CHANGEMENT DE PARADIGME : CHANGEMENT DE VÉRITÉ, par El JEm

Billet invité. La première partie a été publiée ici.

Chaque humain construit sa propre représentation du monde, décrivant sa nature et son fonctionnement, ce qui lui permet de lui donner une certaine cohérence et de savoir comment se comporter. Cette représentation se construit à partir de sa culture, de ses expériences, de son entourage, etc. Elle guide son imagination et ses décisions, comme la boussole guide le voyageur.

Or il y a confusion entre représentation et réalité, ce qui génère des désaccords entre humains, chacun croyant détenir la vérité.

Ceci est aggravé par le fait que la représentation influence la perception : nous percevons surtout ce que nous croyons.

Par exemple : la Terre est plate. C’est une évidence. Tous mes sens me disent que la terre est plate et ceux qui disent qu’elle est ronde sont des insensés. Comment peut-on nier une telle évidence ? Mais en fait, mes sens me disent que la Terre est plate parce que je pense qu’elle l’est : je ne remarque pas les détails qui indiquent le contraire.

Avec le temps, quelques observateurs plus curieux que d’autres remarquent ces détails. Ainsi, ce bateau qui s’éloigne ne devient pas un simple point qui diminue et disparaît. Si l’on observe bien, il semble s’enfoncer dans l’eau : il passe derrière la ligne d’horizon. Ces observateurs s’interrogent, multiplient les expériences et après de nombreux étonnements aboutissent à la conclusion que la terre est ronde. Munis de leurs nombreux arguments minutieusement notés dans de petits cahiers, ils courent annoncer leur découverte au monde. Mais au lieu de lauriers, ils reçoivent des pierres, rondes.

Quelques dizaine d’années plus tard, tout le monde s’est fait à l’idée que la Terre est ronde et chacun voit bien que les bateaux disparaissent derrière l’horizon (et franchement, il faudrait être insensé pour ne pas le voir).

Nous percevons surtout ce que nous croyons. Ce qui signifie que nous ne vivons pas tous ensemble dans le même monde, mais que chacun vit séparément dans sa propre représentation du monde. Il n’y a donc pas seulement désaccord entre les humains mais parfois incompréhension.

Ceci n’est pas seulement un phénomène qui serait maintenant dépassé, grâce aux connaissances de plus en plus détaillées accumulées sur la nature du monde, ni rencontré uniquement dans les questions de religions ou de sociétés (domaines dans lesquels on conçoit aisément que la croyance influe sur la manière de voir les choses) mais, de manière plus étonnante, aussi en Science, qui se veut pourtant basée sur des observations concrètes et partageables, pour justement tenter de résoudre ces antagonismes pouvant exister entre croyances.

Et, en Science comme ailleurs, chaque changement de paradigme n’est pas accueilli comme une nouvelle avancée vers une représentation plus efficace du monde mais comme un conflit entre deux écoles de pensée, deux croyances. Chaque proposition de changement de paradigme est ainsi accueillie à coups de pierres : il est très difficile de convertir quelqu’un à une autre croyance, car au-delà des réticences à reconnaitre ses erreurs et de la limitation de l’imagination, il peut y avoir antagonisme entre la perception guidée par l’ancienne croyance et les arguments présentés par la nouvelle.

Cet étonnant phénomène amena Max Planck (1858-1947), prix Nobel de Physique, a conclure qu’« une nouvelle vérité scientifique ne triomphe jamais en convainquant les opposants et en leur faisant voir la lumière, mais plutôt parce que ses opposants finissent par mourir, et qu’il naît une nouvelle génération à qui cette vérité est familière ».

L’expression « nouvelle vérité » est particulièrement bien choisie pour décrire l’histoire de l’humanité : les « vérités » se succèdent les unes après les autres.

Il n’y a donc aucune raison pour que ce que nous tenons pour entièrement vrai et indépassable actuellement ne soit pas considéré comme aberrant dans quelques années.

Ainsi, le marché est efficient. C’est une évidence et, franchement, il faudrait être insensé pour ne pas le voir.

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133 réflexions sur « CHANGEMENT DE PARADIGME : CHANGEMENT DE VÉRITÉ, par El JEm »

  1. Or il y a confusion entre représentation et réalité

    Oui, c’est le dada de Magritte qui a consacré beaucoup de tableaux à mettre en scène cette confusion.
    On peut aller un peu plus loin en précisant la relation entre représentation et réalité: la représentation est incluse dans la réalité, elle en est constitutive, et, comme tout élément de la réalité, elle interagit avec les autres éléments de la réalité.

    1. La réalité, c’est ce qui, constamment, se dérobe à l’analyse.

      Le physicien Bernard d’Epagnat a écrit sur ce thème un livre fondamental, il y a maintenant pas mal d’années : « A la recherche du réel ».

      Tout y est dit…

      C’est à dire: que rien de ce que nous nommons « le réel » n’est connaissable, ni ne le sera jamais.

      1. Donc le livre que tu as lu ne s’appelait, en réalité, pas du tout « A la recherche du réel » et son auteur n’avait rien à voir avec d’Espagnat.

      2. Cette proposition d’Espagnat, si elle est pensée jusqu’au bout, mène à sa propre auto-réfutation… puisque si vraiment aucun « réel » n’est connaissable, alors cette « réalité » selon laquelle rien de ce que nous nommons le réel n’est connaissable, n’est à son tour pas connaissable. Donc ne pouvant affirmer que cette proposition concerne bien une réalité, elle n’a elle-même aucun fondement.

        Et si Espagnat ou d’autres cherchent à s’appuyer sur toutes sortes d’observations empiriques ou réflexions philosophiques pour tenter d’étayer leur position, cela ne change rien, puisque de toutes façons tout ce sur quoi ils s’appuient ne constitue de toutes façons pas une réalité (selon leur propre dogme épistémologique).

        Ce type de position épistémologique que l’on retrouve sous diverses formes chez Kant, Schopenauer, au sein du constructivisme radical, du scepticisme radical, etc. contient toujours le même vice pensée : on ne va pas jusqu’au bout, radicalement, de sa propre pensée. Le résultat c’est un verbiage illogique et insensé.

  2. Autre évidence qui justifie 20 ans de politiques publiques :

    Y = revenu
    C= consommation
    S = épargne
    I = Investissement

    Y= C+ I
    et Y= C+ S
    donc I = S

    Cela fait vingt ans qu’on s’évertue à faire toujours augmenter « I » et au final il n’est jamais égal à « S ».

    Cette évidence devrait rapidement prendre fin.

    1. Fort bien fort bien, SJA, une petite démonstration de cette contre-évidence, succincte, illustrée et convaincante, ne serait néanmoins pas absolument superflue. Merci d’avance.

    2. C’est faux, vu comme ça.

      Revenu de qui ? Y a-t-il les mots « offre » et « demande » dans vos équations ? Non, alors ce n’est pas un sujet d’économie. Je ne sais pas sur quoi portent vos péréquations, une entreprise, un particulier, l’Etat ?

      Vous trouvez que cela fait 20 ans que l’on s’évertue a faire augmenter l’investissement ? vraiment

      1. Il vous offre la demande et vous osez demander l’offre,
        et la demande par dessus le marché ?
        Trop c’est trop. On voit bien que vous êtes revenu de tout.
        Vous allez faire fuir l’investissement avec vos exigences.
        Vraiment, quand la pratique fout le camp, les investisseurs
        volent vers la Qualité. L’ allergie aux incertitudes, faudrait en tenir compte;
        une équation avec péréquation est un langage bien trop sibyllin.

        Faut voir l’équilibre général, Say, avec moi.
        Les physiocrates ne passeront pas.

    3. Vous faites allusion au modèle IS/LM, en anglais, souvent défendu par Krugman ?
      IS/LM
      ((Investment—Saving / Liquidity preference—Money supply)
      Ca doit valoir le coup d’en discuter, oui.

    4. Il manque G (dépenses publiques)? C’est pour cela…..hi!
      Plus sérieusement l’espace et le temps n’ont pas été pris en considération.
      Ainsi, vous pouvez constater les limites de la modélisation.
      On parle donc d’une tendance mais en aucun cas, d’une réalité.
      Trop de facteurs (infini) seraient à prendre en compte.

  3. L’espérance de vie diminuée de l’âge moyen des traders, pour ceux qui résisteront au coronarisme résultant de leur stress spécifique, donne grossièrement 60 années. Dans la mesure où un brillantissime parmi nous aurait une solution réaliste de substitution, pourrons-nous tenir jusqu’aux environs de 2070?

    1. Il y avait l’autre jour une manifestation des égoutiers à Paris. Ils demandaient la retraite à 50 ans arguant du fait qu’il ne vivaient guère plus longtemps que cela, exposés qu’ils sont à diverses matières nocives.
      On pourrait en conclure que ceux qui nettoient la m…. vivent moins longtemps que ceux qui nous mettent dedans…

      1. L’intervention de Garorock me fait penser à cette question attribuée à Bismarck auprès d’un de ses conseillers : « A quel âge faut-il fixer l’âge de la retraite pour qu’on ait jamais à la verser ? ».

      2. @Garorock
        Et si on donnait la retraite au traders à 40 ans pour remplacer les égoutiers qui partent à 50? Euh… est-ce bien économique cette retraite de M….?

  4. Mais au lieu de lauriers, ils reçoivent des pierres, rondes.

    Z’ont ben raison de leur envoyer que les pierres rondes. D’abord c’est plus précis au lancer et ça fait plus mal, mais surtout faut garder les pierres plates, d’abord parce qu’elles ressemblent à la terre, mais surtout surtout surtout pasque j’en manque toujours pour faire des ricochets sur la Garonne, la Dordogne ou l’Aveyron.

  5. « Ce qui, probablement, fausse tout dans la vie, c’est qu’on est convaincu qu’on dit la vérité parce qu’on dit ce qu’on pense » Sacha Guitry

    le marché est efficient dit l’auteur, tout les marché pérennes le sont, mais pour qui?
    Si la durée de vie d’un système est la preuve de son efficacité, pour autant il ne contribue pas forcément à l’amélioration de l’humanité. C’est le problème actuel du reste, criant.

  6. El JEm,

    Brillant. Je suis totalement d’accord avec cette idée. Je crois même qu’elle est encore plus générale.

    Je la comprends comme l’idée que nous voyons ce que nous croyons. Cette opération commence avec n’importe quelle observation faite correctement. La méthode de la physique consiste à faire une hypothèse (une croyance est aussi une hypothèse selon moi), tirer de ces hypothèses des conséquences par la logique, la mathématique ou autre chose de rationnel. Des ces conséquences, on tire des prédictions (des affirmations du genre « Si on fait ça, on a ceci »). On fait une expérience ou « on fait ça » et on mesure le résultat en sachant que « ceci » a telle valeur numérique. Le résultat ne correspond jamais parfaitement à la prédiction dans la partie de la physique que je connais. Il y a, au minimum, des erreurs de mesure (quoique ?).

    Quand ça marche de façon admissible, l’hypothèse devient une théorie et même une loi quand elle est vraie dans beaucoup de conditions différentes (mais sans jamais sortir du cadre défini par le modèle)

    C’est pour moi une illustration de l’idée que vous avez énoncé plus haut et c’est la méthode de la physique classique telle que je la connais. Je pense avoir raison car aucun physicien n’a fait le tour de cette science. Il reste toujours à une compréhension d’une partie des modèles disponibles. Les autres, il les accepte souvent comme décrivant la réalité, i.e. comme vrais. Les premiers sont pris comme décrivant la réalité. Les autres sont des croyances au sens où je comprends ce mot.

    Si vous refusez mon idée, dites moi ce qu’est l’énergie en physique. C’est accepté sans être compris et cela explique beaucoup de choses ou tout dans cette science. Je trouve que c’est analogue à l’opération qui consistait à attribuer à des dieux tous les phénomènes naturels. Après, nous devons décider quelle est l’explication acceptable. Les deux marchent. Je préfère l’énergie.

    En physique, ça marche. Alors en économie, finance, anthropologie, sociologie, linguistique, sociologie, psychologie, etj’enoublie (c’est celle que je préfère), c’est encore plus fort.

    Dans tout ce que je connais pas, je fais très souvent le pas de décider que telle ou telle affirmation est vraie sans preuve scientifique ou autre.

    Encore un mot sur le problème du paradigme en science. Galilée a observé des taches solaires. Cela démontrait que la vision du ciel parfait en vigueur à l’époque n’était pas vraie. C’est une observation scientifique correcte et la démonstration qu’une théorie était fausse. Il a dit ensuite que ces taches étaient des nuages très proches du soleil. Il est remarquable qu’il ait pu dire que le phénomène était très proche du soleil. Il a fait l’erreur de dire ce que c’était et l’a défendu comme un fait établi de la même nature que la présence des taches et leur proximité au soleil.

    Ce type d’erreur est très banal et observable chez moi et tous les gens que je rencontre. Parfois, l’interprétation est correcte mais je ne peux pas le savoir et la personne qui la défend non plus. Elle ne peut qu’y croire.

    Ce phénomène est, à mon avis, général et très humain. Il faudrait en tenir compte dans absolument toutes les relations entre humains. Négliger cette donnée, c’est accorder une valeur exagérée à sa pensée ou voir dans un interlocuteur qui commet cette erreur un imbécile pénible qui fait preuve de mauvaise volonté.

    1. l’idée que nous voyons ce que nous croyons

      Jusqu’à il n’y pas si longtemps le fait de de pouvoir voir les choses qui nous entourent paraissait très mystérieux à ceux, forcément peu nombreux, qui se posaient des questions.

      « Dans l’antiquité classique, il y avait deux grandes théories sur la vision. La première théorie, la théorie de l’émission qui a été appuyée par des penseurs tels qu’Euclide et Ptolémée, postulait que la vision fonctionnait grâce à l’émission par l’œil d’un rayon de lumière. La deuxième théorie, la théorie de l’intromission, appuyée par Aristote et ses disciples, professait que les formes physiques entraient dans l’œil en provenance des objets. Alhacen a fait valoir sur la base des observations courantes (comme le fait que l’œil pouvait être ébloui ou même blessé lorsqu’on fixait une très forte lumière) et des arguments logiques […] que nous ne pouvons pas voir grâce à des rayons émis par l’œil, ni par le biais de formes physiques entrant dans l’œil. Alhacen (Abū ʿAlī al-Ḥasan ibn al-Ḥasan ibn al-Haytham, Bassorah 965 – Le Caire 1039) a développé une théorie alternative très astucieuse qui expliquait le processus de la vision par des rayons de lumière parvenant à l’œil à partir de chaque point d’un objet, hypothèse qu’il a démontrée grâce à l’utilisation de la méthode expérimentale. » (http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_d'optique_(Alhacen))

      A partir du moment où les appareils photo sont arrivés dans les mains de tous on s’est débarrassé de la question par un raccourci commode mais beaucoup trop sommaire: « l’oeil fonctionne comme un appareil photo ».

      En réalité c’est seulement l’appareil photo qui fonctionne un tout petit peu comme l’oeil, la comparaison laissant dans l’ombre toute une série de questions. Exemples:
      – « l’image que nous avons devant les yeux » provient à la fois de l’oeil droit et de l’oeil gauche avec un recouvrement assez large, sans raccord visible, alors que la coïncidence entre les deux images (points de vue différents) est mathématiquement impossible
      – quand on tourne la tête ou qu’on l’incline vers la gauche ou vers la droite l’image bouge sur la rétine mais « ce qu’on voit » ne bouge pas (les trois canaux semi-circulaires de l’oreille interne source du sens – inconscient – de l’équilibre font qu’on voit aussi avec les oreilles!)
      – seule une toute petite partie de la rétine permet une vision nette et en couleur, l’image de ce qui nous entoure est « construite par le cerveau » (le reste de la rétine ne sert qu’à des fonctions annexes)
      Il y aurait encore beaucoup d’exemples mais celui qui correspond à la lettre à « nous voyons ce que nous croyons » est celui de la feuille de papier blanc que nous voyons comme blanche quelle que soit la couleur (le spectre de fréquence) de la lumière qu’elle renvoie laquelle dépend entièrement de l’éclairage.

      Quand on a commencé à pouvoir brancher une caméra sur un ordinateur on a cru que ça allait permette des choses extraordinaires mais la leçon a été que ça posait énormément plus de questions que ça ne permettait de résoudre de problèmes !

    2. Quand je parle de voir, je l’utilise dans le sens d’une interprétation par mon cerveau de ce que vous décrivez. J’en tire une pensée qui n’est pas ce qui arrive sur ma rétine. Au lieu d’écrire « voir », je pourrais écrire « comprendre ».

      Pour moi, dire d’un objet quelconque « C’est ceci ou cela » est déjà poser une interprétation de ce que je reçois de ce dernier. C’est déjà poser un jugement sur ce qui est vrai ou pas. Cela implique automatiquement une croyance. J’écris sur un ordinateur. J’ai une idée de ce qu’est ce truc. Je sais que ce n’est pas vraiment toute la réalité de ce truc. J’en ai ce que je considère une croyance.

      Vous rappelez le phénomène physique de la vision. Je parle de la pensée qui se forme dans mon esprit quand j’expérimente ce phénomène.

  7. SOCRATE : Il aura besoin d’habitude pour voir les objets de la région supérieure. …
    … À la fin, j’imagine, ce sera le soleil, non ses vaines images réfléchies dans les eaux ou en quelque autre endroit, mais le soleil lui-même à sa vraie place, qu’il pourra voir et contempler tel qu’il est.

  8. Que la Terre soit plate est une sottise.

    On peut facilement prouver que la Terre est ronde car les personnes qui ont les pieds plats sont en bascule.

    S’agissant de pied , ne faut -il pas encourager une taxation sur les longues pointures sachant que ces plantigrades vivent sur un long pied?Certains penseront se protéger en travaillant d’arrache-pied de manière à occulter ce qui gratifie d’une taxe , mais c’est un mauvais calcul…

    Mettre les pieds dans le plat comporte un raccourci pour les personnes affamées et pressées car elles ont l’estomac dans les talons.

    L’humoriste n’a-t-il pas dit?: »Les jeux de mots laids font les gens bêtes ».

  9. Il y a tout un tas de routines mentales qui nous échappent en grande partie, c’est un commentaire d’André Green qui me revient à l’instant, sur les états limites. Le fait que ce soit tellement embrouillé ou rapide, que cela est difficile à percevoir. C’était ce genre d’approche qu’il privilégiait plutôt que de chercher du côté du refoulement etc, de l’analyse classique. Il avait constaté une aphanasie du désir, au lieu de refoulement etc, aphanasie si le terme est correct…

    http://www.initiationphilo.fr/articles.php?lng=fr&pg=343

    « Littératures et philosophies diverses et différentes ont concouru de même façon à éviter l’ « aphanasie du logos » qui menace, parfois dissimulée en règne de la bêtise, parfois comme dictature du fanatisme, à l’occasion sous un je-m’en-foutisme généralisé »

    Bref…

    Les marchés sont efficients pour ceux qui en profitent. Et le reste, il n’en ont rien à faire, sachant qu’il est impossible d’améliorer le sort de 6 milliards de personnes, qui de plus se croiraient tout permis si on leur lâchait la bride. La multitude doit être écrasée, sinon… elle est un danger en tant que telle.

  10. De la connaissance scientifique à l’ère de la catastrophe généralisée.

    « La première et la plus importante de ces conditions nécessaires à la connaissance scientifique, c’était une séparation étanche entre le milieu artificiel de l’observation et de l’expérimentation d’une part, et la confusion du monde d’autre part (…) les procédés et les techniques mis au point dans le milieu artificiel de l’expérimentation ont si bien pénétré le monde, s’y sont à ce point mélangés, qu’il est devenu impossible d’y déméler encore des causes et des effets, et qu’il n’y a plus rien à connaître par l’observation ; ni le fonctionnement d’un système mécanique clos sur lui–même, ni une nature non encore détraquée par l’artificialisation. Ainsi peut-on dire que la science, qui avait dû pour se construire « sacrifier » le monde en théorie, a fini par le sacrifier en pratique et s’est détruite par la même occasion, la position de pur observateur qui était celle du savant étant devenue à tous égarts intenable ».
    Encyclopédie des Nuisances, Remarques sur l’agriculture génétiquement modifiée et la dégradation des espèces, février 1999

  11. Il n’y a donc aucune raison pour que ce que nous tenons pour entièrement vrai et indépassable actuellement ne soit pas considéré comme aberrant dans quelques années.

    Ouai… Je me méfie du relativisme.
    J’ai entendu ce genre d’argument – qui ne prouve rien,ni n’infirme rien – à propos par exemple des phénomènes dits paranormaux.
    A ce compte, là il est facile d’affirmer n’importe quoi sous prétexte que ce que l’on tient pour véridique aujourd’hui sera peut-être invalidé demain, et réciproquement, bla, bla, bla…

    1. En plus, il y a la capacité redoutable du capitalisme de digérer ses critiques pour se « réuniversaliser », dans un truc plus grand. Si les marchés n’étaient pas si efficients, alors on va fabriquer un nouvel ensemble (voir le fonctionnement des états russes et chinois) qui lui sera efficient avec certains critères d’efficience (vodka incluse par exemple en Russie).
      Ou alors on va redéfinir l’efficience en la complétant (« transitoire », « sociétale », etc…).

      L’intérêt des Sciences à l’âge des Lumières, si cela avait un sens de dire que cet âge dure encore à l’heure de Fukushima, c’est d’avoir ancré certaines pratiques dans une réalité et une méthode, qui pousse à la remise en cause permanente, la seule attitude « efficiente » qui vaille.

    2. l’idée n’est pas du tout de dire que tout les points de vue se valent (ex. : tout le monde a abandonné l’idée de la terre plate. Cette idée n’a donc pas le même valeur que celle d’une terre ronde, qui est effectivement plus efficace pour décrire le monde) , mais uniquement de porter l’attention sur le fait que les représentations du monde telle que « le marché est efficient », que l’on nous assène matin midi et soir comme si elles étaient les vérités ultimes, ne sont que des « nouvelles vérités » (celle du moment) et que, vu leur efficacité pour décrire la réalité, elle seront surement jugées comme obsolètes et abandonnée dans pas longtemps.

  12. que diriez vous des bornes ?
    j’imagine : le macrocosme, aussi loin qu’on repousse ses limites , on conçoit un espace au delà, on est renvoyé à un infini , sans limite ? ou bien conçoit on une disparition de l’espace ? l’univers en expansion repousserait il les limites de l’espace ? ou l’inverse, l’espace s’étendrait dans un non-espace, entrainant l’univers ?

    au niveau microcosmique, si on l’investit , on est confronté au même mur que celui du macrocosme ? il n’est plus dimensionné, ou il est sous-dimensionné ?
    le mur de Planck, selon le peu que j’y ait compris indique sa valeur concernant un quanta d’énergie , mais ce mur concerne-t-il aussi l’espace / temps ? sont-ils corrélés ?
    ce qui voudrait dire qu’espace et temps fondent l’énergie ? ou l’inverse ?
    mon dieu, que de nœuds dans les imaginaires…
    parfois n’importe quoi parfois non ….

    1. Les limites, maco ou micro, sont celles de nos théories scientifiques d’appréhension du monde. Notre « compréhension » « scientifique » du monde s’arrête à ces limites. La science n’a rien à dire au delà de ces limites, à ce jour.

      1. @RV
        pourtant c’est bien ce que tente de faire la science , de repousser les limites, les zones d’ombres.
        la science est absolutiste , non ? je n’imagine pas qu’elle puisse laisser un objet qui lui serait étranger . Elle ne vise ni plus ni moins qu’à tout savoir, et donc à tout pouvoir , dresser la carte universelle .
        est-ce pour ça qu’elle ne s’encombre pas de morale ? elle joue autant sur la destruction que la production expérimentale et les hommes ne sont dans ses mains que des objets parmi d’autres.
        c’est assez étonnant . Elle s’avère être en fait une sorte de méga cerveau savant mais qui marche tout de même à l’aveugle, et avale toutes données, toutes informations sur son passage, un peu comme un ogre des légendes.
        En fait la science des hommes et maintenant des IA , procède de la même façon que la nature , dont on peut dire sans se tromper qu’elle « sait » sans savoir qu’elle sait , mais que ce savoir fut pouvoir créateur, porté par un plan , une intention, allant dans un sens qui y est inclus.
        De la nature , on peut dire qu’elle donnait à vivre à tous , dans une certaine harmonie difficile, mais quand même bien présente.
        De la science des hommes , qui fonctionne comme un corps , un ensemble auto- générateur , naturant d’une autre nature , respecte-t-elle ces conditions minimales d’harmonie ? ou d’équilibre ? ou voit-on des disparités entre les éléments qui compose cet ensemble de savoirs ( équivalents en d’énergies) ?
        le principe de propriété semble bien s’appliquer aussi en ce domaine ?
        c’est un peu chacun pour soi .
        il est possible qu’il ne puisse en être autrement .
        qui sait ?

        métaphoriquement la science des hommes, science humaine donc, est diabolique et ne peut qu’être diabolique ( ceci dit sans jugement de valeur ) jusqu’à sa perfection où – par définition-
        elle devient « divine  » sublime , une merveille .
        elle est diabolique dans la mesure où elle ne sait pas, mais manipule, tripote la matière , et les corps, et les esprits .
        problème compliqué de l’éthique en science , n’est ce pas ? qui pose des limites où il n’y en a pas .

  13. Je me suis laissé dire que la Commission européenne avait envoyé hier ses fonctionnaires à Paris dans le cadre du semestre européen afin de faire connaître ses exigences pour la France en matières économique et sociale. Le changement de paradigme est en route. N’en doutons pas.

    1. Ce n’est pas pour donner des ordres, c’est pour connaître la date – secrète – du retour au Franc.

  14. Lorsque le penser est choisi comme objet de perception, le Sujet et l’Objet sont réunis dans une même activité cognitive et perceptive.

    Cette attitude a été posée , pour promouvoir l’élargissement de la Connaissance ,il y a plus d’un siècle dans « Philosophie der Freiheit » par Rudolf Steiner.

    Ce point de départ permet de dépasser la polarité entre subjectivisme et objectivisme .

    Chaque fois que la conscience s’élargit ,une forme d’émancipation est vécue par l’individu qui l’expérimente.La recherche de la Connaissance fait cause commune avec le besoin d’émancipation personnelle.
    Comprendre ce qui précédemment , était abscons , permet de vivre une expérience intérieure , comparable à celle que donne l’observation extérieure de la lumière.

    Rudolf Steiner n’était pas seulement un scientifique ayant procédé à la mise en valeur des oeuvres scientifiques de Goethe(Métamorphose des Plantes, Théorie des Couleurs) mais aussi quelqu’un qui a rendu public pour partie ce qui est jalousement gardé dans les lieux de Mystères.
    (Car le savoir confère un certain pouvoir.)

    Il disposait d’organes de perception du supra-sensible permettant de rendre compte des sphères relevant de ce que de manière impropre , on qualifie de métaphysique.

    Pour faire le lien avec la philosophie communément admise , c’est une forme d’épistémologie appliquée à sa propre activité pensante.

    Avant de rendre compte des différents paliers appartenant à la conscience supérieure , il est recommandé de bien prendre en compte les organes de perception du monde sensible.
    Nous avons bien plus que 5 sens .
    Par exemple lorsqu’un orgasme est vécu ou lorsque , à contrario la maladie s’installe , le jouisseur ou le malade s’en rend bien compte.
    Ce sens est appelé sens de la vie.
    Distinct du toucher et des autres sens communément répertoriés.
    Le sens de la chaleur est distinct du sens du toucher, il permet de se sentir à l’intérieur de sa corporéité , tandis que le sens du toucher reste en surface.
    Pour s’en convaincre se positionner le dos au soleil…et saisir en quoi le sens de la chaleur permet de saisir sa corporéité dans sa profondeur.
    En réalité la physiologie occulte dénombre 12 sens .
    A chacun de se donner les moyens d’y voir plus clair , car l’élargissement de la Connaissance ne repose pas sur le prosélytisme.

    Il existe des moyens de perception infra-sensible(expérimenté par exemple par celui qui détecte grâce à un pendule)

    Il existe aussi des organes de perception du supra-sensible.

    L’un de ces organes est localisé entre les deux yeux, à la naissance du nez, là où une concavité se dessine.

    Le penser peut porter son activité dans ce qui est du domaine phénoménal , dans ce qui est infra-sensible(radio activité par exemple), il peut aussi diriger sa préhension active vers le supra-sensible.

    Les communications venant du supra-sensible ont trois origines, soit en passant par la porte de la mort, soit par Grâce, parce que une Entité spirituelle veut se faire connaitre ou délivrer un message, soit par développement personnel.

    Les Loges qui diffusent une partie de la Connaissance , pour mieux occulter le reste , professent un agnosticisme dans les bas grades , tandis que les grades supérieurs sont honorés par des spiritualistes.

    Cette remarque est à l’usage de celui qui ne reconnait aucune autorité supérieure à celle de son libre arbitre.

    Mes amicales salutations en espérant que la modération laissera paraitre ce petit billet , dans la perspective de l’exercice de la libre conscience.

  15. Au risque de vous enlever à tous vos illusions, la Terre n’est ni plate, ni ronde, elle est géoïde :-)))

    http://www.lefigaro.fr/sciences/2011/04/01/01008-20110401ARTFIG00682-la-terre-n-est-pas-aussi-ronde-qu-on-le-dit.php

    Bon, ça c’est ce que disent les satellites qui l’ont vue avec leurs yeux, bien à eux.

    Pour moi, elle est illusion, donc elle n’existe pas, sauf dans notre imagination collective.

    Les 7 milliards d’autres êtres humains la verront encore de manière différente et cela me plait, j’aime la diversité.

    Et je vais la ramener encore avec la seule citation au monde qui m’ait parue digne d’intérêt :

    Une vérité qui n’inclut pas toutes les autres, n’est qu’un fragment de vérité.

    Cette vérité étant elle-même un concept, et bien qu’elle me plaise, n’en est pas moins encore un fragment de vérité, ad lib…

    Bon OK, je sors, avant de devenir le trublion de ce blog peuplé de gens très sérieux.

  16. « Chaque humain construit sa propre représentation du monde, décrivant sa nature et son fonctionnement, ce qui lui permet de lui donner une certaine cohérence et de savoir comment se comporter. Cette représentation se construit à partir de sa culture, de ses expériences, de son entourage, etc. Elle guide son imagination et ses décisions, comme la boussole guide le voyageur. »

    Ceci, je l’avais déjà compris en 1980 en visionnant le film de Ken Russel  » Altered states » … et je précise que je n’ai jamais pris de substances louches …;-)

    http://www.dailymotion.com/video/x8tkdr_au-dela-du-reel_shortfilms

    et aussi en écoutant Mike Oldfied et son tubular bells… 🙂

    http://www.youtube.com/watch?v=0Dde2kkMA9k

  17. Quand la fin du capitalisme sera consommée, les Etats occidentaux auront besoin d’une nouvelle hagiographie pour justifier leur légitimité démocratique. Ce sera la première « vérité », fondement du nouveau paradigme, qu’il faudra bien étudier avant d’avaler une couleuvre encore plus énorme que la précédente. Sinon, on inventerait le paradis.

    1. Quand la fin du capitalisme sera consommée, les Etats, s’ils existent encore, n’auront plus besoin d’apparaître démocratiques.

  18. Bonsoir,

    si en science je vous suis, pour l’organisation sociale politique et économique je ne suis pas certain que les generations futures se souviendront de ce qui crée probléme actuellement. Les mêmes causes produisent à peu de chose prés les mêmes effets : je pense à la cupidité et à la peur fondamentale de l’autre qui est enfouie dans l’âme humaine. Aprés les enfants qui sans doute se souviendront, il y aura les petits puis les arriéres petits enfants etc …

    est ce que il est possible de corriger cela par la loi en transcendant les generations ?

    Est ce que les sociétes sont capables d’apprendre de l’histoire du passé ?

    C’est peut être là que les religions ont permis il y a trés longtemps de sortir d’une certaine obscurité en nommant quelque chose de « sacré ». Bien entendu cela n’est plus trés contemporain, mais regardons quand même le regain des religions cette loi là perdure vaille que vaille au delà des âges.

    Je crois que pour changer, c’est pas d’attendre la mort d’une generation qu’il faut, mais plutôt il faut sauter une generation : place aux jeunes avec un conseil de sages à voix uniquement consultatives pour faire ainsi un peu de place à l’histoire !
    cordialement

  19. On perçoit ce que l’on projette.On projette ce que l’on pense et ,ce que l’on pense, repose sur des conditionnements,des jugements (venus d’influences diverses) qu’il est bon de remettre en question pour participer ,en toute conscience, à l’évolution globale.

    Au lieu de trouver confort dans l’habitude et la répétition nous sommes invités à nous ouvrir au champ de tous les possibles avec humilité,constance et persévérance.

    Les épreuves restent les leçons que nous avons manqué d’apprendre.Notre obstination à refuser de tirer un enseignement de nos erreurs et notre prétention à vouloir tout maitriser nous barrent l’accés à la sagesse,à l’intelligence,au bon sens et au bien Etre individuel et donc collectif.

    Ces crises nous poussent à changer,à grandir et à créer , plutôt que détruire comme nous l’avons si bien fait jusque là !

    Nos pensées racines,basées sur la peur (la division,la menace ,le mensonge, la violence…) nous ont égarés dans la complexité et la confusion ,coupés des valeurs essentielles et privés de toute dignité.

    Nos égos dominants tissent inlassablement des dualités illusoires et d’incessants combats alors que La Vérité première veut que nous soyons tous interconnectés ,la vie ne connaissant ni limite,ni opposé(il n’y a que le mental pour juger,imposer ou limiter ce qui nous dépasse).

    Si nous décidions de batir une société basée sur la vérité de l’unité plutôt que sur celle de la dualité,alors,là où nous avons inconsciemment engendré le pire,nous pourrions consciemment créer le meilleur…

    Mais,biensûr,chacun est laissé libre d’oser ce renouveau ou de poursuivre ce qui,en ces temps,montre l’ampleur de son inéfficacité,de son absurdité et de sa barbarie….

    Chacun est laissé libre d’innover ou de reproduire,d’assumer ou de fuir,de combattre ou d’apaiser,d’aimer ou de craindre….

    Chacun est laissé libre,en son âme et conscience,de choisir la vérité ou l’illusion,de faire ou pas ce qui fonctionne,de manifester le meilleur ou d’incarner le pire .

    Le seul juge est en nos centres et chaque Un sait quand il fait de son mieux ou pas,chaque Un sait discerner l’essentiel du superflu,chaque Un sait que l’amour multiplie ce que la peur divise …

    Toute la différence est dans la relation à soi car c’est elle qui participe à la création du Tout…

    1. Je trouve,à votre lecture, une méthode de pensée commune
      avec celle de Pierre Sarton du Jonchay que sa dernière livraison
      illustre bien. ici: http://www.pauljorion.com/blog/?p=37604
      L’objectif n’est pas le même, bien sûr, mais il y a comme une familiarité
      entre vous deux. Je me trompe peut-être, cela reste du niveau de l’intuition, incertaine et fragile.
      Et puis, j’aime bien l’idée de la transversalité et des correspondances cryptiques.
      Ce me semble en plus sans danger pour quiconque.
      ( C’est rare, un truc nouveau sans danger apparent…)
      Qu’en pensez-vous, de cette familiarité supposée ?
      Je n’ose pas demander à Pierre comment il fait, en pratique,
      timidité dictée par la distance probablement, et la vastitude de ses projets.
      Pour vous , je me sens plus à l’aise, plus proche de mon vécu si on veut.
      Car, il faut bien le comprendre, je suis volontaire pour le
      Bien, le Beau et toute ces chose, volontaire aussi pour le partage.
      ( J’ai déja essayé de vous le suggérer, mais votre réponse m’a laissé encore plus interrogatif. J’ai été trop maladroit, sans doute.)
      Donc , je me lance. (N’oubliez pas, incertitude, fragilité, aucune assurance.)
      Prenons votre affirmation:

      Au lieu de trouver confort dans l’habitude et la répétition nous sommes invités à nous ouvrir au champ de tous les possibles avec humilité,constance et persévérance

      .
      D’ abord, je trouve un rapprochement-opposition avec ma littérateuse préférée en langue anglaise. Elle a remarqué:
       » a girl likes repetition. One of our vulnerabilities, I suppose. »
      Comme elle est une femme et qu’il s’agit d’une expérience personnelle qu’elle croit universelle, elle écrit ‘a girl’, mais on pourrait généraliser et mettre à la place un ‘one’, indéfini. En tout cas, elle est de votre avis. Une vulnérabilité, c’est tout dire, bien qu’elle semble ne pas la regretter.

      Ma question est simple:
      Comment faites-vous?

      1. N’achèteriez pas le concept de « pharmakon » ? Poison/remède ? Simondon (et derrière lui Stiegler) a essayé de raconter par « métastabilité » cette bifurcation qui va faire un jour quitter la répétition pour autre chose. En a déduit de longs développements dont je m’abstiens ici.

      2. @Daniel
        Je ne sais pas si cela va vous rassurer, mais je trouve moi aussi qu’il y a comme une familiarité entre les deux textes.
        Et c’est également une sorte d’intuition.

      3. @Daniel,timiota,Garorock : merci pour le temps pris à me lire et me répondre !
        En toute humilité,je dois avouer que je n’ai pas votre culture !

        Mes références sont d’ordre personnel et spirituel .Ces « leçons de vie » ,que j’ai moi-même tirées de mes propres égarements, sont imparables à condition d’être suivies avec conviction et constance ce qui,certes n’est pas simple car cela suppose de se réapproprier son pouvoir personnel,sa souvereineté individuelle (son libre arbitre,sa créativité,son discernement,sa liberté de penser et choisir…).

        C’est une invitation à oser le Nouveau.Cela implique de revisiter les pensées racines et les automatismes sur lesquels repose nos réflexions et nos choix.

        L’autre est miroir de soi et ,je ne crois pas que le changement de paradigme puisse se faire de façon profonde,durable et saine tant que l’individu n’opère pas une révolution intérieure, en osant une hiérarchie des priorités réfléchie,en éradiquant le mensonge de ses propres fonctionnements,en incarnant le changement que l’on attend des autres….

        Toutes les réponses à nos questions existentielles sont en nous sauf que cette connection intérieure a été sabotée par une société,un système,une élite qui,pour leur seule survie,ne souhaitent pas notre éveil ,préférant nous garder prisionniers du doute et de la peur,en mode réaction (et non création,selon la loi des uns contre les autres ,croire qu’il faut que l’un perde pour que l’autre gagne,compétition,rentabilité…autant d’absurdités insensées et indignes qui manquent totalement de respect pour l’humain et la vie en général ).

        On nous vend de la sécurité,de l’assurance sur demain.On nous fiche,on nous dirige,on nous impose….On nous trimballe entre un hier à expier et un demain à craindre .On nous vole ainsi à la seule réalité qui soit : la vérité de ce qui est Présent !

        Il s’agit de reprendre possession de notre jardin intérieur,d’y arracher les mauvaises herbes que sont ,par exemple, nos petits mensonges ou nos grandes lâchetés.

        Il s’agit de retrouver notre honnêteté,notre authenticité,notre intégrité afin que ce monde intérieur retrouve sérénité, clarté,tranquilité d’esprit…Alors seulement,ces bienfaits pourront tout naturellement transparaître et diffuser La Paix que chacun appelle de ses voeux.

        Il y a pour moi deux façons d’aborder la vie : celle de la peur ou celle e l’amour ,celle de la réaction ou celle de la création…

        Jusqu’à la trentaine environ,j’ai laissé l’extérieur guider ma trajectoire.Par peur (de déplaire,d’être rejettée,mal aimée,abandonnée…)j’ai obéis à la pression extérieure m’appliquant à essayer d’être ce que les autres semblaient attendre de moi.Cela a produit dans ma vie des satisfictions et autres plaisirs,tous éphémères et tous suivis de cuisantes désillusions, rien qui ne dure et offre le « confort » d’une base stable et solide.

        Peu à peu ,au lieu de rendre l’autre,les autres coupables de mes malheurs et responsables de mes bonheurs,j’ai tourné mon regard à l’intérieur et vu à quel point tout ce que je repprochais à l’extérieur existait (de façon plus ou moins intense)en moi.De là,plus question de se défiler !

        J’ai donc entamé cet inlassable « travail intérieur »,renoncé (autant que faire se peut !) aux jugements,refusé de pratiquer le mensonge,osé la désapprobation et libéré mon individualité du carcan des pressions extérieures.
        En m’appliquant à aligner pensée-parole-action,je me suis,en quelque sorte mise à nue et cette nudité nouvelle et intimidante n’a pas suscité les rejets que j’appréhendais !

        Au-delà du paraître et de l’avoir,nous sommes identiques.Les similitudes ainsi reconnues permettent l’empathie,le rapprochement,l’écoute et le partage.Nous réalisons que donner n’est pas perdre mais témoignage d’avoir,nous dépassons le sentiment de manque et d’absence que le système entretient pour nous garder dans son joug (de bons consommateurs avides,dépendants et craintifs),nous réalisons qu’une autre voie est possible et nous avons une soif grandissante de grandir !

        Il y aurait tant et tant à dire,à vivre,tant à dépasser pour parvenir à l’harmonie que nos coeurs appellent ! Le chemin est sans fin,c’est un voyage sans distance qui nécessite des remises en questions et des crises salutaires mais je peux témoigner que la paix intérieure qu’on y gagne n’a pas d’égal dans la seule matière.

        Quelle plus grande mission d’incarnation que cette manifestation d’un Soi que l’on choisit en conscience !

        Ces crises majeures (économiques,écologiques…)sont l’expression d’une perte d’identité.Si nous ne savons pas qui nous sommes comment saisir où nous allons ?!

        Si,socialement parlant,mon parcours n’est pas exemplaire,je travaille à ne pas louper ma sortie : le coeur léger et la conscience tranquille d’avoir simplement fait de mon mieux et porté humblement ma petite pierre à la naissance d’une humanité digne de ce nom,qui a retrouvé sa place au sein du cosmos et assume la responsabilité de son pouvoir créatif individuel pour l’évolution collective.

        Nous avons été induits en erreur par le système concernant nos origines,notre histoire et notre devenir.Le temps est venu de s’affranchir de cette suicidaire dépendance et d’oser cette mise à nue qui rétablit notre identité originelle, l’égalité,la justice et nous assure sagesse,paix et plaisir de créer,de grandir,d’évoluer.

        Cette réponse reste incomplète mais je peux témoigner que cette orientation est non seulement possible mais urgemment souhaitable si nous voulons éviter de sombrer totalement dans les effets nocifs de nos inconséquences passées.

        Ce saut évolutif n’est pas à remettre entre les mains d’un pouvoir extérieur.Il est à opérer en son centre pour être diffusé.Transcender nos ombres intérieures par la claire lumière de ces vérités afin que le monde lui-même retrouve ses couleurs,sa dignité et son humanité…

        En espérant que ce récit répondra mieux à vos interrogations,je vous remercie pour l’intérêt que vous voudrez bien porter à ce modeste témoignage et,… toutes mes excuses pour sa longueur…!

      4. @Béa : là où vous parlez de mise à nue de l’être je vois aussi de la simplicité dont l’origine serait effectivement le dépouillement de notre être volontairement débarrassé de toutes les conventions sociales superflues et de la gangue de sentiments imposés qui les accompagne. Etre simple c’est non seulement s’interdire le mensonge mais surtout s’autoriser la vérité et regarder en face ses conséquences éventuelles. C’est aussi prendre le risque d’être victime de tentatives de manipulation ou de railleries causées par ceux qui n’y voient que de la naïveté ou de la faiblesse. Modeste prix à payer au regard de la paix de l’esprit procurée.
        Plus que jamais je suis persuadé que la simplicité dont l’expression première est l’humilité constitue finalement la manifestation supérieure de l’intelligence.

    2. @Bea
      merci pour vos commentaires
      je retiens tout particulièrement :

      L’autre est miroir de soi et ,je ne crois pas que le changement de paradigme puisse se faire de façon profonde,durable et saine tant que l’individu n’opère pas une révolution intérieure, en osant une hiérarchie des priorités réfléchie,en éradiquant le mensonge de ses propres fonctionnements,en incarnant le changement que l’on attend des autres….

  20. « Nous percevons surtout ce nous voyons……………… »
    C’est une vérité indéniable, mais la plupart des gens ne partage pas ce principe absolu.

    Notre réalité est le produit de notre perception qui est extrêmement limitée, celle d’un animal « supérieur ». Si pour nous une feuille d’érable est une feuille d’érable, l’univers s’en moque, cette feuille fait partie d’un processus qui transforme la matière suivant des lois universelles qui nous échappent. Nous sommes équipés, sur le plan cognitif, pour survivre, c’est tout. On peut donc considérer que toutes nos actions, de nature économique par exemple, sont de nature temporaire, tendancieuse, fractale, qu’il ne peut pas y avoir des lois. Nous vivons donc dans l’erreur constante.

    1. Non germanicus,
      le pied au derrière, je ne le vois pas mais je le perçois…..C’est une vérité indéniable aussi.
      En fonction de sa force, je ne sais pas si je survivrai.

    1. J’aime pas trop mon commentaire (c’est comme d’hab, j’en maitrise pas assez pour me le permettre), mais au vu des messages où on s’exclut des aveugles, parce qu’on a de quoi être borgne (même si cela n’est pas si facile), au moins ce commentaire relativise.
      Le soucis c’est que notre cerveau tient absolument à ce qu’on croit maitriser nos raisonnements comme notre mémoire.
      Pour la mémoire, il y a une expérience simple, vous souvenez avoir déjeuné ce matin? (si non avez vous grignoté, pris un café…), vous pouvez normalement le visualiser.
      Ce n’est pas difficile.
      Si vous l’avez fait, alors évidement, le matin au petit déjeuner vos yeux flottent deux mètres au dessus de vous, pour vous offrir une vue aérienne de votre personne 🙂 .
      En fait le cerveau comme un ordinateur collecte plusieurs informations, mais le texte demande beaucoup moins de mémoire qu’une image qui elle même en demande beaucoup moins qu’une vidéo. Alors plutôt que d’enregistrer des millions d’heures, le cerveau compresse l’information.
      Mais il veut laisser croire au conscient qu’il enregistre tout, alors il créait des images à la volé, pour qu’on est cette conviction.
      Mais pour un petit déjeuner sans importance, il fait cela à l’arrache, persuadé (à raison) qu’on n’y voit que du feu (ce qui donne des discussions chez les vieux couples ou chacun reste sur ces convictions, si c’est un évènement social, mieux vaut ce fier aux femmes).
      Doit y avoir un truc entre la croyance et permettre au cerveau de rassurer le conscient (ce qu’il fait déjà sur la mémoire).

      1. La mémoire ? une référence au passé sur laquelle on s’appuie pour construire l’avenir le tout au détriment de la réalité du Présent.
        Sortons des automatisme et osons le renouveau du Présent qui n’attend que notre spontaneïté pour dévoiler sa merveilleuse magie…

  21. La vérité serait une sorte de trahison antidémocratique dans la théorie du mensonge républicain, n’est-il point ?

  22. un koan

    « un coucher de soleil serait un beau spectacle s’il n’était gratuit.. »

    la réalité serait une bonne chose si l’humain n’était tenté de vouloir la décrire …

    1. La Vérité est Une,inchangeable,inaliénable .

      Nos petits jugements d’égo et nos prétentions de savoir n’ont pas cette fiabilité.Nos humeurs comme nos notions de bien et de mal sont fluctuants.Il parlent de quête jusqu’à ce que la stabilité intérieure se place sur des vérités que les circonstances ne peuvent modifier…

  23. Bonjour, El Jem,

    Votre présentation est pertinente : nous sommes collectivement engagés dans un « changement de vérité » ; par contre, il me semble que vous n’explicitez pas comment s’effectue « un changement de vérité » .

    Ainsi vous écrivez

    «le marché est efficient. C’est une évidence et, franchement, il faudrait être insensé pour ne pas le voir. »

    Pour avancer d’un pas, si la fiction de l’offre et de la demande doit être « recadrée » comme masque d’un rapport de statut social, alors « quelle vérité nouvelle » voudrions-nous construire ? Celles que l’Histoire à, terme, décidera par l’action du plus fort? Mais alors, est-ce nouveau ?

    Lorsque vous citez Planck, le processus évoqué semble relever de l’extermination naturelle et indolore des opposants ?

    « et en leur faisant voir la lumière, mais plutôt parce que ses opposants finissent par mourir, et qu’il naît une nouvelle génération à qui cette vérité est familière ».

    Gregory Bateson (1), en reliant certains résultats de la psychologie expérimentale comme le deutero learning (Hull), et la théorie de types logiques (Bertrand Russel), semble avoir tracé une voie d’accès vers ces questions difficiles : c’est toute la question de la différence entre « changement de cadre » et « changement de contexte ».

    Pour aller au cœur, de la question, devons-nous penser, comme le proposait Marlowe, « une constitution contre l’économie » ou bien construire une « constitution pour l’économie » ?

    Selon mon avis, il conviendrait de « sortir du cadre de l’économie » en considérant que les formes de l’économie ne sont que l’expression du contexte, plus général, de la domination. ( J’ai lu ça, je crois, il y a bien longtemps, chez Guy Debord). J’ajoute que pour sortir du contexte de la domination, je ne connais pas d’autre bricolage que celui de Laborit,
    mais si vous en avez un autre (outre la Boétie ), je serais preneur.

    (1) L’ouvrage de Bateson, ( grouillez-vous de le télécharger, sur « Scribd », on ne sait jamais, nous ne sommes pas encore dans un société de l’information libre et gratuite) , me semble à méditer en entier, mais, plus précisément et pour gagner du temps, je nous suggérerais d’utiliser une fonction recherche pour atterrir au chapitre « Les catégories de l’apprentissage et de la communication ».

    Plutôt que de passer du stade II au III, nous pouvons aussi régresser en I : accepter l’organisation hiérarchique, une fois pour toute, pendant vingt mille ans !

    A+

    1. Bonjour Jean-Luce Morlie,
      organisation hiérarchique par génétique?
      Merci d’approfondir…..
      Excusez ma curiosité : vous ne trouvez pas que « Marie Antoinette et Lagarde » se ressemblent en de nombreux points !
      Quel héritage laissera-t’elle à vos enfants ?

    2. J’en profite pour évoquer ce qui me tient à coeur, à savoir qu’il y a une condition sine qua non à notre soutient au PS au prochaines élections, la nationalisation de Bouygue pour éviter que ce genre d’immense lobby ne puisse continuer à nuire, la mise au banc de Delanoé, l’arrêt des projets de bétonnages de Roland Garros, et de l’aéroport de Nantes, dont les citoyens ne veulent pas. Nous n’en voulons pas et jusqu’à preuve de contraire, la souveraineté, c’est nous, et personne d’autre ! Le bagne pour les bétonneurs ! Des « libéraux » comme Mr Delanoé n’ont rien à faire au PS, on en a assez de se voir imposer des projets pour des motifs plus que douteux !

      Sans prise de position sur ces questions, pas de vote, Mr Hollande.

      L’autocrate Delanoé doit être relégué comme Ovide, aux bords de la mer noire ou ailleurs, loin de la douce France ! Le règne de ce César de l’asphalte n’a que trop duré ! Loin de nous il aura toute la place pour construire des stades titanesques et des aéroports monstrueux.

    3. à Jean-Luce Morlie,

      En dehors du fait que je suis curieux de savoir où et quand Guy Debord a pu évoquer l’idée que « les formes de l’économie ne sont que l’expression du contexte, plus général, de la domination »,
      Je pense, comme cet auteur, que le rapport de l’offre et de la demande n’est pas une fiction dans un monde dominé par l’économie et quand la demande est dirigée par l’offre.
      Le rapport de l’offre et de la demande est une fiction dans le cas où est affirmée haut et fort l’idée que le prix ne serait déterminé que par l’offre et la demande.
      Je suis par contre d’accord absolument avec ta dernière phrase.

      1. Marlowe,

        Debord n’utilise pas le concept de « contexte », mais il considère en substance que l’économie sert de masque à la domination (je n’ai pas ses œuvres complètes ici sous la main, dans la phrase dont je me souviens, il y a l’expression « peut-être ne l’a-t-elle jamais été »).

        Debord reste dans le contexte du rapport de force; partant, j’utilise Debord, c’est de bonne guerre, car il précisera lui-même à la fin de sa vie que son œuvre est à reprendre depuis le début, car la question est désormais posée : régresser et accepter « l’organisation hiérarchique), une fois pour toute, pendant vingt mille ans ! »

        Contrairement à Bateson, l’ordre linéaire des phases de la crise Maxence Granier ne prend pas en compte la possibilité de régression, tandis qu’intégrer, à l’analyse globale de la crise, le niveau d’organisation propre au fonctionnement cérébral ( la recherche de la dominance) permet d’envisager le changement du contexte inconscient de la recherche de la dominance.

        Par exemple, de comprendre la corruption chez les Grecs et les Belges, comme l’effet, très généralisé, d‘une structure de contrôle sociale par le clientélisme hiérachique, organisé de Bruxelles en passant par Athène jusque Zakinthos.

        A+

      2. @Jean Luce Morlie :
        //// : régresser et accepter « l’organisation hiérarchique), ////

        Si vous commencez par requestionner les problèmes d’ organisation , de hierarchie , donc de structures , en cataloguant cette démarche de « régression » …..vous etes mal barré ! …du point de vue objectivité.

      3. à Jean-Luce Morlie,

        Je pense que Debord n’a pas parlé de reprendre depuis le début son oeuvre, mais sa lutte, ce qui chez lui se confond et qui, de ce fait, doit être précisé.
        J’ai indiqué récemment, à plusieurs occasions, un des derniers titres des Editions de l’Encyclopédie des Nuisances, paru en 2008, et je t’en recommande vivement la lecture (Catastrophisme, administration du désastre et soumission durable) tant d’une part ce petit groupe peut être considéré comme un héritier des situationnistes et tant l’ouvrage mentionné s’attaque aux racines de la domination.
        J’ai par ailleurs, dans Le temps qu’il fait, donné, ce matin, à lire une autre citation du même groupe.
        A propos de ce livre, en voici les dernières lignes :
        « Cependant le cours de cette étrange guerre ne manquera pas de créer des occasions de passer à la critique en actes du chantage bureaucratique. Pour le dire un peu différemment : on peut prévoir l’entropie, mais pas l’émergence du nouveau. Le rôle de l’imagination théorique reste de discerner, dans un présent écrasé par la probabilité du pire, les diverses possibilités qui n’en demeurent pas moins ouvertes. Pris comme n’importe qui à l’intérieur d’une réalité aussi mouvante que violemment destructrice, nous nous gardons d’oublier ce fait d’expérience, propre nous semble-t-il à lui résister, que l’action de quelques individus, ou de groupes humains très restreints, peut, avec un peu de chance, de rigueur, de volonté, avoir des conséquences incalculables. »

      4. malowe, et Mr Morlie
        la centralisation et la mondialisation, vous adhérez en fait. Vous ne seriez pas comme Mr Morlie qui fustige la ruralité sans jamais l’avoir connu. Et vous ne croyez pas que depuis bien longtemps, la hiérarchie s’est imposée et acceptée par la finance.
        Sous quels critères l’acceptation de la hiérarchie : génétique ?
        Adhérer aux propos des Lagarde, Draghi et Barroso ! Où va l’humanité ?
        Je vous invite à conserver le doute plutôt que « de choisir l’affirmative », le dogme.
        Vous constatez des problèmes mais j’ai le sentiment que vos conclusions d’acceptation vont dans le sens du problème ?
        Le monde est glacial et sans âme lorsqu’il est piloté par l’asservissement.
        Rassurez-moi et expliquez-moi pédagogiquement que je n’ai rien compris….
        D’ailleurs, je note que Mr Morlie n’a pas répondu. Il ne doit pas approuver mon questionnement.
        La marchandisation pervertit l’économie, c’est un fait.
        La vraie question, c’est « que devrait être et comment devrait être la hiérarchie ».

      5. à olivier69,

        Marlowe, je peux répondre en son nom, mais seulement en son nom.
        Je peux vous dire que je n’ai jamais été un partisan de la mondialisation.
        Si j’étais prétentieux, je dirais qu’elle est venue contre mon gré, mais en vérité le mouvement de la marchandise s’étendant partout – parfois nommé mondialisation – et le fait que ce développement en accélération constante et de plus en plus incontrôlé, soit maintenant là, sous nos yeux, et commande l’ensemble de nos vies, qui déjà, par les mouvements marchand, puis industriel, développés en Occident, étaient réduites à la survie, ne m’a pas demandé mon avis, ni le vôtre.
        Disons que nous n’avons pas su nous y opposer.
        Je ne vois pas du tout de quoi vous voulez parler quand vous évoquez la centralisation, je pensais avoir plusieurs fois suggéré que je ne suis pas étatiste.
        Quand aux hiérarchies dans les groupes humains, elles existent, sont parfois changeantes et ne sont pernicieuses que dans le cas où elles trouvent des structures qui, non seulement les entretiennent, mais les favorisent.
        Par ailleurs, j’aime beaucoup le slogan : « à chacun selon ses besoins, de chacun selon ses talents. »

      6. Marlowe,
        Je pense que vous avez répondu en grande partie à mes interrogations.
        Nous pouvons constater qu’en général, les structures changeantes sont facteurs d’énergie nouvelle. J’aimerai également « à chacun selon ses besoins, de chacun selon ses talents. » si ce principe s’insère dans un cadre respectueux, moral, générationnel. Je regrette juste que les besoins personnels ne tiennent pas suffisamment compte des besoins des autres. Il doit y avoir un travail considérable d’apprentissage à effectuer.
        Je vous remercie d’avoir pris le temps d’approfondir vos écrits en tant que Marlowe.

      7. @ Olivier 69 :
        //// Et vous ne croyez pas que depuis bien longtemps, la hiérarchie s’est imposée et acceptée par la finance.
        Sous quels critères l’acceptation de la hiérarchie : génétique ? ////

        La hierarchisation n’est pas génétique , elle est culturelle .Elle est nécessaire et indispênsable pour permettre a une espece animale de se socialiser …….L’ instinct premier etant l’agressivité (génétique elle) , il ne peut s’effacer …il ne peut que se freiner (inhiber) …c’est ce que font les « Rites » cuklturels qui les réutilisent en s’ y substituant et en modérant la violence par d’autres formes de competitivité (jeux , rites , rituels ..)
        La hierarchie existe ds chaque groupe social animal et les rites qui l’ établissent sont « structurant du groupe .
        Mais cette hierarchisation et ces rites sont liés a un groupe restreint car ils néessitent l’ affect , donc le relationnel d’ individus qui se connaissent .
        La structure de toute espece vivante est parcellisée et fractale (groupe ‘individus et groupes de groupes …c’est une structure qui autorise la « complexité  » ou l’ outil des equa diff modélise les groupes et procure la stabilité et durabilité (attracteurs)
        La sortie de cette structure induit des desastres societaux …et les semblants de hierarchisation ne trompent personne parce qu’ils ne sont pas admis par les individus …parce non respectables , non prouvés .
        Les capitalistes , puis les liberaux , ne peuvent se contenter de la structure archaique (voir l’ethymologie qui ‘est pas « désuet » …)puisque le gain de productivité passe par une structure hypertrophiée et centralisée .
        «  » » »Tout gain de productivité est une perte d’ humanité «  » » (Johnny Halliday)

        La dynamique du centralime et du mondialisme peut sembler inéluctable , en raison de sa formidable inertie qui s’appuie sue la non moins formidable veulerie humaine ……mais les cartes sont en train d’etre redistribuées du fait de la pénurie d’abondance resultant de la pénurie d’énergie en cours ……c’est notre seule chance de revenir a des structures plus « humaines » , a un réenchantement sociétal , ….
        On ne peut sortir d’une aliénaton sans retomber ds une autre…il me semble que celle qui nous a formater durant si longtemps doit etre celle qui nous optimise le mieux …c’est une hypothèse facile a soutenir .

        //////Nous pouvons constater qu’en général, les structures changeantes sont facteurs d’énergie nouvelle. /////

        Les nouvelles structures se servent de l’ alterité en les détruisant …c’est l’ alterité qui est source de vie ….et la seule structure qui se sert de l’altérité sans la détruire c’est la structure archaique originelle en usage chez ts les systèmes vivants : structure porcelée , parcellisée , fractale, auto-organisée , jamais centralisée .

      8. Kerkoz,
        vous voyez que la modélisation est une réduction. Non, la socialisation ne passe pas nécessairement par la hiérarchie mais systématiquement par l’échange. Eh oui, l’échange structure les relations socioculturelles comme des fondations (les rites) qui sont perpétuellement en mouvement avec l’environnement . La culture n’est pas un concept simple atemporel. De même que l’échange structure votre psychologie. « la hiérarchisation est culturel et non pas génétique » : vous plaisantez, vous parlez de quelle culture? Trop discutable…..Et nier que la transmission du patrimoine (génétique) dans un modèle de concentration des richesses n’est pas constitutive d’une hiérarchie, c’est être aveugle ou aveuglé. L’affect se traduit par la répartition des rôles (interdépendance) mais il ne structure pas nécessairement (rapport de force naturel). L’environnement et l’inattendu empêchent l’homme de se structurer uniquement par les rites, d’où son adaptation, son évolution. Pensez au rôle de l’oracle (le repère) dans la formation de la structure du groupe (voir l’avenir). Le(s) meneur(s) doit prendre les meilleurs décisions (collégialement ou pas) afin de pérenniser la survie du groupe (tout ou partie). La mondialisation peut prendre plusieurs visages (uni, poly ou multi).
        Quelle sera la place de la variété, de la diversité ? Le monde n’est pas fait pour être en noir et blanc (dualité et rivalité des déviants) mais en couleurs : non pas bipolaire mais multipolaire. Voilà, ce sont « mes véritables enjeux » dans l’étude de la structure du groupe. C’est dans notre intériorité qu’il faut travailler (acceptation de l’autre) mais pas dans l’extériorité (sa différence). Sinon, nous ne règlerons pas le problème du rapport à l’autre (toujours quelque chose qui n’ira pas), et même dans un monde unipolaire (utopie). Le rôle de l’échange est tellement fondamental qu’il doit être défini correctement. La hiérarchie que vous ne vouliez où pas, elle existera toujours….L’identique n’existe pas alors pour ma conception de l’unipolaire, vous comprendrez que je ne partage pas la nécessité de chacun. C’est pourquoi, aujourd’hui celui qui maîtrise l’échange, maîtrise la socialisation et vis versa. Qui dit mauvais meneur, dit mauvaise direction !

    4. @Jean-Luc
      merci pour votre commentaire
      j’aborde les questions que vous posez (comment s’opère le changement ; domination ; comment faire apparaitre une nouvelle vérité et que peut-on faire pour qu’elle soit plus durable) dans les prochains textes. Je ne traite pas ces points de manière complète bien sûr (il y faudrait plus qu’une vie) mais juste sous l’angle que j’ai choisi d’attaquer.

      pour le changement en Science: le phénomène est, de manière amusante, le suivant : nous vivons dans des structures organisées et hiérarchisée, y compris en Science. Tant que le chef de l’école de pensée dominante existe et continue de la défendre, cette école subsiste et elle est défendue par tous ses membres. Quand il disparait ou s’avoue vaincu, ses membres peuvent alors changer d’opinion. Il faut donc généralement attendre la mort du chef (de vieillesse, je précise). Dans les autres domaines (ex. : type de société), c’est bien sur plus compliqué : il n’y a pas qu’un chef, et toute la société est structurée par et pour le paradigme ambiant. L’inertie est alors énorme et va hélas jusqu’à la rupture (ce qu’il nous faut éviter).

      pour l’économie, je ne suis pas économiste mais de formation scientifique (ce qui ne me rend pas plus intelligent qu’un autre, et même peut être le contraire : on m’a éduqué à coups de vérités, qu’il m’a fallu ensuite déconstruire). Mais je pense effectivement qu’il faut tout repenser. C’est d’ailleurs l’angle d’attaque que j’ai choisi : remise en cause générale, en essayant de pointer les incohérence, inefficacité, absurdité, etc. du système actuel. (= montrer quelques détails dissonants, que je note dans mes petits cahiers, pour tenter de semer le doute puis le questionnement)

  24. Cet article pose les questions déjà apparues sur ce site, mais il permet d’en poser d’autres.
    En parlant du renouvellement de générations qui permet le changement de paradigmes, est-ce que les démographes s’intéressent à ceux qui sont les géniteurs de la générations suivante? Je veux dire, est-ce que les hippies faisaient moins d’enfants que les capitalistes dans les années 60-70? Par exemple, j’espère que les femmes sarkozystes ont un taux de fécondité faible pour notre avenir.
    Bien entendu, les gens changent au cours de leur vie, des anciens hippies travaillent dans la pub (pour les clichés) etc.. Mais on a des couples fortement de droite, d’extrême-gauche, fn, et il serait intéressant de connaître leur taux de natalité, je me trompe?

    Enfin, je suis un « jeune », et notre génération a connu la problématique du chômage de masse depuis la naissance, et nous avons du nous battre toute notre vie pour faire des études, puis encore plus pour trouver un premier emploi, dites donc au revoir aux plus faibles. Je connais de nombreuses personnes qui ont fait des tentatives de suicides ou qui sont passées à l’acte, était-ce pareil pour les générations précédent, il y a 30-40-50 ans? Y a t-il une augmentation significative? Pas de place pour les doux, les tendres en somme, il faut s’armer. J’ai lu un article sur le monde cette semaine sur les pervers narcissiques, en hausse dans les entreprises. Et on ne naît pas pervers narcissique, on le devient. Nos conditions de vie actuelles le favorise (parents au chômage, échec scolaire, pas d’avenir..).
    Si l’on considère qu’il n’y a pas de nature humaine immuable, alors notre période actuelle est en train de déformer l’homme sérieusement, et durablement.

    Enfin, sur la question de « la réalité » évoquée dans cet article, une visite de la page wikipedia sur la physique quantique nous permet de percevoir que sans mélange entre l’homme et la technologie (transhumanisme), cette « réalité » ne nous sera jamais compréhensible. Personnellement, je suis incapable de définir la réalité, on peut à la limite parler de réalité humaine. Et encore, un daltonien, un sourd, David Douillet et Stephen Hawking auront bien du mal ensemble à considérer une réalité humaine commune.

    Si une seule personne a lu ce que j’ai écrit je l’en remercie et l’en félicite

    1. En parlant du renouvellement de générations qui permet le changement de paradigmes

      ce serait plutôt l’arrivée à une masse critique qui fait qu’on est confronté à un changement , non ?

      était-ce pareil pour les générations précédent, il y a 30-40-50 ans?

      sans doute , oui . mais il semble qu’on pouvait encore trouver des refuges , ou explorer l’Amérique 😉
      les parents qui ont des enfants doivent sentir leurs cheveux blanchir et se sentir assez impuissants face à ce qui se déroule .

      Personnellement, je suis incapable de définir la réalité

      y a -t-il cette possibilité ? par exemple, que voit on de l’œil ? ( je dis ça , mais très dubitatif , juste une pensée qui m’a traversé ce matin )

      bonne journée à toi .

    2. Il est habituel que soit posée la question suivante : « quel monde allons-nous laisser à nos enfants ? »

      Il existe une autre question, inséparable de la première : « à quels enfants allons-nous laisser ce monde ? »

      Remarquez qu’il est aussi possible que, prochainement, il n’y ait plus ni monde ni enfants.

      1. oui, mais ce n’est pas le meilleur possible . essayons de ne pas perdre nos esprits …
        Nos enfants, en tant qu’êtres qui ne nous appartiennent pas, sont pour le moins l’expression d’un Amour entre deux entités qui les ont précédés . Abandonnerions nous nos Amours , sans que nous même ne soyons abandonnés par un Amour plus grand ?

        Ensuite, la normalité , c’est délicat sans repère . or la physique seule ne peut pas rendre le réel . elle peut juste agir sur la matière mais en négatif . Dans ces conditions on voit s’appauvrir le vivant dans un désordre croissant .
        la spiritualité seule non plus ne restitue pas le réel .
        trouver les point d’équilibre , mais dans une dynamique qui ne soit pas nuisible ? qui rende au vivant sa part .

        un monde en désarroi , une transition difficile . et beaucoup de confusion auquel nul n’échappe .

    3. l’homme et la technologie (transhumanisme)

      La technologie c’est essayer de trouver des solutions extérieures à nos problèmes intérieurs.
      La technologie est un mot magique qui permet de ne pas se soucier des problèmes : ils seront résolus demain, grâce à la technologie.
      ex.: le nucléaire : cela fait 60 ans au moins qu’on nous dit que la technologie de demain permettra de gérer les déchets. Donc nous pouvons en produire, ce n’est pas un problème

      1. La technologie de l’internet n’est quand même pas si mauvaise que ça , n’est-ce pas? 😉

      2. @quelqu’un : je ne dis pas que la technologie est par nature mauvaise, je dis qu’on s’en sert souvent pour ne pas avoir à répondre à des problèmes qu’on ne veut pas assumer. on les reporte dans le futurs, avec une promesse de lendemains qui rasent gratis.

    4. Allumette : prenez « réalité » comme un pur concept : ce qui est sans être le produit de notre représentation. Donc comme un concept qui n’a pas d’objet déterminable, ou objectivement qualifiable, puisque c’est toujours comme représentation qu’une réalité nous est donnée (je passe par dessus 2500 de philo, on peut se passer et du rappel et du lexique). Si je ne craignais pas de froisser, je vous renverrait à Nietzsche, un petit texte bref et facile à lire (Vérité et mensonge d’un point de vue extra-moral). De même ici : http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Cr%C3%A9puscule_des_idoles/Comment_le_%C2%AB_monde-v%C3%A9rit%C3%A9_%C2%BB_devint_enfin_une_fable . Il y a aussi d’autres textes que je ne retrouve dans l’instant où les distinctions routinières de la métaphysique (essence/apparence, phénomène/réalité en soi) sont récusées.

      Sur la question de la relation homme / technique, il y a en effet beaucoup et très long à dire. Je pense que sur un aspect, vous placez des espoirs vains chez les transhumanistes, qui sont en réalité -et très paradoxalement- un genre de clergé idéaliste… Ce qu’ils sous entendent à propos du corps est une suite de contresens.

      Mais ils ont le mérite de poser clairement le problème de la nature humaine, ou plutôt de ce fond indéterminé qui fait nature en l’homme, et qui a toujours eut partie liée avec les systèmes d’outils et de prothèses en quoi l’existence se réalise aussi (une anthropologie, c’est de toute nécessité une anthropotechnie; il y a encore à apprendre aussi de l’analytique existentiale du dasein heideggerien). Cependant, négliger le symbolique, vouloir abolir le symbolique dans le calculatoire, c’est l’autre illusion. Pour le dire simplement, en référence à l’excellent Ghost in the Shell de Mamoru Oshii, le Puppet Master, tout programme informatique qu’il est, est humain, puisqu’il parle comme sujet, et comme tel, comme sujet de droit (se pose toutefois le problème de la possibilité d’une conscience de soi sans les contours d’une identité ou d’une heccéité tracé par la résistance que nous oppose l’inscription dans un réel quelconque : « dans » le virtuel, quel support/résistance pour que corrélativement un soi s’éprouve?).

      On ne sortira pas comme cela de l’être-fini-comme-corps, comme « chair ».

  25. « Chaque humain construit sa propre représentation du monde ».

    “Nous ne voyons pas les choses telles qu’elles sont. Nous les voyons telles que nous sommes.”
    (Anaïs Nin)

      1. c’est étonnant comme question . on connait le moins ce qui est le plus proche . et pour retrouver ce plus proche on va chercher le plus loin .
        à force de chercher partout , qui sait si on ne s’y trouvera pas non plus ?

      2. Qui suis je ? suis je libre? pour eric l , votre reflexion me fait penser au roman  » l alchimiste » et lorsque j evoque la question de la liberté , mes pensées rejoignent le film docu de hier soir sur arte concernant la vie d alexandra david neel.
        hors cadre(lol) du billet, kimporte, ….

  26. La clés pour changer de paradigme est de chercher les paradoxes :

    « Le sentiment de paradoxe résulte de l’absence en nous de modèle mental capable de relier dans un tout cohérent des éléments incompatibles.
    Un paradoxe ne se se résout pas comme un problème auquel on apporte une solution. Il se dissout dans une nouvelle représentation des choses. La théorie de la relativité proposée par Einstein est un nouveau cadre de pensée, c’est un regard nouveau sur le monde, qui reste bien, lui, le même. Einstein a recadré la physique, sans donner tort ni à Newton, ni à Maxwell. Ce qui était incompatible ne l’est plus, le paradoxe a disparu, il s’est évanoui dans la trouvaille du génie allemand. » Luc de Brabandere – Petite Philosophie des grandes trouvailles.

    Quels sont aujourd’hui les paradoxes qu’on voudrait ignorer ?
    Une économie de croissance dans un monde fini, Penser un monde global en préservant l’économie locale, ….

    1. Une économie de croissance dans un monde fini

      et l’on se dit tout aussi sec « quelle aberration » !
      Mais, il y a un mais !
      Notre planète a beau être finie, elle reçoit un apport extérieur déterminant, le rayonnement solaire.
      C’est à dire de l’énergie.
      Exactement ce qui semble poser problème et se faire rare ces derniers temps.
      Optimisme ?

  27. Le réel, sa représentation et leur antagonisme, font l’objet de pans entiers de la philosophie. En ce qui concerne le marché, il est difficile de dire que le processus de l’échange ne se fonde pas sur le désir (adéquat ou non) et qu’ainsi, l’offre et la demande ait valeur de loi naturelle. Que la médiation s’opère par la monnaie ou le don, son expression est toujours le prix.
    Maintenant, dire que le marché est efficient, encore faut-il en préciser les contours. Mais l’ironie ne résoud rien…

    Ainsi, le marché est efficient. C’est une évidence et, franchement, il faudrait être insensé pour ne pas le voir.

    S’ il est clair aujourd’hui que la main invisible du marché ne règle pas adéquatement tous les problèmes de l’échange et qu’un dirigisme correctif est indispensable, les biens et services seront toujours l’objet de désirs humains dont la possession via l’échange s’effectueront selon la loi du marché (l’offre et la demande) « L’essence de l’homme, c’est le désir !. « 

    1. Et si l’essence de l’homme était l’Etre …?

      Le désir est un appel vers un ailleurs ou un mieux.L’Etre se vit dans l’éternité du Présent,appliqué à remercier ce que la vie lui donne à vivre,à transcender ses faux jugements et à faire, humblement et simplement ,de son mieux plutôt que de se vendre au prix de sa dignité,de son honnêteté et de sa créativité effective…

      Ce « toujours plus » est une offense;Comment la vie pourrait-elle nous offrir ce « davantage » si nous sommes incapables d’honnorer « ce qui est » et qui n’attend que notre attention bienveillante pour prospérer ,croître et évoluer…?

      Quels enfants ingrats nous sommes….

    2. L’essence de l’homme, c’est le désir !.

      ha non ! l’essence de l’homme, c’est le pétrole !
      (désolé, j’ai pas pu résister)
      pour mon avis sur l’efficience du marché : cf ici.

    3. Bonjour Polo; je suis assez d’accord avec votre propos; une relecture de la notion d’intérêt, par exemple, visant à le réinscrire dans une logique vitale, me semble aussi utile. Cela évitera les antinomies stériles du désintéressement.

      Trois remarques toutefois : loi du marché / de l’offre et de la demande : cela exige un examen critique encore plus approfondi : « loi » connote des choses absolument fausses -parlons de « mécanisme », tout au plus- et est d’ailleurs, je vous le signale au passage, un anthropomorphisme (si cela vous intéresse : Spinoza, Traité théologico-politique, IV, De la loi divine) ; quant à « offre » et « demande », là aussi, des « êtres de raison » dont Jorion nous a montré l’ineffectivité et la fausseté.

      Enfin, prudence avec Spinoza, que vous citez : cette déclaration ne cesse de donner lieu a des contresens : que l’homme soit et demeure un être mû par ses appétits (donc aussi : ses impulsions et ses affects -non par sa raison, donc, ne signifie pas que la satisfaction du désir soit la règle de l’éthique : tout désir n’est pas bon, ni légitime, tant du point de vue de l’éthique absolue que de ce qui est utile à l’homme (c’est-à-dire : bien et bon).

      Nb : J’évoquais Rawls ce matin, je crois que le schème spinoziste -immanence et limite- peut nous être utile finalement. Il y a chez Spinoza une pensée de l’individu à extraire qui est très originale : la nature ne produit que des singuliers, dit-il (qu’il s’agisse de l’homme ou d’une pomme sur ce pommier); mais aucun singulier n’est « empire dans un empire » : tous sont inscrit dans le réel, dans la totalité du réel, comme un mode d’expression de ce réel : pas d’autofondation de l’individu, pas de caractère originaire et premier qui légitimerait toutes ses demandes de droits et obligerait à organiser la société à son service. Bref un pensée de l’individu (du singulier en fait) ou précisément 1/ la singularité de l’individu ne se confond pas avec son individualité, encore moins son individualisme; 2/ la singularité concrète de l’individu est constituée par son inscription dans les divers niveaux de ce qui l’enveloppe : Ni Hayek, ni Pol Pot en deux mots (mais rien de différent chez un Marx bien compris).

      A bientôt.

  28. Ne vous conformez pas à ce monde présent, mais transformez-vous par le renouvellement de l’esprit.

    Paul.
    (Saint Paul, Romains 12, 2)

    1. Puisqu’on est à Paul de Tarse…

      « Tout ce qu’on peut savoir dans la philosophie rationnelle se trouve dans un passage de saint Paul, et ce passage, le voici: Ce monde est un système de choses invisibles manifestées visiblement. »
      (Joseph de Maistre. Les Soirées de Saint-Pétersbourg).

    2. plus juste serait l’idée qu’il faudrait faire abstraction de son esprit , pour laisser advenir l’Esprit .
      Il nous rend notre réalité . et nos actes se font en conséquences de cette soumission. Impossible de faire autrement , de se lier autrement , sinon, c’est le monde qui nous aliène, et nous qui aliénons le monde.
      Mais comme ce mot « esprit  » ne recouvre pas l’Esprit . et que nous en avons toujours pris à notre aise avec la réalité qu’il recouvre , dans le dédale des sens possibles , obéissant selon le notre , cela engendre plus de difficultés que de raison. établissant un commerce à notre volonté .
      ce qui bloque et enferme l’esprit, ce qui fait qu’Il ne se renouvelle pas en Nous .
      L’Esprit est décidément très rusé …

      1. Toute notre vie n’est qu’un voyage sans distance de l’esprit,une traversée du relatif pour nous qui avons oublié que nous venons et retournons à l’absolu.
        Il est temps de s’affranchir des mensonges que la société nous a inculqués pour nous asservir à un système qui ne sert qu’une élite avide de pouvoir..
        Il est temps de retirer peu à peu notre caution à ces fonctionnements anti-nature qui ne sément que destructions et injustices,mensonges et souffrances.
        Il est temps d’agir et de créer en conscience et individuellement pour que l’ensemble franchisse brillamment le saut évolutif qu’imposent ces crises successives…ou pas !!!

      2. Si la société nous a asservis, ce qui est indiscutable, c’est essentiellement parce qu’une grande partie des humains l’ont voulu.
        Ce constat est à la fois insupportable et incontournable.

      3. tout à fait .
        alors , dénouer pour nouer autrement , envisager un autre mode de relation .
        le monde qu’on met au chômage forcé , sans trop de ressources financières, va -t-il pouvoir faire quelque chose ? s’il reste sur les mêmes attentes, sans doute non, mais c’est lié à ses initiatives et le regard porté sur autrui .

  29. Brillant article. Sur la citation de Planck, très juste, il faut constater que l’allongement de la durée de vie ne va pas faciliter la disparition des vieilles idées quant à elles déjà mortes.
    Je me demandais si notre incapacité à penser autrement que par nos mots (finalement on se parle à nous même pour se convaincre qu’on a raison de penser ce qu’on pense…) n’est pas le moteur de la stabilité des idioties dans le temps. Alors que proposes-tu pour en sortir? Discussions, démocratie participative, drogues, expériences chamaniques ;-))

    1. Perso,je propose de revoir la définition de « qui on est » …

      Des moutons,pour consommer,combattre et détruire ou des êtres doués d’intelligence,de sagesse,de créativité et tout à fait capables de recontruire,en conscience, le meilleur là où ils ont ,de façon inconséquente,engendré le pire ?

      Dis-moi qui tu es et je te dirai où tu vas !!!
      Voir mon com plus haut

      1. « Qui suis-je? » est la question de Ramana Maharishi et du non-dualisme. La question date de Shankara, soit 1000 ans. Et toujours pas de réponse pour la plupart des gens, d’où la consommation comme facteur de compensation psychologique..

      2. @Luc
        Oui,une compensation dont il faut avoir le courage individuel de s’affranchir au nom du bien collectif.
        La réponse à « qui suis-je? » est éludée,fuie car elle nous ramène à une responsabilité qui nous obligerait à renoncer à notre statut de victime,à cesser de rendre seuls les autres coupables.C’est tout l’enjeu de l’époque actuelle : grandir ou laisser à d’autres le soin de nous guider ,quitte à tendre vers notre perte….
        Pour cela aussi,nous sommes laissés libres et chaque Un connaîtra le juste effet de cette cause.Ainsi,tout est juste et parfait,libre et divinement prometteur…

      3. @Pablo75: Moi aussi… Ramana en anglais « searchable » ici:http://1.1o1.in/fr/srm-talks
        Il est remarquable comme le dit Bea que cette question, qui est pourtant sans doute la vraie question identitaire au delà des effets politiques ludico-destructeurs, est en effet éludée par l’occident en ce moment. Mais nous sommes une civilisation qui finit toujours pas y revenir…espoir..

    2. que proposes-tu pour en sortir?

      un point qui m’a fortement marqué et qui est un des points de départ de mes réflexions sur ce sujet est le suivant : je suis de formation scientifique (de nombreuses années, ce qui ne me rend pas plus intelligent qu’un autre, bien au contraire, comme je l’ai dit plus haut dans un autre post) et j’ai mis encore plus de nombreuses années (preuve que je suis effectivement pas plus intelligent qu’un autre) à me rendre compte qu’on m’avait enseigné non pas l’histoire des Sciences mais la mythologie des Sciences. C’est à dire qu’on m’a enseigné comment les scientifiques auraient bien voulu que cela se passe pour que cela colle avec l’image qu’ils ont d’eux même.
      (et on est en Science, je n’ose imaginer dans les autres domaines !)
      Sur de telles bases c’est sûr qu’on s’en sortira pas.
      Une des choses à faire c’est déconstruire les mythes, faire de l’enseignement et pas de la propagande.

      1. Les mots sont importants. Le mythe a rapport avec le sacré, ce que tu contestes ici, fort justement et brillamment, ce n’est pas le mythe mais le dogme, c’est à dire ce que l' »église » (au sens de l’assemblée des croyants) fait du mythe. La science n’y est pour rien. C’est l’institution opératrice de la science qui est responsable du dogme et donc de l’immobilisme ici contesté. Ne jetons pas le bébé scientifique avec l’eau du bain institutionnel où il se noie.

  30. Chers amis,
    C’est curieux que personne ne l’ai cité, mais le premier (à ma connaissance) qui ait traité ce sujet est monsieur PLATON dans son allégorie de la CAVERNE;
    C’était il y a bien longtemps…

  31. « Nous percevons surtout ce que nous croyons » dites-vous.
    Certes, c’est vrai pour ce qui concerne notre pensée et ses développements, encore qu’il soit possible de réduire la part de la croyance en s’imposant la rigueur scientifique.
    Mais pour ce qui concerne nos sens nous percevons ce qu’ils nous livrent.
    Le chaud, le froid, le haut, le bas, la faim, la soif, etc., bien sûr ces données ne sont pas étanches à l’interprétation ou à l’illusion, mais tout de même, leurs fonctions est avant tout de nous indiquer l’état du monde réel parce que c’est indispensable à notre survie et qu’il vaut mieux en cela, ne pas croire mais savoir.

      1. Il m’est arrivé de m’écraser un doigt avec un marteau. Je ne le cherchais pas mais je l’ai parfaitement perçu.
        Quand au test que vous mentionnez, il illustre bien le mécanisme de la prestidigitation. C’est à dire le détournement de l’attention du spectateur par le prestidigitateur et sa grande habileté manuelle.

        Il n’en reste pas moins que ce blog précisément et à l’inverse de la prestidigitation, nous permet de regarder ce qui doit être vu et de comprendre ce qui doit être compris.

    1. il s’agit de l’observation et pas du niveau premier des sens (chaleur, marteau sur le doigt, etc.)
      Par exemple, il est amusant de constater que, face à une nouvelle question, on a tendance à émettre une hypothèse, monter une expérience pour la vérifier et conserver les observations qui la confirment (et négliger celles qui l’infirme).

    1. la méthode est très importante. l’homme est un être d’inventaire. toute sa vie il fait des inventaires et les enrichit (et bien souvent s’y identifie malheureusement).

      -Contre la méthode. Esquisse d’une théorie anarchiste de la connaissance (1975)

      l’acquisition et la transmission de la connaissance relève d’une méthode, même si ce sont ces failles et lacunes qui au final sont exploitées. il est même probable que la foi puisse s’acquérir méthodiquement, son objet restant discutable.

      ado j’aimais bien les délires anarchisant, c’est marrant, à l’usage il s’avère que leurs promoteurs pour la plupart sont des crétins. et les autres des extrémistes.

      sur le lien de wikipedia:

      Jusqu’à une période récente, l’anarchisme épistémologique était surtout connu des épistémologues, mais l’intérêt toujours croissant porté à l’épistémologie par des penseurs issus de disciplines très différentes (physique, sociologie), tend à le populariser, si bien qu’aujourd’hui il occupe une place non négligeable dans le monde scientifique.

      rien d’étonnant dans une époque aussi conformiste et dogmatique, d’autant que souvent science rime avec science dure. la biologie par contre fait face à la variabilité comme constante.

      Sa place dans le domaine politique est en revanche, aujourd’hui encore, considérée comme secondaire.

      l’antithèse même de la chose. des vessies pour des lanternes.

  32. toute vérité passe par trois étapes , d’abord elle est ridiculisée , ensuite elle est violemment combattue et enfin elle est acceptée comme une évidence.

    arthur s.

  33. Salam,
    pourquoi avoir choisis le surnom d’Eljem (nom de ma petite ville natale)
    Rq: il y a un fait qui ne changera jamais : c la religion et plus particulierement l’ISLAM : à etudier et à méditer car sa source qui est le Coraan est non-modifiable et ne pourra jamais etre changé

    1. c’est un jeu de mot entre mes origines et mon prénom

      pour la religion, j’en parlerai dans la suite de ce texte.
      Et j’espère que cela ne vous déplaira pas trop.

    2. Dans ce cas, il faut être conséquent : soliloquer, ou agir, ou chanter. Mais tenir un discours, là, je vois pas comment (si parler veut dire quelque chose). A méditer sans modération.

      1. Naj,
        votre questionnement est déplacé. Vous êtes le bon et les autres les méchants !
        Arrêtez de regarder la tv et d’aller trop souvent au refuge, vous ne risquez pas de vous convertir au pragmatisme. La science comme élixir, vous ferez du bien !
        L’âme ne se trouve pas dans les livres (le message) mais dans votre interprétation (intériorité et « moi » profond). Le livre ne change pas contrairement à sa façon de l’interpréter…Prendre un petit village comme pseudo, cela aurait été une idée respectable. Ne m’en voulez pas mais je trouve agaçant que le message religieux sert à nous comparer encore plus. Il doit rassembler les différences (respecter)…Enfin, seul le messager pourrait affirmer si le livre a bien été compris. Il vous faudrait une machine à remonter le temps.

    3. Non modifiable, c’est ce que disent leurs adeptes de chaque religion, alors qu’elles sont toutes basées sur des textes sacrés,, écrits dans une langue parlée par des humains à une période précise de l’Histoire, chaque phrase étant la combinaison de plusieurs mots qui, au cours des millénaires, peuvent être interprétés différemment .

      L’Islam est une religion trop récente pour avoir subi de grandes différences d’interprétation et pourtant nous constatons déjà des différences d’interprétation entre ceux pour lesquels une certaine tenue vestimentaire est imposée (‘ barbe pour les hommes, et pour les femmes le voile uniquement sur les cheveux ou le voile laissant voir les yeux très maquillés ou encore le voile intégral dissimulant même les yeux comme au Yémen ou en Arabie ) et ceux qui n’attachent pas d’importance aux tenues vestimentaires . Il y a des musulmans qui refusent tous les produits fermentés et le porc, , d’autres qui consomment du fromage, , yaourt …et qui ne refusent que l’alcool et le porc, et d’autres pour qui seule la consommation de porc est interdite.
      Chacun croit détenir la seule interprétation non modifiable de sa religion .

      Il en est de même pour l’interprétation que font du Livre les Juifs intégristes imposant les perruques pour les femmes et les papillotes pour les hommes par rapport à celle des autres Juifs .

      Allez dire à un Catholique intégriste, convaincu que sa religion n’est pas modifiable, que les prêtres chrétiens catholiques étaient mariés, comme leurs collègues chrétiens orthodoxes et les chrétiens protestants, avant le Concile de 1123 qui imposa le célibat au clergé catholique pour empêcher que les biens de l’Eglise, constitués par les dons des fidèles , ne soient disséminés au fil des héritages et pour éviter la constitution de dynasties de papes comme celle des Borgia ..

      Il serait intéressant de savoir ce que seront devenues les interprétations de ces religions dans quelques millénaires, mais hélas … .

  34. le marché est efficient, une vérité bientôt dépassé

    ?

    je crois que beaucoup devrait écouter les idéologues ultra-libéraux : pour eux le marché est efficient et la crise actuelle vient du fait que le marché est actuellement trop contraint ……….

    souffrez aujourd’hui ( pour la mise en place du marché parfait et demain tout ira mieux …..

    comme l’aventure stalinienne a tué l’idée d’un autre monde possible, pas sûr que les idéologues capitalistes vont rapidement rentrer dans l’histoire et être oublié

    car c’est faire peu de cas que derrière tout cela, se livre en réalité la lutte millénnaire d’accaparement de la richesse produite par les peuples pour la jouissance d’une minorité.

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