PRINCIPE DE CAUSALITÉ LINÉAIRE : LES MÊMES CAUSES PRODUIRONT LES MÊMES EFFETS, par Julio Béa

Billet invité

La crise grecque est une réédition européenne de la crise des subprimes étasunienne : elle utilise les mêmes dysfonctionnements professionnels et politiques. Dans les deux cas, on trouve à la base de ces pathologies, des prêts à une tierce partie que le prêteur sait fragilisée, pour des raisons qui ne sont pas dans son intérêt mais qui sont au contraire de l’intérêt de ce dernier, sur des bases normalement irrecevables par des professionnels non spéculateurs. La première étape de la crise des subprimes a consisté à distribuer des prêts à des emprunteurs non solvables alors précisément que le travail du banquier sincère est de procéder à cette vérification ; la seconde fut leur titrisation qui est la construction et l’entretien d’un mur de fumée destiné à tromper puis escroquer le monde des affaires, professionnel et public : une escroquerie planifiée apparemment légale ? Tout ceci parait le contraire d’un « libéralisme » présenté comme l’idéologie « responsable » des égoïstes. On ne parlera pas de morale car ce concept ne fait pas partie du monde de ces acteurs mais il s’agit bien de fautes professionnelles aggravées. À moins de considérer qu’une telle stratégie destructrice de la société soit un légitime retour au Far West (Dieu a créé les hommes inégaux, le colt les a rendu égaux) ? Ultérieurement, il n’y avait donc aucune raison que l’argent public soit utilisé pour aider ces escrocs professionnels et il fallait empêcher les banquiers impliqués de continuer à travailler dans le même domaine, n’étant pas des professionnels responsables.

De ce côté de l’Atlantique, chacun sait que les partis politiques et les banques européennes ont accepté la Grèce comme l’un des leurs alors qu’on nous dit aujourd’hui qu’il n’y existerait pas de structures administratives (collecte de l’impôt, etc.), ni techniques (cadastre, etc.) comparables à celles qui structurent le reste de l’Europe et qui sont les garanties de bon fonctionnement d’un État et du remboursement des emprunts. À qui profite alors cette manipulation ? Elle a permis d’organiser des marchés aussi juteux qu’inutiles (ventes d’armes, constructions pour les jeux olympiques, etc.) et y a entretenu une corruption partagée. Et aujourd’hui, ce sont les smicards qui devraient régler cette facture ? Eux d’abord. Et bientôt nous-mêmes ! La base de l’endettement grec est donc une insuffisance professionnelle de la prise de décision, c’est-à-dire une escroquerie politique de « haut vol » – l’expression s’impose d’elle-même – organisée avec l’aide de banquiers qui ont fourni des documents douteux sur lesquels ce monde a volontairement fermé les yeux, complice de facto. Il s’agit bien du couronnement européen et mondial d’une gestion corrompue des États, sans aucune recherche efficace de solutions durables et sincères. Pour faire de l’écologie vraiment durable, il faudra faire preuve d’une capacité d’analyse autrement plus approfondie, documentée et rigoureuse. Les politiques qui n’ont pas su être à la hauteur ne doivent plus pouvoir être autorisés à continuer dans leur domaine car eux non plus, n’ont pas les qualités professionnelles requises.

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111 réflexions sur « PRINCIPE DE CAUSALITÉ LINÉAIRE : LES MÊMES CAUSES PRODUIRONT LES MÊMES EFFETS, par Julio Béa »

  1. Merci pour les explications de la crise europénne de la dette: c’est clair et magistral.
    Je comprends mieux le comportement des banquiers.

    1. C’est ce que j’écrivais sur facebook, la Grèce le Portugal l’Espagne et les pays de l’est sont nos subprimes parce qu’il fallait à la machine néo libérale des clients à tout prix pour la croissance, et là où c’est génial c’est qu’ils y gagnent plusieurs fois : la première par des ventes, la seconde par l’austérité pour la main d’oeuvre, et la troisième pour racheter tout pour rien et encore je vous passe les détails…

      les détails j’y reviens après c’est une histoire de liquide et de récipients …

      1. Le capitalisme aujourd’hui ne fonctionne que dans la cavalerie financière. Le cas Grec comme les autres, c’était la volonté d’avoir des clients pour vendre vendre et encore vendre, l’Europe fonctionne ainsi elle apporte des capitaux les banques apportent le crédit et en avant la machine pour les commandes entre temps le niveau de vie monte dans l’illusion l’immobilier de même ect… mais à la base le pays a toujours les mêmes produits à la vente surtout en 10 ans donc l’Europe sait pertinemment qu’on charge une mule et non pas un cheval de course mais on laisse faire la BCE en tête comme en Espagne avec ces grues à chaque coin de rue.
        Et les pays de l’est c’est pareil, on en parle moins car ils n’ont pas l’euro…. mais des sommes colossales en Lituanie alors qu’il n’y a que des pins et du sable………….
        C’est exactement comme le subprime….
        Et attendez de voir la Croatie déjà surendettée combien l’Europe va lui vendre

        Il n’y a que des bulles, c’est la mise au casino le faites vos jeux la roue tourne et un seul gagne la banque ……….

      2. Bien vu et pour y arriver on met à la tête de la bce celui qui à fait bruler le siège social et les archives du CL.

    2. Les banquiers ne sont qu’un des acteurs. Les autres responsables sont les décideurs politiques : d’abord les décideurs grecs, fieffés escrocs. Mais également les autres décideurs politiques européens, au premier rang desquels les français qui ont soutenu mordicus les grecs, les espagnols, les portugais pour grossir les rangs du club med et faire pendant au club protestant et travailleur du nord de l’Europe. Ou comment perpétuer au sein de l’Union une influence politique française indue au regard des résultats économiques de l’Hexagone. Plus facile de soutenir les voleurs grecs que de réformer son industrie, sa fontion publique et s’atteler au développement d’une économie prospère. Les responsables s’appellent Giscard (il a le beau rôle aujourd’hui pour dire que les grecs devraient sortir), Mitterand, Chirac et aujourd’hui Sarkozy.

  2. Voici des choses bien dites et qui ne feront pas plaisir aux zélateurs béats du libéralisme autorégulateur.

    C’est effectivement par la sanction de toute cette impéritie qu’il fallait commencer.
    Reste, hélàs, que les organes chargés de la sanction et ceux qui ont disfonctionnés ont partie liées…

    Alors, allez, la messe est dite.

    1. Tout ceci parait le contraire d’un « libéralisme » présenté comme l’idéologie « responsable » des égoïstes.

      Et qui présente cette idéologie comme cela?

      Loin de moi la croyance à l’autorégulation, celle de la main invisible – ou plutôt si, dans le cas ou nous ne sommes que des pantins – mais de là comprendre :
      « qui ne feront pas plaisir aux zélateurs béats du libéralisme autorégulateur. »
      Faudrait pas abuser de sur-interprétation…

      Citons M. Jorion Himself…

      « Est-il possible de définir un critère précis qui permette de déterminer quand l’État doit intervenir pour protéger les citoyens contre eux-mêmes et quand il vaut mieux au contraire qu’il laisse libre cours à leurs initiatives ? ». La réponse est là aussi « Oui ».
      […]
      Comment définir alors le critère qui permette de décider quand l’État doit intervenir et quand il vaut mieux au contraire qu’il s’abstienne de réglementer ? À la lumière de ce que l’on a vu plus haut, la réponse est cependant étonnamment simple : la protection de l’individu contre les conséquences de ses propres décisions doit être assurée par l’État quand les dynamiques historiques dont ils sont les particules connaissent des points « critiques » et sont donc susceptibles de se terminer en catastrophes.

      –>M. Jorion, doit-on y voir une justification de l’abandon de la démocratie en période de crise…?

      1. Puisque vous me citez à l’appui de ce que vous avancez, je crains qu’il y ait un mot dont vous ne comprenez pas le sens, c’est le mot « État ».

        Je parle ici de l’État comme garant d’un système de Droit. Une Troïka dont les trois composantes : Commission Européenne, Banque Centrale Européenne et Fonds Monétaire International, représentent chacune, et avec des variations minimes, le même milieu des affaires, c’est-à-dire une mosaïque d’intérêts particuliers, ne présente aucun point commun avec un État incarnant le bien commun.

      2. Merci pour cet éclaircissement, mais alors pourquoi l’Etat, ce « garant d’un système de droit » doit aussi, lorsque les dynamiques historiques seraient, disons favorables, ne pas intervenir, laisser « libre court aux initiatives » des citoyens, « s’abstenir de réglementer »?

        Pouvez vous encore m’expliquer votre idée? Parce que brut de décoffrage, j’ai tendance à y reconnaître l’idéologie libérale, la même dont vous vous faites un farouche opposant.
        N’y voyez aucune « attaque », je cherche seulement à comprendre.
        Amicalement,

      3. C’est ce que j’appelle la « preuve par Pol-Pot » : « Si vous critiquez l’ultralibéralisme, c’est que vous êtes un ennemi de toute forme de liberté ! » Ça a été pratiqué ad nauseam par toute la clique : von Mises, von Hayek, Friedman, Reagan, Thatcher, Ron Paul, etc.

      4. En Belgique, on a depuis quelques années la variante flamingante : « si vous critiquez l’ultra-nationalisme, c’est que vous êtes un ennemi de la Flandre et des Flamands ».

        Une rhétorique qui a une certaine coloration politique…

      5. Non, non, je partage votre critique de l’ultralibéralisme. Comme je vous le disais, n’y voyez pas une attaque. J’avoue qd mm chercher à vous faire dire ce que vous venez de dire; que vous n’êtes pas du tout un ennemi « de toute forme de liberté ».
        Il n’en reste que j’aurais vraiment souhaité, sans aucune « coloration politique » que vous m’expliquiez le cadre dans lequel:

        « l’Etat, ce « garant d’un système de droit » » doit aussi, lorsque les dynamiques historiques seraient, disons favorables, ne pas intervenir, laisser « libre court aux initiatives » des citoyens, « s’abstenir de réglementer »?

        Je comprends que vous et vos ardents défenseurs voyez tout ce qui passe d’étranger sur ce blog comme une menace, mais vous vous trompez sur mon cas, je ne souhaite que comprendre, à l’écoute des différentes pensées. Et la votre m’intéresse plus que d’autre. Essayez de croire que je suis de bonne foi, quit à penser que je suis inculte.

      6. « un État incarnant le bien commun. »
        L’idéalisme petit-bourgeois dans sa concision et sa pauvreté conceptuelle.
        De quel « état » s’agit-il, celui du « bien commun », du bien à qui, commun à qui, et par quel moyens, s’il vous plaît; sur le pied de guerre, l’état et sa police. Où avez-vous vu un état de bien commun?
        L’état est bien entendu l’instrument des classes exploitantes, il est toujours entre les mains d’une fraction de la bourgeoisie, ou d’une autre, il ne peut en être autrement car, voyez-vous, l’état est un état de classes, d’exploitation, etc..et non un instrument, neutre, comme les idolâtres de cet indépassable état, se plaisent et à l’imaginer et/ou à le faire croire.

      7. Le problème c’est qu’un état non imbriqué dans des intérêts particuliers, on a du mal à en voir la couleur. En France les énarques ou autres hauts fonctionnaires de la république pantouflent au ministère des finances le temps d’un tremplin vers le CAC 40. Sarko fait voter des lois en faveur de ses potes de bronzette.

        A part la cour des comptes ou la justice, très partisane aussi parfois, je ne vois pas bien où est l’éventuel contre pouvoir public aux gouvernements de copinages et de corporatismes publico-privés. Les syndicats français sont mouillés dans des trucs pas clairs et ont peu d’adhérents. Pour le moment l’état qu’on voudrait exemplaire est une passoire d’intérêts croisés. C’est aussi pour ça que les libéraux purs et durs sont soit niais, soit idiots, car ils évitent totalement la nature des relations de marchandage et de pouvoir entre le privé et le public. Ils présentent une fiction schématique en décalage complet avec le jeu des ascenseurs que se renvoient avec gratitude les uns les autres.

      8. @ pArs et fnur,
        Doit-on comprendre de vos interventions (avec lequel je suis bien d’accord), qu’après le roi, ce doit être l’Etat…? L’Etat est mort, Vive l’Etat!
        Attention, vous virez franchement anar-libertaires là…

        @pArs

        « un État incarnant le bien commun. »
        L’idéalisme petit-bourgeois dans sa concision et sa pauvreté conceptuelle.

        plus haut

        Je parle ici de l’État comme garant d’un système de Droit. […] un État incarnant le bien commun.

        Vous êtes un peu dur avec le maitre de ces lieux là..

      9. Magnifique réponse de M. JORION !

        Qui incarnera le bien commun ? Demeure Jésus en sa Parole « aimez-vous les uns, les autres comme je vous ai aimé » c’est-à-dire dans une Conscience d’Unité. Cette Conscience d’Unité est contenue dans le terme même « commun » : faire « comme UN » , former une unité cohérente comme un Etat devrait l’Etre.

        Ils se sont accaparés l’ETRE, la Source Originelle et sa Puissance. Ils l’ont rapportée à leurs propres intérêts particuliers. Ils nous disent aux creux de leurs discours et silences meurtriers que nous sommes leurs sujets donc leurs esclaves. Ils veulent nous maintenir dans cette condition « gérés » par une Société Privée Mondiale, sorte de pieuvre tentaculaire puante dont le « S » barré de deux traits du dollar symbolise notre enchaînement aux forces du mal incarné.

        Notre « humanité » est en jeu !

    1. Je vais essayer de faire ça en allemand, pas encore sûr du résultat, j’élague le style tout en gardant le sens. Si ça me parait correct, je l’envoie et recommande qu’un germanophone le relise pour élaguer les coquilles ou signale un contre sens qui entrainerait un conflit de plus.

  3. la seconde fut leur titrisation qui est la construction et l’entretien d’un mur de fumée destiné à tromper puis escroquer le monde des affaires, professionnel et public

    J’ai un problème avec cette assertion : il me semble depuis assez longtemps que ce mur de fumée est destiné à tromper tout le monde, y compris ceux qui l’ont édifié. Autrement dit, il s’agit d’un mécanisme destiné à faire disparaitre la peur, l’incertitude, à casser le thermomètre. Or il s’agit bien de la marque de notre société : le déni permanent, la guerre contre le sens. C’est à dire que nous voguons vers l’obscurantisme à pleine vapeur. Le système médiatique a produit et continue de produire des générations de barbares idolâtres incapables, par construction, de se concentrer sur quoi que ce soit plus de dix minutes. Bref, on est mal barrés 🙂

    1. Il y a en effet eu également erreur, une erreur de bonne foi – mais une erreur quand même, dont j’ai parlé tout au début de la crise, dans l’article / billet Crise du « subprime » et titrisation : une transposition fallacieuse de la logique assurantielle à la titrisation. Pourquoi est-ce que ça ne pouvait pas marcher ? Pour les deux raisons que j’expliquais : 1° parce qu’on transformait en « assureurs » des « petits rentiers », qui ne disposaient pas du volant financier suffisant pour jouer le rôle d’assureur (pas de réserves), 2° parce que les sinistres n’étaient ni rares ni aléatoires – condition à remplir pour que puisse jouer la logique assurantielle : ils étaient ou bien inexistants quand la situation économique était bonne, ou bien nombreux et prévisibles quand la situation économique était mauvaise.

      1. @ Paul Jorion 21 février 2012 à 16:10

        Pourquoi est-ce que ça ne pouvait pas marcher ?

        Vous posez deux bonnes questions et donnez deux bonnes réponses. Mais ça ne suffit pas, il faut aussi se poser une autre question.

        Pourquoi l’ont-ils fait ?

        Pour la première opération, celle consistant à prêter à de très probables insolvables, on peut supposer qu’il s’agissait d’un besoin de continuer à vivre avec le même train de vie, c’est-à-dire de gagner de l’argent en mettant en place des prêts comme c’était possible de le faire en phase de croissance longue. On savait qu’il existait une forte probabilité que ces prêts ne soient pas honorés mais cela permettait de gagner du temps avant de devoir admettre que ce filon là ne pourrait plus marcher.
        Pour la seconde opération, c’est la même chose. Cela a permis de gagner du temps et de saupoudrer les pertes sur un plus grand nombre d’intervenants, pour continuer à vivre sur le même train de vie.

        Dans les 2 cas il devrait y avoir condamnation et cela mettrait en cause les Etats qui n’ont pas mis en place les dispositions /réglementations/lois, destinées à prévenir ce type de risque dû à une absence prolongée (et peut-être définitive) de croissance.

        C’est alors qu’on en arrive aux travaux du Club de Rome sous traités au MIT américain et qu’aucun grand Etat n’a eu le courage de prendre en compte, sauf ceux qui ont veillé à ne pas être débiteurs. C’est à dire, ceux qui ont de grosses réserves de richesses, notamment énergétiques, soit minérales, soit agricoles. Ce sont des Etats qui tiendront bien plus longtemps que les autres. Il n’y en a guère en Europe et encore moins en Europe du Sud.

      2. jducac, vous faites des commentaires sur mon blog depuis pratiquement son début mais vous n’avez manifestement lu ni le livre où j’annonçais la crise (La crise du capitalisme américain – 2007), ni celui où j’analysais la crise des subprimes (L’implosion – 2008), sans quoi vous ne proposeriez pas cette argumentation sur les « prêts insolvables ». Ce n’est pas le temps qui vous a manqué pourtant. Si vous ne tenez jamais aucun compte de ce que j’écris (la définition incohérente du capitalisme à laquelle vous continuez de vous attacher en est un autre exemple), pourquoi devrais-je continuer d’échanger avec vous ? Un dialogue suppose que chacune des deux parties écoute ce que l’autre a à dire, nombreux sont ceux ici qui considèrent que vous n’en êtes pas capable, j’arrive petit à petit à la même conclusion.

    2. Je vois la titrisation comme un moyen de séparer le couple gain/risque inhérent à toute opération financière. En titrisant les préteurs banquiers et autres se débarrassaient du risque client, non seulement ils passaient la patate chaude à d’autres mais touchaient une partie des intérêts sans devoir attendre la maturité de celui-ci, en fait presque immédiatement ( Petits gains mais dans un temps raccourci, c’est bien ce qu’on fait aussi en bourse avec le hight frequenty trading). Et l’écran de fumée, l’escroquerie, était le camouflage des prêts subprime dans les titres reconstitués avec la complicité des agences de notation et sans informer les clients pigeons. Au départ la titrisation semblait une technique intéressante pour toute dette et je rappelle qu’en Belgique Didier Reynders l’avait envisagé pour récupérer les impôts impayés ou en retard, je crois me souvenir que l’Italie le faisait, avec d’autres. M. Reynders ne s’en vante plus trop.

      1. @carlos:

        Mais je crois qu’il n’y avait justement pas d’escroquerie ! toute une pseudo-science économique a été bâtie dans le but de justifier des décisions déjà prises. Or, quand on sait ce qu’on cherche on a tendance à le trouver et à passer à côté de pas mal d’autres choses que l’on appelle alors « détails ». Je crois me souvenir de cette scène rapportée par Paul Jorion : il tire la sonnette d’alarme et avertit sa hiérarchie que les calculs sont faux, que le risque est mal calculé. L’interlocuteur fait une mine sombre, s’en va quelque temps puis revient avec la réponse suivante : « nous n’avons pas d’inquiétudes à avoir, tout le monde fait comme ça ». Évidemment, quand on « raisonne » comme cela, il arrive que l’on se trompe.

        Donc, dans ce contexte, la titrisation apparait comme une invention divine (en finance, le religieux n’est jamais loin). Voici un mécanisme merveilleux qui fait tout simplement disparaitre le risque en le dispersant aux quatre vents. Il n’y a plus qu’une mer de micro-risques. Ce qui irait s’il n’y avait jamais de tempête… (j’aime bien les images poètiques mais Paul Jorion explique cela beaucoup mieux/scientifiquement).

      2. Mais si qu’ils savaient ce qu’ils faisaient, seulement une seule chose comptait le court terme et le pognon et alors le marché immobilier montait, tant qu’il montait rien ne se voyait…

      3. @Leopard Blanc à propos de «nous n’avons pas d’inquiétudes à avoir, tout le monde fait comme ça»

        Que le plus grand nombre se contente de « faire comme les autres » donc rien de plus qu’imiter ceux qui ont trouvé la combine qui marche et ramassent beaucoup d’argent et qu’en même temps ils ne comprennent pas ce qu’ils font (dans le cas présent qu’ils croient vraiment aux « miracles de la titrisation ») me semble tout à fait probable. La complexité des calculs leur suffisait amplement pour se persuader que la théorie sensée fonder ces calculs n’était pas une arnaque.

        Il me semble quand même que pas mal d’entre eux avaient le sentiment de se lancer dans des trucs pas très clairs, mais la concurrence entre banquiers ça compte, ils ne pouvaient pas faire autrement que de suivre le mouvement.

        A la limite les pionniers n’ont pas non plus toujours très bien compris ce qu’ils faisaient mais si c’est le cas ça n’a pas tellement d’importance: ils sont prêts à faire n’importe quoi qui rapporte beaucoup du moment qu’on commence par regarder ailleurs puis qu’on y adapte la réglementation.

        Par contre il nous importe de comprendre pourquoi ça marchait d’abord si bien (quand quelqu’un gagne beaucoup d’argent ça fait pas sérieux de le critiquer) et pourquoi ça se plante ensuite (après le désastre on a un peu plus de chance de se faire entendre en dénonçant ce qui risque fort de recommencer.)

        C’est un peu comme Fukushima: ceux qui dénonçaient les erreurs du nucléaire au Japon avant l’accident n’avaient aucune chance de se faire entendre. Après l’accident il importe de démontrer les fautes commises parce qu’on a un peu plus de chance de faire reculer le shmilblick. Le rapprochement n’est pas stupide, dans les deux cas on a des techniciens qui proposent de faire des bêtises et des décideurs qui décident de choses qu’ils ne cherchent même pas à comprendre puisque «nous n’avons pas d’inquiétudes à avoir, tout le monde fait comme ça». Dans le cas du nucléaire je suis mieux placé pour savoir comment les techniciens arrivent à se persuader les uns les autres qu’ils sont fondés à proposer leurs bêtises!

    3. Le système médiatique a produit et continue de produire des générations de barbares idolâtres incapables, par construction, de se concentrer sur quoi que ce soit plus de dix minutes. Bref, on est mal barrés

      Si t’as pas une paire de Nike à 11 ans, t’a raté ta vie 🙂

  4. Très bon article , votre dernière phrase « Les politiques qui n’ont pas su être à la hauteur ne doivent plus pouvoir être autorisés à continuer dans leur domaine car eux non plus, n’ont pas les qualités professionnelles requises. » m’a renvoyé a cet article

    Eric Besson a été le premier ministre étranger à se rendre, mardi, sur le site même de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ravagée par le tsunami du 11 mars dernier. À l’issue de sa visite qu’il a effectuée revêtu d’une combinaison blanche de protection, masqué, ganté et chaussé de deux paires de surbottes, le ministre s’est dit «globalement rassuré». Lors de la visite qu’a suivie Le Figaro, «nous avons constaté qu’il n’y a pas de radioactivité forte autour de la centrale», a commenté le ministre. En deux heures de visite, principalement en bus, à quelques pas des réacteurs 3 et 4 éventrés, Éric Besson a reçu une dose de 0,033 millisieverts (mSv), soit environ 140 mSv s’il restait toute l’année. L’équivalent de sept fois la dose annuelle autorisée pour un travailleur du nucléaire en France. Mais dans certains villages a l’entrée du périmètre évacué de 20km autour de la centrale, le gouvernement envisage un retour éventuel des habitants dans l’année.

    Autre point rassurant souligné par le ministre: le bilan sanitaire sans rapport avec les «chiffres astronomiques qui ont circulé». Si le tsunami du 11 mars a fait environ 20.000 morts, pas un travailleur n’a reçu de dose radioactive mortelle, a confirmé Akio Komori, directeur chez Tepco, l’exploitant de la centrale. Deux employés de la centrale ont été tués par le tsunami. Vingt-huit ont reçu une dose supérieure a 150mSv dont «quelques uns plus de 500mSv. Les spécialistes s’accordent pour dire qu’au delà de 100mSv, le risque de cancer s’accroît. Selon Akio Komori, ces salariés, sous surveillance médicale, ne présentent pas de symptômes.

    lien article
    http://www.lefigaro.fr/international/2012/02/21/01003-20120221ARTFIG00268-en-visite-a-fukushima-eric-besson-se-veut-rassurant.php
    lien sur les ouvrier du 15mars 2011
    http://www.gen4.fr/blog/2012/02/lincroyable-histoire-des-50-de-fukushima-commence-%C3%A0-faire-surface-malgr%C3%A9-les-pressions-de-tepco.html

  5. Je me permets de redonner le lien que j’avais déjà mis dans les commentaires de l’article précédent tant il me semble que l’interview de ce banquier allemand illustre parfaitement votre article: ( l’interview est malheureusement en anglais)

    http://bcove.me/tcrbw38k

    Voici également le lien vers le site de l’économiste grec, Yanis Varoufakis, auteur de l’interview:

    http://yanisvaroufakis.eu/

    1. Papimam
      Bonjour
      Vous distribuez aussi ,courrier Picard en première page,
      Il est là le peuple qui va souffrir
      Comment faire ?

  6. Moi qui suis honnête quand j’emprunte ce n’est pas pour boucher un trou mais faire de l’investissement productif.
    Je n’avais pas imaginé une seconde que les prêts de 130 milliards aux grecs n’étaient que du déplacement de crédit , je pensais naïvement que c’était pour payer des biens et services , mais non , c’est seulement pour rembourser des préteurs.

  7. J’ai bien retenu la citation « Dieu a fait naitre les hommes inégaux et c’est le Colt qui les rendus égaux ». A retenir absolument car finalement les Banquiers dans ce cas sont des super-snipers.

  8. Bien dit !
    Cependant un détail me chiffonne: exiger des élus une compétence professionnelle » est un déni de démocratie.
    Vouloir « professionnaliser » les fonctions électives est un non sens démocratique.
    Et la porte ouverte à tous les abus.
    Chaque fois qu’un régime autoritaire ou franchement anti-démocratique
    veut se refaire une popularité, ou justifier son existence, il déclare
    les ministres « a-politique » , ou « professionnel » dans leur domaine.
    C’est vérifié, de Pétain ( le gouvernement des « jeunes cyclistes et des vieux romains » de Darlan) aux Généraux argentins, vrais assassins et parfait incompétents militaires .

    L’ élection investit l’élu d’une compétence naturelle dans tout ce qui concerne son mandat.
    C’est un crédo.
    L’ élection est une sélection qui devrait permettre l’élimination des incapables
    par nature. Et il appartient à l’ élu de s’entourer d’ auxilliaires à la hauteur
    et de refuser de s’impliquer dans la « complexité » de ses fonctions.
    Selon la position de l’élu, ce refus implique une législation ou des règlements
    choisis pour leur clarté.
    Au vu du foisonnement des texte officiels obscurs et mal rédigés, Europe et France,
    ou d’une taille délirante aux USA ( 1200 pages pour une « loi » sur la Banque…)
    on peut dire que la complexité est voulue pour tromper l’électeur et le citoyen.

    Une Démocratie digne de ce nom exprime en actes, principalement écrits, une orientation
    ou une volonté politique choisie par le corps électoral.
    C’est une fonction « administrative » à maitriser, mais terre-à-terre et sans mystère.

    1. L’ élection investit l’élu d’une compétence naturelle dans tout ce qui concerne son mandat.

      Dans une démocratie faite de « Majeurs » j’acquiesce. Dans le contexte actuel, permettez moi d’en douter.
      http://www.les-crises.fr/representativite-democratique/

      Il faut ré-instruire et responsabiliser pour que la démocratie vive. Il faut aussi supprimer la spéculation des votes utiles en interdisant les sondages.

       » La paresse et la lâcheté sont les causes qui expliquent qu’un si grands nombre d’ hommes après que la nature les a affranchis depuis longtemps d’une direction étrangère, restent cependant volontiers leur vie durant mineurs, et qu’il soit si facile à d’autres de se poser en tuteurs des, premiers. Il est si aisé d’être mineur! Si j’ ai un livre qui me tient lieu d’ entendement, un directeur qui me tient lieu de conscience, un médecin qui décide pour moi de mon régime, etc., je n’ ai pas besoin de penser ,pourvu que je puisse payer, d’autres se chargeront bien de ce travail ennuyeux. Que la grande majorité des hommes tienne aussi pour très dangereux ce pas en avant vers leur majorité, outre que c’est une chose pénible ,c’est ce à quoi s’emploient fort bien les tuteurs, qui, très aimablement, ont pris sur eux d’ exercer une haute direction de l’humanité. Après avoir rendu bien sot leur bétail, et avoir soigneusement pris garde que ces paisibles créatures n’aient pas la permission d’oser faire le moindre pas hors du parc où ils les ont enfermées, ils leur montrent le danger qui les menace, si elles essaient de s’aventurer seules au dehors. Or ce danger n’est vraiment pas si grand , car elles apprendraient bien enfin, après quelques chutes, à marcher , mais un accident de cette sorte rend néanmoins timide, et la frayeur qui en résulte détourne ordinairement d’en refaire l’essai. Il est donc difficile pour chaque individu de sortir de la minorité, qui est presque devenue pour lui nature.

      Kant, Qu’est-ce que les lumières ?

    2. Merci pour cette question : Un élu peut-il revendiquer son incompétence et son droit « démocratique » à l’ignorance ?
      NON ! S’il n’a pas les connaissances techniques ad hoc, il a le pouvoir et des moyens financiers de se faire conseiller avant de décider. Il faudra certes qu’il fasse confiance à d’autres qu’il aura sélectionnés. J’appliquerais volontiers le droit qui vaut sur les pentes de ski : c’est celui qui est situé le plus haut dans la hiérarchie qui voit le plus loin et qui est capable de voir plus loin encore s’il se donne des moyens particuliers. Bref, nous n’avons pas tous le même droit aux mêmes erreurs selon nos références personnelles. Et quand on rentre en politique, il faut l’assumer !
      Les agences de notation ont longtemps tenté de faire croire qu’elles ne donnaient qu’une opinion banale alors qu’elles disposent des moyens techniques considérables pour émettre un avis professionnel. Elles sont aussi des entités responsables !
      Certes il faut une certaine capacité d’analyse pour apprécier une situation donnée et surtout pour envisager une « évolution intéressante » pour la communauté donc s’engager dans un projet ou un autre. Une transparence totale n’est sans doute possible et certains dossiers relèvent vraiment du secret au moins provisoirement mais nous évoquons ici une gestion banale, dite « en bon père de famille »
      En France, le concept moderne de Démocratie est lié à celui de Citoyenneté né avec « les Lumières », dans le sens anglais ou allemand de cette période c’est-à-dire d’un droit partagé à la connaissance, à l’éducation et l’information.
      Et ce droit est continuellement remis en question par la novlangue, la communication et d’autres pratiques aussi douteuses, autant de manières d’infantiliser le débat ! Il faudra contextualiser avant de hiérarchiser les paramètres sélectionnés – selon la belle expression de Mona Ozouf – pour construire une connaissance qui en affronte d’autres.

      1. D’accord sur le fond. Une véritable démocratie est une démocratie de milice. C’est à dire, à mon sens, composée de gens dont le métier est ailleurs, mais qui s’engagent pour la communauté en apportant avec eux leurs expériences diverses en support. Halte aux politiques professionnels, anguilles du verbe.
        Neuf êtres humains sur dix, même éduqués ad minima, sont capables de se mettre dans une situation donnée, et, en utilisant leur bon sens sincère et en prenant conseil, peuvent prendre les décisions les moins mauvaises pour leur communauté. Le problème principal vient des grands ensembles (pays, entreprises) ou la distance entre le bas et le haut permet tous les enfumages.

      2. Toujours cette idée par laquelle on se fait plaisir : les élus sont incompétents ou mal conseillés. Je crois au contraire qu’ils sont souvent des gens intelligents et qui savent s’entourer (on n’arrive pas au pouvoir tout seul). Ils ont leur part dans leur réussite mais ils sont aussi le produit d’une classe, d’une caste, d’un groupe d’intérêt. Les sociologues Michel et Monique Pinçon-Charlot le démontrent : la classe bourgeoise a une sociabilité, une éducation, un capital culturel dont elle se sert pour assurer sa domination sur la société. Elle est capable de sélectionner parmi les siens les plus capables de la représenter. S’ils nous paraissent stupides, c’est que nous ne savons pas analyser la logique de leur politique et non parce qu’elle serait inconséquente. C’est aussi souvent parce que nous croyons naïvement qu’ils sont au service de l’intérêt général, que l’Etat est là pour chercher le bien du plus grand nombre : quelle erreur !

        Les lobbies qui entourent nos élus sont eux aussi composés de professionnels formés à leur métier et experts dans leur domaine (qui est la défense des intérêts d’un groupe social : d’une industrie, d’une profession etc.). Ils conseillent bien même quand ce qu’ils préconisent nous parait criminel ou contraire au bon sens (mais le plus souvent, nous ne savons rien de leur action).

        La stupidité, c’est chez nous qu’il faut la chercher : dans nos têtes. C’est comme quand on aborde un auteur difficile : souvent on a l’impression d’être en mesure de le réfuter en trois phrases. C’est qu’il y a quelque chose qui nous échappe. Il faut se demander : qu’est-ce que je n’ai pas compris ?

      3. « Elles sont aussi des entités responsables ! » Pas vraiment. Lorsqu’elle annonce « par erreur » une dégradation, le dégradé ne peut l’attaquer en réparation.
        « Troisième problème technique, c’est la responsabilité des agences de notation qui est mise en cause par un certain nombre de décisions judiciaires aux États-Unis. Jusqu’à présent, les agences de notation se réfugiaient derrière le principe de liberté d’opinion pour ne pas voir leur responsabilité mise en cause en cas d’erreur sur les opinions qu’elles délivraient. C’est inacceptable. On ne peut pas assimiler une agence de notation à un organe de presse. Un investisseur n’attend pas après l’avis d’un journaliste, aussi initié soit-il, pour décider d’investir, ce qui n’est pas le cas d’une agence de notation. L’agence de notation a pour objet d’émettre des avis techniques et c’est sur la base de ces avis que les investisseurs vont se prononcer pour engager leurs investissements, ou non. Le fait, pour les agences de notation, de se réfugier derrière le principe de liberté d’expression qui protège la presse est une hérésie totale. »
        Alain Gauvin

      4. @Mike
        démocratie de milice. milice n’est pas le bon mot. Souffrez que je ne Laval.
        Démocratie et milice ne sont pas des mots qui peuvent coexister.
        Essayez avec « démocratie de gens conscients et incorruptibles sur l’idée de bien commun »

      5. @ Lemoine
        Très d’accord avec vous. J’arrive simplement au même constat par expérience et non par concepts acquis.. Ce qui n’est pas incompatible et certainement votre cas aussi.

        Pour Mme Farista. Vos référents sont les votres. Je m’attache à une origine, donc à un mode de fonctionnement plus ancien de ce terme. Je ne suis pas français même si j’ai vécu en vos contrées. Souffrez donc que la représentation que vous faites de ce mot me semble bien trop émotionnelle, conventionnelle, médiatiquement convenable, rapportée, figée dans les espris bien pensants, etc…

      6. @Miky
        Toujours cet égo sur dimensionné qui vous fait ergoter. Cessez donc de vous mirer. Trouvez vous juste convenable et vous apprécierez de pouvoir communiquer en bonne intelligence.
        Pour rester dans vos fonctionnements ……Une phrase toute faite ??

      7. @ Lemoine
        Le pb n’est pas de juger que les élus sont incompétents. Ils sont surement bien plus compétant que la plupart d’entre nous, je vous rejoins. Mais là n’est pas le pb soulevé.
        Le pb c’est qu’ils n’appliquent pas leur compétence pour le mandat pour lequel ils ont été élus, et, comme vous le soulignez très bien, n’exercent pas du tout leur pouvoir dans l’intérêt général.

        Et cela depuis la nuit des temps, quelque soit le système, arrêtons de se leurrer une fois pour toute en aboyant sur le libéralisme, le communisme, etc, etc,… Là n’est pas le vrai pb.

        La seule façon, très utopique, de faire en sorte que les élus(élites) soit au service du peuple et non l’inverse, c’est de rendre ce peuple « Majeur » au sens de Kant cité plus haut. Il est d’ailleurs possible, qu’une fois en majorité… « Majeur », le peuple puisse même se passer d’élus et d’Etat. C’est très utopique, mais c’est pour moi le seul combat intelligent à mener: libérer les peuples en les aidant à devenir responsables et Majeurs. Le premier moyen pour y parvenir est évidemment l’accès à l’information et l’instruction, comme Mandela le rappelle mainte et mainte fois.

        C’est utopique et n’arrivera probablement jamais, car les élites s’accrochent à leur pouvoir, et s’ils sentent un vent de fort révolte, ils tentent de nous ré-abrutir (=ré-posséder). C’est pour cela qu’internet, seul source d’info qui leur échappe encore, va être de plus en plus attaqué ou détourné.
        Faites des copie des infos encore disponibles qui vous paraitront utile. Et prévoyez un format non numérique…

      8. @bizbee
        Je comprends que vous voudriez substituer au combat politique contre le libéralisme économique et ses conséquences un combat pour l’émancipation politique et humaine. Seulement l’émancipation humaine ne passe-t-elle pas par la lutte contre toutes les formes d’oppression et donc par la lutte contre l’oppression économique.

      9. Seulement l’émancipation humaine ne passe-t-elle pas par la lutte contre toutes les formes d’oppression et donc par la lutte contre l’oppression économique.

        C’est vrai, mais cette lutte ne doit pas être une fin en soi. Si on se contente de cette lutte, on ne fera que dégager le terrain pour une nouvelle forme d’oppression qui remplacera l’ancienne. N’est-ce pas ce qui se passe depuis la nuit des temps?
        N’est-ce pas depuis la mise en place généralisée de l’instruction et de l’alphabétisation que l’émancipation des peuples a gagner bcp de terrain?

        Se tromper de combat, c’est s’assurer que tout recommencera.

  9. En 2004, déjà, un audit avait été produit, qui montrait que les comptes publics étaient sans rapport avec les comptes officiels et cela grâce à Goldman Sachs qui avait aidé le gouvernement grec à camoufler des dettes par des swaps permettant de les sortir de la comptabilité publique.
    Aujourd’hui (12/02/12), Francesco Garzarelli, cadre chez Goldman Sachs, nous dit : « L’accord sur l’effacement d’une partie de la dette de la Grèce va anéantir le danger systémique qui menace la zone euro », « Cet accord sur les finances publiques va contribuer à la transformation de vieux titres des Etats –grecs, italiens ou espagnols– en une dette de l’ensemble de la zone euro. Ainsi le pouvoir de l’ensemble (de la zone euro) ne sera pas menacé par la maillon faible (…), la zone euro sera stabilisée ».
    Et hop ! Ni vu, ni connu, je t’embrouille.

    Les vrais responsables de cette situation sont connus, il ne va pas falloir se tromper de colère…

    Qui sont les truqueurs ? J’oubliais des infos que tout le monde sait :
    – Le nouveau premier ministre PAPADEMOS était Directeur de la banque centrale hellénique entre 1994 et 2002 pendant les opérations de trucage,
    – Le nouveau Président de la Banque Centrale Européenne Mario DRAGHI était vice-président de Goldman Sachs pour l’Europe entre 2002 et 2005,
    – Le nouveau Président du Conseil italien Mario MONTI, était conseiller à l’international pour Goldman Sachs depuis 2005.

    J’ai encore entendu aujourd’hui un chroniqueur dans l’émission phare de RMC que c’était la faute du peuple grec qui n’avait pas su élire des gens responsables. Et maintenant, sous la pression de l’Europe, on place sans élire un PAPADEMOS qui était dans le clan des barbouzes qui tripatouillaient du chiffres pour l’entrée de la Grèce dans la zone euro ?

  10. Ben, moi j’ai plutôt tendance à penser que les ressorts de la crise sont identiques dans chaque pays, mais que les conséquences se font ressentir plus ou moins rapidement et plus ou moins intensément en fonction du nombre de citoyens qu’occupent chacun des pays.
    Un raz de marée ou un tsunami est plus dévastateur qu’une vague dans un étang, et sa gestation est beaucoup plus longue, bien que dans les deux cas le facteur déclenchant soit soudain et qu’il peut être identique.

  11. excellent
    la question que l’on peut se poser ;
    pourquoi , après avoir donné tant d’espoir lors de son élection ,prix Nobel etc, Obama a pour faire face à la crise des subprimes repris la même équipe à la tête des leviers économiques et notamment
    bernanke celui-ci d’ailleurs égratigné récemment par Paul jorion dans sa rubrique « le temps qu’il fait »
    pourquoi donc a t’il choisi walstreet contre mainstreet !!0!!

    1. « Pourquoi Obama a choisi WallStreet plutôt que MainStreet ? »
      Peut-être parce qu’il était financé par WallStreet, il l’est toujours d’ailleurs. Une loi a même été votée pour que le « financement/sponsoring/lobbying » des campagnes électorales n’ait plus de limites.La fin de la primauté du dollar sur le citoyen américain n’est pas pour demain.

      1. Il faut tout de même rendre à César ce qui est à César.
        Ce n’est pas une loi mais une décision de la Cour suprême des Etats-Unis intervenue en janvier 2010. A l’époque Obama avait critiqué sévèrement la décision.

    2. un pantin et un pantin, c’est la version de l’homme de paille en politique.
      n’oubliez jamais que propagande et marketing sont le fort des anglo saxons nous sommes des naïfs à côté…

  12. Les crédits subprimes, la titrisation précipitent la crise et l’aggrave dès que la conjoncture se retourne. Mais sont-ils pour autant la conséquence d’une « insuffisance professionnelle » de leurs inventeurs ? Expliquer un phénomène économique d’ampleur historique par la sottise ou par la vilenie n’est vraiment pas satisfaisant. Un homme peut être stupide ou indélicat, une profession ou un Etat peuvent fonctionner selon des logiques par lesquelles l’intelligence se retourne contre elle-même mais c’est autre chose.

    Les subprimes et la titrisation n’ont-ils pas été inventés parce que la crise était déjà là ? Nous avons eu la crise des nouvelles technologies, la crise asiatique, la crise argentine, la crise russe (j’en oublie certainement). Un système de plus en plus instable donc et en crise récurrente reposant sur un mécanisme fondamental : la suraccumulation du capital. (Ce que Paul Jorion, si j’ai bien compris, exprime en pointant un niveau d’inégalité insupportable). Les subprimes ne permettaient-ils pas à l’économie américaine de fonctionner en régime de surproduction permanente, c’est-à-dire de continuer à accumuler (par le profit) alors même que le système avait déjà atteint un niveau de tension fatal ?

    1. Voilà un angle de vue original et intéressant même si le fait de « fonctionner en régime de surproduction permanente » n’est pas loin de « la sottise » et de « la vilenie » . 😉

      1. Ne soyons pas trop compliqués : une société en surproduction permanente, c’est ce que nous avons sous les yeux = une économie qui ne se maintient qu’en stimulant constamment la demande par l’obsolescence programmée, par une publicité omniprésente qui veut convaincre d’avoir toujours le dernier objet à la mode quitte à s’endetter etc.
        Le summum est atteint quand on construit des maisons qu’on vend à des acheteurs insolvables qui les paient avec des crédits qui ne seront pas remboursés et qu’on s’en tire en noyant ces crédits dans les méandres de la finance, puis la chute venue qu’on parvient à refiler tout çà aux Etats qui ruinent leur peuple. Et il ne reste plus qu’à trouver une nouvelle bulle à gonfler pour en tirer le maximum.

        Ce n’est ni fou ni idiot, sinon il faudrait déclarer fou celui qui est atteint d’une maladie mortelle et qui retarde l’échéance en prenant un médicament qui sera toujours finalement inefficace (quand il sait qu’il n’en existe pas d’autre).

    2. Le capitalisme financier ne vit que de bulles, donc à la réponse les subprimes ont ils été une fuite en avant, une cavalerie de plus, la réponse est oui, maintenant la cavalerie elle est sur l’Europe en attendant sa prochaine victime, c’est comme les sauterelles de la bible…sans le subprime s’en était fini de la croissance américaine après la bulle internet, il fallait bien inventer du neuf pour continuer à vendre et à fabriquer des dettes….car cette finance là c’est du Ponzi à la puissance infini………….il faut sans cesse de nouvelles dettes à un rythme endiablé pour tenir le monstre hors de l’eau….

    3. @ LEMOINE 21 février 2012 à 18:43

      Les subprimes ne permettaient-ils pas à l’économie américaine de fonctionner en régime de surproduction permanente, c’est-à-dire de continuer à accumuler (par le profit) alors même que le système avait déjà atteint un niveau de tension fatal ?

      On a tout lieu de le penser.

      Les moins éclairés des acteurs économiques, qu’ils aient été des particuliers (emprunteurs subprimes et autres) ou des Etats (Europe du Sud) ne tenant pas compte des limitations physiques que la planète, continuaient à croire à la poursuite de la croissance, comme avant.

      Les plus éclairés des acteurs économiques ou les meilleurs gestionnaires, ont profité de la gloutonnerie des moins éclairés pour améliorer leur balance commerciale et accumuler des excédents afin d’être en meilleure posture pour affronter la baisse de croissance, voire pire.

      Ce fut le cas des pays du BRIC et de l’Allemagne qui, pour ce faire, a freiné sa consommation depuis une dizaine d’années, en tenant compte des prévisions du rapport Meadows.

      Le premier graphique donné par le document ci-après, montre que la production industrielle par tête au niveau planétaire devrait tomber, en 2030, au niveau de ce qu’il était en 1950. Il est tout a fait logique que l’Europe, avec ses coûts de production élevés et ses Etats endettés, soit la première à souffrir.
      http://storage.canalblog.com/52/19/338284/34742826.pdf

      1. @ Jducac

        « l’Allemagne qui, pour ce faire, a freiné sa consommation depuis une dizaine d’années, en tenant compte des prévisions du rapport Meadows. »

        Vous continuez à prendre vos désirs pour la réalité. Pour quelqu’un de soi-disant pragmatique et réaliste, ça la fout mal.

        Quelques stats pour vous prouver que là encore, vous avez tout faux.
        Vous verrez que sur ce graphique, la diminution des dépenses de consommation commence en 2008 comme c’est le cas aussi en France, en Italie, etc…, et globalement dans toute la zone euro.

        L’Allemagne, pas plus que les autres, ne s’est montrée meilleure élève sur ce plan-là. Elle a subi simplement de plein fouet la crise de 2008. En outre, comme le montre le graphique, vous constaterez que jusqu’en 2008, sa consommation a augmenté.

        Il est donc faux d’affirmer que l’Allemagne aurait prise des décisions pour freiner sa consommation, et encore plus faux d’affirmer qu’elle l’aurait fait en tenant compte des conclusions du rapport Meadows. Même si votre prémisse avait été exacte, il aurait été plus juste de la relier causalement à une recherche de compétitivité, et non pas à une quelconque recherche d’équilibre de l’écosystème mondial pour la simple raison que l’Allemagne, comme les autres, continuent à baser sa stratégie sur le mythe d’une croissance illimitée.

        Que l’Allemagne soit en meilleure santé économique grâce à sa balance commerciale excédentaire, c’est un fait, mais qui ne doit pas donner l’illusion que ce modèle pourra être pérenne dans un environnement qui s’appauvrit. Un jour ou l’autre et faute de moyens, ses principaux partenaires commerciaux finiront par diminuer leurs commandes. C’est le cercle vicieux de la concurrence acharnée qui enrichit les uns et appauvrit les autres et repose sur le jeu à somme nulle.

        En outre, cette « belle » santé économique ne doit pas faire oublier l’augmentation de la précarité et de la pauvreté, et l’état déplorable des finances locales, l’endettement des municipalités allemandes atteignant des sommets. Tout n’est pas rose chez nos amis germaniques et le prix à payer devient socialement intenable, là comme ailleurs.

      2. @ Fod 22 février 2012 à 10:41
        Vous avez entièrement raison le freinage des salaires n’a pas freiné la consommation des ménages allemands.

        Mais où serait allé le surcroît de revenu si depuis 2000 les salaires allemands et surtout le revenu disponible avait cru comme en France durant la même période ? La balance commerciale comme vous le reconnaissez n’aurait pas été aussi brillante, ce qui n’a fait qu’aller dans le sens d’un enrichissement du pays.

        N’oubliez pas, de plus, que simultanément au freinage de l’augmentation des salaires, il y eu augmentation de la TVA de 3% en 2007 ce qui a amené un moindre déficit de l’Etat allemand et donc un moindre recours à l’emprunt donc un moindre appauvrissement du pays. Remarquez au passage que cette augmentation n’a pas eu d’influence négative sur la consommation allemande, alors que pour une augmentation prévue pour 2012 de seulement 1,5 % on crie à l’écorché vif chez nous en France.

        Il est donc faux d’affirmer que l’Allemagne aurait pris des décisions pour freiner sa consommation, et encore plus faux d’affirmer qu’elle l’aurait fait en tenant compte des conclusions du rapport Meadows

        Cela ne vous gêne pas de dire «et encore plus faux d’affirmer qu’elle l’aurait fait en tenant compte des conclusions du rapport Meadows » ?

        Quelle preuve avez-vous pour accuser de la sorte ? Aucune !
        N’avez-vous pas compris que c’est par une confrontation d’idées et d’informations qu’on arrive à cerner la réalité qui, pour moi est la seule chose qui importe ?
        http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2012/02/21/20002-20120221ARTFIG00630-cout-du-travail-l-avantage-de-l-allemagne-confirme.php

        Pensez-vous qu’un chef d’Etat consciencieux, celui qui voit au-delà de ses propres petits intérêts personnels et qui est conscient de son rôle en matière d’anticipation, tient pour négligeable les études telles que celles du MIT ou de Paul Chefurka ? Pensez vous qu’on néglige de prendre en compte de tels éléments d’information, surtout quand on se sait à la tête d’un pays industriel à priori parmi les plus exposés aux prévisions de décroissance de la production industrielle par tête, au niveau mondial ?

        Rien, non plus, permet de dire que les dirigeants Chinois par exemple, n’ont pas pris en compte ces travaux d’étude et n’en n’ont pas fait établir par leurs propres spécialistes pour se décider à se lancer à fond dans la production industrielle, tout en maintenant les salaires très bas. Pensez-vous qu’un régime communiste freine les salaires pour seulement mieux permettre aux nombreux millionnaires et milliardaires chinois de s’enrichir davantage ?

        Personnellement je ne le crois pas. Je crois plutôt que les populations de la planète sont engagées dans une guerre économique planétaire « pour la survie » et que l’arme utilisée est la compétitivité.La combativité se gagne par l’innovation à la charge de la population la mieux instruite à la fois travailleuse, économe et plus combative que jouissive. Tandis qu’incombe à l’autre partie de la population, le devoir de « travailler beaucoup et bien, tout en consomment le moins possible ». Le pays étant uni dans ce même objectif qui exige aussi une volonté d’épargne pour assurer l’investissement.

        Forcément, les populations qui s’en sortiront le mieux, sont celles qui auront choisi les chefs les mieux en mesure de leur montrer le chemin du courage, de l’effort et de la compétitivité et non ceux qui prônent une politique du care et du rêve.

      3. Personnellement je ne le crois pas. Je crois plutôt que les populations de la planète sont engagées dans une guerre économique planétaire « pour la survie » et que l’arme utilisée est la compétitivité.La combativité se gagne par l’innovation à la charge de la population la mieux instruite à la fois travailleuse, économe et plus combative que jouissive. Tandis qu’incombe à l’autre partie de la population, le devoir de « travailler beaucoup et bien, tout en consomment le moins possible ». Le pays étant uni dans ce même objectif qui exige aussi une volonté d’épargne pour assurer l’investissement.

        ouille, ça fait mal aux yeux…
        Et pourquoi à tout prix prendre part à cette guerre? En tant que citoyen éclairé, c’est vraiment ce que vous souhaitez? A un moment, on se demande si le jeux en vaut toujours la chandelle. Je pense qu’on atteint le point critique, d’où de grands mvts de révoltes à venir.

      4. @ jducac

        « Je crois plutôt que les populations de la planète sont engagées dans une guerre économique planétaire « pour la survie » et que l’arme utilisée est la compétitivité. »

        Pour la survie de qui, de quoi ? La leur ou celle de l’espèce ? Si c’est le cas, ce n’est pas le même combat, la deuxième imposant une redéfinition du concept de croissance dont le fer de lance est aujourd’hui la compétitivité, compétitivité qui a pour seul but la survie et la domination économique, rien qui ne soit en rapport de près ou de loin avec une quelconque volonté de préserver la vie et encore moins la survie de l’espèce. Le problème de la survie de l’espèce, si tant est qu’il existe, ne se règlera certainement pas à coup de compétition et de surenchère agressive permanente.

        Personnellement je ne le crois pas.

        Voilà tout est dit. Tout chez vous repose sur la croyance, une foi aveugle. Croyance ne veut pas dire vérité et pour tout dire, elle est même opposée à l’esprit éclairé qui fonde ses convictions, non pas sur une simple croyance mais sur des études et des analyses approfondies tant théoriques que pratiques et de réelles connaissances, un travail de longue haleine dépassant le cadre étroit de l’expérience personnelle qui en restera toujours, dans la majorité des cas, au stade premier et arbitraire de la subjectivité.

        Quelle preuve avez-vous pour accuser de la sorte ?

        1°) Avant d’accuser les autres de ne pas avoir de preuves contraires à vos allégations, commencez par nous apporter des preuves validant vos arguments. On en rediscutera après.

        2°) Comment voulez-vous que l’on puisse apporter une preuve contraire à quelque chose qui n’existe pas ou repose sur vos phantasmes ? Cela revient à discuter de l’existence de Dieu ou du sexe dans anges. Tout chez vous reposant sur des croyances – suffit de voir l’inconsistance de vos preuves pour en être assuré – et devant votre refus obstiné face aux arguments qui vous sont opposés, toute discussion vire à la métaphysique, donc autant dire à la spéculation pure et simple.

      5. @ bizbee 22 février 2012 à 18:47

        Et pourquoi à tout prix prendre part à cette guerre? En tant que citoyen éclairé, c’est vraiment ce que vous souhaitez? A un moment, on se demande si le jeu en vaut toujours la chandelle. Je pense qu’on atteint le point critique, d’où de grands mvts de révoltes à venir

        D’abord une guerre économique est une compétition pacifique. L’intelligence, le courage, la sobriété de consommation et la solidarité dans l’effort, sont récompensés en échange de la possibilité de vivre.

        N’allez-pas me dire que vous prenez pour quantité négligeable le mal que se sont donné vos ancêtres connus ou inconnus depuis des millénaires. Ils se sont battus individuellement et collectivement pour survivre et pour que vous, vous puissiez vivre. Vous leur devez votre vie et votre niveau de vie et voila que dans une attitude qui s’apparente à celle d’un d’enfant gâté et égoïste, en oubliant ceux qui vous suivront et qui devraient vous être chers, vous voulez baisser les bras ?

        Cela ne vous gêne pas de renoncer à fournir les efforts et le courage qui vous incombent à votre tour ? Pensez-vous que sur les 7milliards d’individus présents sur notre planète, il n’y en aura pas qui se dévoueront pour relever le défi de l’effort moral à fournir et prendre votre place ?

        Plutôt que de se laisser aller à des mouvements de révoltes voués à d’inutiles destructions de vies et de biens, ce qui ne témoignent pas d’une grande intelligence, il y a mieux à faire pour un homme du 21ème siècle qui veut se comporter raisonnablement et dignement.

        C’est pour cette raison qu’il faut inciter à la réflexion afin que nos congénères finissent par comprendre d’eux-mêmes, qu’il n’y a pas d’autre solution que de réduire collectivement notre train de vie pour continuer à vivre en paix, entre nous tous, riches et pauvres, beaux et lais, cultivés et ignorants, habiles et plus naïfs. C’est ce qui fait une communauté de vie harmonieuse et réaliste parce que capable de survivre en bonne entente selon les lois naturelles qui s’imposent à nous, êtres vivants contraints de vivre collectivement intelligents, en dépit de nos inégalités de situation.

        Les communautés qui ne sauront pas faire partager cette vision de la vie, s’entredéchireront, s’affaibliront et de ce fait seront submergées, délogées, éliminées par celles qui auront su rester soudées malgré leurs inévitables inégalités internes comme il y en a toujours eu et en existera toujours.

        Ça n’est pas la fin de l’humanité !

        De grâce œuvrez pour éviter la venue de mouvements de révoltes. Ce ne sont pas des jeux pour gens éclairés.

      6. @ jducac

        « une guerre économique est une compétition pacifique »

        Celle-là vaut son pesant de cacahuètes. Est-ce de la naïveté ou pire ?

        Quand on lit « L’horreur économique » de Viviane Forrester, « Ah Dieu que la guerre économique est jolie ! » de Labarde et Maris ou que j’entends un de mes ex-patrons vociférer qu’ « un bon concurrent est un concurrent mort », j’ai plutôt la conviction du contraire.

        Allez dire que la guerre économique est une compétition pacifique aux Grecs, à toux ceux qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, à tous ceux qui aujourd’hui sont les victimes expiatoires des plans sociaux consécutifs aux délocalisations, etc…! Faites nous ensuite un résumé que l’on se marre un peu.

      7. @ jducac
        Vous même citiez le rapport de Meadows.
        Comment pouvez vous écrire, après l’avoir lu que:

        D’abord une guerre économique est une compétition pacifique. L’intelligence, le courage, la sobriété de consommation et la solidarité dans l’effort, sont récompensés en échange de la possibilité de vivre.

        Vous êtes dans le déni ou vous êtes stupides, désolé d’être désagréable…
        Vous devriez demander à eux;
        http://www.youtube.com/watch?v=RnraeaVXamk
        ce qu’ils pensent de cette compétition pacifique…

      8. @ Fod 23 février 2012 à 09:56 & @ bizbee 23 février 2012 à 10:51
        Pensez-vous qu’il suffise de s’étendre sur le début d’un commentaire pour masquer votre gêne à répondre sur le corps, la partie dure et profonde du texte, sur laquelle, l’un comme l’autre vous êtes d’un silence assourdissant ? Citer ce qu’ont dit les autres ne renseigne en rien sur le résultat de vos propres réflexions et arguments. N’en n’avez-vous pas ?

        Personnellement, je ne suis pas du tout gêné pour vous répondre sur la « guerre pacifique ». Mais dès maintenant, pour vous permettre de vous familiariser avec cette expression, je vous propose deux liens qui ne sont pas sans rapport avec le sujet abordé.
        http://www.lexpress.fr/actualite/monde/la-guerre-pacifique-entre-la-chine-et-les-etats-unis_832268.html
        http://www.letemps.ch/Page/Uuid/baad31b2-7a61-11e0-8ecf-9463e9ca4bd2/Planification_patrimoniale_une_guerre_pacifique_et_salutaire

        Si vous avez besoin de davantage de commentaires sur « D’abord une guerre économique est une compétition pacifique. L’intelligence, le courage, la sobriété de consommation et la solidarité dans l’effort, sont récompensés en échange de la possibilité de vivre. » j’y répondrai, c’est promis, lorsque vous aurez répondu aux nombreuses questions abordées par mon commentaire du 23 février 2012 à 08:04

        Bien cordialement.

      9. @ jducac

        Je n’ai aucune gêne sur le fond. Votre présupposé de départ étant faux, inutile d’aller plus loin et de discuter sur le reste de l’argumentation qui se résume à nous expliquer qu’il faut subir, courber l’échine, qu’il n’y a pas d’alternative et que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

        Si vous aviez fait un tant soit peu de commercial, vous sauriez qu’avant d’aller plus loin dans toute négociation, il faut au préalable trouver des points d’accord, des points de convergence, être d’accord sur des définitions communes. Ceci est valable pour toute discussion que l’on souhaite constructive. Or ce n’est pas le cas ici. PJ vous a d’ailleurs fait la même réflexion, il y a quelques jours.

        Quant à l’argument  » Citer ce qu’ont dit les autres ne renseigne en rien sur le résultat de vos propres réflexions et arguments. N’en n’avez-vous pas ?« , il a juste pour objectif de masquer votre propre inculture et de discréditer ceux qui ont fait l’effort de ne pas s’arrêter à vos historiettes du genre « Papa, maman, la bonne et moi ». Ce biais argumentatif dont vous êtes très friand est à ranger dans la catégorie « argumentum ad hominem » voire aussi dans celle de l’ « argumentum a silentio ». Bref des techniques hyper connues pour botter en touche.

        Sortez de chez vous, engagez-vous dans des mouvements citoyens comme je le fais et vous les verrez les méfaits de votre « pacifique » guerre économique.

        Si vous aviez un minimum de connaissances littéraires, vous sauriez que « guerre pacifique » est un oxymore, procédé littéraire et poétique ayant pour objectif de décrire une situation absurde, impossible, inconcevable. L’usage qu’en font les journalistes relève de la novlangue que George Orwell créa dans son roman « 1984 » que vous n’avez probablement jamais lu. « La guerre, c’est la paix. », « La liberté, c’est l’esclavage. », « L’ignorance, c’est la force. ». La guerre pacifique relève du même tonneau et de la même propagande manipulatrice que vous êtes le premier à gober.

      10. @ Fod 23 février 2012 à 15:59
        Je regrette Fod, mais vous n’avez toujours pas traité le fond du sujet. Tout le monde peut constater que vous n’avez pas répondu aux questions essentielles posées le 23 février 2012 à 08:04

        Vous vous êtes contenté de porter des jugements de valeur sur votre interlocuteur. Le pauvre, tout juste capable de raisonner un peu. En effet, vous vous êtes employé à montrer d’où vous tiriez votre force. De votre grande culture, de votre, grand savoir, y compris en citations latines, en fait, de votre capital de connaissances dont vous n’avez pas à rougir, puisque cela vous permet d’en vivre.

        Là où c’est peut-être moins glorieux, c’est quand vous vous servez de cette force, de ce capital de connaissances pour rabaisser votre contradicteur, étaler ses faiblesses, son peu de savoir. Il y a quand même une chose qui me surprends, vous qui savez beaucoup de choses. Ne vous a-t-on pas appris qu’on ne se grandit jamais en rabaissant les autres ?

        Et vous voudriez vous présenter comme l’homme au grand cœur, le protecteur des faibles ?

        Non, cher Fod, vous vous êtes laissé aller à un peu de méchanceté. C’est un signe de faiblesse. Ça peut arriver à tout le monde, même à des gens très forts.

      11. @ jducac

        « vous n’avez toujours pas traité le fond du sujet. »

        Encore faudrait-il qu’il y en ait un ? Cela me rappelle une phrase de Coluche : « Dieu c’est comme le sucre, plus on le cherche, moins on le trouve. » Pour le fond de votre sujet, c’est la même chose.

        « Ne vous a-t-on pas appris qu’on ne se grandit jamais en rabaissant les autres » ?

        Tiens donc ! Seriez-vous donc irréprochable, une blanche colombe immaculée incapable d’une telle bassesse ?
        J’invite vos lecteurs à relire ceci : http://www.pauljorion.com/blog/?p=24982#comment-190780.

        Bonne nuit quand même.

      12. @ Fod 23 février 2012 à 20:41
        Merci pour la bonne nuit ! Elle fut excellente et, comme elle porte conseil, elle m’a ramené au mois de juin 2011. http://www.pauljorion.com/blog/?p=27480#comment-213394

        Après un long détour et de nombreux échanges, nous sommes pratiquement revenus là où nous étions il y a 8 mois sans avoir fait autre chose, selon moi, que de devoir constater nos divergences sur le sens à donner à notre vie.

        D’après ce que je ressens chez vous, « Carpe Diem » semble être à la base d’une philosophie de vie qui vous conduit à ne pas vous préoccuper du futur, tout en le rêvant égalitaire.
        En ce qui me concerne, tout comme se fut le cas pour mes parents, le souci du futur et de devoir œuvrer pour que ceux qui nous suivent puissent vivre, a marqué nos vies.

        Vous et moi avons été conditionnés et formatés différemment, ce qui explique nos divergences de vue. Seuls ceux qui nous suivent jugeront, le moment venu, celle des deux approches leur a été la plus favorable.

        Bien cordialement.

  13. @Julio Béa :
    Vous décrivez le désastre grec et la crise des subprimes comme deux dysfonctionnements, l’accumulation de deux fautes : l’une politique et l’autre professionnelle. Les fautes professionnelles portant sur des sommes astronomiques et le dysfonctionnement de tout un système implique un jugement historique. Or, l’Histoire des idéologies modernes n’est souvent qu’une hagiographie de l’Etat, en l’occurrence pour nous tous ici, l’état capitaliste et sa philosophie libérale. Les vainqueurs de la seconde guerre mondiale et leur philosophie libérale devenue radicale pourront-ils accepter ce jugement historique ? La réponse est non. Le libéralisme implique par définition qu’un acte que la morale réprouve (comme par exemple racketter tout un peuple pour payer les créanciers capitalistes) devient légitime par l’emploi de la persuasion plutôt que la force brute. Le dysfonctionnement que vous décrivez n’en est pas un, c’est le libéralisme économique exercé de manière radical et logique, par la persuasion.

  14. @Julio Béa

    Derrière l’incompétence il y a la confiance qui prévalait alors : celle en un monde économique miraculeusement autorégulateur. Un monde où l’on avait par conséquent banni le risque et son corolaire, la responsabilité. Ce n’est donc pas, à mon sens, un procès en incompétence qu’il faut faire aux banquiers, aux dirigeants politiques et aux prestidigitateurs de la finance — même si cela nous donne le sentiment de prendre au mot ceux qui, soi-disant, « faisaient le job » mais bien plutôt une critique de l’idéologie ultralibérale. Ce qui exige au contraire de quitter la logique toute puissante de l’efficience pour retrouver le sens, non pas de la compétence, mais du devoir politique.

    1. Dans votre raisonnement, il y a une chose qui me gène: vous faites la même chose que les banquiers, dirigeant politiques et prestidigitateurs de la finance: que l’ultralibéralisme est un postulat à tout raisonnement sur le sujet… Ainsi, ils ne faisaient par leur job, comme ils auraient dû le faire. 🙂

    2. Ce qui exige au contraire de quitter la logique toute puissante de l’efficience pour retrouver le sens, non pas de la compétence, mais du devoir politique.
      On peut quand même envisager que « qui a la compétence en a forcément saisi le sens »

    3. Il faut arrêter le rêve là, c’est pas la première crise financière, et les causes depuis la nuit des temps sont toujours les mêmes seule la présentation change, donc dire qu’ils pensaient avoir trouvé le remède en le marché auto régulateur, faut arrêter de cautionner la langue de bois, sinon on va finir par trouver encore des gens pour y croire. Appelons un chat un chat. une escroquerie une escroquerie.

      1. @liervol

        Lisez moi calmement s’il vous plait. Je ne cautionne rien. Je dis simplement que nous vivions avant 2008 dans un monde où la finance pouvait parfaitement jouer avec les zéros et les risques puisque l’idéologie dominante était parvenue à mettre dans la tête de chaque acteur que les lois économiques étaient fantastiques, le marché totalement autorégulateur, et qu’il n’y avait par conséquent nul besoin que des banquiers ou des dirigeants politiques s’inquiètent de la folie éventuelle de la machine et la tienne un tant soit peu sous contrôle, puisque la machine était absolument parfaite. Nous étions sur le Titanic. Les compétences anciennes du capitaine : prudence, vigilance et humilité en mer, avaient été remisées au placard des vieilles vertus inutiles. Les derniers sceptiques qui osaient encore parler du rôle de l’état était à enfermer au zoo. Nous assistions au triomphe de l’idéologie ultralibérale. Autrement dit, l’escroquerie sur laquelle nous devons appuyer pour faire mal est moins une escroquerie technique (l’incompétence) qu’une escroquerie intellectuelle, selon moi.

      2. Ce qui exige au contraire de quitter la logique toute puissante de l’efficience pour retrouver le sens, non pas de la compétence, mais du devoir politique.

        Tiens, tiens, et quel est-il ce sens du devoir politique?
        Vous auriez un exemple où ce sens aurait prédominé?

      3. @Martine Je ne suis pas d’accord avec vous, ils savaient tous très bien ce qu’ils faisaient mais une seule chose comptait et compte toujours la croissance, le court terme donc aux USA ils sont allé chercher les insolvables pour faire de la dette qui alimente la croissance et en Europe nous n’avons pas fait mieux nous avons ouvert des bureaux de crédit conso jusqu’à 22H le soir dans les centres commerciaux de Lisbonne en 2001, je cite cet exemple parce que je l’ai vu, et tous les pays du sud comme de l’est ça a été le même scénario, sauf peut être l’Italie qui avait tout de même moins de retard dans ce domaine que les autres et une culture un peu différente mais l’Europe savait très bien qu’ils n’avaient pas les moyens des dépenses mais c’était pas grave demain il ferait jour pas ce soir, et les grues en Espagne cela aurait été raisonnable si l’Espagne avait été le seul pays touristique au monde mais la BCE ne pouvait ignorer les montants alignés par les banques espagnole, la cavalerie reste de la cavalerie quelque soit le côté de l’atlantique.

  15. Pas sûr que l’écologie soit le seul mouvement responsable et souhaitant une vision à long terme.
    Ce qui est certain c’est que les politiques écoutant les économistes libéraux  » profitez des bas taux d’intérets! gavez-vous, et reprenez-en! et ne pensez surtout pas qu’ils vont remonter!  » et les grands patrons spécialistes du court terme devraient disparaître sous terre de honte. Mais comme c’est une notion qui leur est inconnue, ils restent.

  16. Bonjour, et félicitations pour votre texte, frappant et ciselé.

    Je propose de mettre en place un nouvel antivirus, qui serait en charge de mettre dans des cellules les banquiers subversifs, au sens toxique du terme.
    Ensuite le logiciel « Grèce » devra être réinitialisé, avec des données vides, mais le même code humain.

    Bien à vous

    1. Le concept de « banquier subversif » n’existe pas à mon sens.
      Le concept de « riche voleur », par contre…

  17. Encore une fois, la « financiarisation » de l’économie et/ou la crise financière sont des manifestations de la crise de la « civilisation capitaliste », pas sa cause. Il reste de bon ton d’isoler le « néo-libéralisme du capitalisme ordinaire, en oubliant que dans les différentes périodes du capitalisme, la norme ce sont les crises. Et attention, sur le terreau très « vendeur » de la « finance cosmopolite », des « banksters », de la création monétaire ex-nihilo, des réserves fractionnaires des banques et autres fariboles, d’autres charlatans et « diseurs de bonne aventure » prospèrent.
    L’illusion Keynésienne des « trente glorieuses » s’est construite sur la reconstruction d’après guerre, sur une économie d’après guerre qui a permis dans un contexte historique particulier de faire croître simultanément le taux de productivité avec le taux de profit. Au prix de 65 millions de morts !
    Confondre systématiquement la cause avec les conséquences, s’occuper à satiété de la fièvre financière sans s’occuper de la maladie qui provoque la fièvre, semble constituer le dernier refuge des « défenseurs critiques » du système.
    Ils veulent « croire » contre toute évidence que la rareté des investissements dans l’économie réelle, le chômage, la destruction de toute demande solvable étaient les produits du capitalisme de casino, du capitalisme de spéculation. En réalité, la cause est complètement inversée :
    C’est parce que l’accroissement de la productivité, (trente glorieuses et troisième révolution industrielle, automatisation, informatique) dès les années 75 a dépassé l’expansion des marchés et a rendu non rentables les investissements dans l’économie réelle créatrice d’emplois et de consommateurs solvables, que le capital, l’argent de crédit, se sont précipités vers les marchés financiers et ont engendré une succession de bulles spéculatives toujours plus importantes.
    Les « oligopoles » ont mis les Etats et les structures étatiques supra-nationales à leurs services. Pour cette fois, pas seulement pour faire la guerre ou pour coloniser, mais dans la forme qui convient à cette forme particulière du capitalisme, le néo-libéralisme. Ils dominent et commandent la production, ils sont financiarisés dans le sens où eux seuls ont accès aux marchés des capitaux, c’est à dire les structures et institutions financières et juridiques qui constituent le cadre institutionnel du capitalisme mondialisé et globalisé. On peut accepter la simplification  » financiarisation » dans le sens ou la distinction entre production, distribution, financement, normalisation, etc., n’a plus aucune pertinence.
    Le capital financier est dans l’actionnariat des entreprises, les capitaux des entreprises sont dans les circuits financiers, (ex : General Electric, d’abord banque ou entreprise ?). Le but du capitalisme s’est de poursuivre l’accumulation de capital, pas d’exploiter les travailleurs en créant des emplois.
    On ne peut plus séparer la finance de l’industrie comme on ne peut séparer l’écorce d’un arbre et par un ruissellement vers le bas ils contrôlent toute la sous-production à l’échelle planétaire ne laissant échapper au secteur marchand que quelques niches non-significatives.
    La fièvre spéculative ne fait que rendre manifeste cette contradiction interne du mode de production existant, tout comme la fièvre du corps ne fait que signaler la maladie sans en indiquer la cause.
    Séparer ce capitalisme dit « libéral » du mode opératoire précédent, c’est aussi ignorer d’autres limites :
    Le pillage des ressources naturelles, l’économie de guerre, la destruction de l’environnement, la marchandisation de toutes les activités humaines, le gaspillage et l’obsolescence institutionnalisé, la concentration du capital par la violence, la concentration industrielle de toute production y compris agricole, etc.
    Les Etats « modernes » se sont donc mis au service d’une oligarchie dont les intérêts sont à l’évidence contraire à l’intérêt général. Devant le désastre de la « Grande Déperdition », ils se sont montrés incapables de mettre un terme ou de réduire sa puissance dévastatrice. La situation en Grèce (bien d’autres peuples sont depuis des décennies condamnés à ces affres, en Afrique et ailleurs ) montre que même la destruction de toutes les institutions démocratiques et sociales, de toutes les structures permettant un « commun » de vivre, le risque même de chaos ne les arrêtera pas, et il est désormais bien clair qu’ils ne tolèreront que des « alternances » sans alternatives.
    Dans une société divisée en classes, le droit, la loi ne sont que l’expression d’un rapport de force entre les classes à un moment donné. Le mode de fonctionnement ordinaire du capitalisme c’est la « crise », le mode de fonctionnement extraordinaire d’un Etat c’est quand il met la « puissance publique au service du « bien commun ».
    Cette critique de l’Etat, pour une toute autre organisation de la gestion de la « chose publique et de la souveraineté ne doit pas nous faire oublier ce que disait Gramsci : L’ancien se meurt, le nouveau ne parvient pas à voir le jour, dans ce clair-obscur surgissent les monstres.
    Le ventre est encore fécond d’où a surgit la « bête » … Les producteurs, la seule classe dangereuse pour les puissants, trouvera-t-elle des alliés chez les « grands » serviteurs de l’état, « protecteur », de l’intérêt général contre les menées du capitalisme et de leurs nouveaux serviteurs qui veulent le détruire, dans sa forme même symbolique de « protection » et de « redistribution ». Voici un résumé de la pensée libertarianiste d’Ayn Rand :

    Il n’existe pas ainsi de  » droit à l’emploi « . Il n’existe que le Droit d’échanger librement, c’est-à-dire : le Droit que chacun possède d’être embauché si une autre personne décide de payer ses services. Il n’y a pas de  » droit au logement « , il n’y a que le Droit là encore d’échanger librement : le Droit de louer un logement ou de l’acheter. Il n’y a pas de  » droit à un salaire décent  » ou à un prix  » acceptable  » si personne n’accepte de payer ce prix ou ce salaire. Il n’y a pas de  » droit à consommer  » du lait, des chaussures, des places de cinéma ou des bouteilles de champagne si aucun producteur n’a décidé de fabriquer ces articles; il n’y a que le Droit de les fabriquer soi-même. Il n’y a pas de  » droits catégoriels « : pas de  » droits des agriculteurs, des travailleurs, des employés, des employeurs, des vieux, des jeunes, des enfants à naître « . Il n’y a que les Droits de l’Homme, des Droits possédés par toute personne singulière et par tous les hommes en tant qu’individus.
    Le Droit de Propriété et le Droit d’échanger librement qui en découle sont les seuls  » Droits économiques  » de l’Homme. Il s’agit en fait de Droits politiques, et il ne peut y avoir de  » Déclaration des droits économiques de l’homme  »
    En fait, il n’y a pas de  » droits économiques « , pas de  » droits collectifs « , pas de  » droits de l’intérêt général « . Le terme  » Droits de l’individu  » est une redondance: il n’y a pas d’autre forme de Droit et personne d’autre n’en possède.
    Les partisans du capitalisme de laissez-faire sont les seuls défenseurs des Droits de l’Homme.
    Colt rend les gens égaux !
    Bienvenu à « Jurassic Park !

  18. « Il s’agit bien du couronnement européen et mondial d’une gestion corrompue des États, sans aucune recherche efficace de solutions durables et sincères.  »

    Effectivement. Quelques-unes des plus grandes banques du monde ont été sauvées en partie, durant la crise de 2008, par des injonctions massives d’argent dont on sait aujourd’hui qu’elles provenaient du crime organisé. Ces banquiers, de par leur expérience et leurs moyens de contrôle ne pouvaient ignorer ce fait. Hors ces mêmes individus corrompus partagent un niveau et un mode de vie, un monde identique à celui des décideurs UE, d’autant qu’ils les côtoient sans cesse pour co-organiser, directement ou par l’intermédiaire de leur affidés, le devenir de l’UE.

    On ne peut penser sérieusement que ces décideurs politiques n’ont pas eu connaissance, totale ou partielle, de ces mouvements de fonds gangrenés. La conclusion à tirer rejoint la logique que développe efficacement l’article de Julio Bea.

  19. Après 150 d’existence, Union du Canada Assurance-Vie a été liquidée…
    et hop ! un par ci, un par là ….c’est que le début d’accord d’accord !

  20. @ Julio
    Ils pourront toujours invoquer la maladie professionnelle!

     » Une maladie professionnelle est la conséquence de l’exposition plus ou moins prolongée à un risque qui existe lors de l’exercice habituel de la profession. »

    Reste à définir le risque…

  21. Comment analysez vous l’épisode Pompidou Rothschild – Giscard – Wormser ?
    40 ans après nous sommes toujours sous cette loi du 3 janvier 1973, même si elle a été abrogée quand elle a été transcrite dans le traité de Maastricht puis dans celui de Lisbonne.
    Sur cet exemple précis, la « finance » ne s’est-elle pas donné les « moyens » ?
    (S’octroyer le monopole de la création monétaire, ce n’est pas rien, non ?)
    Et dans l’affirmative, qu’est-ce qui pourrait nous faire penser que la situation a changé ?
    Que la « finance » « n’en aient tout simplement pas les moyens ! » ?
    Ce questionnement recopié d’un autre billet a toute sa place ici.
    Suivant la réponse que l’on veut bien y donner il faudrait ou ne faudrait pas reconsidérer ou du moins élargir ce que l’on entends par « La base de l’endettement grec ».

    1. Ah la fameuse loi de 73, ça fait je ne sais plus combien de fois que j’interviens dessus, aller hop une fois de plus.
      Elle découle avant tout cette loi du 15 août 1971, du jour au le dollar a fait défaut sur l’or.
      A partir de cette date, nous sommes entré dans le régime du change flottant où les monnaies comme le nom l’indiquent flottent l’une par rapport aux autres,
      Limiter donc la création monétaire par l’état dans ce contexte avait un certain sens pour limiter la spéculation éventuelle sur la monnaie. Après ce qu’il en a été fait est une autre histoire…
      Il y a toujours de plus malin que d’autres pour profiter d’une situation, et d’ailleurs elle n’a commencé réellement à être profitable qu’à partir des années Mitterrand car sous Giscard il n’y a pas de dette publique pour ainsi dire…. Donc sachez encore une fois que le dollar est leur monnaie et notre problème et que tout viens de là, en 1972 Wall street n’était rien, elle démarre tout juste, admirer ce qu’elle est devenue avec le starter des pétrodollars….Regardez Inside Job

  22. Tout ceci est bien trop compliqué pour mon quart de neurone fatigué et peu habile aux concepts économiques, mathématiques et aux concepts tout court.

    Moi ce que je vois dans le problème grec, c’est que d’un côté, comme de l’autre, la mafia du pouvoir ou le pouvoir de la mafia l’a pris et que deux pouvoirs se confrontent… laissant un peuple à l’abandon en jouant à la courte paille la vie de millions d’humains.

    1. Le pognon est plus important que l’homme, voilà où nous en sommes, je dis le pognon et nos pas les biens parce que nous ne manquons de rien nous sommes même contraint au gaspillage par le système alors que les 7 milliards d’humains sur terre auraient tout pour vivre bien . Mais nous voilà revenu au temps du veau d’or….

  23. Bonsoir,
    Cela n’est malheureusement qu’une vérité, qu’il est difficile de faire passer dans les médias!!!!
    Bien sûr que je suis d’accord sur l’analyse de fond, mais il faudrait pouvoir influer les médias(télés, journaux, radios,….) qui, ces jours-ci ne nous parle que de l’entrée en campagne de sarkozy, comme si cela était un scoop……………..dans quel monde vivons-nous………………….
    Auriez-vous une idée, car je suis preneur, pour agir, cela va sen dire?????………………
    Continuons, quand même, le combat( cela me rappelle mes jeunes années!!!!), on ne sait jamais!!!!!!
    Bon courage et que le monde change………….. un jour!!!!!!!!!!!!!!

  24. Bea,

    Qu’est-ce qui vous permet de parler de corruption, d’escroquerie, de manipulation ? Dans ce monde, la finance, ces mots n’ont aucun sens. Elle s’occupe, selon elle, d’offrir des opportunités, de créer des affaires, de permettre à des gens momentanément sans le sou de vivre, de s’enrichir, etc… La titrisation a été vendue comme la solution à l’angoisse de se faire rembourser. Elle permettait une extension énorme de l’activité de la finance et fournissait, à l’époque, des titres AAA d’un rendement supérieur à celui des obligations d’état. Les lois économiques en vigueur à ce moment ont joué à plein (pas de régulation). Ces lois relèvent, dans ce cadre, d’une science. La morale n’y a rien à faire. Le délit y est de ne pas gagner tout l’argent possible. Toutes les considérations de morale, d’abus, de manipulations, d’escroquerie n’y ont aucun sens. Le Marché, la Main Invisible suffisent à tout sans y introduire de la morale ou des égards pour ceux que le poète nommait « Frères Humains, qui après nous vivez » Cela se fait spontanément.

    Vous condamnez ces opérations. Moi, je sais pourquoi et à deux niveaux au moins. Vous, je ne sais pas pourquoi vous le faites. Je vous en pose la question.

    1. C’est parce que certains mots n’ont pas de sens dans le domaine de la finance mais que ces acteurs font quand même partie de notre écosystème qu’un autre regard est nécessaire pour progresser. Pourquoi l’écologie ? Personnellement, je crois que « tout se tient » contrairement à l’attitude postmoderniste et antiscientifique (anti Lumières !) qui fait partie de la grande désinformation politique qui déstructure nos sociétés. Le but est bien de construire une attitude plus responsable et de créer des liens de cohérence entre des phénomènes apparemment éloignés. La titrisation est une escroquerie et leur notation une autre aussi affligeante du fait de l’asymétrie d’information. Je ne suis pas tenté par une théorie du complot mais nous y sommes pourtant !
      Un des reproches qui a pu être fait à la finance devenue folle est d’utiliser des modèles mathématiques mal contrôlés ou mal gérés. Je ne suis pas compétent mais une différence entre les mathématiques pures et des domaines scientifiques qui les utili-sent, est qu’il faut avoir conscience des limites de validité dans l’usage du modèle. Il ne semble pas que ce soit une préoccupation dans la finance. En écologie, au cours des dernières décennies, est apparu le concept de « services rendus par l’écosystème ». Je ne crois pas que les spéculations financières en cours n’aient découvert ce genre de « détail » et le financier semble capable de faire table rase autour de lui sans même en avoir conscience.
      Mais ces pathologies économiques induites quasi volontairement sont peu de choses à côté de pathologies biologiques dont la prise en compte demande et imposera un sens des responsabilités autrement développé. Sans faire dans le catastrophisme inutile, de plus en plus des pathologies humaines animales, végétales et écologiques doivent être considérées comme « émergentes » car induites par nos activités et nos pollutions non traitées. Si, nos dirigeants du fait même d’une complexité cette fois reconnue des phénomènes biologiques ne perçoivent pas les mécanismes pervers des destructions financières, il leur sera difficile de mettre en place des politiques écologiques autrement plus subtiles pour sauver notre peau ! Mais en se réclamant de son droit à l’ignorance, on peut aussi dire que ce n’est qu’un retour de quelque peste moyenâgeuse alors que comme le choléra ce sont des pathologies que l’on peut et que l’on sait traiter si on le veut vraiment.

  25. Ici Athènes sous Mémorandum II et sous la pluie. Article intéressant mais cela fait un an que nous… le savons ici, et ceci n’empêche pas la poursuite du crime ! Pour un public par contre français ou autre, l’analyse est peut être nouvelle. Par contre, je n’ai pas bien compris l’apostrophe disons écologique de la fin !

    Hier j’ai rencontré une figure de la Résistance (1940), Manolis Glezos, je rappelle qu’il est l’auteur du premier acte de résistance en Grèce sous l’occupation. Il a fait descendre le drapeau nazi de l’Acropole, il a 90 ans et toute sa vitalité. Il sent que l’époque change radicalement comme il dit. Des documentaristes français lui ont posé la question sur son appréciation de l’état de la société grecque actuellement, eh bien, il a répondu par une analyse économique et géopolitique de la crise grecque, tout simplement parce qu’il n’a pas pu analyser correctement leur rôle (de méta-analystes), ainsi il s’est cantonné dans son rôle de pédagogue et de défenseur de la cause grecque vis à vis des médias du monde et de la France en particulier ; il a tout de même exprimé son inquiétude, c’est à dire, voir s’installer une certaine violence anomique, annulant toute résistance utile.

    Ensuite je l’ai questionné en dehors de l’entretien sur la gauche grecque ; eh bien il a exprimé ce que j’exprime depuis le début de la crise : nous entrons dans une nouvelle époque il faut en saisir le moment opportun, la gauche reste dans l’ankylose marxienne ; « Marx, Engels ou Lénine seraient présents ; leur analyse aurait pris une autre forme et tournure » donc soit il y aura un minimum d’entente soit nous entrerons dans une très mauvaise phase et pour longtemps, mais il se disait tout de même optimiste. Il s’est souvenu d’un petit épisode vécu lors de son transfert en caïque entre deux îles d’exil. Un paysan-pécheur alors embarqué en tant que passager non détenu politique, pose la question suivante à un détenu politique, justement paysan également mais appartenant au groupe de Glezos : « Pourquoi êtes-vous dans cette situation ? » Réponse : «Parce que le rapport entre les forces productrices et les structures productrices n’est pas encore arrivé à maturité… » C’est cette même réponse que notre gauche répète encore selon Glezos. Et le paysan-pécheur de 1947 n’avait rien compris.

  26. Sans relation très directe sauf la causalité :

    des avis sur ce texte de Claude Henry ?
    (qui vient de démissionner de lAcadémie des technologies pour protester contre l’audition d’un Claude Allègre demain 14 mars, je crois.)
    http://sciences.blogs.liberation.fr/files/texte-de-claude-henry.pdf

    (THE STOCKHOLM SEMINARS
    The Royal Swedish Academy of Sciences, December 15, 2011
    SCIENTIFIC UNCERTAINTY AND FABRICATED UNCERTAINTY
    Claude HENRY, IDDRI Sciences-Po Paris and Columbia University(*))

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