LA SITUATION RÉELLE DE L’EMPLOI AMÉRICAIN, par Olivier Berruyer

Ce texte est un « article presslib’ » (*)

Billet invité.

J’ai commencé il y a un an tout juste cette chronique trimestrielle du chômage aux États-Unis après avoir lu cette dépêche :

« Le taux de chômage aux États-Unis a reculé à 9,4% en décembre, son plus bas niveau en 19 mois, avec 103.000 créations d’emploi, selon les chiffres publiés vendredi par le département américain du Travail. En 2010, le pays a au total créé 1,1 million d’emplois, soit 94.000 par mois en moyenne. […]  Le nombre de demandeurs d’emploi a reculé de plus de 500 000 le mois dernier, pour descendre en dessous de 14,5 millions, son plus bas niveau depuis avril 2009.  […] Le président de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke s’est voulu optimiste vendredi, lors d’une audition devant la commission budgétaire du Sénat. Il a ainsi estimé que la croissance économique devrait être « modérément plus forte » en 2011, par rapport à 2010. Il a toutefois noté qu’il faudra encore patienter quatre à cinq ans pour voir le taux de chômage redescendre autour de 6 %. » [Associated Press, 7 janvier 2011]

Les choses ne changent décidément guère dans l’interprétation faussée du chômage américain, comme nous allons le voir :

« Le chômage américain tombe à son plus bas niveau depuis près de trois ans : le taux de chômage aux Etats-Unis s’est établi, pour le mois de décembre 2011 à 8,5 % de la population active. Le signe d’une embellie de l’emploi, la preuve d’une éventuelle accélération de la reprise économique et surtout une réserve de campagne pour Barack Obama, à dix mois de l’élection présidentielle. […]Sur le front des embauches, les chiffres sont tout aussi encourageants. […] Les bases de données du département du travail montrent ainsi qu’en moyenne sur l’année, l’emploi a progressé pour la première fois en quatre ans. […]Sans surprise, la Maison Blanche s’est félicitée de ces chiffres, soulignant que « l’économie continue à se remettre » des effets de la récession. Selon le gouvernement, ces données sont une validation de la politique de Barack Obama. » [Le Monde, 6 janvier 2012]

Ce billet met donc à jour pour ce trimestre l’analyse du chômage américain que nous avons précédemment effectuée, et qui montrait que la baisse du taux de chômage observée masquait en fait une importante hausse des américains découragés qui abandonnaient l’idée de trouver du travail. Voici où nous en sommes.

On constate que le taux de chômage a repris sa décrue, entamée en juillet 2010. Le nombre de chômeurs se dirige vers les 13 millions.

Si on s’intéresse à la variation du taux d’emploi (qui est le complément du taux de chômage, à savoir le nombre de personnes ayant un emploi, ramené à la population active = personnes pouvant et voulant travailler), on note que le rétablissement se poursuit, et semble en ligne avec les reprises de 1975 et 1983.

En fait, l’amélioration constatée depuis deux ans n’est pas aussi florissante qu’il n’y parait. Comme nous l’avons exposé, si le calcul du nombre de personnes employées est facile, celui du nombre de chômeurs l’est moins, car cette notion peut être extensive.

Rappelons que les statistiques officielles américaines partent de la Population Totale (313,0 millions en décembre 2011), et définissent la Population Civile hors Institutions (Civilian Noninstitutional Population) comme étant celle des 16 ans et plus, qui ne sont pas pensionnaires d’établissements (prisons, hôpitaux psychiatriques, maisons de retraite). Elle est égale à 240,6 millions de personnes, qui pourraient donc potentiellement travailler. Un certain nombre ne le veulent pas (essentiellement les retraités – puisqu’il n’y a pas de limite d’âge dans la définition, beaucoup de personnes âgées travaillant aux États-Unis).

Cette population se scinde entre 153,9 millions d’américains désirant travailler, qui constituent la Population Active Civile (Civilian Labor Force) et 86,7 millions qui ne veulent pas, la Population Non Active (Not In Labor Force). Sur les 153,9 millions, 13,1 sont au chômage, soit 8,5 %. En mai 2010, on comptait 15,5 millions de chômeurs pour 154,5 millions d’actifs, soit 10,1 % de chômage : le taux de chômage a bel et bien nettement baissé.

Mais à la lecture de ces chiffres, on voit vite le problème : la population active a diminué dans l’année ! Or, on oublie fréquemment un point majeur : la population des États-Unis est une des plus dynamiques des pays les plus développés. La population américaine croît de 1 million tous les 4 mois. Observons l’évolution de la population sur les 40 dernières années.

Et depuis 5 ans :

On constate que la population totale a une croissance très régulière, un peu supérieure au cours des vingt dernières années par rapport aux vingt précédentes. On observe la chute historique de la population employée et la hausse consécutive du chômage en 2008. Mais ce qui est plus intéressant est la quasi-stabilité de la population active depuis deux ans, alors que la Population totale ainsi que la Population hors Institutions ne connaissent aucune rupture dans leur évolution tendancielle. Zoomons.

On observe la chute énorme de la Population employée, qui est toujours sous son niveau de 2005 – ceci était attendu. Évidemment, la crise n’a eu aucun effet sur la Population totale, qui continue d’augmenter linéairement. Il en est de même pour la Population civile hors institutions.

Le point saillant est que la population active a cessé de croitre depuis l’automne 2008. Et qu’elle a même diminué depuis lors. Un tel phénomène n’est tout simplement jamais arrivé aux États-Unis depuis 40 ans, même au pire de la crise des années 1970. En conséquence, c’est la population non active qui a très fortement augmenté depuis 2009. Nous n’avons pas de statistiques détaillées sur ces travailleurs découragés, mais ce sont probablement en bonne partie des sexagénaires et des septuagénaires qui ont cessé de travailler, alors qu’ils auraient continué avant la crise. Et au vu des retraites misérables américaines, on comprend que cette population se retrouve en situation difficile.

Grossièrement, le bilan entre le 1/5/2007 et le 31/12/2011 est de : 11,5 millions d’américains en plus, dont 2,4 millions dans des institutions (y compris écoles dans ce sens) et 9,1 millions hors institutions. Ce sont 7,9 millions d’américains en plus dans la population non active, et à peine 1,2 millions en plus dans la population active. C’est 5,1 millions d’employés en moins, et 6,3 millions de chômeurs en plus.

Depuis 2007, si on prolonge la population active par sa tendance moyenne des 15 dernières années (elle a toujours été très linéaire), ce sont en fait 12 millions d’emplois qui manquent toujours à l’appel – bien qu’il n’y ait « que » 7 millions de chômeurs en plus. Le taux de chômage « officiel » sur cette base ne devrait donc pas être de 8,5 %, mais de 12,4 %. En fait, l’impact total de la crise affecte sans doute plus de 20 % de la population active, directement ou non (travail à temps partiel non choisi…).

Notre raisonnement est cohérent avec l’explosion de la population bénéficiant de bons d’aide alimentaire : + 20 millions en 4 ans. Il semble que la situation commence à peine à se stabiliser, mais il faudra plusieurs mois pour confirmer ceci. Ceci serait une bonne indication de la stabilisation de la situation de l’emploi (mais serait bien loin encore d’une franche « reprise »).

En raison de la croissance de la population, il est intéressant de ramener ceci à un taux pour 100 habitants :

On constate bien une croissance continue, passant de 9 américains sur 100 aidés, à 15 sur 100…

En fait, on observe que les États-Unis connaissent un phénomène nouveau pour eux, et tristement commun pour nous : le chômage de longue durée :

On note qu’avec 4 % de la population active en chômage de longue durée (en légère amélioration), les États-Unis connaissent un chômage du double du pic historique de 1983… Et si on rajoute toutes les personnes découragées, on arrive à 7 % de la population…

La situation est dramatique quant aux durées moyenne et médiane de chômage. Les courbes se passent de commentaire… Le pic de 1983 avait eu un impact bien plus limité.

Au niveau de la période récente, aucune amélioration n’est en vue, la durée moyenne augmente toujours mois après mois. Comme la durée médiane stagne, cela signifie que, d’une part, la durée moyenne des petites périodes de chômage et des grandes périodes de chômage augmente… Ainsi, une partie de la population est de plus en plus exclue du marché du travail.

On observe sur le graphique précédent que les exclus sont essentiellement les noirs, mais aussi les jeunes. Il y en fait peu d’écarts suivant le sexe.

Conscients de la problématique des découragés du marché du travail, on peut enfin représenter non plus le taux d’emploi (faussé par la définition de la population active), mais le ratio d’emploi civil, égal au rapport entre la population employée et la population hors institutions. Cet indicateur est beaucoup plus adapté à la situation du marché du travail américain.

On constate bien que la chute est historique. Elle semble marquer un retour vers les niveaux des 30 glorieuses, et la fin d’une des caractéristiques du financiarisme aux États-Unis : le plein emploi, mais appuyé sur une hyper-consommation à crédit.

Comparons alors la situation durant différentes récessions :

Si on observe une récente amélioration, la situation de plateau depuis 24 mois reste inquiétante. Pour les crises de 1973 (1) et 1979 (2), la reprise de l’emploi a été très nette à la fin de la crise. Ce n’est pas le cas actuellement. Pire, la seule période en quasi-plateau a été en 1980/1981 (3), et avait été le prélude à la plus forte chute de l’emploi depuis 1929.

Comme :

  • d’une part, contrairement à 1980, le plateau n’est pas « naturel », au sens où il résulte de mesures de soutien se comptant en milliers de milliards de dollars de création monétaire et de déficits publics. On observe d’ailleurs sur ce graphique officiel de l’administration américaine, de janvier 2009, qui évaluait l’impact positif qu’aurait le plan de relance américain de 700 Md$ par rapport à la situation alors prévue ; en rouge, la réalité…

  • d’autre part, la correction du taux officiel (pour le remettre sur la tendance historique de la population active) montre que si la chute est freinée, le taux ne cesse de se dégrader mois après mois,

il convient d’être très vigilants sur le devenir à court terme de l’emploi américain.

Pour conclure, nous pouvons enfin retoucher les taux officiels de chômage (le premier, U3, au sens classique, le second qui prend en compte toutes les situations de sous-emploi subi, U6) en réintégrant les découragés du marché du marché du travail, pour avoir une comparaison robuste avec la situation d’avant la Crise.

On observe ainsi qu’aucune amélioration notable n’a eu lieu depuis 18 mois, et que le taux de chômage complet est proche des 20 %. Dramatique…

Ainsi, l’année 2011 n’a apporté aucune amélioration notable, à peine un frémissement en fin d’année. Ceci est inquiétant, car l’économie ralentit fortement, et s’approche d’une récession.

 

On peut malheureusement craindre que 2012 ne voit repartir le chômage à la hausse, l’État n’ayant cette fois-ci plus de moyens pour contrer le cycle récessif…

Olivier Berruyer est actuaire, et créateur du blog www.les-crises.fr.

Cet « article presslib’ » a été rédigé pour le blog de Paul Jorion. Il est libre de reproduction en tout ou en partie à condition que le présent alinéa soit reproduit à sa suite. Paul Jorion est un « journaliste presslib’ » qui vit exclusivement de ses droits d’auteurs et de vos contributions. Il pourra continuer d’écrire comme il le fait aujourd’hui tant que vous l’y aiderez. Votre soutien peut s’exprimer ici.

Partager :

44 réflexions sur « LA SITUATION RÉELLE DE L’EMPLOI AMÉRICAIN, par Olivier Berruyer »

  1. Excellent travail, qu’auraient bien besoin de consulter nos zozos de BFM qui rétorquent systématiquement lors des interviews de Delamarche que le marché de l’emploi se porte parfaitement bien aux état unis…

    cdt !

  2. Extrêmement intéressante cette analyse.
    L’auteur nous démontre que les chiffres officiels servent à appuyer un certain discours.
    Je n’ose imaginer ce qu’il découvrirait avec les chiffres officiels des engagements de cds sur la Grèce 😉

  3. Super, le chômage sera peut-être envisagé comme solution et non plus comme problème outre-Atlantique avant qu’il ne le soit ici.

    De bien belles courbes, de bien bonnes analyses et de bien bonnes critiques d’un capitalisme croupissant dans son culte du plein emploi.

    Au fait, où en sont-ils outre-Atlantique, côté revenu de base inconditionnel, abolition de l’obsolescence programmée ou hérésie immatérialiste?

  4. J’ai une (double) question :

    -quel est le temps de travail moyen ou obligatoire aux US ? (je parle ici d’emplois « réels » style CDI pour être franchouillard)

    – quel est le temps réel de travail des dits américains ? (compte-tenu des temps partiels, petits jobs de retraités ou autres, etc.)

    Merci.

  5. C’est bien Monsieur , après des chiffres comme ceci , il n’y plus rien à parler.
    Faites en autant tous les jours sur les sujets européens , merci beaucoup , ainsi les populations sauront ce qu’elles doivent faire sans écouter le bla bla général.

  6. La véritable escroquerie c’est qu’en janvier 2011 ils ont changé la base de population active utilisée pour calculer le taux de chômage, cette dernière étant baissée de 62.5% à 61% . Normalement, statistiquement, les chiffres du chômage de 2011 ne peuvent être comparés aux années antérieures.

    Olivier Delamarche avait raison d’ironiser en disant  » Ils n’ont cas utiliser en 2012 une base de population active de 58% pour avoir le plein emplois »

  7. Merci, et j’espère qu’un jour ces chiffres exploseront à la figure des statisticiens qui les fabriquent.

    Un autre sujet qui m’inquiète est la monté des thèmes sécuritaires dans les média, à voir plus tard.

    1. Wouaouw, ils sont en route vers les 1 % de personnes incarcérées….

      En france c’est de l’ordre de 1 pour 1000 (et c’est déjà trop) mais je ne connais pas la tendance.

      1. Comme par hasard, ça démarre début 80. Sans doute un virus terroriste ayant infecté de façon criminelle les criminels, ou alors un aléa génétique, à moins que…

        Ce qui interpelle, ce n’est pas le nombre, bien que, mais la tendance turbo compressée, bien qu’elle ne soit pas en pourcentage, mais en nombre, la tendance est balaise si l’on considère une croissance linéaire de la population.

        Si j’ai raté un biais statistique, merci de me le signaler.

  8. Le travail, cette marchandise qui devient rare.

    Quand vous avez, depuis le début de la troisième révolution industrielle et le grand mouvement de délocalisation, un travail qui devient une marchandise rare avec, dans le même mouvement une concentration de la richesse dans un petit nombre de mains et que les consommateurs commencent à revenir du « plaisir de consommer » des erzats il ne faut pas s’étonner que le chômage augmente.
    Le déni de vérité et le besoin de désinformation qui caractérisent la classe au pouvoir et ses alliés ne permettent pas de comprendre que s’il n’y a plus que du travail pour une personne sur deux il faut diviser le temps de travail de chacun par deux.
    Ainsi donc le chômage réel, dont le travail forcé avec des salaires de misère est une autre face, ne peut que croître, dans les pays dans lequel s’était développé à l’occasion des deux premières révolutions industrielles le salariat.
    Ce qui est à l’ordre du jour, c’est la fin du salariat et le retour de l’esclavage, déjà à l’oeuvre un peu partout..

    1. Les cités dans l’antiquité greque étaient peuplées d’esclaves, et si l’on croit aux sources, il y avait plus d’esclaves en nombre que de citoyens.

      1. Si mes souvenirs sont bons, à Athènes, par exemple, on était à 10% de citoyens, 20% de non-citoyens « libres » et le reste d’esclaves.

  9. En France, c’est la même chose, ceux qui sont découragés en terme de recherche d’emploi disparaissent des statistiques pour aller grossir le nombre des exclus.
    Ces derniers sont également exclus des statistiques, et hop le tour est joué !

  10. Quelques recherches effectuées en Isère, sur le plan départemental d’insertion m’ont permis il y a peu de chiffrer l’ineptie du culte du plein emploi.

    Le PDI de ce riche département révèle 557.858 âmes dans la population active. 69.900 sont demandeuses d’emploi. 52.785 bénéficiaires du RSA.
    Toutes subissent les injonctions obsessionnelles de mobilisation pour l’emploi, alors qu’à titre d’exemple les offres collectées par Pôle Emploi s’élèvent en fév 2010 à 6135 (la moyenne tourne autour de 6000). Il ne s’agit d’offres « pérennes » et « complètes » que pour 1/3 d’entre elles.

    Nous avons donc en Isère 21,99% de la population active au RSA ou en demande d’emploi.
    C’est une personne active sur quatre.
    Ces 122685 feignasses doivent pleinement se mobiliser pour retrouver un emploi, alors que l’offre disponible est d’environ 6000…
    Nous avons donc 20 personnes sommées de se battre pour une seule place qui, dans 2/3 des cas, sera une offre d’emploi partiel ou temporaire…

    Le tout dans un département riche, certes, mais intellectuellement si pauvre que son Conseil Général la préfère encore soumise au culte inepte du plein emploi…

    1. Il n’y a pas qu’en Isère… consultant récemment un diaporama présenté devant une assez vaste assemblée de professionnels du développement (?) sur « les métiers qui embauchent dans le Pays de Brest », je me suis étonné de voir que parmi « les 10 métiers qui embauchent » il y avait … les arts du spectacle, et avec des centaines d’emplois comptabilisés.
      Renseignement pris, il s’agissait d’embauches de figurants pour un film, des contrats de quelques jours. Et mon informatrice de reconnaître qu’on ne disposait pas d’informations sur la durée des contrats, et qu’on compte pour 1 emploi indifféremment un contrat d’un an et un contrat d’un seul jour.
      Comme chacun sait que le chômage est (comme le reste) suradministré, on peut qu’en déduire une volonté délibérée d’enfumage.

      1. Oui, si l’on excepte la création d’emplois pérennes dans les pôles emplois: peut-être leur seule utilité en dehors de l’enfumage.

  11. Mais savez que l’on essaye de nous faire avaler n’importe quoi!
    tiens, l’inflation à 2%
    Ils nous prennent pour des zozos.
    mais voilà, la blogosphère, avec ces personnages qui mettent leurs compétences, leur temps, leurs réflexions au service des autres nous permettent de fortifier les sentiments, de moins en moins diffus que nous percevons.
    merci à eux, merci à tous!

  12. Merci pour les beaux graphiques qui disent plus qu’un long discours.
    En revanche, il me manque un tableau: une graphique qui montre l’évolution du chômage hors secteur public. Il ne faut pas oublier que les fonctionnaires sont amalgamés dans la population active. Ce qui ne me paraît pas tout à fait exact, précis. Car les fonctionnaires n’ont pas à craindre le chômage, il ne sont pas exposés aux aléas de la vie économique.
    C’est juste une idée de ma part en lisant les graphiques.

    1. @Germanicus : Je suppose que vous parlez toujours des graphiques d’Olivier sur la situation du chômage aux Etats Unis. Mais qu’est-ce qu’un fonctionnaire là-bas ? Car tout le monde sait que de nombreux états, villes ou municipalités en difficulté liquident leurs employés à tour de bras: enseignants, policiers, pompiers et autres n’ont pas vraiment l’air d’être à l’abri des « aléas de la vie économique ». Comme quoi comparer n’est pas facile.

      1. tout à fait ;
        le « secteur public » local a été le premier a souffrir : policiers et pompiers mais aussi districts scolaires (enseignants) pour des raisons fiscales complexes tenant de la baisse des taxes foncières assises sur la valeur immobilière mais aussi de la redistribution fiscale des Etats et de l’Etat Fédéral (avec des pratiques qui nous choqueraient comme le « Race to the Top d’Obama);

        certaines villes préférent même entièrement externaliser les services rendus à leurs administrés, soit au Comté soit au privé.

  13. « On peut malheureusement craindre que 2012 ne voit repartir le chômage à la hausse, l’État n’ayant cette fois-ci plus de moyens pour contrer le cycle récessif… »

    Si, il en a les moyens ! Le besoin de financement de l’État est un mythe, comme l’explique le Nobel d’économie Paul Samuelson. Si c’est le plafond de la dette qui vous inquiète, il a toujours été relevé et sera toujours relevé : ce n’est qu’une pseudo-contrainte que les politiques se fabriquent. Les seuls moyens que les politiques n’ont pas, c’est la volonté et la lucidité. Avec, ils laisseraient les budgets faire le travail contracyclique, ils laisseraient le secteur bancaire accumuler toute l’épargne que le secteur privé souhaite, ils laisseraient les bons du Trésor être émis et les banques centrales jouer avec pour stabiliser les taux directeurs sans se soucier le moins du monde des dégradations des AAA précédant des baisses des taux d’intérêt ! (ici et ) Bref, ils tourneraient leur attention vers les vrais problèmes : réguler les banques s’assurer du plein emploi.

    1. AAA ou AA le tec 10 baisse à 3, 14

      Il faut souligner une chose importante : tous ces milliards ont besoin de supports : il y en a peu et ce n’est pas l’allemagne le luxembourg les pays bas et le danemark qui suffisent pour placer, sinon il faut leur demander de s’endetter mille fois plus pour remplacer les pays mal notés, et ainsi faire d’eux aussi des mal notés, c’est pour ces raisons que nos politiques sont bien tous des vendus à ne pas prendre la vraie mesure des choses fassent à leur population.
      Le capitalisme financier n’est qu’une vaste opération de marketing, c’est lui qu’on doit remettre à sa place et non pas dire aux peuples ce qu’on leur fait avaler pour leur retirer le peu qu’ils possédaient afin de l’offrir à ceux qui en ont déjà trop pour apprécier et qui semblent ignorer que dans la tombe on n’emporte rien et que la générosité vaut mille fois mieux et fait mille fois plus de bien que la prétention ?

  14. La même étude a été faite par B. Bonner de la Chronique Agora avec la même conclusion. Les USA ne sont pas sorties vraiment de la récession comme on veut bien nous le faire croire.

  15. @ Olivier Berruyer

    Et pour la France?
    Ou alors il faut avoir une taupe ( ou plusieurs ?!) à Pôle Emploi et au ministère du travail.

  16. Bien de souligner sur un site de gde audience la dérive totale d’un pays qui se veut toujours le chantre de la dérégulation totale, dont on voit ici qu’elle rime avec destruction croissante de l’activité, de la vie des gens, à un point qu’on nous cachait soigneusement. Détroit en un bel exemple.

    Cependant, je trouve l’article bien trop long, lourd à digérer. Trop de graphes, pas assez de synthèse.

    Par ailleurs, je ne crois pas non plus que l’auteur ait parlé de la différence entre ce que veut dire administrativement « chômeur » en France et au USA; notre administration ne définit pas un chômeur comme celle des USA.
    De plus, on sait qu’en France les comptes INSEE, Pôle, sont bidons, puisqu’ils ne proposent qu’une catégorie pour définir le nombre de chômeurs. Qu’en est-il aux USA, je n’ai pas vu mention de ce problème, s’il existe chez les états-uniens – je n’ai pas lu tout en détail (cf ce que j’ai écrit au début).

  17. Bonsoir à tous.
    Merci M. Berruyer pour l’éclairage de nos lanternes.

    Su rBusiness insider il y a deux petits papiers sortis des stats de GB sur la productivité en Europe:la france se classe 4ème sur 27! Derrière le Luxembourg, le spauys bas, la belgique et le danemark!
    pour ce qui est des heures travaillées, la grèce est le pays d’europe où l’on travaille le plus: semaine à 40h++ mais productivité basse!
    Il appert ( de c…lles – San Antonio – prix Nobel des lecteurs ) une corrélation directe entre le nombre d’heures travaillées et la productivité: plus on travaille, moins on est productif, en Europe!

    Internet: le meilleur vaccin contre la dengue fuligineuse , transmise par les cloportes!
    Traitement associé recommandé: fumigations le 22 avril!

    Cordialement!

Les commentaires sont fermés.