20 ans de marché unique : À hue et à dia (III)

Le reste de la matinée a été consacré au marché unique, certains intervenants affirmant qu’il fonctionne plutôt oui, d’autres plutôt non. Après vingt ans d’efforts on aurait pu espérer un peu plus d’enthousiasme à affirmer qu’au moins sur ce plan-là, la réponse était oui, puisque c’est lui après tout qui a mobilisé toutes les énergies et a eu droit à toutes les attentions. Une des intervenantes avait des choses plus précises à dire, Bianca Schulz, directrice du Centre Européen des Consommateurs, j’espère pouvoir y revenir.

Quoi qu’il en soit, à quelques exceptions près, on a le sentiment d’écouter les conversations polies de personnes qui ne rencontrent pas beaucoup de difficultés à leur niveau personnel, et doivent vraiment se forcer (enfin ils sont payés pour ça) pour s’intéresser à celles d’autres personnes qui ne vivent pas dans le même petit milieu protégé. Une exception, à l’instant-même : Veronica Nillson, secrétaire confédérale de la Confédération européenne des syndicats, mais qui s’est fait moucher au beau milieu d’une phrase par la gentille organisatrice beaucoup plus soucieuse de sa gestion du temps de parole que de la signification de ce qui est dit.

(à suivre…)

0Shares

30 réflexions sur « 20 ans de marché unique : À hue et à dia (III) »

  1. Quoi qu’il en soit, à quelques exceptions près, on a le sentiment d’écouter les conversations polies de personnes qui ne rencontrent pas beaucoup de difficultés à leur niveau personnel

    Welcome back to Brussels Monsieur Jorion. Ça aussi ça a pas mal changé depuis 40 ans. Ils sont 33.033 du genre, dont 879 Grecs, 672 Portugais et 465 Irlandais qui se foutent un peu de ce que vivent leurs compatriotes restés au bercail.

    Et de l’autre côté du miroir (bientôt des barricades?), dans la même ville, côte-à-côte, ça: http://statbel.fgov.be/fr/statistiques/chiffres/travailvie/emploi/relatifs/

    Heureusement on a le nobel… Ouf sauvés!

      1. « Direction générale Statistique et Information économique »

        Les chiffres absolus donnent une idée plus graphique des forces en présence:
        33.033 déconnectés du monde réel vs 84.121 très connectés au monde réel

        Mais bon avec le nobel en poche on peut voir venir, hein…

      2. A première vue:

        Niveau bas : pas le secondaire supérieure (diplôme obtenu à 18 ans)
        Moyen : secondaire supérieure
        Haut : supérieure (universitaire et graduat).

  2. Je cotoye moi-même ce microcosme de très près, et je ne peux que confirmer leur détachement des problèmes réels. La vérité est qu’ils incarnent parfaitement la technocratie analysant avec un froid détachement la crise qui nous affecte. Il ne faut pas compter sur ces institutions pour nous sortir de là… N’hésitez surtout pas à les déstabiliser Monsieur Jorion, il en va de notre salut à tous.

  3. le marché unique des soupes populaires et banque alimentaire ça passe aussi par l’europe?
    ça pourrait leur servir de point de relief pour gagner en hauteur de vue

    1. Le gouvernement promet ce lundi, par la voix de son ministre du Budget Jérôme Cahuzac, de prochaines mesures pour lutter contre la fraude fiscale. Ces solutions existent déjà et ont été listées par une récente commission d’enquête sénatoriale menée par Eric Bocquet contre l’évasion fiscale évaluée annuellement en France à plus de 50 milliards d’euros.
      http://www.humanite.fr/politique/evasion-fiscale-les-solutions-existent-deja-contre-le-blanchiment-506293
      montant de l’évasion fiscale à l’échelle européenne ?

  4. Le syndrome de l’aversion fiscale.

    Face à un certain nombre de dispositions prises par le gouvernement Ayrault depuis cet été et mettant à contribution les hauts revenus, l’ancienne majorité dénonce ce qu’elle qualifie de « matraquage fiscal »… aux effets dévastateurs sur l’économie française ! Et, pour seule argumentation, elle nous ressort l’une de ses vieilles maximes libérales poussiéreuses selon laquelle « Trop d’impôts tuent l’impôt ».

    http://blogs.mediapart.fr/blog/yves-besancon/151012/le-syndrome-de-l-aversion-fiscale

  5. Est ce que quelqu’un dans cette honorable assemblée pense quelque chose de l’intitulé des travaux qui viennent de valoir le prix Nobel de l’économie à deux américains ?

    Du peu de rendu oral ou écrit que j’ai pu avoir des journalistes , il semble qu’on attend une vulgarisation du pourquoi , du comment du contenu , car c’est imbitable tel que les communiqués officiels en parlent .

    Mais, sans en savoir plus , ça laisse croire qu’ils pourraient en faire usage pour optimiser et rendre optimiste leurs propres petit groupe .

    Enfin , j’en suis pas trop sur tant que je n’en sais pas plus de ce foutu travail .

    1. En tous cas , Paul Jorion nous doit une lecture motivée de ce travail car , du peu que j’ai compris du peu que j’ai lu quant à sa finalité , il s’agit  » d’optimiser la relation offre – demande » en s’inspirant d’un traavil antérieur sur la théorie des jeux .

      Les ( rapports de ) forces me manquent ….

      On se demande pourquoi il n’y a qu’en milieu anglo-saxon qu’on trouve de bons banquiers et Lebon Nobel d’économie .

    2. In a nutshell, les travaux de nos deux nobellisés consistent en une formalisation algorithmique de principes optimaux d’allocation des agents économiques permettant une coïncidence accrue entre les besoins exprimés par la demande du marché et l’offre proposée.

      En détail ici : http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/economics/laureates/2012/advanced-economicsciences2012.pdf

      Un choix « petit bras » dans le contexte actuel, et clairement peu risqué pour le comité, qui s’est sans doute dépêché du fait de l’âge avancé de Shapley…

      1. Ha ! Omar Alexandre m’as tuer !

        à moins que ça ne soit un algorithme , anglais qui plus est ;

        Je vais encore un peu patienter .

      2. « principes optimaux d’allocation des agents économiques » ? Je me rappelle d’un prix qui récompensaient des travaux sur « l’allocation optimale de ressources rares« … Heureusement pour les uns et les autres qu’ils n’ont pas conscience du ridicule de leurs trucs et bidules.

      3. Et oui,
        on est toujours dans la logique de Walras et Say qui relaient la monnaie à un bien secondaire avec une dichotomie secteur réel et secteur monétaire (MV=PT). Dans le traité à l’origine du postulat : « la monnaie est un voile qui cache la réalité des choses, car les produits s’échangent contre des produits en se servant mutuellement de débouché. » En d’autres termes, la monnaie n’influence pas les échanges. Foutaise puisque c’est la marchandise par excellence mais ils nient ce principe !
        A l’issue, nous avons toutes sortes de théories erronées qui calculent l’optimum, l’optimalité, l’optimisation. Les processus de décision font référence à des matrices de gains et stratégies en tout genre avec la théorie des jeux : Le Saddle point (point d’équilibre), critère de Hurwicz (moyenne pondérée des gains mini et maxi des stratégies), critère de Bayes (équiprobabilité de l’inconnu), critère de Savage (matrice des regrets). Nous sommes dans la continuité des absurdités qui reposent sur la plus grande escroquerie : faire croire que la monnaie est sans valeur et sans impact d’où les théories classiques pour mieux nous spolier…. C’est vrai, la monnaie n’a pas de valeur et n’a aucun impact puisque l’équilibre se fait soit disant dans la sphère réelle, tout le monde le sait. L’argent, on peut donc le jeter par les fenêtres, il n’est pas important dans les calculs. Comment se fait-il que les économistes ne dénoncent pas cette supercherie (sauf Keynes et aujourd’hui mr Jorion) ?
        A croire qu’ils sont tous des vendus, bien au chaud…..
        Conclusion des classiques : Il faut travailler, la monnaie est secondaire ! Mais ils ne précisent pas qu’elle leurs appartient….

      4. …Nous sommes dans la continuité des absurdités qui reposent sur la plus grande escroquerie : faire croire que la monnaie est sans valeur et sans impact d’où les théories classiques pour mieux nous spolier….

        Là pour le coup c’est pas de l’escroquerie la conclusion sixyniniste, mais de la pure démence paranoïde. Plus à coté de la plaque y’a pas. Pfffouuuuu…

      5. olivier 69

        c’est la marchandise par excellence

        de qui ?

        l’argent, c’est un bien que je n’ai pas , mais d’autres l’ont pour moi, chers anges 😎

      6. Vigneron,
        Où va notre argent ?
        Mes quadrillons ! Surtout mets ta tunique pour regarder ta citerne.
        ps : La censure…..oui…..triste…..
        Cà dérange lorsque l’on compare la base monétaire et la masse monétaire ?
        Je vais bientôt tirer ma révérence, écoeuré…..

    3. La lecture (en anglais) de « La répugnance comme contrainte du marché  » , du colauréat Alvin Roth est assez distrayante si on n’a rien à faire. Il est question des activités « répugnantes » en économie , du prêt à intérêt en passant par la prostitution ou le lancer de nain, et de leurs « externalités négatives », avec force relativisation historique et religieuses, et pour conclure sur un thème sérieux: le marché des dons d’organes. En vue une pseudo justification prudente d’un marché régulé pour les reins, pour le plus grand bien de ceux qui souffrent évidemment.
      ON est pas vraiment dans l’aggiornamento du côté Nobel.

      1. Pour les babybels c’est du coté d’la médaille Fields des matheux, la c’est coté papybels, c’lui de l’éco matheuse (les comateuses – pour les mal-percutants, âgés souvent par ici mais pas tous…).

      2. C’est vrai qu’il faut une bonne dose de cynisme pour postuler que la répugnance serait comme une barrière, similaire à la technologique, qu’il faudrait surpasser pour améliorer la coordination entre l’offre et la demande ( surtout dans le cas des organes, c’est vraiment le mariage du besoin et de la nécessité ). Par contre, les travaux qui leur ont valu le Nobel n’ont pas l’air si anodin que ça. Si j’ai bien compris, il s’agirait d’une théorie similaire à celle des équilibres de Nash – zones de stabilité d’un système chaotique composé de stratégies individuelles non-coopératives – mais pour les stratégies coopératives. Ça a tout de même l’air d’être une bonne avancée théorique même si les applications possibles peuvent tourner – tourneront-elles comme dit Murphy ? – au vinaigre.

  6. Le suicide collectif continue..

    Portugal to unveil its harshest budget amid protests.

    Portugal’s centre-right government presents its 2013 budget on Monday, which will outline the harshest measures yet under Lisbon’s €78bn (£62.9bn) bailout.

    The budget will face immediate opposition from angry Portuguese, who plan to march on parliament to demand the resignation of the government and an end to austerity, which has sent Portugal into its worst recession since the 1970s.

    The 2013 budget is set to introduce sharp income tax hikes, which could amount to up to two or three months’ wages for middle income workers.

    http://www.telegraph.co.uk/finance/financialcrisis/9608510/Portugal-to-unveil-its-harshest-budget-amid-protests.html

Les commentaires sont fermés.