Vers un « mark reconstitué » ?

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

C’est un beau tollé ce matin, une belle levée de boucliers : « Regardez ce qu’a fait l’Allemagne : elle enfonce encore davantage l’euro ! ». Ou encore, le titre d’un article du Wall Street Journal : « L’interdiction par l’Allemagne des positions nues dans la vente à découvert de certains instruments de dette et des Credit–Default Swaps, ainsi que de certains titres cotés en bourse, pourrait affaiblir l’économie globale ». Ah ! quelle touchante sollicitude de la finance spéculative pour l’économie globale ! Elle a parcouru du chemin apparemment depuis 2008, ne nous plaignons donc pas !

Je ne sais pas pourquoi, mais je ne donne pas pour autant l’Allemagne perdante. Ni la Chine d’ailleurs, à l’autre bout du monde. Le tri est en train de se faire à vive allure entre les gagnants et les perdants. Curieusement je ne vois pas le Royaume-Uni parmi les gagnants – malgré sa garde prétorienne imposante de hedge funds.

Si la France et les autres ne rejoignent pas rapidement l’Allemagne dans sa mise au pas de la finance spéculative, on risque de voir se constituer un euro « vitaminé », équivalent à un « mark reconstitué », regroupant l’Allemagne et sa zone d’influence en Europe – qui ne s’étend pas seulement au Benelux et à l’Autriche, mais peut inclure aussi une grande partie, voire la totalité des anciens pays communistes d’Europe Centrale. Il y aurait alors au centre, un Saint-Empire, et sur le pourtour, ce qu’on appelait à l’époque, les « marches » : « zones de confins entre deux dominations », si l’on en croit le dictionnaire. Il ne faudra pas alors venir se plaindre.

(*) Un « article presslib’ » est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Partager :

157 réflexions sur « Vers un « mark reconstitué » ? »

  1. Je diagnostic de Paul me paraît absolument juste. L’Allemagne s’est braquée depuis le début de la crise grecque, a fait mine de suivre l’Europe « munichoise », en restant inflexible sur sa doxia puriaine ordolibérale, et en freinant des quatre fers.
    Mais la suite logique pour elle était une sortie par le haut, avec ceux qu’elle estime dignes de sa « pureté » et sa mittel europa comme base arrière, en abandonnant le club med à sa dette porcine…
    Et, au delà des difficultés structurelles, économiques, historico-culturelles et des problèmes conjoncturels de politique intérieure ou de situation financière et bancaire, la responsabilité de la France est accablante.
    La déliquescence du couple franco-allemand depuis 1995 n’est pas qu’une aimable conversation de salon, le résultat est sous nos yeux. Notre très surélevé souverain n’a fait que terminer le travail en beauté, rajoutant l’offense et le mépris au ressentiment grandissant.
    Le magnifique gâchis que l’on à fait d’EADS, ultime exemple de la coopération entre nos deux pays initiée par Adenauer et deGaulle, constitue pour moi le constat de naufrage du modèle rêvé un temps.
    La défiance était partout, voici l’heure de la séparation des corps, avant le divorce en bonne et due forme… L’ Allemagne a préparé son jeu, compté ses atouts et ses partenaires, elle vient d’abattre sa première carte, elle se défausse en protégeant ses banques. On bluffe encore un peu peut- être, mais c’est tellement plus facile quant on a du jeu et qu’on sait où l’on va…

  2. Et Medvedev doit se frotter les mains. Ce marasme lui donne le champs libre pour étendre la zone d influence de la Russie…

    1. Leurs chars sont d’ailleurs déjà en Pologne. Il est temps de serrer les fesses.
      Vous avez suivi le mouvement depuis la chute du mur de Berlin..??

      Si je vous demande si la Chine est communiste, vous me répondez quoi…??

    2. Quand on parle de la Russie, c est fou comme l on tombe sur de vieux clichés en ignorant les développements politiques et industriels de la dernière décennie…

      Évidemment, elle se fait très discrète de ce coté du monde, mais:

      – Reprise en main de l Ukraine http://fr.news.yahoo.com/3/20100517/twl-ukraine-russie-medvedev-visite-091cf94_1.html

      – développement de coopération dans l’économie, l’éducation, la culture et la mise en œuvre de projets d’investissement avec la Chine http://www.vladnews.ru/2010/04/13/28635.html

      -Idem avec la Corée du Sud http://www.vladnews.ru/2010/05/07/29515.html

      Sans parler de l oléoduc en construction pour alimenter l Europe sans passer par l Ukraine.

      La Russie va sans doutes prendre beaucoup plus de place (contrairement aux USA) économiquement et politiquement en Europe. Je suis étonné que personne n en parle…

  3. Pendant que l’Allemagne interdit les prises de position à découvert, la France interdit la burqa. La coïncidence des deux événements est assez savoureuse, et n’en fait que mieux saisir l’inanité du gouvernement français – seulement occupé, semble-t-il, à siphonner des voix d’extrême droite… Les marchés vont trembler !…

    1. La « beurre quoi » ça me tanne, je ne supporte plus, un vrai chewing-gum, depuis le temps que ça dure, zut et flute, STOP, accouches…..Et le comble pour finir en apothéose, en feu d’artifice : un référendum !
      Cela doit faire parti du rétro-planning de 2012.
      Je me doutais bien qu’un jour cette option de référendum servirait à un coup en douce, bien populiste.
      Après on pourra s’occuper des males comme les touaregs, sans oublier les Loubavitch signalés par le jeune député Pascal Canfin d’Europe Ecologie le 15/5 sur France Culture dans l’émission hebdo politique.
      Les bras m’en tombent !

  4. Ventes à découvert: la Commission européen soutient l’Allemagne

    MADRID – La Commission européenne soutient l’Allemagne dans sa démarche d’interdire certaines ventes à découvert sur les marchés, a annoncé mercredi le président de la Commission, José Manuel Durao Barroso, qui a invité les régulateurs européens à étudier une action concertée sur ce thème.

    (©AFP / 19 mai 2010 16h21)

    1. Il y avait, au début du 21ème siècle, les « bad banks ».
      C’était des banques centrales qui achetaient des papiers sans valeur du secteur bancaire privé.
      Mais cela ne suffit pas alors il fut créé des « dream banks »
      L’Europe fut le dernier continent à créer les « dream banks ».
      Quand toutes les autres banques centrales avaient déjà imprimé les « papiers qui ne valaient que ce qu’on imaginait »
      Mais le monde ne marcha pas mieux pour autant, car certains ne voulaient pas de ces papiers, mais des richesses bien réelles et concrètes.
      La somme de ces papiers représentant plus que la valeur de la planète, ils achetèrent la planète et la firent mourrir.

      Mémoire d’un historien de l’économie. septembre 2684. Tout droit de Copyleft.

    2. La gravité de la crise Jacques Attali a bien compris, sur les causes il est même pas rentrée le brouillard.

  5. Déclaration de Michael Offer, porte-parole du ministre allemand des finances

    « Cette mesure est une première étape, parmi les prochaines étapes il y a l’inscription de cette interdiction dans une loi »

    1. Pas de fanfaronnades hypocrites à la Sarkozy, directs au but. Les Allemands se placent résolument comme les leaders européens du futur. Gare à ceux qui resteront à la traîne…

    2. C’est une première. L’interdiction des positions nues a déjà été appliquée de façon temporaire depuis le début de la crise — après la chute de Lehman Brothers –, et y compris en Chine depuis lors, mais cette fois on est dans le plan stratégique, ce qui change la donne. De l’action purement réactive, on passe à l’action réfléchie et ainsi l’interdiction des paris sur les fluctuations de prix est un peu plus portée à l’attention d’un plus large publique, ce qui ne peut qu’amplifier le mouvement d’opinion en sa faveur.

      Comme beaucoup ici je suis réfractaire aux conceptions monétaristes de Mme Merkel, mais celle-ci à la différence de beaucoup de ses « partenaires » européens — suivez mon regard — a le mérite de la crédibilité, ce qui donne d’autant plus de poids à l’annonce d’une loi visant l’interdiction des positions nues, mesure qui se situe hors du cadre monétariste, il faut le souligner. Cette décision pourrait être la première pierre apportée à l’édifice d’un nouveau système. Si les choses devaient évoluer dans le bon sens, on pourra dire qu’il y eut un avant et un après.

      Les sociaux-démocrates auraient au Budenstag pesé de leur poids dans la décision.
      On aimerait voir notre Parti Socialiste (?) capable d’une telle initiative ou tout du moins
      capables de porter cette question de la spéculation sur le devant de la scène avec force et conviction.

  6. Pourquoi suivre la méthode serait la meilleur stratégie? On peut voir aussi dans ces actes une réponse de Merkel à la menace de Sarkozy, mais le problème n’est il pas plus dans l’attitude que dans le fond.

  7. Dans une interview à Reuters, Jean-Pierre Jouyet, le président de l’AMF, explique que les autorités françaises n’entendent pas prendre de mesures similaires à l’Allemagne, estimant qu’aucun problème sur la dette souveraine française ne justifie une telle décision dans l’Hexagone

    Je ne comprends pas cette réaction de la France pour l’Europe.

    1. Moi qui n’y connais rien,

      J’imagine que l’activité très lucrative des ventes à découvert permet d’arroser une quantité significative de personnes.

      En deux mots, certains politiques mangent dans la gamelle et nous avons actuellement l’occasion de voir « Qui… »

  8. hier soir, j’ai regardé sur ARTE l’émission sur les abeilles et les maladies ou épidémies qui arrivent maintenant.

    je ne peux m’empécher de faire encore et toujours de la symbolique:Les abeilles sont un maillon essentiel de la nature, de la fécondation des végétaux mais il ne faut pas s’étonner, avec ce qu’on leur fait subir, qu’elle meurent par colonies entières. On parlent ici de centaines de millions d’individus (abeilles). Et si on y réfléchit calmement, il y a là quelque chose de transcendent à être ainsi un « maillon » de la nature, à détenir dans un si petit corps tant d’informations dont on ignore largement encore les processus.

    Fin de partie.

    Je « shift » sur les info, l’économie, le social et je découvre un monde supposé intelligent qui devrait lui aussi fonctionner avec des maillons (les hommes) pertinents. Alors, comment se fait-il que ce monde marche sur la tête ? Cette intelligence qui nous fut instillée dans la pyramide des espèces est clairement trop pour le groupe humain. Les enjeux individuels, nous parvenons peu ou prou à les gérer, les enjeux collectifs nous en sommes loin. C’est comme si on avait monté un moteur de ferrari sur une 2 chevaux, le moteur est extraordinaire mais la carrosserie ne suite visiblement pas.

    Mia je m’égare…je m’égare, nous sommes dans l’économie

    Alors bravo aux allemands…si seulement les européens pouvaient parler d’une seule voix

    Amicalement

    Cincinatus

    le seul combat qui compte, c’est le combat pour l’éducation

    1. et aussi si les apiculteurs laissaient essaimer leurs abeilles, parce qu’elles meurent certes, mais si on les laissent essaimer, elles essaiment avec une vitalité extraordinaire pour essayer de survivre (pour ex sur 10 ruches, 7 ruches meurent, 20 essains )

    2. Votre remarque me fait penser à Claude Levi-Strauss vieux, disant que quelqu’un en lui voyait bien quel bouquin faire, et disait à l’autre quelqu’un en lui « fait le », mais cet autre n’en avait pas la force.

      Il y a un divorce très fondamental entre la « protention » (l’envie, le projet, le désir) tel que le langage, cet outils hélas si syntéhtique, permet de l’exprimer et sa réalisation. L’enfant qui remue les mains et dit « là je fais un chateau, la je t’ouvre la porte, la je fai neiger sur le donjon, etc… » est encore du côté biologiquement profitable de ce divorce, là où Levi-Strauss était de l’autre côté, frustré donc.

      Et nous sommes le plus souvent entre les deux ;

      c’est dans ce régime que les sociétés « stables » (« primitives ») avaient élaboré des systèmes de croyance ordonnançant la lecture du monde et des envies, liant les pulsions dans les élévations souhaitables de l’esprit, celles qui ont la petite utilité de se reproduire en culture et en nombre . Culture qui incluait l’adapation aux « chocs » (fluctuations du climat, volcan/tremblement de terre, épidémies…).
      Déjà, l’Egypte ancienne, qui asservissait institutionnellement l’esclave pour dette, avait rencontré un os dans le langage/la technique/ un nouveau jeu de concept abstrait : la monnaie. (et support de mémoire : hypomnémata) Et pétrie d’un reste de cette sagesse « stable », elle institua les rémissions de dettes (et les grosses rémissions : les jubilées).

      Quant au « tout fout le camp » — « on marche sur la tête, » je le vois dans ce cadre comme la désadaptation de rythme entre les « chocs » et nous. La « stratégie du choc » , à cette aune, n’en est pas une. C’est que les rythmes de chocs auxquels nous sommes soumis sont désadaptés de notre univers culturel le plus profond. L’instabilité des paradigmes que nous manipulons (claire en ces temps de discussion sur les retraites ou le Obamacare ou la burqa ou …les paris « nus ») est devenue gigantesque. Le système d’information bouclé est un espèce de monstre qui produit une hiérarchie fractale des information, dont elle se repait (sans « nouveauté », plus de désir, mais comment « varier les nouveautés  » ? dans u monde saturé de signes ?), et nous ne sentons ses gifles , en terme de désadaptation , que dans les chocs les plus grands.
      Ce que Bernard Stiegler appelle misère symbolique est l’état de « subsistance », où plus rien de ce qui nous élevait en liant nos pulsions ne marche, nous sommes alors rendus à l’état de machine répondant à des stimuli, sans rien qui nous élève l’esprit, sans savoir-vivre (fut-il « fruste », il en faut).

      Les marchés et les abeilles ont donc peut être ceci en commun, de participer en ce moment à des séparations importantes entre des gros systèmes (des « chocs internes »), pour retrouver de nouveaux équilibres après.. à quel niveau ? (bien qu’on ne doive pas avoir de métrique comparable entre l’avant et l’après… ce qui rend caduque la notion même de niveau)

    3. très beau parallèle que celui des abeilles, une belle explication de la société actuelle et de son déracinement de timiota, la sté du Zapping, du tjs plus, l’urgence du temps, comme si la vie nous brulait les mains ou plutôt comme si nous n’avions plus de but, comme si notre boussole interne avait des ratés comme celle des abeilles.

      Mais aussi et d’une certaine manière, un manque de décisions de notre société, le problème des abeilles est posé depuis pas loin d’une dizaine d’années, où en sommes nous, que faisons nous pour cet insecte si utile dans nos campagnes, comme une société engluée dans son passé, engluée dans l’accumulation des non décisions prises toutes ces années passées…

      En fait la crise actuelle est une succession de problème non résolus qui arrivent tous à échéance actuellement, la pollution, le pétrole, les retraites, les dettes, la désindustrialisation, pour le France cette croyance que nous sommes dans une sté du loisir…

      Sans doute cette accumulation de mauvaises nouvelles qui vont se succéder maintenant vont signer comme la fin d’une époque, trouverons nous des gourous avec une vision claire de l’avenir et des décisions à prendre immédiatement…

      Ce me semble même Obama qui a pu passer pour le Gourou suprême montre qu’il n’est pas bien meilleur que les autres…

      A trop regarder la finance on en oublie toutes les autres échéances qui se présentent et bouchent notre horizon d’un brouillard bien épais… ne serait ce pas le Fog de nos excès.

    4. Réponse à Timiota et Bourdon

      Il faut tenter d’expliciter ma prose comme quelque chose à la fois de plus terre à terre mais sans doute de très subtil (sans exagération):

      Là où les abeilles agissent visiblement comme groupe (sans doute comme les fourmis si je comprends bien et si je me souviens de mes lectures sommaires) aidées probablement en cela par des émissions de phéromones adaptées que l’on pourrait comparer à de la « pensée chimique » mais où l’individu serait doté d’une « liberté » restreinte, les hommes, supposément dotés d’une « intelligence », sensée être plus performante, plus générale et plus conceptuelle (que les abeilles et les fourmis) sont comme bloqués dans leur relations des uns avec les autres si j’en crois les résultats de nos civilisations après 30 à 40 siècles. La notion de groupe a bien du mal à émerger sauf, notons le, au sein de la famille, famille dont les membres sont comme par hasard dotés de gènes communs.

      Ainsi, cette « liberté » que nous chérissons tant serait, d’une certaine façon, à la source de tous nos maux.

      Cela me ramène à la pensée que je qualifierai de « quantique ».

      Abeilles et fourmis sont focalisées sur le groupe (sans doute par nature), elles ne vivent que par le groupe, l’homme est individualisé bien davantage par une sophistication physique plus profonde. En mécanique quantique, il apparaît que la matière est faite d’ondes, lesquelles ondes se « matérialisent » par leur simple observation. (J’espère que je ne dis pas trop de…conneries). De ce fait, la prédisposition des hommes à s’individualiser davantage que les abeilles ou les fourmis, prédisposition qui proviendrait sans doute de cette sophistication physique plus profonde fait perdre aux hommes la perception de l’ensemble au profit des parties. C’est en cela que les « possibles » de l’homme sont forcément limités car l’individuation de l’homme contrecarre sa notion du tout.

      Il y aurait donc, me semble-t-il des niveaux de matérialisation différents dans la nature, lesquels niveaux conditionneraient la capacité à la communication. Ce que nous appelons alors l’intelligence (humaine dans ce cas) agirait alors en fait comme une compensation mais une compensation incomplète.

      Vous voyez où peuvent nous mener les cogitations économiques. Et heureusement que je m’arrête là car j’ai conscience de parler de choses que je connais mal mais qui m’intéressent beaucoup.

      Amicalement

      Cincinatus

  9. « Si la France et les autres ne rejoignent pas rapidement l’Allemagne dans sa mise au pas de la finance spéculative, on risque de voir se constituer un ……………..  »

    En France occupé,

    La France d’en haut pense bien plus à défendre ses propres intérêts corporatistes de plus au détriment même d’un plus grand nombre de gens n’arrivant même plus à suivre le train fou des réformes et celui de la rigueur de plus toujours pour les mêmes nantis bien évidemment.

    En France occupé,

    La France d’en haut interdit surtout la burqa parce que nos dirigeants ne savent même plus quoi faire ni dire de mieux il faut bien alors qu’ils servent encore à quelque chose pour le pays.

    Ce n’est pas non plus parce que le gouvernement se penche le plus sur les retraites que le gouvernement en montre forcément le meilleur exemple de gestion et de conduite réfléchie en Europe bien au contraire, les gens voient clair on ne peut pas toujours les tromper quand même.

    Qui recherche d’abord à rassurer une agence de notation ne fait pas mieux le bien de son pays,

    Comme il est tellement plus facile de voir le socialisme qui est en l’autre que d’abord en soi,

    Bien mal acquis et avec plus de banquiers à vos cotés ne profite jamais bien longtemps,

    Quel grand déshonneur de plus que d’être Francais de nos jours,

  10. @Tous

    J’aimerais vous faire remarquer un effet pervers (un de plus) de la situation actuelle, si pervers même qu’il puisse tromper autant les aficionados du système que ses détracteurs:

    Pour un observateur un peu distrait, mal informé ou peu regardant, la différence de réaction entre un marché qui considère que les autorités publiques n’en font pas assez (cas des semaines passées) ou d’un marché qui considère qu’on ne fait pas ce qu’il faut (décision allemande d’interdiction des ventes à découvert) ne saute pas aux yeux, c’est le moins que l’on puisse dire, puisque dans les deux cas, le marché se contente de baisser, et avec le mauvais goût suprême de le faire dans des proportions similaires.

    Pourtant sur le fond, la différence est de taille: Dans un cas le marché se contente de trépigner d’impatience en serrant fort ses petits poings. Dans l’autre, il hurle à la mort pour s’être pris une gifle bien méritée. L’observateur distrait quant à lui se contente de voir dans les deux cas un sale moutard qui fait trop de bruit, ce qui est exact mais notoirement insuffisant.

  11. Bonsoir à tous
    Une lueur sur le pourquoi de la décision d’Angela Merkel:
    http://www.zerohedge.com/article/major-investment-bank-greece-going-down-germany-drafting-law-orderly-insolvencies.
    La dette grecque serait passée de 298 milliards d’euros en fin d’année dernière à plus de 300 milliards au premier trimestre. > l’allemagne aurait décidé de laisser « couler le navire » et se prépare à gérer des insolvabilités mais dans l’ordre en ne voulant surtout pas que quiconque fasse du blé sur ce naufrage d’où sa décision d’interdiction des ventes à découvert.
    Si c’est vrai: rideau pour l’europe. ( traduction résumée de l’article du lien)

    A vérifier!
    Cordialement.

    1. Évidemment qu’en deçà du signal sur le nouveau positionnement allemand quand à la recomposition européenne , le motif primaire de la bombe de Merkel était de rogner au maximum le pouvoir de nuisance de la spéculation contre ses banques et sa dette, étant donné le quasi décès du plan de sauvetage à 750Mds d’€.

      Les nouvelle conditions qu’elle veut imposer au versement de toute aide rendent le plan pratiquement inopérant pour la plupart des pays du Sud. Seuls les vertueux aux yeux des allemands y auront droit.

      Mais l’exposition des investisseurs allemands au risque de défaut des mauvais élèves est important et la petite santé du secteur financier ne lui permet pas d’encaisser de nouvelles pertes trop brutales, sachant que la monétisation des dettes souveraines par la BCE m’est pas la panacée et constitue surtout une monstruosité pour la doctrine comme pour le peuple allemand . Il faut donc se laisser du temps et s’abriter pour pouvoir jouer le grand jeu. C’est à dire le temps que les marchés comprennent que seuls l’Allemagne et ses alliés proches sont dignes de crédit dans la zone euro. La France est acculée, virtuellement hors jeu.

      Les réactions violentes issues de la nouvelle configuration,de l’incertitude et de l’effet de souffle induit doivent être amorties. La mesure d’hier doit y pourvoir en partie dans un premier temps. Le défi est osé. Les secousses sont inévitables, tout est à la baisse et l’euro avec. Mais après le séisme, seuls les bâtiments aux normes anti sismiques seront debout. Tout doit rentrer dans l’ordre. L’ordre allemand!

      Les marchés sont très volages et susceptibles, mais quand ça tangue trop, ils rentrent sagement au domicile conjugal. Avec des façons encore plus charmeuses, si les locataires indélicats en ont été congédiés.

  12. Paris ne suit pas Berlin sur les CDS : gros flottement dans le couple franco-allemand !
    Les egos nationaux sont toujours là !
    Les allemands voient une Kolossale menace sur l’Euro, les français eux disent que tout va bien!
    Qu’il n’y a pas lieu de prendre de telles mesures contre la spéculation. En fait ils sont vexés de
    ne pas avoir été consultés. L’Europe est une grande famille, n’est ce pas ? Comme dans les familles
    on peut se faire des coups vache. Mais peut-être que notre fougeux président, a quelque peu excédé
    Angela, lors de précédentes réunions. Dans ce cas les derniers développements ne sont que le coup de pied de l’âne à cet exhubérant partenaire.

  13. Allemagne partout, Europe nulle part.
    Lordon reste d ‘actualité:
    « http://blog.mondediplo.net/2010-03-29-Ce-n-est-pas-la-Grece-qu-il-faut-exclure-c-est-l »

    Paragraphe ‘Des idiosyncrasies inégales’;

    « la France s’est montrée incapable de seulement
    défendre ses propres éléments d’exception
    contre la déréglementation-privatisation européenne :  »
    [ comme c’est du Lordon, tout le texte importe]

    Ceux qui prônent une Europe construite généreusement
    par abandon des pouvoirs d’ Etat se trompent.
    Cet idéal est dirigé contre nos traditions, contre nos
    intérêts et contre un peuple encore rétif au capitalisme
    ordinaire.
    L’ enjeu c’est nos cadres de vie et notre équilibre social
    directement boulversés.

    Et c’ est pourquoi l ‘opinion allemande, les particularités
    allemandes, l’histoire allemande, l ‘économie allemande et
    l’ emploi que fait l’ Allemagne de sa puissance doivent nous interesser.

    La course au mal est bien entamée, privatisations généralisées
    avec des sanctions bizarres: EDF obligé de vendre à prix coutant
    son électricité nucléaire, mais il n’est jamais trop tard.

  14. En 2008, j’ai écris cela sur le forum Allemagne de Boursorama :
    nous y sommes, ce n’est que le début

    Posté par liervol ( auteur ) · boursomarquer · ignorer
    Angela M
    15/12/2008 à 13:52

    Au sujet D’Angela :

    Quand j’ai vu l’allemagne vouloir faire cavalier seule dans cette crise au nom de l’orthodoxie allemande qui pourtant est loin d’être ce qu’elle devrait quand on connait l’exposition des banques allemandes.

    Je me suis dit qu’une grande occasion pour que l’europe serve à quelque chose avait été manqué.

    L’allemange se joue l’individualisme et tente de mettre un nouveau plan de sauvetage sur pied, sauf que si Angela sait que le mur de Berlin est tombé on dirait qu’elle ignore toujours que celui de WS est aussi par terre aujourd’hui.
    On dirait qu’elle est incapable de faire preuve d’anticipation, venant de l’est c’est un peu normal vous me direz mais quand même.

    Alors j’ai envie de reprendre la Phrase de Churchill, en changeant les termes pour Angela

    « Vous aviez à choisir entre L’Europe et l’individualisme ; vous avez choisi l’individualisme et vous aurez la pire recession de toute l’europe. »

    car ne comptez pas sur le peuple allemand pour dépenser chère Angela, déjà quand il part en vacances, même en italie il ammène avec lui ses spaghettis Liddl pour ne pas dépenser alors là.

    Vous allez pouvoir vous garder, vos machines outils, vos belles autos, vos produits chimiques, Angela, et les déficits vous aussi vous allez les avoirs, vases communiquants Angela.

    1. Liervol.

      Je serais intéressé de savoir ce que vous pensez des maisons à 1000 USD aux US…???

      A moins que cette question vous gène un peu quelque part, bien sûr.
      Auquel cas, je vous prierais d’accepter mes plus plates excuses pour avoir mis un grain de sable dans la manipulation du libéralisme.

    2. Les allemands en vacances, n’importe quoi, et les belges, et les néérlandais ?
      J’ai passé plus d’une fois mes vacances en Italie et j’ai sympathisé avec un couple allemand extra, RAS, comme nous.
      Par contre d’autres sont assez, trop économes, et dînaient d’un repas pour 2. Les goûts et les couleurs….

    3. Cher Liervol,
      Que de rancœur pour nos Amis Allemands et leur Chancelière, auriez vous avalé un bretzel de travers?
      J’espère pour vous que c’est le seul point commun avec W.
      Mit Freundlichen Grussen.

  15. Quand on en arrive à une décision plutôt abrupte, loin de toute concertation avec ses partenaires, on peut imaginer que la panique est grande. Je dirai qu’il s’agit là d’une saine réaction face à un danger tangible que les autres semblent pourtant vouloir ignorer purement et simplement.

    En tout cas, bravo, Mme Merkel de montrer la voie !

  16. « Nous arrivons au pied du Mont Ventoux… la météo est médiocre aujourd’hui, est-ce que les organismes vont supporter les alternances de chaud et de froid… nous allons voir… le peloton est déjà très étiré mais les leaders sont tous devant…. je vois Socrates, Sarkozy, Merkel, Trichet, Barroso, Van Rompuy, Balkenende… Zapatero est là aussi… on le sait, la montée est décisive, ça va être la bagarre, il va falloir s’accrocher… certains peuvent tout perdre aujourd’hui… pour l’instant personne n’est encore décroché même si le coup de pédale semble moins bien pour certains…ah oui, on le voit la pente devient raide, très raide, c’est au moins du 6 à 8% de dénivelé même 12% à certains endroits… vous vous rendez compte le calvai…
    Attaque ! Attaque de Merkel !
    Alors qu’on sentait quelques tergiversations à l’avant, Merkel est sorti… on ne l’attendait pas si tôt, quelle surprise! elle a profité d’un ralentissement et s’est échappée …Oh là là elle creuse l’écart là… quel écart déjà… derrière on se regarde, personne ne semble vouloir y aller, Sarkozy discute avec Barroso, les autres ne semblent pas en mesure… à moins qu’ils ne cachent leur jeu… Alors, Alors… va-t-elle pouvoir maintenir son effort ? vont-ils pouvoir la rattraper ? Tout est en train de se jouer en ce moment… la grande bagarre a commencée… ce soir on verra ceux qui pourront encore prétendre au maillot jaune et les autres… On attendait ça depuis le début, on y est. Surtout ne quittez pas… A vous les studios !

    1. Attention, avis aux concurrents : il y a peu de temps il n’y avait pas de défibrilisateur au sommet du Ventoux et les secours, à défaut d’hélico, mettaient un certain temps à atteindre le sommet !!!
      Ainsi un de mes proches avait assisté, impuissant, à la fin prématurée d’un valeureux cycliste.

  17. Un article particulièrement remarquable paru dans le Monde du 18 mai, de la plume de Michel Aglietta et qui me semble parfaitement en phase avec Paul :
    http://abonnes.lemonde.fr/opinions/article/2010/05/17/la-longue-crise-de-l-europe-par-michel-aglietta_1352823_3232.html

    Conclusion de l’auteur, extraits :
    « Cela implique de sortir de la logique budgétaire comptable et de restructurer à la fois les recettes et les dépenses. Inutile d’insister sur la nécessité d’élargir la base fiscale et d’annuler tous les allégements dont le seul objectif a été clientéliste. Il faut aussi créer des incitations à la réorientation de l’investissement. L’outil principal est une taxe carbone ……..
    Enfin, l’expérience scandinave le montre clairement, il faut une priorité absolue pour l’investissement public en direction de l’éducation sur toute la vie et de la recherche………… ».

    Et aussi, un peu de GS dans un article synthétique paru dans la Croix du 18 mai : « Le cas Goldman Sachs »
    On joue à « Pile je gagne, face tu perds »
    « Ces jeux n’exigent pas une ingéniosité hors du commun, contrairement aux légendes » chouette , on a tous une chance.
    Lien non encore dispo, voir sous Google prochainement.

    De l’intervention de Barack Obama dans le déroulement de la crise de l’euro : « Quand l’euro est devenu un problème américain » paru dans le Monde du 16/17 mai.
    Un vrai polar qui décrit les journées chaudes du vendredi 7 mai au dimanche soir, dernier carat à 2h09 (lundi matin) « Alleluia, inch Allah » lance C Lagarde und d’kats macht junga
    Je n’ai pas trouvé l’article sur le site du Monde !

    Pour les fans d’Histoire, toujours dans le Monde, du 10 mai « Dette grecque L’Allemagne paiera tout compte fait »
    A conserver par les férus d’Histoire. Hélas, pas trouvé sur le site du Monde.

  18. La situation des « marches » peut être parfois avantageuse. Aux confins des pôles de domination, elles en constituent aussi parfois des zones de contact, d’échanges, de marchés. Ainsi au Moyen Âge, la Champagne puis la Bourgogne ont trouvé de forts avantages à être une zone de contact entre les mondes nord-atlantiques, centre-européens et méditerranéens.

  19. Tout est fait dans la presse de ce matin pour convaincre le lectorat que l’initiative allemande tourne à l’eau de boudin: désaccord des partenaires de la zone euro, etc., et notamment de la grande Lagarde.

    Interdiction des positions nues? Requiescat in pace. Dommage. Une occasion ratée de plus. Mais jusqu’à quand?

    1. Je crois que la stratégie de l’Allemagne est maintenant claire. Comme il n’y a plus de croissance en Europe, elle nous lance dans une DEVALUATION COMPETITIVE de l’euro contre le dollar et le yen !
      Pour y arriver, une seule méthode, dire au marché qu’il n’y a plus d’entente entre Européens et laisser la presse faire.
      Et ça marche !
      l’Euro tombe, tombe, tombe……
      le Dollar & le Yen monte, monte, monte……
      La FED et Obama vont devoir réagir sinon ça va mal finir pour eux, ils ne pourront pas s’en sortir avec un dollar & un yen fort.

    2. En Allemagne, Geithner doit rencontrer le ministre des Finances Wolfgang Schäuble ainsi que le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, deux acteurs majeurs de la crise, qui a démarré en Grèce, mais menace désormais l’existence même de l’euro. A Londres, le secrétaire au Trésor devrait aussi rencontrer le nouveau ministre des Finances George Osborne.

      Eh ben voilà ! Le petit père Geithner qui vient discuter rapido avec Trichet et Schäuble, peut-être bien de la dévaluation compétitive de l’euro ? ça doit plus le faire rigoler parce que ça doit compromettre sérieusement leur plan de reprise économique basé sur un dollar faible, me semble t-il ?

Les commentaires sont fermés.