Désaliéner l’État : une stratégie offensive et défensive, par Xénophon

Billet invité.

Le système du Crédit Public, c’est-à-dire des dettes publiques, dont Venise et Gênes avaient, au moyen âge, posé les premiers jalons, envahit l’Europe définitivement pendant l’époque manufacturière. Le régime colonial, avec son commerce maritime et ses guerres commerciales, lui servant de serre chaude, il s’installa d’abord en Hollande. La dette publique, en d’autres termes l’aliénation de l’État, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique. Il n’y a donc pas à s’étonner de la doctrine moderne que plus un peuple s’endette, plus il s’enrichit. Le crédit public, voilà le credo du capital. Aussi le manque de foi en la dette publique vient-il, dès l’incubation de celle-ci, prendre la place du péché contre le Saint-Esprit, jadis le seul impardonnables.
La dette publique opère comme un des agents les plus énergiques de l’accumulation primitive. Par un coup de baguette, elle doue l’argent improductif de la vertu reproductive et le convertit ainsi en capital, sans qu’il ait pour cela à subir les risques, les troubles inséparables de son emploi industriel et même de l’usure privée. Les créditeurs publics, à vrai dire, ne donnent rien, car leur principal, métamorphosé en effets publics d’un transfert facile, continue à fonctionner entre leurs mains comme autant de numéraire. Mais, à part la classe de rentiers oisifs ainsi créée, à part la fortune improvisée des financiers intermédiaires entre le gouvernement et la nation – de même que celle des traitants, marchands, manufacturiers particuliers, auxquels une bonne partie de tout emprunt rend le service d’un capital tombé du ciel – la dette publique a donné le branle aux sociétés par actions, au commerce de toute sorte de papiers négociables, aux opérations aléatoires, à l’agiotage, en somme, aux jeux de bourse et à la bancocratie moderne.

Karl Marx, Le capital, Livre 1, Huitième section

Comme nous avons eu peur de supprimer ce qui existait, nous avons augmenté le déficit et, aujourd’hui, la ville [de Francfort] a 8 milliards de dettes. On ne peut pas faire une telle politique. Pour combler un déficit, on emprunte à tous ceux qui ont de l’argent, mais tout le monde doit rembourser la dette avec ses impôts. L’endettement public, ce n’est rien d’autre qu’un processus pour enrichir les banques avec l’argent des citoyens.

Daniel Cohn-Bendit, Une envie de politique, Entretiens avec Lucas Delattre et Guy Herzlich, Paris, La Découverte, 1999.

Je ne sais pas si Daniel Cohn-Bendit, dénonçant ainsi l’endettement public dans un livre publié à l’occasion des élections européennes de 1999, se souvenait du passage précédemment cité du Capital. Les deux hommes s’accordaient en tous cas pour reconnaître qu’une politique d’endettement public, qui enrichit les banques en leur aliénant l’État, ne saurait être une politique de gauche. Notre gauche « gestionnaire » ne semble guère s’en soucier plus que cela. La droite, quant à elle, veut montrer qu’elle est décidée à prendre le taureau par les cornes. C’est ainsi que l’on peut interpréter les déclarations du Premier Ministre François Fillon sur la nécessaire austérité. Mais son empressement à donner par avance tous les gages nécessaires aux marchés financiers comme aux agences de notation suscite une certaine méfiance. La droite, oublieuse des idées du général de Gaulle qui associait la démocratie à la souveraineté nationale (conférence de presse à Londres, le 25 mai 1942), ne s’accommoderait-elle pas un peu trop facilement du pouvoir politique considérable que ces derniers détiennent de facto ? Car tel est l’enseignement politique de ces dernières semaines : il saute aux yeux désormais qu’il existe au-dessus des États une instance politique suprême constituée de ces fameux « marchés financiers » accolés aux agences de notations. Voilà quelque chose que Montesquieu n’avait pas prévu, ni dans le gouvernement républicain, ni dans le monarchique, ni dans le despotique. Et d’où cette instance tient-elle sa souveraine puissance ? Ni du peuple en corps comme dans les républiques démocratiques, ni même d’une partie du peuple comme dans les républiques aristocratiques. Non, elle tient sa puissance d’une aliénation consentie, ainsi que l’avait bien vu Marx, dans le cadre d’une accoutumance à la dette publique. On dira que c’est bien le peuple, malgré tout, qui a consenti à cette aliénation, puisque les budgets sont votés par les représentants qu’il s’est choisis et que les emprunts sont contractés par un Gouvernement qui s’autorise de la légitimité démocratique. Mais c’est oublier que le peuple ne peut pas se tenir informé de tout. Il sait bien que la dette, les impôts, l’état de l’économie, tout cela le concerne. Il sait bien qu’il est pris dans le cours des événements. Il s’informe comme il le peut, autant que possible. Pourtant, lui demander de choisir ses représentants en parfaite connaissance de cause, puis contrôler leurs décisions, et cela dans tous les domaines de la vie publique, c’est faire « peser sur ses épaules le poids d’une tâche impossible », comme l’écrivait le journaliste américain Walter Lippman en 1924. Ce qui est certain, par contre, c’est qu’aucun républicain, au sens de Montesquieu, ne saurait se satisfaire d’une telle situation, dans laquelle le sort des États repose pour une large part entre des mains qui échappent à tout contrôle démocratique. Sans aller nécessairement jusqu’à parler d’« Union sacrée », le refus d’une telle perte de souveraineté devrait faire l’objet d’un assez large consensus, par-delà les clivages partisans habituels. Mais que faire ? Comment sortir de l’aliénation ? On ne peut pas se contenter de dénoncer les marchés financiers comme tels, ni l’un ou l’autre de leurs acteurs. La stratégie, comme dans toute guerre, doit être à la fois défensive et offensive. On voit bien dans le cas européen comment les spéculateurs ont utilisés la faille dans la défense de la zone euro que représentait la dette grecque. La stratégie défensive repose donc sur une politique visant à réduire la dette. L’affirmation, je l’admets, n’est guère originale. Elle n’est guère enthousiasmante non plus. Mais c’est la condition pour désaliéner l’État. La gauche, en tous cas, encore plus que la droite, devrait se souvenir en permanence sur ce point de l’avertissement de Marx. Or on la voit trop souvent s’accrocher à une vulgate keynésienne, qui ne va guère au-delà de quelques lieux communs sur la relance par la dépense publique. Il y a sans doute mieux à faire, pourtant, des recettes fiscales au titre de l’impôt sur le revenu que d’utiliser la plus grande part pour payer la charge de la dette (la notice accompagnant le formulaire de déclaration des revenus de cette année, que nous venons de recevoir dans nos boîtes à lettres, indique que les recettes de l’impôt sur le revenu en 2010 sont estimées à 48,9 milliards d’euros sur la base du projet de loi de finances rectificatives présentée par le Gouvernement le 20 janvier, alors que la charge de la dette est estimée à 43 milliards d’euros). C’est dans le cadre de cette indispensable stratégie défensive, qui a elle seule enlève une bonne partie de leur pouvoir aux marchés financiers et fait recouvrer leur souveraineté aux États, qu’il me semble que peuvent prendre place les mesures offensives également nécessaires défendues sur ce blog à commencer par l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix.

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110 réflexions sur « Désaliéner l’État : une stratégie offensive et défensive, par Xénophon »

  1. Ce qui est certain, par contre, c’est qu’aucun républicain, au sens de Montesquieu, ne saurait se satisfaire d’une telle situation, dans laquelle le sort des États repose pour une large part entre des mains qui échappent à tout contrôle démocratique.

    Tout est là! Voilà le critère infaillible pour trier le blé (sic) de l’ivraie.

    PS: Visiblement cela fait longtemps que l’on a mangé notre pain blanc.

    1. Ceux qui prétendent qu’on peut faire la fête sans en payer le prix trouvent toujours des gogos pour les croire.
      Et essayer d’expliquer à des gogos !

    2. @ALBIN
      C’est sûr. Mais j’ai du mal à voir le rapport. Cependant, je suis sûr que vous allez m’expliquer.

  2. La gauche, en tous cas, encore plus que la droite, devrait se souvenir en permanence sur ce point de l’avertissement de Marx.

    Que voulez-vous toute référence à Karl Marx est immédiatement assimilée à du marxisme qui lui-même est assimilé à la doctrine du bloc soviétique qui a indiscutablement échoué.

    En clair, Karl Marx est banni du vocabulaire politique. La justesse de ses constats n’y fera rien. Et encore, ça c’est en Europe. Aux États-Unis, Karl Marx c’est le diable!

    1. Très juste, mais le Diable a un énorme potentiel dans ce pays de crapauds de bénitier.

      Il suffit de voir la facilité avec laquelle un certain Brian Hugh Warner s’est hissé jusqu’au firmament du ciel-trottoir (« système étoile », en américain dans le texte) en se métamorphosant en l’incarnation « Marvel Comics » du vieux bouc congestionné qui ne fait même plus peur aux enfants sages dans nos contrées.
      Brian Hugh Warner est désormais beaucoup mieux connu sous le pseudonyme de Marilyn Manson.

      De là à transformer Marx en nouvelle idole des jeunes et moins jeunes, pour peu que ce soit une bonne idée, il y a un très grand pas. Mais bon, si le Diable en personne fait recette, pourquoi son envoyé sur Terre n’y arriverait-il pas ?

      Le marilynmansonisme comme remède à la crise de notre civilisation ? Je n’irais évidemment pas jusque là.
      Disons qu’il s’agit d’un symptôme particulièrement évident du niveau de popularité insensé que l’on peut atteindre aux États-de-moins-en-moins-Unis pour peu que l’on ose revêtir les atours de ce qui fait le plus peur aux esprits éclairés qui constituent l’écrasante « moral majority » de ce non-pays mort-né. Il suffit de s’entourer d’une équipe technique compétente et d’un peu de dadaïsme, conscient ou non, et l’affaire est dans le sac.

      MarXilyn Manson ?

      Nom d’une pipe à eau, les politiciens de notre espace-temps manquent cruellement d’imagination !
      Si la rencontre fortuite entre notre Univers et le mien avait duré un petit peu plus longtemps, j’aurais volontiers effectué pour notre salut une danse du sabbat de derrière les fagots qui aurait renvoyé les Trichet, Obama, Bernanke et autres fractions insignifiantes de demi-dieux à leurs trains électriques. L’alignement de nos réalités étant désormais divergent pour un temps indéterminé, je vous lance le relais à l »aveuglette en espérant que quelqu’un…

      ——————————- (error)

  3. Je me risque à dénoncer Marx et sa théorie du capitalisme.

    Gérer une entreprise c’est faire un choix dans ses investissements et dégager des ressources lorsque l’on veut en faire de nouveaux ou attendre le remboursement du 1er investissement pour entamer le suivant..

    Qu’est ce que l’emprunt, pourvoir investir tout de suite en payant plus tard par le recours à l’emprunt.

    Qu’est ce que le capital, l’accumulation des investissements passés non réinvesti, il secrète alors des ressources libres ou de l’argent, ou est un gage vis à vis des autres tel un capital..

    Bref emprunter c’est accélérer le cour du temps, capitaliser c’est investir pour le futur…

    Le problème de la dette est que les états, toujours pressés, n’ont jamais laissé le temps au temps pour attendre des ressources libres avant d’engager de nouvelles dépenses ou investissements…

    En entreprise on a la notion du cash flow net et de la trésorerie dégagée; pourquoi dans notre pays chaque fin d’année il faut vider les budgets et ne pas conserver d’argent inutilisée de l’année qui se termine…

    Il en est de même de la spéculation actuelle, est-elle responsable de la crise, oui car c ‘est elle qui l’alimente, non car ce n’est pas elle qui emprunte sans jamais laisser la part dans les budgets des états à tout ou partie du remboursement du capital emprunté.

    Je suis toujours surpris dans notre pays, et sans doute dans les autres, de voir que lorsque l’on a un projet alors on cherche le financement et on crée un nouvel impôt, logiquement c’est la trésorerie et les capacités disponibles qui devraient être maîtres des investissements et non le contraire…

    Voilà ce qu’attendent les marchés et ce qu’ont compris les marchés, les états n’envisagent pas de rembourser le capital mais en plus l’intérêt de la dette atteint aujourd’hui un tel niveau que même l’intérêt risque demain de ne plus être payé…

    Je rappelle que l’intérêt de la dette atteint aujourd’hui pour la France le montant de l’impôt sur le revenu, que les 11% de déficit du budget sur PIB c’est en fait pratiquement la moitié du budget de la France…

    Les créanciers ont découvert que les états actuellement dépensaient le double de leurs recettes….!!!!!

    1. Il y a de nombreuses choses justes dans ce que vous dites. Croyez le ou non certaines d’entre elles ont été faites par Karl Marx lui-même.

      Ne confondez pas sa pensée avec la pensée de ceux qui l’ont récupéré. Mais cela nécessite de faire l’effort de le lire. Maintenant sur certains points, il s’est néanmoins trompé et lourdement. Avec le recul, c’est flagrant. Mais quels sont les auteurs qui n’ont pas dits de bêtises à un moment ou à un autre? On ne peut pas avoir raison sur tout et en permanence.

      Maintenant, certaines de vos phrases mériteraient d’être elles-aussi amendées comme celle-ci:

      Qu’est ce que le capital, l’accumulation des investissements passés non réinvesti, il secrète alors des ressources libres ou de l’argent, ou est un gage vis à vis des autres tel un capital..

      Cela me parait pour le moins étrange comme définition du capital. Enfin pour détendre l’atmosphère, pourriez-vous m’indiquer par quels pores le capital « secrète ces ressources libres?

      PS: Les marxistes-léninistes, qui n’ont pas nécessairement tout compris de Karl Marx, vous répondraient par les pores des masses laborieuses exploitées. C’est justement de ce type de discours et de sa réciproque libérale dont il faut sortir.

    2. Bourdon, en matière de micro-économie, vous allez me trouver sur votre chemin. J’en suis un bon connaisseur.
      Ainsi, lorsque vous prenez comme cas une entreprise pour extrapoler au cas d’un état, je vais vous renvoyer l’ascenseur.
      J’ai eu un très bon prof d’économie et j’ai pu vérifier dans TOUS les cas sa théorie par ma pratique.

      Et ainsi, toute entreprise qui commence à s’endetter pour les frais courants et non uniquement pour les investissements finit TOUJOURS par l’analyse de sa stratégie par « autopsie ». (terme génial utilisé par ce prof et qui m’a largement marqué dans le style des erreurs à ne PAS commettre)
      Le RSI… avec amortissement qui est une fleur faite par les impôts…
      Quid maintenant du Retour Sur Investissement…?
      Calcul de risque, tout bêtement.

      Si nous extrapolons à un état, idem. Soit, l’éducation, la recherche et la santé du peuple.
      Vous remarquerez que ces trois secteurs sont en passe d’être privatisés complètement.
      Soit, une logique implacable lorsque l’on reproche aux « états » de s’endetter pour les dépenses courantes et plus pour les investissements.

      L’autopsie des états se rapproche.

    3. Si le service de la dette est inférieur au déficit budgétaire, cela démontre que les états sont donc très responsables. Le service de la dette étant une rançon demandée par les marchés financiers en contre partie de leurs financements qui auraient du être réalisés par leurs banques centrales sans intérêts. cqfd.

      L’alternative à ce système dysfonctionnel doit être redéfinie avec les contrôles indépendants nécessaires, mais sans la ponction ou taxe des marchés financiers par le biais des intérêts sur les financements publics. Amha.

    4. à frederic2

      Je ne suis pas un anti quoi que ce soit, juste que depuis la mort de Marx, le monde a bcp changé, je tente dans la crise actuelle et depuis mon adolescence de comprendre le monde sans forcément rechercher de réponses dans la lecture des autres.

      Par capital j’entends ce que nous accumulons, épargnons ou bâtissons, mettre de l’argent de côté c’est un investissement, en prévision du futur, dès le moment où vous avez un bien, action, immeuble terrain, le surplus entre son coût, remboursement ou amortissement, peut dégager des revenus potentiels.

      D’une certaine manière les châteaux de nos anciens rois sont un capital, l’homme a grandi a progressé car certains ont accumulé, tout est capital, il représente ce que nous laissons derrière nous.

      Dès le moment où vous avez un bien, quelqu’un a décidé cet investissement, cela signifie qu’il a mis une partie de ce qu’il avait pour y parvenir, en toute logique cet investissement des hommes à un coût moral et il est en droit en le prêtant et en prenant un risque de se voir remercié à travers l’intérêt.

      Le capital est donc pour moi et au delà de l’argent ce que nous créons et laissons derrière nous, il est la base de l’évolution de l’homme vers ce qu’il est aujourd’hui.

      Je dis donc que nous avons la latitude de dépenser tout ce que nous « gagnons », nous pouvons aussi épargner et donc accumuler du capital, fourmi ou cigale.

      Pour moi le capital est donc ce que nous avons de sonnant et trébuchant, cela s’applique aux créatifs, à la culture, la notion du capital a été dévoyée à ce qu’il a de plus vil, montrer sa richesse et en abuser.

      C’est donc sur le terme aliénation de l’état que je ne suis pas en accord avec vous et avec Marx.

      En fait c’est comme si Marx considérait que l’Etat a en dépôt toute la richesse de ses citoyens, qu’il s’aliène en empruntant, pourquoi ne pas considérer que l’Etat lorsqu’il emprunte ne décide pas immédiatement d’inscrire en charge future le remboursement de cette dette.

      C’est ce discours que je n’accepte pas, j’ai lu ici et vu aussi que depuis 30 années et pour la France, l’intérêt versé pour la dette correspondait aux sommes qui ont été empruntées.

      Juste montrer à travers cela que l’état se comporte comme un très mauvais emprunteur qui continue à payer de plus en plus d’intérêt et voit sa dette augmenter malgré ses remboursements réguliers.

      Bien évidemment si on est en accord avec les règles Marxistes, c’est logique que l’on ne rembourse pas car le capitaliste enchaine l’état à son argent, ne peut-on concevoir que celui qui a un capital cherche à le conserver.

      Voilà ma conviction, les Etats n’envisagent jamais le remboursement de leurs dettes, Marx a bon dos, c’est un peu la théorie de la CGT, ce qui m’appartient est à moi, ce qui appartient aux autres cela se discute.

      Bref l’état à un devoir moral d’assumer le remboursement de la dette, en ne s’appliquant pas se devoir à lui, comment peut-il demander aux spéculateurs une règle éthique et le respect des états…

      Juste à travers mes mots qu’en prenant cette règle de l’aliénation de l’état par la dette, selon Marx, j’en au mainte fois fait l’expérience ici, à chaque fois que je dis que le 1er responsable est le ministre des finances qui dépense plus qu’il ne perçoit et non le prêteur qui lui réclame son argent, j’ai une réaction épidermique.

      Sans doute la vraie raison de cet état vient du fait que le responsable d’un état n’est pas responsable sur ses deniers propres des dettes de l’état, donc après moi le déluge, reste que l’état lui est bien responsable, le réel soucis de notre société est de ne pas responsabiliser les hommes politiques à leurs décisions, Marx était un politique, il parlait en politique …

      Aujourd’hui la dette créée en Grèce par personne est réclamée à la Grèce à travers ceux qui forment l’état à savoir ses habitants, maintenant est-ce moral ou non …

      Pour celui qui a la créance bien évidemment il utilise les moyens en sa possession pour récupérer son dû, il utilise les armes de l’argent, son action est donc légitime, de l’autre côté les Grecs considèrent qu’ils n’ont pas à payer !!!!

      Pardon d’être touffu et un peu brouillon mais je suis déjà en retard, bon WE et à dans une semaine pour lire la suite

    5. à Yvan,

      Je n’ai parlé que d’investissements et non de charges courantes, une entreprise qui ne peut assumer ses charges courantes va droit dans le mur, sauf si c’est un problème passager et dans ce cas particulier ce n’est pas un emprunt qu’elle fait mais une aide de trésorerie qu’elle demande.

      Suis toujours surpris de voir qu’en France, lorsque nous payons nos impôts et autres, auprès du trésor public, il y a tjs une adresse différente, comme si il y avait une comptabilité analytique et in finé, nous émettons tjs nos réglements au trésor public, bref dans un état, investissements et frais courants sont mélangés sans règle bien précise…

      Une fois on investit dans l’éducation alors que c’est du courant, à l’arrivée et comme pour la fameuse vignette prévue pour les retraités, tout est mis en commun et plus rien n’est contrôlé…

      Suis tjs surpris dans notre pays de voir que pour comprendre un pb il faut tjs créer une commission, comme si nous ne savions jamais combien tout coûte…

      Imaginez une entreprise qui ne sait pas ce que lui côute ses services et sa production, à votre avis combien de temps cela peut durer, voilà ma réflexion et mon parallèle entre l’entreprise et l’état…

      D’un côté on entretient une nébuleuse, un brouillard sur tout et de l’autre une gestion au centime près…

    6. Mais il a été dit et redit que les entreprises n’ont plus la possibilité d’attendre retour sur investissement au contraire des spéculateurs/actionnaires qui peuvent s’enrichir sur des différentiels de rentabilité en quelques semaines , par exemple en licenciant 30 % des salariés…

    7. à Emmanuel

      2 choses qui m’interpellent, la 1ère pour vous l’intérêt de la dette est une rançon, selon vous la planche à billet de la banque centrale doit financer les déficits des états.

      Je veux bien accepter que les banques empruntent leurs fonds auprès des banques centrales pour 1% maxi et le prête aux états à entre 2 et 5%, voir plus avec la Grèce:

      Ce faisant les banques donnent une existence à ces fonds car elles deviennent responsables en cas de non règlement des états et c’est le problème présentement avec la Grèce

      Donc les banques effectivement tentent d’obtenir le rachat de ces obligations par les banques centrales, ce que la BCE a refusé et entrainé le fameux crack de Wall Street.

      En vous suivant, il est normal de faire fonctionner la planche à billets et donc de créer des richesses virtuelles dont on sait maintenant que cela conduit au crash

      enfin pour terminer, dire que rembourser l’intérêt de la dette, si le budget est équilibré cela vous suffit, d’une le déficit du budget de la France correspond à cet intérêt et ce en 2007 et 2008 avant la folie actuelle, ce faisant la France ne rembourse plus ni l’intérêt de la dette ni le principal…

      De quoi donner et expliquer le comportement des banques et du marché actuellement, non seulement les états s’endettent mais en plus ils ne remboursent plus rien du tout… et comme je vous l’ai dit actuellement la France dépense deux fois plus que ses recettes, pas besoin de vous dire que ce n’est pas bon du tout et que compte tenu de ce montant absurde, je dirai que la France est quasi dans l’état de la Grèce !!!!

    8. Vous avez tout faux, Bourdon.

      Dont, entre autre, considérer l’éducation comme une dépense courante. Car l’éducation donne à un état des citoyens plus éduqués et qui peuvent aussi mieux entreprendre.

      Je ne suis ainsi pas surpris de votre passion pour l’accumulation de capital AINSI que la joyeuse crise actuelle qui en découle.

      Vous ne pouvez donc vous en prendre qu’à vous-même.
      Bon 1929.

    9. @ Yvan
      Je crains que l’éduc-nat ait baissé le niveau de sa production.
      On songe à délocaliser l’école primaire française à Shangaï dans des tours de 100 étages, ce serait moins cher et le résultat pas pire.
      La mise à niveau des petits français coûte trop cher…no future.

    10. @bourdon

      « Une fois on investit dans l’éducation alors que c’est du courant »

      ça se discute,…. non?

      En fait, vu du gouvernement, sous l’angle forcément étroit (mais indispensable, je vous l’accorde sans réserve) de la gestion, il est certain que ce sont des dépenses courantes (de plus non élastiques), mais on peut dire aussi, que du point de vue de l’entité « France », c’est un sacré « Investissement » répété chaque année, certes, mais un investissement quand même.

      Ceci dit on doit aussi pouvoir mieux gérer les investissements, mais c’est un peu plus compliqué que de couper le robinet, comme notre charmant 1° ministre semble le souhaiter avec une certaine constance depuis qu’il est à son poste.

      Cordialement

    11. Bourdon,
      Je n’ai pas parlé de planche à billet, je pense que les états devraient rembourser les crédits qui auraient du leurs êtres faits par leurs banques centrales. Je ne vois pas en quoi un crédit sans intérêts serait plus inflationniste qu’un crédit avec. C’est en fait exactement le contraire. La masse monétaire doit être contrôlée proportionnellement aux besoins et à la création de richesse que l’économie réalise. Le système actuel ou les Banques centrales indépendantes privées jouent sur l’intérêt pour contrôler l’usage du crédit est à la fois très inefficace, mais souvent incontrôlable…

      Cette fameuse planche à billet tient du dogme académique et de la propagande inconsciente (?) des acteurs des marchés financiers amha.

  4. Notre mémoire est courte. J’ai sous les yeux un tableau intitulé « La convergence économique (situation en 1991) qu’y voit-on pour la Grèce et les autres:

    Inflation Déficit public Dette publique Taux d’intérêts à long terme
    Grèce 17,8% 17,9% 96,4% 19,5%
    France 3,1% 1,5% 47,2 9%
    Allemagne 4,2% 3,2% 46,2% 8,6%
    Portugal 9,6% 5,4% 64,7% 17,1%
    Italie 6,2% 9,9% 101,2% 12,9%
    Espagne 5,5% 3,9% 45,6% 12,4%
    Belgique 2,8% 6,3% 129,4% 9,3%
    Luxembourg 2,6% 2,0% 6,9% 8,2%
    Pays Bas 4,9% 4,4% 78,4% 17,1%
    Irlande 3,6% 4,1% 102,8% 9,2%
    Grande Bretagne 4,5% 1,9% 43,8% 9,9%
    Danemark 2,3% 1,7% 67,2% 10,1%

    A l’époque seuls la France, le Danemark, l’Allemagne, et le Luxembourg (paradis fiscal) remplissaient les critères de Maastricht. Et aujourd’hui en pleine crise économique et financière mondiale, alors que quasiment plus aucun pays ne rentre dans les critères (sauf peut-être le Luxembourg) on voudrait ramener à marche forcé en deux ou trois ans tous les pays de la zone euro dans les clous des critères de Maastricht, alors que les déficits publics sont en moyenne autour de 10%, que la croissance est atone. C’est pure folie, c’est comme jouer avec un flacon de nitroglycérine dans un jardin d’enfant. Et pourtant c’est ce qu’ils s’apprêtent à faire !

    Par ailleurs la dette publique de la France était de moins de 100 milliards d’euros en 1978, autour de 400 milliards d’euros en 1991 et aujourd’hui elle explose à 1400 milliards d’euros soit 80% du PIB. N’y a t-il pas un lien entre cette explosion de la dette et les politiques de dérégulation menées
    depuis plus de 30 ans, sans discontinuité par les politiciens de droite comme de gauche. Et aujourd’hui ces mêmes culpabilisent les populations, en leur disant qu’elles doivent se serrer la ceinture parce qu’elles vivent au dessus de leurs moyens: qui’ls commencent à donner l’exemple eux. Car en général c’est le contraire ils augmentent leurs rémunérations de 100 à 200% et cumulent les pensions de retraite.

    1. Le minimum « moral » serait bien qu’ils se votent une grose baisse de leurs substantielles indemnités ‘élus (député 15000E mensuels; ils pourraient descendre de moitié; par rapport au bas peuple). On serre toujours les autres.

    2. @Gardès

      C’est bien vrai qu’ils n’évoquent jamais les économies à faire sur leurs émoluments et sur le train de vie des institutions. Voyez le budget de l’Elysée, par exemple, qui n’a cessé de croître malgré les déficits à répétition de l’Etat, le surendettement et la crise.

      A cela, nos gouvernants nous répondraient facilement que ce serait une goutte d’eau dans un océan, et que ce n’est certainement pas cela qui résorberait le déficit. Peut être bien, mais pour ma part, je prendrais cela comme un geste symbolique fort qui signifierait que la solidarité citoyenne existe jusqu’au plus haut sommet de l’Etat.

      Oui, qu’ils soient les premiers à se montrer vertueux !

    3. … que chacun participe à ‘ l’effort national ‘ « , qu’ils disent …
      « Effort » – National » en plus !, c’est beau non ?
      Qui peut trouver à redire ?

    4. Le grand big-bang: demander à chaque fonctionnaire ou salarié de collectivité territoriale de devenir auto-entrepreneur et de facturer sa prestation à ses clients. Plus d’administré, plus d’usager, que des clients !
      La police payée par ses citoyens qui se regroupent…..les hôpitaux payés par les malades…..les juges payés par les plaideurs…..
      Et en cas de mécontentement…..le depôt de bilan faute de clients.
      Et des syndicats patronaux pour lutter contre les clients-citoyens.
      C’est cela la vraie utopie !

    5. @ quedal

      Vous avez certainement lu cette excellente planche du regretté (le mot est faible) Franquin où Gaston a contracté une terrible allergie au mot « effort ».

      En ce qui me concerne, je suis allergique au mot « national », et je sais d’expérience que je suis loin d’être seul dans ce cas.

      Tremblons, tremblons ! Qu’un sang impur abreuve nos sillons !
      (puisque les nappes phréatiques sont désormais toxiques — faute de grives…)

      Franquin a couché sur papier ses Idées noires au tournant des années 70-80. Heureusement pour lui, il n’est plus là pour assister à cette époque où la noirceur est devenue à ce point relative.
      Repose en paix, André Franquin : tu as fait ce que tu as pu pour avertir tes contemporains.

      Merde alors : les IDÉES NOIRES de Franquin sont en passe de devenir un paradis perdu… C’est effroyablement effroyable. La planète-labyrinthe est dorénavant une réalité. Je ne croyais pas que je vivrais assez vieux pour voir ça, même si je ne suis pas encore assez vieux pour être vieux.

      Maman !!! Éteins la télé !!!!!!!! J’ai peur… Pourquoi ça te fait sourire, maman ?

  5. Je viens enfin de comprendre, avec deux semaines de retard, ce que disait P. Jorion à propos des gouvernements d’union, puis des CNR. Sachant qu’il est bien trop éminent pour battre la campagne et radoter, je me disais que mon niveau neuronal avait atteint son seuil d’incompétence et que peut-être le temps ou une âme charitable, m’offrirai le synapse manquant pour éclairer enfin ce propos d’une intelligence bienvenue.
    Merci Xenophon, grâce à vous, je viens de comprendre.
    La prochaine fois que je lirai un article de Monsieur Paul, je mettrai des lunettes spéciales pour entre le lignes, derrière les mots et même à travers les lettres. Ou alors, je ferai carrément appel à un expert du chiffre.
    J’ai l’air de rire comme ça, mais c’est nerveux.

    Vous parlez, à juste titre, de méthodes défensives.
    Il est vrai, comme le dit F. Leclerc dans son article du jour, qu’il semblerai que les gouvernants de l’euroland se reveillent. Néanmoins, au niveau historique, ça fait un peu comme si Reynaut était encore entrain de ménager la susceptibilité de Ribbentrop pour « éviter le pire » alors que les panzers se seraient engouffrés, sans combat, derrière la ligne maginot.

    Alors, votre but défensif est lumineux. Mais il reste le facteur temps.
    Or, s’il faut envisager de dégonfler la dette publique suffisamment vite, donc brutalement pour que « l’agresseur » n’ai plus de subsistance, il y a un terme militaire pour expliquer une telle stratégie de défense:
    le terre brulée.

    Dégonfler la dette par des jeux d’inflation maitrisée prendra dix ans, c’est à dire mille fois plus de temps qu’il n’en faut aux marchés pour abolir la démocratie.

    Dans l’urgence, les Hollandais surent rompre leur digue et s’auto-inonder, les Russes, face aux Suédois, puis aux Français, puis aux Allemands, surent, avec succès, bruler leurs récoltes et abattre leur bétail.

    C’est efficace mais le coût exigé est tel que seule une autocratie peut se permettre de l’envisager.

    Encore une fois, je me permettrai de poser une question car, quand on parle de méthode défensive, on sait contre quoi ou qui on lutte et on connait ses objectifs.

    La question donc que j’aurai envie de poser clairement aujourd’hui, c’est:

    Sommes nous face à :

    1. une crise systémique de type accidentelle?

    2- une attaque spéculative(de type razzia viking) dont le seul but est de gagner un maximum?

    3- une attaque visant à détruire l’euro, l’UE et le modèle social européen?

    4- quelque chose de pire encore?

    Pourquoi n’y a-t-il aucune réponse claire de personne à ce sujet?
    Peur du ridicule? Auquel cas, je serai tenté de dire que si le ridicule ne tue pas, la peur du ridicule si.
    Manque de lucidité? Je n’y crois pas un instant
    Ne pas être le déclencheur d’une spirale au conséquences incalculables?

    Quoiqu’il en soit, il y aura bien un moment où il faudra savoir si nous préférons souffrir pour s’arracher d’un piège ou accepter des chaines trompeuse porteuses de souffrances bien pires.

    L’insupportable aujourd’hui, c’est que les dirigeants de l’euroland nous demande pas de souffrir pour garantir notre liberté, mais ils exigent notre souffrance en sacrifice à leur dieu Marché.
    Un peu comme l’élite gauloise organisa l’esclavage de son peuple en échange de la citoyenneté romaine.

    1. « 4- quelque chose de pire encore? »

      L’armée Chinoise envahira l’Europe dans quelques mois, par la mer, par les airs ou par la terre?

    2. Est ce que « les dirigeants de l’Euroland » sont les seuls en cause ?

      N’est ce pas aussi le fait de l’électeur devenu consommateur et plus du tout citoyen , qui deamde à la représentation publique de protèger plus son livret de caisse  » d’épargne » que sa liberté et ses droits civiques ? Même les britanniques semblent frappés par le virus .

      Qu’est donc que ces campagnes présidentielles où il s’agit de  » gagner plus ? » Maintenant , tout de suite , pour moi et un maximum …

      Qui pour parler d’avenir nourri de la grande histoire humaine et terrestre ?

      Et quand le « désir d’avenir » devient une liste de produits à acheter au supermarché du coin , on en vient à désirer un autre débat , avec davantage d’Europe des peuples au menu .

      La prochaine fois ?

    3. Et si « quelque chose de pire encore » voulait tout simplement dire : écroulement d’un système ou fin de civilisation ?

  6. les mesures annoncées par ce ministre ne sont elles pas typiques d’un  » faux-semblant  » , faute de volonté de mettre  » les marchés  » sous la tutelle du politique ?

    1. Merci Claire pour cette vidéo.

      Je ne connaissais pas Isabelle Stengers. Son discours est limpide et fort juste. Une dame plein de sagesse.

    2. Mon cher « Lisztfr »,
      j’espère que vous êtes repassé par ici,
      découvrir le précieux lien de « claire »… avant d’aller à la pharmacie.
      Amitiés

    3. @claire

      J’avais remerçié la menuise (qui est beaucoup plus rapide que moi) pour ce lien dans un billet précedent, je rends donc à César ce qui est à César, et je vous remerçie toutes les 2.

      Cordialement

  7. citez Marx, citez le sans relâche, ne marquez pas de pause, la vérité de ses concepts doit résonner pour nous permettre de mieux raisonner.

  8. D’accord, « interdiction des paris sur les fluctuations de prix », mais qui contrôle? Dans un système qui n’est fondé que sur le profit et la concurrence, peut-on avoir confiance en de sinstances indépendantes de ce système… si le système lui-même et sa gouvernance ne change pas, je ne vois pas…
    A moins que vous ne le disiez pas clairement, je pense que votre proposrtion implique un changement de système. Me trompé-je?

  9. @PJ.
    « Par un coup de baguette, elle « doue » l’argent improductif de la vertu reproductive et le convertit ainsi en capital. »

    Elle voue ?

    1. Oui merci, j’ai vérifié le verbe trop tard après avoir posé la question (mon impatience légendaire) ; je ne connaissais pas, figurez-vous. Encore un intérêt à lire Marx et Paul Jorion tous les jours !

  10. Walter Lippmann ne devrait pas être une bonne référence sur ce blog.

    Voici ce qu’en dit Christopher Lasch dans « Le seul et vrai paradis ») : « (…) il proposait de confiner le rôle de l’opinion publique, en matière de mise en œuvre politique, à des questions strictement procédurales, réservant les décisions importantes à une élite administrative. « L’intérêt du public pour un problème », avançait Lippmann, « est limité à ceci : au fait qu’il devrait y avoir des règles (…).Le public s’intéresse à la loi, pas aux lois ; à la méthode de la loi, pas à sa substance ». Les questions d’importance devaient être confiées aux experts, dont l’accès au savoir scientifique les immunisait contre les « clichés » et « stéréotypes » émotionnels qui dominaient le débat public. (…) Il rejetait l’ « erreur mystique de la Démocratie » et l’ « appel habituel à l’éducation comme remède à l’impuissance de la Démocratie ». (…). Le débat public ne devait, dans l’idéal, occuper absolument aucune place ; les décisions s’appuieraient sur « des critère de mesure » scientifiques seuls. La science tranchait net dans les « slogans » et « clichés paralysants » (…). Sous les conditions altérées de la vie industrielle, la participation populaire au gouvernement ne ferait que conduire à l’anarchie et à la loi de la meute. Une démocratie participative devait laisser place à une Démocratie distributive. Au lieu de « faire dépendre la dignité humaine » de l’autonomie, avançait Lippmann, les Démocrates feraient mieux de la faire dépendre d’un accès universel aux bonnes choses de la vie. Le test de la démocratie n’était pas de savoir si elle produisait des citoyens indépendants, mais de savoir si elle produisait des biens et des services essentiels »

    1. Rendons à César ce qui est à César, et aux Grecs ce qui est aux Grecs, on retrouve dans cette position de Lippmann un écho des débats dans l’Athène des Ve-IVe S agitant partisans et adversaires du régime démocratique. Nous ne sommes toujours point sortis des apories du modèle!

  11. A propos de Cohn-Bendit, il vient d’intervenir d’une manière extraordinairement claire sur France Info.
    http://www.france-info.com/chroniques-l-invite-du-samedi-2010-05-08-polemique-sur-l-aide-a-la-grece-daniel-cohn-bendit-demande-la-439403-81-186.html
    ou
    http://www.dailymotion.com/video/xd87og_franceinfo-invite-8h45-080510_news

    Cette affaire est très difficile à suivre pour les non-initiés, et j’ai la nette impression que cette complexité est entretenue de manière volontaire par tous ceux qui ont intérêt à ce que les citoyens n’en comprennent goutte. C’est donc bien agréable d’entendre quelqu’un mettre les points sur des i clairs et simples (tout comme le faisait Monsieur Jorion hier 7 mai dans les 8 dernières minutes de sa vidéo).

    1. @Isabelle
      merci du lien, je ne suis pas sur que ça repassera en boucle sur les média grand public (à voir).
      Cordialement

  12. à Martine Mounier,

    « Par un coup de baguette, elle « doue » l’argent improductif de la vertu reproductive et le convertit ainsi en capital. »

    Elle voue ?

    Non, elle « doue », du verbe « douer », synonyme de « doter », comme dans « doué de raison » (exemple incompatible avec la situation actuelle, je sais).

    1. Héhé, le Français est une langue rigide, si on la compare au Néerlandais, par exemple. Mais cette rigidité est aussi affaire de convention. Qui nous interdira de « douer » la conjugaison Française d’une plus grande souplesse? Tout de même point cette assemblée de fossiles du quai Conti qui se complait dans la taxidermie?
      Plût aux Dieux que je douasse cettte langue de d’une plus grande aisance! Dédouons la France de ses kakodémiciens!

    2. @ Amsterdamois :

      Plût aux Dieux que je douasse cettte langue de d’une plus grande aisance! Dédouons la France de ses kakodémiciens!

      Ah ces économistes, toujours prêts à déréguler :-)) ! Pour obtenir en définitive de grands bazars abracadabrantesques auquel plus personne ne comprends rien ! Laissez donc la langue évoluer comme elle veut, à petits pas… à travers la création littéraire, certes… mais aussi à travers les erreurs, les fautes qui sont répétées si souvent qu’elles traduisent un besoin. Ne forcez pas les évènements… ou les événements, comme il est désormais autorisé d’écrire ^^

  13. Vous dites que le peuple ne peut tout savoir de la chose économique, c’est bien vrai et ce, d’autant plus que beaucoup de faits, d’informations font l’objet de manipulations.
    Mais quand vous dites que la population veut savoir, je m’inscris en faux: la population, dans son ensemble, préfère encore se masquer les yeux plutôt que d’affronter la réalité. On sent bien que quelque chose va se produire, que le monde va changer, mais on espère encore un peu qu’on y échappera individuellement. Cela me fait penser à ses personnes âgées qui, lorsqu’elles traversent une rue, ne regardent ni à gauche ni à droite en se disant que, si elles ne voient pas les voitures, c’est que les voitures n’existent pas. Et, pour oublier la réalité, on regarde les émissions de télé……réalité !!! Drôle de paradoxe.

    1. « Cela me fait penser à ses personnes âgées qui, lorsqu’elles traversent une rue, ne regardent ni à gauche ni à droite  »
      Ne dites pas de mal des kamikaze!

    2. @Piotr,

      Après Listfrz qui veut prendre des anxiolitiques, vous n’allez pas nous laisser penser que vous voulez vous jetez sous un camion, je n’y crois pas non plus.

      Cordialement

    3. Et pourtant………….. à mon petit niveau j’essaie bien d’éveiller certaines personnes autour de moi, famille, amis, collègues, en leur conseillant la lecture de ce blog (entre autres) et rien, aucune réaction, aucune ébauche d’échanges sur la situation, j’en suis attérée. chaque jour au bureau il est question des sorties au cinéma, du dernier épisode de « desperates H machin chose » de la couleur de yeux de celui ci, de leurs achats de fringues, du mois de mai pluvieux et froid et de leurs prochaines vacances (à crédit). Il y des moments j’ai envie de mordre !!!

    1. La pensée économique? Une sorte de pensée symbolique. Un monde régi par la croyance, dans lequel le réel est soumi à des fables.

      Tout autre chose que la pensée politique. Rendons grâce aux Grecs d’avoir découvert la pensée rationnelle et nous avoir offert une échapatoire à cette pensée magique dans laquelle les croyants du marché cherchent à nous contraindre…

  14. Le bancor imaginé par Keynes est l’exemple même de ces mécanismes qui, sans être miraculeux, bouleverseraient les données actuelles.

    La monnaie fondante de Silvio Gesell, dans un tout autre genre, en est un autre. Le reconnaître ne vaut pas pour autant satisfecit.

    En d’autre terme, les mécanismes qui créent et gèrent la dette publique ne sont pas davantage immuables et encore moins naturels. Les lois d’airain sont de la foutaise.

    C’est cet édifice-là qu’il faut mettre en cause afin d’en bâtir un autre. Avec dans la tête une seule finalité, un truisme oublié : l’économie et à fortiori la finance n’ont (ne devraient avoir) pour objectif que la satisfaction des êtres humains ! Ce qui suppose de renverser… la logique de ce que nous vivons. De remettre le monde sur ses pieds.

    A juste titre, l’étrangeté qui veut que les établissements phares du capitalisme puissent disposer de financements préférentiels auxquels les Etats n’ont droit qu’avec parcimonie, quand c’est le cas, a été relevée.

    Non sans raison, l’amorce d’une discussion s’est engagée non seulement sur le risque inflationniste mais sur sa nature et sa mesure (intégrant l’inflation des actifs).

    On voit bien qu’un détricotage est en cours, par un bout ou par un autre, partiel et imparfait. Sous la pression des faits qui ne collent plus avec la vulgate qui faisait office d’indiscutable vérité.

    La compréhension collective d’un monde qui était devenu à force – y compris de l’habitude – intangible a beaucoup avancé. S’écroulant, il a exposé ses faiblesses et ses tares à qui veut les contempler, décrédibilisant les discours en roue asservie de la communication politique.

    Il y a encore de petits efforts à faire ! Comme lorsque l’on évoque, par exemple, le caractère éternel d’une dette publique – que l’on ne remboursera jamais en raison de son volume et de son rapport avec le PIB d’un pays – ce qui heurte le sens commun, et pourtant…

    Comparer la dette publique et la masse des capitaux flottants et spéculatifs, en vue d’une restructuration globale destinée à apurer le passé, est un crime impensable de lèse-majesté. On constate néanmoins la coexistence dans ce monde de capitaux qui n’ont d’autre raison d’être que spéculatifs, d’autre objectif que de se reproduire, et de dettes qui résultent de l’organisation de la vie sociale, qu’il faudrait malmener…

    Comment financer celle-ci ? Cela nous renvoie tout droit non seulement à la monnaie, cette discussion d’enfer où il faut entrer à condition d’en sortir, et à la nature même de nos sociétés et du système qui les régit. Tout un programme !

    1. Votre conclusion M Leclerc est bien celle qui vient à l’esprit car, à l’évidence notre regard sur le monde est la source de cette crise. L’histoire sera-t-elle différente cette fois qu’elle l’aura été dans le passé ? Peut-être qu’avec des pensées positives plutôt que des songes de domination et de prédation tout ira bien. Quel plaisir de vous paraphraser, « demain sera un autre jour » !

    2. Ouf! merci à François Leclerc de mentionner ici Silvio Gesell!
      Cela me permet de revenir dans le débat que j’ai dû laisser pendant quelques jours à cause d’une panne d’ordinateur.
      C’est vrai, ce que j’ai souvent exposé autour de la « monnaie fondante » et que que j’ai rebaptisé SMT (signe monétaire marqué par le temps), va au coeur de cette problématique!
      Marci à Paul Jorion pour cette magnifique citation de Marx qui pourrait même le réhabiliter à mes yeux (Marx!).
      Le raisonnement du SMT est, somme toute, assez simple. Ce qui fait obstacle, ce sont les habitudes de penser et la fausse idée que la monnaie telle qu’elle est serait nécessairement à la fois immuable dans sa forme et « parfaite » dans son fonctionnement.
      Or, l’émission monétaire est un acte parfaitement souverain et régalien, encore aujourd’hui!
      Dès lors, émettre une monnaie qui n’imposerait pas la perversité capitaliste qui nous asservit, et ce quel que soit le mode de gouvernement (démocratique ou despotique), peut devenir imaginable et possible.
      Je rappelle que la monnaie telle qu’elle est émise est capitaliste pour une seule raison finalement facile à saisir par quiconque est animé d’un minimum de bon sens et de bonne foi.
      Comment justifier en effet davantage que la monnaie, le billet de banque centrale, le numéraire, est émis pour ne pas circuler? Comment justifier plus longtemps que la circulation monétaire peut être interrompue à tout moment par les détenteurs de capitaux?
      Car la racine de la rente capitaliste est bien là!
      Les détenteurs de créances ne prêtent qu’à intérêts et quand ils sont assurés que leur capital est bien placé. A la nuance près que, pour ma part, je n’accable pas spécialement les banques, car les banques agissent non pas pour « leurs intérêts » mais bien pour le compte d’individus propriétaires de ces capitaux que Marx appelait très justement la « classe des rentiers ».
      Nous commettons une erreur en voulant simplement dénoncer les profits des banques sans voir qu’il s’agit, en fait, de profits rentiers ainsi transférés des débiteurs (la grande majorité, les gouvernements) directement dans les poches des plus riches (une petite minorité).
      Nous le constatons chaque fois qu’un risque de défaut de paiement se précise. Les banques sont des coquilles vides que les investisseurs laisseront tomber sans problème dès que leur bien leur semble menacé. « On » les abandonne à leur insolvabilité, sauf les TBTF, et encore.
      Or, avec le SMT, il y aurait un moyen extrêmement simple d’obtenir que les plus fortunés ne soient plus en mesure de faire chanter le corps social et de lui soutirer la rente du capital.
      Je rappelle que cette rente représente aisément 40% du PIB d’un pays comme la France, et même davantage.
      Dès que le SMT serait émis, il deviendrait sensible que ces signes nouveaux ne pourraient plus obtenir un intérêt pour être mis en circulation.
      Les détenteur de tels signes devraient les « prêter » à leurs banques par exemple avec le simple espoir d’échapper ainsi au marquage du temps inhérent au SMT lui-même. Cela aurait pour conséquence que la banque, à son tour, serait amenée à prêter les fonds reçus sans intérêts aussi, moyennant quoi, même le gouvernement grec pourrait se retrouver en position de réduire sa dette en peu de temps. D’autant que les rentrées fiscales seraient puissamment stimulées dès que le détournement frauduleux deviendrait coûteux grâce au SMT.
      Précisément, les risques massifs d’insolvabilité disparaîtraient comme par enchantement, et, au fond, même les créanciers seraient dans une position bien plus sécure qu’actuellement.
      Par contre, la rente du capital disparaîtrait tout aussi rapidement, et la totalité du PIB serait désormais disponible comme revenu du travail. « Accessoirement », tout phénomène de chômage disparaîtrait aussi rapidement.
      Je rappelle que le SMT serait une monnaie exclusivement circulante qui ne ferait jamais autre chose que circuler, c’est-à-dire générer des revenus en échange d’un bien ou service. le SMT ne saurait être « servi pour lui-même » comme c’est le cas de la monnaie actuelle qui devient ainsi le levier inexpugnable (tant que l’on ne l' »expugne » pas) du capitalisme.
      Au lieu d’être une monnaie « asservissante » comme la monnaie-capital actuelle, le SMT serait une monnaie rendant seulement des services à son usager.
      Je ne comprend pas les économistes qui peuvent encore s’accrocher à la définition de la monnaie qui serait à la fois moyen d’échange et moyen de thésaurisation. Car ces deux notions s’excluent nécessairement, et le résultat est la crise systémique.
      Même le fait que la BCE accepte finalement les obligations grecques en pension (contrairement à son « dogme » allemand) est bien aussi un élément de preuve qu’obtenir une monnaie circulante est absolument vital.
      Et il est vrai aussi que la BCE a certainement un temps de retard sur les autres grandes banques centrales qui, elles, « monétisent » des créances pourries (ou même actionnent simplement la planche à billets comme au Japon), beaucoup plus massivement depuis plus longtemps déjà.
      Mais tout cela ne se fait qu’avec le fait implicite et empiriquement confirmé que ces masses supplémentaires ne sont pas destinées à circuler du tout du tout! Il s’agit simplement d’un moyen de rassurer les plus riches…
      Je rappelle que la Bundesbank à évalué en juin 2009 que 90% du numéraire en Euro émis ne circule absolument pas (où sont toutes les grosses coupures dûment émises?).
      Cette pression constamment déflationniste pousse à la fois vers l’ambiance spéculative extrême et nourrit toujours et encore la rente capitaliste.
      Bon ,je m’arrête là, à +

  15. Quand bien même Karl Marx aurait écrit des choses très dures sur le capitalisme, qui nous dit que d’autres ne pourraient pas de nouveau se servir de ses écrits par pure esprit d’opportunisme et de vengeance, les choses vont parfois si vite de nos jours.

    Pour d’autres si vous voulez mais pas pour moi merci quand même.

    Ah si nos grandes idoles d’antan étaient toujours autant vénérer c’est sur cela nous permettrait de mieux résonner, d’ailleurs c’est bien simple avant la naissance de KM la plupart des hommes et femmes ne savaient pas du tout compter ni mieux penser par eux-mêmes que ce soit pour allumer un simple feu ou pour mieux faire du pain aux autres faute d’argent ou d’emploi.

    Enfin que voulez-vous toute référence et toute personne qui ne cite pas systématiquement KM pourrait très être bien assimilé à quelqu’un venant d’un trop mauvais bord de penser n’étant pas mieux inspiré par la raison saine de ses écrits économiques. Rassurez-vous je n’irais quand même pas jusqu’à dire que Karl Marx pouvait également sentir des pieds comme tant d’autres humains.

    Oui qu’il est bien dommage que KM n’est pas aussi vu autre chose dans la plupart de ses écrits
    pas toujours plus rassurants à lire et affranchissants pour l’esprit de ses lecteurs les plus attachés à son propre vocabulaire de penser. Il ne suffit pas de passer toute sa vie à critiquer principalement le capitalisme pour peut-être déjà mieux voir ce propre bourgeois en soi, comme à l’égard des propres gens de sa famille comme de ses enfants.

    Je sais ce n’est pas non plus rendre un meilleur hommage intellectuel ou flatteur à KM mais faudra bien quand même passer un jour à autre chose, je sais bien qu’il a écrit beaucoup de choses pour les gens qui souffraient beaucoup du capitalisme de l’époque, mais était-il aussi toujours très juste et modéré dans ses écrits ?

    N’oublions pas de voir aussi le grand échec du socialisme ce serait bien quant même qu’on en parle un peu de temps en temps. Pour moi les gens du socialisme ont également une grande part de responsabilité il n’y a pas d’un coté 100% de gens bons et de l’autre 0% de gens mauvais, mais des gens qui recherchent continuellement à faire croire que le mal vient toujours des autres mais jamais d’eux-mêmes parfois.

    1. M Jeremie,
      Marx est un théoricien qui a fait émerger le matérialisme en arguant que le fait économique l’emportait sur tout autre chose. En ce sens c’est un révolutionnaire, il a mis en haut ce qui était en bas. L’important de sa création est là.

    2. @Xénophon
      Qu’est-ce que je vous disais! Dès que le nom de Karl Marx est prononcé, le discours se radicalise.

      Il est immédiatement associé au monde socialiste (au sens bloc de l’est). C’est clair qu’il s’en sont servi comme étendard. Mais à la vue de ce que les dirigeants de ces pays ont fait avec ses idées, je pense qu’il aurait été tout aussi critique envers ce système asservissant.

      Toujours pour détendre l’atmosphère. Une petite citation.

      Le capitalisme c’est l’asservissement de l’homme par l’homme. Le communisme s’est l’inverse.

      Coluche

    3. Au passage en plus de Lénine, Marx et Bakounine, savez-vous quel était l’un des auteurs les plus cités par les apparatchiks théoriciens de la révolution russe?

      Hegel

  16. « Il y a sans doute mieux à faire, pourtant, des recettes fiscales au titre de l’impôt sur le revenu que d’utiliser la plus grande part pour payer la charge de la dette (la notice accompagnant le formulaire de déclaration des revenus de cette année, que nous venons de recevoir dans nos boîtes à lettres, indique que les recettes de l’impôt sur le revenu en 2010 sont estimées à 48,9 milliards d’euros sur la base du projet de loi de finances rectificatives présentée par le Gouvernement le 20 janvier, alors que la charge de la dette est estimée à 43 milliards d’euros). »

    Vous évoquez également dans votre papier la difficulté pour le citoyen de s’informer et de comprendre.

    Et pourtant, sur ce point précis, sans grand développement intellectuel, l’affaire est facile à cappréhender par le citoyen lambda: les gouvernements successifs utilisent le crédit revolving. L’Etat se préoccupe du surendettement des ménages à cause de ce type de crédits (enfin de temps à autres). Mais pourquoi ne dit-il pas haut et fort au citoyen qu’il a recours au même type d’expédient ? En effet, même s’il parvient à emprunter à un taux beaucoup plus faible, ,son incapacité à faire face à cette dette ressemble fort à ce qui se passe lors du surendettement d’un ménage. Deux solutions: soit bouffer des nouilles pendant 10 ans, soit retrouver rapidement un boulot lucratif le plus vite possible. Pour l’Etat, c’est pareil, mais quand on n’a pas d’imagination, on ne peut trouver de sources de revenu, on a que des vieux trucs en magasins qui ne marchent plus, TGV, Rafales, EPR, etc. On préfère donc mettre l’ensemble des électeurs au régime pâtes-concentré de tomates.

    Notre Etat est engagé dans un processus de cavalerie mortifère, quelquefois justifiée par le niveau d’épargne des français. Or celui-ci est massivement, et de plus en plus, détenu par les plus riches. En quoi, cette épargne peut-elle présenter une contrapartie? Neuilly va-t-elle nous filer son pognon pour rembourser notre dette collective? Je n’en crois pas un mot.

    Nous sommes condamnés à cause d’un processus intellectuel défaillant lié à une mésappréhension du réel. Pendant ce temps l’orchestre sur le pont joue un lugubre « Ce n’est qu’un au revoir mes Frères »

    Tous aux canots de sauvetage!

  17. Je pense que la première décision à prendre serait de fermer les bourses pendant une durée indéterminée. Ce qui s’est passé à Wall Street jeudi dernier est très grave…je crois que plus personne ne maîtrisait la situation pendant plusieurs minutes. Le système, « cette bête supra-humaine », nous a complètement phagocyté.
    Ce qui est bien dans cette époque, c’est qu’on se rend compte que ce que l’on a voulu jeter aux oubliettes aurait pu nous servir. Ce texte cite Marx et appelle à un retour sous une certaine forme des souverainismes, non pas un souverainisme « xénophobe » mais celui du contrat social de Rousseau et honnêtement ça me plaît. Il y a également l’idée d’intérêt général ou commun qui semble émerger de ce texte et ça me semble important de le réaffirmer dans une époque qui a voulu sacrifier les droits collectifs (droit de grève notamment) au profit des droits individuels (ce qui a entraîné une judiciarisation excessive du domaine privée). En fait, on redécouvre la notion de solidarité grâce à ce blog.

    Enfin, il y a quelque chose qui me paraît bizarre : comment a-t-on pu ces vingt dernières années distribuer autant de crédit tout en maîtrisant l’inflation (autour de 2 %) ?

  18. Ce billet n’a aucun sens. Il admet la supprématie d’une monaie, comme l’or, incontrolée par le politique. En effet dans cet esprit la, les Etats s’endettent auprés des banques qui détiennent, elles seules cet étalon. C’est tout simplement scandaleux.
    CDB ne veut pas entendre parler d’Etats souverains c’est son probléme historique. Quand à Marx il combattait justement le concept de banque centrale indépendante qui existait à l’époque, et qui existe toujours aux USA, et qui a été réactivé en Europe, aprés 150 ans!
    Chaque grande ville au Moyen-age possedait sa monaie. Battre monaie est un pouvoir régalien qui ne saurait etre détenu par des personnes privées. L’idée d’une monaie unique indépendante est absurde.
    Les Etats ou la zone euro ont le droit de dévaluer, d’imprimer de la monaie. Bien sur c’est pas trés malin, mais cela permet de se sortir d’affaire, et cela remet les choses en ordre: L’essentiel est la crise économique, le développement industriel, vert ou non. Le reste c’est du pipo pour spéculateur. L’Argentine se sort d’affaire en ne payant pas ses dettes. Point barre.
    Weimar n’était pas une crise financière, mais une grave crise économique, avec un pouvoir incapable de faire comme Christina Kirchner, Morales ou Chavez.
    Ensuite pas de souci pour les USA: Il leur suffit d’étatiser la FED et d’écarter les banques de ce pouvoir. Mais ça c’est faire du Chavez.
    C’est une crise en papier faite par du papier à des lustres des besoins de l’industrie réelle.
    C’est la crise des riches, pas la notre.
    Marx auarit dit exactement ce que je dis!

    1. Notons , plutôt que de faire parler les morts , que c’est en réalité la FED qui s’est emparée des USA .

    1. Au moment du référendum, Alternatives Economiques
      faisait campagne pour le Oui, tout en rendant compte
      d’un livre montrant que l’ Europe conforme au projet amoindrirait
      la protection sociale. (Les revues de presse de A.E. sont excellentes.
      Une raison de plus pour s’ abonner).
      Les arguments pour le oui étaient ceux servis partout:
       » C’est pas terrible, mais il faut en être. On pourra toujours
      modifier le traité dans un sens plus équilibré. »

      Les faits ont invalidés cette promesse. Et A.E. est très souvent
      obligé de déplorer des errements ou des tendances que son approbation
      rendait clairement obligatoires.
      Depuis, les éditoriaux naviguent entre « ça pourrait être pire, ne nous
      plaignons pas » ou crises de rage (rentrée et policée) impuissantes.
      A quoi servent la haute qualité technique (en économie) et la bonne
      tenue éditoriale ( 2 qualités incontestables de A.E.), si le
      courage politique -et le simple bon sens économique- ne sont
      pas à la hauteur ?

      [ L ‘intelligence ne suffit pas. Nous avons besoin de courage:
      au moment du renouvellement de l’ abonnement,
      j’ai laissé tomber; le feuilleter de loin en loin
      en librairie me suffit.]

  19. http://www.ft.com/cms/s/0/0efb7112-5a91-11df-ab0b-00144feab49a.html?nclick_check=1

    German court rejects request to block Greece aid

    Germany’s highest court said on Saturday it had rejected a request from a group of academics to block the immediate release of a German loan to Greece, allowing the financial aid to flow to debt-stricken Athens.

    The five academics had argued that the financial aid – part of a euro zone/International Monetary Fund package — was not provided for under European Union treaties and would give rise to inflationary policies.

  20. @ Xenophon :
    Bon billet.

    @ Tous :
    A mon sens, un élément essentiel :
    « les recettes de l’impôt sur le revenu en 2010 sont estimées à 48,9 milliards d’euros sur la base du projet de loi de finances rectificatives présentée par le Gouvernement le 20 janvier, alors que la charge de la dette est estimée à 43 milliards d’euros ».

    Ce que vous appelez la ‘charge de la dette’ s’appelle de fait les INTERETS de la dette. Et là, les choses sont plus claires pour tous les français.
    Sinon, il faut parler de ‘service de la dette’, où l’Etat français rembourse alors le capital et les intérêts.

    Dès lors, il FAUT que les français, qu’ils payent ou non des impôts sur le revenu (et de toute façon, via la TVA, ils payent des impôts) sachent que la quasi totalité de l’impôt sur le revenu sert à ne rembourser QUE les INTERETS de la dette et non la dette elle-même !!

    Et à qui appartient la dette de la France ?

    A 68% à des non résidents en 2009, soit dans la plupart des cas, qu’ils soient de nationalité française ou non, des personnes (morales ou physiques) qui ne participent pas à l’élaboration du devenir de la France. Très clairement, environ 20% des recettes de l’Etat français doit être mobilisé pour ne rembourser UNIQUEMENT que les intérêts des créances détenues par des non résidents, sans que ces 20% des recettes ne parviennent à entamer un quelconque remboursement du capital dû.
    EN 2005, à titre de comparaison, ce pourcentage de détention par des non résidents n’était encore ‘que’ de 58,7% … (et il devait être encore bien moindre il y a 10, 20, … 50 ans).
    http://www.aft.gouv.fr/article_131.html?id_article=131

    Ces 43 milliards d’euros servent dans 68% des cas … à payer rubis sur l’ongle des investisseurs qui n’ont cure de la France et de ses habitants (qu’ils soient personne physique, morale, de nationalité française ou non). Soit 29,2 milliards d’euros. L’équivalent de deux fois la TIPP … pour ‘rien’.
    En fait, il serait très certainement nécessaire de payer chaque année pour rembourser le service de la dette (capital + intérêts) une somme d’environ 120 milliards d’euro pendant 10 ans (à minima), soit l’équivalent de … la TVA en France, qui ramène 50% des recettes à l’Etat français !!

    « Françaises, français, sachez que si vous voulez vraiment sortir du piège de la dette, il vous faudra verser un euro sur les deux que vous payez à l’Etat, dont 68% à des non résidents. »
    J’imagine fort bien qu’avec un tel discours d’investiture, un futur président de la République ferait un tabac.
    Et deviendrait tout d’un coup très ‘légitime’ pour proposer un plan de ce genre :
    1/ suppression de l’article 123 du Traité de Lisbonne
    2/ emprunt à la BCE de 1500 milliards d’euro à taux zéro (ou 0,5%, pour refinancer à long terme la BCE), sur 30 ans
    3/ remboursement annuel du SERVICE de la dette (capital + intérêts), à 40 milliards par an
    4/ ‘libération’ de la dette :
    – suppression de la dépendance des notation des ‘agences’,
    – suppression de la dépendance de la variation des taux d’intérêts,
    – recouvrement de l’indépendance politique de la France et de ses citoyens vis-à-vis des créanciers (notamment non résidents),
    – création de marges de manoeuvre financières supplémentaires annuelles (différence entre remboursement fixe et annualités croissante de la charge de la dette = + 3 milliards en 2010),
    – libération à ‘charges et recettes constantes’ = toute recette supplémentaire ne fera qu’accélérer la sortie de crise en alimentant l’investissement public ou le remboursement de la dette,
    – solidarité inter-générationnelle réaffirmée puisque la ou les générations qui remboursent la dette le font pour leurs enfants, …
    5/ au bout de 30 ans, la France n’a plus aucune dette publique. Début d’une nouvelle ère.

    Ce programme ne serait PAS un FIN en soit (il pourrait se contenter de l’être, eu égard aux effets très positifs qu’il génèrerait). Il permettrait aussi et surtout :
    – de sortir de ce piège de la dette publique définitivement,
    – donner du temps aux politiques et aux citoyens pour construire un autre système financier,
    – système financier qui pourra se mettre en oeuvre une fois le remboursement de la dette effectuée ou avant (effacement total de la dette, eu égard au fait qu’elle a déjà été remboursée intégralement avant la mise en place de ce programme),
    – sous forme d’un Bancor ‘fondant’ (par exemple).

    Alors ?

    M. Leclerc, qu’en dîtes-vous ?

    1. La France est l’un des pays qui a le taux d’épargne des ménages le plus élevé (17% des revenus en 2010). Si vous faites cela vous ruinez les français, bravo!

    2. Oui mais pour un tiers des Français, on constate (étude de l’insee) que leur taux d’épargne est négatif.
      Le taux d’épargne cache des disparités flagrantes entre Français puisque ce n’est qu’une moyenne.
      Donc on peut supposer qu’une bonne majorité épargne moins de 10% de leurs revenus…

    3. Zébu,
      Je soutiens et encouragement vos 4 propositions !
      Et souhaite vivement, si elles inspirent un jour nos politiques, qu’une 5e soit ajoutée pour remettre en cause le système de réserves fractionnaires, pour enfin ne plus souffrir des contractions-décontractions de la masse monétaire, et permettre de mettre un système en place qui permette un meilleur contrôle sur la gestion de la monnaie au niveau de chaque nation. En fonction des besoins, et indépendament des banques privées.
      Mais chaque chose en son temps…
      Merci pour vos idées.

    4. Si la source de fonds provient de la BCE et non des marchés, comment est-ce qu’on recycle les euros déjà existant?
      En fait le marché ne les recyclera plus , il s’en débarrassera.

    5. @ CB :
      1/ aucun rapport avec l’épargne
      2/ la création ‘d’argent’ sripturaire n’a rien à voir avec l’argent fiduciaire : si vous saviez les centaines (!!) de milliers de milliards de dollars qui circulent déjà, ce n’est pas une centaine de plus ou de moins qui changera grand chose …

  21. A propos de Montesquieu qui n’avait pas vu venir  » le marché  » .

    Pour ma part je conserve mon adhésion à la pertinence des fondamentaux exprimés dans  » L’esprit des lois » .

    La démocratie reste la seule voie de survie et de vivre ensemble . Mais nous n’y sommes pas encore . Et Montesquieu avait bien énoncé que la vertu en chaque citoyen est la condition de la démocratie .

    Mais quand l’électeur vote en consommateur ( mes fins de mois et gagner plus ) , il vote pour le marché .

    Il vote en citoyen et élit des gouvernants qui en sont vraiment , quand il vote en arbitrant entre le marché et la liberté .

    Pas pour l’un ou l’autre . Pour le projet qui rend compatibles l’un et l’autre , auxquels il fixe ainsi des limites et un horizon .

    Si l’offre politique était structurée de façon intelligible autour de cette balance , je suis sur qu’on retrouverait une majorité de citoyens , ici et ailleurs ( si ça pouvait être en même temps !) , pour redécouvrir , avec la compréhension de ce qui est vraiment dans l’arêne populaire , le goût de la vertu à un horizon temporel qui n’est pas celui des fins de mois , qui est l’arêne du capitalisme .

    1. Mais quand l’électeur vote en consommateur ( mes fins de mois et gagner plus ) , il vote pour le marché .

      Ben ça fait du bien de lire cela, on le lit pas souvent …..

  22. @ juan nessy

    « Et Montesquieu avait bien énoncé que la vertu en chaque citoyen est la condition de la démocratie. »

    Certes mais cette vertue me paraît bien hypothétique quand on regarde l’Histoire. Marx est moins idéaliste, plus rationnel et plus réaliste,

    1. @dissy,

      Je déteste M.Minc autant que ça se peut (pour ceux qui doutent, je recommande la lecture du livre de Laurent Mauduit « petits conseils » qui est un véritable vaccin anti-Minc).

      Pour ce qui est du coût de la vieillesse, la formulation est odieuse, mais …
      Personnellement, mon père à agonisé 8 mois, à 83 ans, avant de mourir en maison de retraite pour non-valides après plusieurs séjours en hôpital, et ce, avec quelques très rares phases de lucidité.
      Je n’ai jamais cherché à savoir combien ça a couté à la collectivité, mais je peux vous dire ce que j’ai ressenti et ce que mon père a ressenti.

      Lors des phases de lucidité au début, j’ai entendu de sa bouche:
      « quand est-ce que je rentre à la maison ».
      et qqs semaines plus tard, quand il eu compris qu’il ne reviendrait jamais à la maison
      « je veux partir ».

      A chaque fois, je n’ai su quoi lui répondre, et je me dis que si les 8 mois en avais duré seulement 2, je pense sincèrement que beaucoup de personnes de ma famille (en 1° lieu mon père), si ce n’est tous, en auraient été moins malheureux.

      Je ne sais pas si vous connaissez, mais je ne vous parle pas de l’ambiance de mouroir et de l’avilissement que peut constituer l »animation » dans une maison de retraite quant on a encore un minimum de lucidité, personnellement je ferais tout pour éviter ça pour moi-même, et encore plus, pour mes proches.

      Bon, j’ai complètement dérapé, mais après tout….

      Cordialement

  23. Quelques précisions:

    Montesquieu est un « républicain », certes. Mais c’est quand même aller un peu trop vite en besogne, puisque c’est un républicain libéral. Il n’est pas vraiment représentatif du républicanisme pur et dur.

    Le républicanisme, en tant qu’alternative politique au libéralisme (politique et économique), à la sociale-démocratie et au socialisme-marxisme, se décompose lui même en différents courants (par exemple athénien, romain, moderne, néo-romain…)

    Sans entrer dans les détails, le principe de base du républicanisme de Machiavel est que les citoyens sont libres quand ils ne sont pas dominés, ni à l’intérieur (par les « Grandi » disait Machiavel), ni à l’extérieur (quelle que soit la nature de cette puissance étrangère: la Papauté ou l’Empereur dans le cas de la République de Florence).

    Bien sûr le Républicanisme rejette également par principe la domination par les grands argentiers (les textes de Machiavel y font explicitement référence).
    On pourrait penser que la nouveauté réside dans le fait qu’ils sont à la fois dedans et dehors, ou plutôt que le levier de leur domination est diffus, à la fois nulle part et partout à la fois. Mais l’illusion est vite dissipée dès lors qu’on réalise que ce sont toujours les lois adoptées qui, in fine, rendent possibles telle ou telle logique de domination. Autrement dit, on finit par cerner assez vite les groupes des responsables: ceux qui détiennent le pouvoir de faire les lois, et ceux qui les inspirent/manipulent et profitent de ces lois.

    Marx était-il républicain? Évidemment non. C’est juste que, comme on s’en doute, « non-domination » et « non-exploitation » se recoupent sur un certain nombre de points. Celle-ci en est une, assurément.

    1. je réponds ici aussi à Vince :

      Je n’adhère pas à Montesquieu , à Marx , à Jésus Christ , à Newton ,à Camus , à Aristote , à Paul Jorion , àMichel Serres ,à …beaucoup d’autres qui me sont sympathiques .

      Mais j’adhère à l’Esprit des Lois, à Liberté-Egalité-Fraternité et  » Jamais trop » , jusqu’à trouver quelque chose de meilleur .

      Et toute conception de la société qui ne fait pas confiance à chacun de ses individus m’est insupportable et je la rejette .

      La vertu individuelle et la vertu collective se nourrissent l’une de l’autre .

  24. Pour moi, la solution est plus politique qu’économique. Il faut inverser cette tendance mortifère qui consiste à ce que nos politiques s’adaptent au diktat des marchés. Pour ce faire ils ne doivent pas céder au marché capitaliste et décider des mesures draconiennes.
    Mais qu’a-t-on vu récemment? Le PS, qui devrait soutenir la population, vient de voter des deux mains à l’assemblée le prêt mortel aux grecs qui rapporte deux pour cent à la France. On croit rêver!
    Les partis de gauche devraient défendre les peuples européens tous au même niveau tant nous sommes solidaires au lieu de défendre chacun leur propre bourgeoisie. Cette position avait déjà mené à 14-18 dans le passé.
    Je dis donc que d’ici 2012, rien n’est perdu, c’est une course contre la montre qui s’engage:tous les partis, les femmes et hommes de bonne volonté, doivent peser sur le PS et les verts (ils n’ont pas fait mieux et ont voté des deux mains le prêt aux grecs! Bravo les bobos!) pour qu’ils défendent des mesures justes en rupture avec les financiers et autres truands. En particulier, ils doivent se battre contre le plan Fion!
    Dès aujourd’hui, nous devons peser sur eux.
    Sinon, je vous le dis, on ne votera pas pour eux, ni en 2012, ni jamais plus!

  25. L’Etat n’est pas une entreprise.

    Les dettes d’Etat n’ont que très peu de chose en commun avec les dettes des entreprises ou des ménages.

    A propos de la dette des Etats, je serais curieux de connaître le pourcentage des citoyens qui se sentent engagés par ladite dette, contractée en leur nom mais le plus souvent sans leur accord.

    L’Europe ne serait-elle pas bien avisée de globalement refuser toute valeur à sa dette publique et donc d’en refuser le remboursement ?

    Les créanciers ont toujours beaucoup plus à perdre que les débiteurs.

    La contrainte par corps n’existe plus et certainement moins encore pour les Etats.
    Voyez vous demain les ‘Zinvestisseurs’ armes à la main réclamer ce qu’ils estiment comme leur dû à nos Etats, puissamment armés et soutenus par l’immense majorité de la population …. Foutaises…
    Aujourd’hui et demain, faire la révolution c’est exiger que nos Etats ne remboursent plus la dette publique.

    1. Dans le « système », un état n’a plus le droit de faire faillite…

      Voyez l’Islande dont le peuple a voté non au remboursement de la dette… et donc, va devoir tout de même payer par l’intermédiaire du FMI.
      Simplement, la dette va être étalée sur 400 générations. Autant d’esclaves qui ne pourront plus investir réellement… travailler comme ouvriers.

      Évidemment, car dans le cas contraire, le petit bas de laine de C.B disparaîtrait…

    1. Je ne suis pas certain que des retraites élevées pour 129 fonctionnaires européens soient l’explication de l’endettement des Etats…

    2. L’exemple, monsieur, l’exemple. Car tout est à l’avenant. Et puis les retraites de ces 129 peuvent faire vivre combien de familles? Pensez aux pauvres.

    3. Quelle généralité tirez-vous de cet exemple pour proposer une explication de l’endettement des Etats? L’existence de systèmes de retraite?

      Je ne cherche pas à justifier des niveaux de pension qui sont difficilement justifiable dans le cas présent, simplement à relativiser le « bouc-émissairisme » de particularismes élevés au rang d’explications globales.

  26. Qui dirige?
    La dette publique énorme d’après 1945 a été résorbée grâce à la politique keynésienne d’inflation et de croissance et ceci malgré un déficit budgétaire permanent. A l’époque les gouvernements occidentaux avaient le « feu au c.. » à cause de la menace soviétique et consentaient une politique de croissance sociale: progrès parallèle de la productivité et du pouvoir d’achat des salaires. Grace à cette période de forte croissance notamment la productivité du travail a été multipliée par plus de 12 depuis 1867 et la sortie du Capital. Comme le disait un certain Lénine il faut faire l’analyse concrète d’une situation concrète. Depuis 1972 et l’alliance Nixon Mao la droite internationale est revenue étape par étape à sa politique préférée de diktat de la rente financière qui a permis aux principaux oligarques de multiplier par mille ou plus leur patrimoine, cette politique même qui a déclenché la crise de 1929 , Hitler et la suite. Aujourd’hui l’objectif de la méga-rente financière est de démanteler le salaire indirect (retraites, santé, services publics) et de précariser toujours plus le travail. Le catastrophisme des média contrôlés par l’oligarchie (la « stratégie du choc » magistralement décrite dans le documentaire sur le livre de Noami Klein) permet de faire passer les mesures anti-sociales. Jusqu’où les 95% de familles qui vivent de leur travail vont-elles reculer?
    A lire aussi l’article de F.Lordon
    http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins

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