L’actualité de la crise : LES MÉGABANQUES, LEURS MEILLEURS ENNEMIS, par François Leclerc

Billet invité

Peut-on revenir sur notre promesse de ne pas parler de Davos ? Sans regret oui, car perdu dans le nombre, un petit débat sans importance auquel Gary Cohn participait y incite. Mais de qui s’agit-il ? Du numéro 2 de Goldman Sachs, moins médiatique que Lloyd Blankfein qui fait si souvent parler de lui, et sans doute pas autant habitué des micros.

Croyant bien faire – s’écartant semble-t-il du texte écrit de son intervention – Gary Cohn pensait avoir trouvé l’argument décisif pour contrer tout durcissement de la régulation des banques, lorsqu’elles sont considérées comme trop importantes pour faire faillite en raison de leur risque systémique. En fin connaisseur d’un monde que sa banque finance, il a mis en garde contre l’adoption de mesures supplémentaires en raison de leur dangerosité. Elles auraient comme effet, a-t-il expliqué, de pousser vers le monde opaque et non régulé des hedge funds les opérations financières les plus risquées. Un argument non sans fondement, il est vrai, à condition de ne pas l’utiliser pour justifier moins de contraintes pour les banques.

Pour enfoncer le clou, Gary Cohn en est venu à déclarer : « Ce qui me préoccupe le plus, alors qu’en ce moment le pendule de la régulation oscille, c’est qu’il faudra la prochaine fois sauver les activités non régulées avec l’argent des contribuables, comme il a fallu le faire pour les banques, et qu’elles ne seront pas nécessairement en mesure de rembourser ».

L’argument n’était pas nouveau et d’autres représentants des mégabanques l’avaient déjà utilisé, mais c’était dans une enceinte moins propice aux polémiques. Richard Baker, le président de la Manager Funds Association, la plus importante des organisations regroupant les hedge funds, n’a donc pas tardé à répliquer, en visant entre les deux yeux les banques : « la dernière crise financière a été causée par des établissements qui ne savaient pas comment adéquatement gérer le risque et utilisaient de trop forts effets de levier ; et je m’inquiète de savoir si, au cas où une nouvelle crise interviendrait, elle n’aurait pas comme origine les mêmes établissements qui n’ont pas tiré les leçons des erreurs du passé. »

Les loups se dévorent entre eux ! « Jusqu’à il y a dix-huit mois, Goldman était le plus grand hedge fund du monde ! », a fait remarquer dans les couloirs de Davos un autre représentant de la profession, faisant référence à la taille de la banque et l’importance de ses activités sur fonds propres d’avant la loi Dodd-Frank. Depuis, de nombreux hedge funds ont été créés par d’anciens cadres de la banque qui l’ont quittée, dans des conditions que l’on ignore.

Plus policé dans la forme et discret dans ses interventions, l’Institut International de la Finance (IIF) vient de faire savoir par la bouche du Pdg de la Société Générale, Frédéric Oudéa, qu’il ne souhaitait pas que la liste des établissements considérés comme « systémiquement importants » soit rendue publique. Celle-ci doit être établie conjointement par le Comité de Bâle et le Conseil de Stabilité Financière (FSB) pour juin prochain. En cas de publication, il a averti que « cela aura tendance à les différencier aux yeux du marché » et pourra « intensifier le problème du too big to fail » (trop gros pour faire faillite).

L’idée défendue est que les mégabanques de la liste seront de facto dotées d’une garantie des Etats, les incitant à prendre plus de risques, mais est-il un seul instant vraisemblable de penser que ne pas publier la liste permettra de prévenir ce risque ? Car le contenu de cette liste d’une trentaine de mégabanques s’impose de lui-même, à moins que cette confidentialité ne soit un prétexte pour en écarter certains établissements qui devraient y figurer et n’auraient ainsi pas à supporter les contraintes afférantes ? La discrétion bancaire, décidément, n’est jamais un vain mot ; les arguties non plus, quand il s’agit de défendre les affaires.

Nout Wellink, le président du Comité de Bâle – en charge de la définition du nouveau cadre réglementaire des banques – n’était pas à Davos, mais en Afrique du Sud. Il a rappelé la procédure d’établissement de la liste : chaque pays devra d’abord déterminer la sienne, aux fins de concertation ultérieure avec le Comité de Bâle et le FSB. Nul doute, dans ces conditions, que la transparence dont il est fait si grand cas dès que l’on aborde les questions financières sera au rendez-vous. Viendra ensuite le moment de définir le contenu de la boîte à outils destinée à diminuer le risque, les mégabanques voulant éviter des surcharges supplémentaires en capital et en matière de liquidité, au prétexte que cela nuirait au financement de l’économie (diminuerait la rentabilité du capital, faut-il plutôt comprendre).

Le prochain grand épisode de la régulation financière n’est pas encore écrit, même si son dénouement ne laisse que peu de place au doute. Car d’autres mesures moins douloureuses sont parallèlement étudiées, notamment l’obligation de rédiger des sortes de « testaments » destinés aux régulateurs et permettant à ceux-ci de démanteler en cas de besoin une mégabanque afin d’éviter la contagion (à condition, comme l’épisode Lehman Brothers l’a montré, d’en avoir le temps…).

Enfin, les experts font assaut de créativité pour trouver des formules qui éviteraient à la fois la chute libre du système financier et la nationalisation des pertes, qui a été retenue pour le tour actuel. A cette occasion, on sent à nouveau se répandre le discret et enivrant parfum des obligations hybrides contingentes, en espérant que les régulateurs d’un côté, les investisseurs de l’autre, pourront favoriser leur éclosion. Une hypothèse qui n’est pas à exclure, et qui revient à bâtir un nouveau château de cartes.

Faute de mieux, la prévention du risque systémique repose sur l’hypothétique renforcement de chacune des composantes du système, étant supposé que le renforcement des fonds propres et de la liquidité doit y pourvoir. Cette piste est la seule envisagée : mieux vaut pour les principaux concernés blinder les structures plutôt que d’interdire ou strictement réguler les instruments financiers porteurs de risques, deux options impensables.

A tort présenté comme une panacée, le niveau de renforcement des fonds propres fait toutefois débat. Une étude réalisée par des experts de la Bank of England considère en effet que le ratio optimum fonds propres/engagements devrait être plus du double de celui qui a été décidé pour Bâle III. Ils estiment que celui-ci devrait se situer dans une fourchette de 16 à 20%, alors que la nouvelle réglementation prévoit 7%. Ce serait la mort des petits et surtout des grands métiers, tels qu’ils sont pratiqués.

Une toute récente décision du FASB, l’organisme chargé de définir les normes comptables aux Etats-Unis, est heureusement venue mettre du baume au cœur de la profession. Tout en confortant ceux qui sont convaincus que le système bancaire a planqué sous le tapis beaucoup de ses pertes, et veut continuer à faire ainsi. L’Association américaine des banquiers (ABA) l’a en effet emporté, les banques ne seront pas contraintes à valoriser au prix du marché les prêts qu’elles ont consenti, le FASB venant de décider d’abandonner ses intentions initiales. L’ABA s’en est félicitée, selon un communiqué qui déclare « C’est un virage dans la bonne direction et une rupture bienvenue par rapport à la volonté du FASB d’étendre la comptabilité à la juste valeur à presque tous les instruments financiers ».

On croyait avoir tout vu et tout entendu, mais ce n’est pas fini. Une dernière étape concernant les mégabanques reste donc encore à atteindre, avant d’aborder la dernière ligne droite, celle qui mènera à l’homogénéisation des dispositions prises des deux côtés de l’Atlantique. Se vérifiera alors la loi qui veut que dans un système complexe, c’est la partie la moins performante qui détermine la performance de l’ensemble.

Fort de ses succès, le système financier peut dans le contexte actuel s’estimer proche de la victoire. Les événements ont toutefois montré qu’il savait être son meilleur ennemi…

Dans l’immédiat, la surprise est venue de John Vickers, ancien membre de la Bank of England et président de la Commission bancaire indépendante nommée par David Cameron, le premier ministre britannique. A l’occasion d’un discours devant la London Business School, et dans l’attente du rapport de la Commission, il a envisagé la nécessité de séparer les activités de banque d’investissement et de banque de dépôt, afin de prévenir une nouvelle crise financière majeure.

Une telle réforme de structure est défendue au gouvernement par le secrétaire d’Etat au Commerce, le libéral-démocrate Vince Cable, tandis que HSBC et Barclays, qui seraient atteintes, agitent vigoureusement la menace de se délocaliser en Asie chaque fois que la mesure est évoquée. Le discours de David Cameron à Davos, défendant les bienfaits de la dérégulation, laisse toutefois difficilement augurer de l’adoption d’une telle mise en cause du modèle de la banque universelle qui associe les deux métiers au nom de l’étalement des risques. Pour appeler les choses par leur nom, la possibilité d’amortir les pertes enregistrées par la banque d’affaires avec les résultats de la banque de dépôt…

PS: Difficile d’écrire sur les finasseries des mégabanques alors que les rues du Caire, d’Alexandrie et de Suez, après celles de Tunis et de Sfax, retentissent d’une même clameur.

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151 réflexions sur « L’actualité de la crise : LES MÉGABANQUES, LEURS MEILLEURS ENNEMIS, par François Leclerc »

  1. Nout Wellink, le président du Comité de Bâle – en charge de la définition du nouveau cadre réglementaire des banques – n’était pas à Davos, mais en Afrique du Sud.

    …serait-il il est en train de préparer le sommet BRICA 2011 ?

    Comme à Davos on y attend en fevrier là aussi les “Financial institutions”, “Corporate and private investors” et autres “Decision makers from public and private sector”.

    Aurons nous droit à la grand messe médiatique pour celui-ci? Perso j’ai un doute…

  2. bravo pour la qualité des articles de Mr Leclerc qui sont toujours, toujours, toujours très intéressants.
    Pour les autres auteurs la qualité est moindre car moins factuels.On peut avoir parfois le sentiment de se perdre dans des débats intellecto intellectuels qui ne servent qu à se gargariser chacune, chacun.
    A suivre….

  3. Dimanche 30 janvier 2011 :

    Soudan : manifestations pour réclamer le départ du gouvernement.

    Des manifestations pour réclamer la démission du gouvernement soudanais ont eu lieu dimanche en divers endroits de Khartoum et la police a procédé à des arrestations d’étudiants dans le centre de la capitale du Soudan, ont rapporté des témoins.

    «Des dizaines de policiers se sont mis à tabasser les étudiants à coups de matraques sur la place Jackson», a déclaré l’un de ces manifestants, Mohamed Salah, à Reuters. «Certains ont été arrêtés.»

    La police anti-émeutes a tiré des grenades lacrymogènes et encerclé des étudiants dans au moins deux universités de la capitale, a rapporté un journaliste de Reuters.

    (Dépêche Reuters)

    1. Terre brûlée version Mubarak: les pillages continuent au Caire, la police est confinée dans ses casernes avec ordre de ne pas intervenir (vus en habits dans leurs baraquements par un journaliste BBC), des forces spéciales tirent sur la foule ici et là et les prisons ont été ouvertes et semblent-il des armes distribuées.
      Alors que les pillages se concentrent sur un temple de la consommation des riches comme le Carrefour de Maadi au Caire, on parle de nombreux morts à l’intérieur mais personne n’ose s’y rendre. On installe près de Tahrir des hôpitaux de fortune dans les mosquées. Les hôpitaux ont accueilli depuis vendredi au moins 150 morts et 4000 blessés et on parle de dizaines de viols selon le directeur de l’administration des hôpitaux. A la question pourquoi les ambulances ne se rendent pas sur les lieux, il répond il y a 2 problèmes: 1) c’est “la sécurité” qui donne l’ordre aux ambulances de se rendre quelque part, et pas les médecins (même problème donc que l’absence d’envoi des pompiers vers les bâtiments en flamme ici et là depuis vendredi); 2) depuis vendredi on a trouvé que plusieurs ambulances étaient remplies de miliciens en civil avec des armes qui tirent au hasard sur les gens (même chose en Tunisie il y a peu).
      Une ONG sur place annonce qu’elle va déposer plainte et prévient les policiers de ne pas participer aux exactions sous peine de poursuites futures ayant recu des documents montrant que les US ont refusé une demande égyptienne de gaz/munitions etc et peut-être forces supplémentaires, tandis que les israéliens auraient envoyé 3 hélicoptères de ces produits.
      Les autorités ont fermé le bureau d’al Jazeera au Caire et retiré les cartes professionnelles des journalistes.
      Pour ceux qui n’ont pas al Jazeera (arabe ou anglais), le Guardian est le plus crédible
      http://www.guardian.co.uk/news/blog/2011/jan/30/egypt-protests-live-updates
      Il semble aussi que les autorités rassemblent les frères musulmans dans des prisons spéciales et qu’ensuite on tire sur les prisonniers ou on y met le feu. Hier 35 personnages importants des FM ont été rassemblés dans une prison au nord du Caire, amenés de toutes les prisons où ils étaient, et à l’aube des balles ont été entendues et le feu a pris la prison. Ils sont sortis pour certains, d’autres sont blessés, et ils expliquent maintenant sur al Jazeera qu’ils se sont enfuis “sans même l’avoir décidé mais pour sauver leur peau”, et qu’ils appellent les Egyptiens à ne pas commettre de pillage et à continuer leurs efforts pour faire tomber le régime. Les autorités qu’ils ont vu pendant leur transport et là où ils ont été amené (une direction dépendant du ministère de l’intérieur) hier semblaient déconcernées et disaient ne pas savoir quels étaient les ordres. Une dizaine de membres du bureau directeur des FM et responsables locaux sont maintenant libres et attendent de savoir ce qu’ils doivent faire (ils précisent qu’ils ne se sont pas enfuis, qu’ils ne souhaitent pas fuir ni de la prison ni de leurs responsabilités).
      Le problème d’un pays où tout le pouvoir est dans les mains du président et des services secrets devient clair: il n’y a que le haut de la pyramide qui est organisé. Le reste vit dans un état de semi-anarchie et de soumission.

  4. Dimanche 30 janvier 2011 :

    8h55.

    Décrochage des bourses arabes dimanche matin à l’ouverture : Dubaï perd plus de 6%, Abou Dhabi près de 4% durant les premiers échanges, plus de 2% de perte à Koweit.

    Liberation.fr

  5. Au fond, la liste des TBTF est certainement impossible à établir.
    Car les risques systémiques sont trop nombreux.
    Nous sommes en pleine crise systémique, car c’est le fonctionnement de la monnaie qui est ce risque systémique lui-même.
    Même sauvées, les mégabanques listées ou non continuent de détenir des créances pourries.
    Les créances sont pourries, car les dettes ne sont plus remboursables pour un nombre croissant d’acteurs.
    La pratique actuelle des banques centrales cherche tout simplement à gagner du temps. Comme je l’ai déjà souvent rappelé, nous vivons une époque un peu bizarre depuis le début de la crise systémique que l’on peut sûrement situer au début de la crise japonaise.
    On s’est aperçu au Japon qu’un effondrement systémique peut être différé en émettant toujours autant de monnaie nouvelle que nécessaire pour tenter de boucher le trou noir du refinancement.
    On observe que les créanciers se contentent manifestement de la monnaie de singe ainsi émise et qu’ils en font un usage non-monétaire. En effet, l’essentiel de la monnaie centrale émise ne circule pas et n’est pas disponible pour des crédits, car elle n’est pas disponible aux guichets des banques. Cette situation des liquidités gelées est sans doute nouvelle au sens où elle concerne désormais l’ensemble des grandes économies du monde. Et personne n’a envie que ces liquidités s’injectent trop massivement et en même temps, car cela serait l’hyperinflation garantie.
    On observe donc un ralentissement extrême de la circulation monétaire, et celle-ci est compensée par un arrosage en monnaie liquide, désormais permanent malgré les dénégations acrobatiques de la BCE.
    Parce que les intérêts des crédits continuent de s’ajouter aux sommes dues, les défauts de paiement et le surendettement continuera à croître, cette situation forcera toujours les banques centrales à émettre encore de la monnaie nouvelle.
    Si on émettait une monnaie non thésaurisable, la monnaie et le crédit ne pourraient plus exiger des intérêts, et le désendettement s’enclencherait aussitôt. Cette sortie en douceur me semble plus efficace que la douloureuse voie des restructurations des dettes, toujours insuffisante.

    1. Et si, Johannes, il était possible de construire une vie tranquille, pépère, peinarde, sans avoir BESOIN de s’inquiéter de la “fonte” de son capital et avoir le réflexe de devoir chercher des TAUX D’INTERET de plus en plus élevés…???

      Réflexion de ma femme ce matin en regardant notre vieux lave-vaiselle : “tu te rends compte : on construisait du solide, dans le temps…”

      Tu proposes une société d’hyper-consommation, je VEUX une société d’hyper-distribution.
      Et que cette distribution permette à un humain d’envisager l’avenir de façon assez sereine, sans trop se soucier de l’argent, devenu TROP nécessaire dans la vie.

    2. La machine à faire de la dette en panne, les dettes insolvables s’accroissant, les liquidités distribuées par les banques centrales alimentent une spéculation financière destinée à rééquilibrer progressivement le bilans des banques, aux accommodements comptables près.

      En fermer le robinet n’est toujours pas envisageable pour les banques centrales, en dépit du danger inflationniste qu’elles peuvent induire en se répandant par porosité dans l’économie réelle.

      Dans l’immédiat, ce sont d’autres phénomènes inflationnistes interviennent. Dans les pays émergents, où les afflux de capitaux à la recherche de meilleurs rendements perturbent la parité des monnaies et l’économie. Dans le monde entier, en raison de la hausse des commodities, à cause du refuge financier que celles-ci représentent, et de leurs conséquences dans les prix à la consommation.

      Une particularité de la situation est la menace simultanée des deux dangers que représentent la déflation et de l’inflation, ainsi que l’étroitesse de la ligne de crête qui les sépare, signe du profond dérèglement du système financier.

      En Europe, la solution préconisée n’est pas fonctionnelle : planquer la dette privée sous le tapis et résorber la dette publique à toute allure. Les Américains restent arc-boutés sur la ligne de défense que représente le statut du dollar, afin de ne pas y procéder. Les Japonais, également à la tête d’une dette publique colossale, sont toujours à la recherche d’une introuvable discipline budgétaire.

      Dans tous les cas, il n’y a pas d’accommodements possibles, mais seulement des fuites en avant, assorties d’échappatoires sans avenir.

    3. Je vais répondre à ces deux réactions:

      1) jf à Yvan:
      Non, vous faites erreur, ce que je propose n’implique aucune hyperconsommation. Bien au contraire! Quand la monnaie ne peut être refuge pour former des trésors et pour entraver l’échange, les individus vont, au contraire, se “réfugier” dans des biens les plus durables possibles, afin de se protéger du mieux qu’ils peuvent. Cela aura pour effet de conduire à des saturations généralisées des marchés, et la seule solution intéressante pour l’individu, quand il aura suffisamment de ce qu’il souhaite avoir, sera la réduction de son activité et de son travail. Car il ne pourra plus obtenir les intérêts de son capital, personne ne sera là pour gaver les rentiers, la redistribution des biens sera meilleure, mais la consommation globale plutôt stabilisée, voire en recul sur la situation actuelle où le surtravail ne fait que gaver les plus riches. La contrainte à la croissance économique aura disparu dans les pays développés, et elle s’arrêtera dans le reste du monde au fur et à mesure que la prospérité s’étendra, grâce à cette nouvelle monnaie.

      2)jf à François Leclerc:
      Je suis tout à fait d’accord avec vos remarques.
      J’ai simplement fait observer que si les banques centrales émettaient une monnaie différente, un signe monétaire marqué par le temps, il n’y aurait plus besoin d’en rajouter toujours davantage de monnaie nouvelle, plus besoin de nourrir la spéculation que vous pointez.
      De plus, les dettes non recouvrables deviendraient à nouveau solvables, car la nouvelle monnaie (le SMT) viendrait irriguer toute l’économie immédiatement: les créanciers ne pourraient plus se retirer ni spéculer en raison du risque lié au marquage du temps. Ils seraient amenés à chercher des placements et des investissements non spéculatifs, les seuls encore susceptibles de les “protéger” un tant soit peu de l’inéluctable “fonte”. L’argent irait vers le développement durable, la meilleure façon de sécuriser ses biens quand la thésaurisation aura disparu. Dès lors, l’activité reprendra et le chômage reculera pour tous ceux qui doivent travailler rembourser leurs dettes. Ceux qui estiment avoir assez, et puisqu’ils ne peuvent plus s'”enrichir en dormant”, vont ralentir leurs activités, et cela sera un “bien” du point de vue écologique. La contrainte à la croissance généralisée aura totalement disparu.
      Le résultat sera une sécurisation de l’épargne, car les insolvabilités disparaîtront. Bien entendu, le rendement attendu du capital sera moindre, mais c’est peu compte tenu du fait que les défauts de paiement ne seront plus. C’est aussi peu si on songe que la crise systémique ne sera plus.

    4. @ Johannes
      Vous êtes « épatant » comme disait Dutourd 😉

      Vous reconnaissez que nous sommes dans une situation d’insolvabilité (en fait de surendettement généralisé, tous acteurs confondus : ménages, entreprises, états), mais vous proposez une « solution » technique comme s’il s’agissait d’un simple problème de liquidités. En fait vous reprennez à votre compte les croyances magiques monétaristes : « Ah si seulement la monnaie circulait, tout serait réglé ! ».

      « Quand la monnaie ne peut être refuge pour former des trésors et pour entraver l’échange, les individus vont, au contraire, se « réfugier » dans des biens les plus durables possibles, afin de se protéger du mieux qu’ils peuvent. »

      Je le crois aussi. Mais, dans la situation actuelle où les actifs sont concentrés dans un petit nombre de mains, cela alimenterait encore plus la spéculation entre riches et pour les riches. Et donc renchérir encore plus le coût de la vie dont les démunis sont les premières victimes. De plus cela n’améliorerait pas en soi la solvabilité de ceux qui sont déjà surendettés : par quel tour de magie deviendraient-ils solvables, les intérêts sur les contrats existants seraient-ils revus autoritairement à la baisse, les salaires revus autoritairement à la hausse … ?

      Le SMT serait peut-être utile, mais uniquement après avoir opéré une redistribution, après avoir comblé le gouffre entre « ceux qui ont trop d’argent à ne savoir qu’en faire sauf à spéculer » et « ceux qui ont trop de dettes ». Votre solution purement technique n’en est pas une.

      « Il suivait son idée. C’était une idée fixe, et il était surpris de ne pas avancer. » Jacques Prévert

  6. Dimanche 30 janvier 2011 :

    Egypte : les Bourses du Golfe plongent.

    Plusieurs Bourses arabes du Golfe plongeaient dimanche, avec une baisse de plus de 6% à Dubaï, dans la foulée des tensions en Egypte, secouée par une contestation populaire sans précédent contre le régime.

    A la Bourse de Dubaï, l’indice DFM a chuté de 6,7% à 1.505,62 points, peu après l’ouverture à 06H00 GMT, selon le site internet de la Bourse.

    Après une heure de cotations, l’indice était encore en baisse de 6,27%.

    Le géant immobilier, Emaar Properties, titre vedette de la Bourse de Dubaï, perdait à l’ouverture 10%, le seuil maximum autorisé par les régulations du marché.

    Emaar Properties, qui a construit Burj Khalifa, la tour la plus haute monde, compte plusieurs projets en Egypte.

    Pour sa part, la compagnie aérienne Air Arabia de Charjah, l’un des sept membres de la fédération des Emirats arabes unis, plongeait de près de 10%. Ce transporteur à bas prix a un hub en Egypte.

    D’autres marchés du Golfe étaient également en chute.

    La Bourse d’Abou Dhabi perdait 3,74% à 2.559,89 points durant les premiers échanges.
    Le titre du géant des télécommunications Etisalat, qui opère en Egypte par le biais d’Etisalat Misr, perdait 3,35%.

    A Koweït, la Bourse, le deuxième marché arabe après l’Arabie saoudite, perdait aussi 2,14% à 6.795,6 points.

    La Bourse du Qatar a ouvert sur une baisse de plus de 5%.

    Le marché saoudien, le plus important du monde arabe, avait cédé 6,43% et clôturé à 6.267,22 points samedi, au premier jour de cotations de la semaine dans le royaume saoudien. Dimanche, il ouvre plus tard dans la journée.

    “Une exposition directe à la violence en Egypte est un problème pour certaines compagnies saoudiennes qui ont pris des participations dans des firmes égyptiennes”, a indiqué dimanche le bureau de conseil, Jadwa Investment, dans un communiqué.

    L’Egypte est en proie depuis mardi à un mouvement de contestation populaire sans précédent contre le régime du président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 30 ans. Au moins 102 personnes, dont 33 samedi, ont été tuées depuis le début de ces manifestations, selon des sources de sécurité et médicales.

    Boursorama

  7. La restructuration de la dette grecque a l’air d’être toujours étudiée ..

    “”Das Vorhaben orientiert sich am “Brady-Plan“ des ehemaligen US-Finanzministers Nicholas Brady, der Lateinamerika in den 80er-Jahren vor dem Bankrott rettete, berichtet die griechische Zeitung “To Vima“ unter Berufung auf einen hochrangigen Banker. ” = qq lignes tirées d’un article de ” Die Welt”

    Le journal grec ” To Vima” parle d’un plan analogue auu Plan Nicolas BRADY, qui avait été mis en oeuvre dans les années 80 pour Amérique Latine ..

    A force, ça a l’air sérieux .. non ?,

  8. Dimanche 30 janvier 2011 :

    11h10 : Les Etats-Unis proposent de rapatrier leurs ressortissants.

    L’ambassade des Etats-Unis a proposé dimanche d’organiser à partir de lundi l’évacuation vers l’Europe des Américains souhaitant quitter l’Egypte.

    «L’ambassade des Etats-Unis au Caire informe les citoyens américains en Egypte désireux de partir que le département d’Etat est en train de prendre des dispositions pour fournir des moyens de transport jusqu’à des lieux sûrs en Europe», écrit l’ambassade dans un communiqué.

    Ces vols commenceront à partir de lundi, ajoute-t-elle, en soulignant que cette évacuation se fait sur une base volontaire.

    Plus tôt, la chaîne Al Arabia avait annoncé que Washington allait inviter ses ressortissants à quitter l’Egytpte au plus vite.

    20minutes.fr

  9. Dernières nouvelles à 16h concernant l’Egypte :
    La manifestation cet après-midi a commencé plus tardivement, du fait des enterrements aujourd’hui des morts (plus de 150, selon al Jazeera).
    Mohamed El Baradei a été chargé par plusieurs organisations d’opposants et les Frères Musulmans d’entrer en contact avec l’armée et le gouvernement pour organiser la transition.
    Le mouvement du 06 avril appelle à une grève générale illimitée à partir d’aujourd’hui.
    Le dernier fournisseur internet, Noor, celui des grosses entreprises et de la bourse du Caire vient de s’interrompre.
    Plus de 20 000 manifestants sur la place Tahrir au Caire.

  10. La secrétaire d’État – jeannette Bougrab a été convoquée dimanche à Matignon, après avoir évoqué l’usure du président égyptien et appelé à son départ. Elle précise qu’il ne s’agissait pas de la position officielle de la France.

    Brave jeannette Bougrab. Les soutiens au peuple egyptien insurgé sont réjouissants mais honte à ce Mélenchon qui affirme qu’une secrétaire d’état ne devrait pas critiquer un chef d’état étranger et qu’avec lui cette secrétaire d’état aurait été virée dans l’heure. Les propos rapportés ne sont pas tout a fait exacts mais l’esprit certainement. Nous comprenions l’attitude Mélenchon quant il s’était agit de la Chine rappellant l’attachement du peuple chinois au Tibet mais le cas présent est tout a fait différent le peuple égyptien ne veut pas de son Rais.

  11. @ k abouli : en effet, les propos rapportés ne sont pas tt à fait exacts .
    Si l’on admet que JDD bon journal (sic !), la phrase complète est :

    “”En s’exprimant ainsi, Jeannette Bougrab va plus loin que le Premier ministre et même que Nicolas Sarkozy, qui a publié un communiqué commun avec David Cameron et Angela Merkel. Dès dimanche matin sur Europe 1, Manuel Valls et Jean-Luc Mélenchon ne se sont pas privés de dénoncer le faux pas. Pour le premier, “il y a un président, il y a un Premier ministre, il y a une diplomatie, c’est à eux de s’exprimer”.
    Jean-Luc Mélenchon s’est montré plus sévère. “Le militant que je suis dit à Moubarak ‘dégage!’; si j’étais le président de la République, je me garderais bien de tenir un tel discours à l’égard d’un autre peuple souverain et libre” , a avancé le président du Parti de gauche, qui a promis que si l’un de ses ministres s’exprimait de la sorte, “alors là, il prendrait la porte deux secondes après!” Même Alain Minc, conseiller du président de la République, a critiqué l’attitude de Jeannette Bougrab sur RadioJ. “Il faut qu’elle apprenne le métier qui est désormais le sien (…) et donc en l’occurrence à ne pas faire une déclaration comme ça”, a sermonné le “visiteur du soir” de Nicolas Sarkozy. “”

    Donc JLM sait bien faire “des dédoublements de personnalité ” : une casquette de militant, une casquette de ” grand chef politique” ..
    Par ailleurs, une boutade :
    ” Avant de devenir ministre, un politicien devrait faire un stage …. de SOUMISSION vis à vis des 2 ” Big chiefs” que sont le Pdt de Républik et le 1st Minister ..
    Obéissance ! sinon pas ” la carotte de ministre” Boutade ?,
    Mais bien sûr la ” solidarité gouvernementale ”

    Mr Ollier a t il été éduqué par MAM, son épouse ??

    1. je remarque que vous avez bien raison de souligner que seuls mes propos n’étaient pas tout a fait exacts, je puis en tirer la conclusion que le sens l’est pourtant bien . Où Mélenchon a-t-il vu un peuple souverain libre et souverain ?..malgré tout .la logique de Mélenchon est absurbe parce qu’elle laisse supposer que la politique est indépendante de la justice et de la raison.
      Les américains et les européens pourraient eux aussi invoquer l’argument que la politique ne se fait pas avec de bons sentiments pour justifier qu’ils continuent de renvoyer dos à dos le dictateur et le peuple qu’il fusille. Aujourd’hui il est notoire que nous assistons en Egypte à l’enterrement hypocrite de la démocratie dans ce pays par les oligarchies américaines et européennes sous le prétexte d’un danger islamiste qui en fait ne menace non pas la démocratie mais tout simplement les intérêts pétroliers de l’occident ..
      Les médias occidentaux préparent le monde à une répression militaire en Egypte qu’ils comptent aider de tous les moyens dont ils disposent et dont le principal et le plus évident est les nouvelles médiatiques soigneusement sélectionnées.
      Il n’est pas certain que cela sera suffisant pour arrêter un peuple qui tente de se trouver des dirigeants à son image.
      Les prisons s’ouvrent et l’on voudraient nous faire croire qu’elles ne contenaient que des islamistes et des criminels endurcis et qu’ainsi Moubarak était justifié. Les prisons justifient un régime alors qu’elles l’accusent.

  12. Dimanche 30 janvier 2011 :

    15h05 :

    «Situation insurrectionnelle».

    L’ambassadeur français en Egypte a déclaré à BFM TV que «la situation» était «insurrectionnelle» dans le pays.

    S’il n’y a pas eu d’ordre d’évacuation donné par la France, l’ambassadeur recommande la plus grande «prudence» aux ressortissants français et leur demande de respecter le couvre-feu.

    20minutes.fr

    1. “Force les mensonges d’entre camarades.
      Détruis les liens forgés dans la guerre dans le mensonge.
      Détruis les vérités accommodantes pour continuer la guerre
      dans la paix.
      (…)
      Celui qui change le sens des mots prépare des massacres.
      La paix c’est d’appeler un chat un chat.”

      L. Grisel. Publie.net

  13. Très bon article qui analyse le pas de deux actuel de la diplomatie américaine :
    http://www.slateafrique.com/177/diplomatie-americaine-moyen-orient-egypte-tunisie-israel

    Je suis très ‘intéressé’ par l’hypothèse 3, l’hypothèse 1 n’étant pas à mon sens ‘plausible’.

    D’abord parce que la ‘faiblesse’ du régime face à une montée de l’islamisme est très hypothétique. Ensuite, parce que les Frères musulmans, aujourd’hui comme en avril 2008, n’ont pas participé aux mouvements. S’ils ont appelé à y participer cette fois, c’est bien pour ne pas rater le train et le prendre … 4 jours après. Qu’ils soient en ’embuscade’, c’est possible mais cela ne date pas d’hier.
    De sorte que pour cette hypothèse, les américains auraient eu largement le temps de ‘gérer’ une transition du régime face aux islamistes, notamment en imposant au Raïs de renoncer à proposer la candidature de son fils, véritable provocation, y compris aux yeux des militaires.
    Et imposer ce que Moubarak a finalement fait : une vice-présidence ‘incarnée’ par Omar Souleimane, par ailleurs formé par les américains :
    “Très peu de journalistes et de politiques Occidentaux savent qu’il a reçu, par la suite, une formation réservée à l’élite de l’armée américaine, à la US Army John F. Kennedy Special Warfare School and Center, à Fort Bragg. C’est de cette époque que datent ses rapports professionnels privilégiés avec les services de renseignements et les militaires américains.”
    http://gruzelle.blog.fr/2011/01/29/egypte-le-general-omar-souleimane-prend-les-commandes-la-diplomatie-francaise-se-montre-prudente-les-manifestations-de-rues-se-poursuivent-en-tun-10462216/
    Si un plan pour le ‘Grand moyen-orient’ avait vraiment été esquissé autrement que les grandes lignes d’un ‘schock and awave’ d’un Bush, par ailleurs désastreux en Irak, une ‘transition’ plus ‘organisée’ se serait mise en place.
    En lieu et place, fureur et improvisations.

    Concernant l’hypothèse 2, elle est plausible, vu les réactions antagonistes parfois américaines. Il est possible aussi qu’n ‘plan’ ait pu avoir été prévu et que l’insurrection tunisienne, puis son ‘extension’ en Egypte ait pu surprendre les américains dans la mise en oeuvre de leurs plans.
    Néanmoins, la thèse du hasard ne tient pas bien la route, notamment provenant de l’Elysée, qui veut ainsi faire oublier son attentisme démesuré quant à la Tunisie, quand Obama en profitait pour surjouer le rôle du ‘bon américain’ défendant les droits des peuples à s’auto-déterminer, lançant ainsi une pierre dans le jardin français.
    Certaines réactions américaines sont surprenantes, connaissant le passé relatif aux deux pays, notamment en termes d’appui militaire. Ainsi, les USA ont refusé aux autorités égyptiennes des gaz et des munitions, tandis que ce fut 3 hélicoptères … israéliens qui livrèrent les égyptiens.

    D’où l’hypothèse 3 : mettre la pression sur Israël, qui, avec son premier ministre, n’a pas hésité à braver la position de son protecteur concernant les colonies et leur gel. Car si l’Egypte ‘tombe’ (du moins le régime actuel), même sans les Frères musulmans, il apparaît assez clair qu’un autre régime (hors d’un régime militaire) politique n’aura évidemment pas les mêmes relations avec Israël que ce que peut entretenir comme relation Moubarak avec celui-ci.
    Si on tient compte du fait que le Liban, qui est aussi à ses portes, vient de se donner un premier ministre provenant du Hezbollah, un changement en Egypte ‘radical’ (démocratie ou régime islamiste) finaliserait alors la hantise des israélien depuis 1967 : l’encerclement (pour peu qu’en Jordanie aussi, les manifestations ne débouchent sur quelque chose d’autre que de ‘simples manifestations’).

    Car le plus gros revers d’Obama en politique étrangère n’est pas l’Afghanistan, ni même Guantanamo mais il réside bien dans le proche-orient, concernant la Palestine.
    Qu’il réussisse sur ce sujet à ‘forcer la main’ aux israéliens quant à des négociations, voir à aboutir, et tous ses échecs seront oubliés.
    Les révélations récentes concernant les négociation de paix ont accéléré cette nécessité, en prouvant qu’il y a bien un partenaire pour la paix (contrairement à ce que dit et redit Netanyahou depuis lurette).
    http://www.rue89.com/node/187065

    Reste à savoir quelle solution choisiront les américains.
    Ils en ont les moyens, en rappelant récemment que ‘pour l’instant’, l’aide militaire n’était pas remise en cause.
    La nomination de Souleimane est une étape, tardive.
    Mais elle ne résoudra pas l’équation et les américains, comme les israéliens le savent, sauf à vouloir jouer un va-tout très risqué en cette région d’un bain de sang.
    DE fait, il semble leur rester deux solutions :
    – un coup d’état ‘à la Nasser’, d’officiers intermédiaires (un junte militaire ‘populaire’ et nationaliste),
    – Mohamed El Baradei, pour une option démocratique, intégrant les Frères musulmans.
    La dernière option, à priori, ne devrait pas plaire aux faucons israéliens, qui ‘rêvent’ de bombarder l’Iran.
    Mais, justement, cette option devrait plutôt, dans le cas de l’hypothèse 3, plaire aux américains.
    Stratégiquement. Et politiquement.

    Reste à gérer ‘la transition’, qu’Obama appelle de ses voeux, ‘en bon ordre’.
    http://www.europe1.fr/International/Egypte-une-transition-en-bon-ordre-Obama-393005/

    1. Effectivement en cas de défaut de l Egypte c est la Syrie qui pourrait devenir l allié le plus précieux des Israéliens, et croyons qu ils auront la capacité de leur tenir tête mieux que les Egyptiens. Haaretz envisageait la possibilité hier. Or justement en ce moment les US font tout pour gagner les faveurs syriennes, et ils y ont remis un ambassadeur depuis un mois. Mais en échange, ils souhaitent voir les Syriens renoncer à l accord de défense mutuelle avec l’Iran.

    2. @Zébu,

      J’ai posté sur un autre fil une dépêche du Figaro relative à ce sujet. Par ailleurs, les USA demandent un rapatriement de leurs ressortissants. Je ne suis pas rassuré du tout, car ils se préparent donc à toute éventualité. L’option folle d’une opération purement militaire, sous pression d’Israel, avec maintien de Moubarak, n’est pas à écarter. C’est celle qu’aurait chois Bush sans hésiter. Obama, lui, hésite, ce qui est un progrès. Le lobby des faucons Israelo-américain (car y’a-t-il encore lieu de distinguer entre ces 2 pays?), pris de vitesse en Tunisie, est à l’oeuvre. Sans autre perspective que de figer la situation pendant quelques mois tout au plus.

    3. @ Jeanne :
      Pas gagné gagné la Syrie alliée d’Israël.
      Va falloir lâcher le Golan …
      Je ne vois pas pourquoi la Syrie irait sur cette galère, sans biscuits la concernant au premier degré.

  14. @Zébu: pourquoi dites-vous que le premier ministre libanais provient du Hezbollah? Il est sunnite et un ancien du parti de Hariri que je sache.

    La question est aussi, point de vue marchés financiers: est-ce que le Qatar ne joue pas un peu gros dans son pari contre l’Egypte (via al Jazeera). BA pourrait-il nous expliquer ?

    1. Quant au Qatar, voici un bref rappel des ‘rapports’ avec l’Egypte (où on y parle de Souleimane) :
      http://www.gnet.tn/revue-de-presse-internationale/qatar/egypte-ni-accord-ni-rupture/id-menu-957.html
      L’interdiction d’Al Jazeera est donc ‘logique’.
      Mais Qatar a la main semble-t-il : il organisera la prochaine coupe du monde de foot (et celle de handball) !

      Je ne suis pas loin de penser que les US ‘utilise’ Qatar dans son ‘reformatage’ du Grand moyen-orient, si tant est qu’ils aient une ‘vision’ de ce reformatage …

    2. @ Jeanne :
      Ouch …
      ‘provenant du Hezbollah’, effectivement.
      Mes excuses, donc.
      J’aurais dû effectivement préciser son origine politique et le fait qu’il doit sa nomination au soutien que le Hezbollah et le parti de Wallid Joumblat lui ont apporté. Et qu’il n’a pas renié. Ce qui signifie, en ces terres libanaises, qu’il a accepté l’origine du pouvoir qui l’a fait, adoubement consacré par Damas.
      Bref, effectivement, il ne provient pas du ‘parti de Dieu’ mais en accepte néanmoins son empreinte (ce qui n’est pas identique mais n’est reste pas moins signifiant politiquement).
      La ‘rupture’ politique du front nord, formé un temps par le Liban et la Syrie, lui-même associé à un pacte avec le front ouest (Iran), n’a duré qu’un temps bref pour les israéliens et les américains.
      Il semblerait que les américains en aient pris acte.
      Et en aient tiré les conclusions qui s’imposent, pour Mme Clinton : comme elle ne peut pas modifier l’intransigeance israélienne sur la question des colonies (et sur d’autres, en fait, sur toutes les autres) et qu’elle ne peut pas non plus aller au ‘fight’ avec son allié (rapport au lobby israélien à Washington), elle a décidé … de laisser faire.
      Au Liban (bien qu’elle n’ait plus la main en ce pays, si tant est qu’elle ne l’ait jamais vraiment eu).
      Mais surtout en Egypte.
      En faisant surtout croire qu’elle y est pour quelque chose.
      Ce qui n’est apparemment pas le cas.
      Jusqu’à preuve du contraire.
      Sauf que concernant le Liban, Mme Clinton déclare que ‘c’est aux libanais de définir leur avenir’.
      Et prend ça dans les dents.
      Mesquine, la Clinton …

    3. M’enfin, buse de buse, Zébu, tu as lu sa fiche sur wikipedia ou ailleurs ? Ce n’est pas un politicien professionnel mais un businessman, et il a déjà assumé le gouvernement après l’assassinat de Hariri, donc arrête d’agiter l’épouvantail Hezbollah ! Les partisans tout aussi fanatisés de Saad Hariri (politicien médiocre dont le seul slogan est “votez pour moi car je suis millionnaire et je possède des chapines de télé et radio Orient en France”) sont d’ailleurs descendus dans la rue brûler des pneus et attaquer l’équipe tv d’al jazeera avant même la nomination de Mikati, dont on attendait pas la nomination si tôt semble-t-il car il y avait des pourparlers que la violence dans la rue a rendu urgent d’achever.

      Dernières nouvelles d’Egypt: selon certains milieux de renseignements US (cités tjrs par al jazeera), le putch mililtaire doux a déjà eu lieu en Egypt mais le vieux fait comme si de rien était. C’est ce que je disais vendredi dans mon post où j’expliquais que c’est par un coup de théâtre c’était Mubarak qui était apparu à la télé au lieu du président du parlement.

      L’armée sur place dit ne pas avoir de nouvelles du gouvernement, et elle construit un mur d’un mètre autour de Tahrir (pour protéger les gens et empêcher les forces spéciales d’attaquer).
      ca y est au moment où j’écris, un type de l’armée annonce en direct que l’armée considère que les revendications du peuple sont légitimes. pour mémoire, le nouveau gouvernement était assez dans la panade cet après-midi: lire cette déclaration du ministre des finances, relevée sur le site de la bbc:
      Egypt’s new Finance Minister, Samir Radwan, tells the Reuters news agency that he has a “national mission at a very critical time”. “So far there have been no instructions given to me from the president, there are no decisions regarding economic policies, it is still too early to do or say anything,” he adds.

    4. @ Jeannette :
      Eh, la jeanne, ‘la buse de buse’, tu me la refais pas, sinon, sinon je vais t’envoyer paître les marguerites dans tes champs, entiendo ? 🙂
      Je persiste et signe. Et c’est d’ailleurs ce que disent tous les éditorialistes.
      Le revirement des druzes de Walid Joumblatt, qui faisaient partis de la coalition en sont partis, pour s’allier avec le Hezbollah. D’où nomination d’un sunnite, mais ‘ami personnel’ d’Al HAssad.
      Syrie. Hezbollah. Tout ça …
      Réfutation ?
      Sinon, pour l’Egypte, le ‘coup d’état’ en interne militaire, c’était pas du tout cuit, il y a deux jours. Mais apparemment, les choses se décantent.
      Attendre la confirmation.

    5. @ (A)-bu-zé : envoie mes amitiés aux éditorialistes, les marguerites ont plus d’intelligence. Le Hezbollah va être super content de savoir qu’un milliardaire de chez Forbes avec un doctorat de Harvard est membre chez eux.

    6. @ Jeanette :
      As-tu vu ‘The Godfather’ ?
      Si oui, tu connais la signification de ‘pantin’ ?
      Sais-tu, par exemple, que le dit premier ministre, est actionnaire majoritaire du journal ‘Al aKhbar’ ?
      Pas un journal franchement hostile au hezb …
      http://www.lefigaro.fr/international/2011/01/25/01003-20110125ARTFIG00770-au-liban-un-premier-ministre-pour-eviter-le-chaos.php
      Et ce n’est pas sa ‘dotation’ au think tank ICG qui y change grand chose : il a été élu par les députés du hezb et les druzes, a accepté cette nomination et Saad Hariri refuse de le voir.

      Il est là pour temporiser. Cause le tribunal international.
      Je contacte un ami au Liban et je pose la question. On verra bien.

    7. Hariri s’est décridibilisé en passant son temps à se soumettre aux injonctions de Washington et de Paris. Il n’y a qu’à voir les Guignols libanais sur LBC qui montrent Hariri et son gouvernement dansant et chantant dans les avions qui les amènent aller-retour en permanence…

      Voir aussi:
      http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/01/28/97001-20110128FILWWW00368-liban-les-sunnites-divises.php

      Mikati est un homme providentiel comme Hariri le fut en son temps. Les Chrétiens aussi sont divisés au Liban: les phalangistes avec Hariri et les amis de Michel Aoun avec le Hezbollah.

      Si Mikati est un pantin, cela voudrait dire que le politique prime sur la finance, or si tu lis ce blog tu sais bien que ce n’est pas le cas.

    8. @ Jeanne :
      “Si Mikati est un pantin, cela voudrait dire que le politique prime sur la finance, or si tu lis ce blog tu sais bien que ce n’est pas le cas.”

      Ben non. Dans ‘Le parrain’, justement, le ‘politique’ n’empêche pas le fric. Et vice versa.

      Le Liban a toujours été ‘parrainé’.

      Je ne vois pas en quoi la situation actuelle est modifiée.

      Hormis que les parrains ‘changent’.

      Comme dans la mafia.

      Mikati, selon moi, dans tout ceci, c’est la figure de l’avocat, de l’avoué, de l’homme d’affaire.
      De quelque bord que l’on soit, on en a besoin, pour les apparences.
      Mais le vrai pouvoir ne réside pas en cette figure.

  15. En prévision du bras cassé… Amortir les pertes des banques d’affaires avec les résultats des banques de dépôt. Ils sont tombés sur la tête. L’apocalypse est vraiment pour décembre 2012. Les Mayas sont trop forts!

  16. Ce qui aussi intéressant c’est de se poser des questions sur l’attitude de l’armée égyptienne dont on peut penser que traditionnellement humiliée par des défaites retentissantes face à Israël elle pourrait se venger sur son propre peuple. Ce fut le cas de la France lors de la Commune.
    On peut aussi penser que cette armée bien qu’entièrement équipée par l’Amérique est néanmoins une armée comptant de nombreux appelés qui pourraien t basculer si le peuple accentuait sa pression. Le rôle des islamistes sera certainement fondamental: choisiront-ils l’option insurrectionnel ou mais plus probablement l’option d’élections démocratiques qui présente plus de garanties. Cependant si leur soutien permettrait un relâchement de la pression populaire, elle accentuera la pression sur Israël
    La révolution russe elle aussi commença sans les bolcheviks mais ils ne tardèrent pas a y tenir un rôle central.
    L’attitude occidentale est qu’elle est complètement surprise par cette insurrection et procède par replâtrages. Dans l’immédiat seul un statut quo genre dictature militaire éclairée serait satisfaisante mais reporterait simplement les problèmes tout en donnant du temps pour se préparer à un affrontement futur, le peuple égyptien peut aussi tenter de précipiter les choses en débauchant l’armée. Maintenir une armée d’appellés au contact d’une population se radicalisant est une option très dangereuse pour ses promoteurs.

  17. “Ce qui est triste, c’est qu’un nombre écrasant d’Egyptiens supporte les islamistes fondamentalistes”, déplore-t-il avant de souligner l’absence de “mouvement politique important et organisé” en dehors des Frères musulmans.”
    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/01/31/israel-redoute-les-freres-musulmans_1472886_3218.html#xtor=RSS-3208

    Ce qui est triste surtout, c’est le niveau actuel des éditorialistes israéliens, notamment de Haaretz, pourtant grand journal s’il en est.
    Ce qui est triste, pourrions-nous dire en réponse, c’est qu’un nombre écrasant d’israéliens supporte les juifs orthodoxes et un likoud xénophobe et colonialiste. Et de souligner l’absence de mouvement politique important et organisé en dehors de ce type d’orientation (Kadima et le parti travailliste ne sont que des variantes d’un même ‘programme’).

    Ce qui est navrant, c’est que tous ces éditorialistes soutenaient peu ou prou Moubarak et son régime, contre toute alternative, contre les Frères musulmans, qu’ils auront sans doute quand même, à cause du soutien à ce régime.

    Ce qui est délirant, c’est que ces éditorialistes qui envisagent maintenant El Baradei comme ‘troisième voie’ oublient combien il fut conspué par le gouvernement israélien et parfois ces mêmes éditorialistes, comme homme de main des iraniens.

    Ce qui est révélateur de la myopie de ces éditorialistes, c’est de ne même pas percevoir (ou ne pas oser le révéler) que ‘l’absence’ des américains n’est pas forcément une faiblesse : il ne leur viendrait évidemment pas à l’esprit qu’Obama puisse reprendre la main du jeu qu’ils considéraient gérer, ad vitaem aeternam.
    Que d’un coup ils découvrent une réalité bien différente de ce qu’ils projetaient, à savoir un ‘splendide’ isolement, comme en 1967.

    Ce qui est hallucinant, de la part d’Haaretz, c’est d’imaginer un seul instant que la Syrie pourrait devenir une alliée, sans même parler du plateau du Golan.
    Ou faire un parallèle entre l’Egypte et la bande Gaza, en rêvant à voix haute que les gazaouis se saisissent d’internet et entament une protestation face au Hamas, pourtant élu démocratiquement en 2006 (ce que le quotidien se garde bien de rappeler).

    Et d’imaginer, seule option ‘optimiste’, une version ‘Disneyland’ d’un Grand moyen-orient où comme par magie, les haines recuites des pays arabes et de leurs peuples disparaîtraient à la seule apparition de la démocratie, sortie de la gangue des régimes qu’ils ont contribué à soutenir. Et qu’ils appelent encore à soutenir, au nom de la sacro-sainte ‘stabilité’.

    J’espère qu’en Israël, les éditorialistes ne représentent pas les israéliens.
    Sinon, cela signifierait qu’Israël s’est transformé en vaste parc d’attraction, où Mickey l’israélien et Donald le syrien vivent ensemble et heureux, sous le regard enfin bienveillant de l’Oncle (sam) picsou.

    Ce serait définitivement bien ‘triste’. A pleurer.
    Car pendant que les éditorialistes israéliens s’attristent du sort futur des égyptiens, ceux-ci pleurent leurs morts et crient ‘dehors !’.

    1. Sur ce blog même il me semble que cette hypothèse a été rejeté en son temps…. C’est du moins ce que j’avais compris à l’époque c’est à dire lorsque la crise a eu lieu et ou les états avaient été appelés pour renflouer les caisses des pauvres banquiers.

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