LA VIE VA, par Jean-Pierre L. Collignon

Billet invité

La vie va ! Comme aime à le dire une mienne amie. Cette formule, on peut la prendre pour une manière de fatalisme ou comme l’expression de la banale surprise que constitue le fait d’être tout simplement au monde. La vie va ! Pour chacune et chacun, autour de chacun et de tous, oui, elle va, la vie et elle continue d’aller, il ne peut pas en être autrement. Il y a ces petits et gros scandales, qui font un petit bruit dans le vacarme dominant ; il y en a qui s’offusquent, qui hurlent et trépignent devant l’inaction des pouvoirs publics devant la misérable condition faite à ces gens, hommes, femmes et enfants venus d’ailleurs, expulsés d’un hall de gare vers un jardin public et pour qui, sûrement, la route risque encore d’être longue.

Il y a ces gens qui vont et viennent de nulle part et puis, les milliers d’autres qui savent où aller, qui ont leurs repères assurés, un toit où s’abriter et se réchauffer et qui devant le spectacle désolant de cet abandon, détournent le regard, pensent très vite à autre chose, se dépêchent pour aller chercher leurs gosses à l’école, rentrent chez eux préparer le souper ; et puis s’endorment devant leurs téléviseurs. Et moi, quand je me balade en ville, je me fais arrêter tous les cinquante mètres par des types dépenaillés, qui me demandent une pièce, ou une cigarette. Souvent je m’arrête, je sors de ma poche ce que je peux, je roule une clope et je l’allume pour celui-ci ou cet autre. Parce que sa mine me fait pitié. Et parfois, oui, parfois ils m’énervent, il y en a trop, je peux pas vider mes poches à chaque fois, je ne roule pas sur l’or, non plus, loin s’en faut.

Alors, oui, des fois j’envoie promener d’un geste vague de la main et j’ai un peu honte. Et je me dis qu’il faudrait tout de même faire quelque chose ; mais quoi faire et qui pour le faire, ce quelque chose ? Quelque chose pour ces gens, et pour d’autres encore. Qui, quoi, comment, quand et puis où on va, c’est quoi ce mur, dressé devant nous et qui paraît si énorme ? C’est quoi ce sentiment que décidément les choses tournent de moins en moins rond, qu’il y a là, dans tous les domaines, à tous les étages, d’énormes grains de sable qui font que la machine a des ratés et qu’il n’y a plus personne aux commandes. Oui, le monde est une machinerie gigantesque qui tourne à vide, sans buts, sans perspectives autres que celle d’une chute qui va s’amplifiant. Un peu comme un grand navire entouré de récifs de toutes sortes et qui aurait été abandonné par son commandant et tout l’équipage, laissant les passagers livrés à eux-mêmes.

Nous sommes, nous les gens, nous les peuples les passagers d’un merveilleux vaisseau en perdition qui s’appelle La Terre. Et ce vaisseau n’a plus de gouvernail, il n’y a pas de canots de sauvetages, pas une seule bouée et le quitter est impossible, il n’y en a pas d’autre sur lequel embarquer. A bord, des voix s’élèvent, qui disent qu’il faut inventer d’autres manières de naviguer, qu’il est urgent de reprendre possession des commandes et guider le vaisseau vers d’autres eaux. Mais ces voix ne portent pas assez loin et la foule des passagers, indifférente, admire l’étendue des flots ou bien se distrait de mille façons, insouciante et dissipée. La foule ne voit pas au-delà du bastingage et pas plus haut que la voilure qui touche les nuages lourds de menaces. La foule ne voit pas les fissures de la coque, ne sait pas que le navire est sur le point de heurter les rochers à fleur d’eau, ne veut pas voir que le naufrage est proche et inéluctable. Au bout du compte et tout bien pensé, la foule est peut être dans le vrai. Il importe peut-être finalement assez peu que la farce de ce siècle naissant se mue en une gigantesque dissolution des anciens repères. Puisqu’il paraît de plus en plus évident que plus personne n’assure les commandes du bateau fou, qu’il aille vers des rivages encore inconnus ou qu’il sombre dans les abîmes, tout cela finalement est de peu d’importance.

On sait que les civilisations sont mortelles et celle-ci n’échappe pas à la règle, malgré ses immenses et ridicules prétentions à durer toujours. J’envie et je salue ici celles et ceux qui, en leurs jardins, écoutent les légumes pousser et cajolent la vie dans toutes ses manifestations. Sûrement, ils sont dans le vrai ; puisque la vie, sous toutes ses formes, conduit à la mort, toujours et irrévocablement…

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231 réflexions sur « LA VIE VA, par Jean-Pierre L. Collignon »

  1. 1- je veux bien offrir à Dieu mes souffrances , mais j’aimerais bien savoir ce qu’il en fera .

    2- La vie ( dont celle des civilisations ) est trop courte pour attendre que nos aînés ne soient plus dans la carrière avant d’y entrer .

    3- Ma mort sera le dernier de mes soucis .

    4 et in extremis : L’avenir n’est à personne . La vieillesse nous appartient .

    1. @ Tim K

      Ça commence très fort dès la première seconde : « Une société qui n’est pas composée de personnes n’est pas une société ».

      C’est une pièce de musée, bravo l’artiste.

      1. Le plus fort, c’est qu’il a raison, sans le savoir.Les sociétés anonymes à responsabilité limitée existent elles ?

        « Une société qui n’est pas composée de personnes n’est pas une société ».

    2. Enorme, merci Tim K, depuis la mort du regretté Raymond Devos, je ne savais pas qu’il avait trouvé un successeur…Qques perles m’ont vraiment bien fait marrer, à gorge déployée.Toutefois, je trouve le type plutôt sympathique et bien inoffensif, son langage débonnaire et sa chemise mal repassée, m’indiquent qu’il devrait lui aussi trouver sa dulcinée pour la chérir comme une matière première(cqfd), voilà une vraie valeur, n’est ce point ?!

      Merci encore.

    3. Waouhh!! Ça vaut son pesant de cacahuètes.

      J’ai tout particulièrement aimé son : Concevoir des enfants, mâles ou féminins, enfin… enfin… disons un peu de tout… Le « un peu de tout » me laisse perplexe. M’aurait-on caché quelque chose sur l’existence d’un 3ème sexe?

      A noter aussi l’apothéose finale avec : revenir à des notions primaires comme les valeurs du couple… et j’aime beaucoup cette phrase : pour le meilleur et pour le pire…
      Côté « primaire », on ne lui donnera pas tort ; c’est en effet très primaire. Par contre, « pour le meilleur », on y est pas encore.

      Avec un tel olibrius, les blagues belges ont un bel avenir.

      1. Content de vous avoir fait voir du paysage, mais je ne voudrais pas qu’on manque de respect à cette personne.
        J’ai écouté religieusement certaines des ses « conférences ». 🙂

      2. Si vous voulez rire un peu, je vous recommande celle-là sur « l’éloge de l’élitisme » :

        http://www.youtube.com/user/The290967?blend=3&ob=5#p/u/44/CK4lvy62EqA

        Trône royal, chemise mao, cheveux gominés, notre « intellectuel » gourou de service se prend pour l’élite philosophique. 🙁

        Dans une autre video, j’ai noté cette phrase à la beauté sidérante, à la logique implacable et à la haute pertinence : les péripatéticiennes ont une importance très importante car elles permettent de subvenir aux besoins fantasmagoriques des débiles.

        Merci Tim K pour cette magnifique découverte. Paul Jorion a maintenant un sérieux concurrent.

      3. @ Tim K

        J’ai écouté religieusement certaines des ses « conférences ».

        Vous êtes sérieux??

        C’est pas vous tout de même? 😉

      1. Scoop, ce grand penseur va sortir : « Devenir gourou pour les nuls » !
        Il est trop, ce type. Je croyais notre duc J. indépassable, mais là il a trouvé son maître !

      1. Faut voir aussi la vidéo « L’exportation des conditions de travail » et toutes les autres. Je n’ai pas de mots. La crise a trouvé son homme.
        Des traders comme lui il en faudrait beaucoup plus ! 🙂

    4. TimK,
      Quelle pépite. J’en pleure encore.
      Mais au moins voilà un monsieur qui prend soin de la qualité de ses vidéos, lui. Point de contre plongées hasardeuses, de lieux improbables, de voix d’outre tombe et de pull marin outrageusement décontracté.

      1. Octobre,
        Ma critique des vidéo de Paul était peut être trop primaire.
        C’est que j’étais sous le coup de l’injonction du gourou que nous a fait découvrir Tim K . « il faut revenir à des valeurs primaires »!

      2. Roooo! Ca, je n’aurais même pas osé! 🙂

        Mais disons que pour le fond, y’a Jorion! Même si la forme est parfois hasardeuse.
        Et que pour le super fond, y’a ce Monsieur car il est en super forme! 😀

      3. Arnaud,
        OK. Et tant mieux si la moitié de ma réponse est passée à la trappe de la modération. J’avais pas capté ce genre d’humour. 😉

  2. Ce symphatique billet m’inspire les observations suivantes.
    Cette vision du monde sous forme de vaisseau en perdition est d’autant plus juste qu’elle se vérifie à chaque instant et sous de multiples formes sur le terrain.
    Par exemple au sein des grandes entreprises, des grands groupes et leurs filiale.
    Les dirigeants et cadres ont les yeux rivés sur les statistiques informatiques, et pondent des directives, des notes, des mails, des jeux en ligne (!) pour distraire les consciences …
    Complétement coupés de la réalité concrète des clients et des salariés; ils gèrent pour le meilleur taux de profit.
    Forcément optimistes, ils surfent , via internet, sur la houle déchaînée qui fracasse le navire.
    Sur ce bateau qui coule lentement mais surement, piloté à distance par un management de salon, il s’agit en tant que soutier de ne pas sombre , de lutter pour garder la tête hors de l’eau.
    Présion importante, la plupart des planches de l’embarcation sont pourries.
    C’est pourtant aussi ici que nous devons agir et vaincre la pieuvre qui nous menace.

  3. La vie va !

    C’est le monde qui va ainsi, tel que vous le dépeignez.
    Vous avez des raisons compréhensibles d’en souligner les effets néfastes.
    Cependant, la vie en elle-même est belle.

    Elle est abondance, joie, imprévisible et immuable.
    Juste à retrouver le sens du sacré en toute chose.
    Reconnaitre et sentir la bonté et la beauté fondamentale qu’elle nous offre, à travers toutes ses manifestations.

    A travers celles-ci, la vie nous invite à abandonner toutes résistances.
    À aller dans le sens de son courant, pas celui des horreurs que le monde des hommes produit.
    Vous avez une vision bien pessimiste, celle du monde, pas celle de la vie qui pour ma part, est tout autre.

    … puisque la vie, sous toutes ses formes, conduit à la mort, toujours et irrévocablement…

    Nos vies – le monde temporel dans lequel nous vivons – sont faites de petites morts afin de renaitre à partir de leurs cendres.
    Si nous ne l’acceptons pas en nous affligeant des pertes, comment de nouvelles conditions pourraient-elles advenir ?

    La vie est abondance.
    Rien ne meurt, tout se transforme, tout ce crée.

    Nous vivons une période révolutionnaire formidable.
    Une nouvelle civilisation à inventer.
    De cette impatience à la voir émerger ne nous permet pas à dresser le tableau noir de la précédente, si nous ne voulons pas nous exposer aux effets et aux conséquences d’une telle attitude.
    Car ce à quoi l’on résiste persiste, contribuant ainsi à faire perdurer ce que l’on combat et à retarder la création d’un monde meilleur ou de toute autre aspiration même les plus folles, celles qui crient en chacun d’entre nous et que l’on appelle de nos vœux, à être manifestes.

    Franchir le pas de sauter dans l’inconnu avec confiance, c’est oser découvrir les ressources insoupçonnées qui sont en nous et de vivre la magie qui s’opère dans l’inattendu.
    Le principe de la vie est toujours à l’œuvre.

    Bien et bon toujours et que l’on ne se fasse un monde de rien.
    Tout est déjà parfait.

  4. « Oui, le monde est une machinerie gigantesque qui tourne à vide, sans buts, sans perspectives autres que celle d’une chute qui va s’amplifiant. Un peu comme un grand navire entouré de récifs de toutes sortes et qui aurait été abandonné par son commandant et tout l’équipage, laissant les passagers livrés à eux-mêmes. »

    1. Ah bon ? Il n’en a pas toujours été ainsi depuis que ce bon vieux singe mal dégrossi a pris les commandes ?

      1. Qu’elles sont belles ces images, tout-à-fait adéquates pour illustrer une forme de « vie qui va » depuis au moins 36.000 ans, avec des bouleversements de surface et des lames de fond intangibles.
        C’est un peu triste de se dire qu’on mourra dans les décennies qui viennent et qu’on ne connaîtra pas la suite de l’épopée humaine.
        Soit, et puisque comme nous le dit Raymond Lesveque « Dans la grande chaîne de la vie, Où il fallait que nous passions, Où il fallait que nous soyons, Nous aurons eu la mauvaise partie, comme les Aurignaciens inconnus auteur des peintures rupestres, essayons de tenir dignement notre rôle en nous disant que, peut-être, « quand les hommes vivront d’amour, Il n’y aura plus de misère, Peut-être songeront-ils un jour A nous qui serons morts mon frère… »

      2. Amour. Avec ce mot, on explique tout, on pardonne tout, on valide tout parce que l’on ne cherche jamais à savoir ce qu’il contient. C’est le mot de passe qui permet d’ouvrir les cœurs, les sexes, les sacristies et les communautés humaines. Il couvre d’un voile prétendument désintéressé, voire transcendant, la recherche de la dominance et le prétendu instinct de propriété. C’est un mot qui ment à longueur de journée et ce mensonge est accepté, la larme à l’œil, sans discussion, par tous les hommes. Il fournit une tunique honorable à l’assassin, à la mère de famille, au prêtre, aux militaires, aux bourreaux, aux inquisiteurs, aux hommes politiques.
        Éloge de la fuite – Henri Laborit

      3. @octobre, amusant comme Laborit ne parle à personne sur ce bloog. Un silence qu’on devine géné et en fait… génant… Nous avons pourtant des « scientifiques » aux commandes… et non des prêtres…

      4. @ octobre
        Il y a très longtemps que j’ai lu Laborit, pas tout.
        Suis assez d’accord avec l’auteur mais rien n’empêche d’aller plus loin.
        Si le mot »‘amour » est galvaudé il faudrait qu’un anthropologue se penche sur la question.
        Pour moi qui ne suis …logue en rien, l’amour c’est lorsque grâce à l’autre on devient plus que soi.

  5. La dette, on y prend goût ! Depuis qu’on m’a confié une carte, je la fait chauffer, et m’endette allègrement. C’est « cool », c’est sympa. La femme devant moi pareil, « En dix fois madame s’il vous plaît ». Voilà mais je contribue au PIB, donc tout est bien… acheté le très beau livre sur Giorgione, chez Actes Sud, que je voulais depuis l’année dernière….. p 11 :

    « Tout est à la fois plus simple qu’il n’y parait et trop enchevêtré pour paraître compréhensible », disait Goethe.

    Aujourd’hui me suis souvenu que lors d’une exposition au petit palais, il y a une éternité, alors que j’étais absorbé dans la contemplation de la « Tempête », une jeune femme s’était glissée à côté de moi tout près, pour m’épier… m’y attendais pas et fut surpris ! méprise 🙂 … C’était une autre époque.

  6. J’envie et je salue ici celles et ceux qui, en leurs jardins, écoutent les légumes pousser et cajolent la vie dans toutes ses manifestations. Sûrement, ils sont dans le vrai ; puisque la vie, sous toutes ses formes, conduit à la mort, toujours et irrévocablement…

    Voilà , au mois de juin 2012 ce que je vais faire, quitter mon appart f4 en location à 430€ le mois sans les charges …
    Quitter mon boulot payé presque au smic pour des petits boulots …
    Partir avec ma famille de 5 personnes pour un maison en creuse 2 pièces sans confort …
    mais avec du terrain à cultiver … pour voir mes jolis légumes pousser …

    amicalement

    1. Avant de vous installer en Creuse ou dans le Limousin en général, je vous conseille deux choses:

      1: bien se renseigner sur les zones présentant un danger radioactif (radon et déchets des mines d’uranium)
      http://atomicsarchives.chez.com/limou_radioac.html
      http://www.irsn.fr/FR/base_de_connaissances/Environnement/radioactivite-environnement/radon/Pages/4-Campagne-nationale-mesure-radon.aspx

      2: consulter les cartes géologiques (il y a des coins où il y a des terres vraiment pas faciles pour un jardin)
      http://www.geoportail.fr

      1. La carte géologique ne sera d’aucun secours pour savoir si le jardin va donner ou pas. Le mieux est d’aller voir sur place, regarder les jardins des vieux, voir les vents dominants, l’exposition, l’altitude. Une serre est indispensable en climat froid pour rallonger la saison de quelques semaines/mois…

        Force et courage!

      2. @ jideq
        Les deux approches ne sont pas antinomiques. J’ai assez d’expérience de terrain pour savoir que la nature de la couche de terre arable est dépendante aussi de la nature du substrat. Les cartes pédologiques sont aussi très pertinentes. Pourquoi toujours vouloir opposer une méthode à une autre plutôt que d’essayer de tirer parti de chacune d’entre elles ? A part de dire c’est moi qu’ai raison.

      3. Pour le nucléaire:
        merci, pas de souci de ce coté là en pays de combraille 😉

        pour le jardin
        un petit stage en permaculture, m’a permis de bien cerner les besoins 😉
        j’ai aussi une formation horticole ça aide 🙂

    2. Je tiens a te saluer pour ce « pas de coté » que peu osent faire . Tu fais le bon choix : Dans ne chute , ce qui importe c’est la hauteur ce celle ci ..Essaie de conserver un pied dans le système (le gauche , ça porte chance) , tant qu’il te tolère .

    3. @galapiat,je suis creusois d’origine,meme pendant les grandes famines la creuse a beaucoup moins souffert que la moyenne nationale,excellent choix magnifique region

  7. Pour parler de choses pertinentes, des nouvelles de la « révolution » tunisienne…
    http://www.lepoint.fr/monde/tunisie-le-systeme-ben-ali-est-toujours-la-27-09-2011-1378062_24.php
    «  »Ennadha se déclare favorable aux droits que les Tunisiennes ont acquis depuis l’indépendance », signale Said Haddadi, qui a pu s’entretenir en mars avec plusieurs membres du parti islamiste. « Il a ainsi désigné plusieurs femmes sur ses listes. » Cela ne convainc pas Lina Ben Mhenni, qui avertit : « Ennadha pratique le double discours. Pendant qu’ils affichent une certaine modération dans leurs programmes et dans les médias, ils diffusent un tout autre discours dans les mosquées. Lors de la prière du vendredi, ils louent la polygamie et appellent au meurtre des laïcs, qu’ils considèrent comme des athées. » »

    Du FN à la mode religieuse, en gros.
    Quoique… le racisme est une forme certaine de croyance, quand on démonte leur piètre « discours ».

    Allah modération : merci de ne pas glisser d’hypothétique-ment dans mon commentaire. Merci.

    1. Salut Yvan,
      Sur ce point là on est bien d’accord 😉
      Et il faudrait évoquer le cas de l’Égypte…

      « Les premières élections législatives en Egypte depuis la chute du président Hosni Moubarak commenceront le 28 novembre prochain. L’enjeu est de taille car le futur parlement égyptien sera chargé de rédiger une nouvelle constitution pour le pays.Une dizaine de partis sont dans la course, sauf que tous ne jouissent pas de la même aura dans la société égyptienne. La campagne et les résultats des Frères musulmans, décrit comme le mouvement le mieux organisé d’Egypte, seront également suivis de près. La confrérie a formé son propre parti, « Liberté et Justice », pour pouvoir se présenter en tant que formation politique, mais a promis de ne présenter de candidatures que pour la moitié des sièges en lice. Selon un sondage publié en début de semaine par la Mena, 35% des Egyptiens disent soutenir la confrérie islamiste. »

      Même si je pense toujours que:
      « Les révolutions ne se font pas forcément contre les religions comme ce fut le cas en France, elles peuvent s’appuyer sur de nombreuses croyances collectives qui permettent de penser la société. Or l’islam n’est pas qu’une religion, c’est également un droit (au sens juridique), c’est un projet de société autant qu’une philosophie de vie. La Révolution française s’est faite contre le catholicisme car celui-ci était structurel au pouvoir de l’Ancien Régime, alors rejeté. A l’inverse, dans la plupart des pays musulmans, le pouvoir aujourd’hui ébranlé s’affichait comme un rempart au développement d’un islam politique. Il serait donc assez naturel que des partis islamistes émergent des conditions actuelles pour proposer de participer à une reconstruction. Inutile de préciser que la possibilité d’une démocratie sur la base d’une république islamiste – par exemple – ne peut être jugée sur la seule base des réalisations historiques ou contemporaines. Il est important pour l’Occident de réaliser et d’admettre que la modernité des peuples arabes (pour ne citer qu’eux) puisse être établie sur une base religieuse et que cela ne sera pas forcement antagoniste avec le progrès social et technologique, la démocratie et l’état de droit. »
      http://www.pauljorion.com/blog/?p=21533

      1. Guillaume, je ne connais pas l’Egypte.
        Mais je suis assez surpris au niveau de la Tunisie. Car pour avoir voyagé un peu dans le pays, et pas en statut de touriste, l’habillement des femmes est largement orienté vers la mode occidentale. Par contre, sans les débordements que nous connaissons.
        Je ne pensais donc pas que l’Islam avait une telle prise.
        Notes, d’où leur discours politique complètement hypocrite digne, là, d’un politicien occidental…

  8. Houlà! 3 solutions possible pour accélérer le mouvement:
    – le gaz, mais c’est explosif, vous croyez partir tout seul et c’est l’immeuble entier qui s’écroule avec l’interview de la concierge rescapée sortie des gravats par les pompiers avec son chat dans les bras ( TF1 adoooore )
    – la corde, mais paraît t-il, c’est assez douloureux si on n’a pas assez d’élan ( prévoir du mou, pour rompre net le kiki, sinon on gigotte pendant d’interminables minutes )
    – la noyade, bien, sauf si un Terre Neuve passant par là se prend l’idée d’aller vous sauver, ridicule assuré pour le désespéré sorti dégoulinant d’eau vaseuse et médaille du dévouement pour le sauveteur d’un jour qui aura sa bobine dans la rubrique locale, à côté de la pêche miraculeuse du retraité dans le canal ( pensez une carpe de 35 livres…prise au ver sur du 25/100°)
    – le pétard ( excusez, l’arme à feu ) délicat à manier, la preuve, le nombre de suicidés qui ont du s’y prendre à deux fois, et dans la nuque ( c’est plus radical )
    – reste la méthode lente, la plus sûre: attendre paisiblement que ça arrive et entretemps en profiter,
    La vie est belle NDD!

    1. Cette interview d’Alessio Rastani, présenté comme un trader indépendant, a été diffusée lundi par BBC News et a fait l’objet d’un « buzz » important sur Internet, plus de 360.000 personnes l’ayant visionné. La BBC a assuré avoir mené une enquête détaillée confirmant qu’il ne s’agissait pas d’une usurpation.

        1. Hoax ou pas hoax ? Rien n’est établi, la BBC s’étant déjà fait piéger une fois, rappelle le Guardian.

      1. moui…Andy (membre des Yes Men) s’étant fait passer pour un représentant de Dow annonçant le dédommagement des victimes de Bhopal…(le tout dans un studio de la BBC à Paris).

        A voir dans leur excellent film the Yes Men fix the world ! (hilarant, pardon je suis fan)

      2. ben pas hoax, le démenti des Yes Men sur leur site :

        « We’ve never heard of Rastani. Despite widespread speculation, he isn’t a Yes Man. He’s a real trader who is, for one reason or another, being more honest than usual. Who in big banking doesn’t bet against the interests of the poor and find themselves massively recompensed–if not by the market, then by humongous taxpayer bailouts? Rastani’s approach has been completely mainstream for several years now; we must thank him for putting a human face on it yesterday. »

        http://www.yeslab.org/rastani

      3. Et pour finir, le gars admet dans une itw au Daily Telegraph que le trade est un hobby et pas son métier et qu’il aime juste être « le centre de l’attention ».
        Donc demain, le propos sera de dire : « ce type est un fake, il n’a aucune légitimité, c’est pas un trader et surtout FAIRE OUBLIER tout ce qu’il a déclaré ».
        Cela s’appelle un contre-feux opportun.
        La crédibilité de la old lady va encore en prendre un coup…
        (François, cette histoire est définitivement à mettre en lien avec le dernier bouquin de Ramonet, est-ce que tu l’as lu ?)

        http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/8792829/BBC-financial-expert-Alessio-Rastani-Im-an-attention-seeker-not-a-trader.html

      4. Question: Qui a le pouvoir ?
        Réponse: Goldman Sachs ….
        ( WS « Inside Job »)

        Au plus, M. Draghi (ex Goldman Sachs) sera à la tête du BCE ..
        Le pouvoir économique écris les discours des politiques
        Le G 20 = 20 pays pour une crise mondiale,
        L’antithèse de la démocratie !

  9. J’ai été très sensible au fait de (re)lire ici ce que l’on oublie trop souvent : les civilisations ne sont pas éternelles (ni même perpétuelles ;)). Dans « le capitalisme à l’agonie », Paul Jorion l’a soutenu, et c’est alors que j’ai pris conscience que l’effondrement de notre civilisation était très plausible, Ce ne sera pas la 1ère fois… ni sans doute la dernière fois qu’une civilisation disparaitra. Je suis frappé du si peu de gens qui ont suffisamment d’humilité pour accepter cela. Pas vous ?

    1. Dans la vie ordinaire il est fréquent qu’on fasse abstraction de quelque-chose qu’on sait inévitable parce que ça aide à vivre dans l’intervalle. Quand on fait partie de l’entourage on tient compte de cette attitude (exemple: diagnostic médical exprimé à mots couverts permettant de savoir mais de faire comme si on ne savait pas.)

      Quand ce qui est en jeu ne concerne pas une seule personne mais l’ensemble d’une communauté les choses sont souvent moins claires parce qu’il y a le plus souvent des gens qui préfèrent dire les choses telles qu’elles sont même s’ils se voient pour cette raison marginalisés ou exclus du groupe auquel ils appartenaient. Ça n’empêche pas forcément le groupe en question de continuer à « faire comme si »! (Je pense par exemple à Mélenchon qui a quitté le PS, à Montebourg qui y est resté et au PS qui continue à faire comme si il n’y avait pas d’alternative à l’Europe telle qu’elle est organisée par ce qui lui sert de constitution.)

      Pour ce qui est de l’individu il y a des psychologues qui ont étudié la question et proposé des explications, pour ce qui est des groupes je ne sais pas si les sociologues s’en préoccupent.

      Ceci dit, pour participer à une guerre et s’y comporter en héros il n’est pas nécessaire de croire que la victoire est possible.

  10. La Vie est une succession de morts-naissances ! Chaque jour des milliards de cellules de ton corps naissent, d’autres meurent ! Voyez la chute des cheveux, puis d’autres repoussent ! Vaincre ses peurs, ses angoisses, tel est le chemin pour accéder au monde nouveau : il EST Présent ! Vous ne le voyez pas car vos yeux sont encore tournés vers le passé. Quand le Titanic a coulé il y a avait encore de la place dans les embarcations ! Il y a eu pourtant des rescapés ! savaient-ils vraiment s’ils allaient être récupérés dans le froid glacial de l’océan ? Vous vous attardez sur ce qui ne fonctionne plus mais en fait nos modèles institutionnels sont pour la plupart périmés. Ce n’est pas tant qu’ils fussent erronés dans leur conception ! Mais l’Homme dispose d’une parcelle du Divin et vous en avez tenté d’en faire une marchandise, de le prostituer ! Toute la Création n’est pas au service du mensonge institutionnalisé ; toutes vos réflexions les plus pertinentes voire géniales depuis disons Marx l’ont exprimées. Le Mur de Berlin est tombé et alors ! Que s’est-il passé ? Dans ton coeur se trouve la réponse ! non dans tes chimères …

  11. Si vous préférez écouter le billet de Jean-Pierre plutôt que de le lire, vous trouverez le podcast de l’émission dans laquelle il a été lu par son auteur ici.

    1. Super, depuis qu’on l’avait bazardé du samedi à 14h00, je croyais devoir me passer de l’indispensable (monsieur Jean-Pierre). Et voilà que je découvre que ressuscité de je ne sais quelles cendres, il opère le dimanche soir. Joie!

  12. Merci Monsieur JP de nous faire partager vos désespérances du dimanche agrémentées d’un zeste de plaisir simple. On se sent un peu moins seul(e).

    1. Si ce n’est pas un canular, voilà enfin un trader honnête, un qui dit honnêtement que son but est de se faire un max de fric et que peu lui mporte les conséquences de ses interventions en Bourse .

      Se faire un max de fric, c’est bien le but que poursuivent tous les traders et les spéculateurs, non ?
      Mais les autres font semblant d’avoir une éthique alors qu’ils spéculent à la hausse comme à la baisse les cours des matières premières et des récoltes, sans se préoccuper des famines et des guerres qu’ils provoquent .

    1. Sylvestre Huet publie sur son blog de Libération le compte rendu des mesures et analyses rapportées par l’IRSN sans y apporter sa propre contribution critique, ce qui laisse à croire qu’il endosse ce point de vue. Drôle de manière de concevoir le journalisme…

      1. Oui, cela ressemble à un ‘digest’ du rapport de l’IRSN …

        Seul passage à mon sens ‘analytique’ :
        « En résumé : il ne faut pas oublier que si les contaminations des produits agricoles semblent « gérables » à condition de surveiller de manière très stricte certains produits (champignons cultivés, certains fruits qui peuvent montrer des taux très élevés, ainsi que le gibier et les champignons sauvages), c’est d’abord et avant tout parce que la zone la plus contaminée autour de la centrale n’est plus cultivée et que les animaux qui y étaient ont été abattus (ou sont morts de faim) et non consommés. Autrement dit, il faut se garder d’une vision trop « optimiste » du sujet en se référant aux seules contaminations existantes. »

        Mais ‘dont acte’, semble-t-il.
        A moins qu’il n’ait prévu un article ‘à suivre’.

        Toujours est-il que la simple vision des cartes tâchetées me fout la trouille
        (je dois avoir des problèmes psy avec les tâches en ce moment, résurgence en rapport sans doute à mon excès de maniaquisme dû à mon enfance introvertie, passée au contact des puissances telluriques au fin fond de la cave lors de mes retraites spirituelles qui m’ont permis d’aborder des lectures très diverses, … 11’53 »)

    2. En termes scientifiques, Le Becquerel (Bq) c’est le nombre de désintégrations, ou le nombre d’atomes, qui disparaissent en une
      seconde.
      C’est une unité très petite qui a remplacé le Curie, unité très grande puisqu’elle représente le nombre de désintégrations, par seconde, dans un gramme de radium ; c’est-à-dire 37 milliards de désintégrations.
      Autrement dit : 1 Curie = 37 milliards de Becquerels.
      Exemple : le corps humain est le siège d’environ 10 000 désintégrations par seconde -soit 10 000 Becquerels – dues aux isotopes radioactifs du potassium (K 40) et du carbone(C 14).
      Cette unité ne préjuge en rien de la nocivité des rayonnements émis au cours des
      désintégrations. Pour cela, il faut deux unités supplémentaires : le Gray et le Sievert, du nom de physiciens étrangers ayant travaillé dans la physique nucléaire.
      Le Gray (Gy)
      C’est l’unité d’énergie que cède le rayonnement, ou les particules, en traversant la
      matière : soit 1 joule par kilo.
      Il existe une sous-unité : le Rad qui vaut un centième de Gray ou 1 Gray = 100 Rad.
      Mais à énergie égale, la nocivité dépend également de la nature des rayonnements oudes particules.
      D’où l’unité suivante.Le Sievert (Sv)
      Pour tenir compte de la nocivité relative des rayonnements, il faut faire intervenir un
      facteur Q qui sera attribué à l’unité d’énergie, c’est-à-dire le Gray.
      Ainsi pour les rayonnements béta, gamma, X durs, Q = 1. Ou si l’on veut 1 Gray de ces rayonnements égale 1 Sievert.
      Pour les X mous, Q = 3. Ou 1 Gray de X mous égale 3 Sieverts.
      Pour les neutrons rapides et les protons Q = 10. Ou 1 gray de ces particules égale 10 Sieverts.
      Très souvent on utilise un sous-multiple : le millisievert, ou mSv (un millième de sievert).
      La sous-unité équivalente au Rad est alors le Rem ; 1 Sievert = 100 rem.

      Pour vulgariser les différentes unités, on peut faire la comparaison suivante : la
      source de radioactivité sera un pommier et un dormeur fait la sieste sous ce pommier, dont les pommes commencent à tomber.
      – le nombre de pommes qui tombent,dans l’unité de temps, c’est le Becquerel.
      – les pommes acquièrent plus ou moins de vitesse suivant la hauteur de
      leur chute, et l’énergie transmise sur le dormeur, au pied de l’arbre, c’est le
      Gray.
      – les pommes sont plus ou moins grosses, plus ou moins mûres, elles tombent sur des zones plus ou moins sensibles (les yeux, la tête, les pieds) c’est l’équivalent du Sievert.

      Le ver est dans la pomme…

      1. Très bonne vulgarisation, Papillon. Juste le terme désintégration qui est faux. Il s’agit de fission. D’où le terme de matériaux « fissibles ».
        Et le résultat donne des mutations, soit des éléments qui n’étaient pas initialement « présents », mais résultent des éléments initiaux transformés et de l’instabilité interne.
        Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

      2. @Yvan
        Non non, papillon a bien raison. Le terme « fission » n’est employé que lorsque un neutron rencontre un atome fissile, comme l’Uranium 235 (Bon, en réalité, le neutron est absorbe par le corps fissile pour former un corps instable qui va se désintégrer). Dans le cas des isotopes radioactifs qui se désintègrent « naturellement » (Comme l’Iode, le Cesium) le terme de désintégration est le bon.

        @Francois Leclerc et Zebu
        Reste a attendre l’analyse de Greepeace, qui nous dira que la moitie de la population japonaise va mourir en 2 ans. Entre les deux, on sera bien avancé 😉 J’espère en tout cas que, le cas échéant, vous serez aussi critique vis-a-vis de l’analyse journalistique.

        Attendons surtout les effets réels sur le plan sanitaire de la catastrophe…

      3. @ Reiichido :
        « Attendons surtout les effets réels sur le plan sanitaire de la catastrophe… »

        On risque d’attendre longtemps, vous et moi, alors.
        Parce que les cancers, c’est pas immédiat.
        Et comme pour Tchernobyl, on dira que l’augmentation des cancers n’est pas ‘directement’ imputable à la catastrophe. Et on trouvera toujours des scientifiques pour venir nous déclamer que non non, ma bonne dame, scientifiquement, on ne peut pas ‘corréler’ exactement les deux phénomènes et qu’en conséquence, seuls YY cas le seront, sur les XXXXXX cas recensés.
        As usual.

        Si c’est ça que vous souhaitez attendre, bon courage …

      4. Reiichido,
        Vous portez vous volontaire pour aller tester les réels effets sanitaires sur place?
        Un petit cottage dans la ville de Namie?
        Nous serons patients rassurez vous, prenez votre temps.
        Le thermomètre humain c’est quand même un beau concept!

    3. Je rappelle l’existence de ces deux blogs, dont l’auteur est bilingue anglais(américain)-japonais. Mais j’ai mes doutes, le contenu et le ton sont parfois passablement différents de l’un à l’autre :

      http://ex-skf.blogspot.com/

      http://ex-skf-jp.blogspot.com/

      …évidemment l’auteur (les auteurs) affirme(nt) clairement son (leur) pessimisme et son (leur) mépris vis-à-vis du traitement de la crise ; c’est un blog quelque peu orienté. Mais dans la mesure où il rapporte des faits, étayés par des articles précis, c’est une mine…

      …toujours plus utile que http://enenews.com/ , excessivement alarmiste et qui laisse souvent passer tout et n’importe quoi.

      En ce moment, au Japon, on vit sous la menace renouvelée d’une nouvelle explosion d’hydrogène (avec dégagements radioactifs massifs)… c’est-à-dire que cela n’a l’air de perturber que 1 % des Tokyoïtes !

  13. LAISSE CIORAN DEPLORER, SON TALENT N’A D’EGAL QUE SON INSIGNIFIANCE !

    Non ! « La vie ce n’est pas les petits et gros scandales, l’inaction des pouvoirs publics, ces gens qui vont et viennent de nulle part et les milliers d’autres qui savent où aller, puis s’endorment devant leurs téléviseurs ».
    « Le monde est une machinerie gigantesque qui tourne à vide, sans buts, sans perspectives autres que celle d’une chute qui va s’amplifiant « ? Non !
    « Le vaisseau «Terre» n’a plus de gouvernail, il n’y a pas de canots de sauvetages… Non !
    On sait que les civilisations sont mortelles » ? Et alors ?
    « Je salue ici celles et ceux qui, en leurs jardins, écoutent les légumes pousser et cajolent la vie dans toutes ses manifestations ». Ce n’est pas sérieux !
    « Sûrement, ils sont dans le vrai ; puisque la vie, sous toutes ses formes, conduit à la mort, toujours et irrévocablement » – FAUX !

    Le spectacle de la création est un sujet d’émerveillement permanent et gratuit offert à tous.
    La capacité donnée aux hommes de transmettre de génération en génération les acquits intellectuels n’est pas un sujet d’émerveillement ?
    Constater que l’animal humain a la capacité de dépasser ses intérêts personnels pour porter sans raison son attention sur autrui tant que la science ne nous prouve pas que les phéromones en soient à l’origine.
    Cela dit, si nous jugeons que rien ne va, c’est sans doute que nous le constatons mieux que dans le passé.
    Si le mensonge semble institutionnel, c’est que nous sommes en mesure de voir que le mensonge a toujours existé.

    Même si ça va tanguer très dur, j’aime mieux vivre aujourd’hui un temps d’émergence des vérités, plutôt que celui de la guerre d’Algérie où, 60 ans après, on commence à se demander si son histoire va devoir être totalement réécrite, si l’on veut cesser de mentir à nous-mêmes.

    htt://www.legueduyabboq.blog.lemonde.fr

  14. – Le rôle des élites est toujours celui joué par l’orchestre du « Titanic », à toutes les époques ; il consiste à bercer les passagers de première et de seconde classe. Et l’institutionnalisation de l’élite, au cours des derniers siècles, est un très mauvais signe, car il est difficile de penser la société quand on est dans son sein. Je ne connais aucun sociologue utile pour les moments que nous vivons. Pour moi il faut remonter à Marx pour trouver un discours critique valable ; et Marx se situe de façon caractéristique « en dehors de l’institution ». Il n’est pas sociologue puisqu’il est anarchiste, annonce la mort du droit et de l’économie.

    – Les civilisations ne sont pas éternelles, c’est un fait, et on peut même penser que celle dont rêve Nietzsche, au moment où il fait ce rêve, est déjà morte, et que la modernité est donc pure nostalgie.
    Mais le stade où nous sommes rendus a le caractère d’aporie religieuse ultime. C’est une agrégation à l’échelle mondiale, au sein de laquelle le langage spéculatif mathématique fait office de rhétorique commune. Le mouvement de conquête ne sait plus vers où se diriger.
    – Cette note est en partie fausse en ce qu’elle cache l’empreinte sur la foule de ses dirigeants. Les foules agissent largement selon les voeux des économistes, technocrates et experts. Faute de quoi ceux-ci n’auraient pas besoin de puissants moyens de communication.

    1. @ Bardamor,

      Bonjour,

      Les règles, édictées pour partie et pour partie contournées, et les règles comportementales du « milieux », corpus vivant, où le « modèle » alpha-dominant imprime son empreinte, les vainqueurs faisant l’histoire, et l’accès aux « joysticks » étant éminement convoités. L’intelligence sellée par la misère pour labourer la terre d’épuisement. Sensuel ?

      Et les I.A conçues pour damer le pion aux étalons de la finance font…de l’analyse comportementale en accentuant les « traits marquants » du succés.

      L’objectif mathématique du gain, impératif premier, détruit l’univers où son action s’inscrit par la primauté illimitée de cet objectif.

      Oui, c’est tuant.

      Les « concentrateurs » ont-ils des fonctions de préservation pertinentes ? On verra..

      Moins de profs, plus de joysticks ?

      « Soft » war…

      Kabát – Tak teda pojď (suma summarum)
      http://www.youtube.com/watch?v=IVe8S6RyNxs&list=PL6C6B27E2B8BB62EA&index=17

  15. « J’envie et je salue ici celles et ceux qui, en leurs jardins, écoutent les légumes pousser et cajolent la vie dans toutes ses manifestations. Sûrement, ils sont dans le vrai  »

    Extrait d’un poème de Zbigniew Herbert :

    « Seigneur
    Je Te remercie d’avoir créé le monde beau et divers
    et de m’avoir permis dans Ta bonté inépuisable
    de séjourner en des lieux qui n’étaient pas les lieux
    de mes tracas quotidiens
    et (…) que la nature ait répété ses sages tautologies :
    la forêt était forêt la mer était mer le rocher était rocher
    (…) et si c’est là Ta tentation alors j’y ai succombé
    pour toujours et sans rémission »

  16. « Qu’est ce que la vie ? C’est l’éclat d’une luciole dans la nuit. C’est le souffle d’un bison en hiver. C’est la petite ombre qui court dans l’herbe et se perd au couchant. »
    Crowfoot

  17. au fait que la souffrance donne lieu à une naissance .
    l’homme accouche et se délivre .
    ses efforts seraient ils vains ? son travail ? pourquoi lui prend-on le fruit de son travail? je m’interroge . c’est exactement comme si on arrachait un fils, ou une fille à une mère ou un père .
    je lis  » vies de Job », en ce moment, de Pierre Assouline . Je me dis que ce poème, l’original, contient pas mal de vérités . Le pauvre Job, riche , puis ruiné, en fait, découvre sa vérité par sa femme . riche il était esclave . pauvre, le compteur est remis à zéro. dieu, son état, est fait des deux. il n’y a pas de primauté de l’un sur l’autre. il n’y a pas de dominant et de dominé .
    il y a pour tout être conscient un devoir de reconnaissance .

  18. Quand on voit ce qui se passe au sein des familles déjà où l’intérêt individuel l’emporte le plus souvent sur l’intérêt commun comment voulez vous ensuite espérer en l’être humain, moi j’en suis incapable, l’être humain n’est qu’une créature stupide et égoïste qui meurt de trouille, c’est tout et ça le marketing sous toutes ses formes l’a bien compris.

  19. Si on veut raisonner sur la nature et le destin des civilisations – et de nos vies – on ne peut se passer du point de vue des antropologues de terrain et de réflexion comme Jared Diamond. Relire « De l’inégalité des sociétés » et « Effondrement ». Amen.

  20. Bon, moi je m’inscris en faux contre ce billet.

    D’abord la vie ne va pas, c’est pourquoi j’ai posté ceci :

    Matthieu 5:13-16

    Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel perd sa saveur, avec quoi la lui rendra-t-on?

    …et L’amour sans jalousie est comme un Polonais sans moustache,
    Un Baiser Sans Moustache Est Comme Une Soupe Sans Sel.

    Question de l’aliénation. Ce n’est pas l’aliénation au travail mais au devoir, en général… Ce n’est pas seulement le travail qui est abrutissant comme on l’a cru, pas seulement, Simone Veil, Céline, etc… Marx. C’est le fait qu’à chaque instant on est écrasé par un devoir-être. La liberté est un vain mot, c’est elle qui est mortelle ou malade.

    Je ne vois pas comment la vie pourrait aller étant donné l’interconnexion des êtres et le partage des représentations mentales, sociales etc. Elle ne va que pour ceux qui se bouchent les oreilles et les yeux, et il y en a.

    83 % des français pessimistes pour la France, 76% pour leur avenir. La zombification est en route.

    1. @ lisztfr,

      Bonjour,

      Avec l’esprit, dont vous ne manquez pas..

      Partagez votre vision du chapeau, big bro en sort.

      Nu il disparaît en éclat de rire, pour peu que tous nos estomac en tremblent aux larmes ?

      UBS MEC US SS ? Not a question of real « flag » ?

      Psychopaths More Cautious Than Stockbrokers
      http://www.kalb.com/story/15560788/psychopaths-more-cautios

      Kabát – Kanibal Hanibal
      http://www.youtube.com/watch?v=T1imFtax2YA&feature=related

      Le double-dip impacte les émotions collectives ? Une chance extraordinaire ?

      Suivez le lapin blanc, transformation d’objectifs ?

      Kabát – Banditi di Praga
      http://www.youtube.com/watch?v=JAdP51vTIy4&feature=related

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