L’actualité de la crise : VAILLANTS COST-KILLERS, par François Leclerc

Billet invité.

Dans le monde des affaires, on appelle cost-killers les managers rompus à l’exercice qui consiste à faire tomber les têtes, sauf la leur, se forgeant ainsi une flatteuse mais usurpée réputation d’excellent gestionnaire.

Le parallèle s’imposant, les chefs d’Etat et de gouvernement européens méritent-ils une autre étiquette, qui n’ont comme réponse à la crise que la réduction des déficits publics, et comme arme favorite les coupes budgétaires ? Revendiquant une stratégie – n’ayant ce nom que par défaut – dont la vanité montre au fil des semaines et de leurs reculades combien ils sont dans les faits démunis, se cramponnant au déni et espérant s’en tirer ainsi. Ne voulant pas reconnaître les vrais contours de la crise pour ne pas avoir à tailler dans un autre vif.

Ils s’accrochent néanmoins à une ligne de conduite, dont ils ne dérogent pas. Celle de régler avec l’argent public l’addition présentée par un système financier dont la chute libre a été stoppée, mais pas son dérapage qui plus sournoisement se poursuit. Ayant malencontreusement oublié combien les déficits budgétaires contre lesquels ils montent à l’assaut avec tant de vaillance doivent à une crise financière évacuée, passée aux profits des uns et aux pertes des autres.

Les gouvernements européens appliquent tous cette même politique, avec des variantes et selon des décalages dans le calendrier. Inscrivant leurs plans respectifs dans une unique perspective : l’amoindrissement du rôle de l’Etat et la poursuite de l’extension de la financiarisation. Un total paradoxe si l’on considère ce qui vient d’intervenir et se poursuit, mais qu’importe !

Après tout, aux Etats-Unis, pourtant aux premières loges de la crise, le Tea party movement et la droite républicaine ne tirent-ils pas comme leçon de la crise que l’Etat en est le responsable et qu’il faut le réduire à la portion congrue ? Faisant des saisies de millions de maisons et du chômage, des pertes des fonds de pension ainsi que tout ce qui reste à venir, les victimes d’un Etat responsables de tout avec ses complices les banques voraces ? Ce n’est plus un contresens, c’est une totale falsification.

Que viennent de réclamer au gouvernement grec les contrôleurs de la mission conjointe de l’Union européenne et du FMI ? Que d’ici 2015 la Grèce privatise massivement pour combler sa dette et sortir de la crise : 50 milliards d’euros d’ici 2015, dont 15 milliards d’ici 2013, au lieu des 7 milliards initialement annoncés. Ils reconnaissaient pourtant que le gouvernement est dans les clous du plan adopté mais anticipent des difficultés supplémentaires liées aux coûts des futurs emprunts, anticipant le refus de toute restructuration de dette.

Que vient de déclarer dans les colonnes du Telegraph le ministre de la justice britannique, Jenneth Clarke, en parlant de l’impact du plan d’austérité gouvernemental ? « Je ne pense pas que les classes moyennes aient bien réalisé l’ampleur du problème, c’est une des raisons pour lesquelles nous allons être confrontés à des difficultés politiques (…) Cela va émerger quand l’effet des coupes budgétaires va commencer à se faire sentir dans les foyers cette année ».

Que vient de craindre publiquement le polonais Janusz Lewandowski, commissaire européen au budget ? Le pacte de compétitivité franco-allemand ne doit pas mener à « une Europe à deux vitesses  », a-t-il dit, en ajoutant : « Nous ne devons pas tolérer, après avoir été intégrés, d’être à nouveau exclus parce que la zone euro construit une sorte d’Union européenne intérieure ».

En évoquant la création d’une « cinquième protection » (pour ne pas dire branche) de la Sécurité sociale, afin de prendre en charge la dépendance, que Nicolas Sarkozy a-t-il en tête qui évoque prudemment à la télévision la possibilité d’avoir recours aux assurances privées, faisant valoir qu’il ne fallait pas l’écarter pour des « raisons idéologiques » ? Devant le Conseil économique, social et environnemental, il avait déjà tourné autour du pot : « pour la prise en charge de la dépendance, il nous faut sans doute inventer autre chose que le modèle traditionnel de couverture des risques par la Sécurité sociale ».

Par opposition et pour ne prendre que deux exemples, comment ne pas être frappé par la pugnacité des défenseurs des bonus des banquiers au Royaume-Uni, qui ont négocié pour conserver leur entière liberté un accord bidon avec David Cameron, le premier ministre, ou la décision de Nicolas Sarkozy de ne pas taxer la plus-value réalisée lors de la vente de la résidence principale en contrepartie de la suppression de l’impôt sur la fortune, bruyamment applaudie par les professionnels de l’immobilier ?

Comment également ne pas remarquer comment le financement du filet de protection social est menacé en France, après avoir été confié à des collectivités locales étranglées par l’insuffisance d’une dotation de l’Etat qui ne compense pas le transfert de charges ? Alors que nombre d’entre elles font face aux charges d’intérêt démentes d’emprunts toxiques et ne sont toujours pas parvenues à obtenir un soutien de l’Etat dans leurs renégociations avec les banques ?

Ainsi, les contours d’une nouvelle société sont progressivement dessinés, à grands traits dans les pays de la zone des tempêtes, ou plus esquissé dans celles qui n’y sont pas. Non seulement les inégalités sociales, à la racine de la crise, ne sont pas combattues, mais leur développement est à nouveau encouragé. Faisant de la crise elle-même un prétexte pour approfondir ce qui était avant entrepris, dans une logique d’enfermement financier qui déjà prévalait et en sort renouvelée.

Mais cette dynamique est d’une grande fragilité, menacée par de véritables bombes à retardement financières, aux Etats-Unis, au Japon ou en Europe. Le dérèglement a porté ses fruits au-delà de toute espérance et les tentatives timorées de revenir dessus, qui prétendent contenir la prochaine crise alors que l’actuelle n’est pas terminée, ne sont pas à la hauteur. Combien de temps les pauvres constructions idéologiques des riches vont-elles pouvoir tenir ?

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245 réflexions sur « L’actualité de la crise : VAILLANTS COST-KILLERS, par François Leclerc »

    1. Cette position intransigeante du FMI sur les privatisations en Grèce a bien entendu l’approbation de son Directeur…

    2. ce n’est pas « un pays » qui a fraudé les compte, ce sont certains dirigeants.
      sinon pourquoi se limiter à un pays et ne pas dire « l »union européenne a fraudé > pas de respect », ou « la race humaine a… » ?

    3. HP @
      ce n’est pas « un pays » qui a fraudé les compte, ce sont certains dirigeants.

      Désolé, c’est tout un pays qui en a profité. C’est un pays où la fraude est partout ! Etes-vous disposé à payer la dette d’un pays où certains ont acquis des biens supérieurs aux vôtres ? Où certains ont un revenu supérieur au vôtre ?

      « Tuez les tous, Dieu reconnaîtra le siens ! »
      Mais je ne doute pas que vous donnerez toutes vos économies d’une vie de labeur pour sauver la Grèce !

    4. Merci DSK ! DSK for président !

      Et au passage que soient aussi remerciés les Walls, Aubry et autres grands ténors du PS qui en se gardant de critiquer la politique vaillante et avant-gardiste du FMI apportent un précieux concours à l’œuvre visionnaire et magistrale de l’irremplaçable et génial DSK !!

    5. @HP & Albin

      Les évadés fiscaux grecs disposent de 600 milliards d’euros sur des comptes en Suisse – près de cinq fois le montant des crédits du Fonds monétaire international (FMI) accordés au pays surendetté.

      2011-02-13 Kathimerini – Grèce, Spielberg pour sauver la Grèce
      Le quotidien conservateur Kathimerini élabore un scénario pour le sauvetage de la Grèce : « Devons-nous nous réjouir que le labeur de nos compatriotes, manifestement acharnés au travail, atteigne des sommes mythiques, ou devrions-nous être tristes que cette fortune, de par l’énorme bureaucratie et l’impitoyable imposition du capital, ne se trouve plus là pour développer et aider le pays ? … On cherche déjà un réalisateur pour porter à l’écran le scénario évoqué : à savoir que cent des principaux épargnants ‘helvètophiles’ prêtent ensemble de l’argent à la Grèce, et donc à leur patrie, à un taux supérieur à celui des intérêts suisses mais inférieur à ceux du FMI et de nos contributeurs européens. C’est Steven Spielberg, spécialiste de la fiction, qui a le plus de chances. » (10.02.2011)

    6. On a les dirigeants qu’on mérite !!! exemple: Berlosconi le truand mafieux, est applaudi dans sont pays depuis des décennies, et ré-élu, les dirigeants Scandinaves sont 100% intègres, ou virés sur le champ….donc la Grèce a des mafieux à sa tête depuis des décennies, élus par les Grecs, si ils trichent pour eux, ils trichent aussi pour leur pays. Normal. Les dirigeants reflètent la population.

    7. Apparemment, il y en a qui n’ont pas perdu le nord ! le malheur des uns fait le bonheur des autres !
      Pour les banksters US, malhonnêteté est vertu ! le monde de l’envers, on vous dit !

      … »La banque reconnaît une seule chose : en même temps qu’elle conseillait le gouvernement grec, elle recommandait à ses clients (principalement des hedge funds) d’acheter du CDS (Credit default swap) grec. Qu’est ce qu’un CDS ? Un produit financier, une sorte d’assurance destinée à se prémunir contre la potentielle défaillance d’un Etat. Un bout de papier qui peut se révéler un titre hautement spéculatif. En clair, si Goldman Sachs conseille d’acheter du CDS, cela veut dire qu’elle anticipe une hausse du prix dudit CDS. Et donc qu’il y a un risque sur la Grèce. Pas très élégant, pour la première banque conseil d’Athènes. Le plus grave, c’est que Goldman Sachs est, à cette époque, un des très gros acteurs qui spéculent sur le marché du CDS contre la Grèce. En cheville avec le hedge fund américain Paulson. Celui-là même qui s’était enrichi lors de la crise des subprimes. «C’est une règle éthique de notre métier, assure un banquier européen, on ne peut pas à la fois être rémunéré pour aider un gouvernement et spéculer sur les CDS de la dette du pays. Et pourtant il semble bien que Goldman Sachs le fait.»
      http://www.liberation.fr/economie/0101620473-grece-goldman-prise-la-main-dans-le-sachs

    8. Merci DSK ! DSK for président !

      Et au passage que soient aussi remerciés les Walls, Aubry et autres grands ténors du PS qui en se gardant de critiquer la politique vaillante et avant-gardiste du FMI apportent un précieux concours à l’œuvre visionnaire et magistrale de l’irremplaçable et génial DSK !!

      oui, nous courons à la catastrophe ! le PS ayant définitivement perdu tout contact avec la réalité du Pays !
      quoiqu’il advienne, jamais ne voterai pour le FMIste ! tant pis ! advienne que pourra !
      à babord toute ! pour de bon !

  1. Une question subsidiaire serait : combien de temps les appareils répressifs tiendront-ils après la chute des constructions idéologiques des riches? Souvent dans dans l’histoire quand le roi est nu alors on tape pour faire taire les peuples…
    Espoir (et appréhension pour la suite certes) de voir les peuples arabes nous donner un magnifique exemple.
    Ici en France même une privatisation emblématique avait été tentée comme une sorte de test : l’Hôtel de la Marine… comment les arrêter? Réponse : indignation, résistance et la plus large union de tous contre l’oligarchie!
    Dernière question : DSK approuve t’ il ces propositions du FMI?

    1. Mais que sont les appareils répressifs de nos jours ?
      Quelle est la part, d’infantilisation des populations dans ce maintien de l’ordre ?
      L’idéologie de la démocratie, quand elle remplace un dictateur, n’est-elle pas une autre forme du maintien de l’ordre, et pas seulement depuis quelques semaines, mais aussi depuis quelques semaines ?

    2. Il faut lire, pour avoir une chance d’être compris :

      L’idéologie de la démocratie, quand elle remplace un dictateur, n’est-elle pas une autre forme du maintien de l’ordre, et pas seulement depuis quelques semaines, mais aussi depuis plus de deux siècles ?

    3. Quoi Marlowe regrette le Rouey !
      nous voilà bien !

      parti comme on est – plus ça va, plus on recule : pourquoi pas le retour du st empire romain germanique, qui aurait réussi à nous avaler tout cru, pendant qu’on y est !
      moderne, on vous dit !

  2. Nous sommes et seront responsable de notre destin en 2012, nous citoyens d’une grande démocratie, mais l’irréfléchi citoyen n’a qu’à mettre cette fois-ci le BON bulletin dans l’urne, elle reste la seule solution … si les SARKO, DSK et compagnie sont à nouveau aux commandes, IL NE FAUDRA PAS VENIR PLEURER ou DEVERSER TOUTE SA HAINE sur des blogs qui ne font pas vraiment avancer les choses, bien qu’une réflexion feutrée y soit menée.

    Ou alors, la rue, mais les esprits sont bien trop pétris dans leur individualisme et confort,virtuel . Peu d’espoir à mon sens.

    1. @bible : ah oui ? Fallait voter Ségolène ? Le Pen ? Besancenot ? Tous coupables, oui, c’est le principe du péché originel et contagieux, mais tous responsables : non ! Je n’ai pas demandé à ce que l’on casse tout ce qui régulait la finance. Je n’ai pas demandé que les états voient leurs ressources financières soumises au même régime que celles des ménages Duchmol et Tartampion ! Je n’ai pas demandé que les banques puissent battre monnaie en loucedé, sous couvert du crédit. Alors, de grâce, arrêtez avec la musique du « tous responsables » !!! Nous le sommes de l’avenir, c’est sûr, mais sûrement pas de ce passé qui a vu la ploutocratie prendre le pouvoir sur la planète sous la responsabilité de quelques uns !

    2. l’irréfléchi citoyen n’a qu’à mettre cette fois-ci le BON bulletin dans l’urne

      C’est lequel le BON bulletin?

    3. crapaud rouge:

      Alors vous avez « raison », supprimons le droit de vote. C’est sans doute mieux selon vous. A trop fumer je ne sais quoi, vous allez exploser Crapaud (rouge en plus !!! )

      Chris06:

      Prenez la peine de lire les programmes de ceux que les médias cherchent à vous imposer, et ce, sans avoir peur … Merci

    4. @chris06
      Melanchon donne des solutions alors que les autres pensent que tout va changer en faisant toujours la même politique. Qu’en pensez vous dans ce blog.

    5. Pas si simple, le problème c’est que le candidat dont nous avons besoin n’existe pas , mais nous pourrions commencer par exiger des élections permanentes c’est à dire des élections sursitaires .
      Tout élu une seule fois non renouvelable verrait son élection remise en question à l’épreuve des faits, par exemple deux fois par an .
      Les menteurs de compétition que nous avons actuellement auraient vite fait de dégager !

    6. à Crapaud Rouge,

      Quant à Marlowe il n’ a jamais demandé à vivre dans ce monde là.

      Heureusement tout s’accélère.

    7. Crapaud, nous avons une dette infinie envers notre Créateur, à cause du péché originel, c’est aussi une dette souveraine, nous ne pourrons jamais la rembourser, et pourtant l’histoire dure depuis des siècles et des siècles. Dur d’être un homme, mieux vaut être un batracien et rendre à Julien ce qui est à Alexandre !

    8. L’électeur.

      « (…) Il a voté hier, il votera demain, il votera toujours. Les moutons vont à l’abattoir. Ils ne se disent rien, eux, et ils n’espèrenr rien. Mais du moins ils ne votent pas pour le boucher qui les tuera, et pour le bourgeois qui les mangera.Plus bête que les bêtes, plus moutonnier que les moutons, l’électeur nomme son boucher et choisit son bourgeois.(…) »

      Octave Mirbeau. 1888.

    9. L’adulte ne croit pas au Père Noël, lui, il vote !

      Blague à part, et de façon réaliste j’focaliserais pas trop sur 2012…
      J’aimerais bien voir un candidat qui proposerait de casser l « Economie » (a.k.a. le gaspillage) dans lequel nous vivons, des propositions ‘révolutionnaires’, de véritables remises en question du ‘projet’ collectif…

      Mais j’y crois pas trop, l’argent sera là pour se défendre, faire jouer le débat sur les (mauvaises) questions, nous orienter avec des bêtises genre ‘vote utile’ (beau projet !).

      Ma perception de la dynamique du bordel à venir :
      L’écroulement viendra du haut,
      la solution du bas

      et pour finir, une bonne question :
      « au fait, pourquoi l’argent? »

    10. Et si on votais un peu plus pour des actes (les budgets) un peu moins pour des noms propres (qui votent pour nous pour des actes..)

    11. Tout élu une seule fois non renouvelable verrait son élection remise en question à l’épreuve des faits, par exemple deux fois par an .

      oui, il faut remettre du contrôle démocratique ; que les élus ne s’incrustent pas , y compris au Parlement …et que l’on puisse révoquer les présidents bonimentueurs et incompétents !

    12. votre article, extrait :

      .. »à Rome, continuatrice des Grecs, le système démocratique n’est pas parvenu à s’imposer. L’obstacle vint du pouvoir économique démesuré d’une *aristocratie latifundiste qui voyait dans la démocratie un ennemi direct… »

      *oligarchie des multinationales

      On s’y croirait !

  3. Maintenant qu’Axel Weber s’est désisté, l’intransigeance allemande en sera affectée et il est probable que les autres états membres de l’Union feront davantage entendre leur voix. La révolution égyptienne pourrait faire des émules parmi les dirigeants européens et les couloirs des instances communautaires sises à Bruxelles pourraient devenir autant de place Tahrir. D’ailleurs, le mouvement est en route. Alan Dukes en Irlande, comme rapporté par François dans un billet précédent, le gouvernement grec, signalé par Paul, sont les prémices d’un revirement d’attitudes inféodées.

    1. La donne risque d’être plus complexe en Allemagne: la perspective de la nomination de Weber à la BCE facilitait l’adoption par le Bundestag d’un renforcement du fonds de stabilité européen…

    2. Ce sont les marchés qui décident tout.
      Les marchés ne voulaient surtout pas de Weber, sa doctrine d’hyper stabilité et d’Euro fort aurait fait chuter les cours des bourses européennes et des matières premieres en Euro dont les spéculateurs se gavent grassement. De plus l’Allemagne n’avait rien à gagner d’un Euro fort (premier exportateur mondial en % du pib) et Weber empéchait Merkel de faire accepter son pacte de compétitivité. Plus il était en clash avec Trichet. Donc Weber est passé aux oubliettes.
      Le prochain président de la BCE ressemblera beaucoup plus à Bernanke qu’à Weber.

  4. Certes le tea party a une vision étriquée et très dangereuse des choses, mais il est le seul pôle un peu puissant aux USA qui préconise la mise sous clefs des banksters.

    Pour ce qui concerne l’Europe et la tolérance renouvelées pour les bonus des banquiers je pense que c’est très positif puisque la fureur du citoyen monte au diapason. Il faut que ça craque, le plus tôt sera le mieux.

    On a pu voir sur beaucoup de sites des gens évoquer, avec raison, le parrallélisme des événements de l’Egypte et des USA avec le Pologne/Urss de 1989. C’est effectivement bien vu, à la différence qu ‘à l’époque existait cet antagonisme « équilibrant  » des deux grandes puissances. Der Mauer une fois cassé, l’entrée de la Russie dans le jeu capitalistique global signifiait alors (cela a souvent été dit) laisser la bride sur le cou à l’impérialisme américain. On voit où on en est maintenant. Je me permets alors de reformuler cette comparaison ainsi :

    – La chute du mur fut l’épisode majeur (the trigger) de ce que nous vivons maintenant

    – Les événements suivants et actuels (dérégulation, bulles financières, banksters… soulèvements arabes) sont la continuation du processus.

    – Les conséquences, subordonnées à l’addition de paramètres peu rassurants (dettes hors controles, état social en fort recul, épuisement des ressources, gestion catastrophique de dirigeants maqués avec les banksters, populations furieuses parce qu’ au-courant de tout ceci, ruée sur le progès d’immenses populations jusqu’alors dans l’inconfort…) seront d’une telle force que ce qui a suivi en URSS en 1989 restera comme un aimable ajustement à l’échelle d’un continent.

    Et pendant ce temps un haut dirigeant de Goldman Sachs se profile pour reprendre le job de Strauss Kahn au FMI.

    Un avenir riant

    1. @ Mike. A propos du Tea Party :

      mais il est le seul pôle un peu puissant aux USA qui préconise la mise sous clefs des banksters.

      Le préconise-t-il vraiment ? Il ne parle que de tout libérer, de diminuer l’État! Comment un état croupion pourrait-il mettre les banquiers sous clefs ?

      Il est vrai que ce mouvement n’en est pas à une contradiction près.

    2. Est-ce qu’en Hongrie, ou aux Pays-Bas, passés à l’extrême-droite, les banques ont été bridées…?? (un soupçon en Hongrie, mais c’est tout.)

      Les promesses populistes n’engagent que ceux qui y croient.

    3. @Mike, à propos du Tea party : vous êtes sûr d’avoir bien lu ? Sous la plume de François, votre « mise sous clefs des banksters » devient :

      Après tout, aux Etats-Unis, pourtant aux premières loges de la crise, le Tea party movement et la droite républicaine ne tirent-ils pas comme leçon de la crise que l’Etat en est le responsable et qu’il faut le réduire à la portion congrue ? Faisant des saisies de millions de maisons et du chômage, des pertes des fonds de pension ainsi que tout ce qui reste à venir, les victimes d’un Etat responsables de tout avec ses complices les banques voraces ? Ce n’est plus un contresens, c’est une totale falsification.

      Si vraiment ils veulent « mettre sous clefs les bancksters » d’aujourd’hui, ne serait-ce pas pour laisser la place à ceux de demain ?

    4. – La chute du mur fut l’épisode majeur (the trigger) de ce que nous vivons maintenant

      Pas du tout, les politiques néolibérales adoptées par Reagan et Thatcher puis par Fabius et Kohl démarrèrent bien avant la chute du mur. Et à ce que je sache, ce n’est pas de l’ex URSS que nous importons tous ces jeans, jouets en plastique et autres Ipads.

    5. @Mike : « La chute du mur fut l’épisode majeur (the trigger) de ce que nous vivons maintenant » : not « the trigger », car la dérégulation date du début des années 80, et la chute du mur, qui résulte surtout de l’évolution historique à l’Est, de novembre 89.

    6. La chute du mur n’a pas été le point de départ de ce que nous vivons maintenant, mais un accélérateur. Pour tous les tenants de l’ultra libéralisme, l’histoire avait tranché, le capitalisme avait démontré sa supériorité.
      Avec la chute du mur et l’échec pitoyable du communisme, l’oligarchie a eu les coudées franches et, jamais rassasiée, elle nous a entrainés vers le chaos que nous observons.
      La question qui se pose maintenant c’est comment faire marche arrière et prendre une autre bifurcation. Ce n’est pas évident, ceux qui proposent une autre voie ne sont pas regroupés en ordre de bataille, potentiellement ils sont majoritaires mais leur désunion ne permet pas d’atteindre la masse critique capable de s’opposer à l’oligarchie.

    7. @ Alain B et crapaud rouge.
      Pour suivre les libertariens sur le web j’ai simplement constaté qu’ils sont les seuls politiques « virulents » anti banksters… c’est certes un peu défoulatoire. Pour le reste je n’entre pas en matière, de Ron Paul à la pauvre Palin il y a à boire et à manger… SI ce n’est que Peter Schiff ne dit pas que des conneries… et puis j’ai mon petit côté libertaire. Vivra verra

      @ Yvan
      Pas compris.

      @Chris et Batracien
      Merci pour la correction. C’est honteux, j’habitais aux Us en 1981 et à Berlin en 89, pris certes par d’autres préoccupations.
      C’est vrai que Reagan peut être vu comme le trigger pour ce qui concerne la dérégulation. Question : cette dérégulation a-t’elle accéléré le processus de la chute du mur ?

      Je continue à penser que l’élimination de l’URSS socialiste a conforté le modèle capitaliste délirant, pour nous amener plus vite encore au point où nous sommes. Ce qui n’est peut-être pas plus mal comme ça par ailleurs.

    8. @Mike,

      C’est vrai que Reagan peut être vu comme le trigger pour ce qui concerne la dérégulation.

      Le processus de libéralisation économique fut enclenché sous Reagan et Thatcher, mais ils ne furent pas, à mon avis, les éléments déclencheurs.

      Souvenez vous des années 70 : les deux chocs pétroliers, la stagnation et la montée de l’inflation : les grands perdants de cette époque ne sont autres que les capitalistes : c’est en effet à la fin des années 70 que la part de la valeur ajoutée qui revient aux profits du capital est la plus faible de l’histoire moderne. Les marchés des actions sont en panne depuis prés de 10 ans, le rapport prix/bénéfices (PE en Anglais) bat des records historiques de faiblesse aux alentours de 8 seulement. L’idée « géniale » des architectes du néolibéralisme, l’école de Chicago, c’est qu’en enlevant toutes les barrières à la liberté de mouvement des capitaux ceux ci allaient enfin pouvoir prendre un nouvel essor pour le plus grand bonheur de tous puisque plus les capitalistes s’enrichiront, plus ils investiront, ce qui relancera une économie en panne de croissance. « Et la richesse ruisselera partout où le capital est libre ». La magie du rêve américain.

      On connait la suite : le PE des actions américaines, européennes et japonaises passent de 8 à 20 durant les années 80 et ensuite de 20 à 45 durant les années 90 : les capitalistes occidentaux s’enrichissent beaucoup plus durant ces vingt années que durant n’importe quelle autre période de l’histoire.

      L’enrichissement des riches capitalistes Américains, puis britanniques durant les années 80 fait des envieux partout dans le monde. Et plus il y a d’envieux, plus les barrières au capital tombent les unes après les autres. Les premiers sur la liste des envieux sont bien entendu les capitalistes européens et japonnais : les barrières au capital défendues ne serait ce qu’un moment par Mitterand et Kohl finissent par tombent très rapidement. Puis c’est au tour des oligarques russes de se dire qu’il n’y a pas de raison qu’ils ne participent pas à cette fabuleuse multiplication des pains, la perestroika, la chute du mur de Berlin, les barrières au capital tombent en URSS avec une facilité étonnante. Et le capital finit par être libre et victorieux dans le monde entier. « C’est la fin de l’histoire » nous dit Fukuyama.

      Le déclenchement du néolibéralisme fût le fait que les riches capitalistes ne s’enrichissaient plus. Le mécanisme de propagation du néolibéralisme vers la mondialisation et la liberté globale du capital fût l’envie des riches capitalistes de s’enrichir comme les autres, c’est ce qui fit tomber les barrières au capital.

      Maintenant, c’est à nous, les peuples du monde entier de remettre en place toutes ces barrières au capital qui sont tombées durant les trente dernières années.

  5. « Un total paradoxe si l’on considère ce qui vient d’intervenir et se poursuit, mais qu’importe !  »

    C’est peu de le dire.

    Mais les choses avancent tout de même bien, car après les dictatures qui ont enclenché le mode « presque-révolution », les pseudo-démocraties vont y venir.

    Bon résumé de la situation, Monsieur Leclerc. Et encore une fois, il est à souhaiter que la logique reste la même et amplifie le contre pouvoir à venir.
    A moins qu’une diversion armée ne soit lancée pour sauver les dominants, bien sûr. Mais même cela ne pourrait gommer l’origine connue du malaise, je pense.

    1. J’ai signé ! Quelques mots de l’article suffisent pour vous écœurer d’un tel projet.

      Il s’agirait de détruire 9 des serres chaudes d’Auteuil afin d’agrandir les installations de Roland-Garros. Ce sont donc 3000 m2 de serres et 5000 plantes rares qui sont menacés de disparition.

      Ils ne reculent devant rien. Aller parler après de protectionnisme ou de valeur…

    2. Crapaud… le Grenelle de l’environnement fera capoter le projet… enfin, je … ; l’opium du peuple ou le pavot figurent-ils dans les plantes rares !

    3. Oui mais je n’ai pas vérifié l’info, et dans les journaux radiophoniques ils ne disent pas exactement … enfin de toute façon c’est une décision, ou plutôt c’est un Oukase, puisque je ne sais pas qui a été consulté je veux dire ça tombe d’en haut comme ça, sans demander aux habitants. De plus R Garros fonctionne depuis toujours comme il est, donc moi je sens le délire de grandeur de nos petits pharaons transitoires et les beaux dessous de table, bref la belle manip immobilière. Voilà comment petit à petit tout ce qui fait le charme de Paris est immolé sur l’autel du béton, si on ne réagit pas, ça ne s’arrête pas là… L’affaire Servier montre assez le souci que l’on a pour l’intérêt général de nos jours…

    4. Avant l’argent des mécènes produisait de la beauté …qui a duré des siècles …

      La spéculation produit de la laideur …Onc’Picsous ayant juste des $ dans les yeux …(j’ai fait l’effort d’être polie)…

      TINA ou le désert des Tartares…

  6. Rien à voir : récréation nature.

    Link sur un petit animal préhistorique qui est hélas en train de disparaître à grande vitesse de nos ruisseaux.

    http://www.youtube.com/user/caddis49

    C’est tellement rare qu’on en dégotte une nouvelle espèce que je suis enthousiaste et ai envie de le faire savoir, même si mon dada mignon est bien peu répandu !

    (réf : astacus, écrevisse, cray fish, Fluss Krebse… )

  7. Déclaration en faveur d’une assurance privée obligatoire pour la prise en charge de la dépendance sur Europe 1 de Laurence Parisot, présidente du Medef :

    « Il me semble qu’envisager ce dossier via une cinquième branche de la Sécurité sociale serait tout à fait catastrophique. La Sécurité sociale a montré ses limites en cumulant les déficits et en ayant tellement de difficultés à revenir à l’équilibre ».

    1. « assurance privée obligatoire » ? Elle manque pas d’air la Parisot ! Et qui, sinon l’état, serait en mesure d’instaurer une telle obligation ? On a envie de répondre par l’ironie, mais à quoi bon ? L’on voit trop bien où ça mènerait. Sûr que ce ne serait pas « catastrophique » pour les assureurs, mais eux, toujours soucieux de rentabilité et de concurrence, disposeraient là d’un nouveau marché captif, donc d’une nouvelle rente. Parisot nous prend pour des veaux.

    2. La cinquième branche est un beau concept pervers.On invente un nouveau risque, qui en réalité relève de l’assurance maladie,que je sache, Alzheimer ou autres joyeusetés sont des maladies.
      On en fait un risque spécifique, et subrepticement on propose un mode de financement alternatif donc privé.Bel élagage!

    3. Cervelle pourrie et mentalité archaïque. Le Medef et sa clique – qui veut en finir avec le CNR. Y a pas plus égoïste sur terre. « Les premiers violents, les provocateurs de toutes violences, c’est eux. »

    4. Et voilà que l’on reparle d’un marché prometteur.

      Il suffira de mettre en hypothèque les biens du dépendant pour que le problème de l’héritage soit dévinitivement réglé.
      C’est encore un des piliers du capitalisme qui s’effondre.
      Pardon, cela ne concerne pas les riches !

    5. remarquable suite dans les idées !

      .. »Il est également président du groupe Proposition et Action sociale. Nommé vice-président en 2004, il est chargé des réformes de la protection sociale et chef de file du MEDEF dans le cadre des négociations entre le gouvernement et les partenaires sociaux lors de la mise en place des réformes des retraites et du système de santé… »

      .. »# Membre du Haut Conseil pour l’avenir de l’assurance maladie depuis 2004
      # Administrateur de la CNAV de 1994 à 1998
      # Vice-président de la CNAM de 2004 à 2005.. »

      .. »depuis 2006 : délégué général du groupe Médéric, devenu depuis le 1er juillet 2008 le groupe Malakoff Médéric, spécialisé dans les assurances complémentaires (retraites et autres)…. »

  8. Les déclarations de Poul Thomsen, représentant du FMI, suscitent un tollé en Grèce.

    George Petalotis, le porte-parole du gouvernement a répondu : « Nous sommes dans le besoin, mais nous avons aussi des limites (…) Nous ne négocierons les limites de notre dignité avec personne. Nous prenons des ordres seulement auprès du peuple grec ».

    La troïka (Union européenne, BCE et FMI) vient de se fendre d’un communiqué exprimant « son plus profond respect face aux énormes efforts consentis par la population grecque »…

    1. « Nous prenons des ordres seulement auprès du peuple grec »
      Bien envoyé.

      Se rappelleraient-ils qu’ils ont inventé la Démocratie..??

    2. Attention, après avoir reçu « l’expression » du profond respect du FMI, de nombreux peuples ne peuvent plus marcher !

    3. Incompréhensibles les réticences grecques:
      « L’Union européenne et le FMI ont jugé regrettable dimanche le tollé provoqué en Grèce par les nouvelles demandes de privatisations massives dont ces institutions ont assorti la poursuite de leur assistance financière. »
      J’avais cru comprendre que le FMI, sous la houlette de DSK, avait placé résolument la barre à gauche. Mais que fait Anne Sinclair ?

    4. L’Union européenne et le FMI ont jugé regrettable dimanche le tollé provoqué en Grèce par les nouvelles demandes de privatisations massives dont ces institutions ont assorti la poursuite de leur assistance financière. »

      De quel droit l’UE se permet-elle de parler en notre nom !

      Bref, à faire mettre dans les programmes des candidats par écrit : « aucune approche par le FMI ne sera tolérée ! « …et si non respect de la clause, pétition citoyenne et plainte portée à la cour pénale internationale…par ex.

  9. Mr Leclerc:

    Après tout, plus les cost-killers paraîtront au grand jour, et plus les peuples réagiront jusqu’à sortir dans la rue. Un mal pour un bien, c’est presque à souhaiter !

  10. Vous allez rire. Le Yemen aurait des envies de révolution :
    http://www.latribune.fr/depeches/reuters/des-yemenites-hostiles-au-gouvernement-marchent-sur-le-palais.html
    « Saleh, au pouvoir depuis plus de trente ans et qui redoute les répliques de la vague de contestation sans précédent qui touche plusieurs pays du monde arabe, s’est engagé à quitter le pouvoir à la fin de son mandat en 2013 et a promis que son fils ne prendra pas la tête du gouvernement. Il a invité l’opposition à des discussions. »
    Cela fait un peu penser au fils sarkosy 😉

    Décidément, quand l’argent virtuel ne coule plus à flot, cela devient dur d’acheter la « paix »…

  11. L’annonce qui a le plus frappé les esprits porte sur la révision à la hausse de l’objectif de privatisations souhaité par la troïka : 50 milliards d’euros d’ici à 2015, au lieu de 7 milliards sur trois ans initialement annoncé.

    Dans un premier temps, le ministère grec des Finances a diffusé un document informel semblant avaliser la création d’un portefeuille d’actifs promis à une privatisation et pouvant rapporter « au moins 50 milliards d’euros ». Mais samedi, le gouvernement a fait volte-face et fait réagir son porte-parole, George Petalotis.

    « Nous sommes dans le besoin, mais nous avons aussi des limites (…) Nous ne négocierons les limites de notre dignité avec personne. Nous prenons des ordres seulement auprès du peuple grec », a déclaré M. Petalotis, en soulignant notamment qu’aucune terre appartenant à l’Etat ne serait vendue.

    Tandis que la presse grecque, y compris celle proche des socialistes au pouvoir, se déchaînait, le Premier ministre George Papandreou a fait savoir qu’il s’était plaint personnellement auprès du FMI et de la Commission européenne.

    De son côté, le représentant de la Commission européenne Servaas Deroose a alimenté la fureur grecque en proposant dans le quotidien To Vilma, de « vendre les plages pour développer le tourisme et le marché des propriétés touristiques ».

    La Grèce pourrait facilement lever cinq milliards d’euros en vendant l’ancien aéroport d’Athènes, situé dans une zone côtière lucrative, a-t-il suggéré dans une autre interview à Proto Thema, préconisant la vente de terrains, d’aéroports régionaux et de ports pour un bénéfice de 35 milliards d’euros.

    Des propos jugés dimanche « pour le moins déplacés » par le ministre grec des Finances George Papaconstantinou.

    Le chef de la mission du FMI Poul Thomsen y est allé lui-aussi de ses encouragements à « vendre des terrains, y compris l’ancien aéroport » d’Athènes.

    « Nous sommes à un point crucial où nous avons besoin d’une accélération des réformes », a encore déclaré M. Thomsen, cité par le quotidien Kathimerini.

    (Dépêche AFP)

    1. Même en vendant toute la Grèce, ce pays ne deviendra jamais une allemagne du sud…le croient’ils sérieusement une seule seconde au fmi/ue, ou sont ils aussi crétins ou aveugles?
      Comme d’ailleurs l’euro qui n’a AUCUN avenir comme monnaie unique car les économies déja très différentes vont le devenir encore plus avec la récession imposée quasi partout par les FMI/UE.
      Tous les empires s’écroulent un jour.Un peu de patience…les cas de la Grèce et de l’Irlande ne peuvent que précipiter la fin.Le mois de mars va être très chaud…les Irlandais ne laisseront JAMAIS tomber(tous les partis sont d’accord la dessus) leur coporate tax à 12.5 pct.Ils envisagent de mettre en demeure l’UE et le FMI après l’élection, non pas pour faire défaut, mais simplement pour leur dire, débrouillez-vous mais trouvez une solution car la charge est trop lourde pour l’Irlande..si vous ne trouvez pas de solution, vous mettrez encore plus en péril toute la zone euro..finalement ce sont les Grecs et les Irlandais (s’ils se réveillent) qui ont le VRAI pouvoir, celui de dire..NON et tout s’écroule.

    2. « Même en vendant toute la Grèce, ce pays ne deviendra jamais une allemagne du sud »

      Exactement… et le reste également.

  12. vous semblez vous étonner du programme en place depuis plus de 20 ans : tout privatiser, parce que le privé, c’est mieux, c’est plus compétitif, plus rentable : la sécu, la police, la médecine, l’éducation, les prisons, les forêts, les retraites, etc…
    tout mettre sous la coupe des marchés qui optimisent, qui décident mieux …
    tout soumettre au contrôle des chiffres, des ordinateurs qui décident pour nous.

    et puis tout va bien puisqu’une partie de l’humanité continue a profiter du progrès, des voitures électriques, des jets a réactions, des implants mamaires et des performances physiques et intellectuelles améliorées… bref, relisez le meilleur des mondes.

    Un poignée de robots qui dirigent une armée de zombis … et quelques humains hagards survivants au milieu.

  13. A juste titre, François Leclerc parle de la poursuite de l’extension de la Financiarisation.

    On peut se demander si des bulles ne sont pas déjà en train de « se former » :
    1) spéculation sur Matières premières

    2) Nouvelle bulle internet ??

    cf articles de Mr Prosser dans the Independent :
     » David Prosser: How quickly the lessons of the dot.com collapse have been forgotten !!
    Friday, 11 February 2011
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    Et Twitter qui vaudrait 8 milliards de Dollars
    et AOL qui achète  » The Huftington Post » pour env .. 350 M de Dollars

    1. Et surtout l’immobilier… dîtes, ma soeur Anna, vous ne voyez rien venir en France.

      Et je dis ça en vivant à l’extérieur. C’est combien les prix des objets, avec quels taux hypo ?

  14. « l’amoindrissement du rôle de l’Etat et la poursuite de l’extension de la financiarisation. »

    Je crois avec Dardot et Laval que c’est une erreur, il ne s’agit pas de moins d’État mais d’un État tout entier au service de la construction du nouvel ordre social que vous laissez d’ailleurs bien entrevoir en conclusion de votre article.

    Lire Dardot et Laval « La nouvelle raison du Monde » à La Découverte

    1. @Monsieur HR

      Exrait d’un billet de C. Arnsperger publié dans son blog le 21 mars 2010 :

      « Dans leur remarquable ouvrage récent sur le néolibéralisme, intitulé La Nouvelle raison du monde, Christian Laval et Pierre Dardot ont montré (sur la base, notamment, de l’approche de la « gouvernementalité » chez Michel Foucault) que la confusion entre capitalisme et économie de marché, savamment entretenue par les think tanks néolibéraux (tels que, chez nous, l’Institut Jean Gol, Itinera, McKinsey ou l’Institut Hayek), permet de masquer une réalité troublante: le capitalisme n’a rien à voir avec la promotion de la liberté et de l’autonomie, ni même rien à voir avec le « marché », mais tout à voir avec la cooptation au sein du secteur privé des logiques de décision publique. En vue de quoi? En vue d’une planification « rationnelle » des activités économique et des décisions politiques afin de créer les conditions d’une rentabilisation maximale des capitaux économiques et financiers. Il faut un Etat extrêmement puissant pour créer de telles conditions. Le néolibéralisme, qui est la promotion du capitalisme comme mécanisme de planification collective, est une forme aboutie d’étatisme.

      Pourquoi les néolibéraux veulent-ils promouvoir le capitalisme comme dispositif de planification? Parce qu’ils ne croient pas que la démocratie — en tout cas, la démocratie participative qui est moins facile à circonscrire et à coopter que la démocratie représentative — soit le bon outil pour la gouvernance. Quel est alors le bon outil, à leurs yeux? Le « libre marché », comme ils l’affirment tous en choeur? Nullement! Le libre marché capitaliste, oui — mais cela signifie avant tout que la classe des « superviseurs » (managers et décideurs politiques) doit être cooptée dans une logique qui lui fasse prendre les « bonnes » décisions — celles qui permettront aux capitaux d’avoir une aire de jeu aussi large que possible pour se multiplier et s’auto-accroître. Et pourquoi cette vénération du capital? Parce que le néolibéral est absolument convaincu que seul le détenteur de capital économique et financier (que ce soit un individu ou un fonds de pension) possède les « incitants » qui vont l’amener à placer ses capitaux aux « bons » endroits — pour contribuer à un bien commun qu’on ne définit quasiment plus, ou qu’on définit au mieux par des idées opportunément vagues: créer de la croissance, fournir des emplois, assurer la compétitivité de nos entreprises,… Outre que ces objectifs sont souvent des mensonges de façade (car la croissance ne crée pas souvent de l’emploi, et le capital en quête de compétitivité n’est en rien intéressé à l’emploi), ils sont trop imprécis car nullement soumis à la délibération démocratique des citoyens: de la croissance, en vue de quoi et pour qui? Des emplois, oui, mais lesquels et dans quelles conditions? La compétitivité, aux dépends de qui et de quels choix publics en santé, en éducation, etc.? Pas besoin de tels débats, nous disent nos planificateurs capitalistes: laissez les capitaux bouger, demandez à l’Etat de créer les conditions légales et réglementaires de cette mobilité (avec, pourquoi pas, un peu d’écologie et de social pour faire bonne mesure), et nous nous chargerons automatiquement de produire les « bons » résultats. Pire encore, la démocratie d’entreprise serait nuisible à l’allocation efficace des capitaux, et la démocratie en général — quand on lui donne « trop » de place — ralentit voire empêche les réallocations efficaces de se faire.

      Le paradoxe, évidemment, c’est que cette apologie de la libre entreprise et du libre marché — sur fond de capitalisme, insistons-y — est en fait l’apologie d’une planification d’un type spécifique. L’allergie des chefs d’entreprise à la démocratie participative montre qu’ils souhaitent une planification centralisée, voire autoritaire, en interne. Et l’apologie néolibérale de la démocratie représentative montre que cette dernière est perçue (à tort ou à raison) comme une cible aisément manipulable, donc cooptable là aussi dans un processus de planification centralisée — mais une planification en apparence non autoritaire, puisqu’il suffit de faire miroiter les « risques » d’un Etat trop « interventionniste » pour que les politiques s’auto-censurent… et mettent en place le « bon » interventionnisme sans trop consulter les citoyens. »

    2. @André : excellent texte, mais pourquoi parle-t-il de « planification » alors qu’il suffit au capitalisme de « coopter » les politiques pour qu’ils prennent les « bonnes décisions » ? Exemple typique, ci-dessus, avec Parisot souhaitant des « assurances privées obligatoires » : aucune intention planificatrice là-dessous, seulement l’ouverture d’une nouveau terrain de jeu.

    3. quelque chose m’avait beaucoup intrigué lors d’une vidéo ou intervenait Paul Jorion face à (si ma mémoire est bonne) Eric Woerth. Paul s’était mis en colère et ce dernier lui avait répondu d’un haussement d’épaule que l’opposition entre Libéraux et Keneysien était dépassée (sous entendu dans les sphères des initiés dont il faisait partie). Malheureusement je ne me souviens pas de la réplique exacte ni de l’interlocuteur, mais je m’étais dit que la, quelque chose nous échappait à tous, autant que nous sommes (parmi ceux qui réfléchissent a des vraies solutions sur la crise).
      Je pense que c’est une clé primordiale de comprendre ce qu’il a voulu dire, pour percer à jour l’idéologie des « puissants » et comprendre ce qu’ils trament ou pourquoi ils s’accrochent autant a leur système.
      Il semble que Dardot et Laval soient sur le bonne piste, mais ils procèdent en « retro engeneering ». Il manque quelque chose, un je ne sais quoi.

    4. @ Crapaud Rouge

      Derrière cette discussion entre Parisot et Sarkozi sur la question de savoir qui, du « public  » ou du « privé », financera la prise en charge de la dépendance, il y a bel et bien une « intention planificatrice« . L’oligarchie libérale qui nous « gouvernance » n’est pas un bloc monolithique : sa clique des « décideurs économiques » et sa clique des « décideurs politiques » (qui, tout de même, et dans un premier temps du moins, doivent vaguement se souvenir qu’ils ont été « élus » pour promouvoir l’intérêt général, sinon notre régime politique ne serait plus une oligarchie libérale mais bien je ne sais quel régime tout à fait nouveau (« capitalisme totalitaire » ?) … donc ces deux cliques, n’étant pas toujours sur la même longueur d’onde, loin s’en faut, sont bien obligés d’opérer des arbitrages entre eux, qui sont presque toujours tranchés en faveur de la clique des « décideurs économiques ». Vous verrez, Sarkozi rentrera dans le rang d’une manière ou d’une autre, soit en abandonnant son projet (ou plutôt, son idée) soit en le faisant adopter … moyennant une contrepartie juteuse pour la clique des « décideurs économiques ».

      Si ce n’est pas ça de la planification capitaliste, alors je ne sais plus ce que ce mot veut dire !

      Pour terminer, notez que ladite discussion est, me semble-t-il, une magnifique illustration de votre « Stratégie du capitalisme ».

  15. La  »révolution » en Egypte vient déja de se transformer en simple coup d’état militaire avec vague promesse d’élections libres.On est passé d’une dictature civile à une dictature militaire totale en 48 heures:

    Egypt’s military dissolves parliament, suspends constitution.

    Egypt military says it’s dissolved parliament, suspended constitution, will run country for 6 months or until elections.

    1. S’il y avait du coup d’état dans l’air, l’armée aurait tiré sur la foule, toujours réunie place Tahrir. La dissolution du parlement était réclamée par le peuple, car les dernières élections étaient truquées.

  16. A priori (et il faut être prudent, très), l’armée en Egypte prendrait la ‘bonne’ orientation :
    – transition de 6 mois (soit juste avant les élections présidentielles et après le début du ramadan),
    – suspension de la constitution,
    – création d’une commission pour reformater la constitution,
    – propositions constitutionnelles légitimées par un référendum.
    Mais :
    – qui dans la ‘commission’ ?
    – « M. Chafic a précisé que le rôle d’Omar Souleiman, vice-président nommé par M. Moubarak pendant les premiers jours de la contestation, sera défini par l’armée. »
    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/02/13/egypte-l-armee-suspend-la-constitution-et-dissout-le-parlement_1479504_3218.html#ens_id=1470465&xtor=RSS-3208
    Déjà, les militaires ont affirmé que les traités internationaux étaient confirmés.
    Que se passera-t-il si le ‘nouveau’ pouvoir en décidera autrement ?
    Les égyptiens continuent de mettre la pression sur l’armée, en continuant de manifester et de faire grève.
    Ils ont bien raison.

  17. Décidément, il en y a qui ne comprendront jamais rien, et d’une certaine façon c’est plutôt une très bonne chose.

    C’est grâce à leur merveilleux entêtement dans l’erreur, à leur monumentale stupidité, à leur arrogance et leur certitudes, et pas autrement (le gag du « bon bulletin dans l’urne » ne fait plus rire personne depuis mai 1981), que nous allons droit dans le mur et qu’au final, on peut espérer, chaque jour un peu plus, arriver ici aussi à être capable de suivre la voie ouverte par nos frères humains de Tunisie et d’Égypte.

    Sachons apprécier à sa juste valeur cette contribution, certes involontaire, à la marche de l’Histoire: pour qu’il y ait la Révolution, il faut des Marie-Antoinette!

  18. Bref, rien de nouveau. Sans doute, la crise sociale s’approfondira. Je ne vois pas pourquoi les privatisations et le démantèlement des états y changerait quelque chose. Si par hasard (dans les faits, c’est impossible), la dette publique ou souveraine devait reculer, cela implique simplement que les dettes privées et les insolvabilités (comme dans l’immobilier espagnol, irlandais ou américain s’accentueraient tellement que les restructurations des dettes privées obtiendraient quand même qu’une part des créances restera non couverte.
    Au fait, que feront les banques américaines avec toutes ces maisons saisies?

    1. De la pure idéologie de privatiser si cela marchait (oui pour une poignée de voleurs)cela se saurait.Car ils oublient une chose dans leurs privatisations et autres plans de rigueur qui va encore avoir le moindre argent pour acheter leurs biens ou services??
      La privatisation des services de l’énergie n’a provoqué que des hausses de prix.Avant une privatisation, leur argument massue est: cela va faire baisser les prix.Une fois la loi votée, c’est tout le contraire qui se produit.Sans parler des ‘ententes’ comme dans le téléphonie mobile, l’internet, le transport , la banque etc…en fait une privatisation c’est créer un autre monopole bien plus nocif, un monopole privé déguisé en pseudo libre entreprise…le souci c’est que les gens s’en sont rendus compte et ça ne marche plus.

  19. Le plus dramatique est que l’on sait, si on veut bien lire les chiffres, que la Grèce devra faire défaut ou restructurer sa dette. Tous ces sacrifices exigés de la population sont donc vains…..

  20. ………déspéculation…………..déspéculation……………….déspécualtion……………………..déspéculation………déspéculation ………….allez vous enfin diriger vos regards dans le bon sens ?

  21. juste un appel pour une insurrection du temps

    LE TEMPS TORTURE

    Ce temps impalpable, insondable, maître des impatiences, objet d’études infinies, est-il en passe de se laisser phagocyter par ce néocapitalisme ambiant, jaloux de lui, ravageur des plantes et des destins ?

    Car enfin qu’advient il? Il s’est laissé piéger par ce progrès dévoyé des sciences naïves, comprimé dans les usines où il halète, avili, au cœur des cadences folles imposées par les technocrates et programmées pour produire de simili «biens» colonisateurs puissants de nos désirs.

    Et dans les champs grillagés d’Andalousie il participe, loin du regard des fades consommateurs vautrés dans leur ignorance, à la gestion minutée à la goutte près de la production des tomates à la rougeur anémique, ou de fruits nés insipides et nourris de goût frelaté.

    Où est le temps lent des saisons et des mûrissements ?. S’épanouit-il encore dans les févriers des mimosas rutilants ? ou dans les étés survivants, blotti, au sortir de l’hibernation, au cœur de l’hermaphrodisme des courgettes, dans le velours des aubergines, dans le parfum des pommes biscornues et des abricots à la frêle rondeur dissidente ?

    Il est temps qu’il se révolte, ce temps domestiqué, qu’il participe à l’annihilation de ces usines de destruction de la terre-mère, qu’il arme son arc pour diriger sa flèche vers des humains revisités par les blessures de la conscience.
    .

    1. Quant le temps cyclique a laissé la place au temps irréversible qui transforme la société de fond en comble, le temps pseudo çyclique de la consommation marchande est venu pour éblouir les hommes de cette époque dans laquelle le temps lui-même est nié par ceux qui se le sont approprié.
      Cette époque de braderie généralisée a peu d’avenir.

    2. En tout cas les 13 derniers milliards d’années ont passés très vite, en fait je ne me suis même pas ennuyé. Un clin d’oeil et pouf… il sonne treize milliards à ma montre. Et des poussières.

      Dans la maison de mon père il n’y avait pas d’électricité, pas de montre et l’on se couchait avec les poules. Finita la comédia, i basta.

      C’est Janus qui m’a intrigué en ce mois de Janvier. Janvier est le mois que je préfère car l’année n’a pas encore pris son élan. Ensuite c’est la roue libre vers le printemps.

      Janus, double visage, l’un vers le passé, l’autre vers l’avenir. Il faut des doubles focales, ce que disait Kirkegaard quelque part également, le difficile est de se considérer subjectivement d’un point de vu très proche et en même temps se voir de très loin, – à distance… Composer un texte requiert également des niveaux de composition différents, une attention (et une inspiration en provenance de) aux jeux de langage, de concept et d’assonances proches, et une conception lointaine, d’ensemble. Se mouvoir dans 2 contextes en même temps …

      Minerve également, celle qui vient après la bataille. Fille de Jupiter, on la voit au fronton des tombeaux.

      Janus hésite, il ne dialectise pas beaucoup. Simple passage. Chez Mishima il y a de très belles pages sur le temps, dans sa tétralogie. Une qui me revient toujours, cette image de 2 vagues, celle qui redescend de la plage et celle monte et qui fusionnent un instant. Les deux vagues ne sont-elles pas la même vague … allégorie des générations d’hommes.

  22. Cost-killing notion abjecte, négative, déplacée ?
    La Suisse est un excellent exemple de gestion « bon père de famille » où les « cost-killers » sévissent depuis toujours à longueur d’année à tous les niveaux
    Mais c’est ringard de regarder de ce coté là !
    Haro sur le cost-killing c’est justifier que certains peuvent jeter l’argent par les fenêtres pendant qu’ils sont au pouvoir, et ceux qui cherchent à redresser sont des capables .
    Re-écouter ce que de Gaulle disait du budget de la ménagère au sujet des finances publiques permet de mesurer la bêtise d’un peuple qui préfère croire que demain on rasera gratis .
    Les pays occidentaux endettés jusqu’ à la 2ème génération sont dans cette situation pour une seule raison: le refus d’accepter la loi de causalité. Corrélativement, irresponsabilité généralisée et cerise sur le gâteau: perte de dignité.
    Un pays endetté est un pays sans dignité !

    1. Voulez vous dire que, dans leur majorité, les électeurs ont choisi en toute conscience l’endettement comme mode de fonctionnement ?

    2. La Suisse est un ‘paradis fiscal’ donc en clair une officine de blanchiment d’argent de toutes les fraudes, de tous les dictateurs, de la drogue..etc..il ne manquerait plus que cela que sa ‘dette’ soit énorme…on se demande même comment elle en a une au fait?

    3. Voulez vous dire que, dans leur majorité, les électeurs ont choisi en toute conscience l’endettement comme mode de fonctionnement ?

      Voudriez – vous dire que dans un pays démocratique occidental un électeur n’est pas capable et n’a pas la conscience de comprendre un déficit public ?
      Seriez-vous contre la règle majoritaire en démocratie ?
      Dans ce cas précis, pourquoi des partis politiques refusent l’inscription dans la constitution de l’interdiction d’un budget déficitaire comme l’Allemagne l’a fait ?
      En république française depuis des lustres, la gauche, qui n’avait que le monopole du coeur, laissait à la droite le soin de remettre les comptes en équilibre. Sauf que tôt ou tard tout le monde s’y met pour acheter des voix….et tout ce beau monde dit avoir le coeur sur la main.

    4. Keskinouraconte l’Albin ?

      Alors qu’on sait bien qu’environ un tiers de la fortune privée mondiale est en Suisse. Pays très organisé certes, où on s’ennuye à mourir, à moins d’avoir une âme de comptable. Si on peut appeler ça une âme.

      Exemple du délire de ce pays. La cotisation perso mensuelle à l’assurance maladie OBLIGATOIRE, se monte à environ 200 euros. Quasi de quoi nourrir une famille africaine à l’année.

      Le jour où le système sautera il est fort probable que certain se retrourneront CONTRE la Suisse. « Cerveau du monstre »

    5. @ALBIN : j’ai d’abord voulu mettre une réponse pour tenter de vous expliquer. Oh et puis non, me suis-je dis, vous êtes beaucoup trop « serial-penseur », inutile de chercher à vous convaincre de quoique ce soit !

    6. Mike @
      Exemple du délire de ce pays (Suisse). La cotisation perso mensuelle à l’assurance maladie OBLIGATOIRE, se monte à environ 200 euros. Quasi de quoi nourrir une famille africaine à l’année.

      C’est ce que coûte la même couverture en France, mais en gros 50 % plus cher ! Ajouter aux cotisations maladies payées aux URSSAF ou au RSI votre mutuelle et ensuite venez en reparler……
      Cela fait vivre une famille en Afrique, certes, mais on y meurt aussi pour moins cher en génocide organisé !
      Facile de mépriser les comptables ! Et les fourmis aussi.
      Ne savez vous pas qu’en France on n’a pas la droit de cotiser à AMARITZ, assurance maladie allemande, qui propose la même couverture que L’URSSAF mais 33 % moins cher ?
      Que des Français « européens » ont intenté en ce sens sans succès des procès qu’ils ont tous perdu ! Parce que pour travailler dans les CRAM ou les ASSEDIC fallait avoir sa carte CGT !

    7. Répondre pas le mépris à une intervention d’Albin, qui n’a agressé personnellement personne, n’est pas très constructif. Faudrait veiller à un peu maîtriser ses nerfs avant que ce forum ressemble à celui de libé, parfois indigeste.

    8. @Albin

      Cela fait vivre une famille en Afrique, certes, mais on y meurt aussi pour moins cher en génocide organisé !

      Par qui ? certes pas que par les Suisses, je concède volontiers.

      Je citais l’exemple de l’assurance maladie pour donner une idée du poids du complexe pharmaceutique « corporate » helvète.. et de l’impéritie des cost killers locaux…

      Sans oublier que ce joli pays abrite deux « to big to fails » généreusement arrosées par la FED. Ainsi que l’organisme qui chapeaute les grandes banques mondiales à Bâle…

    9. à Albin,

      N’étant pas un mouton (voir mon commentaire au N° 3) je ne suis pas concerné par la règle majoritaire en démocratie, comme vous le dites si ingénuement.

    10. j’aime bien votre prose

      alors comme, c’est moi qui ait décidé de faire baisser les recettes de l’état.

      parce que le déficit , il existe aussi à cause des baisses organisées des impôts ( pour les plus riches ….. ) ; mais là chuttttttt

      ceux qui sont sans dignité, ce sont d’abord tous ces riches qui n’en finissent pas de se plaindre de payer trop d’impôts ; ils ne veulent plus particper, à leur juste mesure à l’entretien de la société.

      Ils poussent à la destructuration de la société ; qu’ils ne s’étonnent pas si un jour ils se retrouvent dos au mur face à des peuples en armes.

    11. L’emploi de cost- killers au sein d’un entreprise est surtout le signe qu’elle ne sait plus créer .

      Il arrive qu’aux « créatifs-aventuriers » des débuts d’une entreprise succèdent les « gestionnaires-idiots ».
      Une alternance logique ?Non :un symptôme .

      Dans le monde de l’entreprise d’aujourd’hui , ce n’est pas une maladie rare que de croire qu’il vaut mieux presser le citron que d’en planter .

      Au lieu de s’interroger sur son absence de créativité , certains pays , certaines entreprises s’albanisent la tête . Elles s’auto-persuadent que leurs choix est le seul choix .

      Le cost -killer a l’intelligence des avares .
      Mais sa vision de l’avenir est mortifère . C’est un créateur d’enfer .
      Le cost-killing est une illusion que se donne certaines entreprises , croyant perdurer , alors qu’elles ont affaire à des vautours qui dissèquent les restes de la bête…

      http://www.convergencesrevolutionnaires.org/spip.php?article1516

      Ce n’est pas l’argent qui est sale, c’est la façon de le faire .

    12. « Ce n’est pas l’argent qui est sale, c’est la façon de le faire . »

      Après avoir lu ça, on peut tuer un riche sans aucun remord. Et c’est ce que craignent les 54 milliardaires américains qui « veulent » « donner » la moitié de leur fortune aux pauvres après leur mort.

  23. Quand j’ai pris récemment l’avion New York-Bruxelles, un Monsieur était assis à côté de moi. Un homme assez sociable, car il s’est mis à parler. Après un dialogue de courtoisie et blabla insignifiant, il m’a parlé de son job. Son métier consiste à aider les sociétés à contourner la législation, à faire en sort que l’intérêt financier prime d’abord. Et les humains? Ce n’était pas son affaire. Il était juriste et économiste avant tout.
    Ce qui se passe au niveau des entreprises (« corporate governance »……..) se fait aussi au niveau des états. On n’hésite plus de contourner ou de carrément mépriser les textes ( traité de Lisbonne etc.), de faire accepter au public des pénomènes tels que la « nouveau pauvreté » ou un chômage de masse qui s’éternise.
    Mon impression: nous allons progressivement vers une société divisée en bénéfices ploutocratiques pour les uns, et servitude pour les autres. Derrière tout ca il y a une volonté politique.
    Le gentil Monsieur m’a aussi parlé du « Tittytainment »: pour faire fonctionner une économie moderne, on n’aurait plus besoin de tous.

    1. Tittytainment.

      Pouvez vous être plus explicite pour ceux qui ne connaissent pas ce mélange de nourriture suffisante et d’amusement, d’entertainment abrutissant, pour obtenir un état de léthargie heureuse ressemblant à celui du nouveau-né qui a bu au sein (tits en jargon américain) de sa mère ?

    2. Un proche,recraché par le système et qui s’est tiré une balle dans la tête depuis, consultait régulièrement pour sa boite de Vente par Correspondance un cabinet d’avocat.Il s’agissait de rester sur la crête brumeuse qui sépare la légalité de l’ illégalité dans l’élaboration des publicités du style, M. Tartampion vous avez gagné10000Euros…
      Elle est pas belle la vie ?

    3. Oui, pour être à l’aise et épanoui dans la nouvelle société qui vient il faudra simplement être un petit salopard ordinaire, bien se tenir informé des nouvelles formes de cynisme à la mode et rester persuadé que se comporter de la sorte est la meilleure garantie pour « réussir » sa vie .

    4. « Tittytainment » : mélange d’aliment physique et psychologique qui endormirait les masses et contrôlerait sa frustration et ses protestations prévisibles »

  24. Ah la revolution Tunisienne
    Ah la revolution Egyptienne
    Quelles sont belles …. le peuple se soulevant contre les tyrans ….. bien et maintenant que les tyrans sont partis le peuple fait quoi.
    Les gens sont dans la rue car ils veulent plus de justice
    Les gens sont dans la rue car ils veulent moins de corruption
    Les gens sont dans la rue car le pain est trop chers.
    Les gens NE SONT PAS dans la rue pour demander la démocratie
    Les gens ne SONT PAS DANS LA RUE pour demander la séparation de la religion et de l état
    Nous avons a faire a des révoltes populaires, pas des révolutions, mais révoltes est moins vendeurs dans les journaux télévisés
    La seule opposition crédible dans ces pays sont les freres musulmans.
    Arrêter de penser que les orientaux pensent comme des occidentaux, chacun a sa culture, et un rêve de societés. Arrêtons cette arrogance occidentale de pensé que notre societé est la meilleur. Vu dans la mouise ou nous sommes, pensez vous vraiment que ces gens rêvent de démocratie, alors que nos olligarches se sont autand enrichie que les leurs. Ou est la superiorité de la démocratie ????
    Bien sur moi de culture grecquo européenne je la connait, mais le fellah du nil, que sait il, si ce n est ce que lui dit la radio d état.

    1. Hhmm…

      J’ai pourtant, depuis quelques mois, déjà plusieurs fois entendu le mot « dignité » comme revendication.

    2. @Loire42,

      vous semblez faire la même erreur que pas mal de gens : vous confondez démocratie avec caricature de démocratie.

      Effectivement, je pense pas que les Tunisiens et les Egyptiens rêvent de caricature démocratie. Les occidentaux non plus d’ailleurs…

      S’il vous plait, évitez d’appeler notre système politique, social et économique, « démocratie », ça me donne envie de gerber.

  25. Combien de temps les pauvres constructions idéologiques des riches vont-elles pouvoir tenir ?

    Jusqu’à ce que le monde boive davantage la tasse,

    Tous les pauvres Damnés de ce monde sont encore comparables à un juste que l’on préfère de nouveau mener à l’abattoir pour faire de l’argent, pour mieux faire vente supplémentaire, tant que les pauvres gens ne souffrent pas encore bien le martyr pourquoi donc les grands de ce monde devraient-ils encore se priver le droit de se conduire davantage comme des bourreaux et des meurtriers de l’esprit, en quoi donc les premiers êtres de notre temps seraient-ils donc plus différents de ceux d’hier dans les affaires.

    Combien de temps les gens se laisseront-ils d’abord influencer sur terre par des Judas ?

    1. Quand aux causes profondes de la crise, mon cher Marlowe, c’est le fait que les riches capitalistes de la fin des années 70 ne s’enrichissaient plus assez à leur goût. C’est cette envie d’enrichissement sans limites qui a brisé toutes les barrières à la liberté de mouvement du capital dont résulte la crise que nous vivons.

      Pour construire un monde meilleur, nul besoin d’abolir toute appropriation privative ou redevenir chasseur-ceuilleurs et éliminer 99,9% de la population humaine, il faut remettre en place toutes les barrières au capital détruites durant les trente dernières années par le néolibéralisme ainsi qu’éliminer la majeur partie de la richesse virtuelle accumulée par les riches capitalistes durant cette période et les créances de dettes que cette richesse virtuelle a produite.

      Mais non, rêver d’un monde meilleur ne vous satisfait pas puisque vous rêvez toujours au meilleur des mondes. Les utopistes qui pensent pouvoir construire le meilleur des mondes ont une énorme part de responsabilité dans le maintient du status quo car comme tous les extremistes dogmatiques ils servent d’épouvantails à ceux qui ont intérêt à ne rien changer.

  26. Dans la série : « demain, on rase gratis… »
    http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2011/02/13/l-administration-obama-prevoit-1-100-milliards-de-dollars-d-economie-sur-10-ans_1479539_3222.html

    « Pour le républicain Paul Ryan, ce budget « ressemble à des budgets similaires qu’il nous a donnés ces deux dernières années ». « Il semble qu’il récidive avec une autre augmentation d’impôts de 1 300 milliards de dollars », a regretté M. Ryan. »

  27. La majorité des participants de ce blog et des économistes attérés percoivent les contours de la crise.
    Mais qui connaît et fait connaître les causes profondes ?

    1. Es-tu sûr, Marlowe..???
      Sinon, cela peut en effet être un excellent sondage.

      Je commence : la concentration de richesse. Point.

    2. > Le désir est le grand ressort providentiel de l’activité ; tout désir est une illusion, mais les choses sont ainsi disposées qu’on ne voit l’inanité du désir qu’après qu’il est assouvi.
      Ernest Renan

    3. Actuellement cela ne fonctionne pas, pour des raison d’ordre cybernétiques ou de circuits d’amplification, de tuyauterie, de « quincaillerie ». Je ne m’étendrais pas là dessus.

      La question des causes profondes serait de savoir, comme le demande Rouseau, qui a laissé se constituer la propriété privée. Et pourquoi nous n’avons pas évolué vers un autre système moins mortifère.

      Ceci dit, dans un système de type pays-de-cocagne, où les cailles arrivent toutes rôties dans les gosiers, qui voudrait devenir dentiste ? S’occuper du râtelier d’autrui alors qu’on peut s’en passer… ? notre système qui marche à coup de trique permet à chacun de donner le meilleur de lui même, il faut être lucide. Si l’on n’y est pas forcé par la nécessité, personne ne s’astreindrait à des études de médecine ou de stomatologie…entres autres ! halléluia, le dentiste est la preuve vivante que le monde est bien le meilleurs possible. A quelques détails près. Et je ne plaisante qu’à moitié.

    4. à Yvan, et à Liztfr, et aux autres.

      Yvan, le détective pense que tu es sur la voie de la connaissance.

      Mais d’où vient cette concentration de richesse ?

      Je note que la majorité des lecteurs se désintéressent de ma question, qui me paraissait pourtant si pertinente.
      Je suis triste

      Mais je vois que Litztfr évoque la naissance de la propriété privée.

      Je pense que nous avançons.

      Encore un effort, citoyens, pour être révolutionnaires.

    5. Réponse au sondage :

      concentration des richesses oui certes comment a-t’on laissé les tenants du pognon prendre tout ce pouvoir.

      – crétinisme des politiques qui ont promis des choses irréalistes, on mal géré les finances publiques et ont endettés leurs pays pour les tenir
      – enfumage consumériste des masses (par les banquiers et les politicos) à qui on a fait croire que le crédit c’est pas cher et qu’on y a droit sans risques
      – empapaouatage des politiques par les banksters, qui ont réussi à leur faire croire qu’il fallait les sauver à coup de trillions, ce qui a quasi doublé certaines dettes publiques

      j’ai bon ?

    6. @Piotr

      J’avais la même idée depuis hier… Toute la magie publicitaire enfle énormément l’importance de la possession d’objets, et cette possession est ce pourquoi on est sensé se lancer avec enthousiasme dans une carrière, et incités à ne pas rater le départ de sa génération. Les derniers mots viennent encore de Kirkegaard, « De la communication ». La génération s’élance, et si l’on hésite, on est stigmatisé. Mais,

      « Qui pour un homme ne donnerait pas tous les cailloux du monde ?  »

      (Anthropologie et politique: les principes du système de Rousseau
      Par Victor Goldschmidt)

      http://tinyurl.com/6yf23xt

      Je savais même pas que j’avais lu ce bouquin…. il m’en restait 1 phrase, au bout de 20 ans.

    7. @Marlowe

      Vous écrivez : « Mais je vois que Litztfr évoque la naissance de la propriété privée. Je pense que nous avançons« .

      Effectivement, mais faites un pas de plus -encore un effort, citoyen – et vous comprendrez que ce qui est vraiment en cause dans la crise de civilisation que nous vivons, n’est pas tant la naissance de la propriété privée (pourquoi remonter si loin?) que l’exacerbation du désir d’appropriation privée qui gît en chacun de nous, et ce, à dater d’un certain moment de l’histoire européenne, à savoir du dualisme cartésien (le paradigme ontologique moderne).

    8. Excellente question.
      Relire la crise de ’29 par Galbraith.
      L’origine est dans la généralisation du pauvre con qui croit avoir droit
      à la richesse, et si possible lui-seul.
      La crise n’a pas de causes techniques.( finance -subprime- banques ou méthodes pognonesques, ou bourseuses, ou fiscales) mais morale.
      Les causes techniques, bien réelles et sophistiques, sont au service d’une morale dévoyée.
      Certaines gens ont pulvérisées des limites morales pratiques conventionnelles,
      généralement admises ou enseignées dès le plus jeune âge.
      C ‘est-à-dire une morale quasi universelle ( ou peut-être seulement occidentale ou chrétienne)
      mais facile à comprendre et sans substrat théorique compliqué, une morale
      construite sur l’expérience ancestrale des sociétés qui ont survécues;
      une morale pragmatique en un mot.
      Même le catéchisme enseigne que la multiplication des petis pains
      (ici, le pognon multiplicateur de pognon), est réservé à Dieu.

      Ces gens n’accepterons jamais un retour en arrière: il faut précipiter leur disparition
      en les privant de terrains de jeux. Assécher les flux et tarir les sources, aux moyens
      de contre-techniques, par des grains de sable: petits efforts et grands effets.
      Paul en propose au moins un.

      ( A me relire, je sens qu’il doit y avoir une cause plus profonde, mais c’est un terrain inconnu pour moi. voir Freud ou des choses de ce genre…)

    9. à Germanicus,

      Ce qui serait intéressant, du point de vue de la critique et de l’intelligence, c’est de dire non pas seulement ce que c’est que le Tittytainment, mais de le replacer dans son contexte.

      Encore un débat qui n’aura pas lieu…

    10. à André,

      Pourquoi ne pas remonter si loin que l’appropriation privative ?

      N’est-ce pas ce moment historique, où les chasseurs-cueilleurs deviennent sédentaires, qui marque la sortie de l’Eden et la naissance de la tragédie ?

      Le rêve de Marlowe n’est donc pas de remonter au CNR, mais bien avant.

    11. La question des causes profondes est difficile… historique, extension des centres de pouvoir, investissement dans des activités lucratives. D’où propriété privée.

      Je me demande ce qu’il peuvent bien fabriquer avec tout leur fric mais bon… ça doit être usant une vie comme ça, à toujours vouloir plus de ceci et de cela et je sais pas, tout le temps voyager et faire des croisères etc, etc, etc, on se demande bien c’est une folie vide de sens. Et les meilleures études, la plus belle maison et toujours plus, plus, plus.. autant se shooter à l’héroine ça me parait un plus rationnel encore. Comme c’est dit dans l’Avare, c’est une maladie. C’est ça le Tittytainement, une grosse mamelle nourricière, la manne sécurisante et l’amour illimité. L’argent est de l’amour pur, en boite. C’est le Grand Autre toujours là, toujours bien faisant. On n’atteint pas le principe de réalité avec ce genre de situation, il n’y a qu’à vouloir pour obtenir donc c’est le stade de l’hallucination du plaisir ou très proche, bref… ce sont d’éternels enfants. (psychanalyse sans garantie 🙂

    12. les chasseurs-cueilleurs

      va falloir se remuscler les bras et les cuissots ! et faire repousser les poils , les filles aussi !( pour compenser la crise de l’énergie ) …peut-être pour cela que PJ se fait pousser la barbe ! ça tient chaud …
      euh …

    13. Dans les causes profondes de la crise actuelle, je mettrais au premier rang « l’esprit analytique » où se concentre l’orgueil des hommes à prétendre solutionner tous les problèmes. Sur le papier, il n’y en a aucun , absolument aucun, qui ne résiste à l’analyse : il suffit d’y mettre les moyens appropriés. Par exemple les maths pour « gérer le risque », la logistique pour envahir l’Irak, le marketing pour vendre n’importe quoi, la biologie pour la procréation artificielle… C’est à force d’analyse, et rien d’autre, que l’on est parvenu à envoyer un homme sur la lune et creuser des trous par 5000 mètres de fond. La méthode consiste, selon le principe du calcul différentiel, à décomposer le problème en éléments aussi petits que l’on veut, puis à les recomposer (intégrer) de façon à obtenir des règles (lois) que l’on peut ensuite utiliser en fonction de quelques paramètres. La méthode est sans limites mais ne convient qu’aux problèmes scientifiques : pour traiter ceux de la nature, des humains, des sociétés, tout ce qui est « complexe » dirait Edgar Morin, elle ne conduit qu’à des déconvenues. (Cf. Comment le Sahel reverdit, exemples de ce qui marche/échoue.)

      Cet esprit d’analyse a tout envahi, à l’école il n’a pas de rival. S’il présente une efficacité indéniable et nécessaire pour acquérir des automatismes de base, (en particulier la maîtrise de la langue et du calcul), il est catastrophique pour les arts et les lettres, le travail manuel, la création et la réflexion, et tout ce que l’école devrait enseigner. Ici, j’ai besoin d’évoquer deux souvenirs pour préciser ma pensée.

      1) Quand la prof nous demandait de lire un passage du Cid, j’avais l’impression de tout comprendre. Puis arrivaient ses questions, et là, le trou noir : je ne savais jamais répondre, je n’avais donc rien pigé. Très mauvais souvenir.
      2) Pour commencer sa 1ère leçon, le prof de chimie a pris sa règle, nous a demandé si l’on pourrait la casser en deux, puis casser de nouveau chaque morceau, etc., jusqu’à la question finale : pourrait-on faire ça indéfiniment ? Non seulement l’imagination de l’élève s’en trouvait sollicitée, mais il introduisait ainsi « naturellement » la notion d’atome. Excellent souvenir.

      Dans le 1er cas, la prof de français nous imposait une analyse antérieure et nous demandait de la confirmer par le texte : nous en étions forcément incapables. Dans le second, le prof de chimie partait du problème initial naturellement synthétique, et refaisait l’analyse : forcément passionnant et compréhensible. Ainsi apparaît le défaut majeur de la méthode analytique : elle relègue « le tout » aux oubliettes, car il semble que ce qui a été analysé une fois n’a pas besoin de l’être à nouveau. C’est ainsi que les plus beaux textes de la langue française se font massacrés par « dissection analytique », sous l’œil des élèves censés les comprendre et les admirer.

    14. En France: l’Etat-Providence qui libère les citoyens de leurs responsabilités (yaka), impose des déficits budgétaires qui permettent aux puissances d’argent de peser sur toutes les décisions politiques (ce sont les créanciers, n’est-ce pas?) et de s’enrichir par la rente sur les obligations nécessaires pour combler ces déficits.
      Ne suis-je pas un peu réac pour cette enceinte?

    15. Jusqu’à maintenant, que ce soit trop de propriété pour certains ou trop de pouvoir qui crée l’injustice, tout va vers trop de concentration de richesse…

      Effectivement, Yoananda. C’est du Pareto. Soit obliger à la redistribution. Mais pas par dictature.

    16. @EOLE : « Ne suis-je pas un peu réac pour cette enceinte? « : d’abord l’enceinte, ouverte à tous les vents ou presque, n’en est pas vraiment une. Je ne lui vois guère que l’auvent d’une modération qui la protège de certaines pluies, mais pas des « réacs ». Ensuite, l’on note que votre question ne prend son sens que par rapport à votre assertion précédente : « l’Etat-Providence qui libère les citoyens de leurs responsabilités », question qui en appelle une autre que vous vous gardez bien de poser, à savoir : et si la responsabilité des citoyens étaient justement d’entretenir « l’Etat-Providence » ? Car enfin, de quoi, de qui peut-on être « responsable », si ce n’est de qq chose ou qq un qui n’est pas (à) soi ? C’est bien ça qui est écœurant, monsieur EOLE, dans votre/le libéralisme : chacun n’y est responsable que de lui-même et de ses biens. Je n’appelle pas ça « être responsable » : c’est tautologique, idiot, aveugle, inconscient, borné, absurde, inconséquent, trivial. C’est voir le monde comme les Cyclopes, ces forgerons du « bouclier de l’invisibilité » de Pluton. (Sauf erreur de mémoire.) L’invisibilité que l’on retrouve dans les comptes « off shore », dans les bilans maquillés et magouillés, et dans toutes ces consciences comme la vôtre où le réel, douloureux et laid, se garde bien d’apparaître.

    17. @Marlowe,

      N’est-ce pas ce moment historique, où les chasseurs-cueilleurs deviennent sédentaires, qui marque la sortie de l’Eden et la naissance de la tragédie ?

      Le rêve de Marlowe n’est donc pas de remonter au CNR, mais bien avant.

      Revenons donc tous à la nomadisation, tous chasseurs-ceuilleurs! Comme il y a 30,000 ans quand il n’y avait guère que quelques centaines de milliers d’êtres humains sur la terre.

      Le rêve de Marlowe inclut il aussi l’élimination de 99,9% de la population mondiale?

    18. Faire pousser le blé dans le désert.

      Il est vrai que sur des surfaces très limitées, l’intelligence humaine permet de lutter contre la désertification.
      Mais dans le même mouvement, ce sont des millios d’hectares qui sont transformés en désert ou appauvris pour des dizaines d’années par leur surexploitation et l’emploi de techniques indistrielles qui rendent le mouvement irréversible.

      Comme aurait pu dire Coluche : « si vous donnez une plaine verdoyante à un financier, au bout de quelques temps, il vendra du sable. »

    19. @Crapaud rouge

      Oui, ma fille m’a raconté qu’un jour sa prof de français s’étant livrée à ce genre d’analyse de texte sur une poésie, elle lui a fait une contre analyse démontrant le contraire de ce que la prof leur avait débité !
      La poésie qui selon la prof était une ode à la joie de vivre s’est ainsi transformée en un texte plein du désespoir le plus profond.
      Pantoise, la prof n’a pu que se ranger aux conclusions de ma fille .
      Elle avait 12 ans à l’époque et totalement réfractaire à l’éducation nationale.

    20. @chris06 : « Revenons donc tous à la nomadisation, tous chasseurs-ceuilleurs! Comme il y a 30,000 ans » : vous vous croyez malin à jouer si maladroitement de l’ironie ? Ce n’est pas ce que Marlowe voulait dire, et vous le savez bien. Alors, pourquoi ce genre de répliques qui ne riment à rien, ne mènent nulle part, ne font même pas rire, n’arrachent même pas un sourire. Aucune finesse.

    21. Ceci dit, Batracien, aux US, ils sont en train de revenir à des système de survie digne des « chasseurs-cueilleurs ».
      Et leur nomadisme augmente encore avec les expropriations. En plus des changements de richesse des états.

      Mais revenons aux causes profondes de la situation.

    22. Un jour j’étais arrivée au terme d’une longue réflexion que tout çà avait débuté avec la sédentarisation.
      Je ne me souviens plus comment, mais la conclusion s’est imposée à moi comme une évidence.
      Peut-être que lorsqu’on décrète que « ce morceau de terre m’appartient » la vision du monde change ?

    23. @ Crapaud Rouge

      Ca devrait sûrement me faire chaud au coeur d’être pris pour un libéral, à moins que je ne doive le prendre pour une insulte. Je reste sans opinion là-dessus, ne m’estimant pas libéral.
      Il n’en reste pas moins que l’Etat-providence me semble un système irresponsable quand on ne parvient pas à mettre en face les ressources pour se le payer.
      Si vous me disiez qu’il y a mauvaise répartition du produit de l’économie et que cela crée le manque de ressources, je serais assez d’accord. S’auf qu’il y a deux points (un trop et un pas assez) où une répartition, quelle qu’elle soit, finit par devenir anti productive.
      Pour moi, rien n’exonère les dirigeants politiques comme ceux qui les désignent de leur responsabilité de choisir où se situe la zone « optimale » pour placer le curseur de la répartition des produits de l’économie.

    24. à Louise,

      Marlowe est en grande harmonie avec ce que vous dites.
      Notre problème est que le retour en arrière est impossible.
      Alors, que faire ?

    25. à chris06,

      Pour être clair, toute apparence de dialogue bien élevé avec vous et vos semblables ne m’apporte aucune satisfaction.
      Veuillez noter que je ne vous répondrai plus que par le silence.
      Vous pourrez donc me faire dire ce qui vous convient.

    26. à Yvan,

      Le survivalisme, qui se développe aux USA et bientôt ailleurs, n’est pas le retour vers un Eden du passé, c’est une misère.
      Par ailleurs les chasseurs vont être des pilleurs et non des cueilleurs.

    27. @EOLE,

      il semblerait que pour certains commentateurs ici présents, toute personne qui n’est pas d’extrême gauche ou bien anticapitaliste est forcément un libéral.

      @Crapaud Rouge,

      Ce n’est pas ce que Marlowe voulait dire, et vous le savez bien.

      Non, je n’ai pas compris ce que Marlowe voulait dire.

      @Marlowe,
      mes excuses, je n’ai pas compris ce que vous vouliez dire.

    28. C’est ainsi que les plus beaux textes de la langue française se font massacrés par « dissection analytique », sous l’œil des élèves censés les comprendre et les admirer.

      Ah, cela dépend des générations, et des enseignants sans doute …
      En français, jamais eu, au lycée, de professeur procédant ainsi …
      par contre, chez des trentenaires de ma connaissance, cela se passait ainsi en fac de lettres…=) d’où une certaine désaffection de la lecture pendant un certain temps …
      contrairement à moi, qui avait eu, une génération avant, un ou deux « conférenciers » érudits et passionnés …
      George Steiner avait écrit un livre sur la passation : Maîtres et disciples, NRF Essais, Gallimard, 2003
      « « J’ai eu de la chance avec mes professeurs. Ils m’ont laissé persuadé que, sous sa forme la plus haute, la relation de maître à élève est une allégorie en acte de l’amour désintéressé. » (Errata. Récit d’une pensée) /Wikipedia

    29. @chris06 : ok d’accord, vous n’aviez pas compris, cela arrive, mais bon, dans ce contexte, où il était clairement question des causes, non de solutions, avouez qu’il était difficile d’imaginer que vous n’aviez pas compris…

    30. Pour les causes

      1.La mauvaise répartition des richesses engendre la sur-utilisation du crédit ,

      qui elle même engendre l’asphyxie économique .

      2. Lorsque les lobbies infiltrent le pouvoir, l’intérêt de quelques uns est privilégié au détriment de tous , et ce jusqu’à la folie .

      Pour les causes des causes :

      1.Un monde en mutation , où l’inéluctable interdépendance sera l’occasion du développement de l’espèce ou de sa disparition.

      2. toi , et moi , et nous…
      http://www.youtube.com/watch?v=b26S-R_lyYE

    31. Bien d’accord avec toi, Béber.

      Le sondage reprend. Allez-y, Mesdames-Messieurs. Ici, contrairement à partout ailleurs, ce n’est pas manipulé car vous avez l’avis de chacun.
      Autant en profiter.

    32. Pour en revenir aux causes profondes dans lesquelles je voyais (ci-dessus) l’esprit analytique : je devais être inconsciemment inspiré d’Alain Caillé dont j’avais lu Démocratie, totalitarisme et parcellitarisme, où il écrit :

      Tentons, pour conclure cette esquisse typologique, de définir le parcellitarisme non par rapport au totalitarisme, comme son opposé complémentaire, mais en lui-même. On entendra par parcellitarisme le triomphe absolu de l’analytique sur le synthétique, le mouvement permanent qui tend à décomposer toute chose, tout sujet collectif, institutions ou organisations, tout individu, tout savoir, tout pouvoir, tout territoire ou tout espace de temps, etc., en parcelles, en postulant que cette désagrégation est bonne par elle-même et sans se soucier a priori de la liaison souhaitable entre les parcelles ainsi libérées.

      Tout décomposer pour recomposer dans la perspective du profit, évidemment…

  28. Les Danois ne veulent pas de l’euro.
    Dans un sondage réalisé par l’institut Gallup, 41% seulement des électeurs danois se disent favorables à l’entrée de leur pays dans la zone euro. Un record.

    Le quotidien Berlingske Tidende vient de publier les résultats d’un sondage Gallup qui laisse apparaître une nette remontée du camp des opposants au remplacement de la couronne danoise par l’euro. Près 50% des personnes interrogées s’y opposent.

    http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20110211trib000600601/les-danois-ne-veulent-pas-de-l-euro.html

  29. La Commission européenne a lancé la chasse aux gaspillages alors que se prépare une bataille à couteaux tirés en vue d’établir le prochain budget de l’UE en période de rigueur généralisée.

    Le maître du jeu est le Premier ministre britannique David Cameron. Il a scellé en décembre dernier une alliance avec la France, l’Allemagne, les Pays-Bas et la Finlande pour imposer un gel du budget de l’UE jusqu’en 2020. Ces cinq pays représentent 50% des contributions au budget de l’UE. La Commission européenne se retrouve désormais le dos au mur. Elle doit présenter fin avril un projet de budget pour 2012, puis deux mois plus tard, en juin, des propositions pour la période 2014-2020.

    http://www.lalibre.be/actu/international/article/642438/bruxelles-lance-la-chasse-aux-gaspillages-et-prepare-la-bataille-du-budget.html

    Les traitements représentent la moitié de ces coûts, mais pas question de « faire un geste » en signe de solidarité, comme l’avait suggéré il y a quelques mois le Français Joseph Daul, chef du groupe conservateur au Parlement européen.

    Ben voyons..la rigueur pour les autres bien entendu!

  30. La privatisation de tout (sauf la Justice, la Police et l’Armée).

    Les « grands éditorialistes » de la presse économique ont déjà commencé à préparer les esprits à la privatisation de tout.

    « Enjeux Les Echos », janvier 2011, page 21 : Jean-Marc Vittori écrit un long article sur la faillite des Etats européens.

    L’apocalypse de la dette.

    […] Ce qui se prépare est d’une tout autre ampleur. Autant tenter de comprendre les effets d’un tsunami à partir des vaguelettes dans une baignoire ! Comme toujours, les investisseurs cesseront brutalement leurs prêts. Mais cette fois-ci, de grands Etats seront atteints : «too big to be saved» – trop gros pour être sauvés. Aucun remorqueur de haute mer ne pourra leur porter secours, pas plus le FMI que la Banque Centrale Européenne ou les Etats-Unis, eux-mêmes menacés. Nous rentrerons alors dans un monde nouveau. Tellement nouveau qu’il semble inconcevable. Nous devons donc commencer à l’imaginer.

    Si le choc se produit, il sera d’une violence inouïe. Il suffit de songer à ce qui se passerait en France si les fonctionnaires n’étaient pas payés pendant des mois (l’emprunt doit apporter en 2011 le quart des ressources de l’Etat). Les gouvernants devraient alors très vite faire un choix impossible.

    Soit les gouvernants impriment des billets – mais c’est interdit dans la zone euro et cela ne règle le problème que très provisoirement, comme l’Histoire l’a toujours prouvé.

    Soit ils ne bougent pas, prenant le risque d’une dislocation totale des institutions publiques.

    Soit ils resserrent l’Etat sur ses missions régaliennes (justice et sécurité), en larguant au privé des pans entiers d’activités devenues largement publiques au fil des siècles, comme l’éducation et la santé. Au passage, la redistribution assumée par l’impôt et la dépense publique serait laminée. Tout comme l’épargne, très investie en obligations publiques. Ce scénario peut paraître incroyable. Mais quelle est l’alternative ?

    Au bout du compte, c’est la démocratie sous sa forme actuelle qui risque de chavirer. Au fond, ce n’est guère étonnant. Car la démocratie est née … de la lutte contre la faillite de l’Etat ! Ca s’est passé au XVIIème siècle, en Angleterre. En 1672, le roi d’Angleterre Charles II fait défaut sur sa dette. De cette décision émerge un nouvel ordre politique et économique. La Banque d’Angleterre est créée en 1694, pour financer la reconstitution de la flotte royale détruite par les Français. Le Parlement prend le pouvoir pour mettre fin aux débordements royaux. Le peuple est désormais responsable des emprunts, non plus le souverain. Lors de la Révolution française, un siècle plus tard, la Constituante prend la même décision fondatrice. Et l’Amérique, qui a incarné l’idéal de la démocratie parlementaire plus que tout autre pays, n’a jamais fait défaut.

    La faillite à venir des Etats modernes risque donc de submerger non seulement l’économie, mais aussi la politique. Un monde nouveau émergera, comme au XVIIème siècle. Avec une nouvelle forme de démocratie, d’autres mécanismes de justice sociale. Mais le choc serait particulièrement rude en France, où l’Etat constitue le socle de la nation. Rassurez-vous : ce n’est pas pour 2011. Enfin, sans doute pas.

    Jean-Marc Vittori.

    1. saut la justice, la police et l’armée ? vous rigolez ou quoi ?
      demandez aux mercenaires qui travaillent pour les américains … lol
      tout, absolument tout sera privatisé a terme.

    2. tout, absolument tout sera privatisé a terme.

      C’est en effet ce qui nous attend, dès lors que RIEN ne retient plus les « Marchés »…

      On privatisera même le Planning Familial, avec achat du futur bébé (achat « à terme », bien entendu), et, pourquoi pas, tant qu’on y est, choix optionnel (payant…) de la durée de vie probable du nouvel arrivant, et les CDS qui vont bien avec….

      Hâtons-nous d’en rire!…Nous aurons des années pour en pleurer.

    3. Ah non ! Faut tout privatiser, TOUT de TOUT que j’vous dis : même la justice, la police, l’armée, les rues, l’oxygène, le roi (des belges) ou votre Président de la République (aux enchères).

      C’est ce qu’on proposé les anarcho-capitalistes comme Murray Rothbard et David Friedman.
      Selon eux, il faut tout privatiser, même l’atmosphère, l’eau des rivières et des océans, la surface des mers éclairée par les phares…

      Comme le dit si bien Chomsky, ce qu’ils proposent c’est un monde bâti sur la haine des autres, un monde dont vous voudriez vous extraire le plus rapidement possible ou bien vous sucider….

      C’est en fait la désintégration sociale poussée à l’extrême, le « suicide des sociétés » : pas étonnant qu’ils fassent tant d’émules aux Etats Unis, surtout parmi les membres des Tea Party.

    4. Mon billet du 12 juillet 2010 : La décadence

      La décadence a lieu de son propre mouvement quand l’individu fait prévaloir sa liberté immédiate par rapport au bonheur de la communauté dans son ensemble. Une idéologie existe qui place cette liberté immédiate au pinacle : l’ultralibéralisme sous ses formes diverses du libertarianisme, de l’anarcho-capitalisme, etc. Notre société contemporaine se singularise par le fait qu’une idéologie porteuse des principes de sa propre décadence s’est formulée explicitement en son sein, prône les valeurs qui la provoquent inéluctablement quand elles sont mises en œuvre, et applique son programme consciencieusement et systématiquement, quelle que soit la puissance des démentis que les faits lui apportent.

      Aussi : Le temps qu’il fait, le 28 janvier 2011

    5. Ce « tout privé » est loin d’être impossible, ça fiche la trouille. Au demeurant, il n’est concevable qu’à condition de ne pas exclure la justice, la police et l’armée. Ces institutions pourraient fort bien être remplacées par des « GIP », Groupement d’Intérêt Public, formés sur le modèle des GIE bien connus. Le territoire national serait ainsi privatisé, un territoire en taches de léopard : certaines zones seraient fort civilement administrées, car sous le contrôle de consortiums, et d’autres, laissées à l’abandon de toute administration digne de ce nom, seraient sous le contrôle des gangs mafieux. C’est un peu ce qui se dessine à Glasgow, selon le Diplo (« Vivre riche dans une ville de pauvres« ), qui raconte que : « En août 2008, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié une enquête révélant que la différence d’espérance de vie entre un enfant né dans un quartier riche de Glasgow — au sud et à l’ouest — et un autre mis au monde dans un quartier pauvre de la même ville — à l’est — atteignait vingt-huit ans… »

    6. Crapaud, C’est en effet flippant, car pour connaître intimement le fonctionnement des GIE et GIP, je peux te dire qu’il ne s’agit que d’un marchepied vers la privatisation totale, et que la plupart des GIE à l’heure actuelle fonctionnent déjà sur le modèle des boîtes privées, avec de moins en moins de fonctionnaires et de personnels détachés des ministères de tutelle, voués à être totalement éradiqués, des contrats précaires, un management à l’unisson, etc. et un détachement grandissant vis-à vis des autorités de tutelle.

    7. Marlowe : voir les accords AGCS (que la France a signé en 1993 lorsque Mr Balladur était premier ministre.)

      Mais tous les pays ont signé cet accord…

      Il est donc facile de voir que ce plan américain était prévu de longue date.

    8. GIE et GIP, je peux te dire qu’il ne s’agit que d’un marchepied vers la privatisation totale,

      oui, feu-l’hôpital public tend à « délocaliser » les scanners dans feu-le- privé-à-but-non-lucratif : sur l’enveloppe de réception – ce qui n’était encore noté nulle part : GIE des Scanners de tel lieu !

      à pleurer !

  31. Ben trichet a parlé:

    Trichet : impératif de « surveiller la compétitivité » des pays de l’eurozone

    dimanche 13 février 2011, 20:28 lesoir
    Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, juge impératif de « surveiller la compétitivité » des pays de la zone euro, dans une interview où il exprime en filigrane sa sympathie pour le pacte de compétitivité proposé par Berlin et Paris. « Après les expériences faites pendant la crise, il est pour nous impérativement nécessaire de surveiller la compétitivité des pays, et cela vaut aussi en terme de correction des déséquilibres entre les économies nationales », a dit M. Trichet au journal Weser Kurier à paraître lundi.

    1. Une varion simplifie du Mahabarata Mal Luné?

      Si je me souviens bien de l’adaptation de Peter Brook trois chapitres:

      I. Le jeu (pile ou façe)

      quand tu perd =>

      II. Le forêt

      et quand tu en mare =>

      III. la bataille

      Une histoire vieux comme le monde

    2. Yvan,

      « Socialisation des pertes et privatisation des profits. »

      Est ce que ça veut dire que la domaine publique et l’état sont devenu « les poubelles » de la société?

      L’intérêt générale condamné à perdre?

    3. Ya, Peter. C’est tout à fait ça.

      Mais comme je l’ai écrit plus haut, cela était prévu de longue date. Le plan devient simplement « trop » apparent à cause de la crise.
      Les deux sont peut-être liés, notes.

    4. Yvan,

      Pour moi ils sont liées sont aucun doute!

      Quoi faire avec cette connaissance c’est encore une autre chapitre.

      Le prix selon Paul Jorion et je suis d’accord a une élément très important dans « la rapport de force ».

      Ou comme mon père (il était entrepreneur) disiais: « Si le client est Roi » (une expression Néerlandais) « moi je dois être empereur »

      A l’époque (il y a trente et quelques années) j’ai eu honte, mais dans les années après j’ai compris, sans différence en pouvoir, profit n’est pas possible!!!

      C’est le constat Paul Jorion fait dans son livre « le prix ».

      Peut être je suis trop nulle mais, mais la suite pour moi est logique: profit égale différence dans la rapport de force.

      J’ai contacté Paul Jorion sur ce sujèt, mais il ne reçoit pas mes messages ou il ne trouve pas l’intérêt d’y repondre. On verra ou pas! Quelque part c’est dommage, parceque j’aimerais bien de voir sont point de vue sur cette observation.

      Yvan, comment vois tu?

    5. Yvan a écrit:

      Je n’arrive pas à refouiller tout le blog et retrouver tous mes commentaires, j’en fais un peu trop.

      Par expérience : il y a une expression capitaliste horrible qui résume TOUT : le POUVOIR d’achat…

      Soit, tout est basé sur un rapport de force et un gros client pourra tuer un petit vendeur tout comme un gros vendeur pourra tuer le petit client.

      Mais tu devrais nous donner quelque prix de viande (Euro/kilo) en Allemagne de façon à ce que CHAQUE Français se rende compte de la différence, ici, en France…

      Chiche que certaines viandes soient du simple au DOUBLE…..

      Si tu es capable de suivre tout, tu doit être dieu,……………………….. quelle Pouvoir d’achat! 😛

      Mais ton résumé est excellent POUVOIR d’achat.

      Soit, tout est basé sur un rapport de force et un gros client pourra tuer un petit vendeur tout comme un gros vendeur pourra tuer le petit client.

      Est ce que au bout de compte ça permet de vivre en sociéte……………… democratie………. état de droit………………… ou tour simplement économie?

      Mais tu devrais nous donner quelque prix de viande (Euro/kilo) en Allemagne de façon à ce que CHAQUE Français se rende compte de la différence, ici, en France…

      Quand je suis rentrée en France j’ai vu la vie quotidienne est plus cher que en mon pays d’origine le Pays Bas. Un avantage la distribution!!!

      Mais est ce que la vrai problématique se trouve dans cette comparison? Eh oui tu as raison quelque part, avec « le pouvoir d’achat » on regarde ou c’est le moins cher et si c’est ailleurs on laisse tombe la production/consomation locale, le vraie économie.

      Comme c’est aujourd’hui «  » » »économique » » » » de pecher de grande quantitée de poissons dans la mer du nord, ammener en chine fair des fillets et faire retourner en Europe. Pour moi ça explique la rationalité économique est trèèèèèès très malade.

      Mais Yvan est ce que selon toi le profit pouvait être un simple mesure de différence du rapport de force entre offre et demande?

  32. Lumineux résumé des chemins défoncés qu’on nous oblige à emprunter sous l’aiguillon de gardiens corrompus ou malades.

  33. A propos de la privatisation de tout :

    Après la critique de « l’emploi à vie » émise par le président du groupe UMP à l’Assemblée, Christian Jacob, une proposition de loi déposée le 13 janvier 2011 par le député UMP Jean-François Mancel risque de faire du bruit. Le projet du député de l’Oise vise en effet à réformer le statut de fonctionnaire au sein de la fonction publique d’État, pour le réserver aux seuls agents des ministères régaliens : la Défense, l’Intérieur, la Justice et les Affaires étrangères.

    PROPOSITION DE LOI DU DEPUTE UMP JEAN-FRANCOIS MANCEL :

    Article 1er :

    Les articles 2 et 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires sont ainsi rédigés :

    « Art. 2. – La présente loi s’applique aux agents civils des administrations de l’État, des régions, des départements, des communes et de leurs établissements publics y compris les établissements mentionnés à l’article 2 du titre IV du statut général des fonctionnaires de l’État et des collectivités territoriales, à l’exclusion des fonctionnaires des assemblées parlementaires et des magistrats de l’ordre judiciaire, qui ont vocation à occuper les emplois définis à la seconde phrase du premier alinéa de l’article 5 bis.

    « Les autres agents sont régis par les dispositions du code du travail.

    « Art. 3. – Sauf dérogation prévue par une disposition législative, les emplois civils permanents de l’État, des régions, des départements, des communes et de leurs établissements publics définis à la seconde phrase du premier alinéa de l’article 5 bis, sont, à l’exception de ceux réservés aux magistrats de l’ordre judiciaire et aux fonctionnaires des assemblées parlementaires, occupés soit par des fonctionnaires régis par le présent titre, soit par des fonctionnaires des assemblées parlementaires, des magistrats de l’ordre judiciaire ou des militaires dans les conditions prévues par leur statut. »

    Article 2 :

    Les dispositions de l’article 1er s’appliquent aux agents recrutés à compter de la publication du décret mentionné à l’article 3.

    Les agents recrutés avant cette publication peuvent, à leur demande, être régis par les dispositions du code du travail, dans les conditions définies par le même décret.

    Article 3 :

    Un décret en Conseil d’État fixe les modalités d’application de la présente loi.

    http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion3088.asp

    1. Jean François Mancel…

      Voilà un député intéressant et qui a des idées. En lisant la wikipedia, j’apprends ceci:

      Après une condamnation en première instance par le tribunal correctionnel de Beauvais (Oise), Jean-François Mancel est relaxé le 29 novembre 2001 par la cour d’appel d’Amiens. Cet arrêt est ensuite censuré par la Cour de cassation. Le 14 avril 2005, Jean-François Mancel est condamné par la 9e chambre de la cour d’appel de Paris à 18 mois de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende et dix ans d’inéligibilité. Le 1er décembre 2005 la Cour de cassation de Paris rejette son pourvoi et confirme les peines prononcées en appel. Ensuite, le 2 mars 2006, la Cour d’appel de Paris a annulé son inéligibilité tout en confirmant sa condamnation avec sursis et son amende.

      Un vrai pauvre type comme l’UMP en recèle des masses.

  34. Une idée intéressante.

    « Le think tank CEPS préconise dans une note la solution d’un swap contre la dette de l’EFSF, plutôt que des rachats directs sur le marché. Daniel Gros et Thomas Mayer sont de retour. Le directeur général du think tank européen CEPS et le chef économiste de Deutsche Bank à Londres s’étaient distingués il y a un an en prônant la création d’un fonds monétaire européen. Dans une nouvelle note, ils détaillent le mécanisme qui permettrait au Fonds européen de stabilité financière (EFSF) de restructurer la dette d’un Etat, sans déclencher un défaut ».

    http://www.agefi.fr/search/default2.aspx?search=dette%20souveraine&id_article=1167372&page=&themes=&societes=&personnes=&publications=&tri=

    1. Des montages financiers de ce type sont toujours envisageables, mais ils reviennent à une mutualisation de la dette, pour laquelle les conditions politiques ne sont pas réunies.

  35. La question des votes prétendument démocratiques mise en avant dans plusieurs commentaires mérite d’être examinée sous l’angle des conditions démocratiques ou non dans lesquelles se déroulent en France les élections nationales. Pour les deux dernières présidentielles, il s’avère que plusieurs candidats avaient des comptes de campagne non conformes notamment les deux candidats élus. Nous aurions dû de ce fait voir leur élection invalidée et revoter. Que dire aussi du respect du NON majoritaire au projet de TC européen.
    Au final l’électeur est floué et ne peux si ce n’est comprendre mais tout simplement peser réellement sur la désignation des responsables et encore moins sur la politique qu’ils mènent ou mèneront. Le concept de « pays démocratique occidental  » cher à ALBIN en prend un sérieux coup, la démocratie aussi. Les candidats et élus ayant pratiqué la tricherie lors d’élections ainsi que ceux qui l’ont rendue possible doivent comprendre quels risques ils prennent et ils devront à un moment en répondre devant ceux qu’ils ont trahis. En tout cas pour moi au lieu de « vaillants cost_killers » je ne les perçois que comme des nuisibles dans notre société.

  36. Le député UMP Jean-François Mancel est un « cost-killer ».

    Le député UMP Jean-François Mancel veut réserver les emplois de fonctionnaires à la Justice, la Police, l’Armée et les Affaires Etrangères.

    Je le cite (sa proposition de loi date du 13 janvier 2011) :

    Mesdames, Messieurs,

    Tout État, pour assurer ses missions, a besoin de s’appuyer sur une fonction publique efficace. Notre pays n’échappe pas à la règle. Cependant, force est de constater que le poids de la fonction publique française est de plus en plus important au point qu’il en arrive à nuire à son efficacité, malgré la valeur de ses agents.

    Le rapport Silicani de 2008 sur la fonction publique estime que plus de sept millions de personnes occupaient un emploi de service public en France au 31 décembre 2005, ce qui représente plus de 28 % de l’emploi national total. Concernant le service public administratif, le nombre d’agent a augmenté de près de 25 % entre 1986 et 2006, passant de 4,2 à 5,2 millions. Cette constante augmentation, qui découle en partie d’une forte hausse de l’emploi territorial suite aux processus de décentralisation, génère des pesanteurs au sein de l’appareil public, dommageables autant à celui-ci qu’aux Français.

    Nos voisins européens l’ont bien compris et la France est aujourd’hui le seul grand pays développé où il existe encore une séparation totalement étanche entre le statut des fonctionnaires et celui des salariés du secteur privé.

    Réformer le statut de la fonction publique en France, en le resserrant autour des fonctions régaliennes, aurait des conséquences hautement bénéfiques.

    Tout d’abord, cela contribuerait à dynamiser les domaines non régaliens actuellement englobés dans la fonction publique. En effet, la généralisation du contrat de travail de droit commun permettrait une meilleure prise en compte du mérite ainsi qu’une meilleure gestion des ressources humaines et créerait des ponts entre le secteur public et le secteur privé. Cette nouvelle flexibilité nourrirait une dynamique d’enrichissement réciproque des deux secteurs.

    Ensuite, cette réforme du statut aurait un impact non négligeable sur les dépenses publiques au sein desquelles les dépenses de personnel représentent près de la moitié du budget de l’État. À l’heure où le Gouvernement a décidé de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, une telle mesure viendrait renforcer la volonté de rationalisation des dépenses de l’État.

    Enfin, il convient de souligner que les contraintes qui pesaient sur les agents publics au nom du service de l’intérêt général et qui justifiaient les droits spécifiques liés au statut ont perdu beaucoup de leur importance d’origine, ce qui justifie aujourd’hui d’adapter le statut à ce nouvel environnement.

    Aussi, la présente proposition de loi vise à réformer le statut de la fonction publique en le limitant aux seules missions régaliennes, revenant ainsi aux sources de ce statut spécifique.

    Dans son article 1er, elle modifie et complète les articles 2 et 3 de la loi du 13 juillet 1983 (dite loi Le Pors, portant droits et obligations des fonctionnaires) en restreignant le champ d’application du statut de la fonction publique aux seuls emplois de souveraineté nationale et de puissance publique.

    Dans son article 2, elle précise que cette modification ne s’applique qu’aux nouveaux entrants au sein de la fonction publique et non aux agents actuellement en poste afin de ne pas porter atteinte à leur choix initial.

    Cependant, il ne faudrait pas fermer la porte à ceux d’entre eux qui souhaiteraient bénéficier du nouveau régime généré par le contrat de travail de droit commun. Aussi, dans son article 3, la présente proposition crée un droit d’option.

    Loin de représenter une forme de désengagement de l’État, cette proposition de loi s’inscrit dans une logique d’égalité et de réconciliation au sein de la société française à l’heure où les différences entre le secteur public et le secteur privé apparaissent plus que jamais injustes aux yeux de nombre de nos concitoyens, particulièrement suite à la grave crise financière que nous venons de traverser.

    http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion3088.asp

    1. blablabla blabla …
      enrobage, pour ne pas dire ce qui est :
      guerre économique, provoquée par les USA, avec l’aide des « banksters réunis », avec par prestidigitation, passage des dettes privées dues aux malfrats sus-nommés vers les dettes publiques, et dirigée contre l’Europe, en vue de lui imposer une régression extrême pour ses populations, et une marche forcée vers les privatisations à tout crin, suite logique des politiques d' »ajustement » de l’OCDE, du FMI , de l’OMC et de la Banque mondiale, afin que les oligarchies mondiales délétères puissent continuer de se sucrer sur le dos de la bête …
      quelle prétendue « civilisation » prétend-on sauver ? la civilisation du pognon ?
      RIEN A SAUVER ! LAISSER COULER !

  37. Le concept de tittytainment a été utilisé pour la première fois lors d’une conférence de la fondation Gorbatchev sur la gouvernabilité des populations frustrées par les conséquences de l’ultralibéralisme : Cf. Hans Peter Martin et Harald Schumann, Le Piège de la mondialisation, Solin-Actes Sud, 1997. C’est le processus d’abrutissement préconisé par Brzejinsky, membre de la Trilatérale, ex-conseiller de Jimmy Carter, comme solution aux problèmes d’emploi et de pouvoir d’achat endurés par 80% des populations du globe, seule une élite de 20% ayant accès aux emplois et rémunérations permettant un mode de vie et de consommation satisfaisant.

    1. Le détective pense que ce concept a été utilisé la première fois en 1995 à l’occasion de la première réunion du « State of the World Forum » en présence de près de 500 personnes comptant parmi les plus riches et puissantes du monde (Gorbatchev, Bush junior, Tatcher, Bill Gates…).
      Le sieur Brzezinskia a par la suite nié être l’auteur de cette trouvaille.
      Mais peut importe, ce mot semble résumer une tendance très forte dans la gestion des sociétès modernes.
      Le rôle central qui était joué par la répression est maintenant remplacé, ou seulement complété, par l’infantilisation des peuples.
      Le divertissement, y compris au sens du détournement de l’attention, encourage la fausse conscience et rend d’autant plus dépendants ceux auxquels il s’adresse que ceux-ci le recoivent avec un plaisir béat.
      Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes !

  38. Et si l’origine du problème est tout simplement le poids financier du monde ‘

    Amha l’origine de l’effondrement du système soviétique c’était le poids de sa bureaucratie devenue tellement grosse, compliquée et ingérable (tout le monde veut avoir ses petits privilèges sous le système communiste, a savoir avoir plus de confort , un travail moins dur ect….ou plus de bricoles que son voisin).

    L’origine de la crise actuelle est tout simplement le poids financier devenue inutile et virtuelle ( traduction : tout le monde cherche des privileges dans ce système qui est le capital, a savoir s’enrichir )

    Conclusion:
    C’est cyclique, tout système de répartition de richesse est très bien au départ , mais il se fait corrompre inévitablement avec les périodes plus ou moins longues. Soudainement les #parasites# deviennent trop gros et tuent le système en drainant son énergie vitale.

    Il y a aussi un paramètre possible , la fin de tout civilisation est en général due a sa complexification inutile a force de vouloir régler tel ou tel problème, c’est comme les lois au bout d’un moment elles deviennent absurdes et contre productives a force de satisfaire a tel ou tel partie sur une très longue période .

    Donc je préconise un RESET total , a dire on renverse tout qui est sur la table et on repart sur des bases saines et ACTUELLES

    Il est temps de passer a autre chose !!!

    1. Devos…

      La puissance de l’intelligence mise au service du rire…
      J’ai sa compil complète.

      Il y a parfois des hommes d’exception, tout de même.

  39. L’avant-dernier paragraphe de votre texte semble directement calqué sur les démonstrations exposées dans « La stratégie du choc » de Naomie Klein, ouvrage passionnant qui nous en apprend beaucoup sur l’état du monde actuel et bien sûr sur l’état d’esprit qui prévaut chez nos chers dirigeants ultra-libéraux. Le rouleau-compresseur avance, ou l’histoire en direct-live…
    Cette référence revient souvent sur ce blog, mais il me semble vraiment salutaire de faire connaître ce livre particulièrement instructif.
    Un autre ouvrage qui est aussi d’une grande justesse et d’une grande profondeur quant à l’analyse des maux de notre société est : « Comment le capitalisme nous infantilise » de Benjamin R. Barber, excellente analyse de l’évolution mercantiliste de notre société et des dangers que cela représente pour la démocratie notamment par le biais de la mutation des citoyens en consommateurs.
    Bonne lecture.

    1. Consommateurs ? Mais avec quels revenus ? La précarisation de tous, voulue et programmée va nous obliger à faire des choix, certainement pas judicieux grâce aux méfaits publicitaires, mais des choix quand même .
      Réduire l’essentiel de la population à l’esclavage va poser quelques problèmes alors que nous sommes déjà en sur-production .
      Il y a deux solutions, soit mieux répartir les richesses ( c’est mal parti !) soit au contraire creuser les inégalités pour que s’opère une sorte de « tri sélectif » . On ne dira pas jusqu’où peut aller ce tri, le « titytainment » proposé par ce grand humaniste de Brzezinski ne serait alors qu’une étape …

    2. La crise interne du capitalisme.

      C’est une situation explosive pour le capitalisme que d’avoir deux exigences incompatibles.
      Il lui faut payer le travail le moins cher possible et il lui faut vendre les marchandises produites.
      Plus l’automation supprime le travail humain, plus la valeur créée diminue, moins la masse d’argent en circulation est disponible pour acheter les marchandises, ou les marchandises-services, produites.

      C’est d’une véritable limite interne qu’il s’agit.
      Par limite externe, il faut entendre les limites de la planête qui induisent que dans un monde fini (à tous les sens du terme ?) le développement infini est impossible.
      Le capitalisme agonise du fait de ses deux limites ontologiques.

      Petite remarque : quand on dit « chercher du travail » on veut dire « chercher de l’argent », mais le déplacement n’est pas innocent.

    3. C’est bien en quoi, le principe des marchés captifs, une fois privatisés, n’en dérogent jamais en aucun cas d’imposer leur facturation en force de factures obligatoires ….
      de même cette idée d’une branche privée, pour la dépendance, passage à la caisse obligatoire …

    4. @ Marlowe

      Il ne faudrait pas déduire trop vite de cette tentative effectivement mise en place qu’elle a réussi ! Vous dites « le capitalisme nous a infantilisés », ça a l’air d’une sorte de mea culpa, mais que représente dans la pratique ce « nous » ? Que voulez-vous dire exactement ? Que l’incapacité à grandir, c’est à dire à faire des choix, comme celui de s’engager, par exemple, est imputable à un système qui multiplie les fausses voies d’investissement (sans jeu de mots), les fausses et faciles indignations, qui détruit de bons et tangibles droits pour y substituer une vague empathie caritative, et fait de la défense desdits droits la dernière des ringardises ? Expliquez-vous !
      Quant à moi, par expérience concrète, pour avoir vu, par exemple, en Seine-Saint-Denis des parents d’élèves de base, parfois même pas adhérents FCPE , plus remontés que nous lors de certaines grèves, venant en masse aux AG, nous demandant de garder le moral, votant l’occupation du collège par les parents un jour sur deux pour que nous ne soyions pas pénalisés par trop de journées de grève etc…, je ne crois pas que cette entreprise d’infantilisation ait réellement réussi, sinon à la marge.
      Il me semble que cette vision d’une population avachie, heureuse et béate dans son exploitation est une vue de l’esprit , non seulement inexacte, mais aussi inféconde et même nocive politiquement que son inverse, classes laborieuses, classes dangereuses.
      Malheureusement, c’est le contraire : le mal-être, l’absence de perspective et de sens provoquent l’augmentation des dépressions, des suicides.
      Je n’aime pas ces idées toutes faites qui inversent les rôles.
      L’école, institution qui devrait permettre aux êtres de démarrer dans l’existence par l’ expérience d’un contact structurant avec autrui et le monde, est dés le départ au contraire, en France particulièrement, un lieu de compétition déprimant. Les dégats faits aux personnalités, l’absence de vraie curiosité, le manque de confiance en soi, le conformisme, la crainte de prendre des initiatives ont leur origine là en premier lieu.
      Je vous recommande un DVD magnifique, Adieu Barbiana, où on voit le destin d’ Italiens qui ont eu la chance de fréquenter dans les années 60 cette école extraordinaire où les mômes des paysans des Pouilles étudiaient toute la journée, toute l’année, sans prendre de vacances hormis pour aller en Angleterre se débrouiller en anglais…mais dans l’enthousiasme des découvertes qu’ils choisissaient de faire. Et qui bien entendu battaient à plates coutures lors des examens d’état les écoliers de l’école ordinaire qui les avaient regardés de haut à cause de leur dégaine. Ils sont presque tous devenus des syndicalistes critiques de leur organisation !…
      Vous demandez Que faire ?
      Je me permets de vous suggérer de trouver un endroit pour agir concrètement à votre façon. Vous verrez comment sont les gens en réalité et en marchant, vous trouverez peut-être, peu à peu, le dessein d’ensemble que vous cherchez.

  40. @François Leclerc :
    « En évoquant la création d’une « cinquième protection » (pour ne pas dire branche) de la Sécurité sociale, afin de prendre en charge la dépendance, que Nicolas Sarkozy a-t-il en tête qui évoque prudemment à la télévision la possibilité d’avoir recours aux assurances privées, faisant valoir qu’il ne fallait pas l’écarter pour des « raisons idéologiques » ? »

    Un rapport de l’IGAS et de l’IGF :
    http://pisdg.com/dp/documents/bibliotheque/Rapport_IGAS_IGF_Octobre_2010.pdf

    Où on propose de se préparer à l’application de la Directive Services :
    http://www.vie-publique.fr/actualite/alaune/europe-directive-services-transposee-france.html

    La loi HPST est déjà passée.
    Reste le financement de la dépendance (‘marché’ de plusieurs dizaines de milliards d’euros).

    Tout y est.
    Ecris noir sur blanc.

    1. Les directives européennes s’apparentent-elles non seulement de la bulle papale, …
      mais encore à fond la caisse d’une pratique mimétique empruntée des plus grands « bullophiles » qui se revendiquent toujours obstinément de créer de la bulle financière à tout prix, et toujours obstinément de la bulle financière à tout prix ????

  41. Sur le Tittytainment, cela me semble être une facette
    mais seulement un facette
    de ce que Bernard Stiegler appelle la « prolétarisation », et qu’il décrit comme perte des savoir-faire ou savoir-vivre.

    Cet étage supplémentaire du même concept de départ me semble plus puissant car on a bien compris récemment comment il s’attaquait au cadre moyen-supérieur à France Télécom, alros que le même cadre moyen-supérieur pourrait se faire l’illusion qu’il échappe à l’abrutissement télévisuel etc. , à la désublimation par les industries de programme.

    Traquons cette « prolétarisation » là…

    1. Le Tittytainment est réservé en priorité à ceux qui sont les déchets produits par l’économie devenue folle, tous ceux pour lesquels il n’existe ni travail ni avenir, probablement 80 % de la population mondiale.
      Le Tittytainment est un mode de gourvernance.
      Quant à la prolétarisation cela fait plus de 40 ans que des théoriciens français ont annoncé la prolétarisation de tous les salariés, et des cadres en premier et aussi le développement du système du péonage.
      Quant aux illusions des cadres, elles sont produites par le système et elles le produisent en retour.

  42. Cost-killer et « privatisation de tout », suite :

    A propos du député UMP Jean-François Mancel (encore un « cost-killer » !) : sa proposition de loi déposée le 13 janvier 2011 contient ce préambule très important :

    « Aussi, la présente proposition de loi vise à réformer le statut de la fonction publique en le limitant aux seules missions régaliennes, revenant ainsi aux sources de ce statut spécifique.
    Dans son article 1er, elle modifie et complète les articles 2 et 3 de la loi du 13 juillet 1983 (dite loi Le Pors, portant droits et obligations des fonctionnaires) en restreignant le champ d’application du statut de la fonction publique aux seuls emplois de souveraineté nationale et de puissance publique. »

    http://www.assemblee-nationale.fr/13/propositions/pion3088.asp

    Ce préambule explique que les seuls fonctionnaires qui resteront avec un statut de fonctionnaire seront « les emplois de souveraineté nationale et de puissance publique ».

    Concrètement : les fonctionnaires qui resteront avec un statut de fonctionnaire seront les agents qui travaillent dans :
    – la Justice
    – la Police
    – l’Armée
    – les Affaires Etrangères.

    La proposition de loi du 13 janvier 2011 porte d’ailleurs ce titre :

    « PROPOSITION DE LOI visant à réserver le statut de la fonction publique aux agents exerçant une fonction régalienne »

    Autrement dit : à terme, tout le reste doit être privatisé.

    Conclusion : le député UMP Jean-François Mancel ne fait que traduire en proposition de loi les idées véhiculées par les « grands éditorialistes » de la presse économique.

    Cette idée de « la privatisation de tout » a été dite, écrite, exposée, prononcée, répétée, répétée, et encore répétée.

    Dernier exemple en date : Jean-Marc Vittori dans le journal « Enjeux Les Echos », janvier 2011, page 21. Jean-Marc Vittori explique qu’il n’y a que trois possibilités ! Trois possibilités seulement, et pas une de plus !

    Je cite Jean-Marc Vittori :

    « Soit les gouvernants impriment des billets – mais c’est interdit dans la zone euro et cela ne règle le problème que très provisoirement, comme l’Histoire l’a toujours prouvé.

    Soit ils ne bougent pas, prenant le risque d’une dislocation totale des institutions publiques.

    Soit ils resserrent l’Etat sur ses missions régaliennes (justice et sécurité), en larguant au privé des pans entiers d’activités devenues largement publiques au fil des siècles, comme l’éducation et la santé. Au passage, la redistribution assumée par l’impôt et la dépense publique serait laminée. Tout comme l’épargne, très investie en obligations publiques. Ce scénario peut paraître incroyable. Mais quelle est l’alternative ? »

    1. Comme s’il n’ y avait pas, car il devrait être impensable, inimaginable, interdit …..
      de réfléchir d’aucune, ou aucunement d’une alternative possible …. ????

      Il nous faudrait poursuivre droit dans le mur, parce qu’il n’y aurait aucune autre option, rien à faire d’autre, ni légiférer d’autre, que s’arquebouter d’appuyer sur la pédale droit dans le mur, et que coûte que coûte nous devrions foncer droit dans le mur …..
      parce que TINA ????

      Perso, je ne crois pas en ni ceci, ni cela, alors cette injonction qui nous est faite de se prosterner devant Tina, soit rien ne va, mais il n’y a pas d’autre alternative, donc poursuivons, toujours droit devant, tous droit dans le mur ….
      désolée mais, je ne comprends pas …

      Sérieusement, ce n’est pas ma manière de concevoir la Liberté,….
      là où j’en suis, je veux croire en l’humanité …

      Tina, dans ces caractéristique données de fatale, finale, totale …
      puisque pas d’alternatives, go, go, tout droit, à sens unique ….
      et même si droit dans le mur
      dans ma logique à moi, ce n »est ni plus ni moins qu’ un intégrisme aussi absurde, fanatique, innoportun …
      auquel, je ne suis toujours pas convertie, parce que je dans ma logique, je suis laïque, …

  43. Lundi 14 février 2011 :

    Italie : la dette publique a progressé de 4,5 % en 2010 à 1843 milliards d’euros.

    Milan (awp/afp) – La dette publique de l’Italie, l’une des plus élevées du monde en valeur absolue, s’élevait à 1843 milliards d’euros fin 2010, soit une progression d’environ 4,5 % par rapport à fin 2009, a annoncé lundi la Banque d’Italie.

    Fin décembre, la dette avait en revanche reculé par rapport au record historique de 1869 milliards d’euros atteint fin novembre.

    La Banque d’Italie n’indique pas ce que représente la dette publique en pourcentage du produit intérieur brut (PIB).

    Dans ses dernières prévisions économiques datant de fin septembre, le ministère de l’Economie avait indiqué tabler sur une dette de 118,5% du PIB en 2010, contre 115,9% en 2009.

    En 2011, la dette devrait encore progresser à 119,2 %, avant de diminuer à 117,5 % en 2012, et 115,2 % en 2013, toujours selon les prévisions du ministère.

    http://www.romandie.com/infos/news/201102141330160AWP.asp

    Les prévisions du ministère de l’Economie italienne sont beaucoup trop optimistes selon le FMI.

    En 2012, la dette publique de l’Italie sera de 120,1 % du PIB (ce sont les dernières prévisions du FMI).

    C’est à la page 2 :

    http://www.imf.org/external/french/pubs/ft/fm/2011/01/update/fmindexf.pdf

  44. Pourquoi ceux qui critiquent la société de consommation marchande sont-ils, généralement ceux qui prônent une société de consommation sociale?
    Comme si s’arrêter de se goinfrer impliquait une addiction au tabac ou à l’alcool?
    Rien de tout cela ne me parait bon pour ma santé…

    1. Non, Eole.
      Ou explicite ce que TU entends par « consommation sociale ».

      Car si c’est pour habiller d’éthique ou d’écologie, cela ne marche plus.

    2. EOLE, vous n’êtes pas libéral, me disiez-vous récemment, je veux bien le croire, mais là, avec ce post bâclé, ou vous ne posez rien de net, clair et précis, où vous sortez de derrière les fagots une locution inédite, « société de consommation sociale », vous êtes pénible. J’ai envie de dire : comme un môme que sa mère doit gronder pour le faire tenir tranquille.

  45. @ crapaud rouge
    merci pour votre post !
    je trouve ici et là un acronyme, TINA, pouvez-vous me dire ce qu’il veut dire ?

  46. A propos du Portugal :

    – Emprunt à 12 mois :

    Allemagne : taux des obligations à 12 mois : 0,982 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GDBR1:IND

    France : taux des obligations à 12 mois : 1,086 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GFRN1:IND

    Et le Portugal ?

    Mercredi 16 février 2011, le Portugal a lancé un emprunt à 12 mois : le Portugal a dû payer un taux d’intérêt de 3,98 % (les taux sont en hausse : c’était un taux de 3,71 % lors de la précédente émission).

    La Tribune

    – Emprunt à 5 ans :

    Pays-Bas : taux des obligations d’Etat à 5 ans : 2,361 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GNTH5:IND

    Allemagne : taux des obligations d’Etat à 5 ans : 2,413 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GDBR5:IND

    France : taux des obligations d’Etat à 5 ans : 2,704 %.

    http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GFRN5:IND

    Et le Portugal ?

    Lundi 7 février 2011, le Portugal a lancé un emprunt à 5 ans : le Portugal a dû payer un taux de 6,457 % (les taux sont en hausse : c’était un taux de 4,56 % lors de la précédente émission).

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