L’actualité de la crise : Ô TEMPS, SUSPENDS TON VOL ! par François Leclerc

Billet invité

Déjà dépassés avant même d’avoir été appliqués, les accords du 21 juillet ont été ratifiés par le Bundestag sans donner lieu à un grand « ouf ! » de soulagement, les bourses continuant de manifester leur fébrilité devenue coutumière. La mise au point d’un plan A’ donne du fil à retordre et son approbation n’est pas gagnée d’avance, à suivre les méandres des débats allemands. De même que la renégociation de la participation des banques au second plan de sauvetage de la Grèce, qui suscite de fortes résistances des banques. Pour ne pas parler de la grande muette, la BCE, qui reste coite.

La dernière émission obligataire italienne a pourtant montré que les marchés ne sont pas revenus sur leur stratégie de la tension, faisant encore grimper les taux qui sont à la limite du soutenable. En Grèce, d’autres tensions sont à l’oeuvre, comme l’a illustré le très frais accueil réservé au retour de la Troïka. Une sorte de désobéissance civile se répand dans le pays, plus redoutable que les grands défilés sans lendemain. Enfin, l’échec de la privatisation du Loto espagnol – au vu du faible montant des offres – présage mal des ventes patrimoniales qui poussent comme des champignons en Grèce, en Espagne et en Italie, et qui sont destinées à accomplir ce que l’absence de croissance économique ne permet pas de réaliser : une augmentation des recettes de l’Etat pour rembourser la dette.

Dans l’immédiat, le plan A’ semble comme suspendu en plein vol, à tel point que certains s’interrogent sur la possibilité d’une manipulation américaine (la chaîne CNBC l’ayant la première dévoilée). Une manière comme une autre de gagner du temps et de brouiller les pistes. On avait cru comprendre qu’il fallait faire silence dans l’attente du vote du Bundestag pour ne pas le perturber, il est intervenu, et puis rien… Peut-être qu’un simple délai de décence s’impose, après tout !

Un grand fossé est à franchir, devant lequel les dirigeants européens hésitent. Le sauter, c’est faire fi de deux tabous. Ne pas attendre qu’un nouvel encadrement contraignant des limites des déficits publics et du montant de la dette soit préalablement mis en place, et surtout prendre d’une manière ou d’une autre des engagements financiers d’une toute autre ampleur que jusqu’à maintenant. On parle tout de même de un à deux milliers de milliards d’euros, et même si l’on est désormais habitué à faire valser les milliards, ce n’est pas de la petite monnaie.

Les analystes financiers ont déjà décortiqué les différents montages évoqués et mis en évidence qu’il y avait dans ces constructions un indéniable côté quitte ou double qui fait nécessairement réfléchir. Il n’y a pas le droit à l’erreur, mais comment mettre le maximum de chances de son côté (pour oublier les fadaises du zéro risque) ?

Une autre décision est à prendre – et à imposer – qui consisterait à renégocier avec les banques pour augmenter la décote de la tranche de la dette grecque destinée à la subir. Les calculettes doivent chauffer, afin d’en analyser les effets pour les banques et de déterminer les mesures de soutien financières qui devraient être prises en contrepartie pour certaines. La situation allemande méritant d’être relevée : ce sont les bad banks financées par l’Etat qui feraient le plus les frais de cette opération… Dans son éditorial, le Financial Times se fait incisif : « Mais la plupart des banques ont clamé ad nauseam qu’elles pourraient supporter des pertes sur les actifs grecs qu’elles détiennent. Si elles ont menti, un sauvetage en direct est moins grave qu’indirect et via Athènes. »

Faudra-t-il encore que la crise monte et déborde pour se décider à sauter le pas ? C’est l’hypothèse qui prévaut, étant donné les épisodes précédents. Mais de combien de temps les Européens disposent-ils d’ici à leur prochain rendez-vous du G20, où ils vont à nouveau comparaître devant leurs pairs ? Cinq petites semaines à présent…

PS : Insensiblement, le cas de la France s’invite sur le tapis. Un déficit qui n’est pas contenu par ici, une augmentation de la TVA favorable à l’emploi (sic) par le candidat embusqué de la droite par là…

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98 réflexions sur « L’actualité de la crise : Ô TEMPS, SUSPENDS TON VOL ! par François Leclerc »

  1. Le gouvernement entend ainsi réduire la dette de l’État le volume de la dette ces prochaines années. Il devrait culminer à 87,4% du PIB fin 2012 avant de refluer à 87,3% en 2013
    Refluer
    Sens 1 Couler en sens inverse. -0.1% sur 1 an , c’est donc en bonne voie
    Sens 2 Reculer vers son point de départ. On est pile poil en 2885 cool lol mdr etc

    Donc si je reprends du point de départ, si on recule en sens inverse , on coule ?

      1. Ca en fait des années qu’on nous dit que le ratio dette/PIB a beaucoup augmenté certes, mais que -promis, juré- la tendance va s’inverser dans l’avenir: le ratio va atteindre un maximum puis commencer à diminuer de plus en plus rapidement! Bien sûr ça n’arrive jamais! MDR!
        Honte aux menteurs et autres Maastricheurs.

      2. Trichet Dragh(i) L’hagarde dans un bâteau .
        S’en vient Barroso.C’est trop !
        Maastricht tombe à l’eau.

        heu, bon ….

  2. @ François,

    Bonjour,

    C’est un peu tous à poils pour une totale transparence, hein?

    Nos grands hommes ont un luxe de pudeurs que nous pauvres hères ne pouvons plus même louer ?

    Le secret, « des tas » et des banques ?

    Les intérêts sont « aux dieux », invisible sacrifice père maniant la combinatoire permutation des lois des désunis..nos amours maudites et nos générosités sponzitannées de cale-bascules calculées, émoi et moi et quoi ?

    Le vol suspendu c’est augurer fermement de nos oiseaux politiques, pourtant les rapaces ont des zyeux téléscopiques, mais ils n’entendrait qu’à la proie ?

    Une structure de défaisance, c’est quoi au juste sinon la merde des sous-sous l’tapis disparus aux vents mauve-hait ?

    Banco qui veulent, ou une indulgence à grand coût des derniers luxes du mensonge ?

    skrblice a vrazdove usmivajici se klidne !

    Total Loving Kindness
    http://www.youtube.com/watch?v=4Z5FFMcAHs4&NR=1

    Comme d’hab, économisons la vérité pour qu’il en reste..à négocier ? merdouille

  3. Insensiblement, le cas de la France s’invite sur le tapis.

    Vous pouvez le dire !
    ce matin, au marché du coin, un politicien local s’est fait pratiquement agressé devant moi par deux harpies octogénaires qui lui ont dit son fait : « tripatouillages du gouvernement et absence totale d’esprit de réforme véritable ». Et de rajouter  » quand comprendrez-vous que nous ne voulons plus de demi-mesure ? Ce n’est pas notre sort qui nous intéresse mais celui de nos enfants et petits enfants. De Gaulle nous a donné la sécu enviée dans le monde entier, lorsque nous pondions des enfants à la pelle et qu’on manquait de tout. La démographie a changé, le système doit changer aussi. Arrêter de jouer avec notre argent et celui de nos enfants en défendant un système qui n’a plus sa justification aujourd’hui. Offrez-nous en un nouveau et arrêtez de vous tortiller »

    Un petit groupe s’était formé autour de ces trois-là, écoutant avec admiration et intérêt l’échange.
    En fait d’échange, c’était surtout un savon à l’élu local qui ne pouvait pas dire grand-chose de concret face à ces deux mamies déchaînées.

    J’ai félicité les deux ancêtres après la séance de lynchage pour leur clairvoyance.
    Je n’aurais pas dit mieux.

    SARKO a récemment dit « l’élection présidentielle se jouera sur la crise ». Ma selle qu’il a raison, il a du flair.

    1. @Thom Bilabong

      L’information est intéressante.

      Cependant, AMHA, la cible n’est pas la bonne. C’est comme mettre en cause le conseiller clientèle de votre banque.

      Un politicien local, tout comme un conseiller client bancaire, n’a aucun pouvoir sur la stratégie (s’il y en a une) élaborée au plus haut niveau.
      Ils ont uniquement la capacité de faire remonter (au sens communiquer aux niveaux supérieurs) le mécontentement des clients ou de la base électorale…

      C’est aux instances supérieures de prendre la décision d’infléchir la stratégie en fonction du niveau de mécontentement.
      Or, tant qu’il n’y a pas d’action concrète, il n’y aura pas modification de cette stratégie.

      Les Grecs mènent des actions concrètes, même si les « merdias » français n’en font pas écho.

      Le problème, c’est qu’il faudrait un fédérateur qui ait un but et qui propose des actions. Or je n’en vois aucun…

      1. Boson,
        Si j’ai bien compris un article relayé ici par Igor Milhit, Marx et Engels suite à leur Voyage en Angleterre pensaient que ce qui provoque le basculement ( la révolution) c’est l’existence d’un modèle alternatif.
        Et je crois que PAul ne dit pas autre chose quand il analyse la réflexion lors de la révolution Française dans le capitalisme à l’agonie quand le bourgeois a pris le pas sur citoyen.

        Ce que je voudrais savoir c’est l’écart entre ce « modèle alternatif » et une économie régulée avec interdiction des paris sur fluctuations de prix, Bancor, interdiction des stocks options, fermeture des paradis fiscaux. qu’est ce qui manque pour faire « masse critique »?

        PS : Et Boson vous devriez pas être au CERN plutot qu’à trainasser ici? Vous aller vous faire voler la vedette par une bande de neutrinos mal dégrossis 😀

      2. le fédérateur pourrait être le Front de Gauche, du moins son programme, notamment son chapitre 2 « Reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers » dont je vous livre l’introduction ci dessous puisque je suis sur un site d’économistes . . .
        ________________________________
        En quelques années, la finance a conquis des pouvoirs exorbitants. Le dollar, monnaie internationale de référence, n’a plus aucun lien avec une quelconque réalité matérielle Les détenteurs de capitaux peuvent agir à leur guise sur des marchés boursiers méthodiquement dérégulés. Ils ont obtenu une fiscalité au bénéfice des revenus du capital, le droit d’échapper en grande partie à l’impôt, la libre circulation du capital financier dans le monde et ils se permettent aujourd’hui de « noter » les États, les plaçant sous la menace des attaques des spéculateurs.

        Nous mettrons fin à ces privilèges inouïs et contraires à la démocratie qui nous placent sous la menace de crises financières incessantes et de politiques d’austérité désastreuses. Nous mettrons en place une nouvelle réglementation bloquant la spéculation et la financiarisation de toute l’économie et placerons sous contrôle social les banques privées qui la violeraient. Nous agirons pour changer les missions de la Banque centrale européenne et créerons en France un pôle public bancaire et financier qui agira pour l’emploi et les salaires, contre les délocalisations et la spéculation.
        ______________________________________________
        mais bien sur il n’y a pas que l’économie dans la vraie vie . . .

      3. Malheureusement, « L’humain d’abord », intitulé du programme du FdG,
        évite les questions clés.

        L’interdiction des licenciements boursiers, point de « convergence » avec Ségolène,
        ne répond pas à l’urgence du chomage et de
        la répartition du travail entre tous.

        La volonté d’en finir avec l’aristocratie financière se contente de nationaliser « des » banques
        pour laisser cohabiter un secteur financier privé vivre à nos crochets.
        L’histoire démontre, celle en particulier des nationalisations réalisées par Mitterrand,
        qu’une telle politique, au final, ne sert qu’à renflouer les intérêts privés.

        Ensuite, dénoncer la dette, cette rente pour les riches,
        devrait se conclure par l’exigence de l’arrêt du paiement des intérêts et du principal.

        Enfin, abolir les privilèges et les pouvoirs de la nouvelle aristocratie financière,
        demandera bien plus que la « révolution citoyenne » ,
        une révolution citoyenne qui passe par une alliance avec le PS
        dont trois des possibles candidats sont venus faire un tour à la fête de l’Huma,
        pendant que Mélenchon disait dégage à un militant du PC…

    2. « La démographie a changé, le système doit changer aussi. Arrêter de jouer avec notre argent et celui de nos enfants en défendant un système qui n’a plus sa justification aujourd’hui.  »

      Je rêve…. Ces mémés demandaient-elles l’arrêt de la sacro sainte « répartition » ? Qui mieux que le sirop typhon est sensée guérir tous les maux…

      1. Non.
        De cesser d’être défiscalisées sur leurs assurance-vie, leurs résidences secondaires, leurs plus-values mobilières au forfait, …

    3. Faut pas s’attendre a ce que soit des gens nes dans les 80’s qui fassent preuve d’autant de courage et de lucidite. isn’t it?
      Mais si il faut compter sur les octogeneres pour faire bouger les choses… ca m’inquiete un peu

      1. A votre avis, que se serait-il passé si cet homme politique avait été pris à parti par deux jeunes gens dans la force de l’âge ?

        Vous croyez vraiment qu’ils auraient suscité le même élan de sympathie ? Allons !

        Cette prise à partie aurait été immédiatement perçue comme la marque d’un dangereux irrespect envers les aînés, et ils auraient eu vite fait d’être bousculés !

        De toutes façons, vous le dites vous-même, il est bien connu qu’on ne peut rien attendre des jeunes, ils sont mous, apathiques, fainéants,… En bref, ils sont d’avance totalement délégitimés et vous savez très bien pourquoi.

        Ce sont les gens comme vous avec toute votre nauséeuse bien-pensance qui discréditez les jeunes pour ne surtout pas regarder la réalité en face, celle d’une jeunesse à qui on refuse d’accorder une place dans la société, et qu’on taxe ensuite de tous les défauts pour pérenniser cet état de fait.

        PS : Pourquoi comptez-vous sur les octogénaires et pas sur les gens de votre âge ? Vous êtes vieux avant l’âge ?

      2. a David

        je suis désespéré de voir des gens de mon âge à ce point… non pas mous ni fainéants, mais manquant complètement d’idéal, de repères historiques, apathiques comme vous dites et résigné dans le système où il sont.

        Je suis quelque part effrayé que l’on ne trouve la lumière que par un Stéphane Hessel, ou ce genre d’histoire d’octogénaires alors que les jeunes indignés en France ne doivent se compter que par centaine.

        Vous vivez alors peut être dans un environnement où les jeunes sont engagés socialement et politiquement, avec des idéaux etc… j’espère alors simplement me trouver dans un endroit isolé ne reflétant pas la réalité.

        En attendant, j’essaie de fair passer les messages de PJ et autres autour de moi… ce qui crée parfait une forte frustration croyez-moi. A trente ans, vous avez raison, je me sens parfois vieux pour mon âge….

    4. Grace au Trader Fou on sait maintenant que les politiciens ne servent à rien : c’est à Goldman Sachs qu’il faut adresser les réclamations :):)

      1. Désolé, mais il me semble qu’il n’a pas été besoin d’attendre Rastani pour le savoir même si son aveu est méritoire, quelque part.

      2. ce que certains politiques « au service de  » ont pu faire en dérégulations et libéralisation, d’autres « politiques » peuvent le défaire . . .
        Les institutions actuelles ont éloigné le pouvoir du peuple, provoquant une grave crise démocratique. L’abstention bat des records. La vie politique tend à se réduire à une compétition présidentielle opposant tous les cinq ans des candidats qui se distinguent avant tout par leurs styles personnels, arbitrée par des médias principalement voués au libéralisme. Entre deux élections, le pouvoir gouverne sans le peuple voire contre lui comme nous l’avons vu ces dernières années sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Dans cette situation, les intérêts privés les plus puissants s’en donnent à cœur joie. C’est l’oligarchie qui gouverne. Pour restaurer une démocratie véritable, il est temps de fonder une nouvelle République.

  4. Bonjour monsieur Leclerc,
    Avez-vous entendu parler d’eureca le » plan secret » (sic) pour venir en aide à la Grèce (article du monde du 28 septembre, hier, écrit par Charlotte Chabas) ? Il s’agit d’un plan conçu par le cabinet allemand Berger Consultants qui consiste à créer une holding Luxembourgeoise chargée de  » reprendre les actifs de l’état Grec (ports, aéroports, banques, autoroutes, téléphonie, immobilier…) » le tout pour la modique somme de 125 milliards d’€. La holding serait ensuite vendue à une institution européenne financée par les états ; l’opération devant permettre à la Grèce (qui dès lors n’existera plus !) de rembourser une partie de sa dette auprès des pays de la zone euro.
    Ce cabinet allemand a ainsi trouvé le plus court moyen de supprimer un Etat !!!! CQFD
    Vous noterez qu’à aucun moment quiconque se souci de l’accord des populations ; mais le propre des ânes est de donner des coups de pieds !!!! A bon entendeur, morituri te salutant…

    1. La fin de la souveraineté.

      L’ambition la plus haute du capitalisme concentré dans la finance est de mettre fin à toutes les formes de souveraineté autres que la sienne.
      Cela implique à terme la fin de la propriété privée pour les peuples et l’extension infinie du péonage, système dans lequel l’ouvrier est loué en même temps que la terre sur laquelle il travaille.
      La baisse tendancielle des retraites entraînera la vente des biens immobiliers constitués par le logement, pour ceux qui en possèdent encore, sur le système du viager, essentiellement au profit des banques.
      Ainsi la simple propriété élémentaire, d’un livre ou d’un logement, sera remplacé par la location perpétuelle, vérité du crédit.

      1. le semestre européen est un exemple récent du déni de souveraineté qui se construit aujourd’hui en notre belle Europe libérale . . .
        Le traité de Lisbonne concentre toutes les impasses du capitalisme de notre époque. il impose la concurrence libre et non faussée au détriment des droits sociaux conquis par les luttes démocratiques et ouvrières des derniers siècles. Il encourage le libre-échange au détriment de l’environnement et de la justice sociale. Il entretient la dérive autoritaire de l’Union européenne en concentrant le pouvoir entre les mains d’institutions non élues. Il est nécessaire de s’affranchir du traité de Lisbonne pour répondre à l’urgence sociale, résoudre la catastrophe écologique, régler la crise démocratique et construire une autre Europe.

  5. Pourquoi cette réticence à remplacer une part des cotisations sociales (qui ne frappent pas les revenus du capital) par la TVA protectionniste, impot dégressif, certes, mais moins que les cotisations sociales ? (voir les courbes piketty)

    1. Pourquoi ne pas plutôt imposer les revenus du capital au même taux que les revenus du travail ? Puis de rétablir un impôt direct progressif avec une tripotée de tranches, c’est à dire de faire payer l’impôt équitablement à chacun selon ses moyens . . . selon ses revenus.

      1. RV.
        Tu commences à comprendre que dans le système fricèsque, la Démocratie n’a pas lieu.
        Etudies le système de castes de l’Inde vers lequel nous nous dirigeons et sommes quasiment.
        Un mot sonnera en répétition dans ta tête…. : féodal.

  6. La désobéissance civile , voilà la force des peuples.
    «Vous avez cru jusqu’à ce jour qu’il y avait des tyrans ! Eh bien, vous vous êtes trompés, il n’y a que des esclaves : là où nul n’obéit, personne ne commande.»Anselme Bellegarrigue (avril 1850) L’anarchie, journal de l’ordre, n°1 p6. Paris.

    1. c’est étonnant de lire ça venant d’un député d’un parti qui a appelé à voter pour le traité constitutionnel européen en 2005, traité qui institutionnalise entre autre l’interdiction faite à la BCE de prêter aux Etats et les oblige donc à emprunter sur le marché . . . parti qui au parlement européen a voté plus souvent avec les libéraux de tout poil . . .

  7. La question du statut des banques centrales n’est jamais évoquée dans le grand débat concernant la crise financière. Il faut pourtant rappeler, pour ne prendre que l’exemple français, que la banque de France, après avoir été nationalisée au lendemain de la guerre, fût entièrement soumise au Trésor jusqu’à la loi du 3 janvier 1973, loi qui devait instaurer une stricte séparation et surtout une indépendance complète par rapport à l’exécutif. Texte qui devait être confirmé et durci dans le cadre du traité de Lisbonne.
    S’affranchir de la dure loi d’airain de la monnaie
    Conçue comme instrument de la reconstruction du pays, la banque centrale de l’après guerre, allait affranchir la communauté nationale de contraintes jusqu’alors fixées par les croyances monétaires : oui, la monnaie n’est qu’une convention sociale puisque réellement créée à partir de rien ; oui, la planche à billets, si elle est correctement manœuvrée permet de mettre fin à la loi d’airain de la monnaie. Pourtant dure loi – il est vrai- jusqu’alors ressentie à toutes les époques, où l’affranchissement vis-à-vis du métal précieux, se soldait invariablement dans le drame ( Système de Law , Assignats, etc.). La gestion monétaire, habilement menée après la seconde guerre mondiale, que l’on soit en France ou ailleurs, a autorisé des investissements publics gigantesques- investissements dont on aurait tant besoin aujourd’hui- en mettant fin à la pénurie monétaire et aux taux d’intérêts associés.
    De ce point de vue, l’indépendance aujourd’hui partout constatée des banques centrales, fût un cruel retour en arrière vers l’aliénation monétaire : l’inflation, pourtant disparue depuis longtemps – les années 60 qui précèdent l’indépendance furent beaucoup plus sages que celles qui suivirent – faisant figure de diable pour les tenants de cette régression.
    Bien que la question de la dette publique ait disparu alors même que l’endettement était gigantesque au lendemain de la guerre, elle va réapparaitre dès la proclamation de l’indépendance de la banque centrale
    La régression indépendantiste
    Désormais, il devient interdit aux banques centrales de créer de la monnaie au profit des Trésors, et donc, le recours à l’endettement ne passe plus par l’autorité des exécutifs qui fixaient les prix et les taux (généralement ces derniers étaient nuls). A l’inverse, désormais tout passera par un curieux marché aux caractéristiques suivantes : un groupe de banques va détenir le monopole d’achat de bons du Trésor (les fameux « Spécialistes en Valeurs du Trésor » -SVT- de l’agence France Trésor pour ce qui concerne la France), et il deviendra interdit aux particuliers d’acheter directement, comme ils pouvaient le faire dans le passé, des bons du Trésor. Situation qui correspondrait- pour donner un exemple simple – à celle d’un propriétaire de verger à qui il serait interdit de consommer sa propre récolte, laquelle pourrirait sur place, et qui devrait acheter les fruits qu’il convoite, à un groupe d’entreprises bien ciblé, à l’exclusion de toutes les autres.
    Situation, à tout le moins extraordinaire, qui fait émerger deux marchés. L’un sera celui de la dette publique lequel consacrera le retour au 19ième siècle, époque où il n’était pas devenu évident que la monnaie n’est qu’une convention sociale. Le second, sera celui de l’épargne de nombreux ménages qui jusque là se contentaient d’acheter des bons du Trésor, directement auprès des organismes publics chargés de leur diffusion. Ils achetaient de la matière brute (bons en directs) ; ils achètent désormais des produits plus complexes aux banques, qui se sont réservés l’achat de la matière première, qu’elles transforment en produits d’épargne.
    La fin de l’autorité monétaire rétablit ainsi artificiellement la pénurie monétaire de jadis – comme à
    l’époque des bases métalliques- et le coût qui lui est associé : désormais, il y aura un service de la dette publique qui représentera la charge d’intérêts d’une ressource, dont la rareté est une construction toute politique.
    Le choix du gaspillage de fonds publics
    Vu sous un autre angle, l’indépendance des banques centrales annoncée comme la seule mesure efficace de lutte contre l’inflation, correspond à un intense gaspillage de fonds publics : en interdisant le lien traditionnel entre le Trésor et la banque centrale, et en créant un marché monopolistique par ailleurs, le prix de la dette passe d’une valeur nulle à un prix positif. Cela correspond à 2, 5 points de PIB s’agissant de la France, et aujourd’hui – pour donner un exemple extrême – à 15 points de PIB s’agissant de la Grèce. Le gaspillage des ressources publiques est ainsi une obligation relevant de la loi, et plus encore, s’agissant de l’Euro-zone, de traités internationaux. Quant à la sempiternelle peur des marchés, elle n’est que la conséquence d’une construction politique, puisque ces mêmes marchés ont été politiquement construits.
    A y regarder de plus prés, on peut se demander, si l’indépendance des banques centrales relève de ce qu’on appelle la montée du libéralisme, ou à l’inverse, procéderait plutôt d’un hold-up hélas planétaire. Les libertariens ont raison : la loi – en France celle du 3 janvier 1973- n’est que le résultat de la violence de quelques uns, bien décidés à prendre en otage l’ensemble de la population. A un moment où les dettes souveraines deviennent insupportables par l’effet d’un second hold-up à l’intérieur du premier (il fallait, parait-il, « payer » pour sauver les banques en 2008) qui viendra nous libérer ?
    Pour plus de détails aller sur:
    http://www.lacrisedesannees2010.com/article-statut-des-banques-centrales-et-etats-du-monde-85259345.html

    1. le programme du Front de Gauche dit à peu près la même chose (page 32)
      ________________________________________________
      Nous voulons libérer les finances publiques des griffes des marchés financiers.
      Notre stratégie se décline en quatre axes : reprise du contrôle des mouvements de capitaux aux frontières de l’Union européenne ; possibilité que les banques centrales contribuent directement au financement des biens et des services publics ; obligation de détention de titres de la dette publique par les institutions financières ; abrogation du Pacte de stabilité et du Pacte pour l’Euro+* pour ouvrir la voie à un nouveau Pacte européen de progrès social et de codéveloppement.

      Nous proposons que la BCE (et les banques centrales nationales comme la Banque de France qui constituent ensemble l’Euro-système) finance directement, par création monétaire, un Fonds de développement social, solidaire et écologique européen (voir p. 70). Celui-ci remplacera le Fonds de stabilité financière institué en mai 2010 par les dirigeants de l’euro et auquel ceux-ci entendent substituer, à partir de 2013, un « Mécanisme européen de stabilité » flanqué du « Pacte pour l’Euro+* ».
      ________________________________________________

      1. Le problème, c’est que ce programme, pour être compatible avec celui du PS,
        n’exproprie pas le capital, donc laissera sa dictature nous écraser.
        Ce n’est même pas le programme commun qui avait déjà démontré son impuissance.
        Du sous-Mitterrand.

      2. @ Charles A
        A force de vouloir le Grand Soir tout de suite, vous nous en éloignez de plus en plus. Vous avez peut-être raison quant au but final, mais par quelles étapes songez-vous y parvenir ? Comment convaincre les électeurs que les propositions du FN ne sont pas la solution ? etc.

      3. Je ne veux faire de la peine à personne mais compter sur le Front de Gauche ou le NPA pour « renverser la marmite » ne parait guère crédible.

      4. Vous semblez d’accord avec moi: l’expropriation des expropriateurs,
        la fin de la dictature du capital, la démocratie réelle, toute à inventer,
        pas le grand soir, mais une révolution, pas seulement sociale, mais de civilisation !

        Alors nous ne pouvons pas appuyer le projet de refaire la gauche plus rien.
        Elle a conduit au FN plus fort que le PS.
        Dans la crise, qui ne fait que commencer (peut-être le point de désaccord),
        refaire du mitterrandisme (parler et faire son contraire)
        au bénéfice toujours du système,
        désarmer les mobilisations, comme l’ont fait les dirigeants FdG,
        se battant contre la grève générale, cette fois-ci,
        c’est offrir la République aux fascistes sur un plateau.

        Les réformistes arriveront au pouvoir, j’espère, en 2012…
        Nous voulons nous débarasser de Sarko.
        Mais immédiatement, à moins de laisser la place aux fascistes,
        devant la soumission au système des nomenclatures de la gauche plus rien,
        il faudra des organisations, des luttes, et un projet: une alternative révolutionnaire.

        Comme en Grèce, comme au Portugal, comme en Espagne,
        le peuple devra se libérer des politiciens d’alternance au buffet du caviar.
        C’est ce qu’il faut préparer, avec détermination et patience.
        Sinon, c’est la barbarie assurée, avec cerise PS sur le vomi.

      5. @ Nemo
        Exact. On ne dispose encore d’aucune organisation
        qui puisse aider suffisamment les révoltes qui sans ces organisations,
        n’iront ni assez loin ni assez longtemps.

        L’important, c’est de construire les résistances, au niveau personnel,
        local, régional, national, international,
        renforcer les syndicats, les associations et les partis
        qui n’ont aucune illusion sur les urnes et ceux qui toujours en tirent les maroquains…

        Restent quelques années pour éviter le déferlement de la barbarie,
        sous étiquette gauche ou droite…

  8. L’action ‘Occupy Wall Street’ semble prendre de l’ampleur.

    New York City labor unions are preparing to back the unwieldy grassroots band occupying a park in Lower Manhattan, in a move that could mark a significant shift in the tenor of the anti-corporate Occupy Wall Street protests and send thousands more people into the streets.

    The Transit Workers Union Local 100’s executive committee, which oversees the organization of subway and bus workers, voted unanimously Wednesday night to support the protesters. The union claims 38,000 members. A union-backed organizing coalition, which orchestrated a large May 12 march on Wall Street before the protests, is planning a rally on Oct. 5 in explicit support.

    http://www.huffingtonpost.com/2011/09/29/nyc-transit-union-joins-o_n_987156.html

    Aussi les syndiqués (pilotes et pnc) de United Airlines se joignent à l’action.

    Wall Street saw yet another surge in protesters today – as hundreds of Continental and United Airlines pilots demonstrated in New York City’s financial district.

    Over 700 hundred activists, represented by the Air Line Pilots Association (ALPA) carriers, took their grievances to the streets as they protested for wages and benefits in light of a stalled merger between the airlines.

    The demonstration coincided with the 11th straight day the Occupy Wall Street encampment, which has seen thousands of demonstrators descend onto downtown Manhattan – and hundreds arrested.

    http://www.dailymail.co.uk/news/article-2042680/Wall-Street-Protests-Continental-United-Airlines-pilots-fed-bosses.html#ixzz1ZInwvzqQ

    http://www.youtube.com/watch?v=TpRGoBPwgJ8&feature=player_embedded

    http://www.youtube.com/watch?v=XCZLhEOJ8XA

  9. François,
    Faut regarder les choses en face, les soit disants « marchés » ne font plus de la finance, ils font de la politique, reste à voir qui se cache dérriére tout ce bazar !
    Pour moi, c’est une nouvelle bipolarisation du monde qui se met en marche, les « atlantistes » ponctionnés par la finance U.S. contre les « brics » ,
    Lorsque la structure change, les bases sur les quelles la réfléxion doit se faire, changent aussi, 😉

  10. Bonjour M. Leclerc,

    une petite question technique pour le spécialiste que vous êtes : les banques européennes ont réussi à se défaire de la majorité des obligations grecques (rachetées par la BCE), à l’exception notable des banques grecques qui y sont toujours très exposées. En cas de défaut de la Grèce, les banques grecques se retrouveraient certainement dans une situation de faillite : est-ce que cela n’est potentiellement pas plus dangereux qu’un défaut de la Grèce (en raison de l’interconnexion des banques à l’échelon mondial)?

    1. Les banques grecques sont gorgées d’obligations grecques et seront les premières à être tenues à bout de bras.

      Mais d’autres en-cours sont dangereux: les banques étrangères ne sont pas uniquement engagées auprès de leurs consœurs grecques (parfois même filiales), mais également auprès d’entreprises grecques.

      C’est pour cela que bien qu’étant un petit pays au sein de la zone euro, la Grèce recèle un potentiel destructif important…

      1. Vos détails vont dans le sens de ce que je pensais. En revanche, que pensez-vous du plan secret allemand dont vous avez brièvement parlé dans un de vos précédents billets? Un plan qui réduirait à néant le système public peut-il réussir dans le contexte économique actuel (sans parler de l’impossibilité de contrôler la monnaie) ?

  11. Une chose est sûre, un chose est simple, et elle est terrible aussi.

    Une course de vitesse est engagée entre le camp des spoliateurs et la révolte populaire. Si le système financier et monétaire va avec certitude à sa perte, il est tout aussi vrai que le clash est inévitable entre la révolte des peuples et les pouvoirs.

    Mais la révolte demande plus de douleur encore pour commencer à s’exprimer. C’est difficile à comprendre pour les lecteurs de ce blog – quoique, se révoltent-ils autrement qu’à leur clavier ?, et même ? – mais c’est comme ça.

    Une amie qui revient de Grèce me dit que c’est à pleurer. On voit à Salonique des femmes âgées faire les poubelles à la recherche de nourriture. Sachant l’estime que l’on donne aux personnes âgées dans ce pays, dit-elle, c’est terrifiant. On a donné ici d’autres infos sur la vie des gens dans ce pays, toutes aussi révoltantes les unes que les autres. Et pourtant, la révolte grecque, sans doute déjà en gésine, n’apparaît pas encore en plein jour.

    Je me demande si les énergies dispensées dans ce blog ne doivent pas commencer à chercher d’autres objets que l’urgence va rendre plus dignes d’elles, des objets « militants » d’une manière ou de l’autre (je n’aime pas ce mot trop proche de « militaire »), des engagements dans l’action sociale.
    C’est peut-être encore un peu tôt, mais la question va devenir cruciale prochainement.
    Il me semble que l’on peut y réfléchir dès à présent.

    En attendant, achetez grec, et si vous voyagez, allez en Grèce.

    1. « En attendant, achetez grec, et si vous voyagez, allez en Grèce. »
      Pour faire plaisir aux armateurs qui, eux, de toutes façons, ne paient pas d’impôts ?
      Ah mais bien sûr: s’ils sont encore plus riches peut-être accepteront-ils de « faire démarrer l’économie ».
      Ce sont là des belles fables du siècle passé.
      Militer, se révolter ? Oui. Mais cela se fait simplement parce qu’il n’y a pas d’autre choix que se battre pour sauver sa peau.

  12. Je réitère ici mon commentaire au texte d’hier, car il convient à nouveau parfaitement:
    Les ratios de Bâle sont une aberration économique.
    Ils n’ont aucune espèce de pertinence.
    En cas d’un défaut majeur d’un débiteur, aucune capitalisation d’aucune sorte ne peut empêcher une crise systémique.
    Mais il faut croire que les experts s’accrochent à des certitudes qui ne valent rien.
    Le vote parlement allemand prépare, sous la pression de l’industrie allemande, la continuation des excédents allemands pour quelque temps au détriment des débiteurs qui feront alors défaut pour des montants encore plus astronomiques.
    La transformation du FESF en Bad bank susceptible de se ré-financer auprès de la BCE à guichets ouverts en échange de dettes souveraines pourries rapprochera le fonctionnement de l’Euro de celui du dollar: On imprime de la monnaie fraîche en cas de risque systémique.
    Or, comme le prouve la réalité observée aux USA, au Japon, en Grand-Bretagne et maintenant aussi dans les pays de l’euro, cela ne relancera pas la machine, les déficits se poursuivront sans doute indéfiniment, ne permettront aux gouvernement plus aucune marge de manoeuvre budgétaire, car le service de la dette est devenu ou deviendra prochainement le premier poste budgétaire partout.
    Cela signifie que les impôts collectés serviront essentiellement à gaver les plus riches toujours davantage. Et ces mêmes riches thésauriseront toujours davantage. La redistribution fonctionnera de moins en moins, et cela aura pour effet la persistance d’une demande susceptible d’acheter plutôt faible.
    Avec une paupérisation qui s’étendra toujours davantage.
    La seule chose qui ferait que les banques n’auraient plus jamais de problèmes de solvabilité serait l’instauration d’une monnaie marquée par le temps et qui ne pourrait pas être détournée et disparaître dans la trappe aux liquidités. Une monnaie qui reviendrait tout le temps en circulant parfaitement. Une monnaie qui génèrerait à tout moment, via une demande soutenu de biens, services et biens d’équipement, suffisamment de revenus pour faire réellement reculer la dette. La dette reculera alors effectivement en même temps que les créances en face, tout simplement parce que la rente du capital aura disparu.

    1. après guerre les banques centrales prêtaient aux Etats qui ont pu investir dans l’éducation, les transports, la santé, l’énergie, c’est que l’on a appelé après coup les trente glorieuses. Ces investissements étaient fait par des emprunts (que l’on n’appelait pas de la dette) . . . Les gains obtenus sur le moyen terme ou le long terme permettaient d’équilibrer la circulation de la monnaie
      Puis nous est venu d’au delà l’océan (ou d’ailleurs) un vent libéral de dérégulation des marchés dans les années 70 et depuis on parle de dette des Etats. Les Etats ont été petit à petit « privatisés »
      Ce qu’une politique a su défaire dans les année 70 une autre politique peut le défaire aujourd’hui.

      1. Ce n’est pas exactement ainsi que les choses se sont passées. Les banques centrales ont effectivement augmenté peu à peu la quantité de monnaie circulante, le faisaient même en générant une certaine inflation, afin d’accompagner la forte croissance des économies, en relation avec des phénomènes de rattrapage, notamment vis-à-vis des USA
        Mais cette inflation augmentait aussi l’endettement, qui, à sont tour, ne pesait pas trop du fait de l’inflation.
        Or, l’inflation s’est calmée dès que les taux de croissance diminuaient du fait d’une saturation progressive des marchés prospères en Europe.
        L’inflation keynesienne pouvait prendre le relais dans les années 70, après les chocs pétroliers, mais cela n’a pu durer qu’un temps.
        En effet, soit on continuait et le problème de surendettement se serait posé beaucoup plus tôt, soit on freinait l’inflation.
        De toute façon, les capitaux accumulés sont devenus très abondants dès les années 70, car les trente glorieuses sont passées par là, et les enrichissements d’une minorité s’accentuaient déjà.
        Il fallait, dès lors, surtout recycler l’épargne ainsi accumulée via les endettements concomitants, car, déjà, la crise systémique aurait pointé son nez si on n’avait pas fait cela, et comme cela s’est produit en 90 au Japon, où, avec la chute brutale de la bulle immobilière de Tokyo, les insolvabilités des banques ne pouvaient être compensées que par des injections massives de monnaie, sans générer l’inflation, simplement pour combattre une déflation insidieuse.
        De toute façon, le fond du problème est toujours le même: l’inflation finit par reculer, car la stimulation qu’elle génère produit des saturations de plus en plus rapprochées des marchés (éclatement des bulles), et les ventes vont stagner, malgré une quantité de monnaie abondante en face. La thésaurisation démarrera dès lors, tant que le billet reste une réserve de valeur acceptable, phénomène précisément favorisé par l’inflation en recul, voire la déflation.
        C’est pourquoi, avec une monnaie mal fichue comme la monnaie actuelle, la tendance à la déflation finira toujours par prendre le dessus, éventuellement combattue par des hyperinflations et la destruction monétaire que cela signifie.
        La seule façon d’obtenir une circulation monétaire stable en dehors de toute nécessité de croissance serait l’instauration d’un signe monétaire marqué par le temps (le SMT), et on aurait résolu du même coup la problématique des crises systémiques, devenues impossibles ainsi.

    2. Bien vu.
      Pas sûr néanmoins que la crise puisse être résolue par une meilleure circulation monétaire. Vous avez vous-même détecté ses origines qui sont bien plus profondes.

      1. Eh, bien si!
        Dès que la monnaie se mettra à circuler sans entraves, dès qu’elle ira de main en main, il n’y aura plus jamais aucun problème systémique de financement et de refinancement.
        Au fond, à chaque changement de main, nous aurons une transaction de biens, services ou de bien d’équipement.
        Quand les dettes souveraines sont vendues, quel que soit le prix obtenu sur le marché, la somme encaissée par le vendeur sera immédiatement remise en circulation pour une autre transaction, et elle ne sera plus gelée comme c’est le cas avec les « monétisations » actuelles sans aucun impact sur d’autres échanges.
        Il est tout à fait certain que les QE divers et variés pratiqués par toutes les banques centrales au cours de ces dernières années depuis fin 2008 (pour le Japon depuis 1990 déjà) n’ont guère abouti à une meilleur circulation monétaire, tout au plus ont-ils évité des effondrements déflationnistes.
        Où est tout cet argent?
        Eh bien, il est dans la trappe aux liquidités, autrement dit, sans aucune efficacité économique.
        La seule chose redoutable et redoutée qui se produit et se reproduit avec des effets dévastateurs et déstabilisants, ce sont des bulles spéculatifs autours d’actifs changeants, actions, matières premières, etc. Après chaque éclatement de bulle, le repli liquide redevient chaque fois plus intense, et c’est ce qui démontre que la monnaie liquide fonctionne comme valeur refuge ultime.
        Or, une monnaie réserve de valeur va toujours générer des crises nouvelles et systémiques.
        Si nous enlevons à la monnaie liquide la possibilité de se se retirer de la circulation même (sa principale raison d’être), nous aurons enlevé la possibilité de survenue de crise systémique, et nous nous engagerons sur un large front vers un désendettement général.
        C’est bien pourquoi votre objection ne tient pas.
        Toute crise économique actuelle est toujours principalement une crise de la circulation monétaire.
        L’introduction d’un signe monétaire marqué par le temps (le SMT) répond assez bien à cette exigence de bon sens, bon sens qui fait défaut à la quasi totalité des économistes et experts.
        J’étais hier à une journée « horizon vert » organisée à Villeneuve sur Lot, où était aussi présentée la monnaie locale, l' »Abeille », une « monnaie fondante » devant être actualisée de 2% par vignette tous les six mois, et j’ai eu la satisfaction de voir qu’avec très peu de liquidités émises en monnaie « abeille », les transactions atteignaient des volumes respectables et que de plus en plus d’entreprises acceptaient de participer à cette expérience. Donc, même sans même que cette monnaie ne devienne officielle, ça marche! Son acceptation progresse, et il y aura d’autres expériences en train de se mettre en place un peu partout.

    1. @ VanOchA,

      Bonsoir,

      trouvé ça :

      http://www.gecodia.fr/Niveau-de-dette-en-France-au-T3-2010-nouveau-record-d-endettement_a1106.html

      « Le niveau de dette rapporté au PIB en France au T3 2010 est en légère hausse. Tous secteurs confondus, l’encours de dette atteint 207,2 % du PIB au T3 2010, contre 206,8 % au 2e trimestre. Ce nouveau record pour la dette confirme la tendance de fond depuis près de 30 ans. Ceci représente un encours de dette de 4 006 milliards €.

      Cette somme inclut les institutions publiques, les entreprises et les ménages. Ce sont les ménages et les administrations publiques qui ont le plus contribué à la hausse de la dette totale au T3 2010.

      Depuis début 2009, la dette des administrations est passée de 72,1 % du PIB à 87,8 %, celle des ménages de 50,4 % à 53,9 % et celle des entreprises de 62,7 % à 65,5 %. Le secteur public est donc responsable de la plus grosse part de l’augmentation de la dette totale sur cette période. Une telle évolution en si peu de temps pour l’endettement en France est inédite depuis que les séries existent (1979).

      A noter que l’endettement des institutions financières est à 207,2 % du PIB. Le total, en incluant ce secteur, est de 414,4 % du PIB au T3 2010, soit 8 011 milliards €.  »

      voir la suite de l’article

      belle nuit

  13. En tout cas, dans un silence assourdissant, un parlement Européen représentant 27 pays dont 10 ne participant pas à l’euro vient de se permettre de renforcer le pouvoir de sanction de la commission.
    C’est à dire que des Anglais, des Baltes et des Polonais se sont permis de décider à propos de quelque chose qui ne les regarde pas.

    Il va bien falloir finir par aller foutre le feu à Bruxelles et à Strasbourg pour les forcer à un minimum de décence démocratique.

    D’ailleurs, le patron (Français et UMP) du PPE s’est permis de déplorer les échéances éléctorales nationales applaudi par le patron du PSE au parlement.

    Attention, à force d’approcher le feu de la poudre,…

    1. peut-on encore parler de « dérive » autoritaire à propos des instances non élues de l’Europe ?
      ______________________________________________
      Le traité de Lisbonne, imposé par voie législative après le rejet à près de 55 % des Françaises et des Français du traité constitutionnel européen, est illégitime. Nous refusons tous les pactes et plans d’austérité- qui concourent à amplifier la récession économique et la régression sociale au nom de la même logique libérale de soumission aux marchés financiers. Nous voulons mettre un terme à la libéralisation des services publics encouragée par les directives européennes, et nous engagerons la refonte du Code des marchés publics qui soumet l’action publique aux règles de la concurrence libre et non faussée.
      ______________________________________________
      extrait du programme du Front de gauche (page 68)

      1. la règle de la concurrence libre et non faussée avec sa liberté de circulation des personnes, des richesses et desq marchandises sur le même plan en guise de Liberté est possiblement totalitaire

    1. Sarko : le seul mec capable de défendre le social à l’extérieur de « son » pays, mais de faire tout l’inverse lorsqu’il y est.
      Soit, un avocat.
      A ne pas écouter et surtout : à fuir.

      1. je ne pense pas qu’il défende le social à l’extérieur de son pays, il le dit, il le dit, mais perso je ne le crois pas, cet homme-là ferait du social ??

  14. J’ai rencontré il y a un peu moins de trois mois un responsable commercial pour l’Europe d’une maison de vente très connue qui opere sur plusieurs marchés notament le marché des residences de luxe pour multimillionnaires. Il m’a affirmé (et cela reste son affirmation que je n’ai pas verifié) que le marché français dans ce segment est très florissant et chose interessante que les acheteurs les plus actifs sont en cette période particulière les riches grecs.

    Si on considère ce qu’il dit comme vrai, alors il doit probablement s’agir de la categorie de la sociéte greque qui a accumulé les gains de la periode de boom économique d’autant plus qu’elle ne payait vraisemblablement pas les impôts. C’est cette categorie qui doit payer pour sauver le pays, mais bien sûr j’oubliais, les gains sont privés et les pertes c’est au peuple de les payer.

    Ce qui m’amene à penser qu’en fin de compte la mondialisation couplé à l’emprise dominante locale et globale de la finance ont permis l’emergence d’une elite qui se considère dans les faits apatride et dont il faut se mefier dans chacune de nos sociétés.

    1. Bienvenue, Saad.
      Merci de ton témoignage qui conforte ce qu’une grosse majorité de commentateurs connaissent ici par d’autres faits.

      Cette « élite » est en effet apatride par obligation.
      Elle doit quitter le « nid » et dévorer le reste de l’essaim qui l’a aidé à naître si celui-ci se montre menaçant.
      Menaçant de lui piquer son fric, en réalité.

      Méthode américaine de barbarie habituelle.
      Le 11 septembre parait moins étrange, de fait.

      1. @ Yvan

        C’est quoi cette allusion au sujet du onze septembre.
        J »ai pas compris. Sauf si j’ai peur de comprendre sur les « élites apatrides ».

      2. Renard, poses la question à Cyberpipas.
        Il semble faire partie de la grosse majorité de commentateurs.
        Comment tues-tu un essaim de frelon si ce n’est qu’en remontant au nid…???

      3. La réponse de Cyberpipas ci-dessous se contente de pourfendre le nomadisme.
        Limite, sans plus.
        C’est donc à toi que je renouvelle ma question.
        C’est quoi cette allusion au sujet du onze septembre ?

      4. http://www.lemonde.fr/m/article/2011/09/30/les-neonazis-visent-la-maison-blanche_1579415_1575563.html
        Reviens dans le réel, Renard.
        Ton no-madise est une illusion double de technologie et de planète géographiquement finie. Et, justement, limite.
        En cela, Cyberpipas est dans le vrai.

        Pourquoi le 11 septembre..??
        Hé bien … pourquoi vouloir « contrôler » la planète… !?!

        Précision : toi, le pauvre, ton no-madisme se passe par écran… Légère différence, non..??

      5. Nenni Renard. Nomadisme n’est point mobilité. L’élite en question se déplace d’un point de chute -fixe et luxueux- à l’autre dans la structure qu’elle s’est façonnée.

        Le nomade suit un mode de peuplement affligeant l’apatride défiscalisé, qui dans le sillage de son jet ou de son yacht, n’entraîne lui qu’un flux de larbins entre deux palaces.

        Prenons un exemple: le salon du yacht écologique de Monaco. Voici un point de chute permettant d’allier rivalité ostentatoire, (multi)sédentarité et mobilité. Un symbole de pouvoir, non un mode de peuplement.
        Prenons un autre exemple, mon pote Mat, menacé par la loi LOPPSI 2 pour l’outrecuidance dont il fait preuve en habitant le camion qu’il s’est construit, lui assurant ses trajets entre deux fermes accueillant des WOOFERS.

        Nomadisme n’est point mobilité.

      6. @ Yvan
        Ça y est j’ai compris.
        C’est un peu le même principe que le type qui portait un chapeau melon en débouchant sa baignoire.

      7. @ Cyberpipas

        Je vous propose, pour nous mettre d’accord le mot d’hypernomade tel que le définit Attali (qui certes se plante avec régularité mais amène toujours des idées intéressantes).
        Il conviendrait de relier ce concept avec celui d’économie monde .
        Nous assisterions à la naissance d’une nouvelle économie monde dont pour la première fois le cœur ne serait plus une ville, un État ou un Empire. Une économie monde hors sol !
        Ma réponse est trop brève mais le temps me manque ce matin pour la richesse du débat que vous suggérez. Je vous prie de m’en excuser. Peut-être y reviendrons nous.

    2. +1
      la mobilité est l’expression la plus manifeste du pouvoir temporel acquis par cette « élite », dans ses capitaux, ses yachts, ses jets privés.

  15. Je fais suivre un mail que j’ai reçu et que j’estime utile :

    Chers amis en Europe,

    Le scandaleux plan de sauvetage financier pour la Grèce, rédigé par les banquiers, va renflouer gratuitement les banques et les spéculateurs grâce à l’argent des contribuables et laisser la Grèce à sec. Nos ministres des finances se réunissent dans 3 jours, envoyons-leur un immense appel pour qu’ils revoient leur copie et reviennent avec un plan qui renfloue la Grèce, pas les banques:

    Signez la pétition !

    C’est incroyable, ils sont en train de recommencer. Nos gouvernements offrent gratuitement encore plus d’argent des contribuables aux banques!

    Il est absolument nécessaire de renflouer la Grèce afin de sauver la Grèce, sauver l’Europe et sauver l’euro. Mais l’actuel plan de sauvetage financier prévoie que nous, les contribuables, renflouions les banques à hauteur de 90% de leurs placements hasardeux. Les Grecs ne reçoivent pas un centime, et nous donnons d’énormes montants aux riches banquiers. Pire encore, près de 30% de notre argent ira aux spéculateurs qui vont faire d’énormes profits en spéculant sur le sauvetage financier!

    Comment nos gouvernements ont-ils pu rédiger un plan de sauvetage qui renfloue les banques et les spéculateurs, sans rien donner à la Grèce? Réponse: ils ont en fait demandé aux banquiers de rédiger cet accord. Nos ministres des finances se réunissent dans 3 jours pour se prononcer sur ce plan, envoyons-leur ainsi qu’à nos parlements un immense appel pour qu’ils revoient leur copie et renflouent la Grèce et non pas les banques:

    http://www.avaaz.org/fr/eu_people_vs_banks_fr/?vl

    Alors que partout l’argent se fait rare et que nos systèmes d’aides sociales les plus essentielles subissent des coupes drastiques, nos gouvernements cèdent à la pression des puissants lobbies de la finance. Mais ils affirment qu’ils s’inquiètent du fait que certaines banques ne peuvent pas absorber la perte de leurs investissements grecs et feront faillite si elles ne sont pas renflouées. Or, lorsqu’en cas de problème on demande à une banque de nous aider, ce n’est pas gratuitement qu’elle le fait: elle nous donne un prêt ou un placement. Aujourd’hui, les banques sont en difficulté et viennent nous voir, pourquoi devrions-nous les traiter différemment? Au lieu de dilapider l’argent, devenons actionnaires ou faisons des placements dans les banques, et demandons-leur de nous rembourser l’argent du contribuable à un taux d’intérêt raisonnable!

    C’est ce qu’ont fait Gordon Brown au Royaume-Uni et Barack Obama aux Etats-Unis quand les banques étaient menacées de faillite. Ils ne les ont pas renflouées gratuitement, ils ont investi dans ces banques avec des actions et placements. Et seulement un an après, les contribuables ont tiré profit de cet accord! Le plan proposé est de la corruption pure et simple. Il n’y a aucun argument en faveur de l’intérêt général pour justifier le fait de donner aux banques et aux spéculateurs ces sommes astronomiques, et il y a au contraire toutes les raisons du monde à essayer de protéger les finances publiques. Au lieu de dilapider cet argent, nous pouvons l’utiliser pour investir en Grèce et dans les capacités de nos propres sociétés à se reconstruire et à se remettre de la crise financière. Il est temps pour nos responsables politiques d’arrêter de se cacher derrière des accords complexes rédigés par les banquiers. La partie est terminée, disons-leur « non » à ce plan de sauvetage scandaleux et demandons-leur de revenir avec quelque chose de raisonnable:

    http://www.avaaz.org/fr/eu_people_vs_banks_fr/?vl

    Beaucoup trop souvent, l’avenir économique de nos sociétés et les possibilités offertes à nos enfants sont décidés en secret par des acteurs corrompus qui recherchent le profit et non l’intérêt des citoyens. C’est encore le cas aujourd’hui. Les banquiers, ainsi que les politiciens qu’ils contrôlent, pensent que tout ceci est trop compliqué pour que nous puissions comprendre ou même nous y intéresser. Montrons-leur combien ils ont tort.

    Avec espoir,

    Alex, Iain, Antonia, Emma, Alice, Ricken, Maria Paz, Pascal et toute l’équipe d’Avaaz

  16. Vendredi 30 septembre 2011 :

    Trois banques espagnoles valorisées à quasiment zéro euro.

    La Banque d’Espagne a repris trois caisses régionales espagnoles vendredi, mais leur valorisation quasiment nulle fait craindre que l’Etat doive trouver encore d’autres capitaux pour couvrir les pertes liées actifs immobiliers toxiques détenus par les « cajas ».

    Les trois banques sont NCG Banco, Catalunya Bank et Unnim Banc. La Banque d’Espagne a évalué les deux premières à 0,1 leur valeur comptable, et elle a payé un euro symbolique pour la troisième.

    Ensemble, ces trois banques, qui n’ont pas réussi à attirer des capitaux privés et ont donc dû être de fait nationalisées, pèsent à hauteur de 7 % du système bancaire espagnol.

    http://www.boursorama.com/actualites/trois-banques-espagnoles-valorisees-a-quasiment-zero-euro-7b7727fd37f7e92f14fd35aefafb45aa

  17. 2000 milliards sur disons 500 millions d’européens, ça fait 4000 euros par tête de pipe, présent et à venir. Y en a qu’ont les moyens.
    Pour un/e grec qui touche 500 euros par mois ça fait 8 mois sans rien recevoir. C’est beaucoup.
    Bien sûr les 2000 mds c’est pour impressionner, comme devait déjà le faire le plan précédent de 440 mds. Celui qui se révèle trop juste en ce moment, justement.

    Une idée rigolote et pas du tout morale :
    La BCE achète sans compter toutes les dettes des pays de l’euro, les nouvelles et les anciennes, tout ce qui traîne, à n’importe quel prix. Son bilan se dégrade, les pays refusent en bloc de la renflouer, elle fait faillite, ferme boutique, toutes les dettes sont annulées. Ne reste plus qu’à recréer une nouvelle BCE dans les mêmes bâtiments avec le personnel de l’ancienne.
    Et personne n’est floué dans l’histoire et il n’y a même pas de défaut, puisque la BCE appartient aux états. Rigolo, non?

    1. Personne n’est floué ? pas vraiment, car ceux qui ont prêté prennent leurs pertes, actionenent leurs CDS ( la chaîne du bonheur )

  18. Ans c’est stral, après avoir salué :
    « Alex, Iain, Antonia, Emma, Alice, Ricken, Maria Paz, Pascal »
    Tu salueras de ma part :
    Thérèse, Albin, Vends c’est l’As, Aimé, Roland, Thècle, Côme et La Sainte Croix.

    Bon Avaaz communiquant à toi.

  19. Je discutais encore hier avec mon fils qui travaille dans une banque d’investissement à Tokyo au sujet des dettes souveraines. La dette de l’Etat Japonais rend celle de la Grèce, par simple comparaison, négligeable. Cependant, vu du Japon, le problème de la Grèce lui rappelait la crise des sub-primes, c’est-à-dire une escroquerie à l’assurance (CDS) organisée par les banques d’affaire américaines qui ont eu l’audace de titriser les créances immobilières. Or, pour les dette souveraines, et en particulier pour la Grèce qui a fraudé scandaleusement pour intégrer la zone euro, il n’y a plus d’assureur ! Pour les sub-primes il y avait AIG et chacun connait le sort de cette compagnie d’assurance qui s’est largement compromise dans ce scandale ! Pour la Grèce, comme pour le Portugal, l’Italie, l’Espagne et peut-être bientôt la France, personne ne veut plus prendre de risque, les banques ne peuvent plus s’assurer contre les risques de leurs turpitudes.
    Conséquence immédiate et redoutable : on va assister à très court terme à un assèchement des liquidités avec les effets délétères sur l’économie en général : la crise n’en est qu’à son début.
    Pour en revenir au Japon, en quelques mots, la dette y est détenue à plus de 96 % par des résidents (banques et particuliers) alors que la dette de la France est détenue à près de 60 % par des non-résidents et aucun particulier ( ! ). Si les marchés ne peuvent plus s’assurer contre les risques de défaut, la France sera confrontée au même problème que la Grèce ou l’Espagne, mais les Japonais continueront à faire confiance en leurs politiciens par simple civisme, même si ces derniers sont notoirement corrompus.

    1. Bien vu!
      Ceci dit, tous les épargnants détiennent « à l’insu de leur plein gré » une grande quantité de ces dettes souveraines, car les banques et les assurances ont bien placé les fonds collectés des particuliers dans ces créances pourries.
      pourquoi?
      Parce qu’elles ne pouvaient faire autrement pour payer les intérêts promis aux épargnants.
      Autrement dit, l’assèchement que vous annoncez va ruiner un peu tout le monde!
      Pour reculer ce moment de vérité, les banques centrales, la japonaise autant que la Fed, la BCE et la Bank of England, continueront à arroser à qui mieux mieux pour tenter d’éteindre l’incendie.
      Nous sommes devant un paradigme nouveau au sens où la simultanéité de ce phénomène dans le monde entier obtient que les trappes aux liquidités sont bien gavées partout, et la monnaie ne circule pas bien (90% de la monnaie liquide est dans la trappe!)
      Il n’y a plus véritablement d’autre valeur refuge que le billet de banque lui-même.
      Il suffirait de le rendre « liquide » pour que la crise soit terminée! Car c’est bien ce « refuge » qui est la cause principale de la crise de solvabilité annoncée.
      Comment faire?
      En émettant une monnaie marquée par le temps, un signe monétaire marqué par le temps (le SMT), qui perd de sa valeur faciale à intervalles réguliers pour qu’il ne soit plus susceptible d’être thésaurisé et pour que le capital cesse d’extorquer sa rente qui aggrave toujours et encore l’es endettements publics et privés selon un mode de croissance exponentielle.
      pour en savoir plus, je vous expliquerai ça si vous m’envoyez un mail à johannes.finckh@wanadoo.fr; je vous ferai parvenir un petit livre que j’ai rédigé et publié.

  20. Allez. On va se coucher après un gros éclat de rire :
    http://www.latribune.fr/entreprises-finance/banques-finance/industrie-financiere/20110930trib000653287/la-sec-denonce-les-irregularites-des-agences-de-notation.html
    « Dans son premier rapport annuel sur les agences de notation, l’Autorité des marchés américain (SEC) évoque des problèmes de méthodologie et de conflits d’intérêt non déclarés. D’après Bloomberg, ses agents ont enquêté sur une possible fuite ayant précédé la privation du « triple A » des Etats-Unis par Standard & Poor’s. »
    Va falloir leur remettre le tripla, aux cowboys.
    Et pour se faire pardonner, leur accorder un AAAA++ mini. Avec vue sur la mer et jacuzzi garni…

    Mais quelle comédie !!!!!!!!!!!!!!!!!!!
    Ils veulent rouler qui de plus, les cowboys..???

    1. Le surveillant surveille le surveillant qui surveille le surveillant qui surveille le surveillant qui ne sait plus ce qu’il surveille. Il paraît que ce dernier en souffre.

      1. Les truands balancent leurs « condés » ; Rastani fait des petits.
        Comme le dit Paul à M. Salvi, le bas-relief apparaît…

  21. Je viens de comprendre…
    Le scientifique que je suis dans l’âme, comprends que l’aspect monétaire n’est qu’un flux.
    Or, faire bloc (Capital = Accumulation du flux), n’aide pas au développement de l’économie (ré-orientation du flux = investissement), ce qui crée des points singuliers (investissements coincés = goulots d’étranglements).
    Alors, qu’il suffit d’orienter le « Capital » pour fluidifier les investissements.
    Le « Capital » me semble donc un robinet fermé par rapport à ses intérets.

    Pour simplifier, le Capitalisme creuse sa propre tombe.

  22. @Arnaud
    Et bien j’ai pris quelques petites vacances quand à mon travail au CERN. La preuve: ils ne m’ont toujours pas trouvé ;o)

    Plus sérieusement, quand je disais « fédérateur », je sous-entendais « leader ». Autrement dit une personne qui ait, ou qui puisse acquérir, un poids politico-médiatique suffisant.
    Or, pardonnez-moi Paul, je pense que ce n’est pas (encore?) votre cas.
    De toute évidence, la ploutocratie* en place ne permettra pas l’émergence d’un tel leader.

    @RV
    Cette déclaration d’intention est bien gentille. Malheureusement, les gouvernements dépendent du système phynancier pour emprunter, et les banques dépendent des gouvernements pour la régulation. C’est ce qu’en informatique on nomme un « dead lock »…

    * Ploutocratie (du grec ploutos : richesse ; kratos : pouvoir) consiste en un système de gouvernement où l’argent constitue la base principale du pouvoir. Voir l’article wikipedia.

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