Pourquoi une charte « Blog de Paul Jorion » pour les entreprises serait au contraire une chose excellente, par zébu

Billet invité.

Réagissant aux commentaires négatifs qui avaient accueilli ma charte « Blog de Paul Jorion » pour les entreprises, j’avais renversé les rôles : je m’étais fait l’avocat du diable, j’avais « démoli » ma propre proposition, mettant au défi quelqu’un de la défendre.

Zébu a relevé le défi. Avant de lui laisser la parole, je reproduis mes propos d’avocat du diable :

Une sorte de présupposé, préjugé, de pas mal de commentaires, c’est qu’une entreprise qui respecterait la charte se ferait aussitôt écraser par les autres.

Qu’est-ce que cela veut dire ? J’y vois plusieurs éléments.

Le premier, c’est que seuls des baba-cools, pas stressés et du coup, plus ou moins flemmards s’intéresseraient à la chose. C’est vrai d’une certaine manière : la fièvre de l’or est un puissant aiguillon, et ceux qui ne sont pas poussés par elle, travaillent moins.

Le deuxième sous-entendu et que la plupart des entreprises fraudent et que celles qui ne le feraient pas seraient très désavantagées. C’est certainement vrai et ceci constituerait une incitation à ce que des entreprises qui adopteraient la charte traitent de préférence les unes avec les autres.

Le troisième élément – et c’est à mon sens, le plus sérieux – c’est que les entreprises de la charte ne feraient pas preuve de professionnalisme. Je dis que c’est l’élément le plus sérieux, parce que je l’ai vu à l’œuvre. J’ai travaillé dans le domaine du crédit aux particuliers au sein des entreprises qui sont les plus éloignées de pouvoir jamais souscrire à la charte. J’ai eu également l’occasion de parler à des gens du même secteur qui feraient eux, de très bons candidats, et j’ai été effaré – je dis bien effaré – par leur amateurisme, leur ignorance crasse des bonnes pratiques dans leur domaine. Il était clair que le manque d’« agressivité » commerciale s’accompagnait d’un manque total de rigueur dans les démarches.

Le principal danger à mon sens, il est là : dans la motivation. Les gens qui seraient prêts à signer la charte, sont des gens qui en fait n’ont rien à faire dans le bizness, et le sachant, ils ont tendance à rêvasser plutôt qu’à « en vouloir ».

P.S. : comme je suis le pire avocat du diable qu’on puisse imaginer contre mes propres propositions, c’est à vous maintenant de tenter de me démentir ! (Mais vous y arriverez !)

J’avais dit que je prendrais les habits du procureur. Je sens que je vais avoir quelques difficultés, que j’ai d’ailleurs ressenties fortement avant de vouloir endosser ce costume. Non pas que le costume du procureur soit l’habit noir en contre-point des habits de lumière de l’avocat : le procureur est celui, à l’inverse d’un avocat qui plaide une cause particulière, celui qui est censé défendre la cause commune. Cette définition est parfois renversée, tant il est vrai que défendre le cas particulier d’un Dreyfus, c’est lutter contre l’arbitraire : tout dépend donc du présumé innocent.

En l’espèce, vous défendez, avec le coup de pied à l’âne qui sied, le ‘bizness as usual’ contre la sempiternelle ritournelle des bons sentiments qui finit par paver l’avenue de votre commanditaire : le diable aurait pu trouver pire comme avocat …

Votre client proteste de son innocence. Selon le bizness, imposer une charte serait comme enlever un pistolet à un homme dans une bataille : meurtrier. Il faudrait donc être passablement assagi, ou rassasié ou sage (ou fou) pour dénier que le lucre est le (seul) moteur valable de cette vieille humanité.

A dire vrai, le bizness est même inquiet qu’une telle arme, qui se retournerait contre soi, puisse être même diffusée publiquement, à toutes les entreprises, y compris celles de moins de 18 ans : il en va certes du bon ordre mais aussi d’un sens civique aigu.

Le seul problème de votre client est qu’il génère bien plus d’effets meurtriers par son appétence à la compétition effrénée que si la Charte de Paul Jorion s’était diaboliquement répandue : guerres, famines, folies. Meurtrier mais aussi installateur de désordres divers : économiques, financiers, sociaux, … Quant à parler de sens civique, la décence voudrait qu’un tel terme soit définitivement ôtée au bizness, afin de ne pas outrager plus avant le tribunal, car qui est le moins qualifié pour parler d’intérêt commun que le bizness dont l’intérêt particulier n’est plus à démontrer ?

Dangereuse la Charte de M. Jorion ? Certes oui !! Mais pour qui ? Pour l’accusé, très certainement. Car cela dénaturerait en effet les fonctionnements du bizness, basé sur la compétition, sur la dissimulation, l’exploitation, le mensonge et tout artifice qui permettra au lucre de croître.

Tout donc plutôt qu’un risque, certes infime, pour que la nature du bizness s’en trouve radicalement transformée : plutôt l’aversion au lucre, qui permet in fine de fétichiser celui-ci, qu’un lucre relativisé, remisé au second rang sur l’étagère des intérêts humains.

De sorte que la charge de Paul Jorion n’est qu’un plaidoyer pro domo pour son client et ne vient en rien étayer cette assertion que seul l’or (le lucre) peut suffisamment motiver ceux qui participent à un système économique : ceci reste à prouver.

Et nous prouverons, concernant le professionnalisme, qu’il n’en est rien.

Concernant le second argument (‘tout le monde fraude’), le ‘bon sens’ viendrait faire acquiescer aisément la NECESSITE, étant donné les paramètres du système économique dans lequel les entreprises sont insérées, que les dites entreprises puissent frauder, voire même soient dans l’OBLIGATION, y compris sociétale (notamment à l’encontre de ses salariés ou ses clients), de frauder. Dès lors, qu’une entreprise signe la Charte et c’est son arrêt de mort qu’elle signe : la respecter, c’est s’interdire de frauder, donc ne pas reconnaître, étant donné les paramètres définis de son environnement, le risque accru de permettre à son concurrent de la blesser, mortellement. Un patron qui s’y risquerait serait tout simplement un irresponsable, tout comme des parents qui laisseraient leurs enfants seuls dans un supermarché ‘éthique’ pendant leurs courses.

Ceci est un sophisme. Du grec ‘Sophisma’, qui signifie ‘fallacieux’.

Et de fait, il faut bien reconnaître que cet argument est fallacieux. Pour reconnaître un sophisme, je vous donne un exemple : « Tout ce qui est rare est cher, un cheval bon marché est rare, donc un cheval bon marché est cher. »

Dans le cas présent, le sophisme est le suivant :

1/ l’environnement économique est caractérisé par une lutte à mort au travers d’une compétition entre ses agents ;

2/ la fraude existe ;

3/ donc, si un agent économique ne fraude pas, il sera tué par la lutte à mort qui s’effectue au travers de la compétition ;

4/ empêcher un agent économique de frauder (signer une Charte), c’est le mettre à mort.

Maintenant, supprimons le prémisse ‘caractérisé par une lutte à mort au travers d’une compétition’.

Que reste-t-il ? Rien. Tout le reste suivant est faux. Et il en est de même pour l’assertion suivante, basée sur le premier sophisme : il serait nécessaire que de telles entreprises n’échangent qu’entre elles. En supprimant le premier sophisme (devenu ‘prémisse’), on supprime le second.

De même, poussons le sophisme dans ses ‘extrêmes’.

Imaginons que TOUS les agents fraudent, en même temps, le plus possible (car il en va de leur survie). Quels en seraient les résultats ?

a/ les entreprises passeraient leur temps à frauder et non plus à produire : le résultat serait alors catastrophique pour l’économie.

b/ si toutes les entreprises fraudaient en même temps, il n’existerait plus d’entreprises ‘vertueuses’, qui ne permettraient plus alors aux entreprises fraudeuses de ‘gagner’ la compétition.

c/ puisqu’il en est ainsi, il semble donc nécessaire qu’il existe aussi des entreprises ‘vertueuses’, afin que la fraude, si nécessaire en ce système puisse être véritablement performante. Il serait donc nécessaire, par un tirage au sort par exemple, de déterminer les entreprises qui seraient vertueuses et celles qui ne le seraient pas (optimum économique).

On constate ici aisément jusqu’où un sophisme peut nous entrainer.

De même, on constate aisément que réserver une telle Charte à un ‘sous-système’ économique ne rendrait pas viable ce sous-système car il obligerait les entreprises signataires à ne traiter qu’avec des entreprises signataires, réduisant ainsi ses possibilités d’échanges et signerait donc à terme, sa réintégration dans le système global ou sa disparition. Dans le meilleur des cas (le moins mauvais, pour le client de M. Jorion), une petite communauté économique ‘à part’ continuerait à perdurer, communauté qui ne viendrait en rien perturber les fonctionnements du système global et vivant toujours sous la menace d’une ‘réinsertion’ par l’échec : un système autarcique, condamné, à terme, à la mort. Question de patience donc et même d’intérêt, en termes scientifiques, pour le bizness, lui permettant d’étudier ‘in vivo’ des « gènes modifiés ».

Enfin, le professionnalisme. Rien n’est pire que l’amalgame. Or, parler du professionnalisme des agents ou d’une organisation tout en parlant de ‘motivation’ n’a rien à voir : ces notions ne sont pas obligatoirement concomitantes, au regard du bizness.

Qu’est-ce que le professionnalisme, si ce n’est la reconnaissance dans vos activités, professionnelles ou non, d’une maîtrise de savoirs et de savoirs-faire, une reconnaissance de vos compétences ?

Qu’est-ce que la motivation, si ce n’est ce qui pousse un individu ou un organisme à agir ?

A ce stade là, rien ne prouve que le professionnalisme soit une caractéristique réservée à des activités professionnelles, a fortiori des activités lucratives et commerciales, ce qui permettrait de définir’ en creux’ le bizness : un agent économique peut être professionnel, quel que soit le mode de réalisation de son activité, publique (fonctionnaire, par exemple) ou privée (bénévole, par exemple). Ce n’est donc pas le type d’activité et la fonction ou le statut de l’agent (ou de l’organisme) qui définit son professionnalisme mais bien le fait que ses compétences soient reconnues par autrui.

A l’inverse, rien ne prouve que l’efficience réside uniquement dans le bizness : la crise financière actuelle tendrait même à prouver l’inverse.

La question du professionnalisme n’est donc pas une caractéristique qui peut être retenue A PRIORI à l’encontre des entreprises signataires d’une Charte.

Analysons maintenant la motivation. Si la motivation est le lucre, par exemple, nous pourrions facilement démontrer que cette motivation a permis de produire une absence de professionnalisme patente ou même une absence de conscience professionnelle tout court : Goldman Sachs, parangon du bizness, en est une preuve, très récente. A l’envers, une motivation ‘éthique’ pour une entreprise pourrait être une manière différente et supérieure au lucre de motiver ses agents et donc de les inciter à se professionnaliser dans les « bonnes pratiques dans leur domaine », en lieu et place de développer une agressivité commerciale, qui serait contradictoire et contre-productive au regard des motivations éthiques : en quelque sorte, une vrai absence de professionnalisme.

Tout dépend donc de la règle que l’on se donne pour être jaugé. Il est clair que si la règle implicite est celle du lucre, alors le professionnalisme implique l’agressivité commerciale. A l’inverse, si la règle implicite est la motivation éthique, l’agressivité commerciale ressortirait comme faute professionnelle aux yeux des clients.

L’amalgame ici effectué par M. Jorion est de relier deux notions, professionnalisme et motivation, au profit exclusif de son client, le bizness. Rien ne le prouve. Je dirais même plus, tout tendrait à prouver le contraire en matière de bizness financier.

Que reste-t-il donc, votre honneur, à l’avocat du bizness, M. Jorion ?

A part un plaidoyer pro domo, qui ne prouve rien sinon la crainte de l’accusé qu’un tel système puisse éventuellement fonctionner ?

A part l’utilisation de sophismes, dont les prémisses sont évidemment aux services du client de M. Jorion et dont les conclusions sont évidemment ‘fallacieuses’ ?

A part l’amalgame fait entre d’un côté professionnalisme et motivation et le bizness, amalgame non seulement sans un début de preuve (ou de justifications) mais encore à l’encontre des réalités qu’une crise en cours n’arrive pas à épuiser ?

Aristote, à l’envers d’un Platon qui n’avait pas su répondre aux sophistes quant à l’existence et à la réalité, leur opposait un autre principe : le principe de conviction.

Il semblerait qu’il soit temps que ce principe, face aux sophistes du bizness, soit saisi et mis en application par les agents économiques.

Pour que l’économie puisse, à l’instar de la philosophie avec Aristote, faire un bond de géant.

Une Charte ne tuerait personne.

Mais le bizness, assurément.

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67 réflexions sur « Pourquoi une charte « Blog de Paul Jorion » pour les entreprises serait au contraire une chose excellente, par zébu »

  1. les méthodes chartistes ne semblent guère en harmonie avec le chartisme et ses revendications …

    l’homme moderne est corrompu par le gain financier, en valorisant une autre approche que la position sociale par la possession, soit le résultat de la transformation de l’or en biens divers, l’homme de la Charte pour l’Humanité sortirait de sa caverne ou de sa mine pour se tourner vers l’extérieur, de façon responsable et « durable ».

  2. Ping : Anonyme
  3. Transformer le capitalisme par capillarité en utilisant des méthodes issues du sérail néolibéral, c’est un peu court pour mettre en branle le principe de conviction chez moi…

    Quelles différence radicale y a t’il entre la charte et le commerce équitable actuel par exemple, différence qui pourrait faire en sorte que la première ne finisse pas comme le second ?

    1. J’ai un peu de mal à croire à une réaction de la majorité sans une certaine prise de conscience c’est vrai, mais je sais que le choc s’il advient sera terrible et la perspective me dissuade de m’en réjouir. Mais je crois encore moins à l’initiative privée type philanthropie anglo-saxonne pour régler le problème. C’est dans le champ politique qu’on trouvera les solutions, c’est le rapport de force qu’il faut modifier, ce qui implique un changement de personnel, par la base pour le coup, pour ensuite modifier les structures, notamment économiques, de la société.

      On ne peut pas se baser sur une sorte de foi dont les rouages sont les mêmes que ceux du système qu’on veut transformer pour arriver à ses fins, c’est absurde. De plus, tous ceux qui chez nos adversaires commencent à vous comparer à un gourou, n’aurait qu’à activer cet argument pour discréditer la démarche. J’avoue que j’ai du mal à mettre en cohérence vos propos sur Robespierre et Saint Just et cette proposition qui relève pour moi comme je l’ai déjà dit, d’un corpus néolibéral (la label, la valeur ajoutée, même si « sociale » etc) Comprends pas…

    2. Je partage totalement votre avis Nicks

      Une entreprise n’est pas un microcosme isolé, c’est une partie prenante d’un système de vases communicants.

      Je ne pense pas que le monde de l’entreprise tel qu’il existe dans le contexte concurrentiel actuel puisse changer profondément de forme même en se parant de ses plus beaux atours. Un loup déguisé en agneau garde tout de même son instinct de prédateur.

      Je suis peut être pessimiste mais je ne crois pas du tout aux pouvoirs des prêchi prêcha pour changer tout cela. Du salarié lambda au magnat potenta, même course, même combat : l’argent fait consensus. C’est pourquoi rien ne bouge.
      La carotte et le bâton feront toujours avancer l’âne dans une direction qu’il n’aura pas choisi. Voulons nous lui ressembler ?

      Je crois beaucoup plus à l’impact d’un changement structurel économique global sur l’évolution des mentalités.

      Un changement de politique économique entrainerait tous les acteurs en place dans un processus dynamique d’évolution sociale qui peut à son tour imprégner les consciences.

      Je vous renvoie à l’idée de base des coopératives municipales de Bookchin ci dessous exposée par Jean Zin qui constitue à mon sens un changement structurel de l’économie au niveau local susceptible de réaliser ce changement que nous attendons tous, cette « nécessité de passer à la phase constructive ».

      http://jeanzin.fr/index.php?post/2003/11/04/10-la-cooperative-municipale

  4. Je ne vois pas en quoi ce billet parlerait des objections exprimées. Pour ma part, le problème de la fraude n’est pas signifiant. S’il y a fraude, cela implique qu’il y a une loi contre laquelle frauder, ce qui, à son tour, implique la sanction. Point.

    La première objection qui me semble faire sens, est que ce projet écrase tout ce qui existe déjà: Les entreprises SCOP viennent immédiatement en tête, même si elles sont loin de répondre au problème. Ensuite, l’exemple (partiellement réussit) de la GPL (licence des logiciels « Open Sources ») est incontournable. La toute première caractéristique de cette licence est ce qu’on a nommé « son aspect viral ». Explication: Tout logiciel qui récupère un bout de code distribué sous GPL doit automatiquement être délivré sous GPL. Ce qui a deux effets possibles:

    – Soit on n’a interdiction d’y toucher si on ne veut pas entrer dans ce système.

    – Soit on contribue à l’extension du système.

    Ce sont justement ces points qui ne trouve pas de correspondants dans les sociétés SCOP, et ce manque explique pourquoi les SCOP ne se sont pas généralisées comme on aurait pu s’y attendre. Rien de très étonnant à cela, puisque le statut SCOP dépend entièrement du bon vouloir de l’état. Je ne vois pas plus d’aspect « viral » dans la Charte Jorion que dans les statuts SCOP, et, y en aurait-il un que l’état y mettrait évidemment son véto.

    D’autre part, donner son nom à une charte d’entreprise, me semble être aussi ridiculement prétentieux que le fait d’écrire des livres. Sans compter que, vu la faiblesse du contenu, le capitalisme ne risque pas de se retourner dans sa tombe. Quand on pense que le relatif succès de la GPL n’a fait ni chaud ni froid aux bénéfices de MicroSoft…

    Au sujet de la « motivation du lucre », là aussi, il y a diversion. Le « lucre » de quoi ? De qui ? Le « lucre » de l’artisan maçon qui se dépêche de finir son chantier pour gagner le plus possible d’argent ? Ou le « lucre » du criminel financier ? Classer les deux dans le même tiroir du lucre est typiquement une attitude de droite, attitude qui désire par dessus tout ne rien comprendre à rien parce que la réalité est trop simple.

    Vous (Paul) avez pensé à cette diversion en sortant d’une réunion avec des écolos (donc des gens de droite, selon mon échelle particulière). On peut supposer que cette réunion n’a pas eu le succès que vous auriez espéré. Il n’y a de solution que politique alors que toute voie politique est manifestement close. Face à cette évidence, nous nous sentons comme des rats dans un labyrinthe fermé.

    1. « D’autre part, donner son nom à une charte d’entreprise, me semble être aussi ridiculement prétentieux que le fait d’écrire des livres. »

      L’argument qui tue !

      « Il est super-urgent que nous prenions nous-mêmes les choses en main ! … sont rejetées bien entendu d’office, toutes les initiatives qui seront proposées par vous… »

      Toujours aussi constructif !

    2. Bémol néanmoins, Betov.

      Wikipédia a déjà tué deux encyclopédies payantes et la quasi-totalité des systèmes serveurs sont libres.
      La progression en logiciels de base de données libres ainsi que de systèmes d’exploitation PC est notable, par ailleurs. Lente, mais présente.

      Maintenant, concernant l’aspect politique, là…

      Il y a bien longtemps que j’affiche ma considération par rapport au mouvement de l’écologie, sachant que c’est traiter un effet et non une cause…
      Soit, vouloir garder le noyau du système intact.

    3. « Sont rejetées bien entendu d’office, toutes les initiatives qui seront proposées par vous »

      🙂

      Dommage. On aurait pu fonder la secte des bétovéniens et on aurait pu promouvoir l’interdiction de l’excès de richesses. Mais vous avez raison: Pas de quoi faire vivre un blog avec une telle simplicité. D’un autre côté, je m’étonnais, récemment, de voir tous mes aboiements publiés comme si de rien n’était. Je n’avais pas tenu compte du besoin d’animation. 🙂

    4. « Au sujet de la « motivation du lucre », là aussi, il y a diversion. Le « lucre » de quoi ? De qui ? Le « lucre » de l’artisan maçon qui se dépêche de finir son chantier pour gagner le plus possible d’argent ? Ou le « lucre » du criminel financier ? Classer les deux dans le même tiroir du lucre est typiquement une attitude de droite, attitude qui désire par dessus tout ne rien comprendre à rien parce que la réalité est trop simple. »

      Question d’échelle, Betov. Je comprends très bien ce que vous dîtes : il est ‘malsain’ , en apparence, de mettre sur la même échelle un artisan (ou même un employé qui fait des heures supplémentaires) d’avec un financier. Mais en apparence seulement. Pourquoi ? Parce que mettre sur une même échelle ne signifie pas mettre sur le même ‘barreau’. Du tout. Sur une échelle, à moins d’être sur le même barreau, les choses ne sont point égales.
      Autre chose : un employé dont la motivation serait le lucre, comme celui qui souhaite faire plus d’heures (le ‘travailler plus pour gagner plus’ de Sarkozy) défend son intérêt, légitime à son sens, particulier. Mais l’intérêt général est-il pour autant défendu ?
      L’objet est donc de ‘changer d’échelle’ et de substituer la lucrativité comme seule motivation à d’autres motivations.

      Une Charte pourrait être ‘virale’ si son objet s’appliquait à tous, à toutes les entreprises, tous les secteurs. Mais pour se faire, à mon sens, il est nécessaire de reconfigurer les fonctions d’une Charte. C’est tout le problème du GNU/GPL : il ne concerne que les agents et acteurs d’un même système, qui se conçoit ‘à part’, sans vouloir refoondre le ‘bizness’. C’est aussi l’erreur, à mon sens tout personnel, du Commerce Equitable (enfin, au début, c’était son objectif, aussi) : refuser de modifier le bizness et voouloir créer un autre système ‘parallèle’ est voué à l’échec car la force d’inertie du dit système est par trop importante (ce que je dis d’ailleurs dans mon ‘billet’).
      C’est même d’ailleurs l’objectif du bizness …
      ‘Etrange’, me direz-vous. En apparence, encore une fois. Car vous citez Microsoft, en écrivant, avec raison, que le GNU/GPL ne lui fait ni chaud ni froid. Je vais vous dire : c’est même pire.
      Il en a besoin.
      Pour quelles raisons ? D’abord parce que les applications sont libres de droit et accessibles, … y compris à Microsoft !! Dans quelles mesures le GNU/GPL ‘roule’ pour les ‘majors’, on ne le aura jamais mais c’est une possibilité à envisager. D’autres part, Microsoft en a BESOIN : en tant que ‘monopole’ (quais de fait), s’il n’a personne ‘en face’ en tant que concurrent, comment pourra-t-il s’améliorer, puisque le moteur de l’évolution du bizness est justement non pas la coopération mais bien la compétition ?
      Or, le ‘meilleur’ concurrent de Microsoft est … le GNU/GPL.
      La licence libre ne remet pas donc fondamentalement en cause l’ensemble du système. C’est ce dont vous parliez pour les SCOP et vous avez raison : pas de ‘viralité’.
      C’est à cela qu’il faut s’atteler : produire une ‘charte’ (ou fonction ou appelez-ça comme vous voudrez) qui s’attaque à l’ensemble du système. Or, pour s’attaquer à l’ensemble du système, il faut s’attaquer à son moteur même : le lucre.
      Y compris pour l’artisan maçon.
      Sinon, comme vous l’écrivez, mutatis mutandis, on tourne en rond.

      Cordialement.

      PS : vous faites erreur. Paul Jorion a eu cette idée en sortant d’une réunion avec une CCI. C’est donc bien pire que ce que vous pensiez : Paul Jorion serait d’extrême droite (selon votre échelle).
      A mon avis, feriez bien de changer d’échelle … L’échelle de Jacob ?

  5. Point d’actualité :

    Réunis comme tous les ans en conclave, les banquiers centraux ont hier, depuis la station touristique de Jackson Hole aux Etats-Unis, tenté en pure perte d’accorder leurs violons.

    Ben Bernake a prudemment déclaré que la Fed était prête à si besoin donner un coup d’accélérateur, sans toutefois bouger le petit doigt dans l’immédiat.

    Jean-Claude Trichet, au nom de la BCE, y a affirmé péremptoirement qu’avant d’envisager un redémarrage de l’économie, il importait de clarifier qui allait régler l’addition de la crise financière. L’accent mis sur la réduction des déficits publics laissant planer peu d’incertitude sur la réponse qu’il apporte à cette question.

    Pour la première fois publiquement évoquée par le président de la BCE, l’ombre menaçante de la déflation japonaise s’étale désormais des deux côtés de l’Atlantique. Comme si Fantômas étendait son empire.

    Les solutions contradictoires qui sont préconisées pour y faire face sont peu susceptibles de sortir de sa gangue actuelle l’économie, chacun tirant dans le sens contraire. La stratégie affichée en Europe ayant toute les chances d’accentuer les tendances récessives globales de la région, tandis que la croissance de l’économie américaine continue de lentement décliner, en attente de mesures de relance de la Fed, qui voudrait bien ne pas être seule à s’y engager, incertaine du résultat de ce qu’elle pourrait entreprendre.

    Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, le montant des dons adressés à Paul Jorion n’a pas atteint à trois jours de la fin du mois d’août le fatidique seuil des 2.000 euros. Il faut raison garder – comme disent les politiques quand ils se sentent eux proches d’être dépassés – tout peut encore arriver. Contre toute attente  !

    1. « Comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule… »

      Eh bien c’est parce qu’il n’aime pas Céline.

  6. Témoins à charge :

    – Si le concept de « charte éthique » est excellent, progressiste, moderne il en est pas moins fortement dévalué : entre les normes ISO -dont la plus récente, la 26000 vient de « sortir »-, la RSE (Responsabilité Sociale des Entreprises) promue par l’ONU, les « labels » divers et variès qui fleurissent dans la Grande Consommation, la finance Ethique, le commerce Equitable, les normes européennes, américaines, asiatiques, les recommandations du Grenelle de l’environnement, les lois Auroux (tombées en désuètude), les règles comptables, fiduciaires, juridiques, les codes du travail, du commerce, civils, les diverses réglementations issues des organismes professionnels, les arrétés locaux, régionaux, nationaux, les règles internationales, les GATT, ect, ect, l’Entreprise est cernée de réglementations diverses et varièes dont la mise en oeuvre, le contrôle et, éventuellement , le contournement enrichissent les professions juridiques.
    Une de plus, une bonne idée ?
    – De nombreux organismes, largement installés, produisent de la matière en ce domaine, en font la promotion, réussissent quelquefois à l’imposer : voir les réseaux d’entreprises précédemment cités dans le billet antèrieur, des « Think Tanks » comme Novéthique particulièrement pertinents.
    Un nouveau concurrent, un challenger potentiel ?
    – Concevoir, promouvoir une charte, c’est aussi se donner les moyens de la « vendre », d’organiser le contrôle de ceux qui l’auront signés, et en cas de non-respect avéré, de sanctionner.
    Le BPJ, quelle infastructure ? Quels financements ?

    -Attribuer un « label » Paul Jorion à des Entreprises respectant (ou s’engageant à respecter) des normes établies, c’est agir comme les agences de notation. C’est privatiser ce qui devrait être du domaine public et contourner (au nom de la pureté idéologique) ce qui devrait ressortir de décisions politiques.
    Ou est la démocratie la-dedans ?

      1. Faucon en discute.

        Je propose une Jorionnade, soit une rencontre des participants dans un endroit qui pourrait être optimisé géographiquement.

        En fait, je suis en Bretagne et ne peut accueillir qu’une cinquantaine de participants dans mon jardin pour un barbecue où tout le monde se débrouillerait, ainsi que je ne peux qu’héberger décemment une dizaine de personnes pour une nuit.
        Je suis donc géographiquement excentré et trop court en moyens logistiques. Pour l’hébergement la nuit, les hôtels existent aussi dans le coin, néanmoins.

        Si, par contre, un commentateur pouvait nous trouver une solution aux alentours du sud de Paris (le triangle Chartres-Melun-Nemours et environs), se serait, je pense, une bonne piste.

      2. c’est pas évident si on a pas l’exemple de groupe ou leurs réactions, on est pas tous du « milieu », mais je reste un partisan du »c’est déjà ça »

    1. Alain, vous ‘pensez’ dans les mêmes termes que ceux es chartes déjà existantes.
      Or, effectivement, si c’est pour faire ‘de même’, on aura les ‘mêmes’ résultats.

      J’ai proposé des modes de fonctionnements TRES différents et ce quelque soit la Charte : c’est essentiel !!
      La Charte Jorion n’est qu’un outil. Ce qui reste à définir, c’est COMMENT on fait pour que s’en ervir soit RADICALEMENT différent.
      J’insiste car personne n’a relevé (à part vous et Vigneron, je compte donc sur vous deux, lol) mes propositions, qui reviendraient en quelque sorte à un benchmarking démocratique (je re-re-remets mes propositions) mais pas QUE :

      1/ réintégration du consommateur dans le process de définition du prix (prix variable)

      2/ réintégration du producteur dans le process de définition du prix final avec l’intermédiaire (sous forme non pas de définition d’un prix mais bien d’un rapport)

      3/ réintégration du consommateur dans la définition des ‘normes’ équitables des produits : aucune norme ne pourra intégrer les différentes variables qui définissent une entreprise et aucun processus de contrôle, fiable, ne pourra fonctionner si les pré-requis sont par trop importants (sauf à réserver ces normes aux plus grosses entreprises)

      4/ accès aux informations recherchées participant aux ‘normes’ définies : cet accessibilité ou non permettra de définir le niveau de participation des différents acteurs (producteur, intermédiaire, revendeur) à la ‘norme’ définie préalablement.

      5/ impérativement : la répartition des coûts par rapport au produit et les marges brutes de chaque acteur.

      Il est IMPERATIF à mon sens que la Charte puisse certes être définie par ‘Jorion & the blog’ mais surtout que son application le soit par tous car à chaque entreprise devrait correspondre un niveau, conjointement défini entre l’entreprise et ses consommateurs d’évaluation (une PME par exemple n’aura pas les moyens financiers de financer une certification tandis qu’une multinationale, oui : il serait donc inapproprié de demander le même niveau d’intégration à une PME qu’à une multinationale).
      A chaque entreprise, correspondra un ensemble d’indicateurs, choisis dans une LISTE d’indicateurs préalablement définis (par ‘Jorion & the blog’) comme pertinents et permettant de savoir si l’entreprise respecte ou non la Charte. Cette liste d’indicateurs sera évolutive. Ce seront les consommateurs-citoyens qui définiront les indicateurs pertinents pour évaluer chaque entreprise : choix des indicateurs, évaluation, commentaires, etc., via internet.
      Il n’y a pas de NORME de qualité autre que celle que les consommateurs définissent eux-mêmes : c’est là un point crucial à intégrer.

      Autre processus, à mon sen aussi essentiel : la possibilité de définir les prix, selon le respect justement ou non, de la ‘norme participative’ ainsi définie et évolutive. Pareil pour la définition, réévaluable, d’un RAPPORT entre le prix d’achat à un producteur et le prix final de vente.
      Les consommateurs-citoyens, comme les producteurs, DOIVENT être réintégrés dans le process de définition du prix. Sans quoi, effectivement, le ‘benchmarking participatif’ ne deviendrait qu’une UFC ‘saignante’ de plus ou un think tank de plus : pas vraiment le but, si on veut CHANGER les choses, en profondeur.

      Les deux sont indissociables :
      a/ Benchmarking participatif
      b/ intégration de tous les acteurs dans la définition du prix et de ses composants

      Cordialement.

    2. YA PAPA KAKA POPO
      On voudrait nous faire croire à la profondeur des mères du globe. Mais désolé, il ne s’agit pas de cela. Un léger décalage, permet une invention complète de la parole, vers l’insondable de l’esprit et sa vitalité.

    3. Zebu (désolé je lis pas tout) ton cahier des charges ressemblent à celui de l’office du lait défendu par l’apli, tu as au moins 30% des éleveurs laitier avec toi.
      Je repensai au robot (j’en veux pas spécialement sur ma ferme), l’informatique remplace pas mal de tache administrative, on peut automatiser les taches, le terme robot lui tape juste sur le primaire et le secondaire et laisse libre le tertiaire qui pourtant n’en a pas besoin

    4. @ Samuel :
      Je ne connais que ça :
      http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/lait-la-creation-de-l-office-du-lait-par-l-apli-est-imminente-25706.html
      Mais c’est toujours un label, géré par les producteurs ou les vendeurs. Où sont les consommateurs-citoyens ? Et où sont la participation à la définition des caractéristiques du prix par les acteurs ?
      Je crois que c’est un peu différent mais l’office du lait c’est quand même une sacrée bonne avancée au regards des conditions en cours, non ? (à vous de me confirmer).

    5. @zébu

      Je suis pas aller voir dans le détail, mais apparemment on redécouvre les SICA (Société d’Intérêt Collectif Agricole) 63 ans après leur invention.

      Petit rappel trouvé sur Alternatives Économiques Pratique n° 022 – janvier 2006 René Mauget, économiste :

      Les sociétés d’intérêt collectif agricole ont pour objet de créer ou de gérer des installations et équipements ou d’assurer des services soit dans l’intérêt des agriculteurs, soit de façon plus générale dans celui des habitants de la région sans distinction professionnelle. Les Sica ont le statut de société coopérative et sont régies par la loi du 10 septembre 1947. Conçues à l’origine comme complémentaires des coopératives agricoles, elles se distinguent de ces dernières par la possibilité d’effectuer des opérations avec des personnes autres que leurs associés agricoles (jusqu’à 50 %) et l’obligation d’avoir des adhérents non agricoles (au moins 20 % des voix). La loi du 3 janvier 1991 a remis en cause des Sica dans lesquelles le sociétariat non agricole était absent. Leur nombre est donc en baisse depuis cette date. Un des intérêts des Sica est d’associer dans le même groupement des agriculteurs et leurs clients, tels des négociants dans le commerce de gros ou de détail, renforçant ainsi l’ancrage territorial de la coopérative. Elles constituent ainsi une des rares formes coopératives de type multisociétaire.

      http://www.alternatives-economiques.fr/societe-d-interet-collectif-agricol_fr_art_223_31347.html

      Je te conseille de te renseigner sur les innombrables initiatives nées durant le dernier miracle français en date : la révolution agricole entre la fin de la guerre et 1975 à peu près. Parties de la base, comme les CETA (centre d’Etudes techniques Agricoles) avec la participation il est vrai omniprésente de la JAC (Jeunesse Agricole Chrétienne) et des jésuites, des syndicats, organismes consulaires (chambres d’agriculture), ou bien sûr de l’État avec le ministère ou les différents organismes publics ou semi-publics créés alors.
      A signaler que ce programme de développement, étudié partout dans le monde aujourd’hui, était largement inspiré du modèle d’agriculture familiale « à la danoise ». Le ministre emblématique de cette période dorée était bien sûr le gaulliste de gauche Pisani avec sa Loi d’orientation agricole de 1961. Le même Pisani qui a obtenu avec Rocard la paix en Nlle Calédonie en1988 et les accords de Matignon… Pas mal pour un planificateur, Messieurs les libéraux! 😉

      Les effets n’ont pas toujours été suffisants, ni même louables en tous points. Mais les montagnes d’immobilisme déplacées, comme la foi et l’envie qui émanaient de ces mouvements, malgré les maintes désillusion, laissent encore transparaitre une vraie nostalgie dans le regard de mon vieil ours périgourdin de père. Il en avait même laissé son exploitation du pays de Montignac à son cadet aini que son CETA local, au retour de la guerre d’Algérie à la fin des fifties, pour se lancer dans une voie professionnelle « d’animateur rural », comme conseiller agricole de chambre d’agriculture.

      Je vous parle d’un temps que les moins de trente ans ne peuvent pas connaitre… 😉

    6. @ Zébu,

      J’entends bien l’argument selon lequel la « norme Jorion » serait différente de toutes les autres, les dépassant, y compris l’Iso 26000 élaborée selon un principe démocratique et approuvée par 90 pays.
      Ce serait donc une « super-agence de notation » qui, évidemment, tirerait les revenus nécessaires à son fonctionnement, directement auprés des entreprises signataires.

      Ce que j’ai voulu dire dans mes différents commentaires c’est qu’outre être un projet « me too » par rapport à l’existant, ce n’est pas nécessairement la démarche la plus efficace pour parvenir à impulser des changements majeurs dans l’exercice de l’activité et la finalité des entreprises surtout lorsqu’on démarre de zéro avec zéro moyen en dehors des idées et de quelques bonnes volontés.

      Dans un commentaire précédent j’ai repris l’exemple de Ralph Nader et l’émergence du consummerisme aux EU qui s’est traduit par des droits nouveaux et des moyens de rétorsion des contrevenants dans la quasi totalité des démocraties du monde, même si celà a mis 20 ans.
      L’adhèsion populaire (les parties-prenantes chères à la RSE) se mobilise plus aisèment dès lors qu’on fait savoir les risques ou dangers liés à tels comportement irresponsable ou prédateur. Le levier est bien supérieur à celui qui consisterait à espérer une adhésion volontaire des intéressés (les entreprises).

      Au final, c’est l’action politique qui s’avère le meilleur choix. Paul est de plus en plus souvent invité par des cercles politiques.
      Ces derniers sont en recherche permanente d’idées nouvelles, de projets, d’idéaux que ne fournissent que très rarement les adhérents des partis. Rencontrer des hommes politiques n’est pas difficile ni impossible. Celà demande juste un peu de temps et un thème « à leur vendre » pré-digéré.
      Lors de la campagne 2007 de nombreux économistes reconnus ont vu leurs idées intégrées dans les programmes présidentiels (Thomas Piketty, Daniel Cohen pour Ségolène Royal) ou repris depuis par les partis.
      En matière de normes, seule la Loi me parait efficace car elle met les moyens de l’Etat au service de leur respect. Pour faire changer les lois il faut que le politique s’en empare.
      CQFD

    7. @ »buddy » l’Oréal

      Je ne vous hais donc point…

      Retour à la Loi. Tout simplement. Marre des normes. Bidons, bidonnées, bidonnantes, bedonnantes.

      J’ai une sensation de grand-écart dimensionnel entre un projet de Constitution et une charte de vertu…
      Me trompe surement. Mais pas très souple des adducteurs. Globalement très raide même.

    8. @ Vigneron :
      Je connaissais les SIMCA mais les SICA …
      Oui, je crois en avoir entendu parler durant ma formation en université (si si) : un’ bon vieux paysan’ (c’te roublard : il nous avait imposé le respect ce monsieur, rarement vu autant de sens aiguë de l’analyse, adjoint à un sens inné de la politique, fondé sur l’expérience de terrain, pour produire … des réalités à des utopies ! Le tout sur un ton dégagé, l’air de rien …) qui était partie prenante de tout ça en Bretagne et nous avait très bien relaté tout le tsoin tsoin, notamment autour des années 50-60 (et comment ils avaient acheté leur premier massey en coopérative).
      Edifiant. Je veux dire, on a du ‘mal’ (à comprendre comment on a pu en arriver là après), quand on sait. PISANI, grande figure : un prince (et pas de Machiavel). Je crois qu’ils ont perdu le moule … Mes parents ont eu la chance de le rencontrer en tant qu’instit quand il était maire, je crois.
      Si je comprends bien, la coopérative du lait reproduirait le coup des coopératives de consommation mais sur la base cette fois des producteurs, qui ont l’obligation d’intégrer des non professionnels, non ?
      L’APLI, c’est une extension de la Confé ou pas ?

      PS : pour les planificateurs, ne pas oublier Mendès-France.

    9. @ Vigneron :
      MDR !
      Ce sont les lois qui créent les normes ! Si donc retour à la loi, cela ne changerait rien, en soit.
      Sauf à changer … de constitution (à tiens, on y revient : le grand écart s’avèrerait-il un petit tour sur la pointe des pieds ?).
      Les normes, telles que vous les concevez. Pas comme je les conçois : seules seront reconnues les normes qui auront été validées par une majorité de citoyens. Sans leur participation, ce ne sont que des outils sur l’établi du libéralisme : il peut très bien s’en servir.

    10. @ Samuel :
      Merci !!
      J’étais allé sur le site de l’APLI mais j’avais pas vu.
      Mais c’est une asso 1901 ce truc !! Et moi qui pensait que c’était une coopérative (en partie de consommation) : c’est donc bien un ‘office’.
      Par contre, les producteurs sont majoritaires (10/19) et les consommateurs autant que les distributeurs et les transformateurs.
      Vous en pensez quoi, vous qui êtes de la partie ?

      PS : l’alternative, Vigneron le rappelait, était éminemment dans l’agriculture fut un temps (certain). Pourquoi cela ne le redeviendrait pas ? L’office du lait n’en serait pas une ?

    11. @ Alain :
      Je comprends ce que vous soulignez. Notamment que ‘l’adhésion volontaire’ risque fort d’être peu ‘sexy’, au départ, pour les entreprises. D’où, aussi, un benchmarking non volontaire, des consommateurs de produits d’entreprises : nolens volens, les entreprises seront alors contraintes ‘y venir.
      Par contre, je ne suis pas d’accord sur votre assertion : « En matière de normes, seule la Loi me parait efficace car elle met les moyens de l’Etat au service de leur respect. Pour faire changer les lois il faut que le politique s’en empare. »
      Selon moi, l’efficacité ne se juge pas qu’en fonction des moyens (ça se saurait, surtout dans la finance, lol) : définir une ou des normes ne nécessite pas énormément de moyens. Un vaste panel d’indicateurs permettant d’évaluer peut être suffisant et une nécessaire participation des consommateurs à l’édification de ‘normes’, évolutives et adaptées, ‘suffisant’.
      La seule question reste la légitimité : représentative (loi) ou populaire (‘norme’ participative) ?
      Et je sens bien que vous en restez, pour l’instant à la loi, alors qu’il me semble qu’en terme de débat, c’est bien la légitimité de celle-ci qui pose question (et toute l’architecture du politique et pas uniquement de la classe politique).
      Dans cette optique là, on revient à votre point de vue (que je persiste à analyser comme marxiste) : pour que le politique s’en empare, il faudrait effectivement que le personnel politique soit renouvelé. On risque effectivement d’attendre longtemps ou Paul Jorion risque d’user ses fonds de culottes pendant quelques années avant que cela n’advienne.

      A l’inverse, une ‘norme’ (ou une foultitude de ‘normes’) participative ne nécessite pas ce temps et ne nécessite pas un renouvellement (hypothétique) de la classe politique.
      Cela est possible ‘maintenant’.
      Et reste tout autant (sinon plus) légitime que les ‘normes’ produites par la loi.
      A un moment donné, il faudra bien en passer par la légitimité populaire si vous voulez changer les choses. Et pas dans 10 ans.
      Reconnaissez le.

      Cordialement.

    12. Un exemple de ce qui pourrait être une norme ‘participative’, avec du benchmarking (donné sur un autre fil) :
      http://fr.transnationale.org/aide.php#homm
      La liste des indicateurs est ‘restreinte’, bien que définis concrètement. On peut l’allonger. Et une fois cette liste allongée, chaque ‘consommateur’ peut choisir dans cette liste, de manière démocratique, les critères qui correspondent à une entreprise à un moment donné et les faire évoluer.
      Et rechercher les données correspondantes, voir contacter l’entreprise et même noter la réaction de celle-ci (refus, accès, etc.). Sans compter informer les syndicats ‘maison’ (s’ils existent, of couse), de cette démarche. Par exemple. ans compter AUSSI les retours des clients sur les produits, etc.

      Alors ? Toujours infaisable, sans la loi ? Seule nécessité : un bon outil internet et de l’huile de coude participative.

      PS : le site est réalisé par une SARL. Etonnant, non ?

    13. Zébu, Je réagit vite (et je lis pas tout) mais faut que j’y retourne (et mange), c’était une forme d’humour, l’alternatif, car la France agricole fait parti de la FNSEA pas du tout alternatif, et dont le président a dit la grêve est une abération, alors des infos sur l’office avec cette source…
      c’est un projet (un peu à l’arrache), le rapport producteur consommateur temoignent peut-être d’une crainte, qu’on continu de nous expliquer comment travailler par des gens qui habite en ville (et qui angoisseraient grave si leurs enfants souhaitaient être paysan)…C’est surement aussi par rapport au Canada, qui est le seul modèle.
      Mais tout est encore a faire, déjà si on a pas d’exception pour fausser la concurrence, on a pas d’office, car la commission veut bien faussé la concurrence avec des subventions mais pas avec des organisations de producteurs (sachant que l’objectif de l’office est Européen, on mutualiserait la négociation des prix à cette échelle, mais puisque c’est illégal, il faudra au moins 4 office pour la France, on subdivise la structure et on essaye de lui donner une cohérence Européenne, en fonction des législations nationales…. vive le papier)

    14. @vigneron tout à fait d’accord pour l’élan de ces années, Pizanni a fait une interview intéressante (mais elle est devenu payante, la bêtise est gratuite) sur les echos, après ce qui lui est souvent reprocher par la conf c’est d’avoir lancer le productivisme, alors que c’est surtout de ne pas l’avoir débrayer avec l’autonomie alimentaire en 70, qui a causé les excès qu’on nous reproche.
      @zebu, comme disait un gas des RG, ça fait quoi d’être d’en un mouvement qui va de l’extrême droite à l’extrême gauche? et bas on soigne plus le nationalisme et la bureaucratie que l’humain, même avec un discours simplement économique. et Pizanni soutien l’Apli

  7. Désolé, pas pu participer au débat avant. La ‘réponse’ à la plaidoirie de Paul Jorion (qui évidemment n’en était pas une et la mienne non plus) avait pour but non pas de faire l’agiographie du principe de Charte, surtout si il s’avère que l’on fonde les mêmes pratiques qui risquent (pas obligatoirement, mais les exemples précédents ont pu prouver que c’était souvent le cas) au final de produire l’inverse de ce qui était escompter au départ, mais plutôt de ‘prouver’ que les arguments avancés par le ‘bizness’ classique sont ‘fallacieux’.
    Je ne suis pas sûr d’y être arrivé.
    Ensuite, la question, me semble-t-il, est de savoir si le nécessaire renouvellement de l’esprit (et des pratiques) de Charte peut permettre de modifier en profondeur le ‘bizness’. Pour ma part je pesne que oui. Mais sous certaines conditions, que j’ai avancé et que personne n’a relevé dans un autre billet (qui parlait d’aillleurs de mes doutes quant à la mise en place d’une Charte ou d’un ‘label’, en prenant l’exemple du Commerce Equitable, exemple complexe par ailleurs).

    5 propositions pour ‘renouveler’ ce type d’action :

    1/ réintégration du consommateur dans le process de définition du prix (prix variable)

    2/ réintégration du producteur dans le process de définition du prix final avec l’intermédiaire (sous forme non pas de définition d’un prix mais bien d’un rapport)

    3/ réintégration du consommateur dans la définition des ‘normes’ équitables des produits : aucune norme ne pourra intégrer les différentes variables qui définissent une entreprise et aucun processus de contrôle, fiable, ne pourra fonctionner si les pré-requis sont par trop importants (sauf à réserver ces normes aux plus grosses entreprises)

    4/ accès aux informations recherchées participant aux ‘normes’ définies : cet accessibilité ou non permettra de définir le niveau de participation des différents acteurs (producteur, intermédiaire, revendeur) à la ‘norme’ définie préalablement.

    5/ impérativement : la répartition des coûts par rapport au produit et les marges brutes de chaque acteur.

    http://www.pauljorion.com/blog/?p=15212

    1. @ Zebu,

      Bonjour,

      Des exemples, prototypes d’étiquetage en fonction de produit?

      Lait (retour de la bouteille verre consignée?), oeufs, viande, pain, légumes, livraison domicile (emploi), voiture élec ou gpl, réseau coopératives, charte de transformation en scop avec clients et employés?

      Objectis d’accroissement d’emploi en guise de stratégie, rendrait le concept attrayant, pour les « simples gens », que nous sommes capables d’être.

      Livraison: transport hybride personnes/biens, chaque point pouvant être de chargement et déchargement, déplacement en fonction du besoin de travail, dans des rayons d’action « raisonnables » à définir dans le cadre coopératif…Idéalement rêveur, pardon sans doute, le rsa a encore tapé sur le crâne. Retour du « petit producteur.. »

      Dans un cadre associatif, les produits à destination d’auto-consommation sont-ils exempts des parfois lourds et coûteux impératifs normatifs (la production hors vente cela pôurrait se faire comment?)?

      24 ha de terres agricoles à 66420€ en vendée c’est cher?

      – Une base de données internet /sur code barre pdt?

      – Benchmark style association de consommateurs (citoyens..)?

      Des producteurs / entrepreneurs prêt à tenter l’expérience en livrant leur propriété à celle de l’expérience alternative? SCOPable?

      Vrac et fouilli, d’accord, enfin c’est l’esprit/l’intention, on manque pas de choux ni de pointure ici de toute façon…après les cojones, les moyens, la volonté, conjuguée, les choix de forme et de fond…yahoo!!

      Bonne fin de dimanche Zébu, enfin votre honneur ou bien comment..

    2. Bravo pour la plaidoirie brillante et très agréable à lire. Elle précise les deux paramètres qui me paraissent essentiels:

      D’une part elle pose la question de la représentation que nous nous faisons de l’environnement économique dans lequel nous travaillons. S’agit il de la guerre de tous contre tous et nous sommes tous des meurtriers ou bien une autre représentation est possible, ce que je crois et que l’existence de la charte pourrait confirmer. Nous savons que nos représentations influent fortement sur nos perceptions: pour un fabricant de marteau, tous les problèmes ont la forme d’un clou ! La charte aurait donc un rôle positif en permettant à chacun d’élargir sa vision de l’environnement économique.

      D’autre part elle insiste sur la nécessaire motivation des acteurs. Dans un monde avec une surproduction généralisé et une demande durablement en berne, qui a envie d’acheter ? Qui a envie de travailler pour produire plus d’objets ? Le modèle traditionnel de l’entreprise productiviste, avec des processus en amélioration continue, court-circuite la pensée et finit par détruire la motivation des producteurs et des consommateurs. Place au modèle collaboratif, dans l’entreprise bien sur mais aussi et surtout dans ses relations avec son environnement et en premier chef ses communautés d’utilisateurs. Les propositions que vous faites vont dans le sens de ce modèle.

  8. Je voulais faire deux remarques au sujet du nom que l’on pourrait donner au label, puisqu’il en a été question dans ce billet.

    La première est que le nom donné par Paul est « Blog de Paul Jorion » et non pas « Jorion » tout court. Cela montre pour moi qu’il a justement cherché à éviter d’être prétentieux en incluant d’emblée tous les contributeurs du blog. L’inverse aurait signifié exclure des personnes comme François Leclerc, ce qui est absurde. Peut-être a-t-il même cherché à inclure les simples lecteurs, qui pensent comme lui et qui ne se sont jamais exprimés, comme moi il y a quelques jours. Je ne sais pas.

    La deuxième est que donner son nom à un label est très difficile. Cela suppose d’être très connu, et de faire quasiment l’unanimité dans un domaine. Or Paul, s’il est déjà connu, doit encore s’imposer comme la référence incontournable et incontestée en matière d’économie pour pouvoir
    songer donner son nom à un label.
    C’est même pire que cela. Je prends deux exemples très connus, Nobel et Goncourt (ok, ce sont des prix et non des labels, mais les problèmes posés sont les mêmes). Dans les deux cas que je cite:
    – les prix n’ont été créés qu’après leur mort
    – les intéressés ont financé en grande partie la création des institutions qui portent leur nom, grâce à leur fortune personnelle
    – les prix ont été créés à la même époque (début du siècle dernier) où cette pratique était peut-être plus courante. A l’opposé, la tendance actuelle est aux acronymes me semble-t-il (ex: label BPJ)

    J’avais compris que le nom « Blog de Paul Jorion » donné au label accompagnant la charte entreprises (excellente idée), était provisoire en attendant de trouver mieux. La recherche du nom définitif pouvant faire l’objet d’un billet spécifique, plus tard. Peut-être ai-je mal compris.

    De toute façon cela me paraît bien secondaire par rapport au contenu de la charte. C’est ce contenu qui doit occuper tous nos efforts et toute notre réflexion.

  9. La France n’est pas le pays des hommes intègres.
    A la limite ,quelqu’un qui aurait un peu chahuté les règles ne serait pas mal vu.
    Un débrouillard dira-t-on.
    C’est ainsi.

    1. En même temps, on est un pays ou la morale a sa place dans l’économie, c’est moins mis en avant dans les pays anglosaxons

  10. En France au moins, il y a un truc qui s’appelle SCOP, je ne sais pas si vous êtes au courant.
    Plus généralement, la théorie des conseils ouvriers n’a pas attendu l’invention des blogs.

    Ce qui peut être intéressant par contre serait plutôt que de vouloir réinventer l’eau tiède d’utiliser votre expérience et l’apport que vous donne votre érudition pluridisciplinaire pour faire évoluer les théories existantes, notamment vers une meilleure prise en compte des réalités concrètes de la vie en société: je ne suis pas certains que beaucoup d’anthropologues se soient intéressés à moderniser les théories conseillistes – et aussi brillant qu’ait été Castoriadis, il n’avait pas votre formation.

    1. Je croyais que les Conseils accompagnaient la chute définitive du capitalisme et de ses avatars marxistes léninistes.

  11. M. Jorion,

    Je vous remercie d’avoir ouvert un débat très intéressant. La responsabilité sociétale des entreprises (RSE) est un thème politique majeur des années qui viennent. Certes, aujourd’hui, elle est manipulée par certaines grandes entreprises qui s’achètent une conscience à bon compte, mais un cadre législatif plus abouti et des intiatives comme votre blog et vos propositions pourront faire progresser la démarche.
    La RSE ou votre charte, effectivement dépassent le simple cadre de l’entreprise, et touchent toutes les organisations y compris publiques.
    Comment aujourd’hui s’offusquer de la dérégulation financière, de l’évasion fiscale, d’un système capitaliste financier déconnecté de l’entreprenariat et être fataliste au point de légitimer le status quo au nom de la prime à la fraude.
    Faisons muter nos services publics de contrôle (fiscal, social, sanitaire…) en lien avec les associations d’intérêt général pour faire progresser les organisations publiques ou privées afin de respecter mieux leurs engagements et leurs parties prenantes tout en préservant leur intérêts. Passons d’une logique de performance des institutions publiques comptable (RGPP, revue générale des politiques publiques) à une Responsabilité Sociétale des Politiques Publiques (RSPP) dont l’une des grands objectifs serait de contrôler que les engagements affichés par les entreprises soient tenus ou du moins suivis de façon impartiale.
    Nous devons franchir une étape, le monde se complexifiant, le niveau d’information que le citoyen doit appréhender s’accroit. La comptabilité et la publication des comptes ont été normalisées et encadrées (commissaires aux comptes, contrôles fiscaux, dépot légal…) depuis des décennies, bien qu’imparfait ce système a permis d’informer différents acteurs économiques. Il faut aujourd’hui aller plus loin que les textes actuels.
    Le développment des SCOP ou des SCIC (société coopérative) sont un bon exemple de lavoie à poursuivre également pour remettre la valeur travail et l’humain au coeur de l’entreprise. Il va de soi que toutes les activités économiques ne pourront pas fonctionner avec le systèmes coopératif mais l’encadrement par la fisaclité et la traçabilité de la répartition des profits et des plus values deviennent incontrounable. Nicolas Sarkosy n’a t’il pas parlé d’un 1/3 pour le capital, 1/3 pour l’investissement et d’un tiers pour le travail ? Que dire des banques, des mutuelles, des assurances coopératives qui ont perdu tous leurs fondamentaux au point que certaines figurent parmis celles qui ont perdu le plus dans la crise financière ? S’agit il d’une utopie ou d’un retour à des fondamentaux perdus ? Vivait on en France sous De Gaulle, Pompidou ou Giscard dans un régime communiste ? L’arrivée de Mitterand a t’elle fait basculer la France dans le communisme ?

    Ne vivons pas dans le rétroviseur certes, mais ne nous aveuglons pas dans un fatalisme mortifère. Réadaptons des outils qui ont fait leur preuve (les trentes glorieuses en témoignent : régulation, scop, tendre au maximum vers une éthique des affaires, état stratège, capitalisme entreprenarial conscient de son rôle social et sociétal).

    Oui l’entreprise doit s’engager au delà d’un taux de rendement des capitaux propres, et nous ne devons pas les croire sur parole. Comme tous les autres acteurs économiques ou sociaux nous avons des droits mais aussi des devoirs.

  12. François Leclerc
    Oui, et le résumé bimensuel des marchés que vient de publier AvaFX confirme bien que les temps vont redevenir très difficiles. Et les sauveurs des marchés, faute de munitions, doivent maintenant se sauver.

  13. Je prends un peu ce sujet au vol, n’ayant pas eu le temps de lire la totalité des commentaires des articles précédents sur ce sujet.

    Néanmoins, l’idée de cette Charte est intéressante, et quiconque viendrait à en dénigrer l’esprit serait, à mon sens, un peu mal venu, voire suspect d’immobilisme ou d’idées réactionnaires. Sur le fond, tous les arguments « contre » sont démontables, Zébu vient ici de nous en apporter une preuve flagrante. Tout ce qui peut concourir sous forme de Charte, Label, Norme ISO – appelez cela comme vous voulez – à l’élaboration d’un code de déontologie sociale est, aujourd’hui plus que jamais, bienvenu.

    La question essentielle est, à mon sens, celle de sa mise en œuvre, des critères d’obtention et du contrôle a posteriori pour le maintien d’un tel label. Avant tout, ce sont les politiques qu’il faut convaincre de la nécessité d’une telle démarche, et là, non seulement la pente est raide, mais le chemin est tortueux.

    Hors des pouvoirs publics, je ne vois pas de solution à la mise en place effective et suivie d’effet d’un tel processus – ce qui n’empêche pas, bien sûr, d’y réfléchir. Pour parler d’un exemple que je connais bien, celui de l’industrie pharmaceutique, les pouvoirs publics représentés par le CEPS (Comité Economique des Produits de Santé) en partenariat avec le LEEM qui regroupe les entreprises du secteur de l’industrie pharmaceutique en France ont mis au point une Charte de la Visite Médicale qui prévoit, conformément à l’article L. 162-17-4 du code de la sécurité sociale, l’obtention et le maintien d’une certification suite à des audits réguliers contrôlant le respect, par les entreprises certifiées, des dispositions de la charte. Le respect de cette charte est important puisqu’il peut conditionner les obtentions d’AMM (autorisation de mises sur le marché), le prix ou donner lieu à des sanctions financières, voire le déremboursement de certains produits. Un tel système, non dénué d’effets pervers, est donc très lourd dans sa gestion et nécessite des moyens conséquents dans sa mise en place et son suivi, moyens que seule l’autorité publique est en mesure de mettre en place.

    Toutefois, cette idée de charte « Blog Paul Jorion », ou autre dénomination un peu moins personnalisée, pourrait faire l’objet d’un atelier de réflexion comme les 5 propositions de François Leclerc, et constituer, à terme, un outil de pression, de proposition ou d’orientation des politiques sociales, non dénué d’intérêt. Pourquoi ne pas créer un « think tank » dont la constitution pourrait prendre sa place dans le paysage intellectuel français et pourquoi pas finir par influer positivement sur les politiques publiques ? Je suis certain que bon nombre des lecteurs et commentateurs de ce blog seraient prêts à s’y joindre, et même à se déplacer à des réunions régulières ? Est-ce une idée saugrenue ou est-ce du domaine du possible ? N’y a-t-il pas nécessité maintenant de dépasser le stade virtuel pour épauler Paul Jorion et de passer à l’action ?

    1. Ce commentaire a été écrit avant que je lise celui d’Yvan ci-dessus, mais dans l’esprit, la fin du mien rejoint le sien.

    2. @ Marlowe :
      C’est ce qu’a fait Là Bas si j’y suis avec Les Mutins de Pangée, pour éditer un DVD sur Chomski.
      Les futurs lecteurs participent à prix déterminé et bénéficient même de bonus.
      J’ai attendu un an quand même … mais cela s’est fait.

  14. EHR
    Constitution EcoHumanismeRadical pour les Humains

    Société de la science expérimentale (pertinence,coherence,différence,similaire,unité) (dignité-citoyenneté-volonté-créativité-diversité-liberté-équité-solidarité-lucidité-éthique-justice-laicité)
    T2E[dNP]-E2S-la tierce économie étrange du non profit-l’économie sociale et solidaire

    le non profit veut dire que le profit ne doit pas etre un fin en soin,ce que le capitalisme est devenu pour l’individu,et ce que le communisme est devenu pour l’état

    nous vivons dans un système de tensions adaptatives,et l’état [intéret général] doit jouer le role de l’arbitre
    Environnement Humain
    Charte EcoHumanismeRadical des Droits et Devoirs fondamentaux pour les Humains
    Charte EcoHumanismeRadical du Handicap et de la Dépendance pour les Humains
    Charte EcoHumanidsmeRadical des Nations Unis des Humains
    Charte EcoHumnismeRadical de la Resistance pour les Humains
    Charte EcoHumanismeRadical Sociale pour les Humains
    Charte EcoHumanismeRadical de l’Emploi pour les Humains
    Charte EcoHumanismeRadical de Coopération pour les Humains
    Charte EcoHumanismeRadical d’une Nation pour les Humains
    Charte EcoHumanismeRadical de l’Apprenance
    Charte EcoHumanismeRadical de la Compassion
    Politique=Humanisme+Rationalisme+Républicanisme+Socialisme+Etatisme+Libéralisme+Pragmatisme+ Civisme+Patriotisme+Ecosociétalisme+Bioéconomisme+Transhumanisme-Autonome-Démocratique+ Discipline-Collective

    bon,je ne peux etre contre une charte vu les chapitres d’EHR
    je propose de prendre le probleme en asymptote
    prenons la RSE (iso 26000),rajoutons lui un profil BPJ (blog paul jorion) (ou autre?!)
    (pour ceux qui connaisse UML,cela leur rappelera qqch)
    inconvénient : a) le profil BPJ doit etre en cohérence avec iso 26000
    avantage : a) plus qu’à buzzer sur le profil BJP
    b) on ne vient plus d’un irréductible village gaulois,mais avec l’étiquette iso 26000,qui dit mieux!
    c) l’organisme de certification est déjà trouvé,l’AFNOR,qui dit mieux!
    donc reste à se procurer l’iso 26000,à écrire le profil BPJ,à prendre contact des maintenant avec l’AFNOR
    étant radical,je ne peux écrire le profil,vu mon état (écrivant avec les yeux(sla)),je ne peux me procurer l’iso 26000,ni prendre contact avec l’AFNOR(c’est à paul de le faire) mais si on me fournit l’iso 26000 et BPJ,je peux en vérifier la cohèrence,si cela peux aider

    1. « Nous sommes aujourd’hui dans l’un de ces moments. »

      Si vous saviez monsieur.
      Nos fiers chevaux sont dans la cité.

  15. Bonjour à tous,

    Une charte de bonne conduite, nous devions la signer tous les ans.
    Entreprise américaine oblige, Enron in mind, Sarbanes Oxley pour suite.
    Qu’y avait-il dans les vidéos qui se répétaient tout en étant différent, tous les ans.
    Des démonstrations de ce que la corruption peut être. Jusqu’où aller trop loin.
    Pas de dessous de table. Pas de petits dîners en récompenses.
    Un comité international était désigné pour répondre aux questions des employés dans des cas plus précis, plus litigieux. Un click in the box dans une window, pour dire qu’on était d’accord.
    Est-ce cela dont on parle, ici?

  16. Extrait de l’hebdo du 22/02/2028 :

    « L’entreprise WITHJORION, qui avait réussi à conquérir une part substantielle du marché des droïdes, peine à renouveler sa gamme. Le célèbre robot ARTIST ne fait plus rire des consommateurs pourtant attachés à WITHJORION et sa charte éthique.

    Dans ce contexte, le lancement par MONKARMA, leader chinois des droïdes, de son robot Ménager / assistant scolaire/ Garde d’enfants, qui, grâce à une animation faciale stupéfiante de réalisme, est décidément le roi du gag, pourrait encore affaiblir WITHJORION.
    Le robot chinois, outre ses performances et son prix, ne pâtit pas, lui, de l’excessive spécialisation d’ARTIST que nous avions relevée en son temps. Car, si Artist fait rire, il ne fait pas le ménage !

    Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, l’on apprend qu’une information est ouverte contre le certificateur français de CPJ (Charte Paul Jorion) qui aurait délivré des chartes de complaisance à 2 cliniques de chirurgie esthétique marocaines.

    Ce climat difficile inquiète les syndicats de la société qui insinuent que l’intégration, à grands frais, des dernières normes CPJ, dans le domaine des installations récréatives réservées au personnel, fut, peut-être, un peu hâtive.
    Rappelons que WITHJORION, qui emploie 34000 personnes, est le premier employeur du Groenland.

    L’industrie du droïde n’a, décidément, pas fini de nous tenir en haleine.

  17. Etant donné que c’est l’argent qui « pourrie tout », éveillant la face cupide et prédatrice de l’espèce, ne serait-il pas mieux que tout individu gagne le même salaire, quelle que soit sa profession?
    Cela éveillerait la face « solidaire » de l’espèce qui est de plus en plus nécessaire aujourd’hui pour faire face aux enjeux de notre temps alors que l’agressivité n’a plus lieu d’être.
    Le salaire que tout le monde partagerait serait voté chaque année dans la loi de finance de chaque pays ou communauté de pays ou au niveau mondial via l’ONU.
    Les tâches ingrates à basse qualification seraient effectuées à tour de rôle, comme l’ancien service militaire, pendant un an ou deux.
    Il suffirait de peu pour révéler le bon côté de l’espèce par rapport à son égoïsme et agressivité.

    1. C’est vraiment ce qu’il faudrait faire. Car pour abolir les privilèges aux uns, commençons donc par nous même. On est certain d’y arriver de la sorte. Que chacun accomplisse les tâches dites ingrates à tour de rôle et notre regard sur le « bas » monde sera plus empathique

      Personne ne reste les bras croisés. Chacun contribue à la richesse de sa communauté avec un revenu égalitaire pour tous.
      Celui qui n’a rien désiré peu de choses ; celui qui ne commande à personne a peu d’ambition. Mais le superflu éveille la convoitise : plus on obtient, plus on désire.
      Jean-Jacques Rousseau

      C’est pourquoi il est si difficile d’évaluer un seuil de rémunération maximum tandis que le plafond de revenu minimum censé satisfaire des besoins quantifiables est statistiquement calculable

      Et c’est pourquoi l’écart se creuse entre les riches et les pauvres et la classe moyenne disparait peu à peu.

      Le superflu des riches devrait servir pour le nécessaire des pauvres, mais tout au contraire, le nécessaire des pauvres sert pour le superflu des riches.
      Jean Domat

      Ce serait donc mieux que tout individu gagne le même salaire, quelle que soit sa profession.
      Or le pire à l’heure actuelle c’est que même à compétence égale et à responsabilité identique il s’avère qu’il y a d’énormes inégalités de salaire (selon que l’on soit né XY ou XX, d’ici ou bien d’ailleurs, …)

      Ni pauvre Ni riche. Tous égaux et nos rapports deviendront certainement plus solidaires. Je suis d’accord avec cela.

      Pour en arriver là, il faudrait abolir le salariat et le remplacer par un revenu d’existence pour tous.
      Aux grands maux, Les grands Remèdes.

      La cour de récréation des tartarins et autres hâbleurs de service s’en trouverait réduite certes. Mais ils iront jouer ailleurs, sur des scènes de théâtre. Et le monde de l’entreprise ne s’emporterait que mieux.

      Il suffirait de peu pour que la vanité bascule loin de nos vies, cela tient en une Phrase :
      Egalité Economique pour Tous.

  18. Le procureur est très bon et convaincant, je n’ai pour ma part pas accroché à 1 seul de ses arguments (le sophisme):
    « je cite »:

    De même, poussons le sophisme dans ses ‘extrêmes’.

    Imaginons que TOUS les agents fraudent, en même temps, le plus possible (car il en va de leur survie). Quels en seraient les résultats ?

    a/ les entreprises passeraient leur temps à frauder et non plus à produire : le résultat serait alors catastrophique pour l’économie.

    b/ si toutes les entreprises fraudaient en même temps, il n’existerait plus d’entreprises ‘vertueuses’, qui ne permettraient plus alors aux entreprises fraudeuses de ‘gagner’ la compétition.

    A mon avis on est dans la situation A+B (crise systémique+stabilité oligopolistique+entente illicite de partage de marché généralisée). En tout cas pour tout le pan de la finance qui malgré tout est indispensable au niveau intermédiation, je pense qu’on est en plein dedans. Je pense contrairement à alain loréal par contre qu’il n’est pas nécessaire de changer de classe politique pour avoir une possibilité de faire vivre cette charte. Par contre il faudra changer de classe économique dominante (car le « lucre » est une dépendance qui ne tolère pas de contradiction, surtout après en avoir abusé pendant des dizaines d’années).

    Le fait que tout le monde ne triche pas autant c’est que toute les entreprises ne sont pas dans la finance, mais bon la construction et ses ouvriers au noir, le textile et ses clandestins, la sous-traitance informatique et ses marchands de viande, pas sûr que ce soit bien mieux….

    Personnellement, et puisque cela a été confirmé comme légal (affaire des producteurs de lait), il faudrait utiliser le marketing viral. Je m’explique :

    1) Trouver (une/des) entreprises intéressées par le challenge, la prévenir des conditions et des risques éventuels.
    2) se rapprocher d’une force militante un chouia organisée et volontaire pour de vastes opérations d’étiquetage.
    3) Signo dato, comme on dit, opération d’étiquetage pour les entreprises qui s’engagent à respecter la charte avec présence médiatique…. La tête à paul à la télé, consom-acteur, choix de société etc… (bien préparer ce speach). Site web avec listes des sociétés voulant participer.
    4) Bilans réguliers avec les syndicats et personnels (dont dirigeants) de cette société pour savoir ce qui change (ou non).
    5) En fonction de cela repérer les vilains canards si il y en a (et il y en aura) et préparer une deuxième étiquette (l’entreprise se moque des consom-acteurs!). Evidemment, en toute transparence, la société étant informée de cette possibilité lors de la signature de charte (c’est le gros bâton citoyen pour faire avancer).

    Pas d’étape politique, un gros bâton efficace car rien n’est pire pour une entreprise que un déficit d’image de ce type. Par contre, ça représente une organisation et une communication. Le labelling n’est pas géré par la société donc pas d’acapparement commercial et pas géré par l’état donc pas de « copinage politico-économique ».

    ça nécessite par contre de s’adosser à une organisation militante suffisamment présente en france pour faire du tapage (attak, etique sur l’etiquette, organisation politique ???)?.

    Voila ce que je pense de la faisabilité de la charte.

    1. Idée intéressante. Un peu différente (beaucoup d’organisation et de participation) mais intéressante.

    2. avant de mener ce genre d’initiative il faut une charte béton (quid des sous-traitants) moi je serai favorable à un aspect viral (tes sous-traitants label jorion tu prendra (si existe))). Transparence totale des finances de l’entreprise participative (1euro de valeur ajoutée… pour qui, dans le détail). et donc pas de schémas d’opacité financière possible (paradis fiscaux…). Mais il est inutile de monter une charte détaillée si nous n’avons pas l’organisation, et vice versa. Il faudra mener les 2 en même temps et parier sur le fait que la charte sera à négocier au moins en partie avec l’association/organisation susceptible de nous soutenir….

  19. Le couple compétition/coopération résulte des règles du jeu réelles. L’entreprise optimise à son niveau avec plus ou moins de bonheur, mais au bout, il y a en effet des entreprises qui survivent et d’autres pas. L’éthique, ou l’entreprise citoyenne ne tient pas devant l’urgence.
    IBM qui était championne des entreprises citoyennes jusqu’aux années 80 a viré à 180° quand sa survie s’est trouvée en jeu. Nike n’a tenu compte de l’éthique que quand la diffusion de ses pratiques d’exploitation des enfants du tiers monde a commencé à entamer son image.

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