LA SITUATION À FUKUSHIMA (X), par François Leclerc

Mise à jour n° 171 (dimanche 08h20)

Trois mois seront nécessaires pour que le niveau des radiations soit stabilisé sur le site de la centrale, après avoir instauré un refroidissement « stable des réacteurs ». Entre six et neuf mois seront ensuite nécessaires pour que le niveau des fuites soit réduit à un niveau « très bas », en diminuant la température et la pression des réacteurs (95 degrés à la pression atmosphérique, soit une situation de « cold shotdown »). La suite des opérations n’est pas précisée.

Tel est le calendrier que vient d’annoncer Tepco, qui n’a jamais brillé par ses capacités de prévision.

Dans l’immédiat, un robot américain télécommandé de 70 cms de long et 53 cms de large va être utilisé – après avoir ouvert une porte et pénétré dans le bâtiment du réacteur n°3 – pour mesurer la température, le niveau des radiations et la concentration d’oxygène à l’intérieur. L’objectif est de déterminer dans quelles conditions une intervention humaine sera éventuellement possible et analyser le travail nécessaire pour reprendre le contrôle sur le réacteur. Le tour des réacteurs n°1 et 2 viendra ensuite.

Tepco annonce ses deux priorités : prévenir de nouvelles explosions d’hydrogène dans les trois réacteurs et stopper les fuites d’eau hautement contaminée du réacteur n°2. Des injections d’azote sont dans le premier cas le moyen. Aucune méthode n’est définie dans le second (si elle est connue, l’origine de la fuite n’est pas divulguée).

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Mise à jour n° 170 (samedi 21h31)

Petit à petit, Tepco prend la mesure des énormes difficultés qui l’attendent, mettant ainsi mieux en valeur les délais mis pour s’en rendre compte et l’inadéquation des solutions dans un premier temps apportés.

Devant la tâche – qui se révèle impossible – de remise en service du système de refroidissement des réacteurs et des piscines, Tepco étudie la mise en place d’un nouveau système en parallèle. Celui-ci fonctionnerait en circuit fermé, et bénéficierait d’échangeurs de chaleur refroidis à l’eau de mer (5 à 6 par réacteur). Commande a déjà été passé pour de tels équipements.

Ce système serait installé en dehors des enceintes de confinement, au sein desquels la radioactivité est trop élevée pour permettre des travaux, et utiliserait les tuyaux déjà actuellement utilisés pour injecter de l’eau afin de minimiser les interventions humaines en leur sein. Il devrait permettre de mieux refroidir les réacteurs et les piscines de stockage et de cesser d’alimenter les nappes d’eau contaminée, comme les injections actuelles d’eau le font (aux fuites près).

L’opérateur ne serait pas pour autant au bout de ses peines, ayant constaté que le niveau de la radioactivité continue de monter dans la mer, aux abords proches des installations, en dépit de toutes les précautions prises pour le limiter (installation de barrières flottantes et de parois d’acier, déversement de sacs de sables mélangé avec de la zéolite…). Ce qui signifie que le ruissellement d’eau hautement contaminée se poursuit.

Par ailleurs, le gouvernement américain a proposé d’envoyer par avion un hélicoptère cargo sans pilote dont disposent les U.S. Marines. Celui-ci peut soulever 1.400 kgs et permettrait d’assembler les éléments d’une énorme grue destinée à hisser dans la piscine du réacteur n°4 des casiers destinés à stocker des éléments de combustible, avant de les enlever. En raison de la quantité de combustible qui y est stocké, cette piscine représente en effet un risque potentiel majeur.

Il semble toutefois que l’assemblage des élément de la grue surplombant la piscine nécessiterait un niveau de radioactivité plus faible qu’actuellement. Chaque solution envisagée se heurte ainsi à un obstacle.

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Mise à jour n° 169 (jeudi 20h47)

Les alertes se suivent et ne se ressemblent pas. Une subite hausse de température – non précisée – a été enregistrée au sein du réacteur n°3, que l’opérateur ne s’explique pas. Il l’attribue à une possible erreur de mesure étant donné que des mesures à d’autres endroits du réacteur ne l’ont pas enregistré.

Il n’y a par contre pas de doute possible à propos de la contamination de l’eau sous les réacteurs n°1 et 2, où les niveaux d’iode-131 et de césium-134 ont très fortement augmenté.

Un réservoir pouvant contenir 30.000 tonnes de cette eau (sur une quantité estimée à 60.000 tonnes à ce jour, qui s’accroît au fur et à mesure des injections d’eau dans les réacteurs) est en cours de test avant de pouvoir être utilisé.

Le gouvernement américain a annoncé l’expédition de cinq réservoirs de grande capacité, dont la date d’arrivée n’est pas connue. Le manque de capacités de stockage de l’eau contaminée est le principal obstacle à son pompage, afin de tenter de reprendre les travaux de rétablissement des installations de refroidissement.

Faute de modus operandi, l’examen des structures des réacteurs n’a toujours pas pu débuter.

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Mise à jour n° 168 (jeudi 10h50)

S’installer dans la durée est-il même possible  ?

Tepco continue ce qui commence à apparaître comme une absurde course de vitesse : au fur et à mesure que l’eau hautement contaminée est pompée du puits et de la tranchée où elle se déverse, ceux-ci se remplissent à nouveau, résultat des injections d’eau de refroidissement dans les réacteurs, qui ne peuvent être interrompues.

Par ailleurs, les installations de pompage et d’injection d’eau dans les réacteurs et les piscines ont commencé à être surélevées et sécurisées, afin de les prémunir d’un nouveau tsunami.

Il semble par contre que l’examen des structures ne soit pas envisageable dans l’immédiat, en raison du niveau de radioactivité à proximité des réacteurs.

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Mise à jour n° 167 (jeudi 01h32)

La tâche à laquelle l’opérateur de la centrale est confronté s’avère de jour en jour plus lourde, accumulant d’immenses inconnues.

La piscine du réacteur n°4 est l’objet de nouvelles attentions, suite à l’analyse d’un échantillon d’eau, révélant des niveaux anormaux d’iode-131, de césium-134 et 137 (ces radio-éléments résultent d’un processus de fission nucléaire).

Cette piscine contient 1,331 éléments de combustibles usagés et 204 éléments de combustible non encore utilisé. Ces analyses témoignent qu’une partie d’entre eux, non déterminée, est sérieusement endommagée. Plusieurs hypothèses sont évoquées pour l’expliquer. Une explosion d’hydrogène a soufflé le sommet du bâtiment du réacteur, à la suite de laquelle un incendie s’était déclaré; les éléments de combustible ont été temporairement et partiellement découverts d’eau. Cette situation, ainsi que la projection de débris dans la piscine, peuvent être incriminés.

Un survol de la piscine par un hélicoptère télécommandé est étudié, afin d’examiner les conditions dans lesquelles une opération d’extraction du combustible endommagé pourrait être envisagée. A ciel ouvert, la piscine contribue en effet à la contamination ambiante du site et de son environnement.

L’état des structures de confinement, suite aux répliques de début de semaine, est en cours d’examen, à la demande de l’Autorité de sûreté nucléaire japonaise. Il a été demandé à l’opérateur de rendre compte aussi vite que possible de ses observations et de renforcer si nécessaire les structures des réacteurs n°1, 3 et 4, déjà endommagées par des explosions d’hydrogène. Le niveau de la radioactivité auprès des réacteurs compliquera singulièrement la réalisation de ces travaux, s’ils sont entamés.

Le pompage de l’eau hautement radioactive se poursuit et devrait mettre « plusieurs semaines » avant d’être terminé. Des moyens de fortune seront utilisés pour stocker cette eau, qui ne semblent pas encore mis en place.

Il est reconnu que 22 travailleurs ont été exposés sur le site à des radiations dépassant le niveau de 100 millisieverts, maximum admissible pendant une période d’un an avant qu’il ne soit relevé à 250 millisieverts par les autorités sanitaires.

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Mise à jour n° 166 (mercredi 13h08)

Un article sur le site en ligne de la revue Nature considère qu’ « un effort de type Tchernobyl » sera nécessaire pour la centrale de Fukushima. L’article considère que la taille de cet effort implique que le gouvernement japonais devra un jour ou l’autre le prendre en charge.

La compagnie Toshiba se propose de nettoyer le site de la centrale sur une période de dix ans. L’auteur de l’article, Geoff Brumfiel, considère que cet horizon est irréaliste du fait qu’il avait déjà fallu attendre trois ans à Three Mile Island avant que la radioactivité ait suffisamment baissé pour que l’on puisse faire pénétrer une caméra au coeur du réacteur pour juger de son état.

Un physicien britannique propose de sceller le site pour cent ans, une proposition que Brumfiel juge dangereuse en raison de l’activité sismique dans la région de Fukushima ainsi que le risque toujours présent d’un nouveau tsunami.

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404 réflexions sur « LA SITUATION À FUKUSHIMA (X), par François Leclerc »

    1. Le pire c’est que c’est un copain à Hulot.

      Spécialiste de l’énergie, un écolo lobbyiste du nucléaire, y en a. Si si.

      1. Un scanner = 80 mSievert et c’est polytechnicien, écolo.

        Je retiens aussi le cancer normal dû à la radioactivité et toujours normal quel que soit la dose, blanc donc.

        par contre Un scanner = 80 mSievert c’est de la désinformation.

        Un scanner = 10 mSievert max et c’est un corps entier.

        C’est déjà assez, pas la peine d’en rajouter.

    2. Le pire c’est que des bons professionnels existent et qui enseignent correctement les choses.

      Si eux n’y ont pas accès c’est dans un but.

      Des polytechniciens enseignent à des polytechniciens ce que des avocats véreux leur ont dit de colporter.

    3. Le terme est maladroit, il aurait pu dire « non-accidentelle » ou « hors pollution » puisque la part médicale est une exposition radiologique volontairement acceptée.
      Dans le cadre d’un cours préparé c’est même très maladroit.

      1. Et le scanner à 80 mSievert c’est préparé c’est sûr.

        Au delà de cela montre que le cancer est une maladie mal connue.
        Car dire que les cancers ne sont pas plus graves quel que soit la dose c’est un peu osé.
        Qu’est-ce qui est plus grave qu’un cancer ?

        Ce qu’il appréhende mal, et tous les scientifiques qui ne sont pas allés au contact des gens touchés, c’est qu’effectivement c’est stochastique mais c’est pas stochastique pour la personne qui est touchée.
        Elle, sa probabilité elle l’a exprimé comme 1, comme la certitude.

      2. @Hervé

        Vous devenez vraiment pénible avec votre cancérophobie mon vieux. Je vous plains sincèrement.
        S’il y a une chose dont on est sûr à propos des conséquences humaines de Tchernobyl, ce n’est surement pas l’augmentation des cancers en Europe, c’est les dizaines de milliers d’IVG provoquées par des mouvements de panique absurdes et infondés, de la Grèce jusqu’aux pays scandinaves. Il n’y en eut pas ou très peu en France, merci M Pellerin, point.

  1. Le lobby nucléaire ne perd pas de temps. A peine plus d’un mois après le tsunami on trouve dans les rayons des librairies un bouquin d’Allègre (membre de l’académie des sciences est-il précisé à la suite de son nom) pour nous expliquer les bienfaits du nucléaire. La quatrième de couv parle de raison qui doit l’emporter sur l’émotion. ça me fait tout drôle, moi qui viens de terminer « L’erreur de Descartes. La raison des émotions » du neurobiologiste Antonio Damasio.

  2. c’est marrant j’y pense , sur la tour de refroidissement de Cruas sur l’autoroute du sud (montelimar) il y a un enfant qui fait des châteaux de sable, c’est un signe !!!!!

      1. @RolandT

        Bien vu !
        Je n’ai pas d’explication, mais pour avoir examiné la photo avec un logiciel de retouche d’images (PaintShop Pro, zoom à 400%), on remarque que chaque « pixel mort » fait parti d’un « petit groupe » de pixels, le tout ressemblant un peu à un artefact JPG.
        Même remarque si le pixel en question se situe sur une zone relativement homogène de l’image.
        De plus, le « pixel mort » est toujours en périphérie du « petit groupe ».
        Le zoom permet de faire apparaître d’autres anomalies identiques, mais moins marquées.
        Ce sont juste des observations, si quelqu’un de plus documenté à une idée…

    1. On n’a pas du lire le même bulletin. S’il n’est pas alarmiste et reste très factuel, rien ne permet de dire non plus qu’il est optimiste. Même le moins du monde.

    2. Ce qui est très curieux, c’est qu’à cette date les communiqués de presse du japon avaient déjà signalé que le pompage autour du réacteur n° 2 n servait à rien puisque le niveau d’eau dans la nuit de jeudi à vendredi était revenu au même niveau qu’avant le pompage. Signe que la fuite continuait.
      L’ASN à totalement éludé ce petit inconvénient …

      1. La fuite continue. Pour autant, ca ne veut pas dire que le pompage est inutile, c’est autant d’eau tres radioactive qui ne part pas dans l’ocean.
        D’ailleur, ils pensent que c’est parce qu’ils ont colmate la breche qui laissait couler cette eau radioactive les jours precedents que le niveau monte aussi vite dans le tunnel.

        Par contre, la turbine ne peut plus contenir plus de flotte, et il va falloir tres vite preparer les citernes ou autres pour continuer.

  3. Sur le site de l’IRSN je viens de trouver çà
    http://www.irsn.fr/FR/Actualites_presse/Actualites/Documents/irsn_accidents-graves-reacteurs-a-eau-bouillante.pdf
    http://www.irsn.fr/FR/Documents/FAQ_31mars2011_japon_installations-surete.pdf
    http://www.irsn.fr/FR/Documents/FAQ_31mars2011_japon_environnement.pdf
    http://www.irsn.fr/FR/Documents/FAQ_31mars2011_japon_radioprotection.pdf
    Peut être déjà signalés
    certains sont datés du 30 mars et en sont encore à l’évaluation 6 mais les questions réponses et schémas m’ont parus intéressants.

    1. Merci pour le lien que pour ma part je n’avais pas relevé.

      Sous le titre il est possible de cliquer sur « since march 11 » pour lancer une animation comprenant tous les tremblement de terre enregistrés depuis cette date sur la zone. C’est assez impressionnant.

  4. En France, les grands médias font silence, car ça y est, on le sait enfin, la Média-activité à une demi-période de 15 Jours !. En un mois, elle est déjà dans le bruit de fond de l’actualité « naturelle ». !!!

    Pour l’instant la Toile s’agite, et, telle une araignée de la communication, elle prend dans ses fils irisés mais solides les réflexions de la contestation. Patience et prudence s’imposent donc. Car à la dose de radiation devra s’ajouter la dose de courage nécessaire pour faire changer les choses, Japon en tête.
    (article Le Post )

  5. C’est normal, C’est prévu pour :
    La démarche de sûreté en vigueur :

    La démarche de sûreté en vigueur impose à l’exploitant de garantir, sur la base d’hypothèses très pénalisantes, la résistance de l’installation à des accidents de référence, et de démontrer que des dispositions suffisantes sont prises en terme de conception et d’exploitation pour que les conséquences de ces accidents soient acceptables.
    Les « études probabilistes de sûreté » complètent cette approche : sont envisagées et combinées des défaillances matérielles et des erreurs humaines pour évaluer la probabilité de conséquences inacceptables.
    Ces deux approches n’étudient toutefois pas les scénarios d’accidents dont la probabilité d’occurrence est extrêmement faible.

    CQFD
    Les situations catastrophiques, sont tellement graves qu’elles doivent rester impensables et surtout impensées,
    étant impossibles leur probabilité est nulle, il n’y a alors pas besoin de s’en soucier.

    1. Shima, va falloir retravailler tes cours de proba.

      En proba, tu détermines une « occurrence » MAIS aussi le niveau de fiabilité de ton calcul.
      Les deux données étant complètement différentes.
      Aussi différentes que la conductance d’une résistance par rapport à sa précision.

      Là, en nucléaire, il n’y a malheureusement pas assez d’accidents pour déterminer la précision d’un accident de niveau assez grave.
      Donc, la subjectivité est majoritaire.

      Tout simplement.

      1. @Yvan intervalle de confiance Wikipedia est mon ami
        avec S=2 accidents N= 443 centrales
        p=S/N on a p= 0,45 % meilleure estimation
        pour un intervalle de confiance de 95 %
        intervalle = 1,96 x rac((S/N)x(1-S/N)/N) soit pour l’intervalle +/- 0,624%
        c’est suffisant pour dire qu’à 95% de confiance le taux d’accident est < 1,07%.
        pour un intervalle de confiance de à 68 %
        intervalle =- rac((S/N)x(1-S/N)/N) = 0,318 % à 1 sigma
        soit l'hypothése d'un taux de défaillance par centrale de compris entre 0,13 % et 0,768% se voit accordé un taux de confiance de 68 % sur la base du sondage effectué sur 443 centrales pour lesquelles 2 sont accidentées .
        En supposant une loi normale ..
        C'est vrai si on veut plus de précision il faut attendre d'avoir plus de données …(et d'accidents)

        autre lien :
        http://en.wikipedia.org/wiki/WASH-1400 :

        Specifically, the report concluded, using the methods and resources and knowledge available at the time, that the probability of a complete core meltdown is about 1 in 20,000 per reactor per year.

        In 1978, the review group appointed by the NRC and led by Professor Harold Lewis of the University of California concluded that « the uncertainties in WASH-1400’s estimates of the probabilities of severe accidents were in general, greatly understated »

        Tout celà avant Three Miles Island.

        http://en.wikipedia.org/wiki/Nuclear_safety

        An interdisciplinary team from MIT have estimated that given the expected growth of nuclear power from 2005 – 2055, at least four serious nuclear accidents would be expected in that period.

        et aussi
        http://en.wikipedia.org/wiki/State-of-the-Art_Reactor_Consequence_Analyses

        Il faut garder un peu de subjectivité, la précision apparente des chiffres n’est souvent qu’un artifice rhétorique de modèles ad hoc et de méthode GIGO (Garbage In Garbage Out).

    1. Comme toute les légendes, Mag (asin).

      Pour ma part, j’évite d’être superstitieux. Ca porte malheur.

    2. C’est qd meme curieux la similitude de FUKU et de l’ Atlantide des Grecs !
      une ile qui domine le monde grace a une énergie tirée d’un minerai …mais qui finit par exploser …et couler l’ ile ……..

      1. Bien vu, Kercoz.

        Surtout qu’avec les évacués, tu as autant de villages de tentes qu’en Grèce. (2nd degré).

        Là où tu vas devoir me donner de sérieuses explications est que le pays qui contient le plus de SDF est les US, mais celui qui contient le plus de réacteurs est la France…

        Je veux donc bien considérer que les US soient une île à par entière par leur sécurité d’immigration, mais considérer la France comme une île, là, j’ai un vache de mal.

        Donc, vas-y, explique.

      2. La similtude n’est valable que pour le Japon qui est une grande ile et dont les légendes sont basées sur une disparition de l’ile …..C’est un mythe rémanent et fondateur chez eux (parait il )

  6. Je sais pas si vous avez remarqué mais nous avons un incident nucléaire de niveau 7 sur les bras et si vous débarquez de la lune et ouvrez un journal mainstream aujourd’hui vous ne le saurez pas. Nulle trace de cette affaire, vu son peu d’importance sans doute.

    1. Quant à moi, lorsque je parle de cet accident entre amis ou collègues, j’ai l’impression d’être un extra-terrrestre car tout le monde a déjà tourné la page.
      J’en arrive à préférer me taire tout comme au sujet de la crise économique et financière qui fait elle aussi partie du … passé.
      Ne gâchons pas les premières journées ensoleillées.

      1. @jeanpaulmichel
        Vous n’êtes pas le seul si ça peut vous rassurer! Si vous parlez à un enfant des dangers de l’accident de Fukushima vous remarquez qu’il vous écoute et comprends vos inquiétudes. Parce qu’il accepte la réalité, il accepte ce qui est…tout en étant « dans son monde » à d’autres moments de la journée. Si vous parlez de la même chose à beaucoup d’adultes vous avez l’impression de vous adresser…à des enfants! La plupart des adultes sont « dans leur monde » tout le temps ou presque. Quelquefois il se passe quelque chose qui les remue, le décès d’un proche ou la douleur d’un divorce par exemple, et ils sortent de leur bulle pour un temps, ils voient le monde tel qu’il est pour un moment. Mais l’heure de la série TV approche, ou celle de la météo, ou celle des commissions à l’hypermarché…et brouille à nouveau la perception de la réalité.

        Si vous parlez de Fukushima vous faites du catastrophisme, si vous parlez des dangers des OGM aussi, de l’épidémie de cancer aussi etc…bref, vous êtes un rabat-joie! Les catastrophes n’intéressent le public que si elles passent au journal de 20 heures…si elles ne sont pas médiatisées ce ne sont pas de vraies catastrophes mais si elles sont médiatisées il faut bien que les gens comprennent qu’ils n’y peuvent rien et que leurs comportements ou leur indifférence ne sont pas même un peu coupables…le public doit bien comprendre aussi qu’il ne lui sert à rien de changer lui-même ou de changer les choses, parce que ça ne sert à rien et que nous vivons dans le moins mauvais des mondes possibles!

        Pourtant de quoi la société a-t-elle besoin? D’hommes et de femmes lucides, courageux et volontaires qui prennent leurs responsabilités, qui acceptent les dangers du monde, pour mieux les effacer. C’est parce que nous fermons les yeux que nous allons dans le mur. Si nous ouvrons les yeux nous voyons le mur approcher de plus en plus vite et nous agissons pour limiter la casse.

        Que devons-nous faire? Tenir! Il reste des adultes responsables sur cette planète et d’autres peuvent être convertis. Nous devons faire ce que nous pouvons et essayer d’ouvrir les yeux de notre entourage. Tout le système est bâti pour que les choses ne changent pas, il y a trop d’intérêts en jeu pour que l’immobilisme ne soit pas encouragé…mais la vie est changement. Si nous n’initions pas des changements positifs nous subirons (nous subissons déjà en fait) des changements désastreux.

        Juste un mot au passage sur ce système capitaliste si pervers qu’il a su créer un monde d’illusions plus vrai que la réalité. C’est très vrai et on comprends que beaucoup y succombent! Parfois je lis le blog pendant une heure puis je discute à mon travail ou avec des amis et je ne sais plus où j’en suis pendant quelques minutes…Le Japon risque vraiment de disparaître dans les radiations? Quelle importance puisque Arsenal a battu Valence (je dis n’importe quoi je ne connais pas le foot)? On en arrive à se demander si la réalité n’est pas dans la pub avant le film de la soirée et dans le résultat du tennis plutôt que dans le danger d’une alimentation toxique pour l’homme par exemple…
        C’est comme si le système en place distordait notre perception de la réalité pour lui substituer une autre « réalité » plus acceptable, par le biais des distractions et divertissements multiples. Le capitalisme semble modifier notre perception cognitive. Mais j’imagine qu’on a dû déjà écrire sur ce sujet et que je réinvente la roue…

        Que devons-nous faire? Il faut résister, tenir, se battre pour que les yeux s’ouvrent et qu’on accepte tous de voir les risques que nos comportements provoquent pour s’en protéger enfin avant le désastre qui est peut-être encore évitable. Il faut résister mais comme je vous comprends, comme la tâche paraît démesurée parfois!

        Courage et amicales pensées à vous tous amis du blog de Paul Jorion!
        Et n’oubliez pas que l’inspecteur Harry ne renonce jamais! 🙂

      2. @jeanpaulmichel
        Frustré de cette indifférence générale aux maux de notre planète, j’ai ouvert un petit blog il y a six mois essayant de transmettre de façon plutôt « légère » les informations qui m’apparaissent importantes sur la situation économique, financière, sociale et environnementale.
        Après six mois donc, je suis très étonné des retours positifs. Des « connaissances », voisins, relations ponctuelles y trouvent une information différente. Ce matin même, j’ai eu droit à un « Maintenant on sait tout ». Très gentil et certainement faux. Mais en même temps chez cette personne une perception de la situation s’est faite, différente des « grands médias ».
        Il est donc essentiel de faire passer l’information.
        Deux points encore.
        1 – Grâce à ce blog je me suis fais un nouvel ami, très précieux et qui collabore ponctuellement
        2 – C’est un bide total au niveau de ceux qui me connaissent depuis longtemps : la famille et les collègues. Quand je dis bide, je pense tabou.
        Ma conclusion : les gens n’aiment pas le changement chez un proche car cela risque de modifier leur mode de perception des choses et donc leur « univers » en très fragile équilibre.
        C’est pour cela que l’espoir existe car le jour ou une personne commence à tirer sur le fil, la trame de l’illusion se défait complètement et rapidement. Les terribles évènements actuels aident à cela quand même.
        Alors dans mon petit monde (relativement) solitaire, quand une ou deux nouvelles lumières s’allument, je me félicite d’avoir vécu une bonne journée et d’avoir un peu contribué à améliorer les choses.

        Que le ciel nous garde en joie.

        Cyrille sur otenkipass.blogspot.com

        ps : Merci à Paul pour son blog

      3. Un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou, agacé par cette agitation dérisoire, lui dit : « Colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! »

        Et le colibri lui répondit :« Je le sais, mais je fais ma part. »

  7. Il y a bien sûr un système d’injection d’acide borique dans ce type de centrales

    Ca fait bien longtemps que dans ce type de centrale, au Japon comme aux USA, on n’utilise plus d’eau borée dans les piscines !
    L’acide borique ne se dissout pas de façon homogène. Il fallait donc brasser l’eau en permanence pour assurer une certaine efficacité au dispositif. Compte tenu du dispositif de circulation, cette opération était « difficile » et chère car les 2 opérations se « contrariaient ».
    De plus, l’acide borique n’est pas éternel. Il fallait le renouveler régulièrement.

    Par soucis de simplification et d’économie, on a remplacé cette solution par des racks (les casiers contenant les barres en désactivation) en alliage contenant du bore ou par des dispositifs additionnels contenant du bore.
    On a aussi remplacé l’eau par de l’eau déminéralisée, là encore par soucis d’économie. L’eau déminéralisée, souvent récupérée des pluies, n’engorge pas ou moins, les dispositifs comme les électro-vannes ….et donc réduit les maintenances.

    Soit dit au passage, en fonctionnement normal, le débit de circulation dans une piscine de désactivation pour un chargement « normal » (+- 100 tonnes) est de l’ordre de 2 m3 par seconde.
    Le débit dans le réacteur, à une puissance nominale de 500 MW est de l’ordre de 25 à 30 m3 par seconde.
    Ceci pour comparer aux 6 à 9 m3 HEURE, déversés actuellement.

    Autre point, en temps normal dans les piscines de désactivation, on impose une hauteur d’eau au moins égale à celle des barres (donc entre 4 et 5 m d’eau au dessus des barres) pour que la protection contre les rayonnements soit considérée dans les normes. Avec un débit aussi faible que 6/9 m3 heure, il est évident que ce niveau ne peut pas être conservé.

    La question a poser aujourd’hui est :
    Compte tenu que les piscines à Fukushima (toutes confondues) sont équipées pour recevoir du combustible usagé à hauteur de 600 à 700 tonnes (voir un de mes précédents posts), de quelle façon, dans quoi, comment… sont entreposées ou stockées les barres « excédentaires » (pour rappel entre 1600 et 1800 tonnes en tout).
    Elles sont forcément stockées « comme ça peut », sans casiers au bore.

    Si à ça on ajoute le fait que le débit de circulation est de 6 à 9 m3 heure au lieu de 2 m3 seconde (il faudrait au moins 7 à 8 m3 seconde pour un tel chargement de 1500 tonnes)

    Il ne faut pas s’étonner de reprises de criticité !
    Là encore, ce n’est pas un accident !

    1. Je pense que de grosses charges de combustible moitié usé-moitié neuf ne demandent pas un débit de réfrigération supérieur à 500 m3/h puisqu’il s’agit de puissance résiduelle, même si on veut prévenir un échauffement des éléments, mais à condition de disposer d’un ou plusieurs échangeurs aptes à évacuer l’énergie. La phase d’ébullition qui survient si on ne dispose pas de ces moyen de réfrigération, évacue très efficacement les calories et on peut se contenter d’un débit bien moindre si la piscine est restée étanche. Enfin, dans les piscines combustibles les éléments sont en principe disposés de manière à ne pas permettre une divergence. beaucoup d’éléments sont d’ailleurs stockés avec leurs grappes de contrôle insérée. Mais voila…c’est le Japon… et on ne connait pas grand’chose de ce qu’ils ont bien pu bricoler chez eux. On peut compter, et de manière certaine, sur leur courage mais pour l’instant c’est la seule chose qui soit sûre.

  8. Après m’être relu (trop tard), je m’aperçois que je me suis mal expliqué.
    Je ne voulais pas dire qu’il n’y avait pas « le plein d’eau » dans les piscines. Il est certain qu’elles sont pleines puisque les techniciens sont obligés de limiter le débit pour réduire les débordements au minimum.
    Ce que je voulais dire c’est qu’il est bien évident que si 1600/1800 tonnes sont entreposées au lieu de 600/700, le volume d’eau des piscines est par autant réduit (le volume n’y est pas car remplacé par du combustible)
    Or, le volume des piscines est prévu pour 600/700 tonnes.
    Non seulement le débit est nettement insuffisant mais en plus, le volume nécessaire à la dissipation est également nettement en deça des minimums !

  9. Je ne crois pas aux reprises de criticité annoncées ici et là : les énormes flux de neutrons correspondants seraient immanquablement détectés.

      1. Je suis un peu tiraillé, Hermiss, car j’ai tendance à penser comme vous. Pourtant, quelque chose au fond de moi me dit : « non, une centrale mise à l’arrêt et constamment ébranlée par des séismes depuis un mois, des générateurs de secours grillés par un tsunami, des explosions autour voire dans les réacteurs, TEPCO qui veut sauver à tout prix tout ou partie de ses installations et qui tergiverse là où il faut agir dans la seconde, des émissions de radiations continues quoique contenues,… çà ne peut pas finir bien… Ou alors, « ils » auraient raison, nos chers dirigeants : une centrale nucléaire, c’est pas si dangereux en fin de compte ? La preuve, pas de souci, même quand c’est détruit, y a pas de risques. » Vraiment, je ne sais plus trop quoi penser…

    1. Il n’y a pas à croire ou pas croire. C’est de la science, de la physique… pas une religion !

      Il y a les faits :
      – Tepco lui même reconnait l’existence de 38cl dans au moins 2 réacteurs (le 1 et le 4). Le 38cl n’existe pas dans la nature. Il ne peut donc être produit qu’à partir de l’isotope 37 par recapture d’un neutron (pour rappel le 37cl est stable en l’absence de neutrons).
      D’où vient le 37cl ?
      Où trouve t’on du Cl dont environ 25% d’isotope 37 …dans l’eau de mer !
      Vous avez l’explication de la réduction des bouffées neutroniques. Une partie des neutrons est capturée par l’élément 37cl de l’eau de mer pour former un élément instable, le 38cl.

      Où le 37cl trouve il le neutron pour se transformer en 38cl ?
      la seule explication possible est une reprise de la criticité : une re-criticité ou peut-être une criticité qui ne s’est jamais stoppée compte tenu de la faible tenu des barres de contrôle en l’absence de refroidissement.

      – Tepco reconnait également l’existence de 131i et en proportion sans cesse croissante depuis le 11 mars.
      Cet élément a une 1/2 vie très courte (environ 8 jours). Il aurait donc du décroître progressivement depuis l’arrêt de la réaction.
      Si la réaction avait stoppée dès le 11 mars, le niveau en 131i devrait être aujourd’hui à peine décelable (environ 10 fois moins après 3 semaines et 40 fois plus faible aujourd’hui)

      Si il y a une génération de 131i, c’et forcément que des phénomènes de fission, existent.

      Dernier point, il ne paraît pas trop ridicule de prétendre que si des bouffées neutroniques existent, celles si sont passées sous silence (compte tenu de la politique de « communication » de TEPCO et des autorités japonaises depuis le début de ces accidents)

      1/ aucun détecteur courant n’est capable de les déceler.
      2/ si des bouffées neutroniques intenses ou importantes existent (supposons pour faire comprendre que par exemple 1/4 du combustible, soit 400 tonnes soit en re-criticité), alors il s’agirait d’une véritable « bombe à neutrons ».

      Ca expliquerait beaucoup de choses dont l’absurde (apparente) proposition des USA de noyer la centrale dans l’océan par des frappes aériennes ciblées (voir interview de Chris Busby)

      Quoi qu’il en soit, sans tomber dans « l’extrémisme » des USA, il ne fait aucun doute que des réactions en chaîne sont en cours à Fukushima !

      1. Ca expliquerait beaucoup de choses dont l’absurde (apparente) proposition des USA de noyer la centrale dans l’océan par des frappes aériennes ciblées (voir interview de Chris Busby)

        Excellente observation. Mais allons plus loin. La question que pose cette proposition américaine de frappes aériennes sur la Centrale n’est-elle pas principalement : la situation est-elle à ce point désespérée que les meilleurs ingénieurs de la planète ne voient plus aucune autre solution ? Question qui aurait pour corollaire cette autre : et si Tepco ne disait rien, non seulement pour cacher la vérité des faits, mais parce qu’il n’y aurait en fait qu’une seule et unique – et incroyable – chose à révéler au monde entier : nous ne savons toujours pas quoi faire pour mettre fin à ce désastre.

      2. @ Gouwy :
        Votre argumentation est imparable, je pense.
        Le chlore.. J’avais oublié qu’outre l’isotope stable 35, il y en avait d’autres ..
        C’est pour ça que la masse atomique du chlore est donnée à  » 35,5  »

        le Cl 35 ( de Numéro atomique Z = 17 et de Masse atomique =35)
        En effet, il existe aussi un isotope de masse 37
        Donc cet isotope du Chlore + n ( 1 neutron) de charge égale à 0 et de masse égale à 1 =

        en effet, ça donne bien du Chlore 38
        et c’est toujours du chlore puisque :
        Z + à = Z ( c-à-d 17 )

        Dans cette grille de CMTs, m’aperçois qu’on ne peut mettre du texte en indice et/ou exposant .; pas grave !
        Merci

      3. Je suis surpris qu’il n’existe apparemment pas de gros engins télécommandés comme des hélicoptères afin de pouvoir intervenir dans de telles situations .
        Si il est possible d’envoyer des drones au dessus du site pour prendre des photos c’est que des solutions de blindage pour les électroniques sont possibles, alors pourquoi n’ y a il pas dans le monde aucun drone suffisamment gros qui puisse intervenir ?

    2. Je n’y crois pas trop non plus. Pourtant je voudrais être sûr à 100% que le risque de constitution d’une masse surcritique au sein d’un coeur fondu et homogène n’existe pas parce que nous avons prévu une parade. Chose étrange, nous entendons très peu de physiciens sur le sujet.

      Faut-il y voir un signe? J’ai quand même l’impression que nos états-majors ne sont pas plus rassurés que nous et que leurs discours incantatoires « sur nos centrales qui seraient les meilleures du monde » (ce que prétendaient également les américains, les russes et les japonais) sont anxieusement destinés à éloigner la malchance. Un véritable audit impartial sur la sûreté de nos réacteurs s’impose, ne serait-ce que pour tirer un parti intelligent des évènements actuels.

      La production nucléaire crée beaucoup d’emplois, beaucoup plus que toutes les autres filières. Elle assure notre indépendance énergétique et génère beaucoup de richesses pour le pays.
      Raison de plus pour en prendre soin.

      1. RIOU René dit : Elle assure notre indépendance énergétique

        le Niger est un département français ?

      2. Je surexplose.

        Les physiciens (pas Gouwy) redécouvrent la physique.

        Je rigole pas car c’est autant de gens en plus à soigner.

        Faut arrêter là, faut arrêter.

        Je ne suis pas un spécialiste et j’avais compris il y a 15 jours ce que vous venez de comprendre seulement !!!

        Faut se réveiller, c’est pas possible !!!

      3. La production nucléaire crée beaucoup d’emplois, beaucoup plus que toutes les autres filières

        Il semblerait que l’expérience allemande montre le contraire…
        Sauf erreur de ma part (mémoire défaillante dûe au Nikka), le business des énergies renouvelables y a créé, toutes choses égales par ailleurs beaucoup plus d’emplois que le nuke…
        …reste à retrouver où j’ai lu ça…
        >_<"

  10. C’est comme en finance avec la Grèce entre autre, il est évident qu’ils ne pourront comme les irlandais ou les portugais parvenir à rembourser la dette…

    On sait donc en finance comme avec Fukushima avec vos explications que la situation en apparence stable ne peut que dégénérer au gré du temps…

    En finance l’idée est de donner du temps aux banques et aux financiers engagés pour refiler à d’autres leurs mauvaises créances, est ce que l’espoir que le temps affaibli la criticité globale, est ce que toute journée de gagnée est un peu moins de danger par affaiblissement des barres stockées ou fondues…

    Mine de rien entre le début de la crise où on répétait que les prochaines 24 heures étaient crutiales, on a gagné un mois, je sais Gouwy que la décroissance de la puissance des barres est lentes mais n’est ce pas la seule chose que peut faire TEPCO actuellement, espérer donner du temps au temps…

    Je dois reconnaitre que vous nous apportez bcp par vos explications, si rare sur la toile en français, M. Jorion et Leclerc le font pour la finance, plusieurs fois, moi ou d’autres on a demandé leurs avis, ils n’ont jamais réellement répondu…( !!!! ) c’était un soupir de ma part pour ces non-réponses….

    Quant à vous, pour les piscines de la 4 que peut-il se passer de plus grave qu’actuellement, compte tenu des barres neuves, peut-on avoir une réaction limitée qui petit à petit s’étend à toute la piscine ?

    j’ai bien compris que les japonais avaient une information limitée, j’ai pu lire qu’il y avait comme un égoïsme qui se développait contre les personnes irradiées, qu’elles restent où elles sont, franchement n’avez vous pas l’impression que la situation actuelle peut perdurer très longtemps sauf explosion brutale…

    Reste la pollution de la mer, on sait que la chaîne alimentaire est complexe, finalement après Tchernobyl, il s’avère que les personnes touchées sont celles proches de la centrale, à votre avis la pollution peut-elle toucher la planète à terme…

    Je sais et vous l’avez dit que vous êtes spécialiste d’une petite partie du cas Fukushima, je suppose que vous en parlez autour de vous, je pense qu’il y a une opinion de la communauté scientifique à laquelle vous participez dans le cadre de votre travail.

    Question : je ne vais pas vous demandez de faire un pronostic, juste une question est ce que donner du temps au temps comme le fait Tepco est une bonne idée, compte tenu en tous cas du peu de solutions dans un cas aussi gravissime.

  11. @ Gouwy :
    Merci de ces infos !

    1) – J’ignorais que l’eau boriquée ( avec H3 B O3) avait été plutot abandonnée
    – donc des racks de stockage en alliage renfermant du Bore ..

    2)Matériaux : j’ai un peu perdu de vue :

    A une époque, il y avait du B4 C ( carbure de bore) .. de mémoire cela c’était pour un certain type de grappes .;
    car là aussi y avait 2 types de barres : de contrôle .. et de mémoire .. pour l’arrêt .
    ai oublié un peu

    Ces grappes coulissent dans des  » Equipements internes  » ..
    et entre les « PWR françaises » et les  » BWR de Fukushima  » la conception ( et l’implantation) ne sont pas les mêmes .;

    3) Comme les R.C.P ne semblent pas opérationnels ( avec des débits de l’ordre de ceux que vous indiquez .. plusieurs m3/seconde .. ce qui est vrai ..), le refroidissement semble se faire ( essayer de se faire .. plutot) avec des débits de qq m3/heure ..

    La situation n’a pas l’air d’être sous controle
    Bonne soirée !

    3)

  12. Imaginez également la même chose se produire en Chine ou en Amérique, le monde en sera-t-il mieux informé pensez donc surtout lorsqu’il y a beaucoup trop d’intérêts commercial en jeu.

  13. La production de neutron est permanente même dans des installations à l’arrêt. Ce qui pose problème c’est de savoir à quel niveau de criticité on se trouve. La production de neutron est croissante ou décroissante et quelle est la vitesse d’évolution du phénomène? Ça dépend de la géométrie du coeur et de sa composition et de l’état dans lequel se trouvent les 6 réacteurs.
    Beaucoup de questions….peu de réponses

    1. Qu’est ce qui vous permet de dire que le nucléaire assure notre indépendance énergétique?
      Combien la France produit-elle de minerai d’uranium de ses mines annuellement?????

    1. Lorsque l’on voit ces dégats et les solutions envisagées, il est légitime de se poser la question de leur crédibiulité et faisabilité qui décroissent au fur et à mesure que le temps passe compte tenu du cumul des problèmes présents et à venir.

      Quoiqu’il en soit, ils/nous en ont/avons pour des mois voire des années.

    1. Merci dag! Ces photos sont magnifiques et les titres si décalés et poétiques! Dire que tout ça va peut-être disparaître bientôt…quelle absurdité!

  14. Merci à vous tous, en particulier Gouwy, Ivan et Zorg pour vos réponses objectives et subjectives. C’est un peu ce que je lisais entre les lignes et cela conforte grandement mon impression – plutôt intuitive.

    Bonne soirée à tous.

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