L’Argentine en « défaut sélectif »

31 juillet 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

L’Argentine a été déclarée en « défaut sélectif » par l’agence de notation Standard & Poor’s.

Madame Christine Lagarde, à la tête du FMI, a affirmé que ce sera sans conséquence grave pour le système financier mondial en raison de l’« isolement » actuel de l’Argentine.

L’Argentine avait jusqu’à minuit pour effectuer un versement d’intérêts de 539 millions de dollars (402 millions d’euros). Le marché des capitaux considère que cette somme n’a pas été payée. Or les choses sont plus compliquées : l’Argentine a tenté d’effectuer le versement mais la somme est bloquée par un juge américain en raison d’un contentieux entre l’Argentine et deux détenteurs de dette argentine que l’on qualifiera soit de « fonds spéculatifs » (hedge funds), soit de « fonds vautours », selon le regard que l’on porte sur la finance mondiale.

Si l’Argentine voit son sort lié aux décisions d’un juge américain, c’est qu’elle a pris la décision (fait l’erreur ?) d’émettre une partie de sa dette (= emprunter) en dollars ; elle a par ailleurs émis une partie de sa dette en euros ou en yens, en plus d’en pesos et en dollars).

C’est une très longue histoire qu’il faudra peut-être raconter un jour en détail mais en voilà vite fait le principe. Un pays fait défaut sur sa dette et dit à ses créanciers : « Je ne peux vous rembourser que 25 centimes [c'est un exemple] sur chaque euro que je vous ai emprunté. C’est à prendre ou à laisser ! » Les emprunteurs se disent « Je prends les 25 centimes, qu’est-ce que peux faire d’autre ? ». Arrivent les « fonds spéculatifs » ou les « fonds vautours » Aurelius Capital Management et NML Capital Ltd qui s’adressent à certains de ces prêteurs malheureux et leur disent : « Je vous rachète cette dette argentine pour 28 centimes [c'est le même exemple] ». Les autres se disent « C’est une affaire ! » et ils vendent. Le lendemain, Aurelius et NML réunissent leur équipe de juristes, ils vont au tribunal et ils déposent plainte disant que l’Argentine leur a volé 72 centimes. Le juge leur répond : « Il me semble aussi ! »

Paul Singer, le patron de Elliott Management Corp. dont NML est une filiale, a déjà fait le coup au Pérou, en Zambie et en République du Congo. Même si le coup qu’il tente en ce moment en Argentine lui rapporterait du 1.600 % s’il réussit, il ne se perçoit pas personnellement comme un vautour mais comme un chevalier blanc qui s’adresse aux peuples de ces nations et à leur fierté et le message qu’il leur adresse est celui-ci : « Si votre pays est en défaut, c’est parce que vos zélites corrompues se sont sucrées au passage ! », et il sort alors son dossier exposant les faits, qui n’est malheureusement pas vide…

P.S. Bon, j’arrête pour ce soir mais c’est en gros le topo ! Davantage certainement demain.

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LIBÉRIA : PAYS ABANDONNÉ DES DIEUX

30 juillet 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

La presse : Virus Ebola : les médecins du Libéria se préparent à soigner les malades

Libéria 1986 :

L’année suivante, en 1986, la FAO m’offrit cette fois une mission de trois mois : au Bénin, le siège du projet des pêches, où j’avais déjà passé un an, mais aussi dans deux autres pays que je ne connaissais pas encore : au Ghana et au Libéria. La guerre civile au Libéria n’éclaterait officiellement que trois ans plus tard : en 1989. La situation n’en était pas moins déjà très tendue dans le pays.

Dans l’hôtel aux murs dégoulinant de crasse où j’étais descendu à Monrovia, on m’expliqua que la réputation d’insécurité de la ville était surfaite et que je pouvais me promener sans courir aucun risque, non seulement en remontant la rue d’un pâté de maisons, mais aussi de deux en la descendant.

Un jour, une fanfare militaire défila dans la rue. Ma chambre disposait d’un balcon, et je me mis à photographier la parade. À peine avais-je pris quelques clichés que la porte de ma chambre s’ouvrit violemment, c’était le patron de l’hôtel, qui s’élança vers moi en s’écriant : « Mon pauvre ami ! ». Il m’agrippa par le bras et me tira brutalement hors de la chambre. « Suivez-moi et n’ouvrez pas la bouche ! », me dit-il en courant. Quelques volées d’escaliers plus bas, il ouvrit la porte d’un débarras et m’y poussa sans ménagement : « Restez là et ne bougez surtout pas jusqu’à ce que je vienne vous chercher ! N’essayez surtout pas de sortir ! ».

Le temps me parut très long. M’ayant délivré, il m’expliqua qu’il était absolument interdit dans le pays de photographier des militaires. Aux soldats qui s’étaient précipités dans l’hôtel aussitôt qu’ils m’avaient aperçu, il avait expliqué que je n’étais pas l’un de ses clients et que je m’étais enfui par les toits.

Paul Jorion : Mémoires – manuscrit en chantier perpétuel

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AOÛT 1914 !

30 juillet 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

Le samedi 11 octobre, dans le cadre de L’économie aux Rendez-vous de l’histoire, je ferai à Blois une conférence à propos du livre d’entretiens entre Bruno Colmant et moi intitulé Comprendre l’économie autrement qui aura paru chez Fayard un mois plus tôt.

Le lendemain, le dimanche 12 octobre, je participerai à une table-ronde sur le thème :

Quelles similitudes et quelles divergences majeures si l’on observe la situation économique mondiale en 1914 et aujourd’hui ?

Les intervenants seront Nicolas BAVEREZ, avocat à la Cour d’Appel de Paris, ancien conseiller référendaire à la Cour des Comptes, Jean-Marc DANIEL, directeur de la revue Sociétal, professeur associé à l’ESCP Europe, Olivier FEIERTAG, professeur d’histoire contemporaine à l’Université de Rouen,
Paul JORION, détenteur de la chaire « Stewardship of Finance » à la Vrije Universiteit Brussel et Jacques MISTRAL, économiste, professeur des universités, membre du Conseil d’Analyse Économique.

Pourquoi comparer 2014 et 1914 ? Une raison sans doute, c’est l’attention qu’a attirée Thomas Piketty, dans son Le capital au XXIe siècle (Le Seuil 2013) sur la même poudrière sociale que constitue la concentration extravagante de la richesse à l’échelle mondiale en 1914 et à nouveau aujourd’hui, cent ans plus tard.

Palestine, Ukraine, Libye, Syrie, Irak, touchons du bois que nous ne soyons pas forcés le 12 octobre de retirer le mot « économique » de l’intitulé de notre table-ronde pour en faire de manière plus redoutable :

Quelles similitudes et quelles divergences majeures si l’on observe la situation mondiale en 1914 et aujourd’hui ?

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Espirito Santo : L’INSTABILITÉ DEMEURE, par François Leclerc

30 juillet 2014 par François Leclerc Aucun commentaire

Billet invité.

La Banque du Portugal a beau multiplier les assurances, la situation de la Banque du groupe Espirito Santo (BES) reste indécise. Elle continue d’affirmer que celle-ci est solvable et qu’il n’y a pas péril en la demeure, faisant si nécessaire une prochaine recapitalisation sans identifier ses acteurs, admettant que la ligne de crédit dont dispose le gouvernement pour aider les banques pourrait y contribuer en dernière instance.

Le premier actionnaire de la banque, Espirito Santo Financial Group (ESFG) – qui vient de bénéficier d’un règlement judiciaire comme Rioforte son actionnaire – a créé hier mardi un nouveau un vent d’inquiétude en demandant et en obtenant en raison « d’événements imprévus » le report de l’assemblée générale ordinaire des actionnaires de la BES qui devait statuer sur les comptes du 1er semestre. Les comptes, qui s’annoncent désastreux, seront toutefois publiés aujourd’hui.

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Humble proposition pour contribuer à un petit progrès dans une grande civilisation, par Jacques Seignan

30 juillet 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

Billet invité. P.J. : Il faut rappeler que même si la peine de mort existe au niveau fédéral, elle n’est pas d’application dans tous les États aux États-Unis.

Dans les échanges transatlantiques, l’uniformisation culturelle pourrait être vue comme un objectif indirect. Des esprits chagrins qui y sont opposées refusent de voir l’avantage que représentera l’adoption parachevée de la grande « Civilisation » sur la Terre : celle des États-Unis d’Amérique. Ce fut ainsi pour les habitants des parties, même reculées, de l’Empire romain qui avaient le désir de se romaniser ; il est vrai que de nos jours, des peuples appartenant à des empires sont devenus ingrats : les Tchétchènes qui oublient toujours les efforts inlassables faits pour les russifier ou les Tibétains pour les siniser.

Déjà la majorité de nos contemporains en Occident sont reliés entre eux grâce aux merveilleuses entreprises américaines qui nous fournissent des réseaux sociaux, des machines avec écran pour se connecter en permanence, des contenus, et en outre, gratuitement, un parfait contrôle de tout ce qui s’échange pour nous protéger (y compris de nous-mêmes) et nous aider à être mieux connus de toutes ces bienveillantes firmes qui nous vendent nos indispensables besoins en consommation. La culture de masse, malgré quelques poches de résistance ou plutôt d’impertinence et d’arriération, est donc « globalement » américaine. Il faut avancer dans toujours plus de civilisation, que diable !

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Le Souchon quotidien de l’été : Partir

30 juillet 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

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L’ULTIME LOGIQUE DE L’ACCROISSEMENT DE LA PRODUCTIVITÉ, par François Leclerc

29 juillet 2014 par François Leclerc Commentaires fermés

Billet invité.

La liste des pays qui connaissent un vieillissement de leur population s’allonge, conséquence d’une vie plus durable et d’une baisse de la natalité. C’est notamment le cas en Chine, résultat dans ce cas de la politique de l’enfant unique. Lorsque cette question est abordée, c’est pour souligner le mauvais rapport entre population active et inactive qui en résulte – pesant sur les systèmes de retraite par répartition – ainsi que l’augmentation des coûts médicaux afférents qui contribue à déséquilibrer les finances des systèmes de santé. Il est oublié que c’était éminemment prévisible et aurait dû faire l’objet de provisions. En France, un fonds de réserve pour les retraites a bien été institué en 2001 par le gouvernement Jospin, mais il a été siphonné sous Sarkozy avant l’heure prévue de 2020, en raison de la crise financière.

Dans les deux cas, des solutions libérales génératrices de nouvelles inégalités sociales sont préconisées pour soulager les déficits et financer ces services dans un contexte de réduction des ressources des États. Un prétexte rêvé est tout trouvé pour les imposer. Seuls les États-Unis sont à contre-temps avec la réforme de la santé de l’administration Obama, et la Chine est incitée à développer un système de retraite pour développer son marché intérieur.

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Recherche Google : « propriété privée »

29 juillet 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

Propriété privée

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APPEL DE JUILLET 2014

29 juillet 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

Une remarque qui m’est souvent faite à propos du Blog de PJ est « Votre fonction de laboratoire d’idées est unique : personne d’autre ne joue ce rôle dans l’univers francophone ! » C’est en effet ce que j’essaie de faire. Depuis le début d’ailleurs, quand j’écrivais seul les billets : il y a tout de suite eu des billets sur l’intelligence artificielle, sur la psychanalyse, sur ce que j’ai appelé les « questions essentielles » ou « la vie de tous les jours ». Qui d’autre aujourd’hui parmi les blogs francophones dispose de rubriques intitulées « Le Grand Tournant » ou « La survie de l’espèce » ? Ebuzzing nous classe « Économie » depuis la naissance du Blog de PJ en février 2007 où nous sommes en ce moment N°3 mais s’il nous mettait au classement de la catégorie « Politique » nous y serions aujourd’hui N°11 ou dans la catégorie « Environnement », nous y serions N°1 haut la main.

J’ai pensé à diverses époques à arrêter le Blog de PJ, j’ai arrêté les vidéos hebdomadaires avant de les reprendre sous votre pression amicale (ou quasi-amicale !), mais je n’y pense pas un instant en ce moment : notre regard critique non-partisan est en effet une petite fleur rare dans l’univers des blogs et, si j’observe les dérives qui nous entourent, une petite fleur qui se fera hélas de plus en plus rare.

L’objectif de 1.500 € pour le mois de juillet a été atteint le mercredi 30 juillet à 01h11. Merci à vous tous pour votre mécénat citoyen !

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Le Souchon quotidien de l’été : J’ai perdu tout ce que j’aimais

29 juillet 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

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QUE SE PASSE-T-IL ?

28 juillet 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

À propos de La dette est-elle soutenable ? de François Leclerc.

Que se passe-t-il quand

1) Le marché des capitaux exige que le coupon sur la dette souveraine soit plus élevé que le taux de croissance du pays émetteur de dette ?

2) Un juge américain décide que la prime de crédit des emprunts argentins ne couvre pas leur risque de crédit ?

La réponse est ici.

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LA DETTE EST-ELLE SOUTENABLE ? par François Leclerc

28 juillet 2014 par François Leclerc Commentaires fermés

Billet invité

Les nouvelles prévisions de croissance mondiale du FMI pour 2014 sont corrigées à la baisse par rapport aux précédentes d’avril, passant de 3,7 à 3,4 %. Cela montre, une fois de plus, combien ces données doivent être accueillies avec circonspection, spécialement dans le contexte actuel. Donner un coup de pouce reste une tentation semble-t-il irrésistible, en s’appuyant sur des pronostics au dixième de point qui deviennent franchement risibles. Surtout qu’une fois quitté le royaume des moyennes et entré dans les détails, les disparités sont grandes et certains chiffres très inquiétants. C’est en particulier le cas en Europe où si la croissance moyenne serait de 1,1 % en 2014, elle serait en Allemagne de 1,9 %, mais de 0,7 % en France et de 0,3 % en l’Italie.

Soigneusement esquivée, sauf lorsqu’il s’agit de la Grèce où le moment fatidique est le plus possible retardé, la question de la soutenabilité de la dette publique n’en est pas moins posée. En effet, quelle niveau de croissance devrait être atteint, et pendant combien d’années, pour dégager un excédent primaire budgétaire qui l’accréditerait ? Barry Eichengreen, professeur à l’université de Berkeley, et Ugo Panizza, du Graduate Institute de Genève, estiment qu’une croissance de 5 % pendant 10 ans serait nécessaire dans le cas de l’Italie – la troisième puissance économique de la zone euro – un cas de figure hautement improbable avec la décennie qui s’annonce. Et si l’Italie ne remplit pas le contrat…

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Un message d’outre-tombe à l’intention de certains juristes

28 juillet 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

J’ai travaillé à une époque dans le secteur du prêt automobile d’occasion subprime américain. Je ne dis pas n’importe quoi pour me rendre intéressant, voyez vous-même : l’Internet a une mémoire d’éléphant. C’était l’époque où un CV devenu de haute crédibilité dans le secteur bancaire américain m’ouvrait les portes des grandes banques bien entendu, mais aussi de toutes les officines où j’avais envie d’aller fouiner. Comment finance-t-on un plan-retraite de plusieurs millions de dollars par an ? comment finance-t-on un parachute doré ? Vous aimeriez le savoir ? eh bien moi aussi je voulais le savoir et le fait est que maintenant, je le sais !

Bon, je n’ai pas nécessairement travaillé dix ans dans chacune de ces boîtes : dans certaines j’ai su ce que je voulais savoir assez rapidement, dans certaines autres, mon côté fouineur a indisposé avant que je ne sache tout ce que je voulais savoir… et c’était peut-être mieux ainsi : le secteur du prêt automobile d’occasion subprime est lié au trafic d’armes, je peux vous en apporter la preuve !

Quoi qu’il en soit, a paru il y a quelques jours dans le New York Times, un article très intéressant à ce sujet : In a Subprime Bubble for Used Cars, Borrowers Pay Sky-High Rates, par Jessica Silver-Greenberg et Michael Corkery. Si vous lisez l’anglais vous y découvrirez – si votre opinion n’est pas déjà faite sur notre système économique qui a « sorti des milliards de personnes de la misère » (sic) – que les mensualités exigées sur un prêt automobile d’occasion subprime américain n’ont aucun rapport avec le prix de la voiture mais a été calculé sur une autre base : que l’emprunteur ne crève pas la gueule ouverte dans les minutes qui suivent la signature du contrat mais… tout juste !

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ROBOTISATION : Pourquoi aller gueuler et gesticuler vous-même dans un stade si une machine peut le faire à votre place ?

28 juillet 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

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NI MARX, NI KEYNES

28 juillet 2014 par Paul Jorion 17 commentaires

En tant que réflexion de pensée économique, je le souligne dans mes livres, la « science » économique ne présente malheureusement pas grand intérêt, pire, elle nous mène constamment sur des voies de garage quand il s’agirait de comprendre les questions économiques qui se posent comme aujourd’hui avec urgence. Une remarque de Pierre Bourdieu reste parfaitement d’actualité :

Le monde économique est-il vraiment, comme le veut le discours dominant, un ordre pur et parfait, déroulant implacablement la logique de ses conséquences prévisibles, et prompt à réprimer tous les manquements par les sanctions qu’il inflige, soit de manière automatique, soit – plus exceptionnellement – par l’intermédiaire de ses bras armés, le FMI ou l’OCDE, et des politiques qu’ils imposent : baisse du coût de la main-d’œuvre, réduction des dépenses publiques et flexibilisation du travail ? Et s’il n’était, en réalité, que la mise en pratique d’une utopie, le néolibéralisme, ainsi convertie en programme politique, mais une utopie qui, avec l’aide de la théorie économique dont elle se réclame, parvient à se penser comme la description scientifique du réel ?

Cette théorie tutélaire est une pure fiction mathématique, fondée, dès l’origine, sur une formidable abstraction : celle qui, au nom d’une conception aussi étroite que stricte de la rationalité identifiée à la rationalité individuelle, consiste à mettre entre parenthèses les conditions économiques et sociales des dispositions rationnelles et des structures économiques et sociales qui sont la condition de leur exercice (Bourdieu 1998).

Restent alors, Marx et Keynes. Marx parce qu’alors qu’il qualifie sa réflexion de « critique de l’économie politique », son œuvre constitue sans aucun doute le point culminant dans cette ligne de pensée. Keynes parce qu’« honnête homme » au sens que l’on donnait à l’expression au XVIIe siècle, il joue à l’éléphant dans le magasin de porcelaine, réinjectant dans la pensée économique des leçons qui ont été tirées de l’ensemble des sciences morales au cours de l’histoire : de la science politique à la théologie, conséquence chez lui de son imprégnation par l’ancienne tradition scolastique dont il s’est repu de la substantifique moelle alors qu’il était lycéen à Eton d’abord, étudiant à Cambridge ensuite, deux lieux qui ont servi de conservatoire où cette pensée a su se poursuivre en tant que survivance, au sens que les anthropologues du XIXe siècle donnaient à cette expression : vestige préservé au sein d’une époque d’une manière de penser ou de faire appartenant à une époque antérieure.

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Le Souchon quotidien de l’été : 18 ans que je t’ai à l’oeil

28 juillet 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

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La propriété privée, remède maladroit et tragique à l’angoisse d’abandon, Jean-Michel Elyn

27 juillet 2014 par Paul Jorion 53 commentaires

Billet invité.

Je suis tombé aujourd’hui sur cet extrait vidéo de VentsContraires.net sur la propriété privée et en voyant le titre je me suis écrié « Ah, enfin! ».

Vous décrivez de manière technique ce que je ressens depuis fort longtemps. Tant que le but humain sera l’appropriation et l’enrichissement personnel, toute règle sera contournée pour assouvir le besoin archaïque de protection contre la peur de l’abandon. Car à quoi d’autre que la survie du nourrisson lorsque la mère ne se fait pas suffisamment présente servirait l’amoncellement de richesse sans limite à l’âge adulte ? Cette peur peut être supprimée soit par une meilleure éducation des futurs parents pour les générations à venir, soit par un travail personnel qui, vous le savez, prend un temps et une énergie que peu de personnes sont capables de donner.

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Les élites puissantes qui nous manipulent ne font-elles qu’illustrer le Troisième Principe de la thermodynamique ?, par Stéphane Feunteun

27 juillet 2014 par Paul Jorion 11 commentaires

Billet invité.

Je voudrais revenir sur la relation étonnante entre PIB (en unité monétaire corrigée de l’inflation) et consommation d’énergie primaire (en unité physique de quantité d’énergie). Entre parenthèses, le PIB est loin d’être irréprochable, entre autres parce qu’il mesure une somme d’activités sans tenir compte de leur utilité sociale (beaucoup d’activités néfastes, voire destructrices, sont comptabilisées positivement dans le PIB), mais c’est le seul indice dont nous disposons pour évaluer la taille de l’économie. C’est en premier lieu le travail de Jean-Marc Jancovici qui a permis de mettre en évidence qu’on obtient une quasi-droite quand on reporte pour chaque année les valeurs considérées sur un graphique (voir le 4ème graphique de cet article qui mérite d’être lu attentivement).

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Choisir son camp [réponse à Paul Jorion], par Caleb Irri

27 juillet 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

Je vous signale Choisir son camp [réponse à Paul Jorion] par Caleb Irri sur son blog, en réponse à mon Bonne mère ! du 24 juillet.

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Le Credit-default Swap (III) La crise grecque

27 juillet 2014 par Paul Jorion Commentaires fermés

Le Credit-default Swap (I) Définition
Le Credit-default Swap (II) Positions de « couverture » et positions « nues »

La prime du Credit-default Swap s’exprime comme un pourcentage du montant de l’emprunt sur lequel porte le CDS, somme à verser annuellement. Un paiement initial a lieu à l’ouverture du contrat, la prime est ensuite renouvelée périodiquement, généralement trimestriellement. Un CDS court sur un certain nombre d’années.

Dès le début de la crise grecque au début de l’année 2010, il devenait prudent pour un détenteur de dette souveraine de ce pays de se couvrir « activement » plutôt que « passivement » en transformant la prime de crédit incluse dans le taux d’intérêt exigé par le marché des capitaux, qui ne couvrait contre le risque de défaut de la Grèce que de manière statistique, en une prime effectivement versée à un « assureur » sur CDS.

On comprend aisément les enjeux si l’on compare quelques chiffres à l’époque où la crise culmine. Le 20 février 2012, le taux 10 ans pour la dette souveraine allemande était de 1,961%, celui pour la dette grecque de 10 ans également, de 33,837%. La dette allemande pouvait être considérée sans risque et le taux de 1,961% comme l’équivalent donc du rendement marginal du capital au sein de la zone euro pour cette maturité. La prime de crédit sur la dette grecque à 10 ans était donc alors de 33,837% – 1,961% = 31,876%, soit près du tiers de la somme empruntée.

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