ATLANTICO.fr, Traité budgétaire européen : étrangleur ou sauveur de croissance ?, le 19 septembre 2012

Je réponds à la question : “Traité budgétaire européen : étrangleur ou sauveur de croissance ?”, aux côtés de Christian Saint-Étienne et de Jean Peyrelevade.

Atlantico : Le traité budgétaire européen est présenté ce mercredi au Conseil des ministres. Doté d’une “règle d’or” interdisant les déficits structurels à 0,5% du PIB pour les Etats, va-t-il pénaliser la croissance et la sortie de crise en favorisant les hausses d’impôts et les coupes drastiques dans les dépenses afin d’atteindre l’équilibre budgétaire ?

La suite est ici.

P.S. : On me fait dire : “Il n’y a pas d’alternative”. Ce n’est pas le genre de phrases que j’ai l’habitude de prononcer. Ne serait-ce qu’en raison de son sinistre précédent historique.

Quand je dis : “Ce traité budgétaire a au moins une vertu : il contient des objectifs d’harmonisation et de convergence fiscale. Mais ils n’apparaissent qu’en troisième place dans l’ordre des priorités alors qu’ils devraient y figurer en première position”, j’avais ajouté : “La première priorité est l’unification fiscale de la zone euro. Telle qu’elle est aujourd’hui, la zone euro permet à quiconque de pratiquer l’« arbitrage fiscal” en se déplaçant d’à peine 300 km. La deuxième priorité, c’est la fermeture des paradis fiscaux, question que l’on a déclarée “réglée”, sans même y avoir touché”.

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161 réflexions sur « ATLANTICO.fr, Traité budgétaire européen : étrangleur ou sauveur de croissance ?, le 19 septembre 2012 »

  1. Bonsoir hier j ai regarde une émission sur Arte concernant l Europe avec quelques élus européens et sur le ressenti des citoyens sur l Europe et a ma grande surprise ils avaient tous l air satisfait de l Europe même s ils avouaient qu il fallait améliorer quelques points et même sur le micro trottoir les européens interviewes étaient contents et remerciaient l Europe c est quasiment de la propagande audiovisuelle enfin j aimerais être éclairée car j ai plutôt l impression que toute personne travaillant a de plus en plus de mal pour boucler fin de mois

    1. Avec ou sans Europe les fins de mois seront de plus en plus difficiles… Rien de plus normal sur une planète où les ressources s’épuisent… Je sais que c’est difficile à croire quand on est confronté à l’immense richesse de certains.

  2. Etonnant que dans ces commentaires et l’article en question pas une seule fois la mention que l’une des raisons de refuser ce traité est l’aggravation de la perte de démocratie qu’il entérine.
    Un cadre totalitaire se construit sous nos yeux . . . quand des magistrats – non élus et dont ce n’est pas le mandat – sont appelés à juger de la politique de gouvernements élus, quand des automatismes sont mis en place en contournement de choix politico-économiques que pourraient faire des élus, quand des règles économiques sont imposée par voie constitutionnelles, etc.
    un lien vers une pétition contre ce machin . . . http://www.avaaz.org/fr/petition/NON_a_lausterite_perpetuelle_en_Europe_3/

    1. La démocratie, cela ne peut fonctionner qu’à petite échelle…

      Déjà à l’echelle d”un pays la démocratie dysfonctionne le plus souvent.

      À l’échelle européenne cela ne peut fonctionner et les institutions européennes ne sont pas conçues pour être démocratiques

      Il n’ y pas de démocratie à attendre de l’Europe … Heureusement car ce serait le foutoir, encore plus que maintenant !

      1. soit ! la démocratie dysfonctionne – nous parlons là des gouvernements représentatifs élus, qui n’ont pas grand chose à voir avec la démocratie, je vous l’accorde, l’élection étant par définition le choix des meilleurs et s’apparente plus à un gouvernement par une aristocratie que par le peuple – mais le propos est bien de dénoncer que cet ersatz de démocratie que sont les gouvernements élus, est bafoué par ce nouveau traité, puisqu’ils n’auront même plus la maitrise de leur budget, ni celle de leur orientation économique et même pas celle des moyens à mettre en œuvre pour atteindre des objectifs qu’ils n’auront pas choisi !
        Alors, non, trois fois non à cette Europe là !

  3. “P.S. : On me fait dire : « Il n’y a pas d’alternative ». Ce n’est pas le genre de phrases que j’ai l’habitude de prononcer. Ne serait-ce qu’en raison de son sinistre précédent historique.
    Quand je dis : « Ce traité budgétaire a au moins une vertu : il contient des objectifs d’harmonisation et de convergence fiscale. Mais ils n’apparaissent qu’en troisième place dans l’ordre des priorités alors qu’ils devraient y figurer en première position », j’avais ajouté : « La première priorité est l’unification fiscale de la zone euro. Telle qu’elle est aujourd’hui, la zone euro permet à quiconque de pratiquer l’« arbitrage fiscal » en se déplaçant d’à peine 300 km. La deuxième priorité, c’est la fermeture des paradis fiscaux, question que l’on a déclarée « réglée », sans même y avoir touché ».
    Qui lit Atlantico? Des oreilles pour la bouche de Jorion? Non.
    Faut arrêter avec ce torchon.

  4. Il me font bien rire les économistes : pas un jour sans qu’ils ne nous parlent de crise financière. Pourtant jamais dans l’histoire de l’humanité il n’y a eu autant d’argent que maintenant !

    Non la crise n’est pas financière et la crise de l’Euro… de la foutaise pour nous distraire du vrai problème :

    Il y a bien panne de croissance mais ce n’est pas par manque d’argent car les banques centrales n’arrêtent jamais d’en émettre…Si la croissance économique est en panne, c’est parce que les ressources naturelles, notamment le pétrole, commencent à manquer et aucun économiste ne peut résoudre ce problème, Par contre les militaires le peuvent…au moins temporairement !

    Si on veut sauver le capitalisme européen, il faudra un jour se résoudre à faire la guerre pour éliminer définitivement les nations concurentes, y compris leur population (un détail de l’histoire comme dirait je ne sais plus qui)

    Par qui commencer ? Les Etats Unis ? La Chine ? L’Inde ? La Russie ? l’Afrique noire ? l’Australie ?

    Effectivement, le choix est difficile mais soyons un peu sérieux et posons nous la seule bonne question:

    Cela vaut il la peine de faire la guerre pour sauver temporairement le capitalisme ?

    La réponse est évidemment non

    Faute de croissance le capitalisme mourra. Et alors ? Simplement une occasion unique d’inventer une bonne manière de vivre ensemble ! Avouez que c’est beaucoup mieux que s’entretuer pour sauver un capitalisme qui n’est rien d’autre qu’une manière collective de se suicider.

      1. je n’aurais pas employé ce qualificatif, ceux qui sont aux manettes – les politiques – ne sont simplement pas, simplement plus au service de l’intérêt général, ils ont “donné” des pouvoirs exorbitants à une petite caste de possédants, qui n’ont comme but que leur enrichissement, sans limite – au détriment du plus grand nombre et de notre écosystème – Les agissements de cette caste – la spéculation débridée tout azimut et le productivisme – sont en train d’alimenter la crise que nous vivons aujourd’hui au risque de détruire le système lui même. Mais cette crise est en même temps instrumentalisée par ceux la même qui la provoque, pour casser les systèmes sociaux de redistribution et les services publiques, ce qui leur permettra dans un second temps d’investir ces futurs marché juteux, éducation, santé etc. pour leur plus grand profit, notamment quand le droit du travail aura été laminé au nom de la compétitivité . . .

  5. 20 milliards d’économie sur les dépenses de santé plutôt que 50 milliard de plus si les impôts était plus juste.
    M Saintétienne à fait son choix, on sait pour qui il roule!

  6. @ PAUL JORION

    Une question: ce que vous avez ajouté en Post-Scriptum n’est pas retranscrit dans l’article d’Atlantico, savez-vous pourquoi?

  7. Ce traité est tout à fait banal, il n’impose rien de bien nouveau, si ce ne sont des procédures, conçues pour assurer un contrôle réel sur les finances de la zone Euro.. Quoi de plus normal!

    Ce traité est assimilable à une “démarche qualité”, et s’il avait existé auparavant, avant l’explosion en vol de la Grèce, ..il aurait pu empêcher la crise..

    Ces traités et MES sont tout à fait appropriés.. à la situation d’il y a quelques années…
    Et ensuite?
    Saurons nous rattraper le temps économique qui impose rapidement (9 mois, le temps d’une grossesse????), une injection de fonds réels, basés sur une maîtrise de l’activité économique des 10 prochaines années, et permettant à tous les européens qui le souhaitent de s’intégrer dans une structure économique radicalement différente.. les salariés devraient bientôt être minoritaires: (le niveau éducatif des uns et des autres ne tolérera pas longtemps la servitude sans droits de regard du salariat). La plupart des entreprises devraient nettement mieux fonctionner sous un régime d’associés comme le font fort bien les professions libérales. Ou sous un modèle coopératif évolué, calqué sur la méthode des “franchises”.

    Vivement demain!

    1. Ce traité est tout à fait banal, il n’impose rien de bien nouveau, si ce ne sont des procédures, conçues pour assurer un contrôle réel sur les finances de la zone Euro

      En “démocratie représentative” – quel oxymore ! – les gouvernements “élus” établissent leur budget, qui peu ou prou est le reflet des promesses de campagne . . . (angélisme ?) le contrôle se fait donc par le vote des citoyens . . .
      Le traité prétend donner ce rôle à des instances non élues.
      En cela il n’est pas du tout banal.
      Il fait sortir l’Europe de la “démocratie” et qui plus est, en France, sans débat national . . .

  8. La règle d’or ça ressemble à l’aboutissement de la logique de marquetting qui a remplacé toute réflexion politique et économique, on préfère un slogan simple à comprendre mais totalement inutile voir dangereux à une politique ambitieuse et complexe difficile à expliquer mais qui aurait une chance de marcher.
    Il me semble qu’il y a une incohérence historique par rapport a la création de l’Euro , au départ on nous l’a un peu vendu comme un moyen de concurrencer de dollar symbole de la prospérité américaine
    mais vu que le dollar est depuis longtemps la propriété de la FED qui prête à l’état avec intérêt de l’argent qu’elle peut imprimer je me demande jusqu’a quel point le fonctionnement des USA a servi d’exemple a la mise en place de L’Euro. Je me demande si l’euro ne fait pas des manoeuvres désespérées pour rester crédible comme monnaie d’échange au niveau international,
    un problème que ne se pose pas le dollar US reconnu jusqu’a présent comme monnaie de réserve avec l’appui de l’armée Américaine elle même payée grace à la planche a billet.
    Les US feront toujours semblant de vouloir limiter leur dette et nous nous essayons de le faire pour de bon, celà n’a d’intérêt que si l’Euro arrivait a devenir une monnaie de réserve au niveau international
    Le problème c’est que l’euro ne pourra jamais devenir une monnaie de réserve car comme on dit premier arrivé, premier servi et nous n’avons pas la puissance de l’armée américaine pour faire taire les contestataires. Avec les monnaies qui s’effondrent, la bataille de l’énergie risque de devenir extrêmement aigüe le prochaines années, pour l’instant nous avons le choix entre une dévaluation massive de l’euro qui rendrait l’énergie hors de prix mais pourrait maintenir un semblant d’activité et la dépression, contraction économique qui ne résoudra pas non plus le problème de l’énergie , car on peut très bien avoir la misère et une énergie hors de prix.
    La deuxième option semble tenter nos dirigeants.
    De toute manière il n’y a pas de solution la course a la productivité n’est pas compatible avec la prospérité, elle crée des milliardaires et de la misère, c’est mécanique , aux pauvres le travail surtaxé, les intérêts a payer pour avoir le droit d’exister et aux riches les intérêts cumulés et les fruits de la spéculation défiscalisés.

    1. L’économie moderne repose sur le prix de l’énergie, le pétrole est le moyen de circulation des produits, ce qui permets de créer une mondialisation des produits, et une fabrication qui s’est diversifiée dans divers pays, avant d’arriver sur les rayons.

      Cette dépendance est dangereuse, puisqu’elle ne bénéficie pas d’alternative en cas de dysfonctionnement du mode économique actuel. L’augmentation du prix du pétrole (pour diverses raisons) ou une situation de crise grave économique, comme l’hyperinflation, va mécaniquement faire sortir le mode de vie des citoyens de l’utilisation du pétrole (en masse).

      Il y a des éloignements géographiques et une baisse d’accès à la consommation qui va suivre, ainsi le tissu local sera donc mise à contribution, afin de tenter de créer une cohésion sociale en l’absence de pétrole. L’utilisation d’autres formes d’énergies accessibles (énergies alternatives, humaine pour la communauté,ect…) en cas de krach économique ne sont pas envisagés.

  9. “La règle d’or se fonde sur un calcul qui implique pour ces derniers de générer une croissance supérieure aux taux exigés, une chose impossible dans le contexte actuel”

    Pour reprendre une réplique de monsieur Jorion dans le débat sur atlantico, il s’agit d’une logique purement financière exigée.

    C’est à dire exiger des rendements par rapports à des emprunts et des taux d’intérêts, qu’ils seront dans l’incapacité de réaliser (tôt ou tard), car plus ses emprunts et ses taux d’intérêts sont élevés, plus il est difficile de pouvoir suivre le rythme de ses exigences.

    Les problèmes écologiques ne sont même pas pris en compte, et la répartition des revenus deviennent de plus en plus dérisoire à mesure que les rendements augmentent (et les financiers en cas de problèmes sont assurés, donc rembourser).

    Par le biais d’emprunts et de taux d’intérêts élevés, des rendements ou des croissances sont exigés en retour, alors que les capacités de développement de revenus ne sont pas prise en compte, mais seulement d’un point de vue financier, et d’une volonté de réaliser de plus en plus profits.

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