« Sur la lecture des livres » par John Maynard Keynes

20 décembre 2014 par Paul Jorion Aucun commentaire

Ouvert aux commentaires.

La conclusion de « On Reading Books », sur la lecture des livres, allocution prononcée à la BBC le 1er  juin 1936 :

« Un lecteur doit acquérir une familiarité à la fois vaste et universelle avec les livres en tant que tels, si l’on peut dire. Il doit les aborder avec la totalité de ses sens ; il doit les connaître par leur toucher et par leur parfum. Il faut qu’il apprenne comment les tenir en ses mains, comment faire bruisser leurs pages et obtenir en quelques secondes une première impression intuitive de ce qu’ils contiennent. Il doit, au bout d’un certain temps, en avoir touché plusieurs milliers, au moins dix fois davantage que ce qu’il lira véritablement. Il doit parcourir les livres des yeux comme un berger le fait avec des moutons, et les juger du regard inquisiteur et rapide qu’a le maquignon pour le bétail. Il doit être entouré de davantage de livres que ce qu’il lit, vivre dans la pénombre de pages non-lues, dont il connaît le caractère général et le contenu, virevoltant autour de lui. Telle est la finalité des bibliothèques, la sienne propre et celles des autres, privées et publiques. C’est aussi la finalité des bonnes librairies, de livres neufs ou d’occasion, dont il en reste quelques-unes, et dont on aimerait qu’il y en ait davantage. Une librairie n’est pas comme un guichet de chemin de fer que l’on approche en sachant ce qu’on veut. Il faut y entrer ouvert à tout, presque comme dans un rêve, et permettre à ce qui est là d’attirer et d’influencer librement l’œil. Se promener entre les rayons d’une librairie, en s’y plongeant selon ce que dicte la curiosité, devrait être le divertissement d’une après-midi. Abandonnez toute timidité, tout scrupule à vous y adonner. Les librairies existent pour vous l’offrir, et les libraires l’accueillent volontiers, sachant fort bien comment tout cela se terminera. Il s’agit d’une habitude à acquérir dès son jeune âge ».

Keynes, John Maynard, « On Reading Books », 1936, Donald Moggridge (sous la dir.) The Collected Writings of John Maynard Keynes, Volume XXVIII, Social, Political and Literary Writings. Cambridge : Cambridge University Press, 2013 : 329-335

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1944 : Les accords de Bretton Woods

20 décembre 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

La conférence monétaire internationale, à Bretton Woods dans le New Hampshire, en 1944.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 19 DÉCEMBRE 2014 – (retranscription)

19 décembre 2014 par Paul Jorion 2 commentaires

Retranscription de Le temps qu’il fait le 19 décembre 2014. Merci à Olivier Brouwer ! Ouvert aux commentaires.

Bonjour, on est vendredi, le 19 décembre 2014. Et vous avez peut-être vu, l’autre jour, il n’y a pas tellement longtemps, j’ai fait un billet qui s’appelait, euh je sais plus comment ça s’appelait, mais c’était à propos du film « Total Recall », un film de Paul Verhoeven qui avait été fait d’après une petite nouvelle de Philip K. Dick. C’est donc l’histoire de ce gars qui [s’adresse] à une firme qui fait du logiciel et qui offre aux gens de leur faire vivre des aventures extraordinaires par un implant d’un logiciel dans leur tête. Et alors, les choses tournent mal très rapidement, mais le gars ne sait plus si le fait que ça tourne mal, ça fait partie du scénario qu’on lui a mis dans sa tête, et alors l’histoire démarre sur des chapeaux de roues, parce qu’il finit par se retrouver à la tête d’une rébellion sur la planète Mars, donc c’est vraiment pas mal ! Si c’est ça qu’il a acheté, eh bien il en a pour son argent !

Et j’ai repensé à ça parce que je voyais le journal et je regardais ce qui se passait ! Et je me disais : « Est-ce qu’il y a… » Vous savez, il y a un débat, j’avais dit un truc, je ne sais plus ce que c’était non plus, à propos de Dieu qui n’existe probablement pas, « Ce n’est pas Dieu qui nous sauvera ! », et il y a un long débat qui a eu lieu parce qu’une autre personne a voulu parler de ça, mais on se pose quand même la question : est-ce qu’il y a quelqu’un, vraiment, quelque part, qui essaye de nous épater, qui essaye de faire que les bras nous en tombent le maximum possible, qu’on se dise : « Non, ça c’est pas possible, je n’ai pas encore vu ça, c’est pas possible que ça aille dans cette direction-là, c’est trop fort ! »

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Taux, dette et monnaie : UNE HISTOIRE DE DÉSAMOUR, par François Leclerc

19 décembre 2014 par François Leclerc Commentaires fermés

Billet invité.

Mercredi dernier, la Fed n’a finalement pas engagé l’augmentation de son taux directeur. La pression se renforçait pour qu’elle donne au moins un signal en ce sens, la question du choix des critères guidant sa décision se posant. La faiblesse du taux d’emploi avait dernièrement pris le pas sur toute autre considération dans les déclarations de Janet Yellen, sa présidente, et l’on ne parlait plus de la lutte contre l’inflation, son autre mission, et pour cause : mondiale, la pression déflationniste s’exerce y compris aux États-Unis. Toutefois, un déclin du chômage est officiellement enregistré dans le cadre d’une croissance qui frémit, ouvrant la voie si ce critère restait décisif à l’augmentation du taux de la Fed afin d’enrayer la progression de la bulle financière et de sonner la fin de la longue période d’argent facile qui en est à l’origine.

Alors pourquoi ne pas l’avoir décidé ? La précédente tentative de la Fed s’était traduite par un retrait massif et brutal des capitaux partis chercher du rendement dans les pays émergents, les déstabilisant. Dans un contexte de plus grande fragilité de ceux-ci, il est certes dorénavant recommandé de s’efforcer d’amortir un nouveau choc en multipliant les précautions et les avertissements. Plus la masse des capitaux pouvant circuler augmente, plus leurs mouvements sont redoutables quand ils interviennent, ne facilitant pas la navigation des banques centrales.

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Le prêt à intérêts (III) : le crédit gratuit, par Zébu

19 décembre 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

Billet invité.

« Mais cette révolution qui vient à nous d’une marche invincible et déjà nous interroge, que veut-elle ? En pouvez-vous douter ? Elle veut que l’œuvre commencée en 89 s’accomplisse. La féodalité territoriale et militaire a disparu, il faut que la féodalité financière disparaisse. Plus de privilèges ! L’égalité. Plus de privilèges ! La justice.

De là tous ces brûlants débats sur la souveraineté du capital, sur le despotisme de l’usure, sur le prêt à intérêt, sur le crédit.

La royauté de l’argent, l’aristocratie de l’argent, voilà bien effectivement ce qui est en question. »

Quand Louis Blanc, un des penseurs socialistes les plus estimés de son siècle, écrit ces lignes dans « L’organisation du travail », publié en 1839[1], le Code Civil napoléonien est toujours en vigueur et ses dispositions concernant le prêt à intérêt également, et ce pour encore presque 50 ans avant que la loi de 1886 ne vienne transformer ce que souhaitait réaliser l’empereur : inscrire la pacification dans la loi civile entre les partisans de la libéralisation complète des intérêts du prêt et les partisans de leurs interdiction. De fait, les intérêts pourront ainsi être stipulés dans les contrats de prêt mais seront régulés par la loi.

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Podemos, ses structures de base et leur maillage. Une Agora de notre époque ?, par Lazarillo de Tormes

19 décembre 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

Billet invité.

En 1985, l’Unesco inscrit la grotte d’Altamira située à Santillana del mar, petite localité du nord de l’Espagne, dans la liste du Patrimoine mondial. 22.000 ans durant, nos ancêtres Sapiens y ont laissé des traces si nombreuses et variées de leur passage que, selon les hypothèses, ces lieux auraient été des points de rassemblement périodiques pour des populations consistant vraisemblablement de petits groupes familiaux d’une quinzaine d’individus en moyenne. Déjà donc l’être humain ressentait le besoin de socialiser, de se réunir avec ses semblables pour façonner son devenir mieux qu’il ne le ferait confiné dans l’isolement.

C’est par hasard qu’un chasseur découvrit la grotte en 1868 mais c’est un passionné d’archéologie local, Marcelino Sanz de Sautuola qui réalisa l’importance du site et par ses travaux contribua à lui donner un écho dans la communauté scientifique de l’époque. Il se fait que son arrière-petit-fils, Emilio Botín Sanz de Sautuola fut le président, jusqu’à son décès soudain le 10 septembre 2014, du Grupo Santander le plus grand conglomérat bancaire d’Espagne et un des plus importants d’Europe. Le 5 septembre, quelques jours avant sa mort, il confiait lors d’un entretien informel, très médiatisé ensuite, avec des journalistes que Podemos constituait l’une des deux menaces principales à la stabilité sociale – l’autre étant l’indépendantisme catalan -, qu’il fallait la combattre et il exhortait à un renforcement des liens, allant, si nécessaire, jusqu’à un gouvernement d’union PP-PSOE à l’issue des législatives de 2015. Il se dit depuis que des tractations en ce sens seraient en cours, sous le manteau, entre les deux appareils. C’est que les conseils d’Emilio Botín portaient et le slogan boutade de Podemos « En Espagne de nos jours, ceux qui gagnent les élections ne s’y présentent pas » est là pour aiguillonner les imaginations à ce sujet.

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Une solution politique ? Quelle rafraîchissante naïveté !, par Roberto Boulant

19 décembre 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

Billet invité.

Ceci est dans mon esprit plus un complément, qu’une réponse au billet de Michel Leis, ‘Il n’est d’autres voies que l’action politique’. (Et puis… j’ai aussi beaucoup de mal avec cette injonction commercialo-religieuse qui veut que nous soyons tous béatement heureux à l’approche de Noël !).

« Dans l’antiquité, les esclaves savaient qu’ils ne pouvaient discuter avec nous, au moyen-âge, les serfs savaient que leur statut d’homme libre n’était qu’un leurre, aujourd’hui, progrès du storytelling aidant, une majorité pense vivre en démocratie et avoir le statut de citoyen. Magnifique mélange d’aveuglement et de lâcheté qui nous conforte, nous les maîtres du monde, dans l’assurance que nous sommes vraiment d’une essence supérieure. Alors oui bien sûr, au fur à mesure que notre nouvel ordre féodal remplace des pans entiers de l’ancien monde, que les anciens états-nations s’effondrent, même les gueux les plus désireux d’être bercés d’illusions ne peuvent que constater la réalité : les politiciens professionnels sont nos serviteurs, ils votent nos lois et nous, au travers de ces marionnettes interchangeables, gouvernons cachés aux yeux du commun.

Et de fait, la crise déclenchée par les subprimes prouve que nous sommes hors d’atteinte des lois, nous sommes maintenant bien plus puissants qu’en 2008 ! Et quel plaisir, quelle jouissance même, de voir la populace voter pour un socialiste-ennemi-de-la-finance qui quelques mois plus tard nommera à Bercy  un des nôtres, un banquier d’affaires devenu millionnaire en une nuit !

Nous avons d’ores et déjà gagné. Les cliquets installés sont si nombreux et efficaces que quiconque serait assez fou pour vouloir les détruire, détruirait en même temps la société. Il n’y a plus aucun retour en arrière possible ! »

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Mes interventions à Ce soir (ou jamais !) du 12 décembre 2014

19 décembre 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

Quelqu’un s’est amusé à extraire mes interventions lors de l’émission de la semaine dernière. Merci à lui ou à elle !

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Le temps qu’il fait, le 19 décembre 2014

19 décembre 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

Sur Dailymotion, c’est ici.

Blog de PJ : La tentation de l’interprétation « Total Recall », le 16 décembre 2014

Blog de PJ : Ce n’est pas Dieu qui nous sauvera, le 25 novembre 2014

Blog de PJ : Pour en finir une fois pour toutes avec ce débat sur Dieu, par Un chrétien de gauche, le 11 décembre 2014

Ubik (1969) par Philip K. Dick

Blog de PJ : Après la grève…, par Serge Boucher, le 18 décembre 2014

Blog de PJ : interdiction des paris sur les fluctuations de prix

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Le blog de Paul Jorion et la géopolitique

18 décembre 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

Je reçois ces jours-ci un grand nombre de mails dont la teneur est similaire : les abus américains en matière de démocratie devraient rendre mon blog plus compréhensif envers les abus russes – qui seraient une manière pour cette nation de se défendre.

L’argument est grotesque : les exactions de Bush n’excusent pas l’autoritarisme de Poutine, et si l’on acceptait ce type d’arguments cour de récré : « oui mais c’est lui qui a commencé ! », tout absolument deviendrait justifiable.

Le blog de Paul Jorion continuera de critiquer les infractions aux principes démocratiques quelles qu’elles soient et où qu’elles aient lieu, et je continuerai de le faire à titre personnel dans tout autre espace chaque fois que cela se justifiera (comme je l’ai fait il y a trois jours dans le courrier des lecteurs du Wall Street Journal en réponse à une tribune libre intitulée [il y en a qui ne sont pas vite gênés] : « Je n’ai pas de regrets pour l’utilisation du supplice de la baignoire par la CIA »).

 

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La crise russe, répétition générale pour les pays européens d’un scénario de sortie de l’euro ?, par Annie Fortems

18 décembre 2014 par Julien Alexandre Commentaires fermés

Billet invité

Depuis le début de l’année, le rouble n’en finit pas de dégringoler et a perdu 50 % de sa valeur. En une seule journée, mardi 16 décembre, il a dévissé de 20 %. L’économie russe est ébranlée et pourrait afficher un PIB en baisse de 5 % en 2015.

Les commentateurs analysent les causes multi-factorielles de cette crise avec une lecture plutôt libérale : ralentissement économique ces dernières années, sanctions économiques, crise géopolitique et chute du cours du Brent.

Ils minimisent une force en présence qui pèse d’un poids considérable sur la monnaie et l’économie russe : la spéculation financière mondialisée. La guerre des monnaies et de l’énergie

Comme il n’y avait pas de raison, autre que spéculative, pour l’envolée des cours du pétrole ces dernières années, il n’y en pas plus aujourd’hui pour une telle dégringolade.

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« Un danger, les élections ? », réponse à Arnaud Leparmentier, par Jacques Seignan

18 décembre 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

Billet invité.

Il y a vingt ans pour le cinquantenaire du Monde, un livre était paru avec des fac-similés et il est bon de citer un extrait de la préface par J.-M. Colombani, titrée l’Idéal :

« Le premier numéro du Monde fut un acte de rupture : un geste et un message de résistance – le mot figure dans le premier éditorial – alors même que le nazisme n’avait pas encore rendu les armes. Cette résistance là n’était pas de circonstance. Murie avant-guerre par notre fondateur Hubert Beuve-Méry , (…), endurcie après 1940 dans le refus de la défaite et de la collaboration, (…), elle se projetait dans l’avenir, livrant une bataille, toujours inachevée sur le front de l’information. »

Dans cet avenir d’espérance, pouvait-on alors imaginer qu’un des principaux éditorialistes de ce journal de liberté ose écrire « Danger, élections ! », comme le fait aujourd’hui M. Arnaud Leparmentier ? Bien triste anniversaire…

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SYRIZA, PODEMOS…, par François Leclerc

18 décembre 2014 par François Leclerc Commentaires fermés

Billet invité.

Le premier tour des élections présidentielles grecques au Parlement a renforcé les incertitudes à propos du résultat à venir des deux prochains tours, les 23 et 29 décembre. Le candidat du gouvernement n’a recueilli que 160 voix sur les 200 nécessaires, moins qu’il n’espérait. Tout se jouera probablement au dernier tour, où seulement 180 voix pourront permettre au candidat unique Stavros Dimas de l’emporter, la chasse aux ralliements battant son plein et la stratégie de tension se poursuivant.

Les autorités européennes ont apporté leur plein soutien à Antonis Samaras, devant la crainte que Syriza ne remporte les élections législatives anticipées, faute d’élection du Président de la République. Mais elles ne peuvent s’en prendre qu’à elles-mêmes, n’ayant pas respecté leur promesse de restructuration de la dette grecque, sur la base de laquelle le premier ministre a basé sa stratégie de recherche à tout prix d’un excédent budgétaire primaire, sans finalement en recueillir le bénéfice. Il a dû ensuite changer son fusil d’épaule en affichant la perpective d’une sortie du plan de sauvetage et la fin symbolique du protectorat de fait instauré par la Troïka, qui ne lui a pas été accordée. Cherchant une issue, il a finalement joué le tout pour le tout en anticipant une élection présidentielle de tous les dangers. Au cas où son candidat à la présidence de la République ne serait pas élu par le Parlement, ne lui laissant comme perspective que de perdre les élections législatives, les hypothèses fleurissent. Elles portent en premier lieu sur l’ampleur de la victoire éventuelle de Syriza, qui pourrait se trouver dans l’obligation de former une coalition avec les indépendants et les restes du Pasok. Elles spéculent ensuite sur la nécessité dans laquelle le parti dirigé par Alexis Tsipras serait de mettre de l’eau dans son vin à propos de la question qui fâche : la restructuration de la dette. Car celle-ci est détenue à 90% par des intérêts publics et l’exemple qui serait donné en l’engageant pourrait susciter des vocations dans d’autres pays. Un coup d’arrêt est donc indispensable, d’autant qu’une victoire de Syriza représenterait un encouragement à ce qui n’est cessé d’être dénoncé dédaigneusement et non sans amalgames comme le danger populiste afin de faire repoussoir.

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Après la grève…, par Serge Boucher

18 décembre 2014 par Julien Alexandre Commentaires fermés

Billet invité

Monseigneur Vetinari, le génial despote éclairé d’Ankh-Morpork, doit son exceptionnelle longévité à une fine compréhension de la psychologie de ses sujets. En particulier, il sait qu’au-delà de leurs revendications plus ou moins explicitement révolutionnaires, ce qu’ils désirent au fond de leur coeur est que le monde de demain soit exactement, précisément, le même qu’aujourd’hui, que les choses restent comme ils en ont l’habitude.

On voit beaucoup de Morporkiens ces jours-ci en Belgique. Dans la rue, dans la presse, au pouvoir. Le gouvernement voudrait que les choses restent comme elles le sont, mais la population vieillit, l’état est endetté et déficitaire. Alors il ajuste au minimum : il monte un peu la manette « durée du travail », réduit un peu le curseur « indexation des salaires », histoire que tout revienne à peu près en équilibre sans que quoi que ce soit ne change pour les ministres et les employeurs.

Les syndicats ne sont pas contents. Ils refusent que l’on touche à ces manettes-là, préférant pousser un peu la manette « impôt des riches », histoire qu’eux puissent continuer à travailler le même temps pour le même salaire.

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LES ÉMERGENTS SOUFFRENT ET LA RUSSIE EST AU TAPIS, par François Leclerc

17 décembre 2014 par François Leclerc Commentaires fermés

Billet invité.

Sonnés, les dirigeants russes se tâtent pour vérifier s’ils sont entiers. Les grandes entreprises exportatrices ont été mises à contribution pour vendre les devises dont elles disposent et contribuer à la stabilisation du rouble, afin d’épargner la Banque de Russie qui a dépensé plus de dix milliards de dollars depuis le début du mois, et dont les réserves abondantes ne sont pas inépuisables. Dans l’attente d’autres mesures, elle va faciliter l’accès aux devises étrangères et protéger les banques de leurs pertes comptables.

Le premier ministre Dmitri Medvedev affirme aujourd’hui qu’aucune mesure d’encadrement des changes ne sera prise, afin de ne pas porter atteinte aux principes du marché, dit-il. Mais, en tout état de cause, le rouble aura perdu la moitié de sa valeur depuis le début de l’année, et rien ne pourra empêcher la Russie d’entrer dans une franche récession, et de connaître simultanément une flambée inflationniste des prix. Le système bancaire va être soumis à rude épreuve en raison de l’endettement des entreprises et des particuliers en devises étrangères. Composé d’une myriade de petits établissements côtoyant une poignée de grands établissements, ce système est très fragile et va devoir être restructuré dans l’urgence. Enfin, Vladimir Poutine – qui s’est tenu à l’écart afin de se démarquer du gouvernement, seul responsable selon lui de la conduite de la politique économique – tirera demain les leçons politiques et essayera d’en faire autant avec les marrons du feu en faisant une fois de plus appel au chauvinisme russe, sa carte favorite.

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Europe : IL N’Y A VRAIMENT PAS DE QUOI SE PLAINDRE ! par François Leclerc

17 décembre 2014 par François Leclerc Commentaires fermés

Billet invité.

Demain, sommet européen (on ne les compte plus) ! En ouverture, un petit coin de ciel bleu est toujours timidement recherché par Matteo Renzi, qui réaffirme « qu’il faut sortir les investissements d’un pays du Pacte de stabilité », tentant de donner un peu de marge de manœuvre dans l’application d’une politique européenne dont il est hors de question de demander frontalement le changement. Le président du conseil italien conjugue d’un certain point de vue ses efforts avec Frans Timmermans, qui joue le rôle inédit de président bis de la Commission. Le second de Jean-Claude Juncker, que ce dernier a ensuite relayé, a lancé un appel à des contributions supplémentaires des gouvernements au plan d’investissement de son patron, mais sans clarifier la question soulevée par Matteo Renzi, véritable nœud du problème : ces apports seront-ils ou non comptabilisés dans le déficit ?

Toujours sur ce même terrain, trois instituts économiques européens, l’OFCE française, l’IMK allemand et l’ECLM danois, ont proposé l’exclusion des dépenses d’investissement du calcul du déficit. Cette mesure s’inscrit dans le cadre d’une « stratégie macroéconomique alternative », qui préconise également l’achat par la BCE d’obligations émises par la Banque européenne d’investissement (BEI), afin de soutenir l’investissement public. En vue de favoriser la transition énergétique, il est aussi préconisé d’accroitre la fiscalité sur le carbone, tout en compensant l’augmentation du prix de l’énergie pour les ménages via un fonds européen, et par une taxe à l’importation pour les entreprises.

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Des similitudes qui font froid dans le dos, par Michel Leis

17 décembre 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

Billet invité.

On ne connaitra sans doute jamais la proportion exacte des facteurs dans la chute des prix du pétrole. Une demande en berne qui crée un rapport de force favorable aux acheteurs et entraîne une baisse des prix. Des pays de l’OPEP qui espèrent affaiblir, sinon tuer, un certain nombre de concurrents gênants, que ce soient les producteurs de pétrole de schiste ou les pays qui ont fait leur grand retour sur le marché il y a une trentaine d’année, en premier lieu desquels se trouvent la Russie. Les États-Unis qui voient dans cette combinaison une opportunité unique d’affaiblir leur ennemi de toujours et qui ne doivent pas se priver d’attiser le feu. D’un certain point de vue, le résultat est au-delà de toute espérance. La conjonction de la baisse des revenus du pétrole et des sanctions économiques occidentales est en train de créer un chaos économique de grande ampleur en Russie.

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Dans « manipulation » il y a « main », comme dans « main invisible »

16 décembre 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

Certains d’entre vous s’étonnent qu’alors que la panique s’est emparée aujourd’hui des marchés en raison de l’effondrement du rouble, le CAC 40 réalise en clôture un gain de 2,19 %.

Miracle

© Dow Jones Company

Bon d’accord, on a peut-être forcé un peu sur la « pompe à optimisme » et ces 2,19% sont un peu voyants. Mais que voulez-vous, tout cela, c’est une mécanique très délicate, et plutôt que de hurler à la manipulation (pour la bonne cause, bien entendu), souvenez-vous que dans « manipulation » il y a « main », comme dans « main invisible » et la véritable héroïne de la journée d’aujourd’hui (croyez-moi), c’est la « main invisible » de l’autorégulation (croix de bois, croix de fer…) !

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La tentation de l’interprétation « Total Recall »

16 décembre 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

Dans le film de Paul Verhoeven Total Recall (1990), inspiré d’une nouvelle de Philip K. Dick, le héros se laisse tenter par l’offre de Rekall, une firme de logiciel qui fait en sorte que vous halluciniez des aventures hors du commun. Mais quelque chose tourne mal durant l’implant du scénario fictif…

Question du coup pour le héros – qui se retrouve, entre autre, à la tête d’une rébellion sur la planète Mars – le cauchemar qu’il est en train de vivre à partir de là est-il la conséquence de l’accident qui a eu lieu durant l’implant ou bien cet accident n’est-il lui-même que le premier épisode du scénario époustouflant qu’il a acheté et le cauchemar éveillé qui est le sien est-il simplement la preuve de la bonne foi de la firme Rekall et des excellents services qu’elle offre ?

Je ne sais pas si vous êtes comme moi à la lecture de l’actualité d’aujourd’hui, je veux dire tenté par l’interprétation « Total Recall », à savoir, ou bien qu’un abominable accident a eu lieu et que tout ce qui peut aller mal va, comme nous le constatons, de plus en plus mal dans un désastre au développement exponentiel, ou bien que quelqu’un quelque part met le paquet pour nous en mettre plein la vue, si bien que le jour où nous mettrons la clé sous la porte, nous nous dirons : « Une chose est sûre en tout cas : j’en ai eu pour mon argent ! »

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L’effondrement du rouble : réaction en chaîne

16 décembre 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

Si l’effondrement du cours du rouble qui a lieu en direct sous nos yeux, se poursuit, les détenteurs de dette souveraine russe verront atteinte la cote d’alerte qu’ils se sont fixée à la baisse et revendront les obligations russes « à la casse » pour limiter les dégâts. Celles-ci se retrouvant en quantités énormes sur le marché, c’est leur prix à elle qui s’effondrera, catapultant les taux d’intérêt plus haut qu’ils ne sont déjà, grippant entièrement l’économie, en plus de la finance.

Selon le Wall Street Journal :

Tatiana Ryabina, à la tête du département des prêts interbancaires à la banque Lanta à Moscou : « Les devises étrangères ne pourront pas être acheminées demain du fait que tous les avions de fret [pour les devises] sont pleins ».

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