RÉFÉRENDUM GREC, APOLOGIE DE LA DÉMOCRATIE VRAIE, par Pierre Sarton du Jonchay

Billet invité.

L’annonce du référendum grec fait tomber les masques. Les acteurs de la grande tragédie sont nus dans le rôle qu’ils ont choisi de jouer. Le système monétaire et financier international était le décor de la pantomime bicentenaire du régime de la loi économique privée ; le régime de la réalité humaine historique en deux théâtres sur la même scène : le théâtre de la démocratie et le théâtre de l’économie.

Le sujet de l’animation était le capital. Les héros étaient les demi-dieux de la politique et de la finance. La trame de l’histoire était la captation de la plus-value. Et la pièce se jouait à la fois dans la société et dans les consciences individuelles. La tragédie s’est nouée dans le secret des consciences enfermées dans l’individualisme. Ce qui était plus-value dans les consciences ne l’était pas dans la société. Ce qui était plus-value sociale du capital ne l’était pas dans les consciences.

Le référendum grec sur la monnaie remet les consciences face aux représentations politiques. La finalité de la politique est-elle de distribuer l’argent que la finance produit hors de la rationalité du bien commun ? La finalité de l’économie est-elle de fabriquer des plus-values par la manipulation du libre arbitre humain ?

Dans la pièce de théâtre qui s’achève, le décor financier dissocie le réel empirique du réel représenté. Le pouvoir politique disait aux consciences que le réel n’était que monétaire ; que la plus-value de la politique était l’accumulation du capital mesuré en monnaie. La finance disait à la société que le capital de monnaie détachable de la réalité morale était la richesse.

La richesse était un fruit de l’économie mais pas de la loi civile. Politique et finance jouaient deux discours disjoints sur une même réalité humaine sociale et individuelle, politique et éthique, économique et morale. La division de l’humain en deux théâtres a été orchestrée par le mystère de la monnaie. Le mystère est maintenant dévoilé par ses acteurs.

Le capitalisme libertarien confine la monnaie entre les initiés de la politique et de la finance. Ainsi l’homme commun étranger aux arcanes de la politique financière est divisé dans ses représentations de l’économie et de la politique. La synthèse du réel est réservée à la finance dérégulée qui distrait l’économie de la politique.

La politique fait les lois qui autorisent la monnaie dans le crédit. Les lois formulent la relation entre des personnes civilisées qui se respectent, se comprennent et par conséquent se font crédit. Le pouvoir politique libertarien utilise la loi pour transformer le crédit en monnaie ; mais il ne dit pas aux citoyens qu’ils sont à l’origine du crédit. Alors la finance récupère la loi entre les mains de la politique pour s’arroger l’origine de la monnaie dans le crédit.

Politique et finance instrumentalisent la démocratie pour cacher la monnaie derrière la loi ; pour cacher le réel derrière le nominal. La comédie s’est muée en tragédie par la mondialisation. Le système financier a joué les États nationaux les uns contre les autres pour créer un troisième théâtre sur la scène de l’économie politique. Le mystère du « marché financier international » a pris possession de l’histoire humaine.

Autoproclamé seule raison efficace de la prospérité par une certaine histoire, le capitalisme libertarien est devenu une cacophonie. Le système financier affranchi de la politique s’est mis à fabriquer de la monnaie en dehors de la loi. La politique a joué le jeu en finançant ses promesses par le crédit illimité du « marché » hors la loi.

Depuis l’abandon en 1971 de tout étalonnage international des monnaies, la loi politique n’a plus aucun moyen d’imposer les limites du réel à la production internationale de crédit. La dette mondiale prolifère sans limite entre l’économie et la politique. Dans le bruit financier, l’économie et la politique n’ont plus aucune possibilité de s’interpréter réciproquement.

La loi économique de la politique et la loi politique de l’économie sont captées par une rationalité exclusivement financière. La rationalité de la plus-value prélève la réalité par un crédit nominal sans fondement politique ni économique. La tragédie se noue dans un conflit de rationalité. L’économie humaine pillée par la finance récuse un endettement auquel elle n’a pas rationnellement consenti.

Depuis la crise des subprimes, le pouvoir financier en faillite agite le pouvoir politique pour dissimuler la réalité. Les dettes publiques ont explosé mais ne sont pas plus remboursables que les dettes privées. Il faut désormais désigner les victimes expiatoires : les emprunteurs naïfs qui ne savent pas s’adresser au vrai pouvoir pour rembourser leurs dettes antérieures.

Georges Papandréou a été joué par ses partenaires de la zone euro. L’interdiction légale de l’usure, fondement économique de la civilisation occidentale, a été ouvertement renié. Les pouvoirs politiques ont renoncé à toute légitimité publique pour maintenir le pouvoir financier à l’abri des obligations de la démocratie.

Les efforts grecs n’ont aucune contrepartie de régulation financière. L’usure est institutionnalisée par des pouvoirs supranationaux sans responsabilité politique. La zone euro est transformée en syndic de liquidation des États et de la représentation politique des peuples. Le pouvoir financier fusionne avec le pouvoir politique. Seule la Cour Constitutionnelle de Karlsruhe ose encore rappeler que l’utilisation des ressources publiques et des impôts reste soumise au contrôle parlementaire.

Le premier ministre grec offre une dernière chance à la démocratie de s’exprimer. La question est formulée par les faits. Le pouvoir politique a renoncé à la démocratie pour ne plus avoir à rendre compte de la garantie illimitée qu’il accorde aux banques. Le système financier émet de la monnaie indépendamment du droit. La question posée au Grecs et au reste du monde porte sur le contrôle de la monnaie.

Dans le régime actuel de la légalité financière nominale, l’application du droit et de la justice est cantonné à l’intérieur des périmètres de souveraineté nationale. Les banques et opérateurs financiers sont totalement libres de pratiquer l’usure et le dol à la condition d’utiliser une autre monnaie que celle du pays où ils travaillent.

Le dollar scriptural échappe à tout contrôle public légal. Il suffit de déclarer les opérations passées hors des États-Unis. Il en est de même pour l’euro utilisable hors la vue de toute autorité de régulation. Les monnaies sont convertibles sous la seule responsabilité d’intérêts privés. La recherche de plus-values est indépendante de tout intérêt général public.

La question posée à la démocratie est : voulez-vous que votre gouvernement utilise la monnaie des autres pour échapper à votre contrôle ? Si la réponse est positive, alors les États de droit disparaitront. Le nouvel âge féodal planétaire se généralisera dirigé par des suzerainetés financières. Le crédit déterritorialisé achètera la fidélité des serfs financiers.

Si la démocratie décide de se renouveler, alors elle interdira l’utilisation des monnaies nationales en dehors de la souveraineté des droits nationaux. C’est la règle que la Chine applique au yuan dans son régime du droit non écrit. Les échanges internationaux seront réglés par une monnaie internationale émise par des banques exclusivement internationales.

Le marché financier du crédit international sera totalement public. Il sera garanti par les monnaies nationales engageant des lois et des juges nationaux. La parité internationale des monnaies nationales sera fixée sur le marché international. Un vrai marché réel surveillé par des juges nationaux constituera la société des démocraties nationales.

Ainsi les politiques de crédit et de monnaie des États nationaux seront appréciées par une communauté internationale solidaire en démocratie. Le sophisme sera démasqué de la démocratie sans nationalité, de la monnaie sans relation vivante dans une communauté de langage.

La monnaie internationale est réclamée par la Chine comme signe d’un État de droit financier multinational. La Chine sait qu’elle a perdu ses réserves de change si la démocratie disparaît en Occident. Les politiques occidentaux du G20 font semblant de ne pas comprendre ce que demande la Chine. Ils veulent ne plus tenir leur pouvoir de la démocratie. Les protestations contre le référendum grec sont explicites.

Les banquiers qui réclament une gouvernance financière supranationale savent eux comment on achète la loi avec la monnaie. Le référendum fait chuter les faux marchés. Ils savent que si les nations se mettent à décider ce que sont le crédit et la monnaie, alors ils perdent la mesure du capital qu’ils rendent à la démocratie.

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126 réflexions sur « RÉFÉRENDUM GREC, APOLOGIE DE LA DÉMOCRATIE VRAIE, par Pierre Sarton du Jonchay »

  1. Une question me taraude… comment peut-il se faire que Mario Draghi, ex de Goldman Sachs, qui à, dit-on, maquillé les comptes du gouvernement pour que la Grèce puisse rentrer dans la zone euro, comment cet homme peut-il se trouver maintenant à la tête de la BCE, et donc de cette “Troïka” qui impose son régime sec au peuple grec ?? J’avoue ne pas comprendre…

      1. Peut-être qu’ils se sont dit que d’avoir suivi le dossier depuis le début fait de lui un expert. Non ?

      2. Avant lui, c’ était Jean Claude Trichet, il y avait eu un problème du genre entre lui et le Crédit Lyonnais, d’ autres vous éclaireront sans doute ; à l’ audit de Trichet sur cette question, il fut révélé, que non en fait, il n’ était sans doute pas au courant.

        Désolé pour ces approximations.

  2. @valerie
    Stratégie du choc : torture (oui torture!) perte de repères, désorientation,effroi,régression. Une mise en condition efficace pour avaler les prochaines couleuvres.
    “Selon Naomi Klein, l’imposition de politiques néo-libérales ne s’est jamais produite sans coup d’État, élimination temporaire ou définitive (exécutions) de l’opposition, ou l’imposition d’un état d’urgence, ou de politique vaudou (application par une nouvelle majorité d’une politique strictement contraire aux promesses de campagne)”. (Wiki…)

      1. Ars destruens, que voulez-vous construire ?

        Des affects orphelins sont bien évidemment attachés à « travail » ; l’astuce du catholicisme fut d’avoir associé ces affects tristes à son système de « poutraison », (basé sur « travée “), – c’est pas nous, c’est les Romains – ; alors que le phylum « R B » n’y entrave que dalle .

  3. Les grecs ont l’occasion de monter au monde entier que le systeme doit disparaitre.
    Il suffit qu’ils n’aillent plus a aucun vote a venir.
    Referendum, elections tout cela est juste de l’arnaque. A refuser en bloc.

    1. http://fr.wikipedia.org/wiki/Systeme
      Un système est déterminé par :

      – la nature de ses éléments constitutifs ;
      – les interactions entre ces derniers ;
      – sa frontière, c’est-à-dire le critère d’appartenance au système (déterminant si une entité appartient au système ou fait au contraire partie de son environnement).

      y a -t-il autre chose que l’homme comme élément constitutif ? en connait on la nature ?
      quels sont les interactions entre eux ?
      et que serait la frontière ? n’est ce pas une méta-physique , ou symbolique, ou mythique qui la détermine ?
      changer de système , n’est-ce pas changer de système de pensée ? si la pensée peut être qualifiée de systématique . ou bien de quelle “nature” ?

      1. C’est le sujet d’un livre déjà ancien (1972) Steps to an Ecology of Mind

        Ecology of mind as Bateson envisioned it, refers to an interdisciplinary approach to probing the way in which consciousness changes and forms patterns, both on a social and individual level. The purpose of such a study is analogous to the purpose of the study of biological ecology. Ecology of mind is based on the model of consciousness, or “mind ”, as being like an ecosystem, and ideas as being like the flora and fauna of this system. Like the plants and animals in a tangible ecosystem, ideas are then subject to evolution, extinction, or successful flourishing. In biological ecology, scientists strive to understand biological processes so that we can promote those we deem beneficial and avoid introducing destructive elements into the system. Bateson applied this same belief to his concept “ecology of mind”: if we wish to constructively shape the ideas produced by our society, then we must understand the processes by which ideas interact with one another and why some ideas thrive and others wither. As Bateson discussed in his book Steps to an Ecology of Mind, “science can give us something of a chart” to direct our course toward selected goals for social systems (Bateson, p.164).

      2. @ JL Morlie .
        sans nul doute l’écologie est indispensable en esprit .
        ce qui ne cesse de me poser question, c’est tout ce qui est extérieur au système et qui semble muet . comme si tout ne devait déboucher que sur du vide . nous laissant dans un a priori radicalement absurde.
        et où , toutes choses étant insignifiantes , il est urgent de tirer profit dans l’instant . affirmation de son égo, et de sa jouissance , l’évacuation de toute souffrance , et de ce que celle-ci implique : on impute toujours tout à l’extérieur . ceci semble vrai à l’échelle de l’individu ou des états , d’où les situations conflictuelles sans fins .

      3. @ Hé(L) Las

        Connaissez vous, à ce sujet, la théorie des systèmes sociaux de Luhmann? (attention: cette page wikipedia me paraît bien trompeuse ou simpliste) Elle est très peu connue en France, entre autres parce que des mandarins parisiens (que je préfère ne pas nommer, mais à qui j’ai tiré jadis les vers du nez jouant mon naïf) semblent avoir bel et bien décidé “en haut lieu” (= technocrates antidémocratiques de la pensée) qu’il fallait épargner les chercheurs français (ou les libres lecteurs) de cette “pensée lourde et qui ne mène à rien” (donc pas de traductions! – or les français souvent ne lisent que le français, Luhmann écrit en allemand…). A mon avis cette pensée est très, très puissante. En gros: elle étend à la sphère des communications humaines (= la sphère sociale) la théorie de l’autopoïèse de Maturana et Varela (qui est une caractérisation abstraite, disons mathématiquement qualitative) de ce qu’est le “vivant” (une caractérisation naturalisante, anti-transcendance).

        Cette pensée est allègrement ignorée, mais Hardt et Negri, par exemple, disent dans la préface de “Empire” (2000) que si l’on veut caractériser vite fait la notion de “empire” (la notion clef de leur livre) on peut se la représenter comme “un hybride de la théorie du système de Luhmann et de la théorie de la justice selon Rawls” (p.37). Au passage: “théorie du système”, pour parler de la la théorie de Luhmann, c’est un contre-sens absolu: c’est une “théorie DES systèmeS”. Autre remarque, à mon sens étonnante, Hardt et Negri ne parlent plus de Luhmann dans la suite de leur pavé (vertiges du sous-entendu).

        Je pense que la théorie de Luhmann peut être utilisée utilement même par des “théoriciens de gauche” (personnellement je la rapproche, depuis des années, des théories de Badiou et Stiegler). Or: cette théorie permet, me semble-t-il, entre autres choses, de penser la mortalité possible (et même inéluctable) de notre civilisation (dont la pérennité éventuelle ne pourrait résulter que d’un très savant, mais improbable et fragile, agencement écologique protégé).

      4. @ Hé las

        Nous pouvons choisir de nous représenter le monde “avec un extérieur”, ou à l’inverse “sans extérieur”, d’autres représentations sont envisageables. Et, si la représentation que nous nous faisons du monde est vraiment difficile à vivre, il arrive que nous en changions. Mais généralement, nous préférons régresser vers une représentation antérieure, ayant fait la preuve de son efficacité d’une part et surtout, par peur d’abandonner ce que la représentation du monde, désormais dépassée, nous fait considérer comme “moi”. Ainsi, n’accepterons-nous pas d’en revenir à un monde neo féodal, fait de garanties réciproques, données dans un ordre hiérarchique rassurant et satisfaisant, au sein d’un pavage sociétal constitué de réseaux économiques déviants certes, mais déviants et protecteurs au même titre que l’organisation étatique ?

      5. @Hé Las
        /// y a -t-il autre chose que l’homme comme élément constitutif ? en connait on la nature ?
        quels sont les interactions entre eux ? ///
        Pour approcher le”système” individu -groupe ” de l’espece humaine, on peut se dire que le modèle qui l’ aformaté et qui a occupé 99,99 % de son existance serait une cible interessante .
        DE plus ce modèle est en usage ds ts les autres systèmes vivants . L’homme ne peut gérer ses interactions que dans un groupe restreint comprenant un nombre limité d’individu (50 à 100).
        Le modèle “naturel” etant de type fractal (Th du chaos) , la gestion complète de l’ espece devrait etre du modèle “groupe de groupes” . .
        Si de plus comme de nombreux scientifiques , on admet une forte rigidité comportementale de cette structure , changer de structure (hypertrophie actuelle et centralisme) , ne peut se faire qu’ au détriment de l’ optimisation de l’entité individuelle .

        Le terme “frontiere” est important en comportemental comme en économie , c’est, a mon sens le frein naturel qui permet d’éviter l’emballement et les dérives perverses inaliénables mais inoffensifes tant qu’elles restes contraintes ds un modèle morcelé .

      6. @ JL Morie et A Moretti :
        merci pour ces réponses qui donnent un aperçu de la complexité théorique des systèmes. Est-ce que nos sociétés ne peuvent s’épargner ces processus sans toutefois tomber dans la simplification réductrice ? autrement dit, chaque être qui la compose ayant les clefs lui permettant de choisir , ou d’avoir des choix qui s’ouvrent face à lui , ce en fonction de garde-fous tout à fait acceptables ?
        on peut encore rêver . le rêve est le seul lieu où la folie n’est pas trop dérangeante pour personne .
        sans doute , ce qui fait défaut à ce temps, ce sont des dimensions simples, et accessibles pour son propre dépassement , et pour éviter des gros mots, sa transcendance. un peu pouvoir .
        quand on voit les volontés respectives des chefs de partout , comme ils s’accrochent à leur place , on se dit que ça doit être “génial” de jouer là-haut 😉 et surplomber les masses , ou les rayer de la carte .
        le capital, la tête de qui ? il faudrait vraiment soigner ceux qui ont la folie des grandeurs inappropriées, non ?
        je crois possible des états d’être grand en chaque être. mais ceux -ci ne sont possibles ou pensables qu’au sein de relation d’un autre ordre que l’impératif matériel ou juridique qui est cet état présent et masque d’autres états possibles, et même d’autres états de la matière .
        en bref, et grosso modo , le réel nous échappe . c’est pourquoi théoriser dessus , c’est un peu discourir dans le vide . ( ce que je fais ici aussi pour ma part )

      7. Je suis comme ça moi aussi, Kercoz; j’ai l’impression que vous nous racontez toujours la même chose.

        Anthropologiquement, nous sommes équipés pour gérer notre positionnement dans un groupe de chasseurs, soit à 12-15 ; c’est la taille des équipes de foot et de rugby, comme à Pincevent, celle des groupes de chasseurs de rennes.Alors, depuis, nous avons développé l’usage de notre neo cortex. Il nous est donc possible de tenir ensemble et de nous positionner en permanence vis-à-vis d’une quinzaine d’idées simples ; bien pensé, c’est suffisant pour former le cadre d’une constitution organisant la vie sociale et économique pour des groupes comportant des millions d’individus, l’idée a déjà fait l’objet d’un premier essai limité à dix, ajoutons en cinq. Il n’est pas concevable de servir élégamment; au premier essai, une Margarita réussie : élaborer une civilisation cosmopolite et brillante prend du temps.

      8. @Jean Luce Morlie .
        Désoler de rabacher ..mais ma perception de notre erreur dans notre choix structurel me parait importante et comme je suis seul a la défendre , je finis par lasser .
        ///// , depuis, nous avons développé l’usage de notre neo cortex. Il nous est donc possible de tenir ensemble et de nous positionner en permanence vis-à-vis d’une quinzaine d’idées simples ; bien pensé, c’est suffisant pour former le cadre d’une constitution organisant la vie sociale et économique pour des groupes comportant des millions d’individus, ///
        Si le néocortex s’est bien sur développé lors du passage du primate à l’ hominidé, il ne me semble pas qu’il ait évolué récemment . Notre sortie de la structure parcellisée est en fait tres récente ..jusqu’aux années 50/60 nous avons conservé la structure agraire .La structure linéaire parasite de la civilisation ne faisait que s’y appuyer . Les villes etaient encore des villages accolés . Fernand Braudel montre bien la structure fractale des villages /bourgs /villes … Les anciennes civilisations etaient encore moins traumatisantes pour les structures parasitées et ne touchaient qu’une faible part de la population .
        La dynamique globalisante ne s’est emballée que tres récemment …et ce phénomène est inconscient .
        IL faut lire des sociologues comme Bourdieu ou surtout Goffman (rites interactifs) ,^pour prendre conscience de l’importance de l’affect ds les interactions , l’importance pour l’individu d’etre reconnu , et lire K.LOrenz pour comprendre que les interactions/rites comportementaux sont rigides et irréversibles ,..peu malléables sur des temps historiques .
        On peut , selon mon optique , aussi argumenter du fait que les periodes civilisationnelles sont des “essais” déviants , entropiques , des impasses. Que dire d’une espece qui explose sa population sans la réguler , detruit son environnement et par là comdamne sa descendance pour privilègier ses plaisirs immédiats ?
        Croyez vous vraiment que :
        /// ’une quinzaine d’idées simples ; bien pensé, c’est suffisant pour former le cadre d’une constitution organisant la vie sociale et économique pour des groupes comportant des millions d’individus //// ?
        ça serait un scoop .
        Le naturalisme a mauvaise presse , …mais le constructivisme ne produit que des désastres .

  4. Je n’ai pas compris votre texte, comme d’habitude.
    Il me semble qu’il faut retenir surtout que les sommes dues sont si énormes qu’elles ne sont pas remboursables, moyennant quoi, les créanciers (par exemple la BNP ou la Commerzbank) sont de leur poche, autrement dit, les acheteurs de produits financiers des banques et assurances ont du souci à se faire. Cela concerne, en fait, la quasi-totalité des établissements financiers.
    Mais comme le crédit n’est pas monnaie, il y aura des ajustements plus ou moins violents que les banques centrales essayent de “monétiser” comme elles peuvent.
    Dommage que le gouvernement grec ait cédé à la pression de Merkel et Sarkozy.
    Au fond, même une sortie de l’UE aurait moins coûteuse que la continuation actuelle.
    Je ne comprends pas, d’ailleurs,, pourquoi y compris les banques et assurances souhaitent continuer comme actuellement, vu que les décotes vont se poursuivre dans les mois à venir, et, pour elles, les pertes seront gigantesques.
    Toute continuation du roulement de la dette n’a plus de sens.

    1. La cause du changement de l’attitude de Papandreou était simple comme un révolver sur la tempe: on ne payera pas si tu continues ton cirque, du style référendum……
      Il s’agit de sauver le système actuel, alors qu’il est condamné. Voilà le pourquoi des tentatives dèsepérées d’une classe politique au bord du gouffre.

  5. ça y est, aux dernières nouvelles, le mouton noir grec, le vilain petit canard grec, la brebis galeuse grecque est rentrée dans les rangs ; Papandréou s’est dégonflé comme une baudruche vide, le fanfaron grec a mordu les poussières face aux larbins du Systeme, Sarko-Merkel, plus de référendum, plus rien ; la Grèce applique scrupuleusement les accords de la semaine dernière ; Sarko-Merkel, les larbins et leurs maitres peuvent dormir sur les deux oreilles cette nuit. Un jour de nouvelle défaite pour les peuples européens ; la démocratie a encore perdu face à la muraille de l’argent ; le fanfaron Papandréou a surement subi de formidables pressions pour se déjuger ainsi ; c’est un homme fini !!! En écoutant business BFM le 1er novembre , un Nicolas DOZE a osé dire que soumettre les accords de la semaine dernière au référendum est un ACTE IRRESPONSABLE!!! Irresponsable vis à vis de qui??? Papandréou a été élu par les Grecs , il est normal qu’il a des comptes à rendre à ses électeurs et non aux larbins du Système !!! NON Monsieur DOZE sous entend que face à l’argent, la démocratie, la voix du peuple ne valent rien. Cela démontre clairement l’impudence de ce Système qui ne prend meme plus de gants pour détruire l’obstacle démocratique qui le gene dans la mise en place progressive de l’esclavage universel.
    Y en a marre de tous ces ultra libéraux qui pullulent dans la presse et leur arogance, leur morgue face à la”plèbe” qui ne comprend rien!!! S’ils étaient supérieurs au commun des mortels , ils auraient du PREVOIRà l’avance le krach de 2007-2008!! Non pour eux la crise résulte de l’intervention de l’Etat dans la finance !!!! Il y en a meme qui a osé déclarer(il est interdit de rire!) que le secteur financier EST L’ACTIVITE LA PLUS REGLEMENTEE dans la société comme le secteur nucléaire!! Il est dommage que la betise et le ridicule ne tuent pas face à de pareilles énormités. Pour mémoire je me permets de rappeler à ces messieurs les docteurs le l’ultra libéralsme que depuis trente ans le monde a connu deux graves accidents nucéaires TCHERNOBYL et FUKISHIMA et un “incident” THREE MILE ISLAND.
    Mais il ne faut pas que les ultra liberaux se réjouissent trop vite de la soumission grecque car la colère du peuple gronde de partout en Europe ; ils dansent sur un volcan!!!Ils dansent sur le pont de TITANIC qui est en train de couler

  6. Pour poursuivre……
    Dans cette affaire, d’une brutalité inouïe, l’Allemagne, me semble t il, est maitresse du jeu, avec toute la discrétion nécessaire aux “maîtres”.
    Mme Merkel, commandée par son parlement / finance teuton, demande des actes.
    Elle a, pour ce faire, trouvé son aboyeur, un roquet docile montrant toute sa dentition, espérant sans doute, alors que l’étau se resserre, sauver sa gamelle.

    1. DENTURE !!!

      denture pas dentition … la dentition est une denture qui pousse ..

      La denture d’un animal est l’ensemble de ses dents. […]
      On utilise couramment le mot dentition à la place de denture, la dentition est le processus de fabrication et de mise en place de la dent sur l’arcade (mâchoire). (wiki )

  7. « Les efforts grecs n’ont aucune contrepartie de régulation financière. »

    Voilà bien ce qui est révoltant !

    Vite, que les yeux des dirigeants se dessillent !

  8. Tout à fait d’accord avec cette tribune de Pierre Sarton du Jonchay. Pour ma part, je tire trois leçons de ce naufrage :

    – l’humiliation des peuples ;
    – l’implosion de l’Union européenne ;
    – un paravent démocratique déchiqueté…

    … avec la rue comme seule perspective d’expression populaire :

    Les leçons du naufrage démocratique grec

    1. Tiendrons-nous compte de l’expérience récente, ou bien comme pour la fin de l’URSS, en bon “Ibanien”, nous préparons-nous à accueillir toutes les formes d’organisations économiques déviantes?

      Réénoncer un cadre moral suffit-il ? Ne faut-il, également , faire attention aux détails de la vie quotidienne, mettre en place des modes de satisfactions qui ne rendent pas l’organisation de la triche, si nécessaire, au fonctionnement de la vie de bureau .

      Pour aller dans le détail, ne nous devons-nous pas parler de la corruption quotidienne, celle des petits comme de celle des grands? L’appartenance aux formes instituées d’organisation du travail et l’appartenance aux réseaux économiques délinquants sont, aujourd’hui, en symbiose. Le fonctionnement de la société grecque est « gris », comme le nôtre depuis longtemps. Pourquoi l’expression démocratique – assurément nécessaire – sortirait-elle blanche ? (Lordon dirait que je déverse des tombeaux d’ordure sur le peuple grec. )

      Dans une phase de révolution sociétale, la question est-elle de proposer des lendemains qui chantent, ou éclairés par l’expérience, d’éviter les lendemains qui déchantent. Observons ce qui grouille déjà dans le ventre de la bête en décomposition, enlevons les repousses avec patience et constance.

      1. le cadre moral ne peut pas suffire
        si on ignore les couchers de soleil ,
        les tonalités pastel , et la musique que cela nous propose .
        l’art qu’on dit mort , ou bien dont on a décrété la mort, sert au moins une chose : de main à un esprit . et de miroir dans lequel une communication entre les êtres serait possible .
        quant aux systèmes politiques, depuis le temps qu’ils se sont fait les dents sur les hommes ou la nature, élaborés par une poignée d’hommes et ayant bétonné leur conscience , sinon leur cœur, quelle chance aurons nous de nous en délivrer ?

  9. On le sait désormais, Georges était en mode fin stratège et il n’y aura pas de sursaut démocratique ultime sous la forme du référendum tant espéré car, tout de même, il ne faut mêler le bon peuple à tout ça.

    Sur l’état de la démocratie, ou plutôt son absence, en Europe:
    http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2011/11/zone-euro-la-d%C3%A9mocratie-sujette-%C3%A0-question.html

    Franchement si les grecs rentrent à l’enclos sans plus après tout ça, c’est à désespérer de l’espèce humaine surtout qu’ après la perf du rabbin, le chanoine et le mollah on en est pas loin.

  10. Si cette Europe est incapable de fonctionner démocratiquement (car sous la férule des intérêts financiers mondialisés), de servir les intérêts des peuples qui la constituent, alors ne faut-il pas la refonder complétement ?
    Je remarque à ce propos que F.Hollande nous parle de rêve français et non de rêve européen.
    L ‘Europe, cette Europe, ne ferait plus rêver ?
    Je crains que le débat électoral de 2012, n’escamote encore une fois ce genre de questions primordiales pour notre avenir, national et communautaire.

    1. Le problème est que notre système “démocratique” actuel ne répond plus aux problèmes et phénomènes de notre temps. Ce model a à peu près bien fonctionné durant les Trente Glorieuses, maintenant il est nécessaire de le repenser et l’adapter.
      Dans l’hypothèse contraire, on va dans droit le mur.

      1. Les systèmes sont faits d’hommes : tout système a la valeur des hommes qui le composent, aussi lorsque les hommes sont corrompus ou faibles, le système se vicie par la force des choses.

  11. Je suis assez d’accord avec une intervenante philosophe qui s’exprimait au journal de 12h30 sur France Culture.
    La façon dont le couple Sarkozy-Merkel a traité le premier ministre grec ces jours derniers, met en évidence le degré de déshumanisation des gens qui ont en charge nos destins.
    En ce qui me concerne je rajouterais que Capitalisme (financier en particulier)+technologies de l’information donne un système déshumanisant.
    Pas étonnant que ceux qui se mettent à son service perdent en humanité.
    C’est en effet plus que la Démocratie qui est en péril, c’est l’humanité qui est en nous qui est menacée, par un système amoral qui ne connaît que des impératifs de rentabilité et de profit.
    Ce système broie l’humanisme et donc les humains.

  12. Madame Angela Merkel,
    Monsieur Nicolas Sarkozy,
    Monsieur Georges Papandréou,
    les Bourses du monde entier,
    le FMI,
    le G20
    l’Union Européenne,
    l’Union économique et monétaire,

    ont la profonde douleur de vous faire part du décès de,

    la démocratie
    née à Athènes entre 461 et 621 avant J.C.,

    survenu le 4 novembre 2011, suite aux manoeuvres des financiers et à la lâcheté des politiques. Une intervention de dernière minute, dénommée “referendum” a été abandonnée, les risques qu’elle faisait subir aux héritiers étant trop importants.

    La cérémonie d’adieu aura lieu lors de la clôture du sommet du G20, le 4 novembre 2011 à Cannes. Cette cérémonie donnera lieu à un déjeuner de congratulations.

    Ni fleurs, ni couronnes.
    Cet avis tient lieu de faire part

  13. Le pire: le peuple grec risque de commettre à nouveau des erreurs. Les personnages qui se présenteront aux élections anticipées sont ceux qui ont provoqué et mis en oeuvre le marasme actuel. Une large partie des grecs souhaite cependant un gouvernement composé de technocrates, d’experts en matière financière – ce qui serait à mon avis une erreur.

    Le peuple grec a définitivement rompu avec sa classe politique, considérée comme dépravée et incompétente. Il est dèsorienté, au bord de la dépression nerveuse.

  14. @PSDJ :

    Vous restez une des dernières ( ou premières) petites flammes qui me font espérer qu’il y a encore un chemin avant les ténèbres totales , et la seule ,à ce jour qui allie la rigueur et la richesse des philosophes , à la passion du souci de l’autre et d’un avenir possible , par La Politique .

    Dans votre quête , je commence à mieux percevoir les quelques grands pas dans les lieux de mise en commun mondiale . J’ai parfois la vague intuition propre que la démocratie aboutie ne pourra qu’être mondiale , mais que l’état actuel de votre réflexion , s’il peut étayer efficacement que ces “lieux de mise en commun” sont la condition de la démocratie , ne permet pas (encore?) d’en préciser la Constitution et les modes d’exercice des pouvoirs citoyens , réalisant enfin l’utopie anarchiste de conciliation du local et du mondial .

    J’ai bien noté que le droit démocratique est conservé de façon multipôlaire dans les états , mais cela est-il assez évident et jouable longtemps , quand on assiste au spectacle occidental actuel ?

    J’espère que Grégory , fût-ce dans un addendum , saura illustrer de quelques pages cet horizon possible , dans la BD qu’on a promis et qui devient de plus en plus de salubrité publique .

    PS : j’ai sursauté un instant sur “le système financier ..s’est mis à fabriquer de la monnaie en dehors de la Loi ” , voyant se profiler à l’horizon les controverses non éteintes avec Etienne Chouard . La formulation est elle une façon de relativiser cet affrontement qui a consommé beaucoup d’énergie ?

    1. @ Juan nessy

      PS : j’ai sursauté un instant sur « le système financier ..s’est mis à fabriquer de la monnaie en dehors de la Loi » , voyant se profiler à l’horizon les controverses non éteintes avec Etienne Chouard . La formulation est elle une façon de relativiser cet affrontement qui a consommé beaucoup d’énergie ?

      Non, rien à voir avec les élucubrations des “créationnistes”. Il ne faut pas extraire ce passage sans ce qui suit :

      La politique a joué le jeu en finançant ses promesses par le crédit illimité du « marché » hors la loi.

      Depuis l’abandon en 1971 de tout étalonnage international des monnaies, la loi politique n’a plus aucun moyen d’imposer les limites du réel à la production internationale de crédit.

      De sorte que l’on comprend bien que l’idée de Pierre est simplement de rappeler qu’en l’absence d’un cadre coercitif, le système financier a tout intérêt à développer le crédit sans limite… jusqu’à ce que ces dernières se rappellent à son bon souvenir à la faveur de la crise de 2008 !

  15. glané sur http://lexildesmots.hautetfort.com/archive/2011/11/04/la-grece-de-pres-et-de-loin.html
    avec un hyperlien ramenant ici sur cette page. Les vases communicants, du sens de la démocratie se fabrique, même si par lucarne on en sort et non sans frottements- ce qu’on appelle littérature ce pourrait être ça, permettre les passages, reconnaître petites choses et objets, livrer son monde sans raison, déjouer les tours (ne pas se faire non plus trop d’illusions). La tournure que prend le monde produit des modes de corruption en chaînes, petites chaînes, certaines en or, si bien cachées (qu’on paye au prix fort). je recopie in extenso le texte d’Elizabeth Legros Chapuis qu’accueille Bertrand Redonnet sur “l’exil des mots”:

    J’ai vécu en Grèce pendant dix ans, il y a bien longtemps : c’était dans les années 70. Années difficiles pour ce pays : les premières de la décennie étaient encore sous le régime de la dictature des colonels (où le grotesque le disputait à l’horrible…), puis il y a eu la crise chypriote et la chute de la junta, la proclamation de la République, l’«accident» ayant provoqué la mort de Panagoúlis… En 1980, grand tournant pour tout le monde, je rentre en France et la Grèce, elle, entre dans l’Union Européenne – ou plutôt, à l’époque, la CEE.
    De cette époque, j’ai conservé un lien particulier avec la Grèce ; j’y séjourne régulièrement au moins deux fois par an.
    Tout ce préambule pour dire que ce qui se passe actuellement dans ce pays, me touche, me perturbe et m’inquiète.
    Je n’ai évidemment pas la compétence, ni politique, ni économique, pour dire ce que pourrait être la solution… Tout ce que je peux exprimer, c’est mon simple point de vue de citoyenne du monde. Du ressenti et du vécu. J’ai passé deux semaines là-bas en septembre. En rentrant, j’écrivais ceci : « Je connais bien ce pays et je le retrouve toujours avec plaisir. Cette fois pourtant, c’était un peu différent. Je me sentais souvent mal à l’aise devant les problèmes quotidiens que rencontrent les Grecs en raison de la crise. Problèmes de survie tout simplement… comment subsister, comment élever ses enfants, comment se soigner, quand les prix de toutes choses augmentent (ils sont souvent les mêmes, voire plus élevés qu’en France, alors que les revenus sont bien plus faibles), que les impôts sont multipliés et que les salaires ou retraites diminuent. Quand on a la chance d’avoir un emploi, et j’ai entendu un chiffre effarant : plus de 40 % de chômage dans la tranche des 16-24 ans. Dont une bonne partie de jeunes éduqués et diplômés, mais qui ne trouvent pas de premier emploi. Les diktats de la « troïka », les mesures injustes et souvent incohérentes brandies par le gouvernement pour tenter bien tardivement de s’y conformer… Une fois de plus, on pressure de manière révoltante la classe moyenne et surtout les salariés, au lieu d’aller prendre l’argent où il est vraiment : grandes fortunes (dont celle de l’Eglise orthodoxe, riche d’immenses propriétés foncières), grandes entreprises, professions libérales. Le nombre de commerces que l’on voit fermés au hasard des rues est énorme. Les gens s’en sortent tant bien que mal, souvent en exerçant des petits boulots non déclarés (mais qui pourrait leur jeter la pierre ?), et la solidarité familiale, toujours très forte dans ce pays, joue à plein. »
    Depuis, la crise s’est exacerbée, des propositions ont été avancées, un accord a été conclu (je parle de celui du 27 octobre), puis le Premier ministre a annoncé son projet de référendum… Réflexions en vrac :
    1) Certes le référendum est légitime et constitue une expression de fonctionnement démocratique – mais je ne suis pas emballée par le principe du référendum, en général ; cela peut tourner facilement au plébiscite ; et si on a élu des députés, c’est bien pour qu’ils expriment notre voix ? (qu’est-ce que je suis naïve…) En l’occurrence, je crains bien que ce référendum-là (s’il a jamais lieu, ce qui reste à voir) ne soit pour Papandréou qu’une manière de jouer son va-tout : ça passe ou ça casse. Et si ça aboutit à une sortie de l’euro pour la Grèce, ça peut être catastrophique, pour eux d’abord, mais aussi pour tout le monde (enfin, pour les Européens).

    2) Ce n’est certes pas la première fois que le destin des Grecs est dirigé par d’autres puissances ; après 1821, quand ils ont pu enfin se libérer de l’occupation turque, la tentative de république a échoué avec l’assassinat de Capodistria et les puissances européennes ont refusé à la Grèce le droit de se choisir un roi. Ils lui ont parachuté un Bavarois, le nommé Othon…

    3) Si la Grèce s’effondre, ou plutôt fait naufrage, ce sera la preuve éclatante que la spéculation financière, elle, a gagné la partie, et, à mon sens, c’est très inquiétant pour l’avenir du monde. Car les spéculateurs font leur miel de tels événements, quelles que soient les conséquences pour les peuples et il n’y a aucun frein pour qu’ils s’abstiennent de recommencer ; c’est pourquoi il faudrait poser des limites à leurs agissements, mais les gouvernements le veulent-ils vraiment ? Le peuvent-ils encore, d’ailleurs ?

    Certes, plein de choses m’agacent dans le fonctionnement de la Grèce au jour le jour. Ses politiciens (qu’ils soient de gauche ou de droite) sont des caricatures, corruption constante, clientélisme omniprésent. Sa bureaucratie est un sommet de complexité inefficace (essayez donc d’aller payer une simple facture d’électricité et vous comprendrez très vite). Les services publics coûtent cher et fonctionnent mal. Etc., etc. Il y a aussi un côté exaspérant qui consiste à vivre constamment au-dessus de ses moyens ; qui s’illustre chez les individus par le goût des marques (produits encore plus chers qu’en France, pour des salaires bien inférieurs…) et des grosses bagnoles (voir le nombre de 4×4 à Athènes…), et au niveau de l’État, par exemple, par la conception du métro : certes les stations sont superbes et même carrément grandioses ; mais le coût du projet s’en est ressenti, au moment où déjà l’argent manquait.

    Et pourtant, pourtant, il existe encore, à côté et malgré tout cela, la Grèce éternelle, la nature dans une splendeur unique, parfois abîmée (oh, les immeubles en chantier abandonnés dans les villages, avec des ferrailles rouillées émergeant des piliers de béton…) mais souvent encore presque intacte, la mer unique, la montagne, le rocher, la terre grecque, l’odeur de la résine. La musique grecque. Les petits plaisirs simples, être assis à une terrasse de café et regarder la mer, manger des aubergines imam bayildi et du poulpe grillé… Quelque chose qui ressemble encore à la douceur de vivre. Et qui pourra, je l’espère, être préservé.

    Encore et j’arrête:
    http://owni.fr/2011/11/03/les-indignes-soccupent-de-la-defense/
    à faire tourner:
    Lordon; son soutien à l’occupation de la Défense
    http://www.youtube.com/watch?v=XpeCAGxYz1c

  16. Les images dominantes,

    De temps en temps, par secousses, passent devant nos regards ébahis des images saisissantes, telle celles de la démocratie et de la volonté populaire.
    Hélas, avant que nous puissions saisir les composants de cette image, elle disparaît.
    Nous restons ensuite dans l’attente du bon vouloir de nos maîtres.

    Je dois reconnaître que tout continue.

  17. Notre prochaine échéance au vote universel , en France , sera les élections présidentielles , une sorte de referendum à deux tours , une sorte d’OVNI constitutionnel .

    Mais quelle sera LA question posée , et sera -t-elle la même au premier et second tour ?

    A quoi sert un président de la République Française ne serait pas forcément la plus mauvaise question .

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