L’actualité de la crise : L’ESPRIT DE MUNICH, par François Leclerc

Billet invité.

Nous nous approchons de la croisée des chemins. Le « temps de la démocratie » hypocritement réclamé par les autorités politiques européennes pour masquer leur impuissance fait désormais défaut. Elles font désormais face à leur propre échec consommé, tandis que le spectre de la récession prend le pas sur celui du déficit.

Faisant écho aux parlementaires allemands qui ont annoncé vouloir prendre leur temps pour discuter des mesures du sommet européen du 21 juillet dernier, en vue d’une éventuelle adoption, le ministre grec des Finances, Evangélos Vénizélos, a déjà prévenu que le bouclage du programme d’échange d’obligations avec les banques ne pourrait pas intervenir avant « la première ou deuxième semaine d’octobre ». Plus l’urgence se précise, plus les délais se rallongent, et ce n’est pas fini.

Car la crise n’attend pas et utilise la bourse pour le faire savoir, le marché obligataire étant barré, sous haute surveillance de la BCE. Celui des CDS est par contre florissant, ce qui n’est jamais bon signe. Il y a décidément toujours quelque chose qui cloche.

Le taux de la dette des pays dans le collimateur étant contenu, celui des grands pays continue de baisser, porteur d’un rendement négatif en ce qui concerne l’Allemagne mais havre d’une sécurité introuvable ailleurs. Voilà qui accentue le grand écart entre les uns et les autres et rend encore plus hypothétique la cohésion de la zone euro et potentiellement moins avantageux pour les mieux dotés l’émission d’euro-obligations. Refusées d’un côté et présentées comme solution miraculeuse de l’autre (d’autant plus facilement qu’elles ne subissent pas l’épreuve du feu).

Les valeurs financières continuent de chuter brutalement, faisant perdre à la Société Générale 40% de sa capitalisation boursière en un mois, un record que les autres mégabanques, toutes aussi malmenées, ne lui envient pas. Imposant demain, pour reconstituer leurs fonds propres, un effort encore plus important, accentuant encore la concurrence engagée sur le marché obligataire avec les Etats et les grandes entreprises.

L’avenir s’annonce sombre, tous les pays révisant à la baisse leurs perspectives de croissance, Allemagne compris. Des discussions théologiennes s’engagent sur l’existence avérée ou non d’un krach boursier ou d’une récession économique en vue. Nier, toujours nier, surtout devant l’évidence, est écrit en lettres d’or dans le bréviaire des coupables !

Cas d’école s’il en est, le sauvetage de la Grèce rencontre de sérieux problèmes. Dans l’immédiat parce que la Finlande, et dans la foulée l’Autriche, la Hollande et la Slovaquie, réclament des garanties grecques pour verser leur contribution, remettant tout l’édifice en cause, mais plus à terme et irrémédiablement en raison de la forte récession qui s’y confirme. Le PIB pourrait selon le ministre des finances, se contracter de 4,5% cette année, au lieu des 3,8% prévus, un pourcentage identique à celui de l’année dernière. Pour la troisième année consécutive, la Grèce est en récession.

Le pays prend le chemin de ne pas remplir son contrat pour la deuxième fois, pour une simple et unique raison : son insolvabilité qui demeure et n’a été que très marginalement prise en considération.

Les déclarations crispées en provenance de toute les capitales européennes illustrent mieux que tout la voie sans issue dans laquelle continuent de s’engouffrer les gouvernements. Soit en refusant catégoriquement non seulement l’émission d’euro-obligations, mais aussi de nouveaux financements pour renforcer les moyens du Fonds de stabilité européen (FSFE), en accord avec ses nouvelles missions, soit en préconisant des sanctions futures pour les pays qui sortiraient des clous (à supposer qu’ils y rentrent d’abord), en suspendant les crédits communautaires dont ils bénéficient – fonds de cohésion et structurels – c’est à dire en les enfonçant davantage. La Grèce, le Portugal, l’Italie et l’Irlande pourraient être au premier chef touchés, pour des montants de plusieurs milliards d’euros annuels chacun.

Dernière touche avant que tout ne s’écroule, il est question d’étendre aux dix-sept pays membres de la zone euro ce que les Français ont appelé la « règle d’or », l’introduction dans la constitution (ou la Loi fondamentale pour les Allemands) de mesures strictes de limitation du déficit public. Un affichage sévère pour une application dont l’usage dira la rigueur effective, quand ses modalités précises seront définies.

Dans ces conditions, ne reste de proposé qu’un seul tunnel de sortie, que les Espagnols continuent d’emprunter à leur tour. Le gouvernement veut ainsi faire avaliser en urgence par le Parlement un nouveau train de mesures destinées à rapporter 4,9 milliards d’euros, venant s’ajouter aux 50 milliards d’euros déjà dégagés. Ce qui ne résout en rien la lancinante question du déficit des régions, dont la majorité n’est pas parvenue, les deux années précédents, à remplir leurs objectifs de réduction des déficits.

A-t-on jamais vu dans l’histoire européenne autant de constance aveugle ? Il vient à l’esprit les Accords de Munich, si l’on cherche un précédent. En craignant que les mêmes causes produisent aussi une catastrophe. En l’occurrence l’éclatement programmé de la zone euro, suivie de l’entrée avec tambour et trompette dans une récession économique profonde et prolongée.

Cela sera le prix à payer pour une stratégie de sauvetage prioritaire d’un système financier qui montre à nouveau qu’il est à bout de souffle, l’expression de la totale inconséquence d’une génération entière de responsables politiques incapables de se hisser au niveau de leurs supposées responsabilités. Héritage désastreux du capitalisme financier poussé dans ses retranchements sous l’effet de ses propres contradictions.

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148 réflexions sur « L’actualité de la crise : L’ESPRIT DE MUNICH, par François Leclerc »

  1.  » L’esprit de Munich » , le meilleur résumé que l’on puisse trouver. Bravo François . Dalladier et Chamberlain qui ne voulaient pas affronter la barbarie annoncée de peur d’effaroucher l’opinion ambiante. Et nos  » dirigeants » qui se couchent pour rassurer les marchés , alors qu’il faudrait leur rentrer dedans. A force de se coucher , ils finiront en descentes de lit , et se feront marcher dessus définitivement. A nous de réagir et de les dégager.

      1. En votant pour un programme qui ressemblerait à celui là :
        •L’introduction immédiate d’une taxe sur les transactions financières pour bloquer la spéculation;
        •L’interdiction immédiate et définitive des armes de spéculation massive, à commencer par la vente à découvert et les CDS.
        •La fin des sauvetages sans conditions: les banques renflouées devront être nationalisées et placées sous contrôle démocratique. Elles seront au service des besoins sociaux, pas des actionnaires privés.
        •Toutes les institutions financières «trop grosses pour faire faillite» doivent être découpées en banques à taille humaine ;
        •Non aux mesures d’austérité, oui à de nouvelles recettes publiques. Les services et investissements publics doivent être rénovés et développés. Les mesures fiscales doivent viser à la fois la redistribution des richesses et l’augmentation des recettes.
        •La dette publique doit faire l’objet d’un audit citoyen; la dette illégitime doit être annulée
        •La Banque centrale européenne doit être mise sous contrôle démocratique. Il faut réviser son mandat de façon à lui permettre le financement direct des Etats membres de la zone euro.
        Extrait du programme d’ Attac .

  2. Juste pour corriger une petite erreur :
    « …l’expression de la totale inconséquence d’une génération entière de responsables politiques… »
    Il faut lire, selon moi :
    « …l’expression de la totale inconséquence d’une génération entière d’irresponsables politiques… »

    1. inconséquent , cette politique mené depuis Tatcher et Reagan ?????

      elle a permit aux possédants de reprendre une partie de ce qu’ils avaient dû lâché aux peuples occidentaux par peur des rouges !

      il n’y a eu aucune inconséquence dans cette affaire !

  3. Munich social ? (Seguin)

    Munich politique ? (Perse)

    Munich global ? (The Who, We wont get fooled again)

    C’est trop facile, au boulot les enfants.

    1. Je le dis depuis assez longtemps : cela va nous faire un boulot de reconstruction qui devra néanmoins éliminer cette « richesse » qui nous tue par prise en otage.
      Syndrome de Stokholm Alain Térieur.

  4. La « règle d’or » est une absurdité totale de réalisme économique de vouloir à tout prix réduire les déficits publics alors que nous sommes au bord de la récession, ce qui ne peut qu’aggraver la situation tout comme le second plan d’aide à la Grèce qui est pire que le premier qui a déjà échoué. Décidément on peut dire que Jupiter rend fous ceux qu’il veut perdre! Les dirigeants politiques et les marchés financiers. Le balancier va repartir dans l’autre sens, le bon sens celui d’une sérieuse réglementation des marchés financiers.

    1. Sarkozy ne la propose que car il sait très bien qu’il sera battu donc plus pour lui pour les suivants.Si par catastrophe il était réélu pour un motif ‘x’ ou ‘y’, je ne donne pas 3 semaines pour qu’il convoque le Congrès pour l’annuler.
      Je m’attends à une cohabitation perso en 2012 car Hollande et Aubry sont trop faibles, mais les Français intelligents voteront largement à gauche/ecolo aux législatives ensuite pour le censurer, ce qui de facto mettra chaque mercredi au conseil des Ministres sarko en face d’un gouvernement de gauche/ecolo…j’attends déja le premier conseil avec Eva Joly comme Garde des sceaux devant le monarque reconduit de justesse mais sans pouvoir.

  5. L’EUROPE des 27 !!!
    le PEUPLE EUROPEEN !!!
    pauvre de nous !

    Chassez le naturel, il revient au galop.

    Et dire que des Chevènement, Seguin, Guaino et j’en passe ont été traités de je ne sais quoi, alors qu’eux seuls avaient la vision de ce qui nous attendait.

    Si vous cherchez l’esprit du Gaullisme, référez vous à ce qu’ils ont dit et écrit depuis tant d’années, notamment JPC qui n’a pas varié d’un pouce depuis 1983.

    1. Edith.
      Seul Seguin, qualifié de « droite » comme De Gaulle, a pensé au moins 5 minutes par jour à son pays…
      Vois-tu le déluge…??

      Un indice : de plus en plus de toubibs, médecins, envoient paître les labos.

      1. Yvan, je suis désolée, mais je ne comprends absolument pas ton commentaire.

        Chevènement, Guaino et Seguin ont toujours voulu établir des relations économiques internationales qui tout en respectant les autres, serviraient leur nation (j’entends par nation : Etat plus population).

        Celui qui suit le plus la ligne Gaulliste est Chevènement, c’est à dire que sans se refuser à tout esprit de mondialisation, il exigeait que cela soit fait avec des outils de régulation et de protection des pays et des peuples.
        C’était à mon avis le seul cadre où la mondialisation pouvait se faire (et contrairement à ceux qui pensent que Chevènement est un souverainiste, je pense au contraire, que si ses préconisations avaient été prises en compte, l’Europe aurait été plus longue à s’articuler, mais serait certainement plus solide).

        Seguin était ce que l’on appelle un Gaulliste de gauche

      2. Le « Gaulliste de gauche », en tant que ministre du travail, a tout de même concédé au patronat la suppression de l’autorisation administrative de licenciement au motif qu’elle était un obstacle à l’emploi.
        Il a également engagé le processus de destruction du service public de formation professionnelle pour adultes en limitant la contribution de l’État.

      3. @ Monsieur HR

        Et oui, c’est l’époque où j’ai compris que le RPR rejoignait l’idéologie libérale udf/ps …
        Seguin a toutefois tenté de rééquilibrer cette mesure en faisant quelques aménagements sur la « participation des salariés ».

        En réalité, Seguin s’est libéré du tournant chiraquien au moment de Maastricht. Et c’est de ce Seguin là dont je parle

      4. « gaulliste de gauche »: bourgeois chargé de récompenser les collabos dans le monde du travail.
        Leur heure de gloire: la « participation » pour limiter la prise de conscience de 68.

  6. La récession au sens keynésien, c’était une croissance insuffisante pour diminuer le chômage, avant 1974 2,5% par an. Pendant la période keynésienne la dépression (baisse du PIB) était inconcevable.
    Aujourd’hui les stats de croissance prévue comme d’inflation sont bidouillées sur ordre présidentiel . Et on parle de récession comme si c’était le sexe des anges.
    La soi-disant règle d’or prépare la grande récession euro-américano-niponne pour une ou deux décennies. Et pourra-t’on en sortir un jour? Rien de sûr.

  7. A-t-on jamais vu dans l’histoire européenne autant de constance aveugle ?

    Encore un bel exemple donné aujourd’hui par Maurice Lévy, patron de Publicis, dans sa tribune parue dans Le Monde.
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/08/16/en-finir-avec-le-deficit-des-finances-publiques_1560103_3232.html

    Tout le bréviaire libéral y est ânonné avec une constance désarmante : assistanat, Etat Providence, état dépensier qui vit au dessus de ses moyens, modèle obsolète, compétitivité, déclin économique, privatisation, etc… Tous les poncifs y sont. Assez cocasse de la part de celui qui commence par reprocher aux experts qui se succèdent sur nos écrans leur « moutonnerie ».

    Parmi les solutions proposées, vous remarquerez qu’il ne prévoit rien en matière de fiscalité des revenus du capital. Mais le plus choquant réside à mon sens dans la 3ème mesure : « Une vraie, une sérieuse, une profonde réforme de nos structures administratives et de nos systèmes sociaux, pour pouvoir à l’avenir réduire drastiquement nos coûts afin de pouvoir servir la dette ». Se « servir la dette » m’a fait sursauter.

    Je ne sais pas s’il s’agit d’un « lapsus calami » ou d’une utilisation consciente et faite à dessein par celui qui a appris à manipuler nos désirs, mais « servir » en dit long sur leur volonté inconsciente ou explicite. Ainsi, la dette deviendrait le nouveau maître à servir (au même titre que les marchés) devant lequel nous devrions nous prosterner en lui apportant de bon gré toutes nos minces économies pour le salut – officiellement – de nos emplois, mais – officieusement – de la caste des grands prêtres de la finance. La dette, grand principe transcendant commandant tous les autres.

    Plus question de liberté, d’égalité, de fraternité, de solidarité, non… Tous ces beaux principes sont balayés par le souffle plus grandiose, plus merveilleux, plus prometteur de lendemains enchantés de la dette.

    « Il faut payer » nous assène t-il comme si aucune autre alternative n’était possible. « Il faut payer » et « servir la dette », tels sont les horizons indépassables de notre avenir. Toutefois, dans un élan de grande générosité, il se propose de mettre la main au porte-monnaie mais à titre EXCEPTIONNEL signifiant ainsi qu’il y a des limites à sa générosité, tout en précisant plus loin que le déficit public ne sera résorbé que par une réforme en profondeur des « vaches sacrées » à savoir nos structures administratives et sociales. Ainsi les choses sont claires : je paierai un peu et les autres beaucoup.

    La « dette » est ainsi devenue le nouvel épouvantail jeté en pâture au bon peuple pour mieux lui faire avaler les couleuvres à venir. Après le leitmotiv sécuritaire, nous aurons le leitmotiv déficitaire.

    Car à bien y réfléchir, et sur ce point Mélenchon a raison, parler de la dette en la proratisant par rapport au PIB d’une seule année fausse le problème. En effet, si la dette, remboursable sur 7 ou 8 ans, est comparée au PIB des 7 à 8 années à venir, elle ne correspond plus aux 80 et quelques % annoncés avec force catastrophisme, mais à seulement 12% du total, et ramenée au prorata des prélèvements obligatoires à 24%. Voilà de quoi relativiser un peu les données du problème.

    Alors que penser du spectre de la dette : réalité ou manipulation ?

    1. j’ai entendu Mélanchon sur cette affaire de comparaison biaisée

      mais les comparaisons biaisées n’est ce pas une marque des idéologues libéraux depuis 30 ans.

      quand on y réfléchit, ces libéraux n’auraient jamais pu ( ni Tatcher ni Reagan aussi ) appliquer leurs recettes s’ils les avaient présenté aux peuples;

      ils ont systématiquement agit dans le mensonge ou ont créé eux-mêmes les problèmes ( baisser les impôts c’est assuré les déficits futurs )

      les idéologues libéraux ont repris l’antienne nazi cher à goebbels : toujours des mensonges toujours plus gros qu’ils passeront comme vérité !

    1. = nouveau journal propaganda des idées neocon-neolib., sarkophile bien sûr ; hélas, non sarkophage.

      et, c’est tout.

      1. UMP= FMI= DSK
        Ils sont bien concurrents sur le même créneau de marché,
        chacun voulant se placer en tête de gondole…

    2. Avec Robert Castel, je préfère utiliser les termes d’Etat Social que d’Etat providence dont la connotation péjorative constitue un artifice rhétorique au service de l’idéologie néo lib.

      1. Ce n’est pas tant la connotation péjorative qui me gêne que son côté faussement « miraculeux » : la Providence romaine n’est que le nom de l’heureux hasard. Il n’y a pas d’heureux hasard à ce que l’État, qui a le droit régalien de lever les impôts, les redistribue d’une façon solidaire. C’est un choix politique. Soigneusement refusé…
        Pour le reste, vous avez raison :

        artifice rhétorique au service de l’idéologie néo lib

        , en plus de renoncer délibérément – l’État – à lever correctement les impôts, de façon proportionnée et juste.
        Vivent les riches, dont la fortune ainsi préservée était censée dégouliner le long de la pyramide des classes sociales, jusqu’aux gueux qui auraient pu, à défaut d’étancher leur soif, en lécher quelques gouttes en balbutiant des remerciements…
        C’est mal barré !…

      2. Bon, pour en finir avec l’État Providence, la référence Wiki sur l’origine de l’expression…
        En France ,

        L'expression "État-providence" a été forgée sous le Second Empire par des républicains français qui critiquent le cadre individualiste de lois comme la loi Le Chapelier ( interdisant les groupements professionnels ou ouvriers ), et veulent promouvoir un « État social » se préoccupant davantage de l’intérêt de chaque citoyen et de l’intérêt général.
        L’expression aurait été employée pour la première fois par le député Émile Ollivier en 1864, pour dévaloriser la capacité de l’État à mettre en place un système de solidarité national plus efficace que les structures de solidarité traditionnelles (comme les corporations interdites par la loi Le Chapelier).
        D'après le juriste Alain Supiot, la formule État-providence est d'origine catholique : elle serait issue de la nouvelle doctrine sociale de l'Église, formalisée par le pape Léon XIII dans son encyclique Rerum novarum, dans laquelle on trouve une légitimation explicite de la tutelle publique sur la sphère économique,. Mais, comme le relève à sa suite Pierre Legendre, « la traduction française de cette encyclique ne parlait plus de Providence ! », ce que cet auteur considère comme un « bel exemple de censure à méditer en France »

        En Allemagne, vers 1870, le terme Wohlfahrtsstaat est utilisé par les « socialistes de la chaire » (universitaires) pour décrire un système qui annonce les politiques bismarckiennes en matière sociale8.

        En Grande Bretagne , l'expression welfare state (littéralement : « État du bien-être »), forgée dans les années 1940, coïncide avec l’émergence des politiques keynésiennes d’après-guerre. L'expression welfare state qui voulait frapper les esprits en s'opposant au warfare state de l'Allemagne nazie, aurait été créée par William Temple, archevêque de Cantorbéry.

        La conception minimaliste inverse de l'État-gendarme, contredit ces visions et érige en principe fort que rôle et missions de l'État sont cantonnés aux fonctions régaliennes (police,armée,justice), avec cependant des exceptions possibles comme la prise en charge d'activités ou de biens/services utiles mais ne pouvant être rentabilisées par une gestion privée (Ex : infrastructures dites publiques)

        Depuis 1970 , en particulier sous les assauts du monétarisme et du néolibéralisme , la « main visible » de l’État est vivement contestée par la Révolution conservatrice,

        Aujourd'hui, la question de l'État-Providence est au centre d'un large débat du fait :

        - de l'arrêt de la période favorable à son essor et à son financement ( période dite des Trente Glorieuses).
        - des mutations importantes que connaissent les Sociétés qui pratiquent l’État-providence. ( mutations démographiques, sociologiques, économiques , institutionnelles et idéologiques).
        - de la diversité des principes et pratiques revendiquées par les États et les Sociétés où il a été mis en place.

        Donc, pour résumer ce sont des socialistes français sous le second Empire qui dénoncèrent et inventèrent la notion « d’Etat Providence » en défendant le corporatisme contre la Loi Le Chapelier… C’est confus la politique… bouhhh…

      3. @vigneron: je vois pas ce qu’il y a de confus là-dedans. L’Etat était aux mains des capitalistes et cherchait à briser les liens de solidarité des pauvres (les corporations ouvrières). Par la suite, des luttes politiques ont permis de rééquilibrer le contrôle de l’Etat et par conséquent de retisser des liens de solidarité au niveau national. Mais ce n’est qu’un pis-aller, amha (ça peut se discuter*). En tous cas, dès que cela fut fait, les capitalistes se sont données pour but de briser ces liens de solidarité en déplaçant le pouvoir vers une structure plus élevée, supranationale (l’Europe).
        C’est ça la guerre des classes, la ligne de front bouge.

        *Mes arguments pour dire que ce n’est qu’un pis-aller sont que le contrôle de ces liens est moins démocratique, vient moins de la base. L’aide apportée par l’Etat est vécue comme une aumône venant d’en-haut alors que dans la corporation l’entraide était horizontale et on se serrait les coudes entre pairs. De plus, d’un point de vue stratégique, il s’agit toujours d’une course pour parer les avancées capitalistes, ces derniers ayant toujours l’initiative et le choix de leur champ de bataille. Les capitalistes ont alors beau jeu de se présenter comme progressistes auprès des gogos de gôche et les prolétaires se retrouvent malgré eux alliés aux conservateurs (les cathos réac ou les fachos par exemple). Dans le fond, t’es peut-être pas de mauvaise volonté, tu comprends peut-être juste rien à la guerre qui a lieu.

      4. Le passé est mort et ne reviendra plus.
        C’est de solutions nouvelles dont nous avons besoin.
        D’où sans doute une grande angoisse collective que chacun gère à sa manière car nous devons INVENTER.

        Bien à vous

  8. Un article tres interessant sur rolling stones de matt taibbi:Is the SEC covering up wall street crimes. vraiment ils se foutent bien de notre gueule!

  9. Esprit de Munich.

    Georges Bernanos disait que c’était surtout l’esprit qui manquait aux « imbéciles et aux lâches ».

    Croire aujourd’hui que le situation est similaire c’est aussi ne pas comprendre que les politiques n’ont aucun moyen, ni aucun désir, d’agir, tellement ils sont habités par le fétichisme de la marchandise et de l’argent qui rêgnent sur la planète mondialisée.

    « la décadence globale de la politique en tant qu’instance régulatrice de la vie sociale se manifeste de différentes façons : comme refus de la politique et des idéologies traditionnelles de la part des « citoyens » ; comme perte de souveraineté de la part des Etats nationaux ; comme réduction néolibérale des compétences de l’Etat. La politique se trouve réduite au rôle indispensable mais subordonné qui est structurellement le sien dans la société de la marchandise, même si, pendant une grande partie du XXe siècle, les nécessités liées à la phase ascendante de cette société (dépassement des formes précapitalistes, intégration de toute la population dans la logique de la marchandise) ont pu faire paraître plus grand le rôle de la politique.(…) La politique ne jouit plus d’aucune autonomie ou capacité de décision. Elle se trouve réduite à la politique économique, et à un seul type de politique économique : l’effort, souvent désespéré, pour maintenir la compétitivité d’un pays sur le marché mondial en train de devenir fou. Les divergences entre les forces politiques se réduisent alors à presque rien. Et quand le sourire télégénique d’un aspirant homme politique compte davantage que ses promessess (de toute façon irréalisables), il ne s’agit pas d’une dégénérescence, mais d’un aboutissement logique ».

    Anselm Jappe. L’avant-garde inacceptable. Réflexions sur Guy Debord.
    Lignes. Editions Léo Scheer. 2004.

  10. @Zebu et Julien Alexandre :

    Votre proposition de cloturer son AV pour mettre l’argent sur un compte courant ou livret semble caduque en cas d’écroulement de l’EURO (et donc de l’inflation).

    Bon au moins on les ferra chier!!!!!!

  11. Seul élément de progression : les personnages s’enfoncent toujours un peu plus à chaque acte.
    Roger Blin

  12. 20 ans que les imbéciles sont à la manoeuvre : exemple
    1 milliard de profit , toutes garanties fournies , pas d’enclenchement car la cotation bancaire du dirigeant est faible.
    Profit 15000 € semaine , dirigeant ferme car pas de réinvestissement , pour placer en finance.
    Emplois 300 même activité , 150 dans l’une , 150 dans l’autre , on charge l’autre de déficits pour la liquider.
    Allez faire un tour du coté des tribunaux de commerce , 20 ans que les voyous…..
    J’en ai marre…………..

  13. l’attitude de ces gouvernements ressemble à l’acharnement thérapeutique pour sauver un système financier en coma dépassé ! Il est trop tard pour le sauver!

  14. En 2008, j’avais écris ceci sur le forum boursorama :

    Angela M
    15/12/2008 à 13:52

    Au sujet D’Angela :

    Quand j’ai vu l’allemagne vouloir faire cavalier seule dans cette crise au nom de l’orthodoxie allemande qui pourtant est loin d’être ce qu’elle devrait quand on connait l’exposition des banques allemandes.

    Je me suis dit qu’une grande occasion pour que l’europe serve à quelque chose avait été manqué.

    L’allemange se joue l’individualisme et tente de mettre un nouveau plan de sauvetage sur pied, sauf que si Angela sait que le mur de Berlin est tombé on dirait qu’elle ignore toujours que celui de WS est aussi par terre aujourd’hui.
    On dirait qu’elle est incapable de faire preuve d’anticipation, venant de l’est c’est un peu normal vous me direz mais quand même.

    Alors j’ai envie de reprendre la Phrase de Churchill, en changeant les termes pour Angela

    « Vous aviez à choisir entre L’Europe et l’individualisme ; vous avez choisi l’individualisme et vous aurez la pire recession de toute l’europe. »

    car ne comptez pas sur le peuple allemand pour dépenser chère Angela, déjà quand il part en vacances, même en italie il ammène avec lui ses spaghettis Liddl pour ne pas dépenser alors là.

    Vous allez pouvoir vous garder, vos machines outils, vos belles autos, vos produits chimiques, Angela, et les déficits vous aussi vous allez les avoirs, vases communiquants Angela.

    Les Allemands ont les cuisines les mieux équipées en Europe, probablement les meilleures voitures du monde, mais pour cela mangent des saucisses avec des frites ou il y a plus de graisse que de pommes de terre, et servent des spaghetti de la marque PATEX … on ne peut pas tout avoir, heureusement.
    PS 1 spaghetto, 2 spaghetti, 3 spaghetti …. le S n’augmente pas la quantité.

    Les Français sont peut-être plus chauvins que les Allemands, mais achètent plus aux Allemands qu’ils ne leurs vendent.
    Au minimum 15 Md (15.000.000.000) par an.
    Et se sont les Allemands qui se plaignent.

    d’après un sondage 40% des Allemands seraient pour quitter la zone EURO, ce qui veut dire que compte tenu du nombre de ceux qui ne savent pas, une majorité est pour l’abandon de zone euro.
    Il ne faudrait plus 2 DM pour 1 EUR mais peut être seulement 1,50 DM pour 1 EUR. Et là le chômage monterait en flèche avec des risques sociaux énormes.
    Finalement leur mentalité n’a pas changé: ils se croient les meilleurs du monde et le font sentir aux autres.

    1. Les balances commerciales positives des uns sont les balances commerciales négatives des autres,
      Messieurs les néo libéraux aux commandes expliquez moi comment on fait pour n’avoir que des balances commerciales à l’équilibre pour chaque pays sans aucune intervention possible simplement en faisant appel à votre dieu « le marché ». C’est impossible.

      Et quand bien même que cela serait possible ce serait un mélange de communisme et de mercantilisme supervisé par l’Otan qui bombarderait le pays qui exporte trop pour le faire rentrer aussitôt dans les clous,

      Nous avons des politiques qui se focalisent sur les déficits alors qu’ils devraient se focaliser sur tous ces produits virtuels qui permettent de faire de l’argent là où le travail ne le permet plus.
      C’est cette hydre financière monstrueuse dont il faut couper la tête.*

      La finance doit être au service des peuples et non les peuples prosternés au service de la finance, il serait temps qu’un politique le rentre dans sa tête et agisse au lieu de laisser faire.

      Les Etats ne sont pas des SARL, il n’y a rien au dessus des Etats, rien même les banques centrales ne sont rien sans les Etats, car sans Etat plus d’état de droit, plus rien

      Le Cinéma pour presser encore les peuples ça suffit !!!

      1. « Nous avons des politiques qui se focalisent sur les déficits alors qu’ils devraient se focaliser sur tous ces produits virtuels qui permettent de faire de l’argent là où le travail ne le permet plus.
        C’est cette hydre financière monstrueuse dont il faut couper la tête.*
        La finance doit être au service des peuples et non les peuples prosternés au service de la finance, il serait temps qu’un politique le rentre dans sa tête et agisse au lieu de laisser faire.
        Les Etats ne sont pas des SARL, il n’y a rien au dessus des Etats, rien même les banques centrales ne sont rien sans les Etats, car sans Etat plus d’état de droit, plus rien
        Le Cinéma pour presser encore les peuples ça suffit !!! »

        bis ! …

        actuellement, je vois sur le plan politique, ici même,un mélange d’ Eva Joly, pour sa rigueur face à la corruption, de J.L.Mélenchon, pour son pas de coté, son goût de la « chose publique », et son analyse des situations, beaucoup plus fine qu’on ne veut bien le faire entendre ( ainsi que le fait qu’il soit personna non grata pour tous les cadors qui nous ont menés là où nous sommes : la catastrophe partout,),
        à suivre, car pas assez audible actuellement, mais se démarquant sensiblement des TINAesques : soit Arnaud Montebourg (?), avec en soutien les économistes : J.Généreux ( le fait qu’on le tienne à l’écart, alors qu’il y a de nombreuses années qu’il analyse les situations avec rigueur et humanisme fait, pour moi, sens ), Frédéric Lordon, parce qu’il dérange tant d’aucun,
        avec sa vive intelligence, et son regard opposé ET construit, les économistes attérés dans leur ensemble : ils oeuvrent, mais ne sont pas bien en cour : c’est bon signe!, et l’équipe Jorion, bien sûr …
        Madame Aubry est une femme respectable, mais je pense qu’elle ne peut faire le pas de coté
        indispensable ( famille trop impliquée dans l’histoire, qui s’avère un désastre, de l’UE ultra-libérale) : tant qu’il n’y a aucune remise en question de la « concurrence libre et complètement faussée », ce n’est pas même la peine de penser pouvoir se dégager de l’enlisement avant effondrement : les marais salants nous aspireront tous.
        La troisième personne du PS est trop responsable de l’état de mort apparente dans lequel est plongé le parti qu’il a dirigé 10 ans ~ et du fait qu’il ne se démarque guère du parti de droite actuelle, quant à l’UE et les politiques de rigueur qu’il compte mettre en place, si .
        Pourquoi pas un trium »vir »at, avec une femme et deux hommes …
        un homme légèrement macho ( kiça, kiça ?), une femme énergique, un homme capable d’ une part plus féminine, pour faire le lien : équilibre, complémentarité.( et des âges divers: une bonne équipe, c’est cela!)

    1. Allez un petit tour du côté de l’insee.

      Après que mon père me dise qu’il gagnait 200 000 anciens francs en 1959, alors que la baguette ne valait même pas 40 anciens francs. Le paquet de gauloise était à 80 anciens francs. Prenons 30 jours de baguettes en 1959 si on divise 1200/200 000 =0.006 par contre si on divise en 2010 30/3150=0.009
      Si on fait la conversion, il faut 1.2 euros 2010 (soit presque 8 francs) pour 0.8 cte de nouveaux francs 1960
      A part ça la monnaie n’a pas fondue et je comprends pourquoi plus personne ne part un mois en congé l’été.

      insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ip483.pdf
      .

  15. l’expression de la totale inconséquence d’une génération entière de responsables politiques incapables de se hisser au niveau de leurs supposées responsabilités.

    C’est très simple c’est une génération qui n’a pas connu la guerre et son cortège de misères…

    1. Une génération d’enfants gâtés dont l’idéal c’était les USA, comment voulez vous qu’ils puissent remettre en cause leur modèle ?

      1. C’est sûr le rêve américain, c’est de repousser toujours un peu plus loin la frontière.
        Or aujourd’hui il n’y a plus de frontière à repousser, on atteint les limites de notre globe.
        Donc de facto c’est la fin de l’ « American dream », car à ce jour et avec nos piètres moyens, inutile de penser coloniser le cosmos. Donc il va falloir complètement changer de « Rêve » et de modèle et aller vers un modèle de « Sobriété heureuse » thème que développe Pierre Rabhi.
        C’est cela ou ce que je ne souhaite pas, faut-il le préciser pour certains, le retour des conflits armés avec leur cortège de malheurs. Très difficile virage à prendre pour cette génération occidentale, qui a connu toute sa vie la Corne d’Abondance. De la capacité de prendre ou non ce virage, va dépendre entièrement notre futur et celui de nos descendants.

      2. Que serait ce « rêve américain » ultra-libéral sans le sparadrap « compassionnel » des ONG ?

        Le capitalisme sans frontières pour les nuls crée des situations humainement insoutenables.
        Son programme, remplacer l’Etat- providence par des structures compassionnelles d’intégration dans le système.

        Les indignés sont apolitiques ? Ils ont tort, la dignité est un enjeu politique.
        http://www.dailymotion.com/video/k4avvqgc5gz5LeyQqB#from=embed

    2. C’est très simple c’est une génération qui n’a pas connu la guerre et son cortège de misères…

      A problème simple réponse simple : une guerre – attention ! une vraie de vraie ! avec « cortège de misères » hein ! pas du chirurgical virtuel, loin des frontières nationales, mercenairisée, sous coke puis morphine – par génération pour aguerrir nos « tafioles » de représentants politiques, uh ?
      Soyons fous, lâchons nous, c’est août, c’est dimanche et il fait 40° C à l’ombre…

      1. « Mon cher » vigneron vous vous payez ma fiole je suppose!

        S’ il vous est arrivé de me lire dans de précédents messages, vous auriez dû comprendre que pour moi la guerre n’est pas une solution, même que souvent une guerre prépare la prochaine.

        Mais je persiste à croire que de ne pas avoir connu de « vrais périodes difficiles », ne facilite pas la prise de conscience par cette génération – effectivement américanisée – des conséquences potentiellement catastrophiques de son « insoutenable légèreté.

      2. @joan

        Ah ok, donc on passe de :

        qui n’ont pas connu la guerre et son cortège de misères

        à

        qui n’ont pas connu de vraies périodes difficiles

        Nuance, toute petite peut-être pour vous, considérable selon moi…
        Et s’il y a de « vraies » (j’adôôôre les « vrais » trucs ou machins…) périodes difficiles, c’est quoi les « fausses » ?

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