Le Monde-Économie, lundi 5 – mardi 6 juillet

Des Grèce par dizaines

La Grèce, on le sait, n’est que le premier grain du chapelet. Le deuxième a pour nom Portugal, le troisième, Espagne et ainsi de suite. Mais il n’y a pas que l’Europe : au sein des États-Unis, 46 États sur les 50 que compte l’Union sont aujourd’hui au-dessous du seuil de la solvabilité. Et le gouvernement fédéral est à la même enseigne : il avait promis aux chômeurs 99 semaines d’allocations (45 % d’entre eux sont désormais sans emploi depuis plus de six mois). L’argent, là comme ailleurs, n’a pas pu être trouvé.

Ceux qui ont aujourd’hui pour mission d’accomplir la tâche délicate de réduire la dette publique des États tout en assurant la croissance, recourent pour la décrire à la même expression : « Il n’y a pas de bonnes solutions, seulement de mauvaises ». Mais ce diagnostic est encore exagérément optimiste, car la solution en réalité n’existe pas. Pourquoi ? En raison d’un cercle vicieux : le remboursement de la dette réclame un relèvement des impôts, qui réduit le pouvoir d’achat, entraînant une baisse de la consommation, d’où un fléchissement de la croissance, qui oblige à une relance, nécessitant une augmentation de la dette, etc.

La ligne de crête sur laquelle le système économique se tient est de plus en plus étroite : elle va s’amincissant, séparant deux précipices. Le physicien parle à ce propos, de « processus critique ». Le talent et la chance décideront du temps qu’il reste avant que l’on tombe.

Le moment où le système a atteint son seuil de viabilité, nous le savons maintenant, se caractérise à la fois par une stabilité apparente (celle qui caractérisa les années 2002 à 2007) si grande qu’elle rendit même plausible l’hypothèse d’une « fin de l’histoire », et par une fragilité extrême due à une dépendance hypertrophiée des entreprises et des ménages vis-à-vis du crédit. Alors que cette stabilité reste visible à la surface des choses, la fêlure fondamentale progresse en profondeur, jusqu’à apparaître au grand jour.

A posteriori, les dix-huit ans qui séparent la chute du capitalisme de marché à l’occidentale de celle du capitalisme d’État de type soviétique, apparaîtront anecdotiques, et les explications produites durant ces dix-huit années pour expliquer la supériorité intrinsèque du système qui survécut de peu à son rival, anecdotiques elles aussi. Quand auront été épuisées, en Chine, les vertus d’une combinaison pragmatique du meilleur du capitalisme d’État et du capitalisme de marché, le théorème aura été démontré : il existe au sein des sociétés humaines un obstacle insurmontable : un seuil indépassable dans la logique capitaliste, quelle que soit la variété des formes qui sont choisies – ou, plutôt, expérimentées.

L’impasse est totale dans un contexte où les populations se partagent en deux composantes : une vaste majorité qui n’obtient ses revenus, c’est-à-dire l’accès à la consommation, que par le travail ; et une petite minorité dont les revenus proviennent des intérêts versés comme rendement des avances qu’elle procure à l’économie et à la spéculation en capital.

Le seul espoir de briser cet engrenage infernal est de repenser la manière dont se redistribuent les revenus entre un capital à haut rendement et un travail faiblement rémunéré. Le défi n’est pas mince : il s’agit d’un changement de civilisation. Rien moins.

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221 réflexions sur « Le Monde-Économie, lundi 5 – mardi 6 juillet »

  1. Mais enfin, quelles seraient les mesures a prendre pour disons ne serait ce qu’amorcer un changement de civilisation ?
    A lire vos articles, les principaux maux de notre « civilisation » actuelle sont la speculation financiere et la retention du capital par une petite frange de notre societe. Sans aller jusqu’a etablir un programme electoral (la n’est pas le but), il serait peut etre souhaitable de formuler une liste preliminaire et suggestive des mesures a adopter afin de changer de cap. Ne serait ce, messieurs Jorion et Leclerc, que pour synthetiser vos idees a vos lecteurs.

    En voici une, merci a ceux qui prendront la peine de la completer et/ou de la corriger:

    _ instauration du bancor (j’ai pas encore tout compris le pourquoi du comment mais cela semble interessant)
    _ fin/limite de la speculation financiere (ventes a nu, CDS, …)
    _ separation des banques de depot et d’investissement
    _ fin des stock options
    _ instauration d’un ratio limite entre le plus haut et le plus bas salaire d’une entreprise
    _ renegociation/restructuration de la dette etatique actuelle
    _ fin du bouclier fiscal
    _ fin de certaines/la plupart des niches fiscales

    Enfin, pensez vous reellement qu’une seule de ces mesures ai une chance de voir le jour (hormis peut-etre la derniere) ?

    1. Deux problématiques sont sous-jacentes à nos discussions: quelles mesures devaient être prises pour en finir avec le crise et quelles dispositions pourraient être envisagées pour engager une alternative ?

      Il apparaît qu’elles sont très liées, car cela a toujours été ainsi quand un monde était susceptible céder la place à un autre.

      Elles imposent aussi des remises en question radicales et donc difficiles à concevoir, car elles sont encore pour partie abstraites et générales. Elles amènent à chevaucher cette ligne de crête (puisque l’expression fait florès) que représente la démarcation entre l’utopie et le réalisme.

      Une vérité se fait forte, à la lumière de cette crise: la voie de la raison n’est pas celle qui s’était imposée et domine encore dans les consciences. Mais le fossé est si large entre ce qui est largement rejeté et cet inconnu que nous peinons à décrire qu’il semble infranchissable. Sans même parler de la capacité de résistance d’un système qui cherche son second souffle en voulant nous plonger durablement la tête sous l’eau pour nous étouffer.

      S’il n’est en soi porteur d’aucune garantie, il y a un large processus d’engagé. La formalisation des idées en fait partie, de nouvelles pratiques sociales en sont l’expression.

      Demain sera un autre jour ….

    2. Loin de moi l’idée du communisme et même si la phrase suivant que je vais poster s’en rapproche là n’est pas le but…

      Dans notre monde Technologique il n’y a plus besoin de la relique barbare qu’est l’argent, c’est une idée du passé qui était là pour quantifier quelque chose qui était extrêmement rare, aujourd’hui plus aucun produit fabriqué de main d’homme n’est qualifiable de rare quelque soit son niveau de technicité, c’est une fausse idée.
      Il est à la rigueur qualifiable par la composante écologique (impacte des ressources / mode de production etc… et recyclage / fin de vie du produit et sa neutralisation).

      C’est un système complet à envisager de bas en haut, et pas juste le coté financier qui n’est qu’un petit bout de la lorgnette… mes 10 centimes.

      (désolé pour le coté utopiste de ce sujet)

    3. @ Francois Leclerc,
      « S’il n’est en soi porteur d’aucune garantie, il y a un large processus d’engagé. La formalisation des idées en fait partie, de nouvelles pratiques sociales en sont l’expression. »

      Vos articles et cet espace de libre expression aident magistralement a la formalisation des idees. Et cette synthese de certaines d’entre elles n’a pour but que de la faciliter. Cependant, j’ai beaucoup de mal a me satisfaire de ces idees quand celles-ci ne sont meme pas debattues dans la sphere politique.
      Peut etre devrais je faire preuve de plus d’optimisme … « demain est au autre jour … »

    4. Quel que soit le cadre national auquel vous vous référez, il sera inopérant et vos mesures juste pénalisantes pour le pays qui aurait osé les mettre en oeuvre.

      Si a contrario vous vous référez à un cadre international, les vents actuels poussent au chacun pour soi et sauve qui peut, plus qu’à la moindre coopération (cf la série des G. ou l’UE).

      On ne change pas de civilisation par un coup de baguette magique, mais en changeant de paradigme. Ce n’est que par un long travail de l’Homme sur lui-même qu’on y parvient. Très long, car il y faut un retournement individuel de nombreuses personnes de bonne volonté (donc sans a priori idéologique!*) puis la mise en perspective commune de ces quelques pioniers, bien évidemment chacun avec sa propre expérience de « retournement », aboutissant à une nouvelle formule transmissible, puis enfin la conviction progressive des « autres »…

      (*) par culture, toute idéologie est moulée dans le cadre paradigmique de référence existant.

    5. Le monde de la politique est largement à la traîne ! Ce qui impose de faire sans lui. Il nous rattrapera, peut-être…

      Soit il s’en tient à des schémas de pensée construits et figés, soit il ne fait encore que très imparfaitement la synthèse qu’il cherche à exprimer entre écologie et politique. Il lui reste à investir la finance autrement que via la corruption.

    6. Et bien d’autres encore d’interdiction des licenciements, de revenu mini pour tous à 1600 €, d’interdiction des modes de production et produits destructeurs de l’environnement, etc

      Mais la classe dirigeante déclare c’est rabotter le profit et donc incompatible avec la survie des entreprises capitalistes, face à la concurrence internationale. Et dispose d’un appareil d’Etat puissant qui lui permet de refuser et criminaliser au besoin les mobilisations. Il faudra la force, le nombre, l’organisation. Comme il a fallu pour se débarasser autrefois du féodalisme dépassé et imposer le progrès autorisé par le capitalisme. Nous sommes en 1788, avec plein d’idées, et l’Etat en face.

    7. Je crois qu’il ne faut pas attendre que des idées « simples » ou des « ajustements » nous sortent de la crise. Nous sommes dans un cul de sac, et il faut prendre une voie totalement nouvelle. Mais elle ne pourra être prise que quand nous aurons passé assez de temps au fond du sac.

      Personnellement, je sens intuitivement que la solution est dans une organisation humaine nouvelle, qui reparte sur des régions qui prennent plus d’autonomie (et non pas continuer à vouloir intégrer le monde entier dans un gouvernement mondial comme le souhaite attali).

      Mais je pense surtout que notre relation au travail doit changer. Je crois que nous allons arriver à « travailler moins, gagner moins mais vivre mieux », car il n’y a plus de travail pour tout le monde et il n’y a aucune raison qu’il y en ait de nouveau quelques soient les progrès techniques.

      De quoi avons nous besoin ?
      Le secteur agricole nécessite de moins en moins de main d’oeuvre.
      Le secteur industriel est voué à continuer à se réduire par l’automatisation (nos gouvernants devraient d’ailleurs se battre pour la favoriser, car il vaut mieux perdre un travailleur au détriment d’une machine en france qu’au détriment d’un emploi en chine).
      Le secteur des services trouve sa nécessité en grande partie de par le fait que des personnes qui travaillent beaucoup ont besoin d’aide pour certaines taches, mais s’ils travaillaient moins ils pourraient faire eux même un grande partie des services qu’ils payent actuellement. C’est aussi un secteur qui fait vivre un grand nombre de « parasites » (les banquiers ou les assureurs par exemple, qui offrent des services qui a mon sens seraient beaucoup mieux rendus et surtout de manière beaucoup plus équitable s’ils étaient de la compétence de l’état).
      Et le secteur administratif aurait besoin de beaucoup moins de personnel si on simplifiait un grand nombre de choses.

      Faites les comptes à la fin du mois:
      – si vous n’aviez pas a payer des intérêts sur vos emprunts,
      – si les services publics de transport étaient plus efficaces et donc la voiture devenue inutile,
      – si vous n’aviez pas besoin de cotiser à des assurances (habitation, santé, chomage, retraite, …) parceque quoi qu’il arrive l’état pouvait « créer » la monnaie nécessaire à vous aider en cas de problème,
      – si vous n’aviez plus besoin de payer une nounou, un livreur à domicile, des cours particuliers, des logiciels (on y arrive de plus en plus avec les logiciels libres), de la musique (on en prend aussi le chemin), …
      – si vous n’aviez pas à payer la part du marketing quand vous achetez un produit (un bon produit n’a pas besoin de publicité, un mauvais produit ne devrait pas avoir le droit de faire de la publicité), ni la part de la tva (impot injuste car frappant proportionnellement plus les pauvres que les riches)
      – si l’enseignement était dispensé par les plus de 55 ans (en échange de 10 heures par semaine, ils toucheraient leur retraite, au lieu d’attendre 62 ans, et je suis sur qu’en plus on pourrait avoir 15 éleves par classe, une organisation plus efficace, …)
      – si les produits que vous achetez n’étaient pas prévus pour tomber en panne « juste après la fin de la garantie »
      – s’il n’y avait plus besoin de payer une armée nationale parceque la guerre entre pays était devenue impossible (donc si seule l’armée de l’onu était autorisée et toutes les autres interdites par exemple)
      – enfin bref, si on réfléchissait à tout ce qui peut être fait moins cher et même gratuitement pour que la notion d’argent devienne le moins indispensable possible, on arriverait à vivre mieux en gagnant moins.

      Notre société actuelle à été batie sur le « gagner toujours plus » et c’est ça qui n’a pas fonctionné. Le changement de paradigme nécessaire est peut être de fixer les règles pour « gagner uniquement la réponse à nos besoins ».

      Voila, c’est quelques pistes qui me viennent comme ça, elles ne sont pas forcément cohérentes entre elles pour former un tout, mais je crois qu’elles sont de bons exemples de ce que pourrait être une société qui revient aux valeurs fondamentales (travailler le temps qu’il nous plait, juste ce qu’il faut pour obtenir l’argent nécessaire à nous payer ce qui n’est pas gratuit, et passer beaucoup plus de temps avec notre famille et nos amis ou a assumer des passions sans but licratif).

    8. eole écrit

      [On ne change pas de civilisation par un coup de baguette magique, mais en changeant de paradigme. Ce n’est que par un long travail de l’Homme sur lui-même qu’on y parvient. Très long, car il y faut un retournement individuel de nombreuses personnes de bonne volonté (donc sans a priori idéologique!*) puis la mise en perspective commune de ces quelques pionniers, bien évidemment chacun avec sa propre expérience de « retournement », aboutissant à une nouvelle formule transmissible, puis enfin la conviction progressive des « autres »…]

      justement je me demande si le cadre national n’est pas le cadre le plus réaliste pour débuter le processus de reconstruction d’un modèle de société ménageant à la fois capital, social et identité culturelle.

      la nation c’est peut-être un peu atavique mais justement nous parlons bien là d’un régression préalable il ne faut pas se leurrer. avec quelques siècles de reculs peut-être devrions nous nous en sortir en évitant la guerre mondiale? par contre localement c’est une autre histoire (conception de la guerre à revoir?).

      de toute façon je ne serais plus là pour voir.

  2. Question idiote certainement et sans doute hors sujet en prime mais comme je ne trouve nulle part de réponse , j ose : est-il difficile de créer une banque ?
    Dans l »ambiance actuelle, j’ai l’impression que si il y avait tout a coup possibilité de mettre nos trois sous dans une banque « propre » , ça serait un joyeux bank run , la mort des banksters, et sans attendre les bras croisés la fin du monde, un début de chemin dans le bon sens

    1. En fait, la Banque a un statut particulier, prévu dans le Code Monétaire et Financier. En fait, une banque est un établissement de crédit qui effectue des opérations de banque.
      Les établissements de crédit sont des personnes morales qui effectuent à titre de profession habituelle des opérations de banque. Ils peuvent aussi effectuer des opérations connexes à leurs activités (C. mon. fin., art. L.511-1).
      La loi bancaire du 24 janvier 1984, codifiée aux articles L. 311-1 et L. 511-1 et suivants du Code monétaire et financier, réglemente leur activité qui est soumise à l’obtention d’un agrément délivré par le Comité des établissements de crédit et
      des entreprises d’investissement (CECEI).
      Les établissements de crédit effectuent donc des opérations de banque mais aussi toutes les opérations connexes à ces dernières. Ils peuvent également fournir des services d’investissement.
      Les opérations de banque comprennent :
      – la réception de fonds du public ;
      – les opérations de crédit telle que la mise à disposition de fonds et les opérations de crédit-bail ;
      – la mise à disposition et la gestion de moyens de paiement.
      Les opérations connexes regroupent:
      – le change ;
      – les opérations sur l’or, les métaux précieux, les pièces ;
      – le placement, la souscription, l’achat, la gestion, la garde, la vente de valeurs mobilières et de tout produit financier ;
      – le conseil et l’assistance en matière de gestion de patrimoine ;
      – le conseil et l’assistance en matière de gestion financière, ingénierie financière et de manière générale, tous les services destinés à faciliter la création et le développement des entreprises sous réserve des dispositions législatives relatives à l’exercice illégal de certaines professions ;
      – l’opération de location simple de biens mobiliers ou immobiliers pour les établissements habilités à effectuer des opérations de crédit-bail ;
      Les établissements de crédit peuvent en outre prendre et détenir, dans des conditions définies par le ministre de l’économie, des participations dans des sociétés existantes ou en cours de création.
      L’article L. 321-1 du Code monétaire et financier définit les services d’investissement comme :
      – la réception et la transmission d’ordres pour le compte de tiers ;
      – l’exécution d’ordres pour le compte de tiers ;
      – la négociation pour compte propre ;
      – la gestion de portefeuille pour le compte de tiers ;
      – la prise ferme ;
      – le placement ;
      Il existe également des services connexes aux services d’investissement définis à l’article L. 321-2 du Code monétaire et financier.

      L’activité bancaire étant commerciale par nature, elle doit être exercée sous forme de société commerciale.
      Lorsqu’il octroie son agrément, le Comité des établissements de crédit et des entreprises d’investissement (CECEI) vérifie l’adéquation de la forme juridique de l’entreprise à l’activité d’établissement de crédit.
      Le Code Monétaire et financier impose un capital minimum qui varie selon la catégorie de l’établissement de crédit. Il est
      fixé à :
      – 5 millions d’euros pour les banques, les banques mutualistes ou coopératives, les caisses d’épargne et de prévoyance, les caisses de crédit municipal autres que celles visées au 2) et 3) et les institutions financières ;
      – 2,2 millions d’euros pour les sociétés financières autres que celles visées au 3), les caisses de crédit municipal qui s’engagent statutairement à ne pas collecter de fonds du public et à limiter leurs concours à l’activité de prêts sur gages corporels et de crédit aux personnes physiques ;
      – 1,1 millions d’euros pour les caisses de crédit municipal qui limitent leur activité aux prêts sur gages corporels et les sociétés financières dont les opérations de banque sont limitées aux opérations de change scriptural au comptant incluant une opération de crédit ;

      Par ailleurs durant leur activité, les établissements de crédit agréés en France doivent en permanence présenter un actif net au moins égal au capital minimum réglementaire.
      Les succursales d’établissement de crédit ayant leur siège hors de l’Union européenne et de l’Espace économique européen doivent justifier d’une dotation employée en France d’un montant au moins égal au capital minimum exigé en droit français. En revanche, les succursales d’établissement de crédit dont le
      siège est situé dans un État membre de l’Union européenne ne doivent pas justifier d’une telle dotation.

      L’établissement doit compter deux personnes au moins qui déterminent l’orientation de l’activité des établissements de crédit. Le CECEI va vérifier que ces deux dirigeants possèdent l’honorabilité nécessaire, la compétence et l’expérience adéquate à leurs fonctions.
      Ainsi, le CECEI a refusé l’agrément d’un établissement de crédit détenu majoritairement par deux personnes physiques parce qu’un des actionnaires avait été condamné pour atteinte à la législation sur le crédit mobilier lorsqu’il dirigeait un établissement financier (CE, 9 nov. 1990, n°77964).
      La Commission bancaire a récemment ordonné la démission d’un directeur de caisse de crédit municipal qui ne justifiait pas de l’expérience adéquate pour exercer sa fonction. (CE, 7 juillet 2004, n°225937).

      Une fois les conditions de fond réunies, le nouvel établissement doit obtenir l’agrément du CECEI. Ainsi, pour exercer une activité bancaire, il faut déposer une demande au
      CECEI qui statue dans un délai de douze mois à compter de la réception de la demande.

      Pour accorder l’agrément, le CECEI prend en compte notamment :
      – le programme d’activité de l’entreprise requérante ;
      – les moyens techniques et financiers que l’entreprise prévoit de mettre en oeuvre ;
      – la qualité des apporteurs de capitaux et le cas échéant de leurs garants ;
      – l’aptitude de l’entreprise à réaliser ses objectifs de développement dans des conditions compatibles avec le bon fonctionnement du système bancaire.

      Les établissements de crédit dont le siège est situé dans un Etat membre de l’Union européenne ou dans un Etat partie à l’accord sur l’Espace économique européen et y ayant été agréés n’ont pas besoin de l’agrément du CECEI pour
      exercer leur activité en France.

      Pour délivrer l’agrément autorisant la fourniture d’un ou plusieurs services d’investissement, le CECEI vérifie notamment le programme d’activité de chaque service proposé. Ce programme doit préciser les conditions dans lesquelles
      l’établissement de crédit fournit les services d’investissement, le type d’opération envisagée et la structure de l’organisation (C. mon. fin., art. L. 532-3).

      L’établissement de crédit doit satisfaire à tout moment aux conditions de cet agrément.
      Le Conseil d’Etat est compétent en premier et dernier ressort pour les agréments ou les refus d’agrément d’entreprises en tant qu’établissement de crédit.

      Par la suite, une fois ton établissement créé, il doit respecter de nombreuses législations particulières au secteur bancaire que le CECEI et la Commission Bancaire vérifient régulièrement.

      En clair, outre la nécessité d’avoir une mise de fond non négligeable, tu constate que c’est une activité très réglementé et très surveillé.
      Pour plus d’informations, tu peux prendre contact avec :
      – Banque de France
      Direction des établissements de crédit et des entreprises d’investissement
      code courrier : 40-1355 DECEI
      75049 Paris cedex 01
      tel : 01-42-92-42-92

    2. merci cedric.
      Une preuve de plus que ce blog est fabuleux…
      Mais …
      Si la création d’une banque est hors de portée d’un citoyen moyen même tres faché, ce dont je me doutais un peu, quid d’une organisation, association, ong, parti, syndicat, etc,etc, etc … ?

    3. Une banque propre qui soit d’abord au service des pauvres , c’est ce que voulait créer Chavez avec Banco del Sur . Qui a des informations sur cette banque aujourd’hui ?

  3. Et effectivement, de telles mesures ne visent qu’a tenter d’en finir avec la crise actuelle, pour repartir sur des bases saines et equitables. Comme l’a souligne EOLE, aucune personne ou institution n’a le pouvoir de changer de civilisations. Un tel changement s’oppere de lui-meme. Le mieux que nous puissions faire est de lui offrir un terreau adequat, de facon a ce qu’il s’effectue de facon indolore (i.e. sans violence) et dans la bonne voie (celle de la justice et l’equite). Un doux reve …

    1. @Romain,

       » Comme l’a souligne EOLE, aucune personne ou institution n’a le pouvoir de changer de civilisations.  »

      Êtes-vous certain ?

    2. heu voui
      je cite: « Votre conclusion, comme de nombreux commentaires, me font penser à une antiquité (1979) de Michel Crozier: « on ne change pas la société par décret ».
      Si quelqu’un avait le décret en main pour « changer de civilisation », il serait de bon ton qu’il le fit savoir. »

    3. L’humanité ne sortira pas de la crise du capitalisme sans sortir du capitalisme en crise.
      Le temps est fini des réformistes sans réformes finissant par appliquer les contre-réformes du capital.

      Mais la stratégie de sortie capitalisme n’est pas écrite d’avance.

      Elle sera le fruit de mobilisations et batailles partielles puis générales, ici, là-bas, puis ensemble, pour imposer la logique de la satisfaction des besoins de tous contre celle des profits de quelques uns.

      Dans la Grande Crise, la seule alternative à cette révolution de civilisartion serait une défaite qui plonge l’humanité dans la barbarie sociale et écologique.

    4. La définition du « changement de civilisation » en soi n’est pas aisée. La civilisation est une entité sociale plus que politique. En cela, elle découle d’un choix inconscient qui nait de l’association de groupe d’individus (et non pas de citoyens, notion politique) qui recherchent l’harmonie dans la communauté de leurs intérêts. L »organisation politique d’une société civilisée peut donner naissance à différents régimes. La démocratie en est une forme mais n’est pas exclusive. Si l’organisation politique est un « sous-produit » de l’organisation civilisationnel, la question se dessine en filigrane : quelles sont les limites d’une civilisation ? ses frontières qui la distingue d’une autre civilisation ? Y a-t-il, par exemple, une civilisation européenne, une civilisation américaine,… ? Pour ma part, j’exclus catégoriquement l’idée qu’une institution politique quelconque puisse « decider » normativement de changer la civilisation, que l’on se place d’un point de vue jusnaturaliste ou positiviste. Cela n’a aucun sens.

    5. entre bon gré, malgré
      de gré ou de force
      autant s’y mettre, essayer de faire entendre sa voie, n’est-il pas ??,

    1. à Charle A.
      je noterai surtout de cet extrait là
      « Ces temps de vache maigre sont terminés pour le FMI qui a ouvert une ligne de crédit à une dizaine de pays d’Europe en moins d’un an et intervient désormais sur de multiples fronts. L’institution voit alors ses bénéfices, hors ventes d’or, quadrupler pour son exercice 2009-2010 (clos fin avril) s’établissant à 534 millions de dollars, contre 126 millions lors de l’exercice précédent. Confier la gestion de la crise à un organisme qui en tire profit à ce point ne devrait pas rassurer le citoyen »

  4. Un monde c’est surtout de l’économisme,

    Nous échangeons comme si le temps serait toujours suspendu au grand cruel et dilemme du moment, peut-être que ce genre d’articles pourrait faire davantage avancer la discussion.

    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/du-principe-de-precaution-au-77992

    Je vous invite à y lire la plupart des commentaires, avec grande Attention, Attention, Attention.
    L’amour du changement porte un poids plus lourd, une enclume, mais personne ne la sent et on traine alors davantage de boulets et de chaînes aux pieds.

    Vous entrez dans un bar et vous remarquez soudainement un homme très attablé en train de porter royalement deux grandes bananes dans les oreilles. Vous vous demandez alors naturellement dois-je ou pas intervenir ?

    Dites ce que vous avez à dire mais ne vous en formalisez pas plus, c’est peut-être ce que la vie m’a appris sur les plus costumés, les plus branchés au système, buvez plutôt votre kronenbourg ou votre jus de pomme n’en soyez pas triste, soyez au contraire plus joyeux et positif, la grande invention de l’homme actuel c’est la grande sauvegarde sur disque dur de son monde, sa tradition.

    Tout porte à croire que nos idées supérieures, plus positives ou négative sur les autres, moins catastrophiques l’emporteront, ça vient sans doute du grand attrait séducteur au changement que j’incline beaucoup pour ceci et cela. Je calcule que nos idées sont les plus assurantielles qui soient, le communisme ou le socialisme d’aujourd’hui laverait-il vraiment plus blanc qu’hier et si oui en quoi dans la blancheur ?

    Moi aussi je suis un peu comme St Thomas, je ne crois que ce que je vois et pour le moment je ne vois toujours rien de plus blanc que blanc, ne serait-ce alors pas plus préférable de « partager » un peu les responsabilités pas non plus dans le seul énoncé des faits les plus tragiques.

    Que disent habituellement, les gens, les penseurs, les intellectuels, les philosophes, les politiques, les vendeurs de sable et d’illusions, le lundi, mardi, mercredi, écoutez-nous vous redire les mêmes formulations de penser et voir la crise, la seule sortie est par là suivez notre doigt. Il est évident que plus cela fera mal, et plus nous nous sentirons poussés à crier au changement, au secours.

    Oh comme nous attendons tellement la grande révolution universelle, telle est la pensée fondamentale qui nous trotte à la tête : Voilà ce que nous chérissons, déjà la Grèce avait eu de si grands penseurs de concombres coupés en six, avant bien sur il n’y avait rien, rien strictement rien dans l’univers pas de concombres que des grosses citrouilles comme terra.

    Il nous faut toujours trouver une idée temporelle, un bon produit à vendre pour nous conduire au salut, à la sécurité dessinons une plus grande cage de repos pour les Ames en peine, voilà notre principale mission sur terre, sauvons le monde, faisons le bien, l’économie, le social. N’est-ce pas ce que se disent pareillement les ennemis de la raison, quelle belle partie de ping pong ?

    Et puis si l’univers tout entier ne se prête à notre suprème demande de remettre du bien dans la société, d’autres seront forcément plus malheureux sans nous, la terre sera broyée, oh ma société
    que l’injustice est grande. Faut-il alors tout changer ou changer quelque peu les choses, avec des gens plus sourds, mais non il nous faut encore sortir le glaive pour mieux périr par le glaive, oeil pour oeil dent pour dent, la seule loi du talion qui m’animera et me soufflera jusqu’à la fin.

    Place du révolutionnaire libéral ou pas dans l’histoire ? toujours la première bien évidemment. Bon je sais ça va faire un peu grincer des dents que je suive le même enthousiasme de certains mais que voulez-vous les choses sont ainsi, est-ce du sadisme. C’est le bourgeois révolutionnaire transcendant, qui essaye de faire croire qu’il est quelqu’un de très concret, dans l’idée peut-être de mieux montrer un monde plus « OK », nous sommes tellement bien familiarisés et conditionnés de toutes ces choses qui assurent, c’est le vocabulaire tellement indéboulonnable dans les esprits.

    Moi qui suit né à telle époque mon temps est forcément meilleur que les autres, c’est l’excellence, des beaux titres, du succès, des livres, de la réflexion, de l’échange, de l’écoute, de tous les sens ou pas c’est le réel ou l’irréel, c’est l’éducation, la raison comptable de plus. Je crois beaucoup à l’humanité qui avance et calcule plus rapidement le bien, surtout au niveau de laquelle elle se touve la mieux représenté encore plus si cela attire foule, nous renverseront les choses qui font le plus mal.

    Le plus triste ou le plus drôle c’est que ceux qui se moquent beaucoup en coulisses ne semblent pas toujours mieux saisir la gravité des événements, ils sont dans le monde, dans leur bulle, est-ce de l’autisme, de l’aveuglement le plus caractérisé qui soit sur terre. Brrr il fait parfois si froid dans la plupart des bureaucraties modernes, enfin si ça lave toujours plus blanc que blanc alors pourquoi pas, de toutes façons on ne peut pas rester à rien faire et à attendre que la météo nous vienne en aide pour débloquer plus les choses sinon auto-destruction complète d’une civilisation.

    Non il faut savoir prendre ses responsabilités ne pas toujours vouloir se montrer les plus sourds au bon sens. Non moi j’attends toujours des solutions pleinement sures et concretes à 100%, comme ça aucune peur de me mouiller les pieds devant le petit ruisseau à traverser, avancer et changer je veux bien, mais gravir la colline sans mon confort à ça non alors, ce que je veux c’est surtout prendre l’ascenceur automatique, rester au même niveau, bref choisir continuellement deux lunes à la fois.

    Au fond, le plus rationnel des êtres marchand ou pas, peut tout aussi bien amener l’utopie et la même désillusion prochaine, ce grand désir de voir la même chose avec quelques petites touches d’agrémentations. Oui je sais je ne sais toujours pas cuisiner les mets économiques les plus présentables qui soient et alors ce n’est pas une raison pour rejeter la mise en garde. Vous aurez beau continuellement faire preuvre d’images ou pas, d’écrits plus ou moins enfin bref, vous voyez ce que je veux dire, mais non ils ne voudront toujours n’en faire qu’à leur tête, oui un peu de sérieux et de retenue quand même nous parlons de l’avenir et de la survie de l’humanité sur ce blog.

    Supprimez tous les prophètes de malheur de votre monde à l’antenne, pour mieux faire repartir la croissance à tout va, vous n’en supprimerez pas moins la grande épée de Damoclès. Non moi ce que je préfère c’est plutôt changer c’est la lune la rendre moins lunaire, plus terrestre, plus
    gravitationnelle, comme une plus grande berceuse plus proche de la mère, si ça peut laisser davantage la place à d’autres pour mieux asseoir leurs plans sous la comète.

    Quel beau spectacle.

    1. Combien de bulles selon vous ou d’autres sont-elles en train de se former, de gonfler en ce moment même peut-on précisément en établir un nombre une liste ou cela est beaucoup trop difficile à identifier et cataloguer pour le moment.

  5. Alors que le ministre du Budget annonce ce matin un tour de vis sur les dépenses sociales, l’UMP organise la faillite de l’Etat

    C’est un rapport de l’Assemblée nationale on ne peut plus officiel, signé du député UMP Gilles Carrez, pour la Commission des finances, qui ne fera hélas pas la Une. Ce qu’il révèle est pourtant explosif : en dix ans, les « pertes de recettes fiscales non compensées » – en clair les baisses d’impôts – atteignent le montant faramineux de 100 à 120 milliards d’euros !
    http://www.plumedepresse.net/spip.php?article1450

  6. Voilà un article qui me parait intelligent.
    Casser les frontières étatiques du public comme l’ont fait les sociétés privées pour être à égalité des pouvoir en est une autre.
    Anecdote: j’habite une habitation qui a été construite verticalement entité par entité alors qu’on se partage beaucoup de parties communes comme les jardins, les toits, les garages.
    Le travail de gestion est multiplié par le nombre d’entités.
    Dans mon cas quintuplé. Cinq comptabilités.
    Quand un endroit des fondations vacille, la grande question quelle est l’entité qui va payer?
    Alors, on a décidé de réunir l’ensemble pour diminuer les frais.
    Comment?
    En restituant tous les fonds de réserves actuels en fonction de ce qu’il est avant la fusion.
    Enfin en le restituant de manière équitable en un bloc.
    N’y a-t-il pas des idées à tirer?

    1. hum,

      puisque vous me poser la question, très précisémment moitié espagnol (andalousie), un quart français (enfin savoyard), un quart italien (pouilles). mais j’aime ma patrie, je milite pour le québec libre, et trouve ridicule le mélange des genres: l’anglais reste pour moi une langue étrangère.

    2. Cher Methode,

      Pour votre moitié espagnole, « Buenos dias », je dis félicitation pour votre entrée en finale à coupe du monde.
      Pour votre quart italien, « pecato per lei »
      Pour votre autre quart, je dirais peu de chose. Tout a été dit et trop dit.

      En tant que Bruxellois, que vous ne connaissez pas, je vous apprends qu’heureusement qu’il y a l’anglais pour pouvoir partager les idées, quand il y a plus de 20 langues qui se mélangent sur notre petit territoire.
      Les mélanges évitent les ségrégations. Nous appelons cela un melting pot, on en rigole et on aime. Nous n’avons aucune nation considérée comme « étrangère ».
      Vous avez raison d’aimer votre coin de paradis. J’ai assez écrit pour faire de la pub pour mon coin à moi.

      Have a good day

  7. Lu dans le figaro.net ce soir :
    Certains analystes reste toutefois sceptiques. «Si le déficit budgétaire grec est dans les clous, pourquoi Athènes a-t-il besoin d’autant de fonds?», s’interroge Ciaran O’Hagan, stratège chez Société Générale CIB. Selon ses calculs, la Grèce a récolté auprès des investisseurs, du Fonds monétaire international et de l’Union européenne plus de 57 milliards d’euros à court, moyen ou long terme, depuis le début de l’année. À comparer aux 56 milliards d’euros levés en 2009.

    Athènes entend également revenir tester les marchés mi-juillet pour une émission d’obligations à court terme de 4 milliards d’euros.

    Revenir « tester » les marchés ? Pourquoi cette formulation ? On teste ou on a vraiment besoin d’argent ? Si le test réussi que se passe-t-il ?

    1. Conclusion: n’allez plus tremper vos pieds dans le marécage du Figaro, vous aurez les idées plus claires et la jambe plus légère en vous contentant du blog Jorion!

  8. Les réformes doivent viser la finance.
    La finance doit être réformée.
    Elle EST l’objectif.
    Les performances de la finance sont lamentables:
    ce fait doit servir de guide à la réforme nécessaire.
    Les « bonnes » pratiques financières doivent être remises
    en question et changées.
    Les culs-de-plomb financiers accrochés à leurs avantages indus doivent être éjectés.

    Ceci doit être fait afin que nos modes de vie ne changent pas selon
    les désirs instables d’un groupuscule failli et inutile.
    Et on connait leur pouvoirs dissolvants sur des Sociétés
    jusque là en équilibre et viables.

    Ce que je lis des commentaires me laisse insatisfait ou perplexe,
    comme un malaise d’incompréhension.
    Ne nous trompons pas. Notre forme de Société n’est pas négociable.
    Elle ne peut pas être remise en cause dans ses objectifs
    sociaux. Il s’agit seulement de faire disparaître les disfonctionnements
    et les injustices.

    On peut appeler « changement de civilisation » une organisation
    tendant à plus de justice, mais ce pourrait être une transition en douceur,
    étalée dans le temps,plus technique qu’idéologique.
    Par exemple, la transition de la traction animale à l’emploi de moteurs:
    l’évolution a été lente parfois douloureuse mais elle reste un objectif
    universel malgré retards ou difficultés.

    L ‘exemple de la motorisation permet de rappeler que l’organisation de notre Société devra faire face à de vraies évolutions imposées.
    Assimiler la (pseudo) force du capital à une contrainte telle
    la fin de l’énergie à bas prix c ‘est lui faire trop d’honneur.
    C ‘est se tromper de perspective.

    La finance ? un bourrin en fin de vie, bon pour l’équarissage.
    Et ce n’est pas une révolution.

  9. Excellent.

    Il semble qu’il y ait une incompréhension ou pour le moins un désarroi face au « changement de civilisation ». La ponction de richesse faite par la finance est à la fois inacceptable et indispensable au fonctionnement de la société de consommation, d’où « l’impasse totale » : on ne peut et on ne veut plus continuer à l’accepter, et si on la supprime ou qu’on la diminue à un niveau « acceptable » le système est condamné.

    Prendre conscience de ça suffit à donner sa chance à une nouvelle civilisation.

     » Rêver de la vie, c’est justement ce que j’appelle : « être éveillé » « . (FN)

    Il faut porter le débat sur le devant de la scène. Et parler sérieusement du travail, cette activité pas toujours (…) librement choisie qui occupe une grande partie de votre vie.

    PS : « A posteriori, les dix-huit ans qui séparent… » : oui. De même qu’a posteriori les différences entre une société inféodée à un dieu et une société de consommation ne seront pas plus « épaisses » que le voile qu’elles représentaient pour un homme cherchant à masquer sa peur du néant.

  10. « En raison d’un cercle vicieux : le remboursement de la dette réclame un relèvement des impôts, qui réduit le pouvoir d’achat, entraînant une baisse de la consommation, d’où un fléchissement de la croissance, qui oblige à une relance, nécessitant une augmentation de la dette, etc. »
    et
    « Le seul espoir de briser cet engrenage infernal est de repenser la manière dont se redistribuent les revenus entre un capital à haut rendement et un travail faiblement rémunéré. »

    Justement, la solution est bien dans l’augmentation des impôts, mais pas ceux des pauvres et des classes moyennes, ceux des riches, qui gagnent plus de 5 fois le revenu médian, ceux des sociétés où il faut combattre l’évasion fiscal et revenir à un impôt sur le bénéfice de 66%.

    La redistribution passe forcément par les impôts. Et ceci n’est pas une correction après coup, qui va corriger les dégâts de ces inégalités délétères, mais une mesure préventive. En effet voyant que les hauts revenus seront taxés de plus de 90%, les riches entre deux maux choisiront de diminuer leurs revenus plutôt que de les verser à l’Etat honnis. De même les sociétés plutôt que de chercher à maximiser des bénéfices, toujours captés par cet état honnis, vont les réduire en baissant les prix, en augmentant les salaires pour motiver les salariés ou en les réinvestissant.

    Le changement de civilisation est donc vraiment à portée de main, même s’il ne faut jamais oublier que dans un second temps, nous devons nous orienter vers une société de décroissance. Mais si la population réussit à faire cette première étape des impôts, alors on sera près pour le vrai défi.

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