LES ÉDITIONS DU CROQUANT : « AMAP culturelle », par Alain Oriot

Billet invité.

En même temps que Paul lançait l’appel à soutenir les éditions du Croquant, nous avions notre Assemblée générale. Nous y avons réaffirmé le besoin de continuer l’effort de recapitalisation. Et validé notre évolution en “AMAP* culturelle”, sous forme juridique d’une SCIC**.

Deux raisons…

– Financer les ouvrages par des pré-commandes sur les nouveautés à paraître. L’intérêt est évident à deux titres pour les éditions : d’une part, c’est une aide en trésorerie, d’autre part, cela permet d’évaluer le tirage au plus près, et donc limiter les stocks. – Nous construisons un circuit court pour une partie du lectorat : auteur-éditeur-lecteur.

… une idée

Sur ce blog beaucoup de participants réfléchissent à comment sortir de cette économie à l’agonie. Le débat n’est pas nouveau, il a été vif au XIXe siècle et des pistes ont été explorées qui ont donné deux variantes alternatives : l’une dominante durant le XXe siècle (courant social-démocrate et communiste) a été le renforcement de l’État comme propriétaire d’une partie importante des “moyens de production” ; l’autre variante plus libertaire et plus minoritaire : les producteurs propriétaires collectivement des moyens de production, les coopératives ouvrières.

Dans nos sociétés, il existe deux secteurs sensibles qui sont indispensables au débat démocratique : l’édition et les médias. La puissance des lobbies financiers dans ces secteurs peut être désastreuse quant à la démocratie : c’est manifeste dans l’évolution de la presse depuis 1945. C’est tout aussi réel dans l’édition (avec l’accélération de la concentration depuis une vingtaine d’années) puisque 5 groupes se partagent 95% de l’édition. (Ça n’empêche pas que les meilleurs professionnels de l’édition sont salariés de ces groupes.) La dérégulation financière, la généralisation des mesures néolibérales, la “nécessité” de la mondialisation ont d’abord été diffusées par la presse et l’édition. “On” a “vendu” aux populations le fameux TINA, sans débat.

C’est de la critique de ces évolutions que sont nées les éditions du Croquant, avec comme axiome : la liberté ne peut être réelle qu’avec la garantie de ses moyens.

Comment garantir l’indépendance d’une maison d’édition sinon par l’indépendance de ses ressources. Pour ce faire, nous nous proposons de faire évoluer notre structure juridique en une SCIC qui sera composée de 3 collèges d’associés :

– un collège des lecteurs,
– un collège des auteurs
– et un collège des éditeurs et des membres des comités éditoriaux.

C’est à ce projet que nous vous invitons.

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*AMAP : Association pour le maintien de l’agriculture paysanne. L’idée est le pré-achat de “paniers” permettant de préfinancer la récolte et de travailler en circuit court producteur/consommateur.

**SCIC : Société coopérative d’intérêt collectif. C’est une nouvelle forme de coopérative qui regroupe, en général, les producteurs, les usagers et les administrateurs d’un service. Il y faut au moins 3 collèges.

++++++++++++++

Alain Oriot
06 42 38 66 00
Editions du Croquant
Broissieux – 73340 Bellecombe-en-Bauges
www.editionsducroquant.org

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43 réflexions sur « LES ÉDITIONS DU CROQUANT : « AMAP culturelle », par Alain Oriot »

  1. Bon truc, ça …
    On peut connaître la répartition (pondération) des collèges entre eux (entre 10 et 50%) ?
    Merci.

    1. Bonjour,
      Nous n’avons pas encore décidé des pondérations.
      Ces décisions seront prises par les associés, lors de la transformation juridique.
      Les vigilances à avoir :
      – conserver l’autonomie éditoriale qui est assurée par les différents comités éditoriaux et les éditeurs, aujourd’hui
      – permettre aux lecteurs de discuter la politique générale de l’édition et de proposer des champs et des thématiques que l’édition n’explore pas encore.
      Alain

      1. Merci de la réponse.
        De toute façon, aucun n’aura la majorité …
        Les collectivités locales ? Dans le guide de l’AVISE sur les SCIC, celle-ci cite :
        “Existe-t-il des secteurs d’activités qui font l’objet de procédures
        simplifiées de passation de marchés ?
        Oui. Selon l’article 30, une procédure simplifiée de passation de
        marchés publics de services peut être mise en oeuvre dans le cas
        où le service faisant l’objet du marché n’est pas listé dans l’article
        29. Dans cette hypothèse, les seules obligations sont celles relatives
        à la définition des prestations par référence à des normes,
        lorsqu’elles existent, ainsi qu’à l’envoi d’un avis d’attribution.
        Cette procédure simplifiée est notamment valable pour :
         des services sociaux et sanitaires,
         des services récréatifs, culturels et sportifs,
         des services d’éducation ainsi que des services de qualification
        et insertion professionnelle”
        Art. 29-30 du code des marchés publics
        Pourrait être intéressant pour les commandes publiques : bibliothèques, BU, …

        Pour l’AMAP, allez-vous fonctionner uniquement en ‘local’ (auteur, éditeur, lecteur) ou sortir de ce cadre pour promouvoir une vision différente / AMAP ?
        L’engagement sera-t-il lié à un auteur ou un éditeur ou les deux à la fois ?

      2. Je ne sais pas, Zébu, si j’ai très bien compris vos questions concernant le « local » et « un engagement “auteur” ou “éditeur” ».

        L’idée d’“AMAP culturelle” est de rapprocher les lecteurs et les auteurs. Il s’agira d’animer rencontres et débats. Les auteurs qui font beaucoup de conférences et de colloques, comme Paul ou Bernard Friot ont l’occasion de connaître les interrogations et commentaires des lecteurs, ce qui permet d’affiner leurs travaux ultérieurs et aussi d’ouvrir de nouvelles pistes de réflexion… et peut-être aussi d’élaborer collectivement des solutions alternatives.
        Avant, ce travail était fait dans les partis qui s’entouraient de théoriciens et d’intellectuels. Aujourd’hui, c’est l’ère des think tanks, quasiment tous lobbystes du néolibéralisme de droite ou de “gauche”.
        Peut-être pouvons-nous inventer quelque chose de nouveau (ou de très ancien comme les premiers clubs qui se sont créés sous Louis XVI où des citoyens se réunissaient pour réfléchir et commenter la vie de la cité) ?

        Les livres publiés au Croquant sont de différentes sensibilités, le point commun est la critique des représentations qu’on nous impose, et par là, la critique de toutes les formes de domination. Personnellement, je n’adhère pas à toutes les conclusions des travaux publiées, mais il me semble que tous nourrissent ma réflexion de citoyen.
        L’engagement de chacun peut être à géométrie variable, selon les affinités avec telle ou telle thèse, ou tel ou tel auteur.
        Néanmoins, il me paraît important de favoriser les “croisements” tout en acceptant le dissensus.
        Par exemple, les travaux de Paul sont à “croiser” avec certains travaux d’auteurs issus de l’École de Francfort, ou les travaux faits sur le salariat par Bernard Friot et Christine Jakse.

      3. @ Alain Oriot.
        Bonjour et bravo pour votre démarche .
        Le concept AMAP et des circuits courts est une démarche plus radicale qu’il n’ y parait de prime abord .
        consciemment ou non, il s’oppose a la globalisation et a l’ hypertrophie du groupe .
        L’idée est d’opposer le modèle structurel originel archaique “des groupes de groupes” au Méga groupe.
        Le modèle originel est considéré comme vertueux , car en usage ds tous les systèmes vivants …Il rejoint les thèses d’auto-organisation (Prigogine) s’appuyant sur les math complexes et th.du Chaos ( stabilité resultant d’ attracteurs).(Naturalisme)
        Le modèle modèle moderne , “Constructiviste” prétend égaler en vertu le modèle naturaliste …ce qui est tous les jours infirmé par ses résultats .
        Le modèle culturel “local” idéalisé ou en devenir , comme le serait l’ AMAP pour la production de Nourriture est actuellement contreproductif , financierement parlant . Il suppose une certaine endogamie culturelle ou une fermeture locale qui est l’ inverse de la dynamique actuelle .
        Pour la visualiser il faudrait se reporter aux années avant guerre : la selection des élites culturelle se faisait sur le “tas” , de façon locale et peu manipulable , les musiciens (bals populaires) et ecrivains ont souvent d’autres activités et peu ont d’audience nationale ….Un recentrage sur ce mode de production demanderait plus que du courage mais recolterait une valorisation plus importante que l’argent ou la notoriété .
        Pour ce qui est de la production culturelle , a mon sens elle fait partie du” bien commun”.
        J’ai évoqué ailleurs une thèse sur le premier “gain de productivité” , le Big Deal ou “contrat social , qui a mon sens doit etre situé tres tot , et pour toutes les especes socialisées , au “moment ” du passage de l’animal solitaire a l’animal social , au moment de l’échange de l’agressivité intra-spécifique (K.Lorenz) contre la protection du groupe (sécurités alimentaires et physique).
        Outre ces sécurités , ce gain de productivité apporte un “temps libéré” qui va etre utilisé en productions culturelles (au sens large) , productions culturelles servant a renforcer la structuration du groupe.
        Désolé d’etre assez long ….Ce qu’il faut , a mon sens retenir c’est l’ opposition Globalisation -Parcellisation …….Nos problèmes sont structurels et non idéologiques .

      4. @ Alain Oriot :
        Ah, pardon, je pensais que c’était explicite. Le principe de l’AMAP est que le consommateur s’engage par rapport au producteur : il s’engage en général sur 6 mois, sur la base d’un panier qui vaut ‘tant’. Cet engagement s’inscrit sur une proximité : relationnelle et territoriale.
        D’où mes questions sur le local (peut-on, doit-on imaginer une ‘AMAP culturelle’ avec par exemple des auteurs sénégalais ou au contraire fonctionner sur le même mode que les AMAP ?) et sur l’engagement des lecteurs (à savoir, engagement financier : mensuel, annuel, par rapport à un écrivain ou un éditeur ou les deux).
        Selon moi, le fonctionnement actuel des AMAP, très localiste, ne correspondrait pas à votre fonctionnement mais je peux évidemment me tromper.
        On peut ainsi imaginer que des lecteurs s’engagent auprès d’un auteur pour pré-financer non pas l’édition d’un futur bouquin mais bien sa rédaction, i.e. financer ses besoins pour créer.
        Une sorte de crowd-funding dont l’objet serait de financer un projet de création de livre, estimé à x € (exemple : 3000€, estimation des besoins de l’auteur pour écrire son livre), en échange soit du livre pour les lecteurs-financeurs, soit d’un rabais sur le prix du livre, soit d’une animation à un stage de lecture pour les lecteurs, soit d’animations en direction d’un public jeune-enfant ou d’un public spécifique, etc.
        C’est le principe d’une résidence d’artiste mais en lieu et place d’un financement public, un financement des lecteurs.
        Par exemple.

      5. @ Zebu
        Pour moi, “local” ou “global” ne font pas nécessairement référence au territoire physique (comme pour une AMAP normale), mais plutôt référence à un territoire affinitaire (comme ce blog, par exemple).
        Ce que nous avons imaginé, concernant la partie économique, c’est la possibilité pour les membres de la scic-amap de bénéficier, comme c’est le cas aujourd’hui, d’une réduction de 50% sur les ouvrages parus… mais aussi sur les ouvrages à paraître dans l’année, ceci bien sûr au choix des lecteurs, après présentation des ouvrages à paraître dans l’année.
        Au moment de la parution d’un ouvrage, il est quasiment impossible de déterminer combien vont être vendus (un ouvrage “crée” son lectorat). Nous avons quelques indicateurs mais qui sont indirects : le nombre de pré-commandes des libraires (les “notés” suite au travail des représentants du diffuseur), mais ce chiffre n’est absolument pas fiable parce que le libraire ne sait pas non plus ce que choisiront les lecteurs. En revanche, les précommandes sur les titres à paraître sont un indicateur beaucoup plus fiable de l’intérêt des lecteurs même si ce lectorat de l’amap ne représentera qu’une fraction du lectorat d’ensemble.
        Dans le financement (auteur ou éditeur), ils ont en général un intérêt conjoint, avec le versement des droits d’auteur. Mais vous avez raison, on pourrait aussi envisager le préfinancement d’un travail de rédaction, notamment concernant les ouvrages de “commande” ou les livres qui ne sont pas le fruit de professionnels du monde de la recherche (la mission d’un chercheur est de produire de la connaissance et de la publier, il est en général financé pour cela, sauf Paul). Aux éditions du Croquant, nous avons été amenés à éditer des ouvrages dont nous avons financé le travail d’étude et de rédaction, cela nous a conduit à une équation économique intenable, nous les avons financés quand-même parce qu’il n’existait aucun travail universitaire sérieux sur le sujet (par exemple, “Salariés sans patron”, un ouvrage sur une nouvelle forme de coopérative, les coopératives d’activité).

      6. @Alain Oriot .
        ////// Pour moi, “local” ou “global” ne font pas nécessairement référence au territoire physique (comme pour une AMAP normale), mais plutôt référence à un territoire affinitaire (comme ce blog, par exemple). ///////

        C’est, a mon avis , une erreur (meme si elle est inevitable car déterminée). L’ unité de lieu , comme au theatre , est primordiale pour échapper a l’emprise de la dynamique globalisante .
        La cellule minimale de l’espace humaine n’est pas l’individu , mais l’individu et son groupe . Le fait de ramener la cellule initiale a l’individu , pour autoriser l’ hypertrophie du groupe , traumatise l’individu qui va chercher a reconstituer un groupe pour pouvoir se “situer” .Le groupe affinitaire , (motards, ecolo , holligans etc ..) ne peut remplacer le groupe local initial , car il ne possède pas les rétroactions de la diversité -altérité du second …….(Je ne peux faire ds bras d’honneur a mon voisin , ts les matins parce qu’il a un 4×4, ses gamins jouent avec les miens etc … Il y a ds les groupes affinitaires “virtuels” , une endogamie dangereuse par sa capacité d’agressivité que la nature n’a pu inhiber car c’est un “scoop” …
        La reconstitution de groupes affinitaires ou communautaristes participent au constructivisme et récolte ses dégats societaux .
        Mon discours est bien sur théorique , mais il me semble qu’il mérite qu’on y réfléchisse .

      7. @ Kercoz :

        Mon discours est bien sur théorique

        Nos problèmes sont structurels et non idéologiques

        Abzolument, Kercoz !!

        Aucune once d’idéologie dans vos discours.
        Aucune.
        Pure théorie.
        Nos problèmes ne sont QUE structurels.
        Tout à fait …

      8. @ Alain

        Je coordonne une AMAP (150 mangeurs, 24 producteurs) qui a déjà entamé ce genre de démarche, prolongement cohérent d’une consommation responsable et citoyenne.
        Nous travaillons, pour la rentrée 2012, à mettre sur pied une AMAP Livres avec une maison d’édition située en Mayenne.
        Nous allons te contacter cet été pour dégager les grandes lignes de ce qui sera une future collaboration.
        Si tu le souhaites, tu peux demander aux administrateurs de ce blog la communication de mon adresse mail.
        A bientôt.

    1. Génial !

      En plus de réduire les stocks, ça sert aussi à éliminer le pilon (gaspillage suprême de papier, énergie, argent et même culture ou connaissance).

    2. Ces technologies sont pour le moment très coûteuses et dès quelques dizaines d’exemplaire, ne sont pas économiquement intéressantes.

      1. Beaucoup d’universités utilisent ces machines pour les publications savantes, travaux des professeurs, thèses, colloques. Il m’est également arrivé récemment d’acheter des livres sur amazon, publiés par de petits éditeurs, dont les ouvrages visiblement sont réalisés au moyens de cette technique. Bien que cela date de vingt ans, je pense que mes propres ouvrages (professionnels / quelques milliers d’exemplaires) ont été publiés avec de telles machines qui devaient dejà exister et faire leurs premières armes. Enfin, il existe des imprimeurs utilisant ces machines et qui débitent à la demande de petits éditeurs, ces derniers n’étant pas obligés d’acquérir de tels systèmes. L’intérêt est qu’il suffit de charger un fichier pdf, quarkexpress ou indesign pour produire à la demande. D’autre part, il y a la publication électronique, epub – mobi – djvu, dont le seul inconvénient est qu’elle est facilement piratable et diffusable sur le net (les DRM, quand il y en a, sont faciles à faire sauter). De plus en plus d’éditeurs indépendants s’affichent sur le net et proposent à l’achat soit une version papier soit une version électronique au choix.

        Voici un lien trouvé au hasard.
        http://www.reprocolor.org/impression-livres-demande/

        On peut ajouter que la lecture électronique se développe. Les tablettes sont à déconseiller sauf pour lire des BD. En revanche les liseuses à encre électronique sont parfaites :
        http://www.lesnumeriques.com/liseuse/sony-reader-prs-t1-p12289/test.html

        Quand je prends le TGV ou je pars en vacances, j’emmène toujours celle-ci.

  2. Je fais partie d’une amap… Etendre le principe de l’engagement solidaire entre producteur et acheteur à des “produits” culturels est une idée formidable. Cela me remonte le moral, tiens.

  3. Bravo pour cette démarche.
    J’étudie actuellement le démarrage d’une coopérative d’achat fruits et légumes avec circuits courts en lien avec mon lieu professionnel.
    Je crois aussi que la prolifération de ces initiatives locales deviendra un vecteur du changement…
    Bon vent à vous !

  4. C’est un test pour voir qui/combien sont intéressés, pour ensuite décider de la forme finale et d’un montant de capital? Cela donne envie de participer mais je n’ai pas bien compris comment cela se passe…

    1. Pour préciser
      Les éditions sont en coopérative depuis 10 ans (coopérative dite “loi de 1947” depuis 2005). Ses associés (environ 130 aujourd’hui) sont lecteurs, auteurs et éditeurs.
      Il s’agit d’une évolution en ouvrant beaucoup plus largement le sociétariat aux lecteurs et aux auteurs, et en créant plusieurs collèges avec changement de statut juridique en SCIC.
      Cette évolution aura des conséquences dans son organisation, avec un travail d’information, d’animation de la politique éditoriale, de diffusion… favoriser les échanges entre auteurs et lecteurs, définir collectivement la politique éditoriale, etc.

      Les coopératives (scop, scic, coopérative loi 47) sont des sociétés à capital variable (donc nous ne sommes pas dans la logique classique du “tour de table”), ce qui signifie que le capital peu croître continument.

      Pour info, je rappelle aussi ce qui est spécifique aux coopératives :
      – une personne = une voix (quelque soit le nombre de parts détenues)
      – il n’y a pas de plus-value sur les parts
      – les parts ne sont pas vendues, mais remboursées par la coopérative à l’associé qui souhaite partir de la coopérative (c’est pour cette raison qu’on ne parle pas d’“action” mais de “part sociale”)
      – une coopérative ne peut être ni achetée ni vendue
      – le résultat bénéficiaire peut-être massivement alloué en “réserves impartageables”

      1. Dans le cadre d’une Scic (Société coopérative d’intérêt collectif) il semble que les résultats mis en réserves impartageables ne sont pas imposés, ce qui permettrait à la société de constituer plus rapidement le montant de fonds propres dont elle a besoin, tout particulièrement pour financer un stock qui représente plus d’une année de chiffre d’affaire et aussi pour pouvoir rembourser des comptes courants d’associés.

      2. @ Marlowe :
        Une SCIC peut même être exonérée d’IS sous certaines conditions, sans même parler de réserves impartageables …

  5. Bonjour
    C’est en effet très intéressant cette AMAP culturelle. Je surveille.
    Je ne lis plus de livre car les livres qui me plaisent sont toujours trop chers. Étant moi même dans la culture qui ne rapporte plus rien car hors des circuits formatés, je me demande si ce genre de projet peut-être transposable dans la chanson.

  6. Les circuits courts.

    En ce qui concerne les circuits courts je conseille de lire, ou de relire, l’article de zébu paru début juin et qui traite de ce sujet, non pas à propos des livres mais à propos de la nourriture.
    Je pense que les nourritures de l’esprit ont vu, comme celles du corps, une constante dégradation de leurs qualités et de leurs conditions d’accès depuis le milieu du XXe siècle.
    Il faut savoir que le coût de la distribution/commercialisation pour un livre représente un peu plus de la moitié de son prix de vente HT et que les livres qui “rapportent” à l’éditeur sont ceux qui se vendent à plusieurs dizaines, voir plusieurs centaines, de milliers d’exemplaires, ce qui est rare dans les sciences humaines.
    D’autre part, comme pour amortir les frais fixes (mise en page, relecture, frais de mise en route de la production chez l’imprimeur) il faut augmenter les tirages par rapport aux ventes pré-enregistrées, le stock augmente et doit être financé. Mais il faut toujours avoir quelques exemplaires en stock pour fournir le client direct ou le libraire.
    Cela signifie que pour le livre, comme pour la nourriture, il faut produire plus pour avoir assez, du moins dans une société “d’abondance”.

  7. Puisqu’on aborde l’aspect scop, autant voir les bons et les mauvais points.

    Une scop est détenue par les personnes travaillant en son sein.
    Ces structures ne sont absolument appréciées des banques car elles sont rarement endettées et peu corruptibles.
    Une telle structure est souvent petite car très attaquée par la concurrence des multinationales qui peuvent se permettre de faire travailler une filiale à perte afin de couler un concurrent.
    Les conflits sociaux internes n’existent pas et la productivité n’est limitée que par l’investissement dans un outil de travail plus performant.

    Mais.
    La part actionnariale étant “supprimé” de la prise de bénéfice, les produits devraient être de meilleure qualité pour un prix équivalent OU moins cher si de qualité équivalente. Or, non.
    Ceci en partie expliqué par un pouvoir d’achat moindre (voir : structure plus petite)
    L’aspect local étant prépondérant, les coûts des intermédiaires ainsi que de la logistique devraient aussi être diminués. Souci : voir juste au-dessus.
    La très faible rotation du personnel entraine une sclérose naturelle de l’évolutivité des expériences et donc une usure naturelle face aux concurrents.

    Tout le monde comprendra que tout est fait pour briser ce type d’initiative qui dérange les puissants…

  8. J’ai une appréciation sensiblement différente de la votre.
    Il existe des petites scop mais aussi des grosses.
    En Espagne, le 4e groupe industriel est une coopérative, Mondragon, qui compte 85 000 salariés, avec une université, une sécurité sociale et une banque (http://www.mondragon-corporation.com/FRA.aspx). En France, la plus grosse scop est Chèques Déjeûners (2130 salariés) (http://www.groupe-cheque-dejeuner.com/flipbook/rapport-annuel/rapport-annuel-2010.html), ensuite la première scop industrielle est Acôme (1430 salariés) (http://www.acome.fr/).
    Ces trois groupes coopératifs sont aussi installées sur plusieurs continents (multinationales).
    J’ai été administrateur d’une scop, Oxalis (où sont nées les éditions du Croquant), qui en 10 ans est passé d’une dizaine de personnes à 160 aujourd’hui… je ne connais pas une entreprise si peu “sclérosée”, c’est plutôt le tournis.
    Les caractéristiques que l’on peut relever des stats de l’ensemble des coopératives françaises :
    – une meilleure solidité financière (grâce notamment au mécanisme des réserves impartageables) en comparaison des entreprises patronales
    – des revenus pour les salariés plus élevés de 20 à 30% (les dividendes de fin d’exercice)
    – une hiérarchie salariale plus resserrée (normal, les dirigeants sont élus par les salariés)
    En revanche, le mouvement des scop n’a pas sû créer une alliance avec le “mouvement social”. La politique pendant des années a été “vivons cachés, vivons heureux”. Cela n’a pas aidé à son développement ni à sa popularisation. C’est vrai aussi que les coopératives ont été combattues par tous les partis de gauche et les syndicats (PCF, CGT, puis organisations d’extrême-gauche dans les années 70) sous prétexte que c’était emmener les salariés dans une illusion, il fallait attendre le “grand soir”. La CFDT a découvert les vertus de l’autogestion au moment des Lip. Le premier parti qui défend les coopératives dans son programme est le Front de gauche, mais seulement pour les entreprises patronales en difficulté. Je rappelle que les coopératives ouvrières sont nées au XIXe siècle.
    En Italie et en Espagne, les grands partis de gauche ont soutenu les coopératives, ce qui explique pour partie leur plus grand nombre dans ces pays.
    L’autre critique qu’on peut faire à ce mouvement qui est loin d’être homogène est celle qu’on peut faire à toute organisation dont le pouvoir est délégatif (associations, collectivités, syndicats, partis).
    Les scop dont vous parlez, si elles ont jamais existé, auront disparu depuis longtemps.

  9. Amsterdam, 5 juillet 2012

    Chèr M. Oriot,

    1. Merci pour votre promotion des coopératives de producteurs.

    2. Dans les discussions antérieures ici au BLOG, nous avons suivi le développement historique du mouvement coopératif.
    Comme bien connu, Robert Owen et la Fabian Society ont été les promoteurs des coopératives de CONSOMMATEURS.
    (Voir aussi: http://lib-161.lse.ac.uk/archives/fabian_tracts/166.pdf).

    3. Bienque vous mentionniez ici la SCIC comme une nouvelle forme, le mouvement coop de consommateurs très puissant en Scandinavie, mis sur pieds en 1899 (!), est toujours là comme une puissance énorme, et qui, très intéressant, a pu vaincre les problèmes de l’abstention dans la participation active à la prise de décisions des membres.

    http://en.wikipedia.org/wiki/Kooperativa_F%C3%B6rbundet
    http://www.coop.se/kf
    http://www.medmera.kf.se/upload/KFpresentationdec04eng.ppt

    En outre, la solidarité internationale depuis 1958 de cette chaîne est impressionante.
    http://www.utangranser.se/Default.aspx?ID=973

    4. Il me paraît très important d’avancer dès maintenant d’une façon prudente, pour éviter des desillusions sur tous les terrains, y compris vos intérêts personnels à vous.

    5. En ce qui concerne la nécessité de développer des techniques innovatrices et audaces quant aux prises des décisions en groupes larges, non seulement la Scandinavie nous montre la voie, mais également le Brésil et la Colombie.

    C’est ce que j’ai mentionné ici au BLOG la nécessité urgente d’une hexa-politica, qui pourrait remplacer la fameuse trias-politica.

    6. Aussi en ce qui concerne la possibilité de générer RAPIDEMENT des fonds propres pour un Centre Coopératif Jorion/Leclerc (CCJL), les paiements par sms pourraient produire mensuellement au moins EUR 50 K.
    (Avec 100 mil visiteurs uniques par mois, [source: Paul Jorion, juillet 2012], il fallait des transferts de 0,50 euro-centimes par personne par mois. Je pense, et j’espère, évidemment, que mon estimation soit toujours très modeste..).

    Et, ah! J’estime que KF en Suède sera PLUS QUE content de nous donner un coup de main! Je connais mes copines et copains là-bas à Solna.

    7. De nouveau, je ne suis pas du tout la seule personne qui est prête pour donner un support actif à l’organisation innovatrice et exemplaire de notre mouvement d’écrivains, de lecteurs, de penseurs et d’activistes.

    Dans ce sens, aussi Paul Jorion et François Leclerc ont une responsabilité lourde, en ce qui concerne le développement du mouvement autour du BLOG.

    Le choix est là.

    Bien à vous,

    Johan Leestemaker

    1. @Johan Leestemaker
      Merci pour vos informations sur le mouvement coopératif en Suède, est-il possible d’avoir votre email ? Le mien est alain.oriot@wanadoo.fr

      Je trouve tout à fait judicieux votre idée d’une contribution mensuelle très modique.

      Alain

  10. Pour ceux qui aiment les modes de diffusion “du producteur au consommateur”.
    Il y a http://www.lirecestpartir.fr qui propose des livres pour enfants à 0.75 EUR.
    Les livres sont de bonnes qualités. J’ai acheté des livres sur ce site et je suis membre d’une AMAP. C’est avec ces petites actions que j’espère changer le monde 😉 Pas sûr que ce soit suffisant.

  11. Les petits éditeurs en difficulté se multiplient et les moyens sont tombés sous la coupe des machines à livre Lagardère et Editis. plus de quarante pour cent du marché.
    C’est une bonne solution, dans l’esprit déjà, celle des éditions du Croquant. Elle met à égalité auteurs, éditeurs, lecteurs quand au choix stratégiques, si j’ai bien compris. C’est une bonne solution matérielle aussi et surtout, puisqu’elle permettrait au Croquant d’avoir une trésorerie plus sûre.
    Le problème est pour le lecteur qu’il faut avoir la foi en une production à venir de qualité, disposer des moyens pour réserver/payer plusieurs livres – modalités de l’achat ?- sur un seul éditeur, et s’interdire de ce fait d’autres achats – si on n’a pas des moyens confortables .
    Malgré tout, c’est une solution, et il n’y en pas trente-six mille pour traverser ces temps de crise et ce paysage éditorial structurellement dérégulé.

    Message à notre nouvelle ministre de la Culture : à quand une loi anti-concentration pour démanteler ces groupes qui ont tout l’arsenal pour fabriquer, distribuer et promotionner des armes de distraction massive qui ont peut à voir avec le style, l’exigence, la littérature et convoquent souvent sous le nom d’écrivain des journalistes , des pipoles ou des vedettes de lofts à vaches laitières ou concours de pets ?…

    Ce problème ne disparaîtra pas avec les AMAP littéraire, pas plus que celui de la promo pour les petits éditeurs, d’une rémunération légitime qui admette enfin que sans les auteurs point de livres, et cet espèce d’AFL-CIO, Medef du Livre, nommé SNE.

    1. Je complète le message tronqué par précipitation et coupable insouciance.

      …et la relégation de “cet espèce d’AFL-CIO, Medef du Livre, nommé SNE” à une place bien moindre dans les pensées du ministère et autres décideurs des instances du livre, surtout quand on voit que la lecture et la vente de livres baissent en France de manière continue depuis plusieurs années, surtout dans les catégories populaires. A cause du prix du livre, notamment. Le livre est trop cher, ce qui fait le gras de quelques-uns et la faillite de beaucoup. Situation déséquilibrée pour les groupes multinationaux de l’édition, toujours défendus bec et ongles par le SNE.

  12. Le besoin en capital,

    Paul Jorion, après d’autres, montre depuis des années qu’un des dysfonctionnements les plus évidents du capitalisme réside dans l’accumulation du capital là où personne n’en a l’usage et que, par effet de retour, le capital n’est pas disponible là où il serait utile.
    La démarche des éditions du Croquant, semblables à celle de la majorité des éditeurs artisans, consiste à accumuler suffisemment de capital pour faire fonctionner la structure, ou pour le dire autrement avoir des fonds propres en quantité suffisante pour financer un stock qui s’accroit en fonction du nombre des nouveautés produites et pour pouvoir donner naissance à d’autres livres.
    Comme les mécènes sont rares, il faut multiplier le nombre des petits actionnaires et dans la démarche qui s’affirme inclure un collège de lecteurs qui sont des usagers de la maison d’édition.
    Le côté “AMAP” c’est pour moi le fait que toutes les décisions ne soient pas prises par les éditeurs mais que soit pris en compte les goûts et les désirs des lecteurs, qui sont aussi des lecteurs d’autres éditeurs !
    Je pense que le côté expérimental de ce projet n’échappe à personne et c’est cet aspect qui rend le projet si attractif.

  13. Amsterdam, 5 juillet 2012

    Probablement c’est util d’ajouter une publication (en Anglais, je pourrais essayer de la traduire dans la fin de semaine prochaine s’il y en a besoin) de 2009, bien éxplicante les différences entre les coopératives de consommateurs et les coopératives de producteurs.

    http://www.co-oppundit.org/files/rhodes_history.pdf

    en Français, voir aussi:

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Gide
    et (sur Ernst Poisson et autres:)
    http://uce.universite-cooperative.coop/index.php?option=com_content&task=view&id=225&Itemid=254

    Bien à tous,

    JL

  14. Amsterdam, 5 juillet 2012

    Chèr monsieur Oriot,

    [Excusez moi mon irritation, mais la réaction détaillée que j’avais préparé ici, a disparu tout d’un coup, me présentant une page blanche. Alors, ‘duizend bommen en granaten’ (PAUL!), il me faut recommencer et essayer de retrouver le bon ton.]

    1. Tout d’abord merci bien pour votre réaction.

    2. Vous pouvez retrouver plus d’informations sur la section Média énorme du système COOP/KF en Suède, dans le rapport annuel 2010: http://www.coop.se/Global/KF/…/KF_AR10_pop_ENG_FINAL_indexerad.pdf

    Vous y trouverez aussi des infos sur le géant ‘Akademibokhandeln’ qui fait part aussi de KF COOP en Suède. (voir http://akademibokhandeln.se/)

    Voir aussi les sites de KF et de Norstedt Publishing Group là dessus:
    http://www.coop.se/globala-sidor/in-english/ et http://www.norstedtsagency.se/

    Mais, de nouveau, tout cela du point de vue de la coopérative de CONSOMMATEURS et de LECTEURS qui est COOP KF en Suède.

    J’y ajoute ‘lecteurs’, comme j’appartiens à ceux qui considèrent la lecture attentive comme un acte ‘créateur’, augmentant le capital culturel, intellectuel et social, et non le capital financier.

    3. Mes propositions pour des contributions mensuelles par sms, à la hauteur de par exemple 0,50 Eur par personne, s’inscrivent également dans l’idée de renforcer un Centre Coopératif Jorion Leclerc des consommateurs, utilisateurs, lecteurs et commentateurs/écrivains/publicistes.

    Comme je déteste le ‘devoir’ dans le marchéage, je ferai un playdoyer pour une psychologie de vente des contributions VOLONTAIRES par la persuasion, le défi, la séduction et par la surprise agréable. Ainsi, je pourrais m’imaginer que, en fonction du volume des contributions par personne, on ‘gagne’ des points transferables par mois, qui donnent droit à des réductions de prix à l’achat du “Prix” ou des “Pêcheurs de Houat” etc.

    Aussi, on pourrait s’imaginer la production des sous-produits intéressants, par example des cours denses de Paul Jorion ou de François Leclerc et autres, sur DVD etc.

    Mais, aussi les choix de Paul quant à la musique et les arts plastiques pourraient se reproduire sur DVD, probablement avec des textes ‘lus’.

    Mais, si vous me permettez la franchise, je trouve que la qualité du BLOG Jorion améliora énormément si on présenterait un thermomètre permanentement visible au BLOG, indiquant le volume des contributions financières, aussi pour bien inonder les lecteurs du BLOG de leur pouvoir COLLECTIF exprimé en fonds propres du Centre, ou de la Confédération (ce que vous préférez) Jorion/Leclerc.

    4. La création du Centre Coopératif Jorion Leclerc me paraît alors prioritaire, ou, me liant à des propositions de Alesandro Moretti, un Centre Confédératif Jorion Leclerc, mais toujours dans la logique et la jurisdiction d’une coopérative de consommateurs.

    5. Il me paraît ainsi logique que votre rôle, monsieur Oriot, devrait être discuté en détail ici au BLOG, aussi respectant les labeurs immenses (et de toutes leurs vies), de Paul Jorion, François Leclerc, leurs collègues direct(e)s au BLOG et des plus que 100 mille visiteurs, contribuants et commentateurs au BLOG.

    Le BLOG est une entité vivante, précieuse, qui n’existe que grâce à ces labeurs mentionnés ci-avant.
    Cela représente un capital immense, bref, je ne suis pas le premier ni le dernier pour l’observer et le signaler.

    6. Alors, volontièrement je vous donnerai ci-après mon courriel.
    Mais, je vous le dis en avant, je suis un Suédois dans mes pensées et mes actes, alors, la transparence TOTALE et IMMEDIATE est pour moi la base sine qua non de la démocratie.

    Je fais une confiance inconditionnelle à la communauté des BLOGGEUSES et BLOGGEURS de ce BLOG.

    7. Alors, chèr monsieur Oriot, à nous revoir, ici et ailleurs, et bien à vous!

    Johan Leestemaker (courriel: leestem@ision.nl)

  15. Sur la question de la production culturelle , il me semble qu’il faut élever le débat …meme si c’est un peu HS sur le sujet present qui a des contraintes pragmatiques plus urgentes .
    La spécialisation de la production culturelle en tant qu’activité rénumérée n’est plus discutée ….Pourquoi ?
    Il y aurait pourtant des arguments pertinents sur ce choix .
    Celà n’ a pas été toujours le cas .
    l’endogamie induite par la spécialisation , augmente la dépendance du producteur au “système” et a son “pouvoir” .
    L’élitisme , en terme de hierarchisation de qualité est faussée par la structure de spécialisation et récupérée , encore une fois par le système.
    La production “gratuite” offre un “salaire” me semble t il suffisant par la “valor-isation” de l’ auteur .Il n’est pas nécessaire que son tarif horaire soit celui d’ un footballeur .
    l’ argument “massue” etant que pour qu’il y ait un contenu dans une création culturelle , il faut que l’auteur ait qq chose a y mettre et donc une vie “normale” , avec boulot , femme , enfants , emmerdes ….d’un niveau autrement “commun” que celui des “people” et autres parasites qui ne devraient amuser que les antropologues .

    1. Il n’est pas nécessaire que son tarif horaire soit celui d’ un footballeur

      il me semble qu’il faut élever le débat

      C’est l’une, ou l’autre des deux propositions, mais pas les deux en même temps, Kercoz …

      1. @ Zébu .
        Si c’est de l’ Humour , je pige pas ….Si c’est un argument …c’est un peu court .
        Le mien d’argument est de poser les “spécialisations” comme néfastes en géneral . On doit pouvoir montrer que les spécialisations ne s’équilibrent en terme de bilan que sur la production de biens essentiels ….poursuivre cette spécialisation pour le non essentiel , meme avec de l’ énergie gratos impliquant un bilan négatif , donc une exploitation d’un maillon essentiel par les autres .
        La production culturelle au sens ignoble du terme (la production “noble” ne pouvant se sous traiter), si elle est ramenée au “Local ” , implique une production et notoriété “locale” ..qui doit en majeur partie échapper a la spécialisation de la production. Ca me parait etre une démarche vertueuse et une sortie de route des déviances actuelles …..Encore une fois , c’est la taille du groupe qui pervertit les démarches et induit l’ ubris .

  16. @ Alain Oriot :
    Des choses se sont faites aussi, sur la musique équitable. Reshape-music, notamment, maintenant fermé. Mais plein d’autres sinon.
    Le modèle économique n’est pas défini. Souvent du téléchargement avec reversement à l’artiste garanti. Je me souviens aussi d’une plate-forme de lecture mp3 (1 morceau d’un album) et de téléchargement avec définition de prix équitable par l’acheteur, avec un prix minimum pré-défini (sorte de ‘rémunération de survie’). En règle générale, si l’acheteur était content, s’ensuivait une sur-côte de prix de +20%. Mais je ne me souviens plus qu’elle était cette plate-forme et si elle existe encore …
    Le modèle pourrait peut-être fonctionner aussi pour l’édition, y compris sur le téléchargement numérique … (diffusion de quelques pages de ‘bonnes feuilles’ en lecture gratuite).
    L’idée est la même, au fond, que le débat sur l’AMAP : identifier les coûts de production + rémunération minimale des acteurs (auteurs, éditeurs, intermédiaires autres) et laisser à l’appréciation de l’usager le surplus qu’il souhaite ou non intégrer au prix ainsi formé.
    Sur l’autre versant, la possibilité de s’engager sur un terme défini, soit sur un montant (mensuel ou non), soit sur une production (livre) à venir.
    Je ne sais si cela peut vous être utile.
    Cordialement.

  17. Problème :
    Recherche de 300 eurosx 300 Investisseurs

    Question:
    quel genre de production littéraire ?
    Question :
    Quel genre d’investisseurs pour une production tournant souvent autour du thème du travail?

    Idée :
    En France , 30 000 comités d’entreprises

  18. Bonjour,

    Votre projet est passionnant, merci de nous tenir au courant de ses avancées.
    Une petite précision d’ordre de langage, les collèges dans une Scic sont optionnels. Par contre il doit bien y avoir (par la Loi) 3 catégories différentes de sociétaires (au moins un salarié, au moins un consommateur, et au moins un autre type d’associé). Les collèges ne servent qu’à voter et répartir le pouvoir.

    Bien cordialement,
    Sébastien

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