LA GUERRE NUMÉRIQUE

Paul Ariès m’avait demandé au mois de juillet, un article pour le N° du Sarkophage qui sortirait en septembre. En fait la revue à fait peau neuve, changé de titre, etc. et mon article est beaucoup trop long pour la nouvelle formule. Ici, on peut faire aussi long qu’on veut, Alors, le voilà.

Trois aspects des temps que nous vivons aujourd’hui sont très remarquables. Le premier est l’enthousiasme que nous mettons à rendre la planète inhabitable à notre propre espèce. Le second est l’effondrement économique et financier de nos sociétés dû à une disparition du travail par l’automation et à une tentative ridicule de remplacer le revenu de ceux qui continuent à travailler par un accès facilité au crédit, alors que les implications de la propriété privée drainent une portion toujours plus élevée du patrimoine vers une fraction toujours plus étroite de la population. Le troisième est notre perte de maîtrise sur la complexité, conséquence du fait que nous avons délégué les décisions de notre quotidien aux ordinateurs et que leur fonctionnement nous est devenu opaque parce qu’ils opèrent trop rapidement pour que nous puissions encore nous représenter de manière véridique ce qu’ils font exactement.

Le numérique n’a pas mis en place un monde véritablement neuf, mais en créant un cadre inédit, démultipliant et accélérant par plusieurs ordres de grandeur les moyens dont disposent chacun des camps en présence dans nos sociétés aux visages multiples, il modifie au sein de chacun des contextes et des sous-contextes existants, les rapports de force qui s’étaient établis dans le cadre des univers technologiques qui régnaient aux stades antérieurs. Richard Clarke, un ancien Secrétaire d’État américain, compare la situation présente à celle qui prévalait aux premiers jours de la Guerre froide : « On ne saisit pas encore très bien les nouvelles règles du jeu », dit-il.

À chaque époque, se retrouvent en présence des forces du changement et d’autres du maintien de l’ordre existant, voire de l’aggravation délibérée des pathologies de celui-ci. Ces forces antagonistes sont à l’œuvre en permanence. Leurs affrontements sont partiellement lisibles en surface mais pour leur plus grande part, restent cachés car souterrains. La partie invisible ne deviendra visible que plus tard ou, dans la plupart des cas, ne le deviendra jamais. Julien Assange de Wikileaks a voulu remédier à cela ; il n’a pas pris la pleine mesure du fait que la distinction entre le visible et le caché constitue aux yeux de nos dirigeants un absolu non-négociable. Il a recruté pour combattre avec lui, le juge espagnol déchu Baltasar Garzón, un autre idéaliste incapable de comprendre que la Realpolitik – qui agit d’une manière et produit quand il s’agit d’expliquer un baratin parlant de tout autre chose – relève de l’intangible.

L’immense réseau numérique que les ordinateurs constituent grâce à l’Internet et qui nous connecte tous désormais les uns aux autres à la surface du globe, est ouvert à toutes les formes possibles du piratage. La complexité du réseau génère sa fragilité. Celle-ci facilite le piratage par quiconque s’est familiarisé avec les langages qui permettent sa programmation.

Si l’on prend à titre d’exemple la lutte que mènent depuis la fin du XIXe siècle, les anarchistes partisans de la propagande par le fait contre l’État perçu comme bras armé de la bourgeoisie, on constate que dès l’origine, l’évolution technologique a constamment modifié le rapport de force existant entre ces anarchistes et l’appareil répressif qui combat leurs efforts visant à paralyser l’État en vue de son renversement. Les moyens dont ils disposent aujourd’hui sont sans commune mesure avec ceux que pouvaient mobiliser leurs prédécesseurs, mais les moyens dont dispose de son côté la police pour prévenir leurs actions sont eux aussi sans commune mesure avec ceux dont elle disposait autrefois.

Le couple constitué d’une part de la constellation informelle de hackers qui se fait appeler Anonymous, dont on peut considérer que les attaques de déni de service entraînant des pannes de serveurs intentionnelles et les détournements de pages toile, constituent de la propagande par le fait, et d’autre part des forces de police, voit alterner chacun pour son camp les victoires et les échecs dans une partie qui semble jusqu’ici équilibrée. Evgeny Morozov, un spécialiste des implications sociales du numérique, considère que « l’Internet se révélera le meilleur ami des tyrans », mais l’Internet est aussi, comme le montrent les exemples de l’Iran, de la Chine, et des pays impliqués dans le printemps arabe 2011, le meilleur ami de ceux qui sont les ennemis déclarés de ces mêmes tyrans.

N’importe qui, qu’il s’agisse d’un gouvernement, d’une firme privée ou d’un particulier, dispose aujourd’hui de la capacité d’accéder à l’ordinateur de n’importe quel utilisateur ordinaire, d’y procéder à des captures d’écran, d’enregistrer la totalité des mouvements de clavier, de lire ses e-mails, de copier ses mots de passe, d’accéder à ses comptes bancaires en ligne et d’y passer des opérations, de mettre en marche sa webcam à sa guise, de suivre ses conversations par Skype ou d’enregistrer la communication par Bluetooth entre composants électroniques de son ordinateur, ainsi que de transformer son téléphone portable en moyen infaillible de le suivre à la trace. Il suffit pour cela d’acheter le logiciel approprié : les prestataires de service existent, dont la loyauté est d’ailleurs assez élastique vis-à-vis de leur contrée d’origine : business is business ! Le 1984 de George Orwell est d’ores et déjà une mauvaise plaisanterie, touchante par sa naïveté.

Une guerre civile numérique a été initiée d’en haut par les gouvernements de pays pourtant réputés « démocratiques », alliés non seulement à leurs plus grosses entreprises nationales mais aussi à d’autres, transnationales celles-là, où leurs ennemis sont les citoyens ordinaires de leurs propres nations. L’enjeu de ces guerres civiles numériques est la redistribution de la richesse nouvellement créée.

La Révolution française s’est privée du moyen de réaliser ses buts en décrétant dans l’article 17 de la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, la propriété privée comme « inviolable et sacrée ». Nous n’arrêtons pas d’en payer les conséquences depuis. Au sein du nouveau monde numérique, la propriété privée est encore bien moins à son affaire qu’elle ne l’était déjà à la fin du XVIIIe siècle, d’autant que les individus, les personnes privées, se sont vus retirer une part importante de leurs droits, alors que les personnes morales ont non seulement conservé ces droits mais ont acquis en sus d’autres privilèges liés à leur extra-territorialité de fait. Au nom du droit à la propriété intellectuelle, les gouvernements, pour plaire aux grandes entreprises avec lesquelles ils vivent en symbiose, mobilisent l’appareil répressif d’État pour pourchasser des adolescents téléchargeurs de chansons et de films, pour qui la gratuité va de soi. À l’occasion des Jeux Olympiques de Londres de l’été 2012, une police spéciale interdit aux commerçants d’exposer les anneaux olympiques et d’afficher l’expression « jeux olympiques » ou le mot « olympique » à leur devanture. Les historiens du XXIIe siècle – pour autant que l’air soit alors encore respirable – jugeront une telle hargne grotesque et méprisable.

Il y a à la guerre par piratage informatique, comme à toute guerre, deux dimensions : celle où s’opposent les nations entre elles et les guerres civiles qui voient s’affronter différents groupes au sein des mêmes nations. Je viens d’évoquer les secondes.

Les nations se livrent à la guerre depuis l’aube des temps. Les grandes guerres numériques d’aujourd’hui sont celles qui opposent les États-Unis et Israël à l’Iran, et celle qui oppose la Chine aux États-Unis et à l’Occident en général. Un expert de ces questions expliquait dans un entretien récent qu’une guerre électronique totale engagée par une nation contre une autre n’exige qu’une mise de fonds de six millions de dollars.

La guerre internationale présente deux dimensions : l’espionnage, et le sabotage. Dans le cas de l’espionnage, le belligérant s’efforce de ne pas être détecté. Ainsi par exemple « Flame », un logiciel malveillant opérationnel en Iran depuis mars 2010. Le laboratoire russe Kaspersky, qui détecta et révéla son existence estime que sa codification et sa maintenance ont dû requérir une équipe d’une vingtaine de programmeurs. Un deuxième exemple est le cheval de Troie informatique « Gauss », opérationnel depuis juin 2011, qui enregistre les opérations en ligne des banques libanaises, et leur piratage éventuel. L’opération « Commentaire », très certainement d’origine chinoise, constitue un troisième exemple – un « commentaire » est un type de page cachée sur la toile, ouvrant la voie vers la mémoire d’un ordinateur. Commentaire espionnait des entreprises américaines : firmes pétrolières, cabinets d’avocats de dissidents chinois, systèmes de sécurité de centrales nucléaires, etc. mais aussi les échanges entre membres de la Commission européenne.

Les opérations d’intelligence de ce type, visant les infrastructures vitales d’une nation, telle la gestion de son réseau électrique, de son approvisionnement en eau, ou du transport des produits alimentaires, se transforment en actes de guerre aussitôt qu’elles virent au sabotage. Comme le rappelait très à propos le P.-D.G. d’une firme de sécurité américaine : « Rien ne signale mieux que vous avez perdu la guerre que les villes de votre pays en proie à la famine ».

Le ver informatique « Stuxnet », le produit probablement d’un effort conjoint israélo-américain, constitue un exemple excellent d’activité de sabotage numérique dans le cadre d’une guerre entre nations. Stuxnet détruisit en Iran des centrifugeuses permettant l’enrichissement d’uranium à usage civil ou militaire. Le ver neutralisa d’abord les systèmes d’alerte de ces machines, les cassa ensuite en les obligeant à tourner trop rapidement, pour cacher ensuite son forfait en générant des rapports suggérant un fonctionnement sans histoire.

Le développement du numérique nous offre donc à voir au XXIe siècle des choses bien différentes de celles à quoi le XIXe et le XXe nous avaient habitués – qui nous avaient pourtant déjà étonnés en mal sous bien des rapports. Tout cela constitue en effet du neuf : de l’inédit authentique. Il est regrettable que le public n’ait pas pleinement pris conscience en 2012 de cette nouveauté et qu’il continue imperturbablement à se passionner pour les résultats du foot et des élections législatives.

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80 réflexions sur « LA GUERRE NUMÉRIQUE »

  1. L’autre jour un « expert » disait sur France Inter qu’on ne pouvait pas parler de « guerre numérique » car il n’y avait pas de morts, juste des dégâts techniques et matériels. Ne parle-t-on pas de guerre économique ? Et les morts sont là.

    1. Tout ce que je sais, étant programmeur, c’est qu’on peut fort bien faire des OS inviolables pour l’excellente raison que l’intru ne sait pas ou il se trouve…
      Par contre les codes Windows, Mac-OS sont archi-connus…
      Si vous voulez vous proteger, utilisez un OS pas connu, un peu marginal dans la galaxie Linux…
      Ensuite, il ne faut pas laisser trainer ses mails sur des serveurs…Ce qui est en effet plus difficile.

      Un systeme qui n’a aucune connection sur l’exterieur est parfaitement inviolable.

  2. un petit frisson, quelqu’un aurait il marché sur ma tombe?
    dans mon métier (la maintenance) je suis partisan de la simplicité. Un bon vieil interrupteur, un circulateur sans variateur, une pompe sans assistance électronique…tout le contraire du « made in germany » miracle d’une technologie aux pieds d’argile si fragile à la foudre (alors mettons des para-foudre) si sensible aux coupures de courant (alors mettons un onduleur) et j’en passe comme les impulsions magnétiques et autres
    parfois quand j’entends aux actualités des gens qui se plaignent qu’ils n’ont pas pu sortir de chez eux à cause d’une panne de courant ou quand certains sont paniqués parce qu’ils n’ont pas pu tweeter durant quelques heures, je me pisse dessus tellement je rigole
    a moins que se soit des larmes ?

  3. A peine environ cent lignes, ça fait « trop »?
    Il faudrait alors inventer un infra-langage…

    Du genre Oulipien:

    : « Nabuchodonosor », écris-moi ça en deux lettres! »

    Et la réponse:

    « ÇA »…: C cédille – A…

  4. comment ne pas songer à l’utilisation du « numérique » pour complexifier les structures des fuites de capitaux, le blanchiment d’argent sale, les mafias en tous genres ont leurs propres experts et ce ne sont pas les plus « mauvais »
    ‘infiltration dans l’économie légale’
    http://www.mafias.fr/?tag=infiltration-dans-leconomie-legale

    « Enquête sur les ravages de la finance néolibérale » de Nicholas Shaxson a été traduit en français. Plus qu’un simple pamphlet contre l’évasion fiscale, l’ouvrage développe l’idée d’un système dont Londres est le cœur alimenté par les paradis fiscaux liés à l’ex-Empire britannique.

    L’entrée en matière déroute. On s’attend à une plongée immédiate dans les ténèbres de l’évasion fiscale et on se retrouve au Gabon en 1997. L’auteur, le journaliste Nick Shaxson, en reportage mais sans but précis, se retrouve pris en charge et se rend petit à petit compte qu’on l’occupe pour le détourner de l’affaire Elf et de ses ramifications en Afrique.

    L’auteur, dont le livre a déjà eu un certain succès en anglais, se lance ainsi dans une chronologie du scandale avant de s’expliquer : « Le système Elf faisait partie, et est une métaphore, du monde off­shore. » Le Gabon ne fait pas partie des listes de paradis fiscaux, même s’il fournit des équipements corrompus et secrets pour les élites non résidentes, une caractéristique des paradis fiscaux, poursuit-il. Ajoutant que tout le système passait ensuite par des paradis fiscaux. Résultat : personne n’était capable de voir l’ensemble.

    C’est en se penchant sur ce cas que, quelques années plus tard, Nick Shaxson comprend le cœur du problème : le système offshore, qui relie les pays, le monde criminel à l’élite financière, l’establishment diplomatique et les entreprises multinationales. Il le décrit comme « la façon dont fonctionne aujourd’hui le monde du pouvoir », en « influençant les conflits, modelant nos perceptions, en créant une instabilité financière ».
    Lire la suite sur le site du journal Le Temps.
    http://www.letemps.ch/Page/Uuid/0a716a38-0b34-11e2-82df-61ef7a48a7c2/La_toile_daraign%C3%83%C2%A9e_du_monde_offshore

    Quand à la supercherie du « Capitalisme Vert » voir la vidéo de Paul Ariès -42′
    http://www.vive-fr.org/node/322

  5. On peut aussi prendre du recul en (re)lisant Eric Hobsbawm qui vient de disparaitre à 95 ans.

    (par exemple là sur MP)

    (« Ages of Extreme », dans lequel il argumente par exemple de l’avantage qu’avait l’URSS en termes de simplicité de commandement, pour coller au billet de Paul Jorion : les dirigeants n’avaient pas à négocier avec une chambre ni même avec des politiciens trop clientélistes pour faire de grands choix, techniques par exemple (ou passera le train, le barrage, etc.) Non que le résultat ait toujours été très avisé, mais cela expliquait une certaine capacité de ce système décrit par ailleurs comme inefficace. )

    1. un intellectuel engagé et libre. Né dans une famille juive d’Egypte qui immigra en Autriche puis en Allemagne où il fut confronté dès son plus jeune âge à l’antisémitisme nazi, il rejoignit en 1933 le Royaume-Uni. C’est là qu’il entreprit ses études d’histoire et adhéra en 1936 au Parti communiste. Ses champs d’étude furent multiples mais toujours à l’intersection de son engagement et de la réflexion sur le devenir du monde: le capitalisme, le nationalisme, les groupes marginaux… S’il quitta le parti communiste, il ne renonça jamais à son idéal et chercha à renouveler le marxisme. Dans les années 1990 alors que triomphaient les thèses sur la fin de l’histoire et la victoire définitive du capitalisme, son livre « l’Age des extrêmes » qu’il eut bien du mal à faire traduire en France fit événement car il permettait à nouveau de penser « le court XXe siècle » en dehors du prêt à penser des thèses sur le totalitarisme. Toute sa vie, toute son œuvre montraient le contraire de cette supposée identité entre communisme et nazisme. Les progressistes perdent un des leurs, tous ceux qui s’intéressent à l’histoire du XXe siècle perdent un grand esprit, une pensée-monde.

    2. Ancien étudiant en Histoire, Eric Hobsbawm est une référence absolue. Ses ouvrages sont de véritables mines d’or pour tout passionné d’histoire et de compréhension du monde. Un must read….

    3. « il argumente par exemple de l’avantage qu’avait l’URSS en termes de simplicité de commandement »

      C’est tout à fait exact : c’est ainsi que le canal de la Mer Blanche fut construit. On passera par contre sur le coût en vies humaines et sur l’inutilité totale du projet, notions secondaires dans le système soviétique.

      1. C’est titillant et troublant, j’ai comme l’impression que beaucoup de réalisations ou projets depuis un petit quart de siècle (pas le fait des soviétiques, donc) rangent de telles notions dans la corbeille « secondaire » (et encore).

        Pas à la même échelle, et de manière plus subtile à percevoir, sûrement.

        Pourquoi critiquer sans cesse un passé duquel on répète sans relâche les errances ?

      2. @Youbati

        C’est bien possible, et il est souvent difficile d’avoir assez de recul pour comprendre ce qui se passe. Ce blog y contribue, à sa façon.

        « Pourquoi critiquer sans cesse un passé duquel on répète sans relâche les errances ? »

        Ce n’est pas une critique mais un rappel de faits historiques. Il y en a un certain nombre qui ne veulent voir qu’un aspect des choses, c’était le cas de Hobsbawm, tout grand historien qu’il fût.

      3. @Terra Breizha
        « Quand on peut casser du blanc et du bourgeois, tout devient secondaire ! »

        Admirable de sagesse. Vraiment impressionnant.

  6. Il est regrettable que le public n’ait pas pleinement pris conscience en 2012 de cette nouveauté et qu’il continue imperturbablement à se passionner pour les résultats du foot et des élections législatives.

    Les joueurs de foot avec les cages et les politiciens avec les urnes
    sont grassement payés pour enfumer les peuples et protéger la course vers la barbarie.
    La marche à la barbarie impose de mettre un terme à la dictature du capital
    qui les nourrit, par tous les moyens que cette dictature impose,
    avant la dispariton de l’espèce !

  7. Delphin, lecteur du Sarkophage – de philosophie décroissance – et des écrits du prolifique Paul Ariès aura donc le plaisir d’y retrouver cet article.

    Delphin (également lecteur de « La Décroissance », même si les rédacteurs en chef de ces deux publications sont à couteaux tirés, après avoir été compères. Mais là, rien de nouveau sous le soleil)

  8. On peut, en 2012, se passioner pour le foot (allez chamois) et être au fait de tout cela.
    Pire, dans le marasme actuel, on préfèrera souvent se sentir à sa place en tribune plutôt que de batailler contre l’insaisissable.
    Il n’y a plus de héros en moi..

  9. Les rois et les empereurs ne respectaient pas toujours la propriété privée, il a sans doute paru logique à la Révolution, qui se voulait celle de la « société civile », de la protéger. Quoiqu’on peut y lire un souci typique des classes possédantes.

    La société tend toujours à se féodaliser, c’est pourquoi il faut absolument limiter les prétentions des puissants, de façon préventive et sans discussion. Les empereurs byzantins n’ont pas hésité à réduire les prétentions de la noblesse, qui avait déjà tendance à reféodaliser les thèmes, ces préfectures de l’Empire.

    Aujourd’hui il ne s’agit pas de terres mais de capital, moins visible et cependant le problème est identique, à savoir un phagocytage de la société.

    1. Si mon souvenir est bon, vous lisez l’allemand. A vous et tous ceux qui maîtrisent la langue allemande, je recommande à lire les oeuvres du sociologue allemand MICHELS, Wilhelm Robert (1876-1936). Il peint un tableau pessimiste de la démocratie telle qu’elle est pratiquée en occident.
      Il dit que tout système démocratique commence dans la vertu, dans l’idéalisme, pour finir dans l’égoisme partisan, où il s’agit de conserver le pouvoir d’une ou des clique(s).

      1. Amsterdam, le 1 octobre 2012

        Lieber Germanicus,

        Ich habe oft darauf hingewesen ‘avant’… sehe bitte doch mal meine Reactionen in den vergangenen Monaten…

        Chez nous, à l’Université d’Utrecht, mon alma mater, la lecture de Robert Michels et sa « loi de de fer de l’oligarchie » (moi je dirais: de l’oligarchisation) était obligatoire.

        Conclusion: oui, si nous faisons pas attention CHAQUE organisation, CHAQUE initiative institutionnelle RISQUE de se développer en oligarchie… mais pas nécessairement!

        Parceque, il nous faut lire également Werner Sombart et, évidemment, Eduard Bernstein. Surtout le dernier nous a montré deux voies: ou bien la voie social-démocrate plûtot nationaliste à l’Allemande, à la Française, à la Néerlandaise, à la Belge etc.
        Ou bien la voie internationaliste des pays Scandinaves.

        Eduard Bernstein, le grand adversaire de Karl Kautsky.

        Néanmoins, il me paraît très opportun de dire le suivant. Vous le savez aussi.

        Robert Michels, né à Cologne, finissait sa vie à Rome à l’age de 60 ans, comme grand admirateur et promoteur du fascisme et de Mussolini.

        Robert Michels, alors, tombait dans son propre piège…

        Awas! (= Bahasa Indonesia, pour dire: Nota Bene!).

        Quand même, je suis très d’accord avec vous qu’il faut lire Michels pour nous souvenir ce qu’il ne faut pas faire…

        Bien à vous!

        Johan Leestemaker

  10. Parfois je me demande si les gens qui font des blogs, plus ou moins connectés au réel ont eux-mêmes une notion plus ou moins précise de ce que c’est que la vie. M. Jorion doit avoir vécu des choses vraiment sérieuses dans sa vie, à son âge. Se perdre ainsi dans l’instant, après tout ça, comment est-ce possible ? Quand je parle de choses sérieuses je parle de la maladie, de la mort…Qu’est ce qui peut bien nous permettre de nous intéresser au fait du jour après ça ? C’est une vraie question que je me pose. La seule solution que j’entrevois, c’est le jeu, le fun comme on dit. Le pied de nez tragique et ludique. Construire des systèmes face à l’ouragan…(Merci Duras, dont je n’ai pas lu le roman)

    1.  » construire des systèmes face à l’ouragan »

      vous n’avez pas vu la scène finale de « Mélancholia »? lol

    2. Non non youbati, l’humour « tout court ». Les rires désespérés sont souvent les plus beaux quoi, les plus aimablement civils.

  11. Tant qu’à répéter des choses d’autorité de façon à ce qu’elles deviennent paroles d’Evangile, allons-y !

    Trois aspects des temps que nous vivons aujourd’hui sont très remarquables. Le premier est l’enthousiasme que nous mettons à rendre la planète habitable pour une population humaine toujours croissante et dont l’espérance de vie augmente continuellement. Le second est la croissance continue du PIB mondial, malgré une crise économique et financière de nos sociétés due à une disparition du travail par l’automation et à une tentative ridicule de remplacer le revenu de ceux qui continuent à travailler par un accès facilité au crédit, alors que les implications de la propriété privée drainent une portion toujours plus élevée du patrimoine vers une fraction toujours plus étroite de la population. Le troisième est de développement exponentiel de l’informatique assurant une meilleure maîtrise sur la complexité, conséquence du fait que nous avons délégué les décisions de notre quotidien aux ordinateurs, si ce n’est le risque que leur fonctionnement nous devienne parfois opaque quand ils opèrent trop rapidement pour que nous puissions encore nous représenter de manière véridique ce qu’ils font exactement.

    1. Et en ce soir là trois aspects des temps très remarquable tu mentionneras.
      De ton espérance de vie qui augmente continuellement un enthousiasme circonspect tu tireras.
      De rendre la planète habitable pour une population humaine toujours croissante la limite tu interrogeras.
      De l’extension du domaine de la Brutalité Intérieure Produite (la BIP) sarcasme tu tireras.
      (etc, si on veut faire paroles d’Evangile avec une patine sépia).
      L’Evangile étant étymologiquement la Bonne nouvelle, je crois.
      Et pis « Evangile », c’est un mot grec, tout comme « enthousiasme ». et pour eux c’est  » Pas glop ». V’la qu’la polyphonie de Pif et de l’air gelé des nefs s’y mettent. J’vais prend’ mes gouttes ce soir.

      1. Une démarche moins œcuménique et plus rationnelle voudrait que l’on ne se contente pas d’énoncer ce qui ne va pas dans un système pour conclure que toute solution qui s’écarte du système ne peut être que meilleure que la situation existante. Il faudrait démontrer, sans doute de façon chiffrée, les conséquences des solutions proposées, et les avantages autres qu’idéologiques que ces nouvelles solutions apporteraient au bien être de tous.

        Actuellement, nous en sommes encore à « tout mais pas ça » ou « de toute façon, cela ne pourrait pas être pire ».

        Par exemple, « l’interdiction de la spéculation est une solution simple contre les crises systémiques et apportera un grand bien être aux populations » est aussi dogmatique et simpliste que la prohibition de l’alcool l’a été pour combattre les méfaits de l’alcoolisme.

      2. @ Agequodagix
        Ben non.
        Une attitude rationnelle est déjà d’arrêter de se taper sur la tête avec le marteau quand ça fait mal.
        donc l’interdiction pure et simple est déjà un pas.
        Ensuite comparaison avec la prohibition n’est pas pertinente. Dans le sens qu’une minorité a voulu interdire quelque chose de commun à une majorité: impossible.
        Une loi interdisant les paris sur les fluctuations de prix s’impose à une minorité de parieurs : c’est tout à fait possible.

      3. @ Subotai
        Quand la minorité qui décide veut interdire quelque chose de commun à une majorité: impossible, mais quand la majorité veut interdire quelque chose de particulier à une minorité qui décide, c’est tout à fait possible.

        Espérons !

        Mais considérer que l’alcool ou l’alcoolisme est commun à une majorité, c’est être très pessimiste quant à la nature humaine…

        Du temps de la prohibition aux USA, il y avait une majorité de femmes (qui ne votaient pas, admettons) et de puritains qui voulaient interdire l’alcool à une minorité de buveurs impénitents! Ici, majorité contre minorité, impossible!

        Actuellement, grâce à la publicité des multinationales de l’alcool, tout le monde se sent obligé, pour être vraiment un homme, ou être une femme de son temps, à s’enfiler une petite bière bien fraîche, un petit apéro qui vous valorise, ou un petit vin du terroir. Il ne serait effectivement plus possible de faire voter par la majorité au pouvoir une loi prohibitionniste.

        Par ailleurs, se taper sur la tête avec un marteau, cela fait mal à tout le monde, majorité et minorité. Les paris, cela fait du bien à une minorité qui la pratique.

        Enfin, il n’a jamais été possible d’interdire les jeux et paris pour les particuliers, qui sont certainement une minorité de joueurs. Il n’a été possible que de les règlementer pour en réduire les conséquences néfastes. Il ne sera probablement pas possible de faire mieux pour les paris financiers.

  12. Un commentaire:
    L’introduction de virus ou de logiciel malveillant dans un système démontre surtout l’incompétence de ceux qui l’utilisent.
    Un exemple:
    L’armée française a adapté Linux et non pas Windows ni Mac-OS…
    Vous ne trouverez pas la version Linux-Armée sur le net à télécharger.

    Si une unité de production d’uranium 235, est controlée par un OS spécifique, il n’y a aucune chance qu’il soit piraté. Surtout s’il n’est pas connecté à Internet, ce qui est une hérésie.

    Bref le virus est fondamentalement un attrape couillon…

    1. Dans le cas du virus Stuxnet, qui a contamine les installations nucléaires d’Iran, il s’agit d’une clef
      USB introduite dans un PC par un agent, ceci après avoir été introduit sur internet des années avant !
      Un ordinateur ne peut pas être coupé du monde, on y introduit fatalement toujours des éléments étrangers un jour ou l’autre (clef USB, CD etc…). C’est pas aussi simple que vous le décrivez !

    2. Sans déconner ?
      Selon vous l’armée française s’est tapé le redéveloppement du noyau linux ? n’utilise aucun logiciel disponible publiquement ? ne permet à aucun de ses utilisateurs d’installer un quelconque soft sur les machines ? En a tous fait des cadors de la sécurité…
      Faut arrêter avec le trip Windows piratable et linux non. La différence fondamentale n’est pas lié aux propriétés intrinsèques dédits OS mais de leurs utilisateurs, les gars qui tripatouillent linux savent généralement ce qu’ils font, ce qui est plus douteux concernant les utilisateurs de windows ou de mac

  13. À chaque époque, se retrouvent en présence des forces du changement et d’autres du maintien de l’ordre existant, voire de l’aggravation délibérée des pathologies de celui-ci. Ces forces antagonistes sont à l’œuvre en permanence. Leurs affrontements sont partiellement lisibles en surface mais pour leur plus grande part, restent cachés car souterrains. La partie invisible ne deviendra visible que plus tard ou, dans la plupart des cas, ne le deviendra jamais.

    Magistral. Je vais l’imprimer et le coller sur le panneau syndical.

  14. Y’a que Jorion qui puisse écrire des articles comme ça ! On reconnaît la patte du maître, chapeau !

    1. Crapaud Rouge, est-ce de l’ironie impertinente? Il s’agit pourtant là d’une longue liste de propositions sans démonstrations destinées à renforcer des convictions existantes. L’opinion contraire convaincra d’autres convaincus, et réciproquement.

      1. Grotesque ! C’est pas de l’ironie impertinente ! Ce texte, ce n’est que du bonheur, tout le contraire de vos commentaires.

      2. Le bonheur est-ce bien de rêver ?

        Croire qu’il suffit de polluer moins, de supprimer la propriété privée et la spéculation, de ne plus déléguer les décisions de notre quotidien aux ordinateurs, et de ne plus se passionner pour les résultats du foot et des élections législatives, pour que tout aille mieux, ce n’est que du bonheur maintenant. Après passage à l’acte…

  15. Tiens ! … ne connaissant rien à rien à la Haute Technologie, mais ayant écouté avec attention les ingénieurs ad hoc ( tout à la passion de leurs inventions, mais ne voyant pas, à plus ou moins long terme, les risques, ne supportant pas l’idée même du pharmakon, car doués mais terriblement naïfs dans l’ensemble), plutôt par soucis de compréhension de leur personne, et ce, à l’époque où cette « denrée » n’était pas courante dans la plupart des entreprises, et voyant les « joyeuses » évolutions du vaste monde, j’en étais arrivée à la même conclusion … mais cela faisait, à l’époque, un brin « neuneu » (perso, ça m’est égal), »archaïsante », voire archao-conspi., pour ne pas dire confus. …
    Et puis on se dit : non, pas possible, le pire ne va pas l’emporter ! …
    Ah, ce Prométhée, si on le tenait !! seulement, sans feu il fait bien froid !
    Il est certain que lorsque tous les lieux du monde seront vraiment High Tech sur toute la ligne : il sera aisé aux personnes mal intentionnées de paralyser le lieu de résistance, et de faire périr les habitants, avec des mains parfaitement propres ( quant aux consciences, à ce stade, elles sont inexistantes ) …
    Youpiii !
    Mais surtout ne pas se laisser intimider !
     » Vivez si m’en croyez,
    N’attendez à demain … »
    De toute façon le virtuel « déréalisé » ( oui, je sais …), c’est dangereux …il faut remettre du corps dans nos vies =) je dis cela pour les jeunes qui sortent de l’oeuf…les vieux se souviennent de cela …
    Et que l’on laisse, au moins, aux gueux, le plaisir de contempler les beautés de la nature (allusion discrète aux gaz de schiste : qu’ils reposent en paix) : du soleil sur la peau, un petit zef
    léger, le chant des oiseaux, la lumière sur les monts … de l’eau fraîche, un bon pain artisanal, un fromage fleurant son terroir et non pasteurisé ( mort aux vaches ! = les puritains de l’UE ), peace & love …
    ça m’suffit …
    Sinon, va falloir passer commande pour une ** »abbaye du monte à regret « téléguidée à partir d’un drone : faudrait voir à pas buter n’importe qui ! juste les têtes ! les responsables du carnage ambiant …
    ** on a le brevet ! …oui, oui, la propriété privée, je sais …
    Love & peace …

  16. À propos de Foot : La LFP choisit de s’opposer à la taxe 75% (pas étonnant).

    Mais plus intéressant, il y a des idées précises sur l’économie (histoire de la fiscalité, taxation des revenus du capital) qui circulent cependant jusque chez ceux qui aiment le foot :

    Les commentaires sont bien plus intéressants que l’article dans ce cas.

  17. Bonsoir à tous
    « …. on ne connait pas encore très bien les nouvelles règles du jeu….. »

    Vraiment?

    On ne saisit pas très bien l’écart qui se creuse entre notre corps biologique et notre corps médial; notre corps bio n’a pas beaucoup évolué depuis que nos aïeux se sont mis à peindre les grottes: en témoignent les intolérances croissantes aux aliments. l’intolérance au gluten signe l’inadaptation de nos enzymes aux nouvelles variétés de blé produites de plus en plus vite par engeneering génétique.
    Mais notre corps médial s’étend lui jusqu’aux confins de l’univers et nous pouvons être plu sau fait de se qui se passe sur Mars que chez notre voisin de palier! le web est une prothèse réussie du vieux rêve de la télépathie et de l’ubiquité. Mir & Miroska pour les contemporains d’Andy Williams!

    Notre tronc cérébral et notre cerveau limbique interfèrent toujours autant avec notre cortex,
    nos vieux arcs réflexes d’hominidés récents sont toujours là guettant à notre porte… mais ayant externalisé beaucoup de nos fonctions avec effet de levier les conséquences des « prises de pouvoir » par nos circuits émotionnels ont pris une dimension cosmique:

    De la première externalisation: la canine qui devient « chopper » au bout de la main à l’excavatrice aux dents géantes durcies au molybdène, l’arc de commande a peu évolué mais la « bouchée « s’ est démultipliée exponentiellement!

    C’est cette méconnaissance, par déni méprisant, de la rémanence simiesque de nos arcs réflexes qui pose problème.
    Entre le chimpanzé de 2001 l’Odyssée de l’espace, le comte de Montmirail et le docteur Folamour , il n’y a que trois générations! Mais l’os est devenu une bombe atomique délivrée par drone et pilotée par ordinateur!

    Cordiales OAT

    1. prothèse réussie du vieux rêve de la télépathie et de l’ubiquité

      pas tant que ça

      passe entre les pixels .

  18. Un expert de ces questions expliquait dans un entretien récent qu’une guerre électronique totale engagée par une nation contre une autre n’exige qu’une mise de fonds de six millions de dollars.

    The NSA Is Building the Country’s Biggest Spy Center (Watch What You Say)

    Je suppose qu’il s’agit surtout de contre-espionnage, ce qui est plus compliqué que l’espionnage, et les lobbies miltaro-informatiques valent surement les lobbies militaro-industriels traditionnels, mais là on compte en milliards de dollar.

    Entre autres:
    « Utah Data Center, Bluffdale, Utah – At a million square feet, this $2 billion digital storage facility outside Salt Lake City will be the centerpiece of the NSA’s cloud-based data strategy and essential in its plans for decrypting previously uncrackable documents. »

    « Before yottabytes of data from the deep web and elsewhere can begin piling up inside the servers of the NSA’s new center, they must be collected. To better accomplish that, the agency has undergone the largest building boom in its history, including installing secret electronic monitoring rooms in major US telecom facilities. Controlled by the NSA, these highly secured spaces are where the agency taps into the US communications networks, a practice that came to light during the Bush years but was never acknowledged by the agency. The broad outlines of the so-called warrantless-wiretapping program have long been exposed—how the NSA secretly and illegally bypassed the Foreign Intelligence Surveillance Court, which was supposed to oversee and authorize highly targeted domestic eavesdropping; how the program allowed wholesale monitoring of millions of American phone calls and email. In the wake of the program’s exposure, Congress passed the FISA Amendments Act of 2008, which largely made the practices legal. Telecoms that had agreed to participate in the illegal activity were granted immunity from prosecution and lawsuits. What wasn’t revealed until now, however, was the enormity of this ongoing domestic spying program. »

  19. Je me répète comme beaucoup d’entre nous mais force est de constater que nous n’avons que ce choix…Tout d’abord, encore merci Monsieur Jorion de nous permettre de ne pas se sentir trop seul dans ce monde d’incohérences quotidiennes. Je partage avec l’un de vos lecteurs ( ou plusieurs d’entre eux) la lecture d’un autre site d’infos « dedefensa.org » où règne là aussi un certain scepticisme face à la dérive autodestructrice du Système qui rejoint, il me semble, le propos de votre article sur la guerre numérique ( et ces derniers temps le sujet était « la guerre des drones »( si ce n’était pas la réalité on pourrait se croire dans la sage de la Guerre des étoiles…) hélas , c’est bien la réalité…et là , je commence à être sensiblement inquiet . Je ne cesse de me dire que la configuration de notre planète (des points de vue économique, financier, sociétal, écologique, …) est une « première » (en espérant que cela ne soit du type « dernière »), ce que je veux dire, c’est que nous nous nous retrouvons sans remède efficace,sans mode d’emploi, nous nous dirigeons vers un inconnu…et tout comme la mort ça fait peur…mais comme tout bonhomme qui ne se laisse pas aller , l’humour et la dérision fait vivre comme l’espoir.
    Et au plaisir de partager avec la bonne compagnie de votre blog!!

  20. « le juge espagnol déchu Baltasar Garzón, un autre idéaliste incapable de comprendre que la Realpolitik »

    Garzón a enfreint la loi sur l’amnistie de 1977, donc postérieure au régime franquiste. Cette loi a pour but moral la réconciliation, et l’arrêt des recherches sur les actes de chaque camp pendant la guerre civile. Elle arrange finalement tout le monde, y compris l’extrême-gauche qui a liquidé autant de personnes dans ses propres rangs qu’à l’extérieur (voir les destins de Durruti et de ses compagnons, et les actions des staliniens menés par André Marty « le boucher d’Albacete », ou encore lire « Ma guerre d’Espagne. Brigades internationales : la fin d’un mythe » par Sygmund Stein ).

    1. Pignouf, pourquoi dites-vous « extrême gauche », alors qu’il s’agit des communistes, « staliniens » sous votre clavier?
      L’anarchisme est le mouvement historique le plus calomnié depuis deux cents ans.
      Cette calomnie est un secret bien gardé, mais il commence à être levé.

      1. Sur ce coup, à mon avis Pignouf ne dit pas que des conneries. La personnalité et les intentions de Garzón ne sont pas aussi claires que l’on veut bien le penser dans certains cercles. On peut développer et nuancer mais je pense qu’il faut une bonne dose d’aveuglement ou de mauvaise foi pour ne pas admettre que la démesure de son ego le pousse constamment à la faute.
        Le fait de lutter contre des salauds ne donne pas automatiquement raison et surtout, ne légitime pas la manipulation de l’Histoire quelle que soit la noblesse de l’objectif poursuivi. Le problème est que pour étayer et discuter de tout ça, il faudrait se replonger dans une histoire que très peu veulent assumer en Espagne. En France, non plus, car il serait d’abord nécessaire d’assumer la lâcheté dont nous avons fait preuve quand la république espagnole s’est vue minée puis attaquée par les deux grands bords totalitaires.

      2. @Mor: http://www.bastamag.net/article1021.html

        NON, cette loi qui a pour but l’amnistie des crimes de guerre commis par les fascistes, n’arrange pas tout le monde. Elle arrange les fascistes et les pignoufs. Ce sont eux qui ne veulent pas se replonger dans les vieilles histoires du passé.

        Il s’agit là de faits, aisément constatables en Espagne. Alors venir dire que ça arrange tout le monde et autres conneries sur la réconciliation avec les fachos… Et puis mettre sur le même pied les fachos avec « l’extrême-gauche qui a liquidé autant de personnes dans ses propres rangs qu’à l’extérieur ». Anars victimes et staliniens bourreaux mis dans le même sac donc tous équivalents aux fachos, c’est le degré zéro de la pensée politique.
        Rien à retirer de son post, chaque phrase est un condensé de connerie.

      3. Je passe. Comme d’habitude l’histoire devient un jeu de cowboys et d’indiens, de gendarmes et de voleurs ou de bons et de méchants dès que l’on inverse le point de vue et qu’au lieu de tenter de comprendre les idéologies à l’aune des circonstances historiques, on fait l’inverse : l’idéologie du temps présent justifie toutes les lectures et interprétations, anachronismes inclus.
        Le résultat est un paradigme dualiste – où l’idéologie occupe la place de la force surnaturelle – surprenant de la part de ceux qui se réclament de l’anarchisme. Enfin, à moi, ça me surprend.

      4. Mor, le fascisme c’est la barbarie, la bestialité, l’anti-civilisation. C’est tout. Allez raconter vos nuances de salon à d’autres.

      5. @Moi

        La loi en question a été votée en 1977, soit après l’abolition du régime franquiste, dans le but de réconcilier les différentes parties. Ca n’a rien de choquant, la plupart des gouvernements bien inspirés agissent de la sorte dans de pareilles circonstances.

        Vos propos sont insultants, et basés sur des articles de presse qui prennent parti. Le problème n’est pas de savoir s’il y a eu des victimes ou des disparus, cela est une évidence pour tous.

        Sachez que j’ai un cousin qui figure parmi les victimes « disparues » du franquisme. J’ai un oncle qui était au CNT (anarchiste), un peu plus tard pendant l’occupation de la France il fut repéré et déporté dans un camp en Allemagne. Mon grand-père fut réquisitionné par l’armée républicaine, il a participé à la bataille de l’Ebre et en est revenu vivant. Eh oui, pour la plupart nous souhaitons que la loi reste appliquée, alors je vous remercie de ne pas parler à ma place ou à celle de ceux qui sont directement concernés. Surtout que vos propos sont inspirés d’idéologie plutôt que de la connaissance entière du sujet.

        Quant à l’union des républicains (les vrais : ceux qui défendaient le régime politique démocratique) et de toute la ribambelle de groupes/groupuscules d’extrême gauche en incluant toutes les tendances communistes (elles étaient nombreuses), il faut savoir qu’il y a eu des liquidations (Durruti par exemple) alors que le conflit touchait à sa fin. Les franquistes ont souvent été incriminés à tort pour ces actes qu’ils n’ont pas démenti. Certainement, l’union contre-nature entre républicains, groupes de gauche et anarchistes n’était pas vérifiée partout et si on en a vu certains s’en prendre au clergé dans certaines régions ils se sont par contre montrés bienveillants à son égard au Pays-Basque. Le nombre d’exemples démontrant la guerre dans la guerre est sûrement très grand, et c’est bel et bien l’extrême-gauche qui en a été la principale actrice pour peu que vous veuillez bien vous informer sérieusement.

        L’action du juge Garzon mettrait aussi au jour ce genre de vérité que la plupart préfèrent laisser où elle est. Elle relève de la provocation obscène, soutenue par des gens dont je suppose qu’ils ne connaissent pas la globalité des faits, et qui croient réaliser le procès du franquisme à travers cette opération. A mon avis, ces personnes feraient de mieux d’investiguer sur les relations du régime franquiste avec les communistes aidant à la décolonisation de l’Algérie : ils y verraient une fois de plus des alliances contre-nature mais décisives dans le déroulement des faits.

      6. Moi, c’est en oubliant les nuances que vous appelez de salon que beaucoup de ceux qui prétendent lutter contre le fascisme ne proposent que l’aberration symétriquement opposée du collectivisme forcé.

        D’autre part, je vous fais remarquer que je parlais de Garzón auquel vous ne dédiez ni un mot dans les déchirures de chemise antifascistes que vous m’envoyez en guise d’arguments. Je n’apprécie pas du tout ce genre de dialogue de sourd. Ne pas être d’accord avec la manière de faire de Garzón est-il synonyme de fascisme maintenant ?

      7. Pignouf, je crois que t’es un menteur. Et si tu l’es pas, c’est encore plus désolant pour toi et ta famille.

        Mor, le fascisme c’est le mal. Admettez-le et on continuera à parler de Garzon.
        Je suis pas du genre à prendre la pose offusquée face à l’extrême-droite. Je cherche même la plupart du temps à avoir une posture compréhensive vis-à-vis de ceux qui votent FN. Mais là, ça va trop loin. Le fascisme (le vrai hein, pas Marine ou Orban, celui en tenue militaire) est ici clairement banalisé. Et ça c’est inadmissible. Tapez sur les staliniens si ça vous chante mais laisser dire que les franquistes et les républicains, c’est kif kif, d’ailleurs ils ont tous fait des trucs dégueu, et puis les franquistes ils veulent la réconciliation, etc, ça non.

      8. @Moi

        Je n’ai aucune raison de mentir ou inventer quoi que ce soit. Il y a simplement certaines réalités qui vous semblent impossibles, c’est la dissonance cognitive qui vous frappe.

        « et puis les franquistes ils veulent la réconciliation, etc, ça non. »
        J’ai dit plusieurs fois que la loi datait de 1977 soit APRES le régime franquiste, vous ne savez pas lire ou ne voulez pas lire correctement. L’immense majorité des gens souhaitent vivre en paix, mais une poignée de nostalgiques doit bien sûr être surveillée (bien que tous les attentats commis depuis 30 ans sont le fait de terroristes n’ayant rien à voir avec les phalangistes).

        Vous croyez que le monde est divisé en deux avec les bons d’un côté et les méchants de l’autre, c’est absurde.

      9. Moi :

        Mor, le fascisme c’est le mal. Admettez-le et on continuera à parler de Garzon.

        C’est du catéchisme votre truc. Vous faites un drôle d’anarchiste, vous.

        D’autre part, asseyez-vous confortablement en attendant que je réponde à la sommation que vous me faites de démontrer mon aversion au fascisme pour gagner le droit de parler de Garzón ou de sa belle-mère. Ça risque de prendre un certain temps…

      10. Et voilà le travail, Moi. Coincé entre le ying et le yang que j’suis. Pignouf en profite pour planquer la volonté de l’extrême-droite espagnole de tirer parti du bordel qu’a organisé votre vedette des prétoires.

      11. @Mor: mais quel bordel? La loi de 1977 a été créée par les fachos (et votée par la pseudo-gauche aussi, c’est vrai). Garzon a été liquidé par les fachos (et ils l’avaient déjà en ligne de mire dès avant le procès Pinochet). Et ce sont les fachos comme pignouf qui essayent encore de noyer le poisson ici et ailleurs. Perso, je vois pas de bordel (et en Espagne non plus), juste une ligne de front bien claire et nette. Le Ying et le yang, c’est pas le bordel que je sache, c’est au contraire très simple, binaire quoi. A vous de choisir.

      12. Ah ouais d’accord. J’avais oublié la théorie du PPPSOE contre la liberté. Voilà, vous avez raison, c’est exactement le mode de pensée binaire qui me dépasse.

      13. mr Ying existe parce qu’il y a mr yang. Si il existe alors pourquoi ressembler à l’un des deux puisque vous ne serais jamais eux ? Soyez vous-même, c’est à dire entre mr Ying et mr yang, vous n’avez guère le choix ! Le problème intervient lorsque mr Ying veut devenir mr yang, alors vous risquez de ne plus exister. Donc, dites merci à mr Ying qui ne veut pas ressembler à mr yang (car il ne sera jamais) ! D’ailleurs, plus vous serait entre mr Ying et mr yang et plus, vous risquez d’être d’accord….. 🙂
        ps : mr ying est-il nécessairement obligé de connaitre mr yang pour exister ? Ne serait-ce pas plutôt pour savoir qui il est réellement ?

      14. @Mor: et il sert à quoi votre mode de pensée analogique? A défendre les fachos comme l’autre pignouf? A tenter de salir un juge qui a courageusement essayé de foutre Pinochet en taule, qui a courageusement tenté de mettre à jour des fosses communes ou qui défend courageusement Assange? Je m’en passe bien dans ce cas. Je vous laisse avec votre camarade pignouf.

      15. Attention, Moi, la tricoteuse. Faites gaffe aux gesticulations avec les aiguilles, vous pourriez vous crever une prothèse.
        Sur ce je vous laisse main dans la main avec votre balancier Pignouf, qui vous permet de garder l’équilibre sur les tables du théâtre d’où vous déclamez.

  21. Magnifique synthèse ! Je diffuse. S’agissant du foot et des élections, vous n’avez aucune illusion, et c’est donc encore de la pédagogie que de les citer ensemble. 😉

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