Le Monde-Économie, lundi 27 – mardi 28 septembre 2010

L’Etat face à la banque de l’ombre.

On qualifie aux Etats-Unis de shadow banking, banque de l’ombre, la partie du secteur financier qui ne bénéficie pas de la garantie automatique de l’Etat, composée de banques d’investissement, de sicav, de fonds d’investissement spéculatifs, etc. Les tailles respectives étaient, à l’aube de la crise, de 20 000 milliards de dollars (15 000 milliards d’euros) pour la banque de l’ombre contre 11 000 milliards de dollars pour la banque proprement dite ; la fourchette s’est resserrée depuis, avec 16 000 contre 13 000 milliards de dollars.

L’Etat dispense sa garantie en assurant les dépôts bancaires jusqu’à un certain montant et en étant prêt à intervenir comme prêteur de dernier recours. Ne bénéficiant pas d’une telle garantie, la banque de l’ombre est soumise à une réglementation plus légère, dont le principal défaut, comme on l’a constaté au coeur de l’orage, est l’absence d’obligation de constituer des réserves à la hauteur des risques encourus.

L’intermédiation financière qu’opère le secteur bancaire traditionnel met en contact immédiat dépositaires et emprunteurs. Le secteur financier non garanti, lui, établit des maillons intermédiaires. Ceux-ci transforment par étapes les flux financiers (intérêts et principal) d’emprunts peu liquides, à long terme et exposés au risque de crédit – le cas typique étant celui des crédits hypothécaires – en flux aisément échangeables à court terme et au risque de crédit réduit par l’établissement de priorités et la constitution de fonds de réserves.

Ce qui autorise en temps ordinaire ces transformations de liquidité, de maturité et de crédit, ce sont la taille des marchés et la diversité de produits financiers dont les fluctuations de prix sont peu corrélées.

Or, en situation de crise, les intervenants ayant subi des pertes, ou craignant d’en subir, se retirent brutalement, provoquant la contraction de ces marchés alors que les pertes essuyées les obligent à vendre des actifs dont les prix se corrèlent à la baisse.

Comme les établissements de la banque de l’ombre sont liés entre eux par de longues chaînes d’engagements réciproques, c’est la fragilité du plus exposé qui détermine la robustesse de la chaîne tout entière.

Mais les difficultés ne s’arrêtent pas là : secteurs de la lumière et de l’ombre sont imbriqués, et le second entraîne alors le premier avec lui. Lorsque le système tout entier menace de s’écrouler, l’Etat vient en aide à tous les acteurs stratégiques, que ceux-ci aient été prédéfinis comme tels ou qu’on leur découvre cette qualité au moment de la crise, le risque systémique ne connaissant pas de barrières.

La distinction entre secteurs garanti et non garanti s’estompe alors, et l’Etat se retrouve garant de facto de l’ensemble du système financier, quel que soit le découpage réglementaire. A ceci près que, pour la banque de l’ombre, les interventions de l’Etat sont plus délicates : moins réglementé, le secteur est moins connu, et les procédures formelles d’intervention, inexistantes. Du coup, les réponses étatiques sont improvisées et souvent incohérentes, comme l’a illustré le cas de Lehman Brothers en septembre 2008.

Le risque systémique dont est porteur le secteur financier de l’ombre, non garanti par l’Etat et peu réglementé, ne peut donc être ni contenu ni cantonné. Or ce risque, en raison de sa capacité à faire passer instantanément les intérêts particuliers au rang de l’intérêt général, constitue en soi une menace pour la démocratie. L’existence d’une banque de l’ombre est injustifiable.

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77 réflexions sur « Le Monde-Économie, lundi 27 – mardi 28 septembre 2010 »

    1. A moins qu’il ne s’agisse du Belzébuth banking…

      On a l’air de bien rigoler sur ce blog, enfin façon de parler, de garder la tête froide, de porter des analyses lucides sur la société, mais… la réalité est beaucoup plus tragique. Ici s’expriment des privilégiés ne serait-ce que par la capacité de s’adapter et d’être vivant ; ce n’est pas rien. Je crois que l’extérieur (du blog .. ) est beaucoup plus lourd de tragédie qu’on ne peut le croire.

      http://www.eternels-eclairs.fr/louis-aragon-florilege-poemes.php

      Sa vie Elle ressemble à ces soldats sans armes
      Qu’on avait habillés pour un autre destin
      À quoi peut leur servir de se lever matin
      Eux qu’on retrouve au soir désoeuvrés incertains

      (Aragon)

      ….

      « Les poètes doivent être la grande étude du philosophe qui veut connaitre l’homme » (Joubert, pensées)

      Quand même S. de Beauvoir pouvait s’estimer « flouée » (par la vie), qu’en est-il du commun des mortels … ?

    2. à Lisztfr

      Oui, c’est bien de dire ça. Et de le dire avec votre voix vivante et ses couleurs, encore mieux. Les mots qui s’évaporent comme une source s’assèche, c’est une tragédie, plus préoccupant que la disparition du pétrole. Pour dire que chez certain, la parole ne passe plus, et fait un noeud en travers de la gorge. Quelque part la honte est bien réelle.

    3. Litztfr,

      Dans la Force des Choses S de Beauvoir prend conscience d’avoir été flouée par le temps, de mesurer que toute son expérience restera à jamais personnelle et qu’elle ne peut revenir en arrière pour en disposer et s’en servir, que de toute cette vie à vivre qui l’attendait, il ne reste que des souvenirs et le néant pour avenir.

    4. @Lisztfr
      Merci pour ce lien qui me ramène à mes premiers amours, la poésie, hélas délaissée face à la sévérité de ce monde.
      Debout et vive l’humanité civilisée.

    5. Pour Lisztfr (comme tout le monde).
      Les deux démarches ne me semble pas incompatlbles. Les propos ici me paraissent toujours prendre en compte la réalité sociale, par des biais détournés parfois. Pour l’exterieur, il suffit souvent d’aller pas trés loin de chez soi pour ne plus croire.

      Toutes ces réflexions faites ici, souvent mises au bord de la route de l’histoire par des caricatures pleines d’émotions, peuvent dessiner ce que sont les privilèges par exemple. La vie des hommes du XVIIIe devait être impensable à ceux du moyen-âge. Alors pourquoi ne pas croire en nos successeurs?

    6. J’ai lu quelques phrases de Stirner hier que j’ai failli poster, mais il est fortement sollicité du côté des libéraux : il y a même maintenant une « Wikibéral » ; effectivement il était fait allusion à une collection d’egos, de hobbisme intégral… L’Etat était le mal absolu. Or comme dirait Chomsky, l’Etat est tout ce que nous avons !

      Ce que les grecs avaient noté déjà c’est qu’il y a un conflit entre le devoir envers la collectivité et la réalisation de soi, puisque le collectif n’est pas l’ego…. le collectif comme tout phénomène de groupe met en veilleuse le Sujet et la raison. Voir tous les traités de Lebon et Durkheim.

      Nous n’abolirons pas davantage le collectif que nous n’abolirons l’amour.

      Au niveau personnel je constate que si j’avais plus de facilités pour travailler, eh bien, j’aurais probablement fondé une famille comme on dit, mais puisque je ne peux faire la preuve de ma « valeur » comme tout chasseur du néolithique, être capable de rapporter le gibier à la maison, eh bien, tout est toujours remis à plus tard. Voilà les couples en arrivent à se séparer pour ce motif, la « vocation » de chacun n’est jamais accomplie, la raison sociale jamais actualisée, ou rarement. En attendant c’est la famille qui soutient !

      On n’a pas fini de déplier, dérouler les effets psychologiques de la crise. On devrait relire « La misère du monde » de Bourdieu. Les gens sont pris au piège, pris au piège de situations sans issue ; et ça à grande échelle. Gaza est pour moi l’image de ce qui nous attend tous. Parqués comme des bestiaux dans des clapiers, sans raison de vivre. Une interminable attente, à regarder des trous dans l’air comme disent les allemands. L’humanité est l’évolution de la liberté à la cage, la domestication ultime c’est le zoo. Quand on a tout domestiqué et bien c’est fini.

    7. A Lisztfr,
      un livre à méditer …je souhaite que cela vous soutienne :
      extrait de la quatrième de couverture de  » La fin du courage » de Cynthia Fleury :
       » ..Notre époque est celle de l’instrumentalisation et de la disparition du courage. Mais ni les démocraties ni les individus ne peuvent en rester à ce constat d’impuissance…
      …comment la philosophie permet de fonder une théorie du courage qui articule l’individuel et le collectif. Car si l’homme courageux est toujours solitaire, l’éthique collective du courage est seule durable. »

      Et, puisque vous faites allusion à Gaza, ce qui me semble excessif, j’aime particulièrement ces deux poèmes de mahmoud Darwich, dans Etat de siège :

       » Ici, sur les pentes des collines, face au couchant
      Et à la béance du temps,
      Près des vergers à l’ombre coupée,
      Tels les prisonniers,
      Tels les chômeurs,
      Nous cultivons l’espoir. »

      et,

       » Vous, qui vous tenez sur les seuils, entrez
      Et prenez avec nous le café arabe.
      Vous pourriez vous sentir des humains, comme nous.
      Vous, qui vous tenez sur les seuils,
      Sortez de nos matins
      Et nous serons rassurés d’être comme vous,
      Des humains ! « 

    8. Pour lisztrf.

      Pourquoi donc vouloir construire une pensée lucide et en tirer des propos pessimiste (me semble-t-il)? Nous sommes peut-être dans une période de l’égo ridicule. Faire quelque chose de sa vie est devenu un sujet de réflexion individuel à travers lequel on essaye tant bien que mal de se définir. Un autre sujet aurait été: que faisons de nos vies? C’est vers cela que je voulais attirer votre attention avec cette problématique de « nos successeurs ». On peut aussi s’en amuser très sérieusement, j’avais essayé avec la perte et le gain (il y a longtemps) et les reflexes émotionnels.

      Mais on peut tenir d’autres propos lucides. Quand on regarde un peu en détail les 500 ans du colonialisme qui viennent de se terminer, c’est l’effroi qui règne sur cet implacable domination de certains hommes sur d’autres.

      Mais il y a encore d’autres propos lucides possibles. Nous avons toutes les cartes en main actuellement pour faire de bons choix, il ne reste que le pouvoir. Nos capacités techniques sont énormes, nos savoirs collectifs n’ont pas d’équivalent dans l’histoire, nos réflexions sur nous même sont possibles, nous savons différencier nos croyances, nos émotions, nos réflexions. Nous avons même des outils pour analyser nos représentations collectives.

      Vous parlez un peu de Bourdieu. Effectivement, il n’y avait pas à attendre cette crise financière pour appréhender ces basculements, il suffisait de le lire pour comprendre que ce délitement des représentations sociales allait produire ses effets. Mais là aussi d’autres « lucidités » sont à envisager. Puisque ce ne sont sont que des représentations (avec des effets très concrets), là aussi des basculements sont possibles. Peut-être qu’avec 14% de chomâge rien ne se passe, mais à 15%, les identifiants apparaissent car ces identifiants deviennent cruciaux, nécessaires, pour « trop » de personnes. Par votre réflexion et celle des autres, nous « devons » préparer le terrain pour que de vrais questions soient identifiées. Laissons le ridicule: faire quelque chose de sa vie tout « seul », à sa place.

    9. Lisztfr,

      « Parqués comme des bestiaux dans des clapiers, sans raison de vivre. Une interminable attente, à regarder des trous dans l’air comme disent les allemands. L’humanité est l’évolution de la liberté à la cage, la domestication ultime c’est le zoo. Quand on a tout domestiqué et bien c’est fini. »

      C’est beau. C’est bien de domestication qu’il s’agit. L’homme a suivi le chemin de sa domestication en suivant le capitalisme. Le berger est tranquille tant qu’il offre des pâturages au troupeau.

  1. Joseph Stiglitz s’inquiète des «failles» du Vieux Continent, des politiques «malencontreuses» d’austérité à l’absence de solidarité dans l’Union.

    http://www.mediapart.fr/journal/economie/170910/stiglitz-lausterite-en-europe-est-risquee

    Crise: les économistes «atterrés» se rassemblent le 9 octobre

    Plus de 600 universitaires français ont signé le «manifeste d’économistes atterrés», pour dénoncer le «logiciel néolibéral» toujours en vigueur en Europe, et la toute-puissance des marchés. Mediapart publie la liste des signataires. Prochaine étape de la mobilisation: un colloque à Paris.

    http://www.mediapart.fr/journal/economie/250910/crise-les-economistes-atterres-se-rassemblent-le-9-octobre

    1. Peine perdue.
      S’il n’y a pas le 02 Octobre, 10 millions de personnes dans la rue et notamment les jeunes (étudiants …), rien ne fera reculer le projet néolibéral.

    2. jeanpaulmichel,

      Et quand on parle de (projet de) vie à la mode anti-néolibérale y’a plus personne ! C’est la retraite et donc le salariat à l’insu de son plein gré qu’il faut remettre en cause, et pas son mode de financement ! C’est un peu comme si « à l’époque » les esclaves avaient été ravis que leur maître leur laisse choisir la couleur de leur chaîne.

      A 3 millions les néolibéraux sabrent le champagne, à 5 ils offrent une prime aux esclaves du sud…alors à 10 ils votent à gauche, tranquilles, pour rire.

    3. jeanpaulmichel
      Agenda d’Actions; Une « Vague Globale d’Action pour l’Éducation » va naître le 7 octobre puis s’amplifier lors des mobilisations contre le FMI à Washington du 8 au 10 octobre. Le sommet de la vague sera constitué d’actions coordonnées à l’échelle mondiale pendant la semaine du 15 au 21 novembre, plus particulièrement lors de la Journée Internationale des Étudiants le 17 novembre.
      http://emancipating-education-for-all.org/idee_vague_globale_daction
      +++ contre la casse des retraites: à Lyon, rassemblement le mardi 28 à 18h devant l’ancien Palais du commerce (métro Cordeliers) ; à Paris, rassemblement à la gare de l’est le 28 8 et rassemblement devant la Bourse le 30 septembre http://www.demosphere.eu/node/20297

    4. Roma.
      J’espérais des révolutions dans certains pays, mais les soulèvements populaires sont maintenant trop contrôlés par les états pour se produire.
      Ces révolutions auraient pu être contagieuses et ramener au pouvoir, soit des Démocraties, soit des dictatures.
      A la place, nous avons des glissements vers l’extrême-droite… car le populisme fonctionne, malheureusement. Les gens se réveilleront trop tard.

      Un article qui semble donner la fin de l’histoire :
      http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/09/27/l-apres-crise-2007-2008-une-periode-difficile-et-dangereuse_1416332_3232.html

      « haute intensité »… qu’entend-t’il par là..???

    5. 600 universitaires tous incapables de vendre dans une journée un cageot d’oranges au coin d’une rue, et revenant le soir avec un cageot vide après l’avoir mangé ou offert….
      600 universitaires à l’abri du chômage, avec retraite garantie à 75 % du salaire moyen des 6 derniers mois, stipendié par une fabrique de chômeurs, et refusant l’autonomie après l’avoir exigée parce que la contrepartie est la responsabilité financière.
      600 universitaires qui demandent la liberté de faire ce qui leur plait, mais qui exigent l’irresponsabilité financière de leurs actes.
      600 universitaires jaloux des résultats des écoles, lesquelles forment depuis 200 ans les élites de la nation, du compagnon du devoir au physicien recruté par le CEA.
      600 universitaires français qui se comparent à tort aux universitaires étrangers….
      600 universitaires dont les écailles sur les yeux ne tomberont hélas jamais !

    6. @ Albin

      Bravo ! Il a du être difficile de ne pas tomber dans le panneau et de les mettre tous dans le même panier. Vous y réussissez brillamment, en évitant soigneusement la caricature qui plus est.

    7. Fab,

      Dans un précédent commentaire vous dénonciez l’attitude condescendante des conservateurs tout comme des progressistes qui consisterait à penser et dire à la place du bas-peuple ce qui est bon pour lui, mais lorsque le « peuple » descend dans la rue ne reproduisez-vous pas cette même posture que vous dénoncez à juste titre lorsque vous alléguez au peuple une pensée unique ?

      Pour avoir été du nombre de ceux qui ont défilé sur le thème des retraites je peux vous assurer que les manifestations étaient loin de cette image d’une foule obsédée par la seule question des retraites. D’ailleurs de nombreuses personnes parmi les manifestants affichaient — au sens littéral du terme — des idées proches des vôtres.
      La question des retraites ne fait que cristalliser le refus d’un système que chacun ressent de plus en plus clairement comme oppressant et tyrannique. Les manifestants ont chacun leur histoire, leur perception, leur conceptions relatives au travail, bref leur questionnement propre, mais tous aussi divers qu’il soient, partagent le sentiment qu’il existe un rapport de force sans la modification duquel rien ne peut se faire.
      Ce rapport de force n’est même pas une étape nécessaire avant de « changer la vie ». Pour reprendre une de vos expressions, le but est déjà dans le chemin. Manifester relève donc de l’engagement total, en corps et en esprit, c’est quitter sa douillette sphère privée pour exprimer une solidarité et sa confiance dans les solutions collectives — jamais définitives –, par delà les problématiques personnelles.

    8. Le manifeste des 600 est une très bonne chose.
      j’ai même trouvé dans ce manifeste des idées très proches de celles de Paul Jorion, c’est dire. 😉

    9. ALBIN, Julien,
      on ne sait plus ou on en est pour l’ironie.

      A qui sont ses six cents serpents qui sifflent sur vos têtes ?

      Sinon, on parle de Larry Summers comme économiste digne de prendre la tête d’une université ?

    10. YVAN, je n’y crois pas trop même si à vrai dire je mais redoute le pire,
      qu’apparaissent « les hautes intensités » cruelles Imre Kertész dans son discours de réception du Nobel se rappelle –
      http://www.alain-gourion.com/ext/http://www.le-point-de-capiton.net/Hebergements/kertesz.htm
      -: « (…. Je me trouvais dans le couloir désert d’un immeuble administratif et j’entendais des pas résonner dans un couloir perpendiculaire, c’est tout. J’ai été pris d’une sorte d’agitation particulière, les pas venaient dans ma direction, c’étaient ceux d’une seule personne que je ne voyais pas, et brusquement, j’ai eu l’impression d’en entendre marcher des centaines de milliers, une véritable colonne dont les pas retentissaient et alors j’ai saisi la force d’attraction de ce défilé, de ces pas. Là, dans ce couloir, j’ai compris en une seule seconde l’ivresse de l’abandon de soi, le plaisir vertigineux de se fondre dans la masse, ce que Nietzsche – dans un autre contexte, certes, mais avec pertinence – nomme l’extase dionysiaque. Une force quasi physique me poussait et m’attirait dans les rangs, je sentais que je devais m’appuyer et m’aplatir contre le mur, pour ne pas céder à cette attraction.
      Je rends compte de cet instant intense comme je l’ai vécu ; la source d’où il avait jailli telle une vision semblait se trouver en dehors de moi et non en moi-même(…) »

      mais chaque jour ne sachant pas plus que la veille, et que ce qu’on redoute n’y faisant rien et c’est heureux, un jour l’info que je reçois je la passe à mon tour, et tiens – cette vidéo:
      Keny Arkana – The Rage of the People
      http://www.youtube.com/watch?v=CHn5M2At2R8&feature=player_embedded#!

    11. Pierre-Yves D.,

      Bien vu !

      Il semble qu’il y ait dans votre propos deux vues qui s’entrecroisent : le fait que le peuple ait une pensée unique, et la supériorité des conservateurs ou des progressistes qui se sentent la responsabilité de mener le peuple.
      C’est heureux que les manifestants aient chacun « leur questionnement propre », mais avouez que le seul discours qui en émane et qui soit audible est celui de la lutte pour des broutilles ! « Au final », quelle que soit l’issue de l’affrontement, n’est-ce pas l’acceptation du « salariat à l’insu de son plein gré » qui sort gagnante ?

      « La question des retraites ne fait que cristalliser le refus d’un système que chacun ressent de plus en plus clairement comme oppressant et tyrannique. » : oui ! Profitons-en alors ! Ne laissons pas la cristallisation se faire récupérer par ceux qui vivent sur l’apathie populaire !!! Que chacun exprime ce qu’il ressent « comme oppressant et tyrannique », qu’il en fasse part à son voisin afin qu’il ait la possibilité lui aussi de s’arrêter un instant sur le rivage de la conscience…Et ensuite, et vous le savez au moins aussi bien que d’autres si j’en juge par l’humanisme constant dans vos propos, on se plaît sur ce rivage et l’instant se prolonge, et le fait d’y être – avec d’autres – bien et de le montrer, peut donner l’envie à ceux pris dans le courant de s’accrocher à n’importe laquelle de ces branches pour s’arrêter…un instant.

      Bien à vous. Et merci encore une fois de votre pondération.

    12. Fab,

      Faute d’avoir bien formulé ma question, je vous ai induit en erreur de lecture.
      J’aurais dû mettre une virgule après « à juste titre ».
      Le « à juste titre » portait sur l’attitude condescendante que vous dénonciez et non pas sur la pensée unique.

      Pour moi le « peuple » manifestant n’a pas la pensée unique que vous croyez, ce que j’ai essayé de vous montrer dans le second paragraphe.
      Je voulais surtout insister sur l’idée de dynamique sociale, de rapport de force, notion à laquelle vous semblez indifférent voire hostile, ce qui ne laisse pas de m’intriguer, car si des changements substantiels doivent intervenir ils ne pourront, d’un point de vue objectif, que résulter d’une modification du dit rapport. Les idées, les prises de conscience individuelles, en tant qu’elles permettent de voir de nouveaux rapports entre les choses sont partie prenantes dans tout processus de transformation, processus qui ne manque par de se manifester par un changement du rapport de force.

      D’autre part il me semble qu’on ne peut pas attendre que toutes les consciences soient au niveau que vous espérez pour changer les choses, car sinon on ne ferait jamais rien. Une lutte sociale n’a pas un point d’application unique, celui relatif aux revendications affichées officiellement. Une lutte sociale engage tout de corps social. Il est souvent plus que la somme de ses slogans. Un seul exemple, le gouvernement actuel qui n’est plus très loin de la suppression du bouclier fiscal. Bien entendu, ce n’est peut-être qu’un leurre, que comme souvent il lâchera un peu pour préserver beaucoup, mais c’est ainsi que de pas en pas on déplace les lignes et modifie le rapport de forces et surtout la perception que les différents acteurs sociaux ont de la situation.

      La gauche, à tord me semble-t-il, se focalise trop sur la question de ce bouclier, alors que le problème des inégalités ne s’y réduit pas, loin de là. Nonobstant, si le gouvernement lâche du lest sur cette question, on n’y reviendra plus, et dès lors un espace plus grand s’ouvrira pour débattre d’autres questions plus plus déterminantes .. et ainsi de suite .. de telle sorte que le « camp » conservateur se montre chaque jour un peu plus sous son vrai visage aux yeux du plus grand nombre.

      « Ne laissons pas la cristallisation se faire récupérer par ceux qui vivent sur l’apathie populaire. »
      Je souscris à cette assertion 🙂

    13. Albin, je ne suis pas d’accord avec vous.

      Et non parce que je sors d’une grande école ou que je me sois opposé à quelques formateurs qui ne connaissaient RIEN à la mise en pratique de leur disciple tant d’un point de vue matériel que spirituel, mais pas la majorité, loin de là.
      D’ailleurs, il suffit de suivre des cours du Cnam pour s’en rendre compte. Entre autres écoles.

      Est-ce le secteur de l’enseignement PUBLIC qui vous gène..???

    14. Roma, un sociologue a observé la montée de la contestation et de la violence accompagnant les « G20 » et autres sommets de puissants et en a conclu que cette violence répondait à celle du fonctionnement « obligé » de la société.
      Fonctionnement qui est, en effet, de plus en plus violent non pas physiquement mais moralement.
      Ce sociologue ne devait pas être loin de la vérité.

      Donc, sachant qu’à tout mouvement extrême de balancier correspond le mouvement extrême opposé…

    15. @ Albin
      Dites-nous, cher Albin : les autres économistes universitaires, ceux de la ‘Vraie Foi’, ceux qui continuent d’égrener la doxa néo-libérale et communient dans le ‘consensus de Washington’, ils sont naturellement ‘différents’ de cette racaille que vous nous décrivez, non? On espère pour vous qu’ils savent vendre des cageots de mandarines, etc etc etc 😉

    16. Sur « Démocratie & Entreprises » une lecture critique en trois parties « Manifestement les économistes
      m’atterrent » du « fameux » manifeste des économistes atterrés :http://wp.me/pFwEb-Dk
      Il y a en effet quelques ressemblances avec des thèmes fort souvent débattus ici, mais on remarquera que les mesures préconnisées reposent TOUTES sur une future « croissance » qu’on est bien en peine de voir venir et qu’il n’est absolument pas tenu compte du peak-oil et autres contraintes écologiques.

    17. Pierre-Yves D.,

      Un peu comme R.D. je ne savais trop par quel bout le prendre. Et puis je suis tombé sur un texte rédigé dans une langue morte mais néanmoins amusante qui m’a apporté la formulation qui me manquait.

      Voici où j’en étais :

      Vous parlez de rapport de forces : quelle est la frontière autour de laquelle s’articule ce rapport ?

      Ayant une petite idée de votre réponse, je m’avance : ce rapport de forces est une illusion, en ce sens où il est inhérent à notre civilisation et est exacerbé par la société de consommation qui, comme chacun sait, ne peut fonctionner que si les inégalités existent. Pas facile donc d’abattre un mur sur lequel on est perché (je ne nie pas cependant que la « dynamique sociale » puisse aider à une prise de conscience, mais le passé tendrait à montrer que ces luttes ont toujours masqué au final la crise de civilisation, elles ont toujours évité à l’homme de se regarder en face). Par contre, la société de consommation ne pourra résister à une prise de conscience généralisée, notamment de la futilité et de l’horreur du système actuel. Il n’y a pas à « attendre que toutes les consciences soient au niveau », il suffit d’en parler. Beaucoup d’hommes et de femmes sur Terre ont déjà fait ce pas, beaucoup l’ont fait dans un domaine particulier seulement…il ne reste plus qu’à abattre le cadre de vision actuel, celui qui nous fait accepter notre condition par habitude, par faiblesse et par peur de regarder autrement.

      Pour info : « Le travail l’ennui et le jeu : « Le besoin nous contraint à un travail dont le produit sert à satisfaire le besoin ; la renaissance perpétuelle des besoins nous accoutume au travail. Mais dans les intervalles où les besoins sont satisfaits et pour ainsi dire endormis, c’est l’ennui qui nous prend. Qu’est-ce que l’ennui ? L’habitude du travail elle-même, qui se fait maintenant sentir sous forme de besoin nouveau et surajouté ; il sera d’autant plus fort que sera plus forte l’habitude de travailler, qu’aura peut-être été plus forte aussi la souffrance causée par les besoins. Pour échapper à l’ennui, l’homme, ou bien travaille au-delà de ce qu’exigent ses besoins normaux, ou bien il invente le jeu, c’est-à-dire le travail qui n’est plus destiné à satisfaire aucun autre besoin que celui du travail pour lui-même. Celui que le jeu finit par blaser et qui n’a aucune raison de travailler du fait des besoins nouveaux, il arrive que le désir le saisisse d’un troisième état qui serait au jeu ce que planer est à danser, ce que danser est à marcher, un état de félicité tranquille dans le mouvement : c’est la vision que se font artistes et philosophes du bonheur. » » Humain, trop humain

      ***

      Et voici la lumière dont je vous parlais plus haut :

      « L’homme se défiant de lui-même se réduit à la matérialité. La seule preuve qu’il peut obtenir de la liberté qu’il recherche est le décompte matériel qu’il en fait. La fin et la forme inaccessibles en soi par la sensibilité physique sont intellectuellement absorbées par la matérialité. » Extrait, vous l’aurez deviné, de ce texte.

      Oui, par facilité, par peur ou par hasard, nous nous sommes laissés enfermer dans la société de Platon, « la dictature éclairée. Sa république est déposée entre les mains de sages. Le peuple peu instruit et inexpérimenté obéit. Il ne peut pas tout comprendre. La lumière lui vient d’un extérieur de la société qu’il forme. » Alors qu’avec un minimum d’éclairage, une étincelle en fait, on pourrait arriver à une société où « la démocratie est un procès de discussion de la vérité entre les citoyens. »

      Nota bene : pour une fois je suis allé faire un tour sur France Culture …Ambiance http://www.franceculture.com/emission-sur-les-docks-europe-reformes-ou-regression-34-les-seniors-du-boulot-%E2%80%93-cumul-emploi-retrait

  2. Sur les banques, la finance, les financiers, les responsables de la finance, et tutti quanti… Un article intéressant ce matin dans le Monde sur la corruption. Je prends mon dictionnaire, car j’aime écrire avec un dictionnaire sous les yeux… et ces mots me sautent aux yeux: décomposition, pourriture, putréfaction,-> corrompre, avilissement, dépravation, gangrène, perversion, souillure, vice, -> dérèglement, dissolution, -> bakchich, dessous-de-table, pot-de vin, -> prévarication. Des mots assez durs.

    On peut également s’amuser à faire la liste des contraires ou antonymes, plus beaux.

    Et puis, je lisais ce matin que l’ancien ministre des finances, M. Wouter Bos, se serait retrouvé une bonne petite place, bien payée… Je pensais justement à lui ces derniers temps, je me demandais où il était passé, est-ce qu’il avait retrouvé un peu de joie de vivre auprès de ses enfants, est-ce qu’il avait réussi à oublier ses petits soucis du temps où il était ministre des finances et qu’il avait dû régler quelques petits problèmes qui ont coûté quelques petits milliards à l’Etat et aux contribuables, qui ont également causé quelques petites commotions ici et là en Europe… Bref, je pensais avoir lu quelque part qu’il avait été convié dernièrement à venir s’expliquer, accompagné de M. Wellink et de M. Balkenende, devant un juge pour les petits troubles occasionnés. Qu’en est-il de tout cela? Ce matin, on apprend que M. Bos is back to business as usual, comme si de rien n’était… C’est sympathique. Pendant ce temps, toujours pas de gouvernement…

    1. Essayeriez-vous de défausser les crimes des banksters des contrées basses et d’autres lieux sur l’ancien ministre des finances Néerlandais toevallig soms een keer, zeg nou?
      Ici aux PB, les politiques sont moins souvent qu’en France des carriéristes d’appareil, tels des palourdes accrochées aux rochers, que l’on retrouve sous les ors de la République des décennies durant, et avec de plantureuses retraites dorées lorsqu’ils subissent quelques revers de carrière. Ici, les carrières se limitent souvent à quelques mandats [non-cumulés!], et après, on retourne bosser dans son secteur. Je ne vois pas en quoi le fait que dhr Bos aille bosser chez KPNG ait quoi que ce soit de choquant, vu sa carrière ‘d’avant’; l’homme a ses compétences, que nul ne conteste ici. En revanche, le régime politique Français actuel a concrètement plus que le seul nom de république en commun avec le concept de ‘république bananière’, et le locataire du taudis de la Pompadour ne brille ni par son intelligence, ni par ses compétences, si ce n’est celle de savoir ne reculer devant rien pour ‘arriver’.

    2. « En revanche, le régime politique Français actuel a concrètement plus que le seul nom de république en commun avec le concept de ‘république bananière’, et le locataire du taudis de la Pompadour ne brille ni par son intelligence, ni par ses compétences, si ce n’est celle de savoir ne reculer devant rien pour ‘arriver’. »

      Le locataire paye un loyer, le squatter non. Pour tout le reste : d’accord.

    3. Bonjour Thomas,

      Je crois vous avoir un peu énervé. Mais, comme vous peut-être, j’habite aux Pays-Bas, de plus, je suis également NL par ma mère. Mais comme je suis aussi originaire du Sud de la France, avec un père FR, né en Afrique du Nord, je peux dire que j’ai developpé ce que l’on pourrrait appeler une vision critique, globale ou en perspective des choses… comme vous voulez. De ce fait, je pense quand même savoir de quoi je parle quand j’avance ici ce que j’écris. Avec les moyens de communications modernes, Les Pays-Bas ne sont plus, hélas, et cela vaut bien sûr pour tous les autres pays, un enclos fermé de ses barrières dans lequel on peut faire n’importe quoi. Il faut désormais compter avec des esprits critiques qui rapportent certains faits, certaines situations, qui essaient de réfléchir à L’Europe de demain. Tout cela n’exclut en aucune façon la discussion et la confrontation d’idées. Bien au contraire, et c’est comme cela que L’Europe se fera et que nous ferons avancer les choses.

      Enfin, pour en revenir à votre réaction, je peux vous dire que je ne suis pas la seule à être étonnée (soyons gentille) de la façon dont le gouvernement NL a géré la crise… A un tel niveau de responsabilité, cet ancien ministre a peut-être de plus amples explications à donner, et peut-être devrait-il au moins s’excuser pour son opportunisme. On ne peut pas tout avoir dans la vie, le beurre et l’argent du beurre. Annoncer, au beau milieu de la crise qu’il donnait sa démission avec pour motif préférer s’occuper de ses enfants ou mieux les voir grandir, il fallait le faire… Pensez-vous que tout cela puisse laisser les gens indifférents? Non. Il suffit de lire, et j’espère que vous l’avez fait, le nombre de réactions des lecteurs suite aux articles parus dans les journaux faisant état de la nouvelle fonction de M. Bos. Ce dernier semble faire comme si de rien n’était, et c’est ce qui dérange. Il y a encore beaucoup de choses à éclaircir d’ailleurs sur la gestion de la crise. J’ai suivi les débats de la Commission de Wit, je n’ai pas eu l’impression que tout était clair et net, mais bien plutôt que des erreurs d’appréciation ont été commises. On attend la suite. Il ne faut pas être apathique, il faut être critique, mais d’une façon intelligente et constructive. Je m’arrête là, mais je veux bien continuer la discussion si cela vous intéresse.

  3. Nouvelles de l’Allemagne (Voir Anne Will hier soir) .

    La ministre (V Pécresse locale) Ursula von der Leyden, ministre du Travail, a défendu bec et ongles son projet d’augmentation de 5 E de l’aide Hartz 4, qui passe ainsi de 350 à 355 E/ mois (si on laisse de côté l’aide au logement, qui s’y ajoute comme en france) . Les gens qui se sont exprimés sur le blog étaient scandalisés, la population donc, mais les politiciens du plateau, beaucoup moins.

    Car l’on souhaite aider les enfants des pauvres.

    Un seul représentant de la LINKE était invité (sur 6), comme d’habitude il lui était impossible de parler sans être interrompu, entravé en parole par la blonde ministre qui lui adressait des sourires condescendants en agitant les mains.

    Le prêtre de Cologne a dit qu’il fallait assainir le capitalisme….

    La ministre avec ses 5 E d’augmentation, a justifié ce choix par l’idée qu’il serait insupportable aux bas revenus de voir les prétendants au Hartz 4 recevoir trop d’argent, sans travailler. Mais alors dans la réthorique consensuelle du débat, et du gouvernement, il était impossible d’évoquer en rapport avec cette affaire, le fait qu’il n’existe pas de revenu minimum en Allemagne ! La pauvreté des un justifie celle des autres !

    Pour les enfants, le gvt préfère l’aide directe (en livres, heures de sports, équipements divers), car, l’un des participants a osé le dire, ceci évite que l’argent ne soit dépensé en drogue, alcool, cigarettes, etc.

    Les arguments que certains osaient présenter étaient d’une froideur sans égale.

    650 Millions vont être consacrés pour les enfants, pour l’éducation, jouets, etc. Pour les parents, 5 euros. Bien c’est la nouvelle idée, les parents ne sont que des tuteurs à la limite, et puis c’est tant pis pour eux. On fait l’aumône aux enfants pour se donner bonne conscience. On ne touche pas à l’absence de SMIC pour garder les emplois à faibles qualification.

    Il y a quelque chose de pourri en Allemagne. La classe politique justement applique ce logiciel néolibéral sans aucune vergogne. C’est pire que du Sarkosysme.

    On se rend compte que dans ce pays dont on fait l’éloge, il n’y a pas de salaire minimum, et donc lorsque le marché du travail se tend quelle est la protection du salarié ? L’aide sociale minimale est de 350 E par mois. En France c’est 400. Mais on ne leur dit pas, bien entendu l’aide de 350 était présentée comme étant parmi les plus généreuses d’europe. Surtout pas de chiffres ! Voilà un peu ce que l’on peut entendre dans les médias allemands, eh bien c’est pire qu’en France… nous avons au moins ici un esprit corrosif, l’arme de l’humour sans restriction, vif, mordant, sans concession.

    1. vous êtes bien placé, vous avez certainement raison, mais il y a aussi ça: « IG Metall, + 6% ou la grève générale »
      http://www.renovezmaintenant67.eu/
      ou comment les syndicats allemands s’y prennent pour imposer leurs conditions et les obtiennent. Ou comment leur participation aux décisions entrepreneuriales est garantie par la Loi Fondamentale allemande.
      Qu’en pensez-vous ?

    2. @ anne-bis

      Je me réfère aux textes du monde diplo et de marianne concernant la stagnation des salaires allemand, depuis 2000 tandis que les nôtres augmentaient de 25 % :

      http://www.marianne2.fr/Le-modele-allemand-est-un-echec_a189931.html

      L’Allemagne, « l’homme malade de l’Europe »

      En effet, l’Allemagne a construit un consensus national au milieu des années 90 pour limiter toute hausse des salaires, ce qui a permis une stabilité parfaite des coûts salariaux depuis 1999, là où ils progressaient de 25% en dix ans en France et de 40% en Italie ou en Espagne. L’Allemagne a donc énormément gagné en compétitivité sur 10 ans.

      http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2007-09-28-Stagnation-a-l-allemande

      vendredi 28 septembre 2007
      Stagnation à l’allemande

      C’est, de manière significative, le quotidien populaire Bild Zeitung (1) qui l’a annoncé : selon une étude du ministère allemand du travail, le pouvoir d’achat net des salaires a stagné, outre-Rhin, depuis vingt ans. En 2006, un Allemand gagnait en moyenne 1 320 euros, contre l’équivalent de 1 315 euros en 1986.

      Cette stagnation s’explique d’abord par l’accroissement de l’impôt sur les revenus et des prélèvements obligatoires : ceux-ci, qui plafonnaient en 1986 à 5 607 euros par an, ont atteint 9 291 euros, soit une hausse de 66 %, alors que les salaires bruts ne progressaient que de 48 %. Elle découle aussi de la remise en cause de nombreux acquis sociaux dans les entreprises. L’inflation joue enfin un rôle important : durant les cinq dernières années, elle a atteint 7,1 %, contre 4,1% d’augmentation pour les salaires.

      Ces statistiques constituent autant d’arguments pour les partisans de la création d’un salaire minimum, qui n’existe pas en Allemagne.

      ==========================

      Le chiffre de l’inflation de 7,1 % me parait beaucoup, il va à l’encontre de l’objectif de la BCE de contrôle stricte de l’inflation… de plus il semble indiquer un découplement entre salaires (4,1%) et inflation, ce qui est quasiment impossible à expliquer.

      Je ne pense pas que les émissions de politique reflètent l’état d’esprit allemand. Les auditeurs sont toujours beaucoup plus intelligents et sensibles que les invités. Seulement, encore une fois une minorité écrasante monopolise l’espace publique.

      Je suis sceptique envers l’idée que les syndicats obtiennent ce qu’ils escomptent… mais ne suis pas très informé 🙂 . Cela irait à l’encontre de l’austérité décrétée en Europe.

      Je crois que lorsque le ras le bol sera atteint et qu’il sera impossible de continuer à tolérer cette classe politique et ce pouvoir, les gens n’envisageront rien d’autre que de démettre toute la classe politique pour un finir. Il ne supporteront plus de la avoir dans le paysage. Ce que Solidarnosc à fait nous le referons ici tôt ou tard.

    3. Je dirais plutôt que le fait d’avoir raccourcis l’un de nos dirigeant, même si ce fût dans un lointain passé, plaide auprès de nos « dirigeants » actuels pour un peu plus de circonspection….

    4. « (Voir Anne Will hier soir) »
      J’ai essayé, en bon alsacien j’ai vraiment essayé de tenir jusqu’au bout de l’émission, c’était insupportable.
      J’ai beau habiter à côté, je ne comprendrais jamais le niveau de soumission (résignation?) des allemands.

  4.  » S’il n’y a pas le 02 Octobre, 10 millions de personnes dans la rue et notamment les jeunes (étudiants …), rien ne fera reculer le projet néolibéral.  »

    Ce n’est pas le nombre qui importe c’est la manière de s’y prendre, de se conduire, de parler, de s’exprimer afin de mieux se faire comprendre d’autrui, aussi libéral soit-il évidemment ce n’est pas à la foule de gouverner si l’on respecte bien les lois et les institutions de la république mais ce n’est pas non plus au marché de dicter continuellement les choses et les lois en société et à travers tant d’autres intermédiaires de plus pour vous cacher dans des paradis fiscaux.

    On ne peut pas toujours ramener et cantonner les problèmes des gens au seul sujet des retraites, ça finira tôt ou tard par déborder, surtout si la crise ne semble guère mieux responsabiliser nos élites tant sur le plan de la moralité que sur autre chose.

  5. « On qualifie aux Etats-Unis de shadow banking, banque de l’ombre, la partie du secteur financier qui ne bénéficie pas de la garantie automatique de l’Etat […] La distinction entre secteurs garanti et non garanti s’estompe alors, et l’Etat se retrouve garant de facto de l’ensemble du système financier, quel que soit le découpage réglementaire. »

    Une autre façon de dire la même chose est : les garanties publiques créent un aléa moral qui incite les institutions à prendre plus de risques que si elles n’avaient pas ces garanties. Mais l’aléa moral ne se limite pas aux banques garanties. Il s’étend partiellement à ses débiteurs, et notamment les banques d’investissement. Dans la mesure où la faillite d’un gros débiteur entraînerait la faillite des banques réglementées, cela ferait jouer la garantie de l’Etat. Il n’y a d’ailleurs pas de raison de que ces incitations s’arrêtent aux institutions financières.

    « Le risque systémique dont est porteur le secteur financier de l’ombre, non garanti par l’Etat et peu réglementé, ne peut donc être ni contenu ni cantonné […] L’existence d’une banque de l’ombre [i.e. non réglementée] est injustifiable. »

    Elle pose en effet problème _SI_ l’Etat accorde des garanties aux banques. Il faudrait donc poser la question : pourquoi leur accorde-t-on ces garanties qui les incitent à mal se comporter, et qui appellent en retour une réglementation bureaucratique de tout le secteur ?

    La garantie des dépôts limite certes le risque pour chaque déposant individuel, mais augmente le risque du système financier dans son ensemble. Elle est donc contre-productive en termes de sécurité financière. Pour donner une image : c’est comme si l’Etat déclarait que, désormais, il assure tous les sinistres automobiles pour une prime mensuelle fixe. Si vous trouvez qu’il y a déjà beaucoup de radars, ce n’est rien à côté de ce qui serait nécessaire pour limiter la tôle froissée avec une telle mesure 🙂

    GSF

    1. « Elle pose en effet problème _SI_ l’Etat accorde des garanties aux banques. Il faudrait donc poser la question : pourquoi leur accorde-t-on ces garanties qui les incitent à mal se comporter, et qui appellent en retour une réglementation bureaucratique de tout le secteur ? »

      Facile : c’est pratique : la croissance de la ponction du ministère de la paix n’étant pas infinie, surtout en tant de paix, la fuite de la richesse produite par le système financier est un moyen pratique de maintenir le manque nécessaire à la survie de la société de consommation.

    2. @Gu Si Fang

      Votre réthorique est habile, mais votre raisonnement quelque peu captieux : la garantie dont il est question est celle du déposant, pas celle du banquier. Pour faire le lien, vous nous dites que la garantie de l’un favorise la prise de risque de l’autre. Par quel mécanisme? un « shadow banker » serait plus enclin à la prudence par compassion envers le petite déposant? Et au final, la mesure concrète que vous esquissez est la suppression de la garantie du déposant.

      Puisque vous affectionnez la métaphore routière, vous nous dites que le chauffard est imprudent parce qu’il sait que les honnêtes gens ont bouclé leur ceinture. La solution est donc de supprimer le code de la route pour responsabiliser tout le monde.

    3. Ceci dit, avec le manque des « actifs devenus subitement pourris », la consommation n’a pas l’air de suivre des masses…

    4. Musique…

      Ministère de la Paix, ou Minipax : ministère de la guerre dans le roman « 1984 » de George Orwell. Sa principale fonction est de ponctionner le peuple sans rien lui apporter en retour : à chacun de déterminer si cette phrase concerne le roman ou sa propre réalité.

      La société de consommation est expansionniste ou n’est pas. Les « biens », en constante croissance, doivent être produits et consommés. Tout l’art de la politique de gestion humaine réside dans l’équilibre à trouver : le peuple doit être suffisamment riche pour consommer tout en étant suffisamment pauvre pour devoir continuer à obtenir un salaire et donc continuer à produire. La finance et la ponction qu’elle opère est une bonne alliée du Minipax, surtout en temps de paix.

      Tordu ? Pas sûr…Il nous est plus facile de voir comment s’opère cette gestion de population dans les dictatures, militaires ou pas : nous avons un regard extérieur. Imaginez un instant que « nous » n’ayons plus envie ou besoin de consommer ou de produire…

      Selon vous : que se passerait-il ?

      Rideau…

    5. @ François

      Il ne suffit pas de dire « rhétorique! » pour réfuter ce que l’autre écrit, mais passons… Vous posez une bonne question : en quoi la garantie offerte au déposant (je souligne : déposant) incite-t-elle la banque à changer de comportement ?

      On pourrait noter qu’il y a aussi des garanties destinées directement à la banque, notamment le prêteur en dernier ressort. Mais même sans cela, la seul garantie des dépôts crée déjà un aléa moral. C’est un « pousse-au-crime ». Voici pourquoi.

      Votre banque prête ou investit votre compte courant – votre dépôt. Qu’est-ce qui l’empêche de tout prêter à des emprunteurs « subprime », c’est-à-dire très risqués et très rentables ? Tant qu’il n’y a pas de crise majeure, elle empochera ainsi des intérêts plus élevés, d’où des bonus et commissions élevés. Puisqu’elle le fait avec votre argent, pourquoi pas, après tout ?

      Il y une limite : pour le faire, la banque doit avoir votre dépôt ! Si vous estimez qu’une banque n’est pas assez prudente, vous ne lui confiez pas votre argent. Il y a tout une argumentation de la famille « asymétrie d’information » pour dire que les déposants ont du mal à savoir vraiment si une banque fait des placements prudents ou risqués. Je passe.

      Quoi qu’il en soit, si une banque est très imprudente et que ça se sait, elle n’a plus de dépôts, plus de clients, plus de part de marché. Cela peut se produire brutalement, sous la forme d’une ruée sur la banque, comme on l’a vu chez Northern Rocks par exemple.

      Laissée à elle-même, la banque est donc obligée de faire un effort pour rassurer les clients et attirer les dépôts. Si ce n’est pas elle qui le fait, ce sera ses concurrentes. Au bout du compte, les dépôts atterrissent dans les banques que les clients jugent les plus rassurantes.

      Deux méthodes sont couramment utilisées pour rassurer un créancier : les gages et le business plan. Dans le premier cas, l’emprunteur prouve qu’il est riche, et qu’il pourra rembourser le prêteur quoi qu’il arrive. Dans le second, il fournit des éléments au prêteur pour lui montrer que l’usage qu’il fera des fonds est prudent. Dans le cas des banques, cela donne deux possibilités (au moins) :
      – augmenter ses fonds propres, histoire de dire « j’ai les poches profondes et même si je fais faillite je serai en mesure de rembourser mes déposants et mes créanciers : seuls les actionnaires supportent le risque »
      – mener une politique d’investissement prudente.

      Tout cela pour attirer les dépôts, qui sont le nerf de la concurrence entre banques.

      Mais la garantie des dépôts dispense le déposant de sonder le coeur et les reins de sa banque. Même si la banuqe n’a pas de fonds propres, même si elle mène une politique d’investissement imprudente, il sera remboursé en cas de faillite. C’est l’Etat qui le garantit !

      La banque n’a donc plus besoin de rassurer les déposants pour attirer les dépôts. Cela ne supprime pas totalement la concurrence entre banques, mais la concurrence ne joue plus que sur d’autres aspects. Elle ne joue plus sur la sécurité de la banque. Les banques n’ont plus besoin d’avoir autant de fonds propres, ni d’avoir des pratiques prudentes et peu rentables en matière de crédit. CQFD.

      On voit ici que la garantie des dépôts crée une incitation qui modifie le comportement non seulement du déposant, mais aussi du banquier. C’est parce que le fait que la garantie soit offerte à l’un ou l’autre n’a pas tellement d’incidence. Si deux personnes réalisent un échange, et que les pouvoirs publics subventionnent cet échange, peu importe qui reçoit la subvention. Il y aura plus de cette sorte d’échanges.

      Cdt,
      GSF

    6. @ François

      En mathématique, certains théorème peuvent être prouvés de plusieurs façons. Il y a par exemple le théorème de Pythagore, qui peut être prouvé par la méthode du carré chinois et par bien d’autre moyens. C’est pareil ici : il y a une autre manière de vous convaincre que la garantie des dépôts fait baisser le degré de sécurité des banques. C’est la loi de Gresham.

      La loi de Gresham est souvent très mal comprise, et énoncée sous une forme abrégée qui manque l’essentiel : « La mauvaise monnaie chasse la bonne ». Il manque la prémisse dans cet énoncé, qui devrait ressembler à « SI (condition) ALORS la mauvaise monnaie chasse la bonne ». Sans la condition, la loi de Gresham ne s’applique pas et la concurrence fait que les bons produits chassent les mauvais, comme dans le secteur des chaussures ou les smartphones.

      Avec la prémisse, la loi correcte est : SI il est impossible de distinguer une monnaie d’une autre ALORS la plus mauvaise des deux circulera. Alternativement, SI une loi interdit de discriminer une monnaie d’une autre ALORS la plus mauvaise des deux circulera. En toute généralité, dans la première version : SI un producteur peut fabriquer deux produits qu’il est impossible de distinguer ALORS il fabriquera le moins bon des deux. SI une loi interdit de vendre ces deux produits à des prix différents ALORS seul le moins bon sera produit.

      Pour en savoir plus, je vous recommande ces trois articles faciles à trouver sur Google :
      Loi de Gresham et Circulation des Monnaies au Moyen-Âge, de Richard Dutu
      Gresham’s Law, de George Selgin
      Uses and Abuses of Gresham’s Law in the History of Money, de Robert Mundell

      Voici enfin une dernière formulation de la loi de Gresham, due à Rothbard :
      SI la loi surévalue artificiellement une monnaie par rapport à une autre ALORS la monnaie sous-évaluée est thésaurisée ou exportée et seule la monnaie surévaluée circule.

      Il est maintenant facile de conclure. Les dépôts de banque sont une forme de monnaie. On peut payer avec, et la plupart des vendeurs et créanciers les acceptent (sous forme de virement, de chèque, etc) bien qu’ils n’y soient pas obligés. [NB : C’est une des erreurs du livre de Paul Jorion L’argent mode d’emploi] C’est donc un bien généralement accepté comme moyen de paiement, c’est-à-dire, par définition, une monnaie. On l’appelle « monnaie de banque ».

      L’autre monnaie que nous connaissons tous est la monnaie légale, aussi appelée monnaie de base, qui est émise par la banque centrale.

      Par rapport à la monnaie de base, la monnaie de banque présente un avantage et un inconvénient. Avantage : elle est plus pratique. Inconvénient : elle est exposée au risque de faillite de la banque. La garantie des dépôts diminue l’inconvénient ; elle « surévalue » la monnaie de banque en la rendant équivalente à la monnaie légale en termes de sécurité. A cause de la garantie des dépôts, la monnaie de banque circule donc relativement plus – et la monnaie de base relativement moins. C’est-à-dire que les banques créent plus de monnaie grâce à cette garantie, donc accordent plus de crédits, etc. CQFD

    7. @GSF: « Laissée à elle-même, la banque est donc obligée de faire un effort pour rassurer les clients et attirer les dépôts. Si ce n’est pas elle qui le fait, ce sera ses concurrentes. Au bout du compte, les dépôts atterrissent dans les banques que les clients jugent les plus rassurantes. »

      Certes. Mais cela évite-t-il les faillites et la perte de ses dépôts?
      Du point de vue du banquier deux choses interviennent:

      1) attirer les dépôts des clients.
      2) faire un bénéfice.

      Vous ne vous attachez qu’au premier point, qui effectivement devrait porter le banquier a plus de prudence (en situation de non-garantie des dépôts). Mais le second point le porte inexorablement à prendre des risques avec l’argent des déposants. L’objectif rationnel du banquier est donc celui-ci: prendre des risques avec l’argent des clients, en tirer un bénéfice, mais le cacher le plus longtemps possible aux clients et les rassurer. (d’ailleurs, vous dites très justement « que les clients jugent les plus rassurantes » et non pas « objectivement les plus rassurantes »)
      C’est bien ce que l’on constatait en période de non-garantie des dépôts. Des banques ayant pignon sur rue faisaient subitement faillite, provoquant un scandale énorme et laissant des milliers de déposants sur le carreau (souvent les petits déposants, car les plus gros avaient retiré leurs billes à temps).

      Cela ne vous rappelle rien? La bourse évidemment.

      Vous ne pouvez faire l’impasse sur le fait que le système n’est pas transparent au niveau de l’information. Il ne suffit pas de mentionner l’asymétrie d’information et puis de l’oublier. D’autant que la non transparence ne se limite pas à de l’asymétrie d’information, les acteurs pouvant ainsi prendre des risques sans qu’aucun n’en ait conscience.

      Les clients savaient bien tout cela, sans théorie à leur disposition. C’est pourquoi beaucoup ne mettaient pas leur argent à la banque. Ajoutons à cela les faillites à répétition et les troubles que cela provoquait. Il fallut donc garantir les dépôts. Ce qui en soit n’est pas un problème car ce n’est pas cette garantie qui fait naître les risques (de même que les assurances de voiture n’augmentent pas le nombre d’accidents).

      « Les dépôts de banque sont une forme de monnaie. »

      Si vous entendez par dépôts de banque, l’argent que le client a dépôsé, il est évident que c’est de l’argent. Paul n’a jamais dit le contraire.
      Si vous entendez par dépôts de banque, autre chose. Dites-nous laquelle svp. Vous parlez de virement, chèque, etc, mais il est bien évident et vous semblez en convenir qu’il s’agit juste d’un moyen de paiement et non de l’argent. Le marchand ne s’attend pas à uniquement recevoir un chèque en échange de sa marchandise, n’est-ce pas? (cas du chèque en bois)

      En résumé, ce que dit Paul c’est qu’il y a dans les monnaies:
      1) l’argent
      2) les reconnaissances de dettes.

    8. @ Gu Si fang

      Rhétorique (en quelque sorte l’art de parler) était neutre dans mon propos. Merci pour ces éléments, que je vais lire à mon rythme.

    9. @ Moi

      « cela évite-t-il les faillites et la perte de ses dépôts? »

      Reformulons votre question : pour attirer les clients, la banque doit inspirer confiance, convaincre qu’elle est riche et bien gérée ; cela rassure les déposants, mais est-ce vraiment une garantie ? Plusieurs éléments de réponse. Le « concours de sécurité » auquel les banques doivent se livrer pour attirer les dépôts (en l’absence de garanties publiques) constitue une incitation, PAS une obligation. Il est donc vrai qu’une banque peut faire faillite, peut prendre des risques inconsidérés, etc. Mais je ne vois pas en quoi le fait de l’INCITER à prendre plus de risques serait une bonne chose.

      Deuxièmement, les erreurs, les mauvais gestionnaires, les faillites etc. font partie de la vie économique. Ce n’est pas un jugement de valeur, juste un fait. On sait gérer ces situations pour toutes les autres entreprises, il n’y a aucune raison de faire une exception dans la loi spécialement pour les banques. On doit savoir mettre une banque en liquidation lorsque c’est nécessaire. En situation de faillite, les actifs d’une société sont vendus, et l’on rembourse, par ordre de priorité (en gros) : les déposants, les créanciers, les obligataires, les actionnaires. Pourquoi cet ordre ? Parce que c’est ce qui est convenu contractuellement ! Un déposant se considère comme propriétaire de son dépôt (même si c’est faux). Il doit récupérer son dépôt quoi qu’il arrive, de même que je dois récupérer mes meubles si le garde-meuble fait faillite et est liquidé. Les créanciers n’ont aucun droit sur les meubles qui sont dans l’entrepôt. Historiquement, aux époques où il n’y avait pas de garanties publiques, les banques avaient 60 à 80% de fonds propres, contre quelques malheureux pour cents aujourd’hui. Lorsqu’une faillite se produisait, les déposants étaient intégralement remboursés. Ils risquaient principalement une bonne frayeur, et l’immobilisation de leur argent pendant la durée de la procédure judiciaire. Adam Smith, en revanche, qui était actionnaire de la Ayre Bank, a perdu son investissement dans la panique de 1774 en Ecosse. Il y avait une justice.

      « Des banques ayant pignon sur rue faisaient subitement faillite, provoquant un scandale énorme et laissant des milliers de déposants sur le carreau »

      Vraiment… ?

      Mais je ne voudrais pas donner l’impression que la garantie des dépôts est le seul problème. Si l’on ne modifiait que cet aspect, le système bancaire serait un peu amélioré, mais pas beaucoup. Un autre aspect est lié aux réserves fractionnaires. Je n’ai pas la place de développer ici, mais en résumé il y a deux façons différentes de placer son argent à la banque :
      – un compte avec 100% de réserves
      – un compte avec des réserves fractionnaire

      Il en résulte deux monnaies de banque qui sont différentes, mais qui peuvent être difficiles à distinguer. Imaginez une situation où chaque banque émet ses billets. Il n’est pas du tout équivalent de recevoir un billet derrière lequel il y a 100% ou 1% de réserves. Il est difficile de connaître les réserves des banques, et donc de distinguer la bonne et la mauvaise monnaie. D’où un risque que la loi de Gresham se déclenche. Plusieurs lois ont pour conséquence de surévaluer la mauvaise monnaie – celle qui a le moins de réserves. Ces lois ont pour effet d’augmenter l’usage des comptes fractionnaires et de réduire les comptes avec 100% de réserves. Ce n’est évidemment pas un hasard…

      Une réponse générale est donc que les déposants devraient être laissés libres de choisir si ils veulent « confier » ou « déposer » leur argent à la banque. Nous avons plusieurs lois et institutions qui obfusquent la différence entre les deux encouragent les clients à « confier » leur argent à la banque, et la banque à jouer avec l’argent de son client.

      Cdt,
      GSF

    10. @GSF: « Mais je ne vois pas en quoi le fait de l’INCITER à prendre plus de risques serait une bonne chose. »

      Ce n’est pas une bonne chose. Mais je ne vois pas le rapport avec la garantie des dépôts. Cette dernière n’incite pas le banquier à prendre plus de risques. Par contre, la garantie tacite des fonds propres des « too big too fail », là oui c’est une incitation à prendre des risques.

      « Vraiment… ? »

      Oui, vraiment.
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Panique_bancaire_am%C3%A9ricaine_de_1907

      « Il n’est pas du tout équivalent de recevoir un billet derrière lequel il y a 100% ou 1% de réserves. »

      Certes. Et d’ailleurs, un déposant d’une banque à 100% devra payer le billet (reconnaissance de dette) de la banque, pour frais de gardiennage. Alors qu’un déposant d’une banque à 1% recevra un billet + des intérêts.
      En tout état de cause, même avec une banque à 100%, le déposant a en main une reconnaissance de dette, pas de l’argent. Et le risque n’est toujours pas nul de ne pas pouvoir récupérer son argent.

      « Une réponse générale est donc que les déposants devraient être laissés libres de choisir si ils veulent « confier » ou « déposer » leur argent à la banque. »

      Vous savez bien que le marché n’est pas transparent. Pour le client, tout comme pour le banquier. Comment pourrait-il y avoir libre choix? Ce que vous proposez c’est le « libre risque ».

    11. @ Moi

      « je ne vois pas le rapport avec la garantie des dépôts. Cette dernière n’incite pas le banquier à prendre plus de risques. »

      Alors ça c’est fort de café ! Je viens de me fendre de deux commentaires expliquant le lien et vous balancez cette affirmation sans aucun argument. Première explication : avec la garantie des dépôts, les clients n’ont plus besoin de vérifier que leur banque est solide, dotée de fonds propres et dispose de réserves. Deuxième explication : de la monnaie scripturale avec 30% de réserves est une meilleure monnaie qu’avec 20% de réserves en termes de sécurité. SI la garantie des dépôts abolit cette différence ALORS la monnaie avec peu de réserves chasse la monnaie avec de fortes réserves (Gresham).

      Par ailleurs, vous rappelez que le sauveteur-en-dernier-ressort (et le prêteur en dernier ressort) constituent aussi une incitation à la prise de risque. C’est parfaitement exact AUSSI.

      Pour 1907 : savez-vous quelle part des dépôts les clients ont récupéré in fine ? Les créanciers ? Les obligataires ? Les actionnaires ? Il est facile d’effrayer l’honnête homme en brandissant la menace d’une panique. La réalité c’est que les déposants ne couraient pratiquement aucun risque. Ceux qui couraient des risques c’était les actionnaires, et éventuellement les créanciers. Ne couraient un risque que ceux qui avaient accepté de le prendre. PAS comme aujourd’hui. Les déposants récupéraient généralement leur dépôt après le délai normal de liquidation.

      A l’inverse, allez un peu demander aux Mexicains et aux Argentins ce que valait leur garantie des dépôts…

      Cdt,
      GSF

    12. P.S. Dans le cas de la panique de 1907 comme de celles de 1873, 1884 et 1893, il faut aussi dire qu’elles sont une conséquence du National Banking Act de 1863 qui était une catastrophe, mais c’est une autre histoire…

    13. @GSF: « Alors ça c’est fort de café ! Je viens de me fendre de deux commentaires expliquant le lien et vous balancez cette affirmation sans aucun argument. »

      Je vous ai avancé mes arguments. Le client ne sait pas quelle est la réserve, avec ou sans garantie de dépôts. Et surtout, le banquier ne se tracasse pas de sa réserve, il se tracasse de son profit et de faire croire aux clients qu’il a une réserve suffisante, avec ou sans garantie de dépôts. Je ne suis même pas opposé à ce qu’on supprime cette garantie, au contraire, car cela clarifierait les choses sur le fonctionnement des banques et leur retirerait certainement du pouvoir (les gens mettraient moins leur argent en banque, il y aurait moins de flux de capitaux, etc).
      Je dis juste que cette garantie des dépôts n’a aucune incidence sur le comportement des banques, elle en a juste sur leur pouvoir. Il n’y a pas d’aléa moral avec cette garantie des dépôts ou alors très limité, par contre son absence introduit une forte instabilité du système.

      « Première explication : avec la garantie des dépôts, les clients n’ont plus besoin de vérifier que leur banque est solide, dotée de fonds propres et dispose de réserves. »

      Ils ne pourraient de toutes façons pas vérifier. C’est le mythe de la transparence du marché. Le client verrait juste une publicité ou un dépliant du même genre que ceux qui ont permis de fourguer des placements de bons pères de famille Lehman Brothers.

      « Deuxième explication : de la monnaie scripturale avec 30% de réserves est une meilleure monnaie qu’avec 20% de réserves en termes de sécurité. »

      Oui, mais le client n’a pas accès à cette information. Le banquier lui-même ne peut quantifier le risque réel qu’il prend avec l’argent déposé, ce qui fait qu’une banque avec 20% de réserves est peut-être plus sûre qu’une banque avec 30%.

      « SI la garantie des dépôts abolit cette différence ALORS la monnaie avec peu de réserves chasse la monnaie avec de fortes réserves (Gresham). »

      C’est de la théorie. Dans la pratique, je vous ai dit qu’il y a eu d’innombrables cas de faillites bancaires avant la garantie des dépôts, alors même que les banques avaient de fortes réserves.

      « Par ailleurs, vous rappelez que le sauveteur-en-dernier-ressort (et le prêteur en dernier ressort) constituent aussi une incitation à la prise de risque. C’est parfaitement exact AUSSI. »

      Pas aussi. C’est la seule variable qui augmente réellement la prise de risque parce que c’est la seule qui a une incidence réelle sur les risques pris par la banque. Si les fonds propres sont garantis, il n’y a plus vraiment de risque pour la banque. Si les dépôts sont garantis, les fonds propres courent toujours un risque. Si les dépôts ne sont pas garantis, les fonds propres courent le même risque.
      Le seul argument en faveur de l’incitation supposée de la suppression de la garantie des dépôts, c’est que le client choisira telle ou telle banque en fonction des réserves, favorisant ainsi les banques prudentes. Mais outre qu’il oublie le prix de cette sécurité pour le client, il repose sur le mythe de la transparence, c’est-à-dire le mythe du libre choix rationnel. Où avez-vous vu que les marchands proposant la meilleure qualité de produit s’imposent de ce seul fait? C’est un mythe libéral qui est ressassé depuis des lustres et ne repose sur rien de concret.

      « Pour 1907 : savez-vous quelle part des dépôts les clients ont récupéré in fine ? »

      Je peux essayer de me renseigner, mais je n’en sais rien. Je sais juste qu’on a décidé de garantir les dépôts en 1933 après que des milliers de déposants fussent rincés pour la n ème fois en quelques décennies.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Federal_Deposit_Insurance_Corporation

      « Il est facile d’effrayer l’honnête homme en brandissant la menace d’une panique. La réalité c’est que les déposants ne couraient pratiquement aucun risque. »

      Vous faites à nouveau du révisionnisme historique.

      « Ne couraient un risque que ceux qui avaient accepté de le prendre. »

      Non. Mythe de la transparence du marché.

      « A l’inverse, allez un peu demander aux Mexicains et aux Argentins ce que valait leur garantie des dépôts… »

      Ces deux crises n’ont rien à voir avec la garantie des dépôts mais avec les mouvements internationaux de gros flux de capitaux. Il s’agit d’un problème entre le peso (mexicain et argentin) et le dollar. Je ne vois pas pourquoi vous parlez de ces deux cas (où d’ailleurs un libéral ferait mieux de la jouer modeste).

      Au Mexique, les épargnants n’ont rien perdu. Le fonds de garantie a joué. Il a même trop bien joué puisqu’il a même garanti les prêts, au grand bénéfice des banques.

      En Argentine, La garantie des dépôts a été supprimée en 1992 et a été vite réintroduite en 1995 suite à des bank runs. Lors de la crise de 1998-2001 le fonds de garantie n’est pas intervenu parce que le retrait des dépôts était limité par la loi et d’ailleurs le problème pour l’épargnant fut la conversion forcée des dépôts en dollar vers le peso, pas à proprement parler la perte des dépôts.

    14. @ Moi

      « C’est la seule variable qui augmente réellement la prise de risque parce que c’est la seule qui a une incidence réelle sur les risques pris par la banque. »

      Je traduis : le fait que la banque sache qu’elle sera sauvée in extremis est la seule raison qui la pousse à prendre des risque (souligné deux fois : la seule). Donc si l’on supprime le prêteur en dernier ressort – aka la banque centrale – les banques ne prendront plus de risque. La raison d’être de la garantie des dépôts, aura donc disparu. C’est bien ça ? C’est magnifique, nous sommes d’accord !
      🙂

      Ne vous en faite pas, je ne prends pas ça pour argent comptant…

      GSF

    15. @ Moi

      Quelques éléments de réponse après une nuit de sommeil :

      « Ils ne pourraient de toutes façons pas vérifier. »
      « le client n’a pas accès à cette information. »

      Nous rentrons dans le deuxième étage de la discussion : « l’asymétrie d’information ». Certains clients n’ont pas les moyens et/ou l’envie de vérifier la situation de leur banque. Mais il y a des déposants qui ont les moyens ET l’envie de s’informer : ce sont les banques concurrentes. Elles « retirent » leurs dépôts par les opérations de compensation lorsqu’une banque émet beaucoup de crédit. Il est difficile de soutenir qu’une banque laissera de la trésorerie chez sa concurrente sans se poser de questions.

      « il y a eu d’innombrables cas de faillites bancaires avant la garantie des dépôts »

      Je dis et je répète que la garantie des dépôts est UNE cause des problèmes (ce que vous niez), pas la seule cause. La liste des législations qui peuvent entraîner des faillites récurrentes est assez longue : une politique monétaire expansionniste de la banque centrale ; la simple possibilité d’une planche à billets en vue d’un « prêt en dernier ressort » ; une application laxiste du droit vis-à-vis des banques qui savent qu’elles pourront suspendre les paiements en cas de panique SANS être mises en faillite ; l’interdiction de diversifier leurs placements géographiquement (interdiction du branch banking aux US) ou qualitativement (obligation d’acheter de la dette des états fédéraux), etc. Si vous répétez qu’il y a d’autres sources de paniques bancaires, je le redis : OUI !

      « le retrait des dépôts était limité par la loi »

      Ca s’appelle une suspension des paiements, et c’est l’une des autres causes d’aléa moral bancaire. Cf. remarque précédente.

      Sur les conséquences d’une ruée bancaire suivie d’une liquidation, l’application du droit des sociétés habituel serait que les actifs sont vendus (ce qui prend du temps) et les partenaires de la banque remboursés par ordre de priorité. Les dettes de la banques sont : dépôts + créances + obligations + capital. Leur somme arithmétique est égale à l’actif, c’est l’identité comptable du bilan. La liquidation permet donc de rembourser tout le monde, ou alors dépôts + créances + obligations, ou alors dépôts + créances, ou alors dépôts, ou alors personne. Ce dernier cas ne s’est jamais produit à ma connaissance. Une des dernières faillites retentissantes en France a été celle de Pallas Stern, dont les clients étaient des grosses fortunes. Je me souviens avoir lu qu’ils ont finalement recouvré 80% de leur argent. Là où je vais dans votre sens, c’est qu’il a fallu du temps pour qu’ils récupèrent leur argent. Ils ont donc été pénalisés, mais pas autant que vous le laissez entendre.

      Cdt,
      GSF

    16. @GSF: « Je traduis : le fait que la banque sache qu’elle sera sauvée in extremis est la seule raison qui la pousse à prendre des risque »

      Non. J’ai écrit: « la seule raison qui AUGMENTE vraiment la prise de risque ». Il est évident que, garantie ou pas garantie, les banques prendront des risques. Elles doivent faire du profit. La garantie incite à prendre plus de risques car la banque cherche à faire du profit et seul le risque de perdre son argent la freine dans sa course au profit. Si ce risque n’est plus là pour elle, elle augmentera sa prise de risque en sachant que ce risque a été transféré sur un autre (mais pas le profit).

      « Donc si l’on supprime le prêteur en dernier ressort – aka la banque centrale – les banques ne prendront plus de risque. »

      C’est un sophisme. Les banques prenaient des risques alors que les banques centrales n’existaient pas encore. Banque centrale ou pas, les dépôts courent des risques. Peut-être plus lorsqu’il y a une banque centrale, je ne sais pas.

      « Nous rentrons dans le deuxième étage de la discussion : « l’asymétrie d’information ». »

      Je vous ai dit que l’asymétrie d’information n’était qu’un sous-problème. Le problème c’est que le marché n’est pas transparent. Ni pour le client, ni pour la banque. Le risque n’est pas calculable. On ne fait que le supposer.

      « Si vous répétez qu’il y a d’autres sources de paniques bancaires, je le redis : OUI ! »

      Nous sommes d’accord sur cela. Par contre, je ne vois pas en quoi la garantie des dépôts est une source de panique bancaire ou de faillite. Votre seul argument est l’alea moral qui repose sur le mythe de la transparence du marché.

      « Leur somme arithmétique est égale à l’actif, c’est l’identité comptable du bilan. La liquidation permet donc de rembourser tout le monde »

      Non. Outre que vous ne tenez pas compte du hors-bilan, les actifs sont valorisés dans le bilan (suivant l’une ou l’autre méthode, telle que le mark to market ou sur base d’un modèle). Autrement dit, on leur assigne une valeur qui n’est pas nécessairement celle du prix obtenu à la liquidation. On peut même dire que la valeur de l’actif au bilan est toujours sur-estimée par rapport à la valeur du même actif en cas de liquidation.
      Lorsqu’une banque fait faillite, vous n’aurez jamais assez d’argent lors de la liquidation pour rembourser tous les créanciers. Dans le pire des cas, vous n’aurez même pas d’argent du tout pour pouvoir rembourser les créanciers.
      Je remarque par ailleurs que vous confondez la valeur comptable avec la valeur réelle, ce qui est cohérent pour quelqu’un qui n’arrive pas à admettre que le marché n’est pas transparent. Vous ne concevez ni que le calcul du risque n’est pas faisable, pas même en théorie, ni que la valorisation du prix n’est pas faisable, pas même en théorie. Vous êtes comme ces scientifiques perdus lorsqu’on leur a annoncé que l’évolution des systèmes déterministes « complexes » (à partir de 3 variables) étaient imprédictibles, même en théorie.

      Je cite: « La sensibilité aux conditions initiales montre que même si nous pouvions mesurer précisément l’état de l’univers, nous ne pourrions pas appliquer la prédiction dynamique au long terme. »

      http://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9diction#Les_obstacles_.C3.A0_la_pr.C3.A9diction_dynamique

      « Une des dernières faillites retentissantes en France a été celle de Pallas Stern, dont les clients étaient des grosses fortunes. Je me souviens avoir lu qu’ils ont finalement recouvré 80% de leur argent. »

      Oui, mais là la garantie des dépôts n’aurait rien à eu à voir non plus. Il s’agissait d’une banque d’investissement et de plus la garantie des dépôts est plafonnée.
      De toutes façons, il n’y a pas que la France, pays où les faillites bancaires sont relativement rares et de peu de conséquences de par l’interventionnisme et la solidité étatiques.

  6. Shadow banking… Tiens , où en est-on avec le contact De Maistre-Madoff? Et Le Luxembourg?Laissé tellement tranquille jusqu’à présent?…

    Shadow banking…. Ce « shadow » m’inspire des pensées. Je pense au top hiérarchique, je pense à la très haute finance, je pense au sommet, puissant, très puissant, je les imagine travailler dans l’ombre, pour le bien de l’humanité, ou par soif de pouvoir?

    Qui contrôle ce qui se décide dans les salons feutrés de ces banques de l’ombre? On ne les voie pas, peut-être sont-ils partout, tirant les ficelles de nos vies. Sommes-nous des marionnettes, simples jouets de la finance?…

    Notre société, comme endormie (droguée ou hypnotisée) par des marchands de sommeil, privée de son élan vital par une énorme machine médiatique aux effets soporifiques et sournois, financée par les puissants de la terre…

    Qu’ils s’amusent donc… mais, qu’ils ne se méprennent pas… La culture de la vie sera plus forte que la culture de la mort. On ne touche pas aux valeurs essentielles, ces valeurs qui nous donnent toute notre dignité d’humains, ces valeurs que nous devons veiller à défendre et à protéger, ces valeurs qui rendent la vie plus belle. Qu’ils s’amusent donc… tout n’a qu’un temps… mais qu’ils ne se méprennent pas…

  7. « Ceux-ci transforment par étapes les flux financiers (intérêts et principal) d’emprunts peu liquides, à long terme et exposés au risque de crédit – le cas typique étant celui des crédits hypothécaires – en flux aisément échangeables à court terme et au risque de crédit réduit par l’établissement de priorités et la constitution de fonds de réserves. »
    En fait c’est le procédé de titrisation d’un crédit en obligation qui est à l’origine des produits « dérivés » réputés toxiques…
    Paul Jorion récite la prière des financiers qui racontaient qu’ainsi ils « repartissaient » le risque afin de le diminuer dans les diverses tranches de leurs CDOs…Quand aux fonds de reserve, on dirait que les CDS suffisaient alors à s’assurer du risque, sans aucun fond de réserve!

    En fait la banque de l’ombre fait partie désormais des banques de dépot depuis la suppression du Glass Steagall act aux USA et depuis les années 1980 dans la France alors socialiste, ou on a crée les banques « généralistes ».

    Pour savoir si votre banque à une partie à l’ombre, comme le docteur Jekill et mister Hide, c’est trés simple:
    Tapez sur Google le nom de votre banque, puis « offshore »…
    Si vous trouvez un lien sur une succursale dans un paradis fiscal; Iles Caiman,Malte,Saint-Marin,Anglo-Normandes, vous avez la preuve que votre banque fait du « shadow banking ».
    Pratiquement TOUTES les banques européennes, ainsi que TOUTES les grosses boites ont des structure financières dans des paradis fiscaux, « blanchis » de manière hilarante et sacndaleuse.

    1. Exercice trés trés drôle …pour les candides, comme moi …
      Ne trouvant pas ma banque, j’ai tapé Natixis =) incroyable! =) je crois qu’ils font la totale !
      Hilarant, à mettre en vis-à-vis avec les discours vengeurs de qui-nous-savons !!

  8. dans le mond économie de mardi, page 2: un petit article consacré à Silvio Gesell. Sommaire, certes, mais est-ce un signe?

  9. ET LES MILLIARDS DE L’OMBRE
    10 000 milliards de dollars d’actifs financiers en dépôt ou en gestion dans des paradis fiscaux.
    50 % des flux financiers mondiaux transitent par les paradis fiscaux.
    Selon le FMI, ces paradis hébergent 4 000 banques, les deux tiers des fonds spéculatifs et 2 millions de sociétés écrans.
    Fraude fiscale au niveau mondial : entre 350 et 500 milliards, selon une étude Banque mondiale/Cnuced.
    100 milliards de perte de recettes fiscales pour le Trésor américain du fait de l’existence des paradis fiscaux.
    Entre 20 et 25 milliards d’euros de perte de recettes fiscales pour l’Allemagne.
    Entre 15 et 20 milliards de perte de recettes fiscales pour la France (soit le déficit budgétaire de la Sécurité sociale en 2009). (Source Le Point du 26/02/2009 – N°1902)

    Une somme estimée à 7 300 milliards de dollars (5 412 milliards d’euros) est dissimulée dans les paradis fiscaux du monde entier par des sociétés et de riches particuliers qui placent ainsi leurs opérations à l’abri, en diminuant la pression fiscale. (Source CHALLENGES du 04/04/2009)

    La moitié du commerce mondial transiterait par les paradis fiscaux et quelque 11 000 milliards de dollars (7 300 milliards d’euros) y seraient encore abrités, selon la Plate-Forme paradis fiscaux et judiciaires, qui regroupe des organisations non gouvernementales (ONG) et des associations comme Transparence international France. (source LE MONDE ECONOMIE du 30/11/2009)

    A noter la différence entre ces 3 chiffres : 10 000, 7 300 et 11 000 milliards de dollars !

    Pendant plusieurs décennies, les grandes puissances économiques ont fait preuve d’une extrême tolérance à l’égard des paradis fiscaux. Certaines, comme le Royaume-Uni, les ont même laissé prospérer sous leur pavillon, en Europe et dans les Caraïbes. Ce temps est révolu.
    Pour la première fois, sous le choc de la plus grave crise financière qu’ait connue le monde depuis soixante ans, les chefs d’Etat et de gouvernement partagent la volonté de mettre fin aux dérives des paradis fiscaux.
    Ces « zones grises » de la finance privent, en effet, les nations d’une part substantielle de leurs recettes fiscales, à un moment où l’effort de relance de l’économie mondiale assèche les finances publiques.
    Le manque à gagner fiscal est estimé à 100 milliards de dollars par an pour les Etats-Unis, à 30 milliards d’euros pour l’Allemagne et autour de 20 milliards d’euros pour le Royaume-Uni et la France.
    (Les « zones grises » en 9 questions – Source LE MONDE du 24 03 2009)

    La transparence passerait aussi par le contrôle des sociétés privées organisant les flux financiers, telles la Société de télécommunication financière Swift, basée en Belgique, ou la chambre de compensation internationale Clearstream, basée au Luxembourg, dont les activités occultes ont été décrites par le journaliste Denis Robert dans ses livres.

    1. Et encore, on ne sait pas tout : tout est bien organisé pour. C’est pour ça que les appréciations ne restent que des appréciations…
      Tant que les paradis fiscaux existeront, nous ne sortirons pas de l’ornière mais au contraire nous y enfoncerons. Les paradis fiscaux sont « la charnière » de la finance de l’ombre et de la honte : le point de non retour de la « civilisation » occidentale.

  10. Salut Moi,

    Je ne reviens pas sur mon commentaire d’hier soir qui était une boutade, vous l’aurez compris. J’en profite pour attirer votre attention sur un sujet annexe et passionnant : le lien, et les différences, entre risque, incertitude et profit. La référence est la thèse de Frank Knight (1910 je crois).

    Le blabla sur l’asymétrie d’information dit en réalité la même chose que la transparence. Concrètement, l’hypothèse dont j’ai besoin pour étayer c’est que certains clients, s’ils estiment que certaines banques sont plus sûres que d’autres, ou d’autres monnaies meilleures que d’autres, aient les moyens de distinguer le bon grain de l’ivraie. Ils n’est pas nécessaire qu’ils acquièrent eux-mêmes cette information, ils peuvent « sous-traiter » cela à des gens plus spécialisés : auditeurs, agences de notation, changeurs de monnaie etc. Il y a plusieurs moyens de savoir si une banque est plus ou moins bien gérée, ET (très important) il est dans l’intérêt des banques de le faire savoir et d’en apporter la preuve. C’est ainsi qu’elles peuvent attirer les clients. Si vous voulez me faire dire que l’information est complète, gratuite, instantanée, parfaite : ça n’est pas ce que je dis. Cette hypothèse serait bien trop forte – elle est fausse, tout simplement – et superflue pour établir le lien entre garantie des dépôts et comportement bancaire.

    Vous avez raison sur les histoires de bilan. Par définition, la liquidation ne permet pas de rembourser tout le monde : du c’était le cas, il n’y aurait pas besoin de rembourser tout le monde. Ce que je dis, c’est que les premiers à subir une perte sont les actionnaires, puis éventuellement les obligataires, les créanciers, et enfin seulement les déposants. Je n’ai pas connaissance d’un exemple de faillite bancaire où les déposants ont essuyé des pertes significatives. En revanche, il y a une multitude de cas où ils ont récupéré, un fine, l’intégralité de leur dépôt. Il n’empêche que le délai de liquidation est pénalisant, désagréable, tout ce qu’on veut. Il n’est pas étonnant que les déposants « aiment » l’idée d’une garantie des dépôts. C’est typiquement une mesure très populaire, dont les effets pervers sont massifs et incompris, hélas !

    J’essaie dans ce échange de démontrer que ses avantages supposés sont largement surestimés, et que ses inconvénients sont bien réels. Je n’essaie pas de démontrer que les marchés sont parfaits et transparents, etc.

    Cdt,
    GSF

    1. @GSF: « Concrètement, l’hypothèse dont j’ai besoin pour étayer c’est que certains clients, s’ils estiment que certaines banques sont plus sûres que d’autres, ou d’autres monnaies meilleures que d’autres, aient les moyens de distinguer le bon grain de l’ivraie.  »

      Les clients n’en ont pas les moyens, en pratique comme en théorie. Sous-traitance ou pas. La banque elle-même ne sait pas le risque qu’elle encourt, si elle est solide ou pas, etc. Tout ce que l’on peut avoir c’est une approximation plus ou moins fondée du risque encouru. Dans le meilleur des cas, on pourra supposer que telle banque est plus solide que telle autre, mais rien de plus. En théorie comme en pratique, rien n’empêchera qu’une banque supposée solide grâce à des indices objectifs fasse faillite alors qu’une autre qui était supposée plus fragile restera bien portante. Cette imprévisibilité est irréductible et par conséquent le client ne choisira jamais sa banque en pleine connaissance de cause. Même s’il désire une banque ultra-sûre, il ne peut jamais être certain que ce sera le cas sauf à simplement mettre son argent dans un coffre-fort qu’il aura loué à la banque (et encore, même ainsi, un cambriolage est possible et l’assurance de la banque faire défaut sans que cela puisse être prédictible).

      « ET (très important) il est dans l’intérêt des banques de le faire savoir et d’en apporter la preuve »

      Il va de soi que toutes les banques voudront faire savoir qu’elles sont sûres. D’où la falsification des preuves (légales et illégales) qui s’ensuit. C’est déjà le cas actuellement (et il en a toujours été ainsi). Vous n’éviterez pas que les sous-traitants tombent parfois dans le panneau ou même soient de mèche. Mais comme je l’ai dit, même en supposant une honnêteté absolue de tous les acteurs, le risque n’est pas quantifiable avec exactitude.

      « Si vous voulez me faire dire que l’information est complète, gratuite, instantanée, parfaite : ça n’est pas ce que je dis. »

      Si vous dites que l’information est incomplète et imparfaite, ce qui sera effectivement toujours le cas, vous dites aussi que le risque n’est pas quantifiable parfaitement et donc que le client ne sait jamais avec certitude le risque qu’il va encourir en choisissant une banque. Plus grave: le client va payer pour une information incomplète et surtout va payer un prix qui n’est pas en correspondance avec le risque réel de la banque (par exemple: un client va avoir des intérêts très faibles sur son dépôt parce que la banque est qualifiée de très sûre alors que la banque se révélera moins sûre qu’une autre qui offrait un meilleur rendement parce que qualifiée de plus risquée).

      « Je n’ai pas connaissance d’un exemple de faillite bancaire où les déposants ont essuyé des pertes significatives. »

      Il n’y a sous nos contrées plus de cas pareils depuis des lustres. Lorsque la perte est trop élevée pour les déposants, l’Etat intervient et intervenait déjà avant la mise en place de la garantie des dépôts. Car c’est la confiance dans le système bancaire et sa stabilité qui sont en jeu.

      « Il n’empêche que le délai de liquidation est pénalisant, désagréable, tout ce qu’on veut. Il n’est pas étonnant que les déposants « aiment » l’idée d’une garantie des dépôts. »

      Le délai n’intervient pas vraiment dans la préférence. Même lorsque la garantie intervient, il faut quelques mois avant le remboursement des dépôts. C’est l’incertitude de recouvrer son dépôt qui prime dans la préférence du client. Ce dernier n’a pas envie de faire le prêt de son bas de laine ou un investissement (même si c’est ce qu’il fait en réalité).

      « Je n’essaie pas de démontrer que les marchés sont parfaits et transparents, etc. »

      Néanmoins, vous continuez à faire dans votre argumentation comme si les marchés étaient parfaits et transparents. D’où mon insistance à vous rappelez qu’ils ne le sont pas.
      L’aléa moral supposé des garanties de dépôts repose sur l’hypothèse de la transparence du marché. Autrement dit, si le marché n’est pas transparent, enlever la garantie ne provoquera aucune incitation, elle créera juste pour le déposant un risque supplémentaire inutile.

      Mutatis mutandis, le débat est le même sur la libéralisation des marchés. On nous a vendu l’ouverture à la concurrence comme la panacée pour faire baisser les prix et améliorer la qualité des produits. Or on constate l’inverse, les prix augmentent et la qualité a diminué. Le problème dans le raisonnement étant qu’on a supposé un marché transparent, à concurrence libre et parfaite, ce qui n’existe pas. On a donc enlevé un garde-fou étatique et l’incitation positive que devait provoquer spontanément le marché n’est jamais arrivée pour le remplacer. Deux solutions: 1) on admet que les prémisses du raisonnement étaient fausses et on change de cap.
      2) on n’admet pas que les prémisses du raisonnement étaient fausses et on accuse l’insuffisance de libéralisation du marché (« la saignée n’était pas assez forte, augmentons-la » disaient les médecins d’une certaine époque, juste avant de tuer le patient).

    2. @ Moi

      J’écris : « Concrètement, l’hypothèse dont j’ai besoin pour étayer c’est que CERTAINS clients, s’ils estiment que certaines banques sont plus sûres que d’autres, ou d’autres monnaies meilleures que d’autres, aient les moyens de distinguer le bon grain de l’ivraie. »

      Vous répondez : « Les clients n’en ont pas les moyens, en pratique comme en théorie. Sous-traitance ou pas. La banque elle-même ne sait pas le risque qu’elle encourt, si elle est solide ou pas, etc. »

      Vous faites l’erreur inverse de celle que vous reprochez aux néoclassiques. Ils font des hypothèses irréalistes sur la perfection du marché, et ils en déduisent que c’est le paradis sur Wall Street (en réalité peu d’économistes tiennent une telle position, mais c’est la caricature qui importe ici). Vous faites des hypothèses tout aussi irréalistes sur les imperfections du marché, pour en tirer des conclusions fausses également.

      « The situation seems here to be that before we can explain why people commit mistakes, we must first explain why they should ever be right. »
      (Hayek, Economics and knowledge, 1936)

      On ne pourra pas discuter des asymétries d’information si vous tenez une position aussi extrême, et m’attribuez des hypothèses qui ne sont pas les miennes. Je ne dis pas que les gens ne se trompent jamais, et vous ne devriez pas postuler que les gens se trompent toujours.

      Bon WE !
      GSF

    3. @GSF: « Vous faites des hypothèses tout aussi irréalistes sur les imperfections du marché, pour en tirer des conclusions fausses également. »

      Il n’y a pas 100 possibilités:

      1) Le marché est parfait et le risque peut être calculé exactement.
      2) Le marché est imparfait et le risque ne peut pas être calculé exactement.

      Et j’ajoute: même en cas de marché parfait, le risque n’est pas calculable exactement car la sensibilité aux conditions de départ du calcul est trop forte (c’est ce que disent les scientifiques pour le calcul des trajectoires de planètes, alors vous pensez bien que c’est au minimum valable pour un système aussi instable que le système financier).

      « Je ne dis pas que les gens ne se trompent jamais, et vous ne devriez pas postuler que les gens se trompent toujours. »

      Je n’ai pas dit que les gens se trompent toujours. J’ai dit que même en cas de marché parfait (ce qui est loin d’être le cas) le risque n’est pas calculable avec exactitude et donc qu’il y aura PARFOIS des erreurs (on ne sait pas avec quelle fréquence). Ce qui détruit toute votre argumentation sur le libre choix. Il ne peut y avoir libre choix du client s’il n’est pas certain du calcul qu’il fait. Ce n’est plus un libre choix, c’est un pari (plus ou moins raisonnable). Autrement dit, vous voulez faire en sorte que les déposants soient comme des investisseurs en bourse lorsqu’ils mettront leur argent en banque. Il y aura des banques bons pères de famille (qui sont révéleront parfois du type Lehmann Brothers), des banques subprime, etc. Il y aura des paniques bancaires comme il y a des krach en bourse, des bulles sur certaines banques à la mode, etc.
      Pas sûr que ce soit ce que les gens veulent… 🙂

    4. @ Moi

      D’où sort cette histoire de « calculer le risque exactement » ? Quand vous prenez votre voiture, est-ce que vous calculez le risque d’avoir un accident ? On pourrait parler de la distinction entre risque et incertitude mais c’est hors sujet amha.

      Ce qu’il faut pour qu’on puisse avoir une conversation sur la garantie des dépôts, c’est que j’accepte de voir où les gens peuvent se tromper (ce que je fais bien volontiers), et que vous acceptiez de vous demander comment ils peuvent éviter les erreurs, par leurs propres moyens ou en s’appuyant sur d’autres, en apprenant, en copiant ce qui marche etc. (ce que vous avez du mal à faire).

      Tant que vous rejetez point par point toute possibilité d’éviter les erreurs, votre position est très confortable : puisque les gens ne peuvent pas ne pas se tromper, et qu’ils ne peuvent pas reconnaître les bonnes monnaies et les bonnes banques, la garantie des dépôts est indispensable. Notez que même là, la conclusion n’est pas évidente :

      Prenez le cas des pièces de monnaie. Imaginez que des producteurs privés fabriquent des pièces en argent, et que ces pièces soient contrefaites. Les contrefaçons sont si bien imitées qu’il est pratiquement impossible de les distinguer des vraies. Pourquoi accepterais-je une telle pièce de monnaie ? La première fois, c’est évident : je me ferai avoir. Mais ensuite ? Une fois que JE SAIS QUE JE NE SAIS PAS : je peux refuser les pièces de ce type, en me disant « il y a un risque que ce soit de la fausse monnaie, je n’ai aucun moyen de le savoir, donc je demande à être payé autrement ».

      Ce petit exemple rejoint ce que j’écris plus haut, et la maxime de Hayek. Demandez-vous comment les gens peuvent éviter les erreurs. Vous trouverez sûrement quelques idées. Nous sommes des milliards à nous poser la même question. Nous trouverons encore plus d’idées !

      GSF

    5. « Quand vous prenez votre voiture, est-ce que vous calculez le risque d’avoir un accident ?  »

      C’est pourquoi une assurance contre les accidents est obligatoire.
      Peut-être proposez-vous juste une garantie des dépôts privatisée?

      « Les contrefaçons sont si bien imitées qu’il est pratiquement impossible de les distinguer des vraies. Pourquoi accepterais-je une telle pièce de monnaie ? »

      Il n’y a pas ici de « pratiquement impossible », c’est possible ou impossible.
      S’il est impossible de les distinguer des vraies, vous ne saurez jamais qu’elles sont fausses et vous continuerez à les utiliser comme des vraies. Si l’on découvre qu’elles sont fausses, c’est qu’il n’est pas impossible de les distinguer.
      Si vous avez un doute sur une pièce ou un billet (les éléments de sécurité sont invérifiables), vous avez le droit de les refuser. De fait, cela arrive.

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