Réflexion sur “La crise du capitalisme américain”, par Eric Huber

Un billet invité un peu spécial aujourd’hui, puisqu’il s’agit en fait d’une réflexion par Eric Huber sur le livre de Paul Jorion, “La crise du capitalisme américain” (La Découverte 2007 ; réédition aux Editions du Croquant 2009).

Livre remarquable, ne se laissant pas enfermer dans l’impasse épistémologique habituelle des analystes de la crise récente, qui cherchent désespérément à isoler une cause physique qui déclencherait naturellement tout le reste. Jorion, aussi bien anthropologue qu’économiste, s’attache à décrire la réalité économique dans sa complexité, passant aisément des explications commerciales aux explications sociologiques, et montrant comment les multiples facettes de la société américaine se renforcent ou se contrecarrent. Il prend donc bien en compte la nature humaine des relations  économiques, qui amène à considérer les rapports changeants entre croyances et décisions. Son analyse assez poussée des systèmes de croyances et de valeurs américaines (s’inspirant beaucoup des écrits de Tocqueville et Weber) le distingue très largement des autres commentateurs que j’ai pu lire jusqu’ici. A noter aussi, son insistance sur la bulle immobilière, souvent négligée par les commentateurs en 2008, qui dans le feu de l’action n’avaient plus d’yeux que pour les produits financiers modernes aux noms exotiques.

…. La suite ici.

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114 réflexions sur « Réflexion sur “La crise du capitalisme américain”, par Eric Huber »

    1. Pas de danger pour ce qui me concerne.

      M’enfin…Refuser ce qu’on comprend pas, ça fait ballot, non?
      Nan, je rigole! Mais je te l’ai bien empaqueté Marlowe.

    2. Il y a dans l’homme une part d’animal ou ce qui est nommé intuition.

      Pour ma part il suffit que celui que j’ai identifié comme ennemi me demande de faire quelque chose pour que je sache qu’il ne faut pas obéir et refuser, sans même comprendre.

      Je crois que le refus vient en premier, et la connaissance des causes du refus ensuite.

  1. Au sujet de la peur.

    Tous les croyants de la terre aspirent à cette même confiance et à ce même réconfort – bien chercher la définition, voire l’éthymologie de ces mots, à la façon derridéenne, quoique très difficile à comprendre, mais bon, on se doute de ce qu’il veut dire… – qu’est l’ESPÉRANCE … Chercher à diffuser un sentiment d’anxiété et de peur dans la société ne témoignerait-il pas d’un manque de croyance, d’une incapacité à espérer, d’un renoncement au réconfort?

    Pourquoi vouloir manipuler par la peur et l’anxiété? Cherche-t-on à tétaniser les populations pour les rendre plus malléables, plus soumises, pour les instrumentaliser et mieux les exploiter, ou encore pour les anesthésier afin de mieux leur vendre notre fond de commerce?

    Qui a intérêt à propager la peur? En observant notre société et le vide qui s’y est installé, on constate que jouer avec la peur est une tentation à laquelle les mondes politiques et médiatiques ont énormément de mal à résister. Il faut en être conscient pour ne pas devenir des êtres déprimés et démoralisés, vulnérables face aux charlatans.

    Sans avoir peur, restons critiques et humains, humbles et sereins. On peut analyser les choses, mais il faut rester constructifs et essayer faire avancer les choses de façon positive. Ce blog peut en donner les moyens…

    1. Oui Anne, mais si j’ose dire, il y a peur et peur. Lorsque le gouvernement et sa police nous disent qu’il y a un risque terroriste réel, il diffuse de la peur à l’état pur si je puis dire. Lorsque les chroniqueurs de ce blog nous décrivent la situation actuelle, c’est notre appréciation des choses qui créé la peur, pas la description des choses. Où placer l’espérance la dedans ?

    2. Pour vous répondre, wikipedia peut déjà vous renseigner sur ce que sont les vertus théologales (la foi, l’espérance, la charité), ensuite je citerai Edgar Morin dans le Monde du 10 juin et son “oui à la poésie de la vie”, enfin, je dirai que l’espérance c’est cette attitude typiquement féminine peut-être (en voulant dire sans doute) qui intituivement nous met en état d’attente confiante de ce désir et de cet espoir qu’est la Vie. C’est l’assurance, la certitude qu’au delà de l’explicable et du quantifiable, il y a l’inexplicable non quantifiable auquel nous sommes reliées… Nous avons cet ancrage qui nous permet de relativiser.

  2. @ tous.les islandais veulent mettre leur 1° ministre en prison , ils ont raison , j’en connais un dont la responsabilité n’est pas diluée c’est JCT…allez hop au bagne.

  3. HOLLA HOLLA..Y en à t’il encore qui mettent leur argent à la bourse ? Le Cac 40 est dirigé par les banques qui manipulent les cours à la milliseconde , chaque jour ils font monter leurs actions de +5 à – 5 , eux gagnent , mais le lambda est perdu.
    Arretez moi ce casino pour imbéciles.

  4. @ Cédric Huber,

    Bonjour,

    “Ils découvre bine vite que leurs économies sont parties en fumée”, p2

    “Ces pratiques peu amènes, et ces subventions dispensieuses”, p5

    “..par l’achat de montagnes de dettes américaine libellée en dollars.”, p6

    L’enfant gâté de la seconde guerre mondiale joue l’enfant-roi, tire sur la ficelle de la gourmandise avec force et imposition de reconnaissance, puis incrimine l’Orient de l’avoir servilement “laissé faire” jusqu’à lui ôter faculté de maîtriser “raisonnablement” son futur, hypothèque de l’orgueil ravalée au rang culturel premier du rêve propriétaire américain?

    La bonne foi, la bêtise ou la fourberie éventuelles des membres du couple chimérique si justement nommé peuvent paraître simplistes, la piste militaire évoquée côté USA comme contrefort de “l’abus de pouvoir économique systém-at-ique” vaut certes aux plans réduits économiques et sociaux, toutefois, les attributs stratégiques et militaires d’ensembles étatiques tels que la Chine et les Etats-Unis, leurs fortes emprises respectives dans le “concert des nations”, le moyen et long terme des politiques respectives délimitent autant la naïveté possible que les idéologies et cultures sont éloignées..

    Ce tango est au corps-à-corps, troublant rapport fusionnel, mais de séduction en rapprochement ce rapport n’a d’amoureux que le prétexte de la conquête, ne vous semble-t-il pas? Amour amor?

    Les “enfants-nations” périphériques des idéologies respectives, enjeux sacrificiels des escarmouches de contrôle progressif?

    Aimer, à perdre la raison…ultime “pari” d’embrasser totalement l’altérité en soi, (toutes valeurs risquées ou simplement misées)?

    Plein de points d’interrogation se promènent dans votre texte, une guitare super posée?

    Un chat se promène aujourd’hui, griffe en présentation, puis tourne en rond-rond..

  5. “La thèse principale de cet ouvrage de Paul Jorion est que l’économie
    américaine est soutenue par un vaste processus de « cavalerie », et que son
    histoire l’empêche de s’en inquiéter.”

    Pour aller plus loin, ne peut-on pas considérer le marché boursier comme une immense cavalerie ?

    Tant que les ‘investisseurs’ mettent de l’argent, dans le système -> la valeur ‘monte’.
    Mais quand les investisseurs commencent à se méfier, la machine n’est pas loin de s’arrêter !

    “Que la crise s’aggrave !” (François Partant)

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