L’actualité de la crise : DERNIÈRE STATION…, par François Leclerc

Billet invité

Une fois de plus réunis hier soir, les ministres des finances de la zone euro ont fait leurs petits comptes et ne sont pas parvenus à les boucler.

Les conditions de marché faisant la pluie et le beau temps, ils ont été incapables d’estimer les fonds que le FESF (fonds européen de stabilité financière) pourrait lever, une fois enfin adopté un mécanisme permettant de multiplier les 250 milliards d’euros restant garantis et de lever de nouveaux capitaux. Non seulement parce qu’ils ignorent – mais pressentent – la réponse des investisseurs à une proposition de garantie de leurs pertes à hauteur de 20 à 30 % de leur investissement, mais parce que le FESF ne peut lui-même offrir que la garantie des États – dont la France – dont la note est de plus en plus sujette à caution, laissant présager une hausse du taux qu’il devrait consentir et à son tour répercuter.

Un tel empilement de garanties n’est pas un montage financier des plus crédibles, et il se confirme que le FESF ne sera en tout état de cause pas en mesure de faire face aux exigences du renflouement conjoint de l’Espagne et de l’Italie, puisque c’est de cela qu’il s’agit. Il était question de réunir 1.000 milliards d’euros, la moitié au mieux pourrait être réunie, a-t-il été reconnu.

À la foire aux idées, une nouvelle proposition encore très floue a été ficelée. Elle implique le FMI, dont les ressources sont insuffisantes et devraient être dopées. Mais ce nouveau montage financier est loin d’être bouclé, reposant sur les apports au FMI d’États européens de la zone euro non identifiés, ainsi que sur ceux de banques centrales nationales, agissant sous l’autorité de la BCE, qui ne sont pas davantage acquis mais seraient déterminants pour le succès de l’opération. Les grands contributeurs sont également implicitement appelés à contribution, au premier rang desquels figurent les États-Unis, dont le président vient de déclarer qu’il voulait aider l’Europe sans dire comment, n’en ayant pas les moyens.

Tout cela repose sur des pointes d’épingle.

On retombe toujours sur la même incertitude, en ayant seulement formellement contourné l’interdiction de faire financer la dette d’un État par la BCE. Hypocritement, les participants à la réunion s’en sont bien évidement remis à la décision de la banque centrale, dans le strict respect de son indépendance, après que les Allemands et les Français se soient opposés entre eux à propos de la nomination de leurs poulains respectifs au poste de chef économiste de celle-ci. Une décision qui relève pourtant des prérogatives de son président et de son conseil des gouverneurs, tous deux indépendants !

L’Italie a du hier lundi concéder un taux de près de 8 % pour des obligations à trois ans, et de 7,5 % à 10 ans. À noter que c’est toujours très mauvais signe quand les taux les plus courts sont les plus élevés. Cette situation est intenable et va réclamer un sauvetage financier que les Européens ne sont pas en mesure d’opérer dans les circonstances présentes. 150 milliards d’euros devront être refinancés par l’Italie uniquement de février à avril prochains, sans tenir compte des besoins de la Grèce et de l’Espagne, la première ayant déjà frappé à nouveau à la porte.

La liste des montages financiers destinés au sauvetage de l’Europe qui n’ont pas vu le jour est déjà longue pour que de sérieux doutes planent sur le petit dernier. À son seul crédit, c’est la solution de la dernière chance !

Partager :

115 réflexions sur « L’actualité de la crise : DERNIÈRE STATION…, par François Leclerc »

  1. Jusqu’à ces derniers jours ,passés par des astuces juridiques (voir la France)après des référendums manqués,disons négatifs,certains politiques vivaient dans uns illégitimité disons morale..L’Allemagne vient de faire racheter par sa banque centrale une partie de ses obligations ne trouvant pas d’acquéreurs,la BCE va se porter garante d’on ne sait trop quoi,ce qui met tous ces intervenants non plus dans l’illègitimité ,mais dans l’illégalité,légalité qu’ils avaient eux même etablie,c’est la véritable situation révolutionnaire,mais la révolution est de droite ,c’est celle de la finance,pas de défilés,pas de barricades ,mais destruction de l’Etat de Droit…Comment stopper???:l’Allemagne étant dans l’illégalité qui osera ,à son tour,”actionner ” sa Banque Centrale???posez la question à nos candidats aussi nombreux aussi corrompus ,aussi vaniteux qu’incompétents,Vous aurez peut-êrtre une réponse ,ce n’est pas sûr..(peut-être en trouverez -vous une dans ceux qui n’ont pas les signatures!!!!!!!!Vive la République!!!!!.

  2. Pour tous ceux qui veulent se faire remonter le moral:
    Un papier d’étude de la Deutsche Bank, intitulé “Fokus Europe – 2012: Eine tiefere Rezession”.
    Ce document est émaillé de prévision pessimistes, il parle, entre autres, d’une longue phase de récession avec croissance zéro et zéro moins. Les plans d’austérité auront (on l’aurait deviné) un impacte négatif sur l’activité économique en Europe………….

  3. Demain, à Toulon, Nicolas 1° va succomber au comique de répétition ( Henri Guaino se tape le copier-coller ): en 2008, il nous assénait ” les paradis fiscaux, la fraude fiscale , la finance incontrôlée, c’est terminé! ” on voit le résultat 3 années plus tard
    Demain, même rengaine: la crise de l’euro, de la dette, c’est terminé! et le magicien va nous sortir un lapin du chapeau, histoire de “rassurer les marchés”; vous savez, la BCE qui prête au FMI, lequel renfloue les états aux abois, enfin, l’usine à gaz, quoi; on fait tourner le mistigri pendant que les banques centrales alimentent les banques totalement plantées ( tout va très bien, si, si, le CAC s’envole )
    mais là, il reste 9 jours pour faire la preuve que ça marche, sinon : boum!
    bon, il dira que c’est la faute à Angela, trop psychorigide, trop teutonne….ou de l’Italie, plombée par ses obligations à 8%
    PS: au fait, quelqu’un sait ce qui en est advenu du grand emprunt censé relancer l’économie et du ministre chargé de le mettre en musique?
    message personnel: Riton, évite les “je dois la vérité aux français” et “pas un seul déposant ne sera lésé”, parce que là, c’est la ruée avant même la fin du discours! t’imagine le public, parfois convié de force qui commence à se lever pour aller retirer ses sous ?
    Tant que tu y es, glisse ça, avec naturel, dans le texte que l’autre va répéter derrière le prompteur, histoire de donner un certain souffle aux perspectives d’avenir, chauffer la salle…..http://www.lefigaro.fr/flash-eco/2011/11/30/97002-20111130FILWWW00704-la-france-degradee-par-une-petite-agence.php

  4. Désormais, ici aussi aux Pays-Bas, on entend dans les hautes sphères des voix murmurer que l’Euro est perdu, qu’une catastrophe sans pareille se prépare…

    Dans le “Quotidien du Peuple” d’hier, un article évoque avec force références historiques [les frères De Witt…] la possibilité de scènes d’émeutes et de lynchage : va-t-on voir la plèbe massacrer Rutte et Verhagen?
    http://www.volkskrant.nl/vk/nl/3184/opinie/article/detail/3055751/2011/11/29/Iedereen-doet-alsof-zijn-neus-bloedt-maar-een-lynchpartij-is-nooit-ver-weg.dhtml

    Que pareil article paraisse dans l’un des principaux journaux de qualité des PB en dit long. L’élite commencerait-elle à avoir peur? 😀

    1. Oui, finir l’année devient de plus en plus difficile… Les budgets sont serrés.

      Il me semble que l’année dernière, à la même époque, nous avions connu quelques difficultés également.

Les commentaires sont fermés.