LA SITUATION A FUKUSHIMA, (VI), par François Leclerc

Mise à jour n°144 (lundi 09h55)

« Aux grands maux les grands remèdes ! » Tepco vient finalement d’annoncer que les 11.500 tonnes d’eau contaminée allaient être rejetées à la mer à partir de mardi, faute d’autres solutions.

La contamination de cette eau est estimée à 100 fois la valeur normale, mais il ne s’agit que d’une moyenne trompeuse.

Cette décision a été prise afin de pouvoir reprendre sans tarder les travaux en vue de reprendre le contrôle de la centrale. Ce qui en signifie l’urgence. « Entre deux maux, choisir le moindre ! »

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Mise à jour n°143 (lundi 09h20)

En dépit de l’utilisation de produits absorbants, n’ayant pas réussi à colmater la fuite d’eau hautement contaminée, l’opérateur a utilisé un colorant pour déterminer d’où elle se répand dans l’océan. L’idée est d’installer devant et dans la mer des « barrières » créant des accumulations de vase. Il est espéré ainsi contenir le plus possible l’eau contaminée dans une zone limitée.

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Mise à jour n°142 (dimanche 23h08)

L’attention s’est polarisée sur les tentatives de l’opérateur de colmater la brèche par laquelle fuit vers l’océan l’eau hautement contaminée provenant du réacteur n°2. Ainsi que sur les multiples projets improvisés visant à limiter le plus possible la poursuite de la contamination radioactive s’échappant de la centrale; ou à bien à stocker cette eau.

La priorité a également été donnée à la lutte contre l’élévation de la radioactivité sur le site, qui pourrait avoir conséquence de rendre encore plus dangereux les travaux qui ont été interrompus et doivent s’y poursuivre, préalablement à l’éventuel rétablissement des circuits de refroidissements.

Ces mesures accréditent l’idée que la suite va être très longue. Fukushima est un accident qui de tous points de vue innove.

Mais cette actualité laisse toujours sans réponse les sérieuses hypothèses – pour ne pas dire certitudes – émises à propos de la fusion du combustible dans les différents réacteurs, l’existence d’un corium résultant de celle-ci, et l’intégrité d’au moins une cuve. Il n’a toujours pas non plus été expliqué quel chemin avait emprunté la très importante contamination radioactive découverte dans les sous-sols de trois réacteurs. Ces questions sont pourtant déterminantes pour la suite des événements.

Dans le meilleur des cas, les réponses qui devraient y être apportées impliqueront la poursuite pendant une longue période du refroidissement des cuves et des piscines, avant d’envisager un ensevelissement des 4 réacteurs.

Dans l’autre, elles justifieront de continuer à craindre le pire, c’est à dire une explosion projetant dans l’atmosphère une grande quantité de matières hautement radioactives.

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Mise à jour n°141 (dimanche 15h05)

Les rotations des techniciens travaillant sur le site sont de plus en plus difficiles à organiser, au fur et à mesure que le danger s’accroît en raison de l’élévation de la contamination et qu’augmentent les doses cumulées de radiation qu’ils ont déjà absorbé. Tepco doit proposer des salaires de plus en plus élevés mais ne communique pas sur ce sujet.

19 travailleurs ont déjà été déclarés irradiés, malgré que les plafonds admissibles aient été relevé par les autorités, dès l’annonce de la catastrophe.

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Mise à jour n°140 (dimanche 12h52)

Les ouvriers ne parviennent pas à obstruer le (ou les) tuyaux par lesquels l’eau contaminée est déversée dans le puits, avant de rejoindre la mer. Après avoir essayé en pure perte le ciment, ils en sont à un mélange de polymères, de sciure et de papier journal…

Il y a dans cette réparation très dangereuse, en raison de la très forte contamination de l’eau, un côté totalement absurde qui recentre les discussions sur l’énergie nucléaire.

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Mise à jour n°139 (dimanche 10h23)

Un conseiller du premier ministre a reconnu que des mois seraient nécessaires avant que ne soient stoppées les émanations radioactives de la centrale.

Des ouvriers vont tenter de colmater par des injections de poudre polymère la fuite d’eau hautement contaminée vers l’océan Pacifique. A haut pouvoir absorbant, cette poudre est utilisée notamment pour les couches-culottes et va être utilisée pour occulter les tuyaux joignant le puits où la fissure (ou brèche ?) a été découverte et le bâtiment du réacteur n°2, sans plus de précisions.

Les ouvriers « dégagent de la place » dans des réservoirs indéfinis du site afin de pouvoir y stocker l’eau radioactive découverte dans le puits, une fois que la fuite aura été stoppée.

L’injection d’azote dans les cuves des réacteurs commencera par celle du n°1 et devrait intervenir au plus tôt mardi prochain.

Les pompes utilisées pour injecter de l’eau douce dans les réacteurs vont être connectées dans la journée au réseau d’alimentation électrique, en remplacement des groupes diesel.

Les corps de deux ouvriers, dont la disparition depuis le 11 mars n’avait pas été annoncée, ont été découverts et ont du faire l’objet de longues opérations de décontamination. Leur mort a été annoncée comme ayant été causée par les effets du tremblement de terre et du tsunami, lors d’une inspection des installations.

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Mise à jour n°138 (samedi 15h12)

Après avoir estimé que 13.000 tonnes d’eau contaminée devaient à l’heure actuelle être pompées des sous-sols des réacteurs – avant de pouvoir reprendre le travail de réparation, remplacement d’équipements et remise en marche des installations de refroidissement – l’opérateur est toujours à la recherche d’une solution de stockage de celles-ci.

La dernière hypothèse est d’utiliser une île flottante – selon une technologie japonaise – que la ville de Shizuoaka pourrait fournir, mais qui ne pourrait provisoirement stocker que 10.000 tonnes d’eau contaminée.

Par ailleurs, en attendant l’injection d’azote dans les réacteurs – afin d’éviter de nouvelles explosions d’hydrogène – des tests de projections de résine sur le sol de la centrale, où de nombreux débris radioactifs résultants des explosions précédentes jonchent le sol, ont été effectués hier vendredi, dont les résultats ne sont pas connus.

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Mise à jour n°137 (samedi 11h16)

Très impressionnantes photos aériennes du site, découvrant l’étendue des dégâts aux bâtiments des réacteurs.

Egalement, une interprétation étayée de ces documents (en Anglais).

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Mise à jour n°136 (samedi 10h19)

Une fissure de 20 cms a été découverte par l’opérateur sur la paroi d’un puits proche de la mer, sans plus de précision, par laquelle s’écoulerait de l’eau fortement contaminée (1000 millisieverts). Une analyse comparative de celle-ci avec des échantillons d’eau de mer devrait permettre de déterminer s’il s’agit bien de l’origine de la contamination de cette dernière.

La fissure va être colmatée par des injections de béton.

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Mise à jour n°135 (samedi 08h55)

Après s’être précipitées, les informations se font rares. On en est réduit aux hypothèses.

Un diagnostic n’est toujours pas publiquement établi à propos de l’état du combustible et l’étanchéité des cuves des 4 réacteurs. Or, c’est dans le cœur inaccessible des réacteurs que se concentrent les plus lourdes inconnues et les phénomènes les moins maîtrisables.

Rien ne garantit donc, à ce stade, que les cuves résisteront à la formation – probablement déjà intervenue – de coriums, que les fuites radioactives actuelles ne s’accentueront pas, ou que de nouvelles explosions d’hydrogène n’interviendront pas.

Il est au minimum établi que le refroidissement des installations par des moyens de fortune va se poursuivre pendant de nombreux mois et que la contamination d’une vaste zone autour de la centrale et dans son sous-sol va se poursuivre irrésistiblement.

Plus tard, une zone devra être précisément délimitée par une campagne systématique de mesures ; elle restera interdite d’accès pendant de très nombreuses années. Son étendue dépendra de l’efficacité des mesures à l’étude afin de limiter les dégagement radioactifs des réacteurs dans l’atmosphère et de la possibilité de ne pas procéder à de nouveaux rejets de gaz contaminés. La plus grande inconnue réside dans leur infiltration dans le sous-sol et leur ruissellement dans la mer, qui vont se poursuivre en raison de la nécessité de continuer les aspersions et injections d’eau.

Dans le meilleur des cas, il ne pourra qu’être à terme envisagé d’ensevelir les bâtiment des 4 réacteurs – le démantèlement de telles installations étant hors de question – en espérant que le sous-sol sera en mesure de supporter la charge ainsi crée.

Dans l’immédiat, c’est un autre sarcophage qui est en train d’être posé, sur l’information.

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Mise à jour n°134 (vendredi 19h40)

De nouveaux moyens d’aspersion d’eau sont en cours d’acheminement, en provenance d’Allemagne et des Etats-Unis.

Il s’agit de pompes à eau ou à ciment dotées d’un bras pouvant atteindre 70 mètres de hauteur et qui sont, une fois installées, télécommandables. Elles ont déjà servi à Techrnobyl.

Sept pompes de ce type, qui pourraient ultérieurement servir à déverser du béton, pourront être au total installées sur le site dans le courant de la semaine prochaine. Une est déjà en fonction.

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Mise à jour n°133 (vendredi 16h30)

Tepco envisage d’injecter de l’azote dans les cuves des réacteurs afin d’empêcher de nouvelles explosions d’hydrogène.

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Mise à jour n°132 (vendredi 10h32)

Les manquements de Tepco s’additionnent.

Pour la deuxième fois, l’Autorité de sûreté nucléaire japonaise vient de relever de nouvelles erreurs de relevé de la radioactivité, en raison d’une surévaluation de la présence de tellure, molybdène et zirconium lors de l’analyse de la nappe phréatique sous la centrale. On apprend ainsi leur présence, que l’opérateur n’avait pas explicitement mentionné.

Il a également été relevé que tous les travailleurs intervenant sur la centrale ne disposaient pas de dosimètres individuels, seuls les chefs d’équipe en possédant un dans certains cas.

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Mise à jour n°131 (vendredi 09h16)

Après les vivants, les morts.

Les corps d’un millier de personnes tuées par le séisme et le tsunami n’ont pas été ramassés dans la zone d’exclusion de 20 kms. Contaminés, ces cadavres sont à l’abandon et symbolisent l’incurie des autorités. Ils n’ont pas été ramassés, encore moins restitués aux familles, elles-mêmes évacuées.

Une vaste opération de recherche de corps restitués par la mer a été lancée sur la côte Nord-Ouest du pays, avec le concours des forces d’auto-défense japonaises (l’armée) et de l’armée américaine, mobilisant une grande quantité d’hélicoptères et de navires. Mais elle ne concerne pas la zone dans un rayon de 30 kms autour de la centrale.

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Mise à jour n°130 (vendredi 08h35)

Katsunobu Sakurai est le maire de Minamisoma, une ville de 70.000 habitants qui a connu les ravages du tremblement de terre et du tsunami et est maintenant exposée aux radiations de la centrale de Fukushima, pour être située dans la zone des 20-30 kms autour de la centrale.

Ses habitants sont « confinés » chez eux, le gouvernement refusant de les évacuer en dépit des recommandations qui se multiplient. Ils sont encore 20.000, qui y vivent dans des conditions précaires.

Il a lancé un poignant appel à l’aide internationale, afin que des vivres parviennent, décrivant dans cette vidéo sous-titrée en anglais la vie très difficile de ses administrés et « l’injustice » qu’ils subissent, condamnés à la famine, laissés à eux-mêmes et pratiquement ignorés des médias japonais.

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Mise à jour n°129 (jeudi 19h47)

La situation n’est en rien stabilisée. Il se confirme que la centrale contamine très gravement son environnement, sans que rien puisse être fait pour le stopper, l’origine des fuites n’étant pas décelée.

La présence d’iode 131 à un taux 10.000 fois supérieur à la normale a été mesuré dans une nappe d’eau phréatique sous la centrale. Aucun des nouveaux expédients qui ont été envisagés – stockage de l’eau contaminée dans un tanker, bâchage des réacteurs et projection de résine sur le sol et les débris des explosions – n’a encore pu être mis en place.

Ces mesures ne régleraient en rien les ruissellements d’eau contaminée, qui continuent d’être alimentés par les injections d’eau dans les réacteurs.

Rien n’est par ailleurs dit sur la présence encore plus inquiétante d’autres radio-éléments, dont le césium 137 (période de 30 ans).

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Mise à jour n°128 (jeudi 08h05)

Un taux d’iode radioactif 4.385 fois supérieur à la norme légale a été mesuré dans la mer, à 300 mètres du rivage de la centrale, signe d’une forte accentuation de la contamination de celle-ci.

Cent cinquante-cinq Marines américains spécialisés dans les situations d’urgence sont envoyés au Japon. Ils fourniront « une expertise radiologique aux responsables sur le terrain et si besoin aux forces militaires japonaises, dans les domaines du médical, de la logistique et des matières dangereuses, chimiques, biologiques, nucléaires ».

Les autorités japonaises n’envisagent pas d’étendre la zone d’évacuation de 20 kms autour de la centrale, en dépit de l’annonce par l’AIEA de la découverte d’une contamination radioactive supérieure à la normale dans un village situé à 40 kms de celle-ci.

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388 réflexions sur « LA SITUATION A FUKUSHIMA, (VI), par François Leclerc »

  1. Communisme : 3 – Capitalisme: 0
    Les soviétiques avaient seulement 1 réacteur qui a pété, nous, on en a 3.
    Les soviétiques avaient jugulé la catastrophe en 10 jours. Nous, on y est pour des mois.
    Les soviétiques avaient évacué l’intégralité de la zone des 30km, nous, on laisse crever les habitants sur pied.
    Les soviétiques avaient traité leurs liquidateurs comme de la merde, nous aussi.

  2. France soir
    Fukushima : Le nucléaire plonge dans l’inconnu
    Où en est l’opération de sauvetage de la centrale ?
    Contamination de la chaîne alimentaire
    La situation peut-elle encore s’aggraver ?
    Quel serait le scénario du pire ?
    La catastrophe avait-elle été anticipée ?

    Non. « C’est un scénario complètement inédit », observe Thierry Charles. « La situation de Fukushima n’a jamais été modélisée, renchérit Yves Marignac. C’est la première fois que plusieurs réacteurs sont touchés en même temps et qu’il y a une fusion partielle du réacteur avec une explosion d’hydrogène qui dégrade l’enceinte de confinement. C’est aussi la première fois que les circuits de refroidissement sont hors service aussi longtemps. Les autorités japonaises avaient d’ailleurs écarté cette possibilité dans les années 1980 : elles n’ont envisagé qu’une panne de quelques heures. Tout ceci témoigne d’un échec dans la conception de la centrale. » Le Japon devra payer le prix fort.

  3. dans un des Rêves de Kurosawa, au pourquoi du narrateur à propos des gens qui fuient un ingénieur répond que c’est la radioactivité, contre laquelle la seule chose fut de la colorer pour la rendre visible…
    « Deux tentatives de colmatage à l’aide de ciment, puis d’un mélange de polymères, de papier journal et de sciure, ont échoué au cours du week-end. Lundi, les ouvriers ont décidé d’injecter du colorant blanc dans les nappes d’eau en amont afin de voir d’où provient l’eau qui s’écoule dans la fosse.
    « Il n’y a pas de changement significatif dans le volume de la fuite. Nous n’avons pas réussi à stopper l’arrivée d’eau », a reconnu un porte-parole de Tepco. http://www.romandie.com/ats/news/110404064125.78vi31he.asp

  4. Personnellement (ça n’engage que moi), je vois les choses autrement.

    Je pense qu’il devient de plus en plus urgent d’évacuer l’eau des sous-structures de la centrale en vu ou dans l’hypothèse (sans doute probable) du rapprochement d’un corium.
    Il n’y a pas d’autre solution pour cela, en tout cas à très court terme, que de la déverser dans la mer.
    D’autre part, il demeure tout aussi indispensable de continuer à arroser pour limiter les émissions aériennes, remplir la cavité sèche et faire circuler de l’eau dans les piscines et donc de remplir les sous-structures.

    Bien entendu, il ne serait pas « politiquement correct » d’annoncer que l’on déverse volontairement de l’eau contaminée dans la mer.
    Il serait tout aussi « délétère » pour les marchés et vis à vis de la confiance générale (opinion publique, moral des populations, confiance…) de reconnaître que l’on en est à ce point

    ….surtout qu’alors il faudrait expliquer pourquoi il est important de vider les sous-structures !

    Ces sous-structures sont composées de multiples pièces et locaux (certains techniques, d’autres structuraux etc…) qui ont justement pour, entre autres rôles, en cas d’utilisation de la cavité sèche ou de trop-plein de la chambre de dépression ou des piscines, de recueillir des eaux qui peuvent être contaminées.
    Bien sûr, leur capacité à des limites (qui doivent maintenant être dépassées) mais rien ne justifie techniquement en l’absence de problème plus grave ou qui apparaît, de vider ces cavités.

    Je pense que les japonais cherchent avant tout à libérer le site qui devient ou peut devenir, à court terme, « invivable » voire dangereux.
    Pour cela, ils cherchent à automatiser les arrosages et les dispositifs de circulation d’eau : Ils font venir des camions-pompes télécommandables à distance et cherchent à rétablir l’énergie électrique pour remplacer les Diesel par des pompes électriques qui n’ont pas besoin de maintenance.
    En même temps, ils libèrent l’eau des sous-structures dans la mer en prétextant une fuite….fuite qu’ils annoncent essayer par tous les moyens de colmater mais en vain 🙁 (il faut quand même sauver les apparences et l’honneur)
    Vider les sous-structures serait de toute façon, plus que jamais indispensable, si on devait continuer à arroser sans pouvoir pomper, faute de …pompeurs !

    Je pense que les émissions d’hydrogène et d’oxygène sont en train ou vont rapidement devenir un problème ingérable.
    Pour gagner du temps et se maintenir le plus longtemps possible sur le site, ils cherchent à annuler le facteur aggravant que représente la présence d’oxygène (comburant) en injectant un gaz neutre (l’azote).
    Je ne comprenais pas cette « information » sur l’utilisation d’azote liquide ???
    J’ai fait le rapprochement avec un gel des sols comme ça avait été le cas à Tchernobyl mais ici, « ça ne collait pas ». Il n’y avait pas ou plus de raison à cela et les structures ne s’y prêtent pas.
    En fait, il ne s’agit pas d’azote liquide mais tout simplement d’azote …pas pour refroidir mais pour ses propriétés de neutralité chimique !

    En résumé, je pense que l’unique travail est maintenant de chercher à éviter une explosion, non seulement pour les conséquences humaines et environnementales qu’elle occasionnerait mais aussi pour le fait qu’une explosion serait impossible à cacher et dévoilerait, de facto, le véritable état des réacteurs et sans doute obligerait à justifier certains choix techniques et politiques, faits, depuis le début de cet accident :

    1. Annoncé à 09h55 (moins d’une heure après!) : « Tepco vient finalement d’annoncer que les 11.500 tonnes d’eau contaminée allaient être rejetées à la mer à partir de mardi, faute d’autres solutions. »
      Cela renforce vos présentations et argumentations. Bravo, mais cela rend toujours plus probable un scénario très dramatique dont les ondes de choc n’ont pas fini de se créer et diffuser : quelle tristesse.

    2. en bref, TEPCO se préparerait à gérer une évacuation de la centrale du fait des risques explosifs entre le corium et l’eau ? + des niveaux de radioactivité interdisant définitivement toute présence humaine sur le site ?
      J’ai tout faux?

    3. Vous avez raison: ils cherchent à s’installer dans la durée et, en ce qui concerne l’azote, veulent à tout prix éviter de nouveaux rejets de gaz contaminés dans l’atmosphère (sur instructions gouvernementales ?).

      Quelle est par ailleurs l’urgence qui a présidé à la décision d’évacuation dans la mer de l’eau contaminée? Des précisions ont permis de comprendre que – selon Tepco – il s’agirait de faire de la place pour stocker l’eau hautement contaminée, est-ce bien cela ?

      Cela n’enlève rien à votre hypothèse qui a le mérite de la cohérence. Il n’est pas normal qu’aucune information soit donnée à propos du combustible: poursuite de la fusion, fissions sporadiques, formation de coriums…

      1. Business as usual le porte parole du cabinet a quitté sa combinaison bleue pour un costume de ville, ça ne trompe pas, on s’installe apparemment dans la durée (NHK), polluer l’atmosphere c’est embêtant.pour les pays lointains, polluer l’océan ça ne se verra pas.

      2. Ce que je pense :
        Cette eau contaminée est le résultat des arrosages depuis trois semaines.
        Au début elle n’était pas en contact directe avec la matière fissile, donc était moins contaminée.
        Maintenant, compte tenue de ce que sont devenus les réacteurs, l’eau d’arrosage est extrèmement contaminée.
        Ils font donc le choix de rejeter l’eau de depuis trois semaines pour garder l’eau d’arrosage actuelle qui elle ne fait aucun doute quant à sa contamination.

      3. « stocker l’eau hautement contaminée »

        Les japonais baissent dans mon estime. De « l’île artificielle » au « carrés d’eau maritimes » censés retenir l’eau contaminée… On nage dans la bêtise.
        Comme ça, au prochain tsunami… ils reprendront tout.

    4. L’azote liquide /gel des sous sols (utilisé par l’ingenieur » Bienvenu  » pour creuser le metro sous la seine ) pourrait garantir des risques d’infiltration vers les nappes du sous sol .

  5. Le Pacifique est vaste ! 10000 m3 + 1500 m3 (5-6) c’est toute l’eau qu’on a versé depuis le début ? avec ses contaminants , et si on veut aller vite ce n’est pas à 7 m3/ H comme la fuite depuis samedi dont la situation est stable que l’on va pomper . ! I y aura sans doute un accroissement volontaire significatif rapide de l’apport de radio-nucléide dans l’environnement., tout en médiatisant des efforts pour le limiter. (barrières flottantes ..)
    Il est donc démontré qu’il est parfaitement judicieux de placer les centrales auprès de la mer, en particulier de l’océan le plus vaste, plutôt que sur des mers intérieures comme la Méditerrannée, la Manche de faible profondeur ou un fleuve affecté de faible débit (Loire). Dommage qu’il y ait des tsunamis , qui en plus ne respectent pas les calculs économiquements ajustés !
    La (sou)coupe est pleine c’est pourqoi il y a la fuite alors autant vider d’un coup la soucoupe !

  6. Un monde Post Peak risque paradoxalement de ne pas faire du RCA une priorité …

    « La crise nucléaire risque par ailleurs d’entraîner une révision des objectifs de Tokyo en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, a averti le vice-ministre de l’environnement, Hideki Minamikawa » – (lemonde.fr)

    1. Kyoto, pas Tokyo
      Objectifs, qui de toute façon n’avaient aucune chance d’être respectés, reste un espoir. Que le RCA ne soit pas si anthropique que ça.
      http://fr.sevenload.com/videos/IGwtYrS-Le-Secret-des-Nuages.
      J’aime assez cette idée que la planète en a vu d’autres et c’est pas une misérable peuplade encore sauvage qui va remettre en cause son histoire
      Je vais encore me faire excommunier, mais pas grave.
      Je ne suis sur de rien et ne prône aucune religion, simplement ce reportage mérite attention. Quitte à le démolir, après tout quant je vois les compétences techniques de ce blog, je m’avoue estomaqué.

      1. Je nous trouve profondément religieux et irrationnels
        le scientisme (la science explique tout)
        le technicisme (la technique peut tout)
        le culte marché (le marché à réponse à tout)
        l’humanisme (l’homme s’en sort toujours)

      2. à Peak oil 2008 : Ne trouvez-vous pas que ces articles sont très révélateurs?
        Moi, je trouve étonnant que si peu de personnes parlent de ces éoliennes qui ont résisté autant au tsunami qu’ au tremblement de terre et qui fonctionnent toujours, sans radioactivité et sans CO2.

      3. Un bon point pour les éoliennes … vous faites bien de le mettre en évidence !!!

        Quand j’étais gosse mon côté contemplatif de la nature m’amenait à considérer les pylônes à haute tension comme nuisibles, c’était l’esthétique qui me heurtait bien que secondaire mais derrière cette critique se cachait autre chose, la critique de notre excès et de notre démesure. Alors que la glorification de la croissance battait son plein je me rappelle très bien que les anti écolos de l’époque s’en donnaient à cœur joie pour rire au nez des contemplatifs qui s’émouvaient quand un paysage se voyait défigurer.

        Le comble est de voir maintenant arriver des antis écolos primaires bien rôdés à la mauvaise foi et qui après avoir renvoyé les écolos dans les cordes concernant les pylônes et tout le reste viennent avec l’argument comme quoi les éoliennes seraient moches. Ils se foutent de qui ? D’eux-mêmes ?

        Concernant l’éolien ne pas perdre de vue que cela ne compensera jamais au grand jamais le nucléaire et les hydrocarbures, à savoir les héritages énergétiques en fin de vie. Donc raison de plus pour taxer davantage et investir MASSIVEMENT et rapidement dans la direction du revenu énergétique car les énergies fossiles vont nous glisser des mains bien plus vite que nous ne le pensons.

      4. ä Peak Oil 15:34 , Oui c’est un bon point pour les eoliennes.
        Saviez-vous que les danois couvrent déjà 25% de leurs besoins d’électricité grâce aux éoliennes?
        Ces moulins à vent ne contribuent pas nécessairement à la beauté des paysages, mais après Fukushima peut-être que si, on verra les choses un peu autrement…Comme disait J.W.Goethe:
        « Die Schönheit liegt im Auge des Betrachters » ( « La beauté se trouve dans l’oeil de celui qui contemple »).
        Les écossais sont en train de réaliser un projet intéressant d’énergie marémotrice .
        Avec les énergies renouvelables il faut miser sur presques toutes les différentes ressouces à la fois et le faire de façon décentralisée et à petites échelles (ce qui diminue les pertes de charges) .Bien-sûr ce n’est pas toujours l’affaire des grandes boîtes et c’est pour ça d’ailleurs que ça les gênes…

  7. Je ne pense pas que l’azote empêche le relâchement de gaz contaminés dans l’atmosphère, je crains que l’on parle ici au contraire de « chasse à l’azote », c’est à dire que l’on cherche a évacuer les gaz explosifs en les « chassant » avec un gaz inerte.
    Si l’évacuation de l’eau des sous-structures est motivée par l’approche d’un corium, alors l’injection d’eau devra être stoppé, ce qui va probablement accélérer les événements.
    J’ai bien peur qu’en désespoir de cause, ils en soit au stade ou l’issue envisagé est l’évacuation naturelle du corium dans le sol, avec deux hypothèses : arrêt « naturel » de l’enfoncement au bout de quelques mètres et pari gagné ou arrivé sur la nappe phréatique 15 mètre plus bas avec explosion souterraine de quelques mégatonnes. Dans ce cas, le pari est probablement la limitation des dégâts liés à l’enfouissement de l’explosion (similitude avec les essais souterrains de Muru…) Dans tous les cas, c’est pas demain qu’on fera pousser des épinards dans la région !

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