’ils ont connus, ils savent identifier les pertes sociales comme les pertes de libertés ou tout simplement de repaire ou de qualité de vie mais qui est présent pour les écouter ?
    Nos politiques parlent d’intervenir sur les CDS, mais les mots s’envolent, c’est des actes qu’il nous faut et cela à l’échelon mondial, parole parole, je demande à voir.

  9. « Le système est condamné ». Ce ne peut être ni un axiome, ni un postulat : l’enjeu est trop important. C’est une proposition expérimentale.

    De même, il n’y a pas de choix de principe qu’il faudrait faire entre optimisme et pessimisme, ce sont les circonstances dans leur évolution qui doivent seules en décider.

    Unique postulat en ce qui me concerne (indéfiniment renouvelable) : « Le moment n’est pas venu de regretter la religion ».

    1. « Unique postulat en ce qui me concerne (indéfiniment renouvelable) : « Le moment n’est pas venu de regretter la religion ». »
      Alors espoir d’un « dessein intelligent » explicité ?

    2. « Le XXI° siècle sera religieux ou ne sera pas. »

      « Cette petite phrase qui a fait le tour du monde a été attribuée à Malraux, mais il la récusa. André Frossard rapporta le premier cette pseudo-prophétie dans une de ses chroniques qui fut publiée sous ce titre. L’essayiste catholique avait probablement communiqué le texte à Jean-Paul II qui le cita. Il est difficile d’affirmer que Frossard ait inventé de toutes pièces les paroles qu’il met dans la bouche de Malraux : « je n’ai jamais eu que cinq ou six conversations privées avec [lui], mais ce fut chaque fois pour l’entendre parler de religion, et je suis tout à fait sûr d’avoir été le premier à recueillir sa fameuse formule sur le XXI° siècle, que l’on déforme aussi souvent qu’on la cite. Il ne dit pas : « Le XXI° siècle sera religieux ou ne sera pas.», mais « Le XXI° siècle sera mystique ou ne sera pas. », ce qui n’est pas tout à fait la même chose. »

      Malraux s’expliqua pour la première fois à ce propos en 1975 à son ami et traducteur japonais Tadao Takemoto, qui lui rappelait qu’il avait lui-même prononcé cette phrase lors de son dernier voyage au Japon : « Quant au siècle prochain, ce que j’avais dit, c’est qu’il était extrêmement possible que, dans ce domaine que l’on appelle psi, se mêlaient encore pour l’instant des choses sérieuses et d’autres pas. […] Si le prochain siècle devait connaître une révolution spirituelle, ce que je considère comme parfaitement possible (probable ou pas n’a pas d’intérêt, ce sont des prédictions de sorcières, mais possible), je crois que cette spiritualité relèverait du domaine de ce que nous pressentons aujourd’hui sans le connaître, comme le XVIII° siècle a pressenti l’électricité grâce au paratonnerre. Alors qu’est-ce que pourrait donner un nouveau fait spirituel (disons si vous voulez : religieux, mais j’aime mieux le mot spirituel), vraiment considérable ? Il se passerait évidemment ce qui s’est passé avec la science. »

    3. Le système ne peut pas être sauvé en effet : on ne peut durablement séparer géographiquement les zones ou l’on produit de celles ou l’on consomme et tabler sur l’espoir que le monde capitaliste finira asymptotiquement par s’homogénéiser (les montants des salaires des ouvriers chinois finissant rejoindre les nôtres) ; c’est une utopie : la société n’est pas une soupe chimique et même si cela pouvait arriver, le durée de la phase transitoire aurait le temps de ravager le monde occidental. Le problème fondamental est bien là n’est-ce pas : il faut que la multitude puisse massivement acheter ce qu’elle produit sans recours au crédit qui n’est qu’un mauvais palliatif.
      Sur la démocratie, deux bons livres : les réflexions sur la révolution de la France d’Edmund Burke -auteur tres reactionnaire, j’en conviens-, mais cela donne à méditer, ainsi que le public fantôme de Walter Lipmann (préfacé par Bruno Latour).
      Bon courage !

    4. Selon le Coran, Dieu donna à l’Homme le libre arbitre. Donc rien n’est écrit tant qu’on ne l’écrit pas dans le Livre. Et comme au restaurant, c’est toujours à la fin qu’on vous présente la note …

    5. @ Paul Jorion 13 mars 2010 à 07:41

      « Unique postulat en ce qui me concerne (indéfiniment renouvelable) : « Le moment n’est pas venu de regretter la religion ». Dites-vous.

      Je me dois de prendre votre postulat en considération, mais plusieurs choses me gênent, moi, qui ne suis pourtant pas religieux.

      Pour être juste il faut bien admettre que les religions ont tenu une grande place dans l’évolution de l’homme jusqu’alors. Qu’elles aient largement guidé, accompagné, soutenu, divisé ou fourvoyé les hommes à divers moments de la longue histoire de l’humanité est indéniable.
      Elles font donc partie de nous, elles sont dans nos gènes, dans notre ressenti, dans notre inconscient. Même de ceux qui s’en défendent. Nous en avons hérité comme nous avons hérité des gènes de nos plus lointains ancêtres.

      Nous qui existons tels que nous sommes aujourd’hui, nous leur en sommes en partie redevables. Est-on certain que tel ou tel sentiment qui nous anime et dont nous sommes fiers, la justice, l’équité, le pardon, etc… n’est pas né au sein de quelque lointaine religion ?

      C’est donc s’installer dans l’injustice et l’ingratitude que de refuser de prendre les religions en considération. C’est aussi prendre le risque de faire naître, à partir de ce champ d’exclusion, des oppositions et des rivalités qui freineront le nouveau et colossal élan que doit maintenant se donner l’humanité.
      Aujourd’hui, nous sommes en effet placés devant un double obstacle. D’une part, un gouffre béant constitué par l’épuisement inexorable et proche des richesses naturelles accumulées sur la planète et dont les hommes sont devenus accros. D’autre part, l’insuffisance de moyens préparés pour franchir aussi la barrière technologique qui nous permettra de nous en affranchir éventuellement dans le futur.

      A ce stade, nous avons besoin de toutes les bonnes volontés et, comme nous sommes arrivés au bout de l’exploitation des richesses matérielles immédiatement disponibles, nous n’avons qu’un seul recours, celui d’exploiter un autre domaine, celui de l’immatériel afin que les hommes y travaillent.
      C’est très bien pour eux qui commencent à manquer d’emplois. Mais, travailler dans l’immatériel c’est travailler très près du spirituel, le champ depuis toujours labouré par le religieux. C’est une nouvelle zone d’expansion, un nouveau territoire pour l’exploitation de nouvelles richesses.

      Vous sentez-vous une âme de colonisateur sans égard pour les premiers occupants lorsque vous pensez à ce que nous coûte encore le fait d’avoir colonisé dans notre passé récent ?

      Il me semble que cela serait, plus sage et plus efficace de ne pas être aussi catégorique dans l’attitude à adopter vis avis du religieux.

  10. Petit rappel, pour ceux qui ne l’auraient pas lu à l’époque : La nuit du 4 août.

    Les soubresauts du moribond se poursuivront quelques temps encore et sa survie assistée nous convie, non plus dans la Wall Street florissante d’autrefois mais dans son cadre en ruines, au spectacle renouvelé de tous les excès passés : ceux d’une aristocratie condamnée à terme, s’accrochant désespérément aux dernières bribes de son pouvoir et aux signes passés d’un Âge d’Or définitivement éteint.

    1. Paul vous dites aussi:
      « le triomphe de la Raison : l’évacuation sans gloire d’une classe corrompue, terrassée par ses propres outrances.  »

      Cette « classe » est très floue, elle est apatride et, « démocratie » faisant, elle s’est même infiltrée dans le Peuple.
      Le petit épargnant a croqué du capitalisme.
      En raccourci:
      La veuve écossaise a mis Detroit au chômage.
      A l’insu de son plein gré certes, mais…vous l’avez déjà dit…responsable mais pas coupable?

    2. C’est un très beau billet, que j’avais lu effectivement.

      Deux choses semblent particulièrement faire saillie dans la perspective de la présente discussion :

      – la reconstruction idéologique a posteriori d’une transition politico-économique majeure, par le motif de la « Raison » dans le cas de la Révolution. C’est un sacré travail, sachant qu’il a fallu digérer la Terreur, l’Empire et la Restauration !

      – la nature même de la transition : le recours à la force armée et l’émergence de voix défendant chacune leur cause, quitte à s’unir ou se désunir au gré des circonstances.

      A ce titre, la lecture de Fernand Braudel est très éclairante. Pas forcément pour la période révolutionnaire d’ailleurs, pour pour la mise en perspective de faits sociaux très similaires, mutatis mutandis, à ce que nous vivons, et l’analyse (sans reconstruction idéologique 🙂 ) de leur dénouement.

    3. A propos de l’article « La Nuit du 4 août », j’ai du mal à encaisser sa conclusion:

      Quand aura succédé au système capitaliste celui destiné à prendre sa suite, la succession de l’un par l’autre n’apparaîtra pas comme ce qu’elle est pourtant : la substitution banale d’un système neuf à un autre cassé, mais comme le triomphe de la Raison : l’évacuation sans gloire d’une classe corrompue, terrassée par ses propres outrances.

      Cette conclusion revient à dire que « la Raison » est « ce qui triomphe après coup », se révélant en jetant bas son adversaire comme saint Michel face au démon. Une telle interprétation donne quitus aux vainqueurs et justifie a posteriori les coups de force, comme celui des chrétiens au IVè siècle de notre ère, en les faisant passer pour un « progrès ». Pourtant, d’un point de vue strictement scientifique, (« substitution banale d’un système neuf à un autre cassé »), il ne saurait y avoir de progrès, seulement une évolution. Il est impossible d’affirmer que le « système neuf » sera mieux ou plus raisonnable que son prédécesseur, mais il est certain qu’on ne se privera pas de le faire.

    4. « M’enfin », dirait Gaston, c’est quand même dit très clairement : « la Raison APPARAITRA comme ce qui triomphe après coup », et non « la Raison EST ce qui triomphe après coup ».

  11. Belle et vigoureuse interpellation, qui infirme quelques propos tenus cette semaine sur l’unanimisme supposé des intervenants sur ce blog. Je précise que je ne suis pas tout à fait d’accord avec Olivier, et je vais essayer de dire pourquoi.

    L’hypothèse qui peut être formulée est qu’un blog, de façon générale, est devenu un nouvel outil politique, qui complète les outils plus classiques (sans se substituer à eux).

    Il me semble que c’est le référendum de 2005 (nb : constitution européenne) qui a consacré son importance : bien des opinions s’y sont formées, qui ont ensuite été relayées par le plus traditionnel « bouche à oreille ». Sans l’existence d’Internet, des blogs et forums, le basculement observé entre les premiers sondages et le résultat final n’aurait peut-être pas eu lieu.

    Aussi les partis politiques et plus largement les « décideurs » ont dû tenir compte de ce fait nouveau. De même que les annonceurs publicitaires suivent la fréquentation des sites marchands pour ajuster leur politique tarifaire, les « décideurs » politiques scrutent aussi « l’influence » de tel ou tel blog (cette comparaison pourra choquer, mais je tiens ce mécanisme pour réellement opérant). D’ailleurs d’autres site se chargent de mesurer cette influence (un peu l’équivalent des agences de notation dans un autre domaine…). Et ce blog-ci, d’après ce que je comprends, est fort bien classé. Bien sûr, la personnalité de l’animateur compte beaucoup, mais je pense que l’existence d’un blog « qui marche » permet d’accroître son influence.

    Donc, pour reprendre l’expression d’Olivier, ce n’est pas PJ qui a l’oreille des Dieux, mais plutôt les Dieux qui laissent traîner l’oreille. Le corollaire étonnant de cette affirmation est que les participants à ce blog, lecteurs ou contributeurs, ont peut-être une forme d’influence collective (bien sûr, à l’échelle individuelle, cette influence est imperceptible, et c’est très bien ainsi).

    Un dernier mot : les partis politiques, ou les personnalités politiques ont depuis quelques années multiplié les blogs. Toutefois, leur influence paraît limitée. C’est qu’il sont condamnés à ne reprendre que les thèses qu’ils ont développées par ailleurs (en particulier, des interpellations comme celles d’Olivier sont impensables dans leur contexte : aussitôt les adversaires et médias s’engouffreraient dans la brèche). C’est pourquoi, je crois que la transformation d’un blog en quelque chose de plus « opérationnel » serait contre-productif. Vaste discussion….

    1. L’influence qu’a acquise le blog de Paul Jorion doit en inquiéter certains dans les hautes sphère en phase d’effondrement accéléré.
      Il ne serait pas du tout étonnant qu’on envisage en haut lieu de confier à Paul un emploi plus « respectable » dans l’espoir d’éloigner le spectre d’une nouvelle claque électorale encore plus sonore que celle de 2005.

  12. Voilà :  » Saisissons toutes les occasions qui nous sont offertes »! Créons-les!!

    Ce n’est pas aussi simple que de suivre un’gourou’ . Ca demande un peu plus d’investissement et d’implication…

    ‘Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde'(Gandhi).

    Monsieur Jorion arrive à des résultats qui seront bénéfiques pour tous.
    Ce serait bête de rater une occasion de se réjouir,non??

    Belle journée à tous!

  13. @Olivier: ce blog n’est pas fait pour des militants pressés d’en découdre, mais pour s’interroger sur les questions de fond. S’il avait une influence plus visible et tangible, alors son auteur et ses visiteurs s’apparenteraient à un groupe de pression, aux antipodes de l’esprit scientifique dont Paul ne s’est jamais départi.

    1. Je plussoie, Crapaud Rouge.
      Ce blog est un laboratoire d’idées. Il est peut-être aussi, dans un recoin secret de l’âme de chercheur de Paul, une expérience anthropologique intéressante dont nous sommes les cobayes.

      Je ne comprends pas très bien ces phrases : « Ce blog a moins bougé les choses que nous voulons le penser » « N’est-il pas temps, alors, de s’engager ? »

      Ce blog est un engagement en soi. Il représente une expérience de démocratie directe qui, même si elle n’a aucun pouvoir effectif, a le mérite d’exister et de contribuer à créer un mouvement collectif réfléchi qui pourrait potentiellement essaimer dans les années à venir. En ce sens, il fait bouger les choses.
      Je ne sais pas qui est ce « nous » ni ce qu’il pense que ce blog devrait être, ni jusqu’à quel point « nous » estime qu’un blog pourrait changer le monde à lui seul.

      Si le blog de Paul vous déçoit ou vous semble inefficace dans une perspective d’action politique, créez votre propre blog, mettez sur pied des groupes de pression, des clubs de réflexion subversifs, des milices d’action directe ou que sais-je encore, mais cessez de reprocher à Paul ce que vous ne faites pas vous-mêmes.
      Paul n’est ni un gourou de secte, ni un politicien. Il le dit très bien lui-même dans son article. Pourquoi vouloir lui faire jouer un rôle qu’il n’a pas choisi de jouer ? Pourquoi reporter vos frustrations bien compréhensibles sur les épaules de Paul, une des seules personnes à AGIR concrètement pour tenter de faire évoluer les mentalités hors du petit monde d’internet ?

    2. @ CS :
      L’abstention n’est pas un acte couargeux de pseudo-anarchiste-jesaisplusquoilasuite. C’est aussi un acte désespéré. Car je n’irai pas voté demain (j’aurai dû faire un billet sur ce sujet mais j’en ai fais un autre).
      Pas par positionnement mais bien par lassitude. Si vous cherhcez Languedoc-Roussillon, vous comprendrez. Pas de liste commune verts-PS contre Frèche. Un positionnement uniquement centré sur Frèche. Qui lui même se présente en indiquant immédiatement qu’l abandonnera son poste à son successeur désigné. Je veux dire par là qu’on peut difficilement faire pire pour la démocratie ? Quid de la région, des programmes, des projets ? Nada, que dalle, wallou.
      Le zéro absolu.

      Aller voter ? Je voudrais bien. Je suis même aller le faire, pour voter blanc. vous le faîtes une fois, deux fois. Mais après ? Vous faites le jeu objectif du système qui COMPTE votre bulletin blanc dans l’expression, la participation. Aucune visibilité.
      A l’inverse, réfléchissez au moyen de pression politique que vous avez. Au-delà de 50%, si les élites politiques ne se posent pas la question ‘comment faire différemment’, c’est qu’effectivement objectivement il le cautionnent.
      Savez-vous par exemple qu’une réforme constitutionnelle de 2008 a donné un droit de référendum d’initiative populaire en France, droit qui n’est pas appliqué parce que le gouvernement n’a toujours pas proposé une loi organique pour ce faire ?
      Dès lors, quelles conclusions en tirez-vous ?

      Je n’irais pas demain voter à une élection qui contrairement à ce que vous dites ne changera strictement rien. Parce que c’est d’abord une élection pour des institutions locales, à compétences définies et limitées (je ne dis pas qu’elles ne servent à rien : elles ne servent pas aux questions essentielles qui nous concernent ici), où l’inclusion locale est bien meilleure viatique qu’un véritable questionnement politique.
      Je ne sais pas comment se passent les choses en Belgique. Mais en France, les citoyens sont usés. Et désespérés. Pas ‘pseudo-anarchistes….’.
      Cordialement.

    3. @ zébu

      Je vous comprends. Je ne voulais pas dire que tous les déserteurs des bureaux de vote son des pseudo-anarchistes, mais je constate que certains d’entre eux présentent leur décision de ne pas voter comme un acte de rébellion. Votre argumentation est bien plus honnête.

      Si j’étais Français, j’aurais été voter au premier tour de la dernière élection présidentielle mais pas au second tour. Les deux candidats du second tour étaient profondément affligeants.

      Si ça peut vous consoler, les électeurs belges ne sont pas beaucoup moins désespérés. On vote pour un parti qui défend un certain programme, or ce programme n’a aucune chance d’être appliqué parce que les partis doivent faire des alliances pour former un gouvernement mort-né.
      J’ai voté pour Ecolo pendant de nombreuses années, mais la dernière fois que je l’ai fait ils se sont alliés avec les libéraux…
      Depuis, je vote LCR, même s’ils font des scores ridicules. Et rien ne change…
      Bref, je vous rejoins dans votre désespoir.

  14. Bonjour Paul, lecteurs et contributeurs

    le débat tel que posé dans les commentaires de ce billet m’intrigue :
    – democratie,
    – renouvellement du personnel politique,
    – représentation,
    – oligarchie, mélange des genres politico économico financier
    – et toujours cette question, que faire 😉

    je suis quand même un peu surpris parce qu’il me semble que demain dimanche nous avons tous la chance d’être sollicité pour donner notre avis par une ELECTION.

    Or, si on cherche un tout petit peu dans l’offre politique du moment, on devrait trouver des signes intéressants.

    Sans faire de pub pour une organisation (qui n’est d’ailleurs pas un parti), je lis des thèmes chez Europe Ecologie qui devraient satisfaire la plupart d’entre nous, lecteurs assidus de ce blog, au travers de personnalités fortes, venant d’horizons variés et capables de se regrouper pour une vision vraiment novatrice du projet de société.
    – Pierre Larrouturou et la relation au travail
    – Eva Joly et les questions financières (paradis reglementaire et fiscaux)
    – Michele Rivasi et la transparence (Criirad, …)
    – Corinne Lepage et ses engagements bien connus ici (tiens, elle soutient officiellement la liste EE en Alsace, une vraie bonne idée)
    – les verts « canal historiques » et la politique du transport, de l’énergie et de la ville
    – l’agriculture respectueuse de l’homme (une très belle intervention de Marc Dufumier lors de la conférence organisée par Eva Joly le 13 fevrier dernier à la défense)
    – un niveau d’action qui se veut supra national
    – …

    N’y a-t-il pas dans toutes ces propositions une excellente raison d’aller mettre un bulletin (le bon) dans l’urne ?

    Bien sûr, on ne pendra pas tout de suite les spéculateurs du monde entier, mais si on veut éviter le retour à la barbarie, il vaut mieux utiliser les moyens pacifiques dont nous disposons aujourd’hui et avancer par petites touches.

    Hier soir j’ai regardé le « Temps qu’il fait » et j’ai cru y lire entre les lignes que le petit geste que tous nous ferons demain fait partie de l’impact que chacun peut avoir sur le monde. En tant que citoyen, voter.

    Personnellement, j’ai basculé vers EE quand j’ai vu Eva Joly et Laurences Vichnievski rejoindre le mouvement. Ces sont les seules personnes que je connais qui s’attaquent réellement, avec les moyens légaux, au problèmes financiers qui gangrènent nos sociétés et pillent les budgets de nos états.
    Avant même de parler d’interdiction des paris sur les variations de prix (excellente idée, qui me trotte dans la tête depuis mes années de fac Sciences Eco, en 89-93, c’est dire si je la trouve intelligente), donnons nous les moyens de lever l’impôt de façon juste, et les budgets de nos états ne sont déjà presque plus en déficit.

    Bref, tout ça pour dire que nous avons la chance de pouvoir choisir les membres d’assemblées qui n’ont pas un immense pouvoir, mais travaillent sur notre quotidien, et disposent malgré tt d’un certain nombre de leviers.

    Il existe aujourd’hui une réponse politique réaliste aux questions que nous nous posons !

    Au passage, j’ai lu aussi un très bon édito de Larrouturou sur Rue89 nommé « luttez contre les paradis fiscaux, votez EE le 14 mars » dans lequel les futurs élus EE s’engagent à ce que les régions boycottent les banques françaises qui opèrent dans les paradis réglementaires et fiscaux, voilà une prise de position forte et plus que symbolique 😉

    je m’emporte 😉

    Bonne journée à tous
    merci Paul d’offrir cette tribune (et ce merveilleux pull marin du vendredi;-)
    et bon vote demain

    1. Et si la question se posait ainsi?
      « Le XXI ème siècle sera politique ou ne sera pas? »
      J’observe autour de moi un désintérêt pour le politique:
      « De toute façon j’aime pas la politique ».
      J' »aime pas ».

      S’agit-il de l’aimer alors comme on aime le chocolat,
      la musique, jouer à la wii? Si c’est le cas, je me dis que
      nous collons parfaitement à notre identité de « consommateur ».

      A ceux-là je réponds que la politique est un « devoir ». Envers soi, envers
      les autres, en faveur de l’intérêt général.
      Est-ce que ça compte l’intérêt
      général? Ou bien ce qui compte reste l’intérêt particulier de tel ou tel
      individu, de tels ou tels groupes d’individus jaloux de leurs prébendes
      actionnariales?

      Politique: polis. Cité. Où est la Cité dans la philosophie individualiste?

      Ou bien s’agit-il de l’aimer, animés par ce désir qui justifie tous nos élans,
      nos actions, pensées, créations…Et pourquoi ce désir aurait disparu?
      Qu’est-ce qui motive le désir?
      Comment pouvons-nous le restaurer si c’est bien de désir qu’il s’agit?
      Je me dis comme ça que c’est une question de futur. Que pour désirer,
      il faut une perspective, un champ des possibles, non comme une promesse,
      car la promesse résonnerait à mon sens comme quelque chose qui ne dépendrait
      pas de nous mais des autres ou d’un autre seul qui nous mettrait dans une posture de
      passivité face à un futur acquis. Non comme une promesse alors mais comme un lieu à investir plein de possibles où nous créons des raisons d’être optimistes.
      C’est peut-être aussi une question de sentiment ou d’expérience de nos capacités.
      En effet, comme désirer si nous sommes disqualifiés ici ou là dans ce que nous voudrions
      entreprendre? A notre niveau. A partir de là où nous en sommes? Et je trouve que le manque de connaissances sur ces questions économiques qui engagent notre vie au quotidien et notre non-avenir hypothèquent nos esprits critiques, hypothèquent nos capacités de jugement, nos choix, nos marges de manoeuvre et la pertinence de nos discours.
      Mais la méconnaissance du politique aussi fonctionne comme une hypothèque, d’autant plus quand la « communication » s’en mêle. Et d’autant plus si cette « communication » n’a pas peur de jouer sur la confusion, le flou, ou pire, sur le paradoxe.
      Et il me semble que l’action politique est handicapée par ces ignorances.
      Comment mobiliser sur des positions claires si elles ne peuvent être ni partagées ni élaborées par un grand nombre de citoyens ?
      Surtout quand l’action politique est tentée de surfer sur la vague des ignorances en gommant les lignes de débat dans un soucis de marketing politique.
      Et c’est là où je ne vous rejoins pas Grosjean sur votre choix d’Europe Ecologie.
      Dans quelle dynamique s’inscrit-elle au regard de la concurrence libre et non faussée, du capitalisme, de la répartition des richesses, des limites criantes du système quand elle défend un capitalisme vert, quand elle propose de s’allier à un modem qui programme l’augmentation de la TVA comme réponse à la dette, et quand elle entretient la confusion sur ces questions?
      Et qu’est-ce que le jeu démocratique là où les débats n’ont plus lieu faute de problématiques assumées. Tout est dans le rien et réciproquement. J’ai le sentiment moi, citoyenne d’un grand gloubi boulga éco-logique. Et d’un mépris et pour les électeurs et pour les autres interlocuteurs. Si « vous » (au sens général) entretenez la confusion en signifiant qu’il n’y a pas de différence entre « vos » positions et « les leurs », alors « vous » niez purement et simplement « vos » adversaires politiques. Certainement payant sur un plan électoral face à des électeurs en quête d’un vote qui n’exige pas d’entrer dans des débats faute de « connaissances » mais catastrophique sur un plan démocratique car là où tout se vaut qu’est-ce qui peut bien structurer la pensée, déterminer des choix, des orientations?
      Faut-il faire l’économie du débat? Faut-il renoncer à l’éducation du citoyen à des valeurs politiques sous prétexte qu’il ne sait plus ce que sont la démocratie, la République? Faut-il renoncer au débat politique? Lequel aussi structure la pensée et l’esprit critique.
      En tant que citoyen nous avons besoin de ces capacités de jugement pour nous saisir du politique.
      Besoin de ce cadre.
      Le désir est fonction du cadre et de la contrainte non?
      Je pense que ce n’est pas la contrainte du débat qui démobilise mais la non compréhension des débats. Et pour moi l’enjeu réside dans la cohérence des discours, des actions, ainsi que dans un souci d’éducation populaire. En ça j’apprécie par exemple les propos de ceux qui y entendent quelque chose et qui s’expriment dans un souci de clarté et de clarté non démagogique en ne renonçant ni à la complexité de l’analyse, ni au tranchant des positions, avec lesquels on peut être d’accord ou pas mais qui ont le mérite de créer une contrainte, ne serait-ce qu’intellectuelle.
      Et j’avoue que je me tiens encore à l’extérieur de nombreux débats car j’ai besoin encore d’y entendre quelque chose. Néanmoins une chose est acquise, je ne me satisfais pas d’un système qui se nourrit de l’injustice sociale (n’est-ce pas l’essence du capitalisme?), qui méprise l’intérêt général sous couvert d’individualisme, qui hypothèque notre avenir y compris environnemental au nom d’intérêts privés, nie le politique au nom de la « liberté », promeut la privatisation de l’Etat au nom du Dieu marché quand il ne privatise pas notre corps, notre sexualité, notre psychisme ou notre conscience.
      Qui crée de la contrainte dans les débats politiques aujourd’hui?

    2. @ grosjean

      drôle d’argument électoral cette histoire de paradis fiscaux. Je trouve qu’EE est un mouvement plutôt sympathique mais côté démagogie ils ne semblent pas être les derniers.

      Les dispositifs de lutte contre les paradis fiscaux existent (53 pages, n’oubliez pas le tube d’aspirine) :

      http://www.impots.gouv.fr/portal/deploiement/p1/fichedescriptive_4090/fichedescriptive_4090.pdf

      Ces textes sont en évolution régulière. Qu’ils soient imparfaits est un autre sujet, qui mérite mieux que les déclarations de principe de la part d’un mouvement politique. De la pédagogie, par exemple. Et au peu que je connais sur le sujet -des paradis fiscaux-, un peu de réalisme n’est pas inutile…

      Amicalement,

      Frédéric

    3. Grosjean, Paul vous a offert un pull marin ? Et moi, et moi ? Je veux aussi un pull marin !

      Plus sérieusement, je vous remercie sincèrement pour cet appel à la responsabilité collective.
      Je suis fatigué de tous ces pseudo-anarcho-révolutionnaires qui croient que l’abstention est un acte courageux et révolutionnaire. Rien ne sert plus les nuisibles au pouvoir que le désinvestissement démocratique de tous ceux que ce système écœure au point de s’en désintéresser.

      Je ne voterai pas demain parce que je ne suis pas Français.
      Ici en Belgique, le vote est obligatoire. Est-ce mieux ? Est-ce antidémocratique ? Je n’en sais rien. Je sais seulement que j’aimerais pouvoir voter avec vous demain.

    4. @ Gueule d’Atmosphère,

      peut-être qu’il ne s’agit pas d’aimer ou non la politique MAIS de se sentir CONCERNE par elle, comme Citoyen.

      Quand nous exigerons que les politiques soient Vraiment des Représentants des Citoyens que nous sommes, avec le souci pour ces politiques d’exposer et d’expliquer les enjeux des décisions à prendre – peut-être alors y aura t’il
      simplement interaction…

      C’est ce que je souhaite…….

  15. Pour ma part depuis que je lis votre blog mr jorion, j’ai décidé en tant que citoyen d’interpeller très souvent les députés de mon département, je les interroge sur leurs actes, sur leurs votes, je vais à leur rencontre dans leur permanence , je les mets en difficulté devant des assemblés, je critique leur choix, je les bouscule dans leur responsabilité, je les fais parfois rougir de honte quand les projets de loi qu’ils ont portés ou votés sont de petits textes clientélistes pas digne de représentant du peuple, je ne prend pas de gant sinon la politesse je leur propose vos solutions. Pour l’instant ils ne répondent pas car ils n’ont plus de pouvoir et ils s’accroche a leur statut. Mais je pense que mon travail d’interpellation va payer, ils commencent à infléchir leur discours. Je pense que si tout vos lecteurs en faisait de meme. Notre action deviendrait constructive. Nous avons un pouvoir énorme, il faut que le citoyen sache que faire pression de cette manière a toujours eu des résultats. C’est long, ce n’est pas tous les jours drôle, c’est décourageant, mais c’est la seul garantie de faire vivre encore un peu la démocratie. Alors je dis à tous bougez-vous , interpellez les, soyez persévérant. Encore merci mr Jorion de reveiller le citoyen qui est en nous.

  16. La communication numérique ne rassemble pas, elle disperse tout au contraire les citoyens, et éloigne à cet effet toute possibilité de concentration nécessaire à la révolte ou à une réelle contradiction démocratique . Les pouvoirs le savent et en jouent savamment en développant le tout numérique.

    Malheureusement, la diffusion et l’espoir naïf d’une réaction que pourrait susciter ce blog est caduque si elle reste à l’etat numérique. J’en suis le premier désolé .. Vive Internet !

    Seul le rassemblement concret des masses a un impact sur les pouvoirs.

    Le grand danger est que la nouvelle génération ne connaîtra pas ce qu’est le rassemblement populaire, la société la transformant en zombis isolés, consommateurset unitairement nourris aux sms publicitaires jusqu’à en vomir ….

    Oui, la démocratie est en danger

    1. Je suis d’accord avec vous pour dire que la démocratie est en danger, mais je ne partage pas votre opinion sur internet. Les fossoyeurs de la démocratie sont plutôt à chercher dans les médias officiels, et ils ont toujours aujourd’hui une audience bien plus large que celle de la blogosphère politique.

      En ce qui concerne ma petite expérience personnelle qui n’est certainement pas une exception, l’internet a eu sur ma conscience politique l’effet d’une décharge électrique salvatrice. Ou d’un réveil, si vous préférez. 😉
      Avant le net, j’étais apolitique sans le savoir. Après quelques années de pratique assidue des échanges d’idées virtuels mais néanmoins très éducatifs, je suis devenu politisé, non pas au sens traditionnel mais au sens où j’y ai acquis un regard sévère sur la société dans laquelle je vis, sur mon interaction avec elle et sur tout ce que j’aimerais voir changer dans cette société. Et une motivation à mesure.

      C’est vrai, les révoltés sont presque tous assis derrière leur écran au lieu d’être dans la rue. Mais il me semble qu’ils auront les idées plus claires sur certains problèmes lorsqu’ils n’auront plus d’autre choix que de se lancer physiquement dans la bataille.
      En attendant, il vaut beaucoup mieux développer ses connaissances et remettre en question ses croyances in-questionnées en échangeant des idées bien réelles sur un média virtuel que s’abrutir devant la télévision. Non ?

  17. ATTENDRE

    Donc Monsieur BESSON, sinueux ministre à la bouche déviée, envisage de créer une «zone d’attente spéciale»qui permettra de maintenir sur «l’ensemble du périmètre de découverte», et ce jusqu’à leur régularisation ou décision d’expulsion, les étrangers en situation irrégulière alors que ces zones d’attente jusqu’à présent étaient limitées à proximité immédiate du point de passage d’une frontière entre la France et un autre pays. C’est un communiqué de l’Agence France Presse du 12 février qui le dit. L’épisode largement médiatisé des 123 Kurdes découverts sur une plage corse et sauvés de l’expulsion immédiate par la justice explique cette proposition de mesure.

    Si je comprends bien le communiqué, et si je décrypte correctement le vocabulaire euphémique en vogue, c’est toute la France qui devient zone d’attente spéciale potentielle, élastique, et moi, je m’y balade dès que je mets le nez dehors. Qui sait, d’ailleurs, si ma propre maison, étant donné la radicalisation des mesures de contrôle, et si j’invite à y pénétrer la gitane, ou rom, qui vient me proposer ses paniers ne risque pas de devenir zone d’attente violable et non plus limitée à l’espace public qui m’appartient d’ailleurs ?

    Je n’ai pas fini de sainement délirer, de m’inquiéter, de pousser à s’inquiéter mes semblables. Et si j’en viens à mes propres attentes à moi,, révulsées ou agissantes, dans le climat de mondialisation de la peur qui s’installe, et se matérialise avec ces drôles d’instruments de surveillance de plus en plus compliqués, et qui sait de plus en plus vulnérables, je me pose la question : comment faire pour mutualiser ces autres zones d’attentes fraternelles , dans lesquelles je pénètre et m’associe et me démène au gré d’ actions militantes en faveur des immigrés à la déliquance proclamée et subie, alors que leur statut d’homme leur donne le droit d’exister tout simplement, où qu’ils se trouvent ?

  18. Vouloir conquérir le monde et le manipuler,
    c’est courir à l’échec, je l’ai vécu d’expérience.
    Le monde est chose spirituelle,
    qu’on n’a pas le droit de manipuler.
    Qui le manipule le fait périr,
    à qui veut s’en saisir il échappe.
    Tantôt les choses prennent les devants, tantôt elles suivent,
    tantôt elles exhalent le chaud, tantôt elles soufflent le froid,
    tantôt elles sont fortes, tantôt elles sont grêles,
    tantôt elles planent haut, tantôt elles s’écroulent.
    Aussi le sage évite-t-il
    tout excès de quantité, de nombre et de mesure.

    Lao Tseu

  19. A Olivier,

    P. Jorion disait déjà en 72 (vous trouverez où chez googlebank…) :

    « Je puis un peu justifier le fait que je sois au bord, qui est qu’il me semble que l’organisation joue le rôle de prothèse pour certains qui ne trouveraient pas en eux-mêmes la puissance suffisante de ne se réclamer que d’eux-mêmes. »

    Il persiste aujourd’hui : pas de parti pris (comme quoi il n’y a pas que les imbéciles qui ne changent pas d’avis). Ce qui ne l’empêche pas de prendre parti autrement et de parier sur d’autres points d’Archimède pour soulever du monde. A chacun son levier et ses effets… Lenine disait que la théorie de Marx était toute puissance parce ce qu’elle était vraie (Pravda) Une autre traduction dit « parce qu’elle est juste ». Ce n’est pas pareil, vous en conviendrez. Mais il fallait un second point d’Archimède à Marx qui sera la première internationale. Ça a eu des effets discutables dont nous sommes indiscutablement le produit. Rien de mécanique dans tout ça, pas plus qu’ici.

    Le pari stratégique de P. Jorion me semble tenir plutôt au virus du discours et ses effets domino. C’est déjà bien que P. Jorion « offre un forum ». D’ac avec lui pour « le meilleur moyen d’arriver à une fin » avec la bien connue réserve des paradoxes entre fins et moyens ! à suivre donc car si une fin arrive, la fin ne cesse de muter…

    1. Oui, c’est ça, le « virus du discours » construit le contexte. C’est pourquoi les deux voies, convaincre les élus, convaincre les citoyens sont nécessaires et interdépendantes.Le message jorionien doit être la petite musique que tout le monde aura entendue un jour. Et quand elle se fera à nouveau entendre, les gens diront: mais oui, ça me dit quelque chose. On prépare le terrain ou  » les circonstances (dans leur évolution) qui doivent seules en décider » pour reprendre les termes de Paul Jorion .Le vrai malentendu sur ce blog, c’est que beaucoup, et j’en fait partie, bien que je m’en défende, croient encore au grand soir et aux lendemains qui chantent. Depuis que je m’intéresse à la bulle immobilière (j’ai commencé en 2005), je me dis tous les ans: ça y est, c’est pour bientôt. Et rien ne vient de radical, de visible…Tout simplement parce que les choses se font, sans qu’on s’en rende compte, comme diraient les chinois. On passe de l’hiver au printemps sans voir la transition. Or ce n’est pas notre vision des choses, toute grecque qu’elle est. Du sang et des larmes. Il faut que quelque chose arrive, vite, fort…L’internet est-il l’outil du lent diffus, ou de la révolution en fanfare? je ne sais pas. J’avoue être pessimiste quant au rôle de décervelage joué par la tv, mais avant tout par le tout consumériste, qui lui, de manière lente et diffuse, et c’est en ça que ça a bien marché, a su transformer et orienter la psyche vers les marchandises.

  20. Education Nationale..
    J’ai tjs pensé que notre système éducatif enseignait le sens de la critique et non l’apprentissage du sens critique.

    Cet avis d’Olivier est dans le droit fil de cette pensée, il critique pour critiquer, aucun élément de réflexion, juste la critique, s’il avait utilisé le sens critique, son article eut été différent.. il vous aurait expliqué en quoi votre démarche ne lui semblait pas homogène et il vous aurait donné des exemples !!!

    Avec mon sens de la critique, je dirai que sur ce site, on retrouve l’individualisme forcené de la sté actuelle, les avis sont personnels dans la majorité des cas, peu de vision globale et générale, peu arrive à se sortir de leur cas personnel pour tenter de réfléchir à la complexité de la Grande Crise…

    En ce sens les avis de M. Jorion et Leclerc sont dans le sens de l’esprit critique, ils s’affranchissent de leur propre cas pour tenter de réfléchir, en ce sens dès le moment où on a développé l’Esprit de la Critique si chère à notre pays, bien évidemment les idées de ce blog peuvent sembler inutiles…

    Je dirai que dès le moment où on peut s’exprimer sur ce site, donner son avis et avoir surtout des raisons sérieuses de donner son avis car les informations y sont plus qu’intéressantes, la critique telle qu’Olivier vient de faire n’a pas lieu d’être, tout simplement qu’en s’exprimant comme il le fait il démontre combien l’impact de M. Jorion et Leclerc sont importants…

    Evidemment nous sommes 60 millions de français, bcp préfèrent malheureusement Loft Story, les émissions futiles, les après midi dans les galeries marchandes aux lectures d’un blog d’économie qu’il ne leur a jamais été enseigné, je constate avec regret combien dans notre pays, la quasi totalité des médias continuent à appeler Rentabilité ce qui est en fait le Coût…alors le vivier des lecteurs de ce blog est restreint mais c’est un public averti…

    Alors M. Jorion et Leclerc, continuez l’esprit de la critique ne fera pas avancer la résolution de la crise actuelle, sans doute ce qui manque le plus au monde actuellement est l’esprit Critique, c’est comme l’histoire de la Rentabilité et des coûts, Olivier et vous M. Jorion n’avez pas le même langage car vous n’avez pas la même manière de raisonner…

    1. @ Bourdon

      La différence que vous faites entre « la » critique et « le sens » critique m’intéresse. D’accord avec vous, le deuxième est toujours à privilégier.
      Cependant je vous trouve sévère avec Olivier car, en lisant plusieurs de ses commentaires, j’y vois un sens critique plutôt bien affûté.
      (pour la référence à l’Education Nationale, j’avoue être dépassé – Olivier est prof, c’est pour ça?)

      Il y a peut-être un malentendu concernant ce blog où nous nous retrouvons, et qu’Olivier révèle derrière ses mots. Je ne sais pas si ma vision est juste, mais j’y vois un lieu de réflexion plus qu’un lieu d’action.
      Certaines réflexions stratégiques se mèneraient ici, à l’abri du fracas, et nourriraient des actions au dehors (d’autres blogs font aussi ce travail très utile, qui s’apparenterai un peu à celui des Clubs et des Salons de la fin du XVIIIe siècle).

      On peut s’agacer parfois du flegme presque britannique de monsieur Jorion et de beaucoup d’autres intervenants. Notre part éruptive de sang latin doit se rappeler que le flegme n’a rien à voir avec la lâcheté, la veulerie ou la pusillanimité. Ce flegme est synonyme de calme et de sang-froid, il est la sérénité absolument nécessaire à toute réflexion. Et la condition d’expression du sens critique que vous mettez en avant.

      Peut-être que l’histoire personnelle de certains intervenants, ou leurs situations actuelles, ou d’autres choses encore, font qu’ils ont soudain moins de patience, et une plus grande envie ou nécessité d’agir. Cela peut se comprendre, et ne met pas en cause leur sens critique, même si ça l’empêche sur l’instant de correctement s’exprimer.

      Ce sens critique n’est pas antinomique avec une vision personnelle des choses. Vous pointez la tendance que nous sommes quelques uns à avoir sur ce blog, de bâtir certaines réflexions à partir de nos cas personnels.
      Vous dites que messieurs Jorion et Leclerc s’affranchissent de leurs propres cas pour tenter de réfléchir (je pense qu’ils font plus que « tenter » de réfléchir, mais passons). Ils s’en affranchissent, c’est vrai, mais après y avoir puisé j’en suis certain, tout ce qui était nécessaire à entourer leur réflexion.
      Regardez la dernière anecdote de Jorion dans le métro parisien, observez le nombre de billets sur ses souvenirs, sur la musique qui l’accompagne, sur les événements familiaux qui le touche, etc.
      Bien sûr, et là vous avez raison, nous ne savons pas tous nous affranchir correctement de tout ce cadre personnel lorsque le temps de la réflexion (et du sens critique) arrive. Mais ce que j’appelle « l’écoute bienveillante » du lecteur peut palier à ça. Si, par exemple, un paysan en difficulté venait sur ce blog hurler sa peine, nous serions capable d’écouter, derrière ses mots, quelque chose de plus global que son cas personnel.
      Je vous dis cela car j’apprécie toujours que les gens parlent d’eux (sûrement un petit côté commère).
      Vous le dites, il y a finalement plusieurs manières de raisonner. Elles ne doivent pas s’exclure puisqu’à la fin il serait très utile qu’elles n’en fassent qu’une.
      Laissons-les parfois marcher côte-à-côte sur ce blog, ça en fait sa richesse.

      Ceci dit, je viens de lire le commentaire de « pvin », juste au dessus; ça calme.
      Certains sur ce blog ont l’art d’élever le débat, et c’est ce qui en fait, plus que sa richesse, sa valeur.

    2. Bourdon, je me sens un peu visé par votre critique : « les avis sont personnels dans la majorité des cas, peu de vision globale et générale, peu arrive à se sortir de leur cas personnel pour tenter de réfléchir à la complexité de la Grande Crise… »

      J’ai tendance à m’exprimer à la première personne du singulier (comme je le fais ici), non pas par individualisme mais par la conviction que le collectif est un groupement d’individualités interconnectées. Et aussi, bien entendu, pas conscience de mon manque de culture théorique et des limitations de ma propre intelligence.
      Qui suis-je pour parler à la première personne du pluriel ? Les personnes qui s’expriment ici en leur nom propre, sans se « nounoyer » abusivement (excusez le néologisme), me semblent plutôt faire preuve de modestie que d’individualisme. C’est juste une question de point de vue. Ou de grammaire.

    3. J’ajouterais que pour qu’il y ait une communauté, pour qu’il y ait un « nous », il faut au préalable que plusieurs « je » se reniflent les uns les autres, se reconnaissent et s’interconnectent.
      Le cerveau humain fonctionne selon ce principe. Si nos petits neurones impuissants ne se connectaient pas à leurs semblables, notre cerveau ne serait rien d’autre qu’un tas de viande flasque, quoique délicieuse sur un toast avec un peu de citron.

      Toute société humaine se conforme à ce schéma (Paul, si je dis des bêtises, tirez-moi virtuellement les oreilles pour la peine). Nous ne formons des groupes que parce que nous nous reconnaissons en l’autre et qu’il se reconnait entre nous.

      C’est justement parce que nous vivons dans une société atomisée, vaporisée, qu’il ne faut pas censurer ce « je » à la recherche de ses semblables, sous peine de le condamner à l’errance éternelle. Le « nous » ne peut pas être imposé, il se construit. On peut penser que le processus de regroupement est trop lent, mais je ne pense pas qu’on puisse l’accélérer en reprochant aux « je » d’être ce qu’ils sont.

    4. Candy says, je vous rassure, on ne parle qu’à la première personne, l’individu abstrait n’existe pas et le « on » est problématique. Cela ne fait pas pour autant de vous quelqu’un d’égocentrique uniquement mu par votre propre intérêt. Camus disait: « je me révolte donc nous sommes ».
      Du reste, c’est à partir de son expérience que Paul Jorion a eu cette lucidité et cette intelligence de la crise.
      C’est un vaste chantier, à mon avis, que de repenser l’intérêt général à partir de l’individu, et non contre, ou en en faisant abstraction. Car c’est bien là que le bas a blessé à gauche. Par contre, l’enjeu est de savoir à partir de quel individu on part: raisonné et raisonnable ou capable de sublimer ses pulsions? ou cet être pulsionnel que la marchandisation a développé?

  21. J’ai parfois un peu de mal à comprendre.
    D’un côté, la démonstration implacable de l’inéluctable déconfiture du capitalisme, englouti par la dette, condamné à une croissance exponentielle, butant sur la raréfaction des ressources et, de surcroît, depuis peu, torpillé par les « banksters ».
    De l’autre l’incertitude – les regrets ? -, les questionnements sur les méthodes d’action les plus efficaces pour achever -sauver ?- la bête,…
    Mais la bête est mourante (voir ci-dessus)! En fait, en occident, elle a même signé son acte de décès politique lorsqu’elle a renoncé à intéresser à ses profits (revenus, accès à la propriété, éducation, égalité des chances,…) la classe moyenne qui lui voue désormais une haine farouche. La classe moyenne (celle qui fait les élections) a peur pour son travail, peur pour sa retraite, peur pour ses enfants. Si elle n’avait pas encore plus peur du vide sidéral que laissera le capitalisme, elle l’aurait déjà terrassé. Le peuple n’est donc pas si bête.
    Dès lors, la question n’est plus, à mon humble avis, de s’inquiéter de réguler les trucs et ficelles des « banksters ». Au contraire, laissons les rapaces achever l’animal.
    Quant aux références historiques, nous ne sommes plus au 19ème siècle et même plus au 20ème. Aujourd’hui, l’information circule instantanément d’un bout à l’autre de la planète et chaque année qui passe nous rapproche, à une vitesse exponentielle (celle de la croissance), de l’épuisement de nos ressources.
    Le capitalisme s’est construit empiriquement. Il n’est que la mise en musique économique des instincts primaires de l’homo sapiens et, à cet égard, ce singe mal dégrossi y est attaché. Pourtant, nous n’avons pas le choix : il faut changer de paradigme.
    Mais comment 7 milliards d’êtres aussi frustes vont-ils bien pouvoir réorganiser en catastrophe une telle pieuvre économique ? La réponse est dans la question : dans la douleur.

    1. « De l’autre l’incertitude – les regrets ? -, les questionnements sur les méthodes d’action les plus efficaces pour achever -sauver ?- la bête,… »

      Oui, je ne comprends pas bien non plus ce paradoxe. Si le capitalisme est condamné, cela ne change rien que ce blog existe ou pas.

    2. @ Moi
      … cela ne change rien que ce blog existe ou pas…

      Si, pour ne pas mourir idiots… et cela change Tout.
      C’est bien la seule raison qui compte, une fois que vous avez réduites toutes les autres.
      Merci à Tous.

    3. @ Jean-Yves *
      … dans la douleur…

      Et avec l’aide de la Nature (au sens le + large possible) qui nous accueille aimablement.
      Pour être plus explicite, je ferais la comparaison avec nous-mêmes pris individuellement.

      Ce que nous tardons à faire évoluer en nous, la Nature se charge de nous l’imposer.
      Avec l’aide de la douleur,… si necessaire.

    4. @ Jean-Yves,

      l’espèce de ‘contradiction’ que vous évoquez est très précisément ce qui caractérise l’une des étapes du processus de deuil : la confusion.

      La difficulté bien humaine à accepter la réalité de la Perte. Là le blog de Monsieur Jorion est essentiel car dans tous ces échanges tous ces débats tout ce sens critique, toutes les individualités qui s’expriment…nous faisons ensemble un deuil.
      Et c’est indispensable pour passer à autre chose.

      Ce temps du deuil est essentiel et nous ne pouvons pas allez plus vite que la musique.
      Le temps viendra de l’acceptation, de la construction de nouveau repères, d’une manière nouvelle d’organiser la vie, la société, le monde… et je me réjouis que nous soyons tous ensemble investis dans ce processus lent mais qui va vers la vie.

  22. « Le lien le plus fort, le plus indestructible , le plus lourd , le plus constant qui nous attache à nos semblables est ce qu’on nomme pouvoir , et le pouvoir pris dans son sens véritable, n’est que l’expression de plus grande dépendance où l’on se trouve à l’égard d’autrui .

    A tort ou à raison , je me suis convaincu de cette vérité au cous de mon travail. Aussi, en décrivant les évènements historiques de 1805, 1807 et surtout 1812, où se révèle avec le plus de relief cette loi de fatalité, je n’ai pu attribuer d’importance aux faits et gestes des hommes qui ont cru diriger ces évènements, mais qui moins que tous les autres acteurs y ont introduit une activité humaine libre. Leur activité ne m’a intéressé que comme une illustration de cette loi de la fatalité qui, selon ma conviction, régit l’histoire, et de cette loi psychologique qui pousse l’homme accomplissant l’acte le moins libre à imaginer après coup toute une série de déductions ayant pour but de lui démontrer à lui même qu’il est libre . »

    Léon Tolstoï – Guerre et paix .

    Ce texte peut prêter à de nombreuses fausses lectures .

    Il me rend optimiste car je suis persuadé que la  » fatalité » en oeuvre va dans le sens des aspirations qui s’expriment ici . Elle se nourrit sans doute de nombreuses paranoïa . Qu’importe , elle marche .

    Aux urnes !

  23. @ monsieur Jorion

    bonjour,

    il était inévitable que la question se pose à votre endroit. vous êtes malgré vous engagé dans un processus politique, que vous le vouliez ou non. je suis cependant tout à fait d’accord avec votre réponse, qui fait honneur à votre honnêteté intellectuelle.

    Mais ce qui se passe depuis quelque temps sur votre blog n’est pas anodin. en creusant la réflexion sur certains sujets, en suscitant les commentaires et les véritables questions qui se posent, en proposant des pistes de solutions que vous estimez valables, vous êtes aujourd’hui confronté à un choix qui n’est pas aisé à faire : jusqu’où comptez-vous pousser votre engagement ?

    et derrière cette question, une autre plus profonde : croyez-vous que, au cas où vous le pousseriez plus avant, et dans l’hypothèse où vos propositions seraient retenues, que les choses pourraient réellement s’arranger ?

    peut-être est-ce là le noeud du problème… et si vos propositions n’avaient absolument aucune chance d’être adoptées, votre engagement servirait-il à quelque chose ?

    cela étant dit, vous constatez vous-même à quel point sont nombreux les citoyens qui désirent un véritable changement, une autre manière de faire fonctionner le système.
    votre visibilité peut être une sorte de tremplin dans la réflexion, et vos relations pourraient permettre la mise en place d’une réflexion plus globale à laquelle pourraient participer un grand nombre de citoyens.

    si vous ne souhaitez pas vous mettre personnellement en avant (ce que je comprends tout à fait), peut-être pourriez-vous lancer une sorte de mouvement participatif sur les sujets que vous évoquez sur ce blog, d’une manière plus construite et plus globale…

    je suis certain que nombreux seraient les participants, et utile serait la réflexion.

    pour ma part, je ne crois pas à la « moralisation » du capitalisme, et je pense qu’il faudrait aller plus loin encore, car le capitalisme est de mon point de vue incompatible, au moins à long terme, avec la justice sociale : quand l’un apparaît, l’autre disparaît…
    mais il serait intéressant de pousser le raisonnement jusqu’au bout, ne croyez-vous pas?

    en tous les cas, je vous souhaite bonne continuation.

    je me permets également de vous donner mon point de vue sur la question : http://calebirri.unblog.fr/2010/03/02/monsieur-lordon-monsieur-jorion-il-faut-aller-plus-loin/

    1. @ JPD

      bonjour,

      sur mon blog je ne fais que poser des questions, et malheureusement je n’ai pas de réponse, on le saurait !

      je suis cependant convaincu qu’il existe une solution, et je n’ai pas la prétention de la découvrir seul. mais si on veut sortir du capitalisme sans rentrer dans l’autoritarisme, il faudra peut-être bien y jour y réfléchir… mais tous ensemble. c’est bien cela que je souhaiterais, mais il faut pour cela bien du courage, ainsi qu’une grande volonté.

      désolé pour la déception que je vous ai causé!

    2. Caleb Irri, j’ai répondu à votre commentaire avant de l’avoir lu (je suis un peu chaman à mes heures perdues), un peu plus haut en réponse au commentaire de Crapaud Rouge (13 mars 2010 à 09:37).

      Si vous voulez allez plus loin que Paul, faites-le — et je suis certain que certains habitués de ce blog vous emboîteront le pas — mais ne lui reprochez pas de ne pas le faire à votre place.

  24. La foi vacillante dans la démocratie telle qu’elle se manifeste aujourd’hui est plutôt en ce moment un signe de bon sens. Quant à l’action politique, l’auteur de ce blog a choisi la réforme, non pas la révolution, et dans la réforme, il a choisi l’action par la capillarité. Cela peut fonctionner, mais cela demande le même effort que la course de fond: patience et endurance.

    1. cher Boukov

      les révolutions ne peuvent avoir lieu que par imprégnation suffisante, par capillarité imbibante, du discourscourant.

      au delà d’un certain seuil critique et l’événement déclenchant étant à disposition, vous verrez la basculement.

  25. «La mondialisation a dérapé à partir du moment où i était admis que le marché avait toujours raison et qu’aucune autre raison ne lui était opposable. ( … ) Elle a engendré un monde où tout était donné au capital financier et presque rien au travail, où l’entrepreneur passait après le spéculateur, où le rentier prenait le pas sur le travailleur, où les effets de levier, atteignant des proportions déraisonnables, engendraient un capitalisme dans lequel il était devenu normal de jouer avec l’argent des autres, de gagner facilement, rapidement, sans effort, et trop souvent sans une création de richesse ou d’emploi. »

    De qui est cette diatribe que ne renierai ni PJ ni le PS ?

    NICOLAS SARKOZY ! (discours au Forum de Davos).

    On mesure l’incroyable distance entre les paroles et les actes de ceux qui nous gouvernent.

    Cependant, pour donner corps aux suggestions que je vois poindre au travers de nombreux commentaires sur ce blog, c’est d’abord l’engagement en politique qui peut « influencer » et faire avancer les choses.

    D’abord parceque les « Elus » sont en premier lieu désignés par leurs pairs : « en être » est donc nécessaire sinon suffisant pour porter à l’avant-scène ceux qui seront les vecteurs de valeurs, idéaux et programmes concoctés par « la base » (avec le biais inévitable de l’aveuglement idéologique)

    Ensuite parceque si le collège des « experts » n’a qu’une influence médiocre au stade précèdent, cette dernière devient prépondérante dès lors que « l’Elu » est en responsabilité opérationnelle. Il suffit de lire les discours du Président évoqué ci-dessus (mais c’est vrai pour tous les autres) pour se persuader qu’il n’y a guère plus de 10% du contenu d’origine personnelle. Si influence il doit y avoir, c’est donc auprès de ces « visiteurs du soir » qu’il faut agir.

    Enfin parce que sans donner dans le poujadisme le plus primaire qui consisterait à considérer que nos élus ne sont que les plus habiles des menteurs et bonimenteurs, il faut bien reconnaître que les arguments qui portent le plus auprès du politique sont ceux supposés favoriser sa propre réélection. Pour faire entendre ces arguments, une fois de plus, il faut être physiquement présent dans les premiers cercles.

    C’est ce à quoi s’emploient les lobbyistes et, on le constate quotidiennement, avec un certain succès (Wall Street pour la finance, Les Labos et les Assurances pour l’Assurance Maladie) aux Etats-Unis mais, évidemment également en Europe.

    Evidemment (et en vieux soixante-huitard, ça ne me laisse pas indifférent) reste l’éventualité du sursaut épidermique que je lis ici ou là dans les commentaires, voire d’une nuit du 4 aout ou certains finiraient sur « la veuve »…

    A mon sens on est très loin du seuil d’exaspération qui en lancerait les prémices…

    1. La distance entre la parole et les actes tient peut être au fiat que celui qui prononce les dites paoles n’en est vraisemblablement pas l’auteur. Comprend il seulement ce qu’il dit ?
      PS Ce n’est d’ailleurs pas l’apanage du seul N Sarkozy

    2. @ rvrigo

      Il ne les comprend peut-être pas, mais il les les prononce devant un très large public au sein duquel certaines personnes les comprennent. C’est le principal.
      Si Sarkozy lisait un discours rédigé par Paul Jorion ou par quelqu’un qui lit régulièrement ses écrits, les idées de Paul toucheraient un public bien plus large que celui de son blog. Et ce serait une très bonne chose.

      Sarkozy s’est fait une spécialité de la récitation laborieuse d’idées beaucoup plus grandes que lui, dont il ne maîtrise ni les tenants ni les aboutissants et qui sonnent abominablement faux dans sa bouche, par pur opportunisme médiatico-opportunisto-sondagier. C’est un fait. Pitoyable mais réel.
      Il est très mauvais comme président, mais comme caisse de raisonnance il se débrouille plutôt bien.

      J’aimerais beaucoup voir la grimace de certains gros pontes de son parti et de certains grands industriels qui le soutiennent lorsqu’il prononce de tels discours. J’aimerais vraiment beaucoup voir ça.

  26. Cher Paul,
    Ayant voulu faire découvrir votre blog a quelques personnes récemment, il a été trop compliqué de plonger dans les archives pour trouver les billets marquants…
    Je voulais vous suggérer une sorte de plateforme permanente, accessible dans une rubrique comme celle des « derniers billets » en colonne de droite, qui pourrait présenter une dizaine de billets concentrant l’essentiel de vos analyses et propositions.
    Billets permanents donc pouvant être mis à jour et discutés selon l’évolution des évènements, et offrant la possibilité d’un « rattrapage » à ceux qui arrivent…
    Quant à la méthode « virale », c’est bien la raison pour laquelle vous êtes soutenu (financièrement) par autant d’ « adeptes » ou de « disciples » (en hommage aux termes « gourou » et « prophète » que l’on vous colle…), qui se doutent bien qu’il y a pas mal de monde à court-circuiter si on veut faire évoluer les choses…
    Cordialement.

    1. Excellente idée, et qui ne demanderait pas nécessairement un travail herculéen.

      Je cherche aussi de mon côté à encourager des personnes que j’aime beaucoup, appartenant à la même génération que notre hôte, intelligentes et cultivées, mais vivant encore pleinement dans un monde qui est déjà virtuellement tombé dans les poubelles de l’Histoire, à s’intéresser aux idées de Paul et à cette initiative stimulante que constitue son blog.

      Une section qui pourrait leur servir de préface et exciter leur curiosité assoupie serait d’une grande utilité.

      Pensez-y, Paul.
      J’éprouve quelques remords à vous demander un surcroît de travail alors que vous déployez déjà une énergie très impressionnante. Si j’avais quelque compétence que ce soit en informatique et en gestion de blogs, je vous proposerais volontiers mon aide, mais ce n’est malheureusement pas le cas.

  27. Soyons réaliste ,demandons l’impossible!
    Sur ce blog : »Tout le monde ,il est beau ,tout le monde il est gentil! »
    vs/
    Soyons pragmatique ,apprenons la langue de nos maitres.
    Non ,non ,non c’est plus l’anglais,c’est le chinois,je veux dire le mandarin standard.

  28.  » Et si vous pensez que mon aide vous serait précieuse, faites-le moi simplement savoir.  »

    Je ne crois pas que vous soyez comme ça, est-ce si important de savoir l’aide que j’apporte à l’autre ? Cela me rappelle tant de gens importants dans cette société et à divers postes influents ou pas. Pourquoi vouloir souvent désirer que la réforme, le changement vienne d’abord de nous, de nos idées, de notre temps et si le réel changement ne proviendrait que bien après nous, c’est-à-dire le moment venu et pas avant, avons nous déjà aussi penser à intégrer ce genre de variables dans nos échanges, à la génération suivante par exemple comment pourrions nous encore l’accepter comme tant d’autres sans doute avant et après nous dans l’histoire. Si ça se trouve 99% des gens dans le monde ne savent même pas que nous existons, que nous intervenons de temps en temps sur le blog. Puis-je encore savoir que je vous aide, non merci dites moi plutôt que je n’apporte pas grand chose d’important aux gens de mon temps. En quoi sommes nous donc plus différents des autres, de la multitude, de nos adversaires ? Bien évidemment je peux comprendre que cela soit toujours une joie et non une tristesse de voir qu’il y a encore quelques personnes de bonne volonté dans cette société, je vous en remercie alors de nous en faire part de temps en temps et puis si ça se trouve votre notoriété ne vient pas du tout de vos idées mais bien plutôt de votre bonne bouille vous ressemblez tant à mon grand père, comme vous ne ressemblez guère à tant de politiciens. Sur ce bon appétit, il me faut maintenant me remplir l’estomac le changement de régime n’attend pas …

    1. Je vous trouve un peu défaitiste sur ce coup-là, même si lorsque vous dites que « si ça se trouve 99% des gens dans le monde ne savent même pas que nous existons, que nous intervenons de temps en temps sur le blog », vous êtes particulièrement optimiste. 1% de plus ou moins six milliards d’humains, ça fait soixante millions. Au risque de vous décevoir, j’ai comme l’impression que nous sommes un peu moins nombreux que ça.

      Soit dit en passant, j’aurais aimé que mon grand-père ressemble à Paul Jorion, mais il était négociant en charbon et catholique à un niveau pathologique qui laissait peu de place à toute velléité de relation humaine et sincère. D’après ce que je peux juger à son apparence, Paul a plutôt l’âge de mes parents que celui de mes grands-parents, mais il est bien plus jeune d’esprit que quiconque parmi eux. Et que moi aussi, si ça se trouve.

  29. Hé les cops de France

    Il y a 1.000 manières de s’engager mais demain vous avez l’occasion d’en expérimenter une qui est quand même celle sensée être au sommet de la pyramide démocratique. J’espère que vous allez en profiter. Chez nous, les Outre-Quiévrain (encore plus au nord que chez les Ch’tis), c’est obligatoire et je trouve cela normal. Profitez-en bien…

    1. Alain A, j’en profite pour vous poser deux questions que j’ai toujours oublié de poser à mes amis belges.

      Le vote étant obligatoire en Belgique, quels sont les moyens de coercition qui sont utilisés? (j’ai lu que vous avez eu près de 10% d’abstention aux dernières élections fédérales).

      Depuis des décennies en France nous remettons aux calendes grecques un débat sur la faible prise en compte des votes « blancs » (ceux qui veulent voter pour dire quelque chose comme: « mon choix de citoyen n’est pas représenté »). Au delà d’un certain seuil à déterminer, et si la démocratie a un sens, il serait logique que ce vote « blanc » rende caducs les résultats. Lassés, certains électeurs « blancs » ont fini, outre-Quiévrechain, par se résoudre à grossir les rangs du parti des sans voix (façon absurde de s’exprimer qu’une absurdité démocratique leur laisse).
      L’obligation de voter rend-elle chez vous ce vote blanc plus visible, lors des commentaires post-électoraux? Et plus efficace, si un seuil était franchi?

    2. Jean-Luc, étant Belge également, votre question m’interpelle.

      Je crois sans en être certain que ce qui est comptabilisé comme abstentions en Belgique représente la masse des bulletins blancs, c’est-à-dire des personnes qui se sont déplacées jusqu’au bureau de vote, qui ont fait la file et qui ont malgré tout décidé de ne pas voter.

      Leur non-vote devrait donc avoir plus de signification qu’en France, où les journalistes se font un plaisir de gloser sur les citoyens qui préfèrent profiter des plages temporairement dépeuplées que d’aller voter, annihilant par ce discours l’aspect « démocrate sincère mais profondément désabusé » de bon nombre d’abstentionnistes.
      L’abstention n’est pas mieux prise en compte lors de la proclamation des résultats en Belgique qu’en France. Elle est ignorée, passée sous silence. Elle n’a aucune existence médiatique.

      Par contre, un de mes amis ne vote plus depuis une dizaine d’années. Il ne se rend même pas au bureau de vote, il a déserté la démocratie. En dix ans, jamais il n’a été pénalisé ou verbalisé pour autant. La loi prévoit des sanctions (des amendes) pour les non-votants, mais son application n’est pas très stricte.

    3. Candy says…

      En allant vérifier ce que j’écrivais hier, j’ai trouvé ça:
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Élections_législatives_fédérales_belges_de_2007
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Élections_régionales_belges_de_2009

      On peut voir qu’il y a bien un comptage:
      – Inscrits: 100,00
      – Votants: X (donc pourcentage d’abstention)
      – Blancs et nuls: X

      Les votes blancs et nuls sont donc mélangés comme en France.
      Il me semble que le système démocratique s’honorerait de bien séparer les votes blancs (un bulletin vierge, au bon format) et les nuls (tout le reste, dont parfois des surprises). Si la logique était respectée, ces bulletins blancs devraient même être proposés dans les bureaux de vote aux mêmes conditions que les bulletins des candidats (je dis une bêtise?)

      Il y a donc un taux d’abstention en Belgique.
      En considérant que le vote est obligatoire, et tenant compte de ce que vous dites sur cette personne que vous connaissez, on peut se dire que le pourcentage d’abstention en Belgique est dû à quelques « outlaws » ou « renégats » comme votre ami (dont le nombre est sûrement augmenté par les décès ou émigrations mal référencés, et d’autres causes encore).
      Je ne dis pas qu’il faille se réjouir de voir des personnes abdiquer leurs droits de citoyens, mais le fait que votre ami existe me rassure sur la nature humaine. Je ne sais pas très bien l’expliquer, mais 100% de votants en Belgique m’aurait fait frémir (quand j’étais petit et que j’observais une fourmilière, je me rassurais en pensant que deux ou trois fourmis ne rentreraient pas à la fin de leur journée de travail, et partiraient, seules, vivre chacune leur petite vie de fourmi).

    4. Jean-Luc

      Comme le dit Candy, la sanction du non vote est une amende mais elle n’est généralement pas appliquée à la première incartade. Toutefois, après 2 ou 3 non-observances de la règle d’obligation, l’amende peut tomber. Cela varie un peu entre les différents arrondissements électoraux, certaines autorités judiciaires étant plus sévères et sanctionnant plus vite que d’autres (l’injustice de la justice est partout…).

      Même constat pour la signification des deux gestes de refus (8 à 9% d’abstention au vote et 6 à 7% de votes blancs ET nuls) du système électoral: les politiques n’en tiennent aucun compte, se contentant de mesurer leurs résultats par rapport à ceux des adversaires.

      Des commentateurs s’inquiètent régulièrement de l’augmentation de ces 15% de réfractaires mais cela reste de peu d’effet, sauf peut-être quelques avancées en matière de moralisation de la vie politique, de non cumul de mandats, de contrôle des pratiques clientélistes. Mais quelques gros scandales bien médiatisés ont plus d’effet que l’abstention de 15% du corps électoral.

    5. @ Alain
      @ Candy

      Merci à tous les deux de m’avoir un peu éclairé.

      Il reste une poignée d’heures avant que ne débute le ballet des circonlocutions médiatiques des éditorialistes, politologues et observateurs de toutes sortes, sur les « enseignements » à tirer du scrutin français d’aujourd’hui.

      Je viens de lire dans le journal Le Parisien de ce dimanche, une interview de Ted Stanger, un journaliste américain à Newsweek installé en France depuis bientôt vingt ans. Il s’amuse régulièrement à tailler des croupières aux certitudes françaises dans des livres aux titres évocateurs: « Sacrés Français! », « Sacrés fonctionnaires! » (attention qu’il ne vienne pas vous écrire un « Sacré Belges! »).
      Il dit que les français (les francophones?) sont tous philosophes, comme tous les américains sont économistes.
      Un sujet comme « l’identité nationale » n’aurait selon lui aucune chance d’intéresser qui que ce soit en dehors de la France (et de la Belgique?). De même, des élections « régionales » dans un pays centralisé où les régions n’ont aucunes prérogatives réelles, ne susciteraient ailleurs que du désintérêt.
      Il s’amuse de voir toutes les tendances politiques françaises reprendre le sujet de « l’identité nationale », même pour expliquer pendant des heures, et sur des centaines de pages de journaux, que ce n’est pas un sujet de discussion.
      Et il s’amuse de deviner que ces élections régionales vont intéresser tous les français, même ceux qui ne seront pas allés voter. (sacrés Français!)

      Concernant le sujet du vote et de ses conditions imparfaites, on restera donc une nouvelle fois sur les conclusions de Churchill:
      « Democracy is the worst form of government, except for all those other forms that have been tried from time to time. »
      (discours à la Chambre des Communes, le 11 novembre 1947)

      Bon dimanche à vous, mes compatriotes de ciel.
      (Un des messagers du poète Louis Aragon est mort hier par chez nous, Jean Ferrat. Vous connaissez le poème « Le printemps » de Louis Aragon? On y trouve ces vers:
      O frontaliers ô frontaliers vos nostalgies
      Comme les canaux vont vers la terre étrangère
      La France ici finit naît la Belgique
      Un ciel ne change pas où les drapeaux changèrent. »)

    6. Les lilas et les roses

      Ô mois des floraisons mois des métamorphoses
      Mai qui fut sans nuage et Juin poignardé
      Je n’oublierai jamais les lilas ni les roses
      Ni ceux que le printemps dans les plis a gardés

      Je n’oublierai jamais l’illusion tragique
      Le cortège les cris la foule et le soleil
      Les chars chargés d’amour les dons de la Belgique
      L’air qui tremble et la route à ce bourdon d’abeilles
      Le triomphe imprudent qui prime la querelle
      Le sang que préfigure en carmin le baiser
      Et ceux qui vont mourir debout dans les tourelles
      Entourés de lilas par un peuple grisé

      Je n’oublierai jamais les jardins de la France
      Semblables aux missels des siècles disparus
      Ni le trouble des soirs l’énigme du silence
      Les roses tout le long du chemin parcouru
      Le démenti des fleurs au vent de la panique
      Aux soldats qui passaient sur l’aile de la peur
      Aux vélos délirants aux canons ironiques
      Au pitoyable accoutrement des faux campeurs

      Mais je ne sais pourquoi ce tourbillon d’images
      Me ramène toujours au même point d’arrêt
      A Sainte-Marthe Un général De noirs ramages
      Une villa normande au bord de la forêt
      Tout se tait L’ennemi dans l’ombre se repose
      On nous a dit ce soir que Paris s’est rendu
      Je n’oublierai jamais les lilas ni les roses
      Et ni les deux amours que nous avons perdus

      Bouquets du premier jour lilas lilas des Flandres
      Douceur de l’ombre dont la mort farde les joues
      Et vous bouquets de la retraite roses tendres
      Couleur de l’incendie au loin roses d’Anjou

      (Le Crève-coeur, 1941)

      LOUIS ARAGON

  30. Julien Alexandre dit :
    13 mars 2010 à 00:30

     » il est certes louable d’essayer d’expliquer au plus grand nombre pourquoi il faut interdire les vente à découvert de CDS »

    Je veux bien que quelqu’un re-essaie sur le mode :

    Pierre emprunte 100 à Jacques, mais Jacques se méfie, il n’a pas confiance en la capacité de remboursement de Pierre aussi souscrit-il une assurance auprès de Dominique, qui lui coute…

    C’est niais-niais, certes, caricatural, re certes… N’empêche… C’est grâce à ce type de simplification (dont j’imagine les limites) que je suis tombée accroc de ce blog il y a des années. Si quelqu’un pouvait/savait m’en remettre une louche, je serais ravie…

    🙂

  31. Réfléchir à ce qui pourrait nous sortir des difficultés inextricables dans lesquelles nous nous sommes embourbés économiquement, socialement, écologiquement et politiquement, ce blog y contribue indéniablement.
    Mais il est sans doute clair pour tout le monde, y compris pour Paul Jorion, que ce n’est pas uniquement avec l’interdiction des paris sur les fluctuation de prix que nous allons pouvoir sortir de l’impasse dans laquelle nous sommes. Cette interdiction est des plus nécessaires, mais évidemment une réflexion sur d’autres moyens d’en sortir est indispensable.

    Un nouveau blog intéressant qui, de son côté, explore aussi ces questions est celui de Christian ARNSPERGER, (prof à l’Université Catholique de Louvain-la Neuve) intitulé « TRANSITIONS » et sous-titré « Pour un débat citoyen serein sur les enjeux de la transition écologique et économique: Capitalisme gris? Capitalisme vert? Post-capitalisme? »
    Ce blog n’en est qu’à ses débuts, il ne contient pas encore beaucoup de textes, mais je pense qu’il devrait intéresser nombre de ceux qui viennent ici.

    http://transitioneconomique.blogspot.com/

  32. C’est une bonne réponse du moins très intéressante. Ce que propose Paul Jorion n’est pas fait pour rester statique, pour autant il n’est en aucun cas là pour fonder un parti politique.
    Cela pose un autre problème, celui de la récupération faite de vos idées. Vous savez très bien que plus le succès est grand (en terme d’audience), plus vous susciterez de l’intérêt parmi les milieux politiques et viendra alors le temps de la récupération de vos idées. Le problème étant de savoir comment elles le seront. Vous comprenez très bien que l’interdiction des CDS pourrait être une mesure récupérée par une extrême droite très populiste et ayant le vent en poupe qui dirait que depuis plusieurs décennies le concept d’Etat-Nation a été mis à mal par « le mondialisme » etc. Le tout pour mieux discréditer des partis de gouvernement dont les socialistes.

  33. Je rejoins le pessimisme d’Olivier et d’autres ici, sur l’aboutissement de l’interdiction des CDS. Même si les européens venaient à « recevoir la grâce » et ce n’est pas encore dit qu’ils la reçoivent puisque dans les faits rien n’est encore décidé, il est évident qu’ils se heurteraient au refus des américains et des britanniques.

    D’ailleurs, selon certains journaux, ni les britanniques, ni l’administration d’Obama ne souhaitent réguler ce marché.
    Tim Geithner n’a t-il pas déclaré le mois dernier qu’il : « ne jugeait pas nécessaire d’interdire les ventes à terme à découvert, car cela ne serait pas fondamentalement utile » ?
    D’autres, conscients des dangers des CDS, éludent cependant le problème en répondant qu’une interdiction provoquerait l’apparition de nouveaux instruments tout aussi « imaginatifs ».

    Ce ne sont donc pas quelques personnes qu’il faut réussir à convaincre mais c’est tout un appareil qu’il faut faire plier. Nous sommes loin du compte !

    Sur la question de l’engagement, Paul a décidé de le faire à sa façon en livrant sa pensée sur cette crise et ses solutions au travers de ce blog d’abord, puis des médias et enfin, aux politiques qu’il rencontre.
    C’est un choix d’action honorable que nous devons respecter, il me semble qu’il ne nous appartient pas d’en juger autrement.

  34. Jean-Ferrat est mort.

    Nous aurions dû écouter bien plus attentivement ce qu’il nous chantait. Nous n’en avons pas été capables…

    Tristesse.

  35. Droit de réponse :

    « En tant que citoyen, je revendique le droit de comprendre les tenants et aboutissants d’un choix politique/économique important. » affirme Frédéric dans les commentaires.

    Pour ma part je revendique bien davantage encore. Je revendique, parce que nos élus ne sont guère que nos semblables, de participer à toutes les décisions qui pourraient avoir une influence sur ma vie. Participer. Ni plus ni moins.

    Ce qu’il y a dans mon intervention, ce n’est pas tant un appel pour que Paul se mette à haranguer les foules sur d’improbables estrades ; c’est la volonté d’interroger (qui sait si l’on n’appellera pas ça le sens critique) ce qu’est la démocratie : qu’est-ce que la démocratie ? Est-ce le pouvoir pour le peuple ? Ou est-ce le pouvoir par le peuple ? Partant, cela interroge l’expert qu’est Paul : les lumières doivent-elles éclairer le despote ou le peuple ? C’est sur ce plan qu’il faut comprendre ce que j’ai tenté d’expliquer hier.

    Je sais bien que Paul a le désir de bien faire. Je sais qu’il voit dans la situation grecque et le problème des CDS la première des urgences. Je sais aussi sa stratégie. Elle est lisible et vieille comme le monde : parler la langue du maître et faire passer l’air de rien ses idées. Par la bande dirait-on dans le petit monde du billard. C’est au nom de cette vieille lune, cette subversion que l’on voudrait tranquille, que nombreux furent ceux, dans la génération de Paul, qui crurent qu’il suffisait de prendre sa guitare, de lâcher trois accords devant une caméra pour s’imaginer changer le monde. C’est votre illusion, à vous Paul, et à bien d’autres ici manifestement. Permettez-moi, mais à ce stade, cela me paraît insuffisant : je ne vous suis pas. Pour ce qui est du fond non plus d’ailleurs : je ne crois pas que l’urgence première soit celle que vous édictez. L’urgence n’est pas de sauver un système, c’est de sauver les gens. Sans doute est-ce très ingénu de le dire ainsi. Un peu primaire aussi. Mais que voulez-vous je ne croise jamais de concept dans la rue. On me traitera de populiste ? Allons donc ! Quand on regarde ce qu’est déjà devenue notre société, on sait que c’est un argument aux arêtes émoussées. Les oripeaux de la politique du pire, dont on voudrait, habilement, me parer, ne sont pas les miens. Ils sont ceux avec lesquels s’habillent les 4 millions de chômeurs, les innombrables précaires qui subissent sans broncher depuis 30 ans. Qu’on me comprenne, derrière ma vindicte, il n’y a que la douleur d’une interrogation. Il y a des yeux, pour paraphraser La Rochefoucauld, qui regardent le soleil en face. Qu’est-ce qu’une vie ? Je ne dis pas qu’est-ce que la monnaie, qu’est-ce qu’un CDS ou qu’est-ce que le travail. Je dis qu’est-ce qu’une vie aujourd’hui quand on vit en France ? Est-ce s’employer à « gagner » sa vie (cette vie que vos parents vous avaient pourtant « donnée ») ? Cela signifie-t-il consommer, toujours consommer ? Cela signifie-t-il se débarrasser de ses intentions par un vote ou une intervention sur un blog ? Cela se restreint-il à regarder, plus ou moins passionnément, le spectacle lointain de la politique ? Non, bien sûr que non. Cela doit-être plus. Sinon la vie ne serait qu’une vie pour rien. C’est pour cela que nous avons besoin d’une démocratie où la participation ne se résume pas à un chiffre ou à un taux commenté par les éditorialistes le soir des élections. C’est pour cela que les intellectuels, notamment lorsqu’ils ont choisi l’Internet (mode d’expression de la démocratie radicale et participative s’il en est) doivent se demander à qui ils s’adressent ? Au peuple ou aux dirigeants qui président à notre destinée ?

    Ma réponse, elle, est claire. Elle ne s’accommode d’aucun compromis. Nos dirigeants se sont trompés. Ils ne sont donc plus légitimes. Pourtant, ils sont les mêmes, toujours les mêmes, à se présenter encore. Il appartient alors au peuple et aux intellectuels de se prendre en main… sans eux. Vous n’avez pas de consignes, Paul. Pour ma part, j’en ai une. Ne votez pas ! Ne déléguez plus votre pouvoir. Vous êtes le pouvoir ! Exigez la réhabilitation du tirage au sort… (Vous obtiendrez ici des explications)

    Dernière précision à ceux qui sentent que le terme de « gauchiste » commence à palpiter, là, au coin des lèvres : je n’appelle pas au sang. Je ne crois pas au Grand Soir. Je ne possède aucune carte de parti. Je suis amoureux. J’aime le visage d’Antigone. Contrairement à ce qu’en dit les livres, il n’est pas triste.

    1. @ Olivier

      J’aime votre message. Le ton, la colère, tout ça parle au jeune furieux que j’ai été…et que j’essaie encore d’être, quand j’arrive à rassembler tout mon courage et ma volonté (pas facile en vieillissant).

      Ma revendication actuelle se limite officiellement à « comprendre ». Parce que je ne peux pas croire à l’incompétence absolue de ceux qui nous gouvernent. Que certains soient bêtes, cupides ou incompétents, c’est possible. Ils ne peuvent pas tous l’être.

      Nous vivons dans un monde complexe. Voyez cette histoire de CDS. Lisez le bulletin officiel des impôts (53 pages) consacré au dispositif de lutte contre les paradis fiscaux (je l’ai posté plus haut). Rien n’est simple. Qu’est ce qu’un paradis fiscal? qu’est-ce qu’une dette? qu’est ce que du capital? Ces notions varient selon le pays dans lequel nous nous trouvons.
      .
      Participer à toutes les décisions qui pourraient avoir une influence sur votre vie, dites vous. Si l’un de vos très proches était assassiné, vous souhaiteriez donc être associé à la décision de justice qui serait rendue contre le meurtrier. Quel serait votre verdict? Quel serait le mien, placé dans la même situation?

      Vous dites que l’urgence n’est pas de sauver un système, mais de sauver des gens. Etes-vous si sûr que les gens sont d’accord pour que vous les « sauviez »? Qu’entendez-vous par « sauver »? Votre morale vaut-elle mieux ou plus que la leur? Qui vous dit que je vais être d’accord avec votre conception de la société? Qui nous dit qu’ils vont majoritairement être d’accord avec notre vision de la société? Qui entendez vous représenter?

      Parcourant les contributions sous ce billet, on trouve ceci :
      rendre le vote obligatoire
      au-delà d’un certain seuil de votes « blancs », rendre les résultats caducs
      voter
      une nouvelle nuit du 4 août et remettre la guillotine en service
      supprimer l’argent
      continuer à réfléchir
      enseigner l’apprentissage du sens critique
      tenir un discours qui entrainerait un « effet domino »
      interpeller les députés / les élus
      voter EE
      saisir toutes les occasions qui nous sont offertes pour agir
      demande d’une consigne de vote à François Leclerc
      « un pour tous, tous pour un »
      Paul Jorion dans une commission
      attendre l’arrivée d’un cataclysme du à une surexploitation du globe
      faire de la pédagogie, éclairer les citoyens sur les choix possibles
      concentrer ses efforts à convaincre les tenants du Pouvoir

      J’y ajoute ces quelques chiffres :
      budget de la France : 370 milliards d’euros
      budget de l’UE : 129 milliards d’euros

      Chiffre d’affaires groupe EDF 2008 : 64 milliards d’euros
      Chiffre d’affaires groupe GDF Suez 2008 : 83 milliards d’euros
      Chiffre d’affaires france télécom 2008 : 53 milliards d’euros

      Olivier, les forces en présence sont absolument gigantesques. Côté multinationales, à 3 ou 4 elles dépassent la puissance des Etats eux-mêmes. Et même si les Etats ont en théorie le pouvoir de légiférer, les intérêts privés colossaux évoqués ci-dessus (les sociétés ont été choisies au hasard) ne vont pas se laisse plumer. Ils ont des moyens d’influence que nous n’imaginons pas.

      Dans ce contexte, vous avez sans doute raison de vous demander ce qu’est la démocratie. Je vous avoue humblement que cette question me dépasse.

      Alors, quoi faire? Aller jouer de la guitare avec les potes de Paul? Ou bien trouver un nouveau Paul (pote, bien sûr) qui fera l’apologie du sacrifice?

      Mobiliser les gens autour d’un projet est une chose difficile. Comme d’autres, j’ai essayé ici même, pensant trouver un terrain propice. Le résultat est modeste pour l’instant : nous sommes 4 citoyen(nes) résolus à nous rencontrer dans la vraie vie. Le rendez-vous est pour bientôt. Nous avons quelques idées qui pourraient être mises en oeuvre de manière concrète. Si quelque chose se dégage, nous avons convenu d’en parler ici, puisque c’est grâce à ce blog que nous sommes entrés en contact.

      Une suggestion? Cultivez votre révolte, Olivier. Elle n’est pas prise pour du populisme, elle n’est pas regardée de haut, elle n’est pas ingénue… elle est forte, sensible, elle nous maintient en éveil, et je suis persuadé qu’elle trouvera sa raison d’être dans les changements qui s’annoncent.

      PS : ne soyez pas trop dur envers la stratégie de Paul ou celle de François. Chacun à leur manière, ils contribuent avec talent et conviction au mouvement…
      « Le sage a deux langues, l’une pour dire la vérité, l’autre pour dire ce qui est opportun »

      Amicalement,

      Frédéric

    2. Olivier,

      Je crois que nous sommes d’accord sur le fond mais pas sur la forme. Sur le fond ça m’apporte un réel réconfort, cette situation étant relativement rare sur ce blog…et dans la « vraie » vie aussi !
      Sur la forme, j’aurais souhaité publier mon message (juste après, sous le vôtre) un peu avant, pour que vous tombiez dessus…avant que vous ne publiiez le vôtre ! Bon, j’avoue à me relire qu’il mériterait d’être repris, mais je suis certain que si vous vous y attardez vous comprendrez pourquoi je dis que nous ne sommes pas d’accord sur la forme. Ne serait-ce que par votre présence et par la mienne sur ce blog. Si Paul était engagé, pour peu que j’aie la moindre divergence non pas nécessairement avec ses idées mais avec celles de ses camarades de circonstance, je peux vous assurer que je prendrais mes jambes à mon cou et que partant la probabilité que nous nous croisions en prendrait un coup. Mais baste, la forme, c’est un peu comme les goûts et les couleurs.

      Le fond donc. Sur lequel je vous rappelle nous sommes d’accord, selon moi. Mais j’adopte sur un point en tout cas une grille de lecture différente. Ce n’est qu’une grille de lecture : à la fin de la lecture on peut la jeter et ne garder que qu’une impression. Cette grille, j’en parle (vaguement certes) dans mon précédent message qui suit le vôtre donc, consiste à considérer que les politiques sont à leur place parce qu’ils sont à notre image. Je sais, c’est dur, mais c’est à considérer davantage comme une moyenne de nos déviances que comme l’image d’un individu. Et la mission première et ultime de ces gens-là est de garantir la survie du système dans et par lequel ils ont pu accéder au pouvoir. Ce qui, dans cette grille, semble être la moindre des choses. D’où la « conclusion » : c’est à nous, le peuple, de changer le système, ne serait-ce que pour que nous ayons enfin droit aux dirigeants que nous pensons mériter. Et pour cela le blog et le non-engagement de Paul sont des vecteurs de qualité. En passant, je ne sais pas si vous avez suivi mes nombreuses interventions ici depuis de nombreux mois, mais je ne pense pas que quiconque pourrait me présenter comme sympathisant aux idées et mesures ici défendues. Bien au contraire : j’ai ma conviction, ma foi, ma grille de lecture, au travers desquelles je ne peux qu’être en profond désaccord avec la mise en application A CE STADE de ces idées. Mais bon, c’est le jeu. C’est la démocratie. Si vous m’offrez une meilleure tribune, je la prends. En plus !

      🙂

    3. Olivier, il faut accepter la finitude de toutes choses. De nombreuses associations ont pour raison d’être de « sauver des gens », c’est hautement louable, certes, mais leur mérite n’ôte rien à ceux qui se donnent d’autres buts.

      J’avoue ne pas du tout vous comprendre quand vous dites: « C’est votre illusion, à vous Paul, et à bien d’autres ici manifestement. » Qu’en savez-vous ? S’il est vrai que Paul se montre attentif aux signes de son influence, – ce que j’interprète pour ma part comme des signes d’encouragement -, en ce qui me concerne je viens ici sans espoir de changer le monde, seulement avec celui de passer mon temps de façon intelligente.

    4. @ Crapaud Rouge
      « sauver les gens », pas changer le monde. Et si le Grand Soir vient de surcroît, j’aurai grande foi dans le prochain petit matin. C’est mon coté « hégélien »…
      « sauver les gens »: oui c’est très naïf, c’est enfantin comme formulation. Je le revendique. Je ne veux voir qu’avec les yeux de l’enfant. C’est une ascèse. Et l’expérience montre que cela a bien plus d’effet que milles lectures.
      « sauver les gens »: c’est vrai que ce n’est pas seulement enfantin. C’est un peu con aussi. Mais cela aussi je le revendique. Je veux bien être pris pour un con si cela vous aide à vous sentir plus intelligent. Moi aussi j’aime bien les gens intelligents. En revanche, je ne crois pas que la politique doivent nous servir à nous rendre plus intelligents ou à passer intelligemment du temps. La politique, c’est être au coeur de la cité, être au milieu des gens, qui vous l’aurez peut-être remarqué, ont cette tendance à crever en ce moment. La crise, oups, la Grande Crise! Vous vous souvenez? La Grande Crise avec des gens dedans…Voila pourquoi sans doute, je veux « sauver les gens », gens qui, à mon avis, si je pense à ceux que je connais, seront assurément d’accords pour être sauvés. C’est humain, vous savez. Nicolas le philosophe nous l’a bien enseigné: « mourir, c’est pas facile ». C’est sans doute aussi parce que les gens dont je parle ont un visage plus vrai et plus beau que celui d’un CDS qu’il m’importe peu de paraître intelligent: pour être tout à fait définitif, si la politique c’est chercher à être plus intelligent, alors je veux mourir idiot.
      Tiens en l’écrivant je repense à ça: http://www.dailymotion.com/video/x3g9nh_arnaud-michniak-mourir-idiot_music
      Bonne écoute. Peut-être.

  36. Bonjour,

    « Ce blog a moins bougé les choses que nous voulons le penser » « N’est-il pas temps, alors, de s’engager ? »

    Tout dépend si le but fixé est une fin en soi. Si oui, alors peut-être qu’il faut s’engager. Sinon, non…

    Le non islandais n’a pas été sérieusement relayé, par crainte de débordement probablement. Les tensions en Grèce sont plus facilement audibles mais l’analyse qui en est faite est monotone : les tensions font suite aux dysfonctionnements du système économico-financier, l’état (grec ici) tente de sauver l’affaire en resserrant les cordons de la bourse, le peuple n’est pas content, les politiciens réagissent en s’en prenant aux coupables…

    Que vont faire les peuples, grec d’abord puis les autres : « On a gagné, on a gagné, on plie tout le matériel et on rentre ! ».
    Ce qui nous éloignera d’une prise de conscience qui pourrait se généraliser, entre autres sur la relation entre travail et rémunération (notez le temps qu’il a fallu pour qu’apparaisse ici le besoin d’une réflexion, en amont, sur le travail…et il y a encore plus amont !), ou sur la réapparition de la spiritualité, laïque semble-t-il bon de préciser en reprenant le terme de Vincent Wallon. Les mesures proposées ci et là ont selon le cas une plus ou moins grande efficacité pratique, mais leur rôle premier est de provoquer la réflexion, et fatalement cette réflexion est canalisée vers l’objectif desdites mesures. Comment s’assurer alors que les différentes « pousses » qui sont apparues survivront une fois que « l’objectif sera atteint », combien de temps leur faudra-t-il pour disparaître, les sujets plus « en amont » parviendront-ils à percer ?…?

    La grippe porcine est un bon exemple de gestion de risques majeurs par les dirigeants, le risque majeur était dans ce cas bien évidemment que le processus -fabrication intensive de viande pour le gavage- soit observé, critiqué, remis en question, bref réfléchi de manière globale et solidaire par les populations : y a-t-il aujourd’hui un grand débat sur les mégaporcheries, sur l’élevage intensif, sur l’attitude de l’homme envers l’animal, sur la manière qu’ont les sociétés d’évacuer ce genre de questionnements, sur ce que l’homme est devenu, sur sa relation avec la Terre-mère…? Sur la vie et sons sens ? Non, la réponse-vaccin a été suffisante ! Société 1 – Homme 0. Et c’est bien parce qu’ils n’ont pas de modèle de société de rechange à leur disposition que nos dirigeants font tout pour sauver ce qui peut l’être encore de l’actuel, pour garantir la paix sociale : ils sont payés pour ça !

    C’est donc à nous, au peuple de proposer du neuf. Or nous ne sommes pas prêts. Il faut donc continuer à alimenter la critique, la vraie, comme le font ici Paul et tous ceux qui présentent et défendent leurs idées.

    S’engager c’est s’enfermer, voyez le cas BHO. Ce qui ne veut pas dire ne pas défendre ses idées, les rendre visibles pour les rendre disponibles, les décortiquer pour les perfectionner afin que celui qui décidera de les utiliser ait le meilleur matériel possible.

    PS : merci Octobre pour votre clin d’oeil.

  37. Il existe un moyen simple de prouver son engagement,
    c’ est le vote. Voter est à la fois démocratique et
    révolutionnaire.
    Toutes les raisons prônant l’abstention sont
    cyniques ou totalitaires. ( disant totalitaire
    je pense à une réflexion d’ un esprit distingué:
    « ma voix égale à celle d’un imbécile ?
    jamais! et c’est bien la preuve que la démocratie est viciée
    à la base »).
    Pour les élections de ce Dimanche, on verra
    le degré d’engagement de l’opinion publique.
    Un taux d’abstention élevé justifira le conservatisme
    anti social, favorable à la phynance.
    ( Toutes nos faiblesses sont insrumentées,
    mais l’inverse n’est pas vrai. )
    Nul doute que la proportion des votants sera
    prise en compte dans les cénacles phynanciers…
    et progressivement oubliée tant l’ atavisme pognonesque
    – se perpétuer dans son être- est puissant.

    Pour ceux rêvant d’absolu efficace, le vote
    peut paraître simpliste. Il me semble
    que ce n’est qu’ une fuite: pourquoi refuser
    un effort modéré, si on est prêt à des efforts
    autrement intenses ?
    Je vous le demande poliment: allez voter.
    L ‘effort d’ aller voter n ‘est jamais perdu.
    Faites cet effort. Et si vous le voulez,
    ce peut être un début.

    Ceux ne votant pas auront montré
    que leurs vitupérations sur le clavier azerty
    sont vaines.
    Car le maximalisme restera ce qu’il est en réalité:
    une complicité objective avec les puissances
    idéologiques de la phynance. Tout comme
    le refus d’exercer un droit élémentaire.

    A l « a quoi bon » , on peut opposer ce fait:
    tout se tient. Les petites choses collectives
    sont indispensables à la réalisation
    des grandes idées…
    Et le dédain est un luxe hors de saison.

  38. ce blog n’a rien changé et ne changera rien. D’ailleurs je commence à me poser la question de ce blog…
    Au début un gentil Barbu Jorion, issus d’un certain serail voulez nous dire des choses sur l’avenir du monde…
    « il va s’écrouler…ceci cela.. » Puis la notoriété aidant il passe à la TV à la radio…
    IL nous explique de moins en moins de chose, mais il tente de nous guider, de nous influencer, vers tel ou tel voix. Remarquez qu’il y a des voix bien pire que celle là…
    Finalement il semble se rapprocher d’une politique…. une voix politique déjà en extinction.
    Ca sert à quoi tout ça, ne me demandez pas de vous suivre.

    1. Il nous explique de moins en moins de choses.

      Je mets les explications dans des livres pour ne pas devoir les répéter, comme ça je peux me consacrer à de nouvelles questions et produire du neuf.

      mais il tente de nous guider, de nous influencer, vers tel ou tel voix. Remarquez qu’il y a des voix bien pire que celle là…

      A quoi faites-vous allusion ? Je ne comprends pas.

      … ne me demandez pas de vous suivre.

      Je dis le contraire, je dis : « Faites votre truc à vous. Saisissez toutes les occasions qui vous sont offertes ! »

    2. @changeur
      Je me répète « Nous devons être le changement que nous voulons dans le monde » Gandhi

      Au lieu de vociférer, apportez votre pierre à l’édifice.
      Je reviens d’une projection photo faite par Matthieu Ricard, que sa montagne est belle à tous les moments de l’année, que ses compatriotes tibétains sont attachants, heureux et fiers dans la pauvreté même.
      Commençons par changer notre référentiel trop tourné vers le matériel et privilégions la culture, l’altruisme, la compassion, l’amour de l’autre qui sont des valeurs majeures.
      Voilà peut être un début pour amorcer la métamorphose prônée par Edgar Morin.

      Face à la course croissante à l’individualisme j’ai particulièrement apprécié la métaphore de Matthieu Ricard :
      « Nous avons 5 doigts à notre main, ne nous posons pas la question de savoir quel est le meilleur, pour bien fonctionner la main à besoin de tous ses doigts ».

      C’était les 5 minutes de méditation, nul doute que Jérémie va apprécier.

    3. « Ca sert à quoi tout ça » ? On se le demande aussi, mais ça fait partie du charme, ce n’est pas une question repoussoir. Diriez-vous que les grands vins ne servent à rien parce qu’il est plus utile, plus pratique et moins coûteux de boire de l’eau pour se désaltérer ?

  39. Ce qui est intéressant sur le blog c’est, autant, sinon plus, le produit des opinions contradictoires, et non pas le jugement à propos des opinions exprimées, prises une à une. C’est le produit cumulé et contrasté qui fait sens et permet l’émergence d’une pensée plus riche et dynamique, voire nouvelle, et qui donne finalement toute sa puissance à la pensée originale produite par l’auteur du blog. IL n’y a pas a priori de questions et d’opinions illégitimes. Cela serait nier toute dimension dialogique.

    Vu sous cet angle, le point de vue exprimé par Olivier est tout à fait positif, car il a permis à Paul de préciser sa pensée, sa position, ce qui finalement la renforce. On en revient toujours, avec Hegel, à l’idée du rôle – positif – du négatif dans la pensée.

    Cela implique aussi que nous ne sommes pas véritablement propriétaires de nos points de vue car ceux-ci ne seraient pas ce qu’ils sont s’ils ne naissaient d’un dialogue, d’une certaine confrontation même. Nous sommes plus traversés par la pensée que nous n’en sommes les auteurs.

    Je me fais aussi souvent la réflexion que telle pensée ou sentiment exprimés par tel ou tel, m’ont aussi bien traversé l’esprit, quand bien même celles-ci ou ceux-ci n’ont pas accompli chez moi leur parcours jusqu’au bout au point de déboucher sur une expression circonstanciée. Si finalement je ne l’ai pas exprimée cette idée, ce sentiment, c’est parce qu’un petit élément dans ma propre réflexion, parfois ténu, et qui fait toute la différence, me fait distinguer ma pensée mon sentiment, de celle d’un autre. Leibnitz ne disait pas autre chose lorsqu’il évoquait un monde où aucune goutte d’eau ne ressemble exactement à une autre. Elles sont toute faites de la même matière, elles ont les mêmes propriétés, ce qui change c’est juste leur différence irréductible quant à leur rapport au temps et à l’espace. Il en est de même des humains. C’est notre position à chacun, irréductible dans l’espace et le temps, dans l’histoire, qui déterminent des pensées en surface apparemment contradictoires mais en réalité essentiellement solidaires.

    Bref, ce sont en réalité parfois très peu de choses qui nous distinguent les uns des autres, même si de prime abord l’opposition apparaît frontale et irréductible. De là l’idée des bifurcations de la pensée. La pensée est essentiellement relationnelle. Et c’est heureux, car c’est de leur relation dynamique qu’elles tirent leurs forces, du moins quand elles peuvent vraiment se rencontrer. La condition est qu’il y ait toujours un lieu commun, ici c’est le blog.

    Bien entendu, cela peut générer une certaine frustration si l’on en attend plus qu’il ne peut donner, car ce lieu commun n’est pas un lieu où puissent directement se rencontrer physiquement des humains en chair et en os. C’est un des problèmes de notre démocratie que celui-là. Trouver de nouveaux lieux féconds tout à la fois pour la pensée et l’action et qui satisfassent au désir de la joie d’être ensemble.

    Ici il y a les mots, avec lesquels nous nous transportons vers ce lieu commun sans lequel il n’y aurait point de pensée véritable. La Raison ici ne méconnaît point l’affect qui est en elle et la fait se mouvoir, c’est de toute évidence une des clés du succès du blog de Paul Jorion. La question légitime que l’on peut alors se poser c’est : comment prolonger ailleurs cette l’expérience assez singulière qui a lieu ici ?

  40. @TARTAR dit :
    13 mars 2010 à 08:25

    « Le XXI° siècle sera religieux ou ne sera pas. »…………….
    je crois que cette spiritualité relèverait du domaine de ce que nous pressentons aujourd’hui sans le connaître, comme le XVIII° siècle a pressenti l’électricité grâce au paratonnerre.

    Malraux avait raison.

    Ce que vous rapportez là, cher haché des grandes steppes, me trotte aussi dans la tête depuis quelque temps.

    Nous sommes de plus en plus nombreux à comprendre que nous nous sommes fourvoyés dans une impasse.
    Nous commençons aussi, grâce, entre autre, à ce blog à entrevoir ce qui pourrait devenir une autre forme de société.
    Un nouveau monde où l’idée de profit, de richesses matérielles serait remplacée par d’autres formes de richesses, celles venant du coeur.

    Certains, dont moi parfois je l’avoue, lorsque la conscience de tant et tant de vies gâchées, de tant et tant de morts pour rien, pour de l’or, de billets de banque, des zéros sur un compte, me vient à l’esprit, certains donc appellent à des solutions radicales alors que d’autres, peut-être encore épargnés, tremblent devant le risque de l’effondrement total.

    Quand comprendrons-nous que la seule constitution valable pour un monde pacifié ne tient qu’en cette seule phrase :
    « Aime ton prochain comme toi-même » ?

    Qui étaient-ils ceux là qui nous ont offert ce sublime testament ?

    Comment ont-ils eu la prescience de ce qui allait arriver ?

    Etaient-ils plusieurs, n’y en a-t-il eu qu’un ?

    Pourquoi ce message a-t-il traversé les siècles ?

    Finira-t-on par en comprendre enfin toute la portée ?

    Par delà les millénaires ces hommes nous interpellent et nous n’écoutons pas !
    Oh, oui, nous entendons, nous entendons, alors on fait un don, une piécette au sdf du supermarché, un chèque pour le tsunami, pour le tremblement de terre, nous entendons, oui, mais nous n’écoutons pas.
    Nous n’écoutons jamais.

    Aime ton prochain comme toi même, fais attention à lui, il est fragile, il est comme toi, c’est un homme, une femme, un enfant, il faut le nourrir, le couvrir, soit attentif, a-t-il faim, a-t-il peur, que cherche-t-il ?

    Etre et accepter à la fois.
    Etre le secours et accepter d’être secouru.

    Etre et accepter la main secourable, sans attendre rien en retour que le bonheur d’une nouvelle amitié.
    Etre et accepter l’oreille attentive aux souffrances.
    Etre et accepter l’épaule solide qui se présente pour passer un cap difficile.

    Mais peut-être ne nous aimons nous pas assez nous-mêmes pour cela ?
    Le début serait de s’accepter d’abord pour ce que nous sommes ?

    Alors aimons-nous nous-mêmes et aimons les autres comme nous mêmes !

    1. Si c’est là une proposition de texte visant à remplacer la lettre de Guy Mocquet à l’école, je vous assure de mon soutien.

      C’est beau comme du Gandhi dis ! Ou comme du Jésus, celui qui crie pendant que la caravane humaine se trompe de chemin.

    2. C’est vrai absolument. L’Amour a le pouvoir de transformer en profondeur.
      La haine de nous mutiler en profondeur. Vouloir éradiquer ce qui est beau dans la nature humaine est la plus grande des folie. Si on suit cette pente, il n’y aura bientôt plus un seul brin d’herbe auquel s’accrocher. Quel peut-être notre rêve quand les mondes individuels chocs leurs armures dans un immense bruit de fer.
      J’ai mal, maman la terre.

    3. @louise,

      Pour moi l’épaule secourable aura été (et continue d’être) le blog de PJ, j’y apprends beaucoup de choses (les CDS, la monnaie fondante, la philosophie de Platon,.. et beaucoup d’autres endormies au fond de moi, se réveillent, et les une éclairent les autres et la lumière revient.
      Mon épaule est maintenant disponible.

      Merci Louise pour cet ode à l’amour.

  41. MOURIR AU SOLEIL

    Je voudrais mourir debout
    Dans un champ, au soleil
    Non dans un lit aux draps froissés
    A l’ombre close des volets
    Par où ne vient plus une abeille
    Une abeille

    Je voudrais mourir debout
    Dans un bois, au soleil
    Sans entendre tout doucement
    La porte et le chuchotement
    Sans objet des gens et des vieilles
    Et des vieilles

    Je voudrais mourir debout
    N’importe où, au soleil
    Tu ne serais pas là, j’aurai
    Ta main que je pourrai serrer
    La bouche pleine de groseilles
    De groseilles

    JEAN FERRAT

  42. Pour méditation un texte paru dans le Figaro…
    …rassurez-vous le 28 nov 1888.
    L’auteur en est Octave Mirbeau

    Voici :

    « Une chose m’étonne prodigieusement — j’oserai dire qu’elle me stupéfie — c’est qu’à l’heure scientifique où j’écris, après les innombrables expériences, après les scandales journaliers, il puisse exister encore dans notre chère France (comme ils disent à la Commission du budget) un électeur, un seul électeur, cet animal irrationnel, inorganique, hallucinant, qui consente à se déranger de ses affaires, de ses rêves ou de ses plaisirs, pour voter en faveur de quelqu’un ou de quelque chose. Quand on réfléchit un seul instant, ce surprenant phénomène n’est-il pas fait pour dérouter les philosophies les plus subtiles et confondre la raison ?

    Où est-il le Balzac qui nous donnera la physiologie de l’électeur moderne ? et le Charcot qui nous expliquera l’anatomie et les mentalités de cet incurable dément ? Nous l’attendons.

    Je comprends qu’un escroc trouve toujours des actionnaires, la Censure des défenseurs, l’Opéra-Comique des dilettanti, le Constitutionnel des abonnés, M. Carnot des peintres qui célèbrent sa triomphale et rigide entrée dans une cité languedocienne ; je comprends M. Chantavoine s ‘obstinant à chercher des rimes ; je comprends tout. Mais qu’un député, ou un sénateur, ou un président de République, ou n’importe lequel parmi tous les étranges farceurs qui réclament une fonction élective, quelle qu’elle soit, trouve un électeur, c’est-à-dire 1’être irrêvé, le martyr improbable, qui vous nourrit de son pain, vous vêt de sa laine, vous engraisse de sa chair, vous enrichit de son argent, avec la seule perspective de recevoir, en échange de ces prodigalités, des coups de trique sur la nuque, des coups de pied au derrière, quand ce n’est pas des coups de fusil dans la poitrine, en vérité, cela dépasse les notions déjà pas mal pessimistes que je m’étais faites jusqu’ici de la sottise humaine, en général, et de la sottise française en particulier, notre chère et immortelle sottise, ô chauvin !

    Il est bien entendu que je parle ici de l’électeur averti, convaincu, de l’électeur théoricien, de celui qui s’imagine, le pauvre diable, faire acte de citoyen libre, étaler sa souveraineté, exprimer ses opinions, imposer — ô folie admirable et déconcertante — des programmes politiques et des revendications sociales ; et non point de l’électeur « qui la connaît » et qui s’en moque, de celui qui ne voit dans « les résultats de sa toute-puissance » qu’une rigolade à la charcuterie monarchiste, ou une ribote au vin républicain. Sa souveraineté à celui-là, c’est de se pocharder aux frais du suffrage universel. Il est dans le vrai, car cela seul lui importe, et il n’a cure du reste. Il sait ce qu’il fait. Mais les autres ?

    Ah ! oui, les autres ! Les sérieux, les austères, les peuple souverain, ceux-là qui sentent une ivresse les gagner lorsqu’ils se regardent et se disent : « Je suis électeur ! Rien ne se fait que par moi. Je suis la base de la société moderne. Par ma volonté, Floque fait des lois auxquelles sont astreints trente-six millions d’hommes, et Baudry d’Asson aussi, et Pierre Alype également. » Comment y en a-t-il encore de cet acabit ? Comment, si entêtés, si orgueilleux, si paradoxaux qu’ils soient, n’ont-ils pas été, depuis longtemps, découragés et honteux de leur œuvre ? Comment peut-il arriver qu’il se rencontre quelque part, même dans le fond des landes perdues de la Bretagne, même dans les inaccessibles cavernes des Cévennes et des Pyrénées, un bonhomme assez stupide, assez déraisonnable, assez aveugle à ce qui se voit, assez sourd à ce qui se dit, pour voter bleu, blanc ou rouge, sans que rien l’y oblige, sans qu’on le paye ou sans qu’on le soûle ?

    À quel sentiment baroque, à quelle mystérieuse suggestion peut bien obéir ce bipède pensant, doué d’une volonté, à ce qu’on prétend, et qui s’en va, fier de son droit, assuré qu’il accomplit un devoir, déposer dans une boîte électorale quelconque un quelconque bulletin, peu importe le nom qu’il ait écrit dessus ?… Qu’est-ce qu’il doit bien se dire, en dedans de soi, qui justifie ou seulement qui explique cet acte extravagant ?

    Qu’est-ce qu’il espère ? Car enfin, pour consentir à se donner des maîtres avides qui le grugent et qui l’assomment, il faut qu’il se dise et qu’il espère quelque chose d’extraordinaire que nous ne soupçonnons pas. Il faut que, par de puissantes déviations cérébrales, les idées de député correspondent en lui à des idées de science, de justice, de dévouement, de travail et de probité ; il faut que dans les noms seuls de Barbe et de Baihaut, non moins que dans ceux de Rouvier et de Wilson, il découvre une magie spéciale et qu’il voie, au travers d’un mirage, fleurir et s’épanouir dans Vergoin et dans Hubbard, des promesses de bonheur futur et de soulagement immédiat. Et c’est cela qui est véritablement effrayant. Rien ne lui sert de leçon, ni les comédies les plus burlesques, ni les plus sinistres tragédies.

    Voilà pourtant de longs siècles que le monde dure, que les sociétés se déroulent et se succèdent, pareilles les unes aux autres, qu’un fait unique domine toutes les histoires : la protection aux grands, l’écrasement aux petits. Il ne peut arriver à comprendre qu’il n’a qu’une raison d’être historique, c’est de payer pour un tas de choses dont il ne jouira jamais, et de mourir pour des combinaisons politiques qui ne le regardent point.

    Que lui importe que ce soit Pierre ou Jean qui lui demande son argent et qui lui prenne la vie, puisqu’il est obligé de se dépouiller de l’un, et de donner l’autre ? Eh bien ! non. Entre ses voleurs et ses bourreaux, il a des préférences, et il vote pour les plus rapaces et les plus féroces. Il a voté hier, il votera demain, il votera toujours. Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n’espèrent rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera. Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois. Il a fait des Révolutions pour conquérir ce droit.

    Ô bon électeur, inexprimable imbécile, pauvre hère, si, au lieu de te laisser prendre aux rengaines absurdes que te débitent chaque matin, pour un sou, les journaux grands ou petits, bleus ou noirs, blancs ou rouges, et qui sont payés pour avoir ta peau ; si, au lieu de croire aux chimériques flatteries dont on caresse ta vanité, dont on entoure ta lamentable souveraineté en guenilles, si, au lieu de t’arrêter, éternel badaud, devant les lourdes duperies des programmes ; si tu lisais parfois, au coin du feu, Schopenhauer et Max Nordau, deux philosophes qui en savent long sur tes maîtres et sur toi, peut-être apprendrais-tu des choses étonnantes et utiles. Peut-être aussi, après les avoir lus, serais-tu moins empressé à revêtir ton air grave et ta belle redingote, à courir ensuite vers les urnes homicides où, quelque nom que tu mettes, tu mets d’avance le nom de ton plus mortel ennemi. Ils te diraient, en connaisseurs d’humanité, que la politique est un abominable mensonge, que tout y est à l’envers du bon sens, de la justice et du droit, et que tu n’as rien à y voir, toi dont le compte est réglé au grand livre des destinées humaines.

    Rêve après cela, si tu veux, des paradis de lumières et de parfums, des fraternités impossibles, des bonheurs irréels. C’est bon de rêver, et cela calme la souffrance. Mais ne mêle jamais l’homme à ton rêve, car là où est l’homme, là est la douleur, la haine et le meurtre. Surtout, souviens-toi que l’homme qui sollicite tes suffrages est, de ce fait, un malhonnête homme, parce qu’en échange de la situation et de la fortune où tu le pousses, il te promet un tas de choses merveilleuses qu’il ne te donnera pas et qu’il n’est pas d’ailleurs, en son pouvoir de te donner. L’homme que tu élèves ne représente ni ta misère, ni tes aspirations, ni rien de toi ; il ne représente que ses propres passions et ses propres intérêts, lesquels sont contraires aux tiens. Pour te réconforter et ranimer des espérances qui seraient vite déçues, ne va pas t’imaginer que le spectacle navrant auquel tu assistes aujourd’hui est particulier à une époque ou à un régime, et que cela passera. Toutes les époques se valent, et aussi tous les régimes, c’est-à-dire qu’ils ne valent rien. Donc, rentre chez toi, bonhomme, et fais la grève du suffrage universel. Tu n’as rien à y perdre, je t’en réponds ; et cela pourra t’amuser quelque temps. Sur le seuil de ta porte, fermée aux quémandeurs d’aumônes politiques, tu regarderas défiler la bagarre, en fumant silencieusement ta pipe.

    Et s’il existe, en un endroit ignoré, un honnête homme capable de te gouverner et de t’aimer, ne le regrette pas. Il serait trop jaloux de sa dignité pour se mêler à la lutte fangeuse des partis, trop fier pour tenir de toi un mandat que tu n’accordes jamais qu’à l’audace cynique, à l’insulte et au mensonge.

    Je te l’ai dit, bonhomme, rentre chez toi et fais la grève. »

    Octave Mirbeau 1848-1917

    Depuis le réferendum en 2005 et la traîtrise des politiques en 2007, l’europe et tout son carcan ne tombera que lorsque la prise de consciance des peuples aura lieu , sans compter la crise économique qui a démoli l’Europe plein emploi , sans inflation et donc sans risque !

    Les gens, enfin pas les moutons, ont bien compris qu’on leur impose et donc qu’on dispose d’eux !

    Les élections ne sont qu’un cirque tout comme une bonne série est à la télé : moutonneux , bien abétissant et sans contrainte pour ceux qui la font !

    1. « Car enfin, pour consentir à se donner des maîtres avides qui le grugent et qui l’assomment, il faut qu’il se dise et qu’il espère quelque chose d’extraordinaire que nous ne soupçonnons pas. » : parfaitement exact ! Il espère empêcher que d’autres maîtres, pires que ceux pour lesquels il vote, ne s’emparent du pouvoir.

  43. je crois qu’il n’est plus temps pour les forces de proposition.

    Je vois, depuis 10 ans, la société francaise se degrader, le pouvoir augmenter sans cesse sa pression sur les individus.

    Je vois la finance en pleine deviance (faire sans cesse de l’argent sur l’argent) et puis cette crise qui revele finallement au grand jour la plupart des défis à venir colossaux agravés par la désintégration des Nations avancées.

    Je vois des sociétés qui par leur complexité, tétanisent les ardeurs des simples citoyens face aux puissances de l’argent .

    Je vois le monde qui ressemble de plus en plus aux sociétés post-industrielles decrites dans les fictions des années 40-50.

    Et je vois le temps qui passe nous assommer sans réagir sauf a decrier, critiquer analyser proposer sur les blogs et forums.

    Je crois qu’il va devenir necessaire que les citoyens reprennent leur destin en main d’une manière brutale pour bousculer definitivement le monde institutionnel.

    Ceci ne pourra se faire que dans un grand fracas mais ceci va devoir se faire.

    Nous sommes comme la grenouille d’Al Gore , nous avons difficulté a saisir le seuil fatidique mais je crois qu’il approche et de plus je le veux

  44. J’ habite un petit pays où:
    – 2009 se devait de commémorer les 400 ans de la naissance de Calvin (Calvinisme-Protestantisme-Capitalisme. Un certain Max Weber a écrit à ce sujet le désormais classique « L’Ethique protestante et l’esprit du capitalisme « ).
    – depuis 10 ans nous avons assisté à:
    – l’assassinat de Theo van Gogh
    – l’assassinat de Pim Fortuin (extrémiste de droite)
    – au phénomène Geert Wilders (extrémiste de droite)
    – une fièvre spéculative à tous les niveaux
    – une perte de sens et d’identité
    – une incapacité à résoudre les problèmes de circulation (un véritable problème dans ce petit pays)
    – l’attentat contre la famille royale le 30 avril 2009, faisant 7 morts parmi les spectateurs (très choquant, car nous y avons tous assisté en direct)
    – déconfiture de la grande banque nationale ABN-AMRO
    – faillite d’une autre banque, la DSB
    – interrogation quant au bon fonctionnement de la DNB (en charge du contrôle des marchés financiers) – Commission De Wit –
    – affaire Icesave
    – mise en place de l’ancien ministre des finances Gerrit Zalm à la tête de la nouvelle ABN, également impliqué dans la gestion de la DSB, il a été plus ou moins suspecté de ne pas y avoir vraiment bien fait son travail.
    – décision de retirer les troupes d’Afganistan, les autres n’ont qu’à continuer sans nous.
    – de ce fait, chute du gouvernement Balkenende. Elections anticipées en Juin.
    – énorme déficit budgétaire, ce sont les prochaines générations qui ramasseront les pots cassés…
    Et cerise sur le gâteau,
    – le ministre des finances démissionnaire a décidé de se retirer de la politique, parce que… tenez-vous bien, ce ministre trouve qu’il ne voit pas assez ses enfants grandir… à tomber à la renverse!
    Les journaux néerlandais d’annoncer en gros titres ce week-end que ce pourrait être le début de la 4ème vague émancipatrice… je crois rêver!

    Voilà ce qu’on appelle un état de décadence avancé… Vive une Europe unie qui reprenne les affaires en main!

    1. @Anne

      Tous ça me semble extraordinaire, comment est ressentie par la population hollandaise la cause invoquée par votre ex ministre (cause très honorable si elle est sincère)

      -fuite avant la débacle,….???
      -désaccord avec les politique menées???
      -trouille de se faire lyncher, puisque maintenant ça à l’air de rentrer dans les moeurs.

      Au plaisir de votre réponse

  45. Bonjour,

    Papimam, Paul et les autres :

    Papimam dit : « Je me répète « Nous devons être le changement
    que nous voulons dans le monde » : Gandhi (14 mars 2010 à 00:09) »

    J’ai pu lire plusieurs fois ici, (plus haut) que la démocratie était pointée du doigt, qu’on n’était même plus en démocratie.

    Je pense qu’il ne faut confondre avec le mode de fonctionnement de cette même “démocratie représentative” qui est de moins en moins directes. (cf élections pour les Communauté de Communes, d’agglo, urbaine etc. élections de représentant de Pays etc.) et je pense que c’est cela qui est condamnable
    Cela entraine des sentiments de défiance lorsque j’observe des régressions démocratiques qui se généralisent, suite aux multiples coup de butoir néolibéraux d’oligarques.

    Si nous nous plaignons de ce mal-fonctionnement, pourquoi ne pas en proposer d’autres ? Vu que le titre de ce post parle de s’engager.

    A mon sens, il n’y a qu’une seule voie qui serra efficace tout en respectant notre constitution : la démocratie directe représentative voir co-constructive au niveau locale. Voir un précédent post perso : Cf http://www.pauljorion.com/blog/?p=7695

    Et j’estime que ce ne serait pas nier la démocratie que de proposer, voir organiser pour les prochaines élections municipales, l’élévation du niveau de celle-ci, et au contraire, c’est pour moi la chérir que de proposer cela.

    Il n’est donc pas nécessaire de faire une révolution (au sens d’effectuer une trajectoire qui nous ramène au point de départ) mais de proposer à nos concitoyens, une EVOLUTION de nos démocraties en élevant leur niveau. Une démarche non violente, respectueuse dans un premier temps de nos institutions et qui a le mérite de ne pas offrir d’angle d’attaque aux oligarques etc.

    Certes, une proposition qui ne répond pas à l’urgence de la situation, mais imaginable pour un moyen terme.

    Bonne soirée

  46. @ Fab dit :
    14 mars 2010 à 07:21

    Merci, n’en jetez plus svp, la cour est pleine ! 🙂

    Pourtant si on réfléchi un peu (je dois signaler que au fil des ans je suis devenue athée !) que veut dire cette histoire d’un type, il y a 2000 ans, qui jeta les marchands hors du temple, qui prônait l’amour de son prochain et qui fut crucifié pour cela ?

    Qui était-il ou qui étaient-ils pour avoir ainsi traversé 2 millénaires ?
    Et bien que sa « doctrine » ait été récupérée pour d’autres objectifs, pourquoi ce message transparaît-il toujours ?

    Que voulait-il nous dire ?

    Quel était exactement son message ?

    Où en sont les traductions des manuscrits de la Mer Morte ?

    On sait plein de trucs sur la disparition des dinosaures et quasiment rien sur cette affaire !
    Elle ne date pourtant pas du crétacé fût-il inférieur !!

    Les supers savants du giec vous analysent le climat de la terre d’il y a 400 000 ans et là on n’est pas foutu de savoir ce qui s’est réellement passé !

    Une nouvelle religion apparaît et l’on ne sait rien sur ses origines, ou si peu !

    Un livre m’a ouvert d’autres horizons, c’est « Le secret de l’exode » de Roger et Messod Sabbah.
    Si vous tombez sur cet ouvrage lisez le, cela ouvre des perspectives.

    Mais s’il aborde l’origine des religions monothéistes, il ne répond pas à cette question essentielle à mes yeux : pourquoi cet homme que l’on a appelé Jésus a-il essayé de changer le monde ?

    Comment avait-il compris que dès cette époque la société humaine allait courir de désastres en désastres ?

    Et pourquoi est-il apparu à cet endroit là ? Pourquoi était-il attendu là ?

    Pourquoi à ce moment là ?

  47. @ Olivier

    Bien sûr qu’il s’agit de sauver des gens !
    Mais on ne peut le faire malgré eux !
    On peut toujours essayer de leur montrer certaines choses.

    « t en France ? Est-ce s’employer à « gagner » sa vie (cette vie que vos parents vous avaient pourtant « donnée »)  »

    J’ai posté cela dans un commentaire il y a quelque temps, elle m’est apparue tout d’un coup comme une évidence, l’avais-je déjà lue ou entendue ?
    Je ne sais pas .
    C’est ce genre de choses qui peuvent amener d’autres personnes à s’interroger sur le but de leur vie, et, une question en amenant une autre, les décider à réfléchir sur le sens à donner à leur action de citoyen du monde, et les engager à ne nommer au pouvoir que des gens qui correspondent à leur nouvelle vision au delà des partis et autres organisations politiques.

    1. @ Louise
      je n’ose vous dire la Muse qui m’a inspiré. Je recevrais encore des noms d’oiseaux…

  48. louise,

    Ça me fait plaisir que vous ayez répondu.
    Ce que vous dites est le seul message qui vaille : Jésus l’avait compris, et avant lui d’autres. La paix universelle est dans la paix intérieure, passe par la paix intérieure de chacun. L’amour universel est dans l’amour intérieur : chacun doit commencer par s’aimer avant de pouvoir vouloir aimer son prochain.

    « pourquoi cet homme que l’on a appelé Jésus a-il essayé de changer le monde ? »…

    Parce qu’il était bon, la compassion.

    Ce sont les circonstances qui ont fait ensuite qu’il a pu y consacrer sa vie : il était libre…Quand vous pouvez vous mettre en RTT pendant 40 jours sans avoir à dépenser un radis, les possibilités sont grandes.

    De là à dire que quand vous êtes tenu par ces deux liens, vous n’êtes plus libre il y a un pas que je me suis depuis longtemps permis de franchir.

    Et j’essaie aujourd’hui d’aider les gens à franchir ce pas (notez que si j’échrist : …aider les gens à se libérer de leurs liens ça sonne différemment, ça peut effrayer).

    Bonne journée

    L’amour est l’ultime signification de tout ce qui nous entoure. Ce n’est pas un simple sentiment, c’est la vérité, c’est la joie qui est à l’origine de toute création.

  49. « à Fab
    En lisant votre texte, j’ai poussé un gros soupir. Vous observez finement les grosses ficelles de la société contemporaine. Je n’utilise pas les smileys, mais je vous adresse quand même un clin d’œil complice. » (Octobre)

    Les grosses ficelles.

    Ce qu’il y de bien avec les grosses ficelles c’est que ce sont elles qui offrent le plus de chances de sortir un système de son puits d’inertie. Ce qu’il y a de moins bien avec les grosses ficelles c’est qu’elles ont en général la même caractéristique que les poutres que l’on a dans l’oeil : on ne les voit pas facilement. Ce qu’il y de bien avec les grosses ficelles c’est que les petites y sont attachées, et qu’en tirant dessus on tire les petites avec, alors qu’en tirant sur les petites on a peu de chances de faire bouger le tout et toutes les chances qu’à la fin elles se rompent. Ce qu’il y a de bien avec les grosses ficelles, c’est qu’elles ont une plus longue durée de vie et qu’en étant un peu poète on peut les comparer à des nervures, facilement identifiables qui plus est, tant elles sont grosses. Ce qu’il y a de moins bien avec les grosses ficelles c’est qu’en ces temps de spécialisation, elles ne sont pas à la mode. La spécialisation, ça ressemble un peu à la division. Et la division, mis à part que ce n’est pas le meilleur moyen de réunir (je m’étonne tous les jours de la puissance de la logique), c’est un très bon moyen si pas le meilleur pour mieux régner. Il est vrai cependant qu’en tressant les petites ficelles on peut en obtenir une grosse (messieurs, ça ne marche qu’avec les ficelles).

    Et on se retrouve au final avec une grosse ficelle.

    Tout ça pour ça diront certaines langues, l’important c’est de participer leur répondront les autres.

    Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

    PS : merci Octobre donc d’avoir lu au-delà de la forme, c’est une politesse qui mérite d’être appréciée.

    1. De rien.
      Chaque époque a droit à son lot de misère. Notre tranche d’histoire est particulièrement bien pourvue en solitude. Vous venez bien ici pour être lu et y trouver un peu de chaleur non ?

    2. Octobre,

      Je pensais que vous ne faisiez pas partie de ces gens qui lisent (voient, entendent, sentent, etc.) chez les autres ce qu’ils ont envie d’y lire (…) et uniquement ça.

      Peut-être alors est-ce votre démarche que vous voyez reproduite ailleurs. Si tel est le cas je suis heureux que vous trouviez ici cette chaleur que je suis prêt à vous donner, et avec un peu de chance cette chaleur comme vous la nommez pourra se répandre à d’autres, et alors oui la misère actuelle reculera d’autant.

      Si vous saviez le nombre de gens qui sont prisonniers de leur environnement, de leur travail…de leur vie, A LEUR INSU. Et cette misère n’est pas liée à la richesse monétaire. Cette misère est partout : le plus dur étant de la reconnaître. C’est un long travail : il faut d’abord s’exercer à la déceler chez les autres avant de pouvoir la déceler chez soi. C’est une grosse, si pas LA grosse, ficelle : si tout le monde la voit vous verrez comme les problèmes et questions actuels s’envoleront.

      Alors pour répondre à votre question : oui, je suis effectivement content d’être lu, mais le chemin est long, chacun ne voulant en fait lire que ce qu’il a envie ou est capable de lire : difficile de changer de grille de lecture ou d’enlever la grosse ficelle qu’on a dans l’oeil ; et non, je ne viens pas ici pour trouver de la chaleur mais en espérant en donner, mais ne suis pas mécontent parfois d’en recevoir également.

      Sincèrement.

      PS : peut-être est-ce simplement une de ces deux phrases qui a « perturbé » votre lecture :
      « Il n’y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir »
      « L’amour est l’ultime signification de tout ce qui nous entoure. Ce n’est pas un simple sentiment, c’est la vérité, c’est la joie qui est à l’origine de toute création. »
      Elles ne sont pas de moi ! En espérant que votre lecture sera différente : je ne sais de qui est la première, l

  50. @hema

    Comme vous semblez être intéressé par les Pays-Bas, pour répondre à votre question, je vous dirais d’abord que l’opinion publique est abasourdie car personne ne s’y attendait. On se pose bien sûr la question de savoir comment il est possible qu’à ce niveau-là – alors qu’en s’engageant, on sait trés bien que la vie politique ne sera pas de tout repos et qu’on a bien réfléchi à ce que l’on faisait (Wouter Bos n’est pas bête du tout) – on puisse si soudainement, en pleine déblacle financière et avec de tels enjeux, annoncer aussi simplement que l’on préfère consacrer plus de temps à ses enfants ( tout en étant assuré, au grand étonnement d’ailleurs de beaucoup de lecteurs, comme je le lis ce matin, d’une confortable compensation ces prochaines années). La Hollande semble de plus en plus plongée dans un état de confusion totale.
    Ces dernières décennies, la Hollande s’est voulue être le grand champ d’expérimentation de l’émancipation – un exemple à suivre – et voilà où nous en sommes, les hommes se vantant d’être émancipés (c’est Wouter Bos qui, il y a quelques années, se vantait de se réserver chaque semaine un « papadag »- une journée de papa) ne peuvent plus assumer leurs responsabilités professionnelles et familiales et finissent par craquer… Alors qu’on ne le l’accepterait sans doute pas des femmes au top, comme l’écrivait ce week-end une journaliste du journal NRC, et qu’on a demandé depuis des années aux femmes de tout combiner – et bien voyons, c’est juste une question d’ o.r.g.a.n.i.s.a.t.i.o.n ! … Un société dans la confusion. Où allons-nous si même les hommes n’y arrivent plus?
    Troisième point: il me semble que Wouter Bos va bien devoir s’expliquer quant aux décisions prises par son ministère ces dernières années. Peut-on du jour au lendemain laisser ainsi des dossier brûlants, non résolus, à son successeur sans plus avoir à y engager sa responsabilité?
    Nous assistons à une vague de démissions de personnalités politiques relativement jeunes et aux capacités certaines. Est-ce un signe de bonne augure?
    La conclusion est que la société se fragilise. A trop vouloir, on finit pas perdre, et chaque jour on se demande un peu plus où nous allons et quelles sont nos valeurs.

    1. Vous évoquez une question sur laquelle je vous rejoins: combiner vie professionnelle, vie familiale sans aucun problème. On se rend compte, hommes comme femmes, que c’est impossible, et qu’il faut faire un choix. Les hommes font de plus en plus le choix de leur famille. J’aurais tendance à penser que c’est une bonne chose (des hommes de ma génération ne veulent pas être les pères absents qu’ont été leurs propres pères), du reste, si tout le monde travaillait à temps partiel, il serait plus facile d’allier les deux. Quant aux carrières politiques, on voit à quel point ce n’est plus gratifiant!

  51. Je dois être inspirée par certains commentaires car j’ai encore ces petites remarques à faire.

    La voie de Jésus Christ est une des voies, il est évident que notre société manque d’amour, de compassion, d’attention, de sérénité, de calme, de temps,… la liste est longue, car on peut ajouter sacrifice, don de soi, abnégation, etc…

    Comme on le sait (ou pas), la modernité a voulu donner la parole aux chantres des valeurs inversées. Toute notre société occidentale est basée sur l’inversion des valeurs. Nous commençons à en récolter les fruits (plus ou moins gâtés). Et depuis 40 ans que nous en mangeons, nous commençons à en sentir les effets… Pour moi, deux questions se posent: Pourquoi avons-nous dû être nourris de ces fruits-la? Qui a eu intérêt à nous nourrir de la sorte? Quelqu’un aurait-il une réponse?

    Pour nous en sortir, il y a des pistes… des penseurs, des philosophes, des Sages, des individus libres et critiques… J’ai un livre en particulier, j’en ai beaucoup d’autres, tout à fait inspirant à cet égard, « Terre Patrie » d’Edgar Morin (Seuil, 1993).

    Un point fondamental qu’il nomme et qu’il suggère est de « préparer la décélération »(p. 177). Je ne peux qu’être d’accord avec lui: notre société s’est emballée, notre société va trop vite!
    De là ma reflexion faite dans un autre post sur la juste place de la femme dans la société moderne et son éventuelle contribution à la crise actuelle. La femme a-t-elle joué son rôle de modérateur dans la société, ou bien s’est-elle lancée à corps perdu dans la course folle de la société de consommation et de compétition (vous vous souvenez peut-être comme moi des années 80 et du phénomène yuppie, j’étais alors étudiante, et tout se mis à bouger très vite… et les femmes de n’avoir plus qu’une idée en tête: faire carrière!)?. Et je cite Edgar Morin: « Il faut rehabiliter la lenteur – Lentum in umbra – dans la vie quotidienne, élargir et développer les possibilités de convivialité où reapparaît un temps proprement humain… p. 178 Pour ce qui est de l’année sabbatique, comme il le propose, je me pose la question…

    Edgar Morin ajoute également qu’il faut « préparer l’ère méta-technique »: « On peut espérer que la technique cesse d’être le guide aveugle de notre devenir; on peut envisager l’intégration de la technique dans les finalités humaines » p.179 Un peu ce qui est pratiqué dans ce blog ( merci monsieur Jorion) : de l’anthropolitique.

    La religion entre bien sûr tout à fait dans ce projet de société. R. Girard dans « le Nouveau petit Robert », je ne suis pas allée chercher bien loin: Il n’y a pas de société sans religion parce que sans religion aucune société ne serait possible ». Je dirais presque que c’est simple comme bonjour. Un retour aux sources est nécessaire. Qui va le mettre en oeuvre? Qu’allons nous faire pour y contribuer?

    1. @Anne,

      Merci pour votre réponse au post d’avant, je m’intéresse au Pays-bas comme à beaucoup d’autres pays.
      Je suis assez d’accord avec l’article envoyé par Fred, si ça se passe mal en Hollande ça préfigure assez bien (ou plutôt mal) ce qui se passer en Europe et en France (CF résultat des dernières élections ou le Front National (extrême droite) pavoise).

      Pour moi, les Pays-Bas ainsi que les pays scandinaves étaient plutôt un modèle en terme d’émancipation féminine, et personnellement j’adhère, est ce qu’une partie des problèmes viennent de là, je n’y crois pas , mais je n’y ai pas réfléchi plus que ça.

      Sur la folie de la vitesse et la force de l’amour, je vous rejoins complètement, sur le modèle de Jésus-Christ et si on reste ou niveau du bonhomme qui à l’air assez sympa, je peux vous rejoindre, si on parle de l’influence positive des religions, je ne partage pas du tout cette idée (mais j’ai peut-être mal compris votre post…).

      A+ Cordialement et bonjour chez vous.

    2. @ anne

      Je ne vous suis pas moi non plus sur les religions.
      Le christianisme a complètement dévoyé le message de celui ou ceux que l’on appelle Jésus.

      Prenez la bible et le Nouveau Testament.
      Ce sont deux textes radicalement différents.

      Le Dieu de la Bible n’a rien à voir avec celui que Jésus nomme « son Père ».
      D’un côté un dieu féroce qui n’hésite pas à tuer les hommes qui ne lui conviennent pas, de l’autre un dieu qui est amour et pardon !

      « Tu gagnera ton pain à la sueur de ton front » c’est le dieu de la Bible !
      Et çà, il fallait bien le garder pour maintenir le peuple en servitude !
      L’aspect « foudres divines » aussi pour que la piétaille marche droit.

      L’épisode Jésus a été raccordé à la Bible en faisant de lui un descendant du roi David.
      Du coup le message d’amour se trouve bien amoindri intentionnellement.

      Car ce que prônaient Jésus et ses disciples n’était ni plus ni moins que l’abandon des richesses matérielles !
      Et çà, çà ne pouvait pas passer !

      Or, ce message a eu un écho énorme chez les « petites gens ».
      Pas besoin d’acheter volailles, moutons ou taureaux pour faire de magnifiques offrandes, de payer les dignitaires des temples pour les sacrifices, non, rien de tout cela.
      Une seule ligne de conduite : s’aimer les uns les autres et le paradis est assuré !

      Intenable !

      C’est pour cela qu’il a fallu habiller tout çà correctement.

      Enfin, voyons, Jésus dans une crèche, bon d’accord, Noël, paix sur la terre, etc, etc, mais tout de même, le Fils de Dieu vous vous rendez compte, on ne peut pas le laisser ainsi !
      Il est ressuscité quand même!
      Et donc : églises, cathédrales, ruissellements d’or et de pierreries, chasubles, calices, ciboires et tout le tralala, c’est Notre Seigneur, que diable (oh, mille pardons, je m’égare !).
      Et donc : de l’argent, encore plus d’argent, pour Lui, et des monarques de droit divin, pour mettre de l’ordre dans tout çà !

      Et 2000 ans plus tard voilà où nous en sommes.

      Alors que la seule parole véritable est « Aime ton prochain comme toi-même ».

      De toute ces histoires il n’y a que çà à retenir et la religion n’a rien à voir là dedans.

    3. Anne ma soeur, toi au moins tu vois venir !

      Louise, la religion ramenée aux pratiques religieuses que nous avons connues, ce n’est pas ce qu’il y a de plus motivant effectivement. La religion ça peut être aussi : le travail, l’argent, le foot…que de l’amour quoi !?

      Remplaçons « religion » par « spiritualité » et voyons…

    4. A Louise,
      Jésus fait partie de ceux qui nous invitent à la liberté, à la responsabilité et à la raison. Son sacrifice, injuste et voulu injuste aux yeux de tous nous invite à la réflexivité. C’est une autre image de la parabole de la paille et de la poutre, c’est l’invitation à quitter le rituel magique du bouc-émissaire pour entrer dans celui de la compréhension des effets de nos actes.

  52. @ Loréal Alain 13 mars 2010 à 11:15

    Vous vous dites ancien soixante huitard et vous diffusez un extrait du discours de Davos de notre Président.

    «La mondialisation a dérapé à partir du moment où i était admis que le marché avait toujours raison et qu’aucune autre raison ne lui était opposable. ( … ) Elle a engendré un monde où tout était donné au capital financier et presque rien au travail, où l’entrepreneur passait après le spéculateur, où le rentier prenait le pas sur le travailleur, où les effets de levier, atteignant des proportions déraisonnables, engendraient un capitalisme dans lequel il était devenu normal de jouer avec l’argent des autres, de gagner facilement, rapidement, sans effort, et trop souvent sans une création de richesse ou d’emploi. »

    Ne peut-on pas penser que l’esprit de 68, avec ses slogans ravageurs pour la morale, ne porte pas une grande responsabilité dans ces dérives quand on se remémore ce que vous énonciez comme des acquis de votre « révolution ».

    Avec « Il est interdit d’interdire » et « jouissons sans entrave » notamment, pourquoi se gêner dès lors qu’on a fait sauter les freins moraux. Tout est permis et tout finit par arriver. Vous avez, sans le vouloir à l’époque, semé les graines d’une régression morale et nous en sommes à la récolte. Nous ne maitrisons plus rien, ni l’économie, ni nos enfants, ni notre devenir.

    C’est à vous de reconnaître vos erreurs sur ce plan pour aider à remettre la marche du monde sur de bonnes voies.

    1. Vous accusez bien vite les 68 ards, comme il est de mode actuellement. Je ne me sens pas concernée, n’ayant que 35 ans. Pour autant, les freins moraux avaient sauté avant 68. Comme toujours, on ne regarde que le phénomène saillant, mais la tendance était à l’œuvre depuis longtemps. Et la crise de 29, vous n’allez pas la faire retomber sur les épaules de nos baby boomer quand même? Sur ce blog, j’ai l’impression qu’il faut, parce qu’on est allé trop loin dans une direction, aller dans la direction contraire voire retourner vers je ne sais quel age d’or perdu. Il y a quand même une infinité de nuances possibles entre les extrêmes. Et surtout, il y a de nouvelles formes de « vivre ensemble » à inventer, et ce, avec urgence.

      A Anne. Girard est un catholique, je veux bien prendre ses propos (dictionnaire) comme paroles d’évangiles, mais les évangiles ne concernent pas le monde entier… Qu’appelle t on religion? Si c’est la croyance en un dieu, alors non, toutes les sociétés n’ont pas nécessairement de religion. Si c’est « ce qui lie » (étymologiquement) alors oui, mais avec d’autres fondements qu’un au delà transcendant. Le simple comme bonjour, n’est pas toujours simple, et pas dit que le « bonjour » soit pratiqué partout. Je vous dirais bien de vous méfier des évidences. mais c’est un parti pris.

  53. Oui Anne nous sommes bien aujourd’hui dans une complète inversion des valeurs.

     » Aide et contrôle d’abord ton prochain avec une fourche comme tu n’aimerais pas être traité toi aussi demain dans la peur.  »

    Oui j’attends les prochaines mesures de masse sensaient mieux faire le bien des hommes, tant bien sur cela ne touche pas encore nos élites marchandes et politiques, tout la haut dans leur bulle.

  54. @ Lou.
    Je constate que vous ne condamnez pas les slogans que je dénonce. Au contraire, votre intervention tend à les exonérer de tout effet négatif sur la tenue morale des générations post 68.

    Ce faisant, je trouve que vous êtes mal fondée à critiquer les dérives morales qu’on attribue au monde financier.
    Sans vous en rendre compte, au plan moral vous en êtes complice, même si du fait des conséquences vous êtes victime

    1. jducac
      Je n’exonère personne, je constate que les 68ards sont les cibles faciles à qui on reproche tout, alors qu’il ne sont ni plus ni moins coupables que les autres générations. Quand je dis que je ne me sens pas concernée, je voulais dire par là que ne faisant pas partie de cette génération, je ne me sentais pas visée par l’attaque, ce qui ne signifie pas que je ne me sente pas responsable de la situation ambiante actuelle. Ayant du reste un sens aigu de la responsabilité je me rends compte avec horreur de ce que j’ai laissé faire, voire ce à quoi j’ai moi même participé. Donc voilà, le truc de mes congénères est de reprocher aux baby boomer tout et son contraire, du coup, pas de reproche à se faire. c’est pas moi c’est l’autre.
      En ce qui concerne le « jouissez sans entraves », pour moi, c’est un impératif catégorique du marketing (à partir de l’après guerre) et du néo libéralisme. En outre, je pense que l’hédonisme n’est pas condamnable, mais hédonisme ne veut pas dire faire n’importe quoi, au détriment de l’autre. Quand il y a jouissance, sans souci de l’autre ou au dépend de l’autre, ça, ce n’est plus de l’hédonisme, mais du sadisme.
      Mais si vous entreprenez une archéologie de cette perte généralisée du souci de l’autre, ça m’intéresse.

    2. @ Lou 16 mars 2010 à 17:49
      Je constate une nouvelle fois que vous ne dénoncez pas « Il est interdit d’interdire » alors que je vous ai tendu la perche pour que vous le fassiez. Or, de très nombreux préceptes moraux sont, des interdits à la base.

      Comment faites vous pour éduquer vos enfants ?

      Ma femme, enseignante a été enchantée par son métier jusqu’à ce qu’arrivent les enfants des 68 ards qui, ayant « bénéficiés » de la mise en application de ce slogan se sont révélés, mal éduqués et très difficiles à encadrer. Elle a pris sa retraite il y a 20 ans. Il me semble que la situation ne s’est pas améliorée depuis, bien au contraire.

      Tu ne tueras pas. Tu ne feras pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fasse. Tu n’abuseras pas de la faiblesse des autres. Tu ne seras pas insolant. Tu ne seras pas violant. Tu ne dégraderas pas le bien d’autrui. Tu ne voleras pas. Tu ne fuiras pas devant la police. Tu ne manqueras de respect ni à tes parents, ni à tes professeurs ni aux représentants de l’Etat, ni en général à tes ainés. Tu ne tricheras pas. Etc…

      Il ne faut peut-être pas aller chercher ailleurs la venue du laxisme qui s’est généralisé jusque dans le domaine de la régulation financière.

      La non application de ces interdits interdits a conduit à l’émergence de slogans dérivés tel que : Nique ta mère (donc ton père) Nique la police. Etc…

      Quant à « jouissons sans entrave », il faut voir ce que cela donne quand ce précepte sort du contexte sexuel. Chez les traders, chez les responsables formés dans les écoles de commerce, pour être des tueurs en affaires Etc…Ils connaissent de très grandes jouissances en toute bonne conscience d’autant qu’ils ne sont soumis à aucuns freins moraux. Ils niquent les autres. C’est normal.

      Cela étant dit, chaque génération peut commettre des erreurs et, comme on constate une accélération de l’évolution des sociétés, chaque génération a la possibilité constater les effets de ses actions. Ce serait un moindre mal si elles se corrigeaient d’elles mêmes plutôt que de nier l’évidence.

      Elles se grandiraient à condition de faire preuve d’humilité et d’esprit de responsabilité à l’égard des générations suivantes.

  55. @ Fab dit :
    16 mars 2010 à 08:11

    Cher Fab, je suis tout à fait d’accord avec vous :
    mon commentaire se termine par ces mots : « la religion n’a rien à voir dans tout çà » !!!

  56. @ gueule d’atmosphère dit : 13 mars 2010 à 15:12

    Et si la question se posait ainsi?
    « Le XXI ème siècle sera politique ou ne sera pas? » Dites-vous.

    Personnellement, j’adhère à beaucoup des idées et arguments que vous développez dans cette intervention.(13 mars 2010 à 15:12 ) J’irai voter avant tout par devoir. Par devoir citoyen dirons les uns. Par devoir républicain dirons d’autres.

    Mais pour moi, c’est surtout par devoir d’homme responsable, qui souhaite être utile à l’évolution de notre communauté régionale, nationale, européenne, mondiale, notre civilisation. L’évolution de nos grandes communautés nous a conduits là où nous sommes par la voie démocratique qui me semble la bonne mais qui n’est pas très performante quand on voit combien elle amène à des confrontations stériles alors que le spectre de l’extinction de l’espèce rôde à nos portes.

    L’affrontement de partis à court d’idées parce qu’à court d’analyses objectives me semble affligeant et dérisoire. Ceux qui veulent nous guider, soit ne sont pas à la hauteur pour engager leurs congénères dans la voie qu’ils veulent bénéfique, mais n’ont pas encore découverte, soit ne savent pas comment enclencher le processus qu’ils ont imaginé mais qui, parce qu’il est aux antipodes des aspirations de la plupart des gens, est politiquement inabordable.

    J’ose espérer dans la seconde hypothèse, et je crois que pas grand-chose d’efficace ne sera mis en route tant que l’opinion n’aura pas été psychologiquement et moralement préparée à une reconversion radicale de ses attentes. Moins de matériel, plus de spirituel est la seule voie disponible quand on se heurte aux limites physiques de notre planète.

    Le politique, en général très matérialiste, n’est pas le mieux armé pour conduire la cure de désintoxication qui s’impose.
    D’ailleurs, il n’y a pas que les politiques qui ont contribué à façonner l’humanité. Bien souvent ils se sont contenté de l’exploiter à leur seul profit. Voyez, par exemple comment ils se sont bien soigné dans les lois qu’ils ont adopté pour leurs rémunérations, retraites et autres pour les députés, les sénateurs…
    Aussi, je suis plus près de la vision de Malraux : Le 21ème siècle sera spirituel ou ne sera pas.

    1. Veuillez corriger l’avant dernière phrase: Voyez, par exemple,comment ils se sont bien soignés dans les lois qu’ils ont adoptées pour…

    2. Moi je suis sur d’une chose : le XXI ème siécle ( et les suivants) sera (-ont).

      Et c’est pour que j’y sois aussi ( et surtout ma descendance ) que je vote .

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