20 ans de marché unique : Le moral n’est pas au beau fixe (II)

Premières allocutions : Barroso, et Barnier lisant un message de Delors, précédé de quelques remarques personnelles.

Barroso très positif et terminant sur une note plus positive encore : le prix Nobel de la paix attribué à l’Union Européenne. Seul regret de sa part : la lenteur bureaucratique qui fait que des mesures pourtant adoptées ne soient pas mises en vigueur.

Je suppose que des gens comme lui parviennent à se convaincre en raison de l’agitation et du brouhaha permanent dans lequel ils se trouvent qu’il se passe vraiment quelque chose, qu’ils font vraiment quelque chose d’important. Le seul problème alors c’est qu’il faudrait en ce moment avancer à une vitesse supersonique alors qu’ils progressent à un train d’escargot. À condition bien sûr qu’ils soient de bonne foi.

Un tout autre son de cloche chez Michel Barnier : une occasion comme celle-ci « n’est pas nostalgique », il existe « une colère » parmi les peuples européens. On entend parler là d’une Union Européenne davantage sur la défensive. De même d’ailleurs dans la note de Jacques Delors qui mentionne à quel point il est essentiel de « ne pas chercher des boucs-émissaires ». « Il demeure plus que jamais important… », affirme-t-il, « le marché unique peut toujours apporter… » On a entendu plus enthousiaste à d’autres époques : y croit-il vraiment toujours ?

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29 réflexions sur « 20 ans de marché unique : Le moral n’est pas au beau fixe (II) »

  1. Pour la vitesse supersonique, l’exploit de Baumgartner va peut être donner des idées à Barroso.
    Si non il restera le pélerinage à Lourdes.

  2. Le titre même de “l’événement” indique bien que tout ce monde-là est infiltré par des maoïstes fous : “Tous unis pour un grand bond en avant” !

    Du même genre, sans doute, que ceux qui ont récemment tenté d’infiltrer le PCC (cf. Bo Xilai)…

    Vous êtes notre Tintin infiltré au Comité Central.

  3. “À condition bien sûr qu’ils soient de bonne foi.”

    Pourquoi mauvaise foi? Barroso se félicite que les choses vont dans le sens qu’il désire, et à une vitesse soutenue. Moi je le crois sans peine.

    1. Je trouve que l’ expression bonne ( ou mauvaise foi) devrait etre interdite et faire l’ objet d’ inculpation a l’ incitation raciste ( et accessoirement antisémitisme) ….la doxa lierale en cours voulant que toutes les fois se valent

  4. Le prix Nobel de la paix, l’Union européenne qui aurait garanti cette paix en Europe…Mais a-t-on jamais des protectorats militaires tous ou quasi occupés militairement par la même puissance hégémonique (les États-Unis) se faire la guerre?

    1. Le terme de protectorat est très juste.Imaginons que les chinois aient 100 000 hommes hors de ses frontières pour faire appliquer l’ordre selon Pékin. Je crois que ça tousserait méchamment.

      1. 100 000 hommes hors de ses frontières pour faire appliquer l’ordre selon Pékin

        .

        on entendrait celui qui a mangé des raisins verts, hurler à la mort, hululer à la pleine lune, que sais-je !!
        là, silence radio !!
        bizarre, non !

        je précise que je ne suis pas pro-PCC !

        mais, je déteste le “un poids, deux mesures” .

  5. Il y aurait-il un moyen de faire savoir aux illustrissimes qu’il y a des gens ( je ne suis certainement pas le seul ) qui désirent que l’Europe et l’eurozone prennent le flambeau idéologique de la protection des plus faibles, s’en serve pour éclairer le chemin de la construction/reconstruction européenne pour finir par le poser en plein milieu d’une négociation internationale sur les échanges commerciaux ?
    On prendrait peut-être un peu de vitesse et on y gagnerait en stabilité et constance dans l’effort en prenant un but un peu plus éloigné que le bout de nos chaussures.

  6. Compétitivité : Ayrault démine une réforme explosive. Jean-Marc Ayrault donne ce lundi le coup d’envoi de la réforme visant à améliorer la compétitivité des entreprises. Alors qu’en juillet c’était la priorité de l’Élysée, le premier ministre exclut désormais un « choc de compétitivité » et préfère mettre l’accent sur des mesures pour la recherche et le développement. Analyse d’un changement de stratégie.

    http://www.mediapart.fr/journal/economie/131012/competitivite-ayrault-demine-une-reforme-explosive

  7. Il y aura très certainement de la croissance: en terme de chômage, d’inégalités et injustices sociales, de l’insécurité publique, de paupérisation…..

    1. sentiment d’un effroyable gâchis …
      fallait entendre sur Fr.Inter, ce soir, les neo-libéraux-eurolâtres béats se congratuler !! étonnement de ma part, les auditeurs questionneurs étaient assez peu critiques … y aurait-il eu un tri ? non, non, je n’ose y croire !

  8. Rendons à César ce qui revient à César : Barroso, Barnier et Delors font quelque chose d’important : ils permettent à toutes les maffias, dont celle de la finance, de continuer leur business jusqu’à la fermeture de la boutique.
    Dans le cycle de Dune de Frank Herbert, on peut lire

    The spice must flow

    . C’est de ça et de ça seulement qu’il s’agit ici.

  9. Faire une conférence pour dire que Delors est malade : “ca n’a point d’bon sens” comme diraient nos amis québécois. A part si c’est pour faire la réflexion qu’il y a de quoi etre malade en voyant dans quelle misère le système monétariste – sur lequel l’Eurozone est basé – nous projette.
    Il faut sortir de ce piege. Il faut sortir de l’Eurozone et du carcan de la BCE. L’alternative que prépare les Barroso, Draghi ou autre Melenchon ne serait que de remettre à plus tard cette solution évidente, incontournable, drastique mais nécessaire.
    L’Euro est un échec, il est inutile de se voiler la face et d’ignorer ce constat.

      1. En effet ! Il est très fort le patriote ! Car mettre Mélenchon dans le même sac que les deux autres…
        Faudra revoir votre copie Mr le patriote, ou alors votre intervention se percevra comme un simple “trollage”

      2. Vous croyez le connaitre votre Mélenchon? Vous n’avez pas entendu son nouveau slogan sur “l’indépendance européenne” au sujet EADS. Comment peut-on militer pour l’industrie de guerre allemande si on est pas intéressé à la question d’une façon ou d’une autre?
        De plus comment peut-on proner la négociation avec la BCE pour financer des “prêts” à 0% alors qu’elle n’a aucun mandat pour ce faire et qu’il faudrait attendre la décision de 17 pays pour ce faire?
        Je considère cette lubie comme un attrape-nigaud et une forfaiture. Elle correspond parfaitement à l’utopie dominante dans les médias selon laquelle il faudrait plus d’Europe, de supra-souveraineté et de fédéralisme pour “reconstruire et changer l’Europe”. Prétendre “sauver l’euro” aujourd’hui au nom d’une hypothétique “solidarité européenne” n’est utile que pour éviter de remettre en cause cette institution et une monnaie basée sur la doctrine Monétarisme : « un courant de pensée économique pour lequel l’action de l’État en matière monétaire est inutile voire nuisible. » Le Monétarisme s’appuie d’une part sur la spéculation des devises : ce n’est plus à l’Etat de décider le cours de sa propre monnaie mais aux spéculateurs qui par l’achat et la vente des devises permettent de fixer le cours du jour ; d’autre part sur l’idée que l’on peut relancer et soutenir la croissance par le crédit. L’Etat ne peut plus émettre la monnaie c’est aux banques – sous la supervision de la Banque centrale – de financer l’économie par les prêts. Cette privatisation de la création monétaire conduit à la restriction de celle-ci doublée d’un renchérissement du coût de l’argent, ce qui provoque une concurrence acharnées des travailleurs, entrepreneurs, Etats, qui courent en permanence après des liquidités qu’il le faut constamment re-emprunter pour couvrir les échéances. C’est une monnaie d’endettement.
        Or Mélenchon ne dénonce pas ce mécanisme monétariste et le fait même qu’il parle de négocier avec la BCE démontre qu’il cautionne ce système, cette impasse économique et financière.
        Mais je ne cherche pas à vous influencer, je sais que le discernement ne se partage pas.
        Mais oui Mélenchon le trotskiste, le révolutionnaire d’opérette peut très bien trouver sa place près de Barroso, cela ne me choque pas puisque après tout ils ont quasiment le même profil de carriériste politique.

  10. Le TSCG ou le démantelement du service public pour le secteur privé, se fera par une austérité durable des comptes publics, décidés par la commission européenne.

    La commision européenne calculera les déficits des Etats, dont les résultats reviendront à son interprétation, dont les cibles sont déjà connus. L’ Union Européenne décidera des choix politiques, des décisions économiques et sociales. Les parlements des pays membres seront sous la tutelle d’institutions non élus, ayant pour objectif de casser les investissements publics.

    Les lois de finances, qui définissent le budget de l’ Etat, et le financement de la sécurité sociale seront soumis à l’accord de la commision européenne, donc de l’ Union Européenne et de la perte de la souveraineté nationale.

    Les branches sont déjà identifiées, dépenses de la sécurité sociale, de l’assurance-maladie ou du système des retraites. De plus, le TSCG est vague dans ses objectifs, et le traité (par les lois de finances de l’ Etat) va évidemment jusqu’aux budgets de l’éenrgie, de l’éducation, de la santé, du logement, de la culture,ect…Une attaque en règle contre les investissements publics qui bénéficiera aux multinationales, banques et grandes entreprises privées.

    L’ Union Européenne continue à se prétendre social, alors que les délocalisations massives d’industries et de services, la directive Bolkestein ou la compétition inter-européenne, ou l’appauvrissement des investissements publics au profit des banques et des multinationales, précarise à mesure que le temps passe les peuples européens.

    Pour la transition écologique, elle n’existe même pas. La commission européenne ou l’ Union Européenne parlera de dépenses budgétaires, et de “l’auto-régulation” du marché privé, comme pour le social.

  11. “Ensemble pour une nouvelle croissance” vaut mieux que “Copé pour un nouveau croissant”
    Ok je sors 🙂

  12. “il faudrait en ce moment avancer à une vitesse supersonique”

    Est-ce bien compatible avec la démocratie ? Quelqu’un peut-il nous décrire à quoi ressemble la démocratie supersonique ?

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