L’actualité de la crise : COURSES AU TRÉSOR ET D’OBSTACLES, par François Leclerc

Billet invité

Contrairement aux apparences, les États européens ne sont pas les seuls à tirer la langue dans le cours de leurs recherches de financements. Les banques rencontrent également de sérieux problèmes dans ce domaine, dont elles laissent entrevoir l’ampleur en s’activant pour y faire face.

Les gouvernements européens sont lancés dans une course poursuite derrière des solutions qui leur échappent. L’effet levier du FESF reste à l’état de projet en dépit de l’impatience de Mario Draghi, l’intervention à grande échelle de la BCE est bloquée, celle du FMI également. Selon la Frankfurter Allgemeine Zeitung, les gouverneurs de la BCE se seraient fixé une limite à leur intervention de 20 milliards d’euros par semaine, son niveau actuel d’intervention étant bien inférieur.

Il est estimé que la BCE a acheté pour 50 milliards d’euros de dette grecque et 80 milliards d’euros de dette italienne, avec les résultats que l’on voit. Il n’y a pas de demi-mesures possibles si l’on veut être efficace.

Les déblocages nécessitent des accords de grande ampleur qui réclament une denrée devenue rare : le temps. Le rythme accéléré de l’effondrement des pays de la zone euro n’est pas celui des solutions envisagées pour le contenir. Selon Wolfgang Schäuble, le ministre allemand des finances, 24 mois seront nécessaires pour changer les traités en vigueur !

Échanger avec les Allemands une intervention de la BCE contre une reconfiguration des traités européens leur donnant de nouvelles garanties quant à la bonne conduite fiscale des États n’est pas une petite affaire pouvant se régler sur les planches de Deauville. Sans aborder la problématique de l’accroissement des ressources du FMI, dont les Américains ne veulent pas entendre parler, amenant des hauts fonctionnaires bruxellois à étudier son financement par la BCE, au prétexte qu’il n’est pas formellement interdit par les traités européens…

Signe parmi tant d’autres de l’absurdité de la situation et de la nécessité de gagner du temps, les CDS sur la Grèce, dont l’objet est de couvrir contre le défaut, ne sont pas activés par l’International Swaps and Derivatives Association (ISDA) alors que la dette grecque est négociée avec une décote de 50 % ! A quoi servent-ils donc alors ?

Certes, une restructuration de dette globale s’imposerait à ce stade comme la seule issue, à laquelle il serait judicieux de procéder une fois pour toutes en grand plutôt que de procéder par petites étapes, à la grecque, sans s’en donner les moyens et devoir y revenir. Comme un remake des plans de sauvetage qui se succèdent. Mais tout sera tenté pour ne pas en venir à cette dernière extrémité, lourde de conséquences pour le système financier dans son ensemble, lui faisant perdre un équilibre déjà difficilement conservé et lui imposant une brutale réduction de son patrimoine.

Sans en être réduites à ces extrémités, les banques ne sont pas à l’aise, devant faire face à l’addition de leurs nouvelles obligations réglementaires, de taxes dans certains cas, et du refinancement de leurs opérations en cours. Elles devaient accroître leurs fonds propres au titre de Bâle III (et pour certaines d’entre elles au-delà du ratio de base, en raison de leur caractère systémique), le dernier sommet européen ayant entretemps décidé d’accélérer le calendrier de cet effort ; elles doivent en plus et comme à l’accoutumé refinancer leurs activités, à une hauteur estimée à 485 milliards d’euros pour l’année prochaine.

En premier lieu, elles font feu de tout bois pour diminuer leur peine. En essayant d’élargir les règles d’éligibilité au Core Tier One, l’agrégat des fonds propres utilisé pour calculer le ratio entre ceux-ci et leurs engagements. Ou bien en modifiant à leur avantage le calcul de la pondération des risques associés à ceux-ci, puisque c’est le résultat qui est pris en compte pour déterminer ce même ratio.

Mais cela ne répond en rien aux besoins de leur refinancement, pour lequel des solutions sont activement recherchées, les méthodes éprouvées pour lever des fonds n’ayant pas le résultat escompté. L’émission d’obligations sécurisées implique l’utilisation de collatéraux apportés en garantie aux investisseurs, mais leur gisement n’est pas inépuisable dans les coffres des banques. Les autres catégories d’obligations, plus risquées pour les investisseurs et d’un meilleur rendement, ne suscitent plus le même enthousiasme dans la conjoncture actuelle.

Afin de réunir les concours à long terme qui leur sont nécessaires, les banques voudraient bien se tourner vers l’épargne des particuliers, comme l’État italien s’y est d’ailleurs lancé pour son propre compte ; mais cela suppose, selon elles, que l’État donne des garanties de stabilité fiscale – qu’il s’engage à ne pas accroître la fiscalité sur les revenus qui en proviendraient – ou même qu’il allège la fiscalité de long terme par rapport à celle de court terme…

Poursuivant toujours le même objectif, les mêmes banques voudraient aussi revisiter les normes de liquidité de Bâle III qui imposent de mettre en correspondance la maturité de l’actif et du passif des bilans bancaires – de ses engagements et de ses fonds propres – afin de la rendre moins dépendante des fluctuations du marché en cas de crise aiguë.

Dans un autre domaine, il est question que les États européens, selon des modalités qui restent à définir, apportent leur garantie aux banques afin de faciliter leur accès au marché à moindre coût. Mais cela reste à faire et représente un caractère paradoxal et incertain, vu la crise des finances publiques…

Une autre solution, plus efficace, est recherchée auprès de la BCE. Il lui est demandé d’assouplir les conditions d’éligibilité des collatéraux fournis par les banques en garantie de leur accès aux liquidités, afin que leur qualité requise puisse être moindre que celle qui est réclamée par le marché.

Une dernière option, plus créative, consiste pour les banques à créer des paquets de valeurs mobilières, selon différentes techniques – comme la création d’ABS (Asset-Backed Securities) ou encore de « quasi obligations sécurisées », actuellement à l’étude et testées sur le marché – et d’obtenir pour elles une notation adéquate. Méthode qui pourrait être utilisée tant vis-à-vis de la BCE que des investisseurs. Dans ce dernier cas, de nature privée, ces concours apparaîtraient dans l’opaque compte « solutions de capital alternatives » du bilan des banques…

Pour mémoire, les banques espagnoles donnent le (mauvais) exemple en accordant des taux mirifiques pour les dépôts des particuliers, parvenant ainsi à accroître ceux-ci, ou tout du moins à enrayer leur hémorragie, largement constatée en Grèce et hautement suspectée en Italie. Enfin, dans les cas extrêmes, comme en Grèce et en Irlande, une « aide d’urgence en liquidités » est fournie aux banques par les banques centrales nationales, avec la bénédiction de la BCE qui ferme les yeux.

Les banques disposent d’une palette de moyens que les États n’ont pas. Sans doute parce qu’elles sont plus proches de Dieu, pour le compte de qui elles travaillent si l’on en croit toujours Lloyd Blankfein, le Pdg de Goldman Sachs !

Tout se passe comme si, initialement présenté comme une opération progressive et de longue haleine, le désendettement s’opérait plus brutalement que prévu. En raison de la montagne de dettes publiques et privées qu’il faut refinancer dans l’urgence, face à laquelle les investisseurs se font plus exigeants vis-à-vis des uns comme des autres, en raison des risques supplémentaires qu’ils encourent. Apportant ainsi leur contribution involontaire à la déstabilisation du système financier, qui s’approfondit pour la circonstance.

Rembourser les dettes accrues de leurs intérêts a longtemps été une solution miracle repoussant le problème suscité par leur création accélérée, mais sa viabilité est devenue pour le moins incertaine. L’alternative, qui est d’obtenir que la BCE rejoigne ses consœurs et fasse marcher la planche à billets pour l’éponger, est la deuxième face de la même manifeste fuite en avant.

C’est la machine à produire de la dette (et de la rente) qu’il faut remplacer.

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184 réflexions sur « L’actualité de la crise : COURSES AU TRÉSOR ET D’OBSTACLES, par François Leclerc »

  1. Je soumets à votre sagacité :

    http://www.economist.com/blogs/freeexchange/2011/11/euro-crisis-13

    dont il ressort que la BCE limite ses interventions pour se réserver un moyen de pression sur les gouvernements élus et les amener sous la pression des marchés à adopter les réformes qu’elle estime nécessaires.

    Comme je le disais dans le billet de Pagé, les équipes en place ont intérêt à envisager un plan B, parce qu’à ce jeu-là, nos savants amis de la BCE risquent fort bien de laisser advenir la catastrophe qui nous guette.

    Justement, à propos de plan B, j’aimerais connaître l’opinion de M. Leclerc par rapport aux propos de J. Sapir, qui soutient qu’une banque centrale nationale pourrait être réquisitionnée par un gouvernement national pour acheter à l’aide d’euros émis par elle-même la dette du pays concerné.

    1. Monétiser la dette ne me paraît pas pertinent, car cela laisse intact le système. La restructurer est bien préférable, car cela le remet en question.

      1. PERTINENT vous voulez rire ? le mot est + que faible , monétiser c’est avaler sa propre dette , c’est de la fausse monnaie , c’est une inflation de 100 % en 2 ans.
        Seule une RESTRUCTURATION avec attribution aux bénéficiaires peut être envisagée.

      2. J’ai précisé ma question plus bas, qui ne concerne pas l’intervention de la BCE pour monétiser toutes les dettes sans limites, mais uniquement une intervention destinée à stabiliser les taux des obligations souveraines des Etats membres de la zone euro, afin d’éviter de rendre insolvables des débiteurs qui ne le sont pas encore… J’ai cru comprendre qu’un Etat comme l’Italie, par exemple, peut fort bien gérer sa dette et la rembourser à l’horizon de quelques décennies si on ne le force pas à payer des taux exorbitants…

        Par ailleurs, de manière plus générale, en quoi la monétisation pourrait-elle, à l’heure actuelle, entraîner la liquidation du stock de dettes ? Après tout, même entre les mains de la banque centrale, la dette doit être remboursée, non ? On me dira sans doute que la monétisation augmente la quantité de monnaie en circulation et fait augmenter l’inflation, ce qui réduit d’autant le coût de la dette. Cependant, dans le même temps, je lis que dans les conditions actuelles, la monnaie créée n’a pas d’effet inflationniste. En outre, la banque centrale ne stérilise-t-elle pas ces émissions en retirant de la monnaie par ailleurs ?

      3. @ Bertrand
        …pourtant, c’est bien ce que font les USA, depuis deux ans, avec Q1, Q2, bientôt Q3, non ?
        …et toujours pas d’hyper-inflation, ni même de vraie inflation, plutôt une déflation…

      4. @ Bertrand
        Peur pour vos économies ??? Il y aura de toute façon monétisation de la dette. De quelle ampleur (30, 50, 100 % ???), suivant quel timing (ou quelles contraintes), en échange de quoi avec les allemands… tout cela est à observer dans le futur. Rembourser entièrement cette dette-là est impossible..
        On peut aussi geler tous les comptes d’épargne et les utiliser pour la rembourser si vous préférez… Ou détruire l’économie sur 30 ans, avec 25% de chômage, les 3/4 de la population sous le seuil de pauvreté. Vous voulez vivre dans ce monde-là ? Moi pas.
        Ah flûte, en voilà encore un qui va se mettre à la recherche d’un paradis fiscal. Le plus proche et le plus sûr, c’est Jersey, un peu de bateau et vous y êtes : les anglais vous y attendent à bras ouverts pour augmenter les fonds propres de leurs banques, détruire l’Euro et vous mettre au chômage).
        Salut aan de kust en de wind vanachter, hein..

    2. … pour acheter à l’aide d’euros émis par elle-même la dette du pays concerné.

      Bigre!
      Une marmaille de petites Fed en perspective… (et rivales de surcroît, chacune imprimant ses billets pour ses protégés) ?
      Peut-on en savoir plus sur ce point ?

    3. @ Louis de Potter

      Sapir propose de faire valser les photocopieuses au niveau national, là où les autres veulent voir tourner la planche à billet au niveau européen. Seule l’échelle change, pas la solution.
      Ce n’est pas un plan B, au mieux un plan A’.

    4. @ F. Leclerc et Renard :

      Je suis bien d’accord avec vous sur le fait que ce n’est pas une solution globale. Mon propos est plus limité et concerne la montée des taux des obligations souveraines qui, selon ce que j’en lis, va finir par rendre insolvable une série d’Etats et aggraver d’autant la crise. On restructurera, c’est sûr, mais ce sera d’autant plus « facile » que la quantité de dettes à restructurer sera « faible ». En outre, tant qu’à faire, il serait quand même préférable d’opérer une restructuration planifiée, à froid donc, plutôt qu’une restructuration après chaos…

      Donc, on en revient toujours à l’intervention de la BCE, celle dont JP Pagé fait « le pari » qu’elle interviendra. Mais quid si elle n’a pas lieu ? Quid si elle est inefficace à force d’avoir trop attendu ?

      Y a-t-il un plan alternatif ? Ce que propose Sapir est-il possible ?

  2. Pour en finir avec la crise de la dette, l’Union européenne et les pays membres de la zone euro devront s’unifier encore plus et ressembler davantage à un pays comme le Canada et les États-Unis, soutient Stephen Jarislowsky.

    1. 17 économies différentes,17 langues,des cultures millénaires,cela ne fonctionne pas et de fonctionnera jamais.

      1. L’Inde, la Chine, des dizaines de langues, de cultures millénaires, d’écritures et de religions différentes…l’empire romain qui dura un demi-millénaire (voire un millénaire, à l’est), même les empires austro-hongrois ou ottoman qui durèrent quelques siècles…

        « Cela ne fonctionne pas »… parce qu’il n’y a pas eu d’essai fédéral. Tant que le budget de l’UE représente 1% de la masse des budgets des Etats. Même une augmentation à 4% a été refusée, quand le budget fédéral US représente environ 20% des ressources publiques US, si je ne m’abuse.. (plus?)

  3. La soif des banques est particulierement sensible en Irlande.
    En ce moment, les propositions de ‘fixed term Savings accounts’ (comptes de depot a terme) se (dé)multiplient.
    La derniere pub TV d’une banque aux abois offre 10% sur 26mois, soit 4.7% (brut) par an. On trouve d’autres banques offrant plus de 4% sur des durees diverse (>12mois cependant).

    Aussi, cette semaine, le gouvernement a essayé de mettre la pression sur les banques pour qu’elles passent la baisse du taux de la BCE pour les pret immo a taux variables… mais les taux variables sont parmi les quelques produits sur lesquels les banques font des profits, quelles ne peuvent pas laisser passer.

    Sinon, un autre graphique interessant a tourné aujourd’hui: http://www.bbc.co.uk/news/business-15748696
    le gouvernement a essayé ces derniers mois de mettre le focus sur les bonnes nouvelles a l’export et le fait que l’Irlande pouvait gerer son endettement/ses problemes, mais les chiffres sont accablants:
    Irlande
    GDP: €0.2 tn Foreign debt: €1.7 tn
    €390,969 Foreign debt per person
    1,093% Foreign debt to GDP
    109% Govt debt to GDP

    Irlande: championne toutes categories. Francois a raison de rappelle l’entremelement des dettes publiques+privees+commerciales.

    Merci encore pour votre fantastique travail…

  4. Bonjour !

    C’est curieux de constater que quand certains politiques dénoncent l’impasse de la crise européenne , les mécanismes de ponzi mis en place pour le sauvetage de l’euro , d’observer à quel point ils sont ostracisés .

    Et pourtant tout leur donne raison :

    Non seulement l’état catastrophique des économies européennes , le caractère antidémocratique de la commission ( technocrates nommés par les différents gouvernements) refus de respecter les choix des peuples , rejet des référendum…

    Une dette dont les intérêts plombent ad vitam les économies , les finances des états , et qui ne peut être remboursée , sauf à croire que des progrès techniques majeurs pourraient refaire démarrer une croissance tout en restant dans le giron européen …

    Des gouvernements balayés par la troïka et remplacés par d’authentiques fascistes (Grèce)…

    Je pense par exemple à Nigel Farage qui est de plus en plus crédible dans sa démarche solitaire ( et courageuse ?)…
    http://www.youtube.com/watch?v=hzGmOMoXf-Q&feature=youtu.be

    Bref qu’en pensez vous ?

    Bn.

    1. @Boson
      Nous sommes confrontés à 2 problèmes certes interconnectés, mais à résoudre séparément.
      1- Celui de la dette serait le plus facile à régler. Il suffirait en effet de monétiser la dette des états de la zone, cad confier le soin de rembourser celle-ci à la BCE (création de monnaie ex-nihilo). Il est probable que l’inflation qui en suivrait ne serait pas le principal inconvénient de la formule, car elle recèle aussi bien des avantages, c’est plutôt celui de la propension des états à clôturer leur exercice en déficit qui perdurerait. Les Allemands, à l’inverse de la France demandent à commencer par équilibrer les budgets nationaux avant de purger le passif ; qui plus est, ils demandent qu’une part de la dette soit prise en charge par les créanciers eux-mêmes, ce qui se conçoit, à défaut de se partager.
      Le problème de la dette en zone euro n’a donc pas le même degré de gravité que chez les anglo-saxons, car il sera résolu, probablement à court terme.
      2- Celui du système financier a une autre ampleur car la City et Wall Street ont développé leurs métastases non seulement en Europe, mais dans le tissu bancaire internationnal.
      C’est donc à la résolution du second problème que nos contributions me paraissent être les plus utiles.

      1. @ Pol
        Les Allemands cherchant à inscrire dans le marbre l’équilibre budgétaire avant de se décider à monétiser la dette.
        Telle serait la stratégie?

    2. @ Julien

      Nigel Farage est un clown… sans doute…

      Mirabeau était un clown grandiose, qui finit… royaliste (ou à peu près) !

      Ron Paul, candidat GOP aux prochaines présidentielles, est un charmant papy, terrible libertarien, totalement shunté par les « corporate media » alors qu’il serait actuellement en deuxième position dans les intentions de vote des électeurs républicains.

      Mais ces « clowns » initient des mouvements de contestation historiques et il leur arrive (souvent) de tomber juste. Clowns ? ..plutôt des bouffons diseurs de (4) vérités !
      Quand Ron Paul exige le désengagement militaire US, ou quand Farage enfonce le clou dans la marionnette Rompuy, moi, je prends ! …figure de style, je ne suis rien ; mais ils concourent à la fin de ces temps absurdes, pour laquelle de plus en plus de forces, toutes sortes de forces (convergence pratique des « tea parties » avec « Occupy Wall Street »), sont convoquées… chacun y doit jouer son rôle.

      Après, que leurs idéologies ou personnalités ne soient pas du goût du (des) maître(s) des lieux, je peux le comprendre mais enfin, il n’appartiendra pas non plus à ceux-ci d’avoir vraiment la main sur « l’évolution des choses ». Peut-on raisonner le flot, les rapides, les cataractes ? …vaut mieux essayer de les négocier en kayak, c’est ben l’fun comme disent les cousins du Québec. Y’en a qu’essayent d’ailleurs mais, criss, qu’ont ben du mal

  5. François Leclerc termine son billet par un très concis « C’est la machine à produire de la dette (et de la rente) qu’il faut remplacer. »

    C’est-à-dire que la cause de la dette est la rente, qu’il ne peut y avoir dette que si l’on est assez pauvre pour devoir emprunter et qu’il ne peut y avoir rente que si l’on est assez riche pour prêter. La cause est le déséquilibre dans répartition de la richesse « qui n’est pas là où elle serait nécessaire » comme dirait Paul Jorion. Remplacer cette « machine à produire de la dette (et de la rente) », c’est donc répartir la richesse.

    Il faut donc, tout simplement, et c’est un précepte millénaire, partager. Dans notre société actuelle, ce serait cela sortir du cadre : partager.

    1. La conséquence immédiate, c’est réduire le taux de profit.
      Or dans la concurrence internationale, aucune bourgeoisie ne peut se le permettre.
      La seule vraie sortie du cadre de l’agonie,
      pour des raisons tant économiques que écologiques,
      c’est la sortie du capitalisme, la démocratie réélle.

  6. alors que la dette grecque est négociée avec une décote de 50 % ! A quoi servent-ils donc alors ?

    c’est dommage que vous continuiez à répéter cela, alors que l’on sait que ce n’est pas vrai.
    Cette décote ne concerne qu’une partie de la dette grecque qui fait que au total il semblerait que cette décote équivaut à 35% à peine de la dette totale (et encore moins pour certains auteurs).

    1. La décote est bien de 50%, ce sont les conditions de l’échange qui minorisent la diminution de la dette. La BCE, par exemple, n’y participe pas ! A cette nuance près, nous sommes d’accord sur le résultat !

  7. Une information concernant la période 2014-2020 :

    L’enveloppe globale du budget de l’Union Européenne est fixée pour sept ans et constitue le principal mécanisme de redistribution au sein de l’Union.

    L’accord conclu vendredi 18 novembre sur le budget 2012 préfigure la bataille à venir sur l’enveloppe budgétaire pour la période 2014-2020.

    La Commission européenne a proposé une augmentation de 5 % par rapport au précédent budget sur 7 ans, portant les dépenses à 1.083,3 milliards d’euros, soit 1,11 % du PIB européen.

    Mais neuf pays – Autriche, Danemark, Allemagne, Finlande, France, Italie, Pays-Bas, Suède et Royaume-Uni -, ont rejeté cette proposition jugée trop élevée dans un contexte de rigueur généralisée.

    http://www.boursorama.com/actualites/budget-2012-l-europe-s-impose-la-rigueur-2ab48ba92a422a097b878a51ad728269

    Vous avez bien lu : neuf pays ne veulent pas que le budget de l’UE soit porté à 1,11 % du PIB européen.

    Le fédéralisme dans l’Union Européenne, c’est pas demain la veille.

  8. Il n’y a rien à tirer des humains.. Pensons exclusivement à Dieu et considérons que tout cela n’est que maya (illusion)

    1. @Xian

      Et pi quoi encore ?
      Z’ avez fumé Kwa ? Et on vous laisse les clés c’ est ça ?
      Il n’ aidera pas ce genre de mecs, ni les faux prophètes qui les égarent.
      Z’ êtes démasqué là.

      1. @ Xian

        http://www.lemonde.fr/sport/article/2011/11/19/la-potion-magique-par-yannick-noah_1605664_3242.html

        Voilà ce que je veux dire.
        Voilà un HOMME qui lève la tête, qui m’ aide à lever la mienne ainsi que beaucoup d’ autres en donnant l’ exemple.
        Il a fait un travail sur lui même et il lui coûte de continuer à soutenir ce qui n’ est pas moral.
        Si d’ autres pouvaient faire ce travail dans tous les domaines plutôt que s’ en remettre à une idéologie/religion qui les dispenserait de ce travail, de cette responsabilité, le monde irait mieux.

  9. François Leclerc dit le : 18 novembre 2011 à 21:06
    « Le rendement industriel fait pâle figure à côté de celui des produits structurés, c’est un fait qui n’est pas sans conséquences ! Le management des entreprises par des financiers préoccupés sans autre considération par la bottom line (la dernière ligne du compte de résultat) en est un autre. Nous n’en sommes plus au temps de l’accumulation primitive du capital, celui-ci est au contraire surabondant, et la question est désormais sa répartition ainsi que la qualité de son utilisation socialement nécessaire. »

    Simple et lumineux.
    Il n’est pas besoin de tourner autour du pot plus longtemps.
    D’ailleurs combien sont-ils (sur ce blog y compris) à profiter du miel contenu dans ce pot ? Corrompus de toute nature, petits et grands, à gauche comme à droite, à puiser – sucer – sans relâche l’énergie, le sang, et l’imaginaire d’autres semblables. Savent très bien tous ces faux-culs pourquoi le monde va si mal. Il y a comme qui dirait l’impossibilité d’avoir une conversation dégagée avec son propre voisin. Faut impérativement supprimer le pot sans fond.

    1. Bon diagnostic, reste à y remédier.
      Mettons à la tête de toutes les entreprises des philanthropes, et le tour est joué.
      Plus sérieusement, cela ne marchera pas, évidemment.
      Si on ne change pas le mode de circulation de la monnaie elle-même, rien ne changera jamais.
      Si les émetteurs de monnaie ne comprennent décidément pas, pas plus que les économistes experts, cela sera difficile.
      En effet, comment faire « descendre » la monnaie dans l’économie réelle (souhait souhaitable) quand la thésaurisation et la spéculation sont à ce point plus avantageuses pour tous ceux qui ont trop d’argent?
      Il faut bien y venir: la monnaie doit circuler ou elle cessera d’être monnaie.

      1. « En effet, comment faire « descendre » la monnaie dans l’économie réelle (souhait souhaitable)  »

        Par le financement public constitutionnalisé et sous la contrainte de règles elles aussi constitutionnalisés qui régissent et contrôlent le type de production.

        injection de la monnaie par le bas dans les secteurs humains (social, santé, éducation etc…)
        retour par le haut et le fiscalisme d’entreprises et accepter que l’inflation soit la variable d’ajustement et de régulation des flux monétaires. (prendre en compte la non pérennité du financement privé)

      2. Sauf que cela débouchera sur un système de détournement d’argent toujours!
        Avec la possibilité de thésauriser, ce détournement est même légal et encouragé actuellement.
        Il est, bien sûr, illégal de dissimuler ses revenus, mais cela est tellement facile avec la monnaie actuelle.
        En régime SMT, cela est sans doute aussi possible, mais, même dans ce cas, la monnaie resterait en circulation et le flux de la TVA par exemple serait très stable.

      3. « Sauf que cela débouchera sur un système de détournement d’argent toujours! »

        Bien sur comme tout système, mais ça sera illégal cette fois-ci. Ça change tout dans les rapports de forces sociaux.
        Quant à la thésaurisation elle ne pose aucun problème si les intérêts (publics) ne sont pas supérieurs au taux d’inflation, elle peut même aider à la stabilité des prix.

        La logique du financement public est une logique de réponse aux besoins
        L’argent fondant est une logique redistributive aussi, mais trop consumériste.

        la logique publique est :

        – on couvre des besoins constitutionnalisés par création monétaire (très inflationniste)
        – on détruit la monnaie par fiscalisme et retour d’intérêt de prêts aux entreprises. (déflationniste)

        L’Inflation est à zéro quand les besoins sont couverts par la production, sinon l’inflation devient une charge pour les possédants qui deviennent alors défenseurs du fiscalisme. (mdr)

        C’est une simple logique inversée ;

        Financement public au lieu de privé
        Injection monétaire par le bas et non sous forme de rémunération du capital
        Monnaie naturellement inflationniste et non rentière.
        Stabilisation de la monnaie par les possédants via le fiscalisme.

  10. Samedi 19 novembre 2011 :

    Union Européenne : accord sur un budget de 129 milliards d’euros pour 2012.

    Le budget communautaire de l’Union européenne sera porté à 129 milliards d’euros en 2012, soit une hausse de 2% conforme à l’inflation, selon l’accord trouvé ce samedi matin après quinze heures de négociations.

    L’accord est une victoire pour les neuf gouvernements européens qui, aux prises avec les conséquences financières de la crise de la dette dans la zone euro, rejetaient la volonté des députés européens d’accroître le budget communautaire de plus de 5% l’année prochaine.

    Mais en liant la progression des moyens communautaires sur l’inflation attendue en 2012, l’Union européenne pourrait se retrouver dans l’incapacité de faire face à certaines dépenses, préviennent certains responsables européens.

  11. Cher Monsieur Leclerc, ceci n’est pas vraiment un commentaire à votre (fort intéressant) article : je n’ai rien à y ajouter, ni même un commentaire à ceux de « johannes finckh » que j’ai trouvés également fort instructifs. Non ceci est une demande :
    Pourriez-vous expliquer aux lecteurs de ce blog, la différence (pardon, les différences) qui existent entre la dette d’un État et la dette d’un « ménage » ?
    On nous baratine depuis quelques temps sur la gestion en « bon père de famille » de l’argent de l’État, or justement l’État n’est pas une famille !
    Différences sur plusieurs points : les objectifs de l’emprunt, les moyens de son remboursement, les prêteurs mis en jeu, etc.
    Je crois que ce serait utile à beaucoup.
    Merci.

  12. Merci à Léoned de trouver mes positions « intéressantes », cela m’encourage.
    Je laisse à F.Leclerc le soin de répondre de son point de vue, mais je peux déjà vous indiquer que la différence est moins importante qu’il n’y paraît:
    La dette publique est couvertes par les capacités de remboursement de tous, celle d’un privé dépendent des capacités de remboursement du débiteur. Jusque là, c’est évident, je suppose.
    Maintenant, quand les montants sont très importants comme c’est le cas actuellement, la différence entre les deux problèmes devient presque négligeable, car les non-remboursements menaçants déclencheront dans les deux situations des crises systémiques.
    Exemple: les subprimes étaient des emprunts hypothécaires privés, et elles ont posé un gros souci comme c’est le cas aussi des prêts immobiliers espagnols.
    Pratiquement autant soucis que la dette souveraine grecque!

    1. Tout ce que vous dites est exact. Mais une des différences auxquelles je pensais est celle-ci :

      Quelle est la différence entre un « ménage » (disons SMICard) qui emprunte un douzième son revenu annuel pour l’achat d’un écran TV et un État qui « emprunterait » un douzième de son PIB pour construire disons 25000 km d’autoroutes ?

      1. Les intérêts de la TV alimentent directement la rente et impute d’autant le pouvoir de consommation de l’acheteur.
        Double effet kiss cool le premier c’est de favoriser une rente qui de fait stérilise l’économie (en favorisant sa propre exponentialilté, les intérêts de la tv au lieu d’être consommés vont faire des intérêts qui feront des intérêts qui feront… )
        Le second c’est de diminuer le pouvoir de consommation dudit acheteur.

      2. L’emprunteur fait toujours un pari et le préteur fait toujours un pari.

        Les différences entre les deux cas résident dans l’intérêt qu’il y à faire ce pari et dans la nature très différente des risques encourus.

        Dans le cas de la télé le ménage fait le pari qu’il va pouvoir rembourser (sinon il aura plein d’ennuis.) Selon les cas ce pari peut être une grave erreur (il devrait prévoir que le remboursement sera trop difficile) ou présenter l’avantage décisif de pouvoir regarder la télé avant d’avoir économisé de quoi l’acheter au comptant. Il est cependant très clair qu’il y vaudrait mieux avoir des économie sur un livret d’épargne pour éviter de payer les intérêts!

        Toujours dans le cas de la télé le préteur fait le pari que le ménage va le rembourser. Dans ce cas il va non seulement récupérer la somme prêtée mais aussi des intérêts qui vont très probablement nettement dépasser le montant de ses frais plus la perte due à l’éventuelle inflation. Le seul risque qu’il coure est qu’à cause de sérieux problèmes économiques un part importante des prêts fait à des ménages ne soient pas remboursés. En temps normal le préteur s’appuie sur des statistiques pour anticiper le pourcentage de ménages qui vont faire défaut et en tient compte pour calculer ses intérêts (il arrive qu’il oblige l’emprunteur a s’assurer contre le risque de ne pas rembourser et dans ce cas on peut considérer qu’il triche!)

        Dans le cas de l’autoroute l’Etat fait le pari que les futurs versements venant des péages de l’autoroute s’il l’exploite lui même ou la redevance versée par le concessionnaire de l’autoroute vont lui permettre de rembourser le principal et les intérêts. L’avantage qu’il y a à ce que l’état s’occupe des autoroutes est qu’il est sensé prendre en compte l’intérêt général des citoyens à long terme et pas seulement un intérêt financier à court terme comme ont tendance à le faire les investisseurs privés. L’avantage de procéder à un emprunt est que construire un tronçon d’autoroute les années où les impôts sont bien rentrés et aucun les mauvaises années reviendrait à avoir une autoroute peu ou pas utile pendant de très nombreuses années (en plus le montant de péages est souvent très faible tant que l’autoroute n’est pas achevée, comme dans le cas du tunnel sous le Manche longtemps privé d’une liaison rapide entre la sortie anglaise et Londres.)

        Dans ce cas le pari fait par les préteurs est lui aussi un pari à long terme, peu risqué en principe (si le pays est considéré comme politiquement stable et les hommes politiques qui le dirigent considérés comme honnêtes et compétents.) Le plus gros risque est lié à l’inflation et dépend donc beaucoup du mode de calcul des intérêts.

        Conclusion: ces deux prêts n’ont pas grand-chose à voir, la télé ne rapporte pas d’argent et elle à une durée de vie limitée contrairement à l’autoroute, la nature des risques encourus par les préteurs est de nature différente, le rapport de force est à l’avantage du préteur dans le cas du ménage, à l’avantage de l’emprunteur dans le cas de l’autoroute.

      3. L’analyse de GL est exactement celle que j’attendais.

        J’ai pris l’exemple (assez saugrenu) de l’autoroute, mais je voulais parler d’investissement d’infrastructure en général. L’idée étant qu’un État quand il investit, le fait (normalement comme disait Contempteur) dans un espoir d’amélioration du bien public, et donc, probablement, d’augmentation du PIB. Le ménage quand il achète sa télé, a lui aussi un louable objectif : être mieux (plus détendu, plus heureux, …), mais, là est la différence, sa télé ne lui rapportera pas un kopeck en plus. Au contraire.

        J’insiste donc : traiter la « dette » d’État comme la « dette » d’un ménage est une erreur d’analyse économique.

      4. « traiter la « dette » d’État comme la « dette » d’un ménage est une erreur d’analyse économique. »

        Sauf que dans le cas des opérations du genre prime à la casse pour relancer la vente de voitures et autres mesures destinées à relancer la consommation des ménages (qui se traduisent immanquablement par l’emprunt de sommes supplémentaires aux banques par l’Etat) il s’agit en fait de crédit à la consommation avec le même effet pervers.

        A l’inverse si un ménage emprunte pour isoler sa maison il peut faire une excellente opération (ou pas, d’ailleurs, mais c’est une autre question.)

      5. @GL
        Je suis parfaitement d’accord. J’ai (volontairement mais outrageusement) simplifié.

        Je voulais juste faire ressortir la différence profonde entre un investissement productif et un achat de « confort ». L’un comme l’autre existent chez les États comme chez les ménages.

        Et l’exemple de la prime à la casse que vous me suggérez est très illustratif : la 1ère (la prime Balladur) a été entièrement financée par le retour de TVA sur la vente des voitures supplémentaires ! Ajoutez-y les autres rentrées fiscales induites et …

        La vraie question est : « Pourquoi un État doit-il emprunter ? »

  13. @Leoned

    Il y a 2 différences. La première étant que l’Etat n’emprunte pas pour la jouissance privée mais dans l’intérêt général (normalement), la deuxième que l’Etat n’emprunte pas avec son argent, mais avec le nôtre.

  14. A propos des CDS sur la Grèce, de la BNP et de l’ ISDA il y a un article assez rigolo dans le NYT du 19 novembre:
    « Les discussions [des détenteurs de CDS grecs] avec la BNP confirment l’opinion de certains investisseurs selon lesquels les CDS ne sont pas une assurance du tout, mais plutôt des outils que les grosses banques utilisent dans leur propre intérêt. »

    Selon ce même article, Mme Belle Yang est membre de la BNP, siège au comité de l’ISDA dont le rôle est de décider si un évènement de crédit a eu lieu ou pas (et donc qu’il y a un dédommagement ou pas) et intervient dans des réunions organisées par BNP (à la demande du gouvernement grec) avec ces détenteurs de CDS pour les convaincre:
    – de transformer leurs anciennes obligations en de nouvelles obligations à 30 ans,
    – d’abandonner au passage 50% de la valeur de ces anciennes obligations, comme il a été décidé récemment,
    – de renoncer aux dédommagements liés aux CDS. 

    😉 Y’en a qui grognent, peut-être vont-ils bientôt rejoindre le Mouvement des Investisseurs Indignés…

  15. Le mouvement des indignés et la grogne des peuples commence à faire peur alors ils commencent a se demander s’ils ne doivent pas étouffer la volonté des peuples…

    Etats-Unis : des lobbyistes proposent de saper « Occupy Wall Street »

    Des lobbyistes réputés, liés aux banques, ont proposé un plan de 850.000 dollars pour attaquer le mouvement Occupy Wall Street et les hommes politiques qui lui seraient favorables, a rapporté samedi la chaîne de télévision américaine MSNBC.

    http://www.boursorama.com/actualites/etats-unis-des-lobbyistes-proposent-de-saper-occupy-wall-street-310177de4af3d5a494baf81864035bc8

    Sauf que c’est comme ça que naissent les grandes révolutions… soutenons les Indignés !

  16. Euro-obligations….ce qu’ils(Merkel et Sarkozy) ont fait (s’émmiscer dans leur politique intérieur )avec Papandréou et Berlusconi pourrait se retourner contre l’un des deux (à savoir Angela) .
     » La chancelière allemande Angela Merkel y est en revanche catégoriquement opposée. En revanche, l’opposition sociale-démocrate et écologiste dans le pays est ouverte. »

    http://www.boursorama.com/actualites/des-euro-obligations-a-l-etude-pour-remedier-a-la-crise-de-la-dette-1ad8eee30344ba709f6f458b1688e5fb

  17. Dans La Tribune du jour un commentaire de JP Fitoussi de l’OFCE. « La récession sera implacable et durable ».

    En faisant disparaître la fonction de prêteur en dernier ressort [de la BCE], on a supprimé la principale qualité attachée aux obligations d’Etat, celle d’être des actifs sans risque [puisque les traités interdisent à la BCE d’acquérir des titres d’Etat à l’émission]. Ces obligations devraient servir de boussole au système financier : or ce n’est plus possible puisque leur valeur est devenue totalement incertaine. Si les dettes des Etats ne sont plus sans risque, où va aller l’argent ? Nous nous trouvons dans une situation de trappe à liquidité : le seul actif vraiment sûr, c’est la monnaie.. Et Fitoussi de préconiser que la BCE se mette en contravention provisoire de ces traités et achète massivement de la dette européenne. Il n’est plus le temps d’attendre.

    On observera simplement que c’est une solution de court terme acceptable mais qui ne résout pas le problème de fond (la création de richesse dans un système qui a atteint ses limites).

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