L’actualité de la crise : DRÔLE DE DRAME, par François Leclerc

Billet invité

La rencontre extraordinaire des ministres des finances européens à Bruxelles s’étant achevée mardi soir sur un constat de désaccord total, c’est à Athènes, devant le Parlement protégé par des cordons serrés de policiers anti-émeutes et entouré de quarante mille manifestants que se joue aujourd’hui la partie suivante. Vingt mille autres se réunissaient à Salonique.

« Maintenant, c’est nous qui parlons, ça ne passera pas » proclame une grande banderole adressée aux députés convoqués pour adopter les nouvelles mesures d’austérité. L’arrivée de chaque voiture noire est saluée d’une même clameur « Voleurs  ! Voleurs ! ». A l’inverse des classiques violences des manifestations grecques, celle-ci s’affirme résolument non-violente : « La démocratie est née ici, à Athènes, je ne voudrais pas qu’elle meure ici » a dit à une journaliste de l’AFP qui le rapporte d’une manifestante. Des heurts avec de petits groupes ont toutefois permis aux forces de l’ordre d’inonder la place Syndagma de gaz lacrymogène afin d’obliger les manifestants à la quitter, mais cela a été en pure perte, car ils y sont restés.

De nombreux drapeaux espagnols ont été également brandis en Grèce, ainsi qu’une autre banderole barrée d’un gigantesque « No pasarán » (vous ne passerez pas), tandis qu’à Barcelone les indignés espagnols font également le siège du Parlement catalan qui doit adopter des coupes claires dans le budget régional, huant les députés arrivant en criant « Ils ne nous représentent pas », le président du Parlement ayant été déposé par hélicoptère.

Au propre comme au figuré, les responsables politiques européens sont le dos au mur.

Deux députés du PASOK ont déjà annoncé qu’ils ne voteraient pas les nouvelles mesures, réduisant à 4 votes la majorité dont les socialistes disposent au Parlement, la Nouvelle Démocratie devant voter contre le projet. George Papandréou, le premier ministre, doit rencontrer le président de la République pour des échanges qualifiés de cruciaux, alors que les journaux considèrent que le gouvernement ne tient plus qu’à un fil.

Grande-Bretagne, Espagne, Portugal, les gouvernements ou les régions tombent les uns après les autres, pour être remplacés par des oppositions qui promettent pire généralement. Les coalitions au pouvoir en Allemagne et en Grande-Bretagne ne sont pas vaillantes et en Allemagne perdent les unes après les autres les élections régionales. Les indignés tiennent le haut du pavé en Espagne et en Grèce. C’est par trois référendums que les Italiens ont signifié à Silvio Berlusconi son congé prochain.

La crise a envahi le champ de la politique.

A partir de dimanche, les réunions et les rencontres vont se multiplier afin de parvenir coûte que coûte à dégager un compromis entre des positions qui s’affirment toujours inconciliables. Des inflexions apparaissent dans les discours qui sont tenus. Wolfgang Schaüble reconnaît qu’il est impossible d’aller contre les conseils de la BCE, puisque c’est ainsi qu’est qualifié son refus de toute restructuration, même douce.

Jürgen Stark explique que la zone Euro n’est malgré tout pas en danger, étant donné la modique participation grecque de 2,5 % à « la création de la valeur européenne », rompant avec d’autres prévisions apocalyptiques de sa maison, comme s’il anticipait un échec final des pourparlers qui vont se conclure la semaine prochaine par un sommet européen des chefs d’État et de gouvernement. Quant aux conséquences qui pourraient résulter pour la BCE d’une restructuration de la dette grecque, Jürgen Stark les évacue en faisant remarquer qu’elles reposeraient sur l’Eurosystème en entier, c’est à dire également sur les banques centrales nationales.

Entre temps, les hypothèses fleurissent pour déterminer qui, des banques allemandes ou françaises, sont les plus exposées à la dette grecque. L’agence Moody’s, oiseau de mauvaise augure, annonce qu’elle pourrait abaisser la note des mégabanques françaises. Fidèle à la grande tradition française, François Baroin, porte-parole du gouvernement, a rétorqué un sans appel : « Cela ne nous inquiète pas », après que Laurent Wauquiez, ministre des affaires européennes, ait déclaré « il ne faut pas agiter les choses », précisant ainsi le fonds de sa pensée : « les banques françaises ont des expositions qui sont en Grèce, liées à l’économie grecque, elles sont parfaitement publiques, donc il n’y a absolument rien qui est caché et par ailleurs le secteur bancaire français est moins exposé par exemple que le secteur bancaire allemand ». Pour conclure enfin : «Je crois que sur tous ces sujets, il faut du calme, de la sérénité »… Tant qu’à faire, il aurait pu demander que l’on n’en parle pas !

Mais pourquoi donc le gouvernement français résiste-t’il avec autant d’acharnement à la proposition allemande d’échange des titres de dette grecque actuels par d’autres prolongeant leur maturité de sept ans, si elle a si peu de conséquences potentielles ? Angela Merkel et Nicolas Sarkozy, qui doivent se rencontrer pour un fructueux échange de vues, vont avoir l’occasion d’y répondre.

Mais, quel que soit le compromis bancal qui en résultera, s’il est trouvé, le reste de la donne restera inchangé. Un répit sera in extremis accordé à la Grèce, pas davantage, tandis que le même scénario se profile déjà en Irlande. Et, surtout, de nouveaux plans d’austérité seront adoptés et mis en vigueur, au nom de la sauvegarde du système bancaire et financier.

Déjà se dessinent les contours de la suite qui nous est préparée. Évoquant la zone euro, Jean-Claude Trichet a dernièrement tracé lors d’une allocution prononcée à Aix-la-Chapelle l’épure de sa future organisation, dans la droite ligne des mécanismes automatique de sanction qu’il réclame à corps et à cri pour les gouvernements qui ne respecteraient pas dans l’avenir les ratios maximum de dette et de déficit.

« Serait-ce une idée trop hardie que d’envisager, sur le plan économique, un ministère des finances de l’Union ? », s’est-il faussement interrogé. Celui-ci ne gérerait pas uniquement le budget européen mais exercerait selon lui des responsabilités dans trois domaines : « la surveillance des politiques budgétaires et des politiques en matière de compétitivité, toutes les responsabilités assumées généralement par les gouvernements en ce qui concerne le secteur financier intégré de l’Union et la représentation de la confédération de l’Union au sein des institutions internationales ». Il précise même  : « Je pourrais imaginer que les autorités européennes aient le droit d’opposer leur veto à certaines décisions de politique économique nationale ».

Intervenant auparavant devant les étudiants de la London School of Economics, le même expliquait que « la crise à mis en lumière des faiblesses dans la structure de la gouvernance économique de l’Union économique et monétaire. » Ce que l’on peut traduire sans défigurer sa pensée par : « on continue comme avant en améliorant les structures pour qu’elles soient plus contraignantes ». Sans amorcer une quelconque réflexion sur ce que pourrait être une stratégie économique européenne dans le contexte actuel. C’est le triomphe de la pensée vide et de l’autisme économique.

Drôle de drame sur la scène européenne ! A en écouter les acteurs autorisés, il n’y a pas de plan B envisageable pour les pays européens. Pour autant, celui-ci ne parvient pas à être mis en musique…

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141 réflexions sur « L’actualité de la crise : DRÔLE DE DRAME, par François Leclerc »

  1. Christine Lagarde s’est déclarée jeudi confiante dans la capacité de résistance du système bancaire français au lendemain du placement sous surveillance des notes de trois banques françaises par Moody’s.

    “Je suis confiante dans la solidité du système bancaire français”, a déclaré la ministre française de l’Economie lors d’une conférence à Paris.

    L’exposition des banques françaises à la Grèce inquiète depuis plusieurs mois les marchés financiers. L’agence Moody’s a placé mercredi BNP Paribas, Crédit agricole et Société générale sous surveillance avec implication négative.

    A la Bourse de Paris, Société générale recule de – 3,56 % à 37,39 euros, BNP recule de – 2,28 % (50,13 euros). La banque franco-belge Dexia chute de près de 8%.

    http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20110616.REU2354/lagarde-se-dit-confiante-dans-la-solidite-des-banques-francaises.html

    “Tous les clignotants sont au vert” (Déclaration de Christine Lagarde le 13 mai 2011)

    http://www.boursier.com/actualites/economie/pour-christine-lagarde-tous-les-clignotants-sont-au-vert-8544.html

      1. Tout à fait…. les faits ont toujours tort.

        Les indignés : le mouvement ne sert à rien (Enthoven)

        Tournent le dos à la raison.

      2. En l’occurrence, l’estimation des risques ne sont pas des faits, se sont des estimations.

        Et on finit toujours par avoir tort quand on sous-estime les risques en pensant que cela va inspirer la confiance.

        De toutes façons, on se doute bien que Mme Lagarde ne va pas aller déclarer “qu’elle n’a plus confiance dans la solidité du système bancaire français”.

        On se demande vraiment pourquoi ce genre de déclarations est considéré comme de l’information et pourquoi Mme Lagarde (et BA) estime le besoin de nous en faire part.

        C’est comme demander à un marchand de tapis s’il a confiance en la solidité des tapis qu’il vend.

      3. @Listzfr,

        les faits ont toujours tort

        Cela ne veut rien dire.

        Les faits n’ont ni tort ni raison. L’important c’est la nature temporelle des faits.

        C’est l’interprétation qu’on fait des faits (qui sont avérés par le passé) dans le but d’une prévision (donc dans le futur) qui elle peut avoir tort ou raison.

        Exemple:
        fait : aucun pays membre de l’union européenne n’a jamais fait défaut alors qu’il était membre
        c’est un fait avéré, indéniable, vérifiable par le passé

        interprétation des faits dans le but d’une prévision:
        aucun pays membre de l’union européenne ne fera jamais défaut alors qu’il est membre

        Il est fort possible que celui qui émet cette interprétation et cette prévision ait tort. Mais les faits sur lequel il se base n’ont ni tort ni raison puisqu’ils sont avérés.

        “peut on avoir raison contre les faits”
        oui puisque les faits (donc ce qui est avéré par le passé) ne le sont pas toujours dans le futur.

      4. @ renou

        Enorme…quelle imposture cet Enthoven ! Pour parler du racisme, le plus honnête, bien que peu original, eût été de faire une trame historique…parler du racisme en tant qu’une forme d’expression contre une altérité…toujours changeante…mais là, on est strictement dans l’idéologique…et le renversement des concepts en échangeant les rôles de chacun…

      5. En parlant de Raphaël, l’ex à Carlita, une citation de l’un de ses ex-maîtres, Onfray, pourtant pas le dernier des libéraux :

        Ceux qui souffrent de la brutalité du capitalisme libéral ont envie d’autre chose que de paroles ou de piquets de grève, de tracts ou de banderoles. A vouloir la révolution sinon rien, on n’a rien et surtout pas la révolution

        Et l’abbé Pierre :

        Quand on s’indigne, il convient de se demander si l’on est digne.

        Et sur le sujet de philo ou sur la “liberté de déni” de la “sirène Christine”, Descartes bien sûr :

        Nous pouvons nier la vérité, si nous avons en vue d’affirmer par là notre liberté.

    1. « Tous les clignotants sont au vert »
      Le soleil a rendez vous avec sa lune.
      Game ovaire or game over ? 🙂

    2. Quand Christine Lagarde prédit quelque chose, vous pouvez être sûr que c’est l’inverse qui va se produire. Voilà un repère sûre et fiable.

    3. Les regains d’optimisme de Madame Christine Lagarde m’ont toujours rendu très pessimiste.

      Et le retour sur la scène médiatique de Monsieurs Christian Noyer n’augure rien de bon.

      On a les “marqueurs” qu’on peut, mais ces derniers hélas ont toujours fonctionné,

  2. Je ne savais pas où placer cette info…
    http://www.bastamag.net/article1550.html
    Jusqu’où les organisations environnementales sont-elles prêtes à se compromettre pour conclure des partenariats avec des grandes entreprises ? Basta ! a recueilli le témoignage accablant d’une ancienne salariée de la puissante ONG états-unienne Conservation International, Christine MacDonald, journaliste et auteur du livre Green. Inc. En échange de généreuses donations, cette organisation aide des multinationales comme Monsanto, BP, Total ou Walmart à « verdir » leur image. Ou conseille le vendeur d’armes Lockheed Martin pour recycler les éclats d’obus ramassés sur les champs de bataille.

  3. A mourrir de rire de tristesse sur BFM Radio :

    Une bonne nouvelle dans ce climat économique morose,
    l’AIE remonte se prévisions de demande mondiale de pétrole.

    Preuve s’il en est que la majorité des économistes n’a encore rien compris
    et que le dévoilement des illusions n’en est encore qu’aux prémices des prémices.

    1. Autrement dit:
      Une bonne nouvelle pour la spéculation autour de la butée maximale de production jour !
      Tant qu’aux économistes, ils sont économistes 🙂

      1. Une spéculation qui s’apparente plus à une perte de repère complète qu’à un repli stratégique. La volatilité révélant surtout que plus personne n’a de certitudes auxquelles se racrocher.

        Tout cela au grand dam d’une gauche bien pensante et d’une droite désabusée.

        Notons aussi que ces deux tendances rétrogrades sont complices pour compromettre doucement mais surement tout rêve démocrate. En effet dans le contexte de limites à la croissance le débat gauche-droite ne peut mener qu’à un clash qui créera les conditions idéales d’un nivelement par le bas de la dignité humaine pour tous.

      2. L’avenir radieux de la démocratie appartient désormais à Homos Courage.
        Celui qui osera porter un gilet pare-balle en conseil des ministres, se faire protéger par des Légionnaires et qui mènera des réformes certaines portant sur la finance et l’énergie !

  4. Pffffff …

    François Leclerc n’a toujours pas compris la théorie de Milton Friedman !

    C’est normal tout ça voyons …. c’est l’autorégulation qui se met en place 🙂

    Près d’un Français sur deux (48%) se dit “révolté” par la situation économique et sociale en France, contre 30% qui se disent “résignés” et 13% “confiants”, selon un sondage Ifop réalisé à l’initiative d’un collectif d’économistes. Seuls un pour cent des Français sont “enthousiasmés” par la situation. Les autres (8%) affirment être “indifférents” ou ne se prononcent pas

    http://lexpansion.lexpress.fr/economie/un-francais-sur-deux-revolte-par-la-situation-economique_257182.html

    1. @Edith
      Il faut croire que les Français sont heureux puisque Sarkozy se dit confiant dans sa réélection. Il esr vrai que cest lui qui le dit.!!! Du cynisme ou de l’inconscience.? On verra bien en 2012.

  5. Grèce : Papandréou prépare un remaniement, sur fond de crise au sein du Pasok.

    Le Premier ministre grec, Georges Papandréou, affrontait jeudi une crise au sein de son propre parti, le Pasok (socialiste), alors qu’il tentait de remanier son gouvernement pour faciliter le vote au parlement d’un nouveau plan d’austérité crucial pour le pays et la zone euro.

    Après la démission de deux députés socialistes jeudi matin, trente-cinq autres députés du groupe majoritaire, critiques vis-à-vis du plan d’austérité imposé par les créanciers du pays (UE et FMI), ont demandé une réunion d’urgence de leur groupe en critiquant un “déficit de pouvoir” et une absence de politique cohérente.

    M. Papandreou a cédé et convoqué le groupe parlementaire pour le milieu d’après-midi dans l’espoir de calmer les esprits, a indiqué le Pasok.

    Le plan d’austérité, jugé indispensable pour obtenir un deuxième paquet d’aide de la zone euro et du FMI, est également vivement contesté dans la rue, alors que la Grèce se trouve une nouvelle fois au bord de la faillite.

    http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=37dd592030a74f38caef6f964d3a9999

    1. @ François Leclerc

      Au fait, François, vous prenez du recul sur le suivi de Fukushima ?
      Les infos se tarissent ? Se ressemblent trop ?

  6. En tout cas personne (même ce qui nous ont pas cru) pourra dire qu’ils ne savaient pas que le système ou même plutôt la civilisation industrielle était au bord du gouffre, car les personnes comme nous dont fait partie Paul Jorion, Yves Cochet etc.. des personnes qui ont tirée le signale d’alarme dans plusieurs domaines (Paul Jorion dans l’économie, Yves Cochet au niveau des ressources fossiles par exemple) avant l’heure. Maintenant il y a pas intérêt qu’on nous tire a coup de boulet sur nous en disant qu’on savait mais qu’on n’a rien fait, se genre de cas est arrivé un peu trop souvent à mon gout dans l’histoire, un peu trop facile d’accuser les cassandres !

  7. L’Europe repousse à plus tard la finalisation d’un nouveau plan d’aide grec.

    Les responsables européens ont repoussé jeudi à mi-juillet au plus tôt, et peut-être seulement septembre, la finalisation d’un nouveau plan d’aide financière dont a cruellement besoin la Grèce et qu’attend aussi avec impatience le FMI.

    A l’origine, un accord global était escompté d’ici fin juin.

    A présent, les ministres européens des Finances vont se retrouver dimanche et lundi à Luxembourg pour “discuter seulement du contenu et des conditions d’un nouveau programme pour la Grèce, et de la nature de la participation du secteur privé, avec l’objectif de prendre des décisions à la prochaine réunion de l’Eurogroupe le 11 juillet”, a déclaré le commissaire européen aux Affaires économiques, Olli Rehn.

    En fait, selon un diplomate européen, le plan pourrait n’être finalisé dans le détail qu’à la rentrée de septembre.

    En attendant, pour ne pas priver le pays de l’argent frais dont il a besoin, les ministres devraient quand même donner à cette occasion leur feu vert au versement “début juillet” de la prochaine tranche de prêts prévue dans le cadre du plan d’aide de 110 milliards d’euros mis sur pied en 2010 et courant sur trois ans, a dit Olli Rehn.

    “Cela signifie que le financement de la dette souveraine grecque peut maintenant être garanti jusqu’en septembre, tandis que nous prendrons les décisions pour le moyen terme, à savoir pour l’après septembre, en juillet”, a-t-il poursuivi.

    http://www.romandie.com/news/n/UEL_Europe_repousse_a_plus_tard_la_finalisation_d_un_nouveau_plan_d_aide_grec160620111606.asp

    Les déclarations ci-dessus sont en langue de bois.

    Moi, j’avais choisi l’option “Langue de bois” au collège. Je vais maintenant traduire les déclarations ci-dessus en langue française :

    “En Europe, c’est le bordel. En Grèce, c’est le chaos. Comme nous ne sommes d’accord sur rien, on verra plus tard tout ce merdier.”

    1. On verra plus tard tout ce merdier et en attendant on paie pour ne pas que le système nous pête à la g…..

  8. Que la BCE soit à coté de la plaque, n’étonnera personne. Vu sa gestion catastrophique depuis 2008, se contentant en urgence et n’importe comment d’acheter des bons grecs sur le marché.
    Un dogme stérile et désormais mortel: Ne pas acheter les dettes d’Etat directement “hors marché”. Over the market.
    Non, on en est déja plus au TARP américain. Ils en sont déja au QE3, l’achat direct de la FED des obligs du Trésor US.
    Dans le cerveau étriqué de Trichet, c’est une autre planete, c’est à dire que l’implosion de la zone euro est proche. Par le retrait de la Grece de la zone euro? Mais laissez moi rire!
    Pas du tout, ce sera le retrait de l’Allemagne de la zone euro. Les allemands ne voudront pas couler avec le navire, et ils auront raison.
    Toute solution qui se presente est dangereuse: Des euro-obligations? Mais grace au PIG’s nos interets de la dette risquent de doubler! 45 milliards de plus chaque année à payer en France aux banquiers, c’est pas rien!
    Emprunter sur les marché en commun pour preter aux grecs, portugais, etc?
    Trés dangereux, s’ils ne remboursent pas, c’est de la dette en plus pour nous! Ce qui revient au meme qu’avec les euro-obligations.
    On peut se la jouer solidarité, peace and love entre les peuples. Mais Les rapaces s’en fichent, au contraire c’est du tout bon pour continuer la spéculation sur l’Europe, un signe remarquable!
    Du moment qu’on ne change pas les régles néolibérales de l’Europe, toute solidarité est du suicide objectif.
    Des solutions pour voir venir, il en existe: Autoriser la BCE a faire du quantitative easing, reglementé par un conseil économique europeén, et non pas soumis aux dictats des marchés et des agences de notations, et des paris via CDS interposé! M’enfin c’est évident!
    Il n’empeche que meme avec cela, pour parer au plus pressé, cela ne resout rien sur le moyen terme, et que forcement l’euro comme le dollar risquent de (vont de toute manière) couler, pour effacer les dettes.
    C’est ça le libéralisme. Sinon c’est du n’importe quoi total, y a plus qu’a devenir communiste!

    1. y a plus qu’a devenir communiste

      les “coco” français n’ayant pas commis d’atrocité, les français étant adeptes de certaines règles, mais un brin anar.( ce qui empêche la dictature ), c’est la solution alternative qui me parait la plus raisonnable, et la moins puante, actuellement !

      Vive la Commune !

      Cela fera, ENFIN, fuir les “assis sur leur pot “( d’or, de pécettes, de fric, de flouze, d’artiche,de biftons,de fraîche, de guelte, d’oseille, de pèze …) !
      Quel bonheur !

      Plus de dictature du divin marché : fin du règne de Sade ! Enfin, la VIE !

      1. M comme Marquis de Sade
        Je suis l’homme de la nature avant d’être celui de la société.

  9. “Aujourd’hui, les cours des banques continuent de s’effondrer. C’est qu’un risque de défaut, s’il s’avère, coûte beaucoup plus cher que l’exposition directe. Il coûte la perte de confiance dans la signature des Etats, leur capacité de refinancement, la chute des prévisions de croissance… et par effet de cascade, la crise économique par la baisse de prix de nombreux actifs et au bout du compte, la valeur globale du bilan des banques et leur capacité à financer la croissance.
    La mesure d’un éventuel défaut de la dette grecque se comptera par réactions en chaîne, l’onde de choc se propagera comme un crédit subprime. C’est cet effet d’entraînement macroéconomique que les marchés anticipent.
    Ce qui se joue en ce moment dans les rues d’Athènes entre un peuple épuisé et une classe politique divisée est tout simplement considérable pour chacun d’entre nous !”
    http://cactus.blogs.challenges.fr/archive/2011/06/16/grece-degradation-des-banques-en-route.html
    Bonne analyse …
    “Le vote de confiance du 22 juin pourra-t-il inverser la vapeur ? La victoire ou l‘échec entre élus ne calmera vraisemblablement pas l’exaspération populaire. Que Papandréou reste ou pas, la politique d’austérité risque de buter encore et encore contre le mur de la révolte populaire.”
    On a effectivement indiqué que quelque soit les changements politiques en fonction des élections, les politiques (d’austérité), elles, ne se modifiaient pas. Pire, elles empiraient.

    On doit aussi indiquer comme le fait ce commentateur que quelque soit ces changements politiques, le maintien des politiques d’austérité se heurtera au mur de la révolte populaire.

    Nous sommes donc bien passés du désespoir résigné au désespoir indigné.

    1. Le jour ou les foules réclameront la mise à mort des banquiers [dans une version civilisée, bien sûr, c.a.d. : la saisie expropriatoire sans compensation aucune, et création d’un monopole de service public de crédit aux entreprises et particuliers], on sera sur la bonne voie… 🙂

  10. lorsque vous êtes au taquet avec vos crédits , que vous ne pouvez rembourser mensualités et capital , vous ne pouvez plus emprunter , vous ne devez plus emprunter………..
    Que sont ces grecs qui continuent à emprunter ?
    Que sont ces pays préteurs qui continuent à préter ?
    Ce sont des fous.
    Il faut cesser de préter , il faut payer à la place de l’endetté , payer sa dette à sa place.
    Si vous continuez à préter vous transférez le risque sur vous même , c’est la contagion.
    Si vous continuez à préter , la situation de l’emprunteur s’aggrave et la votre aussi.
    Seule solution payer à sa place , s’assoir sur une partie de la dette , déclarer la cessation , demander un réglement judiciaire.
    Retournez le problème dans tous les sens , si l’emprunteur est au taquet , vous avalez sa dette.
    Bonjour chez vous.

  11. Ah la la, la Grèce, j’ai regardé les actualités à la télé hier au soir; c’est vrai que ça donne pas envie d’aller trainer ses guêtres dans le coin pour y faire du tourisme! un truc à se prendre des coups de trique sur la calebasse!
    Ben justement, entre le touriste teuton qui va craindre de se faire caillasser sa jolie Mercedes et le franchouillard qui va avoir peur de se retrouver coincé sur une ile, certes paradisiaque, mais coincé tout de même vu la grève générale illimitée et insurrectionnelle qui se profile, à mon humble avis, la prochaine saison estivale est bien compromise..et ça ne va pas arranger la balance commerciale, cette grosse bouderie qui s’annonce.
    Plus sérieusement, face à une jeunesse sacrifiée, je n’ai pas entendu un seul mot de compassion, de compréhension de la part des puissants argentiers qui nous gouvernent…du genre, ok, ça va être dur, mais la prospérité est au bout du chemin, n’ayez pas peur, entrez dans l’espérance, on va vous aider, etc etc….
    Par contre, on sort la grosse Berta dès qu’il s’agit des banques, hein, faut pas déconner quand même; donc, entre le Baroin, la Lagarde ( ah celle là! ), le Sarko et toute la clique des clones de Noyer, vas y les “éléments de langage”….ça risque rien, on vous dit ( c’est marrant, on dirait un remake des subprimes )
    Cela dit, du côté gouvernement grec, c’est un peu l’impasse, ils n’arrivent manifestement pas à vendre au populo la corde qui servira à les pendre; on pourrait quand même leur souffler à l’oreille de regarder ce qu’ont fait les Islandais ( un superbe bras d’honneur très méditerranéen sous la forme d’un référendum) Eh bien, ils ne s’en portent pas si mal! il faudrait que l’ami Jorion ou l’ami Leclerc se penchent là dessus.
    A situation inédite, solution imaginative!

  12. Propos confus d’ilote :

    Tous ces milliards accumulés dans les mains de quelques uns : si le système est au bord de l’effondrement, ces quelques uns richissimes ne vont-ils pas être obligés de les réinjecter, de les balancer en masse (cf. les donations des Bill Gates et consorts), comme des morceaux de bois flottants où ils vont s’accrocher pour ne pas noyer le système et eux avec ?

  13. N’attendez pas des médias qu’ils vous parlent des sujets qui fâchent. Si le Yemen tombe, Souad risque de tomber aussi, et avec eux le mode de vie à l’occidental qui repose sur une sécurité des approvisionnements US qui pourraient disparaître du jour au lendemain.

    Yemen: The Mother of all Revolutions
    http://www.youtube.com/watch?v=A70uxkfnMvk&feature=player_embedded#at=31

    Tous nos débats sont tellement en retard d’une multitude de guerre face au vrais enjeux que c’est à en mourir de délire. A-t-on seulement un plan si nos approvisionnements devaient être réduits de moitié en peu de temps ? Au hasard je dirais que non et que le pouvoir a tellement peur de le révéler à l’opinion qu’il s’enlise dans le ‘dormez brave gens’. L’autruche reine comme seule porte de sortie.

    Sérieusement, comment on s’organise si la sécurité des approvisionnements OCCIDENTAUX devait être rompue du jour au lendemain (en ayant à l’esprit que les stocks nous permettraient de tenir quelques semaines) ?

    1. on essaie de faire comme nos aïeux, pendant les guerres : on élimine le superflu, et on préserve l’essentiel …

      Ce qu’ont vécu nos familles / 2° GM, par ex.
      plus de chauffage; tickets de rationnement ; queues, souvent pour ne rien rapporter=) perte de poids,plus de 10 kg en 3 semaines / grandes villes : ( hihi, les Dr-inventeurs de régimes délirants et déséquilibrés pour les grosses dames riches qui s’ennuient : ça vous fera 200 €, merci, seront au chomdu ! crêveront la dalle comme les autres : ça fait tout-de-même plaisir ! ), semelles de bois, pas de collants, reprisage de chaussettes, retournement des manteaux [ pas le retournement de veste cher aux politiciens, non, rien à voir =) c’est pour que cela soit moins élimé ], marche à pied, velo ! retour au pot de chambre, et au broc à eau [ car, infrastructures trés rapidement “out”, quand savon : de trés mauvaise qualité brûlant la peau =) crevasses …]
      pour les enfants, lors de fêtes, faire des gâteaux, sans oeufs, sans farine, sans beurre …etc, etc…
      bougies …( eh, lire à la bougie : un grand plaisir !)
      bref, économie de guerre, MAIS POUR TOUT LE MONDE !
      et, remettre l’agriculture en local, pour que tout le monde ne crêve pas !

      1. Il faut faire la différence entre une entrée en guerre qui va plutôt souder une population autour d’un Etat par rapport à un effondrement qui va plutôt mener à un chacun pour soi qui condamne l’Etat et qui peut mener à sa disparition pure et simple.

        Je crains que l’effondrement de l’Etat n’aille de paire avec l’effondrement de la confiance en l’Etat menant à plus de repli sur soi. On sera alors confronté à une impuissance de l’Etat qui alimentera la défiance vis-à-vis de l’Etat elle-même alimentant l’impuissance de l’Etat, et le cercle vicieux s’installe.

        Ci-dessous un exemple très révélateur de la part de Mr Tea Party dans un pays où il est vrai bien des gens ont des tempéraments de soldats et sont armés jusqu’aux dents. En Europe par contre c’est l’inexistence de l’armée qui peut nous mener à vivre une expérience similaire.

        “Be prepared to “shelter in place” or “bug out” as appropriate. “Wilding” events have already happened in some major cities. This is likely to spread if there is a “fiscal” or “monetary” accident and the “FSA” (free **** army) funds get cut off. These events could spread very quickly, and many large cities could go near-feral within days. You need to know what you’re going to do about that if it happens. If you think it can’t, you’re wrong – it both can and might. Being prepared costs nothing. Being unprepared might cost you your life. Consider walking down the average city street with 10-story apartment buildings on both sides while carrying a bag of groceries. How many rifle barrels can be hidden behind those windows, pointed at your head? Now consider what happens when the residents in those places have no food, no money, and you’ve got a bag of groceries. Still comfortable walking down that street? That’s what I thought. Incidentally, being “macho” (or even armed to the teeth) does you absolutely no good in such a situation; the only means of avoiding that problem is not being there if it happens.”
        http://www.theburningplatform.com/?p=16907

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