DEUX IDÉES ICONOCLASTES POUR RELANCER LA CROISSANCE SANS DETTE, par Guy Abeille

Billet invité.

Cher Monsieur,

Vous m’avez largement cité dans votre éditorial du Monde de l’Economie du 10 janvier dernier (« La règle d’or, cette blague de potache »).

Mon cas empire, puisque me voici devenu « iconoclaste », si j’en crois le qualificatif que La Tribune associe aux deux idées que je propose et qu’elle publie dans son édition du 30 mars « pour une relance sans risque de dette », en France et en Europe.

Je me dis qu’ « iconoclaste » est un terme qui n’est pas fait pour vous déplaire. Autorisez le potache à pratiquer le potlach qui consiste à vous fournir, contre le don de votre édito du 10 janvier, le contre-don du lien conduisant vers ses dernières idées.

Cordialement

Guy ABEILLE

DEUX IDÉES ICONOCLASTES POUR RELANCER LA CROISSANCE SANS DETTE

Fin, manquante dans la version publiée par La Tribune :

Un peu de MIEL dans la rigueur

Les économies européennes font actuellement face au dilemme apparemment insoluble de devoir réduire rapidement leur endettement sans déprimer encore une croissance qui est déjà défaillante.

Or, on admettra qu’en règle générale ce n’est pas une idée absurde que d’aller puiser, un peu, dans son patrimoine pour surmonter une mauvaise passe.

Ce patrimoine existe, immense, constitué, consistant et profus, qui est l’immobilier détenu par les ménages : il représente une valeur de 7.000 milliards d’€ en France, sans doute de l’ordre de 20.000 à 25.000 milliards pour la zone euro, et probablement 30.000 milliards d’€ pour l’ensemble de l’Europe (un immeuble moyen du centre de Paris est à lui seul un bloc de 10 à 15 millions d’€ posés sur le trottoir). Mais ce gisement est illiquide et indivisible ; il est gelé. Le but est de trouver un moyen de relâcher une fraction de cet immense capital dans l’économie en le rendant partiellement liquide et divisible – en le monétisant.

Pour cela est proposé un dispositif, simple et tirant parti des institutions existantes, qui est construit autour de deux idées neuves :

celle d’une « propriété faible », dans laquelle le propriétaire d’un bien immobilier se délestant d’une part mineure de propriété (moins de 5%) continue de supporter la totalité des frais et coûts attachés à ce bien, tout en conservant la plénitude de ses droits pour en jouir, le gérer et l’administrer, et en particulier pour le céder ou transmettre ; celle d’une politique monétaire ne s’arrêtant pas au stade intermédiaire des banques commerciales, mais étendant son action jusqu’au niveau des ménages, par les mécanismes très simples qui ont été décrits ; et prenant place au côté des autres « politiques monétaires non conventionnelles » sous les espèces de ce qu’on pourrait nommer de l’Householders Easing (ayant pour support de la « home money », ou honey)

Ce dispositif – le MIEL (pour : Mobilisation d’Immobilier En Liquidité) -, décrit et évalué dans les lignes qui précèdent, est, on l’a vu, un bon outil de relance, qui laisse indemnes les budgets nationaux, et donc n’emporte avec lui aucun risque de dette, pas plus qu’il ne crée de véritable risque pour les Banques Centrales.

Sa diffusion parmi les ménages européens contribuerait à modifier l’image, jusqu’ici exclusivement rigoriste et coercitive, qu’ils se font de l’Europe.

L’Europe, aiguillonnée par les Banques Centrales et adoucissant par elles la potion amère des austérités, se mettra-t-elle à prendre un petit goût de MIEL ? « 

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77 réflexions sur « DEUX IDÉES ICONOCLASTES POUR RELANCER LA CROISSANCE SANS DETTE, par Guy Abeille »

  1. Bonjour,

    Monsieur Abeille, je trouve votre proposition de REPIT, géniale; c’est la vertu du contre-cycle conjoncturel keynésien sans les problèmes de dettes/remboursements qu’il pose. à modèle constant, c’est probablement la proposition la plus intelligente que j’ai entendue depuis des lustres. Merci à vous,
    Pour ce qui est de MIEL, on est dans le pari financier, j’aime beaucoup moins, surtout vu le contexte de bulle.

    Mais comme il s’agit de parler de tout ça dans une atmosphère de poisson, vous savez sans doute que ces deux propositions ne résolvent pas nos problèmes de fond : l’impact du keynésianisme brut sur la ressource matérielle et l’impact de la mondialisation libérale sur la répartition des droits/richesses.

    david

  2. le bon menu, la bonne rue, « l’immeuble moyen du centre de Paris est à lui seul un bloc », un gros billet, un gros hameçon pour peuple citoyen. Qui connait une recette de gros poisson au beurre au miel qui puisse complaire au trader à ma table ce soir? quelque chose qui le rassure, qu’il voit qu’on ne se moque pas de lui.
    zik Klub des Loosers – L’Indien

  3. Le MIEL (Pour : Mobilisation d’Immobilier En Liquidité) = GAG!
    Grosso modo c’est un nouvel avatar du MBS (mortgage-backed security) mais avec encore moins de justification (Un emprunt), plus libre, plus libertarien. Comme ça les grecs pourraient vendre leurs iles tout en pouvant y habiter?
    Rajoutons dans le délire, bien sur ces MSB seraient échangeables de grès à grès…
    Poisson d’avril?

  4. Il y a aussi une chanson de Bourvil qui parle des abeilles. Cela n’a rien à voir ? Ah bon….

  5. Donc , l’Abeille coule , comme dirait la princesse .

    Je connais un autre Abeille , du prénom de Patrice , passé par Normale Sup , accessoirement pilier de la ligue Savoisienne . Est ce que Guy est de la famille ?

    Il me semble que le père de Patrice était banquier . Sa mère , une femme adorable , avait un talent artistique de peintre reconnu .

    1. Corrections après vérification :

      La princesse était comtesse , et le père de Patrice , chirurgien dentiste , ce qui reste un métier de menteur .

      Mais Madame Abeille reste adorable et délicieuse artiste peintre .

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