LA SITUATION REELLE DE L’EMPLOI AMERICAIN, par OIivier Berruyer*

Billet invité

Ce billet met à jour pour ce trimestre l’analyse du chômage américain que nous avons précédemment effectuée, et qui montrait que la baisse du taux de chômage observée masquait en fait une importante hausse des Américains découragés qui abandonnaient l’idée de trouver du travail. Voici où nous en sommes.

On constate que le taux de chômage a désormais clairement cessé sa décrue, entamée en juillet 2010. Le nombre de chômeurs vient ainsi de dépasser de nouveau les 14 millions.

Si on s’intéresse à la variation du taux d’emploi (qui est le complément du taux de chômage, à savoir le nombre de personnes ayant un emploi, ramené à la population active = personnes pouvant et voulant travailler), on note que le rétablissement est relativement net, et semble en ligne avec les reprises de 1975 et 1983.

On constate bien un net retournement de tendance : le chômage ne diminue plus depuis 8 mois, il stagne. En fait, l’amélioration constatée depuis un an n’est pas aussi florissante qu’il y parait. Comme nous l’avons exposé, si le calcul du nombre de personnes employées est facile, celui du nombre de chômeurs l’est moins, car cette notion peut être extensive.

Rappelons que les statistiques officielles américaines partent de la population totale (313,1 millions en septembre 2011), et définissent la population civile hors institutions (Civilian Noninstitutional Population) comme étant celle des 16 ans et plus, qui ne sont pas pensionnaires d’établissements (prisons, hôpitaux psychiatriques, maisons de retraite). Elle est égale à 240,1 millions de personnes, qui pourraient donc potentiellement travailler. Un certain nombre ne le veut pas (essentiellement les retraités – puisqu’il n’y a pas de limite d’âge dans la définition, beaucoup de personnes âgées travaillant aux États-Unis).

Cette population se scinde entre 154 millions d’Américains désirant travailler, qui constituent la population active civile (Civilian Labor Force) et 86 millions qui ne veulent pas, la population non active (Not In Labor Force). Sur les 154 millions, 14 sont au chômage, soit 9,1 %. En mai 2010, on comptait 15,5 millions de chômeurs pour 154,5 millions d’actifs, soit 10,1 % de chômage : le taux de chômage a bel et bien nettement baissé (après un minimum à 8,8 % en mars 2011).

Mais à la lecture de ces chiffres, on voit vite le problème : la population active a diminué dans l’année ! Or, on oublie fréquemment un point majeur : la population des États-Unis est une des plus dynamiques dans le  monde développé. La population américaine croît de 1 million tous les 4 mois. Observons l’évolution de la population sur les 40 dernières années.

On constate que la population totale a une croissance très régulière, un peu supérieure au cours des vingt dernières années par rapport aux vingt précédentes. On observe la chute historique de la population employée et la hausse consécutive du chômage en 2008. Mais ce qui est plus intéressant est la quasi-stabilité de la population active depuis deux ans, alors que la population totale ainsi que la population hors institutions ne connaissent aucune rupture dans leur évolution tendancielle. Zoomons.

On observe la chute énorme de la population employée, qui est toujours sous son niveau de 2005 – ceci était attendu. Évidemment, la crise n’a eu aucun effet sur la population totale, qui continue d’augmenter linéairement. Il en est de même pour la population civile hors institutions.

Le point saillant est que la population active a cessé de croitre depuis l’automne 2008. Et qu’elle a même diminué depuis lors. Un tel phénomène n’est tout simplement jamais arrivé aux États-Unis depuis 40 ans, même au pire de la crise des années 1970. En conséquence, c’est la population non active qui a très fortement augmenté depuis 2009. Nous n’avons pas de statistiques détaillées sur ces travailleurs découragés, mais ce sont probablement en bonne partie des sexagénaires et des septuagénaires qui ont cessé de travailler, alors qu’ils auraient continué avant la crise. Et au vu des retraites misérables américaines, on comprend que cette population se retrouve en situation difficile.

Grossièrement, le bilan entre le 1/5/2007 et le 30/09/2011 est de : 11 millions d’Américains en plus, dont 3 millions dans des institutions (y compris écoles dans ce sens) et 8 millions hors institutions. Ce sont 7,3 millions d’Américains en plus dans la population non active, et à peine 700.000 en plus dans la population active. C’est 6,6 millions d’employés en moins, et 7,3 millions de chômeurs en plus.

Depuis 2007, si on prolonge la population active par sa tendance moyenne des 15 dernières années (elle a toujours été très linéaire), ce sont en fait 12 millions d’emplois qui manquent toujours à l’appel – bien qu’il n’y ait « que » 7 millions de chômeurs en plus. Le taux de chômage « officiel » sur cette base ne devrait donc pas être de 9,1 %, mais de 12,4 %. En fait, l’impact total de la crise affecte sans doute plus de 20 % de la population active, directement ou non (travail à temps partiel non choisi, etc.).

Notre raisonnement est cohérent avec l’explosion de la population bénéficiant de bons d’aide alimentaire : + 18 millions en 4 ans. Il semble que la situation commence à peine à se stabiliser, mais il faudra plusieurs mois pour confirmer ceci. Ce serait une bonne indication de la stabilisation de la situation de l’emploi (mais serait bien loin encore d’une franche « reprise »).

En fait, on observe que les États-Unis connaissent un phénomène nouveau pour eux, et tristement commun pour nous : le chômage de longue durée :

On note qu’avec plus de 4 % de la population active en chômage de longue durée, les États-Unis connaissent un chômage du double du pic historique de 1983… Et si on rajoute toutes les personnes découragées, on arrive à plus de 7 % de la population…

On observe bien ceci sur les durées moyenne et médiane de chômage. Les courbes se passent de commentaires… Le pic de 1983 avait eu un impact bien plus limité.

Au niveau de la période récente, aucune amélioration n’est en vue, la durée moyenne augmente toujours mois après mois. Comme la durée médiane stagne, cela signifie que, d’une part, la durée moyenne des petites périodes de chômage et des grandes périodes de chômage augmente. Ainsi, une partie de la population est de plus en plus exclue du marché du travail.

On observe sur le graphique précédent que les exclus sont essentiellement les noirs, mais aussi les jeunes. Il y en fait peu d’écarts suivant le sexe.

Conscients de la problématique des découragés du marché du travail, on peut enfin représenter non plus le taux d’emploi (faussé par la définition de la population active), mais le ratio d’emploi civil, égal au rapport entre la population employée et la population hors institutions. Cet indicateur est beaucoup plus adapté à la situation du marché du travail américain.

On constate bien que la chute est historique. Elle semble marquer un retour vers les niveaux des 30 glorieuses, et la fin d’une des caractéristique du financiarisme aux États-Unis : le plein emploi, mais appuyé sur une hyper-consommation à crédit.

Comparons alors la situation durant différentes récessions :

Si on observe une récente amélioration, la situation de plateau depuis 20 mois reste inquiétante. Pour les crises de 1973 (1) et 1979 (2), la reprise de l’emploi a été très nette à la fin de la crise. Ce n’est pas le cas actuellement. Pire, la seule période en quasi-plateau a été en 1980/1981 (3), et avait été le prélude à la plus forte chute de l’emploi depuis 1929.

Comme :

  • d’une part, contrairement à 1980, le plateau n’est pas « naturel », au sens où il résulte de mesures de soutien se comptant en milliers de milliards de dollars de création monétaire et de déficits publics. On observe d’ailleurs sur ce graphique officiel de l’administration américaine, de janvier 2009, qui évaluait l’impact positif qu’aurait le plan de relance américain de 700 Md$ par rapport à la situation alors prévue ; en rouge, la réalité…

Source : http://economics21.org

  • d’autre part, la correction du taux officiel (pour le remettre sur la tendance historique de la population active) montre que si la chute est freinée, le taux ne cesse de se dégrader mois après mois, il convient d’être très vigilants sur le devenir à court terme de l’emploi américain.

Pour conclure, nous pouvons enfin retoucher les taux officiels de chômage (le premier, U3, au sens classique, le second qui prend en compte toutes les situations de sous-emploi subi, U6) en réintégrant les découragés du marché du marché du travail, pour avoir une comparaison robuste avec la situation d’avant la Crise.

On observe ainsi qu’aucune amélioration n’a eu lieu depuis 18 mois, et que le taux de chômage complet est d’environ 20 %. Dramatique…

L’année 2011 n’a guère apporté d’amélioration – ce qui est inquiétant car la situation semble commencer à se dégrader de nouveau avec le retour de la récession.

* Olivier Berruyer est actuaire, et créateur du blog www.les-crises.fr.

Partager :

65 réflexions sur « LA SITUATION REELLE DE L’EMPLOI AMERICAIN, par OIivier Berruyer* »

  1. Je viens de passer quinze jours à Chicago.. Je peux vous dire que les gens (du peuple) rigolent bien dans les rues, bus et métros.. Très calmes, aimables et serviables.. La premiere chose qui m’est venu à l’esprit quand je suis revenu en Europe est:
    « Mince, ils font tous la gueule ici !! »

    1. Je viens de passer 40 ans dans divers etats des etats unis..Je peux vous dire que les gens ( du peuple, vous savez le peuple ce truc qu’on regarde par la fenetre de la limo ) rigolent vraiment bien depuis quelques annees en voyant leurs maisons saisies par leurs banques, leurs enfants revenir du college apres avoir ete mis a la porte pour retard de payment. Mon dieu qu’ils rigolent bien en perdant leurs jobs, leurs assurance santes. Leurs plan de retraites on disparus dans la plus grande allegresse. Ma fille a eu une infection toute banale mais a du aller aux urgences de l’hopital local car aucun doctor ne voulait la recevoir sans assurance, resultat $4500 a payer de ma poche, pour une simple visite et un antibiotic, je rigole tellement moi aussi.C’est vraiment extraordinaire de voir la file d’attente devant les points de distribution de nourriture, les chaines de fast food militent pour avoir leurs part du gateau avec l’autorisation de vendre leur poison aux porteurs de food stamps. etc etc etc damn je me marre tellement que je vais en mourir. Trop sympas ces americains qui se marrent tout le temps et qui sont tellement cool, on pourrai meme croire qu’ils sont un peu idiots tellement ils se marrent.

      1. Et pourtant ils étaient avertis.

        Il suffit de se souvenir de ce que leur avait enseigné les indiens, pardon les premiers habitants.

      2. moi aussi , je rigole, lorsque le fond de pension Texan (hedge fund) , qui avait racheté notre brillante startup francaise pour nous optimiser et faire du vrai marketing (soit disant), nous a délocalisé a Changai

        au chômage les vieux …..

        et les jeunes, démerdez vous pour etre heureux

      3. Xian @
        Et moi donc, qu’est ce que je peux me marrer au sujet de Dexia !
        Communiqué de 2007 dans la presse:
        « Deloitte comme commissaire aux comptes unique. Un appel d’offres a été lancé en 2007 pour harmoniser la fonction de contrôle externe au sein du groupe Dexia. La décision de confier la mission de contrôle externe des comptes de Dexia et de ses principales filiales à un seul cabinet d’audit unique s’inscrit dans la tendance actuelle du marché et permettra d’améliorer l’efficacité de la procédure d’audit tout en contribuant à réduire les coûts. »
        Ils ont oublié d’ajouter que le bonus du Pdg serait lui augmenté avec cette économie !

    2. Et ils ont raison de faire la gueule, en Europe :
      http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/10/11/le-royaume-uni-comptera-plus-de-trois-millions-d-enfants-pauvres-fin-2013_1585492_3214.html
      « Selon les projections de l’Institute for Fiscal Studies (IFS), un organisme de recherche indépendant aux travaux respectés, le Royaume-Uni comptera au total 3,1 millions d’enfants vivant dans la pauvreté fin 2013, c’est-à-dire dans des foyers disposant d’un revenu égal ou inférieur à 60 % du revenu national moyen. Le niveau record de l’inflation, de près de 5 %, couplé au plan de rigueur, qui se traduit notamment par une limitation des allocations sociales, explique en grande partie le phénomène, note l’IFS. »

      Notes, Xian, là, c’est la GB. Donc, tout de même un peu plus US que le reste…

      1. Eh bien oui, ces infos me font mal et je ne comprends pas qu’on puisse encore annoncer et décréter des plans d’austérité pour appauvrir les quelques milliards de pauvres endettés afin d’enrichir le pouième de créanciers de dettes, déjà riches à millions voir à milliards ..
        Je vous ai déjà proposé, dans ce blog, de supprimer les monnaies et de les remplacer par un libellé des prix des produits et services en minutes de bonnes actions accomplies et validées.. Ceci afin d’adoucir et arrondir le « diable cupidité » !! La réalité commence toujours par un rêve ..
        L’état du monde actuel est, comme dirait Paul, dans un état d’instabilité, comme les ténèbres avant une aube nouvelle qui verra peut être un changement de paradigme et un changement intérieur de l’être humain et par voie de conséquence de son environnement perçu par sa conscience ..

      2. @xian
        Ben, Obama fait tout sauf un plan d’austérité. Il est plutôt dans un plan j’imprime du dollar et je le jette par les fenêtres tant que les fenêtres sont pas obstruées par le tas de dollars que j’ai jeté.
        Ça marche pas non plus.
        Reste donc votre option de points de karma dont le seul avantage sera de nous éviter toute réincarnation dans ce monde illusoire, fut-il paradigmatiquement différent.
        Si tout foire, pourquoi pas.
        Si je vous offre un cigare, j’ai droit à combien de points ?
        Et je vous l’allume ?

      3. @Renard
        En effet, seul l’UN EST, le reste n’est que maya.. Cette philosophie a l’avantage de pouvoir s’admirer dans les différentes et innombrables autres facettes phénoménales illusoires de l’UN..
        M’offrir un cigare !!?? Bigre, cela entrainerait illico, une chaleureuse poignée de ma main et si vous le permettez, je le conserverais pour le humer de temps à autre, ayant arrêté de fumer depuis fort longtemps..Disons que l’être humain étant sans limite, tout leader se doit de lutter contre la dispersion, au profit d’un juste milieu aux limites de tolérances compatibles avec la vie sur cette planète. Mais j’admets qu’il est difficile d’être un loup alpha, chef de meute, et dont la durée de vie n’est que de trois ou quatre ans, vu son haut sens des responsabilités de chef de meute ..

    3. Ce qui est intéressant dans votre remarque, c’est que ce billet montre un problème précis mis à jour par des faits bruts, et que votre réaction point uniquement la question de le prendre avec le sourire. Certes, ça compte, mais la question n’est elle pas avant tout de savoir quoi faire pour résoudre le problème ? A moins bien sûr que pour vous l’important soit non pas de nous apprendre comment combattre l’adversité avec un bon moral, mais comment capituler avec grâce.

      1. Ce n’était pas une provocation, mais un ressenti de voyage spontanné.. Je n’ai voulu froisser personne.. Je conçois néanmoins que 15 jours passés dans ce pays soient un petit échantillon (un intantanné) par rapport à 40 ans passés là bas.. Bien évidemment je sais qu’il y a de la violence partout.. Il faut donc se méfier de la communication via des écrans froids qui occultent 100% des non dits et prêtent à interprétations diverses et surtout, se dire que la critique ne fonctionne qu’entre gentlemans qui l’acceptent mutuellement ..
        Pour moi la violence est le stade initial de l’évolution.. Les montagnes s’erigent avec violence en égratignant les cieux puis finissent par s’arrondir par l’expérience et sous les effets des autres règnes qui la tirent vers eux.. L’avenir est donc à la douceur .. Sourions (les sourires ne doivent tout de même pas devenir suspects, non?)..

      2. Vous n’avez pas compris sa remarque, il ne parlait pas d’économie mais juste de gens. Quand je revenais du japon, j’avais la même impression, à savoir que les français font la gueule pour le moins et sont agressifs pour le reste. C’est vrai dans la rue, en ville, pour ne pas dire surtout à Paris.
        Son message serait plutôt que les américains font contre mauvaise fortune bon visage, mais je ne croit pas que Xian n’ai même voulu dire ça, il parlait juste d’état d’esprit, comme ça, légèrement.
        Ce malentendu nous a permis de découvrir d’intéressant témoignages.

        edit : entre deux Xian a répondu et il voulait dire plus de choses que je ne le croyais.

    4. Ils se marraient bien les gens du peuple cet été on Arizona Sun Court in Valrico, Florida.

      Dans la rue où j’ai séjourné 4 semaines en juillet, il y avait 20 belles maisons avec jardin et arbres et fleurs. Dont 5 maisons for sale avec la pancarte (foreclosure = saisie). La famille chez qui j’habitais m’a raconté les histoires tellement rigolotes de ces 5 familles (dont une avec trois petits enfants) et celles de leurs remboursements mensuels qui avaient explosé.et pour trois d’entre elle le chomage. La personne chez qui je séjournais m’a dit combien elle était contente d’avoir pu renégocier son prêt à un taux fixe. Sinon elle se serait bien marrée dans la rue. Elle a 75 ans et élève seule sa petite fille de 16 ans.
      J’aurais dû aller à Chicago, zut alors !

  2. Beaucoup plus d’énergie, parce que la survie est plus présente… Les ricains peuvent nous en remontrer de ce côté là.

    1. Je me demande quel niveau de survie il faut avoir pour bénéficier des bons d’alimentation, tiens. Sachant que dans les campagnes, il est possible de vivre sans aucun souci avec juste la pêche, la chasse et un peu de culture.

      1. Tiens, ça me fait penser, Chien qui cause, à un reportage récent, sur une chaine ne diffusant pas de « séries » US, d’un cowboys qui exposait son commerce assez rentable de … ragondins.
        Le gars ouvrait son congélo contenant une 40 aine de bêtes conditionnées sous plastique, bien propres, net, date d’emballage et poids.
        Et il pouvait se payer le sel sans souci, le gars.

        Bon, par contre, en France, là, même un SDF peut plus s’en tirer aussi bien qu’avant.

      2. Té, au fait, j’y repense.
        En plus de l’excellente étude de l’ingé russe concernant l’adaptation des peuples à une crise économique, le paramètre à ne surtout pas négliger est le nombre d’habitants au Km².
        Car les ressources naturelles, qui sont capturées par les financiers, deviennent LIBRES !!!!!

        FREEEEEDOOOM FOR AMERICA DREAM !!!!!!!!!!

      3. @ toutouadi

        mais le sel??? C’est pas donné non plus!!!

        Cher Toutouadi, il ne vous reste plus qu’à lancer, comme Gandhi, une marche du sel jusqu’à la côte Atlantique ou à commencer un régime sans sel ajouté …

  3. Hi there ! Pouvez-vous faire un article similaire sur la situation de l’emploi en France ! Un parallèle quoi !

  4. Eric le Boucher expliquait il y a peu sur France culture que les baisses d’impôts allait relancer l’emploi, donc attendons et restons optimistes

    1. Alors, si M. Boucher a dit ça, nous pouvons tous nous remettre au gai sourire dans le métro/bus.
      Mais sans en faire trop, toujours par rapport à XIAN, il est possible que certains américains n’ont pas encore compris que le « contrat social » officieux et non-écrit n’est plus à l’ordre du jour. Il y avait bien un « contrat social » aux US, ce qui leur laissait le moyen de se moquer de l’Europe et nos allocations chômage et notre législation sociale, et celui-ci stipulait que « quiconque veut travailler, aura du travail- et pourra s’en sortir par son seul travail ».
      Et c’était vrai quand le pays avait les plus grosses multinationales au monde, qu’ils investissaient dans le pays et créaient des emplois dans le pays, pouvant imposer l’achat de leurs produits dans le monde entier par leur qualité, la diplomatie ou le manque de concurrence ailleurs … mais tout ceci n’est plus d’actualité !

      Ceci explique aussi pourquoi il y a tant de chômage qui ne se pointe pas aux US – à cause de la honte qu’ils éprouvent à ne plus pouvoir s’en sortir par la force de leur bras – en même temps que les sommes dérisoires auxquels ils peuvent prétendre. Dans un marché de travail national anémique car le pouvoir d’achat est moribond, les pauvres sans-travail se mettent eux-mêmes en cause, car ils n’ont pas accès à une lecture des faits qui leur enlèverait le péché d’être « inutile » !

    1. Pas encore, il faut que je la crée, cela viendra dans quelques semaines 🙂

      Notez aussi qu’il y a des stats beaucoup moins accessibles et complètes qu’aux USA…

  5. Merci pour ce résumé clair et chiffré de la situation!

    Le roi est nu, les peuples vont-ils s’en apercevoir, ou continuer à se laisser manipuler par les médias? Facile de détourner l’attention avec la Grêce. La Grêce, c’est un infime pouillème de la colossale dette des USA (privée et publique cumulée)

  6. Au sujet de la Grèce, lisez cet article édifiant sur la situation sanitaire du peuple grec:
    Le Monde

    Le Ministère des Finaces n’a même plus d’encre pour imprimer les demandes de déclaration de revenus…

  7. Pour moi le problème est ailleurs, l’emploie oui certes mais pour faire quoi? détruire la planète? je ne suis pas intéressé et on rigole.. Par ailleurs très bon travail .

      1. Piotr, le seul homme (ou femme ou en tout cas esprit et c’est ça qui compte) capable de te sortir un jeu de mots de ce niveau de subtilité.
        Audiard faisait de l’association, Piotr fait cette subtile déformation qui nous montre que les second maitres de l’humour n’ont plus qu’à se réfugier dans la circonstance et le mâle-entendu.
        Honte tatoi, Piotr.
        Les banquiers font pareils, de façon volontariste.
        Oui. Comme dit Le Pen, nous sommes pareils…

    1. bien dit ploucplouc ! : on en revient a l’essentiel arreter le massacre social et ecologique :
      – il faut changer radicalement nos societes au plus vite pour eviter la misere generalisee
      – il faut changer de paradigme : casser l’idole croissance, arreter de croire au Pere Noel de l’abondance eternelle
      – Mettre hors d’etat de nuire politiques et media adeptes de la posture de l’autruche

      Oui notre monde est sordide d’exploitation et de souffrance provoquees par les hommes pour le confort mesquin d’une minorite,
      oui la catastrophe est au coin de la rue
      Oui il faut agir immediatement et radicalement : mobiliser la societe et les citoyens , provoquer une revolution des comportements

      Hello, reveillez-vous l’heure n’est plus aux debats et reformettes, Il est minuit moins une….

      1. Heeeeuuu… Non, Loic.
        Il FAUT qu’il y ait un massacre généralisé. As-tu vécu 1789..??
        As-tu vécu 1929 et 1939..??
        Donc, tu as simplement peur pour ton petit pécule.
        C’est tout.

    1. Lol merci

      Vous savez, ce n’est pas si hostile que ça. C’est disons mentalement embrumé, mais il est possible d’éclairer, surtout en utilisant la pensée de l’autre.

      Exemple : le libéralisme commanderait qu’on laisse les prêteurs obligataires prendre leurs pertes via un défaut des Etats – « ils ont joué, ils ont perdu », tout le contraire de ce que l’on fait 😉

  8. a y est ,j’ai la solution !!! vous prenez une bonne boite qui a toutes les certifications,tests etc . Vous attendez quelle dépose le bilan ou presque , les tests et les certifications étaient bidons. Vous prenez alors le tout pourri vous le refilez a un couillon qui passait par là . Et avec le meilleur vous faite une autre boite « Collectivités locales : Sarkozy promet une « banque sans risque » ». Par contre je me pose une question , je ne sais pas si le couillon c’est pas moi !!! Je risque de me retrouver avec un carnet de chèque à l’enseigne BAD BANK commercialement ça le fait pas bien

  9. Les banques françaises, qui se sont engagées à accélérer le renforcement de leurs fonds propres, pourront bénéficier « en dernier ressort » de capitaux publics. Voila question, ces derniers temps ,j’ai un peu forcé sur ma ligne de découvert, mais je m’engage par ce commentaire à moins faire de bêtises , puis je bénéficier moi aussi de capitaux publics , bien sûr en dernier ressort aussi . Merci
    Zébulon (Le Manège enchanté)

    http://www.boursorama.com/actualites/banques-du-capital-public-pourra-etre-injecte-en-dernier-ressort-dit-juppe-b38e7a2229f8d7338e1602c4503e3ee9

    1. Antimafia.
      Regardes de très près le cas du Zimbabwe.

      Ce n’est absolument pas du délire, je te rassure. Mais regardes d’abord ce que je t’indique et reviens SEULEMENT après.

  10. Est-ce que les états-uniens ont différentes catégories de chômeur comme nous (A, B, C..) ? Sinon y a-t-il d’autres différences de comptage de la population sans emploi qui pourraient interférer avec l’analyse intéressante donnée ici ?

  11. Le graphique de l’evolution du ration d’emploi 1948 – 2011 est impressionnant. Ce ratio stagnait jusque dans les années 70, puis a explosé jusqu’à atteindre les 65% dans les années 80.
    Explosion des emplois de service, et surtout du travail des femmes, non ? C’est un point important de la gestion de cette crise : le choix allemand a été de faire porter sur les femmes et les immigrés la diminution de l’emploi, avec la précarité ou tout simplement le retour à la maison.

  12. Toujours un plaisir ces analyses et agréables à lire en plus. Manquerait presque des cartes 🙂
    Pour ceux qui n’arpenteraient pas le blog d’Olivier Berruyer, BFM 3 octobre 2011.
    Je commence à bien l’apprécier ce Nicolas Doze, l’air de rien en invitant des trublions économiques il fait du buzz (vu qu’il n’y a que ça qui marche maintenant). 🙂

  13. C’est sans doute terrible de ma part et j’irai en enfer (qui ne peut être pire qu’ici) mais je n’éprouve pas de compassion pour le peuple états-unien dans son ensemble.
    Il est le co-responsable et même l’artisan de son désastre :

    – élection de Reagan
    – élection de Bush (ou plutôt assentiment aveugle au coup d’Etat judiciaire de 2000 perpétré par la Cour Suprême) et réélection de cette calamité humaine et de sa clique.
    – au moins 30 ans de goinfrerie consumériste grâce à la dette (cas unique, ou alors empire romain peut-être, d’un Etat « développé » qui pompe 50%+ de l’épargne mondiale, en grande partie provenant d’Etats encore sous-développés).
    – tous les 20-30 ans une guerre génocidaire : Corée (3M morts), Indochine (3M + 1,5M de Khmers, forte responsabilité indirecte), Irak et AfPak (1M …and counting) … sous les prétextes les plus fallacieux (oui, même la Corée).
    – tous les 5 à 10 ans, écrabouillage d’un petit peuple pour se refaire une santé morale (Grenade, Panama, Somalie, etc.)
    – cancer du Pentagone et des marchands de morts (+50% du budget fédéral ; horreur présente et future de la guerre des drones dont on ne souligne pas assez le cran nouveau vers plus d’avilissement de l’humanité, etc.)
    – pays, de loin, plus grand responsable des crises et déséquilibres mondiaux : financier, écologique, culturel…

    Naturellement, je n’ai donné que les exemples les plus sommaires et généraux qui sont irréfutables ; les autres avanies sont légion et le total des morts et souffrances directes mais aussi indirectes (ex. désorganisation des cultures vivrières en Afrique, à Haïti, etc.) avoisine probablement le chiffre noir du communisme (au moins 100 M). Plus encore si l’on remonte dans le passé : génocide des Indiens 10 à 20 M, esclavage et mortalité noire, asservissement de l’Amérique latine et des colonies (qui sait qu’il y eut des centaines de milliers de morts aux Philippines durant la colonisation US ?).

    …je suis désolé, il vient un moment où se pose la question de la responsabilité collective : Allemagne (3e Reich), France (Algérie), etc., la liste est longue et très lourde pour les USA. Il s’agit, plus que des responsabilités morale et juridique (si elles existent bien : viol de ses propres valeurs & viol du droit international, dont la Charte de l’ONU), d’une responsabilité « karmique », l’enchaînement des causes et des effets amenant inévitablement le choc en retour (le « blowback », particulièrement évident et resserré dans le temps avec Ben Laden et l’Afghanistan). Il est saisissant de voir ce principe de réalité (cf. enseignement du bouddhisme) absolument à l’oeuvre depuis une trentaine d’années dans ce pays déréglé.

    … »chickens come to roost » « in the shining city upon the hill »…

    Au-delà d’une certaine « Schadenfreude » personnelle qui m’emportera en enfer, et qui n’est peut-être que le contrecoup de mon stupide amour de jeunesse pour ce pays, où je fus comme d’autres, admiration au demeurant surtout attachée à sa « culture » (essentiellement une contre-culture, laminée par le consumérisme : roman noir, jazz, art moderne, etc.), je ressens intensément les immenses forces de destruction (ou de rééquilibrage!) à l’oeuvre.

    Ce n’est pas quelques idéalistes contradictoires d’Occupy Wall Street ou une incroyablement tardive prise de conscience de l’Europe, endormie par le « soft power » et trahie par ses élites atlantistes, qui infléchiront notablement la consommation du chaos ; ni même et surtout pas les BRICS, la Chine et encore moins le Japon.

    Il nous faudra boire la coupe du réajustement du monde jusqu’à la lie… nous n’en sommes qu’à l’apéritif.

    1. Oui mais il y a des Américains qui sont des gens très bien, qui sont même des anti capitalistes. De ceux-là on ne parlait guère jusqu’à présent….
      Même s’il y a des racistes et des fascistes, d’une façon général le peuple américain est hospitalier et généreux. J’ai toujours été bien accueilli même quand je n’avais pas d’argent. Je ne parle pas des autorités mais des gens ordinaires.
      « Les peuples ont les gouvernements qu’ils méritent » disait Clémenceau. C’est quand même réducteur. L’Allemagne, pays de civilisation avancée, de grands esprits, ne méritait pas le nazisme qui a quand même été favorisé par les puissances d’argent.

      1. Mais ils l’ont eu, Hitler pour les Allemands et Bush I & II pour les Etats-Uniens !
        Personne ne « mérite » en effet les assassins et les incompétents, mais on les laisse faire par fatigue, par archaïsme de pensée, par peur, par tolérance, par naïveté absurde et enfantine (ex. élection d’Obama), etc.

        Il y avait des gens très bien parmi les Pieds-Noirs ; plus de la moitié étaient d’ailleurs d’authentiques prolétaires (cf. la famille de Camus) ou des réfugiés (politiques comme les Alsaciens, économiques comme les vignerons sudistes, etc.)… comme classe, ils avaient historiquement tort et protégeaient/ propageaient l’oppression ; si peu ont réagi dans le sens du réalisme fraternel !
        Oui, oui, il peut y avoir, allez, 80 ou 100 M d’Etats-Uniens démocrates (démocratiques), ouverts, tolérants, etc. (je les connais aussi bien que vous) : n’ont pas le pouvoir, ne cherchent pas à l’avoir, protestent dans les parcs ou sur les blogs croyant faire quelque chose alors que la machine de mort états-unienne, militaire (drones ; 3 à 5 guerres en cours) comme financière (Q1, Q2, Q3…) s’emballe…

  14. Merci pour les beaux graphiques. J’adore les graphiques.
    Contrairement à l’Europe où le fait d’être au chômage est synonyme de drame social, l’américain était, jusqu’à l’émergence de la crise capitaliste, confiant de retrouver rapidement une nouvelle situtation. De ce fait, il était presque normal qu’un ingénieur expérimenté acceptait temporairement un job inférieur à sa qualification, comme par exemple pompiste, pendant sa recherche d’un nouvel emploi. Mais les temps ont changé.
    Les jobs détruits sont anéantis pour toujours, du moins les emplois industriels. Les « bons » emplois dans les secteur industriels ont été remplacés, peu à peu, par des jobs de service qui sont généralement mal payés, souvent complétés par une préstation publique du type aide sociale, et très dépendants de la conjoncture. Il est vrai aussi que de nombreux gens ne se mainifestent pas en tant que chômeur, les jeunes préfèrent continuer leurs études ou vivent au frais de leurs parents. Ce n’est qu’un exemple isolé pour montrer que les chiffres publiés par les autorités sont fausses. « L’espoir fait vivre » dit-on, mais pour un nombre croissant de chômeurs l’espoir s’évanouit.
    Il reste donc deux attitudes possibles: la dépression ou la révolte. Même la dépression peut se convertir en révolte. On voit un frémissement de cela à New York et ailleurs.

    La classe politique américaine est consciente de l’ampleur du problème du chômage de masse, et cela depuis Clinton. Obama, qui est peut-être le président le plus faible dans l’histoire des USA, ne pourra rien apporter en terme de solutions. Car le problème posé est clair: on produit avec de moins en moins de maind’oeuvre, mais il faut plus en plus de consommateurs.

    1. Très mauvaise connaissance de l’Europe, Germanicus.
      J’ai eu suffisamment de copains hauts cadres comme DAF ou dircom pour te dire qu’ils savaient que faire de l’ « alimentaire » est parfaitement compris des recruteurs.
      Malheureusement. Et grâce aux potes cowboys, notes…

    2. Un lien: we are the 99%

      euh, pour le job alimentaire en France, j’ai essayé il n’y a pas longtemps. Même en leur stipulant que je pouvais faire avec le temps très partiel (le très mauvais salaire qu’ils me proposaient) je n’ai pas été retenue: l’argument étant justement qu’ils ne voyaient pas comment cela « s’insérait » dans mon parcours. (be oui, bac+5 sciences humaines, incasable).
      J’ai déjà depuis tres longtemps renoncé à faire un boulot interessant, j’ai renoncé à faire un boulot bien payé, mais là, je dois aussi renoncer à faire un boulot de merde.Que me reste t il?

    3. … »<strong>Car le problème posé est clair: on produit avec de moins en moins de maind’oeuvre, mais il faut plus en plus de consommateurs</strong> »…. ou dit plus simplement: Il n’y a pas de travail pour tout le monde. Mais ça, c’est tabou de le dire!!

  15. Lordon à Ce soir ou jamais !!! Pour le moment il est excellent (je l’ai pas vu souvent mauvais mais là c’est la télé, pour une fois)

      1. Ouais, j’en était abasourdi. En plus il a convaincu quasiment tout l’auditoire, à part Madelin bien sûr, mais le contraire aurait été inquiétant 🙂

  16. BRAVO!!!!

    Que ça fait plaisir de voir enfin quelqu’un souligner la relativité essentielle de toute statistique. Il est insupportable de voir politiques, journalistes et même « economistes » utiliser des chiffres ou stats isolées pour affrimer quelque chose. ça n’a pas de sens.

    Merci encore.

  17. “En fait, l’impact total de la crise affecte sans doute plus de 20 % de la population active, directement ou non (travail à temps partiel non choisi, etc.)”

    C’est encore plus que ca. (Plusieurs points déjas traités dans le post)

    Les statistiques du BLS (Bureau of Labor Statistics) USA, ne comptabilisent pas du tout ou seulement très partiellement et bizarrement:

    – les découragés, qui ne cherchent plus, et vivent chez leurs parents, sur le salaire d’une personne dans la famille, ou sont dans la rue, etc. (Cela est bien connu mais pas bien comptablilisé – grande masse de gens)

    – les travailleurs indépendants officiels (sans couverture ‘chomage’ ou unemployment, souvent même avec 1, 2 employés) qui font du ‘consulting’, travail à la tache, etc. mais qui n’ont plus de contrats ou n’arrivent même plus à être payés pour leur travail passé. Pas comptés.

    Artistes, sécrétaires indépendantes, web masters, paysagistes, plombiers, coiffeuses, traducteurs, de-ratiseurs, nettoyeurs de piscines, musiciens, la liste est longue, le nombre incalculable.

    – les salariés qui ont vu leurs heures coupées et/ou moins payées, qui sont (comme dans le post, travail à temps partiel non choisi) tjs comptés comme employés mais font face à une diminution de revenus drastiques.

    – les travailleurs informels légaux qui vivent de petits travaux et de pourboires, mini gains en dessous du seuil exigé par les impots et les organes d’aide de l’état, pas comptés

    – les personnes qui travaillent mais sans salaire, contrat de travail, ou rénumeration décente, sont souvent comptés commes employés malgré un revenu de 0 à 300 dollars p. mois. En France, ce sont des ‘stagiaires’…

    – ceux qui sont en congé non rénuméré ..long…avant licenciement sont comptés comme employés (Souvent, congé maternité, maladie)

    – Certains travailleurs sans salaire aucun (agriculture, mini-entreprise familiale) sont comptés comme employés

    – les sans-emploi qui suivent des cours, font des formations, etc. sont souvent comptés comme des personnes qui ne cherchent pas du travail, car les conditions pour être compté comme à la recherche d’un travail sont archaiques et restrictifs, et ils sont logés dans une autre case.

    Actuellement bcp de personnes sans emploi prennent des ‘student loans’ et s’incrivent au College, juste pour vivre, quitte à s’endetter à vie.

    – tous ceux qui sont dans des industries peu légales ou non régulées (e.g sexe, nettoyage, partie de la construction) et/ou sont immigrés illegaux, qui néanmoins contribuent massivement à l’économie des USA.

    liste non exhaustive pour la flaveur.

    Ceci dit, il y a 6 indicateurs du chomage aux US – U-1, U-2, U-3, U-4, U-5, et U-6, c’est assez compliqué… (voir post.)

    25%. Au moins.

Les commentaires sont fermés.