LA PAROLE ET LE SILENCE

Il y a quelques temps, un criminel responsable de la mort de milliers de personnes fut capturé. Aucun soin particulier ne fut pris pour le maintenir en vie. On perdit même son cadavre en passant par dessus un océan non précisé. Un autre grand criminel a été capturé l’autre jour. Il était en vie, et puis, pouf ! il est mort. On ne sait pas pourquoi, et on nous a annoncé hier que les circonstances de sa mort sont à ce point mystérieuses, qu’on ne saura probablement jamais ce qui s’est vraiment passé. Si ça se trouve, il est mort de tuberculose. Allez savoir !

Pourquoi tant de négligence ? Après tout, on apprend bien des choses lors du procès des grands criminels. Je ne crois pas dire une ânerie si j’affirme qu’on a entendu dire à Nuremberg, pour prendre un exemple, des choses qu’il est bon de retenir pour les siècles des siècles.

Si je peux aventurer une hypothèse, je crois que ce qui hante la mémoire de ces négligents, c’est le souvenir du procès d’un très grand criminel qui mit en péril il y a vingt-cinq siècles rien moins que l’admirable cité d’Athènes. On le laissa bavarder tout son saoul lors de son procès, résultat : ses mots infectent encore aujourd’hui les jeunes esprits. C’est le genre de risques que, dans certains cercles, on ne veut apparemment plus prendre.

P. S. : L’Apologie de Socrate, par un dénommé Platon, est encore en vente dans toutes les bonnes librairies. Achetez-le cependant sans tarder : on ne sait jamais !

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206 réflexions sur « LA PAROLE ET LE SILENCE »

  1. @ Paul Jorion

    Vous allez bien vite en besogne citoyen Jorion dans votre hypothèse aventureuse, pour ne pas dire rhétorique cavalière, en mettant le procès de tyrans en perspective de celui de Socrate dans leur capacité à bousculer et même ébranler vos fameux ” négligents ” et leurs institutions.

    Bien évidemment, qui pourrait ne pas vouloir la recherche de la vérité par un procès, avec leurs lots d’évidences, de faits démontrés et d’argumentations contradictoires, sauf ceux qui pourraient être compromis.

    La Justice, cette recherche de la vérité, est elle pour autant immuablement juste ? Nous le savons elle est aussi faillible que les hommes car elle faite par eux et pour eux. Il arrive qu’elle fasse des erreurs. Il arrive même que les procès ne sont que ceux que les accusateurs veulent bien nous montrer (ou nous fomenter) et que les accusés auront déjà bien souvent la peine de devoir déjà se défendre, qu’ils ne prendront pas la même peine à accuser à leur tour.

    La question n’est bien évidemment pas de faire le procès de la Justice, elle est souhaitable, et même nécessaire pour conserver les hommes dans leur civilité, là n’est pas l’intérêt de notre propos.

    Sauf que cette ” vérité ” inscrit par son jugement un poids plus lourd à l’Histoire, tel les procès de Nuremberg comme vous le dites si bien.

    Reste alors à savoir qui de l’accusé ou de l’accusateur écrit l’Histoire…

    Je reviens donc ici au procès de Socrate, où votre jugement partial du coté de l’accusé (en citant d’ailleurs Platon un homme qui dénonce ce procès dans le même texte où vous vous faites défenseur de la Justice) mérite une argumentation tout aussi contradictoire au bénéfice de l’accusation.

    ” Apologie ” : peut on attendre d’un tel titre la moindre impartialité de discours ?

    Platon nous dit pour résumer : ” Vous avez jugé et condamné un innocent et un grand homme et c’est donc vos institutions qui le condamne et qui sont coupables. ”

    Voila ce qui a suffit de condamner la Démocratie, sur ce seul jugement. Je parle bien évidemment de la vraie démocratie, non pas du régime oligarchique qui a pris frauduleusement le nom de Démocratie depuis 200 ans pour mieux duper le Peuple.

    Je suis d’accord avec vous, les mots de Platon infectent les jeunes esprits (sauf que je ne le dis pas avec ironie) et elles les infectent depuis 2500 ans.

    Ses phrases sont le cœur de ce qui a permit de décrédibiliser la Démocratie. Platon c’est le petit lait des Oligarques. Les négligents de notre époque dont vous parlez sont je pense bien davantage du coté de Platon et Socrate, ce ” criminel ” comme vous dites ironiquement, que du coté de ceux qui sont favorables à la Justice dans toute l’imperfection qu’elle puisse revêtir.

    Certes Socrate n’aurait pas mérité de mourir, mais voulait il vraiment continuer à vivre en ne voulant pas se défendre, et en provoquant inlassablement l’auditoire.

    Imaginez Chirac disant à son procès, ” pour les services que j’ai rendu à la France, je mérite bien que la France me nourrisse gracieusement jusqu’à la fin de mes jours.”

    De plus, il faut toujours remettre les procès dans leur contexte, ce que bien souvent on oublie de faire.

    Au moment du procès, la Démocratie Athénienne vient de vivre trois années de troubles et de restauration de la Démocratie. Elle a vécu avant cela un an sous une tyrannie oligarchique, la fameuse tyrannie des Trente.

    Le chef de ces tyrans, Critias, est un élève de Socrate (et l’oncle de Platon au passage). Il est d’ailleurs connu les sympathies de Socrate pour le régime Oligarchique. Il participe à bien des réunions de dissidents oligarchiques avant le coup d’État et même après. Mais pour autant ce n’est pas directement sur ce point que la Démocratie, qui laisse la libre expression à tout citoyen même anti-démocratique, va prendre pour principal chef d’accusation.

    Il faut d’ailleurs rappeler que quelques années après la mort de Socrate, les Athéniens ayant vu que les principes démocratiques avaient été écorchés dans ce procès, ils condamnèrent et chassèrent de la Cité les accusateurs de Socrate….

    Essayez donc de ne pas tout mélanger citoyen Jorion.

  2. Si Khadaffi s’était couché comme il fallait devant les grandes compagnies occidentales, il aurait pu assassiner, emprisonner et massacrer qui il voulait, sans que ça ne choque nos gouvernements. Quand j’entends les médias répéter que nous avons libéré la Libye, ça me fait penser à l’Union soviétique libérant Prague ou Budapest.

    1. … ou les américains libérant l’Irak. Ils croyaient VRAIMENT qu’ils allaient être accueillis en héros !

    2. Prague , Budapest et Kaboul …
      Excellent et définitif.
      La conclusion ( provisoire ? ) c’est que l’ URSS bolchévique loin de nous priver d’une ennemie
      était notre semblable.
      Et cela remonte à loin. Nuremberg : le juge américain accepte de censurer toutes références
      au crime de Varsovie et accepte implicitement de considérer Katyn comme un crime allemand.
      Le “pacte” Ribbentrop- Staline ne sera pas évoqué, etc…

      1. Vrai. Les mêmes causes produisent les mêmes effets : la concentration de la richesse, du pouvoir et de la force armée entre les main d’une petite minorité, qu’elle soit fasciste, communiste, néolibérale, religieuse ou peu importe quoi, – des gens qui ne connaissent aucun frein à leurs appétits et aucun scrupule à leurs actes. Avares, avides, voleurs, escrocs, assassins. Ils s’autoproclament élite, ils sont la lie, la honte de l’humanité.

  3. Personnellement, je comprends l’acte des combattants.
    Dans l’hypothèse d’une survie du dictateur, celui-ci aurait passer sa vie dans une prison de luxe (à Den Haag, la cour pénale internationale), on lui aurait donner l’occasion de se auto-célébrer durant le procès qui risquerait de durer des années.

  4. Un procès… qu’est-ce que cela aurait changé ? Ce fétichisme judiciaire n’aurait été qu’une hypocrisie de plus. Sans compter que Kadhafi aurait peut-être été jugé en vertu de la Sharia et par on ne sait qui. Je pense qu’il préfère encore avoir fini comme ça.

    En tout cas, je ne suis pas du tout d’accord pour comparer Socrate à ces tyrans sanguinaires, et son procès démontre que la justice des hommes ne vaut pas grand chose.

  5. Puisque Socrate a été évoqué, il n’est pas illégitime je l’espère de suivre quelques instants le chemin qu’il a ouvert comme le dit Heidegger, la philosophie.

    Justement ce matin, je me réveille avec une nouvelle méthode…. qui consiste à lire à l’envers, une sorte de “reverse reading”, partant du dernier mot, puis des 2 derniers, etc. à chaque fois, le sens s’infère différemment, de façon inattendue, non sans analogie avec le palindrome, ou la figure du chiasme. Le sens se sédimente, se cristallise subrepticement, à l’envers, et sans doute des circuits de neurones chargés de l’anticipation sont pris au dépourvu…

    Remonter de la fin (des négociations européennes..) à l’heure h actuelle par ex…
    De la soirée, à maintenant…

    Qui dit méthode, dit Descartes :

    http://utime.unblog.fr/2007/03/29/analyse-ou-synthese-les-methodes-de-descartes-a-spinoza/

    ( La méthode de D est sans doute imparfaite car il écrit avant Kant et les jugements à priori, mais elle est lumineuse, partant des effets clairs pour en déduire des causes confuses au début) :

    « Descartes […] dit que la méthode analytique a le mérite de nous faire voir comment les effets dépendent des causes […] nous avons une connaissais claire et distincte d’un effet avant d’avoir une connaissance claire et distincte de la cause. Par exemple, je sais que j’existe comme être pensant avant de connaître la cause par laquelle j’existe […] La connaissance claire et distincte de l’effet suppose donc une connaissance confuse de la cause, mais en aucun cas ne dépend d’une connaissance plus parfaite de la cause. Au contraire, c’est la connaissance claire et distincte de la cause qui dépend de la connaissance claire et distincte de l’effet […] Chez Descartes, donc, deux thèmes sont fondamentalement liés : la suffisance théorique de l’idée claire et distincte, la possibilité pratique d’aller d’une connaissance claire et distincte de l’effet à une connaissance claire et distincte de la cause.

    Spinoza :

    « […] Spinoza ne croit pas à la suffisance du clair et du distinct, parce qu’il ne croit pas qu’on puisse de manière satisfaisante aller d’une connaissance de l’effet à une connaissance de la cause. Il ne suffit pas d’une idée claire et distincte, il faut aller jusqu’à l’idée adéquate. C’est-à-dire : il ne suffit pas de montrer comment les effets dépendent des causes, il faut montrer comment la connaissance vraie de l’effet dépend elle-même de la connaissance de la cause. Telle est la définition de la méthode synthétique […] »

    Il n’est pas faux de dire que la connaissance vraie de l’effet dépende en fait de l’idée a priori que l’on se fait de la cause, mais ici Spinoza rate aussi le coche kantien puisqu’il va droit à la “connaissance de la cause”, et non de l’idée qu’on s’en fait. La méthode synthétique est donc tout aussi fausse que celle de Descarte encore qu’elle a le mérite de tracer la voie vers Kant, mais en passant ensuite par la cette espèce de théologie qui se renie elle-même, du Dieu qui est nature, abstraction, bref… :

    “« […] Quelle est la vraie méthode du point de vue de la connaissance ? Alors l’anti cartésianisme de Spinoza se manifeste pleinement”

    C’est sans doute pourquoi il m’hérisse…

    Aperçu sur la méthode d’Aristote qui s’apparente, si je comprends bien à celle de l’idéal-type… partant de l’observation pour aller vers l’universel :

    « […] Dans le Traité de la réforme, Spinoza groupe […] deux procédés très divers, dont il dénonce l’insuffisance. Le premier consiste à inférer [induction] une cause à partir d’un effet clairement perçu : on reconnaît ici la méthode analytique de Descartes […] le second consiste à tirer une conclusion d’un universel qui est toujours accompagné d’une certaine propriété, on reconnaît la méthode synthétique d’Aristote, son processus déductif à partir du moyen-terme conçu comme caractère spécifique. »

    Le commencement de la confusion :

    « Sous son premier aspect, la méthode synthétique est réflexive, c’est- à dire nous fait connaître notre puissance de comprendre. Il est vrai aussi que la méthode synthétique forge ou feint une cause en fonction d’un effet ; mais loin d’y voir de contradiction, nous devons reconnaître ici le minimum de régression qui nous permet, le plus vite possible, d’atteindre à l’idée de Dieu comme à la source de toutes les autres idées.

    L’aspect réflexif de l’épistémologie spinoziste est Ok mais son application est d’emblée entachée de superstition. En cela sa “méthode” ne diffère en rien de celle des économistes libéraux qui présupposent ce qu’ils veulent démontrer.

    “CQFD” n’est-ce pas…

    La suite ne veut plus rien dire, c’est de l’anthologie :

    ” Sous ce second aspect, la méthode est constructive ou génétique […] les idées qui découlent de l’idée de Dieu sont des idées d’êtres réels : leur production est en même temps la déduction du réel, la forme et la matière du vrai s’identifient dans l’enchaînement [ordre] des idées. ”

    On croirait du PSDJ encore que ce dernier est quelques degrés plus lisible.

    Ce n’est pas une méthode mais un fantasme. On part de ce qui n’est pas prouvé, Dieu pour en déduire le vrai, – la méthode génétique donc, qui s’apparente à une théologie soft, drapée de philosophie. Spinoza c’est un pas en avant, dans la mauvaise direction.

    Conclusion :

    L’effet étant le dernier mot de la phrase, et la cause en étant le début, il y a une sorte d’homothétie entre ma rêverie matinale et la Méthode, la seule vraie de Mr D.

    1. “Socrate

      Mais, mon cher Mélitus, tous ceux qui assistent aux assemblées du peuple ne pourraient-ils donc pas corrompre la jeunesse, ou sont-ils aussi tous capables de la rendre vertueuse ? 

      Mélitus

      Ils en sont tous capables.  (il aurait pu répondre par exemple ” certains en sont capables”)

      Socrate

      Ainsi, selon toi, tous les Athéniens peuvent être utiles à la jeunesse, hors moi ; il n’y a que moi qui la corrompe : n’est-ce pas là ce que tu dis ?

      Mélitus

      C’est cela même. ”

      Pourquoi Melitus accepte t il d’ entrer dans le système binaire de Socrate ?
      C’ est pour le laisser enfourcher le cheval fou de sa Croyance qui aboutit inévitablement à une contradiction entre ” la façon d’ être” de Socrate quand il plaide (il montre qu’ il croit passionnément ), et ce qu’ il plaide ( croire comme tout le monde croit serait ignorance,il faudrait croire comme lui croit : en la raison).
      La contradiction serait en substance qu’ Il dit qu’ il ne faut pas croire tout en montrant qu’ il croit.
      Plus Socrate va réussir à s’ élever dans son système de pensée et plus il s’ éloigne de ses congénères qui ne peuvent suivre son exemple , n’ ayant pas la même croyance.
      Socrate endosse ainsi le parfait habit du bouc émissaire.

      Ps : Melitus aurait pu objecter bien des possibilités aux choix binaires du système de Socrate .
      Mais Socrate aurait trouvé d’ autres exemples, jusqu’ à ce que le refus de Melitus d’ entrer dans le système de pensée de Socrate soit interprété par ce dernier, comme un refus de débattre signant sa victoire. Socrate ne savait pas qu’ il croyait lui aussi, et que ce qu’ il avait acquit n’ était pas la connaissance, mais une connaissance.

      1. En résumé, il ne faut pas oublier de vivre: les femmes le font, elles qui ne font pas que regarder les enfants grandir, et savent faire des appels du pied salutaires pour nous tirer de nos rêveries

      2. Vous auriez pu écrire: “il y a des femmes qui le font.” Ce serait moins binaire.
        Et même des hommes,… m’enfin ceux-là, ce sont des femmes, n’est-il pas?

      3. @ Toine

        Bien vu.
        Mon propos n’ etait pas assez explicite, contrairement au votre.
        Je faisais allusion à la particularité que celles ci ont de pouvoir porter un enfant pendant 9 mois avant de l’ éduquer, cela crée un lien particulier.
        Je faisais allusion au lien maternel.
        Pensez vous que la reconaissance de ce lien qui existe encore très majoritairement dans toutes les societés, doive disparaître par omission/dilution dans notre politiquement correct ?
        Dans l’ outrance de votre dernière ligne ?
        Il faut respecter tout le monde.
        Vous ne trouvez pas qu’ on a assez de problèmes comme cela ?

    2. @lisztfr
      Vous avez du lire Spinoza en diagonale, mais je vous concède qu’on n’entre pas si facilement chez lui. Je vous conseille le site “Spinoza et nous” vous y présenterez vos arguments !
      Bonne chance !

    3. @lisztfr
      Bon, d’accord, Descartes, c’est pas mal.
      Mais juste Spinoza, c’est mieux.
      Primo, il renvoie Dieu dans les cordes en en faisant les cordes, et le ring et l’arbitre et les catcheurs, et le s spectateurs et tout et tout.
      Quand Spinoza dit qu’il faut arriver à sa définition de Dieu en priorité, c’est pour s’en débarasser au plus vite.
      Deuxio, vu qu’il n’est pas arrivé à ça, Descartes croit qu’il y a des vérités vraies, vu que son Dieu ne saurait être trompeur. Alors que Spinoza dit que la vérité n’es t ni le résultat ni la cause mais le lien que nous faisons entre l’une et l’autre. Pour peu que nous ayons su décrypter le résultat et en comprendre la cause. Pas de vérité vraie dot nous ne verrions que l’ombre, mais un travail permanent pour approcher ce qui est le plus vraisemblable.
      Bref, pas d’absolu, pas de transcendant (fût-il propédeutique), juste ce que nous pouvons comprendre à partir de ce ce que nous pouvons savoir. Cool.
      Cela-dit, montrez-moi une glande pinéale et je me rallie à vos dires.
      Tertio, penser que la vérité n’est pas une donne en soi, mais peut être à tout moment inventée et remaniée, n’est pas sur ce blog, un sacrilège.

      1. bonjour monsieur Renard

        quelle vision retenir à la lecture de Spinoza. La destruction de la vérité. est ce vrai? Si vous otez la possibilité de choix entre bien et mal comment choisir Spinoza ou Descartes qui serait mieux. Mieux cela ne nécessite il pas déja un sens, un choix.

        Un jour je me suis demandé comment on définissait la droite ou la gauche. Je me demande comment aurait fait Spinoza…. La droite est-elle vraie pour tout le monde? la main est-elle nécessaire?

  6. En tout cas, dans le cadre plus feutré, plus civilisé, sans lynchage autre que médiatique, dans le cadre de la guerre numérique, chère à Paul, nul besoin de l’Otan, des merveilles technologiques d’Eurocopter, des robocops des seals ou des commandos de marine pour réduire un gêneur au silence.
    Wikileaks a cessé d’émettre a annoncé Ass-ange. Il aura donc bien suffi aux opérateurs de paiement de la noosphére de leur couper l’alimentation en fraîche.
    Pas de fraîche, plus de nouvelles. Nerf de la guerre, de toutes les guerres. C’est pour ça que l’argent est d’abord, uniquement même, un bien politique.
    Une bataille, pas la … ???

    1. Assange est tout de même aussi en résidence surveillée.
      Ils l’ont bien cassé, façon soft. Brouillage médiatique, trahisons, petit procès sexuel et puis vivres coupées. Y’a pas à dire, du beau boulot.
      Maintenant, ils vont faire un exemple et lui faire passer l’envie de recommencer. Il en a pour des années de tracasseries judiciaires et administratives. Espérons qu’il ne se suicide pas.
      C’est beau le monde libre.

      1. Ouais mon moi, “c’est beau le monde libre” justement.
        Mais c’est toujours un monde de guerres, un monde politique juste, un monde toujours miné, de mines anti-personnelles certes, de mines à déminer, mais aussi de mines à dérider, de mines anti-cons qui sèment des mots qui pètent à la gueule des lecteurs de passage, des mines fermées, abandonnées, oubliées à redécouvrir, des mines à ciel ouvert où aller encore au charbon, des mines découvertes.
        Pleure pas la bouche pleine, pas de beaux mondes pour les pleureuses.

    2. petit procès sexuel

      la blanche virginité, passé un certain âge, c’est un crime contre l’humanité.

      C’est pour ça que l’argent est d’abord, uniquement même, un bien politique.

      comme le fait d’y renoncer.

    3. Pas mal d’arriver a citer Teilhard de Chardin sur un post qui concerne le net !
      (meme pas wiki , non, non , , je commence juste “le groupe zoologique humain” et …c’est pas gagné !)

  7. Je pensais sincèrement voir le triomphe de la justice, la fin d’un tyran et j’ai vu une personne faible, usée et sans défense, se faire lyncher par une bande de sauvages (qu’on appelle pas ça des soldats !), criant qu’Allah est grand, mitraillant en l’air et prenant des vidéos pour les mettre sur youtube.

    Quelle différence entre apporter “la vérité de Dieu” avec l’épee ou apporter “la démocratie” avec des hélicoptères et des avions de combat ?

    Le soir, sur toutes les radios et sur TF1, Bernard Henry-Levy nous explique que c’est ça la liberté et la justice. Il s’arroge en plus le titre de philosophe et on le présente d’ailleurs comme tel à la TV. Mais que fait ce pseudo-philosophe-multimilliardaire avec Sarkozy et autour des sphères du pouvoir, alors qu’il n’a aucun rôle dans le gouvernement et qu’il n’a pas été élu des français ?

    Je me sens mal. Khadafi avait de gros travers. N’empêche que son pays avait le plus haut niveau de vie de toute l’Afrique du nord et qu’il était très aimé de beaucoup de lybiens. C’était un patriote et il défendait les intérêts de son pays. Il n’a pas pris la fuite comme ses voisins tunisien et égyptien. Quelque part, je respecte cet homme-là.

    Mesdames messieurs, le monstre de Tripoli :

    http://www.dailymotion.com/video/xlv31b_le-diable-selon-l-otan-kadhafi-chez-lui_news

      1. “Bipolaire” ? La vulgate d’une certaine clinique psychiatrique s’invite dans les jugements politiques alors ! C’est effectivement sommaire mais il est des moments dans l’histoire où celle-ci ne retient guère le gris pour mettre face à face le blanc et le noir. Bien sûr à y regarder de plus près ça devient discutable parfois, mais malgré les excès regrettables après-coup, le binaire est de rigueur, genre ce qui n’est pas avec moi est contre moi etc.

      2. Une brève recherche fait apparaître que l’expression “monde bipolaire” est apparue après 1945…l’expression circule entre différents champs !

      3. le binaire est de rigueur

        … à l’instar de notre encéphale, biphasé.

        deux type de conscience mis en exergues, celle de l’hémi sphère droit, orientée matériel, celle de l’hémisphère gauche, orientée disons onirisme (le mot est médiocre mais c’est celui de manuel de diéguez). et il est fort vraisemblable que la totalité des civilisations humaines puissent être dichotomisé culturellement par ce truchement.

        le truchement de la voie d’accès privilégiée par elles, pour aborder la Transcendance…

        … forces et faiblesses de l’impérialisme.

        … Car il se trouve que le cerveau de ces bêtes extraordinaires se trouve scindé entre la masse des proies qu’il récolte et les gigantesques personnages imaginaires qui assiègent ses lobes cérébraux depuis des milliers d’années. Or, ces fantômes les jettent sans cesse la face contre terre. Quel contraste entre la puissance de ces animaux et leurs prosternements ridicules! Comment expliquer qu’ils se précipitent le nez dans la poussière devant des acteurs qui n’existent que dans leur tête ? Est-il un ahurissement plus digne de l’anthropologie scientifique que celui-là ? Peut-on seulement parler d’une science de notre espère aussi longtemps que notre raison ne s’ébahit pas d’une folie aussi démesurée?

        vous trouverez des ‘pistes’ dans cette tentative de généalogie de la bipolarité du cerveau simiohumain:

        http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024/tstmagic/philosopher/genealogie1.htm

        Voyez comme notre malheureux encéphale se trouve désormais écartelé entre deux géhennes , l’une loquace, mais terrestre, l’autre muette, mais en proie au vertige; voyez comme notre arbre de la connaissance, dont les fruits se divisent maintenant entre des pommes réelles et le concept de pomme, commence de torturer notre espèce erratique et menacée de se vaporiser ; voyez comme notre géométrie pure enfante un empire immense et invisible de figures incapturables; voyez comme notre théologie pure accouche d’un roi de l’éther toujours provisoire ; voyez comme un Zeus chasse l’autre ; voyez comme le dernier venu de nos dieux précipite ses prédécesseurs dans un cimetière dont les fossoyeurs déterrent et pèsent en laboratoire les ossements. Notre espèce parviendra-t-elle à s’installer durablement sur la terre ou au ciel ? Pour cela, il nous faudra fabriquer la balance à peser nos idoles, c’est-à-dire nous-mêmes .

        cordialement. rosebud.

      4. @methode 28 octobre 2011 à 23:45
        J’ignore comment sont programmées les machines dont je me sers via mon clavier azerty, mais je constate que nombre des propositions qui me sont faites tiennent du binaire. D’évidence à la question « voulez-vous fermer cette fenêtre » il a été imaginé qu’il n’était pas « utile » de proposer un « peut-être » ou un « pourquoi pas ». Je ne me suis que très peu intéressé au hardware de gueule d’hémisphère, même s’il s’articule d’évidence aux expressions langagières qu’il acquiert et restitue avec des bogues. Très récemment à la radio, j’entendais un économiste parler du niveau de vie des populations quand une très brève hésitation vite corrigée à introduit un « co » là où le « po » s’imposait et était attendu répétitivement. À peine audible, c’est à dire pas entendu de 99% et plus des auditeurs. D’où ma question de quoi ki cose sans le savoir, et ça m’intéresse parfois plus que la volonté textuelle avertie du message. Comme dit Alexandre plus haut « chacun ses domaines de prédilection » sachant que les croisements des tissages de savoirs dits spécialisés donnent de l’air à la trame d’où les sempiternels retours ici de la question de l’inconsistance de l’économie comme telle désarticulée, isolée dans sa superbe technicité de pacotille.

      5. La lecture du fil sur le terril jaune qui a bonne mine, question hémisphère latéralisé et binaire, débouche sur le bilatérale. Même si des accords sont effectivement signés par deux partenaires, il est parfois abusif de les qualifier de bi. Il y a souvent un tiers en coulisse, comme dans les couples ! C’est particulièrement net pour les relations bi-latérales Urss/RPC/USA dans tous les sens à partir des années 60. Il en reste quelque chose aujourd’hui, effet entre d’autres de la visite secrète en 71 de Kissinger à Pékin, et des luttes pour l’hégémonie révolutionnaire entre Mao et Khrouchtchev, des querelles doctrinales, des séquelles nationalistes ; l’empire a su tirer les marrons du feu, jusqu’à un point de non retour qu’il n’avait pas forcément anticipé.

      6. @Rosebud1871 29 octobre 2011 à 00 h 52
        J’essaye de deviner l’effet de l’hésitation. Etait-ce “bicolère” ou “copulaire” ?

      7. J’ignore comment sont programmées les machines dont je me sers via mon clavier azerty,

        c’est pas grave, faut vous en remettre, vous ne savez pas comment ça fonctionne, mais vous en connaissez la finalité soit le fichage, le recoupement et la fin de l’anonymat sur la toile.

        je vois ça d’ici: les hackers luttant haut et fort pour la liberté de logiciel de la machine à formater les esprits la plus sophistiquée qui soit.

        D’où ma question de quoi ki cose sans le savoir,

        je cause d’une bipolarité naturelle, non seulement psychologique, mais physique, tendant à faire pencher la balance du côté de ceux qui soutiennent une justice plutôt compréhensive pour les primo-délinquants, et basée sur la prévention avant la répression. d’une vérité anti-fasciste étayée par l’expérience scientifique.

        quand à vos petites remarques pseudo-subtiles bi-tendancieuses, intrusives ou autres, rappelez-vous que le libertinage comme l’isolement ont souvent produit les esprits les plus éclairés, qu’une petite gâterie le matin c’est même recommandé par le bureau ovale, cigare ou non. vous verrez ça détend du gland.

        sur ce,

      8. @schizosophie 29 octobre 2011 à 10:56
        Comme vous prenez le risque d’une lecture – qui ne manque allusivement pas de sel – ça ouvre la question de la raison de l’interprétation, soit de trancher dans l’amBIgüité. Du temps où j’étais allongé, v’la ti pas, que mon cheval double le montant de ma rétribution unitaire. Ça m’amenait à lui remettre les 2/3 de mes revenus. Pas jouable. Montée de contestations de revendications…en vain. Il tenait sa position mordicus et j’y bouffais un pécule mis de coté pour les impôts. J’y allais en mob et un jour je me retrouve allongé mais gêné par mon casque de cyclomotoriste. J’avais oublié de l’enlever ! J’entends un « vous voulez casquer » …silence puis je rétorque « non je veux pas être à découvert » j’aurai pu dire aussi « assommé ». Le ton changea, mais pas le nouveau tarif unitaire compensé par un baisse du rythme hebdomadaire. Ça restait hors de prix mais praticable. Tout ça pour dire que personne n’est le mieux placé pour décider du sens de ce qu’il y a à entendre de ce qu’il dit ou fait, que celui qu’on appelle trop vite l’auteur, mais seulement en dernier ressort, après quelques tours parfois. Car tout indique qu’il n’est pas forcément au courant de ce qu’il raconte, et donc se raconte. Quand c’est l’autre qui garde la dernière main, ça devient pénible, de quoi motiver un nourrisson à parler pour tenter de se faire entendre…et les ennuis continuent. L’affaire m’avait permis de repérer qu’un syndicat d’analysant suffirait à liquider la possibilité de l’analyse.

      9. @methode 30 octobre 2011 à 10:29
        Clairement le « de quoi ki cose » concernait l’économiste dont le propos me causait…et pas vous. Je n’use pas de la troisième personne du singulier dans un dialogue. Je vous ai répondu à ma façon pour votre invitation de Généalogie de la bipolarité du cerveau simiohumain, et je vous remercie pour vos prescriptions. J’ajoute que je n’ai rien contre la répression ni la prévention, après il s’agit d’entrer dans les détails de leurs objectifs.

      10. @Rosebud1871, le 30 octobre 2011 à 20 h 32
        Je n’avais jamais imaginé un motard sur un divan ni un syndicat d’analysants. Je ne sais pas si le sel fait rire, mais je me dis que le rire vient d’une nouvelle imagination. Par à-sauces vu cette étrangeté.

      11. @schizosophie 31 octobre 2011 à 00:51
        Merci pour la page de publicité, faut bien vivre… et comme sauce j’ai croisé pire !
        « Les mots travaillent » vous citez Debord. Faut être alphabétisé pour le dire.
        Je ne donnerais pas une telle ontologie aux mots, ou alors tout autant métaphoriquement que quand on dit que les mots copulent lors d’un mot d’esprit. Debord à l’air sérieux à revêtir de l’habit du prolétaire, les mots. Sur le pouvoir des mots d’accord, la façon des dominants d’en faire circuler certains plutôt que d’autres, la lutte des classes passe par le champ du langage et de la parole. Mais ce sont eux qui nous travaillent, et nous font travailler, ils nous aliènent pour nous offrir la liberté de croire qu’on peut s’entendre avec d’autres, même que ça arrive parfois dans les deux sens de s’entendre avec. Dialectiquement ils fabriquent notre subjectivité en goguette, de là à en faire des prolos ?

    1. Comment peut-on respecter celui qui a fait le fameux discours du “zanqa zanqa dar dar bite bite”, “rue par rue, maison par maison, chambre par chambre”. C’est Poutine et les Tchéchénes dans les “toilettes” des aéroports.

      Si A=B et B=C alors A=C. Résoudre un problème de transitivité, même de simples rats y parviennent.

      Donc Khadafi = Poutine.

      1. Donc Khadafi = Poutine.

        T’inquiètes Mc Cain l’a déjà faites.
        J’ai quand même le sentiment que ça va être plus dur…

  8. Seul point commun, la video de l’instant du suicide de Platon ne nous est pas parvenue.

    Avec un peu de recul, on se rend compte que, ordre venu de très haut ou pas, la désorganisation des troupes de chiens fous dites du CNT ne devait aucunement permettre à inciter la troupaille à maîtriser ses armes à feu au moment clé de la capture du “boucher de Misrata”

    Étourdi, du sang coulant sur le visage, Kadhafi répète «Dieu vous pardonne ça», alors qu’il reçoit une pluie de coups sur la tête. «Ça, c’est pour Misrata, chien!», crie un homme en train de le frapper. Les soldats qui ont mis la main sur l’ancien «guide» libyen venaient de Misrata, ville particulièrement touchée par un long siège lors de la guerre civile. «Faites-vous la différence entre le bien et le mal?» dit alors Kadhafi.

  9. Je pense que Monsieur Jorion, en déplorant que la mort du grand criminel nous prive de toutes ces belles et juteuses informations qu’un procès “équitable” nous aurait peut-être révélées, essaie quelque part de mettre les médias ( et donc nous-mêmes, grands consommateurs d’actualité devant l’éternel) devant leurs propres responsabilités en soulignant combien, depuis le début de ce conflit, les infos dont nous avons été gavés ont été de bien pauvre qualité quand elles n’étaient pas purement et simplement de la bête manipulation … Manipulation dans laquelle même les meilleurs d’entre nous, je parle des ci-devants militants de gôôche, d’extrême-gôôôche et verts alternatifs se sont gaiement engouffrés en hurlant au massacre et au génocide et au respect des droits de l’homme pour se retrouver bien marris 9 mois après devant une Libye qui n’est pas celle qu’on leur avait vendue.
    Que le père Kaddhafi ait zigouilé un certain nombre d’opposants politiques est un fait, qu’on ait voulu faire croire qu’il allait écraser une rébellion par des bombardements en est un autre, mais le fait le plus marquant de ce conflit aura bien été le bel et incroyable unanimisme des médias occidentaux, à peine égratigné par quelques considérations post-coïtales sur, mon Dieu mais pourquoi ne l’a-t-on pas vu venir , le danger d’un régime islamique et ses funestes conséquences sur la condition des femmes.

    1. Vous vous moquez de la qualité des informations disponibles, des réactions des gens ayant écouté ces informations, des militants de gauche, d’extrême gauche et des verts. Vous riez de l’unanimisme de l’aveuglement de nos médias.
      Pour terminer, vous vous inquiétez du sort des femmes libyennes et de l’islamisme du régime à venir.

      Qu’est-ce qui vous met au-dessus de la moyenne et qui vous permet de vous moquer de ces gens ? En quoi votre souci du sort des femmes libyennes et de l’islamisme du régime marquent votre originalité ?

      1. Je ne me “moque” pas de la qualité des infos disponibles, je dis qu’elles sont médiocres.
        Je ne ris pas de l’unanimisme des médias, ça me ferait plutôt pleurer.
        Je me moque de la gauche, effectivement , et de tous ces gens qui sautent sur place comme des cabris ( Merci De Gaulle) en criant “méchant dictateur droits de l’homme droits de l’homme” sans prendre la peine de se renseigner et de s’intéresser à un minimum de géopolitique, des gens qui de toute évidence n’ont rien appris de la Yougoslavie, de l’Afghanistan ou de l’Irak. Et ça ne me fait pas plaisir car je me considère comme faisant partie de la famille.
        Ce qui est triste c’est que la droite a vraiment gagné la bataille de la communication : plutôt dans le doute hurler méchant génocidaire avec le reste de la meute que de se voir reproché un quelconque soutien à un leader politique estampillé “ordure” par tous les médias, que de laisser Sarko et la droite se monopoliser le combat “humanitaire”. Tant pis pour une vérité plus nuancée, les considérations électorales priment. Et voilà comment on croit devancer le jugement des électeurs , sans même le connaître, mais ne sommes-nous pas habitués à ce genre de mépris, et depuis belle lurette ? Il suffit encore de regarder les efforts des socialos pour prouver à “l’opinion” qu’ils n’iront pas jouer les folles dépensières quand Hollande sera élu en 2012. La gauche a perdu la bataille idéologique, en rase campagne, sans même chercher à combattre.
        Pour terminer : qu’est-ce qui me met au dessus de la moyenne ? ( vous vous êtes senti rabaissé, DidierF ? )
        Rien
        En quoi mon souci des femmes libyennes marque-t-il mon originalité ?
        En rien.
        Je me souviens simplement des femmes irakiennes à Baghdad sous Saddam : elles n’ont rien gagné à l’intervention américaine, bien au contraire.

      2. Je trouve les réactions moutonnières pitoyables. En cela, je pense que nous sommes d’accord. Je refuse de mépriser une personne pour ses opinions ou ses faiblesses. C’est ce que vous faites et cela m’insupporte. C’est pourquoi j’ai réagi. Je suis votre homme pour dénoncer cette immense défaite de la communication.

        La droite a gagné la bataille de la communication. Est-ce que vous avez écouté la gauche ? J’ai observé avec horreur que l’égalité des sexes, l’antiracisme, la laïcité sont des combats totalement résolus à droite. Ils sont réglés, terminés et ne posent même plus un problème. Tous ces trucs sont tellement résolus à droite qu’ils y ressemblent à des distractions populaires. Pendant que la gauche s’amuse avec ça, la droite peut s’occuper de ce qui compte “Faire de l’argent”.

        La gauche laisse le champ totalement libre à la droite dans le seul domaine qui l’intéresse. Pire, vous le soulignez, elle donne des gages de bonne conduite à la droite. La défaite, et nous sommes d’accord, est totale. Pire, la gauche semble veiller jalousement à ce que cette situation perdure. Elle m’apparaît comme une aimable distraction populaire pour la droite. Elle m’apparait comme la composante des politiciens veillant à ce que nous acceptions l’idéal du libéralisme, modèle ultra.

        Les gens dont vous vous moquez n’ont trop souvent ni la volonté, ni le temps, ni les moyens d’approcher une vérité plus nuancée. Me former une opinion personnelle me prend toujours un temps énorme. Je n’ai pas toujours les moyens de comprendre un situation. Je suis donc obligé de faire confiance. Ce n’est pas toujours à bon escient. C’est ce que je pense qui est arrivé à tous ces gens.

        Je pense à eux et à moi comme des personnes perdues dans un océan. Je ressens ma fragilité face à cet océan, à l’incertitude du lendemain ou des prochaines dix minutes. Je sais que ma vie peut basculer à chaque instant. Je peux être frappé par un accident, une mesure économique ou une rencontre n’importe quand. Cet océan est agité. La probabilité de me noyer en augmente. Alors je dois m’accrocher à quelque chose. Ce n’est pas toujours heureux.

        Je pense que cette faiblesse résulte du triomphe des banquiers. Ils sont les moteurs et les rouages de notre monde. Ils sont ceux qui décident de notre avenir et de s’il nous en aurons un. Pour sortir des guerres de religion, nous avons confié nos sociétés à des processus économiques supposés aussi objectifs que la physique du XVI (cf Michea). Cela nous a enlevé la possibilité d’une vision commune du monde hors des processus économiques. Nous sommes devenus des étrangers les uns aux autres. Nous ne pouvons guère nous comprendre et sommes de plus en plus isolés les uns des autres. Pour faire fonctionner notre monde, il nous reste les transactions commerciales et financières. Les commerces pour tourner ont besoin de capitaux. Ils sont donc soumis à ces derniers. Les financiers manipulent les capitaux. Les financiers sont en haut de l’échelle sociale et ils en ont pris conscience. Ce qui les motive est de faire fonctionner la société. Pour savoir si leur travail est bon, ils ont un critère simple. S’ils s’enrichissent, alors ils font du bon travail.

        Le reste, tout le reste (laïcité et situation des femmes) est réglé avec des transactions financières. C’est totalement laïque et indépendant de la personne qui a de l’argent. S’il y a assez d’argent, la condition féminine devient celle que vous souhaitez. La gauche peut intervenir à ce moment pour s’assurer que cette transformation, voulue par la droite, s’opère. Elle est au service de la droite. Elle est à la traîne de la droite. Sa défaite est vraiment totale. Depuis “Touche pas à mon pote”, la gauche a trouvé sa place dans la société libérale.

        Alors reprocher à ces gens de suivisme et à la presse son unanimisme me semble injuste. Ils suivent le mouvement. Ils suivent le triomphe actuel du libéralisme le plus pur. C’est un matérialisme rationaliste dans lequel les personnes sont des animaux intelligents soumis à des pulsions parfaitement gérables par l’économie. Chacun dans son coin, ces animaux s’imaginent avoir compris plus de choses que son voisin et donc lui être supérieur. Il est donc prêt à entrer dans la course, à devenir concurrentiel et compétitif. Celui qui ne s’adapte pas à cette situation passe dans le trou noir de l’exclusion.

        Dans cette situation, la peur d’être mis hors course devient vraiment intense. Il faut impérativement “en être”. Une façon très économique de le faire est d’adhérer à une idée qui semble être adoptée par tout le monde. Nous avons là une situation où les individus sont très manipulables. Cela me semble presque trop facile. Le terrain pour occuper les cerveaux a été préparé depuis des siècles. Les individus sont devenus des pages blanches assoiffées d’écriture. Des intérêts particuliers sont toujours disposés à y écrire ce qui les arrange.

        Vous vous moquez de cette situation. Je trouve cette moquerie fort saumâtre.

  10. Nous vivons une époque “formidable”. La vérité gênante ne peut pas être acceptée.
    Sans enquêter, je pense que Gaddafi a été assassiné. Il suscite une haine incroyablement forte chez deux de mes relations. Il y a eu une guerre civile dure. Le régime est copieusement haï par ses habitants.
    Réciproquement, les adhésions au CNT pourraient être vraiment intéressantes à examiner. L’amour de la liberté, du peuple Lybien, de la démocratie et des trucs analogues pourraient se révéler légers cher des soutiens enthousiastes du nouveau régime.
    Je passe sur les histoires des relations entre les pays de l’OTAN et Khadaffi. Il doit y en avoir de fort croustillantes.
    Tout cela me fait penser que “Le Guide de la Révolution” a été assassiné.

    Il l’a été, en très grande partie, pour se protéger contre des révélations gênantes. C’est très grave à mes yeux. De plus, Paul Jorion le rappelle, il n’est pas le premier. Ces morts, ces meurtres, me remettent en mémoire un mot sur notre monde. Il y était dit que le pire ennemi de notre monde est la vérité. Elle ne serait plus tolérable par le monde construit par et pour nos élites.

    Je n’ai pas reconstruit le chemin liant nos élites et ce refus de la vérité. Dans mon expérience de ce problème, je pratique le déni quand je suis confronté à une réalité sur laquelle je n’ai aucun contrôle et qui peut provoquer mon anéantissement. Cette dernière condition doit seulement m’apparaître crédible pour que je pratique le déni.

    Si je transpose mon expérience de la question à ces différentes histoires, nos autorités sont dans un intense état de panique (toujours mon expérience). Elles savent qu’elles ont perdu le contrôle des événements. La situation les dépasse. Mais cela me semble être une option encore optimiste.

    Dans mon expérience, une forme plus bénigne de déni est illustré par une émission de télé, nommée “Controverses”, traitant de Dexia. Notre hôte y a lancé quelques vérités désagréables. Le présentateur n’a compris de la déclaration de Jorion que la partie restant dans son cadre de pensées. Le reste lui a complètement échappé. Je me surprends à pratiquer ce genre d’erreurs.

    Transposer cette expérience à nos élites revient à limiter notre connaissance de Khadafi, de Ben Laden et de Saddam Hussein à la haine. Cette haine naît, à mon avis, de l’incompréhension totale ressentie par nos élites face au comportement de ces gens. Vu du cadre de pensées en cours, leurs actes sont rigoureusement irrationnels, barbares, imprévisibles. Leurs actes sont du terrorisme pur. La haine s’ensuit. Si j’ai raison ici, alors même nos élites ne savent plus ce qui se passe. Elles agissent sur la base d’une programmation reçue lors de leur élévation au rang de président, de chef de banque, etc… Si j’ai raison dans ce sens, ces gens sont parfaitement à l’abri de la réalité. Nous mourrons tous avant qu’ils réagissent.

    Il reste l’hypothèse de l’appât du gain. Khadaffi a été abattu pour que nous puissions mettre la main sur son pétrole. Dans ce cas, c’est un hold-up. Le CNT n’est pas légitime. Tuer Khadaffi n’est que la conséquence de ce besoin.

    Il y a aussi la possibilité d’une lutte pour la démocratie, la liberté, etc… Si c’était dans le sens auquel je crois, Khadafi serait maintenant en vie et en train de parler. Mais si la démocratie, la liberté et tout le reste exigent cette mort, alors la démocratie, la liberté etc… sont morts.

    Si ces trucs ne supportent pas la vérité, alors je peux entrer en état de panique. Je peux être frappé n’importe quand et pour n’importe quoi. Si mon existence devient un reproche pour ces trucs (chômage), alors je serai enterré dans le trou le plus profond qui soit. Je mourrai socialement. Le simple fait d’énoncer ma situation fait de moi un pestiféré. Si j’ai du travail, je dois faire attention à chaque instant de ne pas énoncer des vérités gênantes. Si j’insiste, je me retrouve dans le cas ci-dessus. C’est moins ennuyeux que le camp de travail mais ça ressemble quand même à la “vaporisation” d’Orwell. Si notre monde ne supporte plus la vérité, il est orwellien.

    Je peux donc penser que la mort de Khadaffi est grave pour nous. La haine qu’il suscite nous évite de nous regarder en face. Nous avons un très gros défi à relever.

  11. PJ a été capable d’écrire un bouquin avec comme titre “principes des systèmes intelligents” (éclats de rire dans la salle), il essait sans doute de s’amender …

  12. Nuremberg ? L’impératif kantien : je ne faisais qu’obéir. « Des siècles et des siècles » m’embarrasse. Entre devoir de mémoire et droit à l’oubli, quelles incidences ? « Mal d’Archive » montre la façon dont la gestion des archives instaure l’écriture du futur. De la même façon, quelques mots d’un ancêtre peuvent gouverner un devenir, mais un silence, un secret de famille tout autant, voire plus. L’humanité a soif de sens, les religions en déversent, et quand elles sont sur la touche la relève est prise par des fictions laïques avec commémorations à la clef. Juste le « droit » de se chicaner pour savoir lesquelles, pour le bien de tous, du plus grand nombre, de la majorité, de l’intérêt général, puis au mieux celui de faire avec, bon gré mal gré.

  13. bonjour monsieur Jorion.

    effectivement en quoi est-il possible de croire? Mais surtout sur quel idéal pouvons nous batir une cité. Quel idéal? Quel dieu en définitif. Quelle sera sa bible et quels seront ses défenseurs?

    Voilà la questionnement de Platon me semble-t-il? la grosse différence entre Platon et les pre socratique reside dans la recherche du monothéisme , la recherche de l’Un.

    Mais ce que j’en dis n’engage que moi…

    1. “l’erreur” de Platon c’est d’avoir inventé la transcendance. Il a fallu attendre Spinoza pour détruire intellectuellement cette fausse idée.

      1. Bonjour Monsieur Pol

        Platon n’a pas inventé la transcendance, elle existe depuis que l’homme est homme. Pour s’en convaincre il suffit de contempler les grottes de Lascaux. Ces dessins sont-ils beaux?
        La nature intérieure et la nature extérieure incite l’homme a réfléchir progessivement . L’homme ne se fait pas en un jour. ( Origène et la génèse )

        Quant à Spinoza il faut connaitre la vérité pour dire qu’une idée est fausse ( aporie ).

        je vous souhaite un bon samedi.

      2. À François2

        Il n est pas nécessaire de connaître la vérité pour reconnaître le faux.
        Il suffit de voir les contradictions internes au faux, il suffit de connaître une forme necessaire de la vérité, pour savoir qu’ une forme ne lui ressemble pas, ne s’ en approche pas, est différente , foncièrement .
        Par exemple, attendre de la justice un progres dans la connaissance, elle qui tranche de façon binaire ce qui existe legalement, et pas ce qui existe autrement qu’ ainsi, est foncièrement faux .

      3. Platon, constatant une tendance métaphysique, et même la nécessité (le big bang et l’univers des premiers instants en science physique sont de tels artefacts) de cette tendance quant à la connaissance (principe d’identité logique, tiers exclu), a essayé de bâtir un système holistique visant une harmonie(au sens musical) entre les habitants, et entre les habitants et le monde, sans pour autant verser dans le rêve : les mythes destinés aux “peu éduqués” étaient l’exact contrepartie littéraire de ce qui se voulait les sciences d’alors, une vulgarisation de haute qualité. C’est pourquoi par ex il vire Homère de la cité (avec les honneurs et les fleurs, mais il le pousse fermement à la porte).
        C’est Aristote qui ramène le discours du vrai à l’observable.*

        Et Galilée qui réinstalle une idéalité : la nature parle le langage mathématique.
        Comme Descartes, Spinoza cherche à rendre compte philosophiquement des théories de Galilée (comme Kant le fera avec Newton) : il ne détruit rien de la transcendance : au contraire, il croit en Dieu. Mais comme Aristote, il ramène la vérité à la nature observable, la matière ; tel est son Dieu : l’univers (comme Diderot et bien d’autres matérialistes croyants.)…et les maths (la logique avant tout).

        Ce n’est pas pour rien qu’Heidegger écrit que “la philosophie n’est que notes en bas de page de Platon”.

        *ce faisant, ses discours éthiques n’ont pas de chairs sans preuve objectives ; du dialogue Aristote oublie celui avec autrui pour ne retenir que celui d’avec l’expérience. Il ne livre qu’une partie de la méthode de Platon, confiant dans son présupposé peut être idéaliste pour le coup que “l’homme ne désire rien de tel que de connaître la vérité”.

      4. bonjour Monsieur Tique.

        désolé pour cette réponse tardive. Le temps a passé, cette discussion est sortie du torrent.

        il me semble que votre propos ne parle pas de Vérité mais de Cohérence. Vous jugez non pas des prémisses mais de la logique. Ce qui est incohérent peut parfois être vrai si les prémisses sont fausses ou si après s’être égaré la direction a repris le bon chemin. il faut deux prémisses au départ afin de créer un syllogisme. Théorie des ensembles.

        La cohérence est un bon gardien pour passer d’une grande vérité à une plus petite.

        Ensuite la Vérité possède effectivement plusieurs formes possibles. parfois brut de pomme parfois douce comme de la guimauve, parfois fièvreuse enivré au coin d’un bar du commerce.

        Bon dimanche.

        Ps le juge humain a pour fonction de rendre la justice: coupable ou non coupable sinon il est incompétent. Si vous trouvez la justice humaine immorale alors changez soit de cité soit changez de lois. Il vous faudra convaincre la majorité que les lois actuelles ne sont plus adaptées à votre morale actuelle.

      5. A François2

        http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2011/10/29/les-militants-anti-fessee-reclament-une-loi-afin-de-bousculer-l-opinion_1596033_3238.html

        Pensez vous que ce genre de problème de société puisse être réglé par la seule intervention d’ un juge ?
        La forme excessivement polie de votre dernier post dissonne par rapport au message méprisant qu’ il contient.
        Le café du commerce sait reconnaître les faussaires .
        Votre savoir ne vous sert à rien.

  14. Voilà Georges Bush peut être content pour le retour au pouvoir des républicains l’an prochain le renouvellement des dictateurs en place par les donneurs d’ordres qui les trouvaient plus assez obéissants a eu lieu et voilà qu’on va nous refaire de la terreur islamique mais là aux portes de l’ Europe comme ça on pourra encore plus les boucler les libertés avec ce prétexte…

  15. À François2

    J’ espère que cette réponse va passer sans doublon, merci au modérateur de supprimer les éventuels doublons.

    Cher François2
    Mon pseudo est Tigue pas Tique.

    http://www.lemonde.fr/aujourd-hui/article/2011/10/29/les-militants-anti-fessee-reclament-une-loi-afin-de-bousculer-l-opinion_1596033_3238.html

    Pensez vous que ce genre de problème de société puisse être réglé par la seule intervention d’ un juge ? Ce type de problème comme celui de la propriété qui fait violence âprement discuté ici, peut il être tranché par la seule rédaction d’ une loi ? N’ y a t’ il pas quelque chose de fondamentalement faux à vouloir régler dans un cadre légal un problème qui existe essentiellement dans d’ autres cadres (détresse sociale, morale, psychologique etc..)
    La forme excessivement polie de votre dernier post dissonne par rapport au message méprisant qu’ il contient. Il est bourré de fausseté.
    Au café du commerce on peut aussi reconnaître les faustaires
    Votre savoir ne vous sert à rien.

    1. @ monsieur Tigue

      tout d’abord je vous prie de bien vouloir m’excuser pour la faute de frappe.

      je crois que le juge ne fait que son boulot social. En revanche les législateurs, ceux qui font les lois, règlent les problèmes de société. La fessée est-ce un problème de société?

      Si vous voulez mon opinion sur le sujet de la fessée.

      1)je crois qu’il existe fessée et fessée; la question primordiale se pose sur le pourquoi de la fessée.
      2)Je crois par ailleurs que la fessée fait mal aux deux et ne laisse pas de grave traumatisme physique. Il s’agit de l’endroit du corps le mieux choisi. La preuve en est que cela existe depuis très longtemps.

      Mais bon il me semble que vous m’avez fait divergé. C’est pas bien ( sourire )

      Bonne soirée.

      Ps: je serai absent du forum pendant un certain temps. bonne continuation.

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