ON EN VIENT AUX CHOSES SÉRIEUSES… par François Leclerc

31 janvier 2015 par François Leclerc Commentaires fermés

Billet invité.

Les choses sérieuses ont débuté vendredi avec la mission de Jeroen Dijsselbloem à Athènes, toute empreinte de raideur. Le ministre des finances grec, Yanis Varoufakis, a confirmé au président de l’Eurogroupe que la Troïka n’était plus considérée comme un interlocuteur valable (pour mémoire, les deux dernières rencontres de cette dernière avec le précédent gouvernement avaient dû prudemment se tenir à Paris). Réagissant à la proposition d’une conférence européenne sur la dette, que Christine Lagarde n’a pour sa part pas repoussée, ce dernier a rétorqué que l’Eurogroupe était le lieu privilégié pour en discuter.

La veille, Yanis Varoufakis avait déclaré au New York Times, à propos du dernier versement suspendu du plan de sauvetage », « les sept milliards, nous n’en voulons pas, ce que nous voulons c’est repenser tout le programme ». Jeroen Dijsselbloem a eu comme réponse lors de la conférence de presse commune d’Athènes « qu’ignorer les accords n’est pas le bon chemin à prendre ». Les dirigeants grecs font remarquer que cela n’aurait pas de sens d’à la fois critiquer un programme et de demander son extension, affirmant leur volonté de négocier un « New Deal Européen » , tandis que Wolfgang Schäuble a de son côté déclaré : « nous sommes prêts à tout moment à toutes les discussions, mais les bases ne peuvent en être changées », ajoutant qu’il était hors de question de répondre à un quelconque chantage (sans préciser son objet, un défaut sur la dette). Mais l’on attend toujours le premier contact téléphonique avec son homologue grec, qui est de tradition pour saluer un nouveau venu mais qui n’a pas eu lieu. Aucun déplacement d’Alexis Tsipras à Berlin n’est prévu.

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LE TEMPS QU’IL FAIT LE 30 JANVIER 2015 – (retranscription)

31 janvier 2015 par Julien Alexandre Commentaires fermés

Retranscription de Le temps qu’il fait le 30 janvier 2015. Merci à Olivier Brouwer !

Bonjour, nous sommes le vendredi 30 janvier 2015. Et aujourd’hui, je vais vous parler d’une affaire qui ne me regarde pas ! Voilà.

Hier soir, j’étais à Rennes, à l’université Rennes 2, invité par les sociologues et les anthropologues, et j’ai fait un exposé. Et à la fin, on m’a posé une question sur une affaire qui se passe en ce moment chez les économistes, et j’en ai parlé, et j’avais envie de vous en parler de toute manière aujourd’hui parce qu’il y a une tribune intéressante, par Jean-Pierre Dupuy et Frédéric Lordon, qui parait ces jours-ci dans l’Obs, qui s’appelle (je l’ai pas là), qui s’appelle si j’ai bon souvenir : « Portrait de l’économiste en nettoyeur », et ça porte sur une querelle qui a lieu en ce moment parmi les économistes.

Après la présentation, hier, à Rennes 2, il y a quelqu’un qui a demandé devant moi à l’organisateur : « Est-ce qu’il y a des profs dans la salle ? », il a dit : « Oui oui, il y a des anthropologues et des sociologues », et la personne a poursuivi en disant : « Est-ce qu’il y a des économistes ? », et là il a regardé, il a dit : « Non, des économistes, il n’y en a pas. »

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COMMENT SE DÉBARRASSER DU MISTIGRI DE LA DETTE GRECQUE ? par François Leclerc

30 janvier 2015 par François Leclerc Commentaires fermés

Billet invité.

L’accord recherché par le gouvernement grec repose sur une politique construite sur deux pieds : afin de combattre la misère, la substitution aux contraintes de la Troïka d’une nouvelle politique budgétaire, et la réduction de l’endettement public pour le rendre soutenable. Dans les deux cas, à la recherche de points d’appui, celui-ci entend porter le débat dans toute l’Europe en mettant en cause la politique d’austérité et la stratégie de désendettement qui en est à la source.

Victoire de Syriza ou pas, les faits sont là. Les projections d’excédent budgétaire primaire sur lesquelles repose la politique des dirigeants européens et du FMI – ces derniers plus circonspects – sont de circonstance : des montants inaccessibles devraient être dégagés pour financer le remboursement des dettes grecques. Selon le tableau d’amortissement, 13 milliards d’euros devraient être trouvés en 2019 et 18 milliards en 2039, ce qui sans fard illustre que le problème de l’insolvabilité de la Grèce a été repoussé à plus tard (réduisant à la misère une génération entière de Grecs ou plus). En assouplissant déjà les modalités de remboursement des prêts des plans de sauvetage, il n’a été fait que s’engager sur une voie qui ne peut être que poursuivie. Les dirigeants européens s’y déclarent d’ailleurs prêts à condition de ne pas procéder à un effacement de la dette, mais cette position dite de principe cache autre chose et ne sera pas tenable, comme on vient de le voir.

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Le temps qu’il fait le 30 janvier 2015

30 janvier 2015 par Paul Jorion 53 commentaires

Ouvert aux commentaires.

Sur Dailymotion, c’est ici.

La guerre qui déchire les économistes français

L’Obs : Portrait de l’économiste en nettoyeur, par Jean-Pierre Dupuy et Frédéric Lordon, le 30 janvier 2015

Donald Mackenzie, An Engine Not a Camera, MIT PRess, 2006

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Crédits structurés des collectivités locales : Le gouvernement le dos au mur, par Marc Le Son

30 janvier 2015 par Paul Jorion 47 commentaires

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

De nombreuses collectivités locales ont emprunté de Dexia des crédits qualifiés de « toxiques » parce qu’ils subissent une augmentation plus importante que celle des parités monétaires auxquelles ils sont souvent indexés, notamment le franc suisse.

Pour désamorcer la bombe déstabilisant les finances des hôpitaux, départements et communes et l’accroissement inévitable à court terme des impôts locaux, le gouvernement a mis en place un « fonds de soutien » destiné à permettre de substituer un taux fixe à celui indexé en prenant en charge une partie des importantes indemnités de réaménagement (IRA) réclamées par Dexia ou sa filiale, reprise par la SFIL contrôlée par l’Etat, qui a entendu s’autoamnistier d’une partie des errements passés.

Mais la valeur du franc suisse vient de s’envoler, les taux d’intérêts de ces « prêts toxiques » sont immédiatement doublés ou triplés au point d’atteindre parfois 50% (cas de la ville de Laval), les IRA s’envolant alors au point que ces acteurs publics trouveraient illusoire le recours au fonds de soutien et seraient tentés de gonfler les recours judiciaires.

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Ars Industrialis, Travail, emploi et automatisation, Paul Jorion, Dominique Méda, Samuel Churin, Evelyne Serverin, à Saint-Denis, samedi 31 janvier de 14h à 18h30

30 janvier 2015 par Paul Jorion Commentaires fermés

Stiegler 1

Stiegler 2

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L’OCCASION OU JAMAIS, par François Leclerc

29 janvier 2015 par François Leclerc Commentaires fermés

Billet invité

Au sortir de sa rencontre avec Alexis Tsipras à Athènes, le président du Parlement européen Martin Schulz a déclaré : « Il y avait une crainte qu’Alexis Tsipras suive sa propre voie, mais cela n’est pas vrai, il est en faveur d’une discussion. La Grèce cherche des solutions sur une base commune avec ses partenaires européens ». Puis il s’est félicité que « la lutte contre l’évasion fiscale et l’injustice sociale qui est liée à l’évasion fiscale » figure parmi les priorités du premier ministre grec, avant de souhaiter que des « pas concrets » puissent intervenir demain à l’occasion de la venue du chef de file de l’Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem.

La politique européenne est-elle à la veille d’un tournant ? Cet assouplissement que les gouvernements italien et français ne sont pas parvenus à obtenir, la nouvelle équipe grecque serait-elle en passe d’y parvenir ? Et, si c’est le cas, quelle en sera la portée ? Le simple fait d’entamer des négociations en vue d’un compromis s’inscrit déjà en rupture avec la pratique établie. Que celui-ci élude dans l’immédiat la question centrale de la dette ne serait pas étonnant, car comment la Grèce pourrait-elle à elle seule modifier le rapport de force à ce propos ? Mais ce qui pourrait être obtenu n’est pas rien, puisqu’il représenterait un premier pas : l’abandon du dogme selon lequel les réformes structurelles d’inspiration néolibérale sont la voie à obligatoirement emprunter. Les intentions affichées du gouvernement grec, qu’il a commencé à mettre en musique, sont en effet opposées et s’inspirent de principes de justice sociale.

Michel Sapin, le ministre des finances français, déclarait ce matin sur le blog de Jean Quatremer de Libération : « Lorsqu’on va parler au niveau européen de lutte contre la fraude et l’optimisation fiscale abusive, de convergence fiscale et sociale, de rythme adapté dans la consolidation budgétaire, nous aurons un interlocuteur de plus sensible à ces sujets. Syriza renforce le camp de ceux qui, comme nous ou le gouvernement italien, veulent une évolution des politiques européennes. » François Hollande et Matteo Renzi auront-ils une autre occasion d’infléchir la stratégie européenne et sauront-ils saisir celle qui se présente ?

Yanis Varoufakis, le ministre grec des finances, va entamer lundi une tournée qui le conduira de Londres à Paris, puis à Rome.

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LA PARTIE N’EST QU’ENGAGÉE, par François Leclerc

29 janvier 2015 par François Leclerc Commentaires fermés

Billet invité

« Il n’est pas question de supprimer la dette grecque. Les autres pays de la zone euro ne l’accepteront pas », a affirmé Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne, ce matin dans le Figaro, tout en ajoutant « des arrangements sont possibles, mais ils n’altèreront pas fondamentalement ce qui est en place ». La réponse immédiate des dirigeants européens a pris la double forme du déclenchement d’un tir de barrage contre la réduction de la dette grecque, et de déclarations destinées à piéger l’opinion publique européenne, comme celle de Sigmar Gabriel – le ministre allemand de l’économie et leader du SPD -sur le thème que le changement ne peut pas se faire au détriment des Européens (désormais les créanciers de la Grèce).

Au sein des cercles dirigeants européens, un peu désarçonnés par la rapidité avec laquelle le nouveau gouvernement a été mis en place et pris de premières décisions, l’attitude à adopter n’est toutefois pas encore clairement déterminée. Les deux premiers éclaireurs – Martin Schulz et Jeroen Dijsselbloem – vont arriver à Athènes et Yanis Varoufakis, le nouveau ministre des finances, est attendu lundi à Paris afin d’engager une mission de bons offices française. À quel prix acceptable l’équipe de Syriza peut-elle devenir raisonnable reste la question posée, en dépit des mesures prises ou annoncées, qui brisent le cadre des exigences de la Troïka ? Une des questions clé est précisément de savoir si la mission de cette dernière doit être éclipsée afin de trouver un compromis.

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Crise ou effondrement ? cela ne tient qu’à nous !, par Zébu

29 janvier 2015 par Paul Jorion Commentaires fermés

Billet invité.

« Le glissement vers une complexité croissante, initialement opéré pour atténuer les tensions ou profiter d’un aubaine, est au départ une stratégie rationnelle et productive qui génère un rendement marginal favorable. Cependant, comme toujours, les tensions continuelles, les épreuves non anticipées et le prix élevé de l’intégration socio-politique se combinent pour faire baisser ce rendement marginal. Alors que celui-ci décline, la complexité, en tant que stratégie, génère des bénéfices comparativement plus faibles à des coûts de plus en plus élevés. Une société qui ne peut enrayer cette tendance, comme au moyen de l’acquisition d’un subside d’énergie, devient vulnérable aux poussées de tensions qu’elle ne put affronter car elle est devenue trop faible ou trop appauvrie, ainsi qu’au déclin du soutien de sa population. Si cette tendance se poursuit alors qu’une poussée de tension insurmontable est de plus en plus probable avec le temps, l’effondrement devient une question de probabilité mathématique. Avant qu’une épreuve survienne, il peut se produire une période de stagnation économique, de déclin politique et de recul territorial. »[1].

Quand Joseph A. Tainter écrit ces lignes en 1988, il ne pense pas forcément aux sociétés actuelles auxquelles il appartient (occidentale et nord-américaine) et il dresse surtout un inventaire de 3 cas (Empire Romain d’Occident, Mayas Classiques des Basses-Terres et société Chacoane du Sud-Est nord-américain) d’effondrement de sociétés antiques, qu’il entreprend d’analyser comme cas d’étude à l’appui de sa théorie : l’effondrement est essentiellement dû à une perte de rentabilité marginale[2] du fait de la complexité croissante que toute société organisée génère en se développant.

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APPEL DE JANVIER 2015

29 janvier 2015 par Paul Jorion Commentaires fermés

Au début du mois de janvier vous étiez 3.000 environ à consulter le Blog de PJ chaque jour. Je ne parle pas de sessions (6.000), ni de pages vues (12.000), ni de robots lecteurs, je parle d’êtres humains en chair et en os. Cette semaine, vous êtes quotidiennement 7.000 en moyenne, l’actualité nous fait réfléchir et nous rassemble.

Pour la petite équipe qui vous propose des billets, le mois de janvier n’a pas été de tout repos : pas d’unanimité ! on s’écharpe sur Charlie & Co. et sur les alliances de Syriza mais comme vous avez dû le voir, de votre côté, vous n’êtes pas perdants : je vous offre tout l’éventail, quitte pour moi à me baisser de temps à autre pour éviter une soucoupe ou une soupière volante !

Le journalisme meurt mais nous, nous sommes là, vous le savez. Avec un budget mensuel de 1.500 €, pas beaucoup de place heureusement laissée à la finance pour influencer ce que nous écrivons ! C’est vous qui nous les offrez et je vous en remercie.

L’objectif 1.500 € a été atteint le 29 janvier à 21h54. Merci à tous pour votre mécénat citoyen !

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Université Rennes 2, Paul Jorion : Penser l’économie autrement, jeudi 29 janvier 2015 de 18h30 à 21h00

28 janvier 2015 par Paul Jorion Commentaires fermés

Rennes 1-15 1

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À ATHÈNES, TOUT SE PRÉCIPITE, par François Leclerc

28 janvier 2015 par François Leclerc Commentaires fermés

Billet invité.

Constitué en un temps record, le gouvernement Tsipras a prêté serment en se passant de la traditionnelle bénédiction de l’Église orthodoxe. Sans attendre, de premières cartes sont prêtes à être posées sur la table, mais les évènements se précipitent.

De nombreuses mesures législatives sont dans les tuyaux et, premier symbole en annonçant d’autres, le gouvernement a stoppé la vente de 67 % des parts du port du Pirée pour laquelle des acheteurs avaient été déjà sélectionnés. L’augmentation du salaire minimum suivrait. La priorité est accordée à la mise en œuvre sans tarder de premières mesures phares, avec comme projet de sortir le pays de la crise humanitaire en attendant de détruire les oligarques, qui « ont sucé l’énergie et le pouvoir économique du pays » selon l’expression du nouveau ministre des finances, Yanis Varoufakis. Mais le temps et les moyens vont-ils en être laissés ? Le taux de la dette grecques à trois ans a grimpé à 17 %, les marchés signifiant qu’ils ne veulent pas être de la partie qui va se jouer sans eux.

Ces mesures sortent délibérément du cadre des exigences de la Troïka qui restent pendantes, tout comme le versement des 7 derniers milliards d’euros du plan de sauvetage qui s’achève, la BCE ayant donné comme échéance la fin du mois de février afin de parvenir à un accord. Faute de ce dernier, elle a prévenu qu’elle stopperait l’aide en liquidités d’urgence que la Banque centrale grecque dispense aux banques du pays, alors que celles-ci font face à d’importants retraits de dépôts depuis un mois. Un effondrement du système bancaire précipiterait les évènements et n’aurait d’autre issue qu’une sortie en catastrophe de la Grèce de l’euro. Lire la suite »

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(Ivan) Locke (2014)

28 janvier 2015 par Paul Jorion Commentaires fermés

Dimanche dernier dans la soirée, j’ai envoyé à l’éditeur le manuscrit de mon livre « Rebâtir, à partir de Keynes (titre provisoire) ». Vous savez en gros ce qu’il y aura dedans : vous m’avez vu l’écrire ici à partir d’août 2013. Maintenant je vais me mettre au livre qui commençait à s’écrire dans ma tête pendant ce temps-là. Pour celui-là aussi vous savez déjà plus ou moins de quoi il s’agit : il sera question de robots, d’emplois qui disparaissent, du pouvoir que nous avons sur les choses et que les choses ont sur nous, de la machine que nous sommes et du rapport en général qu’ont les machines entre elles : celles en chair et en sang et celles en métal et en plastique.

Le message essentiel sera que la seule chose pour laquelle nous sommes véritablement équipés, c’est faire des bébés (pour de vrai ou pour du beurre), et respecter les conditions minimales pour que ce soit possible (boire, manger, ne pas mourir de froid…). Faire des bébés nous fait dérailler en permanence et nous passons une bonne partie de notre temps à essayer de remonter sur les rails. Comme en plus nous pouvons parler, nous passons le reste de notre temps à nous raconter à nous-même et aux autres que nous avons, en réalité et contre toute évidence, des intentions et que nous avons une volonté et que cette volonté nous permet de réaliser nos intentions. Les autres savent très bien que ce n’est pas comme ça que ça se passe mais ils ont la politesse de nous écouter parce qu’ils voudraient bien qu’un jour ou l’autre ce soit nous qui les écoutions déverser eux aussi leur boniment. Pourquoi nous racontons-nous de telles salades si nous ne sommes même pas prêts à les acheter ? Parce que ça calme un peu le tumulte intérieur, pendant qu’on continue de ramer.

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Comment la Grèce interdira la corruption du politique par la finance réelle en euro, par Pierre Sarton du Jonchay

28 janvier 2015 par Paul Jorion Commentaires fermés

Billet invité.

La corruption dont on accuse les Grecs comme cause de leur insolvabilité en euro est consubstantielle au système de la monnaie unique. Le régime appliqué en euro de la libre circulation du capital est la libre corruption du politique. La libre circulation du capital est de fait l’impossibilité de localiser l’investissement dans la légalité d’une souveraineté identifiable par la monnaie. Le motif de cet oubli est d’exonérer les gérants et les propriétaires du capital du prix de la propriété dû à l’État de droit. L’économisme libéral pose le droit de propriété comme un absolu. Ainsi n’est-il pas nécessaire de penser une contrepartie économique pour les citoyens dont la discipline permet pourtant la jouissance effective du droit de propriété.

Le système qui dispense les Grecs riches de payer des impôts pour financer le bien commun est explicitement celui de la monnaie unique. Un système qui abolit la distinction entre la propriété grecque et la propriété non grecque ; donc un système qui institutionnalise et généralise à tous les résidents de la zone euro l’aversion des propriétaires grecs pour le cadastre et la fiscalité. La suppression des frontières politiques et de tout cadastrage étatique de la propriété financière par le marché unique du capital financier est le moyen de la corruption libre du politique dans toute l’Europe.

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SYRIZA 27 JANVIER 2015 : LA MISE EN ORDRE DE BATAILLE, par Cédric Mas

28 janvier 2015 par Paul Jorion 200 commentaires

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Opinion dissidente de Paul Jorion : Si l’on est prompt à pousser des hauts cris devant le « réalisme sans morale » de ses ennemis, il faut faire preuve de la même rigueur vis-à-vis du « réalisme sans morale » de ses amis.

« Le seul aléa réside dans le lien qui pourrait exister entre AN.EL. et la Russie, mais à ce stade il est trop tôt pour l’affirmer avec certitude », écrit ci-dessous Cédric Mas, or cet « aléa » est loin d’être indifférent quand le président d’AN.EL. est ministre de la Défense.

L’élection législative grecque du 25 janvier 2015 a donné des résultats plus marqués que prévus. Les partenaires européens de la Grèce, comme les Marchés s’attendaient à une victoire limitée d’un parti, SYRIZA dont les ambitions de remise en cause de la rigueur imposée par la Troïka devraient être contenues par la nécessité de nouer des alliances pour gouverner.

Or les résultats sont bien plus nets, et SYRIZA ne rate la majorité absolue que de deux sièges.

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Dix premières leçons de l’élection grecque, par Jean-Michel Naulot

28 janvier 2015 par Paul Jorion Commentaires fermés

Billet invité. Paraît également sur son propre blog.

A vouloir s’obstiner dans une politique qui conduit la zone euro au bord de la déflation, les dirigeants européens affrontent une réaction de plus en plus forte des peuples. D’élections en élections, les peuples disent clairement qu’ils désapprouvent la politique qui leur est imposée dans le cadre de la gouvernance de la zone euro. À l’automne 2012, contrairement aux engagements pris pendant la campagne présidentielle, la France avait approuvé les « règles » chères à la chancelière allemande en échange de vagues promesses de relance de la croissance (sommet européen de juin 2012). Déclarations informelles contre texte des traités… Le piège s’est refermé sur la France et sur la zone euro.

Les dirigeants européens qui avaient espéré ces derniers mois que les élections européennes resteraient sans lendemain se disent probablement aujourd’hui que les événements prennent une mauvaise tournure. Les traités européens ont-ils oublié que dans nos vieilles démocraties ce sont toujours les peuples qui ont le dernier mot ? La montée en puissance des partis qualifiés de populistes exprime leur refus devant la précarité, le chômage des jeunes, la paupérisation, les coups de canif dans le modèle social et l’échec de la politique de croissance. Les politiques de dévaluation interne qui consistent à baisser les coûts salariaux (plutôt qu’à ajuster la monnaie) pour maintenir la compétitivité, en tentant de s’aligner sur le pays le plus compétitif de la zone monétaire, sont rejetées.

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Hallucinations en altitude. À Davos, des super-riches se font des films, par Lazarillo de Tormes

27 janvier 2015 par Paul Jorion Commentaires fermés

Billet invité.

The Guardian nous en informe : une bulle immobilière est en gestation en Nouvelle-Zélande. Des super-riches reniflant l’odeur de poudre, se préparent à prendre celle d’escampette et à émigrer chez les kiwis avec armes, bagages et jets privés pour devenir fermiers. Il faudrait au moins ça pour qu’ils ne doivent pas entendre le fzzzzz-tchak des guillotines de leurs délires paranoïaques autrement que via des connexions haut-débit. Aucune médiocrité de leur part, pensez-vous mais perdre la tête plus d’une fois, au contraire de la face qui est recyclable à l’envi, ça ne se fait pas chez ces gens-là.

Dans “The Machinist” (2004) Christian Bale joue magistralement un personnage immergé dans les profondeurs troubles de la double contrainte. Le hic c’est qu’il n’y a pas de solution au fond du cul-de-sac de la double contrainte et que l’échappatoire combine l’extrême simplicité et l’immense complexité. Dans le domaine, ni les mauvais choix, ni les non-choix ne résolvent le problème, ils l’aggravent grave comme le symbolise de façon spectaculaire un Christian Bale squelettique, au bord de la folie après des mois à mariner dans son cul-de-sac.

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Grèce : Un petit test très simple de votre bon sens !

27 janvier 2015 par Paul Jorion Commentaires fermés

Imaginez que vous réussissiez cette prouesse extraordinaire de conduire un parti d’extrême-gauche à rater de deux sièges seulement la majorité absolue dans votre pays, et que vous soyez conduit dans ce cas-là, à faire alliance avec un petit parti, confieriez-vous le ministère de la Défense à un « démagogue, populiste, parlant fort et ne reculant devant aucun propos outranciers », qui « dénonce la crémation et le partenariat civil pour les homosexuels », qui « fait régulièrement l’objet de polémiques pour ses propos ou son train de vie », qui possède « un yacht familial supposé détenu par des sociétés offshore » et dont la belle-mère a vu « les travaux [de sa maison] payés par les fonds européens […] pour la transformer en résidence touristique » ?

Penseriez-vous que c’est une bonne idée ?

Non, franchement, moi non plus !

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Les citations sont extraites de l’article d’Alain Salles, « Panos Kammenos, l’encombrant allié d’Alexis Tsipras », Le Monde, le 26 janvier 2015

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Syriza en France, par Zébu

27 janvier 2015 par Paul Jorion 108 commentaires

Billet invité. Ouvert aux commentaires.

Alexis Tsipras a donc pris donc ses responsabilités, face à l’Europe et face à ses électeurs mais en Europe, il faudra bien aussi que des responsabilités soient prises.

C’est notamment le cas en France puisque des élections cruciales arrivent bientôt, avec les cantonales en mars 2015. Cela peut ainsi paraître étrange de donner à ces élections une valeur majeure mais celles-ci sont de fait essentielles au parti au pouvoir, le Parti Socialiste, lequel est structurellement dépendant de ses élus locaux. Si comme cela pourrait se confirmer des effets d’éviction des candidats du PS par un fractionnement des alliances, notamment des Verts s’alliant dans des centaines de cantons à la gauche de la gauche, devaient se produire, un nombre important d’élus locaux PS se verraient distancés au premier tour, soit par des candidats de gauche ‘alternatifs’, soit par le FN.

La résultante serait politiquement catastrophique pour le PS et le pouvoir exécutif car les opposants au sein du PS verraient ainsi confirmer leurs propres positions lors du prochain congrès en juin 2015.

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Les alliances ou mésalliances de Syriza : Alea jacta est !, par Zébu

27 janvier 2015 par Paul Jorion Commentaires fermés

Billet invité.

Au lendemain de sa victoire, Alexis Tsipras devait faire un choix : faire un gouvernement d’alliance avec les grecs indépendants (ANEL) ou avec To Potami.

Le choix de gouverner seul, bien qu’il le puisse avec 149 sièges, ne se pose pas en fait. La nécessité politique d’obtenir un gouvernement stable et pérenne, au moins à court terme, s’imposait à lui, afin d’élargir la base politique de son action, en atteignant ainsi 41% des votants, face à une extrême-droite toujours présente et à une Nouvelle Démocratie toujours en embuscade.

Ce choix devait s’effectué selon ses priorités : internes ou externes. Internes, s’il souhaitait privilégier les réformes structurelles en Grèce d’abord, avec un To Potami plus proche de ses positions sociales mais plus sujet à questionnements sur son positionnement face à la Troïka, ou externes, s’il souhaitait privilégier la question de la dette, avec l’ANEL.

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