L’actualité de la crise : INTROUVABLE LÉGITIMITÉ, par François Leclerc

Billet invité

La leçon de la crise grecque est immédiate, alors qu’elle n’est pas encore résolue : rien n’est réglé, tout s’est encore compliqué, et pas uniquement seulement au plan financier. Quelle que soit la formule politique qui parviendra à émerger, l’Etat grec n’est pas devenu solvable pour autant et la société va continuer de traverser une crise profonde. La solution d’un gouvernement d’unité nationale, si elle parvient à être mise sur pied, ne donnera pas davantage de légitimité à un pouvoir à qui il a été trop demandé et qui a trop exigé.

D’autres pays au bord de gouffre et qui s’apprêtent à changer de gouvernement – l’Espagne et l’Italie, pour commencer – ne vont pas plus trouver à cette occasion de solution à une équation qui n’en possède pas, telle qu’elle est posée. Les dirigeants européens sont entraînés vers le fond par la dynamique de leur stratégie. Ils peuvent se succéder, se coaliser, s’unifier, ils n’en restent pas moins démunis à l’arrivée. En France, l’opposition socialiste se révèle incapable de formuler une alternative construite, alors qu’elle s’approche du pouvoir.

La crise est donc politique, au sens qu’elle traverse tout le monde politique. Mais elle s’exprime également dans la défiance généralisée, quand ce n’est pas l’opprobe, qui touche les élus sans exception. Dans la conviction profondément ancrée qu’ils ne sont pas à la hauteur, incapables de régler les problèmes qu’ils prétendent gérer. Sans parler de la légèreté de leur conduite dans tous les domaines, qui en dit long sur leur sentiment d’impunité.

Sous-jacente, se profile l’idée que les Etats-Nations ne sont plus à la mesure d’une finance mondialisée devenue folle, rendant inopérants des systèmes de représentation démocratique nationaux. Un vide s’installe, affolant ceux qui dénoncent immédiatement le populisme, amalgamant tout ce qui n’est pas dans leurs cordes.

Dans le camp des autorités, le mot d’ordre reste de tenir envers et contre tout. En considérant comme un mal nécessaire l’élargissement des zones de pauvreté, le développement des petits boulots informels destinés à la survie, ainsi que la montée de la précarité, qui se poursuit. En jouant sur l’angoisse et le découragement, sur le sentiment qu’il n’y a rien à faire, encouragé par des discours d’opposition qui prônent aussi le recours à la responsabilité, en l’occurrence à la soumission.

Sauvent l’honneur ceux qui continuent de s’indigner, recueillant la sympathie d’une opinion publique désarmée. Déterminés et utilisant des tentes de sans abri comme symbole de leur protestation, accueillant pour les nourrir les exclus du voisinage. Tout un programme !

Les rebondissements imprévus de la crise ne s’arrêteront pas en si bon chemin. Le besoin qu’a ressenti George Papandréou de consulter les électeur grecs, par delà ses calculs, exprime la nécessité que les gouvernements ressentent de trouver des points d’appui lorsqu’ils font défaut et que la crise sociale dérive vers le chaos. La manœuvre a tourné court, laissant le problème entier.

La situation sociale et politique devient progressivement toute aussi instable que le système financier. Désormais globale, la crise incite au partage d’une vision libératrice qui le soit aussi.

Présentée comme solution, la gouvernance économique européenne en est à l’exact opposé. Porteuse non pas d’un déficit mais d’un gouffre démocratique.

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158 réflexions sur « L’actualité de la crise : INTROUVABLE LÉGITIMITÉ, par François Leclerc »

  1. Fin du jeu, la nouvelle norme sera la possession et rien d’autre, il ne reste déjà plus que les miettes, les oligarques ont eu le temps nécessaire de sortir des marchés risqués et se dirigent sur l’Asie et l’Afrique. sur ces deux pays je crois qu’ils y sont déjà , et quand on commence à attaquer le desert  » j’ai du faire une faute » c’est que le repas est fini SANTE

    1. Capitalisme libéral, régime politique et économique où la liberté est intimement liée au capital.
      Plus simplement : pas de capital = pas de liberté.
      C’était très clair dès le départ.
      Un coup d’œil au Chili suffisait à le comprendre.

  2. Le livre d’Emmanuel Todd « Après la démocratie » prend une tournure prophétique car nos dirigeants ne pourront plus s’accommoder longtemps du suffrage universel.

    Au PS (parti classé à gauche) on pratique le 1 € = 1 voix (!) lors des primaires à la présidentielle. A l’UMP (parti classé à droite), on gouverne avec des repris de justice à l’intérieur, aux affaires étrangères, à la défense… Main dans la main, ces deux partis piétine le vote de 2005 sans se poser question. On pourrait écrire plusieurs chapitres sur le peu d’égards qu’ont ces partis pour la démocratie mais je vais m’en tenir là. La question que je me pose est la suivante : comment allons nous nous débarasser des hommes et des femmes qui nous gouvernent depuis 40 ans?

    1. @ MM
      Quelques pistes :
      – voter massivement pour les partis de rupture vraie (Verts, Parti de Gauche mais pas la Marine !!). Effets garantis sous peu (quelques mois).
      – pétitionner, protester auprès des médias-agents du formattage TINA, des candidats des partis-système (parasiter leurs meetings, dénoncer haut et clair les conflits d’intérêts et la corruption, exiger inlassablement le non-cumul des mandats, etc.).
      – multiplier les associations et les actions juridiques. Utiliser à fond le système de droits de la démocratie actuelle pour généraliser la contestation.
      – au niveau individuel, s’assumer en révolte et le dire et « l’agir » dans son environnement de travail et au quotidien (un réel courage, au début, est de mise).
      – etc. etc., etc. …tant de choses efficaces mais pacifiques et populaires sont à inventer ou à réinventer !
      …peu à peu, le mouvement des indignés et autres occupants devrait pouvoir se focaliser sur ces actions directes, accessibles, pacifiques mais radicales.

  3. « [Une] défiance généralisée, quand ce n’est pas l’opprobe, qui touche les élus sans exception. [Une] conviction profondément ancrée qu’ils ne sont pas à la hauteur, incapables de régler les problèmes qu’ils prétendent gérer.

    Sous-jacente, se profile l’idée que les Etats-Nations ne sont plus à la mesure d’une finance mondialisée devenue folle, rendant inopérants des systèmes de représentation démocratique nationaux. »

    Je peux à la rigueur imaginer que quelqu’un souhaite se faire élire député en pensant honnêtement avoir une influence positive mais ça suppose d’accepter de faire comme si le programme de son parti pouvait réellement aboutir au résultats promis, il faut donc trcher sois vis à vis des électeurs soi vis à vis de soi-même, si possible un peu les deux.

    Pour le reste il n’y a pas à s’étonner que ministres, premiers ministres et présidents soient plutôt choisis en fonction de leur talents d’acteur qu’en fonction de leur capacité réelle à gouverner. L’intervention de Sarkozy à la télé était nulle sur le fond mais remarquable si on veut bien prendre en compte sont but réel qui n’est que de maintenir les français le plus calme possible le plus longtemps possible.

    En choisissant de prendre leurs décisions à l’unanimité (17 ou 27 selon les cas) les états de l’UE ont en réalité décidé de ne pas en prendre mais d’appliquer quoiqu’il arrive les règles des traités. Les détails qu’ils leur restent à régler sont peut-être nombreux mais sont en fait sans grande importance. On n’a pas (ou plus) affaire à des hommes politiques qui choisissent le système politique qui leur convient, c’est au contraire le système qui choisit les hommes qui conviennent.

    Les seuls choix valables sont à faire parmi les candidats qui veulent changer le système et récupérer un pouvoir politique réel !

    1. « Les seuls choix valables sont à faire parmi les candidats qui veulent changer le système et récupérer un pouvoir politique réel ! »
      A ma connaissance, il n’y en a pas pour l’instant parce qu’il n’y a pas de changement de paradigme politique : une nouvelle démocratie doit être inventée.
      En reprenant les anciens on ne fera que reproduire les mêmes âneries.

      1. Je voulais plutôt dire que si on s’en tient aux mêmes âneries (genre le changement dans la continuité et autres alternances) les nouveaux ne vaudront pas mieux que les anciens…

  4. @Jef
    je ne comprends pas cette image: un aigle qui surnage et delà montrerait de l’arrogance ??
    L’aigle vit sa vie de planeur, vole au dessus des nuages et peut fixer le soleil, loin de tous regards;
    Il ne se tient pas au raz de l’eau même boueuse .
    Inutile je pense de désigner des boucs émissaires et de raviver le sentiment anti germanique.
    Ce genre de commentaire n’a pas de place en ce lieu, il me semble

    1. Ouaip, comme vous dites, un aigle ça plane, c’est beau, c’est cool…tant que ça dure. Ça en a ébloui plus d’un… Gare à l’atterrissage quant même! Qu’y puis je si ce brave volatile est le symbole choisi par l’Allemagne, tout un symbole: sympa, humble, pacifique…bref pas comme cette sous race de gallinacé braillant les deux ergots plantés dans le fumier! Choisi par qui au fait?

      1. …le coq ? …jeu de mots ou confusion idiote entre « Gallia », la Gaule, « galli », les Gaulois, et « gallus », le coq, animal dont les Romains auraient alors supposé l’origine en Gaule, « le volatile des Gaulois »… si j’en crois ouiqui, cette confusion n’est attestée …qu’à la Renaissance !
        Comme vous le savez, les tribus gauloises avaient toutes sortes de symboles, les plus fréquents étant le sanglier ou le marcassin (animal proche des forces telluriques) et l’alouette, si haute dans le ciel qu’on n’entend plus que son chant (animal proche des forces solaires). Je ne suis pas sûr qu’on aurait gagné au change…
        Sur l’aigle allemand, il remonte au haut Moyen-Age
        (http://fr.wikipedia.org/wiki/Armoiries_de_l%27Allemagne)
        …mais l’Aigle allemand actuel est bien enrobé (cf. pièces allemandes
        http://www.echolalie.org/wiki/index.php?ListedAigles )
        …tellement que les parlementaires allemands, qui l’ont sous les yeux, énorme, l’ont surnommé « la grosse poule » !
        Alors, une grosse poule et un coq, ça doit bien collaborer ensemble, non ? …pour preuve :
        http://www.presseurop.eu/fr/content/picture/219461-collaboration

        (et sinon, voir ma suite à votre fil 30)

  5. Article intéressant sur « le Monde » :

    « Pourquoi paierions-nous ? Pour les dettes ? Ce ne sont pas les nôtres »

    http://www.lemonde.fr/crise-financiere/article/2011/11/03/pourquoi-paierions-nous-pour-les-dettes-ce-ne-sont-pas-les-notres_1598267_1581613.html

    Le mouvement « Den plirono », qui revendique plus de 20 000 membres, est organisé. « C’est un mouvement de désobéissance, poursuit M. Polychroniadis. Nous savons que nous nous mettons hors la loi, mais si nous voulons renverser le gouvernement, il faut prendre des risques. Nous n’avons pas peur du gouvernement. S’ils veulent couper nos compteurs d’électricité, nous irons les remplacer. Nous sommes équipés pour ça. »

    Les militants de « Den plirono » bénéficient de la complicité du puissant syndicat de l’opérateur d’électricité (PPC) qui a déjà essayé de bloquer l’imprimerie d’où sortent les factures réclamant le nouvel impôt.

    L’exemple vient d’en haut. Le vice premier ministre, Théodore Pangalos, a expliqué, en octobre à la télévision, qu’il ne pourrait pas payer cette taxe, car il a beaucoup de propriétés. Il a mis au défi Evangélos Venizélos, le ministre des finances, de le mettre en prison !

    L’une des priorités du gouvernement et de la « troïka » était de renforcer les recettes fiscales et de combattre la fraude fiscale. C’est l’un de ses principaux échecs.

  6. La Démocratie est un luxe.
    C’est effectivement le message que nos dirigeants en place envoient aux Peuples de la Planète. La Démocratie ne devait-elle pas être l’anti chambre du développement économique de la croissance et du bonheur des peuples?
    C’est du moins ce qu’ avait promis Sarkozy et l’OTAN au peuple libyen pour intervenir chez eux.
    On avait eu, nous autres Européens, un aperçu de la démocratie à la sauce néolibérale à propos des pays qui avaient dit « Non » au traité constitutionnel. Le cas de la France à cet égard fut exemplaire, le traité refusé par référendum par la grande porte lui revient par la fenêtre pour être adopté en congrès avec la complicité du PS.
    Aujourd’hui le cas de la Grèce, après les humiliations faites à l’Italie, est tout aussi significatif le message est clair en dehors des règles imposées par la commission « très démocratique » européenne point de salut.
    Le Peuple prend de plus en plus conscience que nos dirigeants, largement à la solde des firmes multinationales et des grandes banques essaient de maintenir les privilèges de leurs mécènes et bien sur les leurs. Le remplacement de M. Trichet par le sous fifre de Goldman Sach, M. Draghi qui a certainement contribué au camouflage de la véritable situation de la Grèce aux européens, n’a soulevé aucune protestation dans nos médias bien pensant ici ou en Allemagne, d’ailleurs pourquoi s’en offusquer, il fera certainement très bien ce que l’Oligarchie financière attendra de lui.
    Là où la crise mondiale de la Dette a été fabriqué, aux USA, la supercherie Obama est désormais éventée, ce sont bien JP Morgan, Goldman Sach et Général électric et le complexe militaro industriel qui gouvernent, les espoir du peuple américains sur l’emploi, la santé et la retraite sont anéantis. En France c’est le Lobby bancaire avec la BNP et AXA et leurs alliés MM Frêre et Desmarrais( ensemble ou séparément c’est plus de la moitié des capitalisations du CAC 40 et des profits!) Ces entreprises industrielles n’ont d’ailleurs pas crée le moindre emploi en France ces 10 dernières années et rivalisent entre-elles pour ne pas payer d’impôts sur les bénéfices!
    En ces temps de disettes de la Dette le financement des déficits publics devient difficiles et la rigueur, l’horizon des peuples, afin que les privilèges des nantis soient conservés.
    Au fait n’avait-on pas un jour « abrogé » les privilèges?

    1. Au fait n’avait-on pas un jour « abrogé » les privilèges?

      Mais ils se sont reconstitués, faute d’avoir su régler quelques questions portant sur l’appropriation et la concentration des richesses. Le débat est sur la table (rase) désormais. Ne laissons pas l’espace politique inoccupé (et délégué), certains pourraient être tentés de le remplir.

  7. Je ne sais pas si cette vidéo a circulé, mais elle vaut vraiment le détour pour comprendre pourquoi d’un point de vue simplement mathématique (des maths très simples, juste la fonction exponentielle) on va tout droit dans le mur avec l’idéologie « Il nous faut plus de croissance! », « Tous les problèmes s’arrangeront avec la croissance » et « Regardes la grosse croissance de mon PIB ». Elle illustre bien l’idée qu’il faut « Changer de cadre » exprimée par Paul Jorion.

    http://www.youtube.com/watch?v=F-QA2rkpBSY

    (Vidéo en 8 parties, la première partie introduit les quelques notions qui permettent de mettre en évidence les problématiques)

    Quoi qu’il arrive il faudra changer de système, mais comme toujours l’homme attendra le dernier moment, quand il sera dos au mur.

      1. Vous ne pensez pas que vous jetez là un peu rapidement le bébé avec l’eau du bain ? Pourtant Paul Jorion a clairement expliqué que si Marx a bel et bien commis quelques erreurs et imprécisions, le fond de son propos n’en était pas à jeter complètement pour autant, contrairement à ce qui a été fait. Pourquoi, dès lors, condamner de la même manière les travaux de Malthus ?

        Cela dit, j’admets volontiers que cette vidéo (que j’ai visionnée en entier il y a quelques semaines, je tiens à le préciser) comporte un certain nombre d’exagérations, de présupposés douteux et de conclusions pessimistes hâtives. Mais la véracité de l’exposé sur les dangers inhérents à l’ignorance de la fonction exponentielle demeure…

      2. @ Candide

        Oui, je jete la mémé avec l’eau du bain dans les orties, et je n’y vais pas avec le dos de la main morte !

        Relisez calmement ce que j’ai écris. Je ne parle pas de Malthus et ses travaux mais du malthusianisme. Nuance papillon.

        Sur la vidéo, nous sommes donc d’accord, et je ne vois pas l’intérêt de ce qui se résume à expliquer qu’une exponentielle ça finit par faire vachement-beaucoup-plein.

    1. Pourquoi donc? Il ne dit pas que réguler la population mondiale est la solution à tous nos problèmes. Pour moi il indique simplement que plus la population croit plus les problématiques s’accélèrent ce qui est logique puisqu’il faut bien nourrir, habiller, loger et faire consommer tous ces braves gens. La population est juste un paramètre qui amplifie et accélère les problématiques dont on devra faire face.

      1. @ Pym

        Pourquoi donc? Il ne dit pas que réguler la population mondiale est la solution à tous nos problèmes. Pour moi il indique simplement que plus la population croit plus les problématiques s’accélèrent ce qui est logique puisqu’il faut bien nourrir, habiller, loger et faire consommer tous ces braves gens. La population est juste un paramètre qui amplifie et accélère les problématiques dont on devra faire face.

        Et il faudrait se fader une vidéo en 8 parties pompeusement auto-proclamée « la plus importante du monde » pour apprendre que plus on est nombreux à partager le gâteau, moins il y a de gâteau ?

        Attendez donc de voir ma « vidéo la plus importante de la galaxie » où je vous expliquerais à l’aide d’algèbres de Lie et de fibrés vectoriels pourquoi :

        1/ On n’est pas là pour être ici ;
        2/ Il n’y a qu’ensemble que l’on réussira à être plusieurs.

      2. Je pense qu’il est dommage que vous le preniez ainsi. D’une part le sujet de la vidéo ne concerne pas la croissance de la population mondiale comme je l’ai déjà indiqué. De plus le nom de la vidéo n’a aucun lien avec la personne figurant dans la vidéo (oui le nom est ridicule, mais la personne qui parle dans cette vidéo ne l’a pas mise en ligne, donc lui faire un procès à ce niveau est ridicule.)

        Je suis triste et déçu de voir cette réaction (surtout venant de votre personne) car de mon côté j’évite de critiquer ou commenter une vidéo si je ne l’ai pas regardé. Hors il est très clair que vous ne l’avez pas regardée.

      3. Allons Pym, un peu d’ironie ne fait pas de mal.

        Je connais la vidéo depuis un bout de temps, tout comme les travaux de Bartlett et je maintiens qu’il s’agit d’une analyse malthusienne. Quant à la contradiction inhérente au terme de « croissance durable » dans un contexte de stock de ressources naturelles fini, je crois qu’elle ne mérite pas de longs exposés tant elle est intuitive. Je crois en revanche nécessaire de battre en brèche l’idée qu’une limitation de la population mondiale puisse être un recours efficace.

      4. Julien Alexandre :
        J’apprécie beaucoup votre humour et vos réponses !
        Quant au problème posé dont s’est emparé une secte « écologiste » il est terriblement dangereux :
        Si à leurs yeux nous sommes trop nombreux il faut réduire la population …
        Comment ? Ben on se doute …
        Alors que pris par un autre bout , plus une société est évoluée plus sa population se stabilise naturellement …
        Cdt.
        Bn.

      5. Tout est question de proportion et de référentiel!
        Si 9 M d’individus pour notre seule Terre peuvent inquiéter nos contemporains, bien moins inquiétaient déjà Malthus, et peut-être bientôt, la barre des 15 M passée, les analyses farfelues d’hier seront les critiques pertinentes de demain…

      6. « Je crois en revanche nécessaire de battre en brèche l’idée qu’une limitation de la population mondiale puisse être un recours efficace. »

        Je repose ma question car mon message d’hier n’est apparemment pas passé…

        Pensez-vous qu’il soit possible de la laisser croître indéfiniment ? Pouvez-vous développer les pistes que vous envisagez à la place ?

  8. Imaginez une seule seconde sarkozy réélu par des moutons encore une fois trompés par son show….dés le 7 mai le programme Grec sera mis en place et sans le moindre scrupule car il ne peut plus être réélu.Il est certain que FH n’est pas vraiment celui qui va faire se lever les foules mais si Sarkoshow repasse c’est 5 ans de malheur en vue.Dans quel état sera la France en 2017?Idem pour d’autres pays.On finirait presque par souhaiter la chute de l’Italie car la à mon avis merkozy n’y résistera pas.
    Si l’indignation soft et gentille ne donne rien je crains que l’on revoit des brigades rouges ou autres et franchement cela sera une sorte de légitime défense…si ça arrive ils l’auront bien cherché.

    « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple le plus sacré et le plus indispensable des devoirs » Maximilien de Robespierre

    1. « encore une fois trompés par son show…. »

      1. Le pire, c’est que ça risque d’arriver.

      2. Est-ce qu’une alternance changerait quelque chose, au-delà de la forme? Si je pose la question, c’est que je suis loin d’en être certain…

      Signé: un désabusé

    2. S’il vous plaît, s’il vous plaît, les Brigatti Rossi, la Bande à Baader, Carlos, l’ETA, Action Directe, etc., n’ont jamais été que des bandes infantiles d’assassins, qui ont, au final, conforté le système, autorisé la répression et le conformisme tous azimuths, écoeuré la majorité silencieuse et discrédité beaucoup d’actions de gauche pour longtemps.
      On peut et on doit absolument imaginer une autre « sorte de légitime défense » : retour à Jaurès, grèves générales, grève générale de l’impôt, boycotts, sittings massifs non-violents, irruption populaire massive dans toutes les instances et expressions démocratiques : syndicats, élections, pétitions, manifestations, interpellation des médias, etc., la liste est vaste et encore à allonger créativement !
      Il peut même y avoir, à la limite, des actions très « hard et méchantes » mais non sanglantes (grèves générales avec occupations multipliées, arrestations ou réquisitions citoyennes, etc.), quoiqu’à mon avis, celles-là risqueraient de fournir le prétexte à une répression violente. La spirale d’escalade violence-contre-violence serait alors inexorablement enclenchée vers le chaos et la guerre civile.

      1. « quoiqu’à mon avis, celles-là risqueraient de fournir le prétexte à une répression violente. »

        Vous le dites vous-même…

        A mon humble avis, nos politiciens ne sont pas (encore) prêts à sortir « du cadre » (terme qu’utiliserait notre hôte), quant à l’analyse à donner aux faits, et à la réponse (forcément de nature politique), à y apporter.

        Papandréou, dans son pays, dans son style, l’avait fait: on voit ce que cela a donné.

      2. Absolument d’accord avec Nerima. Rien de plus efficace qu’un blocage général, et des grèves dans tous les secteurs, surtout ceux le la conso superflue.

  9. La fin des nouvelles du débat parlementaire à Athènes pour aujourd’hui :

    10.12pm Papandreou tells parliament that EU bailout decision must be implemented as soon as possible

    10.07pm Papandreou says that his only interest is saving Greece and he wants talks to begin without delay on the creation of a transition government before elections take place.

    9.55pm According to Reuters, Papandreou has struck a deal with ministers to step down and hand power to a negotiated coalition government if they help him win a confidence vote on Friday, They said the ministers involved in the deal were led by Finance Minister Evangelos Venizelos. « He was told that he must leave calmly in order to save his party, » one source told Reuters on condition of anonymity. « He agreed to step down. It was very civilized, with no acrimony. »

    9.50pm Papandreou is addressing the parliament for the second time, more to come shortly.

    Finalement, ce n’est pas la Belgique qui est le pays du surréalisme, c’est la Grèce. « Il a accepté de démissionner pour sauver son parti » ? C’est quoi, cette absurdité ? Ils n’ont pas compris, les braves députés du PASOK, qu’ils paieront comme leur chef leur servilité face aux exigences destructrices de la troïka ? Il pensent qu’ils vont être « sauvés » s’ils trouvent un bouc émissaire volontaire ? On nage dans le n’importe quoi. Lamentable…mais vrai.

  10. Papandréou démissionne…

    Papandréou ne démissionne pas…et ne renonce pas au référendum…

    Papandréou ne démissionne pas et renonce au référendum…

    Papandréou démissionne et renonce au référendum…

    Papandréou ne démissionne pas, renonce au référendum et appelle à un gouvernement d’union nationale…

    Papandréou démissionne, renonce au référendum mais appelle tout de même à un gouvernement d’union nationale…

    Papandréou est un guignol…

  11. Ce soir au 20h de France 2 Jacques Attali avançait 4 solutions pour sortir du trou :

    1 – « Continuer comme avant », c’est bien parti pour faire rebvondir les problèmes tous les 5 jours.
    2 – « Demander à la BCE de payer et d’émettre de la monnaie..  » Oui mais l’Allemagne ne veut pas. Il y a tellement de choses que l’Allemagne ne veut pas et qu’elle fini par faire.
    3 – Le Fond de Solidarité. Mais il est garanti par des Etats qui vont de moins en moins bien. Le risque que ça ne fonctionne pas est important.
    4 – faire une Europe fédérale à 17, lever 1% de la TVA pour alimenter le budget de cette Union et lui permettre d’emprunter (EuroBonds) pour investir et relancer l’économie. Sans ces investissements pas de possibilités de sortir des dettes et de la recession.

    Y a un truc, Sarkosy a t-il la moindre envie de partager son pouvoir ? A priori c’est non mais il conçoit parfaitement que l’on puisse imposer des solutions à un Etat de la zone Euro alors si le fédéralisme s’imposait ?

    1. Si le fédéralisme « s’imposait », vous auriez jeté les germes d’un embrasement infra- et inter étatique dans la zone euro, à court ou moyen terme.
      Le fédéralisme, à l’heure du morcellement politique de l’Europe (revendications régioalistes, séparatistes… etc), quand les Etat-Nations eux-même ont du mal à contenir ces dernières (leur puissance en terme d’intégration politique est pourtant sans commune mesure avec celle de l’Union, quasi évanescente), est un pari fou. C’est quite ou double, et franchement on est loin, très loin, du 50/50.

    2. @ Daniel,

      J’aime bien Attali mais les solutions qu’il prône (davantage de fédéralisme) conduisent :
      – a créer une super-oligarchie européenne se passant largement de la démocratie
      – a financer de la dette par encore plus de dette,

      J’en revient à l’idée de base : tout effacer !

  12. L’opinion de Marie-Antoinette sur la Grèce : « Qu’ils mangent de la brioche ! »…

    Georges Papandréou, le traître grec : ne cliquer que si on aime les éditos gore (comme il y a des films gore, cherchant à engendrer le dégoût et l’écoeurement).

    Ça me rappelle un peu l’attitude de certains responsables français envisageant de mettre la défaite sur le dos de la Belgique après l’annonce de la capitulation de celle-ci. Les réfugiés belges virent le comportement de certains Français se durcir. Il fallait bien passer ses nerfs…

    Les Grecs sont en première ligne face aux marchés. Vouloir les lâcher pour se ménager encore quelques instants de paix, et leur mettre sur le dos le futur effondrement commun, c’est avoir la guerre et le déshonneur, pour causer comme Churchill.

  13. Jeudi 3 novembre 2011 :

    Dette : l’Irlande réclame un allègement.

    L’Irlande voudrait voir le fardeau de sa dette allégé de 15 à 20 milliards d’euros par le biais d’une réduction du coût du renflouement du secteur bancaire, a déclaré jeudi le ministre des Finances.

    L’Irlande tente de négocier avec ses partenaires européens une diminution du coût de recapitalisation de deux établissements, Anglo Irish Bank et Irish Nationwide Building Society, en recourant aux prêts moins chers du Fonds européen de stabilité financière (FESF).

    « Cela se fera, je vous le dis ; il y a un processus en cours qui pourrait aboutir à une réduction de la charge globale de la dette par le biais d’un certain mécanisme », a dit Michael Noonan.

    Le rapport de la dette irlandaise au PIB a quadruplé depuis le déclenchement d’un krach immobilier en 2007. Le pays a dû avoir recours à une aide conjointe de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI), tandis que Dublin a dû mobiliser 63 milliards d’euros pour recapitaliser ses banques.

    La dette publique irlandaise représentait 144,4 milliards d’euros, soit 93 % du PIB, fin 2010. Elle devrait culminer à 116 % du PIB environ en 2013.

    (Dépêche Reuters)

    1. Bonjour,

      il faudrait rajouter à tout cela les 50 milliards d’euros de création monétaire par la banque centrale d’Irlande (avec autorisation de la BCE) qui ont été directement injectés dans les banques. Voir article du journal Irlandais suivant (janvier 2011) :

      http://www.independent.ie/business/irish/central-bank-steps-up-its-cash-support-to-irish-banks-financed-by-institution-printing-own-money-2497212.html

      Où comment les dogmes inviolables de la BCE peuvent très vite tomber quand il s’agit de renflouer les seules banques…

      On vit une époque formidable!

      Cordialement

      1. Et ce n’est pas fini : les Irlandais cherchent à obtenir un prêt de 15 à 20 milliards d’euros du FESF, toujours pour renflouer Anglo Irish Bank et Irish Nationwide Building Society.

      2. Re bonjour,

        Je ne suis qu’un boétien en économie, mais ne s’agit-il pas de sauver les banques anglaises par la même occasion?

        Bien cordialement

  14. Le drame grec semble suivre le scénario psychologique classique : la stupeur, la dénégation, la colère, la déprime pour finir par la résignation et son corollaire, l’acceptation.
    C’est ce qui se dit lors de l’annonce d’un plan de licenciement dans une entreprise. Je pense que les dirigeants politiques ont ce schéma en tête. Comment faire avaler la couleuvre à des millions de gens ? Je doute que la mise en scéne du Gvain avec son tapis rouge à Cannes puisse suffire.

    1. il y a aussi la phase « négociation » dans la courbe de deuil!
      du genre: je vais vous faire une proposition que vous ne pourrez pas refuser…

  15. Il est souvent question de révolte ici, de révolution. Je demande, pour voir : où sont les armes ? Où sont les instructeurs ?

  16. Ce n’est pas, en effet, le problème que ce soit la Grèce qui soit en cause – c’est finalement un petit pays, bien que je ne voudrais pas être aujourd’hui citoyen grec – mais c’est que le mal est profond et maintenant lourdement inscrit dans toutes les strates des populations des peuples européens. Les problèmes ne sont plus seulement économiques – d’ailleurs, il n’y a plus de solutions. Dans tous les cas pas celles auxquelles classiquement nous tentons de faire appel – mais bien sociaux. Sociaux au sens sociétal. C’est toute la question de nos Sociétés avec ses codes et ses échelles de valeurs qui sont devenus soudainement obsolètes et auxquels il faut maintenant réfléchir pour les changer. C’est sans doute cela le 211212 – la fin de notre monde tel que nous le connaissons depuis des millénaires et le timing semble correspondre. Dans tous les cas, nous avons atteint cette frontière. Qu’en ferons-nous demain? Je l’ignore. Les grands moments de l’Histoire ont toujours été ceux qui ont pu basculer de l’autre côté de la crête sur laquelle le quotidien du moment se déroulait. D’ailleurs, regardons attentivement l’enchainement des événements… nos dirigeants semblent pour chacun d’entre eux toujours avoir un temps de retard plus ou moins important, et dans tous les cas, leurs réactions ne viennent qu’en réponse à une nouvelle situation. Ils n’ont absolument pas la main. Ce sont les évènements qui dirigent et non les dirigeants qui montrent le chemin à suivre. C’est un signe d’impuissance caractérisé. C’est un manque de vision. Autre signe, nous n’entendons la voix d’aucun philosophe. La situation générale nous a rendu tous « secs ».
    Mais convenons au moins que nous ne pouvons plus continuer comme cela, entre des très riches, peu nombreux, et des misérables qui sont pléthores où ne règnent que les Dieux du Profit et du Progrès au détriment du bien être des Hommes et de celui de notre Environnement qui s’appauvrit chaque jour en qualité et en quantité. Notre Monde doit réellement changer. La valeur de l’argent doit faire place à un autre Ordre. Il est temps.

  17. Si Papandéroute choisit de rayer ce qu’il avait promis aux dix millions qu’ils représente, ce type est mort politiquement, voire physiquement.

    C’est tout simplement un revirement, en une journée, pour des motifs inavoués, sous la pression de l’argent et des bottes, qui vient claquer un peuple avec le plus grand mépris. La plus haute expression de la voix populaire est utilisée comme un objet qu’on prend et jette avec la même désinvolture.

    Evidement le duo Merkel-Sarko sort couvert de cendres, de l’opprobe la plus totale après leur frénétique activisme pour détruire la démocratie ressuscitée d’entre les griffes des eurocrates au services des banques.

    Mais Papandreou représente aujourd’hui, si vraiment il cale devant le mur, l’archétype de ce politique qui n’a rien entre les mains, ni courage, ni parole, ni respect. L’archétype de ce qu’il faut détruire pour que la démocratie soit inventée en UE.

  18. Je ne crois pas du tout qu’il s’agisse d’un mouvement historique, d’une fin de l’Histoire, cette fois-ci capitaliste. Tout aussi trompeuse que la fin du communisme d’Etat.
    Ou alors, nous sommes dans le long terme.
    Les démons du capitalisme ont resurgi aprés l’effondrement de l’URSS.
    En voila les résultats.
    En 2008, on a volontairement endetté les Etats, pour que les banques puissent survivre de leur faillite immédiate. Toutes les courbes le prouvent. La hausse de la dette des états corresponds exactement au début de la faillite des mégabanques.
    On a employé le systeme néolibéral paravent: Baisser les recettes des Etats sous le pretexte de relancer l’économie, ce qui entraina de gros déficits et donc des emprunts auprés du marché. Par ce stratagème, les banques peuvent continuer à recevoir de l’argent, mais cette fois-ci directement du contribuable. Sans que celui-ci, totalement berné s’en aperçoive. Le pauvre citoyen se fait en plus culpabiliser car c’est un profiteur de l’Etat « providence »…Toute l’idéologie abjecte déja dénoncée par K.Marx de la bourgeoisie néocapitaliste.

    Chose incroyable à nos yeux:: La dette des états ne sert qu’a donner des revenus aux banques!
    La dette des états ne sert que Wall Street!
    En Europe c’est totalement caricatural: Les banques placent leurs actifs pourris à la BCE pour pouvoir acheter par la suite les obligations d’Etat. Les Etats par contre n’ont pas accés à la BCE. Le résultat est suicidaire ces temps-ci.
    Faut-ils sauver le systeme financier ou les Etats?
    La question est posée.
    Mais le peuple choisira toujours la seconde solution. Ce qui est d’une absolue logique, car le systeme financier n’est rien, par rapport à l’importance historique des états. La finance spéculative (Donc le marché totalitaire) ne fait partie de l’Histoire qu’uniquement de manière négative. (Toujours K.Marx)
    Faire croire que les états ne peuvent rien devant une finance « folle » est de la propagande banquière et financiere, du matraquage, et pour tout dire de la foutaise idéologique.

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