LE MIROIR DE DORIAN GRAY, par Nikademus

Billet invité

On nous dit que cela pourrait être un acteur, mais le fait même que le doute soit possible est significatif du discrédit généralisé à l’encontre de ce que font ces gens.

On nous dit que c’est un outsider, qui ne représente rien ni personne. Mais justement, seul un outsider pouvait dire cela, et pas un employé de banque qui serait viré dans la minute.

On nous dit que c’est un sociopathe ou un psychopathe, selon l’école psychiatrique dont on revendique l’autorité, mais cela ne résout pas la question. Est-ce que l’on n’a pas déjà montré sur le blog de Paul Jorion et depuis longtemps que tous les traders sont des sociopathes qui font précisément ce qu’il prétend faire ? C’est de cela dont ils doivent se défendre en général, et pas à propos de ce particulier là.

Peu importe qui il est, ce qui importe c’est ce qu’il dit, et comment c’est pris. Ce qui nous intéresse, ce sont les effets de vérité créés par des discours, même faux.

Par exemple, de par les réactions qu’ils suscitent :

  • Incrédulité : de ceux qui croyaient encore que les marchés étaient socialement utiles.
  • Disqualification : par ceux qui ont des raisons de faire croire que les marchés sont socialement utiles.
  • Confirmation : pour ceux qui ont cessé de croire ou n’ont jamais cru que les marchés étaient socialement utiles.

Braves spéculateurs pères de famille, Mr Alessio Rastani vous tend le miroir de Dorian Gray. Non pas que vous vous y soyez vus éternellement jeunes et avenants mais tout de même bien justifiés de penser à vos vieux jours et « à l’avenir de vos enfants ». Il vous montre ce que c’est que quelqu’un qui prend réellement au sérieux le fait de croire que le monde sera le même après la fin du monde, qu’il y a une crise, dont on peut profiter, et même le plus grand nombre, mais que ce ne sera pas vraiment une crise puisque tout sera encore comme avant. C’est complètement absurde en plus d’être moralement ignoble.

Mr Alessio Rastani, qu’il soit un personnage réel ou fictif,  vous parle d’un monde où cela n’a pas de sens d’avoir des enfants. Mais ce n’est pas pour cela que vous lâcherez votre cassette, n’est-ce pas ? C’est une partie de votre âme, de vous-même, c’est là que vous avez mis toutes vos angoisses et tous vos espoirs. Précipiter la déroute tout en se berçant de l’illusion que c’est la meilleure chose à faire tout autant que l’on n’y est pour rien puisque l’imagination humaine est décidément sans limite.

Il reste la réaction normale de milliers de gens normaux, qui pensent que l’activité de tous les petits Alessio Rastani est socialement néfaste, et comme telle doit être interdite, maintenant. Des milliers de gens normaux qui ont pour ambition normale de mener une vie juste et décente, pour lesquelles l’accumulation infinie ou pas de richesse est un comportement indécent, anormal et dangereux. Ces milliers de gens dont on nous a prétendu qu’ils n’existaient pas. Ceux qui vont faire le monde de demain, forcément, puisque les autres sont en train de s’auto-détruire.

Braves petits spéculateurs bons pères de familles, accrocs à l’or ou à la pierre, il est encore temps de ne pas finir en Alessio Rastani de médiocre envergure. On vous a menti et on vous a trompé. Vous pouvez encore parler à votre voisin afin de construire un monde commun.

Il n’y a pas si longtemps la figure du trader était encore le modèle de réussite proposé à l’admiration des foules rêveuses. Il est en passe de devenir la figure la plus haïe et la plus méprisée du monde moderne.

C’est cela qui est significatif, et ce n’est pas un bon signe pour le capitalisme, s’il en fallait d’autres pour prouver son agonie…

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399 réflexions sur « LE MIROIR DE DORIAN GRAY, par Nikademus »

  1. Vous êtes tous à gloser sur les élucubrations de ce gugus qui n’est un acteur interprétant le rôle du vilain trader. Ce n’est qu’un pauvre boursicoteur qui bricole à la maison derrière son PC et vous marchez à fond, vous correz tous même. Ce qui est intéressant, c’est pourquoi vous courrez aussi vite ??? A mon avis, c’est pace qu’il ne dit pas autre chose que ce que vous avez envie d’entendre, persuadés que vous êtes que les traders sont des salopards sans scrupules. Ce qui est grave, c’est que vous culpabilisez car vous cautionez le système qui engendre les trader. Vous cautionez le capitalisme en allant au travail le matin, en prenant votre paye à la fin du mois, en mettant vos petites nécomomies sur votre Livret A, PEA, Perco, Perp, Assurance vie…. Bref, ce type vous renvoie votre image dans le miroir et elle est pas belle.

    1. C’était bien l’objet du billet , même si finalement il apparait que l’image reflètée était celle d’un masque !

    2. Vous cautionez le capitalisme en allant au travail le matin, en prenant votre paye à la fin du mois, en mettant vos petites nécomomies sur votre Livret A, PEA, Perco, Perp, Assurance vie…. Bref, ce type vous renvoie votre image dans le miroir et elle est pas belle.

      C’est pas si tordu du carafon que ça votre réflexion…

    3. « Vous cautionez le capitalisme en allant au travail le matin, en prenant votre paye à la fin du mois, en mettant vos petites nécomomies sur votre Livret A, PEA, Perco, Perp, Assurance vie….  »

      Ouf, je ne fais rien de tout cela !!!

  2. Rastani semble être effectivement un trader technique et ce qu’il dit de ses motivations et pratiques ne differe pas dans son fond de ce que nous a professé un enseignant du trading que j’ai eu il y a plusieurs années dans le cadre d’un MBA d’une ecole publique française.Ce professeur nous a expliqué les techniques du trading technique à même de nous permettre un suivi des tendances haussierses et baissières ainsi que les moyens de tirer profit des deux cas de figures. Il etait clair pour lui que plus il y a de la volatilité et des perturbations dans le marché, plus nous pouvions augmenter la frequence de nos operations et les gains y associés.

    Je ne comprend donc pas pourquoi ce Monsieur est critiqué si severement par vous car son metier est legal et même respectable au vu des standards de nos sociétés .Je pense qu’il devrait être remercié par ce qu’il a fait l’effort d’explication sans langue de bois de ce qu’il fait. Par contre s’agissant du trading en général et de son utilité sociale et son caractère nuisible et casino, ça tout le monde le sait et je ne peux qu’être d’accord avec vos commentaires.
    Ci-joint, un entretien qu’il a eu avec les journalistes du site forbes.

    http://www.forbes.com/sites/emilylambert/2011/09/27/trader-or-prankster-we-called-alessio-rastani-and-asked/

    N.B je ne suis pas trader

      1. Julien, tu n’es pas un joueur, tu n’as pas de joueur véritable parmi tes proches, tu n’as pas lu le joueur de Dostoïevski (Fait d’or), tu ne regardes pas les zémissions de Delarue; sinon tu saurais qu’un bon et vrai joueur ne joue jamais avec autre chose que du pognon qu’il doit.

    1. Ce que vous dites est intéressant : « son métier est légal et même respectable au vu des standards de nos sociétés ». Cela veut dire qu’il n’y a aucune opinion à avoir ni sur les traders qui précipitent l’écroulement du système économique, ni sur les ouvriers des usines d’armement, ni sur les employés des compagnies de sécurité privées, etc. Cela s’assimile au conservatisme absolu : le monde est parfait et il n’y a absolument rien à y changer. Honnêtement, j’ai du mal à imaginer comment vous pouvez aboutir à une telle conclusion. Enfin, pour autant que ce soit vraiment une conclusion.

      1. Etre militaire de carrière ou travailler dans une usine d’armement aussi c’est légal et considéré par la majorité des gens comme des activités respectables, alors que dans beaucoup de cas les objecteurs de conscience allaient en prison ou pire. En temps de paix les gens dont c’est la fonction ou le métier ne sont pas interviewés à la télé, du moins pas sur le fond des choses, et en temps de guerre l’interviewé et l’interviewer sont choisis avec le plus grand soin! On ne considère en tous cas pas les militaires comme des psychopathes ou des sociopathes, sauf en cas de crimes de guerre.

        Dans le cas de ce trader je n’ai pas l’impression qu’il se soit rendu compte du public auquel il s’adressait et encore moins du fait que l’opinion est en train d’évoluer à propos des activités financières en général et de son métier en particulier.

        Pour la guerre il y a en principe des règles (la première Convention de Genève date de 1864.) Pour les activités financières il y en a eu, au bon vieux temps, mais…

      2. Grande question : ce qui est légal est-il juste ? Les anciens disaient que ius est ars boni et aequi. Force est de constater que le métier légal de ce trader heurte notre sens de la justice et de l’équité. Nous touchons du bout des doigts au Droit Naturel, les amis! Encore un petit effort…

      3. J’avoue que je butte là dessus avec pas mal de monde :
        Le bien et le mal seraient suffisamment cadrés par le code civil….ce qui permet de ne penser qu’à soi en toute Paix, quelle misère !

      4. @ Thomas
        Votre question renvoie à la philosophie du droit et, plus particulièrement, à l’opposition fondamentale entre le positivisme et le jusnaturalisme : en quoi le droit pour être droit doit-il (au moins) s’inspirer de valeurs ? Les premiers pensent que cela n’est pas nécessaire, les seconds l’exigent. Vous citez le code civil : bel exemple d’ouvrage voulu par le pouvoir de l’époque ! Pour résumer grossièrement, la codification napoléonienne avait à la fois un but pratique (le rassemblement de normes nouvelles et anciennes dans un seul ouvrage) et un but politique (la centralisation visible de l’édiction de la norme civile). De là à dire que la codification napoléonienne s’inscrivait dans une logique purement positiviste… C’est trop simpliste. Le droit est lié au pouvoir qui l’émet sans pouvoir être réduit à celui-ci. S’il est conçu comme indépendant de toute causalité naturelle, il peut néanmoins être considéré comme intimement lié au pouvoir de fait (cf. théories de Kelsen), ce qui sous-tend une certaine adhésion à certaines valeurs politiques fondamentales. En cela, oui, les juristes positivistes de 1804 ne renieraient en rien le travail de codification en ce qu’il leur a permis de marquer leur révérence aux sacro-saints textes mais tout en ne s’affranchissant pas de leur considération réelle et toute jusnaturaliste pour des valeurs nouvelles et supérieures (la révolution n’était pas vieille de 15 ans alors).

      5. @ GL

        Pour la guerre il y a en principe des règles (la première Convention de Genève date de 1864.)

        Allez en parler à ceux qui sont passés (et sont toujours présents) par Guantanamo ou Abou Ghraib…

      6. N’hésitez surtout pas à modérer mes mots s’ils vous semblent illisibles…
        Mr Jorion, « Cela veut dire qu’il n’y a aucune opinion à avoir… » (Saad n’a pas dit ça.)
        Bon, opinez si ça vous chante mais… on comprend quoi avec une « opinion »? On résout quoi avec une « opinion »?…
        « Honnêtement, j’ai du mal à imaginer comment vous pouvez aboutir à une telle conclusion. » (Saad n’a rien conclu)
        Alors voilà, comment dire, mon « opinion » a du mal avec le premier mot de cette phrase…. Sauf votre respect bien sûr…
        Aucun rapport mais je note que « jésuite » est un mot qui n’a jamais été écrit sur ce blog… pourtant si riche en vocabulaire.
        On ne peut juger qu’en refusant de comprendre. On a le droit ceci dit…
        Mais on ne dit pas alors qu’on « explique » les châoses…

      7. @Philippe MEONI

        Je n’ai pas vraiment d’illusions sur le respect des accords de Genève, même si je pense qu’ils peuvent au minimum servir de justification à ceux qui trouvent plus prudent de ne pas tirer sur les ambulances du camp adverse.

        Ce que je souhaitais mettre en évidence c’est la manière dont les sociétés ont l’habitude de gérer les écarts entre les principes qu’elles affichent – tel que « tu ne tueras point » – et la réalité où les militaires et les bourreaux y sont autorisés et plutôt considérés comme respectables.

      8. @Thomas et Koohagen:
        Ce débat sur la filiation du droit moderne depuis le droit naturel (Que j’assimile aux rites inhibiteurs des animaux sociaux en vue de hierarchisation) mériterait une longue polémique .
        Thomas a raison en suggérant que l’écriture du droit ets une premiere simplification d’un processus complexe , mouvant , adapté a chaque milieu , chaque histoire et que de réécriture en réécriture , il y a une perversion et possibilité de prise de pouvoir .
        Ce débat rejoint le débat constructivisme/ naturalisme avec le risque d’affect idéologique.

    2. @ saad,d’ici quelques mois evitez ce genre de propos en public,vous pourriez avoir de graves problemes et si l’on vous demande votre formation,dites patissier,vous savez les standards et autres modes
      changent vite,regardez les femmes du dejeuner sur l’herbe de mannet au 19eme c’etait des tops models,maintenant c’est l’anorexie

      1. « saad,d’ici quelques mois evitez ce genre de propos en public,vous pourriez avoir de graves problemes « 
        La modération est parfaite ce soir.

    3. Sûr qu’après avoir éliminé toute régulation, « dépénalisé le droit des affaires » et conservé les frontières pour le fisc et la justice, tout est légal.

  3. Le Monde :  » La « prime Sarkozy » fait pschitt ».

    Au moment où il en a été fait grand cas ici, j’avais écrit entr’autre:
    […]Cette prime devient un coup politique.
    Elle aggrave la césure entre salariés.
    C’est au minimum un mauvais coup porté à la solidarité… […]

    Plus quelques considérations sur la spoliation de la Sécurité Sociale,
    le projet portant exonération des chaâarges sociales.
    ( c’est à dire le piège à gogo irresponsable habituel)

    Restons positif:
    Encore une bonne idée non menée à terme, comme le discours de Toulon !

    (Pour les nouveaux :
    « charge » désigne l’action du 7.ième de Cavalerie US contre les Indiens; voir Lucky Luke ou Rantanplan.

    « chaâarge » désigne les salaires différés et moyens de financement de la solidarité
    sociale, attachés et calculés par rapport au salaire brut de brut ou Rémunération Globale du Travail.
    Dans le privé, les taxes, impôts sur salaire et chaâarges représentent environ 50%, ou plus, de la RGT.)

  4. Cela n’a pas et n’a jamais eu de sens de faire des enfants. C’est juste quelque chose qui se fait. Avec beaucoup de bonheur, certes, mais ça c’est une autre histoire …

    1. Je suis assez d’accord que ceux qui mettent les enfants en avant pour justifier leurs choix économiques sont de fieffés salops .

      Ceux qui ne peuvent pas en avoir ,en le désirant pourtant , connaissent vraiment la nature d’un enfant .

  5. Ces traders ont été mandatés par les hedge funds, eux-même mandatés par toute la génération de baby-boomers qui arrivent à la retraite et veulent garder leur qualité de vie, leur pouvoir d’achat, à partir de pas grand chose cotisé durant leur vie active.

    En gros, on demande aux spéculateurs de transformer du plomb en or.
    Ce qu’ils font, sans aucun état d’âme.

    Mais leurs patrons, leurs clients, en ont-ils ?
    Non!

    Les boomers n’hésitent pas à spolier leurs enfants pour leur bien-être.
    Et pourtant, il est pas compliqué de comprendre que quand la descendance vit moins bien que leur parent, c’est qu’il y a quelque-chose de pourri dans le royaume.

  6. Je ne sais pas ce que ça vaut, mais il semble que nous allons entendre parler des 99%.

    Après occupy wall street, qui s’est concrétisé et est réprimé avec une remarquable discrétion des médias, un nouveau mot d’ordre commence à être diffusé. Chaque ville est encouragée à créer sa « place Tahrir » (vu Londres, Philadelphie, Chicago, Cleveland, Washington….

    A voir….

  7. Ces mecs sont morts, ils le savent. Mais on trouve encore de bons acteurs aux states…

    Ce mec est dans le même coup foireux que ces journaleux (faussement étonnés) payés pour faire passer l’ « information officielle » suivante : l’euro est mort, que vive le dollar. Acheter des bons du trésor américain!

    Faudrait rappeler à ces charlots qu’ils ne sont pas de ceux qui chantent d’une façon juste et debout quand ils sont dans la merde…

    C’est aussi déplacé et insolite qu’un cygne qui fait cocorico en agonisant de son dernier chant.

  8. Le pessimisme (ainsi que la loi), c’est celui des élites. La horde primitive, le Contrat Social, ne sont que de mythologies « éthiques » distillées comme soporifique. Et quand cela devient gênant on prône l’égoisme, pour faire diversion.

    Mais nous n’avons pas à partager ce pessimisme, résultat de l’impuissance et pour cause. Nous savons très bien ce qu’il faut faire, – le problème (ensuite) étant concrètement de faire vivre une démocratie réelle, alors que par exemple les institutions en France déjà, sont bâties de sorte à ralentir toute l’intempestivité législative, avec le Sénat, le Conseil Constitutionnel, la discipline parlementaire que forment les groupes, la non maitrise de l’ordre du jour par le Parlement, la Constitution. Alors qu’une démocratie plus citoyenne, aurait à se confronter également avec la question des limites du pouvoir, au risque de devenir une dictature, pour les minorité.

    En revanche si l’on admet une instance limitant la démocratie (absolue), cette instance elle même se place en dehors du pouvoir démocratique et l’on risque à nouveau une oligarchie. C’est qui me rend pessimiste, c’est tellement difficile d’imaginer ne serait ce que la démocratie qui est finalement la forme de gouvernement la plus méconnue.

    Tout pouvoir, même celui du peuple, devrait être limité, mais alors l’oligarchie se reconstitue insidieusement… La souveraineté réside dans le peuple, mais on voit dans la pratique qu’il est nécessaire de tempérer toute souveraineté, en tout cas nos institutions nous en donnent l’exemple, fruit d’une longue expérience….

  9. Je propose d’envoyer cette vidéo sous-titrée aux secrétariats de
    1) tous les députés français
    2) tous les membres du gouvernement
    3) tous les sénateurs
    +
    Tous les euro-députés
    Tous les gouvernements européens

    Pour commencer

    On peut aussi rajouter tous les présidents de régions et départements mais ça fait beaucoup de gens pour pas beaucoup de pouvoirs 🙂

      1. Je viens de lire aussi l’interview sur Forbes.com, il me semble aussi que ce gars est un vrai trader indépendant, qui a travaillé dur pour arriver où il en est, ce n’est pas facile mais à la portée de tous.

        Maintenant que chacun se pose la question sur la façon dont il gagne sa vie, sur les produits qu’il fabrique pour ça, sur les patrons qui le paye, sur l’origine des produits qu’il vend ou achète, sur les personnes qu’il sert, sur la source de tous ses revenus et qu’ensuite ceux qui pensent que vraiment tous leurs actes sont sans reproches lui jettent la première pierre.

  10. Bonjour
    Je fréquente ce blog depuis quelques mois, je ne suis pas économiste pour deux sous, mais cette vidéo me réjouit ! Elle ne déclenchera pas une révolution, mais il est savoureux d’entendre cette mise à nue de la mariée sur un grand média. Elle me conforte dans mon adhésion à quelques idées portées par le programme du Front de gauche . . .

  11. C’est peut être cela, la vrai transparence, un type en trois pièces qui vient vous redire la prophétie de Naomi Klein, version optimiste, puisqu’effectivement, en cas de catastrophe, naturelle, financière, guerre, il y a toujours du fric à se faire.

    1. C’est peut être cela, la réelle transparence
      Un type sapé trois pièces , vous faisant des avances
      récitant d’optimisme, Naomi klein remix
      Ces dires faisant mention, qu’en cas de grands remous
      catastrophes naturelles, financière ou bien guerre
      la raison choisira, toujours du fric à s’faire

  12. Wouawou! C’est la fête! On s’amuse comme des p’tits fous! Et pendant ce temps la, y’en a qui vivent pour de vrai! C’est oû le vrai monde?

  13. http://leblogalupus.com/2011/09/27/commentaire-du-27-septembre-quand-la-somme-des-interets-prives-nuit-a-linteret-collectif-par-bruno-bertez/

    « …Nous ne sommes plus dans la théorie financière, monétaire ou bancaire, nous sommes dans le sang et les larmes. Dans la douleur et les sacrifices.

    Dans cet esprit deux choses ne doivent pas être perdues de vue :
    1- Toutes les solutions ou pseudo solutions passent par l’Allemagne. Comme l’écrit le Spiegel par exemple l’avenir de Sarkozy passe par Merkel . Sa position et ses solutions ne valent que si l’Allemagne accepte de payer.
    2- En attendant les solutions c’est la BCE qui fait la transition. La BCE agit en fait comme une entité fiscale, elle opère comme une entité fiscale européenne de fait.

    Dans les cas, c’est l ‘Allemagne qui détient les clefs et c’est donc elle , ses positions, celles des partisans de Merkel, celle des opposants de Merkel, celle de l élite allemande; celle du peuple etc qu’il faut suivre.

    Pour l’instant la BCE a les coudées presque franches puisque les allemands ont quasi démissionné de la BCE pour ne pas être tenus responsables des dérives de Trichet. »

  14. juan nessy
    28 septembre 2011 à 21:07

    Bonsoir Martine !

    Vous avez déjà claqué 700 000 € depuis le 10 février ? !….M’enfin Juan 700 000E ….J’ai 2000 E placés chez Triodos ….Et ai renoncé à tout « bien matériel » et suis mam d’un enfant à l’univ ( le pauvre) …….Prenez un peu de magnésium…Et vive la vie !…de future clocharde ( je vous l’accorde)…mais en même temps, c’est la seule liberté qui nous reste

    1. 700 000 e c’était le jack pot que vous aviez encaissez au bénéfice d’un arrondi qui laissait un trou dans la caisaae .

      Je suis sûr qu’avec une maman comme vous votre enfant sortira encore viable de l’université .

      Vous m’avez par contre foutu un coup au moral avec votre conseil sur le magnésium .

      Bonne jounée et couchez vous plus tôt .

    1. Merci Dissy.
      Ce blog est super …
      devenu vite number one pour les échanges très ouverts,
      mais aussi pour les infos.

  15. Notez que de partout (AFP, Arrêt sur images, Le soir.be, etc.) fusent, mais ce n’est qu’un écho, des reprises d’une seule source, l’organe officiel du parti conservateur anglais, le Daily Telegraph, qui « révèle » sur le ton du persiflage : « ce n’est qu’un boursicoteur du dimanche, il n’y connaît rien ».

    C’était bien la position n°2, dans ma classification : disqualification, par ceux qui ont des raisons de faire croire que les marchés sont socialement utiles. Les autres jouant, probablement dans cette comédie, le rôle de l’idiot utile, trompés qu’ils sont par le goût si moderne pour les « fausses révélations « et le renversement « des emportements médiatiques «.

    Mais en fait, ce n’est pas de cela qu’il s’agit depuis le début : non pas de prouver qu’il est un acteur, un vrai ou faux trader (à partir de combien de millions d’€ obtient-on le certificat ?), quand même un boursicoteur, ou un peu timbré mais pas complètement déséquilibré (« attention seeker »), qu’il disait ou non la vérité en parlant des gouvernements, de Goldman Sachs, d’un krach ou d’économie, qu’il comprend « vraiment » comment ça marche, qu’il est ou pas dans le secret des dieux, que tous les gens « lucides » savent que c’est ce qui se dit sur les marchés, etc.

    Ce personnage, fictif ou réel peu importe, révèle en l’incarnant l’inconscient profond de l’homo œconomicus moderne en en poussant la logique jusqu’au bout, l’homo œconomicus moderne que l’on a incité chacun à devenir, en contraignant chacun à chercher des solutions individuelles en délégitimant et détruisant les solidarités collectives. Puisqu’investir dans la pierre « pour ses vieux jours » se fait nécessairement au détriment d’un autre qui devra payer l’augmentation « naturelle » du prix, tant que le système marche, et qui est en fait encore une escroquerie.

    L’abstraction de la finance a atteint un tel point que l’on s’imagine que l’argent pousse magiquement, qu’il existe un jeu où il n’est jamais pris à quelqu’un, qu’il peut exister un système économique où tous spéculent et personne ne produit, que l’on peut spéculer sur la fin du système économique et quand même en tirer de l’argent (mais pour en faire quoi ?), j’en passe et des meilleures. C’est ce que l’on appelle l’adoration du veau d’or, tout simplement.

    Pour le monde qui vient, il va falloir faire autrement. Se passer des bons investissements, faire une croix sur ses assurances vie, son matelas, sa cassette. Parce qu’aucun monde commun n’est possible avec des Alessio Rastani.

    Et c’est seulement cela que j’ai pointé.

    1. « Parce qu’aucun monde commun n’est possible avec des Alessio Rastani. »
      Alors il n’y a pas de monde commun possible pour nous-même.
      Car on ne peut pas imposer à un malade qui ignore l’être (ou refuse de le savoir) un traitement, quelqu’il soit, sans risquer un rejet massif de sa part.
      En premier lieu, il me semble qu’il serait nécessaire de définir ceci comme un pathologie, qui n’épargne personne.
      Sans cela, il y aura toujours bon nombre qui s’extrairont du lot en disant ‘pas moi ! je joue à un jeu à somme nul : je ne fais que prendre à un seul’ ou ‘ce que je fais n’a en rien de commun avec l’ignominie de ce trader’.
      Et que cette pathologie peut être reconnue grâce à certaines caractéristiques mais aussi traitée.

      ‘aucun monde n’est commun avec des Alessio Rastani’ : car ils vivent au-delà de ce monde-ci, dans la démence.
      Ce mec nous paraît certainement sympathique parce qu’il souhaite, selon ses propres dire à Forbes, avertir, sincèrement, le public, de l’écroulement en cours et des modes de fonctionnements, réels, de la finance.
      On en oublierait le fait qu’il voulait surtout nous ‘vendre’ la nécessité, pour chacun, ‘d’acheter’ ‘sa’ vision de la fin du monde : celle d’une gigantesque opportunité financière.
      Si c’est un prophète, c’est celui de l’annonce de la phase terminale de cette pathologie, quand celle-ci colonise l’ensemble du corps avant que de le mener à l’épuisement définitif.
      Et en lieu et place du jugement dernier, celui du dernier jugement … d’investissement.

      Le reflet schizophrénique d’une société schizophrénique.
      Que faire de ce reflet ?

      1. @ Juan :
        Oui, qu’est-ce qu’elle/il fout, Schizosophie, en ce moment, je vous l’demande ?
        Au lieu de shorter à tout va ses gold positions, ferait mieux de venir mettre son grain de sel dans la tambouille …
        Faut tout faire soit même icite, c’est dingue !

      2. Bon ok, j’enlève mon short. Le texte de Nikademus me semble excellent. Ce d’autant que le billet de Nikademus buzze au travers de la reconnaissance de Jorion et de son blog, comme si le contenu dudit billet avait imprégné sa forme. Ce gland buzzeur hyperadapté d’italo-iranien anglophone tellement pas amoral que la moralité, même comme chose à transgresser, ne lui vient même pas à l’esprit, en eût-il une once, envisagé comme symptome de l’époque ultérieure à la précédente qui a été nommée « l’époque » par celui qui fit du spectacle un concept me convainc tout à fait.

        Mais ce « portrait » devenu « miroir », et ce non pas pour des raisons d’érudition renvoyant au palimpseste d’Oscar l’Irlandais sauvage, me laisse interdit : qu’est-ce qui s’y voit en regradant le portrait ? Notre époque ? Une époque qui fait des portraits de miroirs, des trompe-l’oeil où s’emmurer ? De quoi réfléchir, forcément, mais aussi s’y perdre. Que serait un texte baroque et moderne qui s’intitulerait De l’essence d’une vitrine ?

        Comprenez bien qu’avec un problème comme ça, portrait ou miroir, et en plus sans short, ça m’la coupe, forcément, la chique.

      3. @ Schizosophie :
        Ah ben quand même …
        « De quoi réfléchir, forcément, mais aussi s’y perdre. »
        Eclairant, devrais-je dire.
        Mais alors, point de schizophrénie dans son exposition, du bonhomme, à vouloir à la fois sauver le monde et en même temps le perdre (en l’incitant à ‘gambler gambler’ jusqu’à et surtout sur la fin) ?

        « Que serait un texte baroque et moderne qui s’intitulerait De l’essence d’une vitrine ? » : ça, personne ne peut dire ce que serait votre billet propre …
        😉

        PS : et l’inverse, pour le titre de votre futur billet, ‘De la vitrine pour une essence’ ?
        Remettez le short, remettez le short …

      4. de l’importance du « short »- court ou long – sur le comportement des chrysanthèmes, heu des traders …

    2. Ce personnage, fictif ou réel peu importe, révèle en l’incarnant l’inconscient profond de l’homo œconomicus moderne en en poussant la logique jusqu’au bout, l’homo œconomicus moderne que l’on a incité chacun à devenir, en contraignant chacun à chercher des solutions individuelles en délégitimant et détruisant les solidarités collectives.

      J’aime.

      Les paroles provocantes du « trader » ne favorisent-elles pas la prise de conscience de ce que nous sommes devenus des ‘homo oeconomicus’, à des degrés divers. Je suis syndiqué, je manifeste, je pétitionne, je milite pour un changement profond de notre vie commune, pour l’établissement d’une vraie démocratie. Et pourtant, je me sens aussi ‘homo oeconomicus’ qui essaie d’utiliser le système pour assurer ses vieux jours et donner à ses enfants la possibilité de vivre du métier qu’ils choisiront. Suis-je un Janus aux deux visages ? Ne sommes-nous pas presque tous à la recherche de notre propre intérêt, tout en veillant au bien commun ?

  16. Vous n’êtes pas les seuls. Sur internet plusieurs sites reprennent cette vidéo quel que soit la tendance politique. Il est cependant triste et grave que vous consacriez autant d’importance à quelqu’un dont on ne sait toujours pas à l’heure où j’écris ces lignes si c’est un véritable trader ou un usurpateur. Vous utilisez cette vidéo douteuse afin de vous ancrer dans vos certitudes. Attention au dérapage. Votre fréquentation importante donne des responsabilités. A commencer par vérifier la véracité de vos informations. Ce n’est pas TF1 ou Le Monde ici…

    1. @ Optimiste

      Cher Optimiste, comme nous « avons une fréquentation importante (qui) donne des responsabilités », nous avons bien entendu vérifié comme tout le monde (l’info est publique depuis hier et un article du Telegraph en Angleterre) que ce jeune homme est un « attention seeker » et un trader hobbyiste, qu’il n’est pas enregistré auprès des autorités de la City, et qu’à la vue des résultats de ses opérations boursières, il ferait sans doute mieux, non seulement pour le bien de l’humanité mais aussi pour celui de ses finances personnelles, de trouver un nouveau hobby.

      Mais si vous lisez bien le billet de Nikademus, savoir si c’est un véritable trader ou un usurpateur n’a en réalité que peu d’importance si l’on s’attache à la nature du message.
      Il semblerait que les rares traders qui se soient exprimés (courageusement dans le plus strict anonymat, ce qui ne permet pas davantage de vérifier s’ils sont des usurpateurs eux-aussi) ne fassent que confirmer ce qui a été dit par leur « confrère » sur la BBC.

  17. ouais c’est pas la révélation du siècle, non plus!

    Le but du trader est de faire de l’argent par n’importe quel moyen. c’est pas un scoop! ou sinon je m’en rends pas compte car trop proche de la finance.

    ce serait comme dire :
    le but d’un militaire c’est de gagner la guerre par n’importe quel moyen (tuer des gens)…

    Maintenant, j’adhère au fait que la finance doit se recentrer sur son metier de base :
    collecter l’épargne vers l’investissement dans l’économie, les infracstructures, etc….

    C’est clair qu’avec des exemples comme ça, la finance se ferra massacrer au lieu d être recadrer à son utilité première!

    NB : on en a encore pour 12 mois, consommer les enfants 🙂

  18. Ce type a dit des verités qui ne sont pas bonnes a dire, surtout au pays de la City. Du coup, on le dicredite.
    Moi, je le felicite malgre son cynisme. Il nous explique qu’il profite d’une opportunite dans un systeme qu’il n’a pas cree mais qu’il utilise. Il dit ce que personne n’ose dire. Qui est le plus blamer, celui qui profite du systeme en vous disant que tout va bien, ou celui qui explique les choses telles qu’elle sont.
    J’espere que sont temoignage reveillera les endormis.

    1. La City c’était la dernière vague. Elle s’écrase comme toutes les vagues. Sur la plage de l’échec. C’est avec plaisir que je te vois surfer. Je pousse la vacuité au maximum. Pauvre type, me suis jamais baigné deux fois dans la Volga.

    1. violence inouie.
      Preuve de la peur de l’extension d’un mouvement d’indignés,
      de Main Street contre Wall Street.
      Le Mur a chuté.
      Reste à faire tomber toute la Rue;

  19. Bonsoir, à votre lecture, en effet, je remarque qu’on s’attaque bcp à ce monsieur. A mon sens la question n’est pas savoir si cet homme est bon ou mauvais, mais comme il a été dit c’est la nature du message. Pour moi ce n’est pas un scoop, mais que cela va-t-il donner? Une guerre civile? Ou chacun pensera à sa survie? ou je ne sais quoi? Personne n’imagine cela. J’ai la trentaine, je n’ai pas vécu la guerre, mais rappelons-nous que l’humanité est bien plus agée que nous, et qu’il y a déja eu 2 guerres dans ce siècle.

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