L’INDUSTRIE ÉLECTRO-PERNICIEUSE, par François Leclerc

Billet invité

Il y a maintenant quatorze semaines, la catastrophe de Fukushima a débuté, sans qu’aucune stabilisation de la situation ne soit depuis intervenue.

Si sa date de démarrage est connue, il n’y a en réalité aucun moyen d’estimer le temps nécessaire pour que l’on puisse enfin proclamer que tout est rentré dans l’ordre, si cela intervient. Un ordre nouveau, encore à inventer, et qui imposera que soient édictées des interdictions valables à tout jamais, une fois les énormes inconnues relatives au démantèlement de la centrale résolues, après qu’une stabilisation qui échappe toujours des mains soit finalement intervenue. Mais quand et comment ?

Sous soins palliatifs improvisés et après avoir frôlé le pire, la centrale est devenue une usine produisant des dizaines de milliers de tonnes d’eau hautement contaminée. Car telle est l’étrange situation à laquelle nous sommes à ce jour arrivés. Ces masses d’eau menacent toujours de déborder dans l’océan, après avoir progressivement envahi les sous-sols des réacteurs, ainsi que d’inonder le site, ce qui rendrait encore plus dangereux voire impossible les travaux qui doivent y être menés d’urgence pour éviter des rebondissements encore pires que la catastrophe actuelle.

Notamment la consolidation de ce qui peut l’être – dont la piscine n°4 à la structure défaillante – et la mise sous bâche des réacteurs, afin de diminuer la contamination de l’atmosphère et de les protéger de la pluie qui accroît encore, avec les injections d’eau destinées au refroidissement et qui ne peuvent être stoppées faute d’autre solution, les masses d’eau contaminées.

Non seulement la centrale recèle ses propres maléfices, notamment sous la forme de cet enchaînement, mais elle est le jouet potentiel plus que jamais vulnérable des éléments, pluies tropicales et typhons, non compte-tenu d’autre séismes et tsunamis qui peuvent toujours à nouveau survenir.

La reprise en main de la situation reposait sur le bon fonctionnement d’une chaîne improvisée et montée à la hâte de décontamination de l’eau, afin de l’utiliser ensuite pour créer un circuit fermé de refroidissement des réacteurs. Plus précisément de trois coriums dont on ne connaît pas exactement l’étendue de la menace, ainsi que de cinq piscines chargées au total d’une très grande quantité de combustible nucléaire. Mais l’installation en question ne répond pas pour l’instant aux attentes, laissant en suspens la stabilisation attendue, pouvant pérenniser le provisoire imparfait et improvisé si aucune solution n’est trouvée à son dysfonctionnement.

Quoi faire de cette eau ou des boues résultant de sa décontamination, au cas où l’installation sera remise en fonction et accomplira sa mission ? Régler un problème en crée depuis le début un autre, dans une course après les événements qui n’en finit pas, à tout instant perturbée par des incidents imprévus et difficiles à surmonter dans le contexte d’une installation nucléaire sinistrée, où tout est problème et danger.

Au fur et à mesure que le temps passe, il est découvert que la contamination radioactive d’une large région a été plus importante que décelé ou reconnu dans les premières semaines, celle-ci se poursuivant à moindre échelle. Il n’en résulte pas seulement une dissémination d’isotopes radioactifs d’iode et de césium, mais aussi de plutonium, de strontium, d’uranium et de cobalt – dans des quantités faibles mais encore mal estimées pour ces derniers, – dont la demi-vie est beaucoup plus longue et les effets sanitaires pernicieux.

Dans de larges zones autour de la centrale, des dizaines de milliers de japonais ont entamé l’apprentissage de la vie – ou plutôt de la peur – dans une atmosphère dont la mesure du risque qu’elle représente est sujette à caution et les laisse dépendants d’autorités dans lesquelles ils ont perdu confiance, quand ils n’ont pas été évacués à tout jamais de leur lieu de vie. Les conséquences cumulées à plus long terme de cette contamination restent inconnues; la contamination de la chaîne alimentaire ne connaissant, quant à elle, pas de frontières traçables.

Enfin, le démantèlement de la centrale, c’est à dire de quatre réacteurs – trois coriums étant vraisemblablement répandus sur la semelle de leurs enceintes de confinement respectives (une situation jamais rencontrée) – va imposer de concevoir et mettre au point des solutions techniques robotisées n’existant pas à ce jour. Les travaux pourraient durer dix ou quinze ans selon les premières estimations, imposant de stocker des masses colossales de matériaux hautement contaminés.

Une nouvelle fois, l’humanité est entrée brutalement en zone interdite à Fukushima, qui plus que jamais mérite son nom de catastrophe rampante.

Le complexe électro-nucléaire japonais a été mis à nu, dans ses impréparations et ses imprévoyances comme dans ses connivences et son opacité structurelle. L’opérateur de la centrale a été soupçonné de mensonges ou omissions, pratique naturelle dans cette industrie, mais le pire à bien y réfléchir est qu’il n’a peut-être même pas pu ou su analyser des événements qui le dépassaient. Les structures d’alerte n’ont pas fonctionné, celles de contrôle et de décision de l’administration se sont révélées étroitement liées à l’opérateur privé.

Fukushima n’est pas seulement une tragédie japonaise : en dépit de ses singularités, ses leçons sont universelles. La première d’entre elle est que le jeu n’en vaut pas la chandelle, pour qui s’arrête un bref instant pour y penser au vu de ce qui est en train de se passer.

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163 réflexions sur « L’INDUSTRIE ÉLECTRO-PERNICIEUSE, par François Leclerc »

  1. Pour faire plaisir à ceux qui rêvent de se vautrer dans la modernité nucléaire:

    Des informations qui inspirent à l’experte australienne en nucléaire Helen Caldicott, l’estimation que la catastrophe de Fukushima est pire que celle de Tchernobyl : « Jamais auparavant, six réacteurs nucléaires d’une centrale n’ont été gravement endommagés au même moment. Ces réacteurs sont condamnés. ». Le combustible est très dangereux : « Il ne faut pas oublier la dangerosité de ces barres: elles sont tellement radioactives que si vous les approchez, vous décédez en quelques minutes. Vos cheveux tombent, des hémorragies internes se déclarent et vous mourrez comme un malade du sida ». « Mais Tchernobyl n’est rien par rapport à ce qui s’est passé à Fukushima. L’un des éléments les plus meurtriers est le plutonium, qui vient de Pluto, dieu des enfers. Un millionième de gramme vous donne le cancer, si vous l’inhalez. Si vous répartissez un demi-kilo de plutonium à travers le monde, c’est toute la population mondiale qui souffrira d’un cancer. Fukushima contenait 250 kilos de plutonium… C’est suffisant pour dire adieu à l’hémisphère nord. »

    1. S’il vous plaît, s’il vous plaît…
      Les nouvelles et les suppositions crédibles et étayées sont suffisamment graves comme ça pour ne pas en rajouter. Autant je fais crédit à des sites comme celui-ci ou d’autres (EX-SKF, ACRO ou KOKOPELLI), autant je me méfie des professionnels du morbide.

      Helen Caldicott dessert la cause anti-nucléaire en racontant tout et n’importe quoi : par exemple « six réacteurs endommagés », non, c’est 3, c’est déjà bien suffisant et bien mortel, plus la piscine du 4, plus, ailleurs, Monjû, OK, mais soyons précis (« connaître son ennemi »). Le danger du plutonium est connu, il ne sert à rien de le « mettre en scène » comme elle le fait. Elle a ses raisons (arrêter partout le nucléaire) mais elle indispose ceux qui sont prêts à changer (enfin !) d’opinion, à la « faveur » de Fukushima, par cette espèce de désespoir grandiloquent, Pythie-Cassandre !

      La situation est suffisamment terrible pour qu’on n’y rajoute pas le quotient des névroses ou psychoses personnelles (il y a le site ENE News aussi dans le genre !). Ça ne me sert non seulement à rien, mais ça me déconcentre !

      Je crois Gundersen plus que Michio Kaku (américain « nisei » mais qui fait trop, lui aussi, dans le sensationnalisme pour les médias). Quand Gundersen me dit, moi qui habite Tokyo : « attention aux micro-particules ; surveiller la piscine du 4, si elle s’effondre, partez dans les huit heures » …je le crois, je limite mes déplacements, je ne vais même plus dans la banlieue est et nord, je change mon filtre à air et je nettoie mes climatiseurs, je ne mange que de la nourriture venant du sud (Kansaï au minimum) ou de l’étranger, tout traçable …et je garde mon plein toujours fait, au cas où avec une route d’évacuation vers Kyôto ou Niigata selon les vents du jour.

      Plus les mesures quotidiennes avec mon petit Radex, imprécis et insuffisant (rien sur alpha-bêta ou la contamination) mais qui finit par me donner un ordre de grandeur fiable (le double des chiffres officiels, soit 0,12 microSv/h dans l’arrondissement de Setagaya, au lieu du 0,06 proclamé, mais ça va encore, à peu près 1 milliSv/an).

    2. Le nombre de réacteurs endommagé n’a pas de conséquences directes sur la santé… La quantité de plutonium qui reste n’a pas d’influence non plus en l’absence de moyens de diffusion. Là ce n’est pas de l’intox mais de l’alarmisme.
      Qu’on en profite pas pour me faire dire que le fukusima est sain, merci.

  2. bassinoire nom féminin
    Anc. Bassin à long manche et couvercle ajouré que l’on promenait, garni de braises, dans un lit pour le chauffer.
    C’est exactement cela,ça va être torride dans votre pieu,je ne donne pas cher de vos bijoux de famille.
    Vous avez gagné un séjour à Fukushima.
    A S Pasquier

  3. Voici copie d’un commentaire que j’ai laissé sur le site de France Culture :henry3814.06.2011
    @ Michel
    Je suis à la retraite (ex CNRS) et je ne suis pas un pro-nucléiare civil inconditionnel. Cependant, je ne vois pas quelle alternative crédible on pourra trouver dans les années à venir pour des pays comme l’Inde, la Chine et même l’Europe dans son ensemble pour satisfaire les besoins énergétiques qui ne cessent de croître. Personne ne pourra dire aux chinois de se serrer la ceinture, eux qui polluent déjà lourdement l’hémisphère boréal en brûlant des millions de tonnes de charbon (je vous rappelle que la Chine construit actuellement plus de quarante usine électriques à charbon et une grosse dizaine de centrales nucléaires). Or le point de non retour du changement climatique est déjà atteint et l’effet amplificateur impossible à maîtriser a commencé. Les permafrosts sibérien et canadien vont relâcher des quantités incalculables de méthane et certains scientifiques considèrent que dès 2030 le réchauffement global aura atteint plus de 2 degrés. Il est d’ailleurs tout à fait surprenant que le GIEC tienne des propos peu alarmant, comme d’ailleurs l’estimation des réserves de pétrole, probablement pour ne pas affoler les populations (l’Arabie Saoudite ment depuis des années à propos de ses réserves de pétrole).
    Or seules les énergies éoliennes, photovoltaïques et nucléaires ne contribuent pas au réchauffement climatique.
    Je ne vous surprendrai pas en vous rappelant que l’éolien n’est pas fiable. Exemple concret : j’ai habité une année à Marie-Galante. Il existe dans cette île plus d’une centaine d’éoliennes connectées au réseau. Cependant, EDF maintient opérationnel une centrale électrique brûlant du gasoil léger car en l’absence de vent, il faut bien produire de l’électricité. La géologie locale et le manque d’eau ne permettent pas de constituer des retenues collinaires qui pourraient servir à stocker l’électricité d’origine éolienne (seul stockage économique del’électricité). Il est donc nécessaire d’entretenir à grands frais les éoliennes et la centrale électrique, d’où un prix réel du kWh prohibitif.
    Pour le solaire, l’Espagne vient de démarrer une centrale électrique d’une vingtaine de GW électriques en Andalousie sur le modèle du prototype français d’Odeillo à sels fondus. Le sels à 800 °C sont stockés ce qui permet d’actionner la turbine à vapeur pendant la nuit. Belle prouesse technique, mais vous noterez la puissance dérisoire.
    Le photovoltaïque présente les mêmes inconvénients que l’éolien en ce qui concerne le stockage.
    Maintenant pour revenir au nucléaire, les technologies BWR et PWR pourraient être avantageusement remplacées à terme par la filière thorium à sels fondus (fluorures) qui est une technologie dont la sécurité est beaucoup plus facilement maîtrisable car :
    – le circuit primaire n’est pas sous pression,
    – l’élimination des produits de fission est effectuée en ligne et en continu (process chimique bien maîtrisé),
    – la disponibilité en thorium ne constitue pas un problème (métal aussi abondant que le plomb) et l’enrichissement n’est pas nécessaire.
    EDF s’est sérieusement intéressé à cette filière dans les années 80 pour s’affranchir à terme de la main-mise à l’époque de la COGEMA et de Framatome, Or cette filière ne sert pas les intérêts d’Areva et je doute que cette filière soit développée en France, ce qui est tout à fait regrettable. L’Inde et la Chine, pays conscients de leurs besoins énergétiques futurs immenses, se penchent dès aujourd’hui sérieusement sur le développement de la filière thorium qui à mon humble avis est la seule qui pourra sauver l’humanité du désastre annoncé du changement climatique.
    Juste pour information, deux degrés de réchauffement induiront des catastrophes alimentaires globales dont on ne peut imaginer précisément les conséquences sociales, économiques, stratégiques et financières.
    J’ai 66 ans et je n’assisterai pas à la fin de l’humanité !

    1. Vous croyez que le thorium va sauver l’humanité ? Et pourquoi pas les OGM du temps que vous y êtes.
      De toute façon vous allez bientôt poster que BWR et PWR sont les mamelles d’un monde idéal.
      Et bien ce monde, ce soi disant moindre mal, gardez le en rêve pour votre retraite.

      Votre « élimination des produits de fission effectuée en ligne et en continu (process chimique bien maîtrisé) », c’est flou comme l’eau de fukushima.
      Le thorium hautement radioactif, qui se désintègre en uranium 233, n’a qu’une durée de vie de 14 milliard d’années…
      C’est une avancée formidable pour les taux de radioactivité, et pour le reste…

      1. Le Thorium 232 a une demi-vie de 14 milliards d’années, c’est le temps qu’il faut pour que la moitié d’une quantité de cet isotope se désintègre. C’est très très long et du coup, l’intensité de sa radioactivité est si faible qu’à l’état naturel, on s’en moque. Par contre il ne se désintègre pas en U233, c’est l’inverse : on le fertilise dans une bonne vieille centrale nucléaire pour obtenir cette variété d’uranium.

        En fait la filière thorium n’existe pas en tant que telle (industriellement), et ne remplacerait certainement pas les centrales actuelles puisqu’elle en aurait besoin pour fonctionner : elle viendrait s’y surajouter en augmentant la complexité du bastringue existant (donc ajout de nouveaux risques et un degré supplémentaire dans l’incontrôlabilité de l’ensemble). Toutes les prétentions à son sujet sont des affirmations gratuites, au mieux des hypothèses, basées sur une poignée d’expérimentations datant de la guerre froide. Par contre cela fait un bon contre-feu depuis 3 mois !…

    2. @ henry38

      que vous soyez un ex du cnrs me fait une belle jambe !

      ce que vous ne comprenez pas c’est que c’est ce système capitaliste qui pousse à une consommation à outrance avec obscoléscence programmé et marketing de gadgets à outrance

      car les profits ne sont possibles que s’il y a vente ! comment imaginez des profits faramineux avec des produits à longue durée de vie ET réparables

      c’est tout notre modèle économique que nous devons changer et ce n’est pas le nucléaire qui sauvera ce monde pourri.

    3. J’ai 66 ans et je n’assisterai pas à la fin de l’humanité !

      Vous n’en savez rien, vous pouvez très bien vivre encore une centaine d’année de plus avec les seuls progrès de la médecine marchande, comment pourrions-nous fonctionner plus longtemps et machinalement ainsi sur les marchés ? A quel moment et selon quelle autre marque de plus dans l’esprit des êtres, nous pourrons tous enfin devenir des Dieux, des Immortels, des inhumains, en espérant bien sur que tout le monde puisse y accéder c’est comme pour prendre l’avion à grande vitesse pour mieux paraît-il moins polluer en voulant bien évidemment aller toujours plus vite pour détruire le monde et les peuples de plus ! La grande bétise du monde, toutes les belles formules publicitaires sont très bien pensées, mais tout ça bien sur ne change strictement en rien la très grave réalité actuelle du monde sur le fond.

    4. @ henri38 : vous présentez les choses de manière partielle c’est à dire spécieuse. Personne n’a jamais dit que les Chinois ou les Indiens n’avaient pas le droit d’accéder à l’utilisation de l’énergie. Les efforts à faire ne sont pas de ce côté mais du notre. Avez vous conscience du gâchis d’énergie quotidien dans notre monde dit occidental ? C’est par là qu’il faut commencer. Le monde marchand nous pousse à la consommation d’énergie. Malgré une intensité énergétique en baisse depuis les années 70, notre consommation d’électricité n’a cessé de croitre car les gains obtenus dans l’efficacité de certains équipements sont aussitôt bouffés par de nouveaux équipements très « énergétivores » comme nos écrans plats ou nos box sans parler des veilles d’appareil. Savez vous que les panneaux publicitaires lumineux dans le métro parisien consomment à eux seuls par an la même quantité d’électricité qu’une famille de trois personnes ? Pour quelle utilité au juste ? C’est là que nous avons le plus gros potentiel. La chose a réussi en Californie qui ne consomme aujourd’hui en gros pas plus d’électricité que dans les années 70. C’est une exception remarquable aux USA !

      Quant aux renouvelables, c’est un peu facile de se limiter à l’éolien et au photovoltaïque en ne soulignant que les problèmes. Biomasse électrogène, biogaz, géothermie, pompe à chaleur, mini-hydraulique, etc. tout cela doit entrer dans notre mix énergétique et venir se substituer l’un à l’autre en fonction des besoins et des circonstances, sans parler des réseaux dit intelligents.

      Votre approche est celle d’un conservateur au sens où elle utilise le raisonnement tel qu’il domine aujourd’hui. Je ne le vous reproche pas bien évidemment, mais des solutions existent qui peuvent nous sortir de cette logique.

      1. @ Didier

        Les efforts à faire ne sont pas de ce côté mais du notre

        c’est tout à fait ça

        nous devons nous occuper de nos affaires et faire un sort à nos gentils capitalistes , bien de chez nous.

        les occidentaux sont les plus gros consommateurs ; c’est à eux de montrer la voie de la décroissance !

        à propos du CO2, commençons par interdire le transport aérien de la jet-set , histoire de faire comprendre à tous ses profiteurs que les temps vont changer

        quel monde de merde où nous devons aller toujours plus vite ( car le temps c’est de l’argent ! la bonne blague )

        où certains crèvent sous le poids du travail et d’autres crèvent de ne pas en avoir du travail

        et les idéologues libéraux osent nous parler de la rationalité du système capitaliste ( et non de la rationalité du marché, car ces idéologues font un amalgame entre marché et capitalisme )

    5. j’ai la fierté d »habité non loin de ces 11 éoliennes, je les vois tourner de chez moi, lentement mais sûrement, ce sont les plus hautes hautes et les plus puissantes du monde (technologie allemande), elles ont la capacité d’alimenter en électricité 50000 ménages !
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Parc_%C3%A9olien_d%27Estinnes
      Personnellement je pense souvent installer une petite éolienne horizontale, 500w pas plus, afin de produire mes 3000kwh annuelle et participer aux nouvelles idées comme le « smartgrid »
      http://fr.wikipedia.org/wiki/Smart_grid .
      Aussi, je pourrais certainement réduire ma consommation de moitié grâce aux nouvelles technologies.
      En ce qui concerne les chinois, comment réagissent -ils à cette catastrophe relativement près de chez eux ? alors que les italiens ont rejeté par voie de referendum le nucléaire (Ouf, l’Italie étant partout en zone sismique, il faut vraiment être criminelle pour aller leur vendre des centrales)

      1. J’ai lu l’article en question.

        Ce que dit ce physicien me laisse très sceptique: il évoque avec justesse la fragilité de la technologie nucléaire et propose de la remplacer par… une usine à gaz tout aussi complexes, et donc fragiles:les smart grid.

        J’ai connu des ingénieurs d’EDF qui ont bossé sur des choses de ce genre et qui m’ont raconté les maux de tête que cela leur donne.

        Quand au thorium, là encore, on ne maitrise pas le cycle industriel. Il y a des étapes critiques dans la purification du thorium qui ne sont pas connu: par exemple personne ne connait pour l’instant de solvants s’appliquant pour certains classes d’oxyde de thorium.

    6. henry38

      Je ne vous surprendrai pas en vous rappelant que l’éolien n’est pas fiable.

      Et pourtant :

      « Selon les informations fournies par l’Association japonaise de l’énergie éolienne (Japan Wind Power Association), aucune des 1746 éoliennes installées au Japon (pour une puissance de 2304 MW) n’a été endommagée par le séisme et le tsunami du 11 mars dernier. »

      L’article se trouve ici

      1. Ok , mais les eoliennes ne craignent pas une vague de 15 m , ni un bateau dailleurs , si elle ne deferle pas ….Le vrai problème , c’est que supprimer le nuke sans doubler fuel et charbon , c’est accepter de limiter son compteur a 15 A , voire 10 A…moi je suis d’accord …mais quid de la maj de la popu ?

    7. Le changement climatique n’est pas dû à la conso de carbone, ce n’est qu’un effet aggravant, la cause principale est l’augmentation de l’albédo de la terre à cause de l’agriculture et la perturbation du cycle de l’eau qui en découle.
      Résumé : les rayons solaires sont renvoyés sous forme d’infrarouge par la surface de la terre dans la basse atmosphère où l’énergie reste bloquée par l’effet de serre au lieu d’être en grande partie capté par la végétation et renvoyé sous forme de vapeur à haute altitude.

  4. On propose aux français 2 choix : continuer ou stopper le nucléaire. Noir ou blanc. Comme la France a la plus grosse entreprise du nucléaire on imagine mal couler une entreprise du CAC40 comme Areva et mettre 200.000 français au chômage sans que cela ne provoque des hurlements ou des drames. L’autre choix serait de construire en France les centrales pour l’Allemagne, l’Italie, la Suisse etc… ce qui n’arrangerait franchement pas le problème. Pour autant depuis les années 1960 on sait produire de l’énergie nucléaire de façon raisonnée grâce au Thorium, avec des centrales qui s’arrêtent quand on le souhaite mais les investissement sur 50 ans d’Areva imposent à tous de construire des centrales EPR à tort juste parce que l’on a préféré la filière Uranium au détriment du Thorium pour fabriquer les bombes nucléaires nécessitant de grandes quantités de Plutonium qui ne sont produites que par la filière Uranium. C’est bien un choix militaire au départ, restant de la guerre froide qui fait que l’on continue à construire des centrales dangereuses là où il y a des solutions réalistes de filière nucléaire au Thorium. On stigmatise la population en lui imposant un choix binaire là où ce sont des choix de l’industrie, de l’économie et militaire qui finissent par masquer les vrais solutions.Nucléaire raisonné

    1. Arrêter la guerre, cela me-semble-t-il, représenterait une grande économie d’énergie, mais tant que le conseil de sécurité prescrit des guerres …

    2. A…A au CaC 40, mort de de rire.
      C’ est coté uniquement pour faire plaisir aux émirs qui ont mis un peu de sous dedans.
      vérifiez la part du capital mis sur le marché, et vérifiez ce qui a effectivement été placé lors de l’introduction en bourse.répartition du capital
      Donc 4% du capital flotte entre les banques chargées du placement et de l’animation du cours du titre et l’amicale des papys boursicoteurs soit 383 Millions d’euros. Même si on ne peut pas dire que c’est du grand capitalisme, on ne crache pas sur les commissions et les droits de garde par les temps qui courent.

      Il y a longtemps que l’on sait mettre 200 000 français au chômage sans que cela gêne qui que ce soit. Et les chômeurs, il y aura bien un sous-ministre pour suggérer de leur couper l’électricité et les obliger à pédaler pendant cinq heures par semaine pour en produire.

      Enfin il ne me semble pas qu’un référendum soit à l’ordre du jour, donc je pense qu’on se passera de l’avis des français sur ce sujet sans intérêt.

    3. Le thorium c’est bon pour la santé ! Merci Jean Baptiste.

      Pour fonctionner au thorium la filière à besoin :
      – d’un parc de réacteurs à eau produisant du plutonium ;
      – d’un parc de réacteurs à sels fondus à neutrons thermiques, amorcés avec le plutonium produit dans les premiers.

      quand on a pas de pétrole, on a des idées

      On peut « résonner » comme l’on veut mais le cœur a ses raisons que la raison ne connait point.

      Et là vraiment le cœur n’y est pas.

      1. Je pense hélas que ne nous sommes plus en démocratie en ce qui concerne l’économie mais bien plus près de la dictature, il n’y a qu’à voir comment on impose aux grecs contre leur gré des plans de rigueur pour comprendre que même si 80 ou 90% des français seraient contre le nucléaire on ne leur laissera pas donner leur avis. Cela me semble mal parti.

    4. Pour le Nuke ils ont été très fort . Faire plus de 80% de l’électr avec , c’est à dire tous les oeufs dans le mème panier , ILs peuvent dire aujourdhui en Rigolant ! !
      Si on arrète le Nuke c’est le retour à la Bougie .
      Moi j’appel ça du chantage mais finalement c’est quand mème bien vu on est tous bai. és .
      On peut remercier au passage nos gouvernants qui ont permis et cautionnés ça .
      Pour quoi ? Intéret ou STupidité . réponse …… Les deux mon Général .

    1. @ tchoo,

      Bonsoir,

      Un redressement fiscal et moral du système monétaire et financier mondial?

      Inverser le signe monétaire, l’an vert du billet multiple nouveau et c’est marré!

  5. Quand on a vu de grands responsables du nucleaire fondre en larme devant les cameras,je crois qu’on a fait le tour de la maitrise de ce systeme et de ses limites.

    De beaux parleurs irresponsables qui n’assurent pas.

    Alors messieurs,retournez pleurer chez vous,et faites de la place..

    1. L’excès de position, l’excès de confiance en eux, l’excès de réussite personnelle, l’excès de pouvoir, l’excès d’influence ne fera que faire voler davantage en éclats leur propre monde.

      Attendez ils n’ont pas encore finis de pleurer sur les marchés puis de ricaner ensuite derrière le dos des caméras, moi ça va j’ai déjà suffisamment verser des litres de larmes pour ces gens là.

      Qu’ils continuent donc tous entre eux à se verser des salaires mirobolants, il est vrai que si le Nucléaire ne devenait plus autant rentable sur la durée ou à court terre pour le Japon, vous les verriez déjà changer un peu plus de mentalité et d’assurance entre eux.

      N’ayant plus de pitié et de compassion pour les êtres qui n’en peuvent plus comment pourrions nous encore avoir pour eux et dans notre si grande déformation humaine ?

  6. Merci M. Leclerc de continuer à nous informer.

    Je crois que les pro-nucléaires ont peur, parce qu’aujourd’hui le net ne permet plus de dissimuler aussi facilement qu’autrefois.

    Et à ce sujet, je voudrais apporter une petite contribution :

    Ce PDF date de 2’000 et d’entrée ce qui est dit :

    « Ce texte décrit et dénonce une situation et des faits d’une gravité exceptionnelle, dont l’origine est à rechercher dans l’existence d’un accord formel peu connu, conclu entre l’OMS et l’AIEA.

    Cet accord limite l’OMS dans l’information des populations sur les conséquences d’accidents comme celui de Tchernobyl, s’il n’y a pas l’accord préalable du lobby nucléaire.

    Les scientifiques qui enfreignent cette règle ont leur carrière compromise. Ils risquent la prison. »

    http://www.noslibertes.org/doc/oms/OMSEtNucleaire.pdf

    * * *

    On a vu comment Tepco s’est efforcé de dissimuler le plus longtemps possible la gravité de la situation.

    Aujourd’hui un autre article met en évidence de nombreux problèmes de sécurité ailleurs et renvoie également à de nombreux liens :

    http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/quand-le-nucleaire-prend-eau-de-96181

    * * *

    De toute évidence, dans ce domaine-ci comme dans les autres, tout est fait pour que la population ne soit pas informée. Il y a effectivement nombre de blogs très sérieux sur ce sujet et sur les autres, mais rappelons-nous que la plus grande partie de la population ne va pas sur internet pour s’intéresser à ces choses qui devraient être communiquées au fur et à mesure par les gouvernements respectifs, s’ils avaient deux sous de sens des responsabilités.

    1. On a vu comment Tepco s’est efforcé de dissimuler le plus longtemps possible la gravité de la situation.

      En quoi donc les plus grandes entreprises du nucléaire ou énergétiques dans le monde seraient-elles plus différentes et plus responsables que celle de Tepco ou de BP il n’y a pas si longtemps déjà dans le golf du mexique, surtout lorsque le profit, la rentabilité, l’esprit d’avidité et de voracité prime de plus en plus dans les décisions prises un peu partout dans les conseils d’administration de ces grands groupes d’affairistes, avec parfois des cahiers de charge qui préfèrent bien plus employer des gens au rabais, ne parlons pas trop non plus au Public des choses qui nous coûteraient encore trop chères à mettre en oeuvre sur le terrain, car de toutes façons et selon nos seules estimations scientifiques il n’y a qu’au Japon aussi que cela puisse se produire, oui faudrait vraiment pas et dans un tel monde de marchands que la terre se mette à trembler davantage ailleurs.

      Je plains déjà certaines mères à l’avance, surtout dans ce monde qui ne tolère plus guère l’enfant à naître différent, car le monde est déjà bien grandement déformé comme ça.

      Berceuse pour les nouveaux petits enfants à naître de l’atome :
      http://www.youtube.com/watch?v=R14x3x93KVU

      1. Je n’ai jamais dit que les autres entreprises étaient différentes, au contraire.

        Et il est bien clair que si j’étais encore en âge de faire des enfants aujourd’hui, je n’en ferais pas.

      2. Je n’ai jamais dit être en désaccord avec vous, au contraire, j’ai préféré prolonger votre propos sur le fait que les grandes entreprises énergétiques du monde étaient pas forcément plus différentes de Tepco dans leur propre manière de fonctionner, c’est juste qu’aujourd’hui elles ont encore beaucoup de chance de pouvoir le faire croire et penser aux gens.

  7. Il y a urgence, la situation est très grave et pourrait dégénérer: on ne sait plus quoi faire de cette eau.
    http://www.lemonde.fr/japon/article/2011/06/18/fukushima-l-usine-de-decontamination-des-eaux-arretee-cinq-heures-apres-sa-mise-en-service_1537700_1492975.html

    L’usine de décontamination des eaux radioactives construite à la centrale nucléaire de Fukushima (nord-est du Japon) a été arrêtée cinq heures à peine après sa mise en route, en raison du niveau trop élevé de radiations, a annoncé samedi 18 juin l’opérateur de la centrale.
    […]
    Quelque 100 000 tonnes d’eau hautement radioactive se sont accumulées dans les bâtiments des réacteurs et des turbines de la centrale depuis le séisme et le tsunami du 11 mars.

    Les filtres ont été saturés en radioactivité en 5 heures au lieu d’un mois. L’eau donc est 150 fois plus radioactive que ce que les « experts » d’areva & co pensaient.

    1. Cela donne une idée de la valeur des affirmations d’Henry38 plus haut qui disait :
      « l’élimination des produits de fission est effectuée en ligne et en continu (process chimique bien maîtrisé), »

      On n’est même pas capable de traiter de l’eau contaminée, alors des sels fondus…

  8. @ Pierre

    Quand le monde civil fusionne avec le monde militaire, quand » la guerre c’est la paix », jérémie est satisfait de son constat » avisé et prudent » car sa prophétie s’accomplit.

    Non je vous en prie, j’en suis même arrivé à un stade où je ne recherche plus à avoir raison sur autrui dans un fil ou en société.

    La prophétie s’accomplit Pierre, parce que depuis toujours, la foule, le plus grand nombre de dévots au système,
    surtout les nombreux premiers de ce monde n’ont jamais réellement voulus suivre le petit sentier de la vie.

    Il est bien évident que lorsque les politiciens en perdront peu à peu la face et la tranquillité de l’esprit aux yeux des peuples, les militaires de tous les pays en finiront eux aussi par vouloir prolonger davantage cette funeste guerre économique au dessus de nos têtes, ce qui bien évidemment bousculera et chamboulera quelque peu le climat , surtout qu’avec les nouveaux moyens rapides de destruction de masse, des millions d’hommes ne s’apercevront même pas de ce moment là.

    C’est malheureux mais les premiers du système nous y conduisent tout droit et cela sans même qu’ils s’en aperçoivent, tant le conditionnement du monde devant leurs yeux est bien mis en place partout, dans un tel système comment donc l’humanité pourrait-elle pouvoir s’imaginer encore y échapper surtout par la langue de bois ou alors par le biais des multiples talents individuels additionnés dans un pareil conditionnement ? Oui le monde et à force s’est quand même bien grandement illusionné, comme une normalité qui aurait bien réussi commercialement à endormir et tromper un très très grand nombre d’hommes et de femmes à la fois sur terre.

    Même ceux d’ailleurs qui se prétendent plus cartésiens ou rationnels que moi, je me rends bien compte qu’ils n’apportent guère plus de changement par leurs propos, comme moi même d’ailleurs, vouloir changer de monde mais tout en voulant à la fois garder ce même monde devant les yeux.

    @ ric

    Il y a urgence, la situation est très grave et pourrait dégénérer: on ne sait plus quoi faire de cette eau.

    L’envoyer sur la Lune et moi avec,

    Comme ça je me sentirais un peu plus convaincu d’avoir rien pu faire ou écrire de plus réfléchi afin de mieux prévenir mes semblables de ce qui nous pend bien tous au nez et au rythme où vont les choses dans l’empressement
    de toujours vouloir faire de l’économie, du social, du commerce, de l’argent, du pouvoir, de la démagogie, etc …

    Là aussi croyez-moi j’ai grandement échoué dans ma vie, de toutes façons j’ai toujours été trop lent à comprendre les choses moi aussi de mon coté.

    1. L’envoyer sur la Lune et moi avec,

      Le lanceur Ariane 5 pouvant emporter 7 tonnes à la fois (si mes souvenirs sont bons), et l’eau s’accumulant à raison de 500 tonnes/jour (hors ouragan)… il y a du boulot!

      1. Oui et en plus ça reviendrait trop chère et peu économique à force ou bien alors carrément brancher un très, très, très, très, très long tuyau de la Terre à la Lune, si bien sur on n’est toujours bien encore capable aujourd’hui de faire les premiers malins sur la Lune ou à l’antenne.

    2. Avez vous commencé l’expérience avec les pots de riz comme je vous l’ai proposé?
      Le regard change, pas le monde.

      1. Quand bien même dans mes moments les plus constipés je ferais l’expérience des pots de riz, mon regard sur un tel monde d’usuriers, de rentiers, de joueurs de flûte ou de pipos ne changerait pas plus au quotidien, n’auriez-vous
        donc rien d’autre à me proposer, non je préfère plutôt revenir à l’essentiel, vouloir par exemple ne plus essayer
        de prévenir et alerter tous les gens au quotidien, surtout devant un plus grand conditionnement d’hommes et de femmes dans un tel système marchand, si quand même un peu de temps en temps histoire quand même qu’à la fin nous ne puissons pas tous nous dire que nous ne savions pas.

        Pourquoi d’ailleurs et un peu partout dans le monde les gens font davantage la gueule de bois, c’est ça mieux faire revenir la confiance des êtres envers le marché ? le nucléaire ? Ne même plus laisser l’opportunié de faire de réels choix de conduite autrement en société et bien dis donc l’humanité s’est quand même très bien vendue pour les premiers marchands du monde et au fil du temps .

    3. Jérémie

      David contre Goliath, c’est aussi dans la Bible non ? 😉
      En êtes vous aussi au point de douter de sa sagesse ?

  9. Sinon, il y a aussi cet article, en anglais; des morts il y aurait déjà, d’après une étude:

    http://english.aljazeera.net/indepth/features/2011/06/201161664828302638.html

    In the US, physician Janette Sherman MD and epidemiologist Joseph Mangano published an essay shedding light on a 35 per cent spike in infant mortality in northwest cities that occurred after the Fukushima meltdown, and may well be the result of fallout from the stricken nuclear plant.

    Et cela est un peu surprenant:

    TEPCO announced that the accident probably released more radioactive material into the environment than Chernobyl, making it the worst nuclear accident on record.

    1. @ric surprenant mais répandu comme info :
      G..gle « TEPCO announced that the accident probably released more »
      plus de 300 hits …

    1. ça change de chez nous,ou les promoteurs du nucleaire sont surtout pressés de se mettre à l’abri quand ça se passe mal

  10. Ayant quelque peu la voix enrouée en ce moment,

    J’ose quand même Dire que Tokyo la grande, Tokyo l’adolescente, Tokyo la grande clignoteuse de panneaux publicitaires aussi dans les têtes, bref Tokyo la grande Mégapole moderne, n’est peut-être pas plus informée que nous autres, si par exemple la radioactivité devait se répandre un peu plus au large et sur la durée, comme sur toute la chaîne alimentaire, je vois mal en effet comme le Japon pourrait de nouveau redresser fièrement la tête de sitôt sur les marchés, à moins bien sur que les premiers dirigeants énergétiques du Japon n’aient volontairement décidés de garder sous silence autre chose.

    Vous vous rendez compte malgré toute la richesse et la puissance de son luxe dans le commerce, le tout technologique, la matière et autres petits gadgets de plus, le Japon aujourd’hui et malgré les meilleurs spécialistes au monde du nucléaire ne savent toujours pas comment faire pour nous éviter un plus grand désastre moral et spirituel pour l’humanité.

    De plus si les choses devaient se gâter comment donc les premiers capitaines d’industries
    au monde pourraient-il espérer faire plus grand commerce de choses et biens matériels avec elle, car après tout qu’est-ce donc qu’un plus grand commerce mondial sur terre ?

    Autre chose ce n’est pas non plus parce quelque chose peut très bien marcher pendant un temps que cela marchera toujours sans gravité,

    Rabelais le dit bien : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme »

  11. Traduction d’une lettre ouverte des employés du nucléaire bavarois :

    Gundremmingen, le 21 juin 2011
    Monsieur le Ministre-Président Seehofer,

    Je m’adresse à vous aujourd’hui au nom des employés de la centrale nucléaire de Gundremmingen.

    « Le monde ne comprend pas le tournant énergétique allemand », titrait le Bonner Generalanzeiger le 27 mai pour son article sur le sommet du G8 à Deauville. Ils ne se doutent pas une seconde que nous-mêmes, employés de Gundremmingen, ne le comprenons pas plus. Nous nous sommes constamment investis de toutes nos forces pour assurer la sûreté de notre centrale nucléaire, évitant au passage l’émission de plus de 500 millions de tonnes de CO2. Maintenant, nous sommes trainés dans la boue par les politiques et les médias. Nous n’avons certainement pas mérité un tel sort ! Les experts sont unanimes pour dire que la centrale nucléaire de Fukushima n’aurait jamais eu l’autorisation de fonctionner en Allemagne, en raison de manquement dans sa conception, et que les installations allemandes sont d’un tout autre niveau de sécurité.

    Avec nos deux tranches, l’énergie nucléaire de Gundremmingen contribue depuis plus de 25 ans à hauteur d’environ 30% de l’approvisionnement énergétique bavarois, sûr, rentable et écologique. Nous prétendons haut et fort que nous sommes un pilier du bien-être de notre chère Bavière.

    Nous n’arrivons pas à comprendre que pratiquement l’ensemble de l’élite politique puisse tomber dans le panneau de l’idéologie verte. Illusions politiques, manipulations, faux espoirs et mise en déroute caractérisent depuis des années le débat énergétique allemand, et ont atteint leur paroxysme suite à Fukushima.

    En tant qu’experts, nous ne comprenons tout simplement pas que les faits ne pèsent plus rien dans les décisions politiques, et que la politique se fasse au gré des opinions. La sortie précipitée de la technologie du nucléaire en Bavière et dans toute l’Allemagne ne peut qu’être qualifiée de réaction à court-terme. La possibilité d’une révision de telles décisions extrêmement grave n’a même pas été prévue. Personne de sérieux au monde ne détruirait volontairement sa voie de retour, sans savoir s’il se trouve dans une impasse. La sortie de route arrive trop tôt.

    On se moque totalement que par de telles décisions la probabilité d’énormes black-outs augmente, tout comme la disparition de branches entières de l’industrie et de dommages se chiffrant en milliards qui vont obligatoirement peser sur les citoyens. On susurre aux citoyens le conte de fée du 1 centime/kWh maximal, alors que le nouveau pont n’est pas même encore construit. Personne ne sait aujourd’hui ce qu’il coûtera et s’il fonctionnera jamais. Mais la politique veut déjà détruire le pont nucléaire, alors qu’il peut encore tenir des décennies.

    Cette volonté allemande de faire cavalier seul nous désavantage énormément et nous rend dépendant de nos voisins. La création d’énergie, y compris les emplois qui y sont associés, va être délocalisée à vue d’œil. Les importations de courant supplémentaires depuis le moratoire nous coûtent déjà chaque jour des millions ! Il ne s’agit pas seulement de la destruction de milliers d’emplois hautement qualifiés dans la technologie nucléaire et les fournisseurs. Il s’agit ni plus ni moins de la désindustrialisation de la Bavière et de toute l’Allemagne. La Bavière a déjà bénéficié particulièrement de l’énergie atomique et c’est elle qui ressentira le plus fort les conséquences du débranchement planifié. Les centrales à gaz ne sont pas compétitives sans augmentations massives du prix du courant, et nous rendent esclaves du diktat des prix de nos quelques pays fournisseurs.

    Il en va particulièrement de la sécurité. L’Allemagne a les installations les plus sûres au monde et d’après notre ferme conviction, nos collègues sont, avec les experts et les autorités, au plus haut niveau des centrales nucléaires dans le monde. Si l’Allemagne sort du nucléaire, le niveau va chuter. Si les meilleurs décident de quitter le secteur, c’est le numéro deux qui servira d’étalon pour la sécurité des 418 centrales nucléaires restant dans le monde.

    En tant que Ministre-Président bavarois, vous avez le devoir d’assurer le bien-être de la population de l’Etat libre de Bavière. Si vous n’agissez pas de manière responsable dans l’énergie atomique, l’histoire se rappellera de vous comme le fossoyeur de l’industrie bavaroise et le compagnon de route d’un gouvernement bavarois rouge-vert. Faites-vous donc le chantre d’une politique sérieuse, réfléchie et fondée sur les faits ! Les calculs politiques ne peuvent se substituer aux lois du marché et de la physique !

    Entre illusion et réalité, il n’est pas facile de garder le cap de la raison. Revenez-y ! Ce n’est pas Fukushima qui va jeter aux oubliettes la valeur des sondages de la CSU ! Les gens veulent être sûrs de la raison d’être du parti qu’ils ont élu. Le tournant énergétique enlève à la CSU toute sa crédibilité et elle perd tout profit. La persévérance est quelque chose de noble, qui, sur le long-terme, paye dans les élections. Ne vous laissez pas influencer par les opinions ! Revenez sur votre décisions avant que les dommages provoqués par les black-outs, le chômage, l’explosion des impôts, le départ de branches entières de l’industrie et l’appauvrissement des plus faibles ne ruine notre chère Bavière.

    Pensez, avant de prendre vos décisions, à l’avenir des hommes et de leurs familles qui travaillent dans les centrales nucléaires. Ne nous laissez pas tomber !

    Retrouvez la voie de la raison ! Continuez la tradition d’un Franz-Josef Strauss, qui a fait énormément pour la Bavière avec la mise en route de l’énergie nucléaire. L’énergie nucléaire fut la clé de la transformation de la Bavière d’une Etat agraire à la tête de pont économique de l’Allemagne. Vous trouverez en pièce jointe un extrait du discours de Franz-Josef Strauss d’il y a plus de 25 ans, à l’occasion de la mise en service des tranches B et C de la centrale nucléaire de Gundremmingen.

    Engagez-vous à ce que les deux tranches de Gundremmingen restent encore longtemps en service. Les unités sont les mêmes, et les deux ont été mises en service en 1984. Débrancher si tôt l’une des unités sera considéré comme un acte de trahison.

    Avec cette lettre ouverte, nous vous invitons cordialement sur le site de Gundremmingen. Donnez-nous la possibilité d’échanger nos arguments au cours d’une discussion personnelle, avant que les dés ne soient définitivement jetés.

    Cordialement,

    Anton Failer
    Président du Betriebsrat
    Centrale nucléaire de Gundremmingen

    1. L’arrière-plan politique est clair : éviter ce qui s’est passé en Bade-Württemberg avec l’arrivée au pouvoir des verts et du SPD, l’horreur absolue pour un bavarois bien-pensant.On comprend que les gens aient peur du chômage et voudraient garder des emplois si rémunérateurs …
      Si l’on poursuit l’argumentation de ceux qui ont rédigé cette lettre, il faut continuer la guerre en Afghanistan, pour que les soldats aient du travail, continuer à polluer les sols de pesticides, d’arroser les champs par temps de sécheresse, pour que l’agriculture produise beaucoup et à pas cher, etc.
      Que les travailleurs du nucléaire se ressaisissent, il y a plus d’emplois dans la création d’énergies non polluantes que dans le nucléaire; sauf si l’on oublie les emplois de ceux qui devront dépolluer ces sites pendant des décennies et retraiter les déchets nucléaires. Un petit effort de conversion et dans 10 ans, les auteurs de cette lettre auront enfin honte de leur démarche si peu citoyenne.

  12. La video ,française et en français, la plus vue sur youtube ce mois-ci, sous le tag « fukushima », est celle-ci, alors qu’elle n’a que 6-7 jours et déjà près de 28.000 vues.

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