OWNI.fr, « INTERNET, C’EST LA DÉMOCRATIE DIRECTE »

« Internet, c’est la démocratie directe » : un entretien sur OWNI, à propos de la sortie de mon dernier livre, La guerre civile numérique (Textuel 2011).

« Internet, c’est la démocratie directe »

Quel a été l’évènement déclencheur qui vous a poussé à écrire La guerre civile numérique ?

L’évènement déclencheur a été le refus de Paypal et Mastercard de transmettre à Wikileaks les donations qui lui avaient été faites. Du point de vue des règles du commerce, c’est incroyable. C’est une chose qui ne se fait pas, c’est tout simplement interdit par la loi. Là, il s’agissait clairement d’une interférence des pouvoirs publics, d’une décision du gouvernement américain pour sanctionner Wikileaks. Avec cet événement, on est sorti du cadre démocratique. C’est un événement très grave, vraiment très grave. Pour moi, cela équivalait à une déclaration de guerre.

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44 réflexions sur « OWNI.fr, « INTERNET, C’EST LA DÉMOCRATIE DIRECTE » »

  1. Tant qu’ils peuvent faire tomber qui ils veulent quand ils veulent (en vrac: les dirigeants de L’Irak, de la Lybie, bientôt de la Syrie, qui sera suivie de l’Iran, sans parler des coups tordus en ex-Europe de l’Est…), les puissants de ce monde (encore et toujours les Usa et leurs satellites Européens) se riront bien d’Internet…

    Ils peuvent d’ailleurs décider de couper Internet du jour au lendemain…
    Quand, par exemple, il aura été « prouvé » que sur Internet, des groupes (terroristes-islamistes, évidemment) diffusent le mode d’emploi pour fabriquer une mini-bombe atomique…que l’on découvrira très opportunément, prête à exploser, sous, par exemple, la Statue de la LIberté (symbole imparable!)…

    Ils le rebrancheront après (business oblige), mais sous une nouvelle forme…. Entièrement contrôlé, aseptisé, où même un Blog comme celui-ci (on ose y écrire les noms de Karl Marx, Proudhon, Saint Just, et autres gêneurs) sera totalement édulcoré, en fait: condamné à mort.

    On appelle ça « la raison du plus fort »…
    Nous pouvons rêver, toutefois, que le plus fort finira par être Internet, qui sait?

    1. Vous sous-estimez la capacité de résistance des individus, d’autant plus quand ils se regroupent.

      Ce qui me choque c’est qu’Internet puisse être présenté comme Celui qui « finira par être le plus fort. »
      Voulez vous dire par là qu’Internet est une créature qui a pris le pouvoir sur les individus, une sorte de Très Grand Livre, une création divine ?

      1. Vous SUR-estimez peut-être la capacité de résistance des individus. Internet ne va sûrement pas disparaitre mais va probablement évoluer vers « le minitel 2.0. » complètement centralisé et disponible pour le commerce et la propagande. La plupart de nos contemporains n’y verront que du feu: ils plébisciteront même un système qui les met à l’abri des viriis et autres problèmes du même genre. Moins de liberté, mais n’y est-on pas déjà habitué?

      2. Contrôler le Net?
        Ce n’est pas une question de « capacité de résistance des individus »…

        C’est beaucoup plus simple que vous semblez le penser, car cela passera tout simplement par des textes réglementaires:

        Il faut et il suffit de mettre en place une « Super-Autorité » (au besoin, mondiale) qui déterminera qui pourra et qui ne pourra pas créer du contenu, puis de faire pleuvoir les condamnations pécuniaires (voire plus) sur les FAI (fournisseurs d’accès) qui sont, comme vous le savez, en nombre très limité, et plutôt coopératifs (business oblige).

        Vous croyez qu’ils font comment, en Chine?

      3. @ Marlowe,

        Bonjour,

        http://liesidotorg.wordpress.com/

        D’une addiction à l’autre, des étoiles aux toiles?

        Les anonymous, activistes ou hacktivés à l’insu de leur « bon » gré?

        Et un bon à tirer, un? Qui en veut pour combien, en monnaie de scribe pour les personnes morales, roc de chair, froc à trouille, ceinture et bâton pour le petit personnel..le goûter est servi les enfants!

        Avec le nombre de victimes, le ressentiment dessille soumission et déni volontaires, affine l’entendement, les cibles..à tout bout de camp?

        Cher, très cher, l’amitié? Parlez-en aux arg-entiers, le nord au noir d’écoeure déboussole, magne éthique

        Japon, somalie, plus « d’espoir », plus d’ennemis….on vous oublie, mais très gentiment.

      4. Les derniers conflits en cours nous éclairent sur le fait que les combats se déroulent sans communications numérique civiles.
        Les marchands de tuyaux ont inventé le robinet……
        Khadafi coupe les portables, l’OTAN ses satellites.

      5. On peut effectivement considéré qu’Internet nous offre les attributs du divin : Nous pouvons gérer l’immédiateté, l’instantanéité, l’ubiquité et la simultanéité. (dixit Paul Virilio)
        Mais je ne pense pas que les états puissent nous avoir là dessus. En tous cas ils arriveront à enfumer une partie des citoyens mais une part de plus en plus grande de personnes se réveillent et ceux grâce à Internet.
        Mais bon pour faire tourner internet il faut de l’énergie et je pense personnellement que le risque premier est là. Nos échanges, vêtements, notre nourriture, notre système de santé et bien sûr internet dépendent de l’énergie bon marché. Lorsque les prix vont monter je vois mal la population se soulever à cause du manque que créera l’intermittence de l’internet mais plutôt la difficulté qu’ils auront à se nourrir. Comme disait Audiard : »Quand on a de graves préoccupations alimentaires on a pas beaucoup d’ambitions… »

    2. Oui mais internet n’a pas été crée a l’origine pour etre sécurisable et adapté a leurs envies (controle / censure etc…) ; il s’est développé beaucoup trop vite pour cela.
      Je pense que les « failles » structurelles de l’internet (de leur point de vue) ne seront jamais comblées pour la simple raison qu’il est décentralisé et etroitement imbriqué dans tout aujourd’hui.
      (Y’a que dans les films qu’un nolife arrive a « controler » internet avec un budget illimité…)
      Sans compter que les manipulations sont faites par des informaticiens qui savent que c’est deja difficile de securiser correctement un systeme, alors le net en entier….

      1. Je confirme…

        Et vu du côté des télécommunications, je peux rajouter qu’il existera toujours des portes d’accès sur l’internet, donnant accès à des serveurs autorépliqués depuis d’autres, situés sur d’autres accès…

        La structure physique et topologique actuelle des réseaux interdit de fait tout système de censure. En chine, il suffit de s’y connaitre un peu pour contourner les maladroites barrières du gouvernement !

        Le faire en toute discrétion, par contre, c’est une autre histoire… (à moins de développer soi même un nouvel algorythme de cryptage, totalement inconnu et différent de ce qui existe actuellement sur le marché car tout connu et déposé auprès des autorités US)

        Le risque, avec les censures actuelles, c’est en fait qu’il faille un minimum de connaissances pour accéder à de l’information libre (adresses IP, ports TCP, etc…) et que seules des (pseudo?) « élites » intellectuelles puissent continuer leurs philosophiques divagations, sans risquer que les innombrabes citoyens lambda ne se mettent eux aussi à réfléchir, sans parasiter l’information officielle diffusée par des sites autorisés. Mais là encore, le référencement de ceux qui accèdent à ces sites restera très facile à réaliser, sauf à prendre d’infinies précautions, réservées à une élite technique.

  2. Oui guerre il y aura et des victimes tomberont, car avec internet comme d’autres « Biens Communs » (les ressources naturelles en général comme l’eau, les services: santé, scolarité, culture, recherche scientifique…) on rentre en conflit direct avec le monde « Ultra-libéral » prédateur et voleur du « TOUT » pour sa propriété exclusive.
    Les gouvernements des pays industrialisés démocratiquement élus sur des mensonges, (travailler plus pour gagner plus! pour les particulier; dépensons moins! pour les états) ne font que cautionner le système capitalistico-financier et le défendent de manière plus ou moins visible selon qu’ils soient de droite ou de gauche.
    Internet est donc un bel empêcheur de tourner en rond.

  3. Oui , enfin , moi j ai un petit doute hein ,( je répond uniquement au titre ) on est gavé d hoax de médias officiels…….comme de complotistes !!
    Faut être vraiment très très fort , pour faire la part de ces ecuries d augias !!

  4. En parlant de crowdfunding, c’est quand même dommage de ne proposer que les paiements en ligne via Paypal (que je boycotte) il y a aussi Moneybookers (Visa, etc.) mais malheureusement, ce dernier aussi a bloqué le compte de Wikileaks. Ceci dit, difficile de boycotter ceux qui semblent gérer nos cartes bancaires… Il y a aussi Google Checkout qui va surement monter en puissance ces prochains mois. Pour ma part, j’ai adopté Flattr en espérant un jour qu’ils proposent une plus grande variété de systèmes pour renflouer notre compte chez eux (pour l’instant, là aussi c’est le duo Paypal/Moneybookers, ceci dit, avec Flattr, on peut financer Wikileaks 😉 )

    Edit : Ca me fait mal de l’admettre mais passer par Allopass est un moyen pour éviter de se servir des vils Paypal/Moneybookers. Une petit lien au passage http://blog.hi-media.com/74-of-users-of-micropayment-in-europe-choose-alternative-payment-methods-to-bank-cards/

  5. @ P. Jorion

    Vous comparez le modus operandi des Anonymous à celui des anarchistes du XIX°
    On pourrait updater votre comparaison en notant les similitudes entre les black blocs et Anonymous : les deux ne sont pas des structures mais des réseaux, composées de personnes sans attaches apparentes, mouvantes et sans cesse renouvelées, sans « chefs » ni hiérarchie . Leurs actions sont ponctuelles, directes et ont le même but : attaquer les symboles et représentations du système néo-libéral (la prochaine action des Anonymous sera, parait-il de s’attaquer à Facebook) mais aussi les piliers et soutiens de ce système (banques et multinationales pour les BB , organismes de paiement en ligne pour les A) .
    Et bien sûr, les medias les font passer pour « terroristes » pour justifier leur politique de surveillance de nos rues et du Web !

    Dans la suite de l’interview vous affirmez ceci :
    « il y a toujours eu, au cours de l’histoire, des personnes tournées vers le futur, l’innovation, et d’autres qui au contraire avaient peur du changement. Ces derniers, les conservateurs, ont du mal à improviser face à la nouveauté »

    Cette coupure entre les « modernes » et les « conservateurs » ne serait-elle pas quelque peu simpliste ? : oui oui, on ne peut exprimer en quelques lignes toute la complexité d’une pensée mais vous l’exprimez très nettement : il y aurait deux groupes qui historiquement se seraient toujours opposé : les réac adversaires ou inadaptables au progrès et les modernes qui eux, savent utiliser le progrès pour aller de l’avant.
    Il existe pourtant, comme l’expose parfaitement Paul Ariès, une histoire (non officielle : l’ histoire « productiviste » de droite comme de droite n’en parle pas) des révoltes populaires contre le machinisme, le taylorisme, depuis la révolte des gueux contre les enclosures dès le Moyen-Age, en passant par la révolte des Luddites, la révoltes des Canuts Lyonnais, les révoltes CGtistes appelant à briser les machines, contre la division du travail et les cadences infernales.
    Peut-être que ces « réactionnaires » avaient compris comment le développement de la technique, du machinisme, de l’industrialisation seraient des instrument d’aliénation, qu’elle dépouilleraient l’ouvrier ou l’artisan de son savoir-faire pour le rendre esclave de la machine.

    Que penser de la « réforme », de la « modernité » quand en son nom on supprime le repos du dimanche ? quand elle fait considérer le salarié comme un simple ligne comptable que l’on met au rebut comme une machine obsolète ? quand les pressions professionnelles amènent de plus en plus de salariés au suicide ? quand la société néo-libérale a tué tous les liens de solidarité historiques ?quand l’homo economicus (producteur et consommateur) a tué l’homo politicus ?
    Quelle est donc cette modernité qui assassine l’être humain ?

    1. Paul Aries défend aussi l’industrie du livre et du papier contre l’informatique, sans se soucier des rapports (devenus invisibles sur la toile depuis peu) de Greenpeace à ce sujet. Notamment sur la destruction des forêts primaires. Sous prétexte de la « renouvellabilité » de cette ressource guère plus valable que celui de son recyclage, il défend surtout le droit d’auteur, qui est un droit de rentier revendiqué au départ par les imprimeurs; les premiers libéraux.

      Probablement parce qu’il vit « bien » de la vente de ses livres, sans avoir pris connaissance d’un site bien de chez nous comme In Libro Veritas, où il est désormais possible d’éditer un ‘livre papier » sur demande. Exit les invendus, les problèmes de stock, de gaspillage de ce dinosaure de plus appelé à disparaître.. vous qui parlez d’aliénation.

      Car pour connaître des lieux pareils, il faut avoir au moins une fois accepté de travailler pour le bien commun sous licence libre ou « creative common » et faire suffisamment confiance à la vie et à ses lecteurs et/ou disciples pour dépendre d’eux sans donner de limite ou de « prix unique » .. ‘regardez ce que cela donne en vrai :

      Paul Ariès ne s’est pas attardé non plus sur la consommation énergétique des ordinateurs. Il a oublié qu’un terminal peut s’alimenter avec un petit panneau solaire. Sans doute pas les serveurs, ni le Cloud, mais il a aussi oublié de penser que les autoroutes de l’information n’ont pas été créées par les informaticiens.. artisans de l’informatique, qui sans les industriels auraient évolué plus lentement… créant un réseau plus humain, plus naturel.. ainsi que des espaces communautaires plus adaptés aux besoin réels de gens capables de vivre ensemble en harmonie avec la nature, du local au mondial. Mais nous n »en sommes pas là, n’est-ce pas? Il est trop tôt, hmm?
      Ou trop tard? Il faudrait savoir.

      En calculant le coût d’un clic de souris, il n’a pas tenu compte de l’obsolescence programmée des PC dont la communauté a toujours proposé le recyclage. Sait-il que la récupération des ordinateurs est devenue impossible depuis que Monsieur Sarkozy en a confié l’exclusivité à la « Communauté Emmaüs » à la sortie des déchèteries dès 2005? Nous privant de la joie d’offrir l’accès à internet pour tous, en même temps qu’une formation gratuite et bénévole aux outils alternatifs? Nous ne sommes pas « terrorisés » par la gratuité de notre côté.

      Il n’a donc pas entendu non plus notre appel lors de la sortie de Windows 7, qui a occasionné le renouvellement obligatoire de tout le parc informatique mondial. Non plus de notre cri d’alarme sur les nanotechnologies rendant impossible le bricolage dont nous sommes si friands.
      Il semble ne pas avoir non plus entendu parler de la recherche sur les énergies renouvellables – dont le solaire – qui pourraient pallier à nos futurs besoin énergétiques sachant que les informaticiens en sont les premiers demandeurs. Et bien placés pour aider à leur implémentation harmonieuse.
      Il n’a sans doute jamais entendu parler d’André Gorz qui a su voir en nous les artisans de l’avenir.
      Bref, il n’y connaît rien. Ou alors il est très mal renseigné, et c’est bien dommage.

      1. @miluz

        vous maniez fort bien le sophisme : parce que j’ai mentionné Ariès pour son étude sur les mouvements populaires anti productivistes vous me renvoyez la balle sur sa prise de position sur l’informatique…Je ne vois pas le rapport…en quoi ceci infirmerait cela ?

        Je n’ai pas votre connaissance des avis d’Ariès sur l’informatique : ce que vous affirmez m’étonne un peu, car le principe au coeur de sa réflexion est celui de la gratuité et du don et internet est bien cet espace où la gratuité et l’échange se battent contre la récupération marchande du capitalisme non ?

        – Vous opposez (ou Ariès oppose) livre et informatique… pourquoi ? est ce que l’un condamne l’autre ? on disait la même chose au moment de l’apparition de la télé par rapport à la radio.. et vous voyez bien que cela ne s’est pas passé. Personnellement je n’ai jamais autant lu que depuis que je m’informe sur internet (en zappant totalement la télé) ! comme ceux qui achètent le plus de produits culturels sont ceux qui téléchargent illégalement le plus !

        – Et enfin une question terre à terre : croyez-vous vraiment que ce soit l’industrie du papier qui dévaste la forêt Amazonienne ? alors que nos forêts des Landes sont encore pleines de ces arbres tombés lors des grandes tempêtes de 1999 et 2099 qui n’arrivent pas à se vendre ?

      2. bruzyl

        Nous sommes sur un thread qui parle d’informatique, sinon je n’aurais pas rebondi sur votre allusion au « brisage de machine » des luddites. J’en ai profité pour parler de la tendance écolo des informaticiens du Libre, parce que cette tendance subit – tout comme le travail de la communauté – un blackout complet dans les médias comme ailleurs depuis le début de son existence. Depuis les années 80. Et ce n’est pas un hasard.

        Paul Ariès ne déroge pas à la règle, et il est réellement agressif et à côté de la plaque nous concernant. Non seulement lorsqu’il parle du coût écologique, mais surtout lorsqu’il défend l’industrie du livre.
        Le droit d’auteur dont la France est paraît-il si fière, doit être revu et corrigé. Le téléchargement sur P2P n’est illégal que depuis peu en France, nous ne parlons à ce sujet que de « mise en commun de fichiers », les fichiers sous copyright n’étant pas notre problème. Nous aurions préféré en rester là, plutôt que de voir se créer un « Cloud » informe où tous se baladent désormais sans aucun contrôle. L’échange sur internet est une Hydre, quoi qu’en pensent les rentiers et les politiques, quelles que soient leurs tentatives de corrompre les députés européens comme celles de Mr Sarkozy en 2009. Cela ne marche pas.
        La propriété intellectuelle est ce à quoi nous avons affaire en permanence pour nous barrer la route. Sans parler des brevets, qu’il ont réussi à placer dans ce fourre-tout . Nous sommes dans une configuration « cognitive » du capitalisme, ne l’oubliez pas. Qui se cassera la gueule de toute façon.

        Le lien que j’ai donné sur l’intervention récente de l’industrie du livre est une caricature, mais Paul Ariès n’en est pas très loin. Je n’ai pas le temps de chercher le lien vers la vidéo où il en parle. Peut-être a -t’il changé d’avis, mais dites-vous bien que nous sommes des militants par nature. Aussi, il est probable qu’il ait été brieffé. Je l’espère en tous cas.

        Peut-être aura-t’il lu cet article de Framasoft sur sa surdité totale à notre sujet.
        Ca ne s’invente pas. 😉
        Bizzz

        _____
        PS : Pour un aperçu de la puissance de la communauté que le système capitaliste tente désespérément de contenir: les informaticiens chinois qui ne sont pas payés viennent vers nous, Mdr 😀

      3. @miluz: tiens, vous m’avez remonté le moral. J’ai lu quelque part sur le premier lien que vous proposez, un commentaire qui dit « il n’en reste pas moins que le logiciel libre est une application du communisme (anti-autoritaire) à la production et la diffusion de logiciels. » C’est exactement cela. La vraie démocratie en action, c’est l’effet que ça me fait. Chaque fois que j’utilise un logiciel libre ou mis gratuitement à disposition de la communauté, j’arrive pas à y croire et je reprends espoir sur l’avenir de l’humanité.

      4. Vous pouvez y croire.

        En même temps que les sources, logiciels ou fichiers jusqu’à l’infrastructure informationnelle, nous ne pouvons pas nous empêcher de partager aussi notre enthousiasme; de vouloir que notre esprit de solidarité puisse gagner les autres sphères militantes.

        Vous aurez pu lire aussi que pour l’instant seuls les écologistes (ayant lu André Gorz, forcément) ont répondu à notre appel. Peut-être parce que nous avons en commun le bonheur d’avoir gagné des batailles importantes, avec la même envergure internationale. Nous existons probablement depuis aussi longtemps qu’eux politiquement. Et nos alliances ne font que s’aggrandir. je ne vais pas vous les citer toutes. Il serait bon que certains intellectuels se penchent un peu sur notre notion de « common », du « bien commun ».
        Encore faut-il avoir vraiment compris d’où nous venions. Pas de mars, mais du MIT dans les labos de recherche en IA dans les années 70, les mêmes qu’à dû fréquenter Monsieur Jorion. Aussi, j’aimerai vraiment – puisqu’il est sans doute le seul avec Noam Chomsky à pouvoir comprendre facilement – qu’il parle enfin de Richard Stallman et de son travail, pour que vous décrouvriez enfin la philosophie GNU.
        http://www.gnu.org/philosophy/philosophy.fr.html

        « La différence entre le Libre et l’Open-source », comme dit rms, « c’est juste une question de philosophie ». On l’appelle aussi « l’Ethique Hacker ». @+

  6. La démocratie directe tolérera-t-elle encore longtemps ceci ?

    Cet article du Monde est effarant et démontre pour qui les agences immobilières roulent, sans avoir aucunement le sentiment de servilité ni de courtisanerie. Au fait, les propriétaires sont-ils satisfaits de cette situation ? Pas sûr…

  7. En tous les cas, démocratie ou pas, faut-il prier pour que l’inflation arrive ici comme au Vietnam ?

    Ça réglerait, certes dans le désordre, un certain nombre de problèmes, dont l’endettement individuel.
    Mais avec la BCE, la FED et tout le toutim, y’a peu de chance que ça se produise.

    1. Il faudrait déjà régler le problème de l’organisme qui gère les noms de domaines , car le jour où il piquera sa colère , ça risque de coincer non ?

      1. @ Thom Bilabong
        ben non , je ne sais pas ce que mon commentaire fais ici …
        Pour le genre c’est  » type  » sinon ça serait Logosssse 🙂

  8. L’impôt direct concerne le citoyen ( ce qui m’a souvent fait écrire qu’on n’est pas citoyen si on ne paie pas un impôt direct même minime ) . L’impôt indirect concerne le consommateur bourgeois ou les structures regroupées .

    Et s’il en était de même de la démocratie ?

    De même que l’impôt juste , c’est celui qui sait faire la mesure entre les deux natures d’impôts ( sujet d’actualité ) , la démocratie juste serait-elle celle qui permet la liberté individuelle ET collective par le dosage entre démocratie directe et démocratie indirecte ?

    Signé : Fontenelle .

    1. @juan nessy

      Sans la moindre intention de vous offenser, je me pose la question de la pertinence de votre parallèle : liberté individuelle/ démocratie directe contre liberté collective/démocratie représentative, comme d’ailleurs votre opposition entre liberté individuelle et collective, car je crois que le chemin de toute démocratie est de trouver le compromis entre les tensions perpétuelles de ces deux aspirations humaines.

      La différence entre ces deux types de démocratie (qui ont chacune leur perversion : la démagogie et le gouvernement d’opinion pour la directe, la mutation des représentants en oligarques indéboulonnables pour l’indirecte) me semble davantage basé sur la notion égalitaire/inégalitaire que l’on a du peuple : une société de type égalitaire se basera sur la capacité de tous au politique (la démocratie comme capacité d’être gouverné et de gouverner disait Aristote) une société de type inégalitaire prônera la délégation par le peuple (masse imbécile comme le qualifia Voltaire) de son pouvoir à des gens qui par leur éducation, leur fortune, leur naissance, leur « expertise » , n’importe, une élite, se revèlerait plus apte à exercer ce pouvoir…

      Mais je suis par contre tout à fait d’accord avec votre conclusion : notre pays n’est plus en démocratie si l’on considère que le seul rôle du citoyen est de mettre son bulletin de vote tous les cinq ans pour des candidats qui auront été déjà sélectionnés dans leur parti et qu’entretemps le peuple n’a aucun moyen de contrôle sur l’activité de ses élus.
      Plus de démocratie directe ? instaurer un véritable droit de contrôle sur nos mandatés : mandat impératif ? droit de saisine du Conseil Constitutionnel par le peuple – un vrai s’entend et non pas cette parodie de la réforme constitutionnelle de Sarkozy qui n’a d’ailleurs même pas mise en application par défaut de vote d’une loi organique d’application, mandat unique et non cumulable ?) démocratie participative ? tirage au sort ? tout est envisageable…tout vaut mieux que cette triste parodie de démocratie que nous subissons actuellement.
      Castoriadis

      1. J’ai beau me relire , je ne vois pas où j’énonce la conclusion que vous me faîtes tirer . En tous cas pas dans ce sujet .

        Vous pensez égalitaire VS non égalitaire , là où je dis ( et même , je pense !) ,individu VS collectif , démocratie directe VS démocratie indirecte .

        C’est une vraie différence entre nous deux , car je crois ( c’est bien un credo ) , que la démocratie et ses institutions gagneront à proposer cette double face à l’arbitrage du suffrage universel .

        Sur les modifications constitutionnelles que vous proposez et avec lesquelles je peux être plus que largement en accord , je remarque malgré tout ( et c’est la remarque qui tue que m’avait fait Etienne Chouard dans la quête de mon Graal RIC ) , c’est que pour les obtenir il faut l’accord volontaire de ceux que l’on veut affaiblir en les contrôlant .Pas demain la veille qu’ils vont vous accueillir : c’est beaucoup plus simple et sans risques entre soi à Versailles . Et comment obtient-on une vraie Constituante sans tâches amenées par ses auteurs ?

        Je reste cependant sur cette proposition cruciale de vrai RIC dans notre Constitution , espèrant que des temps un peu durs et violents garantiront la réalisation en urgence de cette avancée majeure ( dès lors , la qualité de tirés au sort , de salops ou de compétents des auteurs perd de son importance ) de la « démocratie directe  » dans la démocratie indirecte » .

        Avec le saint sacrement du referendum constitutionnel pour que la démocratie tout court , reste à la barre et garde la main .

        Ce serait , au passage , le bon moment pour se débarasser du Sénat , le RIC prenant la fonction de l’Assemblée nationale , et l’Assemblée Nationale la fonction du Sénat .

        Si , en plus , c’était la question d’un referendum européen , pour simplfier , dans la même philosophie, les institutions et fonctionnement européen , je descendrai six pieds sous terre tout guilleret .

      2. @ juan nessy

        Désolée si j’ai mal compris votre conclusion : une interprétation sans doute extensive de ce passage : « une démocratie juste serait…  » qui a contrario pouvait laisser supposer une critique du système (pseudo) démocratique actuel…

        Pas de si grande différence d’interprétation entre votre credo et ma position : le retour nécessaire à la souveraineté populaire, la refondation de la notion d intérêt général qui s’est dissoute au mieux dans les intérêts de groupes dont les élus recherchent les voix, c’est le clientélisme, soit carrément, dans les intérêts privés de nos représentants et de leurs cliques, c’est la corruption…

        Tous les moyens de ce faire sont les bienvenus, le RIP en est un, pas le seul…
        Et il n’est pas exempt de dangers : je connais bien certains états américains dans lequel il fonctionne: il peut être dévoyé, utilisé par les dirigeants pour légitimer par le vote populaire des décisions parfaitement réactionnaires. Ainsi par exemple dans l’état d’Oregon, il y a 20 ans, le gouverneur n’osant pas prendre la décision d’augmenter les impôts locaux pour financer le budget de l’éducation de son état s’est débrouillé (via une association proche de lui qui a lancé le débat) pour faire voter la « measure five » qui proposait de faire financer les universités de l’état par une augmentation des taxes immobilières. Tous les retraités de l’état se mobilisèrent contre cette mesure, et le non l’emporta à une très petite majorité. Effet dévastateur : Des coupures monstrueuses ont du être faites dans les budgets des universités (suppression des départements « non rentables », ceux de langues et de sciences humaines par exemple…) et les droits d’incription ont décuplé depuis pour les étudiants.

  9. Effectivement, il est dommage qu’il n’y ait pas d’alternative à Paypal pour contribuer au financement du blog.

    1. « Transbahutes tes idées comme de la drogue, petit ! Rien dans les mains tout dans la tronche !  »
      Et fait toi payer en liquide……
      Avant que tes mandats se transforment en mandats d’arrêt.

  10. « Internet, c’est la démocratie directe. Il n’y a pas de hiérarchie et tout le monde peut s’y exprimer. »

    « Tout le monde » équipé et sachant lire et écrire…..
    Soit actuellement loin d’une majorité.
    Pas de « hiérarchie » dans cette nouvelle démocratie « direct » ?

    Le fossé entre une élite ayant intégrées plusieurs langues, et tout particulièrement le langage de la programmation informatique, et le peuple de base est abyssal.
    Pas de « hiérarchie » dans cette nouvelle démocratie « direct » ?

    L’illusion du pseudo entretient la fiction du secret d’un isoloir virtuel.
    L’aveuglement du culte individualiste livre nos pauvres réseaux à l’analyse des intelligences artificielles des stratèges de tous bords, condamnant le monde civil à avoir perpétuellement un ou plusieurs temps de retard sur l’analyse de sa conscience de la perception de la réalité collective.
    Pas de « hiérarchie » dans cette nouvelle démocratie « direct » ?

    Lorsque mes posts séjournent plus d’une journée au fond de votre poubelle à spams avant que la « modération » vienne du bout des doigt les en sortir pour, après examen de leur non toxicité « conspirationniste » , le réintégrer en queue de peloton de votre excellent « forum démocratique », il n’y a pas pas de hiérarchie et tout le monde peut s’y exprimer ?

    Mais je confond peut-être démocratie « directe » et démocratie « en temps réel »……..?
    De même que « hiérarchie » et « crédibilité »……:)

    « La prochaine guerre sera une guerre de l’information »
    I licke Ike !

    1. « Internet, c’est la démocratie directe. Il n’y a pas de hiérarchie et tout le monde peut s’y exprimer. » ha? Les principaux serveurs sont…? les câblages intercontinentaux? Il y a même des agences de modération!
      De toute façon, parole n’est pas vote.
      On vote le budget par là? on paye les impôts directement par internet, çà oui.

      « Internet, c’est un isoloir virtuel. » bien vu Pierre : la polis/civis est extraction de la foule, pas plongeon dedans.
      après le débat, la réflexion.

      « Lorsque mes posts séjournent plus d’une journée » 🙂 46 heures : mon record. Faut dire, çà blablate. Peut être que comme les urgentistes, il y a un premier tri.

    2. Le fossé entre une élite ayant intégrées plusieurs langues, et tout particulièrement le langage de la programmation informatique, et le peuple de base est abyssal.

      Je crois que vous vous trompez.

      Les « élites techniques » auxquelles Fredo fait référence ne sont pas les mêmes que celles du Nasdaq. Elles restent exécutantes, même très bien payées.
      Si les héritiers sont polyglottes, les mathématiques appliquées ne sont pas un langage à proprement parler.
      La nouvelle génération n’éprouve aucune difficulté à s’y adapter. Une petite fille de 10ans a récemment découvert une faille sur un jeu pour gagner en rapidité. Personne ne lui a dit de le faire, certainement pas ses homologues masculins plus âgés. Encore moins des parents qui la préparent à des rallyes, ou à la dégustation de grands vins.

      La plupart des informaticiens – et pas seulement en programmation réseau – ont été formés en universités. Ils connaissent bien les problèmes posés par le désir de contrôle des réseaux. C’est tout simplement incompatible avec la structure et le but même d’internet. Tous y sont sensibles, et ne peuvent que souffrir du manque de souplesse du système monopolistique.
      Sachant qu’il pose les mêmes problèmes appliqué à l’économie ou à la politique.

      C’est en cela qu’internet est révolutionnaire. C’est un espace-qui-est-entre-les-hommes « où s’effectue la politique » selon Hannah Arendt. Toute intervention sur sa structure l’est aussi. Par définition. Y compris la modération des forums ou des listes. Il EST l’outil de la démocratie directe par excellence.

      Même avec un 3ème cycle HEC, les informaticiens restent des scientifiques qui n’ont appris à donner d’ordres qu’aux machines. Vous pouvez aussi vous souvenir que ce sont les premiers en France à avoir appelé à voter non à la Constitution européenne. Après avoir lutté pendant plusieurs années au sein de cette institution contre les brevets logiciels, ils étaient 200 de la même famille à avoir lancé cet appel, bien avant les autres.

      Cette famille, à laquelle n’importe qui peut appartenir avec un peu de courage et de clairvoyance, est celle qui maîtrise aussi les questions de sécurité. Parce qu’elle est passionnée, que personne ne lui donne d’ordre. Elle participe depuis le début à l’émancipation citoyenne. Il serait temps de la regarder d’un peu plus près. Monsieur Jorion est le seul pour l’instant à le faire.

    3. Bonjour Pierre,

      Marlowe pense qu’au début du XIXe siècle la critique de la religion était le fondement de toute critique.
      De nos jours, la critique de la modernité, et donc d’Internet, est le fondement de toute critique.
      Bien entendu cette critique de la religion n’avait de sens que, et seulement, si elle était reliée à la critique de l’économie politique.
      Il en est de même pour la critique du monde industriel et du progrès, critique qui inclut celle de la Gauche.

      1. Marlowe lit Marlowe, le monde n’existerait plus Marlowe lirait Marlowe, Marlowe adore la forme axiomatique, quel beau rempart pour se rêver essence de son code… enfin, ouais… tiens un peu de cette solide rêverie, dans les possédés (Dostoïevski) : « L’homme est malheureux parce qu’il ne sait pas qu’il est heureux »

      2. à sylla,

        Ellul, il y a longtemps, et Lasch depuis peu, et quelques autres. Je donne assez souvent des titres de livres et des noms d’auteurs et je ne passe pas mon temps à renvoyer à des pauvretés publiées sur l’Internet.

        A propos de la nécessaire critique de la religion en voici un extrait bien connu :
        « Et sans doute notre temps…préfère l’image à la chose, la copie à l’original, la représentation à la réalité, l’apparence à l’être… Ce qui est sacré pour lui, ce n’est que l’illusion, mais ce qui est profane, c’est la vérité. Mieux, le sacré grandit à ses yeux à mesure que décroît la vérité et que l’illusion croît, si bien que le comble de l’illusion est aussi pour lui le comble du sacré. »

        Par ailleurs, que la majorité des intervenants du blog se présentent masqués j’avoue bien volontiers que, sous son masque de détective, Marlowe trouve cela dérisoire.
        J’ai souvent donné une adresse de correspondane et une ou deux fois j’ai donné mon nom et parlé sincèrement de moi.

        à roma,

        Il est bien vrai que Marlowe ne lit pas roma.

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