Réflexion sur « La crise du capitalisme américain », par Eric Huber

Un billet invité un peu spécial aujourd’hui, puisqu’il s’agit en fait d’une réflexion par Eric Huber sur le livre de Paul Jorion, « La crise du capitalisme américain » (La Découverte 2007 ; réédition aux Editions du Croquant 2009).

Livre remarquable, ne se laissant pas enfermer dans l’impasse épistémologique habituelle des analystes de la crise récente, qui cherchent désespérément à isoler une cause physique qui déclencherait naturellement tout le reste. Jorion, aussi bien anthropologue qu’économiste, s’attache à décrire la réalité économique dans sa complexité, passant aisément des explications commerciales aux explications sociologiques, et montrant comment les multiples facettes de la société américaine se renforcent ou se contrecarrent. Il prend donc bien en compte la nature humaine des relations  économiques, qui amène à considérer les rapports changeants entre croyances et décisions. Son analyse assez poussée des systèmes de croyances et de valeurs américaines (s’inspirant beaucoup des écrits de Tocqueville et Weber) le distingue très largement des autres commentateurs que j’ai pu lire jusqu’ici. A noter aussi, son insistance sur la bulle immobilière, souvent négligée par les commentateurs en 2008, qui dans le feu de l’action n’avaient plus d’yeux que pour les produits financiers modernes aux noms exotiques.

…. La suite ici.

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114 réflexions sur « Réflexion sur « La crise du capitalisme américain », par Eric Huber »

  1. Donne envie de lire…

    On pose au fond la question :
    « certains lemmings sont-ils plus égaux que d’autres ?  »

    Mais heureusement, l’histoire du suicide collectif des lemmings semble être un mythe.

  2. au risque de paraître un peu cavalier, je dirais que c’est une affaire de « tuniques bleues », isn’t it ?
    la vitesse de la circulation de la monnaie est donc la clé du mystère…
    pour la qualité de l’immigration, on peut remarquer que certains immigrés émigrent à nouveau en sens inverse, l’essentiel étant qu’ils reviennent avec leur bagage qualité dont on a bien besoin ! 😉

    1. La blague de Karluss n’est pas mal, mais la formule « isn’t it », pour moi qui ne cause pas anglais m’avait… désarçonné ! Impossible de donner suite dans ces conditions. Mais dans l’hosto où je me suis réveillé avec un gros pansement sur la tête, j’ai pu voir enfin la vidéo : extra ! 🙂

  3. @ Eric Huber

    Merci pour ce très, très intéressant commentaire ! S’il est possible de lire votre mémoire en avant-première, je suis preneur.

    Voici ce que j’ai retenu, en trois points :
    1) Un point de méthodologie : distinguer explications psychologiques et explications économiques
    2) Il y a une explication psychologique des bulles : c’est le célèbre « concours de beauté » de Keynes
    3) Il y a une explication économique des bulles : c’est la planche à billets / planche à octets

    « Livre remarquable, ne se laissant pas enfermer dans l’impasse épistémologique habituelle des analystes de la crise récente, qui cherchent désespérément à isoler une cause physique qui déclencherait naturellement tout le reste. »
    Oui ! Expliquer un évènement historique donné par une seule cause n’aurait aucun sens. Pour espérer parler de liens de cause à effet, il faut s’abstraire des détails et se livrer à une expérience de pensée.

    Voici un passage du livre de Paul Jorion relatif à la distinction entre explication psychologique et explication économique :
    « Vieille question donc que celle-ci : comment réconcilier les explications en termes de causes qui s’appliquent à la nature et celles en termes de raisons qui valent uniquement pour l’homme ? La première solution […] que j’ai d’abord adoptée ici : ignorer la difficulté […] La seconde consiste à recourir aux concepts présents dans le titre […] Structure and Sentiment, et à reconnaître dans la structure la forme que prennent, collectivement, les décisions prises par des ensembles d’individus comme aboutissement de leurs sentiments ; quant à ces derniers, ils ne seraient rien d’autre que la conscience que prend un sujet des contraintes qu’imposent à ses actes les structures de la société et de la culture auxquelles il appartient. »

    Le sujet étant le comportement humain, on en découpe l’étude en deux parties :
    Facteurs –> préférences –> comportement

    La première moitié consiste à expliquer la psychologie des individus, des foules, les valeurs, en recherchant les causes dans la société, l’éducation, les gènes, la nature, etc. C’est entre autres le domaine de la psychologie, de la psychanalyse, de la sociologie, et d’autres sciences sociales.

    L’autre moitié consiste à expliquer le comportement des individus à partir de leurs préférences. C’est le domaine de l’économie.

    On retrouve ce découpage dans les deux types d’explications des crises. Notez d’abord que je parle d’explication DES crises, et non pas de LA crise : on fait ici un raisonnement général, une expérience de la pensée, on recherche des lois les plus générales possibles afin de comprendre un phénomène dans sa généralité. On n’essaie pas de décrire LA crise de 2007 dans tous ses détails, ce qui serait un travail d’historien.

    La première explication, celle de l’irrationalité des marchés, est du domaine de la psychologie. L’histoire des diamantaires que raconte Paul Jorion l’illustre parfaitement. C’est une théorie de la formation des préférences des investisseurs : comment leurs préférences, c’est-à-dire leurs anticipations de la valeur des actifs, se forment-elles ? C’est une explication dont la généalogie remonte à Charles MacKay, puis Keynes, Minsky, et aujourd’hui Shiller, Akerlof, Orléan et d’autres.

    La deuxième explication, celle de toutes les théories monétaires du cycle, est du domaine de l’économie. Sa version la plus simple est la suivante : si vous faites tourner la planche à billets, les prix montent ; si vous faites tourner la planche à octets (le crédit bancaire), les prix d’actifs montent. Les préférences des acteurs étant considérées comme données, fixes, quels sont les effets de la création monétaire sur les comportements des acteurs ? Cette explication des crises remonte à l’Ecole de la circulation, puis Charles Coquelin, Mises, Hayek, Rothbard et aujourd’hui les autrichiens.

    Comment trouver une image qui fasse sentir la différence entre ces deux explications ? La première ressemble à une « hola ! » dans un stade : c’est un mouvement de foule, dont les mécanismes sont endogènes. Tout le monde fait comme son voisin. La deuxième ressemble aux mouvements de tête pendant un match de Rolland Garros : c’est un alignement des comportements individuels causé par un facteur commun. Tout le monde suit la balle des yeux.

    Le livre de Paul Jorion s’intéresse au premier type d’explication. Vous rappelez l’importance de la deuxième : « on peut aussi envisager l’hypothèse d’un déclenchement moins aléatoire […] A mon sens c’est cette création monétaire ». On est bien là au coeur du débat.

    Cdt,
    GSF

    1. Comme je le dis ci-dessous, les « deux types d’explication » sont en fait complémentaires. La psychologie est antérieure et plus générale, c’est la toile de fond, l’économie vient après, comme une conséquence de la première.

      C’est très bien d’avoir rappelé le passage où Paul explique que les sentiments sont à l’origine des structures. Cela explique qu’en France on s’attache à la santé, et aux US à la maison. Cf. le même post.

    2. Oui Messeigneurs, mais si il y a tant de différences psychologiques/culturelles entre Américains et Européens, bases/moteurs des comportements, comment expliquer que nous soyons arriver au même système économique et financier ? N’y a t-il pas une bulle immobilière en Espagne ? Les bourses européennes se sont elles comportées différemment de WS ?

    3. @Didier : « comment expliquer que nous soyons arriver au même système économique et financier ? » : mais c’est un jeu d’enfant ! De part et d’autre de l’Atlantique, les systèmes sont « pareils » sur le plan technique, (les concepts), mais diffèrent de beaucoup sur les plans culturels et politiques. Paul peut dire par exemple qu’aux US c’est la Chambre du Commerce (je ne sais plus son nom) qui dirige le pays, chez nous c’est la Commission à Bruxelles. etc. etc.

    4. @ Crapaud
      Oui, la US Chamber of Commerce (« fighting for you business »… non je ne l’invente pas). Pour la Commission européenne, c’est davantage les lobbys qui font le travail cousu-main (ils produisent les briefs, participent aux réunions, écrivent les livres blancs que s’approprient la Commission) plus que la Commission elle-même, qui reconnait d’ailleurs travailler ouvertement avec les « groupes d’intérêt ».
      Mais bon, l’idée est là, en effet.

    5. à Didier,
      Pour ce que je comprends, le principe de la cavalerie est de fait dans nos deux économies, aussi bien européennes, qu’usaméricaines
      (je ne sais pas l’expliquer, mais soit il y a augmentation de la richesse comptable, soit sinon rien ne va plus ..)

      La différence c’est que pour les usaméricains, le principe de la cavalerie est à ce point logique, que même la valeur d’une maison, qui pourtant subit force intempéries, s’use, se dégénère, et se dégrade avec le temps, ..
      sans dire de l’impact des déménagements de populations, de toutes ces exodes possibles, exodes rurale, dépopulation des départements économiquement sinistrés, …
      ne devrait qu’augmenter en prix
      Effectivement en Espagne, et même ailleurs, les investisseurs ont cru au Père Noël capitaliste … à la valeur de l’immobilier qui monte, qui monte,
      (le marché locatif avec les loyers qui augmentent, qui augmentent, le marché touristique, le marché des résidences retraite, le marché des bureaux climatisés, le marché des hangards des zones industrielles et commerciales…)
      sauf que ce n’est pas tout à fait si simplement comme cela que cela marche, …
      Lorsque la cavalerie économique, de plus en plus, ne profite que d’une minorité, parce que sa soit-disant valeur ajoutée, les fruits de la soit-disant croissance sont de plus en plus et magistralement captés par le phénomène encouragé d’une cooptation circulaire qui ne fait plus que s’amplifier, et que de plus en plus de familles comptent et comptent et recomptent leurs euros, alors le marché de l’immobilier ne peut plus que se rétracter
      (et une fois que cette dynamique s’est emballée, parce que les belles promesses de l’immobilier se sont renversées, donc qu’adieu, vaches, cochons, couvées … il ne va pas être facile de la rattraper

    6. J’entends bien vos arguments qui me disent, pour simplifier, que le même effet peut avoir des causes différentes – scepticisme de ma part. « Le scepticisme ne convient pas à tout le monde, il suppose un examen profond et désintéressé. » Diderot – bon, ça fait un peu cuistre mais surtout ne pas le prendre ainsi !

      Si je ne craignais de m’attirer les foudres de Crapaud Rouge, je pourrais affirmer que nos situations sont les mêmes de ce côté ci de l’Atlantique et de l’autre côté tout simplement parce que le capitalisme est la manière la plus efficace ! Je m’en garde bien car je ne souhaite pas compter Crapaud Rouge dans mes ennemis 😉

    7. @Didier : « ça fait un peu cuistre mais surtout ne pas le prendre ainsi ! » : pas de chance, c’est comme ça que je l’ai pris. Z’aurez droit à mes foudres d’ici peu, je commence à recharger mes batteries… 🙂

  4. P.S. Misère de moi ! J’ai évidemment oublié la troisième explication des crises, celle de Marx…

    4) Il y a une explication historique des crises

    On explique la psychologie des individus, des foules, les valeurs, en recherchant les causes dans la société, l’éducation, les gènes, la nature, en ajoutant les facteurs matériels de production et la lutte des classes. Puis, on explique ensuite leur comportement des à partir de là. Enfin, on aboutit à des lois de l’histoire, qui prédisent l’effondrement ultime, inéluctable, du capitalisme.

    Dans cette explication, l’évolution de la société est un tout intégré. Qu’il s’agisse d’un mouvement de foule comme une « hola ! » dans un stade, ou bien des mouvements de tête du public de Roland Garros, les phénomènes de crises sont causés par autre chose, qui peut essentiellement se ramener aux facteurs matériels de production et à la lutte des classes.

  5. Jorion pense qu’il n’y pas de valeur fondamentale objective
    connaissable, et que toute valeur fondamentale est toujours subjective,
    personnelle, donc discutable. Il souligne que les prix reposent par nature sur les
    croyances, projets et anticipations des deux transacteurs. Il l’illustre à la fin de son
    ouvrage par l’histoire de deux vendeurs diamants qui s’achètent la même pierre à
    plusieurs reprises à un prix croissant pensant que l’autre détient des informations
    plus précises. Pourtant, ces deux vendeurs sortent gagnants de l’aventure,
    puisqu’ils parviennent à vendre leur pierre à une tierce personne pour un prix
    mirobolant. Finalement, les croyances créent bien de la valeur, et la richesse ne
    repose pas sur des fondements tangibles.

    Dans l’ouvrage « Discussions of Philosophy and Literature », Sir William Hamilton, éminent philosophe déclare :

    « Dans la philosophie du mental, le terme subjectif dénote ce qui doit être attribué au sujet pensant, l’Ego; et objectif ce qui appartient à l’objet de la pensée, au Non-Ego…
    Ces termes corrélatifs correspondent à la première et la plus importante distinction faite en philosophie; ils représentent l’antithèse originelle dans la conscience du soi et du non-soi – distinction qui, en fait, implique toute la science du mental, car la psychologie n’est rien de plus qu’une détermination du subjectif et de l’objectif, en eux-mêmes et dans leurs relations réciproques. »

    L’expansion de la conscience inclut le développement des sens subtils qui ouvrent à l’homme intérieur des mondes nouveaux, peuplés par leurs habitants, et interdépendants entre eux. Le subjectif devient l’objectif, avec au-delà une subjectivité encore plus subtile, qui de même peut devenir objective lorsqu’une conscience encore plus spirituelle est atteinte par une conscience aspirante à la liberté.

    Il va sans dire qu’il existe une énorme diversité de signification dans les termes « objectivité » et « subjectivité », « matérialité » et « spiritualité », lorsque les mêmes termes sont appliqués à des plans différents d’existence et de perception.

  6. Evidemment si cela finit par faire trop mal, ce sera alors la mise en place d’autre chose au niveau mondial et qui tôt ou tard en reproduira sans doute le même genre d’effets néfastes dans la matière, puis graduellement les choses reviendront comme avant, comme aujourd’hui, comme hier.

    C’est pourquoi je ne partage pas intégralement le propos et qui consiste à parler d’abord de la crise du capitalisme pour moi c’est bien plus universel que ça, les gens de la matière ne semblent d’ailleurs guère mieux parler de la crise autrement aux autres, ça peut rendre en effet un peu service et espoir aux gens aujourd’hui, mais ensuite cela peut également se dévoyer .

    J’attends tellement ce jour ou la grande bétise médiatico-politique aura fait son temps, leur enjeu stratégie n’est bien sur pas du tout de faire passer les êtres à autre chose, car une fois bien installé au pouvoir, ce n’est jamais un meilleur climat qui s’installe principalement dans l’esprit des êtres, ça vient sans doute encore de la très peur et crainte de l’échec pour beaucoup, la grande résignation actuelle du monde qu’on pourrait encore ajouter dans le tout publicitaire. Il est très important d’améliorer sans cesse le climat de toute confiance en tout cela, c’est le commerce.

    Tout concourt à établir un plus grand climat déréglé sur terre, néanmoins ce qui rassure beaucoup c’est que le discours sécuritaire n’est pas du tout en perte de vitesse dans les prisons, dans les coeurs, tant de murs, tant de cloisons, tant de gardiens, tant d’esclavagistes, tant de malheur et
    de malheureux un peu partout, non je refuse à me dire que cela ne concerne que la crise du capitalisme c’est bien plus large que ça, c’est en fait toutes ces idéologies modernes qui n’ont jamais su faire passer les êtes à autre chose de mieux, de moins lourd, tellement soucieux de préserver le plus longemps possible leur même esprit de dominance sur autrui, mais attendez
    nous n’avons peut-être pas encore vu le meilleur ou le pire de l’homme moderne à l’antenne, soyez surtout bien branché tant de précurseurs déjà dans l’histoire, oui je crains vraiment le pire pour l’humanité n’y voyant et n’y comprenant toujours rien à rien.

    Ma santé décline je le vois bien au fil du temps, des années, des épreuves, le temps passe si vite dans mes réflexions comme dans mon travail, pourvu quand même que je puisse toujours en prévenir le plus grand nombre possible avant que tout cela n’arrive. En réalité la majeure partie des êtres de nos jours n’est pas encore bien préparé pour passer à autre chose, je sais ce n’est pas du tout les choses que les gens préfèrent plutôt entendre en société.

    Je ne vais pas commencer aussi à parler déjà de la crise du socialisme mondial dans la matière, alors que les gens manquent tellement d’espoir de s’en sortir.

    1. Jérémie, je vous trouve bien sombre, trop sombre… Ce n’est pas comme cela que nous allons changer le monde. Certes une prise de conscience quant à l’impossibilité de continuer dans cette voie est plus que nécessaire; peu à peu on commence à le comprendre. Il faut maintenant revenir à des fondamentaux, à une humanité que nous avons perdue. Je ne crois pas que ce soit difficile. Il faut juste remettre le holà ici et là, savoir dire non, résister aux chants des sirènes, réfléchir, être attentif, re-penser à l’essentiel, ne plus vouloir construire de tour de Babel, écouter, veiller, ne pas avoir peur, protéger et prendre soin de sa famille… La famille, on en parle pas beaucoup, et pourtant, voilà bien une des pierres angulaires, une entité fondamentale… La famille devrait d’abord redevenir cet « havre de paix » que Christopher Lasch a, dans son livre « Haven in a heartless world »(1977), diagnostiqué comme pouvant représenter une entrave à l’émancipation, à la bonne marche de la société de consommation, et, surtout, comme pouvant être une entité pouvant échapper à tout contrôle… Vaste sujet… Voilà, c’était juste une petite réflexion de plus. Je vous souhaite un bonne journée.

    2. Jérémie,

      En vous lisant, une sensation m’envahie, celle de la folie, la mienne, cerné de tous côtés, par le néant, le temps, et l’espace, cette réalité qui m’échappe lorsque je la regarde et qui dont je crois qu’elle m’apparaît lorsque je la pense. La folie !

      Courage mon gars, nous savons que nous sommes dans une cellule, on se cogne, on se sent, c’est déjà un pas…

  7. Ah l’EHESS… ça me rappelle le bon vieux temps, lorsque Serge Moscovici y apparaissait de façon étonnante, avec ses cheveux à tous vents, et son cigare mystique, qui l’enveloppait de volutes grises.

    En ce temps là, la neige en tombant par les fentes du toit, devenait bleue…

    Et le grand paradigme y était (peut-être encore) la représentation sociale. Tout titre de livre comportait ces mots. Paradigme élaboré au delà de le simple notion de représentation imagée…

  8. Excellent résumé. Juste une remarque à propos de la question finale : « La cause profonde de la cavalerie américaine est-elle vraiment leur naïveté guidée par leur histoire, ou s’agit-il d’une stratégie de développement économique risquée mais délibérée? » : pourquoi chercher à séparer deux causes qui n’en font qu’une ? A mon avis, création monétaire et mythe de la propriété individuelle ne font qu’un, car la seconde cause a motivé la première. On ne crée pas de la monnaie sans avoir une « bonne raison » de le faire. En France ça ne marcherait pas, car on trouve normal, au contraire des Américains, que tout le monde ne puisse pas être proprio. A l’inverse, on trouve normal que chacun dispose de soins médicaux pas chers, alors que les Américains considèrent que c’est à chacun de se dépatouiller pour financer sa santé. Il est clair que les facteurs culturels jouent à fond, et c’est pourquoi il faudrait une « révolution culturelle » pour sortir du capitalisme.

    1. je proposerais donc d’imaginer que les usaméricains créent un système par répartition de financement d’appropriation de leurs maisons (histoire de voir si cette comparaison …. )

  9. Je vais faire une réponse plus argumentée dans quelques heures, mais ma première réaction en lisant votre article est la même que celle que j’ai eu en lisant le livre de Paul Jorion il y a quelques mois : heureusement, je ne suis ni américain ni chinois, malheureusement je suis entre les deux !

  10. Dans cet ouvrage, Paul ne mentionne t-il pas comme cause profonde la disparité croissante des gains du travail et du capital? Je le mentionne parce-qu’elle à peine suggérée ici. Ou j’ai mal lu.

    1. Tout à fait, monsieur le Clown, mais Eric Huber en parle aussi : « Son analyse commence par deux chiffres qui sont rarement mis en avant : la première source d’enrichissement des Américains ces vingt dernières années fut l’accroissement de la valeur de leur maison, pour 60%, puis la seconde est celle de leur portefeuille boursier, pour 20%. Leur travail n’intervient curieusement pas. » Le travail est très présent mais… comme absent ! En fait, il a « émigré » en Chine, le travail, il ne peut pas être partout à la fois…

    2. Je ne comprends pas ?
      N’est-ce pas le placement des fruits du travail dans l’immo (via endettement il est vrai) et la bourse qui a agit comme multiplicateur…A force de vouloir diaboliser…

    3. @quid
      Non, c’est l’hypothèque de leur maison qui leur a permis de contracter d’autres crédits, sur la base de la croyance tenace que le prix de l’immobilier ne ferait que monter, monter…

    4. l’immobilier monte tant qu’il y a des gogos qui signent à n’importe quel prix ; on peut dire que parfois il y a un aspect grotesquement psychologique !

  11. Est-ce que cette reconnaissance vous va droit au coeur Monsieur Jorion?
    Je me suis posé cette question à la suite d’un de vos commentaires récent sur « l’argent mode d’emploi » dans lequel vous parliez de la reconnaissance, du « désir du désir » et de Onc’ Picsou, commentaire qui me paraissait réducteur sur la fonction de reconnaissance, insistant sur son côté haïssable qui en effet existe. C’est une question importante pour moi parce que je ne crois pas beaucoup aux saints, ou alors vraiment à la marge, et que je crois en revanche que la reconnaissance est un des principaux moteurs qui, légitimement, nous animent. Légitimement parce que cette reconnaissance est en quelque sorte une mesure de ce que je vaux pour la société, de la valeur de ce que je peux échanger avec elle. Et nous avons tous besoin de nous sentir valeureux, n’est-ce pas? En conséquence, comment peut-on construire un projet de transformation sociale sans tenir suffisamment compte de la reconnaissance que chacun doit pouvoir y trouver?

    1. @Michel : ce serait bien que vous alliez chercher le(s) billet(s) au(x)quel(s) vous pensez, parce que votre post me semble un peu flou. Le besoin de « reconnaissance » vient du besoin de récompense au niveau neurologique : ça peut être sous forme d’un bon salaire, mais aussi de la sécurité d’emploi, d’un job agréable, de bonnes relations au boulot, etc… Pour un enfant, ce besoin de reconnaissance/récompense c’est tout simplement l’affection de ses parents, ou de ceux qui s’occupent de lui. Ce n’est haïssable que lorsque la « récompense » tourne au privilège.

    2. Si si, bonne problématique, tout à fait cruciale.

      Dans son ouvrage « Respect » , Richard Sennett (un sociologue américain mais bien imprégné d’Europe), parle de « s’exposer »,
      cela peut être vu à mon avis comme le symétrique de la reconnaissance,
      ne pas vivre sa « spiritualité » dans un monde à part,
      et Sennett dit que la religion chrétienne, depuis Augustin et Isidore, nous a amené
      à croire que la spiritualité, l’exposition (de son « coeur », de son « ame »), devait être tournée vers Dieu
      en silence au sein des Eglises, d’une facon qui est devenu bcp trop intérieure, et nous prive de savoir être « exposé », autant que de reconnaissance.
      Ce mot « exposé » n’est peut être pas la meilleure trouvaille du traducteur, il faut faire avec néanmoins…

      Sennett est trop subtil pour faire le saut jusqu’au peu de communication entre urbains d’aujourd’hui en une seule fois, mais quand il parle d’architecture (dans « la Conscience de l’oeil »), on voit revenir l’idée que nos architectures (et modes de vie tour de verre/metro/dodo) sont des couvercles de nos sentiments, alors que les Grecs savaient ou aller sur l’agora pour éprouver tristesse, reconnaissance, différents niveaux d’exposition et de partage.

      Disons que c’est au moins une facette de la question…..

    3. @Michel MARTIN : effectivement, dans le post cité, Paul écrit : « Il s’agit du désir de reconnaissance : non pas mon désir de l’autre, dans le cadre d’une relation duelle, une relation à deux termes, ni de son désir envers moi, là aussi une relation duelle, mais de mon désir de son désir portant sur moi ou sur mes appartenances, une relation ternaire cette fois, à trois termes dont je suis à la fois le premier et le troisième. » : il pose le « désir de reconnaissance » comme synonyme du « désir du désir » (de l’autre). Je n’avais pas fait attention mais, puisque vous avez attiré l’attention sur ce point, je maintiens qu’il s’agit d’une confusion. J’admets cependant que les deux désirs peuvent être liés, satisfaire le « désir du désir » étant sans doute un moyen de satisfaire le désir de reconnaissance. Le cas Van Gogh, suicidé faute de reconnaissance alors qu’il ne désirait rien de ce que les autres désirent, montre bien que l’on a affaire à deux notions très distinctes.

  12. « Où ira le capital en trop qu’on
    n’arrive pas à investir de façon productive ? Retournera-t-il aux Etats-Unis sous
    une forme ou une autre ? »

    La question posée dans le premier terme est trop vague pour être une analyse rigoureuse. On doit se demander: Le capital localisé à tel endroit (investi dans tel actif ou géographiquement localisé) vers quelle affectation sera t-il déplacé ? Il s’agit donc d’un tableau de financement emplois/ressources.
    Puis de se demander, transfert momentané ou pour combien de temps ? On est dans la stratégie d’investissement qui fait intervenir la durée: donc la rentabilité (bénéfice + plus-value). quid du coût de cette transaction (qui enrichit considérablement les banques)….
    Cette première question relève de l’analyse micro-économique relative à l’investissement.

    Pour ma part, je pense que l’emploi a court terme se fera dans l’or pour 2 raisons: rentabilité basée sur la plus-value et sécurité de l’investissement en période insécure.

    Seconde question: Il n’est pas du tout certain que l’emploi final se fera aux USA. Ce capital s’immobilisera durablement là où règneront la confiance, la sécurité et la liberté des mouvements financiers. C’est vraisemblablement dans un pays plus ou moins « non démocratique » mais avec une législation financière ad hoc que ces capitaux afflueront.
    Personnellement j’estime que quelques pays d’Europe vont durcir leur législation au détriment de la démocratie pour entrer dans ce schéma. N’oublions pas que Franco et son régime autoritaire a attiré des milliers de démocrates français qui ont investi en Espagne sous ce régime pour l’achat d’une résidence secondaire…..

    1. (suite Spain) … et leurs petits-enfants poursuivent « la lutte » en achetant au rabais la bulle immobilière dégonflée, c’est gonflé !

  13. L’activité économique s’est contractée en Irlande au deuxième trimestre, déjouant les prévisions des économistes qui anticipaient un poursuite de la reprise, ce qui amplifie les pressions sur le Premier ministre Brian Cowen qui tente de convaincre les investisseurs que son pays n’est pas menacé par une nouvelle crise financière. Lire la suite l’article
    Le produit intérieur brut (PIB) a reculé de 1,2% par rapport aux trois premiers mois de l’année, contre une progression de 0,5% attendue en moyenne par les économistes.

    http://fr.news.yahoo.com/4/20100923/tbs-irlande-pib-7318940.html

  14. Les lecteurs sincères des différents livres de Paul Jorion ont en commun de reconnaître les mérites de ses analyses.
    Mais même pour les commentateurs critiques les meilleurs de l’histoire – je pense ici à Karl Marx – il est nécessaire de conserver une dimension critique et de ne pas hésiter à développer la polémique, non pour le plaisir de polémiquer, mais pour approfondir la critique.
    Votre texte ne doit pas échapper à cette manière de procéder, et mes commentaires doivent être critiqués dans le même mouvement.
    Vous écrivez :  » La thèse principale de cet ouvrage de Paul Jorion est que l’économie américaine est soutenue par un vaste processus de « cavalerie », et que son histoir l’empêche de s’en inquiéter. »
    Vous avez bien raison, mais qu’en est-il des pays d’Europe, de la France et de l’Espagne par exemple.
    L’Espagne n’est-elle pas passée brutalement, c’est-à-dire en moins d’une génération, de l’obscurantisme catholique/franquiste aux illusions « made in USA » ?
    L’Espagne n’a-t-elle pas créé à toute vitesse une gigantesque bulle immobilière en partie fondée sur son climat et sur le tourisme ?
    Les USA et à des degrés moindres les différents pays d’Europe (la « vieille Europe » étant légérement plus mesurée) ont remplacé à toute allure et sans gardes fous la richesse créé par le travail humain, c’est-à-dire la production de marchandises, produites non pour leur intérêt – au sens d’intérêt général – ou leur usage, mais pour la capacité de créer de l’argent, en vendant des marchandises frelatées mais aussi et surtout en prétant de l’argent contre intérêt.
    Pour le dire autrement le capitalisme occidental n’a-t-il pas remplacé la production par la spéculation ?
    La croissance n’a-elle pas nourrie la dette ?
    L’argent est devenu à ce moment là la marchandise vedette, comme les drogues dans les quartiers des villes dits « défavorisés ».
    Il n’y a pas besoin d’aller aux USA pour voir le système de « la cavalerie ».
    Une grande partie des productions, en France comme ailleurs, fonctionne sur ce système : l’immobilier bien sûr, mais aussi les autres productions, l’édition par exemple avec le système de l’office où les livres rapportent quand ils sont vendus, mais aussi quand ils ne sont pas vendus.

    La cause profonde de la cavalerie qui perdure n’est pas la naïveté des populations mais l’intérêt particulier de ceux qui l’organisent, intérêt renforcé par la naïveté de ceux qui croient qu’ils ont quelque chose à y gagner, qui croient en quelque sorte que « eux aussi font partie de la conspiration  » et qui, à certains moments, mais à certains moments seulement et seulement pour un faible part d’entre eux ont effectivement un intérêt perticulier dans l’affaire (ceux qui revendent au bout de 10 ou 20 ans un bien immobilier avec un bénéfice important)

    Comme je ne veux pas « occuper le terrain trop longtemps » au risque de décourager les lecteurs, je pense, comme je l’ai écrit plus tôt ce jour, que le bonheur est d’être ni américain ni chinois, et que le malheur est d’être entre les deux, car ce qui se profile à l’horizon, c’est la destruction du pays dans lequel je suis né il y a plus de soixante années, et l’imminence d’une guerre totale, non seulement de tous contre tous, mais aussi entre les différentes puissances économiques et étatiques qui n’auront d’autre choix que, comme on dit au poker, que de « payer pour voir. »

    Je pense que le défaut de votre texte est qu’il est « universitaire » et qu’il ne propose pas de solution pour corriger la marche du monde.
    Je vous accorde que les solutions semblent relever de l’utopie.
    Mais voyez vous, je n’y peux rien, c’est mon caractère qui me pousse aux rêves.

    1. L’amiral Edouard Guillaud, chef d’état-major des armées, a dressé récemment un constat aussi alarmiste que celui de votre conclusion sur l’imminence de guerres totales. Je pense que les conflits que l’on va malheureusement voir proliférer seront essentiellement géo-économiques : accès à l’eau, au ressources énergétiques, aux denrées alimentaires.

    2. @Marlowe : « Je pense que le défaut de votre texte est qu’il est « universitaire » et qu’il ne propose pas de solution pour corriger la marche du monde. » : hé ! ho ! Monsieur le détective ! Vous tombez là, – après bien d’autres, mais ce n’est pas une excuse -, dans un travers bêbête qui consiste à reprocher à un texte de ne pas parler de ce dont son auteur a choisi de ne pas parler. Le but était ici de résumer un livre de Paul et d’en faire une petite critique, pas de donner une « solution pour corriger la marche du monde ». Qui le pourrait du reste ?

    3. à Julien Alexandre,

      La guerre moderne a de multiples visages, nous ne les connaissons sans doute pas tous, bien que le XXe siècle nous en ai présenté un panel tout à fait étonnant.
      Le « progrès » nous permettra d’en découvrir d’autres, de la simple « guerre de tous contre tous », forme aboutie de la séparation généralisée, à l’anéantissement nucléaire et comme vous le faites remarquer aux conflits localisés pour conserver ou obtenir l’accès priviliégié aux ressources.

      Il ne faut pas oublier la guerre de classes à l’intérieur de ce qui était nommé, avant le rêgne de la mondialisation, le pays, ou la nation.

      Une seule certitude, demain sera pire.

    4. Je plussoie à Crapaud : vous pouvez reprocher à un texte universitaire de n’être qu’un texte universitaire, mais vous pouvez difficilement reprocher à ce texte universitaire de ne pas être un excellent texte universitaire.

    5. Excusez-moi, mais je trouve ces discours alarmistes annonçant des guerres prochaines presque ridicules. Enfin, on n’en est plus là… Malgré les quelques égarements du monde occidental, je pense que nous sommes quand même assez éclairés aujourd’hui pour ne pas retomber dans des empoignades primaires. L’Histoire ne nous aurait-t-elle servi à rien? Quelle mentalité rétrograde! J’espère voir bientôt l’avènement d’un monde nouveau avec l’émergence d’une Europe aussi Unie que diverse, mais également humaine et hospitalière, en attendant une civilisation planétaire (E. Morin) – et c’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle je contribue à ce blog. Mais, crier ainsi au désastre sur la toile, quel manque d’esprit constructif, et encore une fois bien dé-moralisant… N’ayez pas peur! Par contre, restons vigilants et capables d’exprimer des critiques constructives. Et puis, n’oubliez pas non plus que nous ne sommes qu’un maillon de la chaîne, et que nous avons un devoir de transmission à l’égard des générations suivantes… La transmission transgénérationnelle… Du début des années 60, je suis de la génération juste après-boomers, et je me pose souvent des questions sur le rôle qu’ont joué les différentes générations dans le cours des choses. Bien cordialement.

    6. @Anne : « je pense que nous sommes quand même assez éclairés aujourd’hui pour ne pas retomber dans des empoignades primaires » : vous croyez ? J’ai bien peur que nous ne soyons pas plus « éclairés » aujourd’hui qu’à l’époque de Cro Magnon. Il n’y a pas lieu de craindre une guerre dans le style de la dernière, avec déferlement de tanks et d’avions, conquêtes territoriales, etc. (Celles que mènent les US sont peut-être les dernières.) Mais des petits bombardements par ci par là, (sauce israélienne), des violations de frontières, des opérations commandos, des blocus de ceci ou cela, des représailles, des exactions variées, des prisons spéciales, des rétorsions contre les résidents étrangers, des états d’urgence, des lois encore plus dures, des attaques via Internet, et pour finir, de solennelles résolutions à l’ONU. Il suffirait que tout cela se multiplie, pour que le monde entier entre en guerre.

    7. @Crapaud: « Il n’y a pas lieu de craindre une guerre dans le style de la dernière »

      Houla, même là je ne m’avancerais pas trop si j’étais vous. L’Histoire est imprévisible. La der des der, ça vous dit quelque chose?

    8. @Moi : ben oui, justement, la « der des der » ça me dit quelque chose. Celle qui a suivi n’était pas du tout pareille. La prochaine, si elle advient, ne ressemblera pas du tout à la 2nd GM.

    9. @ Marlowe :
      « La croissance n’a-elle pas nourrie la dette ? »
      Me semble-t-il que serait l’inverse, en fait …

      Sinon, on commence à en savoir un peu plus sur l’âge du capitaine (pardon, du détective) 😉

    10. « L’amiral Edouard Guillaud, chef d’état-major des armées, a dressé récemment un constat aussi alarmiste que celui de votre conclusion sur l’imminence de guerres totales. Je pense que les conflits que l’on va malheureusement voir proliférer seront essentiellement géo-économiques : accès à l’eau, au ressources énergétiques, aux denrées alimentaires. »

      @ Anne.
      Vous rêvez. Ca va vous faire drôle de constater que les 3/4 de la planète n’en ont strictement rien à faire des « droits de l’homme » par exemple (production idéologique d’inspiration fondamentalement chrétienne et perçue comme telle du dehors) et que la seule chose qui importe aux yeux des peuples c’est la recherche de la sécurité matérielle et la conquête de la puissance (le meilleur moyen d’y parvenir et/ou de la conserver). Le monde a changé et ceux qui pensent naïvement que les « valeurs occidentales » issues des leçons patiemment et durement apprises de l’histoire constituent un garde-fou à la barbarie s’en rendront vite compte à la table des négociations, quand les élèves studieux d’hier leur intimeront désormais de se taire d’un revers de main, considérant ces même valeurs de « tolérance » et « d’humanisme » comme nulles et non avenues.
      Les « démocraties libérales » ou ce qu’il en reste plutôt, ne tarderont pas à faire un pont d’or aux extrême-droites (Weimar style). Le reste n’est pas beau à voir. Le « marché libre » était déjà une fiction sur la majeure partie de la planète (c’est surtout pour ça que les analyses du Marquis sont risibles). N’importe quel entrepreneur sensé désirant s’installer en Europe de l’Est sait qu’il doit compter avec les mafias (et s’il est intelligent il fera appel au genre de firme qui traite de ces dossiers, pour ne pas tout perdre le moment venu de régler la note) et n’importe quel acheteur de minerais en Russie par exemple sait qu’il ne pourra jamais directement accéder au propriétaire de la mine pour négocier un prix d’achat (on ne joue pas avec la situation de rente des intermédiaires, qui sont également les responsables politiques, et la vie dudit propriétaire est donc réellement sur le fil). Le monde est ainsi. C’est là la règle et non pas l’exception (A votre avis, le dirigeant de BNP Mauritanie devrait-il s’enfermer dans un bunker, depuis que les pétrodollars coulent à flot?). Mais il faut y aller quand même, parce-que si vous n’y allez pas et que vous n’êtes pas prêt à jouer selon ces règles d’autres récupèreront ces marchés à votre place, et vous le feront payer.
      Ça c’était quand les choses « allaient bien ». Vous n’imaginez pas la situation actuelle. J’étais comme vous. Il m’a fallu à peine six mois pour perdre cette belle innocence qui vous caractérise encore. Je n’imaginais pas encore à quel point le monde était violent, brutal, impitoyable. Je ne vous cache pas que parfois j’aurais aimé ne jamais me réveiller. Parce-qu’on a beau faire, ça vous change aussi de l’intérieur…
      « Agit comme si le monde était tel qu’il devrait être afin de montrer comment il peut être ». Je me dis aujourd’hui que c’est un coup à y rester pour de bon. Il faut être deux pour faire la paix. Dans le cas contraire vous êtes condamnée à vous défendre ou à disparaître. C’est aussi simple que ça. Personne ne croît ces salades sur la fraternité entre les peuples, et certainement pas les peuples eux-mêmes (ils y croient quand tout va bien,de préférence quand ils sont dans le camp des dominants). Toutes les conditions sont réunies pour une apothéose: ressources rares + passage de témoin de l’Empire+ G4G, etc… Pour ma part je vous prédis sans vraiment me mouiller une guerre froide multipolaire. D’ailleurs, si vous regardez bien, ça a déjà commencé.

    11. à Zébu,

      Je ne retire rien à mon affirmation : « la croissance a nourri la dette » et maintenant la croissance est trop faible et la dette a trop d’appétit.
      Je sais bien que, dans le passé, la croissance et la dette se sont nourries l’une de l’autre, mais j’ai l’intuition que c’est la dette qui tire les ficelles.
      Le rêve des marchés, pour employer l’expression aujourd’hui consacrée (quant à moi « le capital » comme réalité et comme concept m’allait très bien) est une dette perpétuelle et donc un loyer perpétuel.
      Je vous engage à considérer froidement cette hypothèse avant de la réfuter.

      Vous connaissez mon âge, vous savez que je bois du vin (voir les échanges avec Vigneron) et j’ai glissé aussi que j’aimais Cuba pour ses cigares.
      Marlowe est donc maintenant tout nu…

    12. @ Anne : ce n’est pas une critique mais quand on lit ce blog il faut admettre qu’il est anxiogène dans la mesure où il nous ouvre les yeux sur une réalité qui demeure invisible à beaucoup. Il faut néanmoins relativiser les choses.

      @ tout le monde : je fais le rapprochement entre les excellentes questions posées par M. le Détective dans son post au dessus et l’énumération des différences psychologiques et culturelles entre l’Amérique et l’Europe faites tant par l’auteur de l’article que certains commentateurs pour expliquer la situation USAméricaine. Car, de fait, ces questions invalident la pertinence de cette énumération me semble t-il ?

    13. @ Marlowe :
      Je parierais bien que vous aimez Cuba pas que pour ses cigares …

      Sur la dette et la croissance, je précise : je voulais dire que la croissance économique qui existait depuis plusieurs décennies a été alimentée à grands coups de dettes. Sans la dette, il n’y aurait sans doute pas eu de croissance (ou du moins, pas autant). D’où l’inversion des termes selon moi : la dette a nourri la croissance.
      Mais ce n’est pas véritablement un ‘débat’, en tant que tel, puisque qu’une fois la croissance alimentée par la dette, cette croissance permet d’alimenter la dette, par la ‘simple’ présence d’intérêts, dans un système de dette/croissance : il faut toujours plus (tiens, De Closets, qu’est-ce qu’il fout là ?) de croissance pour ‘alimenter’ la dette mais il faut aussi toujours plus de dette pour créer de la croissance.
      Votre intuition est bonne : c’est la dette qui tire les ficelles et qui ‘nourrit’ donc la croissance, d’une nourriture avariée dont la croissance finit par s’intoxiquer (junk bonds, junk food).
      Le loyer perpétuel est au rentier ce que l’éternité est pour les hommes : le paradis de leur vivant.
      Le plus souvent, on y accède en rêve et plus sûrement par la mort.
      Il nous faudra donc mourir pour faire rêver certains.

  15. La manif en France contre la réforme des retraites est un fiasco qui était prévisible..sarko a donc gagné même si sur le fond une majorité de Français sont contre cette ‘réforme’…les syndicats sont compromis avec le pouvoir et pas qu’en France …ils font aussi partie à présent de l’establishment…

  16. A Crapaud Rouge et à Julien Alexandre,

    Mon propos est de dire que ceux qui veulent comprendre le monde pour le changer n’ont que faire de ceux qui voudrait faire semblant de comprendre pour ne pas le changer : la majorité des universitaires.
    Le premier mérite de Paul Jorion est de faire des analyses instructives du capitalisme contemporain, d’en constater les contradictions génératrices de dégats terrifiants et de proposer des solutions.
    La simple chronique de François Leclerc procède de même.
    Je n’ai que faire de textes et d’interventions qui n’entrouvent aucune porte.
    Ne serait’il pas intéressant, comme je le suggère, de faire un rapprochement ou une comparaison avec la situation dans « la vieille Europe » ?
    Sans doute que non.
    Continuons donc à ronronner de satisfaction en comtemplant notre image dans le miroir de l’internet.

    1. @Marlowe : « Je n’ai que faire de textes et d’interventions qui n’entrouvent aucune porte. » : soit, c’est votre droit, mais il faut le dire à notre taulier favori qui choisit ses invités, pas à M. Huber.

      « Continuons donc à ronronner de satisfaction en comtemplant notre image dans le miroir de l’internet. » : encore un qui demande de l’action, encore de l’action, toujours de l’action ! Sont incorrigibles. Je vous suggère d’écrire un billet, (dont l’idée me trotte dans la tête), sur les rapports de l’individu à la société : comment qu’il est responsable ou non, comment qu’il contribue ou non au bien être collectif, comment qu’il pourrait changer la société,… Tout ça, quoi, c’est pas compliqué. 🙂

    2. à Zébu,

      A soi même et aux autres.

      Sérieusement je me pose la question de savoir quel sens il y a à participer à un blog, sans doute la quête désespérée du dialogue…

      Quant aux enseignements, il y a plus dans les bons livres (je viens de commencer « Le Prix ») et certains articles.

    3. @ Marlowe : je comprends parfaitement votre espèce d’impatience et je veux reprendre l’image utilisée ce matin sur FQ par un climatologue parlant du GIEC. Le GIEC permet aux États via la communauté scientifique d’être d’accord sur un constat et à partir de ce constat commun d’essayer de trouver des solutions (bon OK c’est pas gagné) mais au moins ce constat a le mérite d’exister. Ce climatologue disait qu’a contrario les spécialistes de la biodiversité n’avaient pas ce constat, n’étaient donc d’accord sur rien et n’avançaient pas. Le blog de Paul Jorion nous permet d’être d’accord sur un constat, c’est déjà beaucoup. Ne dit-on pas qu’identifier le problème est la moitié de la solution ?

    4. @Marlowe : « Sérieusement je me pose la question de savoir quel sens il y a à participer à un blog, sans doute la quête désespérée du dialogue… » : oui, le dialogue, qui est une démarche aussi active que la lecture, mais l’information et la réflexion aussi. De plus, en participant à ce blog, vous contribuez à sa réputation, et donc aux idées qui y sont exposées. Quand on considère que tout commence par des idées, ce n’est pas négligeable…

  17. Pour corriger les choses comme les divers problèmes qui s’accumulent sans cesse encore faudrait-il que les gens recherchent d’abord à se laisser conduire par l’esprit.

    Dans les diverses traditions humaines il est dit qu’un jour les êtres et en très grand nombre préféreront d’abord vivre selon leurs seuls désirs terrestres, c’est-à-dire en fait selon la partie la plus machinale et prévisible des corps et des choses comme au temps du grand Veau d’or.

    C’est vrai tout ce que je dis pourrait paraître sombre, très sombre comme Dark Vador aussi mais ce n’est pas non plus de ma faute si le monde préfère vivre très machinalement dans la matière, c’est vrai ce n’est pas non plus comme cela que nous allons changer le monde.

    Certes on accepte beaucoup de parler de la crise du capitalisme, pour développer conscience mais pas trop tout de même sur son autre alternative de plus proposé aux hommes, surtout dans le contexte actuel, oui il n’y a pas non plus que notre humanité que nous avons un peu perdue.

    Le savoir dire non ne suffira pas, combien d’hommes et de femmes sont-ils réellement prêts à suivre cette voie bien plus difficile à suivre ? Combien ? Combien de corps ? Car aujourd’hui qui prend réellement le temps de se laisser conduire par l’esprit au quotidien, nous sommes tous devenus en fait les mêmes enfants d’un système de penser et de conduite, pire parmi même ceux qui se réclament comme les premiers opposants et contre-pouvoirs au système, or et en réalité c’est toujours l’habituel de l’homme qui recherche à manifester continuellement un même numéro pour mieux paraît-il faire oeuvre de différence dans les esprits comme dans les corps, naturellement tout cela finit par user grandement la patience et la santé des êtres, c’est pourquoi la cocote-minute va bientôt exploser terrorisme ou pas d’ailleurs. Le monde est-il vraiment bien préparé à une autre TRIBULATION à venir ?

     » Car les choses visibles seront toujours bien illusoires et passagères et les choses invisibles éternelles.  » (II Corinthiens 4: 17-18)

    Tout finalement à peut-être un sens sur le fond, d’ailleurs sans l’esprit comment donc les hommes peuvent-ils sincèrement espérer s’en sortir, oui à quoi bon parler continuellement en bien ou en mal du Capital aux êtres si déjà je refuse de me laisser conduire par l’esprit dans ma vie, dans une société, dans une religion ou pas tout cela n’a pas de sens, on tourne en rond c’est la fin.

    Ce qui explique sans doute la grande chute supplémentaire du monde dans la matière, pour l’abime, la mort mais pas seulement hélas la mort physique mais aussi la grande mort de l’esprit pour l’humanité déchue, ce qui est peut-être bien là le plus grave piège tendu à l’homme.

    Je pourrais bien sur retourner tous les jours à mes occupations, afin de me sentir de nouveau mieux comme tant de nos dirigeants, mais voilà il y a toujours quelque chose qui me pousse parfois à regarder un peu la société et le monde qui m’entoure au dela même de ce qui nous est souvent montré à l’image pour mieux encore étouffer notre propre conscience d’homme.

    D’ailleurs si l’homme moderne en finissait par mettre en place le meilleur système matériel et technologique qui soit comment l’homme pourrait-il encore espérer réellement évoluer dans l’esprit se débarasser aussi de toutes ces chaines. Bref seul l’esprit, d’un autre monde ou pas pourra réellement corriger et soigner le monde, tout le reste ne sera qu’une plus grande perte de temps dans les palabres.

    Et pour le moment je ne vois toujours pas la majorité des êtres de ce monde vouloir réellement liberer l’esprit de l’homme en société, l’oiseau de sa cage.

    1. Merci.

      « Et pour le moment je ne vois toujours pas la majorité des êtres de ce monde vouloir réellement liberer l’esprit de l’homme en société, l’oiseau de sa cage. »
      C’est clair ! Ah si tous les spécialistes du monde se donnaient la main…S’ils se rendaient compte que c’est avant tout l’homme qui n’est pas à la hauteur, et que de lui changer ses outils (leurs spécialités) ne lui fera pas mieux les utiliser…Alors oui, depuis la nuit des temps (hi hi) il y a des hommes qui s’élèvent contre l’acceptation de la servitude…Mais à « chaque fois » s’est trouvée une armada de tyrans puis de spécialistes qui pensaient devoir les prendre en charge ! Effectivement il n’y a pas aujourd’hui de majorité et gageons que si le cocon sécurisant de la prise en charge du peuple est savamment reconstitué, ça risque de durer.

      Pourtant cette crise, de civilisation, est notre chance ! Ne la gâchons pas ! Ne nous la laissons pas voler !

    2. Ecoutez, Jérémie, c’est vrai qu’il y a un peu un ton de … jérémiade, mais assez réussi.

      Dans le style sombre de chez sombre, la prose de Baudoin de Bodinat (Ed Encyclopédie des Nuisances) me semble une barre difficile à dépasser. Allez y voir (dans une bonne librairie) , bonne chance.

      Mais l’ESPRIT … j’aime plutôt la « valeur esprit » dont parle Bernard Stiegler » (qui ne rencontre que des résonances épisodiques sur ce site), mot qu’il oppose à la « bêtise systémique », celle qui vient de l’absence d’un « milieu associé », qui permette de lier les pulsions et les sublimer. L’élection présidentielle de 2007 et son côté Star’Ac (NS et SR) a été pour moi une des manifestations de ce que Stiegler appelle le « capitalisme pulsionnel », où l’exploitation du temps de cerveau disponible par les industries culturelles refoule les singularités de chacun et nous prolétarise (même en tant que consommateur muni d’un pouvoir d’achat… : qu’acheter, quel savoir-faire, quel savoir-vivre, quelle « valeur esprit » mettre dans un achat dans une grande zone commerciale ou un hyper ?).

      Je continue en faisant le pub d’un moins pessimiste que vous pour la suite, même s’il est sans illusion sur l’état des choses, Richard Sennett. Il arrive encore à faire comprendre à partir d’exemples bien sûr trop rares mais que la ville crée quand même dans sa grande ergodicité, où sont les chevauchements souhaitables qui nous tireraient des ghettoisations à venir, qui feraient des populations de tout quartier des populations responsables, etc. Sur un mode symphonique, vous aurez votre content de mode mineur mais aussi du mode majeur.

      Ce n’est qu’un demi-ton qui nous sépare ?

    3. @ Timiota,

       » Ce n’est qu’un demi-ton qui nous sépare ? ‘

      A vrai dire il y a toujours un thon rouge ou pas dans l’homme, comme chaque femme de ce monde en mal de plaisir, j’ai beau parfois cacher mes petites boites de thon lorsque je passe à la caisse non pour voler, ça se remarque hélas toujours, ne m’en voulez pas trop alors, si je n’ai toujours pas réussi à dépasser à la nage le grand thon du large qui est en moi, mais c’est pas ma faute à moi si la politique ça rend toujours aussi con et bête en société, comme le capitalisme ou le socialisme tous deux à la fois, l’information ne m’y aide guère mieux parfois à changer de régime alimentaire.

      Au sujet de l’esprit c’est bien plus qu’une valeur marchande, intellectuelle ou politique selon moi, c’est bien plus que ça qu’une simple idée humaniste, intellectuelle, je dirais même que l’esprit n’appartient à personne, pas même aux gens riches et qui se mettent souvent en colère contre leur prochain faute de l’avoir trop perdu en eux comme dans leurs richesses souvent plus mal acquises et en vitesse, la folle maladie du monde, la folle précipitation de plus dans les affaires
      dans le cloaque marécageux, remplis d’alligatores.

      Pas évident quand on est pauvre ou riche de mieux faire sortir l’esprit comme la morale des marais, la conscience de l’homme ne suffit pas toujours non plus, non il faut encore partir à la recherche d’autre chose en soi, dans les choses, comme dans chacune de nos petites actions quotidiennes, à croire d’ailleurs que les nombreux poids lourds du monde se rejoignent souvent pour mieux enfermer et contrôler de nouveau l’esprit de l’homme dans autre chose. Oui c’est vrai je reconnais encore aujourd’hui être un petit pécheur de truites, de thons rouges ou pas.

      Oui pourquoi l’esprit ne souffle plus guère dans les êtres, chez les petits comme dans la plupart des mégapoles les plus bétonnés de Babylone, pire même pour le peuple d’israel encore aujourd’hui et qui ne semble toujours pas avoir mieux depuis le temps, le temporel son grand exil de plus dans la matière comme dans l’histoire, à vrai dire, ce n’est lorsque j’écoute une autre petite musique douce non commerciale, que l’esprit se met de nouveau à s’envoler, à sortir de la cage, vers ce quelque chose que tant de gens aspirent tellement, peut-être même que le plus grand tyran de l’histoire, de notre pays, du changement, de la nouveauté, de notre propre culture, c’est d’abord notre propre vocabulaire moderne, nous même lorsqu’on oublie constamment de mieux suivre la voix de l’esprit et cela à chaque instant de notre vie.

      Voilà pourquoi je me considère aussi comme un autre anthropologue de la crise sous tous ces aspects, pourvu que le monde n’en finisse pas trop par vivre comme Dark vador dans une étoile noire,et n’ayant plus guère d’humanité et de charité envers l’autre laissé de coté. On refoule encore tellement de choses de nos jours et cela malgré plus de pays riches sur terre …

  18. Je profite du commentaire de ce livre que je n’ai pas encore lu pour faire part d’une réflexion personnelle.
    Je me disais: toutes ces maisons que les gens ne peuvent plus payer elles existent et cela c’est quand même une richesse pour un pays, des dizaines de milliers de maison en plus. Mais que neni, les maisons ils les détruisent!!! (et payent pour effectuer ces destructions)
    Je me suis rendu compte de cela en écoutant les reportages de Daniel Mermet entre 15 et 16 sur fr inter en début de semaine.
    Pour moi, c’est cela le pire.

    1. Cela tendrait à prouver que les marchandises modernes ne sont pas produites pour l’usage mais uniquement pour être vendues.

    2. MOn petit crapaud, une des raison des prix de l’immo à Paris (grrr…), c’est que les zinvesstisseurs, ils achètent pleins d’immeubles, qui restent vides juste pour spéculer….

      Donc si, si t’as des mecs qu’achètent des immeubles pour les regarder !!! ( enfin ici à mon avis ce sont plutôt des banques, hedge-funds etc.)

    3. à Crapaud Rouge,

      Acheter une maison pour la regarder, ce doit être rare, mais pour la revendre avec un bénéfice, ce n’est pas si rare.
      Je crois même que beaucoup, et pas seulement les américains, achètent des biens immobiliers pour « garder leur argent au chaud » et faire quelques profits quelques années plus tard.
      Regardez ce qui se passe dans les grandes villes, à Paris et ailleurs.
      Et comme l’a bien analysé notre hôte, c’est la perspective d’un profit à venir qui a permis et développé cette croissance folle de l’immobilier, aux USA et ailleurs.
      Comme toutes les marchandises modernes, j’affirme donc que les maisons sont produites (je n’ose plus dire construites) non pour l’usage qui en sera fait, mais pour l’argent qu’elles pourront, plusieurs fois, rapporter.
      Et tout cela fonctionne de moins en moins bien !

    4. @ Marlowe + crapaud rouge = Jérémie

      Oui pour l’usage surtout d’acheter et de vendre, le seul acte qui mérite d’être sacraliser de nos jours, compter, calculer, acheter, vendre, rentabiliser, économiser le monde à qui et à quoi servent principalement les êtres qui naissent de nos jours et dans tant de crèches.

      Dans les rapports humains on n’a jamais fait mieux que le commerce, que l’échangisme pour mieux jauger, évaluer, estimer et rencontrer l’autre, pourrait-on dire le meilleur marqueur humain.

      C’est tellement dans les esprits que plus nul personne au monde, ne pourrait encore imaginer le monde tenir debout sans tout cela, oui il y a vraiment de quoi être fier de notre temps je trouve.

    5. je me souviens que dans les années 1970/80 un constructeur français de maisons individuelles propriétaire aujourd’hui d’une chaîne de télévision disait, non pas à ses clients bien sûr, mais à des personnes informées que la durée de vie de l’équipement vendu (en clair la baraque) était au maximum de 40 ans !

    6. à Didier,

      Si la construction moderne a une durée de vie de quarante ans, et si celui qui trompeusement nommé « l’acheteur » rembourse son prêt sur une durée de quarante ans, ce n’est pas un acheteur mais un locataire, qui paye deux fois sa maison, une fois au bétonneur et une fois au banquier, quelques fois encore plus…

      C’est bien je ce qu’affirme : nous sommes entrés dans l’histoire de la dette perpétuelle.

    7. Vu sur le web, en Languedoc-Roussillon, des petites « cages à poules » avec piscine, parfois à l’intérieur d’une résidence « gardée », et « sécurisée », probablement construite à l’époque dont parle Didier …avec possibilité de « couchage pour 6 personnes », dans 25 m2, à 2 pas du bord de mer // comme cela , aucun risque de se mélanger aux autochtones , dès fois que ça s’attrape ! …=) un grand nombre en vente actuellement !…
      Cela ressemble fort à de la spéculation, non ?

      Spéculation et laideur vont bien ensemble…

      Aucun risque que ces « maisons » ne soient porteuses de pénates …Elles n’ont pas non plus le sens de « etchea » : en Basque, le foyer, la famille, les ancêtres, une histoire vivante et reliée, et qui reste dans les mémoires, structurante, même en son absence…
      Ces « cages à poule » seront donc détruites, sans regret ….

    8. Il existe un village, je crois que c’est au Japon ou au moins en Asie (pas très précis, désolé) qui est détruit tous les 20 ans et reconstruit à l’identique, même pas pour intégrer les nouvelles technologies, les nouvelles isolations ou autres. C’est une sorte de village éternel. Je n’ai jamais vu une telle relation à l’habitation ailleurs. Il y a bien sûr les toits de chaume qui obéissent au même renouvellement programmé.

  19. La voix du politique, de la finance, du marché, de la vitesse, du commerce, de l’argent, de la matière, de la technologie, de l’information, de la crise et de tout cela encore remplissait tellement la salle, les esprits, les coeurs, les émotions, les sentiments, les intellects, et les corps un peu partout que l’homme pauvre et modeste de plus sur terre du finalement se résoudre à sortir de la salle, pour mieux encore leur laisser toute la place jusqu’au bout, jusqu’à la Faim du monde !

    Mais il y a au moins une chose qui ne pourront jamais m’enlever, me priver et entendre parfois ce sont mes murmures et les autres murmures de plus des gens à leur égard, car les gens ne sont pas tous des moutons de panurge quand même, ils voient mieux d’ailleurs depuis quelques temps ou l’on préfère d’abord les conduire en vitesse.

  20. Je vis au Canada et l’importance de l’immigration dans l’économie est très importante. Pourtant, on n’arrive pas aux mêmes résultats qu’aux US. Ici le marché immobilier est fortement soutenu par les nouveaux arrivants (exemple : les Chinois à Vancouver). Étant donné que le recrutement des immigrants se fait sur une sélection (la fameuse immigration choisie), beaucoup de professionnels originaires de partout dans le monde se retrouvent à vivre ici et à y investir. Beaucoup de Français, beaucoup de roumains diplômés, etc.

    1. Le Canada et l’Australie sont des cas particuliers. Très faible population par rapport au territoire disponible et ressources naturelles en abondance. Ils sont dans la situation des USA au XIXè s. Lorsque le Canada aura 300 mio d’habitants, on en reparlera. (c’est pas demain la veille, remarquez)

    2. @ Moi :
      ça dépend.
      Le français est très prolifique : vous laissez quelques français en liberté pendant quelques dizaines d’années et en moins de temps qu’il ne faut, vous avez un Québec Libre !!
      🙂

    3. Offre d’emploi : Havre de paix, de prospérité, et de bilinguisme situé sur le continent Nord-américain (au dessus des barbares impériaux du Sud du Nord..), pourvu de schistes bitumineux en abondance, talonnant les USA pour sa quantité d’émission de C02 par habitant et relativement bien placé vis à vis d’un éventuel réchauffement climatique,offre immigration facilitée et emploi dollarisé à citoyen français ou roumain (diplômé le roumain…) ou etc, écrire au blog qui transmettra.

    4. suite de l’annonce :

      pas au dessus de 50 ans quand-même, le voulant migrer ….faut pas déc—-r !
      choisi, on vous a dit !

  21. Merci, tout est plus clair…

    petite remarque personnelle-vécu professionnel, l’inflation « importée » devient depuis qq semaines un véritable problème pour l’industrie. Les produits basiques (moteurs élec, etc.) étant sourcés en Chine, les augmentations de prix +20% sont actuellement la règle. Arguments écologiques, arguments financiers ‘RMB/EUR’, et tout simplement….refus de livrer les commandes en cours.
    …bref, il nous reste la Turquie, l’Europe de l’Est et ensuite…ah non, il n’y a plus d’usines ici, dommage.

    Inflation : serait-il temps de remonter les taux !?

    bonus, les banquiers nous expliquent le monde :
    http://cib.natixis.com/activities/research/economic/publications.aspx

    1. Je vous propose de vous intéresser à Nicole M. Foss (Stoneleigh) si vous ne la connaissez pas encore, elle analyse de prêt les multiples Ponzi que caractérisent nos économies.

      « Peak Oil and the collapse of global Ponzi finance are a “perfect storm” of converging phenomena that threaten to sink our age of prosperity through wealth destruction, social discontent and global conflict. »

  22. Entre la Chine et les US, il y a l’UE et dans l’UE, il y a l’Irlande, qui propage la peur comme un virus se propage : naturellement.

    Cette peur, on l’évoque avec des termes fort bien pesés, comme ‘restructuration’ de la dette (car si l’on structure à nouveau, c’est toujours au sein d’un cadre que l’on parle) mais parfois on lâche les gros mots, qui font peur (comme les virus) : ‘défaut de paiement’.
    Les dire, c’est les propager, c’est leur permettre de pénétrer les défenses naturelles qui jusque là les isolaient encore de notre perception. Il faut donc que la nécessaire prophylaxie de la ‘restructuration’ face son oeuvre.
    Car la peur de l’Irlande pour l’UE est comme la peur d’un apprenti sorcier face à sa créature : l’UE a ‘fabriqué’ l’Irlande telle qu’elle est aujourd’hui.
    A grands coups de subventions européennes, mais aussi et surtout de réglementations laxistes, fiscales et financières.
    L’a promu et élevé au rang d’exemple, pour que ces bons à rien de grecs puissent enfin s’élever de leurs misérables conditions.

    Et qu’en est-il ?
    Des dizaines de milliers de logement inoccupés, attendant de se délabrer.
    Des dizaines de milliards de dettes, publiques et privées.
    La peur du vide.
    Mais aussi, la peur d’un euro faible, d’une crise en ‘W’ dont on croyait s’être exonéré un peut trop rapidement, que la croissance comme objet et finalité ne puisse plus simplement exister.
    La peur en fait que le ‘modèle européen’ n’en vienne à être définitivement cassé, du moins, très fortement altéré et transformé : ce qui est bien pire qu’une crise, aussi profonde soit-elle.

    « En vérité, le problème n’est pas qu’irlandais, il est européen. »
    http://www.presseurop.eu/fr/content/article/345011-la-peur-du-virus-irlandais

    Pour moins que cela, en temps de guerre, on sacrifiait les héros élevés hier au frontispice du panthéon afin de couvrir le lendemain un retraite.
    L’Irlande, ce ‘héros européen’.

    1. Je suis sensible à l’idée que je pourrais involontairement contribuer à rendre ce blog anxiogène, car je n’ignore pas que je parle fort rarement des trains qui arrivent à l’heure ! A ma décharge, il n’y en a pas beaucoup. D’autant que je ressens, comme beaucoup, combien la peur est fréquemment intégrée dans des stratégies politiques manipulatrices. Aboutissant à son intériorisation afin de laisser le champ libre.

      Mais comment faire, lorsque l’on est dans le rôle de parler de ce qui est souvent occulté ou décrypté de travers ? Les Français étant de ce point de vue particulièrement bien pourvus, si on lit la presse d’autres pays. Le gouvernement ayant comme politique de faire silence sur ce qui dérange, ou même de le nier.

      Il me semble ne pas y avoir d’autre issue que d’essayer de favoriser la discussion sur la compréhension de cette crise majeure, avec pour difficulté qu’elle est mondiale et que ce n’est pas en France qu’elle se manifeste le plus fortement. Ou, au Canada et en Suisse, la Belgique rencontrant d’autres problèmes. Qu’il faut entrer dans les méandres de la finance contemporaine et de ses relations opaques. Que cela utilise un suivi de l’actualité et de ses rebondissements incessants ou tout autre mode.

      Le décalage est tel, il est vrai, entre en général le discours officiel et les propos tenus sur le blog qu’ils peuvent paraître outranciers et dirigés. Mais à mon sens c’est l’inverse que l’on doit constater !

      Une des manières de sortir de ce type de problématique est bien entendu de ne pas s’inscrire exclusivement sur le mode de la dénonciation – qui peut devenir incantatoire – mais de tenter d’éclairer de manière intelligible les événements et de formuler des alternatives.

      Afin de modestement contribuer à faire obstacle à la propagation de la résignation et de la peur.

    2. La peur donne des ailes.

      Cela signifie que ceux « de la France d’en bas » peuvent voir la situation de plus haut.

      Le problème n’est donc pas d’avoir peur, mais de surmonter ou non sa peur.

    3. @ tous…….Après l’explication de texte ……….. les preuves chiffrées irréfutables………..les solutions chiffrées proposées……………..mais cessez les langueurs monotones…………..sinon je vais débarquer………

    4. @ François Leclerc :
      Excusez moi, François, je crois avoir généré un malentendu.
      Mon post n’avait aucunement l’intention de critiquer votre positionnement, bien au contraire : je m’y inscris complètement.
      Pour ma part, je crois plutôt que c’est parce que nous ne mettons pas les véritables termes sur les réalités que nous les occultons et que nous produisons nos propres peurs.
      Or, quelles sont ces peurs ? Non pas la réalité, que les hommes et les femmes vivent quotidiennement, mais bien les ombres de celles-ci ou celles que certains contribuent à créer.
      Ainsi, refuser de parler de ‘défaut de paiement’ est une peur de certains acteurs qui imposent au corps social d’autres peurs, plus diffuses, moins définies, dans le but, conscient ou non, que la réalité qui produit leurs peurs reste occultée à l’ensemble du corps social.
      La ‘peur’ est donc un objet éminent de manipulation à mon sens.
      Ceux qui trouvent ce blog par trop ‘anxiogène’ préfèrent ne pas regarder la réalité en face parce qu’ils en ont peur et instruisent des procès en ‘peurologie’ pour occulter les leurs.
      D’autant que les réalités qu’ils dénient n’ont rien à voir en comparaison des autres réalités qu’ils pourraient appréhender s’ils devaient concevoir une réalité bien différente de celle, (encore) ‘protégée’ des effets de la crise, que nous connaissons en France, que ce soit en Europe ou plus encore, hors de ce contexte européen.

      Cela les regarde. Mais je n’ai rien à faire avec leurs propres peurs : elles ne sont pas miennes et ai encore moins à les gérer à leur place.

      Vous avez certes raison de sortir de cette impasse par la nécessaire réflexion sur les propositions à apporter à la crise. Pour autant, cette réflexion ne peut à mon sens être entamée que si un minimum de ‘pré-requis’ sont acquis, à savoir de reconnaître par exemple certains faits comme réels. L’exemple de l’Irlande (qui ne s’adressait pas à vous mais à tous, y compris et surtout hors de ce blog) le montre : ne pas voir dans la situation de l’Irlande actuellement la situation de l’Europe, c’est se voiler la face et générer des peurs qui n’ont pas lieu d’être en tant que telles : il y a suffisamment de ‘raisons’ d’avoir peur avec la réalité pour ne pas faire l’économie de se créer des peurs factices.

      Et il me semble que concernant la formulation d’alternatives, vous, Paul Jorion et les lecteurs de ce blog n’ont de leçons à recevoir de personne.

      Bien cordialement.

    5. Le fantasme est toujours pire que la réalité …génère beaucoup plus d’angoisse …
      les politiciens bas-de-gamme jouent beaucoup sur les fantasmes …

      Le courage, c’est regarder sa peur en face, la reconnaître, et enfin la dépasser : certains métiers passent obligatoirement par l’épreuve du Feu …en fait, pour avancer, il n’y a pas d’autres choix !

  23. Il est vrai que la peur est un outil très largement utilisé de nos jours, soit pour ne rien faire, soit pour faire accepter au plus grand nombre des choses qui en fait sont inacceptables (peur de ne plus toucher sa retraite, suivez mon regard !).

    Je ne pense pas que François Leclerc ait besoin d’être rassuré sur les conséquences (anxiogènes ou pas) de ces analyses. Il fait un travail salutaire en appelant un chat un chat, en nous expliquant les choses.

    Oui, je l’ai déjà dit ailleurs sur ce blog, la lecture de certaines analyses est anxiogène mais c’est une anxiété que le lecteur doit assumer sous peine de se comporter comme une autruche.

    1. Pas de danger pour ce qui me concerne.

      M’enfin…Refuser ce qu’on comprend pas, ça fait ballot, non?
      Nan, je rigole! Mais je te l’ai bien empaqueté Marlowe.

    2. Il y a dans l’homme une part d’animal ou ce qui est nommé intuition.

      Pour ma part il suffit que celui que j’ai identifié comme ennemi me demande de faire quelque chose pour que je sache qu’il ne faut pas obéir et refuser, sans même comprendre.

      Je crois que le refus vient en premier, et la connaissance des causes du refus ensuite.

  24. Au sujet de la peur.

    Tous les croyants de la terre aspirent à cette même confiance et à ce même réconfort – bien chercher la définition, voire l’éthymologie de ces mots, à la façon derridéenne, quoique très difficile à comprendre, mais bon, on se doute de ce qu’il veut dire… – qu’est l’ESPÉRANCE … Chercher à diffuser un sentiment d’anxiété et de peur dans la société ne témoignerait-il pas d’un manque de croyance, d’une incapacité à espérer, d’un renoncement au réconfort?

    Pourquoi vouloir manipuler par la peur et l’anxiété? Cherche-t-on à tétaniser les populations pour les rendre plus malléables, plus soumises, pour les instrumentaliser et mieux les exploiter, ou encore pour les anesthésier afin de mieux leur vendre notre fond de commerce?

    Qui a intérêt à propager la peur? En observant notre société et le vide qui s’y est installé, on constate que jouer avec la peur est une tentation à laquelle les mondes politiques et médiatiques ont énormément de mal à résister. Il faut en être conscient pour ne pas devenir des êtres déprimés et démoralisés, vulnérables face aux charlatans.

    Sans avoir peur, restons critiques et humains, humbles et sereins. On peut analyser les choses, mais il faut rester constructifs et essayer faire avancer les choses de façon positive. Ce blog peut en donner les moyens…

    1. Oui Anne, mais si j’ose dire, il y a peur et peur. Lorsque le gouvernement et sa police nous disent qu’il y a un risque terroriste réel, il diffuse de la peur à l’état pur si je puis dire. Lorsque les chroniqueurs de ce blog nous décrivent la situation actuelle, c’est notre appréciation des choses qui créé la peur, pas la description des choses. Où placer l’espérance la dedans ?

    2. Pour vous répondre, wikipedia peut déjà vous renseigner sur ce que sont les vertus théologales (la foi, l’espérance, la charité), ensuite je citerai Edgar Morin dans le Monde du 10 juin et son « oui à la poésie de la vie », enfin, je dirai que l’espérance c’est cette attitude typiquement féminine peut-être (en voulant dire sans doute) qui intituivement nous met en état d’attente confiante de ce désir et de cet espoir qu’est la Vie. C’est l’assurance, la certitude qu’au delà de l’explicable et du quantifiable, il y a l’inexplicable non quantifiable auquel nous sommes reliées… Nous avons cet ancrage qui nous permet de relativiser.

  25. @ tous.les islandais veulent mettre leur 1° ministre en prison , ils ont raison , j’en connais un dont la responsabilité n’est pas diluée c’est JCT…allez hop au bagne.

  26. HOLLA HOLLA..Y en à t’il encore qui mettent leur argent à la bourse ? Le Cac 40 est dirigé par les banques qui manipulent les cours à la milliseconde , chaque jour ils font monter leurs actions de +5 à – 5 , eux gagnent , mais le lambda est perdu.
    Arretez moi ce casino pour imbéciles.

  27. @ Cédric Huber,

    Bonjour,

    « Ils découvre bine vite que leurs économies sont parties en fumée », p2

    « Ces pratiques peu amènes, et ces subventions dispensieuses », p5

    « ..par l’achat de montagnes de dettes américaine libellée en dollars. », p6

    L’enfant gâté de la seconde guerre mondiale joue l’enfant-roi, tire sur la ficelle de la gourmandise avec force et imposition de reconnaissance, puis incrimine l’Orient de l’avoir servilement « laissé faire » jusqu’à lui ôter faculté de maîtriser « raisonnablement » son futur, hypothèque de l’orgueil ravalée au rang culturel premier du rêve propriétaire américain?

    La bonne foi, la bêtise ou la fourberie éventuelles des membres du couple chimérique si justement nommé peuvent paraître simplistes, la piste militaire évoquée côté USA comme contrefort de « l’abus de pouvoir économique systém-at-ique » vaut certes aux plans réduits économiques et sociaux, toutefois, les attributs stratégiques et militaires d’ensembles étatiques tels que la Chine et les Etats-Unis, leurs fortes emprises respectives dans le « concert des nations », le moyen et long terme des politiques respectives délimitent autant la naïveté possible que les idéologies et cultures sont éloignées..

    Ce tango est au corps-à-corps, troublant rapport fusionnel, mais de séduction en rapprochement ce rapport n’a d’amoureux que le prétexte de la conquête, ne vous semble-t-il pas? Amour amor?

    Les « enfants-nations » périphériques des idéologies respectives, enjeux sacrificiels des escarmouches de contrôle progressif?

    Aimer, à perdre la raison…ultime « pari » d’embrasser totalement l’altérité en soi, (toutes valeurs risquées ou simplement misées)?

    Plein de points d’interrogation se promènent dans votre texte, une guitare super posée?

    Un chat se promène aujourd’hui, griffe en présentation, puis tourne en rond-rond..

  28. « La thèse principale de cet ouvrage de Paul Jorion est que l’économie
    américaine est soutenue par un vaste processus de « cavalerie », et que son
    histoire l’empêche de s’en inquiéter. »

    Pour aller plus loin, ne peut-on pas considérer le marché boursier comme une immense cavalerie ?

    Tant que les ‘investisseurs’ mettent de l’argent, dans le système -> la valeur ‘monte’.
    Mais quand les investisseurs commencent à se méfier, la machine n’est pas loin de s’arrêter !

    « Que la crise s’aggrave ! » (François Partant)

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