L’actualité de la crise : CES BANQUES QUI NOUS RESTENT CHÈRES, par François Leclerc

Billet invité

La BCE vient d’engager un sauvetage grand format du système bancaire européen. Jeudi dernier, elle a pris trois mesures destinées à aider celui-ci à sortir d’une crise de liquidité annoncée qui allait faire obstacle à ses opérations de refinancement : l’ouverture de deux guichets pour des crédits à 36 mois, à taux fixe de 1 % et en quantité illimitée, un fort assouplissement des règles d’éligibilité du collatéral apporté en garantie, et une diminution du pourcentage des réserves obligatoires. Selon Ewald Nowotny, membre du conseil des gouverneurs de la BCE, il serait prévu d’aider les banques à hauteur de 104 milliards d’euros, en le présentant comme une lutte contre la récession.

Ces dispositions sont par ailleurs interprétées par Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, comme allant inciter les banques à acheter des obligations souveraines, afin de favoriser la détente du marché obligataire, car de bonnes affaires seront possibles en raison des différentiels de taux. Autre incitation dont il est fait état : la décision prise par le Conseil européen de ne pas renouveler les opérations de décote.

Les conditions seraient ainsi réunies, si l’on en croit toujours Christian Noyer, pour que s’enclenche un cercle vertueux. Ce dernier a également lancé un ballon d’essai, faisant valoir que l’EBA (l’Autorité européenne des banques) devrait revenir sur sa décision obligeant les banques à valoriser la dette souveraine qu’elles détiennent au prix du marché. Ce serait un dernier coup de pouce.

Selon des chiffres confirmés, les banques européennes ont engagé ces neuf derniers mois un délestage accéléré des obligations souveraines qu’elles détenaient, motivées par la double crainte d’enregistrer des dépréciations de leurs actifs et du risque de décote. 65 milliards d’euros d’obligations souveraines auraient pour l’essentiel pris le chemin des coffres de la BCE, qui s’est prêtée à la manœuvre pour, déjà, leur apporter son soutien. Incitant les banques à apporter une indéniable contribution à la hausse des taux obligataires. Si l’on veut parler du dessous des cartes…

Il serait désormais tenté d’inciter les banques à réinvestir sur le marché de la dette souveraine après l’avoir quitté, mais le pari est tout à fait hasardeux, chat échaudé craignant l’eau froide. Comment croire que les banques vont s’y risquer, en raison de la profonde instabilité de la situation ? Sans tenir compte du danger que représenterait le renforcement du lien entre la dette publique et les banques privées, qui est au cœur de la crise et qu’il faudrait au contraire desserrer. En réalité, cette présentation des décisions de la BCE semble destinée à calmer les critiques de ceux qui voient dans les dispositions de la BCE une nouvelle illustration de sa politique « deux poids, deux mesures », soutenant les banques mais refusant d’en faire autant des États.

Disposant en tout état de cause des moyens de se refinancer auprès de la BCE, les banques vont devoir également renforcer leurs fonds propres, l’EBA leur ayant présenté sa nouvelle addition, d’un montant de 114,7 milliards d’euros, à réunir d’ici fin juin 2012. La diminution de l’effort demandé aux banques françaises résulte d’ailleurs de l’ampleur de leur délestage de leurs obligations souveraines, supérieur à celui de leurs consœurs au-delà du Rhin, des Alpes ou des Pyrénées.

Le besoin de recapitalisation de six banques allemandes a plus que doublé depuis la précédente estimation d’EBA, atteignant 13,1 milliards d’euros, amenant la fédération des banques privées (BdB) à dénoncer ces montants comme « arbitraires », avec pour conséquence prévisible selon elle d’aggraver l’incertitude des marchés financiers. Les six banques comptent en effet remplir ces exigences sans augmentation de capital, mais en réduisant la voilure de leurs activités, dont leur encours de crédit, menacent-elles.

Le gouvernement allemand a quant à lui réactivé son fonds de soutien aux banques, le Soffin, s’attendant à être sollicité par la Commerzbank, deuxième banque du pays dont il possède déjà 25 %, et qui cherche à l’éviter. Trois autres banques pourraient également avoir besoin de fonds publics.

L’Association des banques italiennes (ABI), envisage pour sa part d’engager un recours contre le chiffrages de l’EBA, qui selon elle « ne reflète pas une réelle exposition au risque, contraignant les banques à effectuer des recapitalisations non nécessaires avec des conséquences négatives importantes ». Dont bien entendu « une contraction des crédits accordés à l’économie ». Selon l’ABI, la valorisation des obligations d’État aux prix de marché est « inadéquate en raison de la phase économique difficile que l’Europe traverse », les banques italiennes détenant pour 170 milliards d’euros de la dette souveraine de leur pays, dont la valeur a considérablement baissé en raison de la hausse de leur taux.

Les cinq premières banques espagnoles auront pour leur part besoin de se renforcer à hauteur de 26 milliards d’euros, un montant inchangé. Elles sont dans une situation proche de leurs consœurs italiennes, ayant soutenu par leurs achats la dette publique espagnole, en contrepartie d’une certaine mansuétude à propos de la valorisation de leurs actifs immobiliers. Un bras de fer est engagé entre l’EBA et Santander, qui voudrait que soient prises en compte dans le calcul de ses fonds propres les obligations convertibles que la banque détient, le gouvernement envisageant de son côté la création d’une bad bank permettant de soulager le bilan de certains établissements bancaires.

Pays par pays, les facteurs de fragilité des banques européennes ne sont pas nécessairement les mêmes, mais ils illustrent combien la crise de la dette privée est aiguë, bien que sous-jacente. Et comment elle est étroitement connectée à celle de la dette publique. C’est ce maléfice qu’il faudrait briser et non pas tenter d’amadouer.

Standard & Poor’s vient d’annoncer qu’il envisageait à son tour de baisser la note de 15 compagnies d’assurance européennes, grandes détentrices de dette souveraine. Pans par pans, tout le système financier est en cause.

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213 réflexions sur « L’actualité de la crise : CES BANQUES QUI NOUS RESTENT CHÈRES, par François Leclerc »

  1. Il suffit de fréquenter les tribunaux de commerces pour assister à cette tragédie de petits commerçants à la dérive, ayant tout perdu dans une liquidation judiciaire : ces commerçants qui ont tout donné à leur travail et qui se retrouvent sur la paille alors que s’organise la spoliation des seuls bien qu’il leur reste, tout ceci souvent parce que leur banque n’a pas voulu les aider à un moment M, dans leur petite entreprise qui fait partie de l’économie réelle. Ils se retrouvent alors n’être plus rien et ne pouvant plus rien faire.

  2. Le sommet de Bruxelles, « historique », selon François Baroin

    10/12/2011

    http://www.boursorama.com/actualites/le-sommet-de-bruxelles-historique-selon-francois-baroin-3f5f9973af5a7dbf03d8cab441d26294

    Non mais s’il vous plaît il faut me retenir, sinon je risque de faire un malheur…

    François Baroin juge historique le plan de soutien à la Grèce

    22/07/2011

    http://www.rmc.fr/editorial/171715/francois-baroin-juge-historique-le-plan-de-soutien-a-la-grece/

    On a vu le résultat par la suite !!

    Ce n’est pas un ministre de l’Économie qu’on a mais un vrai clown !!

    1. @ Alain,

      Bonsoir,

      Quand on est d’une lignée, et qu’on se retrouve en poste en des périodes qualifiables d’historique, « par delà le bien et le mal inclus », il est tout à fait « présentable  » d’user du terme qui a une résonance « sincère » au moins pour son émetteur.

      Au-delà de la mise et de la voix, le contrôle de l’image assumée en professionnel par ce personnage se « déchire » en quelque sorte d’autisme sensible collectif exprimé, dans ce mot qui masque mal la question de la compétence technique réelle qui met sous pression le fameux monsieur..n’est-il pas?

      « Je hais ces coeurs pusillanimes » H.Bazin, vipère au poing

  3. L’audit, un outil essentiel pour révéler les origines et les causes des actuelles crises de la « dette » aux Etats-Unis et en Europe
    par María Lucia Fattorelli, coordinatrice de l’Audit citoyen du Brésil depuis 2001,
    elle a fait partie de la Commission d’audit sur la dette de l’Equateur (2007-2008)
    et a été conseillère technique de la Commission d’enquête parlementaire
    sur la dette publique (2009-2010).
    http://www.cadtm.org/L-audit-un-outil-essentiel-pour

    1. Un audit des comptes de l’Etat ? Euh… Il y a déjà des cours des comptes dans chaque Etat membre de l’UE (ou quelque chose qui y ressemble). Elles pratiquent l’audit des comptes publics. En Belgique, par exemple, la Cour des comptes est rattachée non pas au pouvoir exécutif mais bien au législatif puisqu’elle dépend directement du Parlement fédéral. Un symbole fort ! Par ailleurs, la Cour des comptes européenne est, quant à elle, une institution à part entière depuis une dizaine d’années mais c’est vrai qu’on en parle guère… pourquoi ne pas renforcer ses compétences A ELLE ? Pourquoi ne pas la charger de procéder à des vérification plus strictes des comptes publics de tous les Etats membres (en délocalisant ses services dans chaque Cour des comptes nationales) ? Les citoyens de l’UE accepteraient peut-être un peu plus facilement une institution sous le contrôle du PE (élu démocratiquement) que les troïka de la Commission et du FMI !

  4. « Mais il arrivait au contraire que les prix tombaient. Les mystérieuses puissances du marché mondial se frayaient un chemin jusqu’à Ianovka. En rentrant de Nikolaiev, le père disait d’une voix sombre :  » On dirait que… comment ça s’appelle… l’Argentine expédie beaucoup de blé cette année. » (Trotsky, Ma Vie p 33)

    1. Ce qui a coulé la Russie, c’est justement le prix du blé, avec le machinisme les blés produit par les paysans Russes n’ont pas pu suivre les prix pratiqués par les USA, c’est là que se trouve la brioche de la révolution Russe et nul part ailleurs, d’ailleurs la production agricole était déjà difficile et il y avait peu de machines (allemandes déjà à l’époque mise en place et conduite par des allemands) en Russie, Léon Tolstoï dans Anna Karénine dresse un tableau de cette Russie en retard sur les autres pays producteurs de blés,

      1. @ Liervol,

        Bonjour,

        « Blonds étaient les blés d’ukraine », H.Carrère d’Encausse

        Des lilas fleurissent actuellement..les récoltes vont être disons, peu fastes ?

        Avis aux anti-spéculateurs.

        Une paysanne fleur offrait comme une soeur
        D’humbles signes au vent comme au coeur
        Des insectes affairés chantaient le moment
        Car il n’est d’année à la vie au temps du vent

  5. L’esclavage de la dette – Comment elle a
    détruit Rome et comment elle nous détruira
    si nous la laissons faire (CounterPunch)
    Michael HUDSON

    « Le livre V de La Politique d’Aristote décrit l’éternel cycle des
    oligarchies qui se transforment en aristocraties héréditaires –pour
    finalement être renversées par des tyrans ou se déchirer entre elles
    quand certaines familles décident de « mettre la multitude dans leur
    camp » et de réinstaurer la démocratie dont émerge à nouveau une
    oligarchie, suivie d’une aristocratie et ainsi de suite tout au long de
    l’histoire.

    La dette a été la force motrice de ces évolutions –seules les stratégies changent. La dette
    clive la richesse en créant une classe de créanciers dont le pouvoir oligarchique est renversé
    par de nouveaux leaders (« tyrans » dans le vocabulaire d’Aristote) qui obtiennent le soutien
    populaire en supprimant la dette et en redistribuant les biens ou en gardant les profits que
    génèrent ces biens pour l’Etat.

    Depuis la Renaissance, cependant, les banques se sont mises à soutenir les démocraties. Non pas par souci de liberté ou d’égalité mais bien plutôt pour sécuriser leurs prêts. Comme l’a
    expliqué James Steuart en 1767, les emprunts royaux restaient des affaires privées plutôt que
    des dettes publiques. Pour qu’une dette souveraine devienne la responsabilité d’un pays tout
    entier, il fallait que des représentants élus puissent faire passer des augmentations d’impôts
    pour payer les intérêts.

    En accordant aux contribuables une voix au gouvernement, les démocraties anglaise et
    hollandaise ont donné aux créanciers de bien meilleures garanties de remboursement que les
    rois et les princes dont les dettes s’éteignaient avec eux. Mais à cause des récentes
    protestations contre la dette, de l’Islande à la Grèce en passant par l’Espagne, les créanciers
    retirent leur adhésion aux démocraties. Ils exigent l’austérité fiscale et même la privatisation
    des biens publics.

    La finance internationale est devenue le fer de lance d’un nouveau type de guerre. Son
    objectif est le même que la conquête militaire d’autrefois : s’approprier la terre et les
    ressources minières, ainsi que les infrastructures communales et les revenus de l’extraction.
    En réponse les démocraties exigent des référendums pour choisir de payer ou non les
    créanciers en vendant le domaine public et en augmentant les impôts, ce qui engendrera du
    chômage, des baisses de salaire et une récession économique. L’alternative étant de réduire le montant de la dette ou même de l’annuler et de remettre en place des règles pour contrôler le
    secteur financier.

    Des dirigeants du Proche Orient ont effacé leurs ardoises pour maintenir l’équilibre
    économique
    Faire payer un intérêt sur l’argent ou les marchandises livrées en avance de règlement n’avait
    pas pour but au départ de cliver l’économie. Lorsqu’il a été institué pour la première fois au
    troisième millénaire avant JC par un accord contractuel entre les temples et les palais
    sumériens et les marchands et les entrepreneurs qui travaillaient dans la bureaucratie royale,
    l’intérêt était de 20% (le capital doublait en 5 ans) et représentait une honnête part des profits
    générés par le commerce de longue distance ou la location de terre ou d’autres biens publics
    comme des usines, des navires et des maisons à boire.
    Quand la pratique a été privatisée au profit des collecteurs royaux de redevances et de loyers,
    « la royauté divine » protégeait les créditeurs agricoles. Les lois de Hammourabi (vers 1750
    avant JC) ont décrété la suppression de leurs dettes en cas d’inondation ou de tornade. Tous
    les dirigeants de la dynastie babylonienne, en montant sur le trône, annulaient les dettes des
    paysans afin de leur permettre de repartir à zéro. Le travail gratuit des débiteurs, les
    hypothèques sur la terre ou la récolte et autres obligations étaient annulés pour « réinstaurer
    l’ordre » dans une situation idéale d’équilibre « originel ». Cette coutume s’est poursuivie avec
    l’année du Jubilée de la Loi de Moïse comme elle est décrite dans le Lévitique 25.
    La logique était claire. Les sociétés anciennes avaient besoin de lever des armées pour
    défendre leur terre et pour cela il leur fallait libérer les citoyens de l’esclavage. Les lois de
    Hammourabi empêchaient les conducteurs de chars et autres combattants d’être réduits en
    esclavage à cause de leur dette et empêchaient les créanciers de prendre les récoltes des
    tenanciers des terres royales, publiques et communales qui étaient redevables au roi de service
    sur ses terres et dans son armée.

    En Egypte, le pharaon Bakenranef (vers 720-715 avant JC, “Bocchoris” en Grec) a proclamé
    une amnistie de la dette et aboli l’esclavage des endettés devant la menace d’une invasion
    militaire de l’Ethiopie. Selon Diodore de Sicile, (I, 79, écrit en 40-30 avant JC), il a établi que
    si un débiteur contestait sa dette, la dette était annulée si le créancier ne pouvait présenter un
    contrat écrit. (Il semble que les créanciers aient toujours eu tendance à exagérer le montant
    des dettes). Le pharaon pensait que « les corps des citoyens devaient appartenir à l’Etat afin
    que l’Etat puisse bénéficier des services que les citoyens lui devaient en temps de paix comme
    en temps de guerre. Car il se disait qu’il serait absurde qu’un soldat… soit mis en prison par
    son créancier pour ne pas avoir remboursé un prêt et que l’avidité de personnes privées mette
    ainsi en danger la sécurité de tous. »

    Le fait que les principaux créanciers du Proche Orient étaient les rois, les temples et leurs
    collecteurs facilitait l’annulation des dettes. Il est toujours plus facile d’annuler les dettes
    qu’on vous doit à vous. Même les empereurs romains ont brûlé des livres d’arriérés d’impôts
    pour empêcher une crise. Mais il est devenu beaucoup plus difficile d’annuler des dettes dues
    à des créanciers privés quand la pratique de l’intérêt s’est répandue à l’ouest vers les
    royaumes de la Méditerranée à partir de 750 avant JC environ. Au lieu de permettre aux
    familles d’équilibrer les recettes et les dépenses, la dette est devenue le principal facteur des
    expropriations et du clivage des sociétés en deux camps : l’oligarchie créditrice et les clients
    endettés. En Judée, le prophète Isaïe (5:8-9) condamne les créanciers qui saisissent les biens
    hypothéqués et « ajoutent maisons aux maisons et champs au champs au point qu’il ne reste
    plus d’espace libre et qu’ils se retrouve les seuls habitants du pays ».

    Le pouvoir des créanciers et la croissance stable n’ont jamais fait bon ménage. La plupart des
    dettes personnelles de la période classique étaient constituées de petites sommes d’argent
    prêtées à des individus au seuil de la pauvreté qui avaient du mal à joindre les deux bouts. La
    saisie de leur terre et de leurs biens –et de leur liberté personnelle– enchaînaient
    irréversiblement les débiteurs. Au 7ième siècle avant JC, des « tyrans » (leaders populaires) se
    sont levés pour renverser les aristocraties de Corinthe et d’autres riches cités grecques en
    obtenant le soutien populaire par l’annulation des dettes. D’une manière moins autoritaire,
    Solon, a fondé la démocratie athénienne en 594 avant JC en interdisant l’esclavage de la dette.
    Mais les oligarchies se sont reformées et ont appelé Rome à la rescousse quand les rois de
    Sparte, Agis, Cléomène et leur successeur Nabis ont voulu effacer les dettes à la fin du 3ième
    siècle avant JC. Ils ont été assassinés et leurs supporters chassés. Depuis l’antiquité, ça a été
    une constante politique de l’histoire que les créanciers s’opposent à la fois à la démocratie
    populaire et au pouvoir royal qui pouvaient tous les deux empêcher la conquête de la société
    par la finance –une conquête qui a pour objectif de transformer en dette productrice
    d’intérêts autant de pans de l’économie qu’il est possible.

    Quand les frères Gracchus et leurs adeptes ont essayé de réformer les lois sur le crédit en 133
    avant JC, la classe sénatoriale dominante a réagi avec violence et les a fait assassiner,
    inaugurant de la sorte un siècle de guerre sociale qui s’est terminée avec le sacre de
    l’empereur Auguste en 29 avant JC.

    L’oligarchie créancière romaine gagne la Guerre Sociétale, réduit la population en
    esclavage et c’est le début des années noires

    Les choses étaient plus sanglantes à l’étranger. Aristote n’a pas mentionné la construction
    d’un empire dans son schéma politique, mais la conquête étrangère a toujours été un
    instrument capital dans la création de dettes et les guerres ont été la cause principale des
    dettes publiques des temps modernes. Rome a été le plus intraitable créancier de l’Antiquité ;
    ses collecteurs rançonnaient l’Asie Mineure, sa province la plus prospère. Le droit n’existait
    plus quand les « chevaliers » qui levaient le tribut arrivaient. Mithridate de Ponts a mené trois
    révoltes populaires et les populations d’Ephèse et d’autres cités se sont soulevées et ont tué 80
    000 Romains en 88 avant JC selon les estimations. L’armée romaine a riposté et Sulla a
    imposé un tribut de guerre de 20 000 talents en 84 avant JC. En 70 avant JC les amendes pour
    les intérêts en retard avaient multiplié la somme par six. »

    http://sociologias-com.blogspot.com/2011/12/dette-et-democratie-t-on-brise-le-lien.html : pour la suite en français
    http://www.counterpunch.org/2011/12/02/debt-slavery-%E2%80%93-why-it-destroyed-rome-why-it-will-destroy-us-unless-it%E2%80%99s-stopped/ pour la source en anglais

    1. J’ai lu aussi ce texte, qui m’a bien ouvert les yeux. Le problème est millénaire, il est grand temps de se débarasser de ces schémas intellectuels.

    2. Excellent
      A diffuser largement.
      Je viens de consulter la bio de Michael Hudson sur wiki. Pour moi c’est un peu un « Jorion américain » !
      Hudson s’est intéressé à l’économie sous l’angle social dès le début de sa carrière universitaire, notamment en étudiant l’économie babylonienne. Ses positions sur la financiarisation de l’économie, l’hégémonie du dollar sont très proches de celles de Jorion. Il s’est également intéressé à Polanyi.
      Et c’est un praticien, pour avoir travaillé dans le milieu bancaire.

      1. Et c’est un praticien, pour avoir travaillé dans le milieu bancaire.

        Oui bon, économiste à la Chase Manhattan Bank, admettons, mais Arthur Andersen, le boulot pour Scudder, Stevens & Clark ou mieux encore « écono-futuriste » pour le super-think-tank neocons Hudson Institute, ça Jorion il l’a pas fait…

        Hudson is a former balance-of-payments economist for Chase Manhattan Bank and Arthur Andersen, and economic futurist for the Hudson Institute (no relation). For Scudder, Stevens & Clark in 1990, he established the world’s first Third World sovereign debt fund, which became the second best performing international fund in 1991

      2. Bien vu. C’est pour ça que, prudent, j’avais écrit : »un peu un jorion américain » 😉
        Bon disons qu’on l’a pas encore trouvé le Jorion américain.

    3. C’est agréable de voir une explication avec un véritable recul historique sur les événements en cours.
      Il n’y aura pas 36 issues à la situation actuelle, il n’y en aura que 2: soit le reset des dettes, soit l’esclavage pour les débiteurs.

      1. Moi aussi, j’avais perçu l’affaire du Jubilée et de Solon, mais pas la récurrence assez forte.
        Il est assez significatif d’imaginer que déjà vers -1300 en Egypte, on ne vous voyait pas arriver comme un « pekin » du village d’à coté, avec tel ou tel statut social, mais que déjà, on vous « évaluait » à la hauteur de votre dette.
        Et que les petits paysans et leur fils, ne pouvant rien espérer avec une dette héréditaire, finirent par s’enfuir vers les marches de l’Empire, d’autant plus proches que ledit Empire refluait. Au Nord par exemple sous l’influence des Hittites, i
        il se trouvait souvent des situations de relative indépendance dans l’actuelle Palestine, hors des voies de communication. D’après Marco Liverani, le nom des paysans fugitifs réfugiés comme population agro pastorale dans les collines de Palestine, les « abiru », allait plus tard donner les hébreux.
        Peuple en quelque sorte né de la dette…. Juste Ciel ! un Freud de la psycho sociologie du temps long va-t-il me parler du lien des Hébreux avec l’argent, du déni et de que-sais-je ? Shylock n’a-t-il pas tout dit ? (« if they prick us, shall we not bleed ? »).
        En réalité, le lien est simple : Peuple rassemblé par une logique assez différente de la logique nationale, du fait de sa survivance à l’exil de Babylone, et qui s’en servit comme tremplin pour la survie durant la diaspora. Idem, d’échapper à une logique nationale fournit une base différente pour « l’être-au-monde », et pour le type d’activité favorisée au sein de contrainte données dans une société complexe…

      2. @ Moi 11 décembre 2011 à 13:05
        A trop regarder l’histoire dans un rétroviseur, on oublie qu’elle s’écrit dans le futur et que c’est là que se préparent les issues. Il faut donc regarder devant soi et voir qu’à l’horizon proche, il y a des régions qui, compte tenu de leurs populations, de leurs niveaux de vie (en rapport direct avec leur consommation d’énergie) et de leurs réserves énergétiques, vont entrer en pénurie très prochainement. La valeur de leur crédit, de leur monnaie, se mesure à l’idée que l’on peut se faire de leur capacité à survivre.

        L’Europe et le Japon sont certainement parmi les zones les plus vulnérables sur ce plan, quels que soient les créanciers qui y règnent, Etats ou autres. Il n’y a que l’énergie qui vaille,y compris l’énergie alimentaire. C’est, avec l’eau, l’énergie qui nous alimente et qui alimente nos machines, et rien d’autre qui entretient notre vie. Nous en sommes aujourdhui à devoir penser à la survie.

        Si l’on doit ne plus qu’être 1 ou 2 milliards à survivre sur notre planète à la fin du siècle, les créanciers éclairés n’ont pas besoin de faire de savants calculs pour voir où il vaut mieux qu’ils investissent, pour avoir le moins de risque de ne pas être remboursés. Il vaut mieux qu’ils aillent là où l’on travaille beaucoup et efficacement, c’est-à-dire là où l’on est capable de restituer beaucoup d’énergie marchande, tout en en consommant peu.

        C’est une erreur que ne regarder que dans le passé. Sans le négliger, il faut aussi avoir le courage de regarder l’avenir en face. http://www.countercurrents.org/chefurka201109.htm

  6. Cercle vertueux : ou pierre qui roule n’amasse pas mousse
    Décisif : associé à une décision qui sera caduque avant même d’avoir connue une quelconque application.
    Anglais Allemand : adjectifs utilisés généralement pour orienter la discussion dans une direction hors sujet, destinés à masquer la pauvreté de l’argumentation
    Sommet : point culminant généralement suivi d’une descente riche en émotions.

    Seul résultat tangible :
    Les guichets de la BCE sont ouverts, ignorant une nouvelle fois le cadre de ses activités, mais quelle importance, puisque l’indépendance n’ a pas de limites.

    Dans quelles directions vont aller ces milliards ?
    – puisque tous les « actifs » susceptibles d’être achetés avec cet argent ne peuvent être vendus que par des acteurs qui ont une bien piètre idée de la valeur de leurs « actifs ».

    – en ajoutant le cadeau Bonux, on devrait y arriver.

    A suivre donc les encours de la BCE , les encours des banques par segment de clientèle (états,entreprises,particuliers) et par zone géographique (europe de l’ouest, europe de l’est, moyen orient, asie, etats unis).
    Où sont nos crédits, nos dettes, notre argent ?

    La fin de l’année c’est l’heure de l’arrêté des comptes, l’AG c’est le 22 avril 2012.

  7. Merci beaucoup pour le rappel de ces faits historiques.
    En introduisant une monnaie fondante (ou SMT), nous aurions des prêts sans intérêts qui seront toujours remboursés et remboursables sans crise systémique et sans annulation des dettes.

    Un détail encore: un taux à 20% double le capital non pas en 5 ans, mais en 4:
    100+20+24+29+34= 197,
    en raison des intérêts composés.

    1. J’ai lu cela quelque part sur le blog: 72, le nombre d’or trouvé par Einstein; il suffit de diviser ce nombre par le taux d’intérêt et l’on sait combien de temps il faut pour doubler le capital prêté:
      72, divisé par 5% égale : 14, 4 années….

      1. Exact !
        Mais.
        Ce « truc » comptable n’est pas un nombre d’or, et n’est pas exact non plus à dix décimales près ! C’est juste une excellente approximation.

        Je ne suis pas sûr en outre que, comme cela a été cité sur ce blog, Einstein ait trouvé ça. J’ai l’impression que c’est plus ancien.

        Et dernière chose, le nombre à diviser par le taux est 70, et pas 72 !
        Exemple pour un taux de 3 pc, le calcul précis donne 23 ans et 5 mois, soit 23,46, et 23,46 x 3 = 70,38 plus proche de 70 que 72, on est d’accord.

      2. (100*Log népérien de 2) = 69 et des brouettes.
        Solution de (1+i)^n=2 en prenant le Log des deux côtés, puis en approximant Log(1+i)=i…
        et en n’oubliant pas le facteur 100 du pourcent, bien sûr.
        Doublons nos connaissances !

      3. Comme vous les montrez l’approximation est fausse à la première décimale

        et vu que tout le monde à une calculatrice autant utiliser la vraie formule
        log(2) / log(1+ 5%) = 14.2

  8. « La politique, en tant que moteur de l’Etat-nation, n’existe plus. Elle sert seulement à gérer l’économie, et les hommes politiques ne sont plus que des gestionnaires d’entreprise. Les nouveaux maîtres du monde n’ont pas besoin de gouverner directement. Les gouvernements nationaux se chargent d’administrer les affaires pour leur compte. Le nouvel ordre, c’est l’unification du monde en un unique marché. Les Etats ne sont que des entreprises avec des gérants en guise de gouvernements, et les nouvelles alliances régionales ressemblent davantage à une fusion commerciale qu’à une fédération politique. »
    Sous-commandant Marcos – Armée zapatiste – Le Monde Diplomatique, août 1997

  9. @ johannes finckh 11 décembre 2011 à 09:25
    Vous êtes très certainement convaincu des avantages que procurerait votre SMT et vous avez raison de le défendre. Là où il y a problème, c’est quand vous êtes incapable de démolir les arguments qu’on vous apporte et qui mettent à bas votre raisonnement. Alors cela devient déraisonnable de votre part de persister ainsi.

    Quand on vous démontre l’incohérence de votre système, dans le but de faire progresser le sujet, vous semblez l’admettre, en restant sans réponse pendant quelques temps. On se dit alors, en vertu du principe de « qui ne dit rien consent », que vous reconnaissez les failles signalées dans votre raisonnement.

    Manifestement il n’en est rien, puisqu’en ignorant les objections fournies et sans aucune explication de votre part, le temps ayant passé, vous revenez à la charge.

    Pour qu’un échange soit fructueux, il ne suffit pas de répéter sans arrêt SMT, SMT, SMT….. il faut aussi détruire par une démonstration logique et un raisonnement rationnel, les éléments qui démontrent l’incohérence de votre système au lieu de ne pas y répondre.

    De grâce, pour progresser, répondez au lieu de répéter.
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=31395#comment-265594
    http://www.pauljorion.com/blog/?p=31501#comment-266056

    1. Je réponds toujours, et je n’ai pas encore trouvé d’objections qui tiendraient la route. Je vais lire les renvois que vous donnez et je répondrai à nouveau, à+,jf

      1. 11 décembre 2011 à 14:41

        Ok, je complète ma réponse:

        vous écrivez:
        2 décembre 2011 à 10:41

        1) judac écrit à @johannes finckh 1 décembre 2011 à 18:11

        « Merci de vous être donné la peine de m’expliquer. Malgré cela, je dois vous avouer ma grande difficulté à voir un intérêt à ce type de monnaie. Elle ne me semble pas aller dans le sens de la simplicité, ce qui ne peut qu’entraîner l’introduction de prestations supplémentaires donc de consommations supplémentaires. »
        jf:
        Où est le problème? Imaginez qu’un billet subisse une actualisation de 2% de sa valeur faciale tous les trois mois par exemple! Avec les moyens électroniques actuels, cela est faisable dans tous les points de commerce sans beaucoup de frais.

        2) judac:
        « Quand un ouvrier vient de toucher sa paie en SMT, il a tout intérêt à la consommer le plus vite possible afin d’en obtenir le plus possible pour son argent. Je vois mal ce type de monnaie intervenir comme un instrument de modération de la dépense, en permettant de favoriser l’épargne, laquelle contribue à réduire la consommation. »
        jf: Ce n’est pas vrai! Il suffit qu’il laisse l’argent en banque pour ne pas subir l’actualisation. Dès lors, la banque dispose de l’argent pour des crédits. Je rappele que seul le numéraire est SMT!
        Le mode de consommation de ceux qui ne peuvent épargner, faute de revenus insuffisants, ne sera nullement affecté par les SMT.

        3) judac:
        « L’épargne rend possible l’investissement, par exemple, dans les économies d’énergies. En final, l’épargne contribue à la préservation de la planète. De plus, l’épargne est une constitution de stocks permettant de faire face aux inévitables aléas de la vie. Votre SMT place l’argent en flux tendu, rendant les individus encore bien plus vulnérables qu’ils ne le sont. Vous voulez les rendre aussi dépendants des aléas que la plupart des animaux, lesquels ne stockent pratiquement rien hors de le propre corps. »
        jf: C’est totalement faux! Dès qu’un individu épargne en banque, c’est la banque qui devra s’occuper du numéraire (SMT). Evidemment, la banque ne gardera pas en coffre ces billets, à cause de l’actualisation. Elle proposera des crédits bon marché et des plan d’épargne peu ou pas rémunérés. Je rappelle que la marge bancaire est pour l’essentiel le différentiel en taux d’intérêt d’épargne et taux de crédit, histoire de financer le fonctionnement de la banque et de faire des profits. Les individus ne seront pas plus en « flux tendu » qu’actuellement, car leur éapargne en banque est très bien protégée. A ceci près qu’lle n’est plus rémunérée en échange d’une possibilité d’obtenir des crédits bon marché.
        Vous signaler au passage « les aléa de la vie. Il me semble qu’il faut distinguer deux choses:
        L’individu qui ne consomme pas tous ses revenus épapargne et se prémunit contre les aléa de la vie ainsi, histoire de dépenser plus le jour où il a besoin.
        D’autres individus consomment plus qu’ils ne gagnent, histoire de rembourser ensuite, histoire de consommer alors moins qu’il ne gagnent jusqu’à l’extinction de leurs dettes. Cela se passe ainsi pour le jeune couple avec enfants qui achète une maison à crédit et rembourse ensuite en réduisant sa consommation.
        Il reste que, sur le plan macroéconomique, l’épargne n’existe pas, car toute la production est toujours immédiatement consommée. La production aujourd’hui détermine la consommation aujourd’hui. Quand les USA consomment plus qu’ils ne produisent, c’est parce que la Chine consomme moins qu’elle ne produit.
        Somme: nulle.
        Nous sommes toujours très dépendants de la production présente.

        4) judac:
        « En incitant à la dépense afin d’éviter de subir la « fonte » cette monnaie me semble plus néfaste qu’utile. »
        jf: la monnaie fondante (le SMT) n’incite pas spécialement à la consommation, au contraire, elle pousse à l’acquisition de biens durable et finira, à terme, par stabiliser toute production nouvelle, car les individus auront souci à se protéger des aléa de la vie avec des biens durables.

        Comprenez-vous mieux?

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      2. @ johannes finckh 13 décembre 2011 à 10:48
        Merci.
        Je comprends donc qu’avec le SMT, l’argent qui est dans ma poche se déprécierait en fondant, alors que la reconnaissance de dette de la banque qui tient mon compte ne se déprécierait pas, sauf s’il y a inflation.

        Or, il y a toujours (ou très souvent) inflation, du fait de l’épuisement inexorable des ressources planétaires et de l’énergie de plus en plus grande qu’il faut dépenser pour accéder à celles qui restent.

        Comme je ne pourrais, pas avec le SMT, prêter avec intérêt afin de la compenser, je n’aurais donc aucun intérêt à épargner. Tout le monde raisonnerait ainsi et il n’y aurait donc pas de capitaux disponibles pour investir.

        L’économie s’étoufferait donc par manque d’investissement. Comme actuellement en occident. Mais pas pour la même cause.

        Le seul élément positif que certains pourraient y voir, ce serait d’amener à consommer de façon accélérée les ressources restantes, chacun pouvant se dire :
        « Puisqu’il n’y a pas de futur possible, profitons en, consommant dès aujourd’hui l’argent que nous avons sans plus attendre. Tant pis, pour ceux qui nous suivent »

        L’économie s’emballerait, comme dans un feu de paille, une sorte de bouquet final pour clore un feu d’artifice et terminer en apothéose.

        Voyez que je suis positif. Quelle belle fin !

    2. Judac écrit le 4 décembre 2011 à 11:06 @ johannes finckh 3 décembre 2011 à 15:27

      cite jf : » Je persiste: une monnaie qui ne circule pas ne sert à rien, c’est comme des routes construites, puis interdites à être utilisées! »
      judac:
      « Vous vous trompez mon cher. La monnaie que je garde au fond de ma poche bien précieusement au lieu de la consommer le plus vite possible de crainte de la voir se déprécier, c’est elle qui me permettra de vivre demain car, contrairement aux animaux qui vivent au jour le jour, l’homme sait anticiper et prévoir.
      Allez donc dire aux Chinois qui épargnent 50% de leurs revenus, que ce qu’ils font ne sert à rien.
      Répondez-donc aux objections qui vont à l’encontre de votre SMT et, si vous ne trouvez pas d’argument à opposer, interrogez-vous sur la façon dont fonctionne réellement l’économie. http://www.pauljorion.com/blog/?p=31395#comment-265594
      jf:
      Puisque j’ai pleins d’arguments, je réponds, bien sûr:
      L’argent gardé en poche n’achète pas, en tout cas pas tout de suite. Quand le volume est important, ce qui est le cas quand c’est 50% de la paie, cela finira par géner le fonctionnement de l’économi. Devant la perspective de la « fonte », le chinois prévoyant préfèrera porter ses surplus en banque pour les rendre disponibles aux prêts, histoire de permettre aux emprunteurs de consommer ce que les épargnants ne consomment pas. il est évident que cela suppose que la banque fonctionne comme une banque, à savoir l’institution qui veille à la circulation de la monnaie et au distribution du crédit et la gestion de l’épargne. Epargne et crédit sont toujours l’envers et l’endroit de deux grandeurs identiques.
      koincidence
      4 décembre 2011 à 11:26

      @ Listfr écrit:

      marrant votre manière de réfléchir les choses :

      1- » il faut partir de la manière dont l’argent est institué pour le comprendre », OK.
      ca commence bien.
      2- »comprendre les conditions de son fonctionnement économique d’abord », là , bifurcation radicale…
      dommage que vous ne vous en teniez pas à la phrase précédente qui parle d’ »institué »
      vous vous donneriez alors les moyens de comprendre de quoi vous voulez parler..
      « l’économique » est une conséquence de l’institution de la monnaie , non le contraire..
      toute possibilité d’analyse est alors forclos.
      3- » puis ce qui est de l’ordre de la « folie » comme vous dites éventuellement. »
      l’homme a pu gérer sa folie (« son angoisse de la mort , par exemple ») en inventant ce concept d’argent… : une symbolique représentant des entités de valeurs difficilement « mobilisables » , le rassurant sur la permanence de cette valeur qu’il croit pouvoir protéger (c’est là que réside , entre autre , une partie de sa folie « naturelle ou potentielle » , on peut en discuter).
      un chiffre représente une valeur plus facilement manipulable qu’un empilement de chameaux , pour faire court.
      mais la dimension irrationnelle de l’esprit humain coexiste de façon irréductible à ses capacités de rationalisation.
      cela se passe AVANT qu’il ne procède à une certaine rationalisation des choses , liée à la nécessité du Vivre Ensemble .
      à vouloir mettre la charrue avant les boeufs , vous n’êtes pas pres de comprendre quelquechose à ce qui se trame en ce moment , et encore moins à pouvoir imaginer des solutions qui « tiennent la route »
      où me trompe-je sur ce que vouliez dire?
      cordialement.
      jf:
      J’avoue qu’il y a là beaucoup de chose, j’essaie de suivre. Oui, je maintiens que l’économie telle qu’elle est est monétaire ou n’est pas.
      Oui, je maintiens que la monnaie telle qu’elle est faite fonctionne comme monnaie seulement quand elle circule, et elle cesse d’être « monnaie » quand elle n,e circule pas. C’est pourquoi je souhaite promouvoir une monnaie qui circule tout le temps.
      Lisztfr
      4 décembre 2011 à 13:44

      @koincidence & Finck

      Il est vrai je ne suis pas clair sur ce fil… à cause du ton péremptoire de J. Finck.

      C’est pourquoi, je choisi d’observer ce que je comprends et de réfléchir sur des choses simples, et d’abord je ne vois pas ce sur quoi je bifurque :

      La monnaie comme instrument économique (et social) est fabriquée ou instituée, gérée tout simplement, d’une certaine manière qui garanti son bon fonctionnement surtout aux yeux du capitaliste, car n’importe quel péquenot pourrait objecter que de son point de vue, celui de la pauvreté ça ne fonctionne pas du tout ! Mais du point de vue du capital spéculatif cela « fonctionne », parce que le système est fait pour. Or en quoi consiste les conditions de fonctionnement optimales de la monnaie pour la spéculation ? Simplement dans l’inflation basse, on le constate : Ils ne veulent pas d’inflation, point, c’est tout, et dés lors que cela dépasse 2% on s’inquiète. Car en effet l’inflation grignote le capital liquide.

      Donc condition 1) inflation basse,
      Condition 2), corollaire du précédent, pauvreté structurelle, car dans un système où les prix sont libres et la concurrence toujours à venir, ou l’entente sur les prix est la règle car sinon, toutes les sociétés seraient en faillite, car en guerre à outrance, et alors que les consommateurs sont nombreux mais faibles, l’inflation basse signifie une stagnation de la consommation, et de la croissance aussi. bref…

      Condition globale de fonctionnement de l’argent c’est que tout le monde (la majorité) n’en ait pas, car sinon comment le lui donner ? C’est ça la condition, vous ne pouvez donnez de l’argent en échange de travail etc, qu’à condition que l’autre n’en ait pas ou peu, et qu’il soit dépendant, ce sont bel et bien des conditions de fonctionnement du capital, ce que Keynes résume quand il emploie la formule de la « rareté du capital »

      Cette rareté du capital devra toujours être garantie, même si l’on instaure une inflation plus forte qui serait la condition d’une moindre inégalité. Mais le principe de la rareté du capital est inaltérable (et donc de la pauvreté générale, en capital) , sauf à changer de système économique.

      Voilà les conditions de fonctionnement de l’argent.

      Si vous voulez je me fiche du reste, l’art consiste précisément à n’observer que le point névralgique, et à ne pas en dévier.

      Et vous vous trompez, j’imagine très bien des solutions de rechange, et des pistes de réflexion… alors qu’on a l’impression que c’est un tabou.

      Finck voudrait forcer les capitalistes à reverser leur capital dans l’économie réelle, pour éviter de le perdre… ça me parait une solution désespérée, de plus vous n’êtes pas clair sur les prix, vous les fixés par la loi ? Vous imaginez, ils convertiraient leur capital un biens durables, et achèteraient la terre entière, non ? Et ensuite ? C’est ça votre monnaie fondante, une fois fondue, tout le monde s’en débarrasse pour quelque chose de plus stable.
      jf:
      On s’en « débarrasse » peut-être, mais tout le monde qui s’en débarrasse implique que tout le monde en rçoit dans un mouvement continu! Pigé?

      1. Vous vouez bien que je ne suis pas à court de réponses.
        Mais il est vrai qu’accessoirement, je fais aussi autre chose que « blogger », c’est pourquoi certains commentaires m’échappent parfois.
        Notez mon mail: johannes.finckh@wanado.fr, et je vous répondrai directement en long en large et en travers

      2. @ johannes finckh 12 décembre 2011 à 12:15
        Votre dernier post m’a posé, je l’avoue, des problèmes de compréhension. Afin d’être positif à votre égard, il m’a été nécessaire de reprendre pied dans vos déclarations passées pour tenter de cerner votre objectif profond. Je crois l’avoir trouvé ici : http://www.pauljorion.com/blog/?p=31395#comment-264869

        Vous l’exprimez clairement en déclarant :

        Si vous m’avez bien suivi, vous aurez compris que le « système » que je propose fonctionne sans capitalistes. Que l’on peut être ou devenir riche à souhait, c’est une chose, mais cela s’opère, un moment donné, par le biais de rente du capital (mérité ou non), en est une autre.
        Pour ma part, la rente du capital, toujours prélevée sur les revenus du travail d’autres, reste toujours inacceptable.

        En partant de cette déclaration, je comprends alors, que vous proposez le SMT afin que personne ne puisse épargner et se constituer un capital qui lui permettrait, en tant que capitaliste investisseur, ou prêteur, d’en tirer un profit que vous appelez rente.

        Question 1 : Vous-ai-je bien compris ?

        Question 2 : Votre système SMT qui fonctionnerait sans capitaliste, fonctionnerait-il sans capital ? Si non, comment appelleriez-vous le propriétaire du capital ?

        Question 3 : Dans un pays développé, contraint à échanger avec d’autres, pensez- vous qu’il soit possible de travailler ( produire des biens ou des services) sans capital ?

        Merci de rester concis et précis dans vos réponses.

      3. C’est bien , vous progressez, courage, ce n’est pas si difficile! je vous réponds « concis et précis », en tout cas je m’efforce. Merci de devenir « positif » à mon égard.
        jducac écit le 12 décembre 2011 à 14:20 @ johannes finckh :
        Votre dernier post m’a posé, je l’avoue, des problèmes de compréhension. Afin d’être positif à votre égard, il m’a été nécessaire de reprendre pied dans vos déclarations passées pour tenter de cerner votre objectif profond. Je crois l’avoir trouvé ici : http://www.pauljorion.com/blog/?p=31395#comment-264869

        Vous l’exprimez clairement en déclarant :

        Si vous m’avez bien suivi, vous aurez compris que le « système » que je propose fonctionne sans capitalistes. Que l’on peut être ou devenir riche à souhait, c’est une chose, mais que cela s’opère, un moment donné, par le biais de rente du capital (mérité ou non), en est une autre.
        Pour ma part, la rente du capital, toujours prélevée sur les revenus du travail d’autres, reste toujours inacceptable.

        En partant de cette déclaration, je comprends alors, que vous proposez le SMT afin que personne ne puisse épargner et se constituer un capital qui lui permettrait, en tant que capitaliste investisseur, ou prêteur, d’en tirer un profit que vous appelez rente.
        jf: Si, le citoyen ouvrier pourra épargner, même beaucoup, dès que la rente ne captera plus l’essentiel de l’épargne pour la concentrer en peu de mains!

        Question 1 : Vous-ai-je bien compris ?
        jf: oui, d’autant que vous me citez!

        Question 2 : Votre système SMT qui fonctionnerait sans capitaliste, fonctionnerait-il sans capital ? Si non, comment appelleriez-vous le propriétaire du capital ?
        jf:
        « Sans capital », il faut s’entendre sur les définitions. Si vous prenez le mot « capital » comme une grosse somme réunie via les banques pour être prêtée aux entreprises, aux particuliers ou aux collectivités pour réaliser des investissements conséquents, rien de changé en régime SMT: cela se fera comme maintenant, les épargnants (ceux qui ne consomment pas tout ce qu’ils gagnent immédiatement prêteront, via les banques, à ceux qui ont besoin de ces fonds pour acheter et investir tout ce que l’épargnant n’achète ou n’investit pas.
        Ces sommes cesseront cependant d’être « capital » au sens où elles ne seraient plus génératrices de rente, car, comme je l’expose, le rendement d’intérêts sera proche de zéro, vu que les banques ne rémunèrent plus l’épargnant autrement que par la promesse de conserver les montants des dépôts « sans fonte ». Un dépôt sans fonte constitue cependant déjà un avantage comparé à la détention liquide bien sûr (en régime SMT). C’est clair?
        Un épargnant peut donc bien s’enrichir,même beaucoup, dès lors qu’il a des revenus élevés comme rémunération de ce qui est payé comme son travail. Mais il ne deviendra pas rentier.

        Question 3 : Dans un pays développé, contraint à échanger avec d’autres, pensez- vous qu’il soit possible de travailler ( produire des biens ou des services) sans capital ?
        jf:
        Il faut des fonds d’investissement, comme je l’ai exposé en réponse à la question 2. Et il y en aura abondamment, vu que tous les trésors liquides retourneront peu à peu dans le système bancaire et deviendront disponibles pour des financements.
        Au sens d’une liquidité de crédit abondante, l’investissement et le « capital » seront même beaucoup plus présents qu’actuellement, mais il ne s’agit plus précisément de capital rentier.
        Est-ce plus clair?

        Puisque vous devenez « positif » à mon égard, n’hésitez pas à m’envoyer un mail à johannes.finckh@wanadoo.fr, et je vous enverrai un petit livre qui explique cela très en détail.

      4. @ johannes finckh 13 décembre 2011 à 10:48
        Merci. C’est très clair.
        Je comprends donc qu’avec le SMT, l’argent qui est dans ma poche se déprécierait en fondant, alors que la reconnaissance de dette de la banque qui tient mon compte, ne se déprécierait pas, sauf s’il y a inflation.

        Or, il y a toujours (ou très souvent) inflation, du fait de l’épuisement inexorable des ressources planétaires, notamment de l’énergie, dont nous aurons toujours besoin pour alimenter nos vies.

        Comme je ne pourrais, pas avec le SMT, prêter avec intérêt afin de compenser cette inflation, je n’aurais donc aucun intérêt à épargner. Tout le monde raisonnerait ainsi et il n’y aurait donc pas de capitaux disponibles pour investir.

        L’économie s’étoufferait donc par manque d’investissement. Comme actuellement en occident. Mais pas pour la même cause.

        Le seul élément positif que certains pourraient y voir, ce serait d’amener à consommer de façon accélérée les ressources restantes, chacun pouvant se dire :
        « Puisque le futur est hypothéqué, profitons en, consommant dès aujourd’hui l’argent que nous avons, sans plus attendre et sans investir. Tant pis, pour ceux qui nous suivent »

        L’économie s’emballerait, comme dans un feu de paille, une sorte de bouquet final pour clore un feu d’artifice qui s’achève en apothéose.

        Je n’arrive pas à me faire à une telle idée, de sorte que le SMT ne me semble pas être une solution.

      5. @ johannes finckh 12 décembre 2011 à 12:15
        Maintenant, c’est vous qui ne répondez plus!………..

        Les arguments que je vous ai opposés le 14 décembre 2011 à 13:37 ne sont peut-être pas aussi solides que je le pense. Alors, n’hésitez-pas à les démolir, cela fera cheminer notre réflexion commune vers la vérité, et rendra service à tout le monde.

      6. Mais si, je réponds, mais il serait peut-être plus facile de m’envoyer cela par mail directement, à johannes.finckh@wanadoo.fr, car revenir à des pages du blog qui s’éloignent avec le temps qui passe, cela prend du temps:
        vous écrivez le14 décembre 2011 à 13:37
        1) Merci. C’est très clair.
        Je comprends donc qu’avec le SMT, l’argent qui est dans ma poche se déprécierait en fondant, alors que la reconnaissance de dette de la banque qui tient mon compte, ne se déprécierait pas, sauf s’il y a inflation.

        Or, il y a toujours (ou très souvent) inflation, du fait de l’épuisement inexorable des ressources planétaires, notamment de l’énergie, dont nous aurons toujours besoin pour alimenter nos vies. »
        jf:
        Non, en régime SMT, il n’y aura pas inflation, jamais! Ni déflation, d’ailleurs.
        En effet, la qualité de la monnaie fondante consiste notamment dans le fait que la masse monétaire sera toujours adéquate, car elle circule sans qu’il y ait des trésors liquides, nulle part.
        Dans ce cas, la théorie quantitative s’applique complètement, et P=M*V, où Vest maximale et stable (=1) nous indique que les prix seront en relation stricte avec la masse circulante.. Au cas où des tensions inflationnistes apparaîtraient, la banque centrale devra, par des moyens de politique monétaire (le REFI par exemple), réduire la masse, ou alors, laisser jouer la « fonte », si cela est suffisant, pour que les prix soient toujours stables, en moyenne, c’est-à-dire l’indice des prix. dans ce contexte, épargner restera très incitatif et intéressant.

        2) »Comme je ne pourrais, pas avec le SMT, prêter avec intérêt afin de compenser cette inflation, je n’aurais donc aucun intérêt à épargner. Tout le monde raisonnerait ainsi et il n’y aurait donc pas de capitaux disponibles pour investir. »
        jf:
        Cette objection tombe donc avec la réponse au 1).

        3) L’économie s’étoufferait donc par manque d’investissement. Comme actuellement en occident. Mais pas pour la même cause.
        jf:
        L’investissement ne tombera donc pas, tant que cela est avantageux pour l’investisseur, une innovation technologique ou le remplacement de l’équipement amorti.
        Vous avez cependant raison sur un point: la contrainte à la croissance aura totalement disparu, car le rendement productif baissera sans doute quand l’intérêt monétaire net s’élimine. dans ce cas, agrandir pour agrandir n’aura plus de sens. Par contre, dans un environnement SMT, où tout est redistribué dans les salaires, sans rente de capital, il n’y aura pas de chômage, car les salaires sont augmentés de la part qui n’est plus détournée par la rente, et ceci aura pour effet que toute la production présente trouvera un débouché, soit via la consommation directe, soit via le crédit par ceux qui consomment ce que les épargnants ne consomment pas.

        4) »Le seul élément positif que certains pourraient y voir, ce serait d’amener à consommer de façon accélérée les ressources restantes, chacun pouvant se dire :
        « Puisque le futur est hypothéqué, profitons en, consommant dès aujourd’hui l’argent que nous avons, sans plus attendre et sans investir. Tant pis, pour ceux qui nous suivent »
        L’économie s’emballerait, comme dans un feu de paille, une sorte de bouquet final pour clore un feu d’artifice qui s’achève en apothéose.
        Je n’arrive pas à me faire à une telle idée, de sorte que le SMT ne me semble pas être une solution.
        jf:
        Comme j’essaye de vous montrer, il n’y a aucune raison que l’économie s’emballe quand la contrainte à la croissance disparaît et quand la surproduction génère pour les entrepreneurs que des pertes, d’autant plus sensibles que les consommateurs rechercheront des objets durables.

      7. @ johannes finckh 17 décembre 2011 à 13:12
        Merci pour votre longue réponse à laquelle, je préfère répondre sur le blog pour des questions d’efficacité, car le sujet qui nous occupe, intéresse aussi d’autres personnes.

        Vous me dites qu’il n’y aurait jamais d’inflation avec le SMT, uniquement du fait qu’on ne pourrait pas accumuler de trésors liquides nulle part. Je veux bien qu’il n’y en ait pas sous forme de pièces et billets dans les bas de laine et sous les matelas à cause de la fonte. Encore que ceux qui en ont beaucoup préfèreraient certainement en perdre un peu par la fonte que de se priver de leur cassette.

        Mais la personne qui s’oblige à dépenser moins que ce qu’elle gagne, aurait son argent à la banque où, même si c’est un endroit où il n’y aurait pas de fonte organisée, il se déprécierait au fur et à mesure que les ressources essentielles à la vie des hommes s’épuiseront (notez que je n’emploie pas le conditionnel) puisque c’est inexorable. Ce sont elles les vraies richesses, celles qui permettent de vivre et de survivre.

        Quand les biens essentiels à la vie deviennent rares, les prix montent même s’ils sont réglementés car cela devient une question de survie. Dans ces cas là, pour sauver sa peau et sa vie, l’homme est prêt à tout, y compris à vendre et acheter au marché noir ou en échange de tout ce qui a de la valeur et même une grande valeur, qu’on peut être amené à «échanger contre une bouchée de pain ».

        Ceux qui ont vécu la dernière guerre en Europe où les restrictions et les tickets de rationnement ont duré 10 ans, ne sont certainement pas prêts à croire en une absence d’inflation grâce à une action sur la monnaie qui serait devenue fondante.

        Vous dites qu’il n’y aurait pas de déflation, mais vous n’expliquez pas pourquoi.

        Bien cordialement.

  10. prêtons prêtons – au diable l’avarice – l’argent que plus personne ne possède !!!

    Allez, demain je file voir mon banquier, il me prêtera bien un peu d’oseille si je lui explique que c’est pour prêter – au double du taux qu’il m’accordera – à des amis dans le besoin !

    1. HARPAGON.- Que diable toujours de l’argent ! Il semble qu’ils n’aient autre chose à dire, de l’argent, de l’argent, de l’argent. Ah ! ils n’ont que ce mot à la bouche, de l’argent. Toujours parler d’argent. Voilà leur épée de chevet , de l’argent.

  11. Thomas Piketty : « La lutte des classes n’est pas morte »
    Face au « risque de sécession sociale », Thomas Piketty, historien et économiste, rêve « d’un dépassement rationnel et pacifique du capitalisme ». Entretien sur Rue89:
    http://www.rue89.com/rue89-eco/2011/11/08/thomas-piketty-la-lutte-des-classes-nest-pas-morte-226345

    Et aussi:
    « Annie Ernaux : « Passion amoureuse et révolte politique, cela va de pair » »
    http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2011/12/10/annie-ernaux-passion-amoureuse-et-revolte-politique-vont-de-pair

    1. Très sympa et intelligente Annie Ernaux. Belle lucidité.
      « La lutte des classes est en moi. […] Il n’y a pas de réconciliation, sinon sur un plan politique. Mais intérieurement, ce n’est pas possible. », c’est on ne peut mieux résumer en quelques mots la situation (schizophrénique?) de certains.
      Ce sont ceux-là les vrais révolutionnaires, il leur faut résoudre ce combat intérieur générateur de souffrance et retrouver la paix. Seul un changement politique peut le permettre, sauf à tuer son enfance (c’est-à-dire son humanité) ou rompre avec sa vie adulte (résultat: la folie).

  12. ‘Societal Change’

    les ventes d’armes personnelles atteignent un record au US :

    http://www.bloomberg.com/news/2011-12-09/buddhist-packing-bond-pistol-shows-american-warm-embrace-of-guns.html

    Domestic handgun production and imports more than doubled over four years to about 4.6 million in 2009, according to the National Shooting Sports Foundation, a gun-industry trade group.

    The surge has been propelled by shifting politics and demographics ….

  13. Pour faire écho à Hé L’os …

     » De l’or! De l’or jaune, étincelant, précieux ! Non, dieux du ciel, je ne suis pas un soupirant frivole… Ce peu d’or suffirait à rendre blanc le noir, beau le laid, juste l’injuste, noble l’infâme, jeune le vieux, vaillant le lâche… Cet or écartera de vos autels vos prêtres et vos serviteurs; il arrachera l’oreiller de dessous la tête des mourants; cet esclave jaune garantira et rompra les serments, bénira les maudits, fera adorer la lèpre livide, donnera aux voleurs place, titre, hommage et louange sur le banc des sénateurs; c’est lui qui pousse à se remarier la veuve éplorée. Celle qui ferait lever la gorge à un hôpital de plaies hideuses, l’or l’embaume, la parfume, en fait de nouveau un jour d’avril. Allons, métal maudit, putain commune à toute l’humanité, toi qui mets la discorde parmi la foule des nations…  » Timon d’Athènes.

    1. Dans le genre, j’aime bien la mort de Crassus, le 3ème du triumvirat à qui était dévolu l’Orient (l’Occident à César, l’Italie et Rome à Pompée) : capturé par le Parthe Surréna, ce dernier lui fit couler de l’or fondu dans la bouche, tant il était connu pour être vénal.
      Mais ce n’est qu’une légende. Bien illustrée par Jacques Martin au début d’un album d’Alix (je ne sais plus lequel).

  14. « … je compris que toute cette immense entreprise, préparée par tant de veilles et des sommeils, tous ces malheureux enterrés dans les fosses et les prisons, ce déchaînement sans vie, cette liberté coulant à travers les chemins et montant lentement jusqu’au niveau des plus hautes maisons pour effacer leurs misérables façades décrépites, toutes ces victoires, toutes ces espérances, doutant d’elles-mêmes, allaient, dans la violence des représailles et de la justice du sang, chercher à retirer la loi du sein de la paix pour obtenir enfin d’elle une déclaration d’hostilité. Je savais à présent ce que signifiaient les foules ternes et minables qui envahissaient les rues à certaines heures, alors qu’à d’autres, à l’approche de la nuit, le désert en personne prenait possession des quartiers les plus populaires, comme si sa présence avait été aussi visible que celle de la foule qu’il venait de chasser. Quand j’entendais, à nouveau la nuit, l’éclatement de formidables bulles, quand, au matin, dans des lieux choisis comme au hasard, les détonations se mettaient à affluer, d’abord goutte à goutte, puis avec l’avidité d’une blessure vers laquelle se porte, par des milliers de veines et de canaux, tout ce qui coule et tout ce qui vivifie, je pouvais deviner à quel sombre travail se préparaient les forces humiliées du monde pour tirer de leur humiliation autre chose que la concorde et l’apaisement. »
    M.Blanchot, parce que ce n’est pas mal .

  15. Argument massue (ou lapsus?) de Nick Clegg (« vice premier-ministre » GB)

    « Challenged that the outcome could mean Britain ending up outside the EU, Clegg said: « I will fight that tooth and nail. A Britain that leaves the EU will be considered irrelevant by Washington and will be a pygmy in the world when I want us to stand tall in the world. »

    « Alors qu’on lui demandait si on ne pourrait pas imaginer que la GB se retrouve exclue de l’UE, Clegg dit: « Je me battrai contre cela bec et ongle. Une GB qui quitterait l’UE serait considérée comme inutile et faible par Washington, et deviendrait un pygmée à l’échelle du monde… »

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