LE MIROIR DE DORIAN GRAY, par Nikademus

Billet invité

On nous dit que cela pourrait être un acteur, mais le fait même que le doute soit possible est significatif du discrédit généralisé à l’encontre de ce que font ces gens.

On nous dit que c’est un outsider, qui ne représente rien ni personne. Mais justement, seul un outsider pouvait dire cela, et pas un employé de banque qui serait viré dans la minute.

On nous dit que c’est un sociopathe ou un psychopathe, selon l’école psychiatrique dont on revendique l’autorité, mais cela ne résout pas la question. Est-ce que l’on n’a pas déjà montré sur le blog de Paul Jorion et depuis longtemps que tous les traders sont des sociopathes qui font précisément ce qu’il prétend faire ? C’est de cela dont ils doivent se défendre en général, et pas à propos de ce particulier là.

Peu importe qui il est, ce qui importe c’est ce qu’il dit, et comment c’est pris. Ce qui nous intéresse, ce sont les effets de vérité créés par des discours, même faux.

Par exemple, de par les réactions qu’ils suscitent :

  • Incrédulité : de ceux qui croyaient encore que les marchés étaient socialement utiles.
  • Disqualification : par ceux qui ont des raisons de faire croire que les marchés sont socialement utiles.
  • Confirmation : pour ceux qui ont cessé de croire ou n’ont jamais cru que les marchés étaient socialement utiles.

Braves spéculateurs pères de famille, Mr Alessio Rastani vous tend le miroir de Dorian Gray. Non pas que vous vous y soyez vus éternellement jeunes et avenants mais tout de même bien justifiés de penser à vos vieux jours et « à l’avenir de vos enfants ». Il vous montre ce que c’est que quelqu’un qui prend réellement au sérieux le fait de croire que le monde sera le même après la fin du monde, qu’il y a une crise, dont on peut profiter, et même le plus grand nombre, mais que ce ne sera pas vraiment une crise puisque tout sera encore comme avant. C’est complètement absurde en plus d’être moralement ignoble.

Mr Alessio Rastani, qu’il soit un personnage réel ou fictif,  vous parle d’un monde où cela n’a pas de sens d’avoir des enfants. Mais ce n’est pas pour cela que vous lâcherez votre cassette, n’est-ce pas ? C’est une partie de votre âme, de vous-même, c’est là que vous avez mis toutes vos angoisses et tous vos espoirs. Précipiter la déroute tout en se berçant de l’illusion que c’est la meilleure chose à faire tout autant que l’on n’y est pour rien puisque l’imagination humaine est décidément sans limite.

Il reste la réaction normale de milliers de gens normaux, qui pensent que l’activité de tous les petits Alessio Rastani est socialement néfaste, et comme telle doit être interdite, maintenant. Des milliers de gens normaux qui ont pour ambition normale de mener une vie juste et décente, pour lesquelles l’accumulation infinie ou pas de richesse est un comportement indécent, anormal et dangereux. Ces milliers de gens dont on nous a prétendu qu’ils n’existaient pas. Ceux qui vont faire le monde de demain, forcément, puisque les autres sont en train de s’auto-détruire.

Braves petits spéculateurs bons pères de familles, accrocs à l’or ou à la pierre, il est encore temps de ne pas finir en Alessio Rastani de médiocre envergure. On vous a menti et on vous a trompé. Vous pouvez encore parler à votre voisin afin de construire un monde commun.

Il n’y a pas si longtemps la figure du trader était encore le modèle de réussite proposé à l’admiration des foules rêveuses. Il est en passe de devenir la figure la plus haïe et la plus méprisée du monde moderne.

C’est cela qui est significatif, et ce n’est pas un bon signe pour le capitalisme, s’il en fallait d’autres pour prouver son agonie…

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399 réflexions sur « LE MIROIR DE DORIAN GRAY, par Nikademus »

  1. Les tricheurs

    Ils sont là des milliers dans les aéroports
    Ils sont dans les bureaux, dans les restaurants chics
    Un peu plus de trente ans, décidant de ton sort
    Tous habillés tendance, ils aiment le classique
    C’est des mecs éphémères
    Sans archives et sans restes
    Des hommes qui peuvent tout faire
    En anglais dans le texte
    Des hommes qui peuvent tout faire
    Et le bien et le mal
    Des ennuis, des affaires que dégueule le journal
    Ils ont l’absence hautaine des loufiats de la haute
    Le reflet de l’argent égalise leurs traits
    Ils se ressemblent tous et vendent à la baisse
    Achètent à la hausse et vivent sur les frais

    Dis pas du mal des riches (bis)
    On sait jamais ce qui peut t’arriver
    La soif de gouverner, le goût d’anéantir

    Seul avec son portable dans les aéroports
    Poursuivant une idée très fuyante de lui
    C’est un mec pressé, même quand il s’endort
    Son bel ordinateur veille à côté de lui
    Sa femme est quelque part
    Derrière le Stock Exchange
    Quand le premier milliard sera sur le tapis
    S’il est toujours vivant il reproduira même
    Des enfants impeccables qui auront tout de lui
    Certains soirs il raisonne, il cède à la fatigue
    A l’auto dérision, au cynisme, à l’ennui
    C’est sa part de bêtise, elle est inévitable
    Mais il se reprend vite dans l’action et l’oubli

    Dis pas du mal des riches (bis)
    On sait pas ce qui peut t’arriver, non

    Ils sont là des milliers dans les aéroports
    Tous habillés tendance, ils aiment le classique
    La musique cubaine, les films asiatiques
    Allez man, on se casse

    Dis pas du mal des riches (bis)
    On sait pas ce qui peut t’arriver, non

    BERNARD LAVILLIERS (Album « Arrêt sur image » – 2001)

  2. Que « le trader de la BBC » représente quelque chose ou non, finalement peu importe. Ses propos ne sont qu’un écho – moins policé et « politiquement correct » – de ceux tenus par un vrai trader pur jus dans la dernière émission d’Arrêt Sur Images : Un Greenpeace de la finance, oui, on peut le faire !.

    Au-delà de ça, ce qui est effectivement assez génial, c’est qu’il nous renvoie, ce « trader de la BBC », l’image que nous voulons tous voir et détester. Et il le fait dans des proportions – exagérations dans le contenu et le ton – telles que cela nous rassure parce que cela semble venir d’un monde qui nous serait étranger et dans lequel nous n’aurions, nous pauvres innocents, rien à faire.

    Hélas ! Si l’on est un tant soit peu critique, on regarde son milieu professionnel, son entreprise privée, on y regarde les modes de rémunérations et de prime, on y regarde avec – normalement – un dégoût qui touche à la nausée la notion de « mérite » (quoiqu’il subsiste malheureusement énormément de gens qui gobent cette poudre aux yeux de mérite qui ne sert qu’à mettre les gens en compétition et les monter les uns contre les autres), qui salit une énorme majorité des modes d’augmentation de salaire, d’attribution de primes et promotions… Et puis on regarde les discours tenus quand, dans certaines entreprises, les délégations syndicales tentent de sortir petit à petit de ce jeu de dupes… Et puis tous les jours, on regarde X qui pense automatiquement être meilleur et « plus méritant » que son collègue Y, que Z pense que T est un parvenu monté par copinage et qu’enfin au mérite il aura son dû pendant que T redescendra, etc.

    Bref, ce que ce trader de la BBC nous montre, c’est bien notre image (bien sûr juste un chouia déformée 😉 ), notre individualisme, notre incroyable capacité à tomber dans le panneau quand on agite devant nous le chiffon rouge du « mérite » que nous traduisons, avec une bêtise qui ne cesse d’étonner, en « je mérite plus que les autres, j’aurai plus que les autres, je serai plus haut que les autres ».

    1. Et symétriquement à cette adhésion subreptice au superlatif, il y a l’adhésion symétrique au « moins », ce qu’on appellait grosso modo complexe d’infériorité (ne me sautez pas dessus, les psychanalystes du coin, svp) , où la personne intériorise qu’elle n’est pas du monde des « supérieurs », des « rois du superlatifs », alors qu’elle en a les capacités intellectuelles par exemple. Un des volets du « plafond de verre » pour les femmes.

  3. @Hubert etc…
    Vrai trader ou pas, le fond de son propos reste pertinent: on sait bien ici l’importance de Goldman Sachs pour influencer la politique économique des USA donc du monde. De plus, je vous renvoie au formidable film « Let’s make money » ou un vrai trader affirmait sans-gêne aucune (plutôt un sourire gourmand!) que c’est quand le sang coule dans les rues qu’il y a le plus d’argent à gagner en bourse…

  4. Détournement de l’attention que tout cela, dans la même optique que ce que dénonce le billet de Jean-Luce de la Morlie http://www.pauljorion.com/blog/?p=28816
    Ce à quoi l’on résiste, sans œuvrer activement à la construction d’un nouveau monde, toutes ces résistances persistent et alimentent le système en place.

    Évidemment, je ne parle pas du blog ni de son action, mais de la plupart des interventions sur le mur de commentaires.
    Y’a du chemin qui reste encore à faire.

    On pourrait appeler ce mur, dans certains cas, le mur des lamentations ou de l’indignation.
    C’est un moyen de ralliement en quelque sorte, reflétant la montée en puissance d’une prise de conscience collective pour qu’émerge enfin et véritablement, un nouveau modèle de société pour au moins les 100 prochaines années, parce que nous ne sommes pas encore prêt pour accepter transmuter cette civilisation arrivée à son apogée, vers une nouvelle.
    À l’échelle humaine, ça peut se comprendre.

    L’esprit allant plus vite que la matière, tout va dans l’ordre naturel et donc, tout est parfait.

    Patience et longueur de temps, font plus que force ni que rage.

    1. Je rajouterais que juger et condamner n’est pas la meilleur voie de communication car tout humain, aussi bas ou haut placé soit-il, est lui aussi faillible.

      Je suis chef de cuisine ayant à gérer une équipe dans une structure importante.
      J’ai appris à mes dépends qu’il ne sert strictement à rien de vouloir faire appliquer des méthodes aux membres de mon équipe s’ils n’y croient pas.
      Rechercher la cause du pourquoi ils appliquent telle méthode plutôt qu’une autre, ouvrir le dialogue, est une des clés qui ouvre les esprits au changement.

      J’ai plusieurs fois été surpris de découvrir que les raisons évoquées des méthodes qu’ils utilisaient, étaient pour eux, tout à fait justifiées et légitimes.
      Après, pour leur faire accepter l’idée de changer de méthode, c’est un travail qui prend un certain temps, de communication, mais surtout de présence.

      En restauration, la main d’œuvre représente en moyenne, 30 % du chiffre d’affaires.
      Il y a donc une forte productivité par la transformation de la matière première.
      Et si vous n’êtes pas sur le terrain, vous ne contrôler rien.

      Aussi, en étant à 80 % sur le terrain dans la recherche de l’excellence à titre personnel comme parmi chacun des membres de mon équipe, j’ai pu recueillir des informations inestimables pour qu’ils puissent s’épanouir pleinement, en prenant en compte leurs attentes et leurs aspirations, les rendant compatibles avec les objectifs budgétaires, marketing et commerciaux de l’entreprise qui m’a et les a engagé.

      Le moteur de cela et le plus important pour moi, c’est l’amour de mon métier et la satisfaction du convive. Car dans ce métier, on ne nourrit pas seulement le corps, c’est aussi une nourriture affective, et l’âme, l’enveloppe de l’Être en fait partie.

      Tout cela pour dire qu’en étant à 80 % sur le terrain, on doit prendre la mesure du facteur humain, beaucoup plus difficile à appréhender que les chiffres qui eux, ne sont que des chiffres n’ayant aucun état d’âme.

      Présence sur le terrain et démonstration par l’exemple est le plus sûr moyen de faire adhérer les plus réticents à abandonner leurs anciennes méthodes.
      Ça prends du temps mais au bout du compte, ce sont les premiers à défendre l’intérêt collectif, parce qu’ils ont pris conscience qu’ils contribuent à rendre plus agréable et confortable les relations et leurs conditions de vie au travail mais aussi, parce que la manière dont ils produisent, donne du sens à la vie, à leurs vies, et, cerise sur la gâteau dans de telles conditions, la valeur ajoutée du travail ainsi produit profite à tous.

      À quoi bon résister à l’ancien.
      Arrêtons les jérémiades qui alimentent le système.
      Agissons ici et maintenant selon le modèle que nous défendons et souhaitons voir naître !

    1. @ Stephane
      « ENFIN » quoi ?
      Vous semblez vous réjouir qu’on désigne un ennemi à abattre.
      Ne vous trompez pas d’adversaire. L’adversaire, c’est le cadre, le système qui récompense et encourage ce genre de personne à nuire, pas les personnes elles-même qui ne font que ce que le cadre encourage à faire. Vous trouverez des milliers de personnes qui rêvent de « devenir calife à la place du calife » sans que rien ne change !
      Zébu et Vigneron ne sont pas loin de penser que « si l’roi des cons perdait son trône, y aurait 60 millions de prétendants. » comme le chante Renaud.

    2. @ Stephane,

      Bonjour,

      Bientôt les smartphones recevront les coordonnées de leurs cibles géolocalisées les plus proches ?

      Gare à l’IEP, c’est les farces de l’ordre et l’armée qui vont être mises au pied de leur responsabilité citoyenne ?

      Les pays zones qui craquent en « ordre intérieur » cèdent leurs intérêts et souveraineté à des degrés divers et pour plus ou moins de temps, pour ce que cela signifie quand le rouleau personnel arrive au carton rouge il est vrai.

      http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A8gle_de_saint_Beno%C3%AEt
      Le fondateur idéologique de l’idée démocratique en occident ?
      http://fr.wikipedia.org/wiki/C%C3%A9nobitisme
      Ou lui ?
      La marche aveugle des siècles, crèvecoeur.

      Wall street, Athènes, printemps arabes, même foyer d’humanité des hommes qui « brûlent » ?

      Tu peux garder un secret – Bande Annonce
      http://www.youtube.com/watch?v=iCJRfuNGlZQ&NR=1

  5. Etonnant,

    Ce type annonce ce que ce blog annonce depuis des mois. J’ai un souvenir de Paul Jorion écriant que nous serons tous touchés par la crise. Ce truc date de plusieurs mois en arrière. Cela fait des mois que ce blog annonce cette crise. Cela fait tellement de mois que certains ont posé la question à PJ « Ne vous êtes vous pas trompé? ». PJ a écrit un livre dont le titre est « Agonie du Capitalisme ». C’est sur ce blog que j’ai appris comment jouer à la baisse à l’aide de positions dites « nues ». Ce type ne dit rigoureusement rien de nouveau.

    Après, il admet se moquer des politiques. Il est parfaitement moderne, rationnel et honnête. Il connaît sa place dans ce monde et s’y tient. Il dit que son souci est de se faire de l’argent. En dehors des aveugles, des sourds ou des idiots, je ne vois pas qui ignore que c’est le métier de trader. Il se fait de l’argent. Le reste n’entre pas en ligne de compte. Je vous renvoie à Michea pour plus d’explications. À entendre ce Monsieur, je crois que l’Empire du Moindre Mal est encore une idée optimiste par rapport à la réalité actuelle. Ce Monsieur assume totalement et sincèrement la position que l’empire du moindre mal lui a donné. Etre choqué par cela, c’est rencontrer les difficultés que j’ai avec ce qui se surnomme moderne.

    Bref, ce Monsieur est intelligent. Il a compris comment le monde actuel tourne. Il sait même vivre de ce monde. C’est ce que ce dernier attend de lui.

    Ceux que ce Monsieur choque ne réalisent pas l’amoralité radicale de notre monde. Ils ne réalisent pas à quel point nous sommes encouragés à la sociopathie. Les rapports de forces, d’argent et jugements de tribunal remplacent la société (allez voir Michea). Les idées de ce Monsieur sont celles qui dirigent notre monde et nos vies.

    Il n’a fait qu’énoncer des évidences, répugnantes et évidentes. C’est un grand réaliste. S’il vous choque, je vous demande pourquoi ?

    Amoralisme : quelles sont les règles morales que ce Monsieur viole ?
    Sociopathie : quelles sont les règles de vie en société que ce Monsieur viole ?
    Goldman Sachs dirige le monde : Avez vous vu la démocratie en action dans les marchés ?
    des millions de gens vont perdre leurs économies . chomage, précarité, etc.. cela a déjà commencé depuis les années 80. Ce n’est qu’une accélération du mouvement.
    Modernité : quand on remplace les relations humaines par des relations d’argent, vous espérez quoi ?

    Je ne vois pas en quoi ce type est choquant. je vois un type moderne, intelligent, réaliste, honnête. Il a su s’adapter à un système que nous nommons modernité. À ce niveau, nous avons tous une responsabilité dans cette situation. Il nous faut absolument des alternatives à ce truc moderne, rationnel, raisonnable que ce monsieur explique à la BBC. La meilleure est que c’est vraiment moderne, rationnel, raisonnable. J’ajoute laïque, scientifique, invitant à l’action, à l’entreprise, permettant de prendre beaucoup de décisions très vites, autorisant une prise en main de sa vie, invitant à la responsabilité personnelle, etc…

    Cet entretien est un très grand moment de télévision. La vérité est en est sortie. Vous l’avez vue, vous les choqués. Moi, ça fait longtemps que j’ai passé à autre chose.

    1. « In this time of deceit, telling the truth is revolutionary. »
      George Orwell

      « J’ai pas passé à autre chose »…… 🙂
      Le bébé sait.

    2. Je suis sidéré par les efforts faits pour rendre ce type aussi minuscule que possible. Je suis sidéré par la croyance que si lui est un tout petit alors ses paroles sont petites. C’est l’argument d’autorité à l’envers. Un type qui dit une vérité qui dérange doit être minuscule, mentir et des trucs dans le genre.

      Cela me laisse vraiment songeur sur la notion de vérité dans notre monde et sur le net. C’est le mot d’Aldous Huxley qui me revient à l’esprit. Il disait quelque chose comme « Un mensonge répété dix mille fois devient une vérité ». Face à ce trader, cette idée de la vérité est celle qui est pratiquée sur le net. La vérité du net est celle qui est dite le plus souvent.

      Naturellement, en toute objectivité.

  6. Le discours de ce « trader » est une vraie publicité pour l’achat des bons du trésor américain et un plaidoyer pour la domination du dollar.

    Alors que les États-Unis sont au bord du gouffre, qui ira admettre à cette diatribe anti européenne sinon ceux qui ont envie d’y croire pour maintenir leurs illusions sur la domination d’un monde qui leur échappe.

    Au passage, la confirmation que ce sont les organisations financières qui dictent leur loi est comme un avertissement sur le futur des populations : maintenant, c’est nous qui décidons ce qui est bon pour vous si cela est bon pour nous.

    1. Oui, c’est vrai, c’est un appel à la dictature feutrée et une grossière opération pour le dollar dans le bras de fer qui oppose la monnaie de singe à la monnaire refuge. On tente le coup pour le coup avec la complaisance abassourdie de la BBC qui prend ça pour argent comptant. Il n’ y a que la maladie du type qui est vraie dans cette histoire. Le problème c’est que celle -ci comme il a dit est un cancer proliférant et qu’il en est en quelque sorte le digne représentant. Il me fait l’effet de quelqu’un en rémission qui va mourrir la semaine prochaine et qui sent qu’il est enfin  » sauvé « . Ceux qui meurent ce sont toujours « les autres », c’est bien connu.

  7. Qui que soit ce type, vrai ou faux trader, le rêve dont il parle est extrêmement « terre à terre », matérialiste et donc considérablement limité ! il est davantage à plaindre qu’à blâmer

  8. C’est le plaisir qu’il dit éprouver à participer qui surprend et qui choque.

    Pour le reste il dit des choses que tous ceux qui connaissent monde des affaires n’ignorent pas
    (que ce monde à ses propres règles, que la compétition y est rude et qu’on ne peut que s’y conformer si on veut à y avoir sa place, que la solidarité entre les économies occidentales a des limites, etc.)

    En fait c’est juste un gamer qui se prend pour un trader, son langage convient aux jeux sur Internet mais devient indécent quand il l’applique au monde des affaires.

    Ce jeune homme a dit la vérité
    Il doit être exécuté.

    (médiatiquement, ça suffira.)

  9. J’ai vingt ans.
    J’habite en Grèce.
    Mon professeur baratine comme d’habitude.
    J’avale pas forcément la culture.
    Disons que je ne fais plus partie des élèves sages.
    Et je n’ai pas un pistolet dans ma poche.
    Je ne veux pas jouer un rôle ici ou ailleurs.
    Je ne regarde pas la fenêtre.
    Je ne.

      1. Au mois d’octobre les feuilles ne remontent pas vers l’arbre. Tranquillement elles tombent. Je suis relevé amoureux du calme plat. Je me dis : tu observes mal et tu joues bancal.

      2. Bon , d’accord pour les feuilles ( qui ont d’ailleurs leur utilité pour la vie de l’arbre , même quand elles tombent et repartent en humus ) .

        Mais il y a aussi les champignons ( bonne cuvée cette année ).

  10. Saperlipopette, à chacun son rêve!
    C’est vrai qu’il y en a plein de guignols dans le genre de ce trader qui rêvent d’un bon magot pour leurs vieux jours et échapper ainsi à l’horreur économique qui menace le monde des nantis.
    Mais pour d’autres, le rêve serait de garder les mains libres et nomader dans le monde pour le regarder, le respirer, le caresser et vivre pleinement avec son prochain dans ce qu’il serait bon pour lui et pour soi, et c’est pour ça qu’il y a encore de l’espoir.

    Quand je me vois avec mes sacs pleins de courses du supermarché, je me dis que c’est cela la misère. Oui pour moi l’image de la pauvreté du monde riche c’est de porter des sacs, des sacs même plein de victuailles ou d’objets précieux, c’est ça la pauvreté.

    Un jour maçon, ou professeur, artiste ou garde d’enfants ou de personnes âgées, un autre jour à étudier ou méditer, encore un autre à vendanger ou éplucher des légumes, suivant ses besoins et compétences, mais surtout la liberté de ne rien posséder vivre léger sans laisser de traces, de blessures.
    Bref, pardon pour ce petit délire en passant pour faire descendre la pression de tout le poids qui nous accable de nos identités, cultures, religions, classes sociales, auxquels le hasard nous assigne et ou le pouvoir financier nous condamne à posséder à consommer sur la part du plus faible.

    1. Oui tout à fait d’accord, « voyager léger » profiter de l’instant, des multitudes de choses inestimables que même le plus reptilien des traders ne pourra jamais toucher, ne pas être possédé parce qu’on a l’illusion de posséder, la vie est fragile, elle peut se terminer à chaque instant, et de toutes façons, elle est brève, être le plus libre et détaché possible, ne prélever que ce dont on a absolument besoin…Si chaque être humain pouvait peu à peu avancer dans cette voie, il y aurait moins de choses dans les poubelles et davantage de bien « être » sur la planète

    2. Oui Plouf, moi aussi j’en rêve, mais le système n’aime pas qu’on lui échappe… Pas d’électron libre qui puisse échapper au contrôle…
      Seule la démocratie pourrait permettre un tel idéal de vie

  11. Je ne comprend pas les commentaires qui disent que ce type est un usurpateur ou « il est traider c’est son métier de gagner de l’argent ». On le sait!

    Vous imaginez un ouvrier qui travail sur une chaine d’usine en disant « Je suis là pour serrer des boulons, c’est mon métier! » à la manière de ce monsieur qui dit « Je suis là pour faire de l’argent, c’est mon métier! »? Le problème est la fierté exprimé ou simulé a travers ce propos. Qu’elle soit simulé chez lui! Elle restera réelle chez d’autre!

    L’objet n’est pas de savoir s’il ce personnage est réel ou pas. L’objet est de savoir pourquoi nous laissons autant de pouvoir dans les mains d’être aussi pourris. J’ai malheureusement un théorie qui pourrait être un élément de réponse :

    Si les autres espèces d’hominidés et notamment l’homme de Neandertal ont laissés place à l’Homo sapiens que nous sommes, c’est peut être tout simplement que nous étions plus agressifs et possessifs que les autres hominidés. Et si le trader était le futur de l’espèce humaines?

    1. Vous êtes sur que c’est pour ça que Néanderthal a disparu ?

      Le trader est le présent , et pas forcément le futur , de l’espèce des traders .

      1. le futur sera ce que l’on en fera . . . il n’y a que les combats que l’on engage pas que l’on est sur de perdre . . . donc il faut combattre pour ses idées même si la conjoncture semble sans espoir . . .

  12. Bonjour,

    Je suis plutôt d’accord avec votre billet, à ceci près que vous écrivez là : « On nous dit que c’est un outsider, qui ne représente rien ni personne. Mais justement, seul un outsider pouvait dire cela, et pas un employé de banque qui serait viré dans la minute.
    […]
    Peu importe qui il est, ce qui importe c’est ce qu’il dit, et comment c’est pris. Ce qui nous intéresse, ce sont les effets de vérité créés par des discours, même faux. »

    Car enfin, ce que dit cet « outsider » est exactement ce que, concernant notamment la responsabilité directe de Goldman Sachs dans la crise grecque, avait écrit et montré Marc Roche il y a moins d’un an, à son retour d’Angleterre :

    voir ce post sur politproductions et pour l’audio ce lien.

    Cet Alessio n’a fait que répéter Marc Roche. Donc on peut, comme vous le faites, s’étonner du buzz ou des « effets de discours » qu’il a produits, mais également on doit s’étonner de ce que vous disiez que son discours est faux… Non?

  13. Péché capital
    M. Rastani a cette saveur printanière qui rend heureux: il dit tout haut ce qu’est vraiment la société et le monde qu’on a fabriqués depuis au moins 30 ans au nom de la modernité et de la performance. Il tire bruyamment le tapis sous les pieds des adorateurs et défenseurs des « marchés », lesquels sont avant tout aujourd’hui des « pompes à phynances », ce que beaucoup d’entre nous savaient déjà. Ce faisant, il invalide tous les discours mensongers dont la majorité de nos politiques nous abreuvent au nom du « réalisme ». Moralité, si ce mot a encore un sens, nous promettre l’austérité et la rigueur au nom d’un rasage gratis ultérieur (et encore ce n’est pas sûr!), c’est nous tromper (cf les discours de quelques éventuels candidats à la présidentielle). Le fait de savoir si M. Rastani est vraiment trader est sans importance, dès lors qu’il nous sert sur un plateau une belle tranche de vérité, celle-là même que le néolibéralisme et ses créatures s’attachent à cacher derrière de fumeux discours économiques, dont la France produit des spécimens attachants. Il reste que chacun peut lire Stiglitz, ou Sapir, ou Jorion, et tant d’autres auteurs instructifs, et que la liberté de s’informer vraiment n’est pas encore interdite. Tomber de haut parce qu’un bonhomme s’exprime crûment à la télé prouve qu’on ne lit guère les « bons auteurs ». Et par les temps qui courent, quand la bataille idéologique fait rage, l’ignorance devient un péché capital pour le citoyen. Dépossédé de capacités d’expression réelles, il lui reste le pouvoir d’accéder à la lucidité, au jugement éclairé, et par là de contraindre les politiques à représenter réellement l’intérêt des électeurs loin de la démagogie à l’oeuvre par les temps qui courent. L’ignorance, tout autant que la cupidité ou le mensonge, est l’alliée objective des oligarchies gourmandes qui nous tondent un peu plus chaque jour. Vivons la prestation de M. Rastani comme un reproche vivant.

  14. Il semblerait que le Daily Telegraph soit un journal plus sérieux que Forbes ?
    Il semblerait que la BBC lance des sujets sans s’inquiéter du sérieux de ses interviewés ?
    Il semblerait qu’un trader ne puisse pas vivre chez sa copine ?
    Il semblerait qu’un trader ne puisse pas perdre ?

    Mais sur le fond a-t-il dit des mensonges ?
    Ses explications sont-elles compatibles avec la ligne politique du Daily Telegraph ?
    Les propriétaires du Daily Telegraph ont-ils intérêt à voir des telles choses se dire dans le public ?
    Est-il vrai qu’un trader gagne à le hausse comme à la baisse et qu’il aime les volatilité ?
    Est-ce lui dans sa petite maison à 230.000€ qui crée cette volatilité ou Goldman Sach et les Hedge Funds ?

    Ce sont sur ces sujets que certains interviennent, avec une argumentation, et non avec des affirmations et des citations

  15. Pas mieux!! trop fainéant ou incompétent pour commenter! Cet extrait clôt dignement des commentaires plutôt censés sur la question du rapport entre la Réalité et la Vérité en nos temps de décadence accélérée!

    « Et par les temps qui courent, quand la bataille idéologique fait rage, l’ignorance devient un péché capital pour le citoyen. Dépossédé de capacités d’expression réelles, il lui reste le pouvoir d’accéder à la lucidité, au jugement éclairé, et par là de contraindre les politiques à représenter réellement l’intérêt des électeurs loin de la démagogie à l’oeuvre par les temps qui courent. L’ignorance, tout autant que la cupidité ou le mensonge, est l’alliée objective des oligarchies gourmandes qui nous tondent un peu plus chaque jour. Vivons la prestation de M. Rastani comme un reproche vivant ».

  16. Ce que j’aime bien dans cette vidéo, c’est que ce type dont  » la mort est son métier  » nous assène qu’il veut nous  » aider  » – Nous aussi, nous pourrions mener le bal de Satan et danser toute la nuit pour être  » Riche  » de papier monnaie ; ce même papier monnaie qui demain se transformera comme par magie en peau de singe. Il a peut -être acheté une firme de brouettes, qui sait ?

    Au fond, le bourreau est un « chic type » et nous ne le savions pas. Tous les soirs il rève de parier sur une nouvelle recession mondiale ( famine, chômage, guerre, désespérance; maladie, éventuellement dictature avec tous ses lots d’horreur, etc ) mais il s’imagine effectivement qu’il va s’en sortir – LUI, Superman – indemne.

    Le péché d’Ubris suprême.

    Quand on voit avec quelle fureur les quartiers populaires londoniens laissés à l’abandon depuis des lustres se sont révoltés en une nuit et une semaine, on se dit que lorsque les trois quart du pays aura été pigeonné comme le laisse entendre ce trader, il faudra qu’il ait une bonne paire de  » Nike -dernier -cri  » pour courrir plus vite que son ombre. Lui et ses autres congénères du même acabit. Quand on écoute ce gars, on sent bien que c’est un robot qui nous parle et que ce genre de type à force d’écart avec les communs des mortels et un pauvre maintien dans la déshumanisation appliquée et désirée n’aura que la monnaie de sa pièce. On se demande vraiment ce que 90 % des populations auront à perdre en Occident si le krach général dont nous avertit ce type avec plus de 6 années de retard par rapport à M.Jorion, arrive dans quelques mois.

    Il entrera peut-être alors dans l’Histoire comme le dernier spectre du sérail, le dernier des fantômes ayant eu son petit quard d’heure de gloire avant la fin du grand jeu. Après lui le déluge et le pouvoir des peuples pour les peuples par les peuples !

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